• Les vastes réserves afghanes de gaz naturel et de pétrole : "la guerre en vaut la peine"

    Michel Chossudovsky
    Le Grand Soir


    La guerre contre l’Afghanistan est une « guerre de ressources » à but lucratif.

     
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    La province de Ghazni semble n’avoir guère à offrir, mais une étude du Pentagone révèle qu’elle peut possèder les plus grands gisements de lithium au monde.
    (The New York Times - Tyler Hicks)

    Le bombardement et l’invasion de l’Afghanistan en 2001 ont été présentés à l’opinion publique mondiale comme une « guerre juste », une guerre contre les talibans et Al-Qaida, une guerre pour éliminer le « terrorisme islamique » et établir une démocratie à l’occidentale.

    Les dimensions économiques de la « guerre mondiale au terrorisme » (GMAT) sont rarement mentionnées et la « campagne de contre-terrorisme » post-11 septembre a servi à occulter les objectifs réels de la guerre des États-Unis et de l’OTAN.

    La guerre contre l’Afghanistan relève d’un programme à but lucratif : c’est une guerre de conquête économique et de pillage, une « guerre de ressources ».


    (JPG) Même si l’Afghanistan est reconnu comme un foyer stratégique en Asie centrale, aux frontières de l’ex-Union Soviétique, de la Chine et de l’Iran, au carrefour de routes de pipelines et d’importantes réserves de pétrole et de gaz naturel, son énorme richesse minière ainsi que ses réserves de gaz naturel inexploitées sont demeurées totalement inconnues du public étasunien jusqu’en juin 2010.

    Selon un rapport conjoint du Pentagone, de l’US Geological Survey (USGS) et de l’USAID, on dit maintenant de l’Afghanistan qu’il possède des réserves minières inexploitées et « jusqu’alors méconnues », estimées péremptoirement à un billion de dollars. (New York Times, U.S. Identifies Vast Mineral Riches in Afghanistan - NYTimes.com, 14 juin 2010. Voir aussi BBC, 14 juin 2010).


    « Les gisements jusqu’alors méconnus, dont de gigantesques filons de fer, de cuivre, de cobalt, d’or et de métaux industriels cruciaux comme le lithium, sont si grands et contiennent tant de minéraux essentiels à l’industrie moderne que les représentants étatsuniens croient que l’Afghanistan pourrait éventuellement être transformé en un des plus importants centres miniers du monde.

    Un mémo interne du Pentagone mentionne par exemple que l’Afghanistan pourrait devenir "l’Arabie Saoudite du lithium", une matière première clé dans la fabrication de piles pour les ordinateurs portables et les BlackBerrys.

    La vaste étendue de ces richesses minérales en Afghanistan a été découverte par une petite équipe de représentants du Pentagone et de géologues étasuniens. Le gouvernement afghan et le président Hamid Karzaï en ont été informés récemment, ont affirmé des officiels étasuniens.

    Bien que le développement d’une industrie minière puisse prendre de nombreuses années, le potentiel est si grand que des représentants et des dirigeants de cette industrie croient que cela pourrait attirer de gros investissements avant même que les mines soient profitables, en offrant des emplois qui pourraient distraire une population en guerre depuis des générations.

    « Il existe ici un potentiel sensationnel », a affirmé le général David H. Petraeus, commandant de l’United States Central Command [...] « Il y a beaucoup de « si », bien sûr, mais je crois que cela est potentiellement très important »

    La valeur des gisements miniers nouvellement découverts minimise la taille de l’actuelle économie afghane, dilapidée par la guerre et largement basée sur la production d’opium et le trafic de narcotiques, ainsi que sur l’aide des États-Unis et d’autres pays industrialisés. Le produit intérieur brut de l’Afghanistan est seulement d’environ 12 milliards de dollars.

    « Cela deviendra l’armature de l’économie afghane », a déclaré Jalil Jumriany, un conseiller du ministre afghan des Mines. (New York Times, op. cit.)


    Selon le New York Times, l’Afghanistan pourrait devenir « l’Arabie Saoudite du lithium ». « Le lithium est une ressource de plus en plus cruciale, utilisée dans les piles de toutes sortes, des téléphones mobiles aux ordinateurs portables, et joue un rôle clé dans l’avenir de la voiture électrique ». À l’heure actuelle, le Chili, l’Australie, la Chine et l’Argentine sont les principaux fournisseurs de lithium sur le marché mondial. La Bolivie et le Chili sont les pays possédant les plus grandes réserves connues de lithium. « Le Pentagone effectue des levés au sol à l’ouest de l’Afghanistan. » Les représentants du Pentagone ont affirmé que leur analyse initiale à un emplacement dans la province de Ghazni a démontré un potentiel de gisements de lithium aussi grands que ceux de la Bolivie » (U.S. Identifies Vast Mineral Riches in Afghanistan - NYTimes.com, 14 juin, 2010, voir aussi Lithium - Wikipedia, l’encyclopédie libre)

    « Gisements de minéraux jusqu’alors méconnus » en Afghanistan

    L’« estimation » des « gisements jusqu’alors méconnus » à près d’un billion de dollars par le Pentagone est un écran de fumée utile. Le montant d’un billion avancé par le Pentagone est davantage forgé qu’estimé : « Nous savions ce qu’il y avait là, nous y avons jeté un coup d’œil et demandé ce que cela vaudrait aujourd’hui en termes monétaires. Le montant d’un billion semblait digne d’être signalé dans les nouvelles. » (The Sunday Times, Londres, 15 juin 2010, c’est l’auteur qui souligne)

    De plus, les résultats d’une étude de l’USGS (cités dans le mémo du Pentagone) sur les richesses minières de l’Afghanistan ont été révélées il y a trois ans à une conférence organisée en 2007 par la Chambre de commerce américano-afghane. Toutefois, la question de ces richesses minières n’était pas considérée digne d’être signalée à la presse à l’époque.

    Que l’administration étasunienne reconnaisse qu’elle a seulement pris connaissance des vastes richesses minières du pays après la publication du rapport de 2007 de l’USGS constitue une esquive flagrante. Les richesses minières et les ressources énergétiques de l’Afghanistan (incluant le gaz naturel) étaient connues à la fois des élites des milieux d’affaires et du gouvernement étasuniens avant la guerre soviéto-afghane (1979-1988).

    Des études géologiques menées par l’Union Soviétique dans les années 1970 et au début des années 1980 confirment l’existence de vastes réserves de cuivre (parmi les plus grande de l’Eurasie), de fer, de minerai à haute teneur en chrome, d’uranium, de béryl, de baryte, de plomb, de zinc, de fluorine, de bauxite, de lithium, de tantale, d’émeraude, d’or et d’argent (Afghanistan, Mining Annual Review, The Mining Journal, juin, 1984). Ces études suggèrent que la valeur actuelle de ces réserves pourrait en effet être considérablement plus élevée que l’« estimation » d’un billion de dollars annoncée par l’étude du Pentagone, de l’USGS et de l’USAID.

    Plus récemment, dans un rapport de 2002, le Kremlin a confirmé ce qui était déjà connu : « Ce n’est pas un secret que l’Afghanistan possède de riches réserves, particulièrement du cuivre au gisement d’Aynak, du minerai de fer à Khojagek, de l’uranium, du minerai polymétallique, du pétrole et du gaz » (RIA Novosti, 6 janvier 2002) :


    « L’Afghanistan n’a jamais été la colonie de quiconque : aucun étranger n’a jamais « creusé » ici avant 1950. Les minéraux se trouvent dans les montagnes de l’Hindu Kush, s’étendant, avec leurs contreforts, sur une vaste zone en Afghanistan. Dans les 40 dernières années, plusieurs douzaines de gisements ont été découverts dans le pays et la majorité de ces découvertes ont été sensationnelles. Elles sont toutefois demeurées secrètes, mais certains faits ont tout de même été rendus publics récemment.

    Il se trouve que l’Afghanistan possède des réserves de métaux ferreux et non-ferreux, et de pierres précieuses qui, si elles étaient exploitées, pourraient possiblement même remplacer les revenus de l’industrie de la drogue. On dit du gisement de cuivre d’Aynak au sud de la province d’Helmand qu’il est le plus grand du continent eurasien et son emplacement (à 40 km de Kaboul) rend son exploitation bon marché. Le gisement de minerai de fer à Hajigak, dans la province centrale de Bamian, offre pour sa part du minerai d’une très grand qualité et dont les réserves sont estimées à 500 000 tonnes. Un gisement de charbon a également été découvert non loin de là.

    On dit de l’Afghanistan qu’il est un pays de transit pour le pétrole et le gaz. Toutefois, peu de gens savent que les spécialistes soviétiques y ont découvert d’énormes réserves de gaz dans les années 1960 et ont construit le premier gazoduc du pays pour approvisionner l’Ouzbékistan. À l’époque, l’Union Soviétique recevait annuellement 2,5 billion de mètres cube de gaz afghan. Durant cette même période, on a découvert d’importants gisements d’or, de fluorine, de baryte et de marbre onyx d’une composition très rare.

    Cependant, les gisements pegmatitiques découverts à l’est de Kaboul sont véritablement sensationnels. Des gisements de rubis, de béryllium, d’émeraude, de kunzite et d’hiddénite que l’on ne trouve nulle part ailleurs s’étendent sur des centaines de kilomètres. Par ailleurs, les pierres contenant les métaux rares que sont le béryllium, le thorium, le lithium et le tantale sont d’une importance stratégique (on les utilise dans la fabrication d’aéronefs et d’astronefs).

    La guerre en vaut la peine (Olga Borisova, "Afghanistan - the Emerald Country", Karavan, Almaty, original en russe, traduit par BBC News Services, 26 avril 2002. p. 10, c’est l’auteur qui souligne.)


    Alors qu’on a nourri l’opinion publique d’images d’un pays en développement déchiré par la guerre et sans ressources, la réalité est tout autre : l’Afghanistan est un pays riche tel que le confirment les études géologiques de l’ère soviétique.

    La question des « gisements jusqu’alors méconnus » perpétue un mensonge. La grande richesse minérale est exclue d’un casus belli justifiable. Cet énoncé affirme que le Pentagone a seulement appris récemment que l’Afghanistan faisait partie des pays les plus riches en ressources minérales et qu’il est comparable à la République démocratique du Congo ou l’ex-Zaïre du temps de Mobutu. Les rapports géopolitiques soviétiques étaient connus. Durant la guerre froide, toute cette information était avouée dans les moindres détails :

    [...] Lors de l’exploration soviétique à grande échelle, de superbes cartes géologiques ont été produites ainsi que des rapports dressant la liste de plus de 1400 affleurements minéraux et d’environ 70 gisements commercialement viables [...] L’Union Soviétique a par la suite consacré plus de 650 millions de dollars à l’exploration et au développement de ressources en Afghanistan avec des projets incluant une raffinerie de pétrole capable de produire un demi million de tonnes annuellement, ainsi qu’un complexe métallurgique pour le gisement d’Aynak, lequel devait produire 1,5 millions de tonnes de cuivre par an. Dans la foulée du retrait des Soviétiques, une analyse subséquente de la Banque mondiale projetait que la production de cuivre d’Aynak pourrait éventuellement absorber annuellement à elle seule jusqu’à 2 % du marché mondial. Le pays jouit par ailleurs d’énormes gisements de charbon, dont l’un d’eux, le gisement de fer d’Hajigak dans la chaîne de montagnes de l’Hindu Kush à l’ouest de Kaboul, est jugé comme étant l’un des plus grands gisements à teneur élevée au monde. (John C. K. Daly, Analysis : Afghanistan’s untapped energy, UPI Energy, 24 octobre 2008, c’est l’auteur qui souligne)

    Le gaz naturel afghan

    L’Afghanistan est un pont terrestre. L’invasion et l’occupation de l’Afghanistan menée par les États-Unis en 2001 a été analysée par des critiques de la politique étrangère étasunienne comme un moyen de sécuriser le contrôle du couloir de transport stratégique transafghan, liant le bassin de la mer Caspienne et la mer d’Oman.

    Plusieurs projets de pipelines et de gazoducs transafghans ont été envisagés, dont le projet de pipeline TAPI (Turkménistan, Afghanistan, Pakistan, Inde) de 1900 km et d’une valeur de 8 milliards de dollars, lequel transporterait le gaz naturel turkmène par l’Afghanistan dans ce que l’on a décrit comme un « couloir de transit crucial ». (Voir Gary Olson, Afghanistan has never been the ’good and necessary’ war ; it’s about control of oil, The Morning Call, 1er octobre, 2009). L’escalade militaire dans le cadre de la guerre étendue d’« Afpak » est liée au TAPI. Le Turkménistan possède la troisième plus grande réserve de gaz naturel après la Russie et l’Iran. Le contrôle stratégique des voies de transport sortant du Turkménistan fait partie des plans de Washington depuis l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991.

    Cependant, on a rarement considéré dans la géopolitique des pipelines que l’Afghanistan est non seulement voisin de pays riches en pétrole et en gaz naturel, (par exemple le Turkménistan), mais qu’il possède aussi sur son territoire d’assez grandes réserves inexploitées de gaz naturel, de charbon et de pétrole. Dans les années 1970, les Soviétiques évaluaient « les réserves gazières afghanes "explorées" (confirmées ou probables) à environ 5 billions de pieds cube. Les réserves initiales d’Hodja-Gugerdag étaient évaluées à un peu moins de 2 billions de pieds cube » (Voir, The Soviet Union to retain influence in Afghanistan, Oil & Gas Journal, 2 mai, 1988).

    L’Agence d’Information sur l’Énergie (Energy Information Administration ou EIA) a reconnu en 2008 que les réserves de gaz naturel d’Afghanistan sont « substantielles » :

    « Puisque le nord de l’Afghanistan est "une extension du sud du bassin centrasiatique très fécond d’Amu Darya, susceptible de contenir du gaz naturel", l’Afghanistan possède des réserves de gaz naturel confirmées et probables d’environ 5 billions de pieds cube. » (UPI, John C.K. Daly, Analysis : Afghanistan’s untapped energy, 24 octobre, 2008)

    Dès le début de la guerre soviéto-afghane en 1979, l’objectif de Washington a été de conserver un point d’ancrage géopolitique en Asie centrale.

    Le trafic de drogue du Croissant d’or

    La guerre clandestine des États-Unis, à savoir son soutien aux moudjahidines, « combattants de la liberté » (alias Al Qaida), était également destinée au développement du trafic des opiacés du Croissant d’or, utilisé par les services de renseignement étasuniens afin de financer l’insurrection contre les Soviétiques (1).

    Instauré au début de la guerre soviéto-afghane et protégé par la CIA, le trafic de drogue est devenu au fil des ans une entreprise extrêmement lucrative de plusieurs milliards de dollars. Il s’agissait de la pierre angulaire de la guerre clandestine étasunienne dans les années 1980. Aujourd’hui, sous l’occupation militaire des États-Unis et de l’OTAN, le trafic de drogue génère des revenus monétaires de plus de 200 milliards de dollars dans les marchés occidentaux. (Voir Michel Chossudovsky, America’s War on Terrorism, Global Research, Montreal, 2005, voir aussi Michel Chossudovsky, Heroin is "Good for Your Health" : Occupation Forces support Afghan Narcotics Trade, Global Research, 29 avril 2007)

    Vers une économie de pillage

    En chœur, les médias étasuniens ont confirmé que la « récente découverte » des richesses minérales afghanes constitue « une solution » au développement de l’économie du pays, décimée par la guerre, ainsi qu’un moyen d’éliminer la pauvreté. L’invasion des États-Unis et de l’OTAN en 2001 ainsi que l’occupation, ont préparé le terrain pour l’appropriation de ces richesses par les conglomérats miniers et énergétiques occidentaux.

    La guerre contre l’Afghanistan est une « guerre de ressources » à but lucratif

    Sous l’occupation des États-Unis et des alliés, cette richesse minérale est vouée à être pillée par une poignée de conglomérats miniers multinationaux une fois que le pays sera pacifié. Selon les écrits d’Olga Borisova suivant l’invasion d’octobre 2001, « la guerre contre le terrorisme », menée par les États-Unis, « [sera transformée] en politique coloniale influençant un pays formidablement riche ». (Borisova, op cit).

    Une partie du plan des États-Unis et de l’OTAN est également de prendre tôt ou tard possession des réserves de gaz naturel de l’Afghanistan, ainsi que de prévenir le développement des intérêts énergétiques russes, iraniens et chinois dans le pays.

    Pour voir la carte des ressurces minières, cliquez ici.


    Note

    1. Le trafic des opiacés du Croissant d’or constitue à l’heure actuelle la pièce maîtresse de l’économie d’exportation de l’Afghanistan. Le trafic d’héroïne, institué au début de la guerre soviéto-afghane en 1979 et protégé par la CIA, génère des revenus monétaires dépassant les 200 milliards de dollars par an dans les marchés occidentaux. Depuis l’invasion de 2001, la production de narcotiques en Afghanistan s’est accrue de plus de 35 fois. En 2009, la production d’opium se chiffrait à 6900 tonnes, comparativement à moins de 200 tonnes en 2001. À cet égard, les revenus de plusieurs milliards de dollars résultant de la production afghane d’opium sont générés en grande partie à l’extérieur du pays. D’après les données des Nations Unies, les revenus du trafic de drogue revenant à l’économie locale sont de l’ordre de 2 à 3 milliards annuellement, comparativement aux ventes mondiales d’héroïne provenant du trafic d’opiacés afghans, lesquelles dépassent 200 milliards. (Voir Michel Chossudovsky, America’s War on Terrorism", Global Research, Montréal, 2005)


    Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur d’économie à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

    Du même auteur :

    -  La guerre et le gaz naturel : l’invasion israélienne et les gisements de Gaza en mer

     
     

    Article original en anglais, "The War is Worth Waging" : Afghanistan’s Vast Reserves of Minerals and Natural Gas, The War on Afghanistan is a Profit driven "Resource War" publié le 16 juin 2010. - Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

     

     


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  • Une armada de navires américains et israéliens se dirigent vers l’Iran

    Article placé le 20 juin 2010, par Spencer Delane (Genève)

    Douze navires de guerre américains et israéliens, dont deux porte-avions, ont franchi le Canal de Suez vendredi et se dirigent vers la mer Rouge, itinéraire le plus direct vers le golfe Persique depuis la méditerranée. L’objectif serait d’acheminer des troupes, des munitions et des véhicules blindés, dans cadre d’ultimes préparatifs avant d’engager un conflit militaire avec l’Iran.

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    Aucun média occidental n’a pour l’heure relayé cette information, pourtant confirmée par le journal israélien Haaretz, qui indique que plusieurs milliers de soldats égyptiens ont été déployés le long du canal de Suez, de sorte à veiller à la « sécurité du passage des navires ».

    Selon la version anglaise du quotidien hébreu Yedioth Ahronoth, le trafic dans le canal a été interrompu pendant plusieurs heures pour permettre le passage des navires de guerres, de même que la totalité des activités de pêche dans la zone ont été arrêtées ainsi que la circulation sur les ponts au-dessus du canal. Le Yedioth ajoute, en citant le général égyptien Amin Radi, qu’Israël « ne désire une guerre avec l’Iran que pour rester l’unique puissance nucléaire de la région ».

    Des membres de l’opposition égyptienne ont critiqué le gouvernement Moubarak pour sa coopération avec les États-Unis et les forces israéliennes, et permettre le passage de ces navires dans les eaux territoriales égyptiennes.

    Des députés du parti politique des Frères Musulmans ont également indiqués qu’ils considéraient l’événement comme une allégeance de plus du président Hosni Moubarak envers l’État juif et les États-Unis, et que la participation égyptienne à ces préparatifs de guerre étaient « un scandale international ». Ces députés ont encore ajouté qu’ils ne comptaient pas « s’asseoir les bras croisés » pendant que « le pays collabore a une guerre contre l’Iran ».

    Le 12 juin dernier, le Sunday Times avait révélé qu’Israël avait la permission de l’Arabie saoudite d’utiliser son espace aérien pour attaquer l’Iran.  « Dans la semaine qui a suivit les nouvelles sanctions imposée par le Conseil de sécurité de l’ONU à Téhéran, Riyad a accepté de permettre à Israël d’utiliser un couloir étroit de son espace aérien dans le nord du pays pour raccourcir la distance pour un bombardement de l’Iran », indique le journal. Une information catégoriquement démentie deux jours plus tard par l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Royaume-Uni, le Prince Mohammed ben Nawaf.

    Interrogé par le Teheran Times, le ministre de la Défense iranienne, Ahmad Vahidi, a indiqué que « Les Américains nous ont dit qu’ils allaient utiliser toutes les options contre l’Iran, nous vous annonçons que nous allons, nous aussi, utiliser toutes les options pour nous défendre ».

    Spencer Delane, pour Mecanopolis


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  • L'Iran fouillera les navires dans le Golfe si un de ses navires est fouillé
       
     

    L'Iran a annoncé qu'elle fouillera les navires étrangers dans le Golfe Arabe ** en cas de la mise en œuvre de la dernière résolution onusienne qui stipule la fouille de tous les navires destinés à l'Iran.
     
    Le vice-président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère au Parlement iranien Hussein Ibrahimi a affirmé que dès qu'un seul navire iranien sera fouillé, l'Iran procèdera à la fouille de plusieurs navires présents dans le Golfe, notamment dans le détroit d'Hermès.  
     
    Cité par l'agence de presse iranienne Mehr, Ibrahimi a ajouté que le Golfe et Hermès seront le champ de manouvres iraniennes dans ce domaine. "Celui qui a l'intention de nous faire du mal, subira plus de dégâts en contrepartie", a-t-il averti.   

    ** Je ne suis pas d'accord avec ce terme de "Golfe Arabe" pour ma part, il s'agit du Golfe Persique

    Source ici


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  • IRAK : CHRONIQUES D'UNE MORT ANNONCÉE

    Un jeune journaliste irakien annonce son assassinat
    par les escadrons de la mort dans l’Irak occupé

    Osman_Sardasht
    Auteur : Osman SARDASHT

    Il s’agit d’un des derniers articles que Sardasht Osman a écrit au mois de janvier 2010 juste après avoir reçu des menaces de mort. Sardasht Osman, âgé de 23 ans, a été assassiné le 6 mai 2010, après avoir été kidnappé par des hommes armés dans la ville d’Erbil sous contrôle du KRG. Il savait que cela arriverait.

    C’est derniers jours Ils m’ont dit que les occasions de respirer l’air seront rares, donc mes jours sont comptés. Mais peu m’importe de mourir ou d’être torturé ; j’attendrai ma fin, le dernier rendez-vous avec mes assassins. J’espère qu’ils m’offriront une mort tragique à l’image de ma vie tragique. Je dis cela pour que vous sachiez que dans ce pays la souffrance des jeunes est si grande que la mort est une de leurs options la plus probable. Pour que vous sachiez aussi que ce qui nous terrifie le plus, c’est de continuer à vivre et non pas de mourir. C’est le sort de mes petits frères qui reste mon plus grand souci, pas le mien. Face à ces menaces, ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’il y a encore beaucoup à dire avant de disparaître. Le problème de ce régime, c’est que la mort de ses enfants ne le dérange pas.

    Hier, j’avais averti le doyen de ma faculté que quelques jours auparavant, ils m’avaient humilié et menacé de mort. Il m’a répondu que ces faits étaient du ressort de la police. Tout de même ! Existe-t-il un pays au monde où une Université choisisse d’ignorer les menaces de mort adressées à l’un de ses étudiants et de ne pas se préoccuper du danger qu’elle court ? Il était du devoir du doyen de ma faculté de prendre en charge ce problème ; la responsabilité lui en incombait, ou incombait à l’université, puisque j’en suis membre. Cependant, je n’ai pas été étonné car depuis déjà pas mal de temps je sais que les universités de ce pays ne sont pas des havres de paix.

    J’ai donc pris contact avec le commissaire Abdeljaleq, directeur de la police d’Erbil. Celui-ci m’a dit : «  Les menaces que vous avez reçues par téléphone peuvent aussi provenir de l’étranger, ou peut-être s’agit-il d’un problème personnel. Ces menaces se répèteront probablement mais la ville d’Erbil est sécurisée et il ne peut y avoir de suites à des problèmes de ce type ». J’imaginais alors, en souriant ironiquement, qu’en effet, c’était certainement Sarkozy qui me menaçait. J’ai également réfléchi aux moyens de protéger ma vie, car l’un de mes amis, qui avait été frappé et humilié à cause de divers articles qu’il avait récemment publiés, avait finalement été amené à fuir la ville.

    Arrive que pourra, car je ne vais pas quitter cette ville, j’attendrai ma mort. Je sais que l’heure de ma mort va sonner, et qu’en fin de compte, le glas qui sonnera pour moi sonnera pour les jeunes de ce pays. Mais cette fois-ci, je ne me plaindrai pas, je n’informerai pas non plus les autorités compétentes. C’est une décision personnelle et j’en assume les conséquences. À partir de maintenant chaque mot que j’écris, je l’écris comme étant le dernier de ma vie. Comme Jésus Christ, je serai la vérité même. Je suis heureux car j’ai toujours quelque chose à dire bien qu’il existe toujours des gens qui ne veulent pas écouter. Mais plus nous faisons de révélations, plus ces gens s’inquiètent. Il ne nous reste donc plus qu’à continuer à dire la vérité pendant que nous sommes encore vivants et que, là où ma vie s’arrêtera, mes ami(e)s mettent un point et passent à la ligne suivante.

    Traduction : Esteban

    Révision . Michèle Maliane (Tlaxcala)

    ESPAÑOL, ENGLISH

    ***************
    Source:
    http://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=16311
    Article original publié le 10 mai 2010

    LE TACLE


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  •  

    Si je voulais donner de quoi se réjouir à mon esprit chauvin, je crois que je choisirais la nationalité iranienne.

    Voilà un pays qui se modernise, s’enrichit et évolue. Voilà un pays à l’histoire trimillénaire qui conserve sa fierté nationale contre vents et marées de propagande. Voilà un pays qui garde son sang-froid malgré la présence de plusieurs dizaines de milliers de soldats hostiles à son existence, louchant sur ses ressources énergétiques, à quelques encablures de ses frontières en Irak et en Afghanistan.

    Je ne ferais pas dans la naïveté et l’angélisme, étant bien conscient que le pays n’est ni un modèle de démocratie ni un exemple pour les droits de l’homme. Par contre, force est de reconnaître que l’Iran est un pays qui avance et se forge un grand destin.

     

    Regardez tout de même ! Dans le concert des nations, l’Iran vient de remporter trois grands succès diplomatiques.

    Le premier, c’est cette alliance stratégique qui se dessine peu à peu avec la Turquie, la Syrie et la Russie.

    Le deuxième, c’est d’avoir su faire plier le gouvernement français sur l’affaire Clotilde Reiss. Un échange de la jeune sous-traitante de la DGSE contre l’assassin de Chapour Baktiar qui a pris du temps pour que l’opinion publique française pense qu’il n’y a pas eu de contre-partie.

    Le troisième, c’est l’accord conclu avec la Turquie et le Brésil pour l’échange d’uranium comme le souhaitaient les occidentaux. Sauf que l’accord se fait sans eux. De quoi les rendre sceptiques.

     

    N’oublions pas que l’Iran a de bonnes raisons d’être méfiantes des occidentaux. Cela date depuis longtemps. La prise du pouvoir du shah d’Iran avec le soutien de British Petroleum, vous savez la société qui pollue le Golf du Mexique aujourd’hui. Autres griefs, la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein soutenu par les puissances occidentales, les menaces explicites d’invasion ou de bombardements agitées par les Etats-Unis de Georges Bush et Israël.

     

    On aurait pu penser que l’isolement diplomatique et commercial allait avoir raison de l’Iran et l’amener à plus de modestie. On peut même se demander si les chancelleries occidentales n’avaient pas misé un peu trop vite sur la chute d’Ahmadinejad lorsque, éclatèrent les troubles de Téhéran après les élections à la présidentielle et, la répression qui s’en suivit.

     

    Et voilà qu’avec cet accord, la Chine et la Russie ne voient plus les sanctions d’un bon œil.

     

    Israël se retrouve à gesticuler tout seul et les européens se retrouvent face à leurs nombreuses contradictions.

     

    Vous en voulez quelques-unes ?


    Quelle attitude prendre avec la Turquie ?

    Rappelons que la Turquie est un pays très important de l’OTAN qui se porte caution de l’Iran désormais. Elle est un pays à cheval sur l’Asie et l’Europe qui se voit refuser l’entrée dans l’Union Européenne. Elle s’allie avec la Syrie, l’Iran et la Russie pour favoriser les échanges commerciaux et une coopération tout azimut.

     

    Quelle attitude avec le pays qui bloque toute solution au Proche-Orient et encourage les occidentaux à soutenir une action militaire contre l’Iran : Israël ?

     

    Quelle attitude avoir vis-à-vis du Brésil ?

    Un pays ami de la France et de l’Europe mais aussi de Cuba et du Venezuela, avec lequel la France tente de signer des accords et des contrats d’armement très importants, et qui se porte garant de l’Iran.

     

    Tout cela signifie bien que la diplomatie française n’a plus de dessein à long terme et reste insensible aux évolutions du monde. Elle gère le quotidien. Elle va d’échec en échec quand ce n’est pas d’affront en affront. Curieusement, elle s’est spécialisée dans la conclusion de contrats commerciaux aux juteuses commissions et dans la libération « d’otages » : Ingrid Bétancourt, les infirmières bulgares, les zozos de l’Arche de Zoé, Clotilde Reiss et quelques journalistes.

     

    Les institutions de l’Europe deviennent un frein, la francophonie n’est plus un moteur de l’action diplomatique, l’Union Pour la Méditerranée est en panne deux ans à peine après sa création, l’OTAN que la France a réintégrée, s’enlise en Afghanistan. Les marchés financiers internationaux décident de la politique économique et sociale de la France. Un bilan absolument brillant!

     

    Le monde a de nouveaux centres de gravité. L’un d’entre eux, peut-être le plus important, est l’Asie Centrale ne serait-ce qu'à cause des ressources énergétiques qui s'y trouvent : gaz naturel et pétrole. L’Iran a choisi de n’être ni une dictature qu’on achète comme l’Irak de Saddam, ni une démocratie molle et faible à l’occidentale, elle n’en a pas les moyens pour l’instant.

     

    Il serait peut-être temps que l’occident en tienne compte au lieu de chercher à la déstabiliser depuis des décennies.


    Milton Dassier ici


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