• APRES LE DEBAT, ON LEUR DIT QUOI AUX MUSULMANS ?

    Après le débat, on leur dit quoi aux musulmans ?

    Caleb IRRI

    Il y a ceux qui sont pour, et puis il y a ceux qui sont contre. Et puis il y a le reste, c’est à dire la majorité des citoyens, qui s’en foutent éperdument. Mais le débat sur l’Islam, renommé ’débat sur la laïcité’, aura bien lieu, et ce malgré tous les ’débats’ justement lancés sur sa tenue- ou pas. Une chose est sûre cependant, c’est qu’à cette occasion les masques sont tombés, comme je l’avais déjà fait remarquer à l’occasion des cantonales. Au sein de la majorité présidentielle des voix se font discordantes, et c’est tant mieux : le pouvoir du président sur la majorité s’effrite, et on commence enfin à trouver qu’il va trop loin.

    Car ce débat sur l’Islam, susceptible de remettre en cause la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, fait aujourd’hui peur à ceux-là mêmes qui ont compris où le chef de l’Etat voulait les conduire : c’est-à-dire la stigmatisation des Musulmans, avec comme objectif la création d’un ’bouc-émissaire’ économique, à travers l’utilisation des évènements actuels pour détourner l’attention du peuple des véritables responsables de l’état du monde : les gouvernants eux-mêmes.

    En mettant en place ce débat, il sera donc question de l’Islam, afin de savoir si cette religion convient ou non à la définition qu’on voudrait faire de la laïcité, et par conséquent si cette religion pose ou non un problème vis à vis des valeurs que prétend défendre la France.

    Je ne reviendrai pas ici sur les définitions de la laïcité, ni même sur l’interprétation que l’on peut faire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, je n’en ai pas les compétences, et d’autres le font bien mieux que moi. Mais je voudrais m’intéresser à ce que ce débat pourrait entraîner comme conséquences : car s’il y a débat, il y a conclusion du débat, et théoriquement réponse à la question : y a-t-il un problème musulman en France ?

    Si la réponse est ’non’, alors nous rentrerons tous chez nous fiers et contents, le score du FN devrait mathématiquement baisser, et tout retournera dans l’ordre rapidement.

    Mais si l’on considère, à la fin du débat, qu’il y a bel et bien un ’problème musulman’ en France, que fait-on ?

    On interdit la religion musulmane ? On retire la nationalité aux Musulmans, ou leur colle-t-on un croissant rouge sur le corps ? Est-ce qu’on les torture, est-ce qu’on les réduit en esclavage, ou leur supprime-t-on simplement des droits sociaux ? Doit-on les mettre dans des camps pour les exterminer, ou arrête-t-on juste de commercer avec eux ? Va-t-on leur déclarer la guerre, les envahir ou seulement les expulser ?

    Et puis ensuite, faut-il considérer tous les Arabes comme des Musulmans ? Peut-on les qualifier de « race » au même titre que les Juifs autrefois, ou comme des adeptes d’une religion ? C’est quoi le problème exactement, les étrangers ou leur religion ? Et les enfants de Musulmans seront-ils alors « automatiquement » Musulmans eux-aussi ?

    A partir du moment où l’on juge qu’il y a problème, il faudra bien admettre qu’il y faut trouver des solutions... Y êtes-vous prêts ? Est-ce vraiment cela que vous voulez ? Que voulez-vous à la fin ? que les Musulmans ’périssent’ par vos mains, ou seulement qu’ils s’intègrent ? Dans le premier cas, imaginez ce que cela signifie. Et dans le second cas, il vous faudra alors regarder en face le véritable responsable des situations qui vous mettent mal à l’aise, le gouvernement lui-même, et nous tous à travers lui. Car quels sont les reproches que l’on entend à propos des Musulmans ?-Ils prient dans la rue ? offrez leur des lieux de culte, et ils disparaîtront.

    -Vous ne voulez plus voir de burqas ? donnez-leur l’exemple, et ôtez-vos propres lunettes ’écran-total’. Si ces femmes apprenaient à lire et lisaient le Coran, elles verraient que cette pratique n’est pas obligatoire.
    -Vous trouvez qu’ils reçoivent trop d’aides sociales ? donnez leur du travail !
    -Des jeunes des cités vendent de la drogue et des armes ? Légalisez le cannabis et offrez-leur d’autres perspectives d’insertion.
    -Il y a trop de travail au noir, et vous voulez qu’ils payent des impôts ? Donnez-leur des papiers.
    -Vous ne comprenez pas qu’ils se réunissent tous ensemble dans des cités ghettos ? Offrez leurs des logements décents et moins chers, ils ne refuseront pas
    -Ils vous regardent de travers ? changez votre propre regard sur eux, et les leurs suivront.

    Lorsque vous arrivez dans un lieu que vous ne connaissez pas, vous aimez à ce que ceux qui sont déjà là, et qui se connaissent tous, vous accueillent avec gentillesse pour vous présenter, pour vous apprendre les règles et traditions locales, pour vous intégrer. Si personne ne vous parle et qu’on vous laisse de côté, vous vous renfermerez sur vous, et ne chercherez que la compagnie des autres exclus, qui eux vous comprennent et vous accueillent. En acceptant de croire qu’il existe un « problème musulman », nous rendons nous-mêmes possible l’existence de celui-ci. Nous excluons ceux-là mêmes à qui nous reprochons de ne pas s’intégrer... Que feriez-vous à leur place ? 

    Réfléchissez bien à ce que vous voulez, mais aussi aux conséquences que vos opinions impliquent dans la réalité. Car admettre que les Musulmans sont un problème pour la France conduira à l’adoption de solutions concrètes. Le voulez-vous vraiment ?

    Alors soyez sérieux, et stoppez-là la discussion : il n’y a pas d’autre alternative envisageable que l’intégration, un point c’est tout. 

    Caleb Irri

    http://calebirri.unblog.fr

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