• Vers une vie privée en réseau

     
     

    “Quand je signais mes mails avec mon identifiant et mon mot de passe, ce n’était pas seulement de la provocation : ma sécurité est basée sur le fait que je sauvegarde mes données, pas sur un secret qui risquerait – si je le croyais protégé – de m’être préjudiciable.”
    – Laurent Chemla

     

     

    Confessions d'un voleurPionnier de l’internet et auteur des “Confessions d’un voleur“, livre incontournable (et téléchargeable gratuitement) pour qui veut comprendre les valeurs (et l’histoire) de l’internet tel qu’il s’est développé dans les années 90, Laurent Chemla a une conception somme toute particulière de la vie privée.

    A l’instar de tous les professionnels de la sécurité informatique, il sait que la première chose à faire, pour se protéger, est de sauvegarder régulièrement ses données, sur un support externe, que c’est le meilleur moyen de résister, et survivre, à un plantage, un piratage, une saisie ou le crash d’un ordinateur : ce qui a -souvent- le plus de valeur, ce n’est pas le matériel, mais les données qui y sont stockées.

    Les professionnels de la sécurité savent également qu’il se trouvera toujours quelqu’un de plus compétent qu’eux, disposant de plus de moyens ou de temps, et qu’aucun système n’est sécurisable à 100%. On sait, d’autre part, que la sécurité des logiciels libres -dont le code source est librement consultable- est a priori plus fiable que celle des logiciels propriétaires, dont le code est un “secret“.

    D’une part, parce que personne ne peut vérifier que ne s’y trouve en fait une faille de sécurité, voire une porte dérobée ou un cheval de Troie. D’autre part, parce qu’on ne peut pas faire confiance à quelque chose de “secret” : un secret peut être découvert, extorqué, contourné, et somme toute préjudiciable, comme le résumait Laurent Chemla, “parce qu’alors je ferais confiance à ce mot de passe et que j’agirais donc comme s’il était impossible à craquer, ce qui serait toujours faux“.

    A rebours de la sécurité par l’obscurité, qui postule que le système est d’autant plus sécurisé que l’attaquant ne connaît pas dans le détail le fonctionnement du système, le principe de Kerckhoffs prône ainsi, et a contrario, la transparence, au motif que seule la clé doit rester secrète, et que la serrure sera d’autant plus sécurisée que son mécanisme peut être vérifier, et valider, par les pairs.

    S’inspirant des postures de John Brunner qui, dans Sur l’onde de choc, livre “pré-cyber-punk” publié en 1974, prophétisait que la liberté passerait par le fait que tout sur tout soit rendu public, et de Bill Thompson, éditorialiste à la BBC qui en appelle à un “nouveau Siècle des Lumières” basé sur la libre circulation et le partage des données, Laurent Chemla estime même que “le meilleur moyen de protéger l’individu, c’est que tout soit public” :

    “Il faut en finir avec la notion de vie privée. Il faut en finir avec la notion d’information confidentielle ou secrète. L’information veut être libre, et elle le sera.”

    D’une part, parce que cela permettrait de déborder ceux qui font profession de nous surveiller de torrents de données quasi impossible à endiguer, ce que l’on a vu, par exemple, avec les attentats du 11 septembre 2001, qui auraient peut-être pu être évités si seulement les services de renseignement américain avaient réussi à analyser correctement les données qui, pourtant, étaient à leur disposition.

    BigBrotherWatchMais, et surtout, cela aurait également pour effet que “les surveillants seraient eux aussi surveillés, ce qui détruit tout le modèle économique des sociétés qui font leur beurre des données personnelles qu’elles “possèdent”. Tous les pouvoirs basés sur le secret ou la détention d’information confidentielle seraient réduits à néant. Mais est-ce si grave ? Et quels sont-ils, ces pouvoirs, en fait ?” :

    “Aucun régime totalitaire ne survivrait dans une transparence totale. Pas de corruption possible, pas de secret défense, pas de mot de passe. Au final, seuls ceux qui voudront exercer un quelconque pouvoir (politique, médiatique…) seraient surveillés par tous.

    Tout le monde saurait que je couche avec la femme du voisin ? La société n’a qu’à s’adapter à ce fait nouveau et au final ça n’intéresserait plus personne (à part le voisin) passé l’attrait de la nouveauté. Parce que ça ne servirait à rien de vouloir découvrir ce que ne cache pas son voisin.”

    La vie privée des uns commence là où elle confirme celle des autres

    A contrario, Lawrence Lessig, fondateur du Centre pour l’internet et la société à l’école de droit de Stanford, et grand défenseur des libertés sur le Net, estime pour sa part que le rêve d’une société transparente est aussi celui d’une société totalitaire, et que la transparence fragilise plus la démocratie qu’elle ne la renforce :

    “Comment pourrait-on être contre la transparence ? Ses vertus et son utilité publique semblent si évidentes. Pourtant, je m’inquiète de plus en plus d’une erreur au fondement même de cette bonté incontestée. Nous ne sommes pas suffisamment critiques sur où et comment la transparence fonctionne, ni sur les risques de confusion, voire pire, qu’elle entraîne.

    Je crains que le succès inévitable de ce mouvement – s’il est mené seul, sans aucune sensibilité à la complexité de l’idée d’une disponibilité parfaite de l’information – ne finisse par inspirer, non des réformes, mais le dégoût. Le “mouvement de la transparence nue”, comme je l’appelle, n’inspire pas le changement. Il va tout simplement faire disparaître toute confiance dans notre système politique.”

    Privacy is not a crimeDans la philosophie des Lumières, “la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres“. Ce qui, reformulé positivement, peut également s’entendre comme “la liberté des uns commence là où elle confirme celle des autres“. Se pourrait-il que, de même, “la vie privée des uns commence là où elle confirme celle des autres” ?

    Ainsi, si Jeff Jarvis a fait le choix de révéler son cancer de la prostate, estimant qu’il avait plus à y gagner qu’à y perdre, il n’en a pas moins mis des limites à l’exposition de sa vie privée, et il ne parle pas, par exemple, de sa sexualité : sa femme pourrait ne pas apprécier.

    Si la vie privée se définit par le contrôle que l’on a sur ses données personnelles, et l’exposition (ou non) de son intimité, pour lui, il s’agit aussi, d’abord et avant tout, de ne pas non plus révéler d’informations attentatoires à la vie privée de quelqu’un d’autre.

    Cette limite vaut non seulement pour ceux qui décident de rendre publique une partie de leur vie privée, mais également pour ceux qui en prennent connaissance. Ainsi, une chose est de mettre en ligne, pour ses “amis“, des photos de soi dans une posture qui pourrait potentiellement déplaire à sa maman, une autre est de se la voir reprocher par son employeur… Néanmoins, il y a fort à parier que cette situation tende à se banaliser.

    La vie privée n’est pas morte

    A la toute récente conférence SXSW, la sociologue et ethnographe du numérique danah boyd rappelle ainsi quece n’est pas parce que quelque chose est “public” que l’on a pour autant envie que d’autres le rendent encore plus “public” :

    “Il existe une grosse différence entre quelque chose qui peut être publiquement accessible et quelque chose qui fait l’objet d’une publicité. Faire de la publicité à quelque chose qui, certes public, n’était guère visible peut s’apparenter à une violation de la vie privée.

    Il est facile de penser que “public” et “privé” sont deux choses binaires et bien séparées. Certaines estiment que tout ce qui n’est pas “public” est “privé”. Mais cette opposition ne suffit pas à comprendre ce que nous entendons par “vie privée”.

    Privacy is not a crimeLorsque l’on s’exprime dans un hall, ou un bar, on s’exprime en public, mais on attend des autres personnes présentes qu’elles ne s’immiscent pas dans la conversation. Dès lors, on peut parler, en privé, dans un espace public.

    Les murs ont peut-être des oreilles, mais c’est tout de même très rare. A contrario, dans les espaces et salons virtuels, les murs ont toujours des oreilles, mais également des micros. Et ce que l’on y a partagé, raconté, est indexé, archivé, répliqué, et peut même parfois être retrouvé via des moteurs de recherche…”

    danah boyd prend également grand soin de rappeler que tout le monde n’a pas forcément, ni vocation, ni intérêt, ni facilité particulière, à aborder sereinement le fait de devenir une personnalité publique : certains ne savent pas forcément s’exprimer facilement en public, d’autres préfèrent rester cachées ou anonymes (de peur de leur ex-mari, agresseur, etc.).

    D’autres, enfin, du fait même de leur statut de personnalité publique “IRL” (in real life), peuvent paradoxalement être incités à ne pas avoir de vie publique sur le Net, ou alors sous un autre nom. Quid, par exemple, des enseignants ? Peuvent-ils risquer d’évoquer sur le Net leur “vie privée“, croyances politiques ou religieuses, vacances ? Quid de leurs blogs, MySpace, ou Facebook ? Jusqu’où peuvent-ils ne pas être “que” les professeurs de vos enfants ?

    D’autres nouveaux outils vont venir compliquer les frontières de ce qui est public et de ce qui est privé, de ce que nous avons à y perdre ou à y gagner, rappelle danah boyd. La vie privée, pas plus que la vie publique, n’est en passe de disparaître, mais la technologie va continuer à en brouiller les cartes :

    “Le désir de vie privée n’a rien à voir avec le fait que nous aurions des choses à cacher, mais avec le fait que nous voulons garder le contrôle de nos données. Souvent, la vie privée n’a rien à voir avec le fait de se cacher, mais, au contraire, de créer des espaces où nous pouvons nous libérer, où exercer nos libertés. Et chercher à avoir encore plus de vie publique ne signifie aucunement renoncer à contrôler sa vie privée.

    Quel que soit le nombre de fois où vous entendrez un dirigeant, mâle, blanc et hétérosexuel d’une entreprise technologique pronostiquer la mort de la vie privée, rappelez-vous que “Privacy Is Not Dead” (la vie privée n’est pas morte). La vie privée, c’est le fait de pouvoir contrôler comment l’information circule, et comprendre les paramètres sociaux de sorte à pouvoir se comporter de manière appropriée.”

    Une ère de la transparence, du pardon et de la résilience

    Amy Bruckman, qui étudie l’influence des réseaux sociaux sur l’éducation, estime que la façon décomplexée qu’ont les jeunes de s’exposer en ligne, d’en rire ou de s’en moquer, ne peut finalement qu’inciter les citoyens à plus de tolérance, d’incompréhension et, in fine, de respect du “droit à l’oubli“… sauf à imaginer que la quasi-totalité des “natifs du numérique” puisse être de facto écartée des postes de pouvoirs, en attendant que la génération d’après ait appris à écarter tout risque d’être ainsi ridiculisé. Une perspective peu probable tout de même…

    Ccapote NoFollowCette alternative a le mérite de poser les termes du débat : il nous revient, collectivement, de décider si nous voulons aller vers plus de tolérance, vers une société de sousveillance décomplexée où tout le monde a le droit d’observer tout le monde (dans le respect de ce que l’on a décidé de rendre public, ou pas), ou bien si nous voulons d’un monde encore plus sécuritaire, coincé, une société de surveillance et de suspicion qui ne connaîtrait pas le pardon, et qui opposerait ceux qui auraient le droit nous surveiller, et de nous sanctionner, et ceux qui n’auraient que le droit de se taire.

    En tout état de cause, et dans la mesure où les données seront de plus en plus nombreuses, et facilement accessibles, dans la mesure où nous serons, dans le même temps, de plus en plus interconnectés, il sera probablement de plus en plus facile de retrouver la trace de certaines de nos erreurs (de jeunesse, ou pas), même si celles-ci sont ensevelies sous des volumes toujours plus grands de données.

    Reste que, et c’est probablement plus important, l’internet est un espace public, un vecteur de socialisation, et nous n’y faisons pas tant d’erreurs que cela, d’autant que celles des autres nous servent aussi d’exemples à ne pas suivre.

    Sans forcément connaître la nétiquette, qui définit les règles du savoir-vivre sur l’internet, tout internaute apprend ainsi rapidement qu’IL NE SERT À RIEN DE CRIER SUR LES GENS en leur écrivant en majuscule, et qu’il est généralement contre-productif de s’énerver (sauf à vouloir gagner un point Godwin), que les insultes ou les menaces peuvent vite vous êtes reprochés, etc.

    Bravo, vous avez gagné un point Godwin

    Si les moteurs de recherche n’oublient rien, les êtres humains, si, ne serait-ce que parce qu’ils apprennent à faire avec. Citant David Weinberger, Jeff Jarvis estime ainsi qu’”une ère de la transparence doit aussi être une ère du pardon“. Encore faudrait-il peut-être plutôt parler, en l’espèce, de résilience, à savoir la capacité qu’ont les êtres humains de faire face à un choc, d’y résister, et d’apprendre à vivre avec.

    Doux rêve, utopique voire fleur bleue ? Pas forcément, dès lors que l’on estime que ce ne sont pas les ordinateurs, non plus que des tiers ordonnateurs, qui doivent contrôler les êtres humains, mais que c’est bien aux citoyens d’être maîtres de leurs données, et destins.

    Quand les utilisateurs réclament le contraire de ce que prévoit la loi pour les protéger

    Aux Etats-Unis, certains “libertariens“, hostiles par principe à toute forme de régulation par l’Etat, qualifient ainsi de “paternalisme de la vie privée” la propension qu’ont certains à considérer que les utilisateurs seraient trop bêtes, ou moutons, pour parvenir à protéger tout seuls leur vie privée sur l’internet, et qu’il faudrait le faire à leur place. De fait, le débat tourne généralement autour de trois propositions :

    • protéger les gens par la loi, et l’imposer aux prestataires, comme aux utilisateurs, ce que fait déjà la CNIL, par exemple,
    • donner aux gens la possibilité de “paramétrer” les “préférences” des logiciels et services web qu’ils utilisent, ce que font les “services du web 2.0,
    • faire pression, en tant que consommateurs, pour que les éditeurs ne nous mettent pas “à poil sur le Net” à l’insu de notre plein gré, ce que font les utilisateurs avertis de ces questions.

    De récents travaux de recherche révèlent une quatrième voie, en s’intéressant à la façon qu’ont les internautes, non pas tant de parler de ce qu’ils entendent par “vie privée” (ce qui renvoie, forcément, au “paradoxe de la vie privée“), mais aux moult manières qu’ils ont, concrètement, de la protéger.

    En l’espèce, on découvre que le problème relève moins de la notion de “vie privée” que de celle de dignité, et que la solution a moins trait aux “cases à cocher“, non plus qu’aux interdits érigés par la loi, qu’aux nouvelles formes de socialisation et de rapports humains que génèrent l’internet.

    Facebook privacy settings

    C’est en tout cas la thèse de deux professeurs de droit, Avner Levin, du Privacy & Cyber Crime Institute, et Patricia Sánchez Abril, de la School of Business Administration de Miami, dans un article intitulé “Two Notions of Privacy Online” (deux notions de la vie privée en ligne).

    Après avoir interrogé 2500 utilisateurs des réseaux sociaux de 18 à 24 ans sur leurs perceptions et pratiques de la vie privée en ligne, ils en sont arrivés à la conclusion que la perception que l’on se fait d’ordinaire de la vie privée est erronée, et que ni la législation, ni les mesures d’autorégulation, non plus que les conditions générales d’utilisation ou les chartes de protection de la vie privée des réseaux (ou silos) sociaux, ne répondent à leurs attentes, en tant qu’utilisateurs, non plus qu’à leurs pratiques, en tant qu’internautes.

    Alors que l’objet même des réseaux sociaux est de faciliter les interactions sociales, le “contrôle” des informations qui y sont stockées, et donc de sa vie privée, n’y sont généralement perçue que sous le seul angle des données sensibles qu’il conviendrait de sécuriser.

    Or, les utilisateurs ne sont pas des administrations, non plus que des entreprises privées. Et si l’on attend effectivement des responsables des fichiers clients, sociaux ou policiers que les données qu’ils contrôlent ne soient pas interconnectées, ou utilisées en-dehors du cadre de ce pour quoi elles ont été collectées, a contrario, nos données n’acquièrent jamais autant de valeur, dans les réseaux sociaux, que lorsqu’elles génèrent du lien social, et des interactions…

    Comme le résument les deux chercheurs, “les individus qui se socialisent en ligne attendent de leurs réseaux qu’ils améliorent et non qu’ils entravent leur vie sociale“. Dit autrement : leur présence, sur ces réseaux, a d’autant plus de valeur que les données qu’ils y publient sont lues, commentées et partagées par d’autres utilisateurs. Manière, non seulement de renforcer les liens avec leur communauté, mais également d’entrer en contact et de partager des informations avec de nouveaux “amis” potentiels.

    Or, l’approche juridique de la protection de la vie privée va précisément à l’encontre de l’interconnexion et du croisement des fichiers… On est au coeur du “paradoxe de la vie privée“.

    La vie privée ne se résume pas à des cases à cocher

    Les “paramètres” et “préférences“, en terme de confidentialité, sont-ils à même de répondre positivement à ce paradoxe ? On peut en douter.

    Facebook proposait ainsi, jusqu’à ce que, en décembre 2009, ce réseau social modifie son approche de la “privacy“, 7 façons de contrôler “qui peut vous trouver dans une recherche, ce qu’ils peuvent voir et comment ils peuvent vous contacter“, 10 façons de contrôler la rediffusion de ce que vous publiez sur les murs de vos amis, 16 façons de contrôler qui peut voir les informations de sa page de profil, et 22 façons de contrôler ce que les autres utilisateurs peuvent voir via les applications ayant accès à votre profil… soit quelque 55 cases à cocher ou menus déroulants censés nous aider à protéger notre vie privée…

    Depuis, Facebook propose 12 menus déroulants permettant de définir qui peut accéder à son “profil” (”Tout le monde / Amis et leurs amis : Amis uniquement / Personnaliser” -s’ensuit un long menu déroulant permettant d’inclure ou d’exclure tels ou tels de ses “amis“), et les différentes pages qui le composent :

    . A propos de moi
    . Informations personnelles
    . Date de naissance
    . Opinions politiques et religieuses
    . Famille et relations (situation amoureuse, sexe qui vous intéresse et relations que vous recherchez)
    . Formation et emploi
    . Photos et vidéos dans lesquelles vous avez été identifié(e)
    . Albums photos
    . Mes publications
    . Autoriser mes amis à publier sur mon mur
    . Publications de mes amis
    . Commentaires sur les publications

    Histoire de parfaire le tableau, rajoutons-y 9 façons de paramétrer la confidentialité de ses coordonnées (”Pseudonyme de messagerie instantanée, Téléphone mobile, Autre numéro de téléphone, Adresse actuelle“, etc.), 5 menus déroulants permettant de gérer les “applications et sites web que l’on veut partager (ou pas) avec ses “amis“, etc.

    Les paramètres de confidentialité de Facebook

    Sous couvert de rendre à l’utilisateur le contrôle de ses données -et incidemment de protéger l’éditeur de toute velléité de plainte ou de poursuite-, cette profusion de “préférences” a tout d’une usine à gaz ne permettant que marginalement à l’internaute de contrôler (ou pas) ce qu’il partage (et avec qui). Pour beaucoup d’utilisateurs, cette complexité ne fait que renforcer la confusion plutôt que de l’éclairer.

    Or, non seulement il est relativement illusoire de parvenir à maîtriser une telle usine à gaz, mais cela ne permet aucunement, par ailleurs, de contrôler ce que d’autres peuvent révéler sur ces mêmes réseaux de votre vie privée, non plus que ce qu’ils pourraient faire suivre sur d’autres réseaux.

    Or, rappellent les deux chercheurs, la notion de vie privée concerne moins le fait qu’une donnée personnelle ne soit pas rendue publique que le fait qu’elle ne sorte pas d’un cercle plus ou moins restreint d’amis ou membres de la famille : rien ne vous permet d’éliminer votre nom d’une photo compromettante publiée par un ami par exemple, hormis de lui écrire pour lui demander de la retirer ou de retirer la mention de votre nom.

    Ceux qui partagent des informations sur le Net savent bien qu’ils n’ont plus vraiment de contrôle une fois qu’elles sont mises en ligne, mais ils font confiance à leurs réseaux et amis, et sont indignés lorsqu’elles fuitent ou sont exploitées au-delà de ceux à qui elles étaient initialement destinées, ou lorsqu’elles sont exploitées afin de ternir leur image, dignité ou réputation.

    FacebookFriends

    Mais pour cela, il faut veiller à contrôler les cercles concentriques qui composent nos relations, et choisir pour chaque information à quel niveau de relation elle s’adresse, ce qui est loin d’être simple avec la plupart des outils sociaux à notre disposition, d’autant que l’on a tendance à y avoir des relations sociales au sens large, accueillant plus souvent des gens que nous connaissons à peine que nos amis les plus proches. Dans ce cadre, chacun doit plutôt s’attendre à des fuites qu’à la préservation de son intimité…

    La vie privée ? Une question de dignité

    Si une information ne peut plus vraiment être qualifiée de “privée” dès lors qu’elle a été rendue publique sur le réseau, cela ne signifie pas pour autant que ceux qui l’y ont postée ont tiré un trait sur toute notion de vie privée.

    A contrario, estiment les chercheurs, les utilisateurs de silos sociaux ont développé une nouvelle perception et appréhension de la “vie privée“, qu’ils qualifient de “vie privée en réseau” et selon laquelle une information est et demeure privée dès lors qu’elle reste confinée au réseau ou cercle d’amis au sein desquels ils l’ont eux-mêmes rendue publique, ou jusqu’à tant qu’elle n’affecte pas leur réputation numérique, lorsqu’elle est republiée par des tiers.

    1003privacyLes deux chercheurs estiment ainsi que la protection de la vie privée en ligne relève moins des fonctionnalités et paramètres associés à la notion de “contrôle” de son profil, que de la notion de respect de la “dignité” et de la réputation numérique de l’internaute.

    Dès lors, les services et réseaux sociaux feraient mieux de s’intéresser à la personnalité de leurs utilisateurs et clients plutôt que de se réfugier derrière des paramètres techniques souvent confus, sans parler des conditions générales d’utilisation (CGU), moins destinées à protéger leurs clients qu’à éviter que ces derniers ne puissent porter plainte contre les responsables techniques et administratifs des réseaux sociaux.

    De fait, elles sont systématiquement illisibles : non seulement elles ne sont généralement accessibles qu’en cliquant sur un “?“, un obscur “CGU” ou en note de bas de page, mais elle sont également, et systématiquement, présentées, soit dans une petite fenêtre (alors que le texte en question est fort long), soit dans un .pdf, en corps 8, et dans un langage que seuls les juristes peuvent comprendre.

    Les CGU, tout comme les “préférences” ou “paramètres” de confidentialité ne sont aucunement pensées, conçues ni présentées pour faciliter la vie des utilisateurs, non plus que pour leur permettre de (re)prendre le contrôle de ce que font les sites web et réseaux sociaux de nos données : leur seul objectif est de protéger l’éditeur du “service” en question de tout risque de poursuite et de procès.

    La voie, à la fois technique et légale, serait à rechercher du côté de la protection des dommages sociaux, économiques et en terme de dignité, que pourraient entraîner une faille de sécurité, ou une fuite de données :

    “Partant du constat qu’il n’y a pas de contrôle technologique possible en terme de dissémination des informations en ligne, la loi et les chartes des réseaux sociaux doivent se recentrer sur le fait de protéger l’édification de la vie privée en tant que dignité – une notion de “vie privée en réseau” d’ores et déjà embrassée par les utilisateurs de réseaux sociaux.”

    L’article 1 de la loi informatique et libertés, adoptée en 1978 et qui a depuis servi de socle fondateur à la majeure partie des législations internationales en matière de vie privée, ne dit pas autre chose : “l’informatique doit être au service de chaque citoyen (et) ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques“.


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  • l’hypothèse de la misère comme volonté politique

    De nombreux économistes, philosophes, politiques, imaginent et préconisent diverses solutions susceptibles d’améliorer le sort des pauvres, en dénonçant avec force la politique conduite par nos chers dirigeants. Étonnés, parfois scandalisés par les conséquences de certaines réformes ou mesures entreprises, ils mettent souvent en garde contre celles-ci, qui à leurs yeux vont favoriser l’extension de la misère et permettre l’enrichissement de ceux qui sont déjà riches. Ces gens-là parlent d’erreurs politiques, d’aberrations économiques, d’absence de morale ou d’aveuglement, et s’instaure peu à peu une sorte de dialogue de sourds, dans lequel les uns ne comprennent pas qu’on puisse défendre certaines mesures, les autres qu’on puisse les critiquer.

    La crise économique, que certains avaient prévu, est pourtant bien la conséquence des actions menées par les gouvernements qui, bien qu’ils s’en défendent, savaient bien eux-aussi qu’elle allait arriver. Et qui savent bien aussi comment la faire cesser : par plus de justice sociale, plus de taxes sur les riches, plus d’emplois dans les services publics, moins de spéculation, moins de privilèges, moins de corruption…

    Cette dichotomie entre ce qu’il faudrait faire et ce qui est réellement fait entraîne une sorte de schizophrénie, qui définit la politique actuelle. Les gouvernements, qui font mine de travailler pour le bien du peuple et la baisse des inégalités, emploient un argent fou dans une communication qui serait ridicule si elle n’était pas scandaleuse : faire semblant de prendre les problèmes à bras le corps, alors qu’en réalité ils ne cherchent qu’à approfondir ces problèmes. Les preuves en sont le taux de chômage, les nombreux conflits sociaux, l’écart creusé entre la minorité qui s’enrichit et la majorité qui s’appauvrit.

    Pourquoi cette erreur, ces erreurs ? à la lumière des conséquences de la gestion de cette crise économique, on devrait pouvoir dire sans hésiter que les mesures sont contre-productives du point de vue du discours officiel : les inégalités se creusent, il n’y a pas à revenir là-dessus.

    Une fois ce constat établi, il faut donc aller plus loin dans la réflexion : pourquoi les gouvernement s’entêtent-t-ils dans leurs erreurs, en font-ils de nouvelles, et surtout nous tiennent-il toujours le même discours rassurant, malgré ce qu’ils savent aussi bien que nous ?

    On serait tentés de répondre qu’ils sont pris à la gorge par le pouvoir financier, le capitalisme, ou la mondialisation, et que malheureusement ils n’ont pas le choix : il faut supprimer les services publics, renforcer les entreprises, revoir les budgets sociaux à la baisse…

    Pourtant, et dans le même temps, on s’aperçoit que les banques, les assurances, les grandes multinationales (pharmacie, pétrole, armement…), tout ce que la terre compte de riches- et de « stratégique »- ne subit pas la crise. Au contraire même. On s’aperçoit par exemple que si l’âge des départs en retraites va être reculé pour la plupart,  en face, les privilèges de nos hommes politiques et autres « serviteurs de l’Etat » (on ne dit pas « serviteurs du peuple ») vont être maintenus.

    Et si on ajoute à cette réalité les liens officiels qui existent, par l’intermédiaire des lobbies et autres associations plus ou moins “fraternels”, entre le pouvoir politique et le pouvoir financier, il semble pourtant justifié de ne pas croire les discours nous promettant la « moralisation » d’un capitalisme qui arrange bien ces deux grands ensembles.

    La question qui se pose ensuite est donc logiquement celle du but recherché par cette sorte d’alliance tacite qui existe entre le pouvoir financier et le pouvoir politique. Mise en rapport avec l’augmentation des inégalités et la précarisation des masses, l’explication la plus plausible est celle d'une volonté réelle de nos dirigeants d’aboutir au terme d’un processus de divisions, d’appauvrissement, à la mise en place d’un rapport de force, d’une tension vive entre le peuple vis à vis de ses dirigeants. Cela peut paraître effectivement incroyable, ou totalement dénué de sens étant donné les règles démocratiques régissant nos belles contrées, mais permet d’expliquer de manière plus logique les réformes qui sont mises en place actuellement.

    Après avoir émis cette hypothèse, il est soudain plus facile de comprendre le décalage qui existe entre les discours et les actes de nos chers dirigeants : ce que les contradicteurs que j’évoquais au début de cet article prennent pour des erreurs n’en sont pas, car il existe une finalité à tout ceci, et le renforcement de la misère des peuples n'est qu’un moyen de parvenir à celle-ci.

    Regardons maintenant les effets des réformes qui ont été conduites par le gouvernement, et nous en comprendrons mieux l’objectif :

    • mise au pas de la justice, qui ne pourra à terme ni défendre les « petits », ni attaquer les « grands »
    • renforcement de la sécurité,  qui se traduit par une mise en place de la surveillance et du contrôle
    • modification des règles du travail, qui nuit essentiellement aux salariés et aux précaires
    • privatisation des services publics, qui conduit peu à peu à l’abandon du rôle de protection sociale théoriquement dévolu à l’Etat
    • protection des droits d’auteurs et des mineurs sur internet, qui engendre la possibilité d’éradiquer le dernier bastion de la contestation
    • définition de l’identité nationale, qui n’aboutit qu’à la fragilisation des communautés ainsi stigmatisées - sabotage de l’éducation, afin d’abrutir les consciences des générations futures
    • main-mise sur les médias, à la solde des financiers, ou du pouvoir, afin de diriger l'opinion publique

    On le voit bien à travers ces quelques exemples, les effets de ces lois soi-disant adoptées dans le but de protéger les plus faibles, ou d’assurer la sécurité dans notre pays, sont à l’inverse du but qu’elles sont censées atteindre : la sécurité s’effrite malgré les caméras de surveillance et les centres de rétention, le chômage continue d’augmenter, la misère se fait partout plus sensible.

    On serait tentés alors de se demander quel intérêt le gouvernement peut avoir à favoriser cette misère, et de faire se tendre les relations sociales, et même pourquoi, si tel était le cas, nos règles démocratiques ne nous permettraient pas de faire cesser tout cela… mais la réponse est tout aussi évidente.

    La démocratie n’est déjà plus qu’un souvenir, ou est en passe de le devenir. Le gouvernement ne cherche pas à régler la violence avec ses 900 000 gardes à vue, ni à assurer la sécurité avec ces milliers de caméras. Il ne cherche pas non plus à renvoyer chez eux des immigrés illégaux qui commencent à comprendre que la France n’est plus le paradis dont ils rêvaient. En réalité, il cherche à créer le climat de tension, à travers la misère, nécessaire pour rendre utile, dans quelque temps, les mesures qu’il est en train de prendre…tout en assurant à ces partenaires financiers la possibilité de se partager les fruits de leur mise en place. Si les entreprises de fabrication d’armes augmentent leur chiffre d’affaire de manière considérable (avec l’argent du grand emprunt), c’est bien pour, le moment venu, être en mesure de remettre en ordre ce qu’on a préalablement dérangé.

    Car face à un monde qui commence peu à peu à comprendre, par le biais des communications comme internet, qu’on le roule dans la farine depuis tant de temps, il fallait bien agir. En appauvrissant les masses, en les divisant de la manière qui est actuellement employée, il se peut que d’ici quelque temps elles aient le désir de se révolter, et c’est à ce moment que les réformes menées aujourd’hui seront utiles : les caméras, les centres de rétention, le passeport biométrique, la puce RFID, tout cela n’est pas pour aujourd’hui mais pour demain. D’ailleurs, il n’est pas innocent que notre président annonce une « pause dans les réformes » au cours de l’année 2011 : au moment où il sera déterminant de faire les « bonnes » réformes, la machine sera déjà mise en place.

    Ainsi, lorsque le système capitaliste s'effondrera pour de bon, toutes les mesures pour en établir un nouveau seront déjà prises, et permettront à nos dirigeants de conserver leur pouvoir…

    En utilisant cette hypothèse, tout devient à la fois plus logique, et surtout plus clair…mais ce n'est qu'une hypothèse !


    Caleb Irri Ici


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  • le respect, ça se mérite !

    Posté par calebirri le 17 février 2010

    Lorsque j’étais petit, mes parents répondaient parfois à mes insolences par cette phrase « tu nous dois le respect », phrase à laquelle je répondais effrontément par « le respect,  ça se mérite ! » ; je ne savais pas encore à quel point j’avais raison. Après un article sur « les droits et les devoirs  », j’ai été assez frappé de constater à quel point les êtres humains confondent le sens des mots. Si certains ont très bien compris le sens de ce précédent papier, d’autres voix se sont élevées contre celui-ci, argumentant sur l’évidente moralité du devoir citoyen de rendre à la société d’une autre manière la jouissance des droits qu’elle nous accorde. Ces contradicteurs d’apparence font à mon avis une erreur, car ils perçoivent le devoir comme étant précédant au droit, alors qu’en réalité la jouissance des droits permet simplement la naissance, en retour, d’un devoir moral librement consenti et absolument personnel.

    Ce devoir (qui ne peut être que moral) dépend de ce libre consentement. Il n’est pas tout à fait pareil de dire « tu dois payer tes impôts pour faire fonctionner le service public » que de dire « tu as le droit de voter librement pour quelqu’un à qui tu confies l’autorisation de déterminer la part d’impôts que tu t’engages à verser pour la contribution publique ». il n’y a qu’à regarder l’article 14 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Avoir le droit n’est pas être obligé. Ces deux notions (obligation contrainte et devoir moral) sont très différentes, et sont malheureusement confondues.

    Les devoirs impliquent inévitablement le rapport à l’individu, et à ce qu’il décide par lui-même de réaliser…ou pas. C’est une démarche éminemment personnelle : celui qui ne se sent pas devoir ne doit à personne, indépendamment de la morale commune. Les devoirs sont comme les promesses : elles n’engagent que ceux qui les font. Et on connaît qui les tient !

    Pour revenir au respect, c’est à vrai dire cette notion de devoir qui ne me plaisait pas dans la phrase prononcée par mes parents. Inutile de dire qu’ils méritaient mon respect, ni que je les respectais déjà en réalité. Mais je n’acceptais pas que l’on m’oblige à le faire. C’était en quelque sorte un devoir dont je ne voulais pas m’acquitter. Et pour cause. C’est parce que le respect ne peut que se donner, et jamais s’exiger. Un respect exigé n’est que de la crainte. J’estimais donc mes parents dignes de respect, mais considérais inconsciemment que celui-ci ne pouvait m’être imposé de fait. Et je ne les craignais pas.
    Il est donc beaucoup plus difficile d’obtenir le respect que la crainte, car il prend le risque de disparaître à tout instant. Il en est de même pour les devoirs : les véritables devoirs sont ceux qu’on ne peut contraindre à rendre, et ceux qui croient que le « devoir » est une obligation sont les mêmes que ceux qui confondent la crainte et le respect.

    Ils désirent le respect mais obtiennent la crainte, ou rêvent de devoirs rendus par la force.

    C’est cette transformation du sens des mots qui est à l’origine de l’incompréhension de bien des hommes entre-eux : ils emploient le même mot pour exprimer des choses différentes, et s’épuisent à s’expliquer, alors qu’ils devraient d’abord s’entendre sur le sens des mots qu’ils utilisent. Si les politiques en profitent et en jouent, la déformation est tout d’abord culturelle car elle nous touche tous dans la vie de tous les jours.

    Qu’il y ait nécessité d’une contribution citoyenne pour obtenir des services publiques est certain, mais qu’on ne confonde pas avec une obligation : il n’y a qu’à regarder les évadés fiscaux, qui visiblement ne sentent pas ce devoir.
    Qu’un professeur exige le respect de la part de ses élèves, et il en obtiendra au mieux des moqueries, au pire de la crainte.
    Que les administrations rendent un service public n’est pas le résultat du devoir de chaque fonctionnaire, mais celui du contrat qu’ils ont signé avec leur employeur.

    Finalement, on devrait dire que l'Etat a des obligations (et non pas des devoirs) envers le peuple, c’est à dire qu’il craignent l'exercice des droits des citoyens. Mais si les citoyens veulent se faire respecter, il faut tout d’abord qu’ils en soient dignes, en choisissant leurs dirigeants selon leur libre consentement, « éclairé », et non par l’imposition d’une quelconque obligation (qu’on veut appeler « devoir citoyen ») du vote entre deux candidats qui ne méritent pas, dans ces conditions, qu’on les respecte.


    Caleb Irri


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  • Décolorons GreenWashing et mascarades écolos

    Greenwashing est un terme anglophone pouvant être traduit par "verdissement d'image". Le greenwashing consiste à mettre en avant les efforts d’une entreprise en termes de développement durable et de protection de l’environnement, alors même que ces efforts ne sont pas réels, ou moins avancés que ce qui est prétendu en termes de communication. Le greenwashing est donc surtout présent dans les publicités mais il est également utilisé pour désigner le rapprochement d'une entreprise avec l'ONU dans le cadre du Global Compact (Pacte Mondial en français). Avec ce pacte, les entreprises s’engagent à aligner leurs opérations et leurs stratégies sur dix principes universellement acceptés touchant les droits de l’homme, les normes du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption.

    Comment ça marche ?
    Les slogans des publicités utilisent des mots ou des expressions qui évoquent la protection de l’environnement et le développement durable. Il s’agit de faire naitre un lien entre le produit et la nature dans l’esprit du consommateur.
    Les images et les photos des publicités représentent des paysages naturels et préservés, ou des animaux sauvages, qui incitent le consommateur à associer le produit mis en vente avec la protection de la faune et de la flore.
    Une marque qui fait du greenwashing suggère que ses produits sont bénéfiques pour l’environnement, ou qu’elle fait des efforts en ce sens, même si ce n’est pas vrai.
    Le greenwashing peut aussi consister à faire un focus sur un point particulier du produit donnant à penser qu’il protège l’environnement. Il laisse généralement des zones d’ombre sur les procédés de fabrication ou des éléments de composition moins reluisants ou moins attractifs.

    Qui l’utilise ?
    Il n’existe pas de généralité, bien sûr, mais globalement plus le produit vanté est polluant, plus le greenwashing peut être présent, à titre de compensation. De ce fait, l’industrie automobile abuse du greenwashing en mettant en avant une consommation et des émissions faibles, l’utilisation de matériaux recyclés, de biocarburants…

    Quelles en sont les conséquences ?
    Lorsqu’une entreprise dépense plus d’argent pour faire de la communication verte que pour faire évoluer se méthodes, elle induit le consommateur en erreur de manière intentionnelle. Mal informé, le consommateur peut être amené à faire les mauvais choix, encourageant ainsi la poursuite de ces pratiques, au détriment de la protection environnementale et des entreprises respectueuses de l’environnement.

    Que peut-on faire ?
    L’éco-consommateur doit rester vigilant quant aux sirènes vertes des publicités de produits polluants. Il lui incombe de s’informer au maximum sur les produits consommés. Toute publicité qui camoufle des éléments, qui utilise des arguments douteux, mensongers ou invérifiables, doit l’alerter. Face à publicité mensongère ou inexacte, des sites vous permettent de porter plainte pour faire cesser ces pratiques. Il est également important de prêter attention aux labels, à la composition des produits, à leur provenance, ainsi qu’à leur mode de consommation.


    Source : Greenzer

    Flagrants délits de GreenWashing !

    Pour y voir clair, examinons quelques récentes campagnes se positionnant dans l'axe «écologique». Pour se faire nous nous baserons sur 5 critères (voir Greenwashing.com) déterminant si oui ou non cette publicité est une mascarade écologique :

    1.La pub jongle avec les mots afin de nous faire croire en un aspect écologique qui en réalité n'est pas.
    2.La pub utilise des images associées à l'environnement dans le seul but de paraitre écologique.
    3.La pub présente un fait ou un slogan flou nous laissant croire à un bénéfice environnemental.
    4.La pub exagère la qualité ou le rendement écologique de son produit/entreprise.
    5.La pub camoufle des faits importants instaurant le doute et la confusion chez le consommateur.










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  • ( Sic transit gloria mundi est une locution latine signifiant en français « Ainsi passe la gloire du monde ».

    Lors de la cérémonie d'intronisation d'un nouveau Pape, il est de coutume qu'un moine se présente par trois fois devant lui pour brûler à ses pieds une mèche d'étoupe et lui annoncer « Sancte Pater, sic transit gloria mundi » : « Saint Père, ainsi passe la gloire du monde ». )

    :-) ...

    Nous avons reçu cela de notre ami Bamba de " www.damnesdelaterre.com " :


    Urbi et Orbi


    Envers mes camarades et proches qui naïvement croient aux histoires des nouvelles années

    Bravo, croire que le monde va changer un beau matin en se
    fixant un jour et une heure bien précis pour éponger et régler tous ses
    problèmes antérieurs par un coup de baguette magique. On va vite déchanter.

    Ce genre d’attitude est appelé : se voiler la face.
    Alors ceux qui combattent ou rejettent le tchador ou la burqa,
    je vous apprends si vous ne le savez pas, que vous en portez un que vous
    refuser de voir. L’effet miroir que vous renvoient les femmes qui assument leur
    retrait de la société en se voilant vous est insupportable. Mais oui ! Vous
    portez vous aussi un voile. Levez-vous et allez vous regarder les yeux dans les
    yeux devant une glace, vous allez vite comprendre la différence entre être et
    paraître.

    Ceux qui croient qu’en se levant aujourd’hui, la situation
    de nos pays va changer sans bouger le petit doigt, vont vite être déçus.

    Non : le chômage ne va pas baisser, les sans logis ne
    vont pas trouver de logement, les précaires ne verront pas leur situation
    financière s’améliorer, nos enfants ne trouveront pas un meilleur cadre pour
    leur avenir. L’environnement continuera à être pourri.

    Mais oui, chers camarades, rien n’a changé et rien ne changera
    sur cette base, vous pouvez toujours rêver.



    2012 est déjà là ! Et tout le monde refuse de voir que
    la famille politique se débarrasse petit à petit du prince. Que faisons-nous
    pour nous mettre en place ensemble, pour au moins espérer un changement en 2012 ?
    Nous savons aujourd’hui ce que nous perdons, avez-vous pensé à ce que l’on va
    gagner ?

    Si vous avez confiance en la bande présidentiable pour 2012,
    vous êtes de grands naïfs, de vrais enfants gâtés du capitalisme, bien élevés
    dans sa culture et sa philosophie. Oui, mes chers ! L’habitude est une seconde
    nature.

    Vous croyez à Strauss-Kahn ? Bayrou ?
    Ségolène ? Aubry ? Dany l’ex-rouge devenu vert de gris ?
    Fabius ? De Villepin ? Ou peut-être Marine, pourquoi pas ? On a
    failli avoir son père, qui est passé largement devant ce que l’on appelle la
    gauche et il a fallu que toute cette bande de borgnes dans un pays d’aveugles
    s’unisse pour reprendre le coffre-fort de notre si belle France.



    Nos larmes coulent encore pour la petite Tiphaine et nous
    venons d’apprendre un autre cas horrible qui vient de se passer au Carrefour de
    Lyon. Un SDF vient de se faire massacrer par des vigiles pour une canette de
    bière. Et voilà, quand on ne sait pas qui on est et où on va, on est manipulé,
    poussé à retourné son arme contre soi-même.

    Les puissants peuvent rester tranquilles, ils pourront
    continuer à se servir des opprimés contre des opprimés. Ces vigiles me font de
    la peine, ils viennent d’éliminer l’un des leurs, pour le compte de qui ?
    Pour protéger les intérêts de qui ? Que c’est triste !



    La situation politique dans ce pays vacille, trébuche, il
    suffit d’un tout petit crochet de pied pour la voir les quatre fers en l’air.
    Il est temps d’oser porter ce coup de grâce. De mettre fin à ces « à toi », « à
    moi » que nous joue cette bande politique depuis plus de vingt ans, de
    l’UMP à son aile gauche le PS. Avez-vous oublié que Chirac était un poulain de
    Mitterrand, que Strauss-Kahn est bien aidé par Sarkozy et qu’aujourd’hui Dany
    le rouge se croit tellement fort suite à son résultat des européennes passées,
    mais j’ai peur qu’il déchante vite. Mon cher Dany, fais attention, ne t’emballes
    pas trop vite. Tu as obtenu ce résultat dans une élection où le quorum était
    loin d’être atteint avec plus de 60% d’abstention. Tu dis que Bayrou est un
    minable qui ne sera jamais président de la république. Ce qui veut dire pour
    toi qu’on n’a jamais eu de chefs d’Etat minable ? Hé ben, tu t’approches
    mon vieux, bravo !

    Je suis déçu, j’attendais plus du PG et du NPA. Ne cherchez
    pas à vous approcher de la gamelle.

    Au PG, à Mélenchon : Je n’ose pas penser que vous ayez créés
    ce nouveau parti uniquement pour avoir votre part de gâteau. Si ton parti
    confirme cette ligne qu’il a essayé d’emprunté depuis le début de sa création,
    qu’il disparaisse aussi vite qu’il a été crée ! Si c’est pour permettre au
    PCF d’avoir du sang neuf pour rebondir, ce parti qui a tellement maigri qu’il a
    du mal à atteindre 3% de l’électorat français. Et tout ça à cause, par exemple,
    de ses prises de position opportunistes depuis 1981.Alors de grâce, ressaisis-toi !


    Au NPA, je vais être très bref : il ne suffit pas de
    changer de nom, nous t’attendons sur le terrain, pour mettre en pratique ton
    programme.

    Comme vous le savez, écrire un programme qui accroche n’est
    pas difficile. Mais nous jugeons sur ce qui se pratique. En gros, apprenons, à
    croire ce qui se fait au lieu de ce qui se dit.


    Je ne fermerai pas cette page sans faire quelques rappels.


    Je poursuis en vous donnant une information parue dans le
    Petit Varois. Cette information concernait deux cailleras de l’époque, qui
    aujourd’hui font parti de la classe dirigeante de notre pays. Je leur rappelle
    à eux et leur bande qu’ils ne gèrent pas aujourd’hui ce pays, comme ceux qui le
    géraient à l’époque où eux faisaient des braquages. On leur a donné une chance
    en leur temps, et cette chance qu’ils ont eue, ils ne la donne pas aux jeunes
    d’aujourd’hui.

    Regardez bien leurs noms et prénoms.





    Voilà mon urbi et orbi : Espiritu
    Santi, que Dieu vous garde mes enfants.

    Rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau bilan. Si je
    ne rejoins pas d’ici là mon petit frère Christian. ( Alias Sous Marin Vert )


    Encore un mot à mes camarades « anticapitalistes » :

    Mes chers anticapitalistes, à toi, petit frère
    Olivier : le capitalisme se nique à la racine, une lutte de libération
    nationale s’impose dans les pays où il puise ses forces, là où est Total, Elf,
    Areva, et Cie. Lutte pour que les prix des matières premières
    ne se décident plus à Londres ; Lutte à côté des peuples d’Afrique pour les
    libérer des valets qui représentent le capitalisme mondial et qui ne sert que
    les intérêts de leurs maîtres ; Lutte pour soutenir les peuples Irakiens
    et Afghans.

    Oui, mon grand ! En luttant devant les usines pour que
    50 ou 60 personnes soient réintégrées, c’est jouer le jeu du capitalisme en lui
    permettant de vivre, et aux personnes à peine de survivre. Même chose pour la
    régularisation des sans-papiers : on les régularise et après, on les remet
    à qui ? A Bouygues et Cie qui leur versera des salaires misérables toute
    leur vie. Ne penses-tu pas, que c’est à la source qu’il faut reprendre ce
    problème humain. Aide-les à se débarrasser de leurs gourous et à libérer leur
    pays. Cela contribuera à une vraie lutte contre le capitalisme.

    Travaillons concrètement pour en finir avec ce fléau. Tu
    sais comment ? Arrêtons de les servir. Juste pendant un mois. C’est à dire
    une grève générale. Tu verras le résultat. Ce n’est pas gagné mais c’est
    possible. Quelques rappels : Au milieu des années 70, le parti communiste
    français dépassait les 20%, comment en étions-nous arrivés là ? Par un bon
    travail, en allant partout à la rencontre des citoyens, débattre, lutter avec
    eux quotidiennement. Ce travail a amené le résultat que l’on a connu en 81, ne
    t’y trompe pas. Et depuis qu’ils l’ont abandonné, on ne les reconnaît plus.

    A bon entendeur, salut.


    Ps : A mes
    proches : j’ai bien reçu vos messages de vœux de nouvel an, comme vous le
    savez tous, je vous aime très fort, mais je ne suis pas de ceux qui croient à
    ces conneries là. Aides-toi, le ciel t’aidera.


    Bamba Gueye Lindor,

    Le 1er janvier 2010

    Source Ici


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  • http://www.archive-host2.com/membres/images/77561342/santons_Vierge/Vierge_Jouve_Seguret_ecran2007-01-13_45JPG.jpgC’est une terrible nouvelle que vont sans doute relayer tous les médias de France et peut-être même d’Europe.

    On se demandait si des symboles français allaient être souillés par des iconoclastes, de tristes individus qui contestent les valeurs historiques de la France.


    Ils ont osé, les fourbes ! Ils ont osé s’attaquer à la religion chrétienne, l’une des valeurs racines de La France comme l’a si bien dit le président de la république. Ils ont osé s’en prendre au Christ si cher au cœur des français authentiques, ces descendants de Charles Martel et des croisés. Ce sont des misérables!!

     

    Cela ne fait aucun doute, c’est téléguidé par des islamofascistes. Ils ont voulu frapper là où ça fait mal.. Au cœur de l’identité chrétienne dans un village du cœur de La France.

    J’attends le commentaire d’Ivan Rioufol dans Le Figaro, l’analyse de Caroline Fourrest dans Le Monde et le prochain bloc-note de BHL dans Le Point. L’Express y consacrera sûrement un dossier complet avec une vidéo de Christophe Barbier.

     

    Ils sauront nous dire en quoi nous devons nous préparer au pire maintenant.

     

    Car les faits sont gravissimes. Le gouvernement ne doit pas rester sans réagir, lui qui fait tout pour que les valeurs de la France chrétienne ne subissent pas l’influence des mécréants cosmopolites issus de l’immigration maghrébine et subsaharienne.

     

    A La Ferté St Cyr, dans le Loir et Cher, une crèche de Noël avait été montée devant la mairie. Le week-end dernier, des vandales ont carrément décapité Jésus et sa mère, la vierge Marie, l’enfant a même été arraché des bras de sa mère. Les personnages étaient volumineux et en bois. Les sauvages ont dont utilisé une scie, ce qui en dit long sur la préméditation de leur geste.

    La police a déjà un indice: le boeuf et l'âne ont été épargnés ce qui l'amène à considérer qu'il existe sûrement un front commun entre des alterécolos de l'ultra gauche protecteurs des animaux et les islamistes.

    Source Ici 


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  • Un peu de repos, certain(e)s diront encore, d'autres enfin ...


    Quelques sites et blogs où vous trouverez de bonnes infos  ... Faut pas perdre la main !!

    http://www.dazibaoueb.fr/index.php

    http://miltondassier.over-blog.com/archive-11-2009.html

    http://sarkobasta.blogspot.com/

    http://www.legrandsoir.info/

    http://www.primitivi.org/

    http://ruminances.unblog.fr/

    http://cettesemaine.free.fr/

    http://letacle.canalblog.com/archives/2009/11/index.html

    http://les-batisseurs-d-abimes.over-blog.com/

    http://torapamavoa.blogspot.com/

    http://toutsaufsarkozy.com/

    http://kamizole.blog.lemonde.fr/

    http://sarkofrance.blogspot.com/2008/06/et-si-rachida-dati-ntait-quune.html

    http://www.protection-palestine.org/

    http://www.secoursrouge.org/index.php

    http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/

    http://www.agenciapulsar.org/seccion.php?ids=6

    http://www.elcorreo.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=34

    http://www.telesurtv.net/

    Et plein d'autres ... voir dans les liens à l'accueil ...


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  • Depuis Proudhon et Marx, rien n’a changé : Propagande et capitalisme marchent main dans la main

    Les années ont beau défiler, les hommes vivent et meurent, mais les idées politiques socialistes anarchistes ou révolutionnaires, elles, demeurent plus que jamais d’actualité, à notre époque où le capitalisme continue de ronger l’os de l’humanisme.

    Pierre Joseph Proudhon, écrivain et sociologue français, le premier à se revendiquer comme militant anarchiste, écrivait dans son livre paru en 1858 « De la justice dans la révolution » :<o:p></o:p>

    "Le peuple voudrait en finir or il n’y a pas de fin. Qui dit révolution dit progrès et par cela même conservation. Il n’y a qu’une seule révolution. La révolution d’il y a 18 siècles s’appelait "Évangile" : l’égalité de tous les hommes devant Dieu. L’autre révolution s’appelait "les Lumières" : l’égalité de tous devant la raison. Une troisième révolution fut politique et s’appela "contrat social" : l’égalité de tous devant la loi. La justice a sonné sa quatrième heure, sa devise : l’égalité de tous devant la fortune. La révolution devait fonder la société, elle n’a songé qu’au gouvernement. "
    Pierre Joseph Proudhon, 1858.

    151 ans après, qu’est-ce que qui a changé ?


    J’ai envie de rajouter à cet extrait du livre de Proudhon qu’une cinquième révolution fut cybernétique, et s’appela : "Nouvelles Technologies de l’information et de la communication (NTIC)" : la liberté de tous devant la désinformation.


    Il est plus facile maintenant pour la classe dirigeante, dont la sphère médiatique fait office de troupe d’infanterie de première ligne dans l’armée capitaliste, d’user de la désinformation pour maintenir la pyramide sociale et le capitalisme. Plutôt que pour un gouvernement, déclarer la guerre à un pays. Et pour cause, l’extension de la logique du marché à toutes les sphères productives de l’économie privée oblige le monde journalistique à produire de l’information aussi vite qu’une usine produira du yaourt à écouler en quantité astronomique sur un marché de grande distribution.

    Accélérer et rentabiliser l’information, signifie aussi ne pas prendre le temps de vérifier les sources, d’enquêter, d’analyser les sujets…et ainsi répéter les stéréotypes idéologiques. Par la propagande, (simple propagation des idées) il leur est donc possible de faire en sorte que les gens continuent de voter (pour ceux qui protégeront les intérêts privés), d’éviter la révolte populaire révolutionnaire, et d’inciter le contribuable à consommer les fruits des besoins des entreprises sans cesse renouvelés. Par exemple, pour qu’il croit au mythe que représente le besoin de travailler plus pour financer la répartition sociale de la sécurité sociale. Qu’il croit qu’Obama est un sauveur, et que l’OTAN doive continuer à massacrer faire la guerre au Moyen Orient pour exporter paix et démocratie.
    <o:p></o:p>

    Voila comment le petit monde de l’autocensure mass-médiatique et de la sélection des programmes audiovisuels contribue à détruire tout débat public, la liberté d’expression qui va avec, à endormir le cerveau du citoyen moyen docile. De telle sorte que ceux qui s’écartent du royaume de la pensée unique n’ont pas leur place chez madame Démocratie, laissant une place infime aux alternatives citoyennes.

    Enfin, tous ces rouages au service du grand dieu Capital, tendent à se sentir libres là où on ne l’est pas. Cette révolution des technologies pousse aussi sans cesse à vouloir contrôler les informations émises par les individus, par des centres d’interception des données numériques aux quatre coins de la planète, opérés par les services de renseignement intérieurs des États, notamment de la NSA américaine.

    De telle sorte que toute conversation téléphonique, tout enregistrement personnel ou courrier électronique sur internet peut être intercepté par les agents espions du renseignement, si les messages correspondent aux codes de sécurité programmés dans les bases de données informatiques : chaque individu qui a la malchance de dire à répétition des mots faisant partie du système de flicage international (militants pacifistes ou dissidents politiques) deviendra la cible, et sera épié en permanence, mis sur écoute par ces centres d’interception des données. (Voir le documentaire « Échelon, le pouvoir secret » sur les réseaux de télésurveillance mondiale) Tout cela allant bien sûr de concert avec l’ordre capitaliste contractuel : si pas d’espionnage, pas de compétition entre les entreprises transnationales pour remporter des marchés. <o:p></o:p>

    Mais comme l’a démontré Noam Chomsky, mieux vaut une campagne de propagande, un matraquage publicitaire permanent, pour provoquer le consentement nécessaire, plutôt que des coups de bâtons. Marx s’est trompé, le capitalisme ne s’autodétruira pas de lui-même...<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Samuel Métairie<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    http://sam-articles.over-blog.com


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  • Récidive criminelle : bienvenue dans « le meilleur des mondes »...

    L’Assemblée nationale s’apprête à examiner, les 17 et 18 novembre prochain, le projet de loi tendant à « amoindrir le risque de récidive criminelle ».

    Initialement inspiré du rapport du premier président de la Cour de cassation, ce projet a été totalement remanié après l’arrestation de l’agresseur de Marie-Christine Hodeau.

    Examiné désormais en urgence, ce projet de loi se présente sous une forme très technique et apparaît donc quasiment illisible pour ceux qui ne sont pas au fait de la législation pénale en matière d’exécution des peines.

    Pourtant, ce texte comporte des dispositions tellement attentatoires à nos principes démocratiques qu’il exige un vrai débat public.

    Quatrième loi sur la récidive en à peine 4 ans, ce projet s’inscrit dans une surenchère répressive qui emprunte aux nostalgiques de la peine de mort leur philosophie obscurantiste et repose sur le postulat que le délinquant restera, quoiqu’il advienne, un « homme dangereux » qu’il faut donc surveiller et contraindre sa vie durant.

    Peu importe que cette doctrine ait déjà démontré son inefficacité en terme de lutte contre la délinquance – laquelle, selon les statistiques officielles, ne cesse d’augmenter ces dernières années malgré un dispositif répressif sans égal - il s’agit de poursuivre une politique aveugle qui réduit le délinquant à son acte et lui conteste toute capacité réelle d’évolution.

    Peu importe que la notion même de dangerosité ne soit pas réellement définie et puisse donc être l’objet de tous les arbitraires, il s’agit, en son nom, de restreindre le champ des libertés pour s’inscrire dans une logique de sûreté et donc de méfiance généralisée envers tous ceux qui, un jour, ont enfreint la loi.

    A peine votée, la loi sur la rétention de sûreté de février 2008 est ainsi élargie puisque le seuil permettant d’y recourir est abaissé.

    Le projet prévoit également de généraliser le recours à la « castration chimique », y compris pour les condamnés qui n’ont jamais commis d’infraction sexuelle ! Il foule aux pieds le secret médical, pierre angulaire de la relation de soins, en prévoyant pour le médecin traitant une obligation de dénonciation au juge.

    Dans une démarche de défiance vis à vis du juge, les concepteurs du texte n’hésitent pas à accorder au parquet des pouvoirs exorbitants comme celui de délivrer des mandats en lieu et place du juge qui n’aurait pas juger utile d’y recourir.

    Un condamné pourra également être retenu « le temps nécessaire », sans statut et sans droits, lorsqu’il n’aura pas respecté une mesure de surveillance de sûreté.

    Les mesures de surveillance sont multipliées sans limite et sans fondement puisque l’on va jusqu’à prévoir, après une libération conditionnelle réussie, la possibilité de placer sous surveillance de sûreté et donc possiblement en rétention de sûreté, un individu réinséré...

    On balaie en somme d’importants principes de l’Etat de droit au nom d’une « guerre » contre la dangerosité dont personne n’est en réalité capable de définir les contours.

    Mais, le texte ne s’arrête pas là. Poursuivant dans cette idéologie de la méfiance, il resserre l’étau contre tous ceux qui ont eu un jour affaire à la justice. Il prévoit ainsi de soumettre au prélèvement génétique(,) les personnes dispensées de peine par le tribunal. Grâce au vieil adage selon lequel il n’y a (a) pas de fumée sans feu, il s’agit doncd’étendre inconsidérement le fichage : le fait de comparaître une fois en justice pour des faits si mineurs qu’ils n’entraînent pas de condamnation serait malgré tout l’indice d’une dangerosité à de surveiller…

    En démocratie, la fin justifie-t-elle les moyens ? Est-on prêt à tant de sacrifices pour nos libertés au nom d’une lutte contre la récidive qui sera de toute façon illusoire tant la prévention ne peut se résumer à la surveillance et au contrôle médical ?

    Croit-on vraiment que c’est par un simple traitement de « castration chimique » que l’on combattra la délinquance sexuelle ?

    Le courage politique consisterait à admettre qu’en matière de réadaptation il n’existe pas de réponse miracle, que la peine doit avoir un terme pour permettre au condamné réinséré de ne plus être systématiquement ramené à son acte, que la lutte contre la récidive dépend avant tout des moyens donnés en milieu ouvert comme en prison pour permettre une prise en charge éducative, sociale et éventuellement médicale, utile à l’individu comme à la société.

    De ce débat pourtant essentiel, il ne sera évidemment pas question. La frénésie sécuritaire emporte tout sur son passage et notamment notre capacité à penser sereinement. Dans l’esprit de nos gouvernants, il faut « surveiller et punir » en instrumentalisant la souffrance des victimes.

    Cet engrenage infernal est sans fin. Parions que le prochain fait divers constituera une nouvelle occasion pour durcir le dispositif. La prédictivité de la dangerosité étant impossible, c’est finalement toute la population qu’il faudra surveiller et contrôler. Nos gouvernants ne rêvent-ils pas d’une société où la vidéo surveillance serait généralisée afin d’épier chacun et éviter un potentiel passage à l’acte, où le prélèvement ADN se ferait à la naissance pour être certains d’avoir dès l’origine fiché le délinquant à venir, où nos moindre faits et gestes seraient répertoriés dans un fichier ad hoc ?

    Le Syndicat de la magistrature dénonce cette société orwelienne que l’on nous prépare. Il s’insurge contre ce nouveau projet de loi qui, au prétexte de lutter contre la récidive, tourne le dos à l’humanité au profit d’une croyance dans le « criminel né » qui a tant inspiré l’idéologie fasciste.

    Il appelle tous les démocrates à engager le débat et à s’opposer à ce cauchemar obscurantiste.

    Récidive criminelle : bienvenue dans « le meilleur des mondes »...    
    (PDF - 68 ko)

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