• BRADERIE POLITICARDE

    Braderie politicarde

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    Bon c’est vrai, on râlait, on se plaignait, mais au fond, on était bien content d’avoir trouvé preneur de nos vieilleries, de nos déchets, rebuts et autres ustensiles bancals, de tout ce bric-à-brac socio-démocrate accumulé dans quelque penderie, placard ou entassé à la cave et dont on n’avait plus l’usage. 

    Parfois c’était même pire, obligés que nous étions, dans nos espaces urbains confinés, de faire appel à un garde-meubles spécialisé dans l’empilement de cartons remplis de bricoles politicardes sentimentalo-inutiles.

    Vous savez comment c’est, on se dit que tel bibelot, chaise à trois pattes, casserole sans queue ou halogène fluo kitch, témoignage du mauvais goût familial des soirs de noël, peut toujours resservir, dépanner un pote en galère et rendre service à l’occase et pendant ce temps-là, ça ramasse la poussière et ça bouffe de la place.

    C’est pas pour rien qu’on appelle ça des encombrants.

    Bref, l’opération dite « ouverture » du brocanteur chef nous permettait de joyeusement déstocker nos saloperies et d’éviter quand même de tout bazarder à même le trottoir ou de se déplacer laborieusement jusqu’à la déchèterie locale.


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    C’est ainsi  que nous avions pu recycler de l’humanitaire Kouchner (et sa dame) et tout un lot de pharmacie périmée, à peu de frais, les refilant au camp d’en face trop heureux de remettre en vitrine du sparadrap diplomatique tout juste bon à "rafistoler" de l' africain. (avec bénef quand même)

    On n’était pas mécontent non plus, de se débarrasser enfin d’un idolâtre alsaco-blairiste, objet singulier mais sans aucune valeur, assuré qu’aucun collectionneur même fantaisiste, nous aurait soulagé d’un Bockel, vieux souvenir décati d’un passage express à Mulhouse.

    On avait même réussi, et ce n’est pas un mince exploit, à se départir d’un espèce de truc empaillé assez vulgaire, genre mi-pute-mi-soumise,  gadget ne ressemblant à rien et dont personne jamais n’avait défini l'emploi, et qui fit pourtant, du moins un temps, la joie capricieuse de l’enfant gâté d’en face.

    Tant qu’on peut faire plaisir… 

    Je ne vous raconte pas non plus l’immense soulagement, quand, sans trop y croire, nous vîmes le responsable de la braderie de Neuilly, faire l’acquisition d’un  Rocard, pur vintage certes mais en très mauvais état, d’un Philippe Val en son jus, au vernis attaqué par les termites, d’un Besson tout moisi qui commençait déjà à sentir méchamment le renfermé, ainsi même in extremis que d’un Charasse authentique mais totalement délabré, antiquité rurale et auvergnate parfaitement hors d’usage.

    A l’occasion d’un vide grenier, on était même à deux doigts de fourguer à ce couillon tout un salon simili cuir comprenant, un gros divan en skaï véritable, tendance Allègre, et deux poufs avachis tirants sur la droite en mousse Valls expansée et au design improbable façon Boutih. Trouver un acquéreur pour cette mocheté indéfinie tenait quasi du miracle. Mais bon, l’affaire ne se fit pas et nous obligea à rempiler matin pour la braderie de Lille avec le toutim sur les bras.

    Pas de bol.

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    Quant à la chose Jacklangienne, cet espèce de machin des années trente en boule collector, totalement désuet mais qui fait toujours rire, c’est pas parce qu’on le retourne et qu’il neige sur la moumoute que c’est forcément indispensable. Le formica revenant à la mode, on avait quand même pu s’en défaire un temps chez le roi de la récup’ et du « tout doit disparaître », particulièrement les acquis sociaux, mais il ne m’étonnerait pas qu’on nous prie de le rapatrier fissa. Même franco de port, quand même pas un cadeau.

    Car terminé Balzac la brocante ump ! Non seulement nos saletés ébréchées de pseudo-gauche, ils collectionnent plus, mais voilà t’y pas qu’ils essaient même de nous les rendre en l’état.

    Hirsch de chez Emmaüs, retour à l’envoyeur.   

    Et maintenant à qui on va les refourguer nos « sert à rien », nos « pas la peine », nos mités, nos viciés, nos copies libérales, nos contrefaçons droitières, nos tocards strapontins ? A qui on va le refourguer notre binôme Thibault Chérèque, même en presse livre reformé ou en paire de nubiens vénitiens pour grève tamisée ? Au modem de Bayrou, que c’est tout p’tit chez lui !? Et le Frêche défraîchi ?... au FN qu’à même plus les moyens de payer son loyer !?

    Non vraiment, tout ça nous arrange pas, qu’on a encore tout un stock à virer du grenier. Tandis que le Villepin de se frotter les mains. Sacré veinard celui-là, à brader pour rien, à peine un maroquin, le fond de son capharnaüm ringardo-Chiraquien redevenu subitement à la mode, toute une bimbeloterie véreuse de chez Tron et Baroin. 

    Je vous le dis comme je le pense, au prochain déménagement, s’il faut encore se coltiner de l’armoire à Huchon normande et du bureau de manager Delanoë, faudra pas compter sur moi.

    tgb ici


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