• Des forces de la police anti-émeutes du Honduras ont réprimées ce mercredi une manifestation d'organisations féminines antiputschistes qui protestaient en face d'une institution gouvernementale.

    Des images diffusées par la chaine 36 de la télévision ont montré un des agents qui pointait un fusil lance grenade lacrymogènes sur une manifestante et la réaction indignée de celle-ci.

    "Plusieurs d'entre nous ont été frappées. Ils nous ont attrapés par le dos. Nous ne pouvons pas les affronter parce qu'ils ont les armes", a dit une femme énervée.

    Une autre victimes, identifiée seulement comme Kelia, a montré aux caméras les lésions subies dans le cou par une clef d'étranglement effectuée par un des agents.

    Ils m'ont attrapé par le cou, a raconté la femme et a commenté qu'elle a essayé de les empêcher  de rouer de coups une de ses compagnes.

    Les manifestantes ont bloqué les entrées de l'Institut National de la Femme, dans cette capitale, pour répudier les responsables de de cette entité gouvernementale nommés par le gouvernement de facto, qu'elles ont accusé de putschistes.

    Des représentantes des organisations féminines ont pacifiquement pris hier cette dépendance, en répudiation au coup militaire qui a renversé le président Manuel Zelaya, le 28 juin dernier.

    C'est une institution qui nous appartient, du peuple, a dit une des manifestantes.

    5 000 femmes en manifestation
     
    Environ 5 000 partisanes de Manuel Zelaya ont manifesté ce mercredi en face du siège de l'Institut National de la Femme (INAM) en exigeant la destitution de sa directrice, Maria Martha Diaz, en la qualifiant de "putschiste".

    "C'est une putschiste et on n'accepte pas de putschistes", a affirmé à l'AFP Juan Barahona, un des conseillers du Bloc Populaire (BP), une alliance d'organisations sociales membres du Front de Résistance qui lutte pour le rétablissement de Zelaya au pouvoir.

    Le président intérimaire, Roberto Micheletti, a nommé Diaz comme directrice de l'Institut de la Femme.

    Cependant, les travailleurs de l'INAM ont pris l'édifice mardi derneir et ce mercredi sont arrivés les policiers du commando spécial "Cobra" pour reprendre les installations.

    "Des compañeras ont été frappés par les «cobras» et c'est pour cela que nous venons exiger la destitution" de Díaz, a souligné Barahona.

    Les manifestants de la Résistance se sont rassemblés dans le siège de l'Université Pédagogique et ont défilé vers le siège de l'INAM.

    Barahona a indiqué que les membres de la résistance résoudront dans une assemblée les actions qu'ils entreprendront entre jeudi et vendredi pour demander le retour de Zelaya.

    "Jeudi et vendredi il va y avoir beaucoup de mobilisation sociale dans tout le pays et des blocages de routes", a annoncé le dirigeant populaire Rafael Alegría.

    Le dirigeant a affirmé que "celui qui a la solution au problème du pays est Micheletti", en permettant le retour de Zelaya.

    Il a plaidé pour une solution du conflit au Honduras dans la continuation du dialogue, à partir de samedi prochain, au Costa Rica, avec la médiation du président Oscar Arias.

    La solution "dépend de Micheletti, des groupes de pouvoir, des entrepreneurs et des militaires qui sont ceux qui ont créé cette énorme crise. Nous avons seulement donné une réponse par la voie de la mobilisation pacifique et nous voulions qu'ils comprennent que nous avons besoin de résoudre cette crise par la meilleure manière en permettant le retour pacifique du président Zelaya", a-t-il souligné.

    Le gouvernement de facto affronte une vague d'indignation populaire qui ce mercredi a atteint les 18 jours après que, il(elle,ils,elles) a éclaté à peine connu, la séquestration de Zelaya et sa copie de force vers la Costa Rica par des militaires encapuchonnés.

    Des groupes d'étudiants ont occupé ce mercredi l'Université Nationale Pédagogique tandis que d'autres organisations du Front National contre le coup d'État ont réalisé une marche vers le congrès, où ils ont fait un acte en demande de la restitution de l'ordre constitutionnel.
     
    http://www.radiolaprimerisima.com/noticias/general/56755
     

    Traduit par http://amerikenlutte.free.fr


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  • « Premier coup d'État en Amérique latine depuis la fin de la Guerre froide », a-t-on tôt fait de proclamer. A-t-on oublié le coup d'État du 11 avril 2002 au Venezuela même s'il dura moins de 48 heures? Le rapprochement avec la Guerre froide rappelle cependant que plusieurs coups d'État servirent à renverser des gouvernements réformistes ou à contrer les mouvements de revendication. L'Amérique centrale aura offert au XXe siècle un terreau fertile pour des dictatures militaires ou personnalistes (comme celles d'Ubico, de Carías, de Martínez Hernández sur l'horizon 1930-1945 et surtout celle des Somoza jusqu'en 1979). L'URSS après 1947, puis Cuba à partir de 1959 devinrent l'épouvantail. Les oligarchies et les militaires invoquaient la menace subversive pour s'opposer aux demandes et mouvements réformistes.  La lutte contre le communisme servait de prétexte à la répression, à des élections sur mesure. Les États-Unis cautionnaient ou encourageaient la réponse autoritaire. N'avaient-ils mis fin à l'expérience réformiste au Guatemala en 1954 avant d'utiliser ce pays comme laboratoire pour tester des méthodes de lutte anti-insurrectionnelle appliquées bientôt en Asie du sud-est? Effet de la proximité des États-Unis, les dictatures centre-américaines pouvaient faire bon ménage avec des élections périodiques, des débats parlementaires, la division des pouvoirs. Mais ce vernis ne doit pas faire allusion : l'État de droit n'existait pas.     

    Dans l'Amérique centrale des dictatures, le Honduras s'est distingué depuis les années 50 comme la « République du Pentagone ». C'est au Honduras que la CIA a organisé une attaque contre le Guatemala dans le cadre d'une guerre psychologique qui devait mener au renversement du gouvernement Arbenz en 1954. C'est du Honduras qu'elle orchestra l'invasion de Cuba en avril 1961. Les militaires honduriens furent entraînés et armés par les États-Unis. Dès 1957, ils deviennent un acteur politique prépondérant, n'hésitant pas à mettre sur la touche les gouvernements civils. Dans les années 80, Washington fit du Honduras une plate-forme pour sa stratégie d'agression contre le Nicaragua sandiniste et de soutien logistique à l'armée salvadorienne contre le FMLN. Le Honduras ressemblait à un porte-avions. Washington obligea alors les militaires à remettre le gouvernement aux civils afin de doter le pays d'une façade « démocratique ». La constitution de 1982 est un produit de ce ravalement. Cette façade servait à dissimuler une militarisation de la société. Les militaires profitèrent de largesses. Le général Alvárez eut un temps carte blanche pour frapper tout élément jugé « subversif ». Les assassinats et les disparitions frappèrent les organisations populaires. Des manoeuvres se déroulaient annuellement en territoire hondurien. La prostitution, les drogues et les maladies vénériennes accompagnèrent les exercices. Avec la fin de la guerre civile au Nicaragua et au Salvador vers 1991, l'assistance US (1,3 milliard $ entre 1981 et 1987) fondit et le budget national en fut affecté. La démilitarisation se heurta à une résistance chez ceux qui avaient profité politiquement et économiquement du conflit. La criminalité connut une escalade ici comme au Salvador. Quantité de soldats se recyclèrent dans le trafic des narcotiques et les sales besognes.

    Les élites honduriennes ont fait preuve de myopie et n'ont pas assumé leurs responsabilités sociales. Le Honduras a incarné jusqu'à la caricature la « République bananière » ouverte à toutes les ingérences et à la corruption. Une longue tradition de servilité et de vassalité forme le tissu de son histoire. Que de fois les élites honduriennes ont pensé assurer leur prospérité en s'associant à des intérêts étrangers qui ne voyaient dans ce pays qu'un peuple indolent et des richesses à exploiter. Après avoir pensé offrir un territoire pour construire un canal interocéanique, les élites virent dans la banane le produit qui allait faire la richesse du pays. Les sociétés étrangères se disputaient des concessions et appuyaient des partis politiques rivaux ou des dictateurs pour obtenir des faveurs. L'assistance est devenue par la suite la nouvelle vache à lait, favorisant des enrichissements plus ou moins licites, voire la corruption la plus éhontée. Si cette source rapporte désormais moins, elle n'a pas disparu. Parallèlement le Honduras a multiplié les concessions pour attirer des usines de sous-traitance, des sociétés minières (y compris du Canada) et des sociétés forestières. Les possédants ont démontré une attitude défensive face aux demandes sociales. Plus de la moitié de la population vit en-deçà du seuil de pauvreté. Le pays  occupe le 114e rang mondial pour l'indice de développement humain.

    Le président Manuel Zelaya est issu de l'élite. Son épouse est la fille d'un général qui occupa la présidence. Sa famille a même été mêlée à l'assassinat de deux prêtres et de 15 militants paysans dont les cadavres furent trouvés en 1975 sur la propriété familiale Los Horcones. Industriel forestier et éleveur, il accéda à la direction d'associations patronales. Élu député en 1984, il a occupé plusieurs postes dans des gouvernements libéraux. Il appartenait à la faction progressiste du parti libéral et fut chargé de la direction de programmes sociaux. Élu de justesse en novembre 2005 sous la bannière libérale, il avait fait campagne pour une approche sociale de la criminalité face à un adversaire qui prônait la répression la plus dure, y compris la restauration de la peine de mort (abolie en 1937).

    On peut donc lui attribuer une sensibilité progressiste qui le démarquait au sein de sa classe et des partis politiques. Sa gestion présidentielle confirmera bientôt cette tendance. Il augmente de 60 % le salaire minimum, il crée un fonds pour la protection des forêts, il abaisse le prix du carburant. Mais surtout il Il développe des relations avec le président Chávez. Un accord avec Petrocaribe permet au Honduras de différer de 25 ans les paiements sur la moitié du pétrole qu'il achète et d'utiliser les fonds ainsi économisés pour financer des programmes sociaux. Et il adhère en 2008 à l'Alternative bolivarienne pour les Amériques. Il devint clair pour les Honduriens que Manuel Zelaya glisse à gauche, d'autant plus qu'il se rend à Cuba et y rencontre Fidel Castro en mars dernier. En même temps que les élites dénoncent ce virage, les mouvements sociaux connaissent une nouvelle vigueur et font entendre leurs revendications. Des regroupements voient le jour (COPINH, Bloque popular, Unificación democrática, etc.).

    Cela ne fait pas de Manuel Zelaya un « socialiste ». Il ressemble tout au plus à Jacobo Arbenz. Il cherche à libérer son pays de la tutelle états-unienne, mais sans envisager une rupture. Il ancre le Honduras dans des alliances régionales et latino-américaines. S'adaptant aux vents nouveaux, rompant avec plusieurs politiques néolibérales des gouvernements antérieurs, il inscrit son action dans une volonté de rendre effective la participation citoyenne, d'approfondir la démocratie.

    Dans un pays aussi conservateur, avec ce passé de servilité et d'oppression, Manuel Zelaya dérange tous les puissants. Les élites ne se reconnaissent plus dans l'homme. Dans la consultation annoncée pour le 28 juin - sur l'opportunité d'ajouter une quatrième urne lors des élections générales du 29 novembre prochain - elles ont vu une manoeuvre destinée à leur opposer l'opinion publique et à conférer une légitimité à la campagne en faveur de la convocation d'une assemblée constituante. Tous les pouvoirs se sont alors ligués contre Zelaya : le Congrès (y compris son parti), la Cour suprême, l'Église, les médias, les forces armées. Même si la consultation n'était pas contraignante et ne pouvait être assimilée à un referendum, ils n'ont pas voulu courir le risque d'être mis en minorité par le « peuple ». Ils ont prétendu que Zelaya cherchait par ce moyen à arracher un second mandat, ce qu'interdit la constitution de 1982.

    Le véritable enjeu était l'élaboration d'une nouvelle constitution pour fonder un Honduras réellement démocratique. À court terme, une constituante peut fournir l'occasion à des débats qui font avancer la participation citoyenne. La procédure peut se transformer en une école. Le projet pouvait permettre aux organisations populaires et indigènes de faire entendre leurs voix. Voilà pourquoi elles appuyaient massivement la démarche qui était déjà endossée par 500 000 signatures. Plusieurs regroupements s'étaient formés pour soutenir l'initiative qui avait porté ses fruits au Venezuela, en Bolivie et en Équateur. La société civile n'avait eu aucun rôle dans la rédaction de la constitution de 1982 ni dans son approbation. La constitution ne prévoyait aucune consultation populaire. Ses rédacteurs appartenaient aux deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis plus d'un siècle, des partis régulièrement fragmentés par des ambitions personnelles, des instruments de clientélisme, des partis qui n'ont toujours pas vocation démocratique.

    Je ne suis pas juriste, mais je crois que la Cour suprême a fait une lecture limitative et éminemment politique de la constitution afin de proclamer le caractère illégal de la consultation. Tous les autres corps se sont servis de cette décision pour justifier leur action contre le président Zelaya. Tous ont travaillé de concert. Les militaires ont utilisé la force pour arrêter le président et l'exiler au Costa Rica. Ils ont prétendu agir au nom des instances juridiques. Le Congrès s'est ensuite réuni. Il a prétendu disposer d'une lettre datée du 25 juin par laquelle Zelaya avait signifié sa démission invoquant la polarisation du pays et des raisons de santé.

    À l'évidence il s'agissait d'un faux fabriqué. Puis il a désigné son président comme successeur. En l'absence du vice-président qui avait renoncé à ses fonctions pour briguer les suffrages aux élections de novembre, le président du Congrès, Roberto Micheletti, était le prétendant désigné. Les apparences étaient sauvegardées : le Congrès destituait le président, nommait un successeur et les militaires laissaient le pouvoir aux civils. L'alliance civilo-militaire avait bien fonctionné. Les médias ont également joué leur rôle. Après avoir chauffé l'atmosphère dans une campagne anti-Zelaya, ils s'imposaient un blackout complet sur le coup avant de se faire les porte-parole du nouveau régime. Les médias favorables à Zelaya ont été sortis des ondes. Niant la réalité du coup d'État, tous les pouvoirs ont voulu faire croire à une « succession constitutionnelle ». 

    Ce scénario s'inspire du coup d'État du 11 avril 2002 au Venezuela : la capture du président par les militaires, la fausse démission, le blackout médiatique. Chávez et le Venezuela servaient d'épouvantail pour discréditer Zelaya et son projet. La parenté dépasse la simple imitation. L'opposition vénézuélienne a été très active au Honduras récemment. L'oligarchie vénézuélienne, à défaut de faire tomber Hugo Chávez au Venezuela, voulait le vaincre à l'étranger. En identifiant Zelaya à Chávez, elle a pensé prendre sa revanche. Ses partis et ses médias n'ont donc pas dénoncé le coup, bien au contraire. On peut comprendre dans ce contexte que le président Chávez se soit engagé avec une grande vigueur verbale à défendre Zelaya et à vilipender les putschistes.

    Cette collaboration entre les deux oligarchies pourrait expliquer que les élites honduriennes se soient complètement illusionnées quant à la viabilité de la solution retenue. L'importance du facteur externe explique que les putschistes aient visé également Patricia Rodas, la ministre des Relations extérieures, rudoyée et expulsée au Mexique et qu'ils aient menacé les ambassadeurs du Venezuela et de Cuba. La droite aux États-Unis (au Congrès, dans les médias) et la droite en Amérique latine soutiennent les putschistes. Elles ne voient en Zelaya qu'un allié de Chávez qu'elles diabolisent. Cette solidarité de classe n'est pas étrangère non plus à la position ambiguë, du bout des lèvres en somme, qu'adoptera le gouvernement canadien. 

    Mais à la différence de ce qui s'est passé au Venezuela ce n'est pas d'abord la rue qui peut remettre Manuel Zelaya au pouvoir. Les organisations populaires n'ont pu se mobiliser comme elles le firent au Venezuela. Des ordres de capture ont été émis contre les dirigeants (plus de quatorze) ainsi que les ministres du gouvernement Zelaya. Beaucoup se sont réfugiés dans des ambassades, ont fui le pays ou se sont mis à l'abri. Le couvre-feu a été proclamé. Les partisans de Zelaya peuvent bien défier les putschistes en tenant des manifestations. Les forces de sécurité ont occupé tout le terrain et la répression brutale s'abat avec des morts, des blessés, des arrestations. Zelaya n'a pu disposer, à la différence de Chávez, de la loyauté de militaires. Ce qui aura fait la différence dans le cas du Honduras aura été la réprobation unanime et immédiate du coup d'État par tous les gouvernements d'Amérique latine et par diverses instances régionales (ALBA, Groupe de Rio, UNASUR, etc.). L'Organisation des États américains n'aura pas hésité cette fois à condamner le coup d'État et aura déployé beaucoup d'énergie à rétablir l'ordre constitutionnel.   

    La nouveauté réside également dans l'attitude des États-Unis. L'administration Obama n'a jamais reconnu les putschistes. Le Département d'État a vite dénoncé le caractère illégal de la destitution. Le président Obama, après s'être limité à exprimer sa « vive préoccupation », a réclamé la restauration de Manuel Zelaya dans ses fonctions. Il a de la sorte envoyé un message clair. Cela ne veut pas dire que certaines agences états-uniennes n'aient pas contribué à la crise. On voit mal l'état-major et les officiers formés dans les écoles militaires du Pentagone s'aventurer dans cette opération sans en discuter au préalable avec les représentants du Pentagone sur place (la base de Soto Cano abrite 500 militaires états-uniens). USAID financent plusieurs programmes au Honduras. Certaines agences ont servi ailleurs de bras civil à des opérations de propagande, de formation et de subversion.

    Ainsi dans une entrevue à CNN, dimanche matin, la directrice locale de l'organisme Paix et Démocratie défendait le caractère légal de l'opération en cours. La rumeur d'un coup d'État a couru dès le 24 juin. Qu'a fait l'ambassadeur pour dissuader les putschistes de recourir à cette solution? Des précédents nous rappellent que les instances états-uniennes, surtout dans une situation de tensions ou de crise, ne fonctionnent pas à l'unisson. Les États-Unis gardent plusieurs fers au feu et leurs représentants agissent suivant plusieurs scénarios. 

    Le coup d'État est condamné à l'échec. La communauté internationale a démontré un soutien unanime au président Zelaya, isolant ainsi les putschistes. L'esprit des résolutions était que son retour se fasse sans conditions préalables. Le régime illégal tient tête à la communauté internationale et aux manifestations internes d'appui au président déchu. Comment ramener les putschistes à la raison? Par des promesses d'immunité, par l'exil des principaux chefs, par des pressions multiples et combinées? Le Venezuela a coupé ses livraisons de pétrole, plusieurs pays ont rappelé leurs ambassadeurs. Les États-Unis ont suspendu certaines formes d'assistance, mais disposent de plusieurs leviers décisifs: les mettre en action démontrerait la solidité de leur engagement en faveur d'un retour à l'ordre constitutionnel. On voit mal comment le régime pourrait se maintenir longtemps au pouvoir. 

    Il faut donc croire que Manuel Zelaya sera restauré dans ses fonctions. Il a déclaré en conférence de presse à New York qu'il n'accepterait pas un second mandat. C'était un argument massue de la désinformation entourant l'opposition à la consultation. Le président Zelaya reviendra auréolé, avec un prestige accru. Sa base sociale sortira élargie de cette épreuve, mais le pays se retrouvera encore plus polarisé. Face à tous les pouvoirs qui l'ont rejeté, quel sera son pouvoir effectif d'ici janvier 2010? Jusqu'où voudra-t-il et pourra-t-il aller dans l'exercice des prérogatives présidentielles qui sont fort grandes en vertu même de la constitution et des pratiques latino-américaines? Un candidat à la succession pourra-t-il poursuivre l'oeuvre entreprise? Ou le Honduras oligarchique aura-t-il stoppé pour un temps cette marche vers un Honduras moins inégalitaire, plus démocratique?


    Claude Morin, Professeur retraité. Département d'histoire. Université de Montréal.


     Articles de Claude Morin publiés par Mondialisation.ca


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  • Liliana Felipe - Nos tienen miedo porque no tenemos miedo

    Aujourd’hui, le peuple hondurien n’a pas peur, il le crie dans les rues. Ecoutez cette chanson que les manifestants chantent à la tête des gorilles.

    Ils ont peur de nous parce que nous n’avons pas peur d’eux !

    La vie du docteur Hector Castillo, coordinateur de la résistance au Honduras, est menacée

    Alertés par les mouvements sociaux au Honduras, les anciens élèves diplômés de l’ELAM (Ecole latino-américaine de médecine) ont fait parvenir un communiqué aux medias les informant de la situation dans laquelle se trouve le Dr. Luther Castillo Harris, diplômé de la première promotion de l’école latino-américaine de médecine de Cuba et coordinateur des mouvements sociaux au Honduras.

    Celui-ci a transmis ce message : « J’appelle à dénoncer le fait que mon nom figure sur la liste des personnes à arrêter par l’armée et que des ordres ont été donnés pour m’abattre si je résiste. »

    Luther Castillo Harris est originaire de la Mosquitia, une région dans la jungle, difficilement accessible, au Nord-Est du Honduras. Il appartient à l’ethnie garifona, composée de descendants d’esclaves en fuite d’un bateau naufragé près des côtes de l’île de Saint Vincent.

    Titulaire d’une bourse d’étude à Cuba, il étudie gratuitement la médecine à l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM), comme des milliers de jeunes étudiants pauvres, venus des quatre coins du monde.

    Ses études terminées, il retourne pratiquer la médecine dans sa communauté d’origine. Là, grâce à la collaboration de Cuba, le gouvernement de Manuel Zelaya construit un hôpital, équipé de matériel de pointe, qui ouvre ses portes le 8 octobre 2007. Luther en devient le directeur. Depuis son ouverture, des milliers de personnes, qui n’avaient jamais vu de médecins auparavant, ont reçu des soins.

    Dès le début du coup d’Etat, Luther a rejoint les mouvements sociaux de résistance dont il est devenu le coordinateur.

    C’est Luther, et tous les paysans, les ouvriers, le peuple souverain du Honduras qui prenait enfin son destin en main que les putschistes veulent abattre.

    Merci de divulguer cette information à tous les médias.

    transmis par Gloria Gonzalez Justo

    Source lien 


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  • Les journalistes qui ne sont pas à la solde du système ont été écartés, les escadrons de la mort de l’armée hondurienne s’apprêtent à faire leur sale boulot. Les mêmes qui ont déjà eu une expérience similaire dans le passé, de persécution, d’assassinat, d’enlèvements, de torture, qui ont fait vivre le peuple du Honduras dans la terreur quotidienne pendant plus de 10 ans. Ce qui ce passe au Honduras est un coup d’état militaire pour installer une dictature.

    Samedi a été assassiné le leader du Bloc Populaire et Front National de la Résistance contre le Coup d’Etat, Roger Ivan Bados. Un autre dirigeant de la gauche Ramon Garcia a été retrouvé mort après un enlèvement…et ce sont des nouvelles que je trouve au goutte à goutte en parcourant de nombreux articles…Combien d’autres ont été enlevé ou sont mort dont ici nous ne savons rien ?  D’autres dirigeants sociaux sont emprisonnés où recherchés, de nombreux mandats d’arrêts sont lancés. La répression s’abat sur le peuple du Honduras, la terreur s’installe.  Et il ne fait  aucun doute que si l’Occident ne bouge pas pour rétablir le président légitime dans ses fonctions, le prix de sang et de larmes va être très lourd. Plus de 1200 résistants sont détenus. Les membres du gouvernement fidèle à Zelaya ou qui défendent les droits humains reçoivent des menaces de mort.

    « Nous vivons à nouveau ces jours terribles des années 80, ils nous menacent et nous sous sentons complètement sans défense, parce que à présent avec l’état de siège, nous n’avons aucune garantie et ils peuvent faire de nous ce qu’ils veulent, y compris nous faire disparaître », nous dit un dirigeant de la gauche passé dans la clandestinité. Les dictateurs politiques et les chefs militaires qui se sont emparé du pouvoir par la violence le 28 juin au Honduras sont ceux qui ont fait régner la terreur pendant les années 80, ce sont les mêmes.

    Et cette ordure de Micheletti se dédouane en accusant Chavez d’être responsable de tout, du sang versé et de celui qui va l’être. « Cobarde », même pas les couilles d’assumer.  Je vais vous traduire un article édifiant sur le passé de cette ordure, de ce lâche, de ce traître, allié des oligarque et des bourreaux du peuples depuis toujours qui il faut le savoir a voulu faire changer le constitution du Honduras en 1985, mais pour consolider le pouvoir de l’oligarchie pas pour donner des droit au peuple dans une démocratie participative. 

    Comme je voudrais arriver à faire passer le message : il faut que Zelaya rentre dans ses fonctions, même par la force des armes car ce qui ce passe est une déclaration de guerre à tous les peuples qui cherchent à s’émanciper, à tous ceux qui veulent un peu plus de justice dans le partage des richesse, a tous les résistants aux dictateurs oligarques absolutiste qui ont lancé le signal du grand massacre planétaire.


    A moi, à vous peut-être. Chavez ne veut pas la guerre, Mais l’ignoble Obama et sa clique ne lui laisse pas le choix.  Oui, ignoble, car peu lui importe à lui le sang et les larmes des peuples, tant qu’il peut parader comme un acteur de charme dans une parodie de changement. Le seul changement : cela va de pire en pire de plus en plus vite.

    La honte, la honte de l’Occident. . La participation des Etats-Unis à la genèse de ce coup d’état est clairement établie. Ici jamais n’est évoquée la tentative d’assassinat manquée contre Zelaya début juin. Jamais n’avait été aussi transparent le double discours des dirigeants de l’Occident que dans sa double attitude envers le coup d’état au Honduras. Tout est là, sous nos yeux. 192 pays ont condamné ce coup d’état, tous les pays du monde. Or que voyons nous ?

    Les soi-disant mesures de sanctions prises contre les putschistes vont affecter le peuple, en  plongeant le pays dans une grave crise économique, mais aucune mesure n’est prise contre les intérêts des dictateurs qui se sont illégitimement installés aux commandes de ce pays. Il serait possible aux Etats-Unis de prendre des mesures concrètes, en gelant les comptes en banques US des putschistes, en leur ôtant leurs visas, en confisquant leurs avoirs su le territoire étasunien.

    La seule promesse électorale que tiendra Obama, c’est ce sang et ses larmes qu’il annonçait pour faire un monde nouveau à la gloire de l’Amérique (Etats-Unis). Le sang et les larmes de tous les résistants aux oligarques mondiaux vont couler. Le sang et les larmes de tous les pauvres de la planète sacrifiés aux intérêts des oligarques vont couler. Ils coulaient déjà en rivière un peu partout sur la planète, mais c’est un fleuve, un océan de sang et de larme qui nous est promis à présent, ne les voyez-vous pas couler ces rivières de sang, ses rivières de larmes qui peu à peu forme un fleuve ? Moi si.

    Sortez du double discours, tous les éléments sont là pour le faire dans ce dossier que je consacre au Honduras, pas juste comme cela par caprice, pas pour le plaisir de pratiquer l’espagnol, mais parce qu’au Honduras l’Empire déclare la guerre aux peuples démocratiques du Sud et restaure par un coup d’état militaire l’ère des dictatures.

    Prenez la leçon pour notre avenir : cela leur fait mal aux oligarques de sortir deux centimes si c’est pour les donner au peuple a dit Zelaya. C’est cela la question que vous devez vous poser à présent : Trouvez vous cela normal que quelques uns possèdent la majorité des richesses de la planète plongeant les peuples dans la guerre, la terreur, la maladie, la misère pour réaliser leur projet d’absolue concentration de la richesse ou du pouvoir ? 

    Si vous répondez oui à cette question, vous êtes dans le camp des oligarques et comme valets peut-être recevrez-vous quelques miettes de leur richesse et la camisole chimique qui vous permettra de supporter la torture de vos sensibilités qu’ils vous imposeront.

    Si vous répondez non : tirez les conséquences des leçons de l’histoire. Faites preuve d’intelligence, cherchez, informez vous, apprenez à décrypter les signes qui se multiplient à la surface du monde, étudiez ce qui se passe au Honduras pour comprendre le double jeu de l’oligarchie internationale, vous aurez une idée de ce qui nous attend. Cette guerre de tous contre tous qui se répand comme l’étincelle suit les traînées de poudre vers les explosifs.

    Alors il reste à savoir, qui sera lâche et ira se planquer, qui aura le courage de la résistance, comme ces femmes qui frappaient à mains nues les soldats en armes le jour du coup d’état au Honduras, comme tous les peuples du Sud en lutte contre des armées sans pitié.

    Voilà aussi pourquoi je fais ce que je peux pour soutenir le peuple du Honduras, voilà pourquoi je suis les luttes du Sud : parce que personne ne peut présumer de son attitude face à la répression, parce qu’ils me donnent une magnifique leçon de courage pour me préparer à ce qui nous attend.

    Anne Wolf  

     


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  • Les auteurs du coup d'état détiennent à nouveau des journalistes de telesur et VTV au Honduras

    Cette arrestation est la deuxième détention dont sont l'objet les membres de la télévision mutltiestatalle tesleSUR et du canal Venezuelien de Télevision (VTV), les seuls médias qui ont fait la couverture minute par minute de ce coup d'état qui à été condamné mondialement.

    La clameur est unanime : que revienne Manuel Zelaya et teleSUR à couvert les évènements.

    Le gouvernement de fait au Honduras a maintenu en état d'arrestation pendant la nuit de samedi les jour nalistes de teleSUR et VTV, les uniques canaux ayant couvert minute à minute le coup d'état contre le président constitutionnel Manuel Zelaya.

    Les journalistes furent libérés après un rigoureux contrôle de papier et sous le claire menace des policier "golpistas" d'avoir a quitter le pays. "Allez-vous en d'ici, vous devez partir, vous n'avez rien à faire dans ce pays" furent entre autres les sentences énoncés par les golpistas contre ce groupe de journalistes étrangers.

    La journaliste de teleSUR Madelein Garcia, envoyée spécial au Honduras, rapporte qu'une commission de la Police qui suivait des ordres du gouvernement de fait est entrée dans l'hotel ou logeait cette équipe de travailleurs de la communication et les ont détenus sans aucune explication avant des les transférer à un poste de police.

    Pendant la détention les golpistas ont examiné tous les papiers pour ,on présume, enquêter à propos de la légalité de leur présence dans le pays

    La reporter de teleSUR déclare avoir des informations selon lesquelles le personnel de l'immigration  du gouvernement de fait continuera ce supposé examen de papiers de nos journalistes pour suppose-t-on déterminer leur statut dans ce pays de centramèrique

    E.S. reporter de VTV a Tegucigalpa dénonce cette violation de la liberté d'expression, sous supposée justification de ??? détention préventive, ils nous arrête réellement et nous menacèrent de nous retirer nos téléphone pour nous empêcher de communiquer.

    Il raconte qu'après avoir subi un interrogatoire rigoureux et injustifié, les policiers golpistas les ont avertis "remerciez votre président Chavez, allez-vous-en de ce pays, ceci va mal tourner."

    La libération des journalistes a été obtenue grâce à l'intervention de la Chancellerie du Venezuela

    Telesur est le seul canal international qui a transmis en direct et minute à minute les évènements du coup d'état contre le gouvernement légitime de Zelaya. Les médias locaux privés se sont soumis aux actions subversives et ont transmis leurs progammes habituels.

    L'hôtel où sont logés ces journalistes était toujours cerné par la police dimanche matin. Il était impossible aux journalistes d'en sortir sans une surveillance des policiers.

    Les communicateurs de VTV, qui avaient prévu de rentrer au Venezuela diamanche, devront le faire accompagnés des forces de polices. Les journalistes de teleSUR resteront pour continuer le suivi de leur travail d'information dans ce pays malgré les actions qui violent les droits humains et constitutionnels commis contre notre équipe.

     

    Cette arrestation est la deuxième attaque des auteurs du coup d'état contre la liberté de la presse défendue par ce canal. Le 29 juin les militaires golpistas ont détournés par la force l'équipe de cette chaîne qui couvrait la brutale répression de l'armée et de la police contre une manifestation  pacifique. 

    La nation centraméricaine vit les conséquences d'un coup d'état qui c'est produit à l'aube du dimanche 28 juin, quand un commando a envahi la maison présidentielle, séquestrant Manuel Zelaya avant de l'emmener hors du pays, a Costa Rica.

    Depuis ce moment, le peuple hondurien occupe les rues en résistance contre la violation de l'ordre constitutionnel commis par les auteurs du coup d'état. TeleSUR est restée au côté du peuple et a transmis, fidéle aux valeurs du journalisme tous les évènements qui ont accompagné ce coup d'état.

    J'ajoute qu'ils ont du le faire par téléphones cellulaires, les militaires ne tolérant pas la présence des caméras.

    - Chavez est en colère. Je rappelle qu'il avait dans sa conférence de presse de vendredi appelé Obama a accorder son discours et ses actes or Obama ne s'est toujours pas manifesté. Chavez annonce que s'il ne le fait pas il considérera qu'Obama est favorable à ce coup d'état.
    - Il conseille vivement à Zelaya de rentrer le plus vite possible rétablir la légitimité du
    e son gouvernement
    - Il est indigné par le traitement qui a été infligé aux journalistes de TeleSUR et VTV.


    - Les meurtres de dirigeants sociaux ont commencé, j'attends plus de précisions

    -Zelaya annonce qu'il va rentrer au pays. Qu'il choisira la manière, le moment et le lieu de le faire

    Anne 


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  • L'auteur de ce dessin, Rúkleman Soto, fait un jeu de mots entre "Escuela" (École) et "Secuela" (Séquelle). Le maître demande à l'élève : Capitale du Honduras ? Réponse du gorille : Tegucigolpe (golpe signifie putsch). Le maître : Reçu! L'École des Amériques, créée en 1946 à Panamá par le Pentagone et rapatriée à Fort Benning, en Géorgie en 1984, où elle a été rebaptisée Institut de l'hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération, a formé tous les militaires putschistes et tortionnaires qui ont sévi en Amérique latine depuis 55 ans, dans le long cycle de coups d'État inauguré par le renversement du président Arbenz au Guatemala en 1954. On croyait révolue l'ère des gorilles (c'est ainsi que les Latinos appellent les militaires putschistes).

    Ce n'est pas tout à fait le cas. Le premier coup d'État "new look" de l'ère Obama vient d'avoir lieu au Honduras. Son organisateur a été le général Romeo Vásquez, chef de l'État-Major conjoint, formé à l'École des Amériques, que le président Zelaya avait destitué le 24 juin pour avoir désobéi à ses ordres. Le 26 juin, il a été reconduit dans ses fonctions par la Cour Suprême, qui a appliqué une des ressources du droit, le recours en protection (amparo). C'est la caracéristique principale de ce putsch "new look" : il se pare de tous les attributs de la légalité et de la constitutionnalité. Mais personne n'est dupe. Et quand le peuple se lève, seuls lui répondent les fusils-mitrailleurs et les tanks, comme au bon vieux temps des Pinochet, Videla, Somoza et Stroessner.

    Les salopards qui, le dimanche 28 juin, ont renversé le président élu Manuel Zelaya (appelé MEL par le peuple) et l'ont expédié en avion au Costa Rica,mettant à sa place l'entrepreneur Micheletti - aussitôt rebaptisté Pinochetti par le peuple - avec la bénédiction de la Conférence épiscopale, n'ont pas la tâche facile. C'est que nous ne sommes plus dans les sombres années 1970. Le peuple hondurien a à sa disposition Internet, Youtube, Twitter, et il dispose d'un réseau d'émigrés planétaire, avant tout l'importante diaspora qui vit aux USA et, par ses envois d'argent, constitue la première ressource du pays.

    Depuis le 28 juin, donc, le peuple hondurien offre une magnifique résistance aux gorilles. Il compte beaucoup d'alliés, à commencer par les peuples et gouvernements de Cuba, du Nicaragua, du Venezuela, d'Équateur, de Bolivie, d'Argentine, du Paraguay et d'Uruguay, bref l'écrasante majorité des pays membres de l'Organisation des États américains, sans compter l'ONU et l'UE. Reste un hic : la position officielle des USA et du Canada, exemplaire de jésuitisme et de double langage. il est évident pour tous que les putschistes, bons élèves de l'École des Amériques, ont reçu les conseils et l'appui tactique du Pentagone et de la CIA pour réaliser leur putsch dominical.
    Questions à 1000 millions de dollars : Obama contrôle-t-il le Pentagone et la CIA ? Est-il sur la même longueur d'ondes qu'Hilary ? Va-t-il se décider à avoir le courage de reconnaître que ce qui s'est passé à Tegucigalpa le 28 juin est un coup d'État et donc appliquer la loi US, c'est-à-dire suspendre les relations diplomatiques, économiques, militaires et fnancières avec le Honduras tant que sa capitale méritera le surnom de Tegucigolpe ?
    Publié par Basta!

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  • Le gouvernement de facto de Roberto Michelletti au Honduras, mercredi dernier, a nommé comme ministre conseiller Billy Joya, connu pour avoir coordonné et dirigé tortures et assassinats dans ce pays pendant les années 80.

    Joya s’est joint au Bataillon de Renseignements 3-16 et fonda l’escadron d’élite de répression « Linx » des Cobras et fut premier commandant de ce groupe.

    De 1984 à 1991 il est resté dans l’escadron de la mort 3-16 où il a assuré plusieurs fonctions, sous le pseudonyme de « Licenciado Arrazola ». On lui attribue la responsabilité criminelledirecte d’au moins 16 cas et d’actions spéciales qui ont laissé plus d’une dizaine de morts et torturés pour leur lien avec des organisations progressistes.
    Les agissements de Joya furent dénoncés en leur temps. Néanmoins ces antécédents n’ont pas de valeur pour Micheletti dont le gouvernement est aujourd’hui répudié par la communauté internationale. L’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté une résolution dans laquelle elle condamne le coup d’état militaire au Honduras et demande la restitution immédiate du président légitime de cette nation, Manuel Zelaya.
    La résolution adoptée par acclamation, fait un appel aux 192 états membres de l’ONU à ne pas reconnaître le régime militaire qui a pris le pouvoir par la force et à ne pas reconnaître un gouvernement différent de celui de Zelaya.

    Profil de Billy Fernando Joya Améndola, membre de l’escadron de la mort B3-16

    Au Honduras il n’y a pas d’acte de création du Bataillon 3-16, mais les premières disparitions datent de 1981.
    Cette année-là, Washington décida de changer d’ambassadeur à Tegucigalpa. John Dimitri Negroponte fut l’élu. Son curriculum, impeccable : ancien chef de la CIA au Vietnam. Negroponte fut l’homme clef de la stratégie anticommuniste de Washington en Amérique Centrale et dans la création de la Contra du Nicaragua. Les hommes du 3-16 furent entraînés par des agents de la CIA et de distingués militaires argentins.

    A cette époque le général Suárez Manson apparaît lié à l’instruction du 3-16, un des plus grands répresseurs de la dictature argentine. Billy Joya n’a pas étudié seulement les méthodes argentines; étant cadet de l’école militaire Francisco Morazán de Tegucigalpa, il partit avec une bourse d’études au Chili de Pinochet.

    Billy Fernando Joya Améndola, membre de l’escadron de la mort B3-16

    Capitaine de l’armée du Honduras, il était chef de sa division tactique dans le Bataillon 3-16. Il agissait en synchronisation avec la Direction Nationale de Renseignements (DNI), le bras répresseur de l’armée. Expert en infiltration et guerre psychologique.

    De 1984 à 1991 il est resté dans l’escadron de la mort B3-16,  où il a assuré plusieurs fonctions, sous le pseudonyme de « Licenciado Arrazola », entre autres :
    - liaison entre conseillers nord-américains et le bataillon B3-16; chef du Détachement Technique Spécial; coordinateur du B3-16 entre Tegucigalpa et San Pedro Sula; liaison entre les conseillers argentins et le B3-16,
    - il est accusé d’avoir séquestré et torturé six universitaires honduriens en 1982,
    - on lui attribue la responsabilité criminelle directe d’au moins 16 cas et d’actions spéciales qui ont laissé plus d’une dizaine de morts et torturés pour leur lien avec des organisations progressistes, entre autres : les actions des colonies la Campaña, la Matamoros, la San Francisco, la Florencia Sur, l’Aurora, Guamilito et Loarque.
    Actuellement, le gouvernement de facto de Roberto Micheletti au Honduras a nommé comme ministre conseiller Billy Joya.

    Torture et séquestration d’étudiants honduriens

    Le 27 avril 1982, à cinq heures du matin, Joya, à l’époque sous-lieutenant, et six de ses hommes fortement armés pénétrèrent dans l’habitation du sous procureur de la République du Honduras, Rafael Rivera, pour arrêter les étudiants. Deux d’entre eux étaient les filles de Rivera, qui bénéficiaient de l’immunité étant donné le poste de leur père.
    Dans leur lieu de captivité, ces six étudiants croisèrent d’autres détenus qui n’ont jamais réapparu. Malgré que la police et l’armée n’aient jamais reconnu la détention des six universitaires, deux d’entre eux furent mis à disposition de la justice 11 jours plus tard. Ils furent accusés de détention d’armes et d’explosifs. Mais dans la maison de Rivera, où ils louaient leur logement, n’ont été trouvées que des notes.

    Malgré qu’il n’existe pas de traité formel entre l’Espagne et le Honduras, une loi espagnole, celle d’Extradition Passive de 1985, permettait l’envoi de Billy Joyas au Honduras. Le juge compétent à Tegucigalpa devait solliciter, à travers Interpol ou par voie diplomatique, l’extradition. Une fois reçue, les autorités judiciaires espagnoles pouvaient ordonner la détention de Joya. Le juge hondurien aurait 40 jours pour motiver sa demande, qui lorsque approuvée, serait d’immédiate application. Pourtant après une demande du 7 août 1997, sans succès, on constate que le gouvernement du Honduras n’avait pas de volonté d’exécuter cette extradition.

    Asile en Espagne

    Il est entré en Espagne en avril 1996 avec un visa touristique. Il venait de Colombie où il s’était caché après sa fuite du Honduras lorsque a commencé un procès contre lui et d’autres membres de l’escadron de la mort. En octobre 1996, il demanda l’asile politique en Espagne, et le 30 mai 1997 le ministre de l’intérieur espagnol le refusa.
    Le refus de l’asile en Espagne était lié à l’ordre administratif d’expulsion dans les 15 jours. L’avocat de Joya fit appel devant la Chambre des Contentieux, paralysant la mesure. La chambre signala à Joya, le 5 février 1998, que l’ordre d’expulsion était gelé jusqu’à ce qu’il résolve l’affaire de l’asile.
    Joya vivait caché en Espagne depuis avril 1996, à Séville, dans le quartier Los Remedios, dans un des immeubles les plus emblématiques et chers, El Presidente.

    Billy Joya fut accusé en 1994 des délits de torture et de détention illégale, et le 17 octobre 1995 un juge civil de Tegucigalpa dicta un ordre de recherche et capture à son encontre.
    L’avocat espagnol Enrique Santiago, spécialisé dans le droit international humanitaire, a porté plainte, en 1998, à ce sujet au nom d’un des torturés, Milton Jiménez Puerto. La plainte s’est appuyée sur l’article 5.2 de la Convention Internationale Contre la Torture, signée par l’Espagne.
    Joya n’a jamais travaillé en Espagne. Il fut financé et aidé par son beau-frère avec qui il partage une entreprise de sécurité au Honduras. La seule activité connue était celle de catéchiste. Il a aidé les élèves du collège Saint Joseph des Sacrés Cœurs de Séville à comprendre le christianisme.


    Source : Aporrea
    Traduit par Karen Bellemans et révisé par Magali Urbain pour Investig’Action.   
                              


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  • Après le coup d’Etat du 28 juin au Honduras, Manuel Zelaya, le président destitué, conserve le soutien des pays de l’ALBA, alliance régionale montante. Bernard Duterme explique pourquoi.
     
    Quelle nouveauté l’ALBA représente-t-elle par rapport à d’autres associations régionales en Amérique latine ?

    Bernard Duterme. Cette nouveauté est importante et radicale. LíALBA signifie désormais – depuis son dernier sommet au Venezuela fin juin 2009 – « Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique ». Cette nouvelle appellation contient déjà en elle-même ses ambitions sociales et géopolitiques, en rupture fondamentale ou, pour le moins, en décalage avec les initiatives déjà existantes (Mercosur, Can, etc.), au profil essentiellement commercial et plus en phase avec les vents dominants de l’économie mondiale et du libre-échange. Hugo Chavez, le président vénézuélien, cofondateur et principal moteur de cette « Alliance » vient de le confirmer : « L’ALBA n’est plus maintenant une alternative, une option ou une proposition théorique, elle est devenue une réalité, une plate-forme politique de pouvoir ». Elle vise un modèle original d’intégration politique, social et économique non subordonné aux Etats-Unis bien sûr, mais qui, au-delà, entend privilégier la coopération entre les peuples et les Etats plutôt que la compétition... C’est sa force et sa faiblesse. Elle est perçue par ses détracteurs ainsi que par certains observateurs sceptiques comme une initiative trop politisée, trop dépendante de la couleur politique des partis (et surtout des personnalités) au pouvoir dans ses pays membres pour pouvoir s’affirmer comme un processus non réversible à la moindre alternance électorale.

    Que représente l’ALBA pour le Honduras ?

    Bernard Duterme. Personne n’est dupe. Pour le Honduras, l’ALBA est d’abord une opportunité économique. Quelque peu lâché sur ce plan par les Etats-Unis et le Fonds monétaire international, le président libéral-conservateur Manuel Zelaya s’est assez vite tourné – à la grande stupeur de l’élite hondurienne qui avait participé à son élection – vers la diplomatie généreuse et volontariste du Venezuela. En montant d’abord dans le train de Petrocaribe (autre initiative du président Chávez qui permet aux pays de la région d’amortir les prix du pétrole), en s’affiliant ensuite à l’ALBA aux côtés de gouvernements à l’identité originelle socialiste nettement plus affirmée, comme Cuba, la Bolivie, le Nicaragua et depuis juin dernier l’Equateur de Rafael Correa. Cela étant, progressivement, Zelaya a aussi donné corps à ce virage à gauche (opportuniste dans un premier temps) sur le plan national, par une série d’initiatives sociales et économiques, visant par exemple à assurer un salaire minimum au Honduras ou à casser le monopole des multinationales pharmaceutiques dans le marché de l’approvisionnement en médicaments...

    Quelles sont les forces sociales en présence au Honduras?

    Bernard Duterme. Fondamentalement, la structure sociale du Honduras reste l’une des plus caricaturales de la région. Le pouvoir et les privilèges de l’oligarchie n’y ont jamais véritablement été remis en question. En cela, le Honduras correspond toujours à son image de « république bananière » et d’« arrière-cour des Etats-Unis ». 70 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté ou dans l’extrême pauvreté et plus de 40 % du revenu national proviennent de l’envoi des remesas (argent) des émigrés pour la plupart aux Etats-Unis. Ils y seraient plus d’un million pour une population nationale de moins de huit millions d’habitants. Deux partis traditionnels se partagent l’essentiel du pouvoir politique, mais le poids de l’armée reste déterminant, ainsi que celui des grands médias au service d’un certain conservatisme social et du consumérisme libéral, comme dans pratiquement toute l’Amérique latine. La société civile et les organisations sociales - paysannes notamment - ne sont toutefois pas absentes. Ce sont elles qui ont manifesté et se sont fait réprimer cette première semaine de juillet pour le retour de Zelaya.

    Pourquoi le coup d’Etat au Honduras? Est-il le « maillon faible » de l’ALBA?

    Bernard Duterme. Plus que « la conséquence des procédés illégaux d’un président qui prétend se faire réélire » – version officielle des responsables du coup d’Etat –, ce coup d’Etat est d’abord le fait d’une élite crispée et paniquée qui entend bloquer la progression du « chavisme » en Amérique centrale et au Honduras en particulier. Contrairement à ce qui a été dit et répété, la consultation contestée – et qui a servi de prétexte aux putschistes – n’avait pour objectif que de demander à la population hondurienne si elle acceptait ou non qu’aux prochaines élections générales (présidentielle, législative, locale) de décembre 2009 (auxquelles Zelaya ne pourra de toute façon pas se présenter), un « quatrième bulletin » l’invitant à se prononcer sur la pertinence ou non d’une Assemblée constituante… C’est-à-dire d’une Assemblée qui aurait pour mandat à terme de réformer la Constitution encore très conservatrice du Honduras et hypothétiquement de donner à un ancien président la possibilité de se représenter une deuxième fois.

    Quel est le rôle des Etats-Unis dans le coup d’Etat ?

    Bernard Duterme. Difficile de répondre à ce stade. Une chose est sûre : connaissant le niveau de dépendance de la scène politique hondurienne à l’égard des Etats-Unis et la toujours forte présence militaire de ceux-ci dans le pays, on voit mal comment tout cela aurait pu se passer sans l’aval, l’aide ou la bienveillance de certains secteurs de l’administration étasunienne, qui partagent le même ostracisme à l’égard du « chavisme » et des pouvoirs de gauche latinos. De là à dire que le président Obama a planifié le coup d’Etat, ce serait ridicule. On regrettera toutefois, à ce stade, le ton quelque peu équivoque de sa première « condamnation » du coup d’Etat, par rapport aux mots plus clairs utilisés par l’Organisation des Etats américains et l’Union européenne.  

    Sur qui le peuple hondurien peut-il vraiment compter dans le concert international de condamnation du coup d’Etat? Quel est dans ce contexte le rôle de l’ALBA ?

    Bernard Duterme. Je ne me souviens pas qu’un coup d’Etat en Amérique latine – et il y en a eu ! – ait à ce point fait la quasi unanimité contre lui aussi vite. S’il n’avait été condamné que par l’ALBA en revanche, je n’aurais pas été optimiste sur les chances d’un retour immédiat du président Zelaya à son poste... Mais là, si effectivement tous les acteurs qui ont condamné (OEA, UE, Mercosur, Unasur, SICA, AG de l’ONU et chacun des pays du continent américain…) joignent le geste à la parole, comment les « nouvelles » autorités honduriennes pourraient-elles poursuivre la répression de la contestation interne ?


    Bernard Duterme est directeur du CETRI, Centre Tricontinental (www.cetri.be). Spécialiste des peuples de l’Amérique latine, il a séjourné fin juin 2009 au Venezuela comme membre du jury du Prix Libertador à la Pensée critique.
    Source: Solidaire


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  • Le coup d'Etat au Honduras est un avertissement qu'il ne faudrait ni ignorer, ni minimiser en l'interprétant comme un fait isolé dans un pays petit et pauvre. Le putsch a eu lieu au Honduras, mais il frappe toute l'Amérique Latine et les Caraïbes: il nous montre que ce passé malheureux n'est pas complètement enterré, et que l'audace que nous avons eu en nous déclarant indépendants et souverains ne nous a pas été pardonnée.


    On ne peut tirer une autre conclusion des évènements honduriens, où le coup d'Etat militaire a été la réponse à la volonté de faire de ce pays une nation plus juste et où les secteurs populaires puissent avoir une voix.
    Nos peuples, avec des démocraties encore imparfaites, injustices et inégalités, ont entamé un processus d'intégration, ils ont conscience de leurs droits et ils les défendent. Ils défendent aussi leurs terres et les richesses qu'elles contiennent. Face à ceux qui veulent leur barrer la route il y a ceux qui les poussent vers l'avant. Il y a des gouvernements qui récupèrent les ressources naturelles et d'autres qui les cèdent.

    Néanmoins, malgré ces différences nous sommes tombés d'accord sur des points essentiels et dans ce contexte, le putsch au Honduras implique un danger généralisé.
    C'est ainsi que l'ont compris l'Amérique Latine et les Caraïbes qui ont réagi de façon immédiate, unitaire et ferme, via tous les organismes d'intégration créés. Ainsi l'ont compris aussi les pays développés d'Europe, qui à travers l'Union Européenne ont exprimé, avec la signature des 27 ministres des affaires étrangères, que le renversement du président Zelaya est une violation inacceptable de l'ordre constitutionnel et ont exigé le retour de la normalité démocratique.


    Des réactions similaires ont eu lieu dans tous les continents, mais il n'est pas inutile de signaler la plus faible d'entre elles: celle des Etats Unis, pays qui est supposé avoir pris aussi le chemin du changement. Le président Obama a affirmé qu'il était très préoccupé à cause des évènements, et que tous les conflits devaient se résoudre pacifiquement par un dialogue sans intromissions étrangères, et demanda à tous les acteurs politiques et sociaux du Honduras de respecter les normes démocratiques et la Charte Démocratique de l'Organisation des Etats Américains.
    Mais avant d'analyser les positions de la nouvelle administration états-unienne il est important de connaître les causes du putsch contre le président hondurien.

    Le péché de Zelaya


    Manuel Zelaya fut le candidat du Parti Libéral qui est un des deux partis politiques traditionnels qui ont se sont relayés au pouvoir pendant les périodes non dictatoriales. Même si ces deux partis peuvent être considérées comme appartenant à la droite politique, le Parti Libéral a revendiqué depuis quelques années une ligne progressiste, et il appartient tout de même à l'internationale Socialiste, de tendance social-démocrate. Zelaya connut dès le début l'opposition des médias qui sont tous, sans exception, de droite. Il fut élu par avec une marge étroite face à son rival du Parti National et fut ratifié comme président après la visite interventionniste d'une envoyée de l'alors président Bush.
    Au gouvernement, la gestion du chef d'Etat s'est orientée vers la recherche d'une plus grande justice sociale, ce qui déclencha une forte opposition de ses adversaires politiques et même de certains responsables de son propre parti. Son plus grand rival fut et continue à être Roberto Micheletti, président du Congrès (Assemblée) qui aujourd'hui, grâce au coup d'Etat, arbore le pouvoir présidentiel. Michelleti est un président frustré: il perdit à chaque fois qu'il voulut être candidat de son parti à la fonction suprême. Il fut battu par Zelaya mais aussi par celui qui a été choisi pour briguer la présidence lors des élections prévues pour le 29 novembre.


    Parmi les différentes mesures mises oeuvre par Zelaya on peut en citer une, basée sur la Loi de Participation Citoyenne, promulguée sous son mandat. Cette loi affirme que les citoyens peuvent demander au président d'appeler à un référendum, dont le résultat a juste une valeur consultative, sur un sujet qu'ils estiment digne d'intérêt. Plus de 400.000 personnes ont sollicité que l'on consulte le peuple à propos de la mise en place d'une Assemblée Constituante. Ce type de référendum, selon la loi, doit être effectué par l'Institut National de Statistiques et n'a d'autre but que de connaître ce que le citoyen lambda pense sur un sujet lambda.
    C'est cela que l'on voulait demander au peuple le jour où le coup d'Etat s'est produit. Et la question était:
    "Etes vous d'accord sur le fait que lors des élections générales de novembre 2008 une quatrième urne soit installée dans le but de demander au peuple s'il souhaite la mise en place d'une Assemblée Constituante?"
    "Oui.... Non".


    La quatrième urne allait s'additionner aux autres trois prévues pour les élections générales: une pour le président de la république, une autre pour les parlementaires et une troisième pour maires et bourgmestres. Le mandat de Zelaya arrive à terme en Janvier, et donc, tout ce qui concerne l'appel à l'Assemblée Constituante aurait dû être traité par son successeur, par conséquent, il n'existait pas l'ombre d'un projet parlant de réélection présidentielle d'une façon ou d'une autre.
    La vraie cause du problème n'a rien à voir avec cela. Le Honduras a une constitution élaborée en 1982, sous le régime dictatorial du général Policarpo Paz Garcîa, et ses 8 premiers articles sont déclarés "immuables": jamais ils ne peuvent être modifiés. Et la raison est très simple: ces articles définissent un type de régime autoritaire et protecteur des intérêts de certains secteurs, lesquels ne sont pas disposés à céder le pouvoir. Celui qui essaiera de modifier la constitution sera considéré comme "traître à la Patrie".


    Voilà l'origine du putsch, mais il a d'autres éléments.
    "Surtout pas de coups d'Etat"
     Revenons sur la réaction initiale du président Obama. A Tegucigalpa, la capitale, des gestions étaient en cours pour trouver une issue au conflit dans les jours qui ont précédé le putsch. Dans ces pourparlers participait le personnel diplomatique des Etats-Unis, dont l'ambassadeur Hugo Llorens fut nommé du temps de Bush. Le diplomate avait fait un voyage à Washington et, pendant son séjour, il fut connu dans les sphères politiques honduriennes que le jeudi de la même semaine, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait appelé le personnel de l'ambassade ou un dirigent de l'opposition en disant "surtout pas de coups d'Etat".


    Dans les cercles proches du gouvernement on de parlait que de ça. L'ambassadeur Llorens était connu pour avoir tenu des propos tels que "on ne peut pas violer la Constitution pour en créer une autre, car cela signifierait vivre sous la "loi de la jungle" -conférence de presse du 6 juin. Puis, affirmant que ce qui se ferait en matière constitutionnelle était une affaire entre honduriens, il ajouta "que ce qui doit être fait se fasse dans le cadre de la loi, si on fait ou pas une variante de ce dont on parle, qu'on le fasse dans le cadre de la loi, de la Constitution". Ce qu’il suggérait était clair.


    Si nous n'analysons rien que les faits, la voie suivie par les putschistes fut celle d'accuser le président de violer la loi et la Constitution, puis d’appliquer les dispositions légales et constitutionnelles, tellement promues par Llorens, pour donner le coup d'Etat. S'ils n'avaient pas envoyé les militaires pour capturer et exiler Zelaya, ils auraient même pu donner un semblant de crédibilité à leurs accusations, mais comme dit le proverbe mexicain: la forme c'est le fond. Ce fut un coup d'Etat sans cause justifiée.


    Le président Obama réagit seulement le lundi 29, une fois que toutes les organisations que nous avons citées s'étaient prononcées. Les arguments que l'on lit dans la presse états-unienne ne sont pas acceptables, car en gros ils affirment que le Honduras avait peur que l'on rédige une constitution similaire à la vénézuélienne, ralliant ainsi l'hystérie anti-chaviste, sans avoir compris ce qui est en train de se passer en Amérique Latine. Ils ne font que mettre en évidence leur préoccupation due à la perte de leur hégémonie.


    Concernant l'Amérique Centrale, que les Etats Unis ont toujours considérée comme leur propriété privée, jusqu'au coup d'Etat, l'empire avait perdu le contrôle de cette région. Si c'est ça la manière de le récupérer, toute l'Amérique Latine doit se mettre en alerte. Les changements qui ont lieu dans la région essaient d'ouvrir des voies à la participation populaire comme un élément fondamental d'un système démocratique, et les réformes constitutionnelles sont l'instrument qui ouvre ces voies.
    Après ce trébuchage qui mit en doute les propos tenus par Obama dans ses discours, les Etats Unis ont modifié leur attitude initiale et ont rallié à la dernière heure en tant que "sponsor" la résolution que par unanimité fut approuvée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, condamnant le coup d'Etat au Honduras.

    *Frida Modak, journaliste, fut Attachée de Presse du Président Salvador Allende.
    Traduit par Vladimir Altuna pour Investig'Action.
    Source: Agencia Latinoamericana de Información


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  • Compte rendu de la conférence de presse du 10 juillet 2009 du président Hugo Chavez .

    Je vous avertis, Chavez a gagné mon estime humainement et politiquement, donc tout ce qui suit sera empreint de la sympathie que j’ai pour lui et de ce plaisir que je prends à le voir poser les cartes sur la table de la réalité que les autres s’acharnent à masquer dans le jeu d’une hypocrite diplomatie. Le discours va se dérouler sur deux plans qui sont définis d’emblée.

    La guerre : Les propositions irrespectueuses de Clinton sont une déclaration de guerre de l’administration d’Obama à l’Amérique latine, et ceci en est le premier acte : la bataille de Honduras. C’est un acte inqualifiable de proposer un dialogue à la même table du président légitime du Honduras et de l’usurpateur, el golpeiste – celui qui a pris le pouvoir par un coup d’état, que l’on appelle aussi là-bas Gorileto. C’est impossible et ne peut se considérer que comme le prélude à une vague de coup d’états dans les pays du Sud  en révolution pacifique pour le construction d’une démocratie participative. C’est un nouvel acte de la lutte de classe, une nouvelle manifestation de la guerre de l’empire et de sa volonté de restaurer en Amérique du Sud les anciennes oligarchies contre le peuple en lutte pour prendre en main son destin. Un peuple qui a rompu ses chaînes. Il évoque les processus de déstabilisations des régimes démocratiques qui se produisent en ce moment même en Amérique du Sud : Bolivie, Guatemala Venezuela.

     La paix : il laisse à Obama le bénéfice du doute. En tournée internationale, il peut ne pas avoir été mêlé à cet acte inqualifiable, il lui laisse la porte ouverte pour prouver sa bonne volonté et démontrer que cette volonté manifestée par lui de reconstruire des relations bilatérales n’était pas pure hypocrisie. Il l’invite à prendre des mesures concrète pour mettre fin au coup d’état, des mesures économiques, congeler les compte étasuniens des golpeistes, mettre fin aux échanges commerciaux avec cette bourgeoisie des affaire mais aussi des mesures militaires, les USA ont des bases là-bas, non ? Il somme Obama d’agir en accord avec les résolutions de l’ONU et de l’OEA pour mettre fin au coup d’état et de le faire tout de suite. Maintenant !

    Les cartes sont donc posées sur la table sans ambigüité : il n’était pas question d’un dialogue impossible avec ce gouvernement qui utilise l’armée pour tenter, sans succès, de terroriser le peuple. Il était question d’une seule chose : trouver les modalités de sortie du pays des usurpateurs. Zelaya a intelligemment –como un caballero – le dialogue qui comme l’aurait prévu n’importe quelle science des mathématique à la logique, et même les sciences occultes,  a avorté, de même que la tentative de Washington d’humaniser le coup d’état de fascistes qui sont venu enlever les armes à la main le président légitime du pays pour le mettre presqu’en pyjama pour le mettre dans l’avion  qui l’a emmené hors du pays. Il revient brièvement sur cette sortie illégale du pays qui était une erreur, et sur le fait que les « négociations » de Costa-Rica ce sont concentrées sur la recherche des responsables de cette décision. La suite du discours va d’une part aborder la construction de cette nouvelle démocratie qui naît en Amérique du Sud, cette révolution pacifique qui donne au peuple des droits, la possibilité de participer aux décisions qui le concerne et peu à peu améliore ses conditions de vie. Le point de vue de la paix. Parallèlement il développera le point de vue de la guerre.

    Il rappelle que les forces militaires du Honduras sont peu nombreuses, 10 000 soldats dont l’immense majorité a été formée aux USA. Il évoque la possibilité d’une entrée du peuple hondurien dans un processus de résistance armée. Sous le règne des gorilles, le Honduras deviendra ingouvernables. Il affirme que Zelaya reprendra ces fonctions, qu’au-delà de la question du Honduras, c’est tout ce nouvel équilibre de l’Amérique du Sud qui est l’enjeu et que les relations de solidarité des différentes alliances du Sud entreront en action.

    Manifestement, les auteurs de ce coup d’état ont sous-estimé la capacité de réaction du peuple qui à présent libéré de ses chaînes n’entend pas qu’on les lui remette à présent qu’il a goûté à la démocratie, malgré la grande offensive de désinformation, de silence d’intoxication des médias, le peuple ne s’est pas fait avoir parce que les peuples sont sages par essence.

    Il évoque ensuite la tentative manquée de retour au pays de Zelaya dimanche, qui fut qualifiée d’opération Chavez. On a essayer de lui coller sur le dos la violation de l’espace aérien du Honduras. Il s’indigne : comment ? Un président légitime violer l’espace aérien de son propre pays ! Il confirme qu’il y a eu une volonté des usurpateurs, des fascistes actuellement au pouvoir de déclencher un massacre du peuple ce jour-là qui s’est manifestée par la répression immédiate quand les manifestants ont tentés de pénétrer sur l’aire de l’aéroport pour enlever les obstacles posés sur les pistes afin de les rendre impraticables.

    Il rigole. « Pourquoi, je ris ? », il nous raconte alors un haut fait de sa carrière militaire qui a pour but de montrer deux choses. D’abord que s’il avait organisé une opération-Chavez offensive pour le retour de Zelaya, il aurait planifié cela dans les règles de l’art militaire. Il nous rappelle par la même occasion qu’il est un soldat aguerri, un parachutiste qui n’a pas froid aux yeux. Des rappels qui vont traverser son discours. Il poursuit en disant que le Président Zelaya rentrera au pays, les gorilles ne vont pas changer le cours de l’histoire.  Il ne sait pas encore s’il rentrera par air, par terre, par eau, mais il n’y a aucun doute : il rentrera. Le message est assez clair.

    Chavez a utilisé son talent de conteur, la caméra qui nous fait de temps à autres des plans sur les journalistes au début fort tendus, nous les dévoile à présent souriants. Chavez est incontestablement un grand orateur. Son discours est intelligent, subtil, plein de finesse et sa manière de l’exprimer n’a rien à voir avec ce côté hollywoodien de l’acteur Obama ; c’est le talent d’un conteur qu’il nous montre là, de ceux qui savent captiver leur auditoire, les tenir sous le charme, un conteur et un clown. A la différence d’un Obama, il ne fascine pas son auditoire, il le captive.

    Il revient alors sur cet horrible avortement de Washington qui est un précédent néfaste qui montre la volonté de l’impérialisme d’agiter aujourd’hui le fantôme de la révolution bolivarienne comme il agitait autrefois celui du communisme comme prétexte à ses ingérences, ses guerres, ses coup d’états. Il dénonce le plan de déstabilisation que manifeste ce coup d’état, un plan de déstabilisation de tout le sous-continent,  un plan qui a mener sa première attaque contre le maillon le plus faible de la révolution en marche : le Honduras.

    Il donne aux Etats-Unis le temps de corriger leurs erreurs. Il y va de son petit couplet qui rappelle que les Etats-Unis ne sont pas maîtres du monde. Il le fait avec cette manière qui lui est propre, de se poser non pas d’égal à égal, mais avec cet humour qui lui donne une position de supériorité. Les journalistes sourient franchement à présent. Il revient sur la force que constitue les alliances multilatérales du Sud et sur les liens de solidarité qu’elles ont crée entre leurs partenaires.

    Il parle alors plus spécifiquement de l’ALBA, sur les liens de coopération politique, économiques entre ses membres, sur la réaction immédiate de consultation entre eux lors de l’annonce du coup d’état et sur le fait qu’a été désigné un coordinateur d’une stratégie de réaction commune de soutien à Zelaya et de mise au point de son retour. La réponse pourrait être militaire.

    Interviennent alors les questions des journalistes qui permettent à Chavez de rappeler que l’aide que le pays pauvre qu’est le Venezuela au pays pauvre qu’est le Honduras est de loin supérieure à celles accordée à ce même pays par ce pays riche que sont les Etats-Unis. Il rappelle que les livraisons de pétrole que Pétrocaribe au Honduras à un prix dérisoire comparé au prix du marché sont suspendues jusqu’au retour de la légalité. "On dit que Chavez dilapide de l’argent, du pétrole, la réalité est que nous sommes des pays pauvres qui partageons de manière solidaire."

    Il évoque aussi la politique de microcrédit que la banque de l’Alba accorde aux petits producteurs de l’alliance. Juste une aide modeste et progressive, dit-il. Une aide entre pays pauvre, une politique d’intégration et de complémentarité. Nous sommes dans le discours de la paix, celui qui nous montre la pacifique révolution bolivarienne en marche vers le bien-être du peuple.

    Il évoque l’histoire du Venezuela qui est le premier pays d’Amérique latine à avoir disposé en 1810 - en même temps que l’acte de l’Indépendance conquise par Bolivar et le mouvement révolutionnaire – d’une constitution. Il en profite pour aborder la question de l’actuelle constitution du Venezuela, il tient dans la main gauche le petit livre bleu qui contient le texte de cette constitution. Il en cite des passages…je suis un peu saturée à ce moment, donc j’écoute mes notes laissent à désirer...

    Il en dit assez pour me donner envie d’aller voir de plus près cette constitution qui se fonde sur le principe du droit à la dignité et la démocratie participative. J’entends les mots qui font écho à ceux qui parsèment mes textes de respect de droits humains, de bien être, de convivialité, d’un programme international d’un monde multipolaire, d’une mise en pratique du droit à l’autodétermination des peuples…

    Il rappelle qu’un tel programme ne peut que faire trembler les oligarques et qu’ils ont donc tenté de mettre un frein à la volonté exprimée par le peuple du Honduras de se doter d’une constitution similaire. Consulter le peuple voilà ce qui ennuie les oligarques.

    Je vais voir  si je peux trouver des documents qui me permettent d’étudier cette constitution dont je rappelle que le petit livre bleu qui en contient le texte est accessible au peuple qui est vivement encouragé à l’étudier, à la critiquer, en faire un outil vivant d’évolution vers un monde de bien-être.

    Une question le ramène alors au type d’aide que l’Alba va apporter à Zelaya et au peuple hondurien pour permettre le retour dans ses fonction du légitime président et de la constitutionnalité dans le pays. Chavez va répondre en substance que dans un état de guerre, il n’est pas opportun de dévoiler ses stratégies et que l’aide, le soutien moral est à ce stade extrêmement importante. Il va synthétiser son discours. Il cite Fidel Castro qui dit que cette réunion pour un dialogue à Costa-Rica était la porte ouverte à une vague de coup d’état en Amérique latine. Que cela est un appui des USA clairement exprimé aux auteurs du coup d’état en leur accordant une légitimité d’interlocuteurs.

    Il réitère : n’anticipons pas, laissons au président Obama le temps de rectifier cette position insoutenable. Il rappelle qu’aucun acte accompli par les usurpateur n’a de valeurs légales, pas plus que n’en aurait des élections organisées par eux.

    Il termine en faisant monter de quelques crans le discours de réponse à la déclaration de guerre, il nous avait évoqué sa carrière de soldat, il nous rappelle à présent qu’il est un chef militaire aimé des soldats. Il rappelle les évènements du la tentative très vite avortée de coup d’état en 2002. Avorté grâce au soutien du peuple, grâce à la force des idées sont celle de la révolution, mais aussi, surtout, avant tout grâce à la fidélité de ses soldats. Ceux de la garde présidentielle qui ses emparées des traîtres, celles des soldats de tous les pays qui apprenant la vérité se sont immédiatement ralliés à lui.

    « Les soldats m’ont soutenu, les soldats de Bolivar, les soldats libérateurs des armées de Bolivar ! »

    « Pas les mêmes qu’au Honduras. Nous appuierons le peuple hondurien et le président Zelaya ! »

    Le message est clair : paix ou guerre, la balle est entre les mains d’Obama. Chavez laisse la porte ouverte à un revirement politique de Whashington. Sans quoi ce sera la guerre.

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