De la saisie répétée des disques durs de serveurs militants à la réquisition de tous les supports de stockage lors des perquisitions, l’exploitation policière des données informatiques est devenue une pratique systématique, permettant de constituer très facilement des dossiers à charge. Reste donc à se doter des connaissances, des outils, et des pratiques qui conviennent : si les ordinateurs peuvent nous trahir, il s’agit de savoir comment ils font… et de devenir capables de leur clouer le bec.
Et comme «faire parler un ordinateur» peut se faire soit en le saisissant, soit en récoltant des informations qu’il envoie par le réseau, on vous propose un article en deux temps : dans cette édition, quelques pistes pour ne pas se laisser trahir par sa machine ; et dans le prochain numéro, quelques trucs pour tenter de se protéger lors de la connexion.
Attention cependant : vues la diversité et la complexité des failles possibles dans un système, on ne peut donner ici que quelques techniques, demandant souvent des recherches complémentaires, afin de limiter la casse en gardant à l’esprit que c’est toujours par la porte la moins bien gardée que pourra se faire une attaque.
Première partie : Quelques trucs pour protéger ses données
a) Choisir ses logiciels et son système
Préalablement à tout effort de «sécurisation» d’un système d’exploitation, il est essentiel de pouvoir accorder une certaine confiance à celui-ci, et aux logiciels qu’il accueille : il est impossible de savoir exactement ce que font Windows, Mac, et tout les logiciels propriétaires (non-libre), puisque leurs codes ne sont pas publics, et il est prouvé qu’il existe des «portes dérobées» permettant à qui en a la clé de prendre le contrôle du système. À l’inverse, les codes des systèmes d’exploitation Linux [On peut télécharger le CD d’installation de Linux «Debian»] et des logiciels libres sont publics, et souvent relus et travaillés par divers programmeurs, ce qui limite la possibilité de magouilles (attention toutefois à les télécharger sur un serveur fiable).
b) Séparer les espaces de travail
On estime que 40 à 80% des ordinateurs sous Windows sont infectés par des logiciels malveillants récupérés sur internet ou sur des clés USB, qui balancent toutes sortes d’informations (données personnelles, mots de passe…) à toutes sortes de gens (sociétés de com’, flics…).
À défaut de pouvoir se débarrasser de tous ceux-ci, il est important de faire en sorte qu’ils ne puissent pas côtoyer ou contaminer des fichiers sensibles ; d’où la nécessité d’utiliser des espaces de travail séparés en fonction de l’usage qu’on en a : plusieurs supports de stockage, plusieurs systèmes d’exploitation, et pourquoi pas, plusieurs ordinateurs.
c) Savoir se débarrasser des fichiers gênants
Lorsqu’on supprime un fichier, son contenu continue en fait à subsister sur le support de stockage où il se trouvait, et peut être retrouvé très facilement. La seule manière d’effacer réellement un fichier est de récrire plusieurs fois avec des données aléatoires sur l’espace qu’il occupe.
Il existe des logiciels qui permettent ce genre d’«effacement sécurisé», soit en effaçant sélectivement un fichier ou un dossier, soit en recouvrant la totalité de l’espace libre d’un support de stockage avec de nouvelles données : voir Eraser sous Windows, l’option «Effacer de manière sécurisée» sous Mac OS X, les commandes wipe, shred, srm et sfill sous Linux. Attention : l’effacement sélectif ne fonctionne pas avec les clés USB (qui utilisent une mémoire flash) ; la seule manière de les nettoyer est de recouvrir totalement leur espace libre.
d) Limiter les traces
Enregistrement automatique de fichiers sous un nom différent, journalisation de tous les évènements du système d’exploitation : l’activité normale des ordinateurs laisse autour d’elle quantité de traces, comme autant de copeaux permettant de retrouver des fichiers plus ou moins complets, des mots de passe, des traces de connexion internet, etc.
Seule une configuration fine de ses logiciels, liée à une bonne connaissance de leur fonctionnement, peut permettre de diminuer la quantité de traces qu’ils laissent, et/ou de choisir leur destination.
Quant aux traces stockées en mémoire vive (la «RAM» est une mémoire particulière qui enregistre de manière temporaire de nombreuses informations utilisées par le système d’exploitation), elles sont censées s’effacer d’elles-mêmes lors de l’extinction de l’ordinateur.
Mais d’une part, il arrive que la RAM se répande sur une partie du disque dur (la SWAP) qui elle, ne s’effacera pas ; d’autre part, certaines techniques peuvent permettre de retrouver le contenu de la RAM après extinction de l’ordinateur. Sous Linux, les commandes smem et sswap permettent de remplir ces deux mémoires de données aléatoires.
Enfin, notons que des signatures peuvent aussi être laissées sur les documents produits avec un ordinateur donné : numéro de série du logiciel ou informations sur l’auteur (fichiers PDF), mais aussi micro-défauts d’impression ou de gravure liés à l’usure de l’imprimante ou du graveur, qui permettent de l’identifier sans doute possible, tout comme l’empreinte d’impact sur une balle permet de retrouver le canon qui l’a propulsée. Sans compter que certaines imprimantes laissent à dessein de micro-signatures permettant d’identifier leur modèle (on peut en trouver la liste).
Il est finalement illusoire d’espérer supprimer toutes les traces laissées par le fonctionnement normal d’un ordinateur. Mieux vaut soit ne pas en laisser du tout, en faisant fonctionner la machine avec un Live CD (système d’exploitation sur CD) configuré pour n’utiliser ni le disque dur ni la swap ; soit, revenir à la bonne vielle cachette sous l’évier : démonter un disque dur est l’affaire d’une minute et de trois coups de tournevis ; soit enfin, se débrouiller pour que les données retrouvées soient inexploitables : c’est ici qu’intervient la cryptographie.
e) Chiffrer ses données
Le chiffrement des données (cryptographie) permet de les rendre totalement incompréhensibles pour qui n’a pas le mot de passe, et ce, de manière très fiable.
Les logiciels TrueCrypt sous Windows, FileVault sous Mac OS X, et dm-crypt avec Cryptsetup ou Efscrypt sous Linux, permettent de chiffrer soit sélectivement des fichiers ou des dossiers, soit l’espace disque qui sera utilisé pour la swap, soit, la totalité d’un disque dur. Cette dernière option est de loin la plus intéressante, puisqu’elle permet de garder confinée la totalité du système d’exploitation, traces comprises… mais elle n’est possible, dans sa version «libre», que sous Linux.
f) Se méfier des solutions trop simples
Au vu des problèmes que cela peut induire, on pourrait être tenté de ne plus utiliser son ordinateur ou son système d’exploitation habituel. Malheureusement, cette alternative ne fait le plus souvent que déplacer le problème : ainsi, les «logiciels portables», qui prétendent souvent apporter des garanties «sans trace», en laissent en fait toujours dans le système d’exploitation qui est utilisé pour les faire fonctionner ; et les cybercafés, de leur côté, ne garantissent pas du tout l’anonymat, ne serait-ce que parce que certains d’entre eux installent volontairement des logiciels-espions dans leurs machines. Si l’usage de ces derniers ne peut pas être contourné, penser à utiliser des comptes séparés pour les différents usages, à détourner la webcam de son visage, et à toujours taper les mots de passe avec un clavier virtuel (petit logiciel qui permet de rentrer les lettres en les sélectionnant à l’écran).
g) Surveiller ses arrières
Au-delà des problèmes de traces ou de logiciels-espions génériques, la surveillance informatique peut aussi être une affaire ciblée.
L’installation de logiciels-espions (désormais exploitable juridiquement) dans une machine donnée peut être aussi facile que d’envoyer un mail hébergeant un cheval de Troie, ou d’accéder trente secondes à l’ordinateur lui-même ; la surveillance permanente d’une connexion internet, de son côté, est simple comme une réquisition du parquet ; et la récupération de codes d’accès à une boîte mail ne demande dans la plupart des cas qu’une requête en bonne et due forme auprès de l’hébergeur.
Ajoutons pour le côté science-fiction qu’il est techniquement possible de surveiller à distance écran et clavier…
En conséquence, et pour finir, on ne saurait trop conseiller de garder un œil sur son matériel, et de rester vigilant vis-à-vis de l’endroit depuis lequel on l’utilise…
À suivre : Quelques trucs pour se protéger sur (et contre) internet.
SOURCE ICI lien Tags associés : internet, pc, mac
TANDIS que les autorités nord-américaines soumettent à des fouilles dites intégrales les voyageurs en provenance de quatorze pays y compris - sans justification aucune - Cuba, les terroristes liés à l’extrême droite d’Amérique latine continuent à trouver refuge en territoire nord-américain.
Le dernier représentant de cette mafia d’entrepreneurs putschistes latino-américains à se présenter à Miami est l’opposant bolivien de la región de Santa Cruz, Branko Marinkovic, que la justice de ce pays des Andes vient de dénoncer comme principal appui financier et complice de la bande terroriste désarticulée dans ce département en 2009.
Le service bolivien de l’Immigration a confirmé au ministère public que Marinkovic a quitté le pays le 26 juin 2009, de l’aéroport international de Viru Viru Santa Cruz sur un vol dont la destination était Miami, États-Unis.
Le 16 avril 2009, un groupe de l’Unité tactique de la résolution de crise de la police bolivienne a fait irruption dans l’hôtel Las Américas, de Santa Cruz et a surpris un commando paramilitaire recruté et financé par Marinkovic et d’autres conspirateurs.
Les mercenaires européens Eduardo Rózsa Flores (croate), Michael Dwyer (irlandais) et Árpád Magyarosi (roumano-hongrois) ont péri dans l’opération policière. Les terroristes préparaient un attentat pour assassiner le président bolivien, Evo Morales.
Le ministère public bolivien vient d’annoncer que les preuves réunies au cours des derniers mois démontrent la responsabilité de Marinkovic et d’autres entrepreneurs également liés à la trame terroristae.
Selon les enquëteurs, Marinkovic a financé la cellule terroriste composée de Rózsa Flores, Dwyer, Magyarosi ainsi que Mario Tadic, détenu dans l’opération avec le Hongrois Elod Tóasó. Il est prouvé que Marinkovic a remis 200 000 dollars aux terroristes pour l’achat d’armes.
Considé comme étant l’un des grands propriétaires de terres agricoles de Bolivie, Branko Marinkovic, est né le 21 août 1967 à Santa Cruz de la Sierra. Il est fils d’un nazi oustachi refugié en Bolivie et a étudié à l’Université du Texas, aux USA.
Marinkovic a aussi financé les éléments sécessionnistes opposés au gouvernement du président Evo Morales, qui ont provoqué de graves incidents en septembre 2006 à Santa Cruz de la Sierra et autres villes de l’est de la Bolivie.
D’origie croate, Rosza Flores, le chef du goupe de mercenaires financé par Marinkovic, a apartenu, en Hongrie où il a résidé, à des cercles liés au parti néonazi Jobbik.
Par ailleurs, on a observé comment une organisation séparatiste dirigée par Marinkovic, le goupe FULIDE, appartient au Réseau libéral d’Amérique latine (RELIAL), financé et orienté par la fondation allemande Friedrich Naumann Stiftung (FNS).
FULIDE a la particularité d’exhiber des croix gammées dans ses manifestations. On sait aussi que le groupe terroriste de Rosza Flores a été conseillé par Jorge Mones Ruiz, capo de UnoAmérica, fondation fasciste associée à la CIA.
De telles organisations d’extrême droite font partie de la toile d’araignée qui réunit divers groupes qui sont apparus au grand jour au cours des derniers mois, aux côtés des putschistes du Honduras, dirigé par l’entrepreneur Roberto Micheletti.
Entre autres appuis du régime de Tegucigalpa, on a retrouvé le terroriste d’origine cubaine Armando Valladares, associé aux activités de déstabilisation de Marinkovic. En Bolivie, où il a séjourné, Valladares a agi sous le couvert de l’organisation nord-américaine Human Rights Foundation dont le reprsentant bolivien, Hugo Achá Melgar, s’est aussi réfugié aux États-Unis après avoir été dénoncé pour sa complicité avec la bande de Rosza Flores.
Au Venezuela, la FNS s’est jointe à l’énorme choeur des organisations de doite allignées sur le Département d’État qui prëchent en faveur de politiques néo-libérales, avec d’énormes budgets furnis par la USAID et la National Endowment for Democracy.
Jean-Guy Allard SOURCE ICI
Tags associés : marinkovic, usa, terrorisme, bolivie
Derrière la Loi foulardière, la peur.
Alain BADIOU
(Le Monde, édition du 22 février 2004)
1. D’aimables républicaines et républicains arguèrent un jour qu’il fallait une loi pour interdire tout foulard sur les cheveux des filles. A l’école d’abord, ailleurs ensuite, partout si possible. Que dis-je, une loi ? Une Loi ! Le président de la République était un politicien aussi limité qu’insubmersible. Totalitairement élu par 82 % des électeurs, dont tous les socialistes, gens parmi lesquels se recrutaient nombre des aimables républicain(e)s en question, il opina du bonnet : une loi, oui, une Loi contre le petit millier de jeunes filles qui mettent le susdit foulard sur leurs cheveux. Les pelées, les galeuses ! Des musulmanes, en plus ! C’est ainsi qu’une fois de plus, dans la ligne de la capitulation de Sedan, de Pétain, de la guerre d’Algérie, des fourberies de Mitterrand, des lois scélérates contre les ouvriers sans papiers, la France étonna le monde. Après les tragédies, la farce.
2. Oui, la France a enfin trouvé un problème à sa mesure : le foulard sur la tête de quelques filles. On peut le dire, la décadence de ce pays est stoppée. L’invasion musulmane, de longtemps diagnostiquée par Le Pen, aujourd’hui confirmée par des intellectuels indubitables, a trouvé à qui parler. La bataille de Poitiers n’était que de la petite bière, Charles Martel, un second couteau. Chirac, les socialistes, les féministes et les intellectuels des Lumières atteints d’islamophobie gagneront la bataille du foulard. De Poitiers au foulard, la conséquence est bonne, et le progrès considérable.
3. A cause grandiose, arguments de type nouveau. Par exemple : le foulard doit être proscrit, qui fait signe du pouvoir des mâles (le père, le grand frère) sur ces jeunes filles ou femmes. On exclura donc celles qui s’obstinent à le porter. En somme : ces filles ou femmes sont opprimées. Donc, elles seront punies. Un peu comme si on disait : "Cette femme a été violée, qu’on l’emprisonne". Le foulard est si important qu’il mérite une logique aux axiomes renouvelés.
4. Ou, au contraire : ce sont elles qui veulent librement le porter, ce maudit foulard, les rebelles, les coquines ! Donc, elles seront punies. Attendez : ce n’est pas le signe d’une oppression par les mâles ? Le père et le grand frère n’y sont pour rien ? D’où vient qu’il faut l’interdire, alors, ce foulard ? C’est qu’il est ostentatoirement religieux. Ces coquines "ostentent" leur croyance. Au piquet, na !
5. Ou c’est le père et le grand frère, et féministement le foulard doit être arraché. Ou c’est la fille elle-même selon sa croyance, et "laïcisement" il doit être arraché. Il n’y a pas de bon foulard. Tête nue ! Partout ! Que tout le monde, comme on disait autrefois - même les pas-musulmanes le disaient - sorte "en cheveux".
6. Notez bien que le père et le grand frère de la fille au foulard ne sont pas de simples comparses parentaux. On l’insinue souvent, parfois on le déclare : le père est un ouvrier abruti, un pauvre type directement "venu du bled" et commis aux chaînes de Renault. Un archaïque. Mais stupide. Le grand frère deale le shit. Un moderne. Mais corrompu. Banlieues patibulaires. Classes dangereuses.
7. La religion musulmane ajoute aux tares des autres religions celle-ci, gravissime : elle est, dans ce pays, la religion des pauvres.
8. Imaginons le proviseur d’un lycée, suivi d’une escouade d’inspecteurs armés de centimètres, de ciseaux, de livres de jurisprudence : on va vérifier aux portes de l’établissement si les foulards, kippas et autres couvre-chefs sont "ostentatoires". Ce foulard grand comme un timbre poste perché sur un chignon ? Cette kippa comme une pièce de deux euros ? Louche, très louche. Le minuscule pourrait bien être l’ostentation du majuscule. Mais, que vois-je ? Gare ! Un chapeau haut de forme ! Hélas ! Mallarmé, interrogé sur le chapeau haut de forme, l’a dit : "Qui a mis rien de pareil ne peut l’ôter. Le monde finirait, pas le chapeau." Ostentation d’éternité.
9. La laïcité. Un principe inoxydable ! Le lycée d’il y a trois ou quatre décennies : interdiction de mélanger les sexes dans la même classe, pantalon décommandé aux filles, catéchisme, aumôniers. La communion solennelle, avec les gars en brassard blanc et les mignonnes sous le voile de tulle. Un vrai voile, pas un foulard. Et vous voudriez que je tienne pour criminel ce foulard ? Ce signe d’un décalage, d’un remuement, d’un enchevêtrement temporel ? Qu’il faille exclure ces demoiselles qui mêlent agréablement hier et aujourd’hui ? Allez, laissez faire la broyeuse capitaliste. Quels que soient les allers et retours, les repentirs, les venues ouvrières du lointain, elle saura substituer aux dieux morts des religions le gras Moloch de la marchandise.
10. Au demeurant, n’est-ce pas la vraie religion massive, celle du commerce ? Auprès de laquelle les musulmans convaincus font figure de minorité ascétique ? N’est-ce pas le signe ostentatoire de cette religion dégradante que ce que nous pouvons lire sur les pantalons, les baskets, les tee-shirts : Nike, Chevignon, Lacoste,... N’est-il pas plus mesquin encore d’être à l’école la femme sandwich d’un trust que la fidèle d’un Dieu ? Pour frapper au cœur de la cible, voir grand, nous savons ce qu’il faut : une loi contre les marques. Au travail, Chirac. Interdisons sans faiblir les signes ostentatoires du Capital.
11. Qu’on m’éclaire. La rationalité républicaine et féministe de ce qu’on montre du corps et de ce qu’on ne montre pas, en différents lieux et à différentes époques, c’est quoi ? Que je sache, encore de nos jours, et pas seulement dans les écoles, on ne montre pas le bout des seins ni les poils du pubis, ni la verge. Devrais-je me fâcher de ce que ces morceaux soient "dérobés aux regards" ? Soupçonner les maris, les amants, les grands frères ? Il y a peu dans nos campagnes, encore de nos jours en Sicile et ailleurs, les veuves portent fichus noirs, bas sombres, mantilles. Il n’y a pas besoin pour cela d’être la veuve d’un terroriste islamique.
12. Curieuse, la rage réservée par tant de dames féministes aux quelques filles à foulard, au point de supplier le pauvre président Chirac, le soviétique aux 82 %, de sévir au nom de la Loi, alors que le corps féminin prostitué est partout, la pornographie la plus humiliante universellement vendue, les conseils d’exposition sexuelle des corps prodigués à longueur de page dans les magazines pour adolescentes.
13. Une seule explication : une fille doit montrer ce qu’elle a à vendre. Elle doit exposer sa marchandise. Elle doit indiquer que désormais la circulation des femmes obéit au modèle généralisé, et non pas à l’échange restreint. Foin des pères et grands frères barbus ! Vive le marché planétaire ! Le modèle, c’est le top modèle. 14. On croyait avoir compris qu’un droit féminin intangible est de ne se déshabiller que devant celui (ou celle) qu’on a choisi (e) pour ce faire. Mais non. Il est impératif d’esquisser le déshabillage à tout instant. Qui garde à couvert ce qu’il met sur le marché n’est pas un marchand loyal.
15. On soutiendra ceci, qui est assez curieux : la loi sur le foulard est une loi capitaliste pure. Elle ordonne que la féminité soit exposée. Autrement dit, que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin soit obligatoire. Elle interdit en la matière - et chez les adolescentes, plaque sensible de l’univers subjectif entier - toute réserve.
16. On dit un peu partout que le "voile" est l’intolérable symbole du contrôle de la sexualité féminine. Parce que vous imaginez qu’elle n’est pas contrôlée, de nos jours, dans nos sociétés, la sexualité féminine ? Cette naïveté aurait bien faire rire Foucault. Jamais on n’a pris soin de la sexualité féminine avec autant de minutie, autant de conseils savants, autant de discriminations assénées entre son bon et son mauvais usage, La jouissance est devenue une obligation sinistre. L’exposition universelle des morceaux supposés excitants, un devoir plus rigide que l’impératif moral de Kant.
Au demeurant, entre le "Jouissez, femmes !" de nos gazettes et l’impératif "Ne jouissez pas !" de nos arrière-grands-mères, Lacan a de longue date établi l’isomorphie. Le contrôle commercial est plus constant, plus sûr, plus massif que n’a jamais pu l’être le contrôle patriarcal. La circulation prostitutionnelle généralisée est plus rapide et plus fiable que les difficultueux enfermements familiaux, dont la mise à mal, entre la comédie grecque et Molière, a fait rire pendant des siècles.
17. La maman et la putain. On fait dans certains pays des lois réactionnaire pour la maman et contre la putain, dans d’autres, des lois progressistes pour la putain et contre la maman. C’est cependant l’alternative qu’il faudrait récuser.
18. Non pas toutefois par le "ni... ni...", qui ne fait jamais que perpétuer en terrain neutre (au centre, comme Bayrou ?) ce qu’il prétend contester. "Ni maman ni putain", cela est tristounet. Comme "ni pute ni soumise", lequel est au demeurant absurde : une "pute" n’est-elle pas généralement soumise, oh combien ? On les appelait, autrefois, des respectueuses. Des soumises publiques, en somme. Quant aux "soumises", elles ne sont peut-être que des putains privées.
19. On y revient toujours : l’ennemi de la pensée, aujourd’hui, c’est la propriété, le commerce, des choses comme des âmes, et non la foi. On dira bien plutôt que c’est la foi (politique) qui manque le plus. La "montée des intégrismes" n’est que le miroir dans lequel les Occidentaux repus considèrent avec effroi les effets de la dévastation des consciences à laquelle ils président. Et singulièrement la ruine de la pensée politique, qu’ils tentent partout d’organiser, tantôt sous couvert de démocratie insignifiante, tantôt à grand renfort de parachutistes humanitaires. Dans ces conditions, la laïcité, qui se prétend au service des savoirs, n’est qu’une règle scolaire de respect de la concurrence, de dressage aux normes "occidentales" et d’hostilité à toute conviction. C’est l’école du consommateur cool, du commerce soft, du libre propriétaire et du votant désabusé.
20. On ne s’extasiera jamais assez sur la trajectoire de ce féminisme singulier qui, parti pour que les femmes soient libres, soutient aujourd’hui que cette "liberté" est si obligatoire qu’elle exige qu’on exclue des filles (et pas un seul garçon !) du seul fait de leur apparat vestimentaire.
21. Tout le jargon sociétal sur les "communautés" et le combat aussi métaphysique que furieux entre "la République" et "les communautarismes", tout cela est une foutaise. Qu’on laisse les gens vivre comme ils veulent, ou ils peuvent, manger ce qu’ils ont l’habitude de manger, porter des turbans, des robes, des voiles, des minijupes ou des claquettes, se prosterner à toute heure devant des dieux fatigués, se photographier les uns les autres avec force courbettes ou parler des jargons pittoresques. Ce genre de "différences" n’ayant pas la moindre portée universelle, ni elles n’entravent la pensée, ni elles ne la soutiennent. Il n’y a donc aucune raison, ni de les respecter, ni de les vilipender. Que "l’Autre", - comme disent après Levinas les amateurs de théologie discrète et de morale portative - vive quelque peu autrement, voilà une constatation qui ne mange pas de pain.
22. Quant au fait que les animaux humains se regroupent par provenance, c’est une conséquence naturelle et inévitable des conditions le plus souvent misérables de leur arrivée. Il n’y a que le cousin, ou le compatriote de village, qui peut, volens nolens, vous accueillir au foyer de St Ouen l’Aumône. Que le chinois aille là où il y a déjà des Chinois, il faut être obtus pour s’en formaliser.
23. Le seul problème concernant ces "différences culturelles" et ces "communautés" n’est certes pas leur existence sociale, d’habitat, de travail, de famille ou d’école. C’est que leurs noms sont vains là où ce dont il est question est une vérité, qu’elle soit d’art, de science, d’amour ou, surtout, de politique. Que ma vie d’animal humain soit pétrie de particularités, c’est la loi des choses. Que les catégories de cette particularité se prétendent universelles, se prenant ainsi au sérieux du Sujet, voilà qui est régulièrement désastreux. Ce qui importe est la séparation des prédicats. Je peux faire des mathématiques en culotte de cheval jaune et je peux militer pour une politique soustraite à la "démocratie" électorale avec une chevelure de Rasta. Ni le théorème n’est jaune (ou non-jaune), ni le mot d’ordre qui nous rassemble n’a de tresses. Non plus d’ailleurs qu’il n’a d’absence de tresses.
24. Que l’école soit, dit-on, fort menacée par une particularité aussi insignifiante que le foulard de quelques filles amène à soupçonner que ce n’est jamais de vérité qu’il y est question. Mais d’opinions, basses et conservatrices. N’a-t-on pas vu des politiciens et des intellectuels affirmer que l’école est d’abord là pour "former des citoyens" ? Sombre programme. De nos jours, le "citoyen" est un petit jouisseur amer, cramponné à un système politique dont tout semblant de vérité est forclos.
25. Ne serait-on pas préoccupé, en haut et bas lieu, de ce que nombre de filles d’origine algérienne, marocaine, tunisienne, le chignon bien serré, la mine austère, acharnées au travail, composent, avec quelques Chinois non moins vissés à l’univers familial, de redoutables têtes de classe ? De nos jours, il y faut pas mal d’abnégation. Et il se pourrait que la Loi du soviétique Chirac aboutisse à l’exclusion tapageuse de quelques excellentes élèves.
26. "Jouir sans entraves", cette ânerie soixante-huitarde, n’a jamais fait tourner à haut régime le moteur des savoirs. Une certaine dose d’ascétisme volontaire, on en connaît la raison profonde depuis Freud, n’est pas étrangère au voisinage de l’enseignement et d’au moins quelques rudes fragments de vérités effectives. De sorte qu’un foulard, après tout, peut servir. Là où désormais le patriotisme, cet alcool fort des apprentissages, fait entièrement défaut, tout idéalisme, même de pacotille, est le bienvenu. Pour qui du moins suppose que l’école est autre chose que la "formation" du citoyen-consommateur.
27. En vérité, la Loi foulardière n’exprime qu’une chose : la peur. Les Occidentaux en général, les Français en particulier, ne sont plus qu’un tas frissonnant de peureux. De quoi ont-ils peur ? Des barbares, comme toujours. Ceux de l’intérieur, les "jeunes des banlieues" ; ceux de l’extérieur, les "terroristes islamistes". Pourquoi ont-ils peur ? Parce qu’ils sont coupables, mais se disent innocents. Coupables d’avoir, à partir des années 1980, renié et tenté d’anéantir toute politique d’émancipation, toute raison révolutionnaire, toute affirmation vraie d’autre chose que ce qu’il y a. Coupables de se cramponner à leurs misérables privilèges. Coupables de n’être plus que de vieux enfants qui jouent avec ce qu’ils achètent. Eh oui, "dans une longue enfance on les a fait vieillir". Aussi ont-ils peur de tout ce qui est un peu moins vieux qu’eux. Par exemple, une demoiselle entêtée.
28. Mais surtout, Occidentaux en général et Français en particulier ont peur de la mort. Ils n’imaginent même plus qu’une Idée puisse valoir qu’on prenne pour elle quelques risques. "Zéro mort", c’est leur plus important désir. Or, ils voient partout dans le monde des millions de gens qui n’ont aucune raison, eux, d’avoir peur de la mort. Et, parmi eux, beaucoup, presque chaque jour, meurent au nom d’une Idée. Cela est pour le "civilisé" la source d’une intime terreur.
29. Et je sais bien que les Idées pour lesquelles on accepte aujourd’hui de mourir ne valent en général pas cher. Convaincu que tous les dieux ont de longue date déclaré forfait, je me désole de ce que de jeunes hommes, de jeunes femmes, déchiquettent leurs corps dans d’affreux massacres sous la funèbre invocation de ce qui depuis longtemps n’est plus. Je sais en outre qu’ils sont instrumentés, ces "martyrs" redoutables, par des comploteurs peu discernables de ceux qu’ils prétendent abattre. On ne redira jamais assez que Ben Laden est une créature des services américains. Je n’ai pas la naïveté de croire à la pureté, ni à la grandeur, ni même à une quelconque efficacité, de ces tueries suicidaires.
30. Mais je dis que ce prix atroce est d’abord payé à la destruction minutieuse de toute rationalité politique par les dominants d’Occident, entreprise que n’ont rendue aussi largement praticable que l’abondance, notamment en France, des complicités intellectuelles et populaires. Vous vouliez avec acharnement liquider jusqu’au souvenir de l’Idée de révolution ? Déraciner tout usage, même allégorique, du mot "ouvrier" ? Ne vous plaignez pas du résultat. Serrez les dents, et tuez les pauvres. Ou faites-les tuer par vos amis américains.
31. On a les guerres qu’on mérite. Dans ce monde transi par la peur, les gros bandits bombardent sans pitié des pays exsangues. Les bandits intermédiaires pratiquent l’assassinat ciblé de ceux qui les gênent. Les tout petits bandits font des lois contre les foulards.
32. On dira que c’est moins grave. Certes. C’est moins grave. Devant feu le Tribunal de l’Histoire, nous obtiendrons les circonstances atténuantes : "Spécialiste des coiffures, il n’a joué dans l’affaire qu’un petit rôle".
Alain Badiou
philosophe, écrivain et professeur à l’école normale supérieure.
texte trouvé ici http://pagesperso-orange.fr/felina/doc/laic/badiou.htm
Tags associés : foulard, loi, interdiction
La guerre qui vient...
Ramzy Baroud
L’armée israélienne est peut-être beaucoup moins efficace pour gagner des guerres qu’elle ne l’était par le passé, grâce à la fermeté de la résistance libanaise et palestinienne, écrit Ramzy Baroud.
Liban 2006 - Comme à l’accoutumé, lors de la prochaine guerre Israël fera ce qu’il sait faire le mieux : bombarder des infrastructures civiles, massacrer des populations sans défense, et éviter par-dessus tout de s’affronter à la résistance sur le terrain... Le tout avec la bénédiction des Etats-Unis, de l’Union Européenne et des Nations Unies, et la complaisance honteuse des dictatures arabes au Moyen-Orient.
Mais ses stratèges militaires sont plus malins et imprévisibles que jamais. Les récents discours en provenance d’Israël suggèrent qu’une future guerre au Liban ciblera aussi très probablement la Syrie. Bien que cela ne signifie pas nécessairement qu’Israël ait réellement l’intention de prendre pour cible l’un ou l’autre de ces pays dans un avenir proche, il s’agit certainement du type de langage qui souvent précède des opérations militaires israéliennes.
Décoder les indices disponibles sur la nature des objectifs militaires immédiats d’Israël n’est pas toujours facile, mais c’est possible. Un indicateur qui pourrait servir de base pour toute prédiction sérieuse des actions israéliennes est la tendance permanente d’Israël à rechercher un état perpétuel de guerre. L’objectif de la paix, d’une paix réelle, n’a jamais fait partie d’une politique à long terme.
« Contrairement à beaucoup d’autres, je considère que la paix n’est pas un objectif en soi mais seulement un moyen de garantir notre existence », a affirmé Yossi Peled, un ancien général et actuel chef de cabinet du gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahu.
La politique officielle d’Israël - militaire ou autre - est régi par les mêmes diktats sionistes que ceux qui ont longtemps précédé la création de l’Etat d’Israël. Si quelque chose a changé depuis que es premiers sionistes aient exposé leur vision, c’est l’interprétation de ces diktats. Quant à leur substance, elle est restée intacte.
Par exemple, le visionnaire sioniste Vladimir Jabotinsky, avait décrété en 1923 que la « colonisation sioniste peut... se poursuivre et se développer seulement sous la protection d’une force indépendante de la population locale - un mur de fer que la population indigène ne peut pas traverser ». Il ne se référait pas alors à un mur réel. Tandis que sa vision prenait diverses formes tout au long des années, en 2002 elle a été traduite en un vrai mur visant à compromettre n’importe quelle solution équitable pour les Palestiniens. Maintenant, et tout à fait malheureusement, l’Egypte a également commencé à construire son propre mur en acier le long de sa frontière avec la bande de Gaza dévastée par la guerre et appauvrie.
Une chose que nous savons tous à ce jour est qu’Israël est un pays fortement militarisé. Sa définition de l’« existence » ne peut être assurée que par une domination militaire incontestée sur tous les fronts, d’où ce lien dévastateur entre la Palestine et le Liban. Ce lien ôte beaucoup de crédibilité à n’importe quelle analyse des intentions militaires israéliennes concernant Gaza si est omis le Liban - et en fait, la Syrie.
Considérez, par exemple, la répression israélienne sans précédent contre le deuxième soulèvement palestinien qui avait commencé en septembre 2000. Comment cela est-il lié au Liban ? Israël venait juste d’être battu par la résistance libanaise, conduite par le Hizbullah, et avait été forcé en mai 2000 de cesser son occupation de la majeure partie du sud-Liban. Israël a voulu alors envoyer un message sans ambiguïté aux Palestiniens, selon lequel cette défaite n’était en fait pas une défaite du tout, et que n’importe quelle tentative de répéter le modèle libanais de résistance en Palestine serait impitoyablement écrasée.
La démesure israélienne dans l’utilisation de ses moyens militaires sophistiqués pour étouffer une révolution en grande partie populaire a coûté extrêmement chère aux Palestiniens en termes de vies humaines.
Les 34 jours de la guerre israélienne contre le Liban en juillet 2006 représentaient une tentative de détruire la résistance arabe et de reconstruire son mur de fer métaphorique. Elle lui a sauté à la figure, avec pour résultat une vraie - et non symbolique - défaite israélienne. Israël a alors fait ce qu’il fait de mieux. Il a employé son Armée de l’Air tellement supérieure, a détruit une grande partie de l’infrastructure civile du Liban et a assassiné plus de 1200 personnes, la grande majorité étant des civils. La résistance, avec ses faibles moyens, a tué plus de 160 Israéliens, la plupart du temps des soldats durant les combats.
Non seulement le Hizbullah a pénétré le mur de fer israélien, mais il l’a également constellé de trous. Il a contesté comme cela n’avait jamais été fait auparavant, la notion de l’invincibilité de l’armée israélienne et son illusion de sécurité. Quelque chose a terriblement mal tourné au Liban.
Depuis lors, l’armée, les services de renseignements, les propagandistes et les politiciens israéliens ont été en constante préparation pour une nouvelle épreuve de force. Mais avant une telle bataille, la nation avait besoin de retrouver sa foi dans l’intelligence de son armée et de son gouvernement, d’où la guerre contre Gaza lancée en décembre 2008.
Aussi effroyable que cela était de voir les familles israéliennes rassemblées en masse près de la frontière ide Gaza et assistant au spectacle, pendant que Gaza et ses habitants étaient mis en pièces, l’initiative était des plus rationnelles. Les victimes de la guerre pouvaient être des Palestiniens dans Gaza, mais le public ciblé, c’était les Israéliens. La guerre brutale et en grande partie unilatérale a uni les Israéliens, y compris leurs partis auto-proclamés de gauche dans un rare moment d’unanimité. C’était bien la preuve que les FDI (Forces de Défense Israéliennes] avait toujours suffisamment de force pour prétendre à des résultats militaires.
Naturellement, les stratèges militaires israéliens savaient pertinemment que leurs crimes de guerre dans Gaza étaient une tentative maladroite pour regagner la confiance nationale. Les politiciens et les généraux d’armée si étroitement liés ont voulu donner l’impression que tout se déroulait selon les prévisions. Mais tout le blackout organisé dans les médias et les images si convenues de militaires faisant des signes de victoire et brandissant des drapeaux sur leur chemin de retour vers Israël étaient les indications évidentes d’une tentative d’améliorer une image qui pose problème.
Ce qui explique les commentaires mûrement pesés de Yossi Peled le 23 janvier : « Selon mon évaluation, ma compréhension et mes connaissances, il est presque certain que c’est juste une question de temps avant qu’il y ait un affrontement militaire dans le nord. » Il a aussi affirmé : « Nous nous dirigeons vers une nouvelle confrontation, mais je ne sais pas quand elle se produira, comme nous ne savions pas quand la deuxième guerre du Liban allait éclater. »
Peled a bien sûr raison. Il y aura une nouvelle confrontation. De nouvelles stratégies seront en oeuvre. Israël mettra la barre plus haut, et essayera d’impliquer la Syrie, poussant à une guerre régionale. Le Liban qui se dessine aujourd’hui, basé sur les conditions de la résistance - suite à l’impossibilité d’ignorer politiquement le Hizbullah - est tout à fait inacceptable du point de vue israélien. Ceci dit, Peled est peut-être en train de créer un écran de fumée masquant les projets d’une nouvelle guerre contre la résistance assiégée dans Gaza, ou même quelque chose d’entièrement différent. (L’annonce récente par le Hamas que son principal responsable militaire Mahmoud Al Mabhouh avait été assassiné à la fin du mois de janvier à Dubaï par des agents israéliens, est également une indication des efforts israéliens en cours et qui vont bien au-delà de n’importe quelle frontière.)
Qui sera le premier ? Gaza ou le Liban ? Israël envoie des signaux ambigus, et délibérément. Le Hamas, le Hizbullah et leurs partisans comprennent bien la tactique israélienne et se préparent aux différentes possibilités. Ils savent qu’Israël ne peut pas vivre sans ses murs d’acier, et ils sont déterminés à empêcher que de nouveaux murs ne soient érigés à leurs frais.

* Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est écrivain et publie pour PalestineChronicle. Ses écrits sont publiés par de nombreux journaux, quotidiens et anthologies à travers le monde. Son avant-dernier dernier livre : La Seconde Intifada : une chronique du combat du peuple (Pluto Press, Londres) et le dernier tout récemment publié : Mon Père était un combattant de la liberté : l’histoire non dite de Gaza (Pluto Press, London).
Du même auteur :
Ce n’est pas une nouvelle Turquie, c’est juste le bon moment ... - 31 janvier 2010
Palestine/Israël : Un Etat unique, avec liberté et justice pour tous - 14 janvier 2010
Les Musulmans ne doivent pas payer le prix de la crise identitaire européenne - 29 décembre 2009
L’hypocrisie d’Al-Demoqratia - 15 décembre 2009
Comment Israël a gagné une nouvelle fois la bataille des colonies... - 13 novembre 2009
Abbas et le rapport Goldstone : notre honte est totale - 11 novembre 2009
La guerre, la négation et l’identité musulmane sous un jour nouveau - 23 octobre 2009
Traduction : Claude Zurbach
Tags associés : israel, liban, palestine, guerre
Rapport n° 56 sur les violations israéliennes des droits humains
Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent d’agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
Durant la semaine du 28 janvier au 3 février :
-
un mineur a été blessé à Beit Ummar, au nord d’Hébron, en Cisjordanie ;
-
les FOI ont ouvert le feu depuis la terre, l’air et la mer sur les civils et sur des cibles civiles dans la bande de Gaza ;
-
les FOI ont mené 19 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
-
elles ont arrêté 20 Palestiniens et un militant états-unien des droits humains ;
-
elles ont envahi des domiciles de militants non violents contre la construction du mur d’annexion ;
-
un Palestinien a été arrêté par les troupes d’occupation sur un check-point en Cisjordanie ;
-
la marine israélienne a continué ses attaques contre les pêcheurs palestiniens dans la bande de Gaza ;
-
les FOI ont maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
-
Israël a poursuivi ses activités de colonisation en Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :
-
les FOI ont bouclé 150 dunums (15 ha) de terres à Beit Ummar et empêché les Palestiniens d’y accéder ;
-
la première pierre d’un nouveau site colonial a été posée dans Hébron ;
-
un Palestinien a été obligé de démolir une pièce de sa maison dans la vieille ville de Jérusalem ;
-
des colons israéliens ont saisi un étage d’un immeuble appartenant à une famille palestinienne.

Village de Bourin, Naplouse : une Palestinienne regarde avec tristesse un olivier endommagé par les colons israéliens.
Violations israéliennes recensées durant la période du 28 janvier au 3 février 2010
1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs propriétés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 28 janvier
Incursions dans la région d’Hébron : vers minuit, les FOI sont entrées dans le camp de réfugiés d’al-‘Aroub, au nord d’Hébron, elles ont fouillé un certain nombre de maisons et arrêté deux Palestiniens, dont un mineur : Jamal Abdul Fattah Nemer Jawabra, 17 ans, et Ashraf Yousef Mahmoud Jawabra, 35 ans.
Vers minuit également, incursion dans le camp de réfugiés d’al-Fawar, au sud-ouest d’Hébron, même opération et arrestation de 2 frères : Khalil Ahmed Khalil al-Hmouz, 21 ans et Fadi Ahmed Khalil al-Hmouz, 19 ans.
Région de Naplouse : vers 1h du matin, incursion dans Naplouse et dans le camp de réfugiés d’‘Ein Beit al-Maa’, à l’ouest de Naplouse. Deux arrestations : Nour Addin Tayzir Abdul Haq, 21 ans du quartier d’al-Makhfeya de Naplouse, et Mu’taz Saleh Khabbas, 18 ans, du camp d’‘Ein Beit al-Maa’.
Région de Ramallah : vers 1h30, l’armée d’occupation a pénétré dans le village de Bil’in, à l’ouest de Ramallah. Elle a investi et fouillé la maison de Mohammed Abdul Karim al-Khatib, 35 ans ; elle a arrêté al-Khatib et saisi certains de ses documents. Al-Khatib est membre du Comité populaire contre le mur et les colonies à Bil’in. Le Dr Adib Abu Rahma, membre du Comité populaire, a déclaré que 35 militants engagés dans l’action populaire à Bil’in avaient été arrêtés au cours de ces six derniers mois.
Région de Jénine : vers 1h30, incursion dans Al-Yamoun, à l’ouest de Jénine. Fouilles de maisons mais pas d’arrestations. Au même moment, incursion dans le village de Zabouba, à l’ouest de Jénine. Et vers 2h, dans le village d’al-‘Irqa.
Région de Jéricho : vers 1h30, l’armée est entrée dans le village d’al-Zubeidat, au nord de Jéricho. Fouille de la maison d’Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, l’armée arrête ses deux fils : Ibrahim Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, 40 ans, et Eyad Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, 33 ans.
Bande de Gaza : 14h00, les FOI pénètrent à 250 mètres dans la localité frontalière de Khuza’a à l’est de Khan Younis. Elles se sont positionnées à l’Est de Khuza’a sur le secteur qui n’est plus habité de la « famille » Abu Rida. Leurs fermes et bâtiments ont été rasés et nivelés. Les FOI ont procédé à l’opération sous la protection de tirs permanents et sans objectifs précis. On ne compte aucune victime.
Vendredi 29 janvier
Hébron : incursion vers 19h30 dans le village de Beit Ummar à nouveau, où l’armée prend position dans la partie est du village. Elle investit et fouille quatre maisons qui se trouvent à environ 100 à 120 mètres du check-point militaire et du mirador qui s’élève près de l’entrée du village de Beit Ummar. L’armée prétendait rechercher un Palestinien qui aurait lancé un cocktail Molotov sur un site militaire.
Selon l’enquête du PCHR, les FOI ont investi des maisons et obligé les habitants à sortir. Elle a gardé en détention les habitants et les a mis sous interrogatoire pendant deux heures successives. Les FOI se sont retirées vers 22h30, sans faire de victimes ni d’arrestations. Les maisons appartiennent à : Ahmed Younis Abu ‘Ayash, Mahmoud Younis Abu ‘Ayash, Abdul ‘Aziz Mahmoud Abu ‘Ayash, et Anwar Mahmoud Breighith.
Samedi 30 janvier
Hébron : vers 20h, incursion dans Beit Ummar, bouclage des entrées nord et est du village. L’armée a fait la chasse à des ados et des gamins dans le secteur de Bayad, partie nord-ouest du village. Les enfants et les jeunes ont lancé des pierres sur les soldats de l’occupation qui ont répondu par des bombes sonores et des lacrymogènes. Vers 20h30, Ahmed Mahmoud ‘Aziz ‘Awad, 17 ans, a été blessé par un éclat dans le dos, quand une bombe sonore a percuté un mur près de lui. ‘Awad a été transféré au centre médical du village.
Dimanche 31 janvier
Bande de Gaza : 09h10, depuis la frontière à l’est de Gaza ville, les FOI tirent plusieurs obus sur l’usine de retraitement des ordures ménagères de la municipalité située à Juhr Addiq, localité située entre Gaza ville et la frontière. Les employés ont dû se sauver et aucun n’a été blessé mais ce bombardement a interrompu le retraitement des ordures de tout le nord de la bande de gaza et de Gaza ville. Les ordures restent sur les trottoirs. Ce n’est pas la première fois que les FOI s’en prennent à cette usine.
Lundi 1er février
Hébron : vers 1h du matin, l’armée est entrée dans la ville d’Hébron, elle a fouillé certaines maisons et arrêté deux Palestiniens : ‘Azzam Ahmed al-Salyma, 45 ans, et Yousef Ramadan, 34 ans.
Naplouse : incursion dans le village d’‘Orta, au sud-est de Naplouse. Fouilles de maisons et deux arrestations : Abdul Salam Mohmmed Yousef ‘Awwad, 39 ans, et Mohammed Abdul Karim Mohmmed Yousef ‘Awwad, 22 ans.
Ramallah : dans le village de Bil’in vers 3h du matin, où l’armée patrouille dans les rues du village, lançant des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les maisons. Pas d’irruptions dans les maisons ni d’arrestations.
Bande de Gaza : 13h50, du haut de leurs miradors à Beit Haznoun-Erez les FOI aperçoivent un groupe de civils en train de récupérer de la ferraille parmi les décombres de bâtiments détruits dans l’ancienne zone industrielle. Elles leur tirent dessus. Ils parviennent à s’échapper. Pas de victime. 16h00, depuis la frontière à la hauteur de Gaza ville, les FOI ouvrent le feu sur des maisons d’al Shejaeya. Les tirs ne sont manifestement pas ciblés. On ne déplore ni victimes ni dégâts.
Mardi 2 février
Jénine : vers 1h du matin, l’armée entre dans le village de Kafr Ra’i, au sud-ouest de Jénine, pénètre dans des maisons, les fouille, et arrête deux Palestiniens : Bassam Nabil Sa’id Dyab, 24 ans, et Mansour Hafez Najib Melhem, 23 ans.
Vers 1h30, incursion dans Seilat al-Thuhur, au sud de Jénine, même opération, arrestation de Thamin Ahmed Abu Dayak, 27 ans. Celui-ci travaille à l’Institution islamique des Produits alimentaires congelés à Jénine.
Bethléhem : camp de Deishé, au sud-ouest de Bethléhem, où l’armée a fouillé des maisons et arrêté un Palestinien : Hazem Faraj, 37 ans.
Tulkarem : vers 9h, les FOI ont pénétré dans le village de Jabbara, au sud de Tulkarem. Elles ont érigé un barrage volant près de l’entrée du village et l’ont maintenu jusqu’à 17h. Elles ont empêché les civils d’entrer et de sortir du village. Elles les ont fouillés et ont contrôlé leur carte d’identité, retenant des dizaines de véhicules palestiniens. Les FOI ont frappé Tha’er Zeyad Mohammed Saleh, 21 ans, alors qu’il tentait de sortir du village.
Bande de Gaza : 10h00, une vedette garde-côte ouvre le feu sur des bateaux de pêche à la hauteur de Deir Al Balah. Plusieurs canots pneumatiques sont mis à l’eau qui prennent en chasse les bateaux de pêche. Les bouées des filets sont visées. Plusieurs filets sont rendus inutilisables, d’autres sont confisqués. Ils appartiennent à Fawzi Musallam al-‘Aqra’a, ‘Awni Rashad al-‘Aqra’a, Suheil Fayeq al-‘Aqra’a, et Sameh Mohammed al-‘Aqra’a.
23h45, l’aviation assure 6 frappes sur Rafah ville, au moins 5 missiles sur l’aéroport au sud-est de Rafah et au moins un missile sur un tunnel. Aucune victime. Toutefois la population habitant sur les lieux ciblés a été prise de panique. L’aéroport a été pratiquement entièrement détruit, passé au bulldozer et bombardé à plusieurs reprises au cours de l’Intifada Al Aqsa
Mercredi 3 février
Naplouse : vers 1h du matin, les FOI ont pénétré dans la ville, fouillant un certain nombre de maisons. Elles ont arrêté Sharhabil ‘Awwad, 22 ans, du quartier de Makhfeya, au sud-ouest de Naplouse.
Ramallah : à nouveau le village de Bil’in, où l’armée s’en prend cette fois au domicile d’Ibrahim Abdul Fattah Burnat, 29 ans, lui aussi membre du Comité populaire contre le mur et les colonies de Bil’in. Dans le même temps, Hamdi Phathi Abu Rahma, photographe de l’Association des Amis de la liberté et de la justice, arrivait à la maison de Burnat pour couvrir les faits. En outre, un citoyen états-unien, appelé « Stormy », arrivait lui aussi sur les lieux et tentait d’empêcher les FOI d’arrêter Burnat. Les FOI ont arrêté Burnat, Abu Rahma et « Stormy ».
Bande de Gaza : 07h00, les FOI pénètrent à 350 mètres de la frontière à l’est de Jabaliya. Elles nivèlent le terrain en se protégeant par des tirs sporadiques. Elles se retirent à 07h40 sans faire de victimes.
2 - Bouclage maintenu des TPO
Les FOI ont maintenu un siège serré sur les TPO et les restrictions sévères sur les déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
Bande de Gaza
Israël poursuit depuis plus de deux ans et demi la fermeture de tous les postes frontière avec la bande de Gaza. Cette sanction illégale imposée qui a été maintenue fermement depuis Juin 2007 a un impact désastreux sur la situation économique et humanitaire.
1 million 500 mille personnes sont privées de leurs droits fondamentaux - liberté de se déplacer et tous les droits attachés au travail, à la santé et à l’éducation. Leur préoccupation majeure est d’obtenir nourriture, médicaments, eau et électricité.
Israël persiste depuis deux ans et demi à interdire l’entrée des matériaux de construction et, depuis le 10 décembre 2008, n’autorise que des quantités limitées de gaz domestique et de fioul industriel.
Le poste frontière de Rafah International n’est ouvert que quelques jours pour laisser entrer des patients qui sont allés se faire soigner à l’étranger. Celui de Beit Hanoun - Erez reste fermé aux patients désireux de se faire soigner en Israël ou en Cisjordanie, aux commerçants et aux visiteurs. L’entrée de pièces détachées nécessaires à l’entretien du réseau de distribution de l’eau et celui des eaux usées est toujours interdite. Les pertes impliquées dans ce secteur s’élèvent à 6 millions de dollars.
Des restrictions supplémentaires sont venues s’ajouter aux précédentes concernant les diplomates, les journalistes et les « humanitaires » qui veulent entrer dans la bande de Gaza. Les représentants de plusieurs organisations humanitaires internationales ont été refoulés.
Le seuil de pauvreté et le chômage sont en forte augmentation.
Les familles ayant un membre dans une prison israélienne sont interdites de visite depuis plus de deux ans et demi. Les FOI maintiennent leurs attaques contre les pêcheurs tout le long de la côte.
Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
Rafah International
|
Date |
: |
Détails |
|
27 janvier |
: |
6 Palestiniens sortent ;
296 autres rentrent. |
|
28 janvier |
: |
23 Palestiniens sortent ;
120 autres rentrent. |
|
29 janvier |
: |
3 Palestiniens rentrent. |
|
30 janvier |
: |
fermé |
|
31 janvier |
: |
fermé |
|
1er février |
: |
4 Palestiniens rentrent. |
|
2 février |
: |
fermé |
Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
|
Date |
: |
Détails |
|
27 janvier |
: |
100 containers d’aide alimentaire en provenance d’organisations humanitaires internationales
et des denrées pour les commerçants, 85,5 tonnes de gaz domestique
et 189 100 litres de fioul rentrent ;
un container de fraises sort. |
|
28 janvier |
: |
124 containers, 105,93 tonnes de gaz et 410 010 litres de fioul rentrent ;
un containeur de fraises sort. |
|
29 janvier |
: |
fermé |
|
30 janvier |
: |
fermé |
|
31 janvier |
: |
124 containers, 85,9 tonnes de gaz et 410 620 litres de fioul rentrent ;
1 container de fraises et 1 containeur de fleurs sortent. |
|
1er février |
: |
109 containers rentrent ;
1 containeur de fraises sort. |
|
2 février |
: |
117 containers, 42,35 tonnes de gaz et 261 425 litres de fioul rentrent ;
un containeur de fleurs sort. |
Al-Mentar (Karni)
Ouvert le 1er février pour l’entrée de 1 400 tonnes de céréales et 720 tonnes d’aliments pour bétail. Il est resté fermé tous les autres jours de la semaine.
Beit Hanoun (Erez)
|
Date |
:
: |
Patients |
:
: |
Accompagn. |
:
: |
Arabes
d’Israël |
:
: |
Ambassad. |
:
: |
Presse |
:
: |
Internat. |
:
: |
Gazaouis |
:
: |
Commerç. |
|
26 janvier |
: |
55 |
: |
55 |
: |
3 |
: |
1 |
: |
3 |
: |
18 |
: |
2 |
: |
3 |
|
27 janvier |
: |
29 |
: |
29 |
: |
6 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
14 |
: |
0 |
: |
4 |
|
28 janvier |
: |
31 |
: |
30 |
: |
3 |
: |
7 |
: |
3 |
: |
46 |
: |
4 |
: |
3 |
|
29 janvier |
: |
3 |
: |
2 |
: |
6 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
14 |
: |
0 |
: |
0 |
|
30 janvier |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
|
31 janvier |
: |
28 |
: |
28 |
: |
24 |
: |
4 |
: |
0 |
: |
16 |
: |
0 |
: |
0 |
|
1er février |
: |
35 |
: |
35 |
: |
3 |
: |
0 |
: |
6 |
: |
8 |
: |
3 |
: |
5 |
|
2 février |
: |
51 |
: |
49 |
: |
8 |
: |
2 |
: |
2 |
: |
32 |
: |
2 |
: |
2 |
Cisjordanie
La Cisjordanie tout entière connaît toujours les mêmes restrictions aux déplacements.
L’occupant a installé en Cisjordanie 630 check-points permanents, avec présence ou nom de l’armée. De plus, 60 à 80 barrages « volants » sont posés chaque semaine sur les routes, souvent aux abords des villages pour empêcher d’entrer ou de sortir. Sur les routes et dans les rues des cités de Cisjordanie, comme à Jérusalem-Est les Palestiniens sont harcelés, fréquemment arrêtés, fouillés par les soldats des FOI.
Au moins 65% des routes principales qui mènent au 18 communautés palestiniennes de Cisjordanie sont fermés aux Palestiniens ou totalement contrôlés par les forces d’occupation (47 routes sur 72).
Il y a environ 500 km de routes en Cisjordanie où les Palestiniens ne peuvent pas, ou de façon restreinte, circuler. En outre, un tiers de la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est annexée, est inaccessible aux Palestiniens sans un permis spécial délivré par les FOI, permis extrêmement difficile à obtenir.
De surcroît, les Palestiniens sont continuellement arrêtés, fouillés sur les routes de Cisjordanie.
Jérusalem : les FOI ont maintenu les mêmes restrictions sur la cité pour les Palestiniens. Des milliers d’entre eux, de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours y accéder, les barrages sont encore plus hermétiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens d’aller prier à la mosquée al-Aqsa, ceux d’entre eux qui cherchent à contourner les check-points se font violemment frappés par les policiers et les soldats de l’occupation.
Naplouse : le jeudi 28 janvier, les troupes israéliennes ont pris position à l’entrée nord de Naplouse, au check-point « 17 », de même qu’au check-point d’El-Bathan, au nord-est, et monté un barrage autour du village de Talouza, au nord de Naplouse. Des témoins ont déclaré que les FOI avaient arrêté et fouillé les véhicules palestiniens. Dimanche, 31 janvier, l’armée sur le check-point de Za’tarah, au sud de Naplouse, a imposé des restrictions supplémentaires. Mardi 2 février, l’armée a monté un nouveau check-point à l’entrée sud d’‘Assira, au nord de Naplouse, pour bloquer et fouiller les véhicules palestiniens.
Ramallah : sur les check-points de Jaba’ et de Qalandya, au sud-est de Ramallah, des restrictions plus sévères ont été imposées aux Palestiniens ainsi que des contrôles prolongés. Pendant la semaine écoulée, des barrages volants ont été montés pour arrêter les véhicules. Vendredi, 29 janvier, l’armée a fermé le check-point d’‘Atarah, à l’entrée nord de Birzeit, au nord de Ramallah. Des témoins disent que les FOI ont arrêté, fouillé les véhicules et obligé les gens à faire demi-tour. Au même moment, les troupes montaient un check-point au carrefour de la route de Naplouse/Ramallah, dans le secteur de Wad ‘Eyoun El-Haramiyah, au nord de Ramallah. L’armée y a obligé les gens à retourner au check-point de Jaba’, à l’entrée sud-ouest de Ramallah. Dimanche, 31 janvier, au check-point de Jaba’, les troupes ont imposé des restrictions supplémentaires. Ce check-point est à trois kilomètres de celui de Qalandya et sépare le sud de la Cisjordanie de ses parties centre et nord.
Bethléhem : le dimanche 31 janvier, vers midi, les FOI stationnées au check-point Container, au nord-est de Bethléhem, ont fermé le passage. Les Palestiniens n’ont pas été autorisés à passer pendant trois heures. Ce check-point, sur la route de Wadi El-Nar, relie les villes du sud de la Cisjordanie aux autres villes cisjordaniennes, et il n’y a aucune autre route pour s’y rendre.
Hébron : le lundi 1er février, les FOI ont posé des check-points provisoires sur les routes qui conduisent à des bandes de terre cultivées dans le nord et le nord-ouest de la ville d’Halhoul, pour empêcher les agriculteurs palestiniens d’arriver à leurs terrains. Mardi 2 février, les FOI ont fermé une route secondaire reliant Al-Dhaheriya et El-Sammou’ à la route principale qui conduit aux autres villes dans le sud d’Hébron. La route fut bloquée avec des tas de sable et des cubes de béton.
Arrestations sur les check-points militaires
Mardi 2 février, les troupes d’occupation sur le check-point à l’entrée de Zabouba, un village à l’ouest de Jénine, ont arrêté Mohammed Naseer Mahamid, 20 ans, de ce même village et l’ont emmené vers une destination inconnue.
3 - Construction du mur d’annexion
Si le mur illégal d’annexion se termine, il s’étendra sur 724 kilomètres autour de la Cisjordanie, isolant toujours plus toute une population. 350 km sont déjà construits, dont 99% environ à l’intérieur même du territoire palestinien, confisquant de plus en plus de terres palestiniennes.
Les forces israéliennes d’occupation utilisent toujours la force face aux manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens, pour protester contre la construction du mur.
Bourin, village au sud de Naplouse : le matin du jeudi 28 janvier, des groupes d’agriculteurs de Bourin, et d’autres civils venus des villages voisins, se sont dirigés vers des terres cultivées appartenant au village pour planter de jeunes oliviers. Les terrains sont situés le long de la route de contournement qui sépare le village de la colonie Yetsahar. Alors que les Palestiniens plantaient les oliviers, une jeep des FOI est arrivée sur les lieux. Quatre soldats en sont descendus et ont exigé que les Palestiniens quittent le secteur. Ceux-ci ont refusé de partir et les soldats ont alors demandé des renforts. Les soldats ont tenté de forcer les journalistes à s’en aller et de leur confisquer leurs caméras. Puis, les FOI se sont mises à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes sonores sur les civils et à les pourchasser pendant environ 200 mètres.
Rami Rouhi Darwish Sweidan, 34 ans, est caméraman pour Ma’an News Agency. Il a fait la déclaration suivante au membre du PCHR :
« Vers 11h30 le jeudi 28 janvier, j’étais en reportage, couvrant la plantation d’oliviers à Bourin, au sud de Naplouse, à l’occasion de la Journée de l’Arbre. Le ministre de l’Agriculture, le sous-secrétaire, des personnalités sociales et des habitants du village participaient à l’évènement. L’initiative avait lieu dans le sud de Bourin, près de la route de contournement. Il y avait une jeep de l’armée dans la zone. Alors que les civils commençaient à planter les arbres, les soldats sont allés embêter les civils. Soudain, quatre soldats s’en sont pris aux quatre journalistes qui couvraient l’évènement, moi-même, Ashraf Abu Shawish qui est photographe de Pal Media Agency, Hassan al-Titi et Abdul Rahim al-Qousin, tous les deux photographes chez Reuters. Les soldats ont essayé de saisir nos caméras. Comme nous refusions de les leur remettre, ils ont lancé des grenades lacrymogènes et des assourdissantes sur nous et nous ont chassés du secteur avec les agriculteurs. Ils ont appelé une autre jeep de l’armée. Ils nous ont pourchassés au moins sur 200 mètres, continuant à balancer leurs grenades. Nous nous sommes dispersés hors du lieu de la plantation. »
Bil’in, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 29 janvier, comme chaque vendredi, après la prière, les Palestiniens avec des internationaux et des militants israéliens se sont rassemblés dans le centre du village puis dirigés vers le mur. Les FOI étaient cachées derrière des blocs de béton. Elles avaient bloqué la porte du mur avec des barbelés. Alors que les manifestants essayaient de passer le mur pour se rendre sur leurs terres situées de l’autre côté, les FOI se sont mises à tirer à balles réelles, à balles caoutchouc, à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes sonores. Nombre de manifestants ont suffoqué en inhalant les gaz et certains souffrent de contusions suite aux coups portés par les soldats israéliens.
Ni’lin : même jour, même manifestation palestinienne non violente, les Palestiniens se sont regroupés pour protester contre la construction du mur d’annexion. Ils se sont dirigés vers le mur, tentant d’arriver jusqu’à leurs terres qui sont derrière et qui font partie des terres de Ni’lin. Les FOI les ont empêchés de passer la porte montée dans le mur, et les manifestants se sont mis alors à lancer des pierres sur l’occupant. Lequel a répliqué avec des tirs à balles réelles, balles caoutchouc, des lacrymogènes et des bombes sonores, sur les manifestants. Des dizaines d’entre eux souffrent de l’inhalation des gaz et certains de contusions suite aux coups reçus.
Il faut noter que les FOI avaient fermé les entrées ouest et est du village de Ni’lin dans la matinée, afin d’empêcher les militants de la solidarité, israéliens et internationaux, d’arriver jusqu’au village et de participer à la manifestation.
Wad al-Raya, au nord-ouest de Ramallah, secteur entre les villages d’al-Nabi Saleh et Deir Netham : les Palestiniens se sont rassemblés et ont tenté d’aller sur les terres situées près de la colonie Halmish, pour mettre en terre des plants d’olivier. Les soldats israéliens qui étaient sur les lieux ont tiré des balles caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Nombre de manifestants souffrent des inhalations.
Buqa’a, à l’est d’Hébron : dans l’après-midi de dimanche, 31 janvier, 4 Palestiniens ont été attaqués par les FOI alors qu’ils essayaient de défendre leurs terres qui étaient attaquées par les colons israéliens. Rashid Rabi’ Jaber, 16 ans, a été arrêté, puis relâché un peu plus tard, sur caution.
D’après les investigations menées par le PCHR et les déclarations des témoins, notamment d’‘Ata Abdul Jawad Jaber, il était environ 7h ce dimanche, 31 janvier, quand 5 cars transportant des colons israéliens, la plupart des jeunes, sont arrivés dans le secteur de Buqa’a, à l’est d’Hébron. Les forces dites de « sécurité des colonies », la police des FOI et des véhicules de la municipalité de la colonie de Kiryat Arba’a accompagnaient les colons. Les FOI se sont immédiatement déployées sur la zone et les colons, sous protection militaire, sont entrés sur les terres cultivées situées à proximité des maisons palestiniennes, le long de la route coloniale n° 60. Ils se sont placés à travers tout le secteur, sur plus de 200 dunums. Les colons ont alors planté des pins. Les officiers des FOI qui accompagnaient les colons ont prétendu qu’ils s’agissaient de terres qui étaient la « propriété de l’Etat ». Une quarantaine de Palestiniens se sont alors regroupés pour empêcher les colons israéliens de planter leurs arbres sur leurs terres et se sont mis à manifester de façon non violente contre les évènements. Les soldats ont immédiatement utilisé la force et les menaces pour faire partir les Palestiniens. Ils ont fourni toute la protection et les facilités nécessaires aux colons pour que ceux-ci puissent continuer leur activité. Les FOI ont arrêté Rashid Rabi’ Jaber, 16 ans, et l’ont emmené à la colonie Kiryat Arba’a, au sud-est d’Hébron. Jaber a été relâché le même jour, après que la famille ait payé une caution de 1 200 NIS (environ 230 €). Les FOI ont accusé Jaber de perturber leur travail dans le secteur.
Les FOI ont bouclé le secteur où se trouvaient présents les Palestiniens et les ont pris en chasse pendant plusieurs heures. Elles ont essayé de les faire partir et de les empêcher de perturber l’activité des colons. Les FOI ont attaqué les civils, en poussant certains violemment ou les jetant au sol. Quatre Palestiniens, dont trois femmes, souffrent de contusions. L’une des femmes blessées a été transférée à l’hôpital du gouvernorat d’Hébron pour des soins, alors que les autres étaient soignées sur place. Les personnes blessées sont : Bakza Ahmed al-Salayma, 65 ans, ‘Azzam Ahmed al-Salayma, 45 ans, Najah Fadel Jaber, 50 ans, et Rudaina Bader Jaber, 40 ans.
‘Ata Abdul Jawad Jaber a déclaré qu’il y a une semaine, des colons israéliens avaient essayé de s’emparer de certaines terres et de les entourer d’une clôture. Il a expliqué que les FOI étaient intervenues afin de protéger les colons, et qu’elles avaient déclaré lesdites zones « zones militaires fermées » pour empêcher les propriétaires palestiniens de s’y rendre. Les terres visées appartiennent à des Palestiniens qui en possèdent les titres de propriété. Les propriétaires sont : Zeyad Hamouda Jaber et ses frères, Salah Saleh Jaber, Ali Saleh Jaber, Shu’eib Saleh Jaber, Belal Saleh Jaber, héritiers d’Ahmed Asad Jaber, Amjad Ayoub Talhami, ‘Azmi al-Salayma et ses frères, Badran Jaber, héritiers de Bader Jaber, héritiers d’Husein al-Za’tari, Kayed Fadel Jaber, Ibrahim Fadel Jaber et ‘Ata Abdul Jawad Jaber.
4 - Mesures visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem
Les FOI ont récemment intensifié leurs mesures arbitraires contre les Palestiniens de Jérusalem-Est afin de les obliger à quitter la ville. Le PCHR consacre cette section dans son rapport hebdomadaire aux violations graves des droits humains perpétrées par les FOI contre les Palestiniens à Jérusalem-Est.
Les FOI ont obligé Farouq Bassam al-Mamlouq à démolir une pièce de sa maison dans le secteur d’‘Aqabet Riman, quartier al-Sa’deyeh, dans la vieille ville de Jérusalem-Est. Les FOI ont prétendu que la pièce avait été construite sans l’autorisation de la municipalité de Jérusalem. Al-Mamlouq vit avec sa famille dans une vieille maison. En 2004, il a construit cette pièce qui mesurait environ 10 m2. Plus tard, la municipalité de Jérusalem lui a imposé une amende de 6 000 NIS (un peu moins de 1 200 €).
Durant la semaine écoulée, la municipalité de Jérusalem a remis un avis à Abdul Rahman Yousef Abu Farha, 40 ans, lui notifiant l’intention des FOI de démolir sa maison dans le quartier d’al-Sa’deyeh, dans la vieille ville, sous le prétexte de l’absence de permis de construire israélien. La famille Abu Farha est composée de sept membres, dont cinq enfants. Ils vivent dans une maison de 45 m2. En 1997, la municipalité de Jérusalem a contraint Abu Farha à faire des réparations sur sa maison, ou de payer une amende de plus de 1 800 NIS, en plus de 130 NIS pour chaque jour de retard dans la réalisation des réparations. Abu Farha avait fait les réparations malgré ses difficultés économiques.
Le 29 janvier dernier, un groupe de colons israéliens a envahi la maison de Fatma Abdul Dawod al-Dawodi, 80 ans, dans ‘Aqabet al-Saraya, à Jérusalem-Est occupée. Les colons ont forcé la serrure de la porte du second étage et sont entrés.
Leur opération fait suite à une décision prise par le tribunal de police israélien de Jérusalem qui autorise les colons à entrer au second étage de la maison. La décision précise que Fatma al-Dawodi sera emprisonné et paiera une amende de 20 000 NIS en cas de non-respect de la décision. Les colons israéliens avaient déjà forcé la porte de la maison familiale d’al-Dawodi en septembre 2009.
5 - Activités de colonisation et agressions par les colons israéliens des civils palestiniens et de leurs biens
Les activités de colonisation se poursuivent dans les TPO en violation du droit humanitaire international, et les colons continuent d’attaquer les Palestiniens.
Le jeudi 28 janvier, dans l’après-midi, les FOI ont remis des avis à un certain nombre de Palestiniens de Beit Ummar, au nord d’Hébron, déclarant qu’il leur était interdit de se rendre sur environ 150 dunums (15 ha) de leurs terres, prétendant en être les propriétaires.
D’après l’enquête du PCHR et les déclarations de Mohammed ‘Ayad ‘Awad, coordinateur du projet de solidarité à Beit Ummar, les avis militaires, publiés le 28 janvier 2010, étaient signés par le « commandant de la région Centre des Forces de défense israéliennes ». Les avis militaires exigent que les propriétaires des terres visées ne doivent pas y être présents ; ces terres sont situées dans la zone de Shamaleya, au nord du village. Les terres représentent environ 150 dunums. Les avis étaient attachés à des cartes qui situaient les terrains ; ceux-ci appartiennent à Mohammed Ahmed Ibrahim Thalji ‘Adi, Mahmoud Ahmed Ibrahim Thalji ‘Adi, Ali Ahmed Ibrahim Thalji ‘Adi, Ibrahim Ahmed Ibrahim Thalji ‘Adi et Fathi Ahmed Abdul Hamid Jaber Salibi.
Il faut indiquer que la délivrance de ces avis est une mesure d’un nouveau genre prise par les FOI à Beit Ummar. C’est la première fois qu’une telle mesure est appliquée. Les FOI écartaient en permanence les Palestiniens de leurs terres, dans la ligne des agressions continuelles réalisées par les colons israéliens. Les terres ciblées sont des terres cultivées qui ont été soumises aux attaques des colons de la colonie Bat ‘Ein, au nord de Beit Ummar, l’été dernier. Le PCHR est préoccupé parce que cette mesure pourrait annoncer d’autres mesures militaires du même ordre ciblant des centaines de dunums près de la zone de Wadi Abu al-Rish.
Samedi matin, 30 janvier, des dizaines de fermiers palestiniens, avec des internationaux et des Israéliens défenseurs des droits humains, se sont dirigés vers les terres agricoles situées dans le nord de Beit Ummar, pour y planter des oliviers et tailler les arbres. Vers 9h30, les FOI sont arrivées sur les lieux et ont empêché les Palestiniens et les militants d’arriver sur place sous le prétexte que la zone était « propriété de l’Etat » et que les Palestiniens n’avaient pas le droit de s’y rendre en vertu d’un ordre militaire publié ce jeudi, 28 janvier.
Samedi après-midi, 30 janvier, les FOI ont fait la chasse à des bergers palestiniens qui étaient accompagnés de militants du mouvement Ta’ayush, dans les secteurs d’Um Zaytouna et d’al-Mafqara, à al-Musafer, à l’est de Yatta, dans la région sud d’Hébron. Les FOI ont fait partir les bergers de ces deux zones qui sont fermées au profit des colonies Maoun et Karmael, pour permettre aux colons israéliens de contrôler des centaines de dunums, dont ces terres agricoles avec leurs récoltes d’hiver.
Dimanche matin, 31 janvier, des membres du gouvernement israélien ont posé la première pierre d’un nouveau complexe colonial à proximité de la colonie Beit Hajai, au sud d’Hébron. Cette pierre a été posée par Beini Beighen, ministre sans portefeuille, et il fut annoncé que cette structure comprendrait dix nouveaux logements. Beighen a prétendu que la nouvelle colonie avait reçu son approbation il y a trois mois, quand « trois mille maisons ont été autorisées en Judée et Samarie » avant la décision du gouvernement de suspendre temporairement les activités de colonisation en Cisjordanie, suspension qui ne concerne pas Jérusalem-Est.
Document public
Pour plus d’informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter le site (http://www.pchrgaza.org) ou de contacter le PCHR à son bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
Rapport hebdomadaire pour la période du 28 janvier au 3 février 2010 : PCHR
traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.
Tags associés : palestine, israel, violations, rapport
QUI SONT-ILS ?
Le président Evo Morales dénonce, un rapport unilatéral des États-Unis, rédigé par la CIA et le FBI, qui considère le regroupement des pays tels la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, Cuba et le Venezuela comme une menace pour la stabilité de l’Amérique Latine. Qu’ont-ils donc en commun ces pays et en quoi peuvent-ils être une menace pour les États-Unis?
CE QU’ILS SONT
Tous ces pays affirment leur indépendance comme peuples et nations et exigent, dans leurs relations avec les autres États, le respect mutuel. Ils sont d’autant plus jaloux de cette indépendance qu’ils ont été, tout au long de leur histoire, des arrières cours d’oligarchies et de puissances qui en disposaient comme bon leur semblait. Ce n’est pas pour rien qu’ils remettent à l’avant scène les grands noms de ceux qui ont conquis leur première indépendance et qui ont mené la lutte pour cette seconde indépendance.
Tous ces pays placent au premier rang de leurs priorités la justice sociale qui doit répondre aux besoins essentiels et fondamentaux des peuples dont ils sont les représentants. Ils investissent dans la santé, l’éducation, l’alimentation et le logement. Tous ces secteurs avaient été ignorés pour une grande majorité de la population. Ces interventions ont pour effet de favoriser une plus grande participation de cette dernière à la vie sociale, politique et économique du pays.
Tous ces pays se font un devoir de reprendre le contrôle de leurs richesses naturelles pour les mettre au profit de leur développement économique, politique, sociale et culturel. Ils le font en révisant l’ensemble des ententes qui donnaient « carte blanche » à des multinationales et autres entreprises pour disposer à volonté de ces richesses à des coûts dérisoires sous les yeux d’une population analphabète, sans attention médicale, sous-alimentée et vivant dans des bidonvilles. Les images qui nous parviennent d’Haïti, au-delà de celles du séisme, nous montrent ce que pouvait être, il n’y a pas encore si longtemps, la situation de la grande majorité des populations de ces pays. La tâche est loin d’être terminée, mais c’est à celle-ci que travaillent ces gouvernements « qui menacent la stabilité de l’Amérique Latine. »
Tous ces pays s’ouvrent de plus en plus au monde, cherchant à diversifier leurs relations politiques, économiques, sociales et culturelles. Ils ne veulent plus être soumis au chantage d’une seule source d’approvisionnement et d’influence pour l’ensemble des secteurs. En somme, ils ne font que suivre la politique que la grande majorité des pays de la planète développe de plus en plus : diversifier leurs relations à tous les niveaux. Rien de plus normal.
Tous ces pays favorisent les voies pacifiques, non violentes et démocratiques pour réaliser les changements. Quatre de ces cinq pays ont des gouvernements élus démocratiquement selon les règles des démocraties occidentales. Cuba dispose d’un système électoral distinct de celui des autres pays, mais qui lui assure, tout autant que les autres, un système de droit. Les Présidents ont tous un appui très fort de la part de leur population respective
LES CRAINTES ÉTASUNIENNES
N’est-il pas curieux que le pays dont l’héroïque histoire d’indépendance inspirant autant de respect et d’admiration du monde trouve à redire sur des orientations qui valorisent, pour l’essentiel, les grandes valeurs qu’il a fait siennes tout au long de sa propre histoire? Comment l’affirmation de l’indépendance, la recherche d’une plus grande justice sociale, le contrôle de ses richesses naturelles, l’ouverture au monde et l’approche pacifique des changements peuvent-ils devenir une menace pour tout un Continent?
La seule réponse plausible est que ce qui fut bon pour eux, ne peut pas l’être pour les autres. Une indépendance qui ne leur soit pas soumise est à oublier. Une justice sociale qui menace les privilèges des oligarchies devient une atteinte à la liberté. Une reprise en main de leurs richesses naturelles devient une usurpation de pouvoir. L’ouverture au monde et la diversification des relations avec d’autres pays deviennent suspectes et anti-étasuniennes, la démocratie et la non-violence au service du développement sont autoritarisme, dictature et populisme.
À y regarder de près, ce n’est pas tellement la stabilité de l’Amérique Latine qui est en cause, sinon la stabilité de leur main mise sur l’Amérique Latine. L’arrière cour leur échappe, non pas au profit d’une autre puissance, mais au profit des peuples qui forment ce Continent. De cela, ils ne veulent rien savoir et il leur importe peu de s’allier avec les plus grands « requins » qui se remplissent les poches avec l’argent des contribuables, qui vendent leur âme pour un pot de vin. Avec un budget de plus de 72 milliards $ pour la seule CIA, ils peuvent acheter, corrompre, manipuler, tuer. Ils sauront faire parler des cardinaux, à l’occasion même le Pape, pour donner de la crédibilité à leurs bonnes intentions. Ils sauront aussi payer des paramilitaires pour poser des gestes terroristes de nature à déstabiliser ces gouvernements. Les bases militaires et la quatrième flotte leur permettra de veiller au grain.
DE QUI SOMMES-NOUS SOLIDAIRES ?
Je pense que toute personne de bonne foi, soucieuse de faire réalité les valeurs qu’elle porte, se doit de prendre position devant cette situation qui va à l’encontre des droits fondamentaux des peuples et des personnes. Nous ne pouvons pleurer sur la misère du monde tout en appuyant les puissances qui résistent avec force à ceux et celles qui prennent les moyens pacifiques et démocratiques pour s’en sortir. En 1970, Richard Nixon, expliquait pourquoi il ne fallait pas qu’Allende réussisse. « La principale préoccupation avec le Chili c’est qu’Allende consolide son gouvernement et projette ainsi au monde l’image de son succès (NDA : qu’il est possible par la démocratie de changer les choses). Si nous permettons que d’autres leaders pensent qu’ils peuvent faire de même, alors là, nous aurons de sérieux problèmes. » Nous connaissons la suite : COUP D’ÉTAT MILITAIRE, LE 11 SEPTEMBRE 1973. Évidemment pour sauver la démocratie et la liberté. Coup d’État au Honduras, le 28 juin 2009, également pour sauver la démocratie. L’occupation et la prise de contrôle d’Haïti avec plus de 10 000 soldats suite au séisme de janvier ne semblent pas faire problème. C'est une action exclusivement humanitaire.
Oscar Fortin
Québec, le 6 février 2010 Ici
Tags associés : usa, morales, honduras, amerique latine
Le Dalaï Lama et Obama
La rencontre entre deux Prix Nobel du mensonge
La nouvelle est à présent officielle. Sous peu le Dalaï Lama sera reçu par Obama à la Maison Blanche. La rencontre entre ces deux âmes jumelles était inévitable : à vingt ans d’écart l’un de l’autre (1989 et 2009), tous les deux ont reçu le Prix Nobel pour la paix, et tous les deux ont reçu cette distinction ad maiorem Dei gloriam, ou, pour plus d’exactitude, pour la plus grande gloire de la « nation élue » par Dieu.
1989 était l’année où les Usa obtenaient le triomphe dans la guerre froide et s’apprêtaient à démanteler l’Union soviétique, la Yougoslavie et aussi –comme ils l’espéraient- la Chine. Dans ces conditions, celui qui allait être couronné champion de la paix ne pouvait être que le moine intrigant qui depuis trente ans déjà, encouragé et financé par la Cia, se battait pour détacher de la Chine un quart de son territoire (le Grand Tibet).
En 2009, la situation avait radicalement changé : les dirigeants de Pékin étaient arrivés à éviter la tragédie qu’on voulait infliger à leur pays ; au lieu d’être renvoyés aux décennies terribles de la Chine, opprimée, humiliée et souvent condamnée en masse à la mort par inanition, à la « Chine crucifiée » dont parle les historiens, un cinquième de la population mondiale avait connu un développement prodigieux, tandis que s’avéraient clairement le déclin et le discrédit qui frappaient la superpuissance solitaire qui en 1989 avait cru avoir le monde dans ses mains. Dans les conditions qui avaient émergé en 2009, le Prix Nobel pour la paix couronnait celui qui, grâce à son habileté oratoire et sa capacité de se présenter comme un homme nouveau et venant d’en bas, était appelé à redonner quelque lustre à l’impérialisme étasunien.
En réalité, la signification authentique de la présidence Obama est à présent sous les yeux de tous. Il n’est de zone au monde dans laquelle ne se soient pas accentués le militarisme et la politique de guerre des Usa. Dans le Golfe Persique a été envoyée une flotte, équipée pour neutraliser la riposte possible de l’Iran aux bombardements sauvages qu’Israël prépare fébrilement grâce aussi aux armes fournies par Washington. En Amérique Latine, après avoir encouragé ou promu le coup d’état au Honduras, Obama installe sept bases militaires en Colombie, relance la présence de la IVème flotte, profite de l’urgence humanitaire en Haïti (dont la gravité est aussi la conséquence de la domination néocoloniale que les Usa y exercent depuis deux siècles) pour occuper massivement le pays : avec un déploiement de forces qui est aussi un lourd avertissement aux pays latino-américains.
En Afrique, sous prétexte de combattre le « terrorisme », les Usa renforcent leur dispositif militaire par tous les moyens : sa tâche réelle est de rendre le plus difficile possible l’approvisionnement en énergie et matières premières dont la Chine a besoin, de façon à pouvoir l’étrangler au moment opportun. En Europe même, Obama n’a pas du tout renoncé à l’expansion de l’OTAN à l’Est, et à l’affaiblissement de la Russie ; les concessions sont formelles et ne visent qu’à isoler le plus possible la Chine, le pays qui risque de mettre en question l’hégémonie planétaire de Washington.
Oui, c’est en Asie que le caractère agressif de la nouvelle présidence états-unienne émerge dans toute sa clarté. Il ne s’agit pas seulement du fait que la guerre en Afghanistan a été étendue au Pakistan, avec un recours aux avions sans pilotes (et sa suite de « dommages collatéraux) nettement plus massif qu’à l’époque de l’administration Bush junior.
C’est surtout ce qui arrive à Taïwan qui est significatif. La situation allait s’améliorant nettement : entre la Chine continentale et l’île, les contacts et les échanges ont repris et se développent ; les rapports entre le Parti Communiste Chinois et le Kuomindang ont été rétablis. Avec la nouvelle vente d’armes, Obama veut atteindre un objectif bien précis : si vraiment on ne peut pas démanteler le grand pays asiatique, du moins faut-il en empêcher la réunification pacifique.
Et c’est en ce point là qu’annonce son arrivée à Washington une vieille connaissance de la politique du containment et du démantèlement de la Chine. Voici qu’au moment opportun entre de nouveau en scène Sa Sainteté qui, avant même de mettre les pieds aux Usa, bénit à distance le marchand de cannons qui siège à la Maison Blanche. Mais le Dalaï Lama n’est-il pas universellement connu comme le champion de la non-violence ? Je me permets, à propos de cette manipulation raffinée, de renvoyer à un chapitre de mon livre (La non-violence. Une histoire hors du mythe), que l’éditeur Laterza (Bari-Rome, NdT) sortira en librairie le 4 mars prochain[1].
Pour le moment je me borne à anticiper un seul point. Des ouvrages ayant pour auteur ou co-auteur des ex-fonctionnaires de la Cia révèlent une vérité qui ne doit jamais être perdue de vue : la non-violence est un « écran » (screen) inventé par le département des services secrets étasuniens majoritairement engagé dans la « guerre psychologique ». Grâce à cet « écran », Sa Sainteté était plongé dans une aura sacrée, alors que depuis longtemps, après sa fuite hors de Chine en 1959, il a promu au Tibet une révolte armée, alimentée par les ressources financières massives, par la puissante machine organisatrice et multi médiatique et par l’immense arsenal états-uniens ; révolte qui a cependant échoué à cause du manque d’appui de la part de la population tibétaine.
Il s’agissait d’une révolte armée –écrivent encore les ex-fonctionnaires de la Cia- qui a permis aux Usa d’accumuler de précieuses expériences pour les guerres en Indochine, c’est-à-dire pour des guerres coloniales –c’est moi qui ajoute, cette fois- qui sont à ranger parmi les plus barbares du XXème siècle.
Maintenant, le Dalaï Lama et Obama se rencontrent. C’était dans la logique des choses. Cette rencontre entre les deux Prix Nobel du mensonge sera plutôt affectueuse comme seule peut l’être une rencontre entre deux personnalités liées entre elles par des affinités électives. Mais elle ne promet rien de bon pour la cause de la paix.
Domenico Losurdo
Domenico Losurdo enseigne l’histoire de la philosophie à l’Université d’Urbino. Il dirige la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et, récemment, l’Associazione Marx XXIesimo secolo. « Rievoluzione » (voir : http://www.pdcitv.it/video/2644/Associazione-Marx-XXI--Domenico-Losurdo ).
Parmi ses nombreux ouvrages, sont (entre autres) disponibles en français :
Fuir l’histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui. (Le temps des Cerises-Delga, 2007),
Démocratie ou bonapartisme, triomphe et décadence du suffrage universel. (Le temps des Cerises
Le péché originel du 20ème siècle. (Aden, 2007)
Le révisionisme en histoire. Problèmes et mythes. (Albin Michel, 2005)
Gramsci. Du libéralisme au « communisme critique » (Syllepse, 2006)
Nietzsche, philosophe réactionnaire. Pour une biographie politique (Delga, 2008).
Contre-histoire du libéralisme,
Le Langage de l’Empire. Lexique de l’idéologie états-unienne (Laterza editori), sont en cours de traduction.
Staline. Histoire et critique d’une légende noire, paraîtra au printemps 2010 chez Aden.
Article original sur le blog de l’auteur :www.domenicolosurdo. it
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Tags associés : usa, obama, dalai lama, nobel
LE MINARET EST TOMBE, ON A PENDU LE COIFFEUR
Ah ! S'ils pouvaient être invisibles, sans odeurs, sans couleurs, silencieux et si possible transparents ! Leur religion, ils la pratiqueraient chez eux, sans faire de bruit, et surtout repliés sur eux-mêmes. La foi étant intérieure, ils n'auraient besoin ni de mosquée et encore moins de minarets. Ce serait l'idéal. Des immigrés parfaits. Rien ne serait dérangé dans le paysage.
Ils travailleraient de nuit de préférence pour ne pas déranger les braves citoyens qui dorment. Leurs femmes ne feraient pas d'enfants, parce qu'avant d'arriver là, elles se seraient fait ligaturer les trompes. Ce serait une présence si légère, si discrète que personne ne remarquerait rien et n'aurait surtout rien à leur reprocher. Ni voile, ni burqa, ni exaspération, ni racisme. Mais alors que ferait le Front national ? Privé de ce thème riche en peurs et en inquiétudes, il serait capable de protester contre cette absence de visibilité. Il réclamerait que leur présence soit grotesque, dérangeante, brutale et insupportable.
Avant, au début des années 1970, les immigrés n'existaient pas. Ils étaient là, travaillaient durement, mais on ne les voyait pas et on ne parlait jamais d'eux. Ils vivaient dans des cités de transit, loin des villes, loin des grands boulevards. Mais les Arabes sont incorrigibles ! Voilà qu'en 1973, ils sortent l'arme du pétrole. On a appelé cela "le choc pétrolier". Une descente dans les quartiers pourris de Marseille une nuit s'était soldée par une dizaine de morts, tous immigrés, tous maghrébins.
Tout d'un coup, les immigrés sont apparus dans les médias. Certains journaux évoquaient leurs conditions de vie, d'autres réclamaient leur renvoi pour répondre au président algérien Houari Boumediene. Je me souviens d'un éditorial de Jean Dutourd en première page de France Soir où il incitait les pouvoirs publics à des représailles. On aurait dû l'écouter et les renvoyer tous ; la France se serait développée toute seule, sans l'aide d'une main-d'oeuvre venue des anciennes colonies.
Depuis, ils ne cessent d'exister à leur corps défendant. Ils sont là, pas plus nombreux qu'il y a quarante ans, mais avec des enfants, lesquels sont de fait des Français d'un autre type, non reconnus, non considérés. Alors, face à ce refus, face à la discrimination, le repli. Même ceux qui ne faisaient pas grand cas de leur religion se sont mis à la revendiquer et à en faire une culture, une morale et une identité. Le reste allait vite prendre des proportions inquiétantes. Le fanatisme allait s'engouffrer dans cette brèche. Le dialogue entre l'immigration et la France est devenu un choc des ignorances. Les amalgames, le racisme ordinaire planqué dans l'inconscient collectif, le malheur et le malaise se sont installés dans le pays, et ce depuis longtemps.
L'homme et le chagrin
La vérité a des racines dans la souffrance d'une guerre et d'une mémoire encore meurtrie. Comme dit Herman Melville, "quand elle est exprimée sans compromis, la vérité a toujours des bords déchiquetés". C'est ce que devrait faire la France qui refoule l'assainissement de son histoire récente et continue de repousser cette vérité qu'il faudra bien un jour aborder. L'Algérie sombre dans la déchirure et le mal-être. La France ne sait pas lui parler et croit rendre service au peuple algérien en étant complice de ses dirigeants impopulaires et incompétents.
Mais le problème est peut-être dans ce grand malaise où, entre l'homme et le chagrin, les deux Etats choisissent le chagrin. Des millions d'hommes et de femmes sont immigrés dans ce pays et n'arrivent pas à annuler leur corps, leur apparence physique ni leurs désirs pour supporter de vivre dans une société qui ne les accepte pas tout à fait. Leurs enfants, dont certains (40 %, paraît-il) condamnés au chômage et aux dérives de la délinquance font du tapage, perturbent l'ordre, crient leur désespoir.
Alors mosquées, minarets, voile, burqa et bien d'autres signes extérieurs de présence deviennent très secondaires et ne parlent pas pour les laissés-pour-compte. L'immigration rêvée ne tient pas ses promesses. Elle envahit la scène et voilà que la France se demande ce qu'elle a fait pour mériter
Tahar Ben Jelloun
Identité nationale : Lettre ouverte d’un écrivain franco-marocain au Président Sarkozy
Monsieur le Président, Je ne supporte plus ces dérapages volontaires, ces phrases imbéciles qui explosent comme des bombes mortelles des bouches haineuses de vos ministres et de votre entourage.
Je ne suis pas de votre bord politique, mais j’ai toujours su garder le respect nécessaire à votre fonction. Maintenant, à vrai dire, je commence moi aussi à éprouver la même haine à votre égard et l’égard des vôtres... Et pour que les choses soient dites sans détour et avec la même désinvolture que vos émissaires en terre FN, votre idée de la France, je n’en veux pas. Mieux : votre France, je n’en suis pas, je vous la laisse ; gardez-la pour vous et pour les vôtres, faites-en une réserve pour une seule « espèce » de citoyens à l’exclusion de toutes les « racailles » envahissantes que nous sommes nous autres.
Pourtant il m’a fallu du temps pour me sentir membre à part entière de cette belle aventure qu’on nomme France. Déjà par un apprentissage précoce de la langue de Molière depuis ma tendre enfance au fin fond de la campagne marocaine. Ensuite par quarante longues années de vie parmi ce paradoxal peuple de France : aussi généreux qu’inquiétant. Mais aujourd’hui j’en arrive à comprendre les jeunes que vous nommez « racailles » quand ces jeunes sifflaient la Marseillaise. Pourtant à l’époque cela m’avait offusqué. Oui, je n’en peux plus de courir après « votre » France, que vos diatribes estampent de devant moi tel un mirage qui s’éloigne indéfiniment. J’en ai assez de me rapprocher de gens qui sans cesse jettent le doute sur ma « fidélité française » à cause de mes origines et de mes supposées croyances. J’en ai assez de subir l’invective à chaque fois qu’un gouvernement et un président sont en mal de popularité.
Avec l’âge, je ne crois plus guère que le temps règlera les choses sans heurts voire même sans violence, vu que le temps qui passe ne fait qu’aggraver la situation. Alors, autant jouer franc jeu, si j’ose employer ce terme : à partir d’aujourd’hui, je cesse de défendre mon identité française. Peut-être vos ministres xénophobes s’en donneront-ils à cœur-joie et se laisseront aller à plus d’accusations racistes. Peut-être des mouvements extrémistes (des deux bords) vont-ils exploiter cette situation. En vérité, cela m’importe peu dorénavant. Et je vais de ce pas militer pour que nous soyons nombreux à s’octroyer une certaine « objection de conscience identitaire ».
Monsieur le Président, c’en est trop que vos discours et ceux des dirigeants politiques en général distillent impunément et à longueur de médias cette idée venimeuse qu’un fossé infranchissable sépare les bons Français de nous autres les métèques, les « musulmans », les « quand il y en a un ça va... », les « non white », les « gris par mariage », « les qui sifflent la marseillaise », enfin toutes ces hordes et les rejetons de ces hordes qui ont fui les guerres, les dictatures et « toute la misère du monde ». Bref, les impurs voire même les impies d’une France et d’une Europe si radicalement chrétiennes qu’elles ne sauraient accueillir en son sein ces turcs musulmans...
Si ce n’était que politique politicienne, on pourrait se terrer le temps d’une campagne électorale. Mais vos discours renforcent au sein de la population les comportements les plus discriminatoires, une discrimination qui met déjà au banc de la société des pans entiers de la jeunesse « non native », même quand cette jeunesse est diplômée des fleurons de nos universités. Pour nommer les choses telles qu’elles sont, vos méthodes ressemblent à s’y méprendre à quelque stratégie – consciente ou inconsciente - d’apartheid. Et, à mon niveau, j’ai comme le sentiment que vous savez ce que vous faites. Quoi qu’il en soit, tout semble illustrer votre état d’esprit ségrégationniste : votre jeu de petites phrases malsaines ne nous est-il pas en fin de compte destiné : histoire de nous faire comprendre que vous êtes de ceux qui sauront nous mettre au pas le moment venu ? Ne sert-il pas aussi à rassurer les « vôtres » et à les protéger de toute mixité contagieuse ?
Comme ce pays bascule de jour en jour dans le repli, je suppose qu’il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Je sais que les nombreuses campagnes électorales à venir seront autant d’occasions de « nous » vexer, de « nous » humilier, de nous classer dans la catégorie « non intégrable » malgré « votre » immense hospitalité française... Eh ben, soit ! Jouons donc ensemble à ce jeu vicieux puisque vous semblez y tenir tant. Mais il vous faudra vous habituer à un changement nécessaire afin que les règles soient moins « injustes » : nous n’accepterons plus dorénavant votre injonction à être français selon votre bon vouloir. Non, vous ne pourrez plus nous sommer d’être ceci ou cela, encore moins sous peine d’excommunication...
Pour ma part, j’affirme ne pas me sentir français quand je vous entends parler des « miens » avec arrogance et mépris. A vrai dire, votre façon d’être français me fait plutôt honte. Non, je ne suis pas de « votre » France, je ne suis pas de cette France frileuse, repliée sur elle-même, de cette France raciste qui pense qu’un jeune français de confession musulmane est un être à part, un être dangereux, asocial. Tout comme hier dans les colonies. Bref, je ne suis pas de cette France chrétienne avec des relents collaborationnistes voire même croisés...
Non, Monsieur le Président, votre France n’est plus la mienne. Gardez-la pour vous et pour les vôtres. Et parquez ceux qui ne partagent pas votre conception de la France, cette France qui hait ses jeunes dont le faciès n’est pas aux normes, cette France qui dresse un mur entre elle et nous autres « dangereux étrangers ». Oui, c’en est fini de nous prêter à ce jeu stupide qui consiste à ce que les plus « méchants » de la classe politique nous insultent et nous vexent pendant que les plus « gentils » nous somment de ne pas crier de peur de réveiller la bête immonde...
Aussi, j’appelle tous ceux qui en ont marre de cet affront à se rebeller, à se révolter. Je leur demande de crier haut et fort qu’ils ne sont plus français, en tout cas pas à la manière de ces racistes qui nous pourrissent la vie par des vexations assassines pour voler quelques voix à l’abject Le Pen... Je demande à tous ceux qui se sentent concernés de se mettre en quelque objection de conscience identitaire.
Éventuellement, nous voudrons bien faire partie d’une autre France si tant est que nos politiques nous en offrent les perspectives, la France des Lumières, de la grande Révolution française, celle de la résistance et celle qui a combattu l’esclavage et le colonialisme. Oui une France qui saurait respecter chaque français, quelle que soit son origine, qui le traite à égalité des droits et des devoirs, sans préjugé et surtout sans cette haineuse discrimination qui agit en écho à la haine qui transparaît jusqu’aux cœur même du pouvoir...
Mustapha Kharmoudi
Ecrivain franco-marocain
Article publié sur Yabiladi.com
http://www.yabiladi.com/article.php?cat=politique&id=1893
Tags associés : tahar ben jelloun, mustapha kharmoudi
Bolivie : Nationalisation des chemins de fer pour 2010
samedi 6 février 2010, par Primitivi
La Bolivie annonce une nationalisation de chemins de fer pour cette année. Cette action compléterait la nationalisation d’autres entreprises dans les secteurs de l’exploitation des ressources naturelles et des télécommunications ainsi que la production d’énergie électrique qui permet de favoriser des projets au bénéfice des citoyens boliviens.
Delgadillo a assuré que la cession sera réalisée "d’une manière très ordonnée, très sérieuse, responsable". (Photo : archives TeleSur)
L’Exécutif bolivien a annoncé ce dimanche 10 janvier qu’en 2010 les chemins de fer seront nationalisés. Les chemins de fer boliviens sont actuellement aux mains de deux entreprises internationales : le groupe chilien Luksic et l’entreprise nord-américaine Genesee Wyoming.
"Cette année nous allons récupérer les chemins de fer", a annoncé aux médias Walter Delgadillo, Ministre des Travaux Publics, chargé du secteur du transport, qui a aussi annoncé la création de l’Entreprise Bolivienne des Chemins de fer [1] pour mettre en place les plans de jonction des deux systèmes ferroviaires.
Le ministre a déclaré que "en ce moment même il y a une équipe de travail au vice-ministère du Transport qui prépare cette cession", cession qui, comme il l’a indiqué, sera mise en place "d’une manière très ordonnée, très sérieuse et responsable".
Á côté des négociations avec les entreprises privées pour que se concrétise le transfert du réseau des chemins de fer à l’État, le gouvernement planifie aussi les investissements pour qu’au centre du pays soit faite la jonction entre les réseaux ferroviaires de l’ouest avec celui de l’est.
Le ministre a appuyé sur le fait que le gouvernement cherche à récupérer les chemins de fer et à injecter plus de fonds pour que ce soit une réponse réelle à la nécessité de transport pour la production bolivienne et il a signalé la nécessité de cet investissement pour exporter la glace et le lithium.
Le groupe Luksic est associé à l’entreprise Ferroviaire Andine qui opère à l’ouest, tandis que Genesee Wyoming participe à la Ferroviaria del Oriente, à l’est du pays.
Dans la dernière décennie, la Bolivie a privatisé l’entreprise nationale des chemins de fer [2] ce qui, selon l’actuel gouvernement, n’a pas donné les résultats escomptés parce que la connexion entre les deux réseaux ferroviaires n’a pas été faite et que le service a été suspendu pour plusieurs frange de la population dans l’ouest.
Sous l’ordre de Morales, la Bolivie a déjà nationalisé des entreprises dans les secteurs des hydrocarbures, des télécommunications et de l’industrie minière et il négocie actuellement avec les entreprises qui administrent trois unités de production d’électricité et les trois aéroports les plus grands du pays, ce qui devrait entraîner un grand bienfait aux citoyens boliviens qui à une autre époque n’ont subi que les nuisances de l’exploitation de leurs ressources naturelles par des capitaux étrangers.
Source : TeleSur "Bolivia anuncia nacionalización de ferrocarriles para este año"
Traduction : Primitivi
Notes
[1] Empresa Boliviana de Ferrocarriles
[2] Empresa Nacional de Ferrocarriles
Tags associés : bolivie, morales, nationalisation
|
Mexique : une communauté indigène zapatiste attaquée par la police |
|
|
|
|
|
|
La guerre de basse intensité menée par les autorités mexicaines fédérales, régionales et locales) contre les populations indigènes, mayas et zoques du Chiapas, s'intensifie.
Pour permettre la mise en place d'un projet baptisé "écotouristique", la police de l'État du Chiapas, aux ordres du gouverneur PRD Juan Sabines, vient de franchir un degré de plus dans l'escalade vers ce que les zapatistes désignent comme une véritable "guerre d'extermination contre les peuples indigènes".
Lors d'une brutale opération, réunissant des policiers fédéraux et des fonctionnaires du gouvernement local, parmi lesquels des représentants du ministère de "l'Environnement", les forces de l'ordre ont brûlé les maisons, avec tous leurs effets personnels, des habitants du Poblado Laguna San Pedro. Ils ont saccagé les cultures (y compris les réserves de semences de maïs et de haricots, ainsi que des arbres fruitiers) et pillé la boutique coopérative des membres de cette communauté de la forêt Lacandone, appartenant à la commune autonome Ricardo Flores Magón. Ceux-ci ont ensuite été emmenés de force, avec des hélicoptères, vers la ville de Palenque. Les autorités prétendent vouloir reloger les personnes ainsi déplacées dans une zone "en dehors de la réserve de la biosphère", opérer une reforestation et, au passage, développer des cultures... destinées à la fabrication de "biodiesel".
L'État mexicain et les multinationales de l'énergie et des "loisirs" s'arrogent ainsi le droit, au nom de la défense de l'environnement, d'expulser des populations qui ont pourtant démontré depuis des millénaires leur capacité à vivre en harmonie, sans l'aide de quiconque, dans ces régions de forêts tropicales.
Il faut noter que cette politique d'expulsions de la région des Montes Azules, préparée depuis des années (1), compte sur l'appui de gouvernements étrangers, parmi lesquels ceux de l'Union européenne (avec le tristement célèbre programme Prodesis), et de plusieurs multinationales de l'environnement, telles que Conservation International et le WWF (2). Une simple lecture de la composition des conseils d'administration de ces ONG permet de comprendre qu'à côté des mégaprojets touristiques se dissimulent également les convoitises sur le pétrole, l'uranium, l'or et surtout la formidable biodiversité que recèle encore, malgré des décennies de pillage, ces régions du Sud-Est mexicain.
Dans un communiqué, le Conseil de bon gouvernement de La Garrucha s'adresse à la "société civile nationale et internationale", pour lui demander sa solidarité face à de tels agissements.
Pendant ce temps, la routine de la terreur continue son petit bonhomme de chemin, un peu partout au Mexique. Dans des régions soumises au contrôle direct de l'armée, les enlèvements et les assassinats se multiplient. Huit mille meurtres, au cours de ces douze derniers mois, sont imputés aux gangs du narcotrafic, dont les connections avec les forces policières et militaires ainsi qu'avec des responsables des trois grands partis politiques (PRI, PAN et PRD) ne sont plus à démontrer. Hier, 31 janvier, des tueurs ont froidement abattu treize jeunes gens de quatorze à dix-huit ans, qui fêtaient la victoire de leur équipe de foot
. Cela se passait à Ciudad Juárez, cette ville proche de la frontière avec les USA, où les usines de montage tournent à fond et où des centaines de jeunes femmes ont été assassinées depuis 1995, sans qu'aucune enquête n'aboutisse.
Mais tout n'est pas noir dans ce tableau, diront certains : le Mexique accueillera, en grande pompe, le prochain sommet mondial sur l'environnement.
Jean-Pierre Petit-Gras
(1) Cette dernière opération policière a été opportunément lancée suite à la requête des "propriétaires" de plusieurs centaines de milliers d'hectares dans la région des Montes Azules. Il s'agit de quelques dizaines de membres d'une communauté "lacandone" à qui le président Luis Echeverria - par ailleurs responsable d'une terrible "sale guerre" contre les opposants après les massacres de Tlatelolco à Mexico - avait "offert" ces 617 000 hectares, prévoyant de les instrumentaliser contre les milliers de jeunes indigènes, à la recherche d'un lieu pour vivre, qui étaient en train de s'y installer.
(2) À la tête de cette dernière, on note, pêle-mêle, un ancien directeur général de Shell, un ministre des finances du Pakistan, un ancien premier ministre des Pays-Bas, une dirigeante de Coca-Cola - secteur environnement, bien sûr - et une pléiade de têtes couronnées.
|
Tags associés : mexique, indigenes, zapatistes, police
La peine de mort existe toujours en France : des malades meurent en prison
Communiqué de presse Act Up-Paris & Ban Public, 2 février 2010
Un prisonnier gravement malade risque de mourir en PACA. La suspension de peine pour raison médicale doit s’appliquer.
Guy Englumen a 56 ans, il est gravement malade : il souffre d’irrémédiables problèmes cardiaques, il porte un défibrillateur et doit suivre un lourd traitement médicamenteux à vie. Son état de santé physique et psychique nécessite des soins médicaux constants et une surveillance médicale permanente.
Pourtant, depuis le 13 janvier, Guy est incarcéré. Alors qu’il se rendait à l’audience de jugement de sa demande de suspension de peine pour raison médicale, il a été arrêté et incarcéré sans même avoir eu le temps de plaider sa cause devant la juge d’application des peines.
Deux expertises médicales concordantes concluent à l’incompatibilité de son état de santé avec la détention. La juge d’application des peines a pourtant considéré qu’il devait rester incarcéré puisque « le pronostic vital de Monsieur Englumen reste préoccupant mais n’est pas engagé dans des circonstances d’urgence ».
Béatrice Brue, juge d’application des peines se trompe, l’incarcération de Guy Englumen est profondément inhumaine et injuste. Non seulement elle ne respecte pas la loi - puisque deux expertises médicales concordantes concluent à la nécessité d’une suspension de peine de prison – mais elle fait fi de tout respect de la dignité humaine.
Guy a été arrêté et incarcéré dans des circonstances intolérables. Ne supportant pas les conditions de son incarcération, il a été hospitalisé à Marseille en attente d’une très lourde opération chirurgicale qui ne pourra pas être effectuée. Il est trop tard pour l’opérer. Il vient d’être transféré à l’Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) de Marseille. Son état de santé est extrêmement préoccupant, les méandres de la justice et la prison sont en train de l’achever.
Les médecins de l’UHSI de Marseille sont choqués, plusieurs travailleurs sociaux du Centre de Détention de Salon de Provence sont abasourdis. Les acteurs du milieu pénitentiaire eux-mêmes s’accordent à trouver cette situation incompréhensible, révoltante, inhumaine.
L’état de santé de Guy jugé incompatible avec la détention justifie légalement et humainement sa libération immédiate. Il y a urgence, son pronostic vital est désormais engagé. L’audience d’appel du refus de sa suspension de peine pour raison médicale, initialement prévue fin mars, vient d’être avancée à mardi prochain en fin de matinée.
Nous exigeons la libération immédiate de Guy Englumen.
Cette situation n’est malheureusement pas unique dans les prisons françaises. Nous exigeons une application effective et immédiate de l’article 720-1-1 du code de procédure pénale : le droit à la vie pour les prisonniers malades.
Contact presse : Laura Petersell - 06 67 65 04 20
Tags associés : prison, peine, mort
Les tartuffes de l’info

Epluchez bien vos quotidiens préférés, vos journaux de révérence, vos sites d’infos estampillés « de gauche ». Scrutez le Monde, Libération, Rue89, vous n’y trouverez rien, pas une ligne, pas un mot, sur les fosses communes de Colombie, sur les 25 à 50 000 cadavres d’Uribe et de ses copains para militaires, sur les syndicalistes, leaders d’opinion et autres paysans enterrés à la va vite dans les tombes macabres de l’ami Américain.
On vous parlera des Farc, sanglantes forcément, de ces dangereux terroristes narco trafiquants à la solde évidemment du "populiste" Chavez. On vous brodera jusqu’à la nausée de la Sainte Ingrid Betancourt en voie de canonisation pipole, on ne vous dira rien, ni des milices privées ni des massacres clandestins des autorités colombiennes.
Que Chavez ose demander par référendum un changement de constitution pour se présenter à un troisième mandat et toute la presse occidentale doigt sur le pli du pantalon hurlera, au coup de sifflet du chef de gare, à la dictature Bolivarienne. Qu’Uribe modifie sa constitution dans le même but, et vous ne trouverez pas un entrefilet dans votre presse libre, indépendante et autrement plus sérieuse que les blogs orduriers, pour s’en étonner.

Que le président d’un Venezuela dont 99% des médias appartiennent à des groupes privés et en guerre permanente contre le pouvoir ne renouvelle pas la fréquence d’une chaîne de télévision appelant ouvertement au coup d’état et toutes nos grandes plumes outragées de dénoncer l’atteinte intolérable à la liberté d’expression.
Qu’Evo Morales, réélu avec plus de 60 % des voix, ne dispose d’aucun média en Bolivie, que toute la presse en opposition appelle à la sécession et à l’émeute, que le premier journal du pays titre à son propos et à l’occasion d’un de ses voyages à Santa Cruz : "Le singe est en visite", pas un journaliste ici, ne vous l’évoquera, en revanche on vous abreuvera d’un Morales anti-démocrate, porte flingue du "sinistre" Hugo.
Oui, vous trouverez dans le Monde vespéral, les délires d’une certaine Audrey Fournier dénonçant des propos de Chavez affirmant que les États-Unis auraient provoqué le séisme en Haïti, sans en apporter ni la preuve, ni la source. Oui vous lirez régulièrement la propagande compulsive de Paulo A. Paranagua, qui tel un métronome revient servir sa soupe anti-Chavez, que déguste avec de grands slurps, le boulimique atlantiste Adler qui sait si bien faire le tri entre le gentil Lula et le méchant Hugo.
Qu’un Chicago Boy, plus grosse fortune du pays, enrichi de façon trouble sous Pinochet, possédant banque, club de foot, télévision, gagne les élections et vous aurez un obscur Michel Faure sur Rue89 pour s’extasier de la maturité démocratique de la société chilienne, mais qu’au Honduras on assassine tous les jours des opposants politiques, ne risquera pas de lui arracher le moindre sang d’encre.
Qu’Israël monte un plan de comm compassionnel en Haïti avec ses blocs opératoires pour se refaire la cerise médiatique rapport aux crimes de guerre à Gaza, et aussitôt mille reportages de fleurir, admiratifs et compatissants. En revanche que 344 médecins cubains soignent la population haïtienne au quotidien depuis des années et vous ne trouverez pas un articulet pour l’évoquer.
Ce qui est pourtant admirable, c’est qu’aucun journaliste, aucun média n’ait jamais été poursuivis, ni au Venezuela, ni en Bolivie. Ce qui est vraiment gerbant, c’est de constater ici, que des médias inféodés au pouvoir, se permettent de déontologiser en rond tout en se faisant complice d’intox et de manipulation.
Et je vous le dis comme je le pense, si par quelque miracle, je me retrouvais à la tête de ce foutu pays, une chaîne qui considère ses téléspectateurs comme du temps de cerveau disponible, serait immédiatement interdite et sans autre forme de procès.
Abrutir l’autre pour lui extorquer de l’argent, l’infantiliser, le désinformer, est au mieux, une escroquerie, au pire une forme avancée de totalitarisme. La lobotomisation est un crime contre l’humanité.
Je n’aurai ni la grandeur d’âme, ni la patience indulgente de Chavez ou Morales.

En attendant on tue au Honduras et en Colombie dans l’impunité générale et le silence radio. Qu’importe, l’ordure, du moment que c’est la nôtre.
Les journalistes qui dénoncent le canif de Chavez en fermant les yeux sur les mitrailleuses d’Uribe sont des salauds.
tgb ici
Tags associés : medias, honduras, chavez, cuba
|
La commémoration de l’Holocauste : une occasion en or pour la propagande israélienne
|
|
AUTEUR: Gideon LEVY גדעון לוי
Traduit par Fausto Giudice
|
Les grosses légumes d’Israël ont attaqué à l’aube sur un vaste front. Le Président en Allemagne, le Premier ministre, à la tête d’une énorme délégation, en Pologne, le ministre des Affaires étrangères en Hongrie et son adjoint en Slovaquie, le ministre de la Culture en France, le ministre de l’Information aux Nations unies, et même le député druze du Likoud à la Knesset, Ayoub Kara, en Italie. Ils sont tous partis faire des discours affligeants sur l’Holocauste.
Mercredi [27 janvier] était la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste , et on n’avait pas vu une telle campagne de relations publiques israéliennes depuis belle lurette. Le moment choisi pour ce rush inhabituel - jamais autant de ministres n’avaient été déployés simultanément à travers le monde - n’est pas fortuit : quand le monde parle de Goldstone, nous parlons d’Holocauste, comme pour brouiller les cartes. Quand le monde parle d’occupation, nous parlons de l’Iran, comme si nous voulions la lui faire oublier.
AP Photo
Netanyahou à Auschwitz
Reuters Pictures
Ça ne sera pas d’un grand secours. La Journée internationale de commémoration de l’Holocauste est passée, les discours seront vite oubliés, et la déprimante réalité quotidienne restera. Israël n’en sortira pas avec une bonne mine, même après sa campagne de relations publiques.
La veille de son départ, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé à Yad Vashem. « Il y a du mal dans le monde», a-t-il dit. « Le mal doit être étouffé dans l’œuf. » Certains « tentent de nier la vérité ». De grands mots, prononcés par la même personne qui, la veille seulement, pas vraiment dans le même souffle, avait prononcé de tout autres paroles, des paroles du mal, du mal véritable, du mal qui devrait être étouffé dans l’œuf, celui qu’Israël essaie de cacher.
Netanyahou parlait d’une nouvelle « politique d’immigration », une politique qui incarne le mal. Il a amalgamé avec malveillance, les travailleurs immigrés et les malheureux réfugiés – mettant en garde contre le danger qu’ils représentent pour Israël, en faisant baisser nos salaires, en nuisant à à notre sécurité, en faisant de nous un pays du tiers-monde et nous apportant de la drogue. Il soutenait avec ardeur notre ministre raciste de l’Intérieur, Eli Yishai, qui, a parlé des immigrés comme propagateurs de maladies telles que l’hépatite, la tuberculose, le Sida et Dieu sait quoi encore.
Aucun discours sur l’Holocauste n’effacera ces mots d’incitation à la haine et de diffamation à l’encontre des immigrés. Aucun discours de commémoration ne masquera la xénophobie qui a redressé la tête en Israël, et pas seulement à l’extrême-droite comme en Europe, mais à travers tout le gouvernement.
Nous avons un Premier ministre qui parle du mal mais qui érige une barrière pour empêcher les réfugiés de guerre de frapper à la porte d’Israël. Un Premier ministre qui parle du mal mais qui prend part au crime du blocus de Gaza, aujourd’hui dans sa quatrième année, laissant un million et demi de personnes dans des conditions honteuses. Le Premier ministre d’un pays dont les colons perpètrent des pogroms contre des Palestiniens innocents avec la devise « price tag » (« étiquette de prix »=le prix à payer), qui a aussi aussi une connotation historique horrible, mais contre lesquels l’Etat ne fait pratiquement rien.
C’est le Premier ministre d’un État qui arrête des centaines de manifestants de gauche qui se battent contre les injustices de l’occupation et la guerre à Gaza, alors qu’il pardonne en masse aux gens de droite qui ont manifesté contre le désengagement. Son discours d’hier, dans lequel Netanyahu a assimilé l’Iran fondamentaliste à l’Allemagne nazie, n’était que de la propagande de bas étage. Une vraie « banalisation de l’Holocauste ». L’Iran n’est pas l’Allemagne, Ahmadinejad n’est pas Hitler, et les mettre sur le même pied n’est pas moins faux que d’assimiler les soldats israéliens aux nazis.
L’Holocauste ne doit pas être oublié et il n’est pas nécessaire de le comparer avec quoi que ce soit d’autre. Israël doit participer aux efforts pour garder son souvenir vivant, mais pour cela, Israël doit présenter des mains propres, lavées du mal de leurs propres actes. Et il ne doit pas éveiller le soupçon qu’il utiliserait cyniquement la mémoire de l’Holocauste pour occulter et brouiller d’autres choses. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
Comme cela aurait été magnifique si, à l’occasion de cette Journée internationale du souvenir, Israël avait pris le temps de faire son examen de conscience et de se demander, par exemple, comment il se fait que l’antisémitisme ait pu redresser la tête dans le monde, juste l’année écoulée, celle qui a suivi nos bombardements au phosphore blanc sur Gaza. Comme cela aurait été magnifique si, pour cette Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, Netanyahou avait annoncé une nouvelle politique, une politique pour intégrer les réfugiés au lieu de les expulser, ou s’il avait levé le blocus de Gaza.
Mille discours contre l’antisémitisme n’éteindront pas les flammes allumées par l’opération Plomb durci, qui menacent non seulement Israël mais l’ensemble du monde juif. Aussi longtemps que Gaza restera sous blocus et qu’Israël s’enfoncera dans sa xénophobie institutionnalisée, le discours sur l’Holocauste restera creux. Aussi longtemps que le mal sera rampant, ici, chez nous, ni le monde ni nous-mêmes ne serons en mesure d’accepter les prêchi-prêcha que nous assénons aux autres, même s’ils les méritent.

AP Photo
Source : Haaretz-Holocaust remembrance is a boon for Israeli propaganda
Article original publié le 28/1/2010
Sur l’auteur
Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9900&lg=fr
|
Tags associés : holocauste, juif, palestine, israel
Mega Médias Circus : propagande, désinformation, mensonges et silences (Dissident Voice)
John CHUCKMAN, Robert JENSEN
note de la traductrice : Les grands médias étasuniens sont passés maîtres en matière d’informations partiales et de désinformation généralisée dans le but d’imposer la propagande officielle et d’anesthésier la vox populi.
La recette est simple : les médias dominants sont rachetés par des grands groupes financiers, qui, eux-mêmes, s’achètent les bons services de journalistes grassement payés qu’ils tiennent par la barbichette (enfin, pour faire poli). Les manants, eux, sont abreuvés d’infos inutiles - en général mensongères, ou qui occultent la cause des problèmes - et d’images tapageuses, voire nocives.
Ce qui s’est passé pour le tremblement de terre à Haïti devrait ouvrir les yeux et faire se poser des questions aux sceptiques.
Mais, sur ce coup-là, c’est moi qui le suis. Ils sont forts ces médias : ils arrivent à faire tout gober sans que la majorité de la population ne remette en cause la véracité de propos pourtant bien peu crédibles.
Voici deux articles sur le sujet, publiés par Dissident Voice
Horreur à HAITI
Ce que NOUS apprennent les médias
par John Chuckman
C’est un flot continu, ces images de gens terrorisés, ces gens aux membres brisés, et ces morts boursouflés, au point que beaucoup d’entre nous ne supportent plus d’en voir ou d’en entendre davantage. On en vient à se demander : que sommes-nous censés faire de ces informations ?
Créer la pression sur les gouvernements pour que l’aide continue d’arriver massivement ? Peut-être, mais il n’y a pas pénurie d’aide à Haïti. Il y a toutefois un énorme problème dans la capacité limitée d’Haïti à absorber cette aide.
Qu’il s’agisse des ports maritimes, petits et inefficaces, de l’unique aéroport, petit et inefficace, du manque de routes praticables, et de l’inertie du gouvernement - tous ces aspects qu’on retrouve dans tous les pays aussi pauvres qu’Haïti – il faut du temps aux gens de l’extérieur pour arriver, déposer leur cargaison, et organiser un réseau de distribution à partir de rien.
C’est sûr, les reportages et les images ne servent à rien en matière de prévention. Il s’agit d’une catastrophe naturelle, donc, qui ne peut être ni prévue, ni évitée. On pourrait toujours répondre que les investissements suite à la catastrophe pourraient améliorer la situation au cas où il y aurait un nouveau tremblement de terre. Mais ce genre d’images et de reportages qui sont diffusés seront oubliés depuis longtemps quand les gouvernements du monde se décideront à reconstruire (s’ils le font).
Et donc, pour moi, la question qui se pose est : que sommes-nous censés faire de ces informations ?
Cela me rappelle une autre catastrophe, une qui s’est produite au cours de ces dernières années. Ce n’était pas une catastrophe "naturelle" mais l’œuvre délibérée des extrêmement puissants. Dans cette autre catastrophe, un million de personnes environ sont mortes, environ 5 fois plus que le nombre de morts à Haïti aujourd’hui. J’ignore combien sont devenus infirmes, mais ce doit être un chiffre énorme.
Cette autre catastrophe a engendré plus de deux millions de réfugiés qui fuyaient pour sauver leur peau, la plupart dans des pays pauvres mais généreux, car ils n’étaient pas les bienvenus par les riches et puissants, et surtout pas par le pays responsable de ce chaos.
Pour ce qui est des images et des reportages, la plupart de ceux qui étaient diffusés en Amérique du Nord étaient expurgés. Beaucoup d’entre eux, si ce n’est la majorité, étaient malhonnêtes, de toute évidence n’informant pas sur l’importance de l’horreur de la situation. Un groupe de reporters courageux avait réalisé des reportages tout aussi terribles que ceux nous recevons d’Haïti, où on voyait, entre autres, des dizaines d’enfants affreusement mutilés.
Mais ces images n’avaient pas été diffusées en Amérique du Nord, n’étaient pas publiées dans le New York Times ou d’autres journaux "de référence".
En fait, ces reporters qui filmaient et qui écrivaient des articles terribles sont devenus la cible des forces qui étaient à l’origine de ces atrocités.
Je parle, évidemment, de l’invasion de l’Irak, un événement dont le nombre considérable de morts et l’importance des dégâts est comparable au largage d’une bombe thermonucléaire sur une grande ville.
Evidemment, l’ironie amère est que cette catastrophe était à la fois évitable et aurait même pu être stoppée dès le début. Je suis pratiquement sûr que la publication et la diffusion d’images et d’articles comparables à ceux que nous recevons d’Haïti aurait fait cesser cette brutalité diabolique. Ici, certes, une couverture médiatique honnête et choquante aurait changé les choses, pas à Haïti.
Et il y a eu, récemment, une autre catastrophe, plus petite, mais quand même terrible, et elle était complètement évitable. Au cours de celle-ci, 1400 personnes sont mortes, parmi lesquelles 400 enfants, et un grand nombre d’infrastructures d’une population relativement pauvre ont été détruites. Les dégâts ne peuvent même pas être réparés parce que les responsables de ces atrocités poursuivent le siège contre leurs victimes, ne permettant la livraison d’aucun moyen matériel.
Ici non plus, vous n’avez probablement pas vu le genre d’images ou lu le genre d’articles qui nous parviennent d’Haïti. Certains reportages étaient accessibles – je me rappelle un de ces malheureux qui essayait d’éviter de mettre les pieds sur le sang qui ruisselait dans une rue étroite – à nouveau, l’œuvre de reporters incroyablement courageux, mais on ne voyait le résultat de leur travail que sur des sites internet plutôt confidentiels. Aucune de leurs œuvres n’a été publiée ou diffusée par la presse de l’establishment en Amérique du Nord. Ces événements se sont produits dans un endroit appelé Gaza.
Si vous pensez que la presse est objective, si vous pensez que la presse ne sert pas servilement les intérêts des puissants, vous feriez bien de vous poser des questions.
John Chuckman
ARTICLE ORIGINAL
http://dissidentvoice.org/2010/01/the-horror-of-haiti/
John Chuckman habite au Canada et est ancien "chief economist" d’une grande compagnie pétrolière canadienne.
Traduction : emcee Des Bassines et du Zèle
Note de la traductrice : "Que sommes-nous censés faire de ces informations" : très bonne question.
-

Super reportage télévisé, mauvais journalisme
Les échecs des médias à Haïti
par Robert Jensen
Anderson Cooper, le journaliste vedette de CNN, raconte une scène de rue chaotique à Port-au-Prince. Un garçon a été touché à la tête par une pierre lancée depuis un toit par un pillard. Cooper l’aide à aller jusqu’au bord de la route et réalise alors que le garçon est étourdi et qu’il est incapable de s’enfuir. Posant sa caméra numérique (mais toujours filmé par une autre caméra de CNN), Cooper relève le garçon et le soulève pour le faire passer par-dessus une barrière pour le mettre à l’abri, c’est ce qu’on espère, du moins. "Nous ne savons pas ce qui est arrivé à ce petit garçon" dit Cooper dans son reportage. "Tout ce que nous savons actuellement, c’est qu’il y a du sang dans les rues."
Ca, c’est du super reportage télévisé, mais ce n’est pas du grand journalisme. En réalité, c’est du journalisme irresponsable.
Cooper poursuit en expliquant qu’il n’y a pas beaucoup de pillages dans la ville et que la violence de cette scène que les téléspectateurs viennent de voir est, semble-t-il, inhabituelle.
La question qui vient logiquement à l’esprit, c’est : si cet incident n’est pas représentatif de ce qui se passé là-bas, pourquoi donc, CNN l’a-t-il diffusé ? Etant donné que les Haïtiens se sont généralement organisés en comités de quartiers pour se venir en aide mutuellement en l’absence d’un gouvernement central, cette scène violente n’est-elle pas un incident isolé qui déforme la réalité ?
Cooper essaie de rattraper le coup en précisant qu’une telle violence n’est pas courante, mais que si cela devait le devenir, et bien, ce serait terrible – "c’est pour montrer ce qui pourrait se passer ensuite".
Mais les téléspectateurs vont sans doute davantage se souvenir de ces images dramatiques que des tentatives maladroites de les replacer dans leur contexte. Malheureusement, ce mélange qu’ont fait CNN et Cooper de bonne télévision et de piètre journalisme n’est pas une exception ; les infos télévisées tombent régulièrement dans le piège de mettre l’accent sur des scènes dramatiques qui attirent l’œil au détriment d’informations irréfutables mais plus complexes.
L’absence de contexte historique et politique essentiel s’applique également à la presse écrite. Les faits, l’analyse et l’opinion dont les citoyens US ont besoin pour comprendre ces événements sont rarement fournis.
Par ex, au cours de cette semaine, nous avons entendu les journalistes répéter inlassablement qu’Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. Est-il venu à l’esprit des rédacteurs en chef de charger les journalistes de se demander pourquoi ? Ces souffrances que subit actuellement Haïti ont pour origine une catastrophe naturelle, mais ces souffrances ont été aggravées par les politiques épouvantables des deux siècles derniers et dont la plus grande responsabilité incombe non seulement aux élites d’Haïti, mais également aux responsables politiques US.
Les journalistes ont bien dit que c’est à la suite d’une révolte d’esclaves qu’a été créée la République indépendante d’Haïti en 1804 et ont indiqué en passant comment les exigences de "réparations" de la France (pour compenser la perte de leurs biens, les esclaves) avait ruiné l’économie d’Haïti pendant plus d’un siècle. Certains journalistes ont même signalé qu’étant une société esclavagiste, les US avaient soutenu la politique cruelle de la France et n’avaient pas reconnu l’indépendance d’Haïti avant la Guerre de Sécession.
Quelques allusions ont parfois été faites concernant l’invasion de l’île par les Etats-Unis au cours de la présidence du "libéral" Woodrow Wilson, une occupation qui avait duré jusqu’en 1934, et le soutien que le gouvernement US avait apporté aux deux dictatures cruelles des Duvalier (les infâmes “Papa Doc” et “Baby Doc”) qui avaient ravagé le pays entre 1957 et 1986. Mais on a rarement eu d’explications sur les conséquences de ces politiques sur les problèmes actuels d’Haïti.
Plus flagrante encore, c’est l’absence d’explications sur les relations plus récentes entre Haïti et les US, surtout le soutien des Etats-Unis aux deux coups d’état (1991 et 2004) contre un président élu démocratiquement. Jean-Bertrand Aristide avait gagné haut la main les élections de 1990 en exprimant les aspirations de la population pauvre d’Haïti, et son programme économique agaçait à la fois les élites haïtiennes et les responsables politiques US.
Si l’administration de Bush père avait formellement condamné le coup d’état militaire de 1990, elle avait apporté un soutien tacite aux généraux. Le président Clinton avait ensuite aidé Aristide à reprendre le pouvoir à Haïti en 1994, mais seulement après avoir forcé le leader haïtien à accepter la politique économique favorable au secteur privé exigée par les Etats-Unis.
Quand Aristide avait été réélu également en 2000, continuant à soutenir les Haïtiens ordinaires, l’administration de GW Bush avait bloqué l’attribution de prêts essentiels pour son gouvernement et avait soutenu les forces réactionnaires brutales qui attaquaient le parti d’Aristide.
La conclusion triste de cette politique s’est produite en 2004, quand l’armée US a littéralement kidnappé Aristide et l’a fait quitter le pays de force. Aristide réside actuellement en Afrique du Sud, empêché par les US de retourner dans son pays, où il a encore beaucoup de partisans et pourrait être utile pour l’organisation des secours. Combien de personnes qui ont été témoins de l’héroïsme de Cooper largement diffusé sur CNN savent que les responsables politiques aux US ont activement déstabilisé la démocratie à Haïti et se sont opposés au mouvement politique le plus populaire du pays ?
On comprend bien que, pendant les premières journées de reportages sur le tremblement de terre, les médias se soient essentiellement intéressés à la catastrophe qui venait de se produire. Mais plus d’une semaine plus tard, quelle excuse ont les journalistes ?
Les responsables des informations télévisées ne devraient-ils pas exiger que les Etats-Unis admettent la responsabilité de notre contribution dans cette situation ? Alors que les responsables politiques se disent émus par la pauvreté à Haïti et se lamentent sur l’absence d’un gouvernement capable d’organiser le pays pendant cette catastrophe, les journalistes ne devraient-ils pas leur poser la question de savoir pourquoi ils n’ont pas soutenu Haïti dans le passé ? Quand ils voient que Bill Clinton et George Bush ont été désignés comme responsables de l’aide humanitaire, les journalistes ne devraient-ils pas poser les questions évidentes, à défaut d’être courtoises, sur la part de responsabilité de ces anciens présidents aux souffrances des Haïtiens ?
Quand les journalistes de grands medias osent rappeler ce passé politique, ils ont tendance à l’expurger des aspects les plus abjects de la politique des Etats-Unis, dégageant les gens au pouvoir aux Etats-Unis de toute responsabilité dans cette politique de "relations maudites entre les deux pays", comme l’a dit un journaliste du Washington Post. Quand les journalistes expliquent que les problèmes d’Haïti résultent d’une sorte de "dysfonctionnement politique", comme l’a qualifié le Post, il n’est pas étonnant alors, que les lecteurs gobent les arguments ouvertement réactionnaires de chroniqueurs qui dénoncent les problèmes d’Haïti comme provenant de sa "tradition de pauvreté" (Jonah Goldberg, Los Angeles Times) ou d’"influences culturelles réfractaires au progrès" qui a ses racines dans le vaudou (David Brooks, New York Times).
On peut être informé grâce aux médias indépendants aux US (Democracy Now, par exemple, a proposé des reportages approfondis) ou en lisant la presse étrangère (comme cette analyse politique de Peter Hallward dans Le Guardian). Quand les journalistes des médias commerciaux aux Etats-Unis fourniront-ils le même genre de compte–rendu honnête ?
Les médias d’infos, évidemment, ont le droit de faire leurs propres choix éditoriaux sur ce qu’ils veulent traiter. Mais nous, les citoyens, sommes en droit d’en attendre davantage.
Robert Jensen
ARTICLE ORIGINAL :
http://dissidentvoice.org/2010/01/great-televisionbad-journalism/
Robert Jensen enseigne le journalisme à l’Université du Texas d’Austin. Il a écrit : Citizens of Empire : The Struggle to Claim Our Humanity and Getting Off : Pornography and the End of Masculinity (South End Press, 2007). Son dernier ouvrage est : All My Bones Shake : Seeking a Progressive Path to the Prophetic Voice. Voir son site.
Site où est également paru ce billet : http://thirdcoastactivist.org/
Traduction emcee Des Bassines et du Zèle
Note annexe de la traductrice :
Tout est dit.
A propos du billet du Guardian de Peter Hallard, je dirai qu’en effet, son texte est bien documenté et très intéressant. Ce qui est inquiétant, c’est la négation des faits et la violence de la réaction de nombreux intervenants dans les commentaires.
Non seulement nous sommes prêts à tout gober, mais nous défendons bec et ongles des gens qui nous mentent délibérément.
C’est déprimant.
Ce n’est pas ainsi que les choses vont changer.
Ni pour Haïti, ni pour tous ceux qui sont dans le collimateur des puissants. Et pour ces derniers, il semblerait que la liste s’allonge de jour en jour. Nous y compris.
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Mega-Medias-Circus-propagande-desinformation-mensonges-et-silences-Dissident-Voice.html
Tags associés : desinformation, manipulation, media, mensonges
Rapport n° 55 sur les violations israéliennes des droits humains
Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent d’agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
Durant la semaine du 21 au 27 janvier 2010 :
-
2 Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens en Cisjordanie ;
-
19 raids ont été menés par les FOI dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
-
29 Palestiniens ont été arrêtés, dont 2 femmes et un mineur ;
-
les troupes postées sur les check-points militaires ont arrêté 3 Palestiniens (2 journalistes et un mineur) ;
-
les FOI ont investi les domiciles de certains Palestiniens militant contre la construction du Mur d’annexion ;
-
Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
-
les FOI ont ordonné à des agriculteurs palestiniens du village d’‘Aqraba, au sud-est de Naplouse, d’évacuer leurs bâtiments agricoles ;
-
les colons israéliens ont arraché 15 oliviers à Deir Nizam, près de Ramallah.

Une femme palestinienne brandit son drapeau national face à des soldats israéliens lors d’une manifestation non violente organisée pour protester contre la construction du Mur d’annexion dans le village d’al-Ma’sara, au sud de Bethléhem.
Violations israéliennes recensées durant la période du 21 au 27 janvier 2010
1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 21 janvier
Incursion dans la région de Naplouse : vers 1h30 du matin, l’armée pénètre dans la ville de Naplouse, patrouillant dans les rues et forçant la porte de certaines maisons, et arrête deux Palestiniens : Usaid Khaled Salama, 19 ans, et ‘Abdul ‘Aziz Khalil Jebril, 23 ans.
Région de Ramallah : incursion dans le village de Nil’in, à l’ouest de Ramallah, vers 1h30, où elle arrête 3 Palestiniens après la fouille de leurs maisons : Ouissai Mohammed Nafe’, 19 ans, Barakat ‘Ali al-Khawaja, 32 ans, et Mustafa Rateb ‘Amira, 53 ans, qui fut arrêté afin de faire pression sur son fils, Rateb, 32 ans, pour qu’il se rende aux FOI.
Région d’Hébron : vers 2h du matin, les FOI entrent dans Beit Ummar, un village au nord d’Hébron, fouille des maisons et arrête 4 Palestiniens : Mohammed Mahmoud al-Slaibi, 25 ans, Jamal Ibrahim Ekhlil, 18 ans, Mohammed Muhaisen ‘Awadh, 32 ans, et ‘Allam Muneer Ebraighaith, 18 ans.
Durant ces raids, les FOI ont brisé la porte de la maison de Muhaisen ‘Awadh, et esquinté le mobilier. Elles ont également tabassé ‘Awdah, qui a pu constater par la suite qu’une somme de 800 NIS (nouveau shekel israélien, environ 153 €) avait disparu de la maison. Les FOI avaient encore violemment frappé ‘Alaa’ Mahmoud al-Slaibi, 16 ans, et son frère Ahmed, 19 ans, et endommagé un camion appartenant à Yousef Khudair ‘Awadh.
Région de Jénine : vers 16h, l’armée pénètre dans Deir Abu Da’if, un village au nord-est de Jénine et fouille certaines maisons.
Vendredi 22 janvier
Ramallah : incursion vers 2h30 dans Deir Nizam, au nord-ouest de Ramallah : arrestation de Mohammed Faraj al-Tamimi, 23 ans. Vers 17h, à nouveau dans Ni’lin.
Samedi 23 janvier
Hébron : vers 1h, incursion dans Beit Ummar à nouveau, et 3 arrestations : Hussein Ibrahim Abu ‘Ayash, 19 ans, Muhannad Khaled Abu ‘Awad, 20 ans, et ‘Eissa Mohammed ‘Awadh, 21 ans. Durant ces raids dans les maisons, les FOI ont obligé Diab Hassan ‘Allami, 24 ans, à sortir de chez lui, et elles sont restées pendant plus d’une heure à le frapper violemment.
Dimanche 24 janvier
Bande de Gaza : 00h15, les garde-côtes israéliens, ancrés au large de Beit Lahiya ont ouvert le feu sur des bateaux de pêche. Les pêcheurs ont du rejoindre le littoral. On ne dénombre aucune victime.
Ramallah : vers 1h30, les FOI entrent une nouvelle fois dans Nil’in, fouillent des maisons et arrêtent Rateb Mustafa ‘Amira, 32 ans. Les FOI avaient déjà arrêté le père d’Amira, 3 jours plus tôt, pour l’obliger à se rendre.
Lundi 25 janvier
Bethléhem : incursion vers 1h30 dans la ville de Bethléhem, où l’armée fouille la maison d’Hani Masalma, et arrête ses deux fils, Malek, 19 ans, et Mohammed, 17 ans.
Jénine : vers 2h30, incursion dans ‘Arraba, un village au sud-ouest de Jénine, avec fouilles de maisons et arrestations de 2 Palestiniens : Mohammed ‘Abdul Ghani Shquair, 22 ans, et Mansour ‘Abdul Khlaiq ‘Izziddin, 33 ans. Puis, vers 3h, dans le village de Qabatya, au sud-est de Jénine.
Tubas : vers 3h30, incursion dans la ville. Au même moment, dans le village de Tammoun, au sud de Tubas.
Mardi 26 janvier
Jénine : l’armée entre vers 3h du matin dans Jalboun, à l’est de Jénine où elle patrouille dans les rues pendant quelques temps et finit par se retirer. Pas de fouilles de maisons ni d’arrestations. Et vers 4h, incursion dans la partie sud de Jénine, même opération.
Mercredi 27 janvier
Naplouse : incursion vers minuit dans Burqa, au nord-ouest de Naplouse, fouilles de maisons et 5 arrestations : Muneer Jamal Saif, 18 ans, Nafe’ Ahmed Salah, 19 ans, Ashraf Rassem Hijja, 20 ans, Walid Yazid Daghlas, 18 ans, et Fadi Zaher Abu ‘Omar, 18 ans.
L’armée a également informé la famille de Saddam Ragheb Shraida, 19 ans, que celui-ci devait se rendre.
Hébron : dans le village de Dura, vers 1h30, au sud-ouest d’Hébron, l’armée fouille la maison d’‘Ammar ‘Aaref Oazzaz, 19 ans, et l’arrête.
Bande de Gaza : 05h00, même scénario que le 24 janvier.
Qalqilya : l’armée entre dans la ville de Qalqilya, patrouille dans les rues, arrêtant et contrôlant un certain nombre de civils palestiniens. Pas d’arrestations.

Bande de Gaza, des milliers de Palestiniens vivent toujours sous des tentes,
Israël interdisant l’entrée de matériaux pour reconstruire.
(AP)
2 - Maintien du bouclage des TPO
Les FOI continuent d’imposer un siège serré sur les TPO et de sévères restrictions aux déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
Bande de Gaza
Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
Rafah International
|
Date |
: |
Détails |
|
20 janvier |
: |
2 Palestiniens sortent ;
3 autres rentrent. |
|
21 janvier |
: |
2 Palestinians sortent ;
81 autres et le corps d’un patient décédé rentrent. |
|
22 janvier |
: |
fermé |
|
23 janvier |
: |
10 Palestiniens sortent ;
21 autres rentrent. |
|
24 janvier |
: |
5 Palestiniens sortent ;
23 autres rentrent. |
|
25 janvier |
: |
3 Palestiniens rentrent. |
|
26 janvier |
: |
2 Palestiniens rentrent |
Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
|
Date |
: |
Détails |
|
20 janvier |
: |
83 containers d’aide alimentaire en provenance d’organisations humanitaires
internationales et de denrées pour les commerçants, 105 tonnes de gaz domestique
et 493 800 litres de fioul rentrent. |
|
21 janvier |
: |
106 containers, 105,57 tonnes de gaz domestique rentrent. |
|
22 janvier |
: |
fermé |
|
23 janvier |
: |
fermé |
|
24 janvier |
: |
72 containers, 95,49 tonnes de gaz domestique et 228 000 litres de fioul rentrent.
3 containers de fraises et 2 de fleurs sortent. |
|
25 janvier |
: |
80 containers, 104,63 tonnes de gaz domestique et 142 100 litres de fioul rentrent ;
3 containeurs de fraises sortent. |
|
26 janvier |
: |
100 containers, 84 tonnes de gaz domestique et 180 000 litres de fioul rentrent ;
1 container de fleurs sort. |
Al-Mentar (Karni)
Ouvert le 20 janvier pour 1 520 tonnes de céréales et 1 280 tonnes d’aliment pour le bétail, et le 25 janvier pour 1 360 tonnes de céréales et 680 tonnes d’aliments pour le bétail.
Beit Hanoun (Erez)
|
Date |
:
: |
Patients |
:
: |
Accompagn. |
:
: |
Arabes
d’Israël |
:
: |
Ambassad. |
:
: |
Presse |
:
: |
Internat. |
:
: |
Gazaouis |
:
: |
Commerç. |
|
20 janvier |
: |
40 |
: |
38 |
: |
9 |
: |
5 |
: |
6 |
: |
32 |
: |
0 |
: |
0 |
|
21 janvier |
: |
33 |
: |
34 |
: |
19 |
: |
11 |
: |
1 |
: |
74 |
: |
11 |
: |
3 |
|
22 janvier |
: |
1 |
: |
1 |
: |
4 |
: |
0 |
: |
4 |
: |
7 |
: |
20 |
: |
0 |
|
23 janvier |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
: |
0 |
|
24 janvier |
: |
40 |
: |
39 |
: |
27 |
: |
5 |
: |
5 |
: |
18 |
: |
6 |
: |
0 |
|
25 janvier |
: |
53 |
: |
48 |
: |
3 |
: |
3 |
: |
5 |
: |
25 |
: |
9 |
: |
6 |
Cisjordanie
Bouclage et restrictions sont toujours maintenus sur l’ensemble de la Cisjordanie.
Jérusalem : des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours accéder à la cité. Les FOI ont installé des check-points tout autour et dans la cité. Les barrages sont encore plus hermétiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens de se rendre à la mosquée al-Aqsa. Et ceux qui tentent de contourner les barrages et se font prendre, sont violemment frappés par les policiers et les soldats de l’occupation.
Naplouse : dimanche matin, 24 janvier, les troupes positionnées au check-point d’Huwara, au sud de Naplouse, direction al-Quds, ont imposé des restrictions supplémentaires aux Palestiniens. Le mardi 26, idem sur le check-point de Za’tara, au sud de Naplouse.
Ramallah : sur les check-points de Jaba’ et Qalandya, au sud-est de Ramallah, restrictions supplémentaires, et contrôles prolongés, c’est-à-dire, des heures et des heures d’attente supplémentaires pour les Palestiniens. Durant cette semaine, l’armée a posé également des barrages volants en différents endroits pour arrêter les véhicules palestiniens et les fouiller. Le 26 janvier, mardi, l’armée a carrément fermé le check-point de Jaba, au sud-est de Ramallah, pendant une heure.
Jénine : le matin du dimanche 24 janvier, les FOI ont monté un barrage entre Rummana et Zabbouda, à l’ouest de Jénine, arrêts et fouilles des véhicules palestiniens. Le matin du mardi 26, nouveau check-point à l’entrée sud de Jénine. Mercredi 27, le check-point est remonté au même endroit et un autre sur la route Maithaloun-Sanour.
Bethléhem : le lundi 25 vers 13h, les FOI ont fermé le carrefour al-Nashahs, à l’entrée sud de Bethléhem, pendant une heure et demie, pour y arrêter et contrôler les véhicules palestiniens.
Hébron : les jeudi, vendredi et samedi 21, 22 et 23 janvier, les troupes israéliennes présentes dans les quartiers d’al-Ras et Wadi al-Hussain, dans le sud-est d’Hébron, ont imposé des restrictions supplémentaires à la circulation des Palestiniens, les arrêtant, les contrôlant et les interrogeant. De la même manière, l’armée sur le check-point à l’entrée de Beit Ummar, au nord d’Hébron, a monté la même opération.
Arrestations sur les check-points de l’armée d’occupation
Jeudi 21 janvier, vers 19h, l’armée postée à proximité de la mosquée Ibrahimi dans la vieille ville d’Hébron, a arrêté Isma’il Hawamda, 16 ans, du village de Sammou, au sud-ouest d’Hébron, prétendant qu’il portait un couteau.
Samedi 23, vers midi, arrestation d’Ahmed Hamza al-Kilani, 29 ans, et de Mos’ab al-Khatib, 27 ans, deux journalistes qui travaillent pour la télévision Al-Quds. Les deux journalistes préparaient un reportage télévisé sur le collège d’Ariel, dont le gouvernement israélienne a l’intention de faire une université agréée. Quand les agents de la sécurité des colonies israéliennes les ont vus, ils ont appelé les troupes stationnées au check-point de Za’tara, au sud de Naplouse. Et quand les journalistes sont arrivés, les soldats leur ont confisqué leurs caméras et leur carte d’identité et leur carte de presse. Ils les ont retenus et interrogé pendant un moment.
Dans son témoignage au PCHR, le journaliste Ahmed al-Kilani déclare :
« Vers midi, le samedi 23 janvier, mon collège, Mos’ab al-Khatib, et moi, nous trouvions près des colonies Taffouh et Ariel, en train de préparer un reportage télévisé pour la chaîne al-Quds, sur la transformation du collège d’Ariel en université. Aussitôt, des agents sécurité des deux colonies se sont approchés et nous ont demandé nos cartes d’identité et de presse. Ils ont appelé ensuite les soldats postés au check-point de Za’tara. Une jeep Hummer de l’armée est arrivée. Des soldats en sont descendus et nous ont ordonné de leur montrer les enregistrements vidéo et de les détruire, ce que nous avons refusé. Ils nous ont demandé nos cartes d’identité et de presse et ont confisqué nos caméras. Ils nous ont alors mis des bandeaux sur les yeux et passé les menottes. Nous avons été emmenés dans un véhicule de l’armée à un autre endroit. Pendant une heure et demie, ils nous ont interrogés sur ce que nous faisions. 10 minutes après les interrogatoires, ils nous ont ramenés au check-point de Za’tara où ils nous ont relâchés. »
Harcèlement sur les check-points militaires
Dimanche matin, 24 janvier, les troupes israéliennes ont agressé 10 travailleurs palestiniens dans le secteur de Za’im, près du mur d’annexion, à l’est de Jérusalem. Raji Hussein Salah, 26 ans, du village d’al-Khader au sud de Bethléhem, a été blessé à la bouche et souffre de contusions sérieuses multiples. Il a aussi perdu 6 dents. Les autres travailleurs souffrent d’ecchymoses sur tout le corps.
Selon les investigations du PCHR, le dimanche matin, des centaines de travailleurs palestiniens étaient rassemblées à environ 5 à 600 mètres du passage d’al-Za’im, à l’est de Jérusalem, voulant entrer dans la ville. Les troupes israéliennes patrouillaient dans le secteur et en chassaient tous ceux qu’elles y voyaient. Vers 4h30, elles ont encerclé 10 des travailleurs - la plupart étant du village d’al-Khader - qui se trouvaient sur une butte de sable à l’est du mur. Les soldats les ont obligés à s’asseoir et les ont durement frappés pendant plus de 10 minutes. Ils les ont emmenés ensuite dans une salle près du passage d’al-Za’im pendant environ 30 minutes, sans donner à Rani Hussein Salah, qui était blessé, les moindres soins. Ils l’ont relâché vers 7h30, et il pouvait difficilement se rendre à l’hôpital de Bethléhem. Les autres travailleurs ont été relâchés vers 13h30, le même jour.
3 - Construction du mur d’annexion
Les FOI poursuivent la construction du mur d’annexion à l’intérieur du territoire de la Cisjordanie. Durant cette semaine, et comme toujours, les FOI se sont servies de la force contre les manifestations non violentes organisées par les civils palestiniens, avec des internationaux et des défenseurs des droits de l’homme israéliens, pour protester contre la construction du mur.
Bil’in, à l’ouest de Ramallah : comme chaque vendredi, le 22 janvier, après la prière, les Palestiniens, des internationaux et des militants israéliens se sont rassemblés dans le centre du village puis se sont dirigés vers le mur, des pierres furent lancées sur les soldats positionnés dans la zone. Aussitôt, ceux-ci ripostèrent en tirant des balles caoutchouc, lançant des grenades assourdissantes et des lacrymogènes sur les manifestants dont des dizaines souffrent de l’inhalation des gaz.
Nil’in, à l’ouest de Ramallah : même jour, même heure, même manifestation des Palestiniens, internationaux et militants israéliens contre la construction du mur ; et même violence de l’armée d’occupation. L’affrontement avec l’armée a débouché sur des tirs et lancements de grenades par l’armée.
Al-Ma’sara, au sud de Bethlhémem : également ce vendredi, les Palestiniens et des internationaux ont manifesté contre la construction du mur dans le village. Les troupes avaient fermé l’entrée du village et a attaqué les manifestants. L’un d’entre eux a été arrêté, Sa’id Suleiman Braijiva, 60 ans.
Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : ce même vendredi, des Palestiniens se sont regroupés dans le secteur de Wad al-Raya, entre les villages de Nabi Saleh et Deir Nizam. Ils ont essayé d’arriver sur leurs terres agricoles, situées près de la colonie Halmish. Aussitôt, les soldats ont ouvert le feu. Mohammed Hassen al-Tamimi, 22 ans, a été blessé par une balle caoutchouc à la jambe gauche. L’armée d’occupation a également arrêté 4 civils, dont deux femmes : ‘Atallah Tamim al-Tamimi, 60 ans, Murad ‘Adul Karim al-Tamimi, 38 ans, Maha Hussein al-Tamimi, 31 ans, et Manal ‘Abdul Salam al-Tamimi, 33 ans.

Bagarres à Nabi Saleh, lors d’une manifestation contre la colonisation.
(Photo Reuters)
4 - Colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens
En toute violation du droit humanitaire international, la colonisation se poursuit dans les TPO ainsi que les agressions des colons contre les Palestiniens.
Jeudi 21 janvier, vers 11h, les FOI se sont déplacées à l’intérieur du secteur de Lafjam, à l’est d’‘Aqraba, un gros village au sud-est de Naplouse, et ont présenté des avis à 6 agriculteurs palestiniens des familles Bani Monia et Bani Jaber, leur ordonnant d’évacuer leurs étables. Sinon, les FOI le feraient elles-mêmes, confisqueraient leurs troupeaux et forceraient les fermiers à en payer le coût.
Samedi 23, vers 15h, des colons de la colonie Brakha, au sud de Naplouse, ont envahi une fois encore le village d’Iraq Bourin, au sud de la colonie. Réagissant, des dizaines de Palestiniens se sont regroupés dans le nord du village pour empêcher les colons d’entrer dans le village. Aussitôt, l’armée d’occupation s’est mise à tirer sur les Palestiniens, blessant Mohammed ‘Essam Jaraj, 20 ans, d’une balle caoutchouc à la jambe.
Le même jour, des colons de la colonie Halmish, au nord-ouest de Ramallah, ont arraché 15 oliviers appartenant à Jameel ‘Abdul Qader Mezher, dans le village de Deir Nizam.
26 janvier, le mardi midi, des colons de la colonie Ma’oun, à l’est de Yatta, dans la région sud d’Hébron, ont envahi le village d’al-Twana, au prétexte de chercher un mouton leur appartenant. Les colons armés s’en sont pris aux villageois palestiniens, et l’armée est intervenue pour assurer la protection des colons. Elle a agressé aussi avec violence Mufdi Ahmed Reb’ei, 40 ans, qui souffre de contusions sur tout le corps.
Mercredi 27 janvier, dans l’après-midi, des colons se sont rassemblés dans la colonie déjà évacuée d’Homesh, au nord-ouest de Naplouse. Ils ont attaqué un fermier du village de Seilat al-Zaher, Yousef Mohammed Mar’ei, qui travaillait sur sa terre. Il souffre de contusions multiples. Les colons ont également balancé des pierres sur les véhicules palestiniens qui circulaient sur la route Jénine/Naplouse. Pas de blessés.
Document public
Pour plus d’informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter le site (http://www.pchrgaza.org) ou de contacter le PCHR à son bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
Rapport hebdomadaire pour la période du 21 au 27 janvier 2010 : PCHR
traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.
Tags associés : palestine, israel, violations, rapport
Incroyable, cette affaire autour d'Ali Soumaré! Vous avez tous les détails sur les faits ici.
Incroyable, car on a l'impression d'un seul coup, de ne pas être dans le siècle 21ème!
Rappelez-vous, il y a un an, un homme métis, noir, était élu à la présidence des Etats-Unis.
Aux Etats-Unis, un pays qui pratiquait la ségrégation raciale il y a à peine 40 ans!
Lors de son élection, nombreux furent ceux, en France, qui saluèrent ce progrès et souhaitaient apporter l'amitié de la France à ce nouveau président.
Le discours d'Obama à Philadelphie sur les races est en fait un discours sur l'unité de la nation. Pour le président américain, une nation ne se résume pas à la somme de ses parties, elle constitue un tout qui la dépasse. Il ne cherche pas à définir ce tout comme tente de le faire le débat sur l'identité nationale en France.
Il laisse à chacun le soin de façonner son "rêve américain". Il rappella que son pasteur, ancien marine's, et d'une très grande générosité envers les faibles avait des idées radicales offensantes pour les blancs et offensantes pour les valeurs américaines. Il rappela aussi que sa grand-mère blanche, toute généreuse qu'elle sut être, avait une peur bleue des jeunes noirs qu'elle assimilait à des délinquants ce qui allait à l'encontre des valeurs américaines.
Obama ne stigmatisait ni les blancs racistes, ni les noirs identitaires. Il les considérait comme des américains dans des Etats-Unis qu'il fallait faire évoluer puisque le propre de n'importe quelle nation est de se transformer pour s'adapter au monde et à l'histoire en mouvement. L'existence d'une méfiance raciale et communautaire était ce qui justifiait ce besoin d'évolution. Mais une évolution qui ne rejette pas et ne laisse personne au bord du chemin pour une soi-disant incompatibilité!
Pourtant, en France, face à une crise qui fait mentir le candidat Sarkozy jusque dans ses promesses les plus faciles à tenir, depuis un an justement, les allusions racistes se multiplient comme si l'essentiel n'était plus de rassembler la nation mais son camp politique et idéologique en usant de la vieille ficelle électorale : celle du bouc-émissaire qui ne sait pas s'intégrer parce qu'il n'est pas d'ici!.. Certes, ce n'est pas du lourd à la Le Pen ou à la Frêche. Les caciques UMP ont la subtilité d'avancer par allusion et jouent ainsi sur l'ambiguïté.
Leur racisme est un mélange détonnant de racisme social, de paranoïa sécuritaire, de xénophobie et de clichés colonialistes.
La phrase du maire de Franconville fait référence à un homme jeune, noir et musulman. Son nom évoquerait, selon le maire UMP, celui d'un joueur du PSG mais de l'équipe réserve. Le mépris racial dans toute sa splendeur et on nous fait le coup à l'identique de ce que disaient Alain Finkielkraut et Georges Frêche quand ils parlaient du trop grand nombre de noirs dans l'équipe de France de football.
Les noirs et les maghrébins ne seraient bons qu'à jouer au football, à être des sportifs. Pas assez intelligents et cultivés pour être autre chose alors!
Racisme social car Ali Soumaré est très impliqué dans la vie associative de Villiers-Le-Bel, une ville de racailles pour beaucoup de militants UMP.. D'ici à considérer que le PS dans le Val d'Oise a choisi une racaille comme tête de liste, il n'y a qu'un pas que chaque sympathisants UMP assistant au meeting, franchira allègrement dans sa petite tête. Les rires après les mots du maire, en seront la preuve..
Dommage, vraiment dommage. Hormis l'Allemagne et le Japon, les pays du monde qui ont le vent en poupe aujourd'hui sont multiculturels. Les crises identitaires, les tensions raciales existent aussi dans ces pays mais ne les freinent pas. La jeunesse est là, valorisée pour prendre le témoin de l'essor économique.

La France a bien du mal avec sa diversité qui compose une grande partie de sa jeunesse. Elle vieillit mal. Elle radote, bougonne, se ferme, se plaint d'aigreurs à son identité, ne voit pas ses trous de mémoire. Pour moi, ça pue le vieillissement avec déclin physique et cognitif. Les futurs retraîtés français devraient se rappeler qui va cotiser pour payer leur retraîte au lieu de bougonner sur cette jeunesse basanée qui leur fait horreur...
Cette diversité pourrait être une de ses valeurs ajoutées sur sa présence et son influence dans ce monde en mouvement mais cela, elle ne l'envisage pas.
On attendra donc longtemps en France ces "ambassadeurs" capables de négocier, décrocher et obtenir des contrats, des licences d'exportation, des accords de coopération, de faire investir des entreprises françaises dans des pays où la connaissance de la culture locale constitue un avantage face aux pays concurrents.
Je suis sûr qu'à compétence égale, un dirigeant d'entreprise français parlant parfaitement arabe et de confession musulmane obtiendrait plus de résultats avec les autorités et entreprises des pays du Golfe Persique qu'un dirigeant français de souche peu familier de ces pays.
Je suis sûr qu'on forme mieux des spécialistes étrangers dans un domaine donné si on est un français qui a des "racines" culturelles de leur pays.
La Grande-Bretagne a mieux compris cela. Grâce aux élites de sa communauté chinoise, elle obtient des accords et des contrats en Chine. Grâce aux élites de sa communauté indienne, elle signe des accords avec l'Inde. Grâce aux élites de sa communauté africaine, elle coopère bien avec le Nigéria et le Kenya sans néocolonialisme à la française qui étouffe.
La France, elle, préfère le tape-à-l'oeil des lambris dorés et des cadeaux clinquants et coopère par exemple en Afrique, à l'aide de réseaux d'influence et de corruption issus de la décolonisation.
Si elle continue ainsi, La France perdra peu à peu son rôle international. D'ailleurs, la Chine est en train de prendre pied en Afrique.
On ne peut prétendre rayonner sur une bonne partie du monde avec un esprit aussi fermé à la diversité du monde qui existe chez soi. Avoir l'esprit fermé, n'est-ce pas ce que signifient des propos comme ceux de ce maire UMP de Franconville qui s'ajoutent à ceux d'autres responsables de ce parti et parfois aussi, mais plus rarement, du PS?
Enfermer son esprit à double tour dans des clichés d'un autre âge, témoins de la persistance dans les têtes d'injustices passées, c'est perdre de la lumière. Alors, les yeux ne voient plus que des ombres terrifiantes qui justifient encore plus de verrouillage et encore moins de lumière.
Les morts se sentent en sécurité dans leur cercueil.
Crédits : Dessin Benoit Nonneret -pileface.com
Source ici Tags associés : ali soumare, ump, sarkozy
Si vous vous trouvez en situation de grossesse non désirée, vous avez peut-être cherché sur internet des informations qui pourraient vous aider.
Soyez prudentes, les filles !
Quand on se rend compte qu’on est enceinte, ou qu’on craint de l’être, on peut paniquer : mineure ou majeure, on se prend un sacré coup de stress et on ne sait pas trop quoi faire, là tout de suite.
Du coup, on peut aller chercher des informations sur le web. Et là, c’est risqué.
Il faut savoir que l’avortement est un sujet qui donne lieu à beaucoup de débats, de conflits : des gens militent très activement dans un sens ou dans l’autre. On trouve ceux qui sont « pour » l’IVG et ceux qui sont « contre ».
En France, chacun est libre de s’exprimer et de défendre ses convictions. Certains militants se regroupent en associations et montent des sites internet afin de partager leurs opinions. Parfois ils tentent de convaincre les visiteurs de leur site, et de les amener à penser comme eux. C’est leur droit, et leur démarche doit être respectée.
Mais certains sites vont encore plus loin. Ils veulent vous influencer dans votre choix alors que vous êtes enceinte ou que vous craignez de l’être : ils donnent un numéro où on peut les joindre (un numéro vert par exemple, donc gratuit) et vous proposent de vous écouter, vous conseiller, pour vous aider à prendre votre décision.
ATTENTION : certains de ces sites n’ont aucune compétence pour vous aider ! Ils ont une opinion déjà toute faite sur l’IVG et veulent simplement vous amener à prendre la décision qui colle à leurs croyances ou convictions.
Les personnes qui agissent sur ce genre de sites ne sont pas qualifiées pour vous aider, et elles risquent de vous influencer dans un sens ou dans l’autre (avorter ou non).
Comment repérer ces sites qui vous manipulent ? Quelques indices qui doivent vous mettre la puce à l’oreille :
- Vous trouvez beaucoup d’articles très détaillés sur l’IVG, mais tous semblent aller dans le même sens. C’est-à-dire que sur un site qui est « contre » l’avortement, vous lirez des choses qui vont TOUTES vous expliquer que l’IVG n’a en gros QUE des conséquences négatives.
- On vous parle beaucoup de l’adoption de votre « bébé », on vous explique vous avez tort de flipper, que tout va s’arranger, que vous dramatisez, qu’en fait vous êtes un peu fière d’être enceinte, quand même…
- Vous trouvez des études détaillées sur l’IVG, des statistiques, mais qui viennent d’autres pays. Rien venant du ministère de la Santé, rien de médecins français… Et toutes les infos semblent vous dire que l’IVG c’est vraiment mal…
- On vous explique ce que prévoit la loi, mais à moitié seulement… Par exemple, on vous dit qu’il est illégal de forcer une femme à avorter, ou de faire pression sur elle. Mais on ne vous dit pas que l’inverse est également illégal, à savoir faire pression sur une femme pour l’empêcher d’avorter (voir l’article sur les dispositions légales en matière d’IVG).
- On ne vous donne pas les liens vers les organismes compétents (planning familial, INPES, ministère de la Santé, etc)
- On vous décrit uniquement les conséquences négatives de l’avortement.
- On peut aller jusqu’à vous montrer des photos pour vous influencer.
- On appelle votre foetus « le bébé », et on vous appelle « future maman ».
- Globalement, sur ce genre de sites, on vous fait culpabiliser.
Où s’informer alors ?
Uniquement en se tournant vers des professionnels : ils sont qualifiés, tenus au secret, et sauront vous orienter : le planning familial est là pour ça. Personne n’a le droit de vous dire d’avorter ou non.
Non, ça ne va pas se résoudre tout seul et oui, vous avez une décision à prendre. Mais c’est VOTRE décision. Vous avez le droit d’être informée correctement pour la prendre en connaissance de cause, et la loi vous autorise à prendre cette décision vous-même et à garder le secret si vous le désirez. Même si vous êtes mineure.
Ne vous laissez pas manipuler, mais informez-vous correctement, adressez-vous aux organismes compétents :
Si vous souhaitez trouver des informations pratiques sur l’IVG ou les coordonnées des centres pratiquant l’IVG, vous pouvez vous adresser à :
- Fil Santé Jeunes
- Au planning familial
- à l’ANCIC (Association Nationale des Centres d’Interruption de Grossesse et de Contraception)
SOURCE ICI
Tags associés : ivg, avortement, grossesse

Greenwashing est un terme anglophone pouvant être traduit par "verdissement d'image". Le greenwashing consiste à mettre en avant les efforts d’une entreprise en termes de développement durable et de protection de l’environnement, alors même que ces efforts ne sont pas réels, ou moins avancés que ce qui est prétendu en termes de communication. Le greenwashing est donc surtout présent dans les publicités mais il est également utilisé pour désigner le rapprochement d'une entreprise avec l'ONU dans le cadre du Global Compact (Pacte Mondial en français). Avec ce pacte, les entreprises s’engagent à aligner leurs opérations et leurs stratégies sur dix principes universellement acceptés touchant les droits de l’homme, les normes du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption.
Comment ça marche ?
Les slogans des publicités utilisent des mots ou des expressions qui évoquent la protection de l’environnement et le développement durable. Il s’agit de faire naitre un lien entre le produit et la nature dans l’esprit du consommateur.
Les images et les photos des publicités représentent des paysages naturels et préservés, ou des animaux sauvages, qui incitent le consommateur à associer le produit mis en vente avec la protection de la faune et de la flore.
Une marque qui fait du greenwashing suggère que ses produits sont bénéfiques pour l’environnement, ou qu’elle fait des efforts en ce sens, même si ce n’est pas vrai.
Le greenwashing peut aussi consister à faire un focus sur un point particulier du produit donnant à penser qu’il protège l’environnement. Il laisse généralement des zones d’ombre sur les procédés de fabrication ou des éléments de composition moins reluisants ou moins attractifs.
Qui l’utilise ?
Il n’existe pas de généralité, bien sûr, mais globalement plus le produit vanté est polluant, plus le greenwashing peut être présent, à titre de compensation. De ce fait, l’industrie automobile abuse du greenwashing en mettant en avant une consommation et des émissions faibles, l’utilisation de matériaux recyclés, de biocarburants…
Quelles en sont les conséquences ?
Lorsqu’une entreprise dépense plus d’argent pour faire de la communication verte que pour faire évoluer se méthodes, elle induit le consommateur en erreur de manière intentionnelle. Mal informé, le consommateur peut être amené à faire les mauvais choix, encourageant ainsi la poursuite de ces pratiques, au détriment de la protection environnementale et des entreprises respectueuses de l’environnement.
Que peut-on faire ?
L’éco-consommateur doit rester vigilant quant aux sirènes vertes des publicités de produits polluants. Il lui incombe de s’informer au maximum sur les produits consommés. Toute publicité qui camoufle des éléments, qui utilise des arguments douteux, mensongers ou invérifiables, doit l’alerter. Face à publicité mensongère ou inexacte, des sites vous permettent de porter plainte pour faire cesser ces pratiques. Il est également important de prêter attention aux labels, à la composition des produits, à leur provenance, ainsi qu’à leur mode de consommation.
Source : Greenzer
Pour y voir clair, examinons quelques récentes campagnes se positionnant dans l'axe «écologique». Pour se faire nous nous baserons sur 5 critères (voir Greenwashing.com) déterminant si oui ou non cette publicité est une mascarade écologique :
1.La pub jongle avec les mots afin de nous faire croire en un aspect écologique qui en réalité n'est pas.
2.La pub utilise des images associées à l'environnement dans le seul but de paraitre écologique.
3.La pub présente un fait ou un slogan flou nous laissant croire à un bénéfice environnemental.
4.La pub exagère la qualité ou le rendement écologique de son produit/entreprise.
5.La pub camoufle des faits importants instaurant le doute et la confusion chez le consommateur.







 Tags associés : greenwashing, mascarade, ecolo, ecologie
Sites anti-IVG, une action concrète
Par Mademoiselle le 28/01/10, 16:09 - Le privé est pathétique
Il y a quelques jours, nous apprenions via un commentaire laissé ici par l'auteur du blog i'm so excited que le nom de domaine http://www.ivg.net/ avait été acquis par des militants anti-ivg. Il ne s'agit pas de sombres excités mono maniaques, reconnaissables à des kilomètres, puisque le site a une allure très officielle et très respectable. Avec un nom de domaine pareil, c'est une véritable autoroute qui a été construite entre eux et les femmes qui se renseigneront sur internet pour entamer leur démarche d'IVG.
Gaëlle-Marie, du site Zone Erogène, avait immédiatement relayé l'information, estimant que :
"il y a une différence entre défendre une conception théorique et "déguiser" un site en un simulacre d'officine institutionnelle comme l'a fait l'association qui possède ivg.net (numéro vert, appellation "centre national d'écoute", etc...) afin de drainer et tromper un public potentiellement cible d'actions orientant une décision concrète : choisir ou non d'opter pour une IVG, là, "en vrai"."
Elle a donc voulu réagir plus encore, je vous fais parvenir les détails de sa réflexion et de son action.
La loi nous donne ce choix. Et je refuse que ce choix soit volé aux femmes et jeunes filles (souvent vulnérables dans ces situations "à chaud") par le biais de procédés dolosifs. Comme l'a très justement dit un commentateur chez Entrailles, l'idée est "d'éviter à des gamines paumées de faire un mauvais choix sous l'influence d'une autorité usurpée".
Après le coup de gueule, voici donc mon action concrète : l'association possédant le nom de domaine ivg.net sur lequel est installé ce site pro-life a également acheté le nom de domaine sos-ivg.com. Ils ont par ailleurs fait du référencement efficace et sont bien présents sur google.
Recherches faites, j'ai constaté que les noms de domaine sos-ivg.fr et sos-ivg.net n'avaient pas été achetés. Je les ai donc acquis pour mon propre compte et je suis en train de monter un petit site.
Mon projet est tout simplement de fournir de l'info fiable et neutre sur l'IVG.
Je donnerai sobrement sur le site des infos légales en matière d'IVG, et informerai les lectrices sur leurs droits. Je n'entrerai jamais dans un débat d'idées relatif à l'IVG et ne vise pas un contenu rédactionnel volumineux. Je me contenterai de fournir des informations pragmatiques et de mettre à disposition immédiate les liens d'organismes compétents habilités à les informer, les conseiller et les soutenir dans leur choix quel qu'il soit.
Pour lancer et diffuser largement ce site, afin de lui conférer une présence efficace sur le web en plus de mon travail de référencement, je fais donc appel à votre puissance de propagation : seule, je suis allée le plus vite possible et le site n'est largement pas terminé, mais là, j'aimerais aller plus loin et avec vous. L'idée, ce n'est donc pas de faire "de la pub" pour ce site (lui donner une étiquette pro-choix ne lui rendra pas forcément service) mais simplement de le propager tel un sous-marin. La semaine dernière j'ai fait un peu de bruit sur ivg.net pour préparer la parution de mon article (je voulais qu'il soit lu et pas qu'un peu), là pas de buzz, pas de pub. Simplement de la propagation.
Le site n'est pas encore tout à fait prêt, il reste pas mal de boulot : modifications graphiques, préparation de quelques articles courts et insertions des liens manquants, mais parlez-en, diffusez, essaimez, linkez...
Que celles et ceux qui souhaitent participer à la vie de ce site me contactent sans hésiter.
Si vous pensez à des liens que je n'ai pas encore insérés, n'hésitez pas non plus à me les signaler.
Le site est accessible à l'adresse suivante : http://www.sos-ivg.net (ou .fr)
Merci à toutes et à tous pour votre aide !
http://www.zonezerogene.com
Nous nous faisons le relais de cette initiative, parce que la voix des anti-IVG est d'autant plus forte que notre silence à nous est trop souvent, au sujet de l'IVG, assourdissant.
Et histoire de compléter le tableau, une information de dernière minute, parue dans le journal suisse "Le temps".
Par ATS
A défaut de revenir sur la dépénalisation de l’interruption de grossesse, les milieux anti-avortement ont lancé mardi une initiative populaire pour supprimer la prise en charge par l’assurance maladie de base
Le comité «Financer l’avortement est une affaire privée – Alléger l’assurance maladie en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base» est composé de représentants de l’UDC, du PDC, des partis protestants PEV et UDF, mais aussi du PLR (les conseillers nationaux nidwaldien Edi Engelberger et thurgovien Werner Messmer).
Devant la presse, Peter Föhn (UDC/SZ) et Elvira Bader (PDC/SO) ont reconnu s’être lancés dans la bataille sans attendre l’aval de leur partis respectifs. Pour eux, il s’agit avant tout de mobiliser à large échelle. Les deux conseillers nationaux sont convaincus de pouvoir rallier par la suite leur formation à leur cause.
Lire la suite ICI.
Tags associés : ivg, grossesse, interruption
|
Cet article du Post est un concentré parfait de l’idéologie, de la thématique et du vocabulaire qu’utilisent Le Monde ou Libération dans leur campagne permanente contre le "socialisme du XXIème siècle" de Chavez |
Le Washington Post "fait s’effondrer" la Révolution Bolivarienne
|
|
AUTEUR: Rafael RICO RÍOS
Traduit par Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve/
|
Le 25 janvier 2010, The Washington Post a publié l’article “Comment s’effondre la révolution de Hugo Chávez” signé par Jackson Diehl, éditorialiste et spécialiste de l’analyse internationale. Cet article est publié juste avant le terrible tempête médiatique déclenchée par l’affaire des chaines de télévision. Dommage pour cet auteur qui aurait pu y trouver quelque argument supplémentaire dans sa tentative volontariste de faire s’écrouler des révolutions.
La première phrase de son analyse est sans appel : "Hugo Chávez et son socialisme du 21ème siècle ont échoué et roulent vers l’abîme.”
Face à une telle affirmation on ne peut s’attendre qu’à des révélations transcendentales et indiscutables de la part de l’analyste.
Cependant, nous sommes habitués à la presse commerciale et à ce genre d’analystes et nous trouvons rapidement ce à quoi nous nous attendions.
L’auteur dévoile rapidement sa position politique : “Au Honduras, sept mois de crise déclenchée par un client de Chávez créant une rupture de l’ordre constitutionnel, s’achèvent sur un accord qui l’enverra en exil après qu’un nouveau président élu démocratiquement a prêté serment comme président.”
Ce qui ne mérite aucun commentaire.
L’article aborde ensuite la crise économique, toujours fondamentale pour la presse commerciale. “Le Venezuela est secoué par la récession , l’inflation á deux chiffres, et le possible effondrement du réseau électrique national.” Et ajoute que pendant ce temps, “une élection présidentielle au Chili, économie la plus prospère de la région, a produit la première victoire d’un candidat de la droite”. Typique comparaison entre deux systèmes en lutte depuis quelques années.
Si nous examinons les chiffres de l’économie chilienne nous observons qu’en 2009 celle-ci a subi une chute du PIB d’un 1,9 %, et une contraction sans précédent depuis la crise de 1982. Tandis que l’économie vénézuélienne a reculé de 2,9% en 2009. L’économie chilienne a cru en 2008 de 3,2% et l’économie vénézuélienne a cru en 2008 de 4,8%.
Nous ne comprenons donc pas à quelle économie prospère se refère l’auteur. J’imagine qu’il se réfère á l’économie prospère pour les néo-libéraux, à savoir pour les riches et grands entrepreneurs internationaux, qui au Chili peuvent faire et défaire en toute “liberté”, sans s’inquiéter des injustices et des misères que provoque leur modèle de développement. Le gouvernement bolivarien a atteint, en pleine crise globale, la plus grande baisse de l’indice d’inégalité de toute l’Amérique Latine, l’indice Gini, qui descend à 0,41.
Comme toujours notre analyste avisé évoque le thème des Droits de l’Homme : “Piñera a ainsi offert à Washington une occasion d’élever la voix sur les violations des droits de l’homme au Venezuela.”
Voici le dirigeant le plus autorisé pour parler des Droits de l’Homme : Piñera. Dirigeant du parti de la droite chilienne, cette droite assise sur l’héritage d’excellentes réussites en matière de Droits de l’Homme comme 35.000 persones victimes de violations des Droits de l’Homme - 28 mille torturés, 2.279 exécutés et 1.248 qui restent disparus.
L’auteur insiste sur le Honduras, parle des élections illégales et affirme que “Le résultat est une victoire pour les États-Unis qui furent pratiquement le seul pays à appuyer une élection démocratique alors que la situation était au point mort. Honduras marque la fin de la croisade de Chávez pour exporter sa révolution vers d’autres pays”.
Nous voyons que pour l’auteur, dans le cas du Honduras, peu importent les Droits de l’Homme. Que le Honduras a subi un coup d’État militaire avec perquisitions illégales, arrestations massives, exécutions extrajudiciaires, fermeture de médias, cela indiffère l’auteur. Ce qui importe est de mettre un terme à la croisade de Chavez.
“Haití ne fait qu’agrandir le trou de Chavez. Face au monde, les États-Unis commandent une opération humanitaire massive et les Haïtiens encouragent l’arrivée des Marines nord-américains.” Même la tragédie d’un tremblement de terre est une raison de plus pour justifier l’argument selon lequel Chavez est fini. Il est difficile de suivre sa logique, si tant est qu’elle existe. Ni les coups d’État, ni les disparitions, ni les tortures, ni les assassinats, ni les tremblements de terre, ni la faim, ni la souffrance. La seule chose qui semble importer à l’analyste c’est la défaite de Chávez.
Il revient à l’économie : “L’économie vénézuélienne est entrée dans une profonde récession et continue à plonger tandis que le reste de l’Amérique Latine se récupère. Les économistes prédisent que l’inflation pourrait s’élever à 60 pour cent dans les prochains mois.”
Nous savons qui sont ces économistes qui prédisent une inflation de 60% et l’écroulement de l’économie, et nous imaginons que ce sont les mêmes qui annoncent fréquemment depuis dix ans la chute du gouvernement Chávez pour faillite économique alors que dans la dernière décade, le Venezuela a atteint les meilleurs chiffres économiques des dernières décades, dont l’inflation la plus basse.
En se référant à Haiti et au rôle déplacé de Chávez il ajoute que celui-ci “a même affirmé que la Marine des États-Unis a provoqué le tremblement de terre avec une nouvelle arme secrète.” Cette affirmation il l’a tirée d’un article d’opinion repris d’un certain “Patria Grande” et repris notamment par une chaîne de télévision publique vénézuélienne. J’imagine que suivant la même logique, toutes les opinions qui s’expriment dans une télévision publique nord-américaine devront être attribuées à Obama.
Comme on pouvait s’y attendre depuis le début du texte, il fallait citer une enquête. “... Les indices d’approbation de Chávez ont continué à s’effondrer : il est tombé sous les 50 pour cent au Venezuela et à 34 pour cent dans le reste de la région.”
On ignore à quelles enquêtes se réfère l’auteur. Ce 34% d’appui dans le reste de la région est intéressant si on prend en compte la campagne médiatique internationale. Cependant au Chili il n’y a pas eu de vote pour que les chiliens élisent le président du Venezuela. Ce qui importe, ce sont les élections nationales et jusqu’il y a deux semaines les enquêtes les plus sérieuses du pays confèrent un haut pourcentage de popularité (autour de 60%) à Hugo Chávez, suffisant pour gagner aisément les prochaines élections présidentielles.
De toutes manières, c’est au peuple vénézuélien que revient le dernier mot, bien que l’analyste du Washington Post ne semble pas croire beaucoup en lui, et jusqu’à l’heure actuelle Chávez a gagné clairement toutes les élections auxquelles il s’est présenté comme candidat. L’analyse se conclut par une brillante affirmation : “... le point d’inflexion dans la bataille entre populisme autoritaire et démocratie libérale en Amérique Latine est passé – et Chavez a perdu.”
Sans arguments ... et sans commentaires.
Source : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=99473
Article original publié le 28 janvier 2010
Sur l’auteur
Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9883&lg=fr
|
Tags associés : washington post, chavez, venezuela, media
|
|