• La carrière de Shimon Peres, Le roi des hypocrites d’Israël (Counterpunch)

    "Le vrai hypocrite est celui qui ne se rend plus compte qu’il est un hypocrite, celui qui ment en toute sincérité" - André Gide

    "Car je t’ai cru pur et lumineux, toi qui es plus ténébreux que l’enfer, plus sombre que la nuit" - William Shakespeare

    Cela fait longtemps que la communauté internationale s’est entichée du Président actuel et ancien Premier Ministre d’Israël, Shimon Peres. Il a la réputation d’être une voix raisonnable et pacifique comme la colombe au milieu de faucons intransigeants et il tempère les inquiétudes et calme les critiques par des paroles apaisantes mais vides préconisant le dialogue et la création d’un état palestinien. En réussissant à faire croire au monde entier qu’il existe une différence notable entre sa position " de gauche " et l’extrême droite israélienne, il a démontré qu’il était le roi des fourbes.

    Peres a recommencé la semaine dernière lors de sa rencontre le Président Dmitry Medvedev après la célébration du Jour de la Victoire à Moscou et avant la première visite officielle du leader russe en Syrie. Il n’a pas raté l’occasion de travestir à nouveau la vérité en affirmant que des missiles Scuds étaient envoyés au Liban tout en soutenant, sans se rendre compte de la contradiction, qu’Israël n’avait aucun intérêt à exacerber les tensions avec la Syrie.

    Avant le début des " négociations de proximité " sous arbitrage des USA, il a aussi demandé à l’envoyé spécial au Moyen Orient Georges Mitchell que les " questions de sécurité " soient prioritaires dans les négociations " étant donné que depuis que l’armée (israélienne) et les colons ont évacué Gaza des milliers de roquettes sont lancées sur les communautés israéliennes "

    Gaza

    En revenant sur le retrait israélien du territoire occupé de Gaza à la fin de 2005, Peres a oublié de mentionner ce qu’Israël a fait ensuite à la population la plus dense de la planète. Après les élections parlementaires libres, démocratiques et incontestées de janvier 2006 (qui donna au Hamas la majorité des sièges au Conseil Législatif Palestinien) Israël a fermé ses frontières hermétiquement.

    Quand il est devenu clair que la faction du Fatah de l’Autorité Palestinienne du Président Mahmoud Abbas - le leader de Cisjordanie dont les israéliens appréciaient la souplesse et la collaboration- ne contrôlerait plus Gaza, un siège terrible et inhumain a été imposé à la petite enclave. Les produits de première nécessité comme la nourriture, le fuel, l’électricité, l’eau potable, l’huile de cuisson, les vêtements et les médicaments ont été interdits d’accès. Ce fut une forme odieuse de punition collective qui est considérée par la Convention de Genève de 1949 comme un crime de guerre. Mais Peres, prix Nobel de la paix, n’a aucun état d’âme a ce sujet.

    L’écrasant embargo a duré 18 mois. La malnutrition des enfants augmentant avec le désespoir des habitants de Gaza, est-il surprenant que ceux qui étaient maintenus captifs dans cette prison à ciel ouvert - avec des réserves de nourriture et d’eau potable diminuant sans cesse- lancent des roquettes rudimentaires et aveugles sur leurs geôliers ? De fait, ils les envoyaient le plus souvent en réponse aux provocations des Forces de Défense Israéliennes (IDF). En comparaison des armes sophistiquées de l’IDF, les roquettes de fabrication artisanale qui carburent aux fertilisants étaient de simples catapultes. Elles n’ont pas occasionné la moindre perte à Israël tout au cours de l’année dernière.

    Et faut-il rappeler la sauvage attaque de Gaza par Israël en décembre 2008, avec l’utilisation illégale de bombes au phosphore blanc, le meurtre délibéré de civils (dont beaucoup agitaient des drapeaux), la destruction des bâtiments et des réserves de nourriture de l’ONU, des mosquées, des écoles, des ponts, des ambulances, des postes de police et en fait de toute l’infrastructure civile ? Il suffit de lire les rapports de Richard Falk, Rapporteur Spécial de l’ONU pour les Droits Humains dans les Territoires Occupés de Palestine, et du juge Richard Goldstone qui a mené la Délégation d’Etudes sur le Conflit de Gaza de l’ONU.

    Inutile de préciser que les conséquences ont été catastrophiques : plus de 1400 personnes tuées - principalement des civils dont un tiers d’enfants ; 100 000 réfugiés ; 500 000 personnes sans eau potable ; 4000 maison complètement détruites et 45 000 endommagées ; 1 500 fabriques et locaux commerciaux ainsi que les immeubles de l’ONU (y compris 4 écoles) et presque 50% de la terre cultivable inutilisable (chiffres de 2009 d’après le Bureau Central Palestinien de Statistiques, le Centre Palestinien des Droits de l’Homme et différentes ONG).

    Le blocus israélien dure toujours avec quelques " aménagements ". En mars, pour la première fois en trois ans, Israël a autorisé 10 camions de chaussures et de vêtements à entrer à Gaza. Les matériaux de construction, les crayons de couleur pour les enfants et les livres sont toujours interdits d’accès.

    L’exigence de Peres, que la " sécurité d’Israël soit le point central des négociations indirectes " surtout avec en toile de fond le retrait de l’armée israélienne de Gaza [2005] ", est absurde et insultante ; comme si le démantèlement de colonies illégales était un acte si héroïque qu’on pouvait fermer les yeux sur les crimes de guerre commis par la suite. Quelle sécurité reste-t-il a sauvegarder quand les Palestiniens de Gaza manquent toujours de nourriture, d’abri et de vêtements ?

    L’impudence d’invoquer Gaza pour illustrer les besoins de sécurité d’Israël mise à part, Peres demeure une source intarissable de désinformation et d’obscures manipulations.

    Il s’est fait le porte-parole le plus diligent d’Israël pour colporter l’assertion infondée que la Syrie a envoyé des missiles Scuds au Liban. Il persiste aussi à mettre en avant la prétendue menace de l’énergie nucléaire naissance de l’Iran tout en refusant d’envisager qu’Israël puisse signer le Traité de non prolifération nucléaire.

    Le père du programme nucléaire militaire d’Israël

    C’est lui en effet qui fut l’architecte du développement de l’arme nucléaire d’Israël. En 1953 le Premier Ministre Ben Gourion a nommé le jeune Peres Secrétaire Général du Ministre de la Défense. Au cours des réunions dont le but était de rédiger le Protocole de Sèvres de 1956, Peres a obtenu le concours de la France pour construire un Centre de Recherche Nucléaire dans le Negev.

    Le rôle capital qu’il a joué dans le développement de la capacité nucléaire israélienne est développé dans le livre "Shimon Peres - Une biographie" de l’historien Michael Ben Zohar. Selon l’agence de presse Reuters "le livre... détaille la manière dont Peres a servi officieusement d’architecte à la puissance nucléaire israélienne, en se procurant des armes en secret et en achetant un réacteur nucléaire à la France".

    Grâce à Peres, et plusieurs dizaines d’années avant que l’Iran n’enrichisse un seul gramme d’uranium, c’est Israël qui a introduit le premier l’arme atomique dans l’instable Moyen-Orient.

    Le massacre de Qana

    Le Massacre de Qana a eu lieu pendant la guerre du Liban "Raisins de la Colère" en 1996 et sous l’œil du Premier Ministre Peres.

    Pour échapper aux combats, 800 civils libanais s’étaient réfugiés dans une enclave de l’ONU près du village de Qana. Avec un mépris total pour l’ONU autant que pour les civils que l’ONU abritait, l’IDF a bombardé les bâtiments, tuant 106 innocents et en blessant plus de 100.

    Une investigation de l’ONU a conclu qu’il était peu probable que le bombardement soit dû à de grossières erreurs techniques ou de procédure, comme Israël l’avait d’abord prétendu. Après avoir avancé plusieurs justifications successives, Peres finit par accuser le Hezbollah, en utilisant l’excuse éculée du "bouclier humain". D’autres investigations furent moins complaisantes. Un enquête d’Amnistie Internationale aboutit à la conclusion que l’attaque avait été "intentionnelle et devait être condamnée". De même l’organisation pour les droits humains, Human Right Watch a écrit dans son rapport "nous déclarons que ce fut un massacre intentionnel avec usage de missiles et explosifs de la plus haute précision".

    Les spécialistes du Moyen-Orient qui reconnaissent la nature expansionniste et néo-coloniale d’Israël constatent que les principaux partis politiques - le Likoud, le labor ou Kadima- défendent ou promeuvent les colonies, les expropriations de terre palestinienne, l’expulsion de leurs habitants et l’exacerbation délibérée des tensions entre les différents pays de la région.

    Bien que l’attitude de Peres dans cette affaire soit souvent comparée à celle d’un loup déguisé en mouton, les observateurs intelligents ne s’y trompent pas. Ils voient un loup, un vrai.

    Rannie Amiri est un commentateur indépendant spécialiste du Moyen-Orient.

    pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/amiri05...

    Traduction D. Muselet

    Source Ici


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  • Nous voulons vivre


    Les projets de Salam Fayyad pour la Palestine et les Palestiniens ne sont rien d’autre qu’un festival populaire arrangé où l’occupé plie devant ses oppresseurs, écrit Azmi Bishara.
     
     

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    Août 2008 - Une fillette palestinienne et sa mère attende à un checkpoint des troupes israéliennes d’occupation placé en plein territoire palestinien à côté de Naplouse - Photo : Zoriah

    Féliciter Israël le jour de son « indépendance », ou création, équivaut en quelque sorte, à le féliciter d’avoir réussi son vol armé de la Palestine et l’expulsion systématique du peuple palestinien. C’est ce que nous pouvons dire lorsque les félicitations proviennent des présidents étasunien, français ou ivoirien.

    Mais quand c’est un chef d’État arabe qui congratule Israël « le jour de sa fondation » nous ne pouvons que garder le silence. Je m’empresse d’ajouter que notre silence n’a rien de contemplatif ; c’est plutôt un silence impuissant, parce que dans ce cas nous restons sans voix. Notre langue, dit-on, est un pays qui est commun à nous tous, mais de toute évidence, c’est un pays dans lequel (Al-Mutanabbi vient encore une fois à la rescousse) « la jeunesse arabe est étrangère de par son visage, de sa main et de sa langue ».

    Ce n’est pas la première fois que de telles les félicitations ont été envoyées, et ce n’est probablement pas la dernière, malgré tout ce que l’on pourrait espérer. Le phénomène ne devrait pas non plus nous surprendre. En fait, ce qui serait surprenant, c’est d’être surpris. Néanmoins cette année-ci, on a dépassé toutes les bornes. La majorité des habitants de Gaza font partie des réfugiés qui ont été expulsés de leurs maisons en 1948, ce qui veut dire que les félicitations ont été adressées à celui qui les a chassés et est devenu le maton de la plus grande prison du monde. Il y a quelque chose de très suffoquant et confiné dans ce phénomène cette fois-ci, et les tunnels étouffants de Gaza par lesquels les gens se traînent pour respirer un peu semblent plus faciles à manœuvrer que les tunnels de la politique arabe.

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  • Expulser un clown pour des mesures de Sécurité ? C’est une plaisanterie ? (Haaretz)

    Qui prétend que l’humour juif a disparu en Israël ? Qui peut nier que même les organismes d’état les plus secrets ont leur moments de légèreté, entre les assassinats ciblés et les intrigues ? Si vous pensez que le processus de fascisation, d’isolation, de nationalisme et de militarisation d’Israël ne donne pas envie de rire, alors écoutez ce que Barak Ravid a relaté dans Haaretz, jeudi dernier.

    Un clown espagnol - ça commence comme une blague, n’est-ce pas ? - a atterri en Israël. Pas n’importe quel clown, le plus grand clown d’Espagne, Ivan Prado. Il pensait traverser le contrôle des passeports rapidement (un citoyen espagnol, même clown, n’a pas besoin d’autorisation spéciale pour entrer dans l’état démocratique d’Israël) prendre ses bagages et aller à Ramallah.

    Ce plaisantin voulait organiser un festival de clowns à Ramallah et pas ailleurs. Ce fut l’erreur de sa vie, une idée vraiment idiote. D’abord quel besoin les Palestiniens ont-ils de voir des clowns d’autres pays ? Ils en ont bien assez chez eux, merci ! Et de toutes façons de quoi pourraient-ils bien rire à Ramallah ?

    En un clin d’œil, un expert du Shin Bet est apparu, un vaillant gardien d’Israël, pour emmener ce plaisantin et l’interroger sur ses liens avec des "groupes terroristes". Prado, ce stupide clown, a refusé de répondre. L’agent du Shin Bet (un clown moins connu) a sans doute pense qu’il avait été choisi pour sauver la journée.

    Bref, après six heures d’attente pénible à l’aéroport international de Ben Gourion, un officiel du Ministère de l’Intérieur a dit à Prado : " Vous êtes expulsé. Prenez le premier avion pour Madrid, c’est la place des plaisantins comme vous". Ce qui a derechef changé Prado en Prophète de l’Apocalypse. Aussitôt arrivé en Espagne, il a condamné Israël dans la presse locale, comparant le sort des Palestiniens à celui des Juifs dans la Pologne du temps de guerre.

    Exactement les blagues polonaises dont nous avons besoin. L’ambassadeur israélien à Madrid a envoyé un communiqué urgent à Jérusalem demandant :" Qu’est-ce que vous avez fait ?". Le Ministère des Affaires Etrangères a répondu brièvement "Raisons de sécurité". La colère a secoué l’Ambassade qui souhaitait obtenir une information plus circonstanciée afin de pouvoir répondre aux médias espagnols convaincus que l’expulsion d’un clown pour des raisons de sécurité ne pouvait être qu’une plaisanterie. Mais ni les services de sécurité du Shin Bet ni le Ministère de la Défense ne se donnèrent le mal de répondre à l’ambassadeur. "Cet homme a refusé de fournir une information complète aux agents de sécurité sur ses liens avec les organisations terroristes de Palestine en particulier" a dit le Shin Bet interrogé par Haaretz.

    Ce qui signifie en clair : Prado, selon le Shin Bet qui sait tout, a des liens avérés avec les groupes terroristes palestiniens sinon il ne voudrait pas organiser un festival de clowns à Ramallah. Et en plus il a refusé d’avouer ces liens. Mais quels "groupes de terroristes" ? Le Jihad Islamique, ou les brigades des Martyrs d’Al-Aqsa peut-être ? Al-Qaida ? Les Forces Quds d’Iran ? Et quels liens ? Le clown voulait-il apporter de grandes quantités de rires à des éléments hostiles ? Des bombes de plaisanteries aux Jihadistes ? des vannes dévastatrices au Hamas ? "Vous trouvez peut-être cela drôle" a déclaré un représentant des Affaires Etrangères peu après, "mais l’incident a détérioré l’image d’Israël à l’étranger, notamment quand Israël a refusé de s’expliquer".

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    Prado n’est pas le seul. Si tout cela n’était pas si insensé, grotesque et horripilant nous nous tordrions de rire. Mais des dizaines de visiteurs étrangers ont été refoulés de la même manière ces derniers mois, parce qu’ils étaient soupçonnés de sympathie envers les Palestiniens - une sérieuse offense sans nul doute. Ces personnes, n’écoutant que leur conscience, étaient venues soutenir les Palestiniens mais la Police de la Pensée de l’aéroport les a démasquées. L’historien juif américain Norman Finkelstein a été expulsé parce qu’il soutient la solution d’un état pour résoudre le conflit du Moyen Orient et qu’il pense qu’Israël fait commerce de l’Holocauste. S’il avait demandé à remplir le formulaire de nouvel immigrant il aurait été accueilli à bras ouverts au titre de la Loi du Retour. Mais il vient en visite et ose critiquer ? Qu’on le renvoie tout de suite en Amérique !

    Trois militants suédois d’un organisme de formation regroupant des Juifs et des Palestiniens ont été récemment expulsés aussi, ainsi qu’un journaliste américain qui a travaillé pendant des années pour l’agence d’information palestinienne Ma’an.

    Quelqu’un a-t-il jamais entendu dire qu’une personne venue soutenir moralement ou financièrement les colons les plus extrémistes ait jamais été expulsée ? Je vous en prie, ne faites pas rire le Shin Bet ou le Ministère de l’Intérieur !

    Gidéon Lévy Ici

    Haaretz, 9 mai 2010
    http://www.haaretz.com/print-editio...

    Traduction D. Muselet


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  •  Sécurité d'Israël ou nettoyage ethnique?

    Edward S. Herman   
    L’un des clichés les plus classiques de l’establishment politique américain, c’est de prétendre que l’axe principal de notre politique israélo-palestinienne est notre volonté de « garantir la sécurité d’Israël ». Dans la même mesure, c’est bien sûr la nécessité de garantir notre propre « sécurité nationale » qui sert d’excuse pour justifier un budget militaire astronomique, un réseau de bases militaires qui se ramifie presque partout dans le monde, et un solide soutien à l’expansion de l’OTAN ainsi qu’à un impressionnant continuum de guerres menées sans exceptions à bonne distance de nos frontières nationales.


    Le terme de « Sécurité Nationale » est le blanc linceul qui permet d’occulter la réalité d’ambitions expansionnistes très affirmées. De même qu’avec la « loi Hoover » [J. Edgar Hoover] – selon laquelle moins il y a de communistes, plus grande est la menace communiste – en matière de Sécurité Nationale, plus les budgets et les capacités de l’armée augmentent, plus on redoute de négliger des menaces qui pourraient ne pas avoir l’air de devoir retenir l’attention d’une superpuissance. Les USA s’en sont même pris à Grenade, la plus petite capitale du monde, au nom de la Sécurité Nationale.

    Mais tandis que le cycle vertueux qui porte notre monde paralyse régulièrement toute opposition à l’establishment, les élites économiques et politiques sont les premières à attirer l’investissement vers le domaine sécuritaire, que ce soit chez nous ou en Israël. Là, le poids énorme du complexe militaro-industriel et de ses plus proches alliés des sphères politique, financière, universitaire et médiatique, a permis de normaliser des budgets pharaoniques exponentiels et le principe de la guerre permanente.

    Dans le cas d’Israël, le poids du lobby pro-israélien, l’interpénétration israélo-américaine dans les domaines de la finance, des affaires, de l’armement et de la planification stratégique et militaire, ainsi que le noyautage et les pressions visant les sphères politiques et médiatiques, ont offert aux leaders israéliens la possibilité de peser considérablement sur les orientations politiques qui touchent à leurs intérêts. Ici, c’est comme on dit « la queue qui remue le chien », mais bien que le chien en question soit un molosse gavé de « sécurité », la moindre puce piquant sa queue le fait aussitôt hurler à la mort et se gratter avec fureur.

    L’un des aspects les plus consciencieusement occultés de la campagne belliciste des leaders politiques américains et européens, qui brandissent l’urgence de garantir la sécurité d’Israël, c’est qu’elle est ouvertement raciste. Jour après jour, nos hommes politiques nous rabâchent que notre « solidarité » avec Israël est un « devoir absolu », qu’il n’y a pas entre Israël et nous le plus petit écart sur ces questions, et que notre « dévouement à la sécurité d’Israël est total » (Hilary Clinton) ; la majeure partie du Sénat et du Congrès US se produit régulièrement aux meetings annuels de l’AIPAC [le très officiel lobby pro-israélien US] pour prêter allégeance à l’Etat d’Israël ; et l’actuel Vice-président, Joe Biden, qui ne se cache nullement d’être sioniste, déclare publiquement qu’Israël a toujours été « au centre de son travail en tant que Sénateur des Etats-Unis comme à présent en tant que Vice Président des Etats-Unis ».

    Suite au récent accrochage entre Obama et Netanyahu, l’AIPAC a obtenu des trois quarts du Congrès US la signature d’une pétition exigeant que l’on cesse de critiquer publiquement Israël et appelant à un « renforcement » de l’alliance [israélo-américaine], sur la base de nos « valeurs communes », etc. La tournure même de la lettre paraphrasait d’ailleurs singulièrement une lettre de l’AIPAC portant les mêmes revendications.

    Mais cette dévotion sioniste et pro-israélienne, cette déférence envers l’AIPAC, cette allégeance répétée à Israël, sont elles réellement compatibles avec le serment qu’ont prêté nos leaders politiques au moment de leur investiture ? Le Général David Petraeus a récemment fait scandale en déclarant que ce dévouement à Israël finissait par nuire aux intérêts de la Sécurité Nationale US : « Ce conflit suscite un sentiment anti-américain, en donnant l’impression d’un favoritisme US en faveur d’Israël ». L’attitude de Biden, entre autres affidés des intérêts israéliens, serait-elle alors effectivement répréhensible et condamnable ? (Encore qu’on a peu de chances, inutile de le dire, de la voir un jour entraîner des poursuites…)

    Mais la dimension raciste de cette allégeance, n’en est justement que plus flagrante. Ce qui n’apparaît nulle part dans tous ces vibrants témoignages de solidarité, c’est la « Sécurité » des Palestiniens. Pourtant les violences israéliennes à leur encontre ne datent pas d’hier. Militairement spoliés de leurs terres comme de leur accès à l’eau, il est bien sûr parfaitement clair que ce sont les Palestiniens qui ont réellement besoin de sécurité et de protection, sur le terrain et tout de suite – comme c’est d’ailleurs le cas depuis des décennies.

    Mais il est implicitement entendu que les Palestiniens sont un non-peuple, des untermenschen [une sous-race] auxquels on peut infliger les pires sévices, sans restriction ni sanction aucune. Depuis des années, la plupart des Sud-Africains qui ont visité la Palestine ont déclaré que le système d’apartheid que les Israéliens ont imposé aux Palestiniens est nettement pire que celui qui avait cours en Afrique du Sud, et nombreux sont les Israéliens qui le confirment. Mais tout cela laisse les Occidentaux de marbre et leurs leaders peuvent continuer de clamer leur dévotion à la sécurité israélienne comme ils ne se seraient certainement jamais permis de le faire ouvertement au sujet du régime sud-africain.

    Là, l’establishment occidental, tout en soutenant discrètement le gouvernement, se devait de faire profil bas et s’abstenait de revendiquer ouvertement son soutien à la « sécurité » du régime d’apartheid. Leur racisme apparaissait principalement à travers leur alignement politique et leur soutien aux forces sud-africaines en Angola et en Namibie, avec lesquelles ils collaboraient au travers de programmes de renseignements et de contre-terrorisme, et en les gardant le plus possible à l’abri de toute sanction ou condamnation internationales.

    En soutenant Israël, les pays occidentaux se trouvent activement engagés aux côtés d’un Etat qui depuis des années viole ouvertement et quotidiennement la Quatrième Convention de Genève, qui ne tient aucun compte des positions de la Cour de Justice Internationale (et de la communauté internationale) sur des questions telles que la construction du mur, qui s’accapare continuellement les terres et l’eau des Palestiniens pour les céder exclusivement aux colons juifs, et qui lance régulièrement en toute impunité des attaques hors de ses frontières dans le cadre de campagnes de bombardements ou de programmes d’assassinats.

    Lors de récents échanges concernant l’annonce officielle d’un projet gouvernemental portant sur la construction de 1 600 logements supplémentaires à Jérusalem Est, les grands médias occidentaux se sont exclusivement focalisés sur l’offense que pouvaient y voir Joseph Biden (alors en visite officielle) et Obama lui-même, et sur les éventuels contretemps qui pourraient en résulter au niveau des « pourparlers de proximité ». Mais on se garda bien d’insister par exemple que ces nouveaux logements étaient strictement réservés aux juifs. Comme le souligne Gideon Levy, tandis que l’expulsion des Palestiniens de Jerusalem Est progresse méthodiquement depuis des décennies, « nous ne devons pas oublier que cet énorme projet de construction dans Jérusalem est exclusivement réservé aux juifs. Pas une seule banlieue palestinienne n’a été construite en 43 ans d’occupation. Ça n’est pas ce qu’on appelle l’apartheid ?

    « Même la nouvelle solution magique et ridicule du grand maître des mots, le Président Shimon Perez, ne trompe personne : Israël (annonce désormais le Président à ses hôtes étrangers) a le droit de construire dans des « quartiers juifs ». Et comment, monsieur le Président, ces quartiers sont-ils devenus juifs alors que tous sont construits sur des terrains palestiniens, sinon par l’implantation massive et illégale de colons, comme à Ariel, Ma’aleh Adumim et Gush Etzion, qui font désormais partie du « consensus » que nous nous sommes inventés ? Un consensus ? Seulement en Israël ! Et dans une très large mesure, ce consensus aussi a été fabriqué de toutes pièces (Gideon Levy : “Netanyahu did one thing right in the Jerusalem debacle,” Haaretz, 21 mars 20l0).

    Pour « l’Occident éclairé », la dimension raciste de la politique israélienne est totalement normalisée au moyen d’artifices du type « processus de paix », « négociations », « pourparlers de proximité », qu’il faut constamment reprendre, avec l’aide d’un « médiateur honnête ». Tout ça a l’air directement sorti d’Orwell sinon de Kafka. En réalité il n’y a pas de véritable processus de paix, ni de négociations, dans la mesure où les dirigeants israéliens n’envisagent absolument pas qu’un accord ou un tracé de frontières puisse interférer avec la méthodique déportation de leurs untermenschen ou freiner leur colonisation de la Cisjordanie.

    C’est depuis longtemps une évidence pour quiconque refuse de porter des œillères devant la prétendue constante impossibilité pour Israël de trouver « un interlocuteur valable ». Quant à l’intérêt même des Israéliens, il est bien évident qu’il leur est beaucoup plus facile de spolier et s’accaparer les terres de Palestine dans des territoires occupés qu’au milieu de frontières fixes. Les dirigeants israéliens eux-mêmes le reconnaissent à l’occasion. Ainsi, comme l’expliquait Dov Weisglas : « Tout l’intérêt du plan de Sharon [l’évacuation des juifs de la bande de Gaza], c’est le gel du processus de paix… En réalité, le Plan de Désengagement fournit le formol dans lequel on peut plonger tous les autres plans [de paix] (Ari Shavit, “The Big Freeze,” Haaretz, October 8, 2004).

    Thomas Friedman [Journaliste américain, éditorialiste au New York Times], explique pour sa part que la paix, pour les Israéliens, est récemment devenue un « passe temps » plutôt qu’une « nécessité ». Ils constatent qu’ils peuvent très bien se passer de la paix pour vivre heureux et ne se font plus d’illusions sur « le naufrage du processus de paix d’Oslo qui complète le retrait unilatéral du Liban et de Gaza – qui n’ont pas débouché sur la paix mais sur les attaques à la roquette du Hezbollah et du Hamas contre Israël, éradiquant le camp de la paix israélien et les partis politiques qui s’étaient alignés sur ses positions » (“Hobby Or Necessity?,” NYT, 28 mars 2010).

    Pour Freidman, Israël avait parfaitement le droit de se trouver au Liban et à Gaza : Israël avait un droit d’agression et d’occupation. Les solutions de sortie de crise que proposait Israël étaient donc généreuses et pacifiques – contrairement à l’époque où on s’en remettait à la « non-viabilité » et au « formol » pour geler le processus de paix. Et que le continuum de raids, d’assassinats, de spoliations, de blocus israéliens contre Gaza ou la Cisjordanie puisse être à l’origine des tirs de roquettes, est bien sûr parfaitement inconcevable. En réalité, prétendre que rétablir la paix ait été une nécessité pour Israël, mais qu’elle soit toujours restée hors d’atteinte à cause de l’intransigeance des Palestiniens et de leur « terrorisme », c’est de l’apologie de crimes de guerre au niveau le plus abjectement grotesque.

    De même, il n’y a jamais eu de « médiateur honnête » dans ce pseudo processus de paix – la contradiction entre « médiateur honnête » et « solidarité inconditionnelle », « devoir absolu » ou « dévouement total » à un seul camp est bien trop flagrante. Compte tenu du rapport de force monstrueusement déséquilibré entre Israël et les Palestiniens, le règlement du conflit impliquerait que les USA se positionnent à l’opposé des souhaits des dirigeants israéliens, ce qui est totalement incompatible avec une alliance si étroite qu’elle ne laisse pas « entre Israël et nous le plus petit écart ».

    En fait de solidarité, on se contente de prétendre que le processus de paix tient toujours, même si l’on se dispense d’exercer la moindre pression du côté du plus fort – une position qui, lorsqu’on la rajoute au flot d’armement que reçoit l’agresseur et au soutien diplomatique qui couvre toutes ses exactions, met clairement en évidence un authentique programme israélo-américain de spoliation systématique des Palestiniens.

    Mais la normalisation de ce processus raciste implique aussi au regard des faits historiques une attitude révisionniste. L’un des traits les plus saillant de ce révisionnisme est la soi-disant prédominance du terrorisme palestinien et l’idée qu’Israël ne fait que répondre à cette constante agression. En réalité la violence que l’on retrouve dès l’origine du conflit est bien la constante spoliation qui depuis des décennies dépouille progressivement les Palestiniens de leurs terres et de leur accès à l’eau, sous la bienveillante protection des USA et des autres nations éclairées d’Occident.

    Depuis près d’un siècle, les Palestiniens se sont efforcés de résister, le plus souvent pacifiquement, parfois par la violence, mais avec des pertes infiniment plus lourdes que celles de leurs agresseurs, du fait de leur armement dérisoire (vingt fois plus de morts que l’adversaire avant la seconde intifada, une proportion qui tomba à trois ou quatre fois plus au début de celle-ci pour remonter à cent fois plus au cours de l’attaque contre Gaza).

    De leur côté, les Israéliens avaient indispensablement besoin d’un certain niveau de violence palestinienne pour justifier leur annexion progressive de la Palestine. Et les bienveillantes nations éclairées d’Occident d’avaliser cette dépossession inexorable comme participant d’une légitime réponse au « terrorisme » palestinien. Les Israéliens devaient en outre mettre en échec tout accord négocié concernant le tracé des frontières séparant leur Etat de tout éventuel Etat Palestinien, de sorte qu’on ne laissa jamais au « processus de paix » la moindre chance de déboucher sur des accords de paix. Mais là encore, les magnanimes nations éclairées d’Occident jouèrent ostensiblement le jeu du « processus de paix », sans jamais exercer la plus infime pression sur l’Etat d’Israël pour qu’il règle le problème, offrant par là même la couverture idéale pour la poursuite des spoliations et du nettoyage ethnique.

    Cette ahurissante démonstration de racisme à l’état brut de la part d’Israël et des nations occidentales flanque cul par-dessus tête la prétendue nouvelle vocation des Occidentaux aux grands principes du « devoir de protection » et des « interventions humanitaires ». Leurs interventions soutiennent inconditionnellement la violence d’Etat israélienne à l’encontre de populations civiles que les Occidentaux s’efforcent dans le même temps de désarmer sans cesse davantage, mais qui ont désespérément besoin de protection.

    Il s’agit en outre d’un formidable cas de nettoyage ethnique mené systématiquement et ouvertement. Qui ne se souvient de la vertueuse indignation des Occidentaux devant le « nettoyage ethnique » de la Bosnie et du Kosovo, où cette accusation visait un pays cible (la Serbie) – d’ailleurs au détriment des faits – et permettait surtout de justifier une violente réaction internationale (principalement américaine) au prétexte de protéger les victimes ? Mais dans le cas du nettoyage ethnique israélien – un cas sans la moindre équivoque, mené le plus ouvertement du monde par la cinquième puissance militaire mondiale contre un groupe ethnique précis et presque totalement désarmé – les Occidentaux continuent tranquillement de soutenir le processus de nettoyage ethnique et y participent même activement.

    Tout cela montre à quel point l’idée de « garantir la sécurité d’Israël » n’est qu’un boniment de propagande de première classe. Ce que garantissent les Etats-Unis et les puissances occidentales, ce sont les opérations de nettoyage ethnique d’Israël. Si tant est que quoi que ce soit menace réellement la sécurité d’Israël, ce sont seulement les conséquences de son refus de mettre fin à son nettoyage ethnique et de faire la paix avec les Palestiniens et avec ses autres voisins. Tout le monde sait que les Etats arabes ont proposé de longue date à Israël un règlement complet du conflit qui impliquait pour Israël de renoncer aux territoires annexés après 1967 en échange d’une reconnaissance pleine et entière et d’accords de paix définitifs. Les Israéliens ont toujours rejeté ces perspectives de paix et poursuivi inexorablement leur nettoyage ethnique.

    Quant à savoir si le dernier affront de Netanyahu à Joseph Biden, au cours de sa dernière visite à Israël, les déclarations de Petraeus suggérant que les politiques israéliennes nuisent aux intérêts américains, le soi disant accrochage entre Netanyahu et Obama et les nouvelles exigences des Etats-Unis envers Israël, constituent réellement un « nouveau tournant » dans les relations américano-israéliennes, c’est plus que douteux. Les bases du problème demeurent les mêmes, le lobby n’a rien perdu de sa puissance, la politique administrative d’Israël penche toujours plus à droite et vers l’intérêts des colons, dont le poids politique ne cesse de croître, et la marge de manœuvre pour permettre des négociations susceptibles de déboucher un jour sur la création d’un Etat palestinien reste extrêmement réduite.

    Aux Etats-Unis comme en Israël, l’establishment politique considère l’Iran comme une menace de premier ordre. La récente déclaration du bloc Hoyer-Cantor-AIPAC appelant à davantage de solidarité en faveur du nettoyage ethnique, insiste que « par-dessus tout, nous devons rester focalisés sur la menace que le programme iranien d’armement nucléaire constitue pour la paix et la stabilité au Proche-Orient ». Avec d’un côté Obama, Clinton, Hoyer et Cantor plus d’accord que jamais sur la gravité de la menace iranienne et qui cherchent les moyens d’ouvrir sur une issue avantageuse, et de l’autre les Israéliens qui semblent y voir l’opportunité de « forcer la crise » (Steven Goldberg, in Y Net, premier avril 2010), se pourrait-il qu’un Obama très déterminé, s’offre une victoire supplémentaire en obtenant des Israéliens un gel des colonies et l’ouverture de négociations avec les Palestiniens de leur choix, en échange d’une guerre contre l’Iran ?

    Traduit de l’Anglais par Dominique Arias pour Investig'Action


    Edward S. Herman est Professeur Emérite de Finance à la Wharton School, Université de Pennsylvanie. Economiste et analyste des médias de renommée internationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont : Corporate Control, Corporate Power (1981), Demonstration Elections (1984, avec Frank Brodhead), The Real Terror Network (1982), Triumph of the Market (1995), The Global Media (1997, avec Robert McChesney), The Myth of The Liberal Media: an Edward Herman Reader (1999) et Degraded Capability: The Media and the Kosovo Crisis (2000). Son ouvrage le plus connu, Manufacturing Consent (avec Noam Chomsky), paru en 1988, a été réédité 2002 aux USA puis en 2008 au Royaume Uni.

    Source: Investig'Action


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  • TEMPS DE BENÊTS

    par K. Selim Ici

    De manière régulière et souvent dans des situations dramatiques pour les Palestiniens se pose la question de l'utilité de la Ligue arabe. Sa capacité d'agir de manière active et positive et d'exprimer clairement au monde – et donc aux Etats-Unis  les vues des opinions publiques arabes est nulle.

     Il ne reste que son jeu négatif dont on vient d'avoir l'illustration à travers le soutien apporté par le «Comité de suivi du processus de paix à la Ligue arabe» - quelle dénomination pompeuse ! - aux négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens. La belle affaire ! Les membres dudit comité semblent croire que les opinions publiques ne suivent pas les informations et ne lisent pas les journaux. Et qu'ils n'ont pas constaté que Mme Hillary Clinton a déjà annoncé depuis une semaine que lesdites négociations indirectes entre Palestiniens et Israéliens vont reprendre. Si les membres du «comité» ont raté ces déclarations publiques de la secrétaire d'Etat américaine, ils doivent vite licencier leurs sherpas chargés, en théorie, de s'occuper de ce qui les concerne.

     Mais soyons sérieux ! Ils n'ont pas raté un traître mot des déclarations de Mme Clinton, ni ses injonctions adressées aux Etats arabes à donner plus de gages à Israël. Et s'ils sont aujourd'hui décidés à soutenir ces négociations, cela a directement à voir avec les admonestations de la secrétaire d'Etat américaine.

     On est en plein mauvais usage d'une Ligue arabe oubliée la plupart du temps, mais mise en exergue quand les nécessités de l'Empire l'imposent. Pour la forme et parce qu'ils savent que les négociations sans fin et sans but sont totalement décriées par les Palestiniens en premier, les membres du comité disent douter du «sérieux» d'Israël dans la recherche de la paix.

     Ce qui les aurait motivés, ce sont des «nouveaux engagements» de Barack Obama au sujet de la colonisation de Jérusalem. Tant de naïveté déroute. Les membres du comité ne suivent apparemment pas ce qui se passe aux Etats-Unis et ce que fait, avec beaucoup de réussite, le lobby israélien. Ils n'entendent pas non plus ce que disent les membres du gouvernement israélien.

     Apparemment, ils vivent dans une bulle appelée «processus de paix», loin du sang, de la peur et de l'encerclement vécus heure par heure par les Palestiniens. A la limite, on leur aurait trouvé un aspect de lunatiques sympathiques s'ils ne jouaient pas un rôle pervers. La question d'aller aux négociations ou pas se jauge, aux yeux de tous les Palestiniens, à ce qui se passe sur le terrain. Et là, même si on fait le benêt, il est difficile de trouver quelque chose de pacifique sur un terrain où l'on affame, encercle, où l'on tue, l'on exproprie et où l'on purifie ethniquement.

     Dans ces conditions, Mahmoud Abbas, dont la légitimité est contestée au-delà du Hamas, se trouve une légitimation non-palestinienne à travers un comité de la Ligue arabe qui n'a, aux niveaux juridique, moral et politique, aucun droit à se substituer aux Palestiniens.

     En définitive, ils ont tellement bien entendu Hillary Clinton qu'ils ne pouvaient que lui signifier que le message a été bien reçu.


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  • Aujourd'hui 25 avril 2010 Salah a 25 ans

     


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  • Sondage BBC : l'opinion mondiale reste très largement hostile à la politique d'Israël

     

    La BBC a commandité un sondage à l'échelle mondiale  - 29.977 personnes interrogées dans 28 pays (voir carte) entre décembre 2009 et février 2010 - afin de mesurer l'opinion que se font les citoyens de l'influence, positive ou négative, de différents pays sur la marche du monde.

    Première constatation : l'image des Etas-Unis s'est sensiblement améliorée dans toutes les parties du monde. Seuls restent majoritairement imperméables à "l'effet Obama" les Turcs (70% d'opinions négatives sur les USA, soit +7% en un an) et le Pakistan (où seulement 9% ont une opinion positive sur le rôle de l'Oncle Sam, on se demande bien pourquoi alors que celui-ci dépense quand même pas mal de fric pour, entre autres bienfaits, bombarder périodiquement une partie du territoire pakistanais).


    Les 28 pays où le sondage a été réalisé

    En ce qui concerne Israël, l'image est "largement négative" selon l'analyse que la BBC livre de son sondage : dans 34 pays l'action d'Israël est jugée néfaste par une part souvent trèsimportante des personnes interrogées, alors qu'elle n'est jugée positive que dans deux pays seulement : les Etats-Unis (40% d'avis positifs, contre 31% d'avis négatifs *) et au... Kenya (39% positif contre 34% négatifs). Donc, même dans les pays où l'opinion est la plus favorable à la politique d'Israël, il s'agit d'une perception minoritaire.

    Encore faut-il noter, et c'est important, que le pourcentages d'avis positifs pour Israël a sensiblement décliné en un an dans l'opinion américaine : il y avait 47% d'opinions positives lors du sondage de 2009, et seulement 40% actuellement. Une chute de 7%, ce n'est pas rien (et on observe exactement le même déclin au Kenya, ce qui évidemment n'a pas la même portée) !

    Sans surprise, c'est dans des pays où l'islam est fortement représenté que les pourcentages d'opinions négatives sont les plus élevés. L'Egypte vient en tête avec 92% d'opnions négatives contre ... 3% d'opinions positives. On voit à quel point le régime Moubarak, qui ne rate pas une occasion de manifester sa complicité avec Israël, est en décalage avec les opinions et les sentimens du peuple égyptien !

    Suivent la Turquie (77%), l'Indonésie (56%), le Pakistan (53%)...

    En Europe, les opinions négatives sur l'influence d'Israël dans les affaires mondiales restent très largement prépondérantes : 68% en Allemagne ** (contre 13% d'opinions positives), 60% en Espagne (contre 9%), 57% en France (contre 20%, ce qui représente une sorte d'exploit quand on pense au bombardement médiatique permanent en faveur du sionisme qui y a cours), 46% en Italie (contre 26%). L'opinion est plus divisée en Grande-Bretagne (50% d'opinion négatives contre 17% d'opinions positives *) et en Russie (30% contre 29%, avec donc soit beaucoup d'indécis soit beaucoup d'indifférents). La Belgique ne fait pas partie des pays "sondés".

    Sur le continent américain, l'opinion est particulièrement peu favorable à la politique d'Israël au Brésil (61% contre 21%). On notera encore que l'éloignement géographique et culturel joue souvent quelque peu en faveur d'Israël, comme en Inde (29% d'opinions négatives contre 17%) et en Chine (40%/22%), mais sans aller jusqu'à former une majorité qui lui soit favorable. En Corée du Sud, on enregistre même 57% d'opinions négartives contre 27 % de l'avis opposé.

    Comme on pouvait s'y attendre, les milieux sionistes - notamment via divers sites web - commentent ce sondage comme la preuve de la permanence de l'antisémitisme, et y voient donc à la surprise générale la preuve du bien fondé du projet sioniste et de la clairvoyance des dirigeants israéliens...


    * le solde pour arriver à 100% étant évidemment composé des avis "neutres", des réponses du type "ça dépend" et des sans opinion/refus de répondre.
    ** l'Allemagne est par ailleurs le pays dont l'influence est le plus largement jugée positive dans le monde : 59% "pour" et 14% "contre".


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  • Islande - Palestine


    Continuez d’alimenter le feu souterrain qui couve et qui, si vous persistez dans cette voie, libérera sa lave dans un élan destructeur d’où personne ne sortira indemne.
     
     

    L’Islande est un tout petit pays, non certes par l’étendue géographique (plus de 100 000 km2), mais par son poids économique et sa population (320 000 personnes, soit une ville moyenne en France). La crise économique récente est née aux Etats-Unis et s’est étendue au monde entier. Toutefois, c’est par l’Islande que l’Europe a cru recevoir le coup de grâce. C’est de l’Islande que la menace d’un effondrement du système bancaire européen est arrivée. Ainsi, le comportement (jugé irresponsable) de 320.000 personnes addictes au crédit facile aurait pu occasionner la ruine d’une population mille fois plus importante.

     

     

    La petite Islande n’a pas seulement des mœurs économiques légères. Elle cache, aussi, sous une surface lisse et glacée, des volcans puissants. L’un d’eux vient d’entrer en éruption, entraînant la paralysie du transport aérien dans toute l’Europe. Personne ne peut prédire quand les choses rentreront dans l’ordre. Tout le monde prie pour que le glacier qui recouvre le volcan fonde au plus vite, que les poussières retombent et que les avions puissent ainsi reprendre leur ballet. Tout le monde garde un œil sur le volcan voisin, réputé imiter son voisin quand celui-ci explose. Pour l’instant, il se tient coi, fort heureusement ; s’il venait à se manifester, les conséquences économiques deviendraient incalculables.

    La Palestine est un tout petit pays, par la géographie (la Palestine historique tiendrait tout entière dans la superficie de trois départements français), par l’économie, par la population. Elle est le siège d’une oppression qui dure depuis plus de 60 ans. Le monde, au mieux, s’en désintéresse. Quant à l’Occident, il soutient et arme l’oppresseur. Il contribue au lent étouffement de la société palestinienne ; il contribue à alimenter le désespoir de sa jeunesse. Il honore les figures de l’oppression en baptisant rues, places et esplanades de leurs noms. Qu’aurait-il à craindre ? Il est du côté du plus fort, contre une population désarmée, appauvrie, ne présentant aucun danger pour son confort.

    Aucun danger ? Vraiment ? N’y aurait-il aucune analogie entre un volcan assoupi et un désespoir enfoui dans la mémoire collective d’un peuple ? Qui peut croire que l’on peut pratiquer l’injustice en toute impunité et pour l’éternité ? Si cela était possible, autant revêtir les cratères des volcans islandais de lourds couvercles qui auraient pour fonction, non seulement d’empêcher l’explosion, mais aussi d’en assourdir les mille bruits annonciateurs.

    Continuez ainsi, Mesdames et Messieurs du beau monde occidental, à vous faire les alliés zélés d’une entreprise de mort menée contre un peuple.

    Continuez de le faire au nom de votre douleur hypocrite qui vous amène à charger du poids de votre culpabilité les épaules d’enfants innocents.

    Continuez dans le déshonneur en armant le bras d’un oppresseur déjà surarmé pour l’aider à assassiner l’âme d’un peuple réduit à ramasser des pierres puisqu’il n’a rien d’autre à opposer à vos canons.

    Continuez à vous ceindre du drapeau aux plis douteux de la morale tout en foulant aux pieds les principes qu’édictent jour après jour vos lèvres mensongères.

    Continuez à fabriquer du ressentiment et de la haine.

    Continuez d’alimenter le feu souterrain qui couve et qui, si vous persistez dans cette voie, libérera sa lave dans un élan destructeur d’où personne ne sortira indemne.


     
     

     


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  • Un racisme alarmant en Israël


    Les sociétés civilisées acceptent que tous les citoyens soient égaux, ou supposés tels. Israël rejette cette norme, y compris pour des juifs défavorisés.
     
     
    (JPG)
    St Jean d’Acre, octobre 2008, la violence s’est déchaînée contre les Arabes israéliens
    (AFP)

    Mossava veut dire égalité, le centre juridique Mossava soutient l’égalité pour les citoyens arabes d’Israël - qui sont environ un million et demi, soit 20% de la population. Créé en 1997, « le centre s’efforce d’améliorer la situation sociale, économique et politique des (arabes israéliens), tout en préservant leurs droits nationaux et culturels en tant que Palestiniens. » Il défend aussi l’égalité sexuelle « dans toutes les sphères de la société ».

    Par son communiqué de presse du 29 septembre 2009, « Le Haut Comité de suivi des citoyens arabes (une organisation qui représente les Arabes israéliens) appelle à un arrêt de travail général d’une journée le 1er octobre » pour protester contre la détérioration des conditions auxquelles ceux-ci sont confrontés et la carence d’Israël « à faire appliquer la justice pour les familles des 13 victimes arabes tuées par les forces de sécurité lors des évènements d’octobre 2000 », début de la Seconde Intifada.

    Le comité appelle les institutions et entreprises commerciales arabes à respecter l’arrêt de travail pour s’opposer aux démolitions de maisons dans le Triangle et le Néguev ; aux constructions coloniales en Galilée et dans le Triangle ; à la discrimination dans l’attribution des ressources ; à la violence politique, à l’intimidation, aux incitations raciales et politiques ; et pour le droit des citoyens arabes « à exister et à vivre dans la dignité dans leur patrie historique ».

    Pour le centre Mossava, l’actuelle Knesset est la plus raciste de l’histoire.

    Le 21 mars, un article dans Ha’aretz de Jack Khoury et Dana Weiler-Polark, titrant sur les accusations ci-dessus, indique que le rapport de Mossawa montre « qu’en 2008, il y eut (12) projets de loi (et non 11 comme l’écrit Ha’aretz) définis comme racistes, » suivis de 12 autres en 2009, spécifiquement contre les Arabes israéliens.

    Un article de Lizi Sagi et de Nidal Othman estime que, « Il n’y a jamais eu une Knesset aussi active pour proposer une législation discriminatoire et raciste contre les citoyens arabes du pays. »

    Ils accusent les députés de droite d’être « à l’aise avec qui leur la législation présentée », dont une grande partie va à l’encontre des décisions de la Cour suprême, ou qu’ils modifient superficiellement des projets de loi illicites pour qu’ils soient adoptés. D’autres cherchent à nuire aux citoyens arabes, à les séparer des juifs, et « même à appeler à l’expulsion de (toute) la population arabe. »

    D’autres mesures discriminatoires concernent les services, les allocations, et infligent un an d’emprisonnement à quiconque publiera ou dira quelque chose qui « exposerait le pays au mépris ou à un sentiment de gêne ».

    (JPG) Le ministre des Transports, Yisrael Katz, veut que les panneaux de signalisation traditionnellement en hébreu, arabe et anglais soient traduits en hébreu uniquement pour effacer l’identité historique. Mais ce faisant, il viole la décision de la Cour suprême qui reconnaît l’arabe comme une langue officielle israélienne.

    D’autres mesures visent ceux qui achètent des terres et il y a la loi dite loi Nakba, dont la mouture initiale a été atténuée par le retrait de la peine d’emprisonnement, mais qui comprend une disposition qui supprime tout financement public à un organisme d’Etat qui célébrerait la Nakba. Les programmes des écoles arabes doivent retirer toute mention de la Nakba, en fait, en l’interdisant purement et simplement la loi dénie aux Arabes israéliens, leur identité et leur mémoire collectives, et le droit d’exprimer librement leurs opinions, surtout à propos de quelque chose de cette importance.

    La loi d’Incitation menace de prison quiconque nie l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif, démocratique, et la loi sur la Loyauté à Israël envisagée retire la citoyenneté à tous ceux qui refusent d’en prêter serment. Une autre mesure interdit encore les manifestations près des édifices publics officiels et de services sociaux, comme de tout autre bâtiment traitant du bien-être public. C’est la mesure à deux doigts d’interdire toutes manifestations critiquant la politique du gouvernement.

    La loi sur la Prévention de l’inflation inclut des dispositions refusant toute protection et soins aux demandeurs d’asiles, et impose de longues peines de prisons pour les personnes reconnues « infiltrées » et pour les militants des droits de l’homme qui les ont aidées. D’autres mesures touchent à la liberté d’expression, de logement, de l’engagement politique, et aux droits des Bédouins dans les villages dits non reconnus, à une maison pour des dizaines de milliers d’entre eux qui vivent dans des conditions épouvantables, des mesures combinées aux dépossessions forcées pour judaïser du Néguev et de la Galilée.

    Rapport 2009 du Centre Mossava sur le racisme

    Le rapport commence par ces mots, « Presque tous les jours un nouvel Arabe israélien est victime d’actions racistes  ». Mossawa documente 271 cas, dans diverses catégories, confirmés par la presse et des rapports de police. « La plupart de la documentation se rapporte aux faits, » pas aux individus, mais leur nombre total dépasse de loin les faits évoqués.

    Mossawa s’inquiète que les sévices des Territoires palestiniens occupés (TPO) franchissent progressivement la Ligne verte. Depuis le déclanchement de la Seconde Intifada (après la provocation d’Ariel Sharon le 28 septembre quand il est venu à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem), peu de confrontations entre citoyens arabes et israéliens s’étaient produites avant les violences d’Acre, en Galilée, en octobre 2008. Les incidents aujourd’hui « créent une séparation entre des communautés qui auparavant coexistaient pacifiquement.  » Résultat, les citoyens arabes israéliens sont confrontés à un avenir social, économique et culturel perturbateur.

    En plus d’Acre, des groupes organisés ont aussi agressé des civils arabes à Jérusalem, Tibériade, Nazarett Illlit, Carmiel et dans d’autres villes - ce qui laisse supposer qu’il y en aura d’autres si des mesures ne sont pas prises pour y remédier.

    Conclusions spécifiques de Mossawa

    De 2000 à 2008, 43 Arabes israéliens ont été tués. Une seule fois, un agent de police a été inculpé et condamné, et à seulement six mois de prison pour assassinat. Un autre agent a été accusé et est toujours en service, « ayant bénéficié du soutien » de son commandant.

    Depuis les procès des deux policiers, en 2006, les juges repoussent leurs décisions à six mois après la fin des procédures. De ce fait, les 13 familles des tués lors du déclanchement de l’Intifada attendent toujours que justice leur soit rendue, même si les recommandations claires de la Commission Or (créée pour l’enquête) n’ont pas été appliquées par le procureur général.

    Deux juifs qui ont tué des Arabes ont été admis en hôpital psychiatrique et déclarés incapable, et n’ont pas été jugés. Quatre ans après que Natan Zadah ait tué 4 arabes, les enquêtes se poursuivent. Après sa mort, 15 résidents de Shefaram sont interpellés, suspectés d’être impliqués. Quatre Palestiniens de Jérusalem-Est ont été tués après qu’on ait tiré sur eux à plusieurs reprises, « même une fois qu’ils étaient manifestement paralysés ». Aucune enquête n’a été ordonnée.

    La police a agressé et blessé 17 Arabes israéliens, une augmentation de 300% depuis 2008. Pendant la guerre de Gaza, la police a intensifié les violences et arrêté 700 citoyens arabes. Ils ne furent qu’un petit nombre à être inculpés.

    (JPG) Des civils juifs sont impliqués dans les incidents les plus racistes (environ 70), dix fois plus que l’année dernière. La plupart ciblent des Arabes et impliquent des agressions et des destructions de biens. Les incidents d’Acre en octobre 2008 ont conduit à faire expulser plus de 80 personnes de leurs maisons, la plupart avaient été « blessées à plusieurs reprises ». Même si elle a procédé à des arrestations, la police « a failli dans sa mission d’empêcher des confrontations de masses » et elle n’a pas arrêté les jeunes qui étaient impliqués dans les agressions d’Acre et Carmiel.

    Les membres de la Knesset, d’autres personnalités publiques, et des rabbins sont mêlés à 29 incidents racistes, spécialement durant la guerre de Gaza et dans les campagnes électorales, notamment par le biais d’articles dans la presse de masse. La Commission centrale des élections (CCE) n’a pris aucune mesure.

    Le New Israel Fund et l’Union du Football ont recensé 39 incidents racistes lors de compétitions, pas contre des Arabes mais contre des gens à la peau bien bronzée - chiffre qu’il faut comparer aux 32 cas recensés en 2008. 15 autres incidents « au profil racial et discriminatoire dans les services » sont relevés, un chiffre en baisse parce que maintenant les tribunaux imposent des amendes pour discrimination commerciale à base raciale.

    La Cour suprême, cependant, n’a pas abordé la situation sur les aéroports.

    10 cas de discrimination religieuse sont recensés, qui incluent notamment une destruction dans un cimetière et un autodafé de livres saints.

    La Knesset en 2008 a débattu de 12 projets de lois discriminatoires, et la Cour suprême n’a pas voulu toucher à la loi provisoire sur la Citoyenneté et l’Entrée en Israël, renouvelable tous les six mois. Elle rend les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza inéligibles aux permis de séjour s’ils sont mariés à un citoyen israélien, une mesure qui est préjudiciable à des milliers de famille chaque année.

    Les dirigeants arabes israéliens sont systématiquement délégitimés. « Les dirigeants politiques israéliens, le gouvernement, la police et les conseillers juridiques du gouvernement se servent de la menace démographique pour durcir leurs positions politiques à l’égard des dirigeants de la minorité arabe, » notamment en leur interdisant de se rendre dans les Etats de la région qui n’ont pas reconnu diplomatiquement Israël. En les obligeant également à accepter Israël en tant qu’Etat juif pour pouvoir être députés, autrement dit, en les obligeant à renoncer à leur propre patrimoine.

    Les dirigeants arabes qui contreviennent à ces dispositions sont soumis à enquête afin de les persécuter et les délégitimer. Pendant la guerre de Gaza, la police et les services de sécurité ont procédé à de nombreuses arrestations, en guise d’avertissement aux dirigeants arabes du pays. De plus, pour la troisième fois depuis le début des années 1990, la Commission centrale des élections a interdit à deux partis politiques arabes de se présenter aux élections nationales. Même si la Cour suprême a annulé cette décision, ça a jeté un froid dans la communauté arabe qui craint des mesures plus sévères à l’avenir.

    Des juifs ont été eux aussi victimes de racisme, spécialement parmi les immigrés russes et éthiopiens, de même que des homosexuels.

    Résumé des incidents racistes en 2008 et 2009 par le Mossawa

    Nature  : 2008  : 2009
    Violences policières depuis octobre 2000, nombre d’Israéliens arabes tués  : 41  : 42
    Autres violences policières contre des Israéliens arabes  : 6  : 17
    Agressions de civils juifs contre des Israéliens arabes  : 7  : 70
    Incitations raciales  : 27  : 29
    Discriminations religieuses  : 8  : 10
    Discriminations dans les services publics  : 26  : 15
    Cas de racisme liés au football  : 32  : 39 à mars 2009
    Délégitimations de dirigeants politiques arabes israéliens  : 15  : 23
    Projets de lois racistes à la Knesset  : 12  : 12
    Discriminations contre des immigrés russes et éthiopiens et contre des homosexuels  : 6  : 14

     :
     :
    Total  : 180  : 271

    Mossawa s’alarme devant l’augmentation des persécutions contre les Arabes israéliens et contre les Palestiniens sous occupation - on n’est pas loin peut-être d’être confrontés à des assassinats ciblés, à un nombre plus élevé de dépossessions, à des incarcérations massives et à la torture. Les Arabes israéliens sont déjà privés des droits qui sont accordés aux seuls juifs.

    Les sociétés civilisées acceptent que tous les citoyens soient égaux, ou supposés tels. Israël rejette cette norme, y compris pour des juifs défavorisés, rejetés au profits des plus privilégiés à la façon dont l’Amérique traite les minorités, les pauvres, les défavorisés, les immigrés latinos sans papier déclarés en illégalité, et les musulmans persécutés en tant que terroristes.


    (JPG) Né en 1934 à Boston, Massachusets, il obtient son diplôme universitaire en lettres et sciences humaines à Harvard en 1956 et la maîtrise de gestion de Wharton en 1960. Analyste de recherche en marketing dans une petite entreprise familiale de 1967 à sa retraite en 1999, il consacre depuis son temps à des causes progressistes sur le monde vital et des sujets nationaux, comme la guerre et la paix, l’impérialisme américain, la position dominante des entreprises, les persécutions politiques, et toute une série d’autres questions sociales, économiques et politiques.

    Voir son blog : http://sjlendman.blogspot.com/.

    Son adresse courriel : lendmanstephen@sbcglobal.net.

    Du même auteur :

    -  L’endoctrinement des jeunes Israéliens pour en faire des guerriers
    -  Défendre le sionisme : défendre l’indéfendable
    -  Punir Gaza


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  •   L’Union Européenne devrait-elle subventionner la sécurité d’Israël ?

    Ben Hayes   
    L’intégration d’Israël dans le programme européen de recherche lié à la sécurité  ébranle les engagements d’impartialité de l’UE au Moyen-Orient.


    Depuis que la Communauté Européenne a commencé à financer la recherche en 1984, autant les montants des fonds que la variété des sujets proposés ont considérablement augmenté (le dernier programme-cadre FP7 a un budget de 53 milliards d’euros sur sept ans). Il en va de même pour la participation de chercheurs extra-européens dans des projets accomplis en collaboration.


    Per capita, aucun pays non-membre de l’Union Européenne n’a autant bénéficié des largesses de l’UE qu’Israël. En effet, selon la Commission Européenne,  l’UE est maintenant deuxième à la Fondation des Sciences d’Israël en tant que source de fonds de recherche pour les associations académiques et les entreprises publiques israéliennes.


    De plus en plus, en Israël, ce fond abouti dans le secteur déjà en pleine expansion de la sécurité. Les revenus israéliens tirés des exportations de produits liés au contre-terrorisme atteignent maintenant, selon le gouvernement israélien, un milliard de dollars par an.


    Depuis qu’Israël a été intégré dans la « zone de recherche européenne », la Commission a conclu des douzaines de contrats lucratifs pour le plus grand plaisir d’Israël Aerospace Industries (une entreprise publique de fabrication de drones), de Motorola Israel (producteur de « barrières virtuelles » autour des colonies israéliennes) et d’Elbit Systems (l’une des plus grandes firmes privées de technologie militaire en Israël, qui prend en charge, autour de Jérusalem, des segments du « mur de séparation » construit entre les communautés juives et palestiniennes, pour reprendre le terme des Nations Unies).


    Quelques 58 projets de recherche liés à la sécurité de l’UE sont maintenant financés par les 1,4 milliards d’euros de la composante recherche-sécurité du FP7. Des compagnies et institutions israéliennes participent à 12 d’entre eux. Parmi ceux-ci, elles en dirigent et coordonnent cinq. Seuls la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France et l’Italie dirigent plus de projets.


    Parmi cette dernière tranche de contrats, il y a un projet de 9,1 millions d’euros dirigé par Verint Systems qui va livrer des  « données de champs dérivés » à des « managers de crise » dans des « centre de commandes et de contrôle ». (Ces contrats ont tendance à éviter des expressions telles que « surveillance » et « sécurité intérieure » en les remplaçant par des termes moins chargés de connotations.)
    Verint se décrit elle-même comme « un leader dans les entreprises d’optimisation d’effectifs et de solutions dans les services de renseignements pour la sécurité, incluant la vidéosurveillance, la sécurité publique et des solutions pour les transmissions et les investigations du renseignement ». Ce qu’elle fournit avant tout ce sont des espaces de travail pour la surveillance ainsi que des installations de vidéosurveillance et  de mise-sur-écoute. Verint est donc maintenant subventionnée par l’Union Européenne pour développer des systèmes de surveillance et de communication qui pourrait, au final, être revendus à des Etats-membres.


    La raison d’être de l’établissement du programme de recherche lié à la sécurité de l’UE était de mettre en valeur la compétitivité d’une industrie européenne naissante de sécurité intérieure. La Commission prétend que financer la sécurité intérieure d’Israël  est en parfait accord avec cet objectif (dans la mesure où cela va développer les « connaissances de base » de l’Europe).


    Mais la Commission devrait-elle donner plus d’argent à un secteur israélien de la sécurité déjà très florissant qu’à ses équivalents dans la plupart des Etats de l’UE ? Plus encore, doit-elle seulement le financer ? Le contrôle israélien de ce qui reste des territoires palestiniens dépend maintenant surtout du matériel et des logiciels de l’industrie de la sécurité intérieure. Ils constituent la suprématie militaire traditionnelle d’Israël.


    Par conséquent, l’UE risque de se rendre complice d’une armée qui fréquemment, accorde très peu d’importance à la vie et au gagne-pain des civils. Et ces subventions font apparaître une Union Européenne beaucoup moins impartiale dans le processus de paix.


    Aux yeux de nombreux Palestiniens, c’est déjà fondamentalement compromis. Au mois de septembre dernier, Javier Solana, qui a dirigé la politique étrangère de l’UE pendant une dizaine d’années, confiait à Jérusalem : « Israël est, permettez-moi de le dire, un membre de l’Union Européenne sans être un membre de ses institutions.
    « Aucun pays en dehors du continent n’a des relations comme celles qu’entretient Israël avec l’Union Européenne » a-t-il dit, ajoutant qu’ « aujourd’hui, l’Union Européenne a une relation plus forte avec Israël qu’avec la Croatie » (qui espère toujours devenir membre de l’UE en 2011).


    Apparemment, Solana ne se soucie pas que l’UE apparaisse neutre ou pas, ni comment le budget de la recherche est dépensé. Mais les contribuables européens souhaitent-ils que les administrateurs de l’UE allouent leur argent à une industrie qui se trouve au cœur d’un des enjeux géopolitiques les plus sanglants, les plus longs et les plus difficiles de notre époque ?


    Ben Hayes est un directeur de projet du groupe de libertés civiles Satewatch. Il tient également un blog sur le programme de recherche lié à la sécurité de l’UE.

     
    Traduit de l'anglais par Investig'Action Ici

    Source originale: Europeanvoice


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