• Procès pour "injures publiques" : appel à la solidarité

    Soutenez la liberté d’expression

    mardi 29 septembre 2009, par Olivier Bonnet


    Je serai jugé le vendredi 4 décembre à 13 h 30 devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "injures publiques", poursuivi par le magistrat Marc Bourragué. Je conteste avec la dernière énergie m’être rendu coupable de ce dont il m’accuse et espère donc la relaxe. Déjà, 859 internautes ont signé la pétition en ma faveur et j’ai reçu, outre celui du député Jean-Louis Bianco, premier à se manifester publiquement à mes côtés, plusieurs soutiens à forte valeur symbolique. Mais en attendant, même si l’issue du procès était positive, il me faut payer les honoraires de mon avocat. Et je n’en ai pas les moyens. L’ancien gendarme Michel Roussel, confronté dans le passé à la même situation, a pris l’initiative de lancer un appel à la solidarité en ma faveur. Je l’en remercie infiniment et publie ci-dessous la lettre qu’il m’a adressée.

    mrCher monsieur Olivier Bonnet,
    Ancien directeur d’enquête de la cellule Homicide 31 chargée d’investiguer sur les agissements du tueur en série Patrice Alègre, j’ai vu cette affaire criminelle se transformer en affaire d’Etat au fur et à mesure de la survenue d’éléments nouveaux. Confronté à une situation inacceptable et refusant de participer à un véritable déni de justice, j’ai fait valoir mes droits à la retraite et j’ai rédigé un livre paru en janvier 2004 chez Denoël, Homicide 31. Dire et écrire la vérité est condamnable. Poursuivi par messieurs Baudis et Bourragué, j’ai été condamné pour « Violation du secret professionnel ».
    Mentir sur une personne est aussi condamnable. J’ai fait condamner monsieur Baudis pour diffamation
    à mon encontre en attaquant son livre.


    Bien sûr, toutes ces procédures et « guérillas » » n’ont pas le degré de gravité du coeur de l’affaire Alègre qui est la recherche de la vérité sur près de 200 cas de meurtres, suicides douteux, disparitions mystérieuses et inquiétantes, qui sont retombés dans l’oubli d’où certains souhaitaient qu’ils ne sortent jamais. Peine perdue, tout le monde sait aujourd’hui la gravité de la situation, même si peu à peu le boisseau s’est refermé. Alors pourquoi toutes ces poursuites et ces procès annexes ? Pour les uns, « ramener le silence dans les rangs » en châtiant les plumes et paroles libres et courageuses. Pour les autres, faire oeuvre de résistance devant des injustices flagrantes.


    Et vous voici donc, cher Olivier Bonnet, à votre tour, sous le coup d’une plainte de Marc Bourragué.
    Comme d’autres, j’ai une solide expérience en matière de poursuites qui visent essentiellement à asphyxier financièrement les « courageux bavards ».
    couvJ’ai en mon temps (et vous faisiez parti du mouvement ) bénéficié d’un large élan de solidarité et de soutien de plusieurs centaines de Françaises et de Français que l’injustice révulse. Leur aide, y compris financière, m’a permis de faire front à plus d’une dizaine de procès (dont certains engagés par moi). Non quantifiable par contre, l’émotion ressentie lors de la lecture de dizaines de lettres…


    Conséquence de cette solidarité des humbles encore et toujours attachés à des valeurs essentielles et fondatrices de notre république ? Le fait de rester « sur le terrain », directement engagé dans une action partisane au profit de causes justes. Petit gravier dans la chaussure d’un géant qui nous conduit vers une société de plus en plus déshumanisée qui laisse de nombreux citoyens sur le bord de la route pour lesquels l’accès à une simple justice élémentaire et équitable n’est plus garantie.


    Si je suis « petit gravier » faisant oeuvre utile, vous en êtes un autre, cher Olivier. Aussi, si je vous suis reconnaissant pour vos écrits (parfois élogieux à mon égard), c’est plus par solidarité combattante que je me place à vos côtés pour faire front à l’attaque dont vous faites l’objet de la part de Marc Bourragué. Et comme l’argent est le nerf de la guerre, je joins à la présente un chèque qui vous aidera à passer le cap, à poursuivre votre action et vous permettra d’être toujours présent lorsque le jour de soulever le voile sur des mystères qui n’en sont pas, sera enfin venu.


    Bien évidemment, le montant de ma contribution n’est pas suffisant pour faire face aux multiples frais que vous allez devoir assumer pour contrer l’attaque de Marc Bourragué. Aussi j’appelle à la solidarité à votre endroit, comme elle a pu se manifester à mon profit il y a quelques années. Préservons par notre solidarité votre (et notre) espace de liberté de parole et de réflexion.
    L’exemple (le bon) vient toujours « d’en bas », j’en reste convaincu.
    Bien cordialement.
    Michel Roussel

    chut !Le "slapping" judiciaire aura-t-il raison des blogueurs à la langue trop bien pendue ? Au-delà de mon cas personnel, tel est l’enjeu de ce procès. Frapper au portefeuille ceux qui n’ont pas derrière eux le soutien d’un grand média peut s’avérer une stratégie extrêmement dissuasive à l’encontre de tous les blogueurs. C’est en cela que je maintiens qu’il s’agit bel et bien d’une attaque contre la liberté d’expression.

    Pour me soutenir, rendez-vous sur la page d’accueil du site et cliquez, dans la colonne de droite, sur le bouton Faire un don, via Paypal. Ou envoyez un chèque bancaire à Olivier Bonnet, 3, avenue de la Bourgade, 13610 Le Puy Sainte Réparade.

    Je vous en remercie par avance du fond du coeur.

    PLUME DE PRESSE ICI 

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    PLUME DE PRESSE ATTAQUE EN JUSTICE : çA SE PRÉCISE


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  • Il a beau se poser en victime, clamer sur tous les toits de New-York, de Brasilia et d’ailleurs qu’il a été l’objet d’une cabale douteuse dans l’affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy est peut-être loin d’être le petit saint qu’il prétend.

     

    Un coup de théâtre a eu lieu hier et cela n'a pas été repris dans la presse. La défense de D. de Villepin a produit des notes de restaurant d’Imad Lahoud qui montre que celui-ci a dîné ou déjeuné avec un conseiller de Nicolas Sarkozy à quinze reprises entre février et mi-mars 2004. Il s’agit du fameux François Pérol, celui que le président vient de nommer à la tête de la Caisse d’Epargne. A l’époque, il était directeur adjoint du cabinet de Sarkozy quand celui-ci était ministre des finances.

     

    C’est aussi l’époque où le nom de Nicolas Sarkozy a été ajouté dans les fameux listings par le même Imad Lahoud.. Etrange non ?

     

    Le site Mediapart donne tous les détails.

     

     

     

    François Pérol est un spécialiste de la finance, des banques et des circuits financiers. On peut donc légitimement s’interroger sur les raisons de ces rencontres. Quinze en six semaines, ce n’est pas rien ! Ce n’est pas comme quelques repas pris ensemble de temps en temps pour parler de la pluie et du beau temps, de la famille et du dernier livre de BHL.

     

    Il ne s’agit pas d’un témoignage accablant mettant en cause ce proche du chef de l’état sans qu’on puisse le prouver mais de preuves matérielles vérifiées : des notes de frais.

     

    De plus, Mediapart insiste sur d’autres faits. Médiapart a pour patron Edwy Plenel. Il fait partie des noms  ajoutés sur les listings de Clearstream et pourtant, contrairement au président de la république, il a des doutes sur la version qu’on tente de nous faire avaler, celle qui ferait de Dominique de Villepin, un comploteur.

     

    Mediapart donc, parle de la façon dont Imad Lahoud affirme aujourd’hui qu’il connaît Dominique de Villepin sans pouvoir le prouver alors qu’il a toujours dit le contraire jusqu’à hier.

     

    Et comme par hasard, c’est au moment où ces révélations sont faites que Nicolas Sarkozy fait son dérapage de New-York en affirmant que la justice tient les « coupables » de l’affaire faisant fi de la présomption d’innocence. Et évidemment tout le monde ne parle que de ces mots malheureux...

     

    Vous avez compris !


    MILTON DACIER ICI 


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  • L’enjeu n’en vaut pas la chandelle

    caravane03.jpgLe scénario est désormais rôdé. Plus que tout au monde, le guide bleu aime à se faire aduler par la populace. Pas toujours drôle de rester cloîtré dans son bunker palace hôtel à tenter de plancher sur des dossiers aussi complexes qu'ennuyeux. Même en compagnie d'une jolie femme au sourire figé. Bien plus jouissif de s'agiter derrière un pupitre devant une foule en délire. D'ânonner des mots qui claquent comme des balles de fusil. De les scander comme pour se persuader soi-même. De les ponctuer de gestes saccadés et convulsifs qui traduisent le stress du bonimenteur.

    Le hic est qu'une bonne partie de la dite-populace ne peut plus le voir en peinture. Elle le conspue, elle l'insulte, elle le rejette comme une chaussette trouée. Le traumatisme a été trop fort au Guilvinec et ses marins-pêcheurs. Au salon de l'Agriculture et son pauvre con. A Saint-Lô et ses satanés profs. On ne touche pas à un enfant. Même de 54 ans. Alors, les communicants qui gravitent dans son ombre ont été convoqués. Ils ont changé les règles du jeu. Modifié les modes de représentation.

    Les vrais gens ont été priés d'aller voir ailleurs si le tribun de poche n'y était pas. Ils ont été remplacés par des figurants encartés et dociles. On leur a intimé l'ordre de faire la claque à chaque saillie du messie. On a bouclé les villes traversées par l'orateur avec des tentaculaires cordons de force de l'ordre. On a truffé les quartiers de zélés fonctionnaires des Renseignements Généraux. On a empêché les habitants de vivre leur vie. De se déplacer. D'aller manger. D'aller pisser. De rentrer chez eux. On a battu les récalcitrants. On les a coursés, enfermés, condamnés.

    On a retransmis dans la petite lucarne des images de bonheur. Un sourire crispé. Un public aux anges. Un discours de gagnant gagnant. On a travesti la réalité pour le bon plaisir d'un seul être. On a dépensé des sommes astronomiques pour satisfaire un seul ego. Comme hier à l'hôpital Paul Brousse de Villejuif. Les consultations ont été suspendues. La visite princière a coûté entre 156 000 et 200 000 euros. Le salaire annuel net de sept à huit infirmières. On a mis en congé du personnel. Enfermé les autres dans leur bureau. Interdit aux familles de visiter leurs proches hospitalisés.

    On a eu droit en prime à une leçon de morale de la part de l'être unique : “J'ai beaucoup de peine pour ceux qui font des polémiques. Ils doivent être tellement malheureux dans leur vie qu'ils ne comprennent pas les enjeux“. En plus, on est des malheureux. Des abrutis. Des ignares. On n'a pas compris que le but de la manœuvre était de se faire mousser. Même qu'on persiste à penser que l'enjeu n'en vaut pas la chandelle…

    RUMINANCES 

    La rage au ventre

    Fake réalisé par SB LE SNIPER


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  • Pour en finir avec Madame Royal et autres baudruches

    Vous voulez que je me joigne à la meute qui s’acharne depuis hier sur le “site” de Marie-Ségolène Royal ? Eh bien me voilà !

    Comme tout le monde, je suis tombé sur le cul à la vue de cette catastrophe.

    C’est simple, on dirait l’œuvre vespérale d’un plombier-zingueur qui aurait dans les années 90 bâti son site perso avec un template de Frontpage et un CD de gifs animés encarté dans “PC Expert”, dans le but de “mettre sur internet” tous les objets de sa fierté, c’est à dire en vrac ses enfants, sa femme, sa maison, son chien et sa nouvelle Mégane Scénic. Un skyblog, à côté, ça fait austère, fonctionnel et classe…

    Une bouse. Une honte. Totalement incompréhensible.

    Twitter se déchaîne. Tout le monde se moque. Je cite par exemple Joffrin (le vrai ?) : “cruchitude 2.0 on a enfin trouvé plus nuls que nous sur internet!”. Même les “jeunes pop”, rappelant qu’elle paie l’ISF (et oubliant que Sarkozy la paie aussi) lui conseillent de piocher dans sa fortune pour rattraper le coup… Se faire moquer par Joffrin et les jeunes pop, vous vous rendez compte ?

    C’est d’autant plus risible qu’il existe désormais une pléiade d’outils libres, performants et gratuits qui permettent à n’importe quel geek pas trop manchot d’élaborer en quelques jours un site de base qui tienne au moins la route faute d’être à la pointe de la technologie. Joomla (celui de Ségo, Parti de Gauche), Drupal (rue89, slate, Europe-Ecologie), Wordpress (ce blog par exemple et des centaines d’autres), Dotclear, Spip (Bakchich, PCF) ou encore Easy Publish (celui de l’UMP), le choix est vaste. Pour un site professionnel, l’œil d’un vrai graphiste est indispensable et aurait évité ce Waterloo… Et si le site doit être visité par des centaines de milliers d’internautes en délire, mieux vaut prévoir un hébergement à la hauteur. Ce qui coûte très cher.

    Pourtant, lors de la campagne des présidentielles, elle avait déjà un site. Réalisé par des spécialistes (la Netscouade, qui a depuis lors réalisé entre autres le site de Mediapart et celui d’Europe-Ecologie : deux références ! C’est d’ailleurs Benoit Thieulin , directeur de la Netscouade, qui décoche la flèche la plus acérée : “C’est presque un suicide numérique : née sur Internet elle y sombre … Assez triste quand même ; quel gâchis…”)

    “Désirs d’avenir” première version, s’il se caractérisait évidemment déjà par l’ineptie des propos bisounoursiques qui y étaient tenus, avait en revanche un aspect de bon aloi, puisque je ne garde pas le souvenir d’avoir été choqué ni ébloui.

    Apparemment, elle s’est désolidarisée de cette équipe, pour confier la réalisation du suivant à son nouveau Dédé, celui qui fait les choux gras (on se demande bien pourquoi, d’ailleurs) des magazines à sensation.

    Plus glauque, on apprend que le Dédé en question, dirigeant de PME dans le civil, a discrètement fait passer une facture de 41860 euros pour la réalisation de cet accident industriel. Et le porte-monnaie de Royal, c’est le richissime Pierre Bergé, qui règle déjà les 8000 euros mensuels de son loyer parisien. Et il tique sur la facture.
    Amusant, on apprend le même jour que le couple réclame 50000 euros pour les photos volées qui “ornent” Paris Match cette semaine, et sur lesquelles on la voit tenir la main de son génie du Web en attendant le départ de son TGV. Passionnant. Le Dédé semble avoir toutes les qualités du boutiquier gérant de PME : entre Bergé et Paris-Match, on gagne 91860 euros sans rien faire ou presque !

    Je ne voudrais pas que ce billet soit une simple occasion de se moquer de ce “site”, puisque tout le monde l’a déjà fait. Allons plus loin.

    Une autre chose qui me gonfle prodigieusement, c’est que Marie-Ségolène Royal soit devenue une espèce d’interface marketing creuse, une marionnette agitée par on ne sait qui. Quand on lui pose une question simple, elle est incapable de répondre clairement et immédiatement. Il faut qu’elle consulte son Gepetto. Invitée l’autre jour chez Demorand au lendemain de la parution du bouquin qui révélait au grand public les fraudes du Congrès de Reims, elle a réussi pendant 40 minutes à esquiver la simple question “qu’allez-vous faire ?”, se bornant à répondre qu’elle ferait une déclaration le mardi suivant. Hier donc. Ce qu’elle a fait, dans une immonde vidéo ultracompressée sur son impayable “site” : “si ce que dit ce livre est vrai, c’est grave, mais si ce n’est pas vrai, Martine Aubry doit porter plainte”. Elle joue aux échecs. Et elle joue mal. On attendait “Martine a triché, je vais lui voler dans les plumes, à cette salope” (ou un équivalent plus conforme à son éducation bourgeoise), et on a une réponse à la con, fruit avarié de la masturbation cérébrale de quelques conseillers occultes. C’est pas de la politique, c’est de la merde !

    Ce matin je suis tombé sur ce billet de Hypos, blogueuse associée chez Marianne, qui se revendique “de gauche” et “femme engagée”. Fort bien. Dans ce billet, elle confie son hé-naurme déception au sujet de Marie-Ségolène Royal. Il vaut certes mieux un accès tardif de lucidité qu’une cécité perpétuelle…

    Une secte, c’est une organisation où des fidèles auxquels on a enlevé tout sens critique (si tant est qu’ils en eussent avant) chantent inconditionnellement les louanges d’un gourou, sourds à toute critique extérieure. Force est de constater que la nébuleuse autour de Marie-Ségolène Royal répond assez finement à cette définition. Il ne faut pas se moquer des adeptes, il faut les soigner.

    N’importe qui pouvait comprendre que son fuameux concept de “démocratie participative” était du flan, du foutage de gueule intégral : “j’ai pas d’idées, tu peux m’en donner ? En même temps, je te fais croire que je m’intéresse à toi, mais si tu savais comme je m’en branle, de toi et de tes idées, mon seul objectif, c’est d’être élue !” Mais non, la plupart des gens, médias compris, la prenaient au sérieux, et faisaient mine d’y voir quelque chose de révolutionnaire.

    Lâchée par la plupart des éléphants, elle a néanmoins été rejointe par quelques ambitieux, qui avaient senti là leur seule chance d’avenir ministériel proche.

    Marie-Ségolène Royal, ce n’est rien d’autre qu’une baudruche surgonflée qui a fini par exploser le 6 mai 2007. Vous avez déjà essayé de réparer une baudruche après explosion ?

    Et pourtant, aujourd’hui encore, quand le P”S” vote, il est obligé de truquer les élections pour empêcher Madame Royal d’être majoritaire ! Incompréhensible et désespérant. Le P”S” ne survivra pas longtemps, il a failli se faire doubler par Europe Ecologie aux dernières européennes, les régionales pourraient sonner l’hallali…

    Si on poursuit le billet d’Hypos, on s’aperçoit que cette déception n’est que la réplique d’une autre déception engendrée auparavant par… François Bayrou ! Décidément, madame Hypos, avec tout le respect que j’ai pour toi, tu me sembles faire preuve d’un discernement politique assez déficient !

    À y regarder de plus près, c’est moins étonnant.  Bayrou est un autre exemple de baudruche dont la vacuité est inversement proportionnelle à l’intérêt que certains lui portent ! Pas étonnant dans ces conditions que la secte Royaliste et la secte Bayrouiste aient des velléités de fusion !

    Le ras-le-bol de Sarkozy est légitime. Tout comme le ras-le-bol des partis politiques traditionnels. Ce n’est pas une raison pour écouter les sirènes des charlatans et des opportunistes qui veulent récupérer le désarroi de militants sincères et exploiter la situation !

    Mais merde, si un jour vous avez des penchants pour tel(le) ou tel(le) politicien(ne), demandez-moi ! Je le dis depuis le début de ce blog, et même bien avant, que ces deux-là sont des baudruches, de ridicules interfaces marketing, des scandales ambulants !

    Et pour élargir encore, cela ne vous choque pas d’en être réduit à vous demander : “bon, qui va être notre prochain Président de la République : Sarkozy, Royal, Bayrou ou Cohn-Bendit ?”
    Ça ne vous choque pas que l’ensemble des médias répète cette question à l’infini ? Et que dans les faits, ce soit bien à cette question qu’il va falloir répondre ?

    Marre de ces minables qui nous remplissent l’espace médiatique de leur vacuité. Il y a plus de 60 millions d’habitants en France. Vous n’en connaissez pas, des plus honnêtes, sympathiques, compétents, brillants, modestes, désintéressés, pleins de bonne volonté et plein d’idées, qui feraient le boulot considérablement mieux que ces scandaleux égos sur pattes ?

    SOURCE SUPER NO 

    **** Un petit plus



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  • La pitoyable affaire Hortefeux n'a pas retenu l'attention des commentateurs sur l'un de ses aspects les plus inquiétants, la critique d'Internet. Les pourfendeurs de la liberté d'expression sur la Toile ont en effet, une nouvelle fois, profité d'un débat public pour jouer leur petite musique insidieuse, espérant préparer les esprits à de futures restrictions de leur liberté d'expression.

    Ainsi, Jean-François Copé affirmait le 14 septembre sur France2 : “Je crois que l’on a oublié quelque chose de très important qui touche notre profession (la politique) et la vôtre (le journalisme) : Internet”, ajoutant
    : “Il faudra un jour ou l’autre que l’on assume un débat public sur Internet et la liberté.”

    Analysons de près cette déclaration, plus révélatrice qu'il n'y paraît en première lecture. Qui en effet a filmé la séquence où Brice Hortefeux exprime des propos controversés sur les militants UMP d'origine arabe auvergnate ? Une chaîne de télévision, Public Sénat. Et qui a refusé ensuite de la diffuser à l'antenne ? Public Sénat. Qui a permis qu'elle sorte de la censure journalistique pour être portée à la connaissance du public ? Internet.

    Après le reportage bidonné de France2 sur Luc Chatel dans un supermarché, après la visite truquée d'une usine par Nicolas Sarkozy, au lieu de s'indigner d'un nouvel acte de censure, ou d'auto-censure de la part d'une chaîne de télévision publique, Jean-François Copé a préféré s'en prendre à la Toile, qui a joué le rôle démocratique que n'assument plus les médias. C'est là que l'affaire devient très intéressante.
    Quand la plupart des journalistes se taisent, cachent ou déforment la réalité, seule la Toile ose bousculer les puissants. C'est précisément cela qui dérange le système en place, qui s'est exprimé pour l'occasion à travers l'un de ses représentants, Jean-François Copé.

    Ce n'est pas la première fois que des piliers du système partent à l'assaut d'Internet, prenant pour prétexte la lutte contre la pédophilie ou le terrorisme afin de réclamer une "régulation d'Internet".

    Nadime Morano par exemple est coutumière de ces attaques contre la Toile, elle qui déclarait en 2008 sans craindre le ridicule "
    Internet, c’est comme une magnifique voiture de course. Si vous n’avez pas votre permis de conduire et que vous ratez un virage, c’est la mort. Il en va de même sur la Toile."

    Autre pourfendeur de l'Internet libre, Frédéric Lefebvre, qui tente régulièrement au parlement de faire voter des amendements liberticides. Ainsi, en novembre 2008, il proposait, heureusement sans succès, qu'au nom "de la protection de l'enfance et du respect de la dignité humaine", le CSA soit en charge de "la labellisation et de la régulation de tous les sites incluant des contenus audiovisuels créés par les utilisateurs". Fini les vidéos pour nous rafraîchir la mémoire quand les médias sont défaillants, fini les conférences et interviews en ligne de ceux qu'on ne voit jamais sur le petit écran, fini la créativité militante. Mais quel monstre oserait s'opposer à une si noble cause, "la protection de l'enfant et le respect de la dignité humaine" ?...

    La gauche du système n'est pas en reste. Philippe Val, patron de Charlie Hebdo et nouveau directeur de France Inter selon la volonté de Nicolas Sarkozy, a toujours détesté la Toile. Déjà en 2001,
    il écrivait : "Qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir."

    François Hollande n'a jamais non plus goûté aux délices de la liberté sur Internet. Plusieurs fois, il a exprimé son désir de voir cette liberté encadrée.

    Précisons qu'Internet n'est pas un espace en dehors des lois. Contrairement à ce que tentent de faire croire les "régulateurs de la liberté d'expression", la Toile est soumise aux mêmes lois que celles qui régissent l'expression publique en général, à savoir l'interdiction de l'injure, de la diffamation et l'obligation de ne pas contester un certain nombre de vérités historiques officielles.

    En réalité, si Internet dérange, c'est parce qu'il est le dernier espace de la liberté de l'esprit, le seul endroit où la contestation et la diffusion d'idées non conformes est encore possible. Quand un nombre croissant de citoyens éteignent leur téléviseur, referment leur journal, dégoûtés par la bien-pensance généralisée et la complaisance avec le pouvoir et ses amis, c'est Internet qui fait office de refuge.
    C'est évidemment sur la Toile, et nulle part ailleurs, que les vrais débats aujourd'hui ont lieu, que les idées bouillonnent, que l'information circule.

    Prenons garde de ne pas perdre subrepticement, sous des prétextes moraux, notre liberté d'informer, de débattre, de convaincre, de lutter. Il faudra être très vigilant vis-à-vis de tout ce qui se fera dans le cadre de la loi Hadopi 2, il faudra aussi surveiller le parlement européen, régulièrement secoué de cette même volonté de contrôler Internet de très près, comme nous l'avions révélé il y a quelques temps.

    Surtout, il faut à tout prix éviter que ne s'installe dans l'esprit d'un nombre croissant de Français l'idée qu'Internet = danger, loi de la jungle. C'est ce que cherchent à l'évidence les ennemis de la liberté sur la Toile, à coup de déclarations qui vont toujours dans le même sens, et profitant de n'importe quelle affaire pour servir ce discours.

    SOURCE LE VRAI DEBAT 


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