• HONDURAS : 300 MILITAIRES ET POLICIERS À L'ASSAUT D'UNE RADIO COMMUNAUTAIRE

    Trois cents militaires et policiers à l’assaut d’une radio communautaire : “La marque du coup d’État contre la presse”

    Près d’un an après le coup d’État du 28 juin 2009, les manœuvres répressives engagées contre la presse d’opposition ou communautaire restent en vigueur. En témoigne l’assaut militaire et policier dont la radio communautaire La Voz de Zacate Grande 97.1 FM a été la cible, dans la matinée du 3 juin 2010, dans la péninsule du même nom au sud du pays. Dépositaires d’un mandat d’arrêt contre cinq dirigeants paysans, quelque 300 soldats et policiers ont envahi la communauté et réduit son média au silence. Une bande plastique jaune portant la mention “scène de crime” ceinture désormais le local de la petite radio, d’après l’Association mondiale des radios communautaires (AMARC).

    L’occupation militaire d’un média avant sa fermeture est caractéristique des procédés employés au moment du coup d’État. C’est de cette façon que Radio Progreso a été exclue des ondes, quelques heures seulement après le renversement de Manuel Zelaya (http://fr.rsf.org/honduras-<wbr>radio-progreso-quand-l-armee-<wbr></wbr></wbr>et-la-23-11-2009,35064.html).

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    <wbr>La même méthode a présidé aux fermetures de la station Radio Globo et de la chaîne Canal 36-Cholusat pendant l’état de siège qui a suivi en septembre - après le retour clandestin au pays du président déchu -, ou aux réquisitions d’antennes du réseau câblé pour censurer la presse étrangère (http://fr.rsf.org/honduras-<wbr>fermeture-de-deux-medias-et-<wbr></wbr></wbr><wbr><wbr>29-09-2009,34612.html). </wbr></wbr></wbr>

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    <wbr><wbr>Comment expliquer, cette fois, un tel déploiement sinon par la volonté de faire taire à tout prix la voix de communautés engagées dans un grave conflit agraire ? Que signifie cette bande jaune ceinturant la radio sinon la criminalisation d’une population à travers son média ? Que La Voz de Zacate Grande ait payé les conséquences du conflit foncier ou qu’elle ait été l’objectif premier de cette opération (http://fr.rsf.org/honduras-<wbr>un-septieme-journaliste-<wbr>assassine-21-04-2010,37100.<wbr></wbr></wbr></wbr><wbr><wbr><wbr>html), il s’agit d’un acte de censure politique et d’une violation de la Convention interaméricaine des droits de l’homme. Par ailleurs, la législation hondurienne ne répond toujours pas aux standards internationaux en matière de médias communautaires.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr>

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    <wbr><wbr><wbr>La Voz de Zacate Grande a vu le jour le 14 avril dernier. Elle plaide la cause de l’Association pour le développement de la péninsule de Zacate Grande (ADEPZA), dont les représentants sont accusés par le magnat de l’agro-industrie Miguel Facussé Barjum d’“usurpation de terre” et de “fraude fiscale”. La petite station était pour cette raison dans le collimateur de la justice locale, laquelle a émis un mandat d’arrêt contre cinq dirigeants de l’ADEPZA. Sa fermeture a eu lieu en marge de l’exécution de cet ordre judiciaire. </wbr></wbr></wbr>

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    Déjà très dégradée depuis le coup d’État, la situation du pluralisme et de la liberté de la presse au Honduras s’est encore aggravée depuis l’investiture du nouveau gouvernement, le 27 janvier 2010. Le pays est même devenu le plus dangereux de la planète au cours de ce semestre pour la sécurité des journalistes et aucune avancée judiciaire réelle n’a encore permis de faire la lumière sur les assassinats de six d’entre eux et d’un animateur en l’espace d’un mois et demi. Un mandat d’arrêt vient, certes, d’être lancé contre quatre individus identifiés comme les auteurs matériels et intellectuels de l’assassinat de David Meza Montesinos, le 11 mars dernier à la Ceiba, sur la côte atlantique. Qu’en est-il, en revanche, pour son collègue Nahum Palacios Arteaga, abattu trois jours plus tard après des menaces attribuées à l’armée ? (http://fr.rsf.org/honduras-<wbr>un-troisieme-journaliste-<wbr>assassine-16-03-2010,36714.<wbr></wbr></wbr></wbr>html).

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    <wbr><wbr><wbr>Ce dernier cas est le seul figurant au baromètre en raison de liens avérés avec la profession. Nous constatons, pour autant, que les autorités excluent systématiquement tout lien entre ces atteintes gravissimes à la liberté d’expression et la violence politique qui ravage le pays depuis un an. Que répondent-elles alors aux deux résolutions prises par la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), les 3 mai et 2 juin derniers, leur enjoignant d’assurer la protection de quinze journalistes de Radio Progreso sous la menace. Parmi eux, le père jésuite et directeur de la station Ismael Moreno et la chef de rédaction Karla Rivas ? Radio Progreso et son personnel sont visés en raison de leur ligne politique et éditoriale.</wbr></wbr></wbr>

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    Nous maintenons le contact auprès de ces personnes. La responsabilité de l’État est engagée quant à leur protection. Les autorités honduriennes ne peuvent espérer une réintégration prochaine de leur pays à l’Organisation des États américains (OEA) si elles persistent dans le déni ou pire, la complicité dans certaines affaires. Elles devraient accepter le principe d’une commission d’enquête internationale indépendante. 

    Benoit Hervieu
    Despacho Américas / Americas Desk
    Reporters sans frontières
    47 rue Vivienne 
    75002 Paris - France

    tél : +33 (0) 1 44 83 84 68
    fax : +33 (0)1 45 23 11 51
    email : ameriques@rsf.org
    skype : rsf_americas

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    Reporteros sin Fronteras
    Comunicado de prensa
    4 de junio de 2010

    Honduras  
                        <wbr>                              <wbr>                              <wbr>                              <wbr>                              <wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr>                     300 militares y policías al asalto de una radio comunitaria: “la marca del golpe de Estado contra la prensa”
    <wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr>


    Cerca de un año después del golpe de Estado del 28 de junio de 2009, las maniobras represivas emprendidas contra la prensa de oposición y comunitaria siguen vigentes. Lo demuestra el asalto militar y policiaco del que fue blanco la radio comunitaria La Voz de Zacate Grande 97.1 FM la mañana del 3 de junio de 2010, en la península que lleva el mismo nombre, en el sur del país. Con una orden de captura de cinco dirigentes campesinos, unos 300 soldados y policías invadieron la comunidad y redujeron a su medio de comunicación al silencio. Una cinta de plástico amarillo que dice “escena del crimen” rodea el local de la pequeña radio, señala la Asociación Mundial de Radios Comunitarias (AMARC).

    La ocupación militar de un medio de comunicación antes de su cierre es característica de los procedimientos empleados durante el golpe de Estado. De esta manera Radio Progreso fue sacada del aire apenas una horas después del derrocamiento de Manuel Zelaya (http://es.rsf.org/honduras-<wbr>radio-progreso-victima-del-<wbr></wbr></wbr>golpe-23-11-2009,35065.html).

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    El mismo método se empleó en el cierre de la radiodifusora Radio Globo y del Canal 36-Cholusat durante el estado de sitio que siguió en septiembre –tras el retorno clandestino al país del presidente depuesto–, y en las requisiciones de antenas de la red de cable para censurar a la prensa extranjera (http://es.rsf.org/honduras-<wbr>cierre-de-dos-medios-y-<wbr>represion-29-09-2009,34613.<wbr></wbr></wbr></wbr>html).

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    ¿Cómo explicar esta vez tal despliegue si no por la voluntad de hacer callar a todo precio la voz de las comunidades que enfrentan un grave conflicto agrario? ¿Qué significa esa cinta amarilla rodeando la radio si no la criminalización de un población a través de su medio de comunicación? Ya sea que La Voz de Zacate Grande haya pagado las consecuencias del conflicto principal o que la radio haya sido el principal objetivo de esta operación (http://es.rsf.org/honduras-<wbr>un-septimo-periodista-es-<wbr>asesinado-21-04-2010,37101.<wbr></wbr></wbr></wbr>html), se trata de un acto de censura política y de una violación de la Convención Interamericana sobre Derechos Humanos. Por otra parte, la legislación hondureña no cumple todavía con los estándares internaciones en materia de medios de comunicación comunitarios.

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    La Voz de Zacate Grande nació el 14 de abril pasado. La radio defiende la causa de la Asociación por el Desarrollo de la Península de Zacate Grande (ADEPZA). Los representantes de esta organización fueron acusados por el magnate de la agroindustria Miguel Facussé Barjum de “usurpación de tierra” y de “fraude fiscal”. Esta era la razón por la que la pequeña radiodifusora estaba en la mira de la justicia local, que emitió una orden de arresto contra cinco dirigentes de la ADEPZA. El cierre de la radio se llevó a cabo en el marco de la ejecución de esa orden judicial. 

    La situación del pluralismo y de la libertad de prensa en Honduras, de por sí deteriorada tras el golpe de Estado, se ha agravado después de la toma de posesión del nuevo gobierno, el 27 de enero de 2010. Así, en este primer semestre el país se ha convertido en uno de los más peligrosos del planeta para la seguridad de periodistas. En espacio de un mes y medio seis periodistas y un locutor han sido asesinados. Ningún avance judicial real ha permitido aún esclarecer el asesinato de ninguno de ellos. Cierto, acaba de ser emitida una orden de arresto contra cuatro individuos identificados como los autores materiales e intelectuales del asesinato de David Meza Montesinos, el 11 de marzo pasado en la Ceiba, en la costa atlántica. Por el contrario, ¿qué ha pasado con el de su colega Nahum Palacios Arteaga, asesinado tres días después de recibir amenazas atribuidas al ejército? (http://es.rsf.org/honduras-<wbr>asesinan-a-tiros-a-un-tercer-<wbr></wbr></wbr>16-03-2010,36716.html).

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    El caso de Nahum Palacios Arteaga es el único que figura en nuestro barómetro debido a que se confirmó que está ligado a la profesión. No obstante, constatamos que las autoridades excluyen sistemáticamente todo nexo entre esos atentados gravísimos a la libertad de expresión y la violencia política que azota el país desde hace un año. ¿Qué responden las autoridades a las dos resoluciones tomadas por la Comisión Interamericana de Derechos Humanos (CIDH) el 3 de mayo y el 2 junio pasados, solicitándoles asegurar la protección de 15 periodistas de Radio Progreso amenazados, entre ellos el sacerdote jesuita y director de la estación, Ismael Moreno, y la jefa de redacción Karla Rivas? Radio Progreso y su personal son perseguidos por la línea política y editorial del medio.

    Nos mantenemos en contacto con esas personas. Su protección es responsabilidad del Estado. Las autoridades hondureñas no pueden esperar que su país se reintegre próximamente a la Organización de Estados Americanos (OEA) si siguen negando o, peor, en complicidad en ciertos casos. Ellas deberían aceptar el principio de una comisión de investigación internacional independiente. 

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    Honduras

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