• SANTOS, UN DAUPHIN FIDELE A LA METHODE URIBE

    Santos, un dauphin fidèle à la méthode Uribe


    International COLOMBIE - Alvaro Uribe a adoubé un ticket ambigu chargé de lui succéder: l'ex-ministre de la Défense Juan Manuel Santos et l'ex-syndicaliste Angelino Garzón.

    L'après-Uribe a commencé. Deux semaines après que la justice a contraint le président à renoncer à une troisième réélection, son poulain Juan Manuel Santos est déjà sur orbite.

    Lundi, l'ex-ministre colombien de la Défense était désigné par le Parti social de l'union nationale (La U) d'Alvaro Uribe comme son candidat à l'élection présidentielle du 30 mai. Hier, fidèle à la stratégie du brouillage des cartes de son mentor, M. Santos désignait l'ex-syndicaliste Angelino Garzón comme colistier, candidat à la vice-présidence. Juan Manuel Santos, 58 ans, avait renoncé à son poste ministériel en mai 2009, se réservant la possibilité d'être candidat au cas où son patron ne parviendrait pas à modifier la limite constitutionnelle des mandats.

    Le chef des armées bénéficiait alors d'une cote de popularité élevée, liée aux coups portés aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Issu d'une dynastie bourgeoise de Bogotá, petit-neveu d'un président de la République et cousin germain de l'actuel vice-président, Juan Manuel Santos fut journaliste au sein du groupe de presse familial propriétaire d'El Tiempo, avant de se lancer en politique sous la bannière libérale. Ministre du Commerce durant la présidence du centriste César Gaviria (1990-1994), il a ensuite lié son destin à Alvaro Uribe, fondant La U autour du président lui aussi en rupture avec son parti.

    Selon un sondage Ipsos Napoleon Franco publié début mars, le candidat de La U obtiendrait au premier tour 23% des suffrages, ce qui le place en tête, devant le candidat de gauche Gustavo Petro, mais loin des 46% encore attribués par les sondeurs à Alvaro Uribe le mois dernier.
    Face à ce hiatus, M. Santos a immédiatement placé sa campagne sous la bannière sécuritaire et invoqué l'aura de son leader. «Avoir le président Uribe pour ministre de la Défense serait un sacré honneur», a-t-il déclaré hier, laissant entrevoir une solution à la russe1... A quatre jours des législatives, M. Santos a aussi voulu mettre une pierre dans le jardin du Pôle démocratique alternatif (PDA), le parti progressiste émergent, en désignant un homme venu de la gauche, Angelino Garzón, comme colistier.

    Actuel ambassadeur auprès de l'ONU, cet ex-gouverneur du Valle del Cauca est un converti de fraîche date à l'«uribisme». Ancien syndicaliste, Angelino Garzón avait même occupé des fonctions dirigeantes au sein de l'Union patriotique, un mouvement de gauche radical décimé par les paramilitaires à la charnière des années 1980 et 1990. Et bien qu'il ait officié ensuite au sein du cabinet conservateur d'Andres Pastrana, M. Garzón affirmait encore il y a peu voter PDA aux élections...
    A l'heure où les Colombiens doivent réélire des assemblées parlementaires dont un cinquième des sortants ont fini en prison pour leurs liens avec les paramilitaires, la carte Garzón montre que M. Santos n'a rien à envier au sens tactique de son mentor.

    BENITO PEREZ ici
    Note : 1 Où l'ex-président Vladimir Poutine est désormais premier ministre.


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