• Comprendre la révolution espagnole

    Alors que l'Espagne fait sa révolution sous nos yeux, Enrique Dans, professeur et blogueur reconnu, nous donne les clefs pour comprendre ce soulèvement massif du peuple espagnol.

    par Enrique Dans Le 21 mai 2011



    [tous les liens de ce billet sont en espagnol, sauf mention contraire]

    Enrique Dans est professeur des systèmes de l’information à la IE Business School et blogueur reconnu en Espagne. Il s’intéresse notamment aux effets des nouvelles technologies sur les populations et les entreprises. Dans ce billet publié sur son blog le 18 mai, il explique en sept points les causes de ce soulèvement.

    Vous entendez toutes sortes de bêtises sur les mobilisations à Sol1 et dans de nombreuses villes d’Espagne : des théories conspirationistes absurdes [émission de radio] de ceux qui voient des ombres derrière toutes choses, jusqu’à la simplification grossière2 de ceux qui mettent l’étiquette “anti-système” alors même qu’ils ont la réponse sous les yeux. Ou encore la stupidité de de ceux3 qui prétendent être d’accord avec les manifestants [pdf], alors que ceux-ci protestent précisément contre eux, ce qu’ils ont fait et contre ceux qu’ils représentent.

    Je suis totalement d’accord avec Periodismo Humano : quelque chose de grand est en train de se passer ici. Le rejet des théories conspirationnistes stupides est absolu et radical, l’interprétation est claire et convaincante : les gens descendent dans la rue parce qu’ils réclament un changement. Un changement sur le fond dans la manière de faire de la politique et d’exercer la démocratie.

    Analyser les demandes des uns et des autres est un exercice vain : parmi les gens que je vois manifester dans la rue, très peu soutiendraient explicitement ces demandes. Beaucoup arrêtent de les lire parce qu’elles n’en valent tout simplement pas la peine : les citoyens descendent dans la rue avec une contre-pétition, appelant à un changement radical, parce que les partis politiques et le système ne les représentent déjà plus. Ils en représentent d’autres.

    En ce qui concerne les demandes concrètes… cela viendra plus tard, pour le moment, nous sommes dans un processus de changement. De quoi ? Il est trop tôt pour le savoir, et il possible d’espérer que, quel qu’il soit, ce changement soit pacifique, ordonné et civilisé. Je suis entièrement d’accord avec le billet d’Antonio Ortiz à cet égard.


    Voici les clefs du mouvement que nous sommes en train de vivre :

    L’origine, le déclenchement

    C’est le moment où les trois grands partis, PSOE, PP et CiU, forment un pacte pour faire passer la ley Sinde4 , en contradiction flagrante avec la volonté d’une grande majorité de citoyens, pour faire plaisir à un lobby. Attention, ceci n’est que le début, le détonateur : à l’heure actuelle, cela n’a déjà plus d’intérêt ou de pertinence dans les manifestations. Mais en voyant l’acharnement pathétique à “faire passer cette loi à tout prix” alors que l’ensemble du réseau s’était soulevé contre elle, le relayer en direct a eu le même effet – avec tout le respect dû aux tunisiens et en demandant pardon d’avance pour la comparaison tragique – que le suicide de Mohammed Bouazizi s’immolant en Tunisie. De l’activisme contre la ley Sinde est né le mouvement #nolesvotes (ne votez pas pour eux), en plus de la cristallisation d’un climat de mécontentement évident contre toute une manière de faire de la politique.

    Les motifs réels

    Les véritables raisons sont, et cela n’a échappé à personne, des sujets tels que la gestion de la crise économique, la corruption, le chômage (en particulier le taux de  plus de 40% de chômage pour les jeunes) et surtout, la désaffection envers une classe politique, identifiée comme l’un des problèmes majeur de la citoyenneté dans les enquêtes du CIS5. Egalement, le désenchantement que l’on peut ressentir face à cette manière de faire de la politique qui fait de l’électeur un être sans importance, juste bon à déposer un bulletin dans une urne et qui, par cet acte, donne à un parti politique toute la légitimité de faire ce que bon lui chante pendant quatre ans6. Un parti qui est devenu une grande entreprise inefficace et corrompue répondant aux intérêts des lobbies et pas à ceux des citoyens.

    Place Sol à Madrid : Nous ne nous tairons pas ! La démocratie, maintenant !

    Le témoignage est recueilli par d’autres associations

    D’abord JuventudSinFuturo (Jeunesse sans futur) et ensuite DemocraciaRealYA (Une vraie démocratie maintenant !) ont été capables de s’organiser brillamment, avec civilité et pacifiquement pour transposer ce mouvement dans la rue. Ce fut l’épreuve du feu, le “moment de vérité” :  avant que les protestations ne prennent vie dans la rue, le réseau bouillonnait de dizaines de tweets par minute, de groupes Facebook et de posts de blogs, mais personne n’avait encore sauté le pas. Après les protestations, les gens se sont rendus compte qu’ils n’étaient pas les seuls à partager cet opinion, et que si l’organisation et l’action sont possibles, ils sont aussi une réalité concrète. C’est comme cela qu’est tombée la barrière que beaucoup se mettaient pour descendre dans la rue.

    La décision de descendre dans la rue répond à un sentiment général

    Et non pas à une revendication particulière comme une série de points d’un programme. Dans la rue, vous pouvez voir des personnes de tous les âges, opinions politiques, de toutes les conditions sociales. Des étudiants en chemises jaunes, des chômeurs, des punks, des retraités, des entrepreneurs, des enseignants … J’étais là, concrètement, et j’ai rencontré tous ces profils, un par un, et plus encore. Un qui salue une connaissance, et j’ai pu moi-même saluer plusieurs anciens élèves, des collègues, des gens que je connais qui ont créé des start-up, des cinéastes, des avocats, des journalistes … On trouve de tout. Littéralement tout.

    Ne vous attendez pas à un accord sur les mesures à prendre, c’est impossible. Mais s’il y a une chose sur laquelle il existe bien un accord c’est la nécessité d’un CHANGEMENT. Et un retour en arrière n’est pas envisageable.

    La démocratie, maintenant !

    La simplification est mauvaise

    Que les jeunes de gauche soient les plus susceptibles de descendre dans la rue ne veut rien dire, et prétendre inscrire ce soulèvement dans une idéologie ou un parti spécifique est tout simplement absurde. C’est normal et inévitable. Tenter de se placer devant les gens pour faire croire qu’ils vous suivent est encore plus pathétique : dans un mouvement aussi connecté, la personne qui tente de “diriger” en appliquant des techniques pastorales comme on le ferait pour un troupeau de bêtes se fait immédiatement régler son compte sur les réseaux sociaux.

    En Égypte, il avait eu des moments où il semblait que les Frères musulmans monopolisaient la protestation, et d’autres qui montraient clairement la diversité et la pluralité au sein du mouvement. Ici il n’y a pas de leader, il y a des gens. Personne ne suit personne réellement, il ne s’agit même pas de savoir si c’est bien comme ça ou pas. Le désir de changement continue d’être présent, et c’est tout.

    Attribuer ces manifestations à des mouvements organisés, à une stratégie concrète ou a des personnes spécifiques est une vieille interprétation, typique de ceux qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Chercher à mieux organiser le mouvement, prétendre que des demandes concrètes sont en cours, demander un leadership plus clair et incarné ou chercher sous les pierres son origine alambiquée est absurde : cela ne peut pas être, et plus que tout, c’est impossible.

    Et maintenant ? Maintenant nous voulons plus !

    Une fois la mèche allumée, il est très difficile de l’éteindre. La manifestation du 15M (15 mai) à Madrid a rassemblé des dizaines de milliers de personnes ; un événement autorisé et organisé depuis des semaines. Cependant celui d’hier, le 17 mai à Sol, a été organisé en quelques heures, en utilisant uniquement Twitter et Facebook. La place de 10000 m2 fut presque entièrement remplie, jusqu’à la rendre impraticable.

    L’exemple s’est également largement étendu à d’autres villes. Le contrôle de tous ces mouvements est tout bonnement impossible. Il faut absolument, et par tous les moyens, que tout se déroule de façon civilisée et pacifique, mais ne nous ne sommes pas sûrs d’éviter des mouvements incontrôlés d’une part ou des réactions excessives d’autre part.  L’ordre malheureux d’expulsion du camp de la place Sol dans la nuit de dimanche a déclenché le rassemblement de mardi après-midi, et ce phénomène pourrait se produire plus souvent.

    L'avarice nique la liberté

    Il est important de comprendre que nous avons passé une étape

    Une étape vers un modèle que les partis politiques devront comprendre, de gré ou de force. Ils ne peuvent plus ignorer les citoyens et défendre d’autres intérêts. La politique ne peut pas continuer à être menée de cette manière là.

    Nous ne sommes pas dans le cas de la Tunisie ou de l’Égypte : en Espagne il y a un gouvernement démocratiquement constitué et personne ne descend dans la rue pour le renverser, mais des changements importants sont nécessaires, des changements en profondeur et drastiques que les partis devront mettre en place maintenant.

    Pour l’instant, les partis politiques sont en train de minimiser l’importance de cette question, et pensent : « ça va leur passer ». Mais nous ne sommes pas dans cette dynamique. Probablement l’ampleur du changement nécessaire est telle que nous devrons faire des modifications depuis le code électoral jusqu’à la Constitution elle-même. Mais si cela ne se fait pas, si des avancées dans ce sens ne se font pas sentir, le mouvement continuera, et a de fortes chances de s’étendre.

    Si nous tenons jusqu’au dimanche 22 mai et que les élections nous ressortent le même scénario et toujours les mêmes messages, j’ai le sentiment que le mouvement va s’intensifier. Mais en qui concerne ces mouvements de société, personne n’en possède le contrôle ou le pouvoir de prédire ce qu’il en adviendra.
    La seule certitude est que l’Espagne a déjà sa révolution.


    Publié initialement sur le blog de Enrique Dans, sous le titre “Entiendo la #spanishrevolution”

    Traduction : Ophelia Noor

    Crédits photos :
    via Flickr : Amayita [cc-by-nc-nd] ; Garcia Villaraco [cc-by-nc-sa] ; Brocco Lee [cc-by-sa]
    via le wiki de #nolesvotes, logo sur fond noir nolesvotes

    1. la place Sol est au centre de Madrid, elle serait l’équivalent de notre place de la République ou de la Bastille []
    2. ndlr : l’auteur parle ici d’Esperanza Aguirre, présidente actuelle de la communauté de Madrid et membre du PP, parti de droite espagnol []
    3. ndlr : le PSOE, parti socialiste espagnol []
    4. ndlr : la Hadopi espagnole au goût de Loppsi []
    5. Centre des enquêtes sociologiques []
    6. durée du mandat en Espagne []

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  • Yes we camp #spanishrevolution

    Des dizaines de milliers de personnes, surtout des jeunes, prennent, depuis le 15 mai dernier, les places de villes d’Espagne afin d’y installer des campements dont le but est d’organiser un rassemblement permanent qui mobilise le plus grand nombre autour de la revendication centrale : "une vraie démocratie, tout de suite".

    Le mouvement, qui a connu une ampleur sans précédent grâce à la vitesse et à la capacité de diffusion qu’offrent les réseaux sur le Web, prend tout le monde de court : les politiciens ne savent plus comment aborder le phénomène, les sociologues se contredisent et les journalistes passent des comparaisons avec les révolutions arabes de l’hiver à de petits encarts très prudents qui reprennent simplement des dépêches d’agence aussi courtes que froides. Tout le monde semble rester sur la réserve, dans une attente de ce qui pourrait advenir d’un mouvement qui, par ailleurs, demande depuis jeudi 19 à s’étendre au niveau international, notamment par des slogans comme : "Peuple d’Europe, debout !".

    Que deviendra, en effet, ce mouvement dit "spontané", une fois que les élections de ce dimanche seront terminées ? Quel futur pour ces rassemblements dont les organisateurs veillent au maintien du caractère "assembléaire" des prises de décision, sur le côté non récupération possible de la part des partis politiques, l’importance de la non-violence et de la solidarité et qui, depuis quelques jours, se retrouve pris dans un débat autour de la question de savoir s’il faut favoriser l’abstention généralisée, voter pour des partis hors des deux grands (qu’ils rejettent en même temps que l’idée même de bipartisme avec des slogans comme "Vous ne nous représentez pas") ou se constituer, eux-mêmes, en plate-forme politique…

    Le fait est que, depuis dimanche 15 mai dernier, le nombre de participants (malgré les conditions climatiques contraires) ne cesse d’augmenter, comme ne cessent de croître les villes participantes –de toutes les régions d’Espagne qui, tout à coup, forment un bloc hors les régionalismes et séparatismes dont les médias officiels sont si friands ; en même temps que les personnes de plus de trente ans prennent le pas, chaque soir, sur les jeunes qui surveillent les campements de fortune. L’organisation est impeccable, la solidarité sans faille, les tournantes permettent à chacun de se reposer, de veiller à son hygiène et de rapporter des vivres (que des voisins et des sympathisants ramènent chaque matin aussi), tout en maintenant l’occupation des places à un niveau tel qu’on n’y remarque pas les absences.

    Les organismes judiciaires responsables des élections ont interdit les rassemblements dans toutes les régions –sauf ceux de Valence ; à quoi les manifestants ont répondu par des pancartes affirmant que "dans ce pays, on peut voir des milliers de personnes se rassembler pour attendre Justin Biber ou une équipe de football, mais pas pour faire entendre des revendications légitimes, de manière pacifique." Jusqu’à présent, la police, omniprésente aux abords des places –en dehors des incidents de dimanche- se tient à distance raisonnable et n’intervient pas.

    Il faut dire que les organisateurs ne laissent aucun doute qui postent sur youtube des vidéos avec leurs exigences vis-à-vis des participants aux rassemblements : pas de violence, pas de casseurs ni de provocation, sous peine d’enregistrement immédiat via téléphone mobile et présentation à qui de droit ; pas de dégradation de l’environnement et, donc, équipes matinales de ramassage et de nettoyage qui remettent lesdites places dans un état impeccable jusqu’à la tombée du soir. Ces mêmes organisateurs ont également insisté, depuis le début, sur le fait qu’ils ne voulaient pas de boissons alcoolisées pendant les protestas et que "le rassemblement n’est pas un botellon" (botellon étant ces assemblées de jeunes qui, les fin de semaine, se réunissent un peu partout dans les rues et les places d’Espagne, avec leurs bouteilles de bière et d’alcools).

    Fait nouveau et d’importance : le mouvement, communément connu comme la #spanishrevolution, s’étend dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique Latine, avec des rassemblements attendus ou déjà en place dans de nombreux pays –y compris quelques pays de l’ancien bloc de l’Est- et de nombreuses villes de Grande-Bretagne, France, Italie, Belgique, Allemagne, Mexique, etc. Des messages de sympathie des leaders de Tahrir commencent aussi à affluer, en même temps que les slogans, à Madrid, notamment, se font plus internationaux (tel ce "People of Europe, wake up, stand up", déjà cité plus haut).

    Pour ce qui est des revendications et de l’ambiance générale, on se croirait revenu à l’effervescence du mai 68 parisien, avec des slogans inventifs, parfois ingénieux, toujours intelligents et des discussions enflammées, tout azimut, toujours sur des bases égalitaires, respectueuses et ouvertes. A lire leurs site, leur page sur les réseaux sociaux et le tweet postés, l’on se rend très vite compte que les organisateurs portent un mouvement –apparemment surgi du la lecture du livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous", très rapidement traduit en Espagne et très rapidement un succès de ventes- qui est tout sauf apolitique, qu’il possède des racines bien implantées sur du solide (contrairement à ce que laisseraient penser certains médias ou certains dirigeants).

    Ainsi, même s’ils n’appuient aucun parti politique, affirmant qu’ils ne les "représentent pas", on les voit appuyer ATTAC, le Forum Social, les mouvements de lutte contre la pauvreté et la défense des cultures indigènes, tous les groupes anti-discrimination… De fait, l’on remarque, les soirs d’occupation maximale, un grand nombre d’étrangers, de travailleurs immigrés, de comités de chômeurs, d’Okupas (Squatters), de Défense des sans-abris, de représentants des minorités et des organisations de gays et de lesbiennes d’Espagne, de défense de la Terre, des animaux et contre la corrida, etc. Voici donc, pour plus de clarté, le texte qu’ils mettent en exergue sur Facebook et qui ne laisse aucun doute sur un mouvement qui, bien que ne se reconnaissant pas dans les politiques actuelles "la violence des puissants et des banquiers", n’en est pas moins idéologiquement teinté :

    " Nous exigeons la démocratie réelle, maintenant. Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et des banquiers. Nous accusons les pouvoirs politiques et économiques de la situation de précarité dans laquelle nous vivons et exigeons un changement de cap. Nous convoquons chacune et chacun, en sa qualité de citoyen et de citoyenne, à sortir et occuper la rue le 15 mai, dès 18h, sous le mot d’ordre Démocratie Réelle MAINTENANT. Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers. Nous t’invitons à te joindre au mouvement sans symboles politiques excluant, afin que l’on ne fasse entendre qu’une seule voix, unique. Unis, nous pouvons y arriver."

    Les autorités politiques ont donc décidé que ce vendredi, veille de week-end électoral, tous les rassemblements seraient interdits et dispersés par les forces de l’ordre. Les organisateurs proposent déjà diverses techniques de résistance non-violente afin de continuer le campement, ainsi, depuis Barcelone, surgit l’idée de venir avec des œillets jaunes que les participants pourraient offrir aux policiers en cas de charge. Enfin, un site Internet reprend l’ensemble des "campements" et des rassemblements en Espagne et dans le monde où défilent, en temps réel, les événements qui s’y déroulent : yeswecamp.net

    Bien sûr le mouvement n’a pas d’organisation au sens traditionnel du terme ; bien sûr, le contenu programmatique –le projet de société- est vague ou inexistant (avec des pans entiers qui ne sont pas encore abordés lors des assemblées, comme la Monarchie ou le rôle de l’Eglise dans a société, pour ne citer que les deux les plus actuelles dans l’Espagne et le monde d’aujourd’hui).

    S’agit-il, pour autant, de mouvements dont il faudrait se "méfier" car facilement récupérables ou profitant aux "ennemis" de la démocratie parlementaire ? S’agit-il, pour autant, d’un mouvement sans lendemain et qui n’aura été, pour l’histoire, qu’une semaine d’ébullition et d’effervescence juvénile –une espèce de crise d’adolescence collective d’une société par ailleurs bien plus solide et mûre au niveau des ses institutions que ne pouvaient l’être celles des pays du Maghreb et du Makrech ?

    Pour ce qui est de l’organisation, elle existe, bel et bien, même si sans hiérarchie établie une fois pour toutes. Il s’agit d’une organisation horizontale où les décisions se prennent en fonction des événements et toujours de manière collective. Apparemment, ce mode de fonctionnement "fonctionne" et, même si l’on peut avancer l’argument qu’il s’agit, ici, d’organiser quelques milliers de personnes autour de thèmes qui ne sont pas ceux de la vie réelle de qui veut gérer la Cité, on ne peut passer sous silence la question fondamentale que cela pose aux partis politiques en général : les partis politiques actuels et leur mode d’organisation, leur manière de communication et de représentation de la société, ne correspondent plus ni aux temps qui courent, ni à ce que les populations attendent –d’abord et avant tout en leurs couches les plus jeunes 

    Il faudra en tirer les leçons et, dans ce sens, le mouvement, quoi qu’il arrive, n’aura pas été vain. Pour ce qui touche au contenu programmatique, à l’idéologie et au projet de société, il n’en va pas autrement : même s’il n’est pas rédigé, même si les termes ne font pas programme ni thèses de gouvernement, le contenu se trouve, de manière implicite, dans les mots d’ordre et les slogans : la société actuelle crée de l’injustice et des inégalités, des crises et de la violence ("la violence, c’est aussi 600 euros par mois") et, donc, la #spanishrevolution veut autre chose –notamment d’autres politiques qui abordent les "vrais" problèmes de société comme un toit et un emploi pour tous, plus de justice et de solidarité, plus de démocratie, moins de pouvoir à l’argent, aux banquiers et aux spéculateurs, plus de pouvoir au peuple.

    C’est pourquoi leurs slogans sont clairs : "nous ne sommes pas des marchandises", "nous ne sommes plus des moutons", "notre force, nos mains", "politiciens, vous ne nous représentez pas", etc. Les idéaux sont clairs, les objectifs tracés à grands traits (comme autant de balises à des débats futurs), les limites clairement posées : il s’agit bien d’une véritable révolution. Toute la question est de savoir si tous les mécontentements se rejoignent dans ces mots d’ordre et si, d’aventure le changement se produisait, ils seraient susceptibles de s’entendre sur des objectifs même à minima…

    Le grand mérite, en dehors de réveiller les consciences et de redonner au citoyen, aux sujets, la place centrale qu’il semblait devoir perdre dans le fonctionnement de la Cité, constitue bel et bien celui d’avoir su donner forme au mécontentement que les pouvoirs tentaient de taire à grand coups de télé-poubelle, de football milliardaire, de fêtes nocturnes, d’alcool et de drogues de synthèse (dont le marché ne cessait de grossir malgré les affirmations de lutte contre les différents cartels) ; c’est pourquoi ces slogans, à la Puerta del Sol : "éteignez les télés, allumez vos cerveaux", "plus d’emploi, moins de soirées arrosées (botellon)", etc.

    En quelque sorte, ces rassemblements, qu’ils s’éteignent en tant que campements ou pas, continueront d’influencer, longtemps encore la politique Espagnole et Européenne : plus jamais ne sera comme avant car, effectivement, le "virus de Tahrir" a franchi la grande bleue et des jeunes ont réussi à donner forme à une révolte contenue, à élever au niveau politique ce qui n’étaient que frustrations et colères individuelles ou de clans. Ce simple fait est déjà révolutionnaire. Parce qu’en plus, ici, comme dans les révoltes de l’hiver, le véritable enjeu c’est l’indépendance et la démocratie, au sens noble du terme, qu’il s’agit de (re)prendre à bras-le-corps. Parce que, pour une fois depuis très longtemps, les citoyens font l’actualité, la rue fait la Une et les jeunes sont acteurs de leur propre présent –au-delà du virtuel et des impératifs imposés par ceux qui nous dirigent et enfoncent dans la misère, la récession, l’absence de solidarités, la violence, l’individualisme et la médiocrité, soi-disant en leur nom et pour le bien de tous !

    Le reste : Monarchie ou République, rôle de l’Eglise, Régionalismes, deviennent ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : des points à l’agenda d’un futur différent dont il faudra discuter autrement pour décider collectivement et trouver des issues qui, quelles qu’elles soient, par pur effet de logique, seront bien différentes –opposées ou autres… Les corrompus, les pervers, les tout-puissants, les exploiteurs et les abuseurs auront des compte à rendre ou se souviendront de cette semaine du mois de mai 2011. Ce retour de manivelle, dans des sociétés où seuls les puissants avaient droit au chapitre et demandaient des comptes (où beaucoup semblaient perdre espoir et s’abandonnaient à la résignation des répétitions les plus noires de l’histoire), ce retour de manivelle qui est aussi retour à la mémoire collective d’un peuple, est, en soi, déjà, véritablement révolutionnaire.

    José Camarena – alias HoZé 

    © Hozé 5/2011
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    Sourcesamesoule


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  • ESPAGNE PUERTA DEL SOL EN DIRECTO


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  • L’Express.BE lance le tour du Vénézuéla en vélo atomique

    vendredi 20 mai 2011

    Défaite pour les grands médias qui font campagne depuis douze ans contre la révolution bolivarienne. La Salle Pénale de la Cour Suprême de Justice (CSJ) de Colombie a déclaré ce mercredi que «  tout le matériel récupéré lors de la mort du numéro deux des FARC, Raul Reyes, a été obtenu de manière illicite et n’a pas bénéficié de la chaîne normale de sauvegarde de données". Les mails soi-disant extraits des disques durs d’un ordinateur attribué à un dirigeant des FARC, ne peuvent être considérés comme preuves. Les magistrats de la Cour Suprême ont rejeté les actions légales en cours pour accuser l’ex-représentant à la Chambre du Congrès pour le Pôle Démocratique Alternatif, Wilson Borja, de supposés liens avec cette guérilla.

    Rappelons que le leader de la guérilla Raul Reyes fut assassiné en mars 2008 lors d’une attaque de l’armée colombienne en territoire équatorien contre un campement provisoire de la guérilla (province de Sucumbíos (nord-est du pays). L’armée aux ordres d’Alvaro Uribe déclara avoir « trouvé sur les lieux » de l’assassinat, l’ordinateur personnel de Reyes. Ce fut sur cette base que le président Uribe et les grands médias accusèrent les présidents du Venezuela Hugo Chavez de « financer les FARC » et le président de l’Equateur Rafael Correa, de recevoir un financement de cette organisation pour la campagne de 2006.

    Gageons que ce démenti de la Cour Suprême de Colombie sera immédiatement communiqué au public par ces médias.

    A la suite de cette décision de la plus haute instance de la justice colombienne, le chancelier du Venezuela, Nicolas Maduro, a déclaré ce mercredi que la « fable touche à son terme » et que «  la décision de la Cour Suprême donne raison au Venezuela qui a toujours rejeté ces mensonges ». Le chancelier vénézuélien a fait ces déclarations depuis Managua, au terme de sa participation à la XVIIème rencontre des partis de gauche latino-américains du Forum de Sao Paulo.

    Il a rappelé par ailleurs que dans son pays "on ne monte pas une base de missiles, autre mensonge extravagant que nous rejetons". Les mêmes médias qui avaient déclarés "preuves valides" les ordinateurs magiques de Reyes, viennent en effet de lancer une nouvelle campagne selon laquelle... l’Iran monterait une base de missiles au Venezuela.

    Dans le magazine belge « Express.BE (information that works) » une certaine Audrey Duperron annonce ainsi que le Venezuela a décidé de dresser vers le ciel (de Manhattan sans doute) de redoutables ogives, information qu’elle dit tenir de Die Welt, qui « la tiendrait » de « sources américaines » (sic)…

    Il y a quelques années on avait pu lire, grâce à d’autres confidences du Département d’Etat, que sous une usine de fabrication de bicyclettes, le Venezuela cachait une fabrique d’armes de destruction massive. Information que le président Chavez avait d’ailleurs confirmée : « c’est exact, nous sommes en train de produire les premières bicyclettes atomiques ».

    Photo prise par l’Express.BE au Vénézuéla

    source


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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains


    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).

    Pendant cette semaine du 12 au 18 mai :

    • 2 enfants palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza et en Cisjordanie :
      • l’enfant tué dans la bande de Gaza était handicapé mental, il a été tué par un obus tiré par les FOI ;
      • un enfant de Cisjordanie a subi de graves blessures lors de l’explosion d’un objet suspect laissé par les FOI ;
    • les FOI ont usé d’une force démesurée contre les manifestions non violentes commémorant la Nakba palestinienne :
      • 144 civils palestiniens ont été blessés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ;
      • parmi les blessés, 47 enfants, 5 femmes et 4 journalistes ;
    • les FOI ont continué de cibler les pêcheurs palestiniens dans les mers de Gaza :
      • elles ont tiré sur des bateaux de pêche palestiniens, aucune victime n’a été signalée ;
    • les FOI ont continué d’user de la force contre les manifestations pacifiques contre la construction du mur d’annexion et les colonies en Cisjordanie :
      • 3 manifestants, dont 1 mineur et 1 international, ont été blessés ;
    • 10 manifestants, dont 2 militants israéliens de la solidarité, ont été arrêtés ;
    • les FOI ont conduit 20 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie :
      • elles ont arrêté 15 Palestiniens, dont 3 mineurs ;
    • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation et les colons israéliens leurs attaques en Cisjordanie :
      • les colons ont poursuivi leurs attaques ;
      • les FOI ont mené un raid sur l’école d’un orphelinat dans le quartier al-Thawri de Jérusalem-Est occupée, et semé la terreur parmi les élèves à l’intérieur de l’école ;
    • les FOI ont maintenu un siège total sur la bande de Gaza et resserré le siège sur la Cisjordanie :
      • elles ont arrêté au moins 4 Palestiniens sur les check-points militaires en Cisjordanie ;
      • elles ont imposé un bouclage hermétique sur la Cisjordanie et la bande de Gaza pour l’anniversaire de la Nakba palestinienne.

    (JPG)

    Au 63è anniversaire de la Nakba palestinienne (l’expulsion du peuple palestinien de sa terre en 1948), les FOI attaquent une manifestation non violente près du passage frontalier de Beit Hanoun (Erez), dans le nord de la bande de Gaza ; des dizaines de manifestants seront blessés.

    Violations israéliennes recensées durant la semaine du 12 au 18 mai 2011

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza


    Emploi d’une force démesurée contre les manifestations commémorant la Nakba palestinienne

    Dimanche 15 mai, les FOI ont usé d’une force démesurée et meurtrière pour disperser les manifestations non violentes organisées dans la bande de Gaza et la Cisjordanie pour le 63è anniversaire de la Nakba palestinienne.

    144 Palestiniens, dont 47 mineurs, 5 femmes et 4 journalistes, ont été blessés : dans la bande de Gaza, 106 personnes ont été blessées, dont 31 mineurs, 3 femmes et 3 journalistes ; en Cisjordanie, 38 personnes blessées, dont 16 mineurs, 2 femmes et un journaliste.

    Le PCHR condamne avec force l’usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes dans les TPO et appelle la communauté internationale à décider immédiatement d’actions pour obliger le gouvernement israélien à cesser ses crimes systématiques contre les civils palestiniens.

    Cisjordanie

    -  A Ramallah, dimanche 15 mai vers 13 h 30, des Palestiniens se rassemblent à l’entrée du camp de réfugiés de Qalandya, au nord de Jérusalem, et se dirigent vers le check-point de Qalandya, qui sépare Ramallah de Jérusalem. Les manifestants lancent des pierres et des bouteilles vides sur les soldats israéliens qui s’étaient déployés en force près du check-point dès le début de la matinée. Les forces israéliennes tirent aussitôt sur les manifestants, des balles d’acier enrobées de caoutchouc, des bombes sonores et des grenades lacrymogènes.

    26 manifestants, dont 11 mineurs et une femme, sont blessés et transportés au centre médical Palestine à Ramallah pour recevoir les soins nécessaires. Des sources médicales déclarent que la majorité des blessures se trouvent dans la partie haute du corps des blessés. Des forces israéliennes, en civil, arrêtent 6 Palestiniens, dont l’un est blessé à la tête.

    -  Au même moment, à Bir Zeit, des étudiants palestiniens de l’université de Bir Zeit et des Palestiniens des villages environnant se rassemblent pour manifester dans la non violence à l’occasion du 63è anniversaire de la Nakba palestinienne. Ils défilent dans les rues, scandant des slogans nationaux et brandissant des drapeaux palestiniens. Puis ils se dirigent vers le check-point d’Attara, au nord de Bir Zeit, où les FOI se tiennent planqués derrière des cubes de béton. Les FOI ferment le check-point et les manifestants leur jettent des pierres ; les FOI tirent sur les manifestants. Des dizaines d’entre eux inhalent les lacrymogènes, d’autres prennent les coups violents des soldats. Ils ont tous été soignés sur place.

    -  A Hébron, les Palestiniens organisent une manifestation non violente dans le centre et le sud de la ville, à l’entrée nord de la ville, et aux entrées de Beit Ummar, Bani N’eim, Zeef, et du camp de réfugiés de Fawwar. Au cours de l’affrontement avec l’armée d’occupation, 12 civils, dont 5 enfants et une femme, sont blessés. En outre, des Palestiniens perdent connaissance après avoir inhalé les lacrymogènes, d’autres ont pris les coups des soldats.

    -  Dans le même contexte, les FOI ont empêché intentionnellement la presse de faire son travail, soit en attaquant directement certains journalistes, soit en en empêchant d’autres de couvrir les faits et même en forçant certains à quitter les lieux. Najeh Diab al-Hashlamon, 48 ans, caméraman d’APA (Agence de presse américaine), a été blessé d’une balle dans le pied gauche. Al-Haslamon a été emmené à l’hôpital public d’Hébron. En outre, les vitres de la voiture de Samih Salem Shahim, 40 ans, caméraman d’AFP, ont été brisées par des tirs sur sa voiture.

    Al-Hashlamon a déclaré au PCHR que vers 15 h, dimanche 15 mai, il se trouvait rue Talaat al-Zahed, dans le nord de la vieille ville d’Hébron. il était près du mur, dans la rue, et filmait un groupe de soldats qui tiraient sur les manifestants palestiniens vers l’est de la rue. En même temps, il a été pris pour cible et a reçu une balle dans le pied gauche. Al-Hashlamon dit avoir vu clairement les soldats israéliens qui n’étaient qu’à 8 mètres de lui. Il semble que les soldats n’aimaient pas qu’il faisait.

    Quant à Shahin de l’AFP, il a déclaré au PCHR qu’une fois son travail terminé, il s’est dirigé vers sa voiture, une Hyundai Avante, qu’il avait garée près de l’école primaire d’al-Jazaer, à l’est du bout de la rue al-Zahed, et là, il a constaté que les vitres de sa voiture avaient volé en éclat par des tirs des FOI.

    -  Dimanche matin, 15 mai, les FOI investissent de nombreuses terrasses de maisons à Hébron et Beit Ummar, et en font des postes militaires. Des snippers se mettent en positon sur ces terrasses pour viser les Palestiniens participant à ces manifestations non violentes. Les maisons en question appartiennent à Tayseer Zahdeh, Imad Abu Shamseyeh, Hashem al-Izzeh, Mohammed Ali Abdul Haq al-Jaabrai, Mohammed Abdul Muttaleb Abu Sneima, Mahmoud Saleh Abu Ayash, Khaled Ismail Sadeq Sabarna, Mohammed Hamdi Abu Marie et Badr Hussein Alqam.

    -  A Azzoun, à l’est de Qalqilya, ce même jour vers 16 h 45, une manifestation est organisée pour commémorer l’anniversaire de la Nakba. Les manifestants marchent vers l’entrée de la ville, où les FOI ont pris position en force au cours de la nuit. Il y a 10 véhicules de l’armée d’occupation et de nombreux soldats de l’infanterie. Alors que les manifestants arrivent à l’entrée de la ville, l’affrontement se produit avec l’occupant. Les manifestants lancent des pierres sur les soldats qui répondent en tirant des lacrymogènes et des bombes sonores. Vers 18 h, un détachement des Forces nationales palestiniennes arrive sur les lieux et parvient à convaincre les manifestants de quitter le secteur. Pas de victimes.

    (Note : le PCHR n’a pas divulgué les noms des blessés).

    Incursions

    Jeudi 12 mai

    Une heure, les FOI entrent dans Kafr Addiq, à l’ouest de Salfit, patrouillent dans les rues et prennent positions à différents endroits. Elles se retirent vers 14 h.

    2 h 30, incursion dans la ville de Qalqilya, où l’armée patrouille dans les rues, puis investit la maison de Mohammed Ahmed Amin Hourani, 22 ans, qui est arrêté et conduit à la prison de Jalama. Hourani est étudiant en médecine en université au Yémen ; il était rentré du Yémen en raison de la situation en Palestine.

    10 h 45, incursion dans al-Funduq, à l’est de Qalqilya, l’armée se retire vers 11 h.

    13 h, dans Kafr Thulth, même secteur.

    Vendredi 13 mai

    14 h, un objet suspect laissé par les FOI explose près un jeune garçon palestinien dans le nord de la vallée du Jourdain, dans le nord-est de la Cisjordanie. Il est gravement blessé, et perd connaissance pendant quelques temps.

    Selon les informations recueillies par le PCHR, vers 14 h, vendredi 13 mai, Hussein Ikab Hassan Daraghmeh, âgé de 13 ans, du village de Tayasir à l’est de Tubas, marche avec quatre de ses copains, dans un endroit de la vallée. Alors que les enfants sont à environ 4 km à l’est du check-point de Tayasir, à l’est du village du même nom, Daraghmeh voit un objet dont l’endroit est ovoïde et l’envers concave. L’aluminium qui recouvre l’objet est rouillé. Daraghmeh s’empare de l’objet et le lance au sol. Il donne un coup de pied, du pied droit, dans l’objet. Celui-ci explose et Daraghmeh perd connaissance. Il se réveille dans l’ambulance du Croissant-Rouge palestinien qui l’emmène à l’hôpital public Rafidya, à Naplouse. Daraghmeh est admis en soins intensifs et les médecins disant qu’il a pris un éclat dans l’artère principale de la jambe gauche, et dans la poitrine, un éclat qui lui a pénétré un poumon et le cou. Selon les médecins, son état est stable.

    Autre crime, les FOI tuent un garçon palestinien le soir du même jour, à Silwan, quartier de Jérusalem occupée.

    Le PCHR a mené son enquête et a recueilli une déclaration du père de l’enfant décédé, Said Ali Issa Ayash, 57 ans, qui vit à Ras al-Amud où il travaille comme traducteur et rédacteur en chef.

    Selon sa déclaration, il est environ 15 h, vendredi 13 mai, Milad, 17 ans, marche dans une ruelle mal entretenue dans le centre de Silwan qui se trouve juste au sud de la vieille ville de Jérusalem. Quand il arrive à 10 ou 15 mètres de deux maisons occupées par des colons israéliens, on lui tire dessus. Le tir provient des maisons occupées par les colons israéliens. La balle le pénètre par le ventre et ressort dans le dos. Mr Ayazh dit que là où se trouvait Milad c’était calme. Au moment du tir, il y avait des affrontements entre des jeunes Palestiniens et les forces israéliennes dans le secteur de Beer Ayoub, quartier d’al-Bustan, à Silwan, à environ 1500 m de l’endroit où marchait Milad.

    Il faut indiquer que des membres d’une agence de sécurité et des gardes-frontière israéliens assuraient la protection des colons dans les deux maisons.

    Dimanche 15 mai

    11 h 20, les FOI entrent dans Hableh, au sud de Qalqilya.

    Midi, dans Baqa al-Sharqeya, au nord de Tulkarem, où l’armée patrouille quelques temps, en tirant en l’air de façon intermittente.

    15 h 45, dans al-Nabi Elias, à l’est de Qalqilya. Alors que les soldats patrouillent dans les rues, ils s’approchent de jeunes Palestiniens assis sur le trottoir. Un officier des FOI demande à Ahmed Imad Salem Shbeita, 18 ans, de venir vers lui. Puis le soldat emmène Shbeita vers une boutique toute proche et demande au commerçant de traduire de l’hébreu en arabe, car l’ado ne comprend pas ce qu’il lui dit. Une fois le dialogue terminé, le soldat arrête Shbeita. Les garçons qui étaient avec lui disent que les FOI ont prétendu que Shbeita avait lancé des pierres dans la grande rue. Shbeita a été emmené au camp de détention d’Hawara, au sud de Naplouse.

    Autre agression de grande violence : un tir d’artillerie des FOI tue un malade mental, un enfant, près du passage frontalier de Nahal Oz, sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël, à l’est de Gaza ville :

    16 h 30, selon l’enquête faite par le PCHR, l’hôpital Shifa de Gaza a réceptionné le corps de Khamis Salah Mesleh Habeeb, 17 ans, de al-Shuja’iya, banlieue Est de Gaza ville.

    Dans sa déclaration au PCHR Adham Abu Selmiyah, Porte parole du département des urgences a dit que le service avait reçu un appel téléphonique émis par des habitants de Nahal Oz où ils veillaient le corps à proximité de la frontière. La Croix-Rouge internationale a dépêché une ambulance avec son Personnel médical qui a récupéré le corps de Habeeb. Il avait été touché à la tête et à la poitrine par un projectile alors qu’il était à 300 mètres de la frontière. Il a été tué sur le coup. Habeeb n’était pas en possession de toutes ses facultés.

    23 h, les FOI entrent dans al-Arroub, un camp de réfugiés au nord d’Hébron. Elles investissent de nombreuses maisons et arrêtent 3 Palestiniens, dont un mineur :

    • Mohammed Suleiman al-Titi, 25 ans ;
    • Laith, 18 ans, et
    • Nedal Hassan Abu Shamaa, 17 ans.

    Lundi 16 mai

    Minuit et demi, les FOI entrent dans Beit Ummar, au nord d’Hébron. Elles fouillent de nombreuses maisons dans le nord-est de la ville et arrêtent 2 Palestiniens :

    • Mousa Ahmed Abu Maria, 26 ans, et
    • Ahmed Mohammed Yousef Badi’, 22 ans.

    Même heure, incursion dans Karawat Bani Hassan à l’ouest de Salfit. L’armée patrouille, pénètre dans deux maisons et remet deux avis à deux Palestiniens : Arqam Mustafa Mari, 19 ans, et Said Hamad Jbara Mari, 22 ans, qui leur ordonnent de se présenter devant les services de Renseignements israéliens.

    Une heure, dans al-Sheikh, un quartier du centre d’Hébron. L’armée fouille de nombreuses maisons et arrête 4 Palestiniens, dont 2 mineurs et 2 frères :

    • Amjad Majdi Hussein al-Haddad, 18 ans ;
    • Ahmed Majdi Hussein al-Haddad, 17 ans ;
    • Ali Basem Husni al-Haddad, 16 ans, et
    • Yaser Tayseer Hussein al-Haddad, 19 ans.

    2 h, un groupe de soldats déguisés en arabe entre dans le camp de réfugiés de Nour Shams, à l’est de Tulkarem, à bord d’un camion Mercedes. Ils encerclent un immeuble du quartier d’al-Mahjar qui appartient à la famille de Deyaa Ahmed Mohammed Abu Qseido, 22 ans. Ils utilisent des échelles pour monter sur la terrasse, fouillent la maison et le brutalisent, lui et sa famille. Et il est arrêté.

    Déclaration du frère de Deyaa au PCHR :

    « Vers 2 h, le 16 mai, je dormais avec ma famille. Pendant ce temps, un détachement en civil de l’armée israélienne entrait dans le quartier d’al-Mahjar dans un camion Mercedes. Ils ont entouré notre maison qui a trois étages et est située dans ce quartier. Ils se sont servis d’échelles pour atteindre la terrasse. Puis ils ont pénétré dans la maison, détruisant une porte intérieure. Ils se sont déployés dans la maison tout en hurlant pour nous réveiller. Alors que je me levai, j’ai vu sept soldats en uniforme. Ils étaient masqués. L’un d’eux s’est mis à taper sur mon frère Deyaa, à coups de pied, pour le faire lever. Un autre soldat a frappé mon autre frère Ibrahim, lui demandant aussi de se lever. Ils nous ont obligés à nous tenir debout contre le mur, et alors ils ont fouillé la maison. Près d’une demi-heure plus tard, ils nous ont conduits séparément vers une chambre où un officier qui s’est présenté comme étant Roni (Abu Rami) était assis. Il nous a interrogé et nous a dit qu’il voulait arrêter mon frère Deyaa. Il lui a dit de nous dire au revoir et de changer de vêtements. Ils l’ont emmené sans nous dire où. »

    2 h, incursion dans Anabta, à l’est de Tulkarem.

    2 h 30, dans Shaaba, quartier dans le nord-est d’Hébron, où l’armée fouille de nombreuses maisons et arrête 2 Palestiniens :

    • Ramzi Foud al-Tabakhi, et
    • Mohammed Ali Abdul Haq al-Jaabari, 40 ans.

    20 h 30, incursion dans Faroun, au sud de Tulkarem. Pendant que les soldats patrouillent, des ados se rassemblent et leurs jettent des pierres. Les FOI répondent en tirant des bombes sonores et des lacrymogènes.

    Mardi 17 mai

    2 h 15, les FOI entrent dans Jeet, au nord-est de Qalqilya.

    20 h, dans Faroun à nouveau.

    Mercredi 18 mai

    2 h, incursion dans Saida, au nord de Tulkarem. L’armée patrouille quelques temps, investit la maison de Saraa Munir Radad, 20 ans, et l’arrête.

    Même heure, incursion dans Allar, même secteur. Les FOI circulent dans les rues et pénètrent dans plusieurs maisons. Elles remettent des avis à 5 Palestiniens leur demandant de se présenter devant les services de Renseignements israéliens au bureau de coordination du district (DCO) qui s’est monté sur les terres palestiniennes dans le sud-ouest de Tulkarem. Les Palestiniens concernés, tous de 26 ans, sont :

    • Mohammed Asaad Hassan Zahran ;
    • Khaldon Mahmoud Ahmed Jaari ;
    • Fawwaz Hafez Ibrahim Zahran ;
    • Ihab Mohammed Abdul Aziz Younis, et
    • Anas Nayef Jamal Amer.


    2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre la colonisation et la construction du mur d’annexion

    Cette semaine, les FOI ont continué de se servir de la violence contre les manifestations hebdomadaires, non violentes, des Palestiniens, avec des militants internationaux et israéliens.

    3 manifestants, dont un enfant et un militant international, ont été blessés. Des dizaines de Palestiniens et d’internationaux ont inhalé les lacrymogènes, et pris des coups. De plus, 4 manifestants ont été arrêtés, dont 2 militants israéliens ; les 4 ont été emmenés au poste de police de Benjamin, au sud-est de Ramallah, et relâchés vers 22 h.

    -  Bil’in, à l’ouest de Ramallah : vendredi 13 mai, après la prière, la manifestation se dirige vers le mur d’annexion. Cette manifestation coïncide avec le 63è anniversaire de la Nakba. Les manifestants lèvent des portraits de martyrs, Jawaher et Basem Abu Rahma, et portent une énorme clé avec le numéro 63, pour indiquer la 63è année de Nakba. En outre, il y a une charrette qui transporte des vieilles personnes et des enfants vêtus d’habits traditionnels, comme s’ils revenaient dans leur patrie. Les manifestants arrivent près du mur, les FOI ont posé une clôture de barbelés à environ 100 mètres du mur. Avant que les manifestants n’y parviennent, les soldats ferment la barrière et tirent sur les manifestants, à balles caoutchouc, bombes sonores et lacrymogènes. Les soldats les arrosent aussi avec de l’eau usée et se lancent à leur poursuite au milieu des oliviers.

    2 Palestiniens, dont un mineur, sont blessés :

    • Ashraf Ibrahim Ahmed Abu Rahma, 30 ans, touché par un corps de grenade à la jambe droite, et
    • Ahmed Rebhi Abu Rahma, 16 ans, même chose à la main droite.

    -  Nil’in, à l’ouest de Ramallah : le même jour, même manifestation hebdomadaire des Palestiniens, militants internationaux et israéliens à Nil’in, contre le mur. Les soldats ont fermé la porte du mur, et quand les manifestants tentent de passer, ils les en empêchent, les manifestants jettent des pierres sur les soldats qui répliquent en tirant sur les manifestants et les pourchassant dans les oliveraies.

    -  Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : le même jour, après la prière, des Palestiniens, militants internationaux et israéliens organisent la manifestation hebdomadaire non violente à Nabi Saleh, pour protester contre la construction mur et la colonisation.

    Les manifestants défilent dans les rues du village, scandant des slogans nationaux, exprimant leur refus de l’occupation et de ses actions arbitraires. Ils portent aussi des drapeaux palestiniens. Puis, ils se dirigent vers les terres que les colons de Halmish tentent de saisir. Les FOI ont fermé l’entrée sud du village pour empêcher les Palestiniens et les militants de la solidarité d’arriver sur les terres concernées. Alors que les manifestants tentent de passer, les FOI interviennent. Elles tirent sur les manifestants, à balles caoutchouc, grenades sonores et lacrymogènes. Les FOI déversent aussi de l’eau usée sur eux.

    Un militant états-unien, Christian, 23 ans, est touché par un corps de grenade lacrymogène à la tête, il est transporté au Centre médical Palestine à Ramallah pour des soins. En outre, de nombreux manifestants respirent les lacrymogènes et prennent des coups par les soldats.

    Notamment Hala Ayoub al-Tamimi, 45 ans, qui souffre de contusions dans le dos, et Helmi al-Tamimi, 29 ans, caméraman du Comité public contre le mur.

    De plus, les FOI arrêtent 4 manifestants, dont 2 militants israéliens, et les emmènent au poste de police de Benjamin, au sud-est de Ramallah. Ils seront libérés à 22 h. Ces manifestants arrêtés sont :

    • Nida’ Abdul ‘Elah Tamimi, 22 ans ;
    • Iqbal Mahmoud Tamimi, 40 ans ;
    • un militant israélien, Eyal, 22 ans, et
    • un autre militant israélien, Eyal, 24 ans.


    3 - Maintien du bouclage des TPO

    Israël maintient un bouclage serré sur les TPO ainsi que ses mesures de restrictions drastiques aux déplacements des civils palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

    Bande de Gaza


    Cisjordanie

    Israël impose un bouclage hermétique sur la Cisjordanie. Des restrictions supplémentaires sont systématiquement appliquées contre les civils Palestiniens, sur leurs territoires occupés par les Israéliens.

    -  Jérusalem : des milliers de Palestiniens ne peuvent toujours entrer dans Jérusalem, de Cisjordanie comme de la bande de Gaza.

    Vendredi matin, 13 mai, jour de prière, des restrictions plus sévères ont été imposées sur Jérusalem, particulièrement dans le centre de la ville et dans la vieille ville. selon des témoins, les mesures israéliennes comprennent un déploiement de policiers, d’unités spéciales et de gardes-frontière dans les rues et aux carrefours, surtout dans l’avenue qui longe les murailles de la vieille ville. L’occupant a également posé des check-points dans diverses rues, pendant que les policiers sur les check-points à la mosquée al-Aqsa entravent la circulation des Palestiniens, de sorte qu’un grand nombre d’entre eux se font refouler et que les cartes d’identité de ceux qui passent sont conservées par l’occupant jusqu’à la fin de la prière.

    Dimanche matin, 15 mai, les FOI imposent des restrictions renforcées à Jérusalem, aux entrées des différents quartiers de la ville et limitent les déplacements. Des policiers, des unités spéciales et des gardes-frontière sont déployés dans les rues et à l’intérieur des murailles de la vieille ville palestinienne.

    -  Naplouse :

    • jeudi 12 mai, 11 h, les FOI ferment complètement le check-point d’Huwara, au sud de la ville, après que des colons israéliens aient harcelé des Palestiniens sur le check-point.

    -  Qalqilya :

    • jeudi 12 mai, les FOI posent 8 check-points autour de la ville ;
    • vendredi 13 mai, 2 check-points ;
    • samedi 14 mai, 7 check-points ;
    • dimanche 15 mai, 7 check-points, et
    • lundi 16 mai, 5 check-points.

    -  Tulkarem :

    • samedi 14 mai, 10 h 30, les FOI au check-point d’‘Ennab, sur la route Tulkarem/Naplouse, imposent des restrictions renforcées, elles font appel à des gardes-frontières en soutien et commencent à installer des « barrières de fer » ; elles arrêtent les véhicules et les fouillent ; quand un véhicule passe la barrière, ses roues se font endommager ; de sorte que la route vers Tulkarem s’est trouvée complètement fermée ;
      • 20 h 30, mêmes mesures au même endroit ;
      • 20 h 30, les FOI posent un check-point sur la route Tulkarem/Qalqilya à 500 m environ de la porte du check-point de Jbarah, dans le secteur d’al-Kafriyat, au sud de Tulkarem ;
    • dimanche 15 mai, 8 h 30, des restrictions renforcées sont imposées au check-point d’‘Ennab ;
      • 15 h, les FOI ferment complètement ce check-point prétextant que des Palestiniens leur auraient jeté des pierres et des bouteilles vides, pour l’anniversaire de la Nakba ;
      • 9 h 20, pose d’un check-point à l’entrée nord de Beit Leed, à l’est de la ville ;
    • lundi 16 mai, 14 h 30, les FOI ferment le check-point ‘Ennab ; des témoins indiquent au PCHR qu’un certain nombre de gardes-frontière se sont déployés sur le check-point pour empêcher les véhicules palestiniens de passer ; le check-point a été rouvert par la suite, et
    • mardi 17 mai, 19 h, restrictions renforcées sur ‘Ennab.

    -  Hébron : les FOI prolongent la période de bouclage sur la Cisjordanie de 24 h, le lundi 16 mai, en décision de la direction militaire. Sont maintenues fermées de nombreuses entrées, importantes et secondaires, dans le centre et le sud-est d’Hébron, la vieille ville, à l’est de Bani N’eim et Beit Ummar, les entrées nord d’al-‘Arroub et al-Fawwar, les carrefours de Tarqoumya et al-Samou’, et la route de contournement n° 35 Qaboun Valley/Haloul.


    Arrestations sur les check-points

    -  Lundi 16 mai, 13 h, une jeep de l’occupation poursuit un camion Volkswagen appartenant à la société Complex de Silet al-Dhahr, près de la colonie Shafi Shomron, en face la briquetterie d’al-Tanib, située sur la route Naplouse/Tulkarem, à l’ouest de Naplouse. Une fois que la jeep a rattrapé et arrêté le camion, les soldats israéliens descendent de la jeep et fouillent le camion. Plus tard, ils arrêtent le conducteur, Samed Mohammed Abdul Rahman Abu Ali, 27 ans, et un salarié, Yasser Imad Nemr Zbeidi, 19 ans, du Silet al-Dhahr, au sud de Jénine, sous le prétexte qu’un objet suspect ayant la forme d’une « pipe » (ou d’un tuyau) a été trouvé dans le camion. Ils sont emmenés au camp militaire d’Hawwara, au sud de Naplouse.

    Zeid Abu Ali, le frère de Samed, dit qu’un officier israélien a appelé le patron de la société pour qu’il récupère son camion. Il faut indiquer qu’Abu Ali et Zbeidi travaillent au département Distribution de la société et qu’ils se dirigeaient alors vers Hébron pour des livraisons.

    -  Mercredi 18 mai, 7 h, les troupes et policiers israéliens posent un check-point sur la route Tulkarem/Qalqilya, dans le secteur de Mothallath Jbarah, à Al-Kafriyat, au sud de Tulkarem. Des témoins indiquent au PCHR que 2 Palestiniens sont alors arrêtés au check-point ; des sources de la Sécurité palestinienne le confirment, soulignant que le Bureau de liaison israélien n’a pas donné au côté palestinien le nom de personnes arrêtées. Les mêmes sources déclarent que cette arrestation a probablement été faite au motif que les détenus conduisaient un véhicule volé.


    4 - Colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens

    -  Samedi 14 mai, 16 h, de scolons de la colonie Gilad attaquant 3 agriculteurs palestiniens de Jeet, au nord-est de Qalqilya, alors qu’ils se rendent sur leurs terres. Ces agriculteurs sont :

    • Morad Mofeed Hussein Yamin, 19 ans ;
    • Firas Sayel Mohammed Yamin, 25 ans et
    • son frère, Ayoub Yamin, 19 ans.

    Dans son témoignage au PCHR, Ayoub Yamin déclare :

    « Samedi 14 mai, vers 16 h, mon frère Firas, mon cousin Morad, et moi nous nous rendions sur notre terre, appelée Khelet al-Shaqfan, située dans l’ouest du village, pour tailler de jeunes thyms. Une fois arrivés, nous avons été choqués en voyant 3 colons israéliens qui se tenaient sur les hauts de la terre. Ils nous ont pris nos cartes d’identité et dit qu’il était très difficile de travailler ce jour-là sans avoir obtenu une coordination, alors que nous y allons tous les jours, sans coordination. Pendant que nous discutions avec eux, les trois colons nous ont agressés et nous ont dit que nous n’avions aucune terre à cet endroit. Quand ils nous ont demandé si cette terre était la nôtre ou pas, nous avons répondu oui. Alors, ils ont pris nos outils et ont commencé à couper un amandier près de nous. Ils nous ont ensuite poursuivis en nous lançant des pierres jusqu’à ce que nous quittions la terre. Nous n’avons pu y retourner, et nous avons même décidé de ne plus y aller. »

    -  Dimanche 15 mai, des colons de Kiryat Arba, au sud-est d’Hébron, agressent une maison appartenant à la famille Abu S’ifan, qui vit dans la vallée d’al-Hsein, le long du mur de ladite colonie. Ils essaient de mettre le feu à la maison, menaçant la vie de ses habitants.

    D’après l’enquête du PCHR, vers 18 h, ce jour-là, alors que des enfants de la famille de Hosni Abdul Hai Matariya (Abu S’ifan) sont en train de jouer dans la cour de la maison, où vivent 11 personnes, un groupe de colons israéliens installés dans la colonie en question se mettent à lancer 4 cocktails Molotov sur la maison. La première des bouteilles tombe sur la terrasse, la seconde tombe à un mètre de la maison, tandis que la troisième et la quatrième tombent dans la cour. Les enfants sont terrifiés et courent se réfugier à l’intérieur de la maison. En outre, certains tapis qui sont dans la cour commencent à brûler.

    Quand les habitants de la maison remarquent le feu, ils l’éteignent avec l’aide des voisins et ils appellent une patrouille de la Mission d’observation du TIPH (Présence internationale temporaire à Hébron), qui arrive au bout de 40 minutes.

    Abu S’ifan souligne que 4 à 5 colons israéliens étaient montés sur le mur mitoyen avec sa maison. De là ils ont attaqué, ce qui aurait pu provoquer un désastre. Il souligne aussi que bien que deux observateurs du TIPH sont venus chez lui pour savoir ce qu’il s’y passait et préparer leur rapport, 15 minutes plus tard les mêmes colons ont recommencé leur attaque de la maison à coups de pierres et de bouteilles vides. Tout cela s’est produit en dépit de la présence des postes d’observation militaires à proximité et qui entourent la colonie.

    Il faut noter que la maison en question, et d’autres maisons appartenant à de nombreuses familles de (Abu S’ifan) sont très proches des murs de la colonie. En outre, ces maisons ont été attaquées par des colons à plusieurs reprises au cours des années passées, et de nombreux membres des familles ont été blessés, de même que des dommages ont été causés aux maisons.

    -  Mardi 17 mai, l’après-midi, des colons israéliens pénètrent de force dans l’école de l’orphelinat du quartier al-Thawri, dans Jérusalem-Est occupée. Ils se mettent à taper sur les élèves, dans leurs classes. Plus tard, la police israélienne fait irruption dans l’école et arrête... le professeur, Ibrahim Shower, et son adjoint, Isam al-Taweel, pour les interroger.

    Il convient de noter que l’école a déjà été attaquée par les colons à l’aide de liquide enflammé. Des dizaines d’élèves avaient souffert de suffocation et perdu connaissance à cause des fumées.


    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).


    Rapport hebdomadaire pour la période du 12 au 18 mai 2011 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP


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