Le débat sur "l'identité nationale" commence manifestement à porter ses fruits. Il y a quelques jours, à la sortie d'une "rencontre république" dans une préfecture, dixit Eric Besson, le maire UMP de Gusainville, André Valentin, avouait sa terrible angoisse devant "les vagues d'immigrés qui déferlent sur la France", comme ils disent au Front National, en déclarant: "Y’en a déjà dix millions, dix millions que l’on paye à rien foutre." Et lorsque le journaliste de France 2 lui demandait s’il pensait qu’il "y a trop d’immigrés", il précisait "Sérieusement, je le crois". Et d'affirmer:"Il est temps qu’on réagisse parce qu’on va se faire bouffer"
Aujourd'hui, c'est au tour d'un lieu de culte de faire l'objet d'un attentat raciste, xénophobe et islamophobe. La mosquée Bilal de Castres dans le Tarn a été profanée dans la nuit de samedi à dimanche par des inconnus qui ont y taggé des propos obscènes, nazis et des croix gammées tels que "Sieg heil", "La France aux Français" "White power" sur les murs extérieurs, photo ci-dessus, à rapporté l'Agence France Presse. Des pieds de cochon ont également été suspendus à la poignée du portail. Sur la porte, des oreilles de cochon avaient été agrafées et des affiches placardées sur lesquelles étaient dessinés des drapeaux français.
Après ça, qui peut encore nier que le débat sur "l'identité nationale" sent le souffre ? SOS Racisme a condamné la profanation, qui "vise très clairement, de la part des auteurs de ces méfaits, à laisser entendre qu'un musulman ne saurait être Français", et déplore "la libération de la parole raciste, libération que le débat sur l'identité nationale permet et organise."
Du côté de la majorité "présidentielle", les députés UMP et Nouveau centre du Tarn, Bernard Carayon et Philippe Folliot, ont affirmé, pour l'un, qu'"il faut beaucoup de médiocrité et de haine pour s'attaquer aux lieux sacrés qui rassemblent les croyants" et condamnant, pour le second "de la manière la plus absolue" ce qu'il juge être une "provocation".