• LES CONSPIRATEURS

    LES CONSPIRATEURS



    « Conspirer » nous dit le petit Larousse c’est « s’entendre à plusieurs, se mettre d’accord pour renverser un dirigeant, un régime politique… ». En d’autres mots c’est se mettre d’accord à plusieurs pour modifier un ordre établi que ce soit en s’infiltrant pour en contrôler les principaux leviers ou encore en éliminant physiquement les irritants. C’est une prise de contrôle irrégulière du pouvoir d’un État ou de dirigeants.

    Dans un contexte où la démocratie représentative est de rigueur et que le néo-libéralisme est le système à travers lequel s’articulent les relations économiques des individus, des corporations et de l’État, le terrain est fertile pour la constitution de groupes pouvant contrôler tout. Ceux qui en arrivent à contrôler les partis politiques deviennent en position de pouvoir pour contrôler les divers leviers de l’État, laissant ainsi libre cours aux intérêts corporatifs des monopoles auxquelles ils appartiennent. La démocratie se résume à l’acte de voter une fois tous les quatre ans et la liberté de la grande majorité se ramène aux espaces qu’on voudra bien lui concéder dans les médias et dans les réseaux commerciaux qui sont entièrement sous leur contrôle.

    Au Québec nous atteignons un sommet dans la prise de conscience de cette présence très active de conspirateurs qui se sont glissés aux plus hauts niveaux des pouvoirs politiques, économiques et peut-être même judiciaire. Dans un excellent article que nous livre Richard LE HIR en relation au livre récent d’André Cédilot et d’André Noël au titre très évocateur MAFIA INC, grandeur et misère du clan sicilien au Québec, nous apprenons les rouages de la manipulation, de la corruption et de l’infiltration. Si dans cet ouvrage il est surtout question de la MAFIA associée au clan sicilien, n’allons pas croire qu’ils soient les seuls. Toutes ces révélations et celles à venir nous sortent de cette belle illusion d’une démocratie entièrement à notre service et de cette idée que nous en sommes les maîtres comme peuple.

    Pendant qu’au Québec nous vivons la grande désillusion, à Washington, le 17 novembre dernier, se réunissaient des représentants de l’extrême droite gouvernementale avec des représentants d’oligarchies nationales latino-américaines. L’objectif de la rencontre se résumait à ceci : « comment mettre un terme aux pays émergents réunis dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)? Comment se débarrasser du Président Chavez dont l’influence sur l’ensemble du Continent est immense? Comment miner cette nouvelle alliance (Alba) qui s’interpose comme alternative au Traité de libre échange des Amériques? En plein jour et sous les aires de la plus grande normalité ces personnes complotaient pour reprendre le contrôle de ces pays par des moyens autres que ceux gérés par les lois constitutionnelles de ces pays. Pas surprenant que les institutions de ce grand pays longtemps célébré pour sa démocratie exemplaire en soit devenue une caricature. Dans un excellent dossier que nous propose le site Voltaire on ne peut que constater que ces grandes institutions n’appartiennent plus à la démocratie, au peuple, mais aux lobbyistes et à ceux que ces derniers représentent. L’argent finit par tout acheter, sauf certaines consciences, qui en paieront souvent le prix par le sacrifice de leur vie.

    Dans ce contexte, les révélations récentes que nous retrouvons dans l’ouvrage « Les Assassins économiques », de John Perkins, sont fort éloquentes. Une vidéo, animée par l’auteur, nous en fait un résumé. J’invite les lecteurs et lectrices qui ne l’auraient pas encore visionnée de le faire en se dirigeant à l’adresse suivante :

    J’avais déjà écrit un petit article sur ce sujet.

    Maintenant que nous savons, nous ne pouvons plus faire semblant que nous ne savons pas. Lorsque ces gens nous parlent de liberté, nous saurons que c’est de la leur et lorsqu’ils parlent de se serrer la ceinture nous saurons qu’ils parlent de la nôtre. Nous savons de plus qu’il ne suffit plus d’avoir lu dans le journal ou encore d’avoir entendu à la télévision ou à la radio telle ou telle chose pour que ce soit vérité d’évangile. La majorité des grands médias sont des machines bien huilées pour gérer les connaissances et les comportements de manière à les mouler aux intérêts de ces « conspirateurs » à cravate et au large sourire humanitaire.


    Oscar Fortin Ici

    Québec, le 28 novembre 2010 


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