•  

     

    Tsahal, une armée qui insuffle la vie


    Oui, en effet, toujours en avance sur son temps, Israel soutenu par sa glorieuse armée de défense ne cessera jamais de nous éblouir. Voilà que des vies humaines sont miraculeusement sauvées grâce à la magnanimité de cette grande institution qu’est la Tsahal.


    Tout dernièrement, l’institut médico-légal israélien a tacitement admis avoir extrait les organes essentiels de trois enfants palestiniens âgés de 14 et 15 ans, tués sans raison par l’armée israélienne, à Gaza et en Cisjordanie, en décembre 2008. Le ministre de la Santé, Nessim Dahhan, a déclaré, en réponse à une question posée par un membre de la Knesset, Ahmed Teibi, le mardi 28 juillet 2009, qu’il ne pouvait pas refuser des organes provenant de corps de jeunes palestiniens tués par les forces israéliennes et voués à des greffes ou à la recherche scientifique. Les corps de ces adolescents avaient été remis à leurs proches en vue de leur enterrement, le 6 janvier 2009, délestés de leurs cœurs, leurs reins et leurs foies.

    Mais ne nous y méprenons pas ! La mort de ces trois pauvres enfants n’a nullement été un gachis puisqu’elle a servi à sauver au moins une dizaine de vies humaines ! Oui, en tuant trois et en ressuscitant dix, Tsahal sème plutôt la vie... C’est certainement la première armée de l’histoire à générer du vivant !

    Le décès de ces trois gosses serait de l’ordre de l’anecdote que les médias auraient vite fait d’enterrer. Mais c’est compter sans la détermination du journal suédois "Aftonbladet" qui ose soutenir que le trafic d’organes est une pratique systématique bien incrustée chez la soldatesque israélienne, laissant entendre que cette dernière tue des Palestiniens pour faire commerce de leurs organes. L’affolement du gouvernement israélien face à l’article publié par "Aftonbladet" et ses protestations grossières ont été rejeté avec dédain par les responsables suédois.

    Avigdor Lieberman trouve qu’ "il est honteux que le ministère suédois des Affaires étrangères refuse d’intervenir contre un cas d’appel au meurtre visant des juifs" !!! (sic)

    L’auteur de l’article, Donald Bostrom, fréquentant les territoires occupés depuis la première Intifadha, l’a rédigé sur la base de témoignages de Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza. Le journaliste déplore qu’on s’attache à dénigrer sa personne plutôt que d’étudier la validité des témoignages rapportés, précisant qu’il n’accuse pas lui-même l’armée israélienne de telles exactions mais qu’il se contente de tirer des conclusions à partir d’une vingtaine de témoignages récoltés et recoupés. Surtout, il en appelle à la Cour internationale de Justice pour qu’elle puisse mener une investigation exhaustive sur la réalité de ces actes, constitutifs de « crimes de guerre » s’ils étaient pleinement avérés. Depuis la parution de l’article et son écho international, le reporter indique avoir reçu des menaces de mort, au point d’en être sérieusement inquiété. Donald Boström a déposé plainte auprès de la police.

    Déjà, depuis le début des années 1990, du personnel de l’ONU travaillant dans les territoires soupçonnait que des organes étaient collectées à partir de cadavres de palestiniens.

    "Des personnes disparaissent et on les ramène après qu’ une autopsie ait été pratiquée sur eux. Nous pensons qu’ils volent leurs organes" confiait-on à Bostrom.

    En 1992, sur 133 Palestiniens tués, 53 avaient été autopsiés selon Bostrom. Les corps avaient été autopsiés à l’Institut medico légal d’Abu Kabir d’Israël et plus tard rendu à leurs familles. Bostrom a choisi 20 des 53 cas de corps autopsiés et rencontré les familles des victimes qui ont toutes dit que des organes de leurs enfants avaient été volées. Le journaliste a obtenu des familles qu’elles exhument les corps des 20 individus. Il a amené avec lui une équipe de TV et une équipe médicale, mais la nuit précédent l’exhumation des cadavres, Israël a imposé un bouclage de la Cisjordanie et de Gaza qui a duré 6 mois.

    De nombreuses questions restent sans réponse.

    Pourquoi l’armée s’empresse-t-elle d’enlever les corps des jeunes qu’elle vient d’assassiner ?

    Pourquoi les garde-t-on quelques jours avant de les rendre à leurs familles ?

    pourquoi sont-ils autopsiés quand la cause de la mort est plus qu’ évidente ? (peut-être dans l’espoir de trouver des grenades enfouies dans leurs entrailles, qui sait ?)

    pourquoi les corps sont-ils rendus la nuit sous bonne escorte ?

    pourquoi les zones sont-elles bouclées pendant les funérailles et que l’électricité est coupée ?

    Tout ce que réclame Bostrom c’est l’ouverture d’une enquête internationale. Mais la réaction hystérique des responsables sionistes, tissée d’insultes et de vulgarités en dit long sur leur incapacité à récuser des faits aussi flagrants.

    Pendant la première Intifadha, nous nous insurgions contre cette lutte inégale qui met face à face une armée suréquipée et des enfants armés de pierres. Notre entendement ne parvenait pas à admettre que des bambins soient tirés comme des pigeons, tués gratuitement : cela frôlait l’absurde, le monstrueux !

    Aujourd’hui, j’ai comme un sentiment de soulagement car ces actes barbares ont perdu leur gratuité monstrueuse et ont pris du sens. Du coup tout devient clair. Non la Tsahal ne tue pas pour tuer mais pour permettre à des êtres désespérés de reprendre goût à la vie quitte à ce que les soldats se fassent un peu d’argent en passant... mais c’est tout à fait humain et c’est surtout compréhensible !

    Il n y a que l’absurde qui soit insupportable !

    La situation est devenue d’un coup d’une limpidité insoutenable. Parmi les pays de la communauté européenne, Israël est celui où le taux de don d’organes est le plus bas pour des raisons religieuses. Le paradoxe est que ce même pays est devenu la plaque tournante du trafic d’organes et le premier pourvoyeur en reins des États Unis ! Le rabbin Levy Izhak Rosenbaum collecte depuis plus de dix ans des organes humains parmi les victimes palestiniennes, les immigrants asiatiques et la population pauvre. Ce triste rabbin, spécialisé dans le trafic des reins offre dix mille dollars pour l’achat d’un rein qu’il revend ensuite à cent soixante milles dollars pièce aux USA. Plus de 80 000 Américains sont sur la liste d’attente ...

    Si les bantoustans sud-africains servaient à isoler et à affamer les noirs pour mieux exploiter leur force de travail, les bantoustans israéliens offrent en plus l’avantage de tenir à bout de fusil un vivier d’autochtones palestiniens transformés en banque d’organes ambulante et gratuite. Aujourd’hui, partout se dressent des murs, isolant des viviers de sous-hommes que ce soit à l’intérieur des métropoles ou aux frontières du monde civilisé...

    On n’a qu’à tendre la main pour y puiser de la main d’œuvre presque gratuite quitte à la jeter à la mer après usage. On peut aussi se refaire une santé en se fournissant en pièces de rechange biologiques pour quelques misérables dollars. On peut par ailleurs s’y fournir à bon marché en minerais, en fruits exotiques, on peut même y enfouir ses déchets les plus toxiques et y essayer ses armes de destruction massive...

    De temps à autre une petite campagne de dératisation pour calmer les esprits qui s’échauffent, mais alors sans risque car des avions-robots sauront mater aisément ces masses barbares...

    Toujours en avance sur son temps, Israël constitue la maquette de ce futur radieux !


    Fethi GHARBI ICI 


    1 commentaire
  • Voilà une campagne qui n’aurait pas dépareillé dans l’Allemagne nazie. Et qui nous fait comprendre pourquoi l’entité sioniste soutenait le régime d’apartheid sud-africain, lui fournissant notamment les armes dont il avait besoin.
    Nous attendons les réactions indignées de la LICRA et/ou de SOS Racisme qui pourront cependant plaider l’ignorance car France 24 semble être le seul media francophone à en parler.

    Tous les Juifs n’apprécient pas la nouvelle campagne israélienne anti-assimilation
    par Dana Weiler-Polak et Cnaan Lipshiz, correspondants de Haaretz (Sionistan) 4 septembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

    Un jour après le lancement d’une campagne alarmiste pour empêcher l’assimilation des juifs de la diaspora, le bureau du premier ministre et l’Agence Juive ont reçu quelque 200 appels dont la plupart dénoncent des noms de Juifs qui vivent à l’étranger.
    Cependant, beaucoup d’appelants ont également sévèrement critiqué cette campagne – qui présente l’assimilation comme une «menace stratégique nationale.»

    La campagne, qui a démarré mercredi, encourage les Israéliens à donner des détails sur leurs connaissances qui vivent à l’étranger, de sorte à ce que ces personnes qui sont «en danger» d’épouser des non Juifs puissent être persuadés de venir en Israël.
    Cette campagne de 10 jours en langue hébraïque a été conçue par MASA, un partenariat entre l’Agence Juive et le gouvernement israélien qui aide au financement et au marketing de programmes «Israël» auprès des Juifs de la diaspora.

    Elle comprend des affiches avec des photos de personnes disparues avec des noms à consonance juive inscrits en dessous. Le message est que les Juifs assimilés sont des personnes «perdues» qui doivent être ramenées à la maison, en Israël.
    Les organisateurs de la campagne indiquent qu’environ la moitié des Juifs de par le monde se marient à l’extérieur de la foi [avec un conjoint non juif, NdT], et ils appellent Israéliens et Juifs à se mobiliser pour contrer la «menace nationale stratégique» que représente l’assimilation.

    Environ 100 appelants ont dénoncé des juifs célibataires âgés entre 18 et 30 ans qui vivent en France, aux Etats Unis et en Nouvelle Zélande. Les appelants ont aussi divulgué les identités de leurs connaissances sur Twitter et Facebook ainsi que leurs adresses électroniques de sorte à ce que MASA puisse les contacter.

    La campagne a aussi provoqué de nombreux appels téléphoniques irrités, certains qualifiant la campagne de «farce.»
    «Sommes-nous également supposés signaler des connaissances qui n’ont pas l’intention d’avoir des enfants ?» a demandé un interlocuteur.
    «Nous avons voulu provoquer un débat public, même s’il prête à la dispute et à l’émotion,» a déclaré jeudi Ayelet Shiloh-Tamir, président de MASA.
    «Plus de la moitié des jeunes Juifs s’assimilent,» le spot télévisé informe-t-il les téléspectateurs par la voix d’Ayala Hasson, une journaliste vedette de Channel 1. «Nous les perdons,» ajoute-t-elle sur fond de musique mélancolique et douce jouée à la flûte.

    Le clip de 33 secondes comporte des photos d’affiches de personnes disparues placardées dans des localités d’Europe et d’Amérique du Nord. Les affiches, en anglais, français et russe, présentent des jeunes gens portant des noms à consonance juive.

    Le spot demande alors à quiconque «connaît un jeune Juif qui vit à l’étranger» d’appeler MASA. «Ensemble, nous renforcerons son lien avec Israël afin d’éviter de le perdre,» conclut le présentateur.
    Les responsables de MASA affirment que les jeunes Juifs qui participent aux projets de l’organisation confortent leur identité juive et leur affinité avec Israël.

    1 commentaire
  •  

    Soldats de Tsahal, soyez ces « traîtres » qui sauveront l’honneur d’Israël.
    par Maxime Vivas
      .
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=11778
    Le Grand Soir
     

    « Les jeunes qui se refusent à des actions déshonorantes ont pour eux la morale, le droit et la loi ».

    (Révèrent Père Wenger, rédacteur en chef de La Croix, 13 octobre 1960).

    En septembre 1960, alors que l’armée française massacrait des civils et des patriotes combattants, détruisait des villages dans un pays qui n’était pas le sien pour que des colons français prospèrent sur des terres algériennes, 121 intellectuels français, 121 « traîtres » qui sauvèrent l’honneur de la République, lancèrent un appel à l’insoumission, à la désertion.

    Parmi eux : Arthur ADAMOV, Simone de BEAUVOIR, Jean-Louis BORY, Pierre BOULEZ, André BRETON, Alain CUNY, Marguerite DURAS, Claude LANZMANN, Jérôme LINDON, Eric LOSFELD, François MASPERO, Théodore MONOD, Maurice NADEAU, André PIEYRE de MANDIARGUES, Edouard PIGNON, J.-B. PONTALIS, Jean POUILLON, Jean-François REVEL, Alain ROBBE-GRILLET, Christiane ROCHEFORT, Claude ROY, Marc SAINT-SAENS, Nathalie SARRAUTE, Jean-Paul SARTRE, Claude SAUTET, Simone SIGNORET, SINÉ, VERCORS, J.-P. VERNANT, Pierre VIDAL-NAQUET. Admirons la largeur de la palette idéologique, l’enjambement des clivages.

    Une campagne de publicité nationalo-militariste a été lancée en 2008 par le gouvernement israélien : « Un vrai Israélien ne déserte pas l’armée », qui a aussitôt donné lieu à une vidéo de contre-campagne : «  Un vrai Israélien n’évite pas la vérité », deux signes qu’un mouvement embryonnaire ne demande qu’à s’épanouir pour l’honneur du genre humain, la libération d’un peuple martyr et la réhabilitation de l’image d’Israël gravement détériorée dans le monde entier.

    On lira ci-dessous un appel aux soldats d’Israël, directement inspiré, de la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », dit « Manifeste des 121 ». Certes, bien des aspects du problème diffèrent et, en particulier, il n’est nullement demandé ici aux Israéliens de faire leur valise. Mais l’analogie est grande entre les comportements des deux armées (française et israélienne) et l’injustice faite à des peuples spoliés, méprisés, saignés et malgré tout dénoncés à la vindicte publique comme étant les agresseurs pour avoir souhaité accéder aux droits communément reconnu à tous les peuples du monde, celui, disait le général De Gaulle à « disposer d’eux-mêmes ».

    *********************

    « Un mouvement de désertion doit se développer dans l’armée israélienne au moment où les nouveaux massacres perpétrés à Gaza nous conduisent à voir la profondeur de la crise qui s’est ouverte.

    De plus en plus nombreux, des Israéliens seront poursuivis, emprisonnés, condamnés, pour s’être refusés à participer à cette guerre ou pour être venus en aide aux combattants et aux populations civiles palestiniennes. Dénaturées par leurs adversaires, mais aussi édulcorées par ceux-là mêmes qui auraient le devoir de les défendre, leurs raisons resteront généralement incomprises. Il est pourtant insuffisant de dire que cette résistance aux pouvoirs publics est nécessaire et respectable. Protestation d’hommes atteints dans leur honneur et dans la juste idée qu’ils se font de la vérité, elle a une signification qui dépasse les circonstances dans lesquelles elle s’affirme et s’affirmera et qu’il importe de ressaisir, quelle que soit l’issue des événements.

    Pour les Palestiniens, la lutte, poursuivie, soit par les moyens de la Résistance, soit par des moyens diplomatiques, ne comporte aucune équivoque. C’est une guerre d’indépendance nationale et une guerre de survie. Mais, pour les Israéliens, quelle en est la nature ? Jamais l’existence d’Israël n’a été véritablement menacée, tant le déséquilibre des forces penche en sa faveur. Sixième armée du monde, dotée de l’arme nucléaire, Israël affronte, hors de ses frontières, des enfants dotés de frondes ou des adultes armés de roquettes artisanales.

    Il y a plus : cette invasion est menée contre des hommes qui luttent précisément pour conquérir leurs droits sur leur propre sol dont ils voient l’espace se rétrécir au fil des ans ans par une spoliation méthodique qui fait fi des périodes de calme, de trêves, d’arbitrages, de négociations. Il ne suffirait même pas de dire qu’il s’agit d’une guerre de conquête, guerre impérialiste, accompagnée par surcroît de racisme. Il y a de cela dans toute guerre, et l’équivoque persiste peu pour celle qui se déroule dans des espaces fragmentés, délimités, là par un « mur de la honte », ici par des barbelés, à l’ombre de miradors et sous l’œil d’avions de chasse qui larguent des centaines de bombes sur une gigantesque prison à ciel ouvert dans laquelle seul le hasard décide quelles familles seront exterminées et quelles ne seront que décimées.

    En fait, par une décision qui constitue un abus fondamental, Israël a mobilisé des classes entières de citoyens à seule fin d’accomplir une besogne de violence et de mort contre une population opprimée, laquelle ne se révolte que par un souci de dignité élémentaire, puisqu’elle exige d’être enfin reconnue comme communauté indépendante, libre d’aller et de venir chez elle, d’entrer et de sortir, de commercer et de pêcher, d’élire les représentants de son choix et d’user du droit, reconnu par l’ONU, de faire cesser les assassinats de ses dirigeants, la destruction de ses infrastructures et la confiscation de ses terres par des créations ininterrompues de colonies.

    Ni guerre de « défense nationale » contre un envahisseur, ni guerre indispensable à sa pérennité sur son territoire sans cesse élargi, la guerre menée par Israël depuis des décennies contre la Palestine est une guerre de conquête face à une absence d’armée. L’opinion publique israélienne étant trompée, cette guerre est peu à peu devenue une action propre à l’armée et à une caste qui refusent de céder devant des soulèvements dont les instances internationales, se rendant compte de l’effondrement général des empires coloniaux, reconnaissent le sens.

    C’est principalement la volonté des faucons israéliens et de l’extrême droite politique qui, ayant anesthésié à coups de slogans et de mensonges une majorité de juifs du monde entier, usant et abusant du souvenir de l’holocauste pour provoquer un réflexe où le compassionnel étouffe le rationnel, où les crimes passés des européens justifient les crimes présents contre les arabes, où ce que fit la Wehrmacht exonère ce que fait Tsahal, collant l’étiquette d’antisémite sur quiconque prône une autre voie, entretient ce combat criminel et absurde.

    Cette armée, agissant parfois ouvertement et violemment en dehors de toute légalité, trahissant les fins que l’ensemble du peuple lui confie, compromet et risque de pervertir la nation israélienne même en forçant les citoyens sous ses ordres à se faire les complices d’une action avilissante. Faut-il rappeler que, plus de soixante ans après la destruction de l’ordre hitlérien, le militarisme israélien, par suite des exigences d’une telle guerre, est parvenu à faire du massacre des civils comme une institution dont la propagande officielle nous dit implicitement qu’elle est légitimée par l’appartenance de ces derniers à une sous-catégorie humaine fanatisée jusqu’à utiliser ses propres enfants comme boucliers ?

    C’est dans ces conditions que de plus en plus d’Israéliens en viendront à remettre en cause le sens de valeurs et d’obligations traditionnelles. Qu’est-ce que le civisme lorsque, dans certaines circonstances, il devient soumission honteuse ? N’y a-t-il pas des cas où le refus est un devoir sacré, où la « trahison » signifie le respect courageux du vrai ? Et lorsque, par la volonté de ceux qui l’utilisent comme instrument de domination religieuse, raciste ou économique, l’armée s’affirme en état de révolte ouverte ou latente contre les Droits de l’Homme, les lois de la guerre, les lois dictées par la communauté internationale, la révolte contre l’armée ne prend-elle pas un sens nouveau ?

    Le cas de conscience s’est trouvé posé dès le début de la guerre faite aux Palestiniens. Celle-ci se prolongeant, il est normal qu’il se résolve concrètement par des actes d’insoumission, de désertion, aussi bien que de protection des populations civiles et en premier lieu des vieillards, femmes et enfants. Ces mouvements libres se développeront en marge de tous les partis et des médias israéliens, sans leur aide et, à la fin, malgré leur désaveu. Encore une fois, en dehors des cadres et des mots d’ordre préétablis, une résistance interne doit se développer, par une prise de conscience spontanée, cherchant et inventant des formes d’action et des moyens de lutte en rapport avec une situation dont les groupements politiques et les journaux d’opinion se sont entendus, soit par inertie ou timidité doctrinale, soit par préjugés nationalistes, religieux ou moraux, à ne pas reconnaître le sens et les exigences véritables.

    Jeunes gens d’Israël, les massacres dans lesquels on vous implique aujourd’hui répètent ce que vos aînés commirent hier et précèdent ce que vos enfants commettront, preuve que les aspirations d’un peuple ne peuvent se briser par l’acier. De longues années de vie s’ouvrent devant vous. Fasse le ciel que vous ne les passiez pas, les yeux baissés, à dire : « J’obéissais aux ordres, j’étais un soldat, un simple rouage, je ne savais pas ».

    Les soussignés, considérant que chacun doit se prononcer sur des actes qu’il est désormais impossible de présenter comme des faits divers de l’aventure individuelle, considérant qu’eux-mêmes, à leur place et selon leurs moyens, ont le devoir d’intervenir, non pas pour donner des conseils aux hommes qui ont à se décider personnellement face à des problèmes aussi graves, mais pour demander à ceux qui les jugent de ne pas se laisser prendre à l’équivoque des mots et des valeurs, déclarent :

    - Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple palestinien et de tirer sur des populations civiles, des écoles, des ambulances, des hôpitaux.

    - Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Israéliens qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Palestiniens opprimés au nom du peuple d’Israël.

    - La cause du peuple palestinien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres. »

    Voilà, attendons les signatures d’une intelligentsia française qui se réfère si souvent au nom de tel ou tel des 121 qu’elle finira bien par leur emboîter le pas sur le chemin du courage où leurs aînés rencontrèrent la grandeur.

     

    (D’après la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie »).


     Articles de Maxime Vivas publiés par Mondialisation.ca

    votre commentaire
  • TPO: A Gaza, les mères et les nouveau-nés souffrent du blocus israélien

    Photo: Erica Silverman/IRIN
    Des enfants attendant leur mère devant l’hôpital d’As-Shifa, hôpital principal de Gaza, où naissent environ 1 200 bébés chaque mois

    GAZA-VILLE, 21 août 2009 (IRIN) - Des infrastructures inadaptées, des équipements insuffisants et un personnel hospitalier trop peu nombreux contribuent à la détérioration des soins dispensés aux mères et aux nourrissons dans les hôpitaux de Gaza, d’après une évaluation réalisée en juillet 2009 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Jérusalem.

    L’OMS attribue l’état catastrophique du système de santé de Gaza au blocus imposé par Israël depuis juin 2007, date à laquelle le Hamas a pris le contrôle du territoire.

    « Le blocus israélien empêche que l’approvisionnement en équipements médicaux s’effectue normalement, dégrade les conditions de soins dans les maternités, et perpétue l’isolement des professionnels de la santé. Dans un tel contexte, il est difficile de maintenir une qualité de soins correspondant aux normes internationales », a déclaré Tony Laurence, directeur du Bureau de l’OMS pour la Cisjordanie et la Bande de Gaza, à Jérusalem.

    La maintenance et le renouvellement de l’équipement ne sont pas satisfaisants, et l’approvisionnement en médicaments et en matériel de laboratoire n’est pas constant, d’après l’OMS.

    « Les stocks de 10 types de médicaments essentiels pour le soin maternel, comme le Prostin, un gel qui favorise le travail, sont écoulés », a indiqué Munir Al-Bursh, directeur du Département pharmaceutique de Gaza, ajoutant qu’il était impossible d’importer des pièces détachées pour les appareils à ultrasons et les scanners tomographiques (CT).

    Cette semaine, Safa Ahmed, 21 ans, a mis au monde une fille prénommée Rataj, à As-Shifa, l’hôpital principal de Gaza – mais elle a été renvoyée chez elle deux heures seulement après l’accouchement.

    A Gaza, les mères quittent l’hôpital en moyenne deux heures après avoir accouché, en raison du manque de lits, a indiqué le rapport de l’OMS, qui recommande qu’elles restent à l’hôpital au moins six heures après l’accouchement, pour des examens post-nataux.

    Le service de maternité d’As-Shifa, qui assiste 1 200 naissances par mois en moyenne, est saturé.

    « Il y avait environ sept à huit femmes par chambre », a raconté Safa. « Mon mari a dû sortir de l’hôpital pour aller à la pharmacie acheter du gel Prostin et des anticoagulants pendant que j’accouchais ». Les patients disent qu’il n’est pas facile de se procurer ces médicaments. S’ils sont fournis par l’hôpital, l’assurance du patient les prend en charge, mais si le patient les achète en pharmacie, il les paie de sa poche.

    Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) fournit des médicaments et du matériel médical, mais ne parvient pas toujours à les faire entrer sur le territoire, a raconté Mustafa Abu-Hassanain, chargé de la communication du CICR à Gaza.


    « Il y avait environ sept à huit femmes par chambre. Mon mari a dû sortir de l’hôpital pour aller à la pharmacie acheter du gel Prostin et des anticoagulants pendant que j’accouchais »

    Peu de sages-femmes formées

    D’après Lubna Al-Sharif, de l’OMS à Gaza, les services de maternité et de néonatologie manquent de personnel, en particulier de sages-femmes formées. « Par rapport aux normes internationales en matière de soins maternels et pédiatriques, les connaissances sont dépassées, car la fermeture prolongée des frontières a conduit à l’isolement [des professionnels de santé] », a déclaré Mme Al-Sharif.

    « Les hôpitaux manquent de moniteurs fœtaux en état de marche et de pièces détachées pour les couveuses, comme des lampes ultraviolets », a précisé Mme Al-Sharif, avant d’ajouter : « et le manque de lavabos, de savons et de serviettes conduit à des problèmes de contrôle des infections ».

    Le blocus interdit l’importation de matériaux de construction comme le ciment, sans lesquels il est difficile de réhabiliter et d’entretenir les hôpitaux, d’après l’OMS.

    Shlomo Dror, porte-parole du ministère israélien de la Défense, a indiqué : « Le matériel médical est prioritaire [pour l’entrée sur le territoire], suivi par la nourriture fournie par les organisations internationales. Le gouvernement est résolu à ne pas laisser une crise humanitaire se produire à Gaza ».

    Le ministère israélien de la Défense a indiqué qu’il n’était pas obligé d’autoriser l’importation de produits autres que ceux correspondant à l’approvisionnement humanitaire nécessaire à la survie, et a dit craindre que certaines technologies médicales ne soient utilisées à des fins plus malveillantes.

    SOURCE IRIN 


    votre commentaire
  • Comment tuer un journal trop libre.


    Ce post traite aussi à sa manière de ce qui vient d’arriver au site web LBS 

    Aux Etats Unis, il existe des journaux gratuits, hebdomadaires, mensuels et peut-être quotidiens allez savoir.
    La belle affaire, me direz-vous : en France aussi nous avons des journaux gratuits comme 20 minutes ou Métro par exemple.
    Oui, mais le mot qui correspond à gratuit aux Etats Unis est le mot « free » qui veut dire aussi en anglais «libre.» C’est plus qu’une nuance.
    Ces journaux n’ont rien de marginal et sont souvent ancrés dans une réalité locale, universitaire, citadine ou rurale. Ils représentent dans certains cas de véritables contrepoids, certes insuffisants, face aux poids lourds de la presse aux Etats Unis.

    C’est un de ces journaux « free » qui me donne l’occasion de vous offrir une véritable leçon de sionisme appliqué, où comment tuer un journal parce qu’il ne se contente pas, au choix, de verser dans l’éloge de l’entité sioniste ou de se contenter de parler des chiens écrasés ou de proposer des recettes de cuisine. devenu inaccessible suite à des pressions sionistes sur l’hébergeur.
    La méthode est exposée dans le détail ; elle ne s’embarrasse pas de considérations juridiques sur la liberté d’expression, elle essaye seulement de ne pas rater et de tuer coup sûr.
    Elle exige du praticien du culot et un entregent non négligeable car, comme on le comprend en lisant attentivement, ce n’est pas seulement le média condamné par les sionistes qui est visé mais également ceux qui ont des relations avec lui, annonceurs ou points de distribution.

    La goutte d’eau qui a fait déborder le vase sioniste a été la publication d’un article d’Israël Shamir, l’ex militaire sioniste devenu un antisioniste virulent. Certes Shamir tend à verser dans l’imagerie antisémite mais il le fait justement parce qu’il est d’origine juive (je crois qu’il a abandonné le judaïsme pour aller vers le christianisme orthodoxe).
    La façon qu’a Shamir de parler des juifs m’a rappelé un souvenir de lycée. En terminale, j’avais lu plusieurs ouvrages de Karl Marx et j’avais été frappé par le mépris fréquent que manifestait Karl Marx envers l’esprit allemand. J’avais donc entrepris d’interroger mon professeur de philosophie à ce sujet et voici quelle fut sa réponse (bénie soit votre sagesse Patrick V., je vous dois beaucoup) : «Sûrement parce que c’est le peuple qu’il connaît le mieux.»
    Je pense que c’est ainsi que s’explique en partie (il y aussi des causes purement politiques) la hargne de Shamir envers les Juifs, simplement parce que c’est le groupe religieux ou national (les Ashkénazes) qu’il connaît le mieux pour en faire ou en avoir fait partie.

    Vous me direz : on a la même chose en France avec ce qui vient de se passer avec le site La banlieue s’exprime animé par Ahmed Moualek.
    J’en conviens tout à fait, sauf que dans l’affaire La banlieue s’exprime qui est un site qui ne dépend pas de recettes publicitaires, la pression sioniste a tapé d’une manière qui serait impossible aux Etats Unis sauf à être frappé par le Patriot Act.

    Le lobby sioniste a donc une longueur d’avance en France par rapport aux USA.


    Par Lander Burr, Point Reyes Light (USA) 30 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

    En mai 2008, le Coastal Post, un mensuel gratuit de Bolinas, avait publié un article qui qualifiait les Juifs exerçant dans les médiats «d’exécuteurs volontaires de nos libertés.» L’article intitulé Carter et le nid de guêpes - le défi à la colère du lobby juif, avait causé un tollé. Don Deane, le directeur de la publication du Coastal Post avait été traité d’antisémite et le journal avait perdu 30 annonceurs après que des tracts et des campagnes de lettres avaient incité au boycott du journal. La controverse a soulevé des questions sur ce que signifie être antisémite et comment répondre à des contenus déplaisants. Dans son combat pour continuer à paraître, Dean a sollicité l’aide de l’organisme à but non lucratif Project Censored pour savoir si le Coastal Post figurait parmi un ensemble plus vaste de publications menacées pour leur couverture du conflit israélo-palestinien.

    Accroître la couverture informative

    En 2006, Deane avait décidé de combattre ce qu’il voyait comme un biais pro-israélien dans la couverture médiatique de le crise du Moyen-Orient.« Il est certain que le journal a traité ce dossier assez régulièrement depuis deux ou trois ans, » déclare Deane, 66 ans, un ancien de la protection judiciaire de la jeunesse qui possède le Smiley’s Saloon à Bolinas. Et si une tendance a contribué au ton des articles, ce serait celle qui consiste à avoir de la sympathie pour les civils et contre les violations des droits de l’homme qui ont été perpétrés par les autorités israéliennes.»
    Cette évolution a incité certains lecteurs à se plaindre que les articles du journal étaient radicalement pro-palestiniens et même antisémites. Des exemplaires du Coastal Post avaient été volés sur les présentoirs et des courriers expédiés aux annonceurs pour les prier instamment de cesser leurs relations commerciales avec la publication.
    Même si Deane signale que seulement 10 % des articles et éditoriaux du Coastal Post se rapportent à la politique proche-orientale, certains lecteurs trouvent cette couverture excessive.
    «C’est un bourdonnement persistant à l’oreille,» explique Suzan Berns, directrice régionale pour North Bay du Jewish Community Relations Council. « C’est comme si il y avait une insistance exagérée sur Israël dans un journal local.»

    Carter et le nid de guêpes

    En mai 2008, Deane avait publié Carter and the Swarm. L’article, rédigé par Israel Shamir, né en Sibérie, qui condamnait la critique par les Juifs du livre de Jimmy Carter paru en 2006 qui soutenait que le contrôle israélien sur la Palestine faisait obstacle à un accord de paix.
    Des lecteurs avaient été outrés par ce texte qui, à un moment, compare les Juifs à des moustiques suceurs de sang qui s’attaquent à carter.
    Jonathan Bernstein, directeur régional de l’Anti Defamation League, considère que Shamir s’est discrédité lui-même en faisant référence à des stéréotypes sur les Juifs comme l’obsession pour l’argent, l’égoïsme et un contrôle excessif sur le gouvernement.
    « En le lisant superficiellement, on pourrait prétendre que Shamir tente d’affirmer que des Juifs «très puissants» essaient de faire taire quiconque est en désaccord avec eux au sujet d’Israël, » avait écrit Bernstein dans une lettre à Deane. «Même si c’était ce qu’il voulait dire, nous ne comprenons pas pourquoi il recourt à des images et à des mensonges nocifs sur le peuple juif. En conséquence, nous avons lieu de nous demander si la promotion de ce genre de stéréotypes et l’encouragement à l’hostilité [bigotry] envers les Juifs n’est pas son objectif.»

    Les retombées

    Après l’édition de mai, les vols d’exemplaires du journal se sont intensifiés. Craig Slater, le distributeur du Coastal Post, indique que des lots ont été dérobés dans environ 20 emplacements. Des milliers d’exemplaires ont disparu rien que dans un magasin d’alimentation à Fairfax.
    En juillet 2008, le Dr Michael Frauzblau, un habitant de West marin, s’était rendu devant le conseil municipal de San Rafael et avait plaidé en vain le retrait du Coastal Times de l’Hôtel de ville. Frautzblau qualifiait la ligne éditoriale du journal d’antisioniste et d’antisémite.
    Dans le N° du Coastal Post de novembre 2008, le Dr Edward W. Miller, un chroniqueur qui écrit régulièrement sue le conflit israélo-palestinien, avait évoqué les malheurs du journal. Le Coastal Post a perdu un tiers de ses annonceurs et de 10 à 12 de ses points de distribution suite à des appels et à des courriers de personnes écrivant aux annonceurs pour qu’ils cessent de placer des annonces publicitaires. Whole Foods à Mill Valley a retiré le numéro de mai en raison de protestations de consommateurs. Un des portes parole de l’entreprise a indiqué qu’actuellement qu'elle ne proposait plus le Coastal Post.


    La montée des pertes publicitaires a provoqué une crise financière fin 2008. Dans une année typique, les dépenses du journal s’élevaient à environ 20 000 dollars. Deane estime que le journal a perdu au moins 14 000 dollars en revenus publicitaires.
    «Perdre la publicité nous a vraiment mis au fond du trou, » dit-il.En réaction aux énormes difficultés du Coastal Post, des habitants du secteur ont organisé une campagne de lettres pour «Sauver le Coastal Post.» L’organisation de campagne comprend des membres de la Marine Peace and Justice Coalition, quatorze membres de Friends of Palestine et l’American Civil Liberties Union. La lettre inclut un formulaire de souscription et invite les gens à placer des annonces dans le journal et à trouver de nouveaux points de distribution.»
    Même si la campagne de souscription a bien marché, Deane a été contraint de réduire ses coûts. Il n’envoie plus de numéros dans les boîtes à lettres de Bolinas. Les libraires de Bolinas et Stinson Beach ou Point Reyes Station disent ne plus recevoir le journal. Dean a essayé de s’adapter aux incertitudes financières du journal et accepte de ne l’imprimer que quand il a suffisamment d’argent. Jusqu’ici, le journal a continué à paraître chaque mois.
    Antisémitisme

    Dean comme le Coastal Post ont été déclarés antisionistes et antisémites à la fois, ce qui soulève des questions sur la différence entre ces termes et sur le fait de savoir si le journal et son éditeur méritent l’une et l’autre étiquettes.
    «Je pense que ce qui peut intéresser les gens, c’est de savoir quand quelqu’un a franchi la limite entre la critique légitime d’Israël et la promotion de l’antisémitisme, » explique Bernstein.
    Bernstein constate que les progressistes hésitent souvent à séparer l’antisionisme de l’antisémitisme. «Dans la zone de la baie (Bay Area), de nombreux leaders progressistes ne sont pas assez prompts à donner de la voix contre l’antisémitisme quand ils l’observent, » dit-il. «Ils ont peur qu’on les voie comme soutenant Israël. Ce qui leur a interdit d’être des leaders progressistes responsables.»

    « L’antisémitisme n’a absolument rien à voir avec la critique d’Israël, même les critiques d’Israël les plus virulentes,» affirme Joel Beinin, professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Stanford. « l’antisémitisme est hostile aux Juifs en tant que peuple. C’est une condamnation générale [des Juifs] ».

    En février 2009, Deane avait écrit des excuses pour le texte de Shamir, admettant que le texte ne faisait pas la distinction entre Juifs et sionistes.»
    «L’argumentation politique et sa terminologie étaient embrouillées, peu claires et, par moment, choquantes pour les lecteurs,» écrivait-il. « Ces gens [ceux qui ont lancé une campagne contre le journal]ne voyaient pas un plaidoyer pour Carter – qu’on l’aime ou pas – ils ont été irrités par les connotations qu’ils considéraient empreintes de préjugés et de mauvais aloi. De cela, je m’excuse sincèrement.»

    Mais Bernstein pense que les excuses étaient à côté de la plaque ; «Ca sonne assez comme une échappatoire,» dit-il. «Il s’excuse auprès des gens qui ont été offensés ; il ne s’excuse pas pour le caractère offensant du texte.»

    Tactique

    Les problèmes du Coastal Post ont continué en 2009. Depuis le début de l’année, Gerardo Joffe a écrit cinq lettres demandant instamment à des commerces de cesser de placer des encarts publicitaires dans le journal. Joffe est le fondateur de Facts and Logic About the Middle East (FLAME), qui publie des points de vue pro-israéliens par voie publicitaire et des lettres aux annonceurs dans tout le pays.
    Joffe explique que ses lettres reflètent ses opinions personnelles mais reconnaît que, à cause de sa position dans FLAME, les lettres ont été écrites au nom de son organisation. Au moins une de ces lettres comportait un formulaire d’annulation à envoyer au Coastal Times.
    «Il est difficile de comprendre pourquoi vous, qui nous l’espérons n’êtes pas imbibé du poison de l’antisémitisme, voudriez continuer à soutenir ce genre de journal,» écrivait Joffe dans une des lettres. Vos clients actuels ou potentiels vous identifieront inévitablement avec les points de vue malsains de Deane.»

    A peu près au même moment où les lettres de Joffe étaient envoyées, quelqu’un a commencé à coller des tracts sur les présentoirs du Coastal Post et à les afficher dans les commerces locaux. Les tracts pressaient les habitants de Marin de ne pas acheter le journal et comportaient des extraits de ce qui était jugé comme un discours raciste.»
    Joffe n’a jamais
    envoyé de courrier directement au Coastal Post. « Je pensais qu’écrire à Deane aurait été inutile. D’après ce qu’il écrit, il semble camper sur ses préjugés, ses biais et ses croyances, » déclare Joffe. «Je ne serais pas capable de le faire changer de positions.»

    Mais Deane maintient qu’il publie des façons de voir divergentes.
    «Nous sommes heureux de présenter une variété de points de vue,» déclare Deane.
    Un échantillonnage d’articles, de chroniques et de lettres à la rédaction dans 10 numéros du Coastal Post parus entre 2007 et 2009 montre que la majorité des articles étaient critiques envers la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens, mais les lettres à la rédaction étaient majoritairement favorables à Israël.
    Au total, 39 articles traitaient du conflit israélo-palestinien dont le tiers étaient favorables à la politique israélienne tandis que 2/3 critiquaient l’action de ce pays envers les Palestiniens. Dans le courrier des lecteurs, le résultat était inverse : près des 2/3 des 19 lettres étaient pro-israéliennes tandis que seulement le tiers condamnait les méthodes israéliennes.

    Allen Barnett, membre fondateur de la Marine Peace and Justice Coalition avait envoyé une lettre à Deane pour critiquer des articles qui flirtaient avec l’antisémitisme. Les lettres de Barnett furent publiées.

    Bernstein indique que l’Anti-Defamation League ne soutient pas les boycotts.
    «De manière générale, l’ADL est opposée aux boycotts, » explique Bernstein. « Notre approche consiste d’abord à engager un dialogue avec les gens et d’expliquer pourquoi ce qu’ils font peut être porteur de haine ou de divisions et nous les encourageons à débattre et à dialoguer mais d’une manière qui est constructive et unificatrice.»
    Ann Brick, juriste pour l’American Civil Liberties Union (ACLU) de Californie du Nord déclare que Dean avait le droit constitutionnel [First Amendment Right] de publier des articles et que des gens comme Joffe avaient le même droit d’appeler des annonceurs au boycott. Mais elle précise que l’ACLU soutenait la libre échange des idées. «C’est une question délicate, une zone compliquée en termes d’opinion sur la liberté de parole,» dit-elle. «L’intérêt de la liberté d’expression est probablement mieux servi en faisant en sorte que les deux points de vue soient entendus ou lus, plutôt que par des tentatives pour faire taire une des parties au débat. Plus d’expressions est toujours mieux que moins d’expressions.»

    Tendances

    The Berkeley Daily Planet, un hebdomadaire gratuit, a récemment vécu des campagnes de boycott similaires à celle du Coastal Post.

    « Quelques individus d’East Bay menacent de ruiner le Berkeley Daily Planet à moins qu’il cesse de publier des critiques de la politiques israélienne et des campagnes d’opinion et des idées qu’ils taxent d’antisémites, » écrivait en juin le journaliste Richard Brenneman dans un article.
    Les annonceurs du Daily Planet avaient reçu plusieurs lettres d’un homme nommé John Sinkinson, un dirigeant de FLAME. Joffe affirme que les lettres n’étaient en aucune manière coordonnées.

    «La capacité des boycotts organisés à détruire des journaux n’a jamais été aussi forte dans l’histoire, » explique Brenneman. «On se demande combien de journaux rejettent automatiquement tout ce qui peut être considéré comme critique.»Le Daily Planet avait effectué sa propre étude du courrier des lecteurs, des chroniques et des commentaires pour jauger l’importance et la tendance da sa couverture du conflit israélo-palestinien.

    Sur 36 numéros parus entre le 2 juin 2006 et le 7 mai 2009, l’étude a constaté que sur un total de 869 lettres, 49 portaient sur Israël. Parmi ces dernières, 34 étaient critiques envers Israël tandis que 15 étaient favorables au gouvernement israélien.

    Deane a récemment contacté le professeur Peter Phillips de l’université d’Etat de Sonoma et directeur de Project Censored. Ce projet promeut la liberté d’expression dans les médiats et a conduit plusieurs études de partialité. Deane voudrait que Phillips étudie s’il existe une plus largement tendance à s’attaquer aux journaux parce qu’ils critiquent Israël.
    «Il est possible que nous nous penchions là dessus,» déclare Phillips. Mon point de vue est que toute interférence avec la libre circulation de l’information dans la société est une censure. »

    Dean explique que la controverse autour du Coastal Post a été intéressante pour lui. « Je n’en reviens pas que moi-même et le journal ayons été accusés en termes de racisme et de préjugés,» dit-il. «Si vous allez au delà de la réaction personnelle que vous pouvez avoir devant quelque chose qui est nébuleux et difficile à distinguer clairement, et que vous commencez à considérer les implications plus larges du 1er amendement et du droit que les gens ont de lire ou d’écrire, ça devient plus important. S’il est question d’un seul journal, c’est une anomalie. Si c’est deux ou plus, alors c’est quelque chose qui doit nous inquiéter.»


    votre commentaire
  •  

     

    Le CRIF, une officine de propagande. Le gouvernement français : un complice.

    L'Union Juive Française pour la Paix s'inquiète devant la multiplication des déclarations du CRIF ou d'organisations membres de ce « Conseil » se faisant les porte parole des courants les plus bellicistes de l'Etat israélien et prétendant obtenir de l'Etat français un alignement pur et simple sur les positions du gouvernement Netanyahou. Ces mêmes organisations veulent obtenir la condamnation pénale de l'antisionisme (en prétendant qu'il ne peut être que le masque de l'antisémitisme) et des appels au Boycott des produits israéliens (assimilé à une volonté de destruction pure et simple de la société israélienne).

    Le communiqué du CRIF à propos de la convocation par le Quai d'Orsay de l'Ambassadeur d'Israël est proprement ahurissant.
    Alors que le gouvernent français a été plus que discret dans ses réactions face aux crimes de guerre d'Israël ( notamment à Gaza en décembre et janvier derniers), à la poursuite de la colonisation et de la construction du Mur, comme au traitement infligé à l'étudiant franco-palestinien Salah Hamouri.
    Alors qu'il a même été quasiment muet devant les vexations et humiliations subies par ses représentants diplomatiques (la dernière en date étant l'interdiction faite à notre représentant consulaire d'assister à l'audience de dimanche où Salah a vu sa libération refusée).lien 
    Quand enfin l'Ambassadeur d'Israël est convoqué au sujet des destructions illégales au regard du droit international de quartiers entiers de Jérusalem Est ,
    et malgré toutes les précautions prises par Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy pour réaffirmer que la France partageait avec Israël les mêmes valeurs,
    le CRIF s'émeut, affirme que la loi israélienne doit s'appliquer sur la ville de Jérusalem dans sa totalité, en contradiction même avec les résolutions de l'ONU, et demande qu'Israël soit traité en ami.

    Auparavant plusieurs organisations parmi lesquelles l'Union des Patrons Juifs de France (UPJF – à ne pas confondre s'il vous plaît avec l'UJFP) avaient diffusé un « appel à la clémence » pour les nervis de la Ligue de défense Juive coupables de la dévastation de la librairie Résistances, excusables de ne « plus croire à la justice de leur pays » devant la « déferlante antisémite » que connaîtrait la France, notamment au travers des actions de Boycott et de la mansuétude de la Justice pour les coupables dans le procès Halimi !

    Nous avons déjà dit le caractère de fuite en avant criminelle et suicidaire de la politique israélienne, qui voit dans l'impunité que lui a accordé jusqu'ici la « communauté internationale » (on attend aujourd'hui que les déclarations d'Obama se traduisent en actes) des raisons de poursuivre la dépossession du peuple palestinien alors que cela ne fait qu'éloigner toujours un peu plus la possibilité d'une solution de paix juste et durable.

    Nous disons qu'en s'alignant sur cette politique le Conseil dit représentatif des Institutions Juives de France engage les Juifs de France dans la même impasse d'une guerre sans fin contre tous, développant une idéologie de forteresse assiégée par des ennemis et des traîtres.

    Nous disons qu'il revient au Président de la République et au gouvernement de ne pas céder à cet invraisemblable chantage communautariste, comme il vient malheureusement d'être fait en interjetant appel du jugement dans l'affaire Halimi.

    Nous disons qu'il revient au Président de la République Française et au gouvernement de contribuer à casser cette dérive en développant une position ferme de défense des droits humains de tous les peuples. Cela devrait commencer, notamment, par la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël (comme prévu à son article 2) et par l'exigence de libération immédiate de Salah Hamouri.

    Pour l'UJFP, André Rosevègue, co-président 29 juillet 2009

    Source 

    *** 

    Il semble que le CRIF apparait davantage comme porte-parole d’une puissance étrangère que comme conseil représentatif ayant à l’origine pour vocation de défendre les intérêts des Juifs et assurer leur bien-être en France.

    Bienheureusement, ce virage a fait grincer des dents ; une des associations fondatrices, l’UJRE, a préféré prendre ses distances et claquer la porte du CRIF : "Voilà déjà quelque temps que nous nous inquiétons d’un positionnement politique du Crif en rupture avec ses valeurs fondatrices. Lors de l’Assemblée générale de l’automne dernier, nous avons indiqué que, s’il était essentiel de maintenir des relations constructives avec le pouvoir politique… Nous voulons croire que le Crif saura abandonner son positionnement partisan et la proclamation d’anathèmes relevant d’autres temps pour retrouver son rôle et sa représentativité dans la société française ; pour défendre les intérêts moraux des Juifs de France et contribuer, à partir des valeurs qui le fondent, au processus de paix au Proche Orient".


    votre commentaire
  • Voilà comment j’ai été arrêté, détenu et refoulé par Israël !
    par Ennasri Nabil

    Vendredi 17 juillet 2009, Marseille, 5h du matin : j’attends le vol de la Brussels Airlines à destination de Tel Aviv. L’arrivée est prévue à 16h mais avec une escale à Bruxelles. L’objectif de mon voyage est de passer huit jours en Palestine pour visiter la vielle ville de Jérusalem et notamment la mosquée Al Aqsa, troisième lieu saint de l’islam. Seulement voilà : en m’installant dans l’avion en ce matin ensoleillé du mois de juillet, je ne me doutais pas du calvaire qu’allaient me faire subir les autorités israéliennes pendant presque 3 jours…

    J’arrive donc à Bruxelles vers 8h et j’attends ma correspondance qui est prévue à 11h. Première surprise : celle-ci se fera avec un appareil de la compagnie nationale israélienne El Al – connue pour ses contrôles de sécurité draconiens - et non avec un avion de la Brussels Airlines. Soit. Après m’avoir posé plusieurs questions, le personnel d’El Al me demande de patienter. Plus d’une heure s’écoule et je m’aperçois que tous les passagers – sauf quelques uns qui attendent également avec moi – prennent place à bord de l’avion. Ce dernier décolle alors sans nous. Sans nous donner aucune justification, le service de sécurité de la compagnie nous a refusé l’accès à l’appareil.

    Mécontents, nous exigeons des explications. Après de longues discussions au bureau de la Brussels, on nous informe que nous partirons pour Tel Aviv le soir même, mais cette fois avec un appareil affrété par la compagnie belge. Après plus de 12 heures passées dans les couloirs de l’aéroport de Bruxelles, nous voilà donc enfin en partance pour Tel Aviv …

    Deuxième surprise (mais qui n’en était pas vraiment une, je me doutais bien que cela allait se produire) : à l’aéroport de Tel Aviv, lors de la vérification des passeports, je suis le seul, parmi tous les passagers, à qui on signale de passer par le service de sécurité. Je m’y dirige donc. S’en suivra huit heures – de minuit à 8h du matin - parsemées d’interrogatoires, de plusieurs fouilles au corps assez musclées, d’attente interminable dans une pièce où, tellement épuisé, je dormirai à même le sol… Passant d’un service à un autre, je me rends progressivement compte que mon cas se complique : en effet, celle qui semble être la chef du service de sécurité de l’aéroport ne croit pas à ma version des faits. « Ce n’est pas pour du tourisme religieux que vous êtes venu en Israël ! Dites-moi la vérité ! » m’assènera-t-elle régulièrement. D’un air martial, ponctuant ces phrases par des « I don’t like you ! You’ve got a very bad opinion about Israël », je comprends vite qu’internet m’a trahi… En fait, les autorités israéliennes ont tout simplement “googleliser“ mon nom. Et il est vrai que mon engagement en faveur de la cause palestinienne et des droits des peuples a fait sortir de ses gonds notre responsable israélienne…

    Vers 8h du matin donc, elle me redonne mon passeport en m’affirmant sèchement : « You have nothing to do in Israël. Go back to France !” Après avoir pris mes empreintes, on me dit que je dois reprendre le même vol, mais dans l’autre sens. Sauf que le prochain avion pour Bruxelles est à minuit et qu’il est… 9h du matin. Deux agents israéliens me proposent alors d’aller dans un service où je « pourrais dormir convenablement et où on me donnera à boire et à manger ». En arrivant au lieu-dit, je comprends vite que, pour la première fois de ma vie, je passerai ce samedi 18 juillet en détention, dans une cellule à la porte blindée et où visiblement, tous ceux qui ne plaisent pas à Israël sont détenus jusqu’à leur expulsion du pays.
    A minuit, juste avant le décollage, les policiers israéliens m’emmènent directement à bord de l’avion dans lequel je passerai ma 3e nuit consécutive dans des conditions difficiles. Mon passeport ne me sera restitué par le chef de bord qu’une fois l’atterrissage effectué. Enfin, et pour couronner le tout, je suis rentré chez moi sans ma valise, laquelle est actuellement toujours bloquée à … Tel Aviv.

    Voilà donc le véritable chemin de croix qui m’a été réservé. Mon histoire, outre son aspect révoltant, doit être source de réflexion car elle est significative de l’attitude des autorités israéliennes envers les militants internationaux souhaitant se rendre en Palestine pour témoigner leur solidarité. Je ne suis pas le seul à avoir subi ce traitement dégradant car il faut savoir qu’une véritable discrimination a lieu dès le premier contrôle à l’aéroport de Tel Aviv. Les témoignages sont nombreux, et j’ai moi-même pu le constater en salle d’attente de l’aéroport, qui démontrent qu’Israël se livre systématiquement à des contrôles au faciès et ce, même à l’endroit de ressortissants européens.

    En refusant l’accès à la Palestine à des militants des droits de l’homme, l’attitude arrogante et la politique discriminatoire d’Israël se révèlent au grand jour. Après une semaine passée devant le “barrage“ de Rafah au mois de février dernier[1], cet épisode déplorable donne une nouvelle fois la mesure de l’intransigeance des autorités israéliennes. Mais qu’Israël sache une chose : tous ces dénis de droit répétés ne font qu’accentuer, chez les militants, leur détermination à poursuivre le combat pour la justice et pour une Palestine libre…

    Ennasri Nabil.

    Article paru dans Politis n°1061, semaine du 17 au 22 juilllet

    Source :
    La feuille de chou

    3 commentaires
  • L’injustice de l’occupation ne coûte rien aux Israéliens (Haaretz)

    Gideon LEVY
    photo : Tel Aviv, la ville "cool".

    Franchement, c’est pas du superflu, ça ? Le président des Etats-Unis qui consacre une bonne partie de son temps précieux et de sa bonne volonté à tenter de convaincre sur la nécessité de mettre un terme au conflit arabo-israélien. Les Européens qui se tiennent prêts à entrer en action et la moitié de la planète qui attend. Mais soyons francs : pourquoi tout ce remue-ménage autour de nous ? Les colons pourraient pousser des cris et bloquer les routes. Les Forces de Défense Israéliennes pourraient perdre de leur importance et les informations pourraient même devenir ennuyeuses. Le vignoble dans les hauteurs du Golan pourrait fermer, tout comme la boutique de vins dans la colonie d’Ofra.

    Le fait est que la vie en Israël est agréable. Alors qui aurait vraiment envie de réfléchir à la paix, aux négociations, aux retraits, au « prix » à payer et à toute cette pagaille inutile ? Les cafés sont pleins et les restaurants sont bondés. Les gens sont en vacances. Les marchés sont en hausse. La télévision nous anesthésie, les autoroutes sont embouteillées et les festivals battent leur plein. La Scala a fait une représentation dans le parc et on attend Madonna, les plages sont noires de touristes, étrangers et locaux. L’été 2009 est merveilleux. Alors pourquoi vouloir changer quelque chose ?

    L’injustice de l’occupation ne coûte rien aux Israéliens. La vie ici est incomparablement meilleure que dans la plupart des pays. Israël a été moins touché par la crise financière globale que les autres. Il y a des pauvres mais pas comme dans le tiers-monde et les riches et les classes moyennes ont été relativement épargnées.

    La sécurité aussi est bonne. Pas d’attaques terroristes. Pas d’Arabes. Et lorsque le terrorisme recule, comme c’est le cas depuis quelques années, qui se souvient encore du « problème palestinien » ? L’armée et le Premier Ministre Benjamin Netanyahu peuvent encore nous faire peur avec la menace d’attaques terroristes mais en attendant, il n’y en a pas. De même que la menace nucléaire iranienne n’est encore qu’une vague éventualité. Actuellement, on se sent en sécurité en Israël.

    Il est vrai qu’on assiste parfois à des explosions de violences, mais elles se produisent en général aux frontières du pays et n’intéressent pas les habitants du centre. Des tirs de roquettes Qassam sur Sderot ou de Katyushas sur Kiryat Shmona ? Et alors ? Ils sont toujours suivis par une période de calme, comme en ce moment. Le mur de partage, les médias, le système éducatif et la propagande politique font du bon travail pour créer une illusion et faire oublier ce qu’il faut oublier et cacher ce qu’il convient de cacher. Eux, ils sont là-bas et nous, nous sommes ici et ici la vie est chouette, même si ce n’est pas le paradis. Comme la Suisse ? Non, encore mieux.

    Nous avons toujours su accorder une certaine importance aux plaisirs de la vie. Nous pratiquons le culte de la sécurité, notre véritable religion, et nous commémorons l’Holocauste. Ici, vous pouvez à la fois vous amuser et jouer aux victimes, faire la fête et râler. Connaissez-vous un autre endroit au monde comme celui-ci ?

    Puisque l’injustice de l’occupation ne coûte rien aux Israéliens, l’occupation ne prendre jamais fin. Elle ne cessera pas avant que les Israéliens n’établissent un lien entre l’occupation et un coût qui leur sera imposé. Ils n’y mettront jamais fin de leur propre initiative, et pourquoi le feraient-ils ?

    Même l’attaque terroriste la plus cruelle qui ait touché le pays n’a pas fait germer chez les Israéliens l’idée qu’il pourrait y avoir une relation de cause à effet entre occupation et terrorisme. Grâce aux médias et aux politiciens – les deux vecteurs les plus efficaces pour anesthésier et aveugler la société israélienne – on nous apprend que les Arabes sont nés pour tuer, que le monde entier est contre nous, que le traitement qu’on nous réserve est l’antisémitisme, et qu’il n’y a aucun lien entre nos actes et le prix à payer.

    Pour notre plus grand bonheur, il n’y a pas de blocus international ou de bain de sang prévu à l’horizon. Alors pourquoi s’en soucier ? Certes, le monde entier commence à froncer les sourcils. Et alors ? Les Israéliens sont convaincus que, de toute façon, le monde entier nous déteste. Tant qu’on ne nous privera pas des plaisirs de la vie, nous n’avons aucune raison de nous faire du souci. Demandez aux Israéliens les raisons de cet ostracisme et vous entendrez immédiatement des reproches à la terre entière plutôt que la moindre autocritique, que Dieu nous en garde. Les Israéliens ne se contentent pas de prendre du bon temps. Ils ont aussi une haute opinion d’eux-mêmes – de leur moralité, celle de leur armée et de leur pays.

    Tout ceci serait vraiment chouette si ce n’était pour notre aveuglement dangereux et la fin prévisible, pas vraiment heureuse, de toute cette histoire.

    Il fait encore un été magnifique à Tel Aviv – ainsi qu’à Gaza et à Jenin – mais une partie du monde va nous exploser à la figure. A ce moment-là nous jouerons à la pauvre victime étonnée, un rôle que nous affectionnons particulièrement.

    Gideon Levy

    ARTICLE ORIGINAL
    http://www.haaretz.com/hasen/spages/1101176.html

    Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info


    1 commentaire
  • -  Une vieille dame passait prés de la maison de la Chimie a Paris. il se tenait une reunion de l’extrème droite par l’ecrivain nationaliste Saint-loup. La vieille dame y était étrangère, mais un commando du betar l’a rouée de coups, tabassage, puis elle a été jeté mortellement contre la bordure du trottoir. Elle décèdera et il n’y aura pas de suite.

    -  Un jeune vendeur du journal ’l’idiot international" (de Jean Hedern Hallier") a été roué de coup par un commando du bétar dans le quartier des Halles à Paris. Il décèdera peu aprés. La encore aucune reaction, ni des politiques, ni des merdias.

    -  18 décembre 2000 : Saccage des locaux du M.R.A.P

    -  11 juin 2001 : Saccage des locaux de l’association Enfants de Palestine (Enfants de Palestine

    -  19 décembre 2001 : Agression de manifestants pro-palestiniens place de la Convention (Paris XVème) par une trentaine de membres du Betar. 10 blessés (cf. Libération du 21 décembre 2001)

    -  11 février 2002 : Agression par une demi-douzaine de jeunes du Betar, en marge d‘un conseil municipal, des proches de l’ancien maire (U.M.P) Olivier de Chazeaux 3 plaintes sont déposées pour « violence en réunion » (cf. Vigie- média -palestine)

    -  19 février 2002 : Agression des participants à une conférence pro-palestinienne à la Sorbonne (Paris Vème) par des membres du Betar. 1 blessé (21 jours d’I.T.T), 1 arrestation (cf. Communiqué du M.R.A.P)

    -  18 mars 2002 : Altercation entre des manifestants pro-palestiniens et des membres du Betar à l’occasion du gala annuel de l’A.B.S.I au palais des sports de Paris. Un photographe de Libération qui portait un keffieh autour du cou est agressé. (cf. Libération du 19 mars 2002)

    -  22 mars 2002 : Saccage de la librairie : Envie de Lire à Ivry (Val de Marne), qui abrite la section parisienne de l’Association des palestiniens de France. Plusieurs interpellations (cf. les O.G.R.E.S.com )

    -  26 mars 2002 : Remise du prix de la désinformation à l’A.F.P lors d’une manifestation d’une centaine de personnes à l’appel de la Ligue de Défense Juive devant le siège de l’A.F.P 1 passant pro-palestinien est giflé. (cf. observatoire du Communautarisme)

    -  2 avril 2002 : Affrontements entre militants pro-israéliens et pro-palestiniens à l’aéroport d’Orly après les déclarations antisionistes de José Bové. (cf. Journal de 20h00 de TF1, France2 et le 6 minutes de M6)

    -  4 avril 2002 : Saccage des locaux de l’association Enfants de Palestine. (cf. www.enfantsdepalestine.org )

    -  7 avril 2002 : Violences en marge de la manifestation du C.R.I.F, Place de la Bastille (Paris IIIème), 2 journalistes et plusieurs photographes sont passés à tabac, des passants maghrébins sont agressés, des pro-palestiniens venus sur les lieux de la manifestation sont roués de coups, des manifestants de « Shalom Arshav » se font asperger de gaz incapacitant, et un commissaire de police est poignardé par un individu "non identifié" (sic). (cf. Libération du 9 avril 2002)

    -  10 avril 2002 : Insultes à l’encontre du candidat des Verts : Noël Mamère, alors qu’il passait dans le quartier du Marais. (cf. L’E.Novateur du 10 avril 2002)

    -  15 avril 2002 : Agression à coups de battes de base-ball de 4 étudiants qui tentaient de déchirer des affiches sionistes, par des membres du Tagar (_ cf. Est-il permis de critiquer Israël ? de Pascal Boniface)

    -  19 avril 2002 : Par crainte d’une descente du Betar, la préfecture ne donne pas son autorisation à un départ de manifestation pro-palestinienne de la Place des Fêtes (Paris XIXème). (cf. Hacktivist news service)

    -  22 avril 2002 : Saccage d’une exposition de photos à Paris (XIXème) (cf. L’Oursaint 2ème partie)

    -  14 mai 2002 : Affrontement entre des membres de la Ligue de Défense Juive et des jeunes maghrébins à la sortie du concert du LIBI. 2 blessés 1 arrestation

    -  2 octobre 2002 : Remise du prix de la désinformation à France 2 et Charles Enderlin par le collectif contre la désinformation regroupant plusieurs associations dont la Ligue de Défense Juive, au cours d’une manifestation d’environ 5000 personnes. (cf. Arrêt sur images du 6 octobre 2002)

    -  12 novembre 2002 : Agression à la faculté de Nanterre d’un administratif d’origine maghrébine confondu avec un membre de l’A.G.E.N (syndicat pro-palestinien d’ultra gauche). 1 blessé. 1 arrestation (cf. Paris Obs de Catherine Erhel du 29 janvier 2004)

    -  7 décembre 2002 : Saccage des locaux de radio Méditerranée (radio appartenant à l’islamiste Tawfik Mathlouti par ailleurs fondateur de Mecca-Cola) (cf. communiqué de l’association CAPJPO)

    -  8 janvier 2003 : Affrontements entre des membres du Betar et des militants syndicaux pro-palestiniens épaulés par de jeunes maghrébins, suite à la manifestation de l’U.E.J.F pour protester contre le boycott par l’université Jussieu d’un accord de coopération avec des universités Israéliennes. 3 hospitalisés, un traumatisme crânien. (cf. Oumma.com)

    -  2 mars 2003 : Manifestation de soutien à l’intervention Américaine en Irak, Place de la Concorde (Paris VIIIème), organisée par la Ligue de Défense Juive. 1 interpellation suite à une échauffourée avec les forces de l’ordre. (cf. Lundi Investigation reportage de Canal +)

    -  18 mars 2003 : Affrontements entre membres du Betar et de la Ligue de Défense Juive et des militants pro-palestiniens venus perturber un gala de soutien à Israël et agresser les spectateurs. 1 blessé , Des coups de feu sont tirés. (cf. Libération du 19 mars 2003)

    -  6 mai 2003 : Insultes et menaces de la part d’une dizaine de militants sionistes d’extrême-droite lors du rassemblement républicain organisé à l’Hôtel de Ville, contre une dizaine d’enfoulardées dont la présence relevait clairement de la provocation.

    -  30 septembre 2003 : Insultes et menaces contre des militants pro-palestiniens lors du procès du gestionnaire du site amisraëlhaï.org par des membres de la L.D .J (cf. Le Monde du 2 octobre 2003)

    -  7 octobre 2003 : Agression d’un militant pro-palestinien venu sur les lieux d’une manifestation pro-Israélienne devant le siège de la délégation palestinienne à Paris (XVème), par un membre du Betar . L’agression étant filmée, l’auteur des coups a été condamné à 4 mois de prison ferme par la 24ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris. (cf. www.communautarisme.net )

    -  30 décembre 2003 : Agression des membres du syndicat étudiant pro- Hamas : A.G.E.N, du campus de Nanterre, devant et dans la cour du tribunal administratif de Paris, rue de Fourcy (IVème). 1 arrestation et une condamnation à 8 mois de prison avec sursis, 4 blessés dont 1 très gravement (45 jours d’arrêt de travail). (cf. Paris Obs de Victoria Bataillie et Catherine Erhel, 29 janvier 2004)

    -  5 février 2004 : Incidents à Lyon lors du spectacle de Dieudonné. (6 blessés, 1 arrestation) (cf. Les O.G.R.E.S)

    -  24 mars 2004 : Contre manifestation d’une centaine de militants du Tagar, du F.E.J, et de la Ligue de Défense Juive armés de tyser, de couteaux, de manches de pioche, de shuriken, et de gaz lacrymogène faisant face à environ 1000 manifestants pro-palestiniens venus manifester sur l’esplanade des Invalides (Paris XVème) contre l’élimination de Cheikh Ahmed Yassine (porte parole du Hamas). 20 arrestations, 1 voiture saccagée. (cf. Actualité Juive de Jean-Yves Camus)

    -  16 mai 2004 : Agression contre Noël Mamère par un groupe de jeunes Juifs qui lui reproche ses positions pro-palestiniennes, lors de la manifestation contre le racisme et l’antisémitisme. (cf. France- Soir de Cécile Maillard du 17 mai 2004)

    -  22 juin 2004 : Manifestation du Betar-Tagar (Place du Châtelet, Paris Ier) pour dénoncer la relaxe systématique des prévenus poursuivis pour des propos anti-juifs. (cf. Actualité Juive de Jean-Yves Camus) (voir photos)

    -  10 septembre 2004 : Insultes et menaces à l’encontre de Fouad Alaoui (responsable de l’U.OI.F)par des militants de la L.D .J devant le siège du C.R.I.F (cf. Libération du 10 septembre 2004)

    -  28 septembre 2004 : Agression de personnes présentes lors d’une séance de dédicace de l’écrivain Alain Soral et saccage de la Librairie Au pays de Cocagne qui organisait la séance de dédicace. 7 personnes blessées (voir photo) (cf. _ Le Parisien de Renaud Saint- Cricq, le 29 septembre 2004)

    -  1 novembre 2004 : Manifestation anti-Arafat devant l’hôpital Percy à Clamart par une cinquantaine de personnes qui appartiendraient selon les policiers sur place à la L.D .J (cf. Reportage T.F.1 du 1 novembre 2004)

    -  12 janvier 2005 : Lors du concert organisé par l’association Migdal au Bataclan, des membres de la L.D .J passent à tabac 8 manifestants pro-palestiniens dont une jeune fille.

    -  20 février 2005 : Agression à 3 reprises de militants pro-palestiniens présents lors de la manifestation syndicale des fonctionnaires et enseignants. 2 blessés (cf. Novopress.info France)

    -  2 mars 2005 : Agression de Dieudonné lors de sa tournée en Martinique par 4 membres de la L.D .J. 4 arrestations (cf. Le Nouvel Observateur du 4 mars 2005)

    -  19 février 2006 : Lors d’une marche en la mémoire d’Ilan Halimi-torturé puis assassiné- la manifestation dégénère : des passants maghrébins sont passés à tabac, des journalistes sont molestés et une voiture est saccagée. (cf. Le Parisien du 20 février 2006)

    -  19 février 2006 : Une vingtaine de militants juifs extrêmistes tentent de pénétrer dans le théâtre de Dieudonné en enfonçant la porte à coups de pieds (cf. Libération du 20 février 2006)

    (La liste entre 2006 et 2008 n’a pas encore été établie... Ajoutez vos éléments en forum ou en com ... merci !)

    -  8 janvier 2009 : Lycée Janson de Sailly (Paris) : agression de 2 jeunes lycéens par 7 membres du groupuscule LDJ.

    -  24 mars 2009 : 4 membres présumé de la Ligue De Defense Juive commettent un attentat contre Thomas Werlet, fondateur de la Droite Socialiste, groupuscule national-socialiste.

    -  12 avril 2009 : Un groupe d’une quinzaine d’individus appartenant à la LDJ agresse des gens venu assistés à un spectacle pour les enfants de Gaza. Les membres du groupe, armés, sont rentrés dans la foule. http://schlomoh.blog.lemonde.fr/200...

    -  22 avril 2009 : agressions lors d’une soirée culturelle palestinienne http://www.ujfp.org/modules/news/ar...

    http://reflexes.samizdat.net/spip.p...

    -  24 Juin 2009 : Un groupe d’une quinzaine de membres de la LDJ entre en force dans la mairie de Vitry sur Seine afin d’en découdre avec le service d’ordre du parti communiste, le jour de la nomination "Citoyen d’honneur" de Marwan Barghouti. http://www.europalestine.com/spip.p...

    -  3 juillet 2009 : Dans l’après-midi, cinq hommes cagoulés et en joggings sombres armés de bâtons et se réclamant de la LDJ, saccagent la librairie Résistances, dans le 17ème arrondissement de Paris, cassent la caisse et les ordinateurs, jettent les livres à terre et les aspergent d’huile http://www.ujfp.org/modules/news/ar...


    Dans un communiqué publié lundi 5 juin 2006, le syndicat policier « Action Police CFTC » déclare qu’il "ne considère en aucune façon que la Ligue de défense juive (LDJ) ou le Bétar créent un trouble à l’ordre public. Au contraire, ces organisations dissuadent de nombreuses personnes ou groupes de personnes hostiles à la communauté juive de passer aux actes. Les mairies se dotent de polices municipales, les supermarchés de vigiles, les manifestations sont encadrées par un service d’ordre... Pourquoi la communauté juive n’aurait-elle pas le droit de se défendre ? (...) la LDJ et Bétar (...) accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens". Ainsi un syndicat de policiers prend-t-il la défense de milices communautaires privées, au mépris de la loi républicaine.

    VOIR : http://www.communautarisme.net/Le-s...

    Les Ogres 


    3 commentaires

  • Cynthia McKinney est une ancienne membre du Congrès américain, candidate présidentielle pour le Parti des Verts et est une avocate acharnée pour les droits humains et la justice. La première femme noire américaine a représenter l'état de Géorgie, McKinney a été élue six fois à la Chambre des Représentants, de 1993 à 2003 et de 2005 à 2007. Elle a été arrêtée et kidnappée puis emmenée de force en Israël alors qu'elle tentait d'apporter de l'aide humanitaire et des matériaux de reconstruction à Gaza, le 30 juin. Pour plus d'information, vous pouvez aller ici: http:// www.FreeGaza.org


    Je suis Cynthia McKinney et je parle depuis ma cellule, dans une prison israélienne à Ramle. [Je fait partie] des 21 activistes des droits humains du Free Gaza Movement incarcérés actuellement pour avoir essayé de transporter de l’aide médicale, des matériaux de reconstruction - et même des crayons pour enfants; j’avais une valise remplie de crayons pour les enfants. Pendant notre traversée, en route pour Gaza, les israéliens ont menacé de tirer sur notre bateau, mais nous n’avons pas fait demi-tour. Les israéliens ont arraisonné le bateau et nous ont détenus parce que nous voulions offrir des crayons aux enfants de Gaza. Nous sommes détenus et nous voulons que les citoyens du monde sachent comment on nous a traités parce que nous voulions livrer de l’aide humanitaire au peuple de Gaza.


    Au début de l’opération israélienne, intitulée «Plomb Durci» [en décembre 2008], je suis montée à bord d’un bateau du Free Gaza Movement, avec un jour de préavis, et j’ai essayé, en tant que représentante des États-Unis dans une délégation multi-nationale, de livrer 3 tonnes d’aide médicale à Gaza déjà assiégée et ravagée.

    Pendant "Opération Plomb Durci", des avions F-16, fournis par les États-Unis, ont lâché leurs feux infernaux sur un peuple pris au piège. Le nettoyage ethnique s’est transformé en un génocide généralisé, purement et simplement. Du phosphore blanc, de l’uranium appauvri, de la technologie robotique, des munitions DIME et des armes à sous-munitions, fournis par les États-Unis - des nouvelles armes provoquant des blessures encore jamais traités par les médecins jordaniens et norvégiens. Les médecins, qui présents à Gaza pendant le massacre israélien, m’ont dit plus tard que Gaza était devenue le vrai laboratoire d'Israël pour tester ses armes, les personnes étant utilisées comme cobayes pour tester et améliorer l’efficacité du taux de mortalité de ses armes.

    Grâce à Al Jazeera, diffusée en arabe et en anglais, et à Press TV, diffusée en anglais, le monde a pu voir la violence méprisable d’Israël. J’ai vu ces transmissions, jours et nuits en direct, non pas aux États-Unis mais au Liban où ma première tentative pour rentrer à Gaza s'était terminée car les militaires israéliens avaient éperonné, dans les eaux internationales, le bateau à bord duquel j'étais... C'est un miracle si je suis ici pour écrire sur ma deuxième rencontre avec les militaires israéliens, une autre mission humanitaire avortée par les militaires israéliens.

    Les autorités israéliennes ont essayé de nous faire confesser que nous avions commis un crime .. Je suis maintenant connue comme la prisonnière d'Israël numéro 88794. Comment puis-je être en prison pour avoir rassembler des crayons pour les enfants?


    Le sionisme est sûrement arrivé au terme de sa légitimité si ceci est sa réponse aux personnes croyant tellement profondément dans les droits humains pour tous qu'ils mettent leur propre vie en jeu pour les enfants de quelqu'un d'autre. Israël est l'expression du sionisme à son summum, mais si Israël a peur pour sa sécurité car des enfants de Gaza ont des crayons, alors non seulement Israël a perdu son dernier lambeau de légitimité mais Israël doit aussi être déclarée un état défaillant.


    Je risque d'être déportée par un état qui m'a amenée ici sous la menace des armes après avoir réquisitionné notre bateau. J'ai été amenée en Israël contre mon gré. Je suis retenue dans une prison car j'avais un rêve, celui que les enfants de Gaza puissent colorier et peindre, que les blessures de Gaza puissent être soignées et que les maisons bombardées de Gaza puissent être reconstruites.


    Mais j'ai appris une chose intéressante en étant dans cette prison. Premièrement, la population est majoritairement noire: peuplée principalement par des éthiopiennes qui, elles aussi, avaient un rêve... comme mes compagnes de cellule, dont une d'elles est enceinte. Elles ont toutes une vingtaine d'années. Elles pensaient qu'elles venaient en Terre Sainte. Elles avaient un rêve, que leurs vies soient meilleures... L'Éthiopie, autrefois fière et jamais colonisée, [s'est retrouvée] sous la coupe des États-Unis et est devenue un lieu de torture, de "rendition" (transfert et détention secrète) et d'occupation. Les éthiopiens doivent libérer leur pays car les politiques des super-puissances [sont] devenues plus importantes que les droits humains et l'autodétermination.


    Mes compagnes de cellule sont venues en Terre Sainte pour se libérer des exigences des politiques des super-puissances. Elles n'ont commis aucun crime à part celui d'avoir eu un rêve. Elles sont venues en Israël car elles pensaient qu'Israël leur offrait un espoir. Leur voyage pour Israël, passant par le Soudan et l'Égypte a été très ardu. Je peux seulement imaginer ce que se fût pour elles.

    Et il n'était pas donné. Beaucoup d'entre elles sont le symbole des efforts collectifs importants de leurs familles. Elles se sont frayées un chemin jusqu'à la Haute Commission aux Réfugiés de l'ONU. Elles ont reçu leurs papiers d'identité jaunes. Elles ont eu leurs certificats pour la protection de la police. Elles sont des réfugiées de la tragédie et elles sont arrivées en Israël et seulement après qu'elles soient arrivées, Israël leur a dit "il n'y a pas d'ONU en Israël".


    La police, ici, est libre de les attraper et de les donner en pâture à un semblant de système judiciaire. Chacune de ces femmes, superbes, diligentes et fières, est l'espoir de toute sa famille. L'image d'Israël les a bien eu et nous avec. Dans une campagne de publicité astucieuse et diffusée à grande échelle, Israël s'est représentée elle-même comme le premier lieu de refuge et de sécurité pour les juifs et les chrétiens. Moi aussi, j'ai cru en cette publicité et j'ai manqué de regarder plus en profondeur.


    La vérité est qu'Israël a menti au monde. Israël a menti aux familles de ces jeunes femmes. Israël a menti aux femmes elles-mêmes qui maintenant sont prises au piège dans le centre de détention de Ramle. Et qu'allons nous faire? Une de mes compagnes de cellule a pleuré aujourd'hui. Elle est ici depuis 6 mois. En tant qu'américaine, pleurer avec elles n'est pas assez. La politique des États-Unis doit être améliorée et alors que le président Obama donne 12.8 billions de dollars aux élites financières des États-Unis, il devrait être clair que l'espoir, le changement et le "oui, nous pouvons" furent de très fortes images de dignité et d'accomplissement de soi, individuellement et nationalement en lesquelles, de partout, les personnes assiégées ont réellement crues.


    C'était une campagne de publicité rondement menée, habilement vendue au monde et aux électeurs américains, tout comme la publicité d'Israël le fût au monde. Nous nous sommes tous fait avoir, mais plus tragiquement, ces jeunes femmes.


    Nous devons voter en toute connaissance de cause pour de meilleurs candidats désireux de nous représenter. J'ai lu et relu la lettre du Dr. Martin Luther King Junior écrite depuis une prison de Birmingham. Jamais dans mes rêves les plus fous, je n'aurais imaginé que moi aussi, un jour je devrais en écrire une. Il est clair que les contribuables en Europe et aux États-Unis ont beaucoup à se repentir pour ce qu'ils ont fait à d'autres autour du monde.


    Quelle ironie! Mon fils rentre à l'école de droit sans moi car je suis en prison, en essayant de faire de mon mieux, à ma manière, pour les enfants d'autres personnes. Pardonne moi, mon fils. Je suppose que je suis en train de connaître la dure réalité, la raison pour laquelle les gens ont besoin de rêver. [Mais] j'ai de la chance. Je sortirai de cet endroit. Est-ce qu'Israël est devenue le lieu où les rêves meurent?

    Demandez-le au peuple palestinien. Demandez-le à la file ininterrompue d'hommes noirs et asiatiques que je vois arriver à Ramle. Demandez-le aux femmes de ma cellule. [Demandez-vous:] Qu'êtes-vous prêts à faire?


    Changeons le monde ensemble et réapproprions-nous ce dont nous avons tous besoin en tant qu'êtres humains: la Dignité. Je demande aux Nations Unies que ces femmes, qui n'ont rien fait de mal sinon d'avoir cru en Israël comme gardienne de la Terre Sainte, soient réinstallées dans des maisons paisibles. Je demande au département d'État des États-Unis d'inclure la situation désespérée des réfugiés certifiés par le HCR et détenus dans le rapport sur Israël lors de son rapport annuel sur les droits humains. Je demande, une fois encore, au président Obama d'aller à Gaza: dépêchez votre envoyé spécial, Georges Mitchell, là-bas pour qu'il rencontre le Hamas en tant que parti élu par les palestiniens.


    Je dédicace ce message à celles et à ceux qui se battent pour une Palestine libre, et aux femmes que j'ai rencontrée à Ramle.

    Je suis Cynthia McKinney, connue comme prisonnière de Ramle numéro 88794, le 2 juillet 2009.

    Parmi les autres personnes arrêtées en même temps que Cynthia McKinney, se trouve l’Irlandaise prix Nobel de la Paix Mairead Maguire.

    Vous vous rendez compte qu'Israël emprisonne une députée US et une prix Nobel de la Paix sans que la presse n'en parle ?

    Qu'attend le maire de Paris pour mettre une banderolle devant l'hôtel de ville ?


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique