• PARAGUAY : UN COUP D'ÉTAT SE PRÉPARE-T-IL AU PARAGUAY ?

    Mémoires de l'eau


    Auteure : Matilde SOSA

    « En ce moment, un coup d'État politique et militaire est en préparation au Paraguay, fomenté par le Congrès d'extrême-droite, à travers une mise en accusation du président Fernando Lugo de violer la Constitution et d’entreprendre rien de plus que la bataille contre la pauvreté qu'ils interprètent comme étant une lutte de classes » : c’est ce qu’a déclaré Carolus Wimmer, vicePprésident du groupe vénézuélien au Parlement latino-américain, à l'Agencia Bolivariana de Noticias.

    Selon certaines versions de la presse paraguayenne, le président de la Commission des Affaires Constitutionnelles du Sénat, Hugo Estigarribia, qualifie d’« irresponsables » ces déclarations faites par le député vénézuélien. Selon le sénateur paraguayen les appréciations du Vénézuélien sont « très loin de la réalité » car si l’on se réfère au jugement politique, « ce n’est pas un putsch militaire mais un moyen constitutionnel pour écarter Lugo de son poste ».

    Ce dernier argument, dévoile, pour le moins, l’intention certaine de destituer Lugo et permet alors de donner raison à l'affirmation du député vénézuélien C. Wimmer.

    Carolus Wimmer : Il y a un coup d'État dans l’air au Paraguay

    Caracas, 02 novembre 2009. - Le vice-président du Parlement d’Amérique Latine (Parlatino) et secrétaire des RelationsInternationales du Parti Communiste du Venezuela (PCV), Carolus Wimmer, a dénoncé, hier lundi 2 novembre qu'une conspiration était en préparation au Paraguay, pour favoriser un coup d'État contre le président constitutionnel de ce pays, Fernando Lugo.

    « Ils espèrent faire le coup d'État en suivant la doctrine appliquée au Honduras, avec les mêmes acteurs : un Congrès manipulé par la droite et les USA cachés dans l’ombre », a t-il ajouté.

    Le parlementaire a souligné qu’une campagne féroce s’est déchaînée contre Lugo afin de faire croire qu’il est lié à différentes affaires dans l'intention d’instruire un procès politique devant le Congrès paraguayen.

    « En ce moment la campagne contre Lugo tourne autour de trois aspects principaux, d'abord ils veulent le compromettre dans le kidnapping d'un éleveur paraguayen, deuxièmement l’impliquer dans une supposée action de guérilla et troisièmement l’accuser de violer la Constitution du Paraguay, dans le sens où la lutte engagée par le président contre la pauvreté, et interprétée par la droite comme une haine de classe, serait interdit par le code de la Constitution de ce pays », a t-il précisé.

    Le dirigeant communiste a indiqué que cette campagne est dirigée par l'ex-général putschiste Lino Oviedo, le petit-fils du dictateur Alfredo Stroessner et un Chilien portant le nom d’Eduardo Avilés.

    Il a indiqué que ce Chilien demeurant au Paraguay parle de la nécessité de former un Commando Anticommuniste paraguayen, avec cinq objectifs immédiats qui doivent être diffusés dans les médias et propagés par tracts dans les rues du Paraguay.

    Selon Carolus Wimmer les 5 points auxquels la campagne fait référence sont les suivants :

    1- Réunir l'argent pour libérer l'éleveur kidnappé.

    2- Collecter de l'argent pour organiser le commando anticommuniste paraguayen.

    3- Récolter de l'argent pour acheter des armes.

    4- Poursuivre, attraper et liquider physiquement tous les communistes.

    5- Communiquer publiquement au gouvernement de « Monsieur Lugo que ses festivités vont se terminer, que les jours de son idylle avec Chávez, Morales, Correa, Castro et autres sont comptés ».

    Selon Wimmer, ce groupe met l’accent sur le fait qu’ils sont prêts à jouer le tout pour le tout et qu’« ils sont préparés à tuer et à mourir plutôt que de céder » et que cette menace est soutenue par d'autres organisations de la droite paraguayenne.

    Il a déclaré que cette situation s'inscrit dans le cadre de la perte de terrain des USA en Amérique latine avec les victoires populaires des peuples et que par conséquent le gouvernement d'Obama a recours à la solution des coups d'États dans la région.

    Carolus Wimmer a lancé un appel à tous les dirigeants, organisations et institutions, à manifester publiquement leur soutien au gouvernement constitutionnel du président Lugo, à maintenir l'état d'alerte face à la possibilité d'une escalade du conflit, à informer opportunément le peuple vénézuélien de la situation du Paraguay et à rejeter la campagne anticommuniste dirigée et financée par l'ambassade des USA.

    PRÉOCCUPATIONS


    Comme cela a filtré, ces dernières heures le président Fernando Lugo s'est réuni pendant plusieurs heures avec les principaux représentants du Parlement paraguayen et des mouvements sociaux, avec les représentants de l'aile la plus progressiste de son gouvernement, avec des paysans et des députés. Selon l’information de journaux paraguayens, les libéraux ne se sont pas présentés à cette réunion. Pour sa part la Table de Coordination de Groupements Paysans du Paraguay a informé, que ces secteurs putschistes qui cherchent à provoquer une explosion sociale, appartiennent à la droite rétrograde, et se recrutent parmi les éleveurs et planteurs de soja. Il est probable qu’un rassemblement en défense de la démocratie paraguayenne sera organisé le samedi 7 novembre.

    INTENTION PUTSCHISTE EN DIFFÉRENTES ÉTAPES

    PROCÈS POLITIQUE - PARLEMENT

    Actuellement, la situation est qualifiée d’intention imminente d'aller vers un coup d'État, qui se déroulerait en plusieurs étapes.

    D’après cette stratégie putschiste, le premier acte est : amener le Parlement à instruire un procès politique au Président, et mettre en place, dès lors, le vice-président paraguayen Federico Franco, qui fait partie de l'Alliance Patriotique pour le changement mais qui est une force qui a été en dissidence manifeste dans le gouvernement de Fernando Lugo.

    Dans l’après-midi, selon les informations de la presse paraguayenne, l’ambiance semblait être tendue dans l'environnement présidentiel, principalement à cause de la relation difficile entre le président, Fernando Lugo, et le vice-président, Federico Franco. Mais suite à la dernière réunion du Conseil des Ministres, ils avaient tous les deux affirmé qu’ils clarifieraient personnellement la situation.

    Pour situer le niveau de ce premier acte en tant que première étape, dans l’imaginaire journalistique, quelques professionnels se sont référés au putsch de Pinochet contre Salvador Allende au Chili.

    Le procès politique en tant que première étape du putsch serait lancé et soutenu par la presse au nom de la supposée « inaptitude et inefficacité à assurer la sécurité intérieure », c'est-à-dire le sempiternel thème cent fois rabâché « de l'insécurité comme cheval de bataille » qui s’appuie sur le cas du kidnapping de l’éleveur paraguayen.

    Voilà maintenant que sur le thème de « l'insécurité » apparait une hypothèse d’un mouvement de guérilla, supposé être une Armée du peuple paraguayen qui serait liée au Président Lugo selon les déclarations journalistiques d’un collègue paraguayen d’Asunción, pour Radio del Sur du Venezuela, annoncées cet après-midi, dans le programme de Marcos Salgado.

    SAMEDI 7 NOVEMBRE, LE PEUPLE PARAGUAYEN DANS LA RUE

    Selon les versions des journalistes de quotidiens on line paraguayens, certains affirment que « le gouvernement craint un éventuel coup d'État du fait qu’il a programmé ce samedi « une Rencontre avec les secteurs démocratiques et progressistes pour le changement », les secteurs populaires et l'Alliance Patriotique pour le Changement. Les critiques constantes de Franco contre le président, lui ont valu que plusieurs membres du gouvernement, parmi eux le sénateur du mouvement Tekojoja, Sixto Pereira, n’écarte pas l’idée qu’il soit mêlé à une tentative de conspiration contre Lugo.

    Pour l’instant, les actions décidées pour les prochains jours sont l’organisation de la mobilisation de ce samedi 7 novembre pour un grand rassemblement afin de soutenir la démocratie.

    LUGO-UNASUR CONTRE COMMANDEMENT SUD

    Nous rappelons qu'après la réunion de l’Unasur (Union des Nations d’Amérique du Sud), le président du Paraguay, Fernando Lugo, avait refusé la présence de 500 militaires usaméricains prévue pour 2010 dans son pays, dans le cadre d'un programme d'exercices de troupes nommé Nouveaux Horizons. Selon le compte rendu de journaux locaux le président Lugo avait déclaré : « Ce n'est pas un refus catégorique. Simplement nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire que le Commandement Sud des USA reste présent au Paraguay avec 500 effectifs pour ce type d'exercices ».

    Selon les mêmes sources, Lugo, expliquait qu'un nouveau scénario en ce qui concerne la défense, la sécurité et la souveraineté conçu par l'Unasur « parie d'abord sur l'intégration régionale ».

    Le Président du Paraguay indiquait que dans la réunion des ministres des Relations Extérieures et de la Défense des douze pays de l'Unasur, « la présence importante de soldats usaméricains dans des bases militaires de la région avait été un sujet de grande discussion ».

    Selon des agences d’informations la délégation diplomatique des USA à Asunción, déplorait la décision de refus prise par le président Fernando Lugo au sujet des exercices militaires programmés pour 2010 avec 500 soldats US au Paraguay.

    Malgré les accords passés entre les USA et le Paraguay pour effectuer des exercices militaires en 2010, le programme avait été baptisé « Nouveaux Horizons ».






    MÉMOIRES DE L'EAU


    L'Aquifère Guarani est une des plus grandes réserves souterraines du monde. Il est situé dans une zone stratégique, la Triple Frontière, ce sont le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay qui se le partagent. Comme l’on sait, en Europe et aux USA, l'eau est une ressource déficiente.

    L'Aquifère Guarani, appelé ainsi en hommage au peuple originaire qui a majoritairement occupé ce territoire  avant l'arrivée des Européens en Amérique, est situé entre les 16è et 32è parallèles latitude Sud et les 47è et 56è méridiens longitude Ouest, il s’étend jusqu’aux bassins alimentés par les fleuves Paraná, Paraguay et Uruguay. Il a une surface approximative de 1.194.000 km2, dont 839.000 se trouvent au Brésil, 226.000 en Argentine, 71.700 au Paraguay et 59.000 en Uruguay. La recharge (remplissage naturel) de l'aquifère, est estimée entre 160 et 250 km3 par an et seulement 40 km3 par an pourraient suffire à approvisionner 360.000.000 de personnes avec 300 litres par habitant et par jour.

    La guerre préventive, les bases militaires en Colombie, le récent putsch au Honduras et la décision qui circule à travers nos peuples pour éviter que demain cet extraordinaire territoire d'eau douce, patrimoine latino-américain, soit la cible d'un nouvel exercice militaire du pouvoir usaméricain, en appellent maintenant à la nécessité de prendre en compte cette réalité.

    L’UNASUR EST DÉJÀ EN ALERTE

    L'ALCA, le Plan Colombie, les Traités de libre échange (TLC) sont des outils hégémoniques. Il se trouve que le Paraguay, déjà membre du MERCOSUR, s’est également inscrit dans l'UNASUR. Les USA n’interviennent dans aucune de ces organisations régionales, et encore moins dans celui qui a été un des principaux promoteurs, le Conseil de la Défense de l'Unasur.

    L’Unasur devra agir, et son Conseil de sécurité devra très rapidement se mettre en alerte car le souvenir récent le réclame d’autant plus que la mémoire future de l'eau l’anticipe déjà.

    Traduction : Esteban

    Révision : Fausto Giudice ici 

    La présence yankee en Amérique latine



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    Source : ¿Golpe de estado en Paraguay? ici 
    Article original publié le 3/11/2009
    Sur l’auteur ici 
    Article sur Tlaxcala ici 


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  • L`ENQUÊTE DE L’OBSERVATOIRE INDIGÈNE (ÉTAT DU ZULIA, VENEZUELA)


    04.11.09. VENEZUELA. Peaux blanches, masques Yukpa


    Dans les années 80, ils étaient professeurs de marxisme. Aujourd’hui, ils ne pardonnent pas au président Chavez - un métis venu de l´État paysan de Barinas, Mon Dieu ! - de faire la révolution qu´ils ont été incapables de faire, et de la faire sans leur autorisation. Rien de tel que le masque "écologiste" pour le lui faire payer... Et qu´importent les protestations du peuple Yukpa face à l’irruption de ces nouveaux “intermédiaires”.

    L’histoire ...

    Quand les Yukpas revinrent de Colombie en 1945 avec la fondation de la mission du Tokuko, réinvestissant les territoires sur lesquels ils avaient vécus depuis 120 ans, une relation perverse s’intensifia entre eux et les propriétaires terriens. Les Yukpas reprirent contact avec des groupes dispersés vivant marginalement dans les grandes propriétés. Les propriétaires les chassèrent comme un fléau, jouant au tir au pigeon avec eux, les frappant et leur coupant le bout des doigts ou d’autres parties du corps. Les indigènes volèrent en retour des vaches ou des poules. Les propriétaires de cette zone devinrent très puissants, parmi les plus prospères de toute la Sierra Perijá, zone produisant près de 70% du lait du Venezuela. Les Yukpas définirent les limites de leurs terres ancestrales et réclamèrent leurs droits originaires aux propriétaires terriens. C´est ici que s’achève l’histoire fournie par les “écologistes”. Le problème c’est que cette histoire ne s’arrête pas là...

     

    Les indigénes Wayúu, vendus comm esclaves des années 30 aux années 70 aux propriétaires dans la zone Sur de Lago jusqu’à la Perijá, devinrent peu à peu paysans indépendants sur ce territoire très prospère. Ils se transformèrent en agriculteurs puis en producteurs dans de petites propriétés réparties sur tout leur territoire. Les fils des propriétaires terriens divisèrent l’héritage de leurs pères et modifièrent le traité avec le Yukpa en se basant sur une certaine morale chrétienne et leur remirent des territoires. Avec l’appui du gouvernement Perez, la remise des terres s´opéra par L’Institut National de l’Agriculture.

    Les Colombiens et leurs fils, jusqu’alors pure main d’œuvre, payèrent désormais une location sur les territoires des Wayúu, des Yukpas et des propriétaires pour produire et vendre dans la ville de Machiques. D’autres se marièrent avec les Yukpas, les Wayúus et les populations métissées. Nouvelles familles, nouvelles coutumes. Il existe aujourd’hui sur le territoire des Yukpa près de 300 propriétés (grandes ou petites).

    Les Yukpa vivent également de nombreux conflits inter-familiaux, depuis toujours. C’est presque un rituel que de voir des conflits. La séparation de familles impliquant la prise de nouveaux territoires. C’est pour cela qu’ils sont aujourd’hui peu nombreux même s’il existe plus de 100 communautés Yukpa. Certaines d’entre elles s’établirent dans la montagne et quittèrent les terres où se trouvent les propriétaires et les autres Yukpa, là où le conflit est le plus aigu et les terres les plus fertiles. Des communautés Kampa et Wasama naquirent Sabino et Olegario, Yukpa rionegro, qui vivent aujourd’hui sur le territoire des Yukpa Parirí.

    Pour survivre sur un territoire aussi complexe et aussi prédateur, ils se sont faits plus prédateurs encore, technique déjà employée par quelques chefs (shuatpu) Parirí. Ils ont ainsi commencé à voler de grandes quantités de bétail. On a vu des attaques de dépôts d´alcool, des enlèvements de grands propriétaires terriens à des kilomètres de distance (zone proche du grand Lac) de là où ils se cachent. Ils ont aussi initié les assassinats. Un tribunal juge actuellement la plainte d’un père et de sa fille dénonçant six Yukpas qui la violèrent pendant une journée entière pour qu’elle leur fasse à manger.

    C´est ici également qu´entrent en scène la guérilla et les paramilitaires-narco-trafiquants colombiens. Les paras protègent les grandes propriétés mais font également leur propre business. Et la guérilla a commencé à étendre ses culture d´amapola, de cannabis, et se sont infiltrés dans des importants territoires Yukpa comme El Tokuko, puis se sont rapprochés des territoires de Sabino et d´Olegario. De nombreux chefs Yukpa se mirent sous leur protection pour ne pas être menacés. Mais cela leur rapporte également de l’argent.

    C’est dans ce contexte qu’entre en action les “écologistes”.
    Qui se résument essentiellement á la prsonne de Lusbi Portillo, un leader qui s´est imposé en en écartant quelques autres, et qui a mené une campagne de désinformation brutale destinée á un réseau d’internautes et d’étudiants “écologistes” pour qu’ils se mobilisent pour “les droits des Yukpas”.

    Au début des années 90, Portillo a fondé “Homo et Natura” - á l´origine une société d’études d’anthropologie politique et écologique dont l´objectif était de stopper les plans nationaux d´extraction de charbon. Une telle cause lui a permis d’accumuler un important capital politique, qui, après la victoire de Chávez, s’est retourné contre le processus révolutionnaire.

    C’est dans ce contexte que Chávez procéda à la Démarcation des terres et des habitats originaires. La démarcation reconnait la totalité du territoire demandé, mais reconnait également qu’on ne peut pas utiliser ce droit au détriment d´autres personnes vivant sur place, entre autres, des centaines de paysans organisés avec succès en Fundos Zamoranos et en conseils dans le cadre de la réforme agraire. Également, il est reconnu que compte tenu du problème de la drogue, de la guérilla, et de la Colombie, l’État ne peut céder totalement des territoires stratégiques, mais au contraire peut planifier avec les indigènes la mise en place de bases militaires. Le plan du gouvernement bolivarien reconnait que la présence de certaines activités, surtout rentières, sont très dangereuses pour l’environnement.

    Dans ce sens, Chavez a déclaré à trois reprises, publiquement, qu’aucun charbon ne sera produit dans la région, contrairement à ce qu’avait prévu le gouvernment antérieur. La Loi pour les Peuples, Communautés du territoire et de l’Habitat Indigène remet cette prérogative aux mains de l’État. Malgré quoi Homo et Natura, et Portillo lui-même, ont publié dans des médias indépendants colombiens des articles selon lesquels Chavez est un “proconsul de l’Empire” en ignorant ses déclarations et ses actions, et en l’accusant de préparer un plan pour intégrer le Venezuela à un projet de libre échange (le Plan Puebla-Panama)...

    Ce groupe écologiste récupère la désinformation étatique et son inefficacité (et sa corruption) pour imposer leur manipulation sur la question de la démarcation des terres Yukpa.
    Ils réduisent la situation des Yukpa aux années 1960 et demandent quelque chose que demandent aussi la majorité des Yukpa : le “nettoyage” de l’ensemble du territoire des “tiers”. Ce qui signifie le déplacement par la force de plus de 600 familles ainsi que l’arrêt d’une importante partie de l’activité productive dans laquelle, le peuple, y compris les Yukpas, participent aujourd’hui, grâce à des politiques d’intégration mises en place par le processus bolivarien.

    Le thème le plus épineux est que ce groupe “écologiste”, en plus de Sabino et Olegario, protègent les narcotrafiquants. Et on peut présumer que ce sont eux qui les financent. De fait, Sabino et Olegario poss`dent des armes lourdes de guerre que personne d’autre ne possède dans le secteur et qui leur permettent de voler du bétail et d’envahir les propriétés.

    Il y a quelques mois, les “écologistes” ont déclaré que “les bases militaires” qui défendent le Venezuela face aux bases militaires US qui s´installent en Colombie (devenue contre l´Equateur, la Bolivie et le Venezuela le nouvel "Israel de l´Amerique Latine") sont un outrage au territoire Yukpa. Ils ont ainsi mobilisé un groupe Yukpa pour empêcher la création d’une base militaire à Tokuko. Un tel fait a alerté le gouvernement jusqu’au niveau présidentiel. Comment est-il possible que dans une zone contrôlée par des forces hostiles, qui font du commerce d´êtres humains, pratiquent la culture de la drogue et du narcotrafic, un groupe d’indigènes, en rien représentatif des communautés dont ils sont membres- occupent le terrain et empêchent la construction d’une base militaire ?

    Avec Internet et d’autres alliés, ces “écologistes” ont promus Sabino et Olegario à un statut quasi équivalent à celui de porteparole et de délégués aux pleins pouvoirs de l’ensemble du peuple Yukpa, ainsi que quelques autres utilisés selon l’opportunité. Récemment José Quintero Weir a falsifié les signatures d´un appel mondial (afirmant que le MST, la CONAIE, l`EZLN et VIA Campesina l´avaient signé), ce qui a valu la réponse ferme du Mouvement des Sans Terre du Brésil, refusant d´être utilisé et dénonçant le contenu de cet appel 
    ICI . Ils ont aussi lancé depuis Caracas une supplique mondiale gauchisante “Nous les Yukpas ...”. alors que les Yukpa sont un ensemble complexe, dont la majorité réfute les actions et la manière de faire de Sabino et Olegario. Suivre ces deux petits chefs a signifié en fait, les transformer en tyrans de leur propre peuple.

     



    Les “écologistes” parlent de droits ancestraux des Yukpa, alors qu’il s’agit de ceux de Sabino et d’Olegario qui ne sont absolument pas des indigènes ancestraux, sinon des voleurs de bétails et des complices du narcotrafic (on ne possède pas de preuves cependant pour ce qui est des séquestrations, des viols et du commerce humain). Il ne s’agit pas de personnes qui restaurent les pratiques de leurs ancêtres quand ils récupèrent leurs terres. Sabino lui-même a déclaré à la chaine Vive TV, à de nombreuses reprises, que lui-même voulait devenir éleveur, qu’il voulait être riche : “Jusqu’à quand les Yukpa seront pauvres ? Je ne veux pas être pauvre, je veux être riche” ainsi que “je ne veux pas de démarcation”. Évidemment, puisque la démarcation distribue des terres inaliénables, ce qui rend plus difficile ce qu’il a toujours fait : envahir les terres pour vendre son bétail et ensuite les abandonner. Et il continue, en donnant une liste des propriétés qu’il pense envahir (avec ses armes de guerre, comme il l’a déjà fait). Et ce sont ces personnes là qui sont supposées être des Yukpas avec la conscience ancestrale pour éviter de vendre le charbon à des entreprises multinationales ?

    Le tour est joué : Lusbi Portillo et José Quintero Weir manipulent, au nom de la révolution, des étudiants bien intentionnés et un groupe d’indigènes, pour capitaliser un pouvoir politique qui cherche à dynamiter les structures contradictoires ou non du processus révolutionnaire dans la zone et dans le monde entier, appuyer la guérilla narco-productrice et provoquer un affrontement inter-ethnique que leur permettra d’accaparer les riches des lieux et gagner un capital politique déstabilisateur. Portillo se dit chaviste selon les circonstances qui l’arrangent (quasiment tous les médias internet sont chavistes ou d’origine chaviste) même si Quintero Weir a l’esprit de se déclarer antichaviste. Il a ainsi écrit dans la page Barricada du Nicaragua, que Sabino était le "premier priisonnier politique de la révolution bolivarienne". Leur groupe de référence, en réalité est Tercer Camino (scission du PRV et la Ligue Socialiste), qui tient un discours anti-étatique de type anarchiste. Selon ce discours, l’État est le véritable ennemi de la révolution, et ensuite vient la bourgeoisie.

    Dans les faits, il n’y a aucun plan stratégique : la pratique suppose seulement des tactiques de pouvoir, dans un évident but déstabilisateur, en tâchant non pas de rapprocher les forces du pouvoir populaire, mais d’aiguiser au contraire arbitrairement les contradictions et les fausses contradictions d’une petite “avant-garde” idéologique auto-proclamée.

    Faits récents


    L’an passé, un groupe d´homme de main envoyé par les grands propriétaires a battu á mort le père de Sabino et celui-ci est mort quelques jours plus tard. L’appel de ces "écologistes" prend alors de l’ampleur. Ensuite, l’armée empêche que “les écologistes” et leurs ONG alliées se rendent dans la zone où se trouve Sabino. Coups de feu. La répression apparait y compris dans les rapports d’Amnesty International. Les “écologistes” ont ainsi gagné douze points grâce à la brutalité de la réaction interne et externe. Les forces armées et le défenseur du Peuple ont ensuite protégé Sabino et Olegario, en les blanchissant presque de tous leurs méfaits pour un an.

    Conclusion : il s´est produit récemment un conflit sur 120 têtes de bétails volés par Sabino et Olegario aux paysans engagés dans la réforme agraire. Ceux-ci se sont agressés mutuellement avec leurs armes lourdes en tuant des proches. Les habitants, désormais décidés à les dénoncer, virent l’opportunité. Surtout Antonio, un chef père de deux des personnes assassinées. Ces faits ont été reconnus par les 18 caciques principaux des Yukpa qui exigent des sanctions légales contre ces deux chefs indigénes.
    ICI 

    Aujourd’hui Sabino est prisonnier, et présenté mondialement comme "prisonnier politique de Chavez" (sic). Olegario fuit la justice et Lusbi “s’échappe” arguant que l’on veut l’emprisonner (alors qu’il n’y a aucun mandat d’arrêt à ce jour).

    Ce feuilleton continuera ...

    Résultats de la commission de démarcation jusqu’à ce jour

    Contrairement aux allégations des “écologistes”, il y a bien des Yukpas dans la commission de démarcation de l’Etat de Zulia : Jesus Peñaranda de la communauté de Toromo et Efrain Romero de celle de Shirapta. Ce sont deux représentants hautement légitimes dans leurs communautés respectives. Également membres de cette commission, on trouve d’autres indigènes : 2 Bari, 2 Añu, 1 Japreria et 6 Wayuu. Le suppléant à la commission nationale de démarcation est Adolfo Maikishi, un ancien Yukpa originaire de Tokuko, principale communauté Yukpa.

    Il y a aussi un membre de Bandera Roja (parti ultra, opposé à Chavez et pro-putschiste), qui n’est pas à l’intérieur même de la commission de démarcation. Il s’agit du réputé/diffamé Mauro Carrero et s’il n’est pas dans la commission même, fait partie de l’équipe technique de la commission en qualité d’anthropologue. Il n’a aucun rôle politique et n’a aucune influence sur la prise de décisions sur ces questions, il est ici comme conseiller. Il a présenté sa démission (qui a été unanimement refusée par la commission) devant les pressions politiques qui s’exercent à son encontre.

    Enfin, il n’y a pas eu seulement 3 communautés délimitées sur les 140. A l’origine du processus, on a recensé
    119 communautés Yukpa, sur 6 secteurs, soit près de 12 000 habitants. Et le processus de démarcation, qui n’est pas terminé, a déjà remis les titres de propriété des secteurs Tinakoa, Aroy et Shirapta ce qui représente plus de 30 communautés Yukpa. Sur les 241 milles hectares auxquels aspirent les Yukpa dans le cadre de leur autodémarcation, seuls 41 mille ont été accordés. C’est assez négatif selon nous, qui avons participé á la démarcation. Plus de dix propriétés ont été remises aux Yukpa, certaines dans leur entièreté et avec toute la production. A ce jour, les contreparties n’ont pas encore été payées. Ce ne sont pas que des terres non fertiles et des cailloux, ce sont des espaces de pâturage productifs et des champs fertiles. Mais même comme cela ce n’est pas suffisant.

    Les Yukpa ont deux positions : Kumarko obaya yupekma (Une terre pour tous) et Une Terre par secteur et par communauté, option avancée par le gouvernement bolivarien.

    Mathématiquement ont été délimités et remis les territoires suivants :

     


     un sixième du territoire autodémarqué : 41 000 hectares sur 240 000.
     la moitié des secteurs : 3 sur 6. Il manque encore les secteurs de Atape, Yaza et Tokuko.
     Un quart des communautés : 30 sur 119
     un quart des habitants : un peu moins de 3 milles sur les 12 000 Yukpa vivant au Venezuela

    Le rapport socio-anthropologique remis à la commission fait 6 suggestions

    1. délimiter comme territoire Yukpa le zone Auto-délimitée par le peuple lui-même.

    2. Intégrer dans la zone une proposition productive élaborée par le peuple avec l’appui des organes compétents, comme le Ministère de l’Agriculture et des Terres

    3. Approfondir le Plan Général Sierra de Perijà et concrétiser les investissements qui vont aider à améliorer le niveau de vie du peuple Yukpa.

    4. Travailler à la création du Municipe Autonome du Peuple Yukpa, qui permet d’avancer vers la possibilité d’autodétermination.

    5. Stimuler la vie commune pacifique entre tous les vénézueliens et les individus en qualité de réfugiés qui vivent dans la zone Yukpa.

    6. Résilier toutes les concessions d’exploitation minière qui peuvent exister dans la Sierra de Perijà.



    Source : Observatoire Indigène, chapitre Zulia.

    A voir également
    : 28.09.2009. (Audio :) Les indigènes Yukpa dénoncent "ceux qui s´infiltrent dans leur communauté pour manipuler et faire de la propagande antigouvernementale".ICI 

    et la réponse du Mouvement des sans Terre du Brésil aux manipulations de sa signature dans les appels des "écologistes" ICI 

    Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve ICI 

     


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  • Honduras : Zelaya restitué ? C’est loin d’être gagné.

    La décision reste suspendue au bon vouloir des deux instances qui l’ont destitué en juin dernier

    Le retour au pouvoir de Zelaya n’est absolument pas joué, et ce même si un accord a été signé entre lui et Micheletti, car il faut que ce point de l’accord soit entériné par le Congrès, le Ministère Public et le Procureur Général, donc par les mêmes qui en juin dernier l’on mis à la porte. On doute un peu d’un revirement aussi massif en aussi peu de temps, même si la pression internationale jouera certainement un rôle, c’est d’ailleurs ce doute que deux représentants du Congrès nourrissent par leurs déclarations :

    La restitution n’existe pas pour le moment, ce sera le Congrès qui décidera sur ce point suivant les analyses de la Cour Suprême de Justice et du Ministère Public et faire le contraire c’est accepter qu’une erreur a été commise, a dit dans un entretien Marcia Villeda, députée du Parti Libéral au Congrès National, en parlant du retour de Zelaya au pouvoir.

    Le vice-président du Congrès National, Ramon Velasquez Nazar, a déclaré quant à lui que le retour de Manuel Zelaya est une question essentiellement juridique, il a précisé que clairement le Pouvoir Législatif a une teinte politique et qu’il ne soutiendra pas le rétablissement du président déchu.

     

    Marcia Villeda : “nous faire remonter à cet événement et faire le contraire c’est accepter qu’une erreur a été commise”

    Revistazo.com, 31 October 2009
    Lors d’une interview donnée aux radios locales, la députée à fait une déclaration acide sur la célébration qui est faite autour du retour de Zelaya à la président de la République, elle a fait remarquer que le débat autour du retour du président destitué devrait durer au moins 3 semaines.

    Villeda a fait une référence au processus qui devra se faire au sein du Congrès National pour restituer Zelaya et qui commence avec le reçu formel du document signé énumérant les 12 points convenus entre les commissions de Zelaya Rosales et de Micheletti Baín.

    “Il faut que le président convoque une séance extraordinaire, que nous nommions une Commission de Rapport, que celle-ci envoie l’accord à la Cour Suprême de Justice pour qu’elle le consulte, et que la Cour puisse ensuite remettre son rapport au Congrès”, a-t-elle dit.

    Elle a poursuivi en disant "puis il faudra convoquer une autre session pour que le Congrès prenne connaissance du rapport, qu’ensuite il l’analyse dans son intégralité afin qu’il soit débattu ou rejeté lors de la scéance plénière du Congrès, sera également envoyé au Ministère public et au Procureur Général, cela reste dépendant du temps que prendra le Procureur et la Cour, qui nous retournerons leurs observations que nous prendrons en compte".

    La députée libérale a dit que le débat sur le retour du président déposé prendrea au moins trois semaines et qu’il sera défini en fonction de ce qu’en disent le Ministère Public, le Procureur Général et l eCongrès. Elle a néanmoins déclaré, sur la base de son opinion personnelle, que "le fait de nous faire remonter à cet événement et faire le contraire c’est accepter qu’une erreur a été commise, mais il peut y avoir des changements de position et chaque vote est un vote individuel et indépendant". Pour Villeda, la réunion plénière du Congrès National doit se conformer à la loi.

    “Il n’y a personne au-dessus de la loi”, a soutenu la belle-soeur d’Ana Maria Villeda de Kafatty, associée du groupe INTUR, l’entreprise propriétaire des franchises Burger King, Popeyes, Jeep, Church´s Chicken, Chilis, entre les autres. Elle a ajouté que, "la Cour nous donnera une analyse de l’actuelle situation de monsieur Zelaya, il est très difficile de déterminer un temps”.
    [NDT : La petite phrase de la belle-soeur de mme Villeda est très drôle surtout quand on sait qui a appuyé Micheletti et le gouvernement de facto]

    Sur la quantité de votes nécessaires pour la restitution de Zelaya au Congrès National, Villeda a dit que, “je ne sais pas clairement si c’est une majorité qualifiée ou simple, mais qu’importe il est important que tous soyons présents … je ne crois pas qu’il y ait un seul député qui fuit sa responsabilité”.

    Elle a insisté pour dire que "pour le moment il n’existe pas de restitution de Zelaya, tout ce qui existe c’est un accord signé”.


    Source : Revistazo Marcia Villeda : “retrotraernos a aquel evento y hacer lo contrario es aceptar que se cometió un error”
    Traduction : Primitivi

    Velásquez Nazar, Vice-président du Congrès : "Zelaya ne sera pas restitué"

    Vos El Soberano, 31 octobre 2009

    Le vice-président du Congrès National, Ramon Velasquez Nazar, a déclaré que le retour de Manuel Zelaya est une question essentiellement juridique, il a précisé que clairement le Pouvoir Législatif a une teinte politique et qu’il ne soutiendra pas le rétablissement du président déchu.

    Le député de la Démocratie Chrétienne a également assuré que “la restitution de Zelaya est un aspect légal et le Congrès est une institution politique, le fait d’avoir entre les mains un rapport de la Cour Suprême de Justice nous donne une vision juridique du sujet”.

    Cependant, il a précisé qu’il faut ajouter l’opinion des autorités du Ministère Public (MP) et du Procureur Général (PGR), qui sont les autres institutions de l’État participants à la prise de décision.

    Velásquez a souligné que “sur cette base le Congrès aura à fixer sa position de restitution ou non”.

    Les commissions de négociation de Roberto Michelletti et de Manuel Zelaya, ont décidé que le sujet de la restitution de Zelaya au pouvoir est défini par le Congrès National avec l’avis de la Cour Suprême de Justice (CSJ) en promettant respecter sa décision finale.

    Parce que les députés de l’hémicycle sont en vacances et ce dernier arrive à échéance le 31 octobre suivant le régelment interne, le vice-président du Congrès a pointé que ce sera du pouvoir du Président du Congrès José Alfredo Saavedra d’appeler à délibérer sur ce sujet .

    En ce sens, il a affirmé que “il faut considérer les difficultés que nous avons députés, parce que nous entrons en campagne par exemple moi je me trouverais à Guaymaca, e tà Olancho et ce ne sera pas une chose très facile de simplement nous appeler”.

    Il a aussi déclaré “je crois que ce qui s’est passé en termes juridiques ne pourra pas être défait, mais je ne crois pas que nous puissions nous mettre dans tunnel temporel et réapparaître le 27 juin, je ne crois pas que cela soit faisable et nous ne pourrions pas dire si tout cela est ou non légal”.

    Néanmoins, il a été établi qu’au moment où le congrès recommencera à rediscuter du sujet de la restitution de Zelaya "seront mis en discussion le fait que ces décisions furent correctes ou non et il faudra s’accorder pour savoir si ces décisions ont été basées sur la loi et la conscience".

    Il a ajouté que "je ne vois pas comment après avoir fait un effort dans le pays pour améliorer l’application de la justice et du système judiciaire, une position politique met maintenant en doute le système juridique national". C’est pourquoi, il a soutenu que lce que doit prévaloir maintenant dans cette phase de la crise c’est la Loi.

    Au moment où il a été consulté, Nazar a assuré qu’ils maintiendront la même position que le 28 juin dernier, quand ils ont décidé de destituer Manuel Zelaya, il a souligné que “c’est absolument la position que nous allons maintenir”.

    (Avec des informations de Hondudiario.com)


    Source : Vos El Soberano Velásquez Nazar, Vicepresidente del Congreso : "Zelaya no será restituido"
    Traduction : Primitivi

    lundi 2 novembre 2009, par Primitivi


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  • La nouvelle offensive contre-révolutionnaire contre le Nicaragua

    Percy Francisco Alvarado Godoy
    illustration : Leon Kuhn www.leonkuhn.org.uk
    La récente décision de la Chambre constitutionnelle auprès de la Cour Suprême de Justice de la République du Nicaragua qui favorise la réélection de l’actuel mandataire Daniel Ortega, a été le centre d’un sérieux conflit d’intérêts au niveau national et international. L’enjeu réel de ce conflit est de faire triompher l’intention des Etats-Unis et de leurs alliés internationaux, ainsi que de l’oligarchie nicaraguéyenne, d’empêcher que les forces progressistes continuent de gouverner au Nicaragua.

    Cette attaque, sans le moindre doute, fait partie de la stratégie contre-révolutionnaire internationale qui s’oppose à l’avancée des forces progressistes en Amérique Latine, au développement de l’ALBA comme processus d’intégration entre nos peuples, hors de la tutelle hégémonique des Etats-Unis. Elle est en particulier l’expression de la résurrection de l’obsolète doctrine de la Sécurité Nationale nord-américaine.

    Le mardi 21 octobre, le mandataire nicaraguéyen a relevé que la décision de la CSJ était sans appel aucun. C’est une réponse claire aux forces d’extrême-droite de son pays qui remettent en cause la-dite décision, utilisant les réformes anti-constitutionnelles de 1995, lesquelles interdisent la réélection présidentielle. La CSJ avait accepté un recours pour inconstitutionnalité contre les mêmes réformes.

    Dans un discours prononcé par le Président Daniel Ortega, le 19 octobre passé, durant un meeting à Chinandega, celui-ci avait défendu les avantages de sa réélection en vue de pouvoir appliquer les engagements de son programme de gouvernement, qui est « un projet chrétien, solidaire et socialiste », disait-il.

    La nécessité de sa réélection en 2011, auquelle s’oppose obstinément la droite, Ortega l’exprima de la manière suivante : « Ce programme ne peut être exécuté en cinq ans, eux, ils ont passé 16 ans durant lesquels ils ont imposé leur programme de capitalisme sauvage, pour cela et raison de plus, le peuple a le droit de pouvoir donner une continuité à un gouvernement qui défend et favorise la solidarité ».

    La continuité du mandat présidentiel initié par Ortega le 10 janvier 2007, et qui se déroulera jusqu’en Janvier 2012, en un nouveau mandat, est devenue une condition indispensable pour faire aboutir les solutions aux problèmes aigus que vit la nation nicaraguéyenne, frappée par de sérieux problèmes structurels et les inégalités sociales. Pour cela, Ortega insista : « La démocratie n’est pas celle qui bénéficie à seulement quelques individus, aux riches, aux capitalistes. La démocratie doit être au bénéfice de tous, des paysans, des pauvres ».

    Aujourd’hui, des partis politiques d’opposition, le Parti Libéral Constitutionnel (PLC), le Mouvement Rénovateur Sandiniste (MRS), la Banquette Démocratique Nicaraguéyenne (BDN) et l’Alliance Libérale Nicaraguéyenne (ALN) se sont lancés dans une manœuvre désespérée. Ils ont présenté au secrétariat de l’Assemblée Nationale du Nicaragua un projet de loi pour rendre sans effet l’arrêt 504 de la CSJ, rendant possible la réélection de Daniel Ortega. Dans cette même législation, ils prétendent introduire un autre instrument légal pour annuler les résultats des élections municipales de novembre 2008.

    Avec la présentation du projet de loi mentionné, les députés de l’opposition ont torpillé les sessions de l’Assemblée en n’enregistrant pas leur présence préalable à la session de l’organe législatif, le 27 octobre passé, empêchant de cette manière que le quorum requis soit atteint pour initier la session de travail qui examinera le budjet général pour 2010 et la réforme fiscale.

    PARTICIPATION NORD-AMÉRICAINE DANS LE PLAN DE DÉSTABILISATION

    La réaction de l’administration Obama face à la décision de la CSJ du Nicaragua n’a pas tardé. S’ingérant de façon flagrante dans les affaires internes d’une autre nation, elle déclara le 23 octobre par la voix de Ian Kelly, porte-parole du Département d’Etat étasunien, ce qui suit : « Nous partageons l’inquiétude de nombreux Nicaraguéyens au sujet de cette situation qui fait suite à une large série de comportements contestables et irréguliers du gouvernement (…) menaçant de miner la base de la démocratie au Nicaragua et mettant en question l’engagement du gouvernement du Nicaragua avec la Carte Démocratique Interaméricaine ».

    Après cela il ajouta : « Nous sommes préoccupés par la manière dont la Chambre Constitutionnelle de la Cour Suprême a abouti à cette décision ».

    Bien sûr, ce n’était pas la première attaque contre le gouvernement de Daniel Ortega. Le 19 février, le Président du sous-comité des relations extérieures du Congrès nord-américain pour l’hémisphère occidental, Eliot Engel, a visité le Nicaragua, en compagnie d’autres congressistes, afin de tenter de faire pression sur le gouvernement au moyen du déblocage de l’aide contenue dans le Compte Défi du Millénaire (CRM-Cuenta Reto del Milenio - n.t.), à condition que sa politique nationale et internationale soit changée. Cette aide avait été suspendue sous l’accusation absurde selon laquelle le parti dirigeant, le Front Sandiniste de Libération Nationale, s’était livré à la fraude durant les élections municipales de novembre 2008, privant le Nicaragua de l’aide du CRM et laissant sans réalisation des projets à Léon et Chinandega pour un montant de 175 millions de dollars, dont ont été exécutés 111 millions.

    Les Etats-Unis, alliés étroitement à plusieurs pays de l’Union Européenne, ont utilisé les aides financières au Nicaragua dérivées du CRM, de même que d’autres contributions provenant d’Europe, pour faire du chantage contre le gouvernement du Nicaragua.

    Bien que dans les politiques de l’administration Obama il y ait une priorité claire envers le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Equateur et d’autres nations, il ne faut pas du tout écarter le fait que le Pentagone et la CIA soient derrière les plans de déstabilisation contre le gouvernement de Daniel Ortega, attaché à ses claires positions progressistes dans la sphère internationale et aux changements qu’il a réalisés dans le statu-quo de son pays, au détriment des intérêts de l’oligarchie nationale.

    LE RÔLE DE LA CONTRE-RÉVOLUTION INTERNE

    Les attaques contre la décision de la Cour Suprême de Justice en relation avec l’inconstitutionnalité de l’article 147, déclenchèrent dans l’immédiat des réactions multiples : les unes moins fébriles que d’autres, d’autres conspirant clairement dans la recherche d’un prétexte pour répéter au Nicaragua l’expérience hondurienne. Toutes, cependant, centrèrent leurs attaques contre Daniel Ortega et l’activité de son gouvernement, engagés tous les deux dans une action destinée à favoriser les pauvres et à faire disparaître la prédominance économique, politique et sociale des oligarchies.

    L’un des premiers à réagir fut le président de la Conférence Episcopale du Nicaragua, Leopoldo Brenes, qui signala au canal 12 de télévision : « Nous avons analysé l’annonce qu’avait donné la Chambre Constitutionnelle de changer un article de la Constitution politique et je considère que c’est une situation très triste dans l’histoire de notre pays, alors que notre Charte Suprême est la seule qui régit les pouvoirs de l’Etat ».

    Il ne lui fut pas nécessaire de cacher son opposition à la décision de la CSJ, sous le prétexte d’éviter un bain de sang au Nicaragua, quand en réalité il s’alignait à la revendication quasi-histérique des autres secteurs de l’oligarchie traditionnelle.

    Les autres qui se sont pressés d’accuser la CSJ et le sandinisme furent les membres du Conseil Supérieur de l’Entreprise Privée (COSEP), auxquels ils leur imputèrent l’usurpation des fonctions du Congrès du Nicaragua.

    Pour leur part, une coalition de partis de droite, libéraux et pseudo démocrates, ainsi qu’un groupe de rénégats de la gauche intégrée par le Parti Libéral Constitutionnel (PLC), la Banquette Démocratique Nicaraguéyenne (BDN), l’Alliance Libérale Nicaraguéyenne (ALN) et le Mouvement Rénovateur Sandiniste (MRS), et plusieurs députés indépendants, se sont unis aux attaques contre Ortega. Habitué à manoeuvrer pour faire de l’obstruction à l’action progressiste du gouvernement, bien que jamais sous une forme unifiée, ce groupement a trouvé une occasion pour lancer une forte campagne de désinformation mobilisant tous les ressorts de l’action politique pour diaboliser l’image du mandataire, telle comme ils l’ont fait pour Chávez, Evo Morales et Rafaêl Correa dans leurs nations respectives.

    La stratégie des opposants parlementaires est conduite de manière à obtenir une majorité simple qui leur permettrait de s’opposer à la décision de la CSJ et à la réélection de Ortega, réaffirmant les alliances nouées en novembre 2008 pour accuser le sandinisme de fraude durant les élections municipales et dénigrer son gouvernement au niveau international. A cette prétendue alliance de défense de la démocratie s’est joint l’ex-président corrompu du Nicaragua, Arnoldo Alemàn.

    D’autres organisations conservatrices, engagées contre Ortega depuis le moment de sa prise de fonction en tant que mandataire, comme l’Union Citoyenne pour la Démocratie (UCD), le Mouvement pour Nicaragua et la Chambre Américaine de Commerce du Nicaragua (AMCHAM), se sont également alignées contre la décision de la CSJ.

    Les critiques à Ortega et à l’activité du sandinisme au Nicaragua, alignèrent des figures controversées comme l’ex-chancellier et député libéral d’opposition Francisco Aguirre, l’ex-candidat présidentiel et législateur libéral dissident, Eduardo Montealegre et aussi les déserteurs des files sandinistes, les députés Enrique Sáenz et Victoru Hugo Tinoco.

    Toute la contradiction interne au Nicaragua est idéologiquement liée aux secteurs ultra-conservateurs des Etats-Unis, de plusieurs pays européens et à l’activité obscure et subversive de la CIA et du Mossad, d’où proviennent une grande partie des fonds pour le financement de leur activité. La preuve est dans le fait que le Mouvement Rénovateur Sandiniste reçoit des fonds provenant d’organisations démocrates européennes et des Etats-Unis, sous le couvert d’ONG.

    D’AUTRES ENNEMIS EXTERNES PARTICIPENT AU COMPLOT

    L’une des manœuvres dirigées depuis l’étranger et attisées par des représentants diplomatiques accrédités à Managua, fut celle de fomenter le mouvement séparatiste des indiens miskitos, dans une trame pour saboter les élections régionales d’avril de l’année prochaine.

    Les faits violents enregistrés à Bilwi ; Puerto Cabezas, furent l’expression de la tentative de créer un foyer de conflit entre le gouvernement sandiniste et les miskitos. Ce fut un prétexte des ennemis du processus révolutionnaire en vue de lui porter atteinte et de miner sa propre base d’appui.

    La fondation Friedrich Ebert, liée au parti allemand PSD, a eu un rôle spécial dans les campagnes déstabilisatrices à l’intérieur du Nicaragua. Ses pressions contre le gouvernement sandiniste ne sont pas inconnues, de même que son travail subversif au grand jour en appui à diverses organisations qui sabotent le processus de transformation dans ce pays. La FFE, à l’aide de son porte-parole Valeska Hesse, est arrivée par le moyen de la désinformation et diverses campagnes médiatiques, à ce que l’Union Européenne décident de suspensions draconiennes à l’aide qu’elle avait offerte au Nicaragua. Toujours dans ce sens, c’est à partir de la dénonciation d’une prétendue fraude sandiniste aux élections municipales de novembre 2008, que la FFE a abouti à la suspension de l’aide au Nicaragua de pays comme l’Allemagne et la Suède.

    Il n’est pas surprenant que la Fondation Friedrich Ebert soit utilisée comme instrument pour le travail de sape au sein de la jeunesse nicaraguéyenne. Cette même organisation a utilisé dans ce but un soi-disant Programme de Formation Socio-Politique de Jeunes « Agents de Changement », au moyen duquel sont recrutés des jeunes entre 18 et 28 ans, « avec un potentiel de leadership démocratique et d’initiative personnelle, motivés par l’amélioration des tâches institutionnelles, porteurs de sensibilité sociale et responsabilité politique », selon sa IVème Convocation au soi-disant programme en 2008. Il est clair, alors, que depuis son siège dans l’OFIPLAZA El Retiro, Batiment No. 6, 2ème étage, Suite 626, s’exécute un programme d’endoctrinement en vue de former des cadres destinés à miner les bases de jeunes du sandinisme et à créer la confusion sur les programmes de l’actuel gouvernement.

    Les diplomates de l’Union Européenne accrédités à Managua réalisent des actes réitérés d’ingérence dans la politique interne du Nicaragua, comme cela fut le cas de leur participation dans une rencontre avec l’ONG Ethique et Transparence, celle-la même qui avait prétendu altérer le développement des élections municipales de novembre 2008, sous les incitations et la complicité de la représentation diplomatique du gouvernement norvégien et de la CIA, cette fois à travers son traditionnel écran notoirement connu comme La National Endowment for Democracy (NED), si expérimentée dans le financement de la contre-révolution à Cuba, au Venezuela et d’autres pays progressistes.

    Dans cet ensemble de pays qui refusent l’aide financière au Nicaragua et appuient la subversion, se distinguent aussi les représentants diplomatiques de l’Allemagne, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, de la Finlande,de la Grande Bretagne, de la Hollande, du Japon, de Taiwan, de la Norvège, de la Suède, de la Suisse, de l’Union Européenne, et ceux de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine du Développement.

    Jour pour jour, des dizaines et presque des centaines de ces ONG pullulent au Nicaragua, tentant d’interférer sur le cours du développement politique et social du pays, contribuant à la désinformation et à la guerre idéologique contre le sandinisme, à la création de la confusion et à la vente d’une fausse image face à l’opinion publique internationale. Parmi ces organisations, artifices de la création d’une soi-disant et large opposition populaire au gouvernement d’Ortega, se distinguent l’Union Citoyenne pour la Démocratie (UCD), le Mouvement Pour le Nicaragua (MPN), l’Institut des Etudes Stratégiques et Politiques Publiques (IEEPP), le Centre de Recherches de la Communication (Cinco), Probidad et la Commission Permanente des Droits Humains (CPDH).

    Les projets machiavéliques de toutes ces pseudo organisations répondent au financement des Etats-Unis et d’Israël, ainsi que de nations européennes comme l’Allemagne, la Suède, la Norvège et d’autres. Une grande partie de l’aide destinée à leur activité provient de la NED, du National Democratic Institut (NDI), de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement (USAID), de la Banque Inter Américaine de Développement, de l’International Republican Institut (IRI).

    Il suffit de dire que les nations européennes ont financé à elles seules l’activité de cette cinquième colonne anti-sandiniste avec près de 350 millions de dollars depuis que Ortega est passé à la Présidence.

    Non seulement le gouvernement suédois a financé l’opposition et a refusé au gouvernement du Nicaragua l’aide financière promise, mais il a aussi impulsé à travers la presse de son pays une campagne permanente de désinformation et une guerre sans quartier contre le sandinisme, comme c’est le cas du journal Sydsvenskan et son correspondant Henrik Brandäo Jönsson. A ce quotidien suédois se sont joints l’agence d’informations TT et d’autres médias de droite.

    Un autre détracteur actif du travail d’Ortega au Nicaragua, est le soi-disant parti de gauche Vänsterpartiet, qui navigue dans un cap controversé et qui s’est trouvé souvent ballotté indistinctement jusqu’au centre ou à droite sur les sujets de politique internationale.

    Depuis 2008, le Ministère de la Coopération pour le Développement International de Suède, le Ministre Fédéral de la Collaboration Economique et du Développement d’Allemagne, ainsi que d’autres organismes internationaux et pays membres de l’UE ont maintenu les fausses accusations sur la prétendue fraude électorale de novembre de cette année et la supposée suppression de la personnalité juridique de la part du Conseil Suprême Electoral (CSE) à deux partis jusqu’en 2012 : le Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS) et le Parti Conservateur, qui avaient réellement violé les normes légales établies, comme cela a été clarifié par Roberto Rivas, le président du CSE. Ces accusations, ajoutées à une « préoccupation » pour une soidisant persécution aux activités des ONG au Nicaragua, ont servi d’instrument pour suspendre l’aide au gouvernement de ce pays.

    De manière occulte, bien qu’il n’ait pas d’ambassade au Nicaragua, le gouvernement d’Israël travaille dans les coulisses pour saboter l’activité du gouvernement sandiniste, surtout du fait de son appui déclaré à la cause du peuple palestinien et son rapprochement à l’Iran. Aujourd’hui les agents sionistes du Mossad se camouflent comme conseillers dans le secteur de l’agriculture et l’activité d’entreprise. Dans d’autres cas, ils s’abritent à travers la pénétration dans les centres d’études en vue de recruter des prospects pour une mission ultérieure dans le cadre de leur guerre idéologique contre les forces progressistes de la région. Une remarque nous interpelle dans ce sens, c’est le concours que développe Israël au Costa Rica et au Nicaragua, sous l’appellation Connaissez Israël , qui pour le seul Nicaragua a touché plus d’une centaine de jeunes. Derrière ce concours en apparence innocent, le motif du Mossad est de chercher de nouveaux agents pour son activité. Dans ce travail on distingue Enrique Rimbaud, président de l’Association des ex-boursiers d’Israël au Nicaragua, Arturo Vaughan, consul honoraire d’Israël au Nicaragua et Ehud Eitam, ambassadeur d’Israël avec siège au Costa Rica.

    Un rôle significatif dans les attaques contre le Nicaragua est joué par l’Interamerican Institute for Democracy, el Dialogo Interamericano et le Council Of Hispanic Affairs, qui ont fait des appels á certains gouvernements et d’autres organisations pour lancer une série de ténébreuses campagnes déstabilisatrices à l’intérieur du Nicaragua et d’attaques idéologiques au niveau international.

    ACTIVITE MEDIATIQUE CONTRE LE NICARAGUA

    L’activité médiatique dans l’objectif de déstabiliser un gouvernement n’est pas une nouveauté, puisque des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, l’administration Obama incluse, sont en train de la subir sous divers niveau d’intensité. Le gouvernement sandiniste de Daniel Ortega n’échappe pas non plus à ces campagnes où la presse, alliée aux secteurs de droite, se met au service de la plus cruelle guerre idéologique. Comme c’est bien connu, la majorité des médias de communication sont la propriété de personnes qui répondent aux intérêts de l’oligarchie, comme c’est le cas de El Nuevo Diario, La Prensa, Trinchera et Nicaragüita.

    L’un de ces quotidiens, La Prensa de Managua, a chargé d’une enquête la société M&R Consultores, dans le but de créer un état d’opinion adverse opposé à la réélection du Président Daniel Ortega. Selon les enquêteurs, 68,3% des personnes consultées s’opposent à la décision de la CSJ dans ce sens.

    La manipulation douteuse des résultats est une claire manœuvre dans la guerre médiatique menée contre Ortega, laquelle a été renforcée aussi par les médias de communication des Etats-Unis et des pays développés, dans l’objectif de le diaboliser. Le quotidien espagnol El País a été l’un des plus fervents détracteurs du gouvernement nicaraguéyen dans les derniers mois, à un point tel qu’il en arrivé à publier un article mensuel contenant de fortes accusations contre le Président et dénaturant les chiffres concernant les résultats économiques et sociaux de son gouvernement.

    Un autre quotidien, le Diario de Las Américas, de Miami, s’est converti en porte-parole des groupes contre-révolutionnaires implantés dans cette ville, ceux qui se sont liés aux extrémistes d’origine cubaine et vénézuélienne, pour lancer des diatribes contre les gouvernements de l’ALBA.

    La campagne médiatique contre Daniel Ortega a eu un sceau particulier avec les déclarations de Gioconda Belli, écrivain et ex-militante du FSLN, qui lança contre le mandataire des accusations ridicules dans lesquelles elle le compara à Louis XIV ancien roi de France,.

    A Miami, convertie pour le malheur de ses citoyens en capitale de la contre-révolution et de l’extrémisme internationale, s’est développée une forte et histérique explosion contre le gouvernement sandiniste. Il y a quelques jours, il s’est constitué la-bas l’Union Nicaraguéyenne Américaine, à l’image de la ténébreuse FNCA (Fondation Nationale Cubano-Américaine, nt.), ayant pour fin de « faire toutes les démarches pertinentes d’opposition pour que Ortega respecte la Constitution Politique du Nicaragua qui interdit sa réélection ».

    Avec la prétention de réaliser un fort travail de lobby au sein du Congrès, ses adhérents, appartenant tous à l’Association des Journalistes Nicaraguéyens, au Parti Conservateur, au Parti Libéral Constitutionnel, au Parti Libéral Indépendant, au Mouvement Rénovateur Sandiniste et à Vamos con Eduardo, parmi d’autres organisations, ils prétendent s’appuyer sur la base contre-révolutionnaire des terroristes d’origine cubaine et vénézuélienne résidant dans cette ville floridienne, ainsi que sur les représentants ultra-droitiers Ileana Ros Lehtinen et les frères Diaz Balart.

    Un autre groupuscule de droite situé à Miami, la Société Nicaraguéyenne Américaine des Journalistes (NAJS) s’est joint à la cour des protestations anti-gouvernementales. Dans leur cas, leurs positions réactionnaires ont prit de l’évidence quand ils réclamèrent l’aide des Etats-Unis pour : « (…) prendre note de ce nouvel abus du FSLN, qui dans sa soif de se perpétuer au pouvoir et d’imposer ce qui est appellé le Socialisme XXI du président vénézuélien, Colonel Hugo Chàvez, altère l’ordre constitutionnel et porte atteinte aux droits élémentaires des nicaraguéyens, avec des conséquences régionales incalculables ».

    Cherchant des alliances avec l’extrême-droite dans le Congrès nord-américain, la NAJS a envoyé une lettre à la congressiste Ileana Ros-Lethinen, pour que celle-ci serve de médiatrice avec le président Barack Obama : « Nous vous sollicitons pour continuer d’alerter le Congrès nord-américain sur les graves dangers que vivent le Nicaragua et la région sous le Gouvernement de Daniel Ortega, et sur la nécessité pressante pour le Président Barack Obama de faire attention aux risques que cela implique ».

    Un rôle d’importance au sein de la base de la contre-révolution anti-nicaraguéyenne à l’extérieur depuis la décennie des années 80, a été accompli par la Force Nicaraguéyenne du Travail Civique, laquelle a été fait ressuscitée pour accroître leur offensive contre Daniel Ortega. Dirigée traditionnellement par des puissants de l’argent, comme cela se fait avec la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA). La FNTC répond inconditionnellement à l’extrême-droite des Etats-Unis et à l’oligarchie nicaraguéyenne. Il y a à mentionner que l’un de ses leaders, Orozco, est actuellement le vice-président du Terra Bank, il fut trésorier et parallèlement administrateur, de la Grande Convention des Nicaraguéyens à l’extérieur durant l’année 2006.

    La NCTF a créé un prix dénommé Nicarao Award pour gâter des figures telle que le congressiste Mario Diaz-Balart ou le corrompu commissaire de Miami-Dade, Joe Martinez.

    La complicité de la NCTF avec la contre-révolution vénézuélienne s’est manifestée dans un meeting célébré le 23 mai 2009 passé, quand l’ex-maire putschiste vénézuélien Alexis Ortiz participa, à Miami, dans le Forum Liberté d’Expression et Droits Humains en Amérique Latine, sous les auspices de la Force du Travail Civique Nicaraguéyen et par El Diario La Prensa. Ortiz a déclaré la-bas : « (…) pour ne pas avoir prêter attention à temps et sans détours à ce qui se passait à Cuba, aujourd’hui au Venezuela nous souffrons le même cauchemar que les Cubains ».

    L’EXTRÊME-DROITE REPUBLICAINE ET LA MAFIA ANTI-CUBAINE CONTRE LE NICARAGUA

    Il y a suffisamment de preuves sur la participation des représentants de l’extrême-droite nord-américaines Ileana Ros-Lethinen et les frères Mario et Lincoln Diaz Balart, dans toutes les campagnes contre Cuba, le Venezuela, l’ALBA et tout ce qui représente un pas de l’avancée des force de la gauche en Amérique Latine et dans le monde. Leur agressivité contre le Nicaragua n’a pas été niée.

    Le 11 décembre 2008, ces bienfaiteurs de terroristes demandèrent à la Secrétaire d’Etat de l’époque Condoleezza Rice, la suspension totale de l’aide que reçevait le Nicaragua à travers le DR-CAFTA (accord de libre commerce, NT) et par le Compte Défi du Millénaire. Les arguments présentés dans la missive à Rice, parlent d’eux-mêmes : « Nous vous écrivons respectueusement pour vous solliciter afin que continue la suspension des versements du programme d’assistance Compte Défi du Millénaire (CRM) au Nicaragua et que se prennent les actions nécessaires pour suspendre le Nicaragua des bénéfices du Traité de Libre Commerce avec l’Amérique Centrale et la République Dominicaine (DR-CAFTA, nt) ».

    Le 4 décembre 2005 s’est produite une rencontre entre le congressiste d’extrême-droite Mario Diaz-Balart et des Nicaraguéyens à Miami, qui déboucha sur un appel à affronter Cuba et le Venezuela, et aussi tous ceux qui menacent la démocratie en Amérique Latine.

    Les groupes nicaraguéyens qui s’opposent au sandinisme utilisent les mêmes espaces de manifestation que leurs congénères de la mafia anti-cubaine de Miami, dans la Petite Havane et, particulièrement, l’espace situé face au restaurant Versailles, où il y a peu de temps les intolérants de Vigilia Mambisa ont brûlé les disques du chanteur colombien Juanes.

    Aujourd’hui, il n’est nullement surprenant de voir les récalcitrants contre-révolutionnaires nicaraguéyens marcher par les rues de Miami, commandés par Elio Aponte, défiler contre Cuba, Chàvez, Ortega, Evo, Correa et l’ALBA, en union avec les escadrons de ERVEX et des terroristes d’origine cubaine intégrés à Unité Cubaine, Mer pour Cuba, Alpha 66, Vigilia Mambisa, la Junte Patriotique Cubaine, le Congrès National Cubain, l’Association UMAP et Cuba Indépendante et Démocratique.

    Il n’y a pas le moindre doute que l’offensive anti-nicaraguéyenne fait partie d’une vaste opération contre-révolutionnaire en Amérique Latine, dirigée contre Cuba, le Venezuela et le reste des pays de l’ALBA. Le Nicaragua peut être l’arrière-chambre du Honduras.

    Percy Francisco Alvarado Godoy

    Traduction : salah ahmine

    Article original en espagnol : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=94178

    SOURCE 


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  • Au Honduras, le peuple doit empêcher que les putschistes vaincus ne reviennent au pouvoir !

    Par Jean-François Claudon (75)

    Le 30 octobre, les accords de Tegucigalpa ont été signés entre les représentants de Manuel Zelaya, le président hondurien légitime chassé le 28 juin dernier par un putsch militaire, et ceux de Roberto Micheletti, chef du régime de facto issu du coup d’Etat. C’est maintenant officiel : Zelaya va revenir au pouvoir dans quelques jours, jusqu’à la tenue des élections générales, le 29 novembre prochain, et pourra même aller au terme de son mandat qui expirera en janvier 2010. Cela dit, ce retour de Zelaya, dans les conditions fixées par les accords de Tegucigalpa, constitue-t-il une victoire du mouvement émancipateur au Honduras ? Et au niveau international, dans cet enchevêtrement de forces et de volontés politiques qui se sont combattues depuis le coup d’Etat, laquelle s’est finalement imposée ? Nous ne sommes pas de ceux qui s’empressent toujours, par pureté révolutionnaire, de jeter le bébé ave  l’eau du bain, mais il faut tout de même dire la vérité. Si le retour de Zelaya est symboliquement une victoire de taille pour le  peuple hondurien et pour le processus révolutionnaire latino-américain, de nombreuses concessions faites aux putschistes prouvent que les Etats-Unis ont repris la main sur l’Amérique centrale et que la gauche radicale sud-américaine sort affaiblie du conflit. En politique comme partout, il est des victoires bien amères…

    Les accords de Tegucigalpa sont constitués de 3 points essentiels censés résoudre la crise politique qui dure maintenant depuis plus de 4 mois. Tout d’abord, les deux partis en présence ont affirmé nécessaire la soumission au vote du congrès du rétablissement du pouvoir légitime en vigueur avant le 28 juin dernier. Certes, il s’agit du même congrès qui a entériné le coup d’Etat contre Zelaya, mais de nombreux hommes politiques influents ont compris que le rétablissement du pouvoir légitime était la condition sine qua non de la fin du gel de leurs avoirs à l’étranger ainsi que des fonds internationaux vitaux pour le pays, mais surtout, de la reconnaissance des élections du 29 novembre prochain qui permettront au petit pays de réintégrer définitivement le concert des nations. Le rétablissement de Zelaya est donc de fait acquis. Mais pour ce faire, que de concessions aux putschistes et aux Etats-Unis !

    Le second point des accords de Tegucigalpa affirme que le nouveau cabinet ministériel, qui devra être constitué avant le 5 novembre, sera un gouvernement « d’unité et de réconciliation nationale ». Le rétablissement de fait de Zelaya n’est donc nullement fondé en droit dans ces accords, puisque le coup d’Etat putschiste n’y est pas condamné explicitement et que l’union nationale qui prend sa suite le légitime a posteriori… Autre concession de taille : la renonciation de Zelaya à sa volonté de convoquer une assemblée constituante afin de modifier la constitution hondurienne de 1982. C’était pourtant cette orientation révisionniste du pouvoir au printemps 2009 qui avait précipité le bras de fer entre Zelaya et l’oligarchie, puis l’éviction de ce dernier.

    Cette concession scelle paradoxalement la défaite politique du pouvoir en passe d’être rétabli, puisque il renonce dans les faits à se battre pour un Honduras véritablement démocratique. Plus généralement, c’est un échec pour toute la gauche radicale latino-américaine, puisque Zelaya a été contraint d’abandonner tout ce que ses soutiens politiques régionaux ont réussi à faire au Venezuela, en Bolivie et plus récemment en Equateur : réviser la constitution de leur pays respectif pour y introduire leurs idéaux socialistes, des éléments de démocratisation et le principe de la réélection du président afin d’assurer la continuité du processus révolutionnaire. Les classes dominantes honduriennes, élevées au bon grain de la lutte US contre la subversion sociale dans les années 1970, avaient en effet rendu inviolables les clauses constitutionnelles garantissant la pérennité de leur pouvoir par une alternance conforme à leurs intérêts. Ce point décisif, déjà contenu dans les accords de San José rejetés en juillet dernier par Chavez et ses alliés, prouve que le grand vainqueur de ce conflit est la diplomatie américaine qui a obtenu ce qu’elle voulait et peut bien abandonner maintenant un pouvoir putschiste qu’elle avait condamné dès le début, tout en le tenant à bout de bras !

    Reste l’essentiel : les deux partis en présence s’engagent à reconnaître les élections générales du 29 novembre prochain et à jouer le jeu démocratique. On pourrait croire que c’est une concession de taille des putschistes, puisque le camp de Zelaya, poussé par la mobilisation des masses, ne peut être que majoritaire à l’issue du scrutin. Belle vue de l’esprit ! Car il ne faut pas oublier que les élections de la fin du mois de novembre se feront dans les formes prescrites par la constitution de 1982, puisque Zelaya a renoncé à la modifier… Il ne sera donc pas candidat à sa propre succession, comme c’était le cas, dès avant le 28 juin. Une nouvelle fois, la résolution du conflit impose un pas en arrière au président légitime. Aux dernières nouvelles, les deux candidats les mieux placés font partie de la droite libérale et conservatrice et sont membres, pour l’un, du Parti National et, pour l’autre, du Parti Libéral de Zelaya, mais sur une ligne bien plus orthodoxe que le fantasque Zelaya dont on se souvient qu’il avait augmenté les minimas sociaux de 60 % au début de l’année…

    Certains commentateurs, pourtant bien documentés, concluent de ce fait que le prochain président sera forcément un homme de la droite pro-américaine et que son élection, en scellant la victoire des Etats-Unis, sanctionnera la défaite de Chavez dans l’issue de la crise du Honduras. Ceux qui parlent ainsi ne sont plus des journalistes, mais des prophètes ! Qui peut dire qui va l’emporter ? La lenteur des négociations n’a certes pas joué en faveur du mouvement populaire, mais l’opposition a encore le temps de se structurer. Les appels de Zelaya à « l’insurrection du peuple » ont beau n’avoir pas abouti fin septembre, il reste que l’insurrection électorale est encore tout à fait réalisable. Zelaya doit quitter définitivement le Parti Libéral et organiser avec ses amis son propre parti en rupture avec l’oligarchie, les putschistes et les services américains. A ceux qui nous rétorquerons qu’il est impossible d’organiser un parti dans un laps de temps si court, nous répondons que ce pari existe déjà.

    Il s’agit du « Front de Résistance au Coup d’Etat » qui regroupe toutes les organisations qui se sont opposées aux putschistes. Cette structure, qui ressemble tant au LKP guadeloupéen, doit perdurer, car même un enfant de dix ans peut comprendre que la victoire d’un candidat de droite à la fin du mois signifierait la victoire définitive du coup d’Etat du 28 juin. Tous les militants ouvriers et démocrates honduriens doivent travailler à ce que, lors des législatives et des présidentielles du 29 novembre, l’on puisse opposer à chaque candidat de l’oligarchie un candidat du Front, éprouvé dans les combats récents et reconnu par le peuple. Si une telle organisation se met en place, face à un peuple résolu et uni, l’appareil d’Etat des putschistes ne fera pas le poids, car, aujourd’hui comme hier, « el pueblo unido jamás será vencido ».

    SOURCE 


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  • Honduras : Lors des prochaines élections “Ce n’est pas le vote qui décidera mais les bottes”

    Doucement mais sûrement l’armée montre finalement que c’est elle qui dirige le pays (témoignages).

    Le Honduras est en période de processus électoral avec quelques particularités. Un gouvernement de facto, un président renversé et confiné dans une ambassade ; la liberté d’expression et de manifestation restreintes et les même policiers et militaires qui ont réalisé le coup d’État garantissent le processus. “Un processus qui n’offre aucune de garantie”, dit le sociologue Pablo Carías.

    Après l’article de Revistazo nous publions des témoignages de honduriens ayant participés à la manifestation d’hier, 29 octobre. Nous publions également un message outré de la part d’un maire hondurien à qui on demande de faire de la délation. Des documents photos et écrits accompagnent ces témoignages. Evidemment les identités des correspondants ont été modifiées.

    Dans des élections générales : “Ce n’est pas le vote qui décidera mais les bottes”

    Le dialogue soutenu entre Carías et Revistazo.com a commencé avec la question qu’il a formulé. “Quelle valeur a actuellement le vote de l’hondurien ?” A laquelle il a tout de suite donné sa réponse, “dans le passé ils nous ont fait croire que le vote était générateur de démocratie, qui permettait une alternance du pouvoir, mais maintenant, cela implique que ce n’est pas le vote qui décidera de l’avenir du peuple mais des bottes”, il a dit.

    Pour ce sociologue il est difficile d’établir une réglementation quand la constitution de la République a été violée et quand les groupes de pouvoir sont derrière “les bottes”. “Il est évident qu’en définitive c’est le pouvoir économique, les intérêts économiques bâtards, l’ardeur de tirer profit, l’État vu comme une bottine, qui prévalent”, ajoute-t-il.

    Après être consulté, Carías a fait une relation de situations qui génèrent des doutes parmi la population, vis-à-vis du processus électoral proche, bien qu’une vaste campagne de promotion et de publicité soit faite dans les médias qui contrôlent le pays, une partie des honduriens se demande : comment ces élections peuvent-elles être la sortie la crise politique et comment peuvent-elles être transparentes quand le président légitime est tenu enfermé dans un siège diplomatique dans son pays ?

    “Un président enfermé c’est cela qui a servi à la Mission Carter pour définir qu’il n’y avait pas de contexte favorable à la réalisation d’élections. La mission a dû attendre presque une heure pour être reçu par le président, ils [NDT : les militaires faisant le siège de la légation brésilienne] ne le lui permettaient pas, et s’ils ne le permettent pas à une mission internationale : qu’elle peut-être la liberté du citoyen lambda ?”, se demande le sociologue.

    De la même manière surgit la question obligée de la transparence, comment ceux qui ont réalisé le coup d’État peuvent-ils protéger les élections ?

    “Rappelons que par le passé les militaires et la police avaient permis un degré de sécurité dans le processus, une espèce de symbole ; mais aujourd’hui c’est la baïonnette qui menace l’électeur, presque comment si on lui disait … bon vous avez intérêt à venir voter ou nous vous amènerons ici [de force]”, dit Carías.

    L’absence de la présence international pendant le processus est un autre questionnement qui est posé. “La communauté internationale est très claire là dessus s’il n’y a pas de garanties minimales, le processus ne sera pas reconnu et la non reconnaissance des élections implique la non reconnaissance de celui qui gagne puisque ce sera un gouvernement bâtard, faible, avec peu de crédibilité à qui on ne peut donner aucun type d’aide”, dit-il.

    Les Honduriens on vus très récemment que les violations des Droits de l’Homme arrivent contre ceux qui sont en désaccord avec leurs actions [aux putschistes]. Ce qui se traduit par des personnes détenues, emprisonnées, frappées et jugées.

    “C’est le cadre, les résultats sont catastrophiques et se transforments en un manque de crédibilité tant pour ceux qui sont en faveur du coup que pour ceux qui sont contre ; les gens sont réprimés, effrayés, comment ne pas l’être si les instances étatiques chargées de les défendre sont en fait à leur propre service”.

    De plus le sociologue remet en question l’intégration d’autorités illégales dans la Cour suprême Électoral.

    Pablo Carias souligne dans ses déclarations, les aspects que les autorités actuelles du Honduras ont mis en avant pour avoir opéré un coup d’État contre Manuel Zelaya Rosales.

    “On parlait de la forme illégale de permettre la participation citoyenne et maintenant c’est l’illégalité vers la citoyenneté qui prévaut comme il n’est pas permis de s’exprimer librement, de manifester dans les rues etc. (Les petits avions narcos sont tombés par la collusion entre le gouvernement du Honduras et celui du Venezuela et le nombre qui sont récemment tombés)*. Le putsch a été organisé parce qu’il y avaient une insécurité et maintenant l’insécurité est pire encore, il y a plus de crimes, etc.”, a assuré Carías. [NDT : cette phrase a été mise entre parenthèses car elle semble hors contexte, faute d’édition de la part de revistazo ? Ou mauvaise compréhension de notre part ?]

    Il ajoute que, “Il y a une perte de crédibilité également dans les églises puisque la foi a été instrumentalisée d’une manière méprisable et terrible”.


    Source : Revistazo En elecciones generales : “No es el voto el que decidirá sino las botas”
    Traduction : Primitivi


    Répression de la manifestation pacifique (et autorisée) du 29 octobre Messages des manifestants, reçus par mail.

    Témoignage de R* :

    Tegucigalpa 29/10. De nouveau l’armée et la police ont réprimé aujourd’hui, de manière violente la marche pacifique de la résistance contre le coup d’État, aux environs de la Cour suprême Électoral (TSE).

    Des personnes âgées et des enfants ont été victimes des gaz lancés par les policiers.

    Les manifestants étaient partis de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), passant au milieu de la propriété universitaire, au moment de sortir du campus des policiers et des militaires leur ont refusé l’accès à la voie publique. Il a fallut l’intervention du député d’Unification Démocratique Marvín Ponce présent sur place, pour que les manifestants puissent sortir.

    La marche a avancé par le boulevard connu comme Forces Armées, ensuite le boulevard Koweït, mais après être arrivé aux environs du TSE, en face des installations de l’Église Mi Viña, les militaires et policiers au contact de la manifesation ont commencé la répression, en trois commandos.

    Ensuite les manifestants qui sont restés dans les environs se sont dirigés en des petits groupes jusqu’aux environs de l’Hôtel Marriott, où se paassent les réunions avec les envoyés du Département d’État nord-américain.

    Mais quelques minutes après des commandos militaires et la police sont arrivés, et ont encore une fois réprimés avec violence la manifestation.

    On rapporte qu’il y a eu des blessés et des arrestatuibs de la part de l’armée et la police. Rafael Alegría serait parmis les personnes frappées aujourd’hui.


    Ajout de P* au témoignage de R :

    Même avec une autorisation écrite du TSE, la Résistance a été réprimée par la police et l’armée. Ils ont ignoré l’autorité civile exprimée dans la permission de manifesté délivré par le TSE, ce qui est en soit illégal et arbitraire.

    Ce qui semble indiquer que tous les décrets et dispositions cherchent seulement à contenir, à tout prix, les actions de la Résistance et cela révèle que le contrôle de l’État appartient aux militaires.

    Elle a été réprimée deux fois, sans motif, ni aucune raison et dans une violation claire et affichées des droits des manifestants qui marchaient pacifiquement. Il y a eu des personnes écrasées, gazées, blessées et hospitalisées. C’est un régime d’illégalité et d’illégitimité auquel les hondurien(ne)s ne doivent pas obéissance.

    L’État a le devoir de promouvoir, d’assurer, de protéger et de garantir la sécurité d’une manifestation populaire. C’est une expression de ce qu’il doit entretenir, le soin et la garde les droits de la population.




    Complément de B* à l’ajout de P :

    S* a joint des photographies de la deuxième répression d’aujourd’hui. Je les partage avec tous et en particulier si certains ont accès à des organisations des Droits de l’Homme. Les visages des responsables de la répression d’aujourd’hui apparaissent sur certains clichés.

    Pour le cas de l’IMG_0006 nous voyons le visage d’un individu qui depuis un toit filmait ou photographiait [NDT : avec son téléphone] les compagnes et compagnons de la résistance. Nous ne tombons pas dans la paranoïa mais nous connaissons son visage.

    Dans les imagees suivantes, nous voyons les visages des répresseurs.



    Je veux également lancer cette plainte : dans les deux images ci-dessous nous voyons gisant au sol notre compagnon Roger Abraham Gomez de 51 ans de l’Hato de Enmedio. Il a été frappé dans la colonne vertébrale par des éléments des Cobras [NDT : groupes d’interventions de la police, ultra-violents] et des militaires et une fois à terre ils ont continué à le frapper. Grâce à la solidarité de beaucoup de compagnes et de compagnons, il a eu du secours rapidement et on a obtenu qu’il soit soigné par la Croix-Rouge et les Pompiers. L’ambulance des pompiers l’a conduit à l’Hôpital Escuela. Si quelqu’un le connaît s’il vous plaît, présentez-vous à l’hôpital pour s’en occuper, et s’il est possible

    informez-nous de son état de santé.

    L’armée nous demandent de dénoncer nos administrés !!

    Témoignage de M* maire du village de A* :

    C’est avec indignation que nous avons reçu ce communiqué envoyé par les forces armées à tous les maires du Honduras et peut-être à d’autres personnes, dans lesquelles on leur demande d’être des informateurs, des rapporteurs, des oreilles, des agents d’investigation !!!!!! Pour qu’ils donnent des informations sur les leaders de la résistance de leur commune aux forces armées ! Comment cela s’appelle-t-il ? Est-ce, un État de droit ou un régime policier de terreur ? Qu’est-ce que l’on prétend avec cette information ?.

    Est-ce que cela est un coup d’État militaire ou pas ? En plus ils font savoir qu’ils demandent ces informations pour protèger les informateurs du "malheur" !

    S’il vous plaît diffusez et informez ce qui se passe au Honduras.

    De plus nous avons reçu un communiqué confidentiel de la Banque Centrale du Honduras, qui sans un ordre judiciaire, comme la loi l’exige, demande que l’on enquête sur les comptes de 52 personnes, pour le moment (sûrement qu’ils ont déjà effectué des recherches ou ils feront des recherches supplémentaires), pour les accuser de terrorisme ou de blanchiement. C’est une transgression de la loi de la part des occupants de la banque Centrale du Honduras.


    * Pour la sécurité des correspondants tous les noms dans ces témoignages, sauf ceux des victimes et des bourreaux, ont été modifiés.

    NB : Nous conservons les photos hautes résolutions des différents témoignages que nous reccueillons par mail. Nous pouvons les communiquer afin de mettre en place un dossier sur les responsables de la dictature. Nous demander sur primitivi[à]no-log.com

    Traduction : Primitivi


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  • Vers un nouveau coup d’État en Amérique centrale ?


    AUTEUR:  Carlos TENA

    Traduit par  Salah Ahmine. Édité par Fausto Giudice


    Il est extrêmement surprenant de voir, qu’alors qu’à peu de kilomètres de Managua, au Honduras, se maintient une dictature comme celle de Micheletti, la grande majorité des mas médias nicaraguayens (propriété d’une poignée de familles millionnaires) s’attaque depuis des années au gouvernement constitutionnel de Daniel Ortega. Les manipulations féroces et périodiques de la réalité orchestrées dans la presse écrite, radiophonique et télévisuelle, qui rappellent les campagnes subies par le président du Venezuela, Hugo Chávez, avant et après le Carmonazo [tentative de coup d’État d’avril 2002, NdE], n’ont pas cessé au Nicaragua depuis que Daniel Ortega a assumé la présidence en 2006, ou plus exactement le 10 janvier 2007.

    Les disqualifications continues et les insultes de la part du complexe médiatique (à la seule exception de Radio Primerísima et Radio Ya), se sont accélérées dans le fond et dans la forme ces derniers jours, quand la Cour Suprême de Justice s’est prononcée sur la validité des arguments du leader sandiniste pour pouvoir se présenter aux prochaines élections. N’oublions pas que le président hondurien Zelaya a été renversé violemment par l’armée et ses adversaires politiques, qui ont justifié ce putsch par une prétention similaire, il y a seulement quelques semaines (28 Juin 2009), de la part du président constitutionnel.

    Cet élément oblige les analystes à déduire, sans aucune crainte de se tromper, que l’Amérique Latine se trouve face à des coups d’États anti-démocratiques soft, moins sanglants que ceux qui ravagèrent le continent depuis le début du 20ème siècle jusque la moitié des années 80, dirigés et orchestrés, comme d’habitude, par le patronat le plus ultra-libéral (pour lequel les moyens de diffusion massive sont indispensables), et pouvant aujourd’hui compter sur la compréhension  des businessmen du secteur, comme le multimillionnaire mexicain Carlos Slim (ami intime de Monsieur X, autrement dit Felipe Gonzàlez), son collègue espagnol Juan Luis Cebrián, des intellectuels d’extrême-droite comme l’Hispano-anglo-péruvien Mario Vargas Llosa ou des Premiers ministres experts en prostituées de luxe, comme l’Italien Silvio Berlusconi.

      
    Carlos Slim et Felipe González

    Cette situation est la conséquence directe de la douceur avec laquelle la Maison Blanche traite le dictateur hondurien, qui se dégage facilement du double discours qu’utilisent le président Barak Obama et son éclatante Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, ou de la tiédeur de l’OEA elle-même face à ce genre de rébellions militaires, dans lesquelles il y a juste à déplorer la mort de peu de citoyens (des provocateurs violents, selon El País), qui criaient dans les rues du Honduras pour le retour de la démocratie, mais loin des milliers d’arrestations et d’assassinats en masse subies durant des décennies par les populations du continent, commis avec la totale bénédiction des différents gouvernements US et de leurs armées, dont la participation et l’assistance militaire (torture inclue) se palpent encore dans des pays comme le Salvador, le Chili, le Paraguay, la Colombie, le Pérou, le Panamá, le Guatemala et d’autres.

    Il paraît que Micheletti est bien vu à Washington, au FBI, à la CIA, au siège de PRISA* et jusqu’au Vatican (épicentres d’influence sociale variable mais notoire), avec toutes les nuances qu’on peut présupposer. Et le plus curieux est que, quand on découvre les liens entre les putschistes et la délinquance commune, on fait ressortir au grand jour l’asile politique aux USA en leur faveur, comme dans le cas de l’ex-maire de Maracaibo Manuel Rosales, au Venezuela, directement impliqué dans une tentative d’assassinat contre Chávez, ou Luis Posada Carriles, responsable de l’explosion en plein vol d’un avion de Cubana de Aviación qui coûta la vie à 76 personnes, et qui aujourd’hui se promène tranquillement en Floride ; ou encore celui de Patricia Poleo, journaliste d’une chaîne de télévision à Caracas, accusée de l’assassinat du procureur Danilo Anderson.

    J’espère que dans le cas des directeurs de journaux aussi connus au Nicaragua que ceux du Nuevo Diario ou de La Prensa, Danilo Aguirre et Jaime Chamorro, qui, respectivement, ont été ou sont en jugement et condamnés pour injures, ou escroquerie de millions, il ne se passera pas quelque chose du même genre. Aujourd’hui, couverts par leurs collègues de la soi-disant presse indépendante, ils clament leur innocence, tout en développant leur stratégie de harcèlement et de démolition médiatique du président Daniel Ortega, téléphonant à leurs associés espagnols, mexicains, chiliens, argentins ou français, pour qu’ils leur donnent un coup de main dans la stratégie de harcèlement et démolition de l’ennemi socialiste, si possible sans effusion de sang innocent. Les unes de ces gazettes brillent de titres répétant le mantra du dictateur Ortega, avec la même allégresse que leurs collègues espagnols appelant José María Aznar président.

     
    Danilo Aguirre et Jaime Chamorro

    Ils oublient, semble-t-il, qu’un vrai satrape aurait fermé d’un trait de plume ces journaux, radios et stations de télévision, qui continuent à égrener leur chapelet d’insultes et de défis, atteignant le sommet de la paranoïa médiatique quand, comme cette semaine, l’objectif n’est plus Ortega lui-même, mais les magistrats qui composent la Cour Suprême de Justice du pays.

    Il n’est pas hasardeux d’affirmer que les deux dirigeants de journaux (Nuevo Diario et La Prensa) sont en train de chauffer la population, ou au moins de créer un dangereux bouillon de culture, pour rendre crédible et inévitable un putsch à la Micheletti, comptant bien sûr sur la bénédiction obligée et l’assentiment de l’église catholique nicaraguayenne (comme au Honduras), mais non sur celle de l’armée, à la différence de ses collègues honduriens, même si elle est bien loin de l’exemple des militaires vénézuéliens, boliviens, équatoriens ou cubains, dont la défense de la volonté populaire est admirable, si nous la comparons avec d’autres forces armées, y compris en Europe. Ces mots d’un chauffeur de taxi de Managua au signataire de ces lignes sont dans une certaine mesure tranquillisants : «Ici, ce qu’on a pu faire avec Zelaya ne peut pas se passer avec Ortega. Nous serions des milliers de citoyens, de camarades femmes, de travailleurs qui en plus possédons une bonne formation militaire, à descendre dans la rue pour défendre la démocratie, pour bloquer, comme à Caracas, un possible coup d ‘Etat ».

    Qui a intérêt à ce que se répète l’histoire récente ? Les médias néolibéraux, l’OEA elle-même, la Maison Blanche ou la Communauté Européenne seront-ils disposés à condamner un nouveau coup d’État en Amérique Centrale, aussi peu sanglant soit-il, en brandissant un inexistant respect pour la légalité internationale, l’accomplissement des normes propres de leurs organisations respectives pour ce qui à trait à la défense de la démocratie, sachant que, dans le cas de l’OEA, jamais elle n’osa expulser de son sein des régimes génocides comme ceux qui massacrèrent l’Uruguay, le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Paraguay, le Guatemala, le Salvador, etc. et qu’en plein 21ème siècle, elle ne sert qu’à organiser et parrainer des conversations entre les parties en conflit ? Est-il possible de croire en toute confiance que l’on puisse arriver à un accord entre partisans d’une dictature et démocrates convaincus, sans que ces derniers subissent une spectaculaire défaite ?

    Peut-être que oui. L’Espagne l’a démontré en 1977, et on a vu ou ça l’a menée.

    Madrid, 25 octobre 1977: signature des Pactes de la Moncloa pour la transition à la démocratie constitutionnelle. De g. à dr. Enrique Tierno Galván, Santiago Carrillo, José Maria Triginer, Joan Reventós, Felipe González, Juan Ajuriaguerra, Adolfo Suárez, Manuel Fraga Iribarne, Leopoldo Cavo Sotelo et Miguel Roca
     
    * Prisa (Promotora de Informaciones Sociedad Anónima) est le principal groupe de presse espagnol, né en 1976 avec la création du journal El País, aujourd'hui premier quotidien espagnol. Il est présent dans tous les types de médias espagnols : il possède les journaux AS (second quotidien sportif), Cinco Días (second quotidien économique), la chaîne de télévision Localia, les radios Cadena SER et Los 40 Principales,  le groupe d'édition Santillana,  44% de la société Sogecable, propriétaire de la chaîne de télévision Cuatro et du bouquet satellite Digital+ (fusion entre les opérateurs Via Digital (groupe Telefónica) et Canal Satélite Digital (groupe Canal+). En Colombie, il possède la première radio du pays, Radio Caracol. En France, il est actionnaire à 15% du groupe Le Monde. Ignacio Polanco, qui a succédé en 2007 à sa présidence à son père Jesús, avait fait fortune, sous Franco, en vendant des livres scolaires profitant de ses affinités politiques. Après le retour de la démocratie, il a su profiter de ses relations avec le PSOE de Felipe González pour étendre son empire, notamment sur les télévisions à péage.(NdE)

    Source : Kaosenlared -  ¿Nuevo golpe en Centroamérica?

    Article original publié le 22/10/2009

    Sur l’auteur

    Salah Ahmine est un collaborateur de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Fausto Giudice est membre. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.


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  • Honduras : La situtation à l’intérieure de l’ambassade du Brésil est très préoccupante.

    Le CODEH hondurien demande à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme une action urgente.

    La situation des personnes logées dans l’ambassade brésilienne est de plus en plus critique, les différents techniques de harassement utilisées par le gouvernement de facto (micro-ondes, chaleur, lumière, sons) perturbent de plus en plus gravement leur santé, à tel point que celles-ci risquent de perdre la vie.

    Voici une transcription de la lettre qu’Andrés Pavón Murillo, président du Comité Pour la Défense des Droits de l’Homme au Honduras (CODEH) à adressé lundi dernier à Santiago Cantón, Secrétaire Exécutif de la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme, lui demandant expréssemment d’agir pour l’arrêt des tortures subies par les occupants de la légation brésilienne à Tegucigalpa.

     

    URGENT demande de mesures de précaution pour toutes les personnes qui se trouvent dans le siège Diplomatique

    Tegucigalpa Municipalité du District Central

    Sujet : Une demande de mesures de précaution
    Date : Le 26 octobre 2009

    Destinataire : Monsieur Santiago Cantón
    Secrétaire Exécutif de la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme

    Le 21 septembre 2009, monsieur le Président Constitutionnel de la République, Manuel Zelaya Rosales, est arrivé au pays après une expatriation illégale dûe à une rebellion militaire opérées avec la complicité des fonctionnaires de l’état (des membres de la Cour suprême, le Ministère Public, le Congrès National, le Secrétaire National des Droits De l’Homme, le Procureur General de la República, entre autres). Les faits qui se sont déroulés et que leurs conséquences sont pleinement connus de l’illustre Commission Interaméricaines des Droits de l’Homme.

    À son retour au pays Monsieur le président Constitutionnel de la République du Honduras, a été admis dans l’ambassade du Brésil, le lieu où aujourd’hui il se trouve en compagnie de plus de quarante personnes qui se sont déclarés solidaires et un garde national ; le 22 septembre plus de six mille personnes ont organisé une veille civique pacifique dans des environs de l’ambassade du Brésil. Elles ont été violemment délogées par l’armée et la police avec un solde de plus de soixante personnes blessées dont plus de vingt blessés par balle. Depuis cette date des militaires bloquent toutes les rues accèdant à l’ambassade.

    Dans ma condition de Président du Comité pour la Défense des Droits De l’Homme au Honduras (CODEH) j’ai été le témoin des agressions dont souffrent ceux qui se trouvent dans le siège Diplomatique. Des agressions telles que : l’utilisation d’appareils émetteurs de micro ondes, qui sont utilisés en Irak et dans d’autres pays et qui provoquent des dommages cérébraux de caractère irréversible, l’utilisation d’un appareil qui émet des sons stridents qui causent angoisse, désespoir et de fortes douleurs de la tête [NDT : les LARD étasuniens], ils ont installé les projecteurs puissants qui illuminent l’ambassade et élèvent sa température, entrainant la montée d’une chaleur suffoquante qui elle aussi peut provoquer des dommages irréversibles. A partir de 3h00 du matins ils allument les équipements émettant des sons stridents, ainsi que ceux qui diffusent de la musique, des bruits et des marches militaires. Ces actes sont d’évidentes tortures qui peuvent être assimilées à des crimes contre l’humanité.

    J’ai constaté que les personnes qui se trouvent là [NDT : dans l’ambassade] présentent des saignements de nez, certaines craches du sang, et présentent également des pertes de sang dans leurs excréments, j’ai pu observer la pâleur de leurs visages, et l’angoisse et la fatigue occasionnée par toutes ces agressions. Pour que ces tortures cessent j’ai présenté un Recours de Protection devant la Cour Suprême de Justice, afin que la circulation dans le secteur de l’ambassade soit à nouveau autorisée et qu’ainsi les militaires permettent une visibilité du siège qu’ils mènent contre la légation. La mise en place d’un dialogue diplomatique, la restitution des droits consulaires de l’État du Brésil, et la possibilité d’accèder à suivi de l’état de santé des personnes qui s’y trouvent ; la Cour n’a pas répondu, se plaçant de facto dans une position de complicité et une participation directe dans les faits que j’énumère.

    Nous avons été également témoins de l’intention d’appliquer des mesures judiciaires à certaines des personnes qui se trouvent là : un cas concret monsieur Rassel Tome, à qui ils imputent le délit de Violation des devoirs des fonctionnaires, qui était juste sour le coup d’une interdiction de sortie du territoire, la cause étant d’accompagner le Président Constitutionnel de la République du Honduras, le pouvoir judiciaire en complicité avec le Ministère Public a procédé à la levée cette mesure pour ordonner sa capture. monsieur Eddy Ramón Guifarro Mejía qui a été un membre connu de la résistance contre le coup d’État Militaire se trouve dans la même situation, la raison pour laquelle le Ministère Public lui avait imputés des charges publiques qui sont ignorées aujourd’hui.

    Les autres personnes accompagnant le Président de la République dans l’ambassade sont l’&crivain Milton Omar Avila Benítez, qui, comme Eddy est accusé des mêmes délits. Ces condamnations ont déjà été exécutées par le Ministère Public, monsieur Mahadeo Roopshand Sadloo Sadloo, qui à quitté l’ambassade, a été arrêté par la police, exhibé menottes aux poignets, conduit ensuite dans les locaux de la DGIC [NDT : ] et par la suite laissé en liberté surveillée, monsieur Mahadeo a été une des personnes visibles dans la lutte de la résistance contre le coup d’État.

    Parmi les personnes qui se trouvent là il y a : Ilda Idalia Cruz Reyes, Lecxandra Marcela Duarte Lanza, Carlos Enrique Reina, le Père Andrés Tamayo, le nord-américain Andrés Tomas Conteris, le Président de la République Manuel Zelaya Rosales, Madame Xiomara Castro Zelaya première dame de la nation, et plus de quarante personnes qui les accompagnent. Toutes ces personnes subissent ces actes de torture qui entraînent des dommages irréversibles à leur santé et à leur intégrité physique. Cet acte, lourd et inhumain de la part de l’État a été dirigé contre les défenseurs des droits de l’homme, que l’on a empêché d’assister les victimes de cette agression.

    Pour tout ce que je viens de citer je demande des mesures de précaution URGENTES en faveur de toutes les personnes qui se trouvent à l’intérieur du siège diplomatique, l’intention étant d’éviter que continuent à être appliqués ces actes de torture, qui comme vous pourrez le constater sont conduits avec l’intention délibérée et la finalité d’affaiblir les personnes et de leur causer des dommages irréparables. Je vous demande d’intercéder pour rendre aux organisations des Droits de l’Homme le droit d’assister les victimes et que s’arrêtent les actions visant à construire des fictions juridiques avec l’intention de poursuivre politiquement la population civile qui se refus à accepter le coup d’État militaire.

    Le CODEH pense qu’à la suite des tortures opérées les personnes qui se trouvent dans l’ambassade se trouvent en important danger de mort.

    Pour toutes ces raisons nous sollicitons que l’illustre Commission Interaméricaine des Droits de l’Jomme analyse ce cas et qu’elle procède rapidement l’octroie de mesures de précaution pour que puissent s’accomplir l’article 25 du règlement de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme [1].

    Je profite de l’occasion pour vous saluer et vous faire part de mon estime et de mon respect.


    Andrés Pavón Murillo
    Président du Comité Pour la Défense des Droits de l’Homme au Honduras
    (CODEH)

    Source : Vos El Soberano URGENTE medidas cautelares para todas las personas que se encuentran dentro de la sede Diplomatica
    Traduction : Primitivi


    [1] Règlement de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (fichier pdf)

    Article 25. Mesures de précaution
    1. En cas de gravité, d’urgence et toutes les fois qu’il s’avère nécessaire conformément à l’information disponible, la Commission pourra, à sa propre initiative ou suite à une pétition, solliciter l’État concerné pour l’adoption de mesures afin d’éviter des dommages irréparables aux personnes.
    2. Si la Commission n’est pas réunie, le Président, ou faute de celui-ci, l’un des Vice-présidents sera consulté avec les autres membres, par le biais du Secrétariat Exécutif, sur l’application du dispositif évoqué dans le paragraphe précédent. Si n’est pas possible de faire cette consultation dans un délai raisonnable conformément aux circonstances, le Président prendra la décision au nom de la Commission et il la communiquera à ses membres.
    3. La Commission pourra solliciter une information de la part des parties intéressées sur tout sujet relatif à l’adoption et à la validité des mesures de précaution.
    4. L’octroi de telles mesures et de leur adoption l’État ne constitueront pas un préjugement sur le fond de la question.

    jeudi 29 octobre 2009, par Primitivi


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  • Dans un mois environ les Uruguayens devront de nouveau se rendre aux urnes pour décider de la destinée de leur pays. Ils devront choisir entre deux projets différents de développement du pays : celui proposé par le Frente Amplio (FA), basé sur les investissements et la croissance pour aboutir à la redistribution des richesses et celui avancé par le Parti National, qui prévoit l’application des normes du marché capitaliste.

    Dimanche et lorsque les résultats définitifs du premier tour n’avaient pas encore été rendus publics, les candidats des deux partis politiques à la présidence avaient déjà fait savoir qu’ils se présenteraient au second tour, prévu le 29 novembre et qui sera décisif pour élire le prochain président.

    L’ex combattant Tupamaro, José Mujica, le candidat du FA s’est dit satisfait des résultats des élections du dimanche, au cours desquelles il a eu un large avantage sur ses principaux rivaux même s’il n’a pas obtenu les voix nécessaires pour accéder de façon directe à la présidence.

    José Mujica arrive à la tête de ce premier tour avec 48% des voix. Son adversaire le plus proche était Alberto Lacalle, qui cherche un second mandat, comme candidat du Parti National et qui aurait remporté 29% des voix.

    Comme attendu, Pedro Bondaberry, du Parti Colorado est 3è avec près de 18% des voix.

    Dans des déclarations après la fermeture des urnes dimanche, José Mujica a souligné que ces élections ont démontré que le FA est la première force politique de l’Uruguay car il a obtenu un large avantage sur ses deux adversaires les plus proches, ce qui lui donne un grand optimisme en vue du second tour.

    Pour sa part, Danilo Astori, candidat du FA à la vice présidence a assuré que le prochain tour sera un plébiscite entre deux visions de pays, celle de la gauche, qui présente un projet de nation le cap mis sur l’égalité et la justice sociale, la défense des secteurs les plus défavorisés et celle des partis traditionnels de droite qui ont plongé le pays dans des crises successives durant leurs mandats.

    Pedro Bondaberry, n’a pas hésité à enlever la chemisette rouge du Parti Colorado pour se mettre celle blanche du Parti National de Lacalle, à qui il a promis son appui personnel. Il a laissé à ses partisans la liberté de choisir de quel côté se mettre.

    En plus d’élire le Président et le vice président, les Uruguayens ont voté dimanche pour 99 députés et 30 sénateurs et se sont prononcés aussi au sujet de la dérogation de la loi qui protége les responsables de la répression sous la dictature de 1973 à 1985 et du droit de vote d’un demi million d’Uruguayens qui vivent à l’étranger.

    Le FA a obtenu la majorité des postes de sénateurs et de députés: 16 et 50 respectivement. Pour la seconde fois consécutive, la coalition de gauche a dépassé le million de voix.

    Le Parti National n’a remporté que 9 sièges au Sénat et le Parti Colorado 5.

    Pour ce qui est des députés, le Parti National a obtenu 30 sièges. Le Parti Colorado 17 et le Parti indépendant 2.

    Au cas où l’appui populaire pour déroger la dite Loi de caducité, ne soit pas suffisant, les proches des victimes des tortures, enlèvements, disparitions et assassinats ont encore une fenêtre ouverte pour obtenir que justice soit faite.

    Quelques jours avant les élections, la Cour Suprême de Justice a déclaré inconstitutionnelle cette loi dans le cas spécifique de tortures contre une femme, ce qui permettrait à d’autres victimes de brandir ce verdict pour porter devant les tribunaux les tortionnaires.

    Pour ce qui est du vote des Uruguayens de l’étranger, il est clair qu’il ne recevra pas 50% des voix nécessaires. Le FA, l’un des promoteurs de cette consultation a demandé aux citoyens de rester calmes devant les résultats. Il a promis qu’il poursuivra la lutte tant que les émigrés n’obtiendront pas ce droit.

    Le prochain mois sera sans doute un mois de lutte politique très intense dans la nation sud-américaine, où les augures assurent une continuité de la gauche au gouvernement et une dynamique croissante en faveur des mécanismes d’intégration dans notre Amérique où la lutte pour la souveraineté et le bien être des peuples prend le devant de la scène.

    SOURCE CUBA SI 


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  • Les politiques du gouvernement font que les vénézuéliens mangent bien


    Mérida, le 21 Octobre 2009 (Venezuelanalysis.com)


    Selon la directrice de l’Institut National de la Nutrition, Marilyn Di Luca, les vénézuéliens consomment 2790 calories par jour, légèrement plus que les 2700 calories que la Food and Agricultural Organisation [Orgasiation pour l'Alimentation et l'Agriculture, ndt] (FAO° de l’ONU suggère comme l’apport journalier indispensable.

    La malnutrition a diminué, passant de 21% il y a onze ans à 6% aujourd’hui, grâce aux politiques agricoles et aux politiques de distribution de nourriture du gouvernement, a déclaré Di Luca.

    Elle a déclaré que le Venezuela se classe sixième en Amérique Latine pour le plus bas taux de carences nutritives chez les enfants, avec Cuba, le Mexique, le Brésil et l’Argentine classés au-dessus de lui.

    Di Luca a déclaré que les succès en matière de nutrition sont dus à la planification sociale. « En ce moment, un plan de récolte et de stockage est mené…De même, le programme bolivarien du Ministère de l’Éducation est en train d’apprendre aux enfants à manger la nourriture produite ici et qui nous relie à nos origines. De plus, les gens de la Mission Culturelle [un programme social] sont dans la rue pour relier la nourriture et la nutrition aux valeurs socialistes »

    « Par ailleurs, le gouvernement a développé une plate-forme structurelle avec la Corporation Agraire Vénézuélienne (CUA° qui a un gigantesque système de 59 usines de traitement des aliments », a déclaré le Vice Ministre pour la Politique Alimentaire du Venezuela, Rafael Coronado.

    Le financement des producteurs par le gouvernement est passé de 268 millions de bolivars  en 1998 à 20 milliards de bolivars (9,3 milliards de dollars) cette année, selon le Vice Ministre pour l’Économie Agraire, Richard Canan.

    Canan a avancé que le gouvernement a changé d’attitude  envers la production. Là où les gouvernements antérieurs pensaient qu’il était moins cher d’importer la nourriture, le gouvernement actuel, à travers des transferts de technologie, des accords internationaux, et des financements, est en train de promouvoir une production plus locale.

    Pour améliorer la distribution de nourriture et le contrôle des prix, la compagnie gérée par l’État PDVAL (Producteur et Distributeur de Nourriture Vénézuélien) vend de la nourriture à des prix régulés par le gouvernement et fournit des milliers de cafeterias publiques qui offrent des repas gratuit aux plus nécessiteux.

    Depuis leur fondation en 2003, les marchés MERCAL gérés par l’Etat vendent de la nourriture à des prix subventionnés à presque toutes les communautés à travers la nation, parfois jusqu’à 40% moins cher que les prix régulés.

    EN plus des marchés MERCAL permanents, le gouvernement et les conseils municipaux organisent des points de distribution alimentaire MERCAL temporaires dans des lieux centraux et reculés à travers le pays. Samedi dernier, MERCAL avait 3116 tonnes de nourriture à vendre dans 779 points de distribution.

    Le représentant de la FAO au Venezuela, Francisco Arias, a déclaré que le Venezuela a suivi de près les recommandations de la FAO. « Renforcer les réseaux tels que MERCAL, PDVAL et les cafétérias publiques, mais aussi promouvoir la production alimentaire locale, est précisément la stratégie que la FAO a promue pour affronter l’insécurité alimentaire » a-t-il déclaré.


    Publié le 22 Octobre 2009 par Tamara Pearson- Venezuelanalysis.com

    Traduit de l’anglais par Marc Harpon Pour 26 Juillet  1953.

    SOURCE 


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