• Honduras : Déclaration de l’organisation Oundaruni Hemenigui Hiñariñu Garinagu

    (Organisation "Espoir des Femmes Garifunas du Honduras", OLAMUGAH)

    Des représentantes des femmes de 32 communautés Garifunas se sont réunies dans la communauté de Cusuna, Municipalité d’Iriona, département de Colomb, les 12 et 13 décembre dernier. Elles ont réaffirmé le matriocentrisme enraciné dans la conception garífuna du monde, et la croyance ferme dans l’importance de l’accompagnement de la mémoire de nos ancêtres garífuna dans le processus de résistance culturelle dans laquelle nous nous trouvons.

    PRENANT EN CONSIDÉRATION :

    1. La perte territoriale que notre peuple affronte, causée par la voracité de l’élite détenant du pouvoir et de son ambition sans limites, obstinés à s’emparer de nos plages et de nos habitats fonctionnels ; tandis que l’État du Honduras évite d’appliquer les accords internationaux qu’il a signé et les lois nationales qui protègent les territoires ancestraux du peuple garífuna.

    2. Le manque d’application de la justice a conduit à la perte de grande partie de nos territoires, situation qui s’est accentuée durant les dernières années sans que les différentes administrations gouvernementales n’aient assumé leur responsabilité.

    3 Que la détérioration de la santé de notre peuple, spécialement parmis les femmes, conséquence de l’adoption de diètes alimentaires exogènes a eu un énorme coût qui se reflète dans l’augmentation de plus en plus rapide de maladies telles que l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’obésité. S’ajoute à cela une augmentation subite des maladies sexuelles, qui touche en majorité les femmes. D’un autre côté il y a également une recrudescence de SIDA et plus particulièrement parmis les jeunes filles, .

    4. Les communautés garífunas sont victimes des effets du changement climatique, certaines d’entre elles se trouve en danger de disparition, sans que jusqu’à aujourd’hui l’État du Honduras ne se soit préoccupé de la mise en place d’une stratégie d’apaisement et d’adaptation au changement climatique. L’érosion marine dévore nos plages, lesquelles à la suite de la disparition de la noix de coco se trouvent totalement sans protection.

    5. Que le phénomène du trafic de stupéfiants, enraciné dans le pays, pourri la côte du nord du Honduras, l’environnement des communautés garífunas de par sa situation stratégique étant idéal pour le transport de la drogue. Que les modèles disséminés par les mass-médias ont eu une grande influence sur les hommes jeunes et les répercussions sont sérieuses, chaque jour qui passe les voyant s’écarter de nos valeurs pour la facilité du gain immédiat.

    6. Que la disparition de la noix de coco et les timides efforts pour tenter de la replanter fait aux début des années 2000 on laissé un énorme trou dans l’économie informelle avec laquelle les femmes soutenaient une grande partie de nos communautés. De la noix de coco une grande partie des femmes réussissaient à soutenir les familles, et jusqu’à aujourd’hui nous n’arrivons plus à substituer les revenus que la noix représentait.

    7. Pour les femmes garífunas la fermeture de l’Hôpital Garífuna de Ciriboya est un attentat direct contre notre santé et une nouvelle manifestation du racisme enraciné au sein de l’élite hondurienne détentrice de pouvoir, ceux qui cherchent à détruire un projet social à but non lucratif. Projet issue de la gestion des médecins garífunas étudiées à l’école de médecine de l’ELAM, expérience unique en son genre et d’une utilité incroyable pour la santé de notre peuple et des métis résidants sur la zone agricole de la rivière Sico.

    PAR CONSÉQUENT NOUS FAISONS UNE DÉCLARATION :

    1. Que devant la situation d’iniquité dont nous souffrons, les problèmes multiples qui affectent nos villages, le rôle fondamental que nous jouons en tant que femmes dans la reproduction et la transmission de l’identité du peuple Garifuna, nous nous mettons d’accord pour créer l’Oundaruni Hemenigui Hiñariñu Garinagu (organisation L’espoir des Femmes Garifunas), comme une plate-forme d’action des femmes du peuple Garifuna.

    2. Que Devant la démolition de la démocratie impulsée par les intérêts impériaux associés à la petite élite détenant le pouvoir, nous femmes garífunas nous nous déclarons dans un état d’alerte maximale, puisque les familles qui ont cherché à nous arracher nos communautés sont les même qui se sont rendues coupables du coup d’État du 28 juin dernier, qui a généré d’énormes violations des droits de l’homme pour le peuple hondurien.

    3. Voyant que la détérioration en matière de santé s’amplifie parmis nos femmes et le peuple garìfuna en général, nous exigeons de l’État qu’il stop la destruction de l’Hôpital Garìfuna de Ciriboya, axe vital pour la santé de notre peuple en plus d’être un paradigme dans l’isthme. Et qu’en même temps il appuie avec une plus grande détermination la lutte contre le SIDA, en permettant l’usage du test Oral Quick et en maintenant un approvisionnement adéquat d’antiretroviraux et de médicaments pour soigner les maladies opportunistes

    4. Nous demandons la mise en place d’une stratégie, avec une consultation participative préalable, sur la l’Adaptation au Changement climatique, qui touche nos communautés plusieurs d’elles se trouvant en danger de disparition.

    5. Nous exigeons un projet concret destiné à replanter les noix de coco le long des plages et faire travailler les communautés garìfunas, avec l’intention de fortifier nos économies locales familiales et de protéger les plages de l’érosion marine.

    6. Devant le phénomène compliqué du trafic de stupéfiants nous exigeons que l’Etat révoque la protection qu’il offre à des entrepreneurs intouchables associés au crime organisé qui détruit le tissu social de nos communautés, et terni notre réputation par l’utilisation du territoire garìfuna comme zone de transit.

    De la Communauté de Cusuna 13 décembre 2009.
    organisation Fraternelle Noire Hondurienne, OFRANEH


    Source : Honduras en resistancia Declaracion de OUNDARUNI HEMENIGUI HIÑARIÑUN GARINAGU
    Traduction : Primitivi

    vendredi 18 décembre 2009, par Primitivi


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  • Equateur : Correa appelle l’armée à se préparer pour résister à de possibles attaques

    Suite à la réactivation de la 4e flotte nord-américaine (qui servait lors de la guerre froide), aux incursions colombiennes et l’installation prévue de 7 bases US en Colombie, le président a prié l’armée d’être prête pour répondre avec fermeté face à toute agression et il a souligné les actions que le gouvernement a mises en application pour la formation des effectifs, l’amélioration des installations, l’achat de bateaux, le renouvellement des sous-marins et des équipements informatiques. Selon la Correa cela devrait améliorer la capacité opérationnelle du corps armé équatorien.

    Ce mardi le président de l’Équateur, Rafael Correa, a prié instamment ses armées de se tenir prete à faire face à de possibles menaces internes ou externes contre la souveraineté du pays.

    JPEG"Devant les menaces qui planent contre notre souveraineté, devant les incursions délictueuses ou de toute nature, régulières ou irrégulières, nous devons être préparés pour répondre avec fermeté, avec certitude, avec sang froid, avec une conviction absolue, avec sagacité et intelligence", a exprimé le chef d’État pendant une cérémonie de promotions d’officiers de la Force Navale.

    Le président a assuré que "l’armée est une institution noble de protection des droits, de liberté et des garanties des citoyens", de plus il a signalé que l’Équateur est et va "continuer d’être un pays de dignité, une patrie souveraine".

    Correa a souligné l’impulsion que son gouvernement a effectué pour améliorer la Marine de guerre, avec la formation de ses effectifs, la modernisation de ses installations, l’acquisition de bateaux, le renouvellement des sous-marins et des équipements informatiques.

    Le chef d’État équatorien a affirmé que cette augmentation de la capacité opérationnelle navale permettra d’améliorer le contrôle des infractions marines, spécialement le trafic de combustibles vers d’autres pays. Il a égalament indiqué l’implémentation d’un Système de Surveillance Maritime, avec des vedettes rapides italiennes, des quais flottants et des avions, qu’il qualifie de "système unique en Amérique du Sud".

    Il a fait remarquer que cet effort n’est pas suffisant, mais il a confirmé que son gouvernement a eu à "résoudre l’abandon dans lequel les gouvernements précédents ont liassé les Forces armées et le pays tout entier", puisque ce qui s’est permis d’être fait dans les dix dernières années avec l’institution armée est "vraiment criminel", ce qui a été fait a été de "déprotéger la patrie".

    L’Équateur a souffert le 1 mars 2008 d’une incursion militaire illégale de l’armée colombienne dans vous Sucumbíos, durant laquel 26 personnes ont été tuées, parmis celles-ci le numéro deux des Forces armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), Raúl Reyes, et quatre étudiants mexicains, tandis que les autres avient été gravement blessées.

    JPEGDans l’attaque, qui a été tout d’abord aérienne et ensuite terrestre, a été aussi assassiné le citoyen équatorien, Franklin Aisalia. Selon un communiqué publié l’an passé par les FARC, les États-Unis auraient lancé durant l’assaut un missile depuis la base aérienne colombienne de Tres Esquinas sur le département du Caquetá (sud).

    Pour sa part, le rapport de la Commission de Transparence et de Vérité créée par Quito pour enquêter sur cette affaire, publié le 10 décembre dernier, a défini que l’attaque de l’armée colombienne contre un campement provisoire des FARC en Équateur en mars 2008, a été appuyée par la base étasunienne de Manta.


    Source : TeleSur Correa llama a Ejército a prepararse para resistir posibles ataques
    Traduction : Primitivi  Ici  


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  • Climat: Hugo Chavez s'en prend au capitalisme qui dévaste la planète
     



    COPENHAGUE - Le président du Venezuela Hugo Chavez s'en est pris avec virulence mercredi au capitalisme qui dévaste la planète, depuis la tribune de la conférence climat de l'ONU à Copenhague.

    "Un esprit hante les rues de Copenhaque... c'est le capitalisme, le capitalisme" a martelé M.Chavez à trois jours de la conclusion attendue d'un accord contre le réchauffement climatique.

    "Le modèle destructeur du capitalisme, c'est l'éradication de la vie", a-t-il poursuivi en brandissant le livre du journaliste français Hervé Kempf intitulé "Comment les riches détruisent la planète".

    Le président du Venezuela a également attaqué les pays riches qui ont promptement réagi l'an passé à la crise bancaire et financière en déboursant des centaines de milliards de dollars pour sauver les banques: "Si le climat était une banque, vous l'auriez déjà sauvé !".

    Par ailleurs, il a attaqué le président américain Barack Obama, prix Nobel de la Paix va-t'en-guerre, selon lui.

    "Je ne pense pas qu'Obama soit déjà là", a-t-il lancé.

    "Il a reçu le Prix Nobel de la Paix pratiquement le jour où il envoyait 30.000 soldats tuer des innocents en Afghanistan et maintenant, il va venir ici avec son Nobel, le président des Etats-Unis..."

    M. Obama devait arriver vendredi à Copenhague pour la clôture du sommet, selon la délégation américaine. Environ 115 chefs d'Etat et de gouvernement devraient se joindre à la conclusion attendue du nouvel accord.

    Source ici 


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  • Honduras : Disparitions et assassinats, une vague répressive contre la Résistance

    Le CODEH dénonce un plan de terreur pour en finir avec le processus de fortification d’une alternative politique et sociale dans le pays. Plusieurs demandes d’enquête sont en cours, dont une devant la Cour Pénale Internationale.


    Des arrestations et des détentions illégales, des assassinats et des disparitions ont caractérisé les dernières semaines au Honduras, que différentes organisations de droits de l’homme ont classé comme une vraie offensive pour détruire le récent travail d’organisation et de renforcement du Front National de Résistance Populaire (FNRP), dans sa tentative de commencer son cheminement vers la conformation d’une force politique et sociale capable de contrer les partis traditionnels pro-putschistes et d’appuyer l’installation d’une Assemblée Nationale Constituante.

    Après les élections controversées du 29 novembre dernier, pour lesquelles au sein d’une abstention significative que 60% a été élu le candidat du Parti National, Porfirio “Pepe“ Lobo Sosa. Depuis dans le pays c’est une vague de répression sanglante contre les membres actifs de la Résistance qui s’est abattue, intensifiant encore celle la répression constante qui sévit depuis le coup d’État du 28 juin 2009.

    A l’aube du 14 décembre, Walter Tróchez, défenseur des droits de l’homme, spécialement de la communauté LGTTB a été assassiné. Ils l’ont jeté depuis une voiture au centre de Tegucigalpa, quelques jours auparavant il avait été séquestré, cruellement frappé et il avait réussi à se sauver en se jetant du véhicule conduit par des hommes qui l’accusaient d’être un membre du Front National Contre le Coup d’État. [Voir Tentative de kidnapping d’un activiste des droits de l’homme]

    Le 6 décembre, cinq jeunes hommes, tous membres actifs de la Résistance, ont été assassinés de sang-froid à la Colonia Villanueva, dans la partie est de la capitale, tandis qu’un jour avant des hommes armés ont fait irruption dans les installations du journal El Libertador, en menaçant le personnel des rotatives qui durant ces cinq derniers mois a durement travaillé pour dénoncer le coup d’État, et en emportant des ordinateurs et des appareils photos. [Voir Les escadrons de la mort assassinent des membres de la résistance à Tegucigalpa]

    Le 8 décembre ont été libérés quatre des cinq activistes de la Résistance qui avait été séquestré quelques jours avant. Le cinquième, Santos Corrales García, a été assassiné et son corps décapité a été trouvé à 50 kms à l’est de la capitale.

    “Les 4 et 5 décembre, un groupe de cinq personnes avec des passe-montagne et habillées avec les uniformes de la Direction Nationale d’Investigation Criminelle (DNIC), armés de fusils Galil et de pistolets 9 mm -l’armement officiel de la Police- ont arrêté monsieur Santos Corrales García et quatre autres personnes dans la Colonia Nueva Capital de Tegucigalpa, raconte le directeur du Comité pour la Défense des Droits de l’Homme au Honduras (CODEH), Andrés Pavón.

    Les personnes enlevées ont été cagoulées pour qu’elles ne puissent pas identifier le lieu où elles ont été emenées, possiblement un centre clandestin de détention. Elles ont été torturées pour donner des informations sur les leaders de la Résistance dans la colonia où ils vivent, et les tortionnaires ont exigé de connaître l’endroit où vit madame Ada Marina Castillo, elle aussi membre de la Résistance. [voir Les disparitions et les crimes politiques reviennent]

    Nous sommes face à une vraie stratégie de la terreur, continue Pavón, et c’est un plan pour arrêter le processus d’organisation de la Résistance avant la prise de pouvoir de Lobo le 27 janvier prochain. C’est un plan qui va s’intensifier dans les semaines à venir et nous voyons déjà comment la police et l’armée capture les jeunes hommes dans les quartiers et les colonias, tandis que les leaders de la Résistance au niveau national suivent sans pouvoir avoir une vie normale par crainte à ce qui peut leur arriver”.

    Andrés Pavón directeur du CODEH {JPEG}Pour le directeur du CODEH la vague répressive vise à décapiter le mouvement de résistance, pour que le nouveau gouvernement, issue d’un processus électoral irrégulier et illégitime, n’ait pas à lutter avec une résistance active et organisée.

    “Le CODEH et la Plate-forme que nous composons avec différentes organisations de droits de l’homme demande l’intervention de la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme (CIDH), pour qu’elle mette en application le mécanisme de mesures de précaution en faveur des personnes menacées.

    De plus, nous dénonçons tout ce qui se passe dans notre pays devant les organes des droits de l’homme de l’ONU et devant le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour qu’une enquête et un jugement soient initiés contre les responsables de ces crimes.

    Nous savons, explique Pavón, que l’Accord Tegucigalpa-San José prévoyait la mise en place dans les mois suivants d’une Commission de la Vérité. Cependant, nous croyons que les conditions pour qu’elle puisse sièger ne sont pas réunies, parce que dans le pays il n’y a pas encore de garanties d’État de droit, et beaucoup moins de confiance et de fiabilité dans les organes de justice de ce pays. Il ne peut y avoir une Commission de la Vérité dans le cadre de ces barbaries”.

    Des organismes internationaux suivent de près le cas du Honduras

    GIFEn septembre dernier, l’Association Pour les Droits de l’Homme d’Espagne (APDHE) et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ont présenté un communiqué à la CPI, pour qu’elle commence une enquête afin de déterminer la responsabilité pénale de ceux qui ont commis de graves violations aux droits de l’homme dans le cadre du coup d’État au Honduras, tandis que l’Observatoire International sur la Situation des Droits de l’Homme au Honduras (OISDHHN) a lancé un appel urgent auprès de la communauté internationale pour qu’elle reste vigilant face aux graves violations des droits de l’homme dans le pays.

    De son côté, Amnesty International a demandé une enquête indépendante qui garantit que tous les responsables d’abus de droits de l’homme soient ammenés devant la justice.

    Dans un document rendu public pendant une conférence de presse au Honduras, la délégation d’Amnesty International a exigé “la révocation de toute la législation, tous décrets et de tous les ordres exécutifs émis par les autorités de facto qui affectent directement ou indirectement les droits de l’homme, l’assurance que l’armée revienne dans ses casernes, qu’elle arrête de participer à des opérations policières, et que tous les membres des forces de sécurité rendent des comptes pour les abus commis entre le 28 juin et fin novembre”.

    “C’est important, a terminé le directeur du CODEH, que continue la solidarité avec le peuple hondurien et l’observation de ce qu’il se passe au Honduras, surtout en ce moment où augmente une persécution à caractère sélectif”.


    Source : Ola represiva contra la Resistencia
    Traduction : Primitivi

    mardi 15 décembre 2009, par Primitivi


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  • Chili: en procès pour avoir filmé les Mapuches


    Le 8 janvier 2010 devrait s'ouvrir le procès d'Elena Varela à Villarrica, à 650 kilomètres au sud de Santiago, après que son avocat ai par deux fois réussi à lui éviter le tribunal.  La cinéaste et militante de gauche chilienne est accusée de 'terrorisme' pour avoir réaliser des documentaires sur les Mapuches.

    Ces derniers sont le principal groupe ethnique du Chili (6% des 17 millions d'habitants). Depuis la fin du 19ème siècle, ils subissent une politique répressive de l'Etat qui prend la forme d'expropriations, souvent violentes, en vue d'installer des filiales de multinationales.  Les Mapuches vivent pauvrement sur leurs terres ancestrales, qui sont pour la plupart infertiles.  Ils sont souvent privés du système de santé et d'éducation. Une partie d'entre eux s'est radicalisée ces derniers mois, dénonçant les violences de la police militaire, ainsi que la militarisation de leur territoire par l'armée chilienne.  Des dizaines de dirigeants mapuches sont actuellement en prison, et des centaines attendent d'être jugés.

    C'est pour avoir filmé ces tribus qu'Elena Varela risque aujourd'hui 15 ans de prison. Elle a été arrêtée en mai 2008 et a passé trois mois en prison avant d'être mise en liberté provisoire. Son avocat dénonce "un montage politico-judiciaire contre une intellectuelle qui veut montrer la discrimination dont sont victimes les Mapuches.  Le gouvernement n'écoute pas les Mapuches, et les traite comme des mouches qu'il faut chasser."

     



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  • Honduras : les disparitions et les crimes politiques reviennent

    Voici le communiqué du CODEH, comité de défense des droits de l’homme, qui fait suite à plusieurs exactions d’hommes masqués signalées depuis la fin des élections, assassinats, enlèvements torture.

    En date du 7 décembre de l’année le CODEH a annoncé les disparations de mesdames : VILMA MARTINEZ, SONIA CASTILLO et quatre autres personnes ; depuis nous avons appris que Madame Sonia Castillo n’est pas la personne disparue et qu’il y a eu une confusion de nom, le nom de Sonia Castillo correspond en fait à celui d’Ada Marina Castillo après qui en avaient les auteurs de cet acte criminel.

    JPEGLes séquestrations ou les disparitions se sont déroulées ainsi : samedi 4 décembre à trois heures de l’après-midi un véhicule Tacoma de couleur bleue à bord duquel se trouvait cinq personnes est arrivée à la colonia Nueva Capital, les cinq personnes étaient masquées avec des passe-montagnes, portaient des uniformes de la Direction Nationale d’Investigation Criminelle (DNIC), et étaient équipées d’un fusil Galil et de pistolets 9 mm. Ils sont descendus et sans un mot ont arrêté et ont embarqué dans leur véhicule Mr Santos Corrales Garcia qu’ils ont emmené pour une destination inconnue ; dimanche à 1h du le matin, est arrivé un autre véhicule (probable le même) à la maison de mesdames : VILMA YOLANDA MARTINEZ, SANDRA YAMILETH ORDOÑEZ, LUIS CARBALLO E ISIDRO BACA. Les personnes qui ont été emmenées ont eu la tête enfermée dans un sac noir, ce qui leur a fait perdre le sens de l’orientation, elles ont été détenues dans des maisons clandestines ou des cellules qui a-priori sont à la police, durant l’interrogatoire ils leur ont posé des questions à propos de Madame ADA MARINA CASTILLO ; madame Castillo est l’une de celles qu’il a eu la responsabilité de la cave où la résistance emmagasinait des vivres et surtout l’eau pour les marches qu’elle organisait.

    Mercredi, après notre communiqué, ils ont rmis en liberté les personnes suivantes : VILMA YOLANDA MARTINEZ, SANDRA YAMILTH ORDOÑEZ et monsieur LUIS CARBALLO. Ces trois personnes ont été abandonnées à la sortie nord de la capitale, pieds et mains liées, monsieur ISIDRO BACA a été laissé à la périphérie de la ville de Choluteca à presque cent vingt kilomètres de Tegucigalpa. A ceux qu’ils ont libérés les kidnappeurs leurs ont donnés trois jours pour abandonner le quartier où ils vivaient et pour quitter le pays.

    JPEGLes efforts du CODEH, pour garantir la vie de toutes les personnes disparues n’ont pas obtenu complètement gain de cause puisque ce 11 décembre on a retrouvé les cadavre de monsieur SANTOS CORRALES GARCIA, dans une communauté de Lepaterique, il a été décapité, pour le moment sa tête n’a pas été retrouvée.

    Ce crime odieux s’ajoute aux autres qui déjà été signalés, dont les corps retrouvés présentent des signes de torture brutale, comme couper la langue et les oreilles. Ces agressions de basse intensité sont orientées pour mettre en place un climat de peur collective [NDT : comme en Argentine durant la dictature de la Junte], et ceux qui les mettent en place le font sur la base d’un calcul logique. Ces crimes sont soutenus par le silence de la hiérarchie de l’Église Catholique, d’un secteur de la hiérarchie protestante, et de la justification du responsable National des Droits de l’Homme.
    Quelques jours auparavant le CODEH avait annoncé le massacre, cela ne l’a pas arrêté mais la méthode a été modifiée, pour ne pas avoir pu assassiner durant les élections, ils le font en silence après de manière systématique.

    Il est nécessaire que le monde sache ce qui arrive au Honduras, c’est nécessaire que monsieur OBAMA mérite son Prix Nobel de la paix en dénonçant face au monde ce qui arrive au Honduras ; comment est-il possible de parler de Commission pour la Vérité sur les violations systématiques des droits de l’homme, aucun pays du monde ne dit la vérité sur la guerre. Pour qu’il y ait une paix et une vérité au Honduras il faut d’abord en finir avec le rémige militaire de dictature qui sévit et qui assassine aujourd’hui, pour que nous puissions dialoguer sur la vérité, celle d’hier (des années 80) et celle d’aujourd’hui, puisque les impunis d’hier sont les impunis d’aujourd’hui.

    Le CODEH demande à ceux qui nous lisent : dites-nous ce que nous pouvons faire ? C’est un régime qui se moque des moyens qui nous ont été accordés par la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme, y a-til un autre organisme qui peut nous aider à arrêter ce crime horrible qui a comme une finalité construire une terreur collective : quelqu’un peut nous aider à trouver ceux qui appuient ce régime de terreur ? Nous demandons une enquête de fond pour que le monde sache qui appuie ce régime de mort et d’impunité. Pour qu’ils arrêtent cette agression contre l’humanité.

    Tegucigalpa Municipalité du district central le 11 décembre 2009
    Commission Exécutive Direction National

    NOUS LUTTONS POUR LA PAIX EN DÉFENDANT LES DROITS DE L’HOMME ET LA JUSTICE

    Source : CODEH via email sur le net, Honduras é logo ali REAPARECE LA DESAPARICION FORZADA Y EL CRIMEN POLITICOMuere decapitado miembro de la Resistencia hondureña de manos de la Policía Traduction : Primitivi _TelSur


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  • Zapatisme, pouvoir et démocratie

    Jean-Pierre PETIT-GRAS

    illustration : "je suis lent, mais j’avance"

    Ce texte a été rédigé dans le cadre d’une participation à un débat organisé par « l’association qui ne manque pas d’airr ». Un mouvement constitué contre un projet d’implantation d’éoliennes industrielles au dessus du petit village de Vaour, dans le département du Tarn. Le projet avait été conçu, et virtuellement imposé, à une population que l’on n’avait absolument pas consultée. Les réactions de ladite population, la chance ou le bon Dieu Eole, ont fait que les énormes machines, apparemment, sont allées tourner sous d’autres cieux, peut-être moins regardants.

    1/Le système des cargos dans la tradition indigène et le mouvement zapatiste

    En janvier 1994, les indigènes zapatistes, mayas et zoques du Chiapas, se sont soulevés, les armes à la main, face à un système qui les privait de tout depuis 5 siècles : terre, nourriture, logements décents, santé, travail, éducation... Depuis, ils ont posé leurs armes, mais entrepris de construire une société autonome et originale dans ce coin perdu et superbe du sud-est mexicain.

    Ces gens, que l’on appelle « indiens », se reconnaissent, eux, comme « indigènes ». Ils se distinguent du reste de la population (du Mexique, par exemple), par le fait qu’ils vivent dans des communautés (villages) sur un même territoire. La propriété privée de la terre n’existe pas chez eux (c’est une aberration, la terre-mère est sacrée... on dit souvent, et eux-mêmes le disent, mais pas pour la galerie, que c’est nous qui appartenons à la terre). Le territoire fait l’objet d’une gestion collective, dans le cadre d’une organisation horizontale, démocratique, très précise, qui s’appuie également sur des tâches effectuées collectivement de manière régulière. La conservation de leurs langues (au Chiapas on parle encore une dizaine de langues mayas, plus le zoque), le fait de partager une vision du monde et des traditions culturelles communes, sont, enfin, les autres éléments essentiels qui caractérisent ces populations indigènes.

    D’emblée, ce mouvement étonne et force l’admiration, à cause de plusieurs caractéristiques :

    En premier lieu, on est saisi par la force des zapatistes, par la fermeté de leur résistance. Ceci, alors que leur situation pourrait sembler extrêmement précaire.

    Dans les régions des Altos (les Hautes Terres), l’absence de place pour cultiver et vivre est flagrante. Habitations, champs de maïs, troupeaux de moutons et êtres humains se partagent des territoires manifestement trop petits, d’autant plus qu’une bonne partie de cette région, entre 1500 et 2800 mètres d’altitude, est abrupte... vraiment pas le lieu idéal pour faire passer une charrue.

    Dans la forêt Lacandone et les vallées qui la traversent, la prolifération des installations militaires et celle des groupes paramilitaires, ainsi que la construction de routes et autoroutes, les projets touristiques (rebaptisés écotouristiques, le pouvoir n’ayant jamais peur des mots !), l’implantation de cultures industrielles, toute cette avancée du monde capitaliste moderne, dans lequel des groupes humains autonomes, non soumis au salariat ou aux lois du marché, n’ont évidemment plus leur place, tout cela semble absolument imparable.

    Pourtant, malgré la terrible pression économique et militaire de la « guerre de basse intensité » que lui livrent les gouvernements locaux (notamment celui de l’état du Chiapas, dirigé par le PRD, membre de l’Internationale Socialiste) et celui de la république fédérale, les zapatistes construisent une véritable « autonomie ».

    Ayant coupé tout lien d’inféodation avec ceux qu’ils désignent sous le terme de « mauvais gouvernements », les zapatistes ont instauré, dans les cinq espèces de « capitales régionales » appelées « caracoles » (escargots), cinq structures d’ auto-gouvernement, les « Conseils de Bon Gouvernement » (ou encore : Juntas de Buen Gobierno).

    Ils ont mis en place leur propre système de santé : des cliniques et micro-cliniques, des dispensaires et des équipes de promoteurs de santé se rendent de communauté en communauté, aussi bien pour assurer des soins que pour renforcer la prévention, mais aussi pour recueillir les connaissances des plus âgés, notamment des femmes, en matière de plantes médicinales, de suivi des grossesses, d’accouchements, etc.

    Ils possèdent leur système scolaire : des écoles secondaires où se forment les promoteurs d’éducation. Ces jeunes gens et jeunes filles retournent ensuite dans leur communauté pour définir, en liaison avec les adultes et autres autorités locales, les programmes de ce qu’ils vont enseigner aux enfants dans l’école du village.

    La police et la justice sont elles aussi directement assurées au niveau des quelques 1400 communautés, des municipes autonomesJuntas de Buen Gobierno, dans les 5 caracoles. (il y en a 38) et des

    Enfin, au plan économique, le travail collectif pour la production alimentaire (champs de maïs, de haricots, rizières ou potagers, bétail ), permettant une fois nourries les familles de répartir ou commercialiser les excédents, assure une redistribution, notamment en direction des plus âgés et des malades, ainsi qu’ en soutien de l’effort de celles et ceux qui travaillent dans la santé, l’éducation, etc.

    Cette organisation est à vrai dire assez impressionnante : malgré l’évidente pauvreté, les tensions et la violence liées à la militarisation et la paramilitarisation de la région, malgré aussi le travail parfois rude (en premier lieu pour les femmes), on peut voir que les populations zapatistes sont en mouvement, actives, solidaires, et que leurs constructions vont de l’avant. La tranquillité, la joie de vivre et d’être ensemble ne sont pas pour la photo. Tout cela se respire et se sent, pour qui séjourne quelque temps parmi eux.

    Les zapatistes n’ont pas inventé cette organisation communautaire. Le système découle d’une tradition ancienne, très probablement bien antérieure à l’arrivée des Espagnols au début du XVIème siècle, et qui a subsisté en dépit, et contre la dure oppression qu’ils ont dû subir (s’il fallait donner un chiffre, rappelons que plus de 90% des Amérindiens ont été anéantis en 150 ans de domination européenne).

    Cette organisation ancienne s’appuie sur ce que l’on appelle en espagnol les « cargos », les charges. Il s’agit de responsabilités à caractère rotatif et révocable, non rémunérées, attribuées dès l’adolescence aux membres de la communauté. Ceci pour une durée d’un an, avec des périodes de « repos » entre deux exercices de ces « charges ».

    Les charges concernent un éventail très large de tâches et d’activités, qui vont généralement du plus simple au plus complexe, par exemple de l’entretien d’un lieu de culte, d’un chemin ou des abords d’une source, à la préparation des fêtes religieuses et à l’exercice de la justice, en passant par la police et différentes fonctions « administratives »...

    L’individu qui s’acquitte correctement des différents échelons de ces tâches fera partie, avec les années, des « anciens », des « autorités » de la communauté.

    Le système colonial a bien évidemment influé, depuis 500 ans, sur l’exercice de ces « charges ». La dénomination même des cargos, leur hiérarchisation et le contrôle des responsables par l’administration et les autorités religieuses ont permis aux Espagnols, et plus tard à l’état indépendant du Mexique d’affiner et de renforcer leur domination sur les indiens. Ces responsabilités varient d’une région à l’autre, avec l’inclusion ou non des femmes (dans l’immense majorité des cas, écartées des responsabilités « extérieures » dans les systèmes sociaux hiérarchisés). Mais si le pouvoir a tenté de contrôler les communautés, à travers les caciques, quelque soit la forme employée pour leur nomination, il n’est jamais parvenu à faire disparaître le principe de ce gouvernement par en bas, au niveau du village, en dehors (et souvent contre elles) des autorités d’un état sur lequel elles n’ont aucune prise.

    Les zapatistes de l’EZLN n’ont donc fait que reprendre et perfectionner l’organisation de ces cargos, en y réintroduisant la participation des femmes, et en les débarrassant, évidemment, de la manipulation de l’administration et des « mauvais gouvernements ».

    Les cargos permettent la mise en marche et le fonctionnement de l’autonomie. Notons que les tâches des promoteurs de santé, d’éducation et de communication (les hommes et femmes qui participent à la circulation de l’information, à la fabrication de documentaires, etc), entrent dans ce cadre des charges.

    La non rémunération, compensée par les coups de main donnés pour les travaux agricoles, ou une aide en nature rendue possible grâce au travail collectif, est toujours une des caractéristiques essentielles du système des charges. En même temps, rappelons-le, que la révocabilité, la rotation, etc., La désignation des responsabilités se fait par consensus, dans le cadre des assemblées de la communauté.

    Etre désigné pour l’une d’elles est un honneur, une reconnaissance, et l’individu se doit bien sûr de se montrer à la hauteur de la mission qui lui est confiée.

    La communauté se dote ainsi des moyens de transmettre et d’utiliser au mieux les compétences de ses membres dans les différents domaines, en adéquation avec ses besoins, coutumes et intérêts, à la recherche d’une harmonie réelle entre ses habitants, mais aussi avec les communautés voisines.

    Les zapatistes ont étendu le système des charges communautaires au fonctionnement de leur autogouvernement, c’est à dire à la désignation des personnes qui vont siéger, pour une période déterminée, dans les « municipes autonomes », regroupant chacun des dizaines de communautés, et aux « Conseils de Bon Gouvernement » nommés dans les 5 régions géographiques du Chiapas indigène rebelle.

    Dans ce dernier cas, celui des Conseils de Bon Gouvernement (Juntas de Buen Gobierno), les hommes et les femmes désignées pour gouverner leur région ont un « mandat » qui court sur 3 ans. Mais ils ne siègent que par rotation, pendant des périodes de 10 jours. Une fois terminées ces périodes, chacun repart dans sa communauté, vaquer aux occupations « ordinaires », c’est à dire, principalement, à la vie du village et à l’entretien du champ de maïs (les parcelles de culture sont individuelles, ou collectives selon les régions).

    Cette organisation permet à un maximum de personnes d’apprendre l’auto-gouvernement. Les zapatistes reconnaissent qu’ils perdent indubitablement en efficacité, en suivi des dossiers, etc., mais ils insistent sur l’énorme avantage de ce partage réel, par en bas, des responsabilités les plus importantes.

    Une dernière remarque : les zapatistes tsotsil d’Oventik appellent leur « Conseil de Bon Gouvernement » Snail tzobombail yu’un lekil J’amteletik , ce qui veut dire, à peu près, « la maison de réunion pour ceux qui travaillent au bien commun »...

    Les mayas ont bien fait quelques emprunts à la langue espagnole, pour nommer des objets ou des animaux qu’ils ne connaissaient pas avant l’arrivée des envahisseurs : vakax, par exemple, pour désigner une vache, ou mexa, pour la table, mesa en espagnol. Mais ils n’ont jamais adopté des mots concernant des concepts leur paraissant trompeurs : le mot « démocratie », entre autres, n’est pas dans leur dictionnaire. La défense des langues vernaculaires sert aussi à cela, ne pas se laisser manipuler.

    2/ L’assemblée de la communauté indigène zapatiste : son rôle et son fonctionnement

    Lors des « 2èmes Rencontres avec les peuples du mondes », organisées par les communautés zapatistes du Chiapas au cours de l’été 2007, celles-ci ont apporté des explications claires sur leur organisation, et le fonctionnement de leurs assemblées.

    Etant collectivement propriétaires (il vaudrait mieux dire « responsables ») du territoire de leur communauté, ses membres sont placés dans une situation « objective » d’égalité et de co-gestion.

    Par ailleurs, de nombreux éléments de leur culture, de leur cosmovision, que l’on retrouve y compris dans la structure de leurs langues, de multiples traditions viennent conforter ce refus de la hiérarchie, cette affirmation d’une égalité de condition et de droits entre les individus. On peut citer à ce propos, parmi bien d’autres exemples relevés par des historiens, la coutume consistant à confier à une personne qui s’était enrichie dans le cadre de son activité (commerce, etc.) la charge de mayordomo, c’est à dire de responsable de l’organisation des fêtes religieuses dans la communauté. Cette charge représentait à la fois un honneur et une reconnaissance. Mais elle impliquait également beaucoup de frais, pour la personne ainsi honorée, qui devait payer de sa poche les dépenses liées aux multiples fêtes (feux d’artifice, boissons, nourriture, etc.), et se retrouvait complètement « à sec » à la fin de l’exercice de sa charge... Une façon élégante d’empêcher que les disparités sociales s’installent dans le village, n’est-ce pas ?

    L’assemblée communautaire a pour objet l’organisation de la gestion collective de ce qui appartient au village : des biens fonciers, c’est à dire les terres, ainsi que les bois, les cours d’eau et les sources, les ressources qui s’y trouvent. Mais également les biens immatériels, à savoir la vie culturelle, religieuse et festive, les rapports sociaux, la transmission des connaissances, la santé, la sécurité, etc.

    Les terres, dans les zones rebelles zapatistes, sont parfois divisées en parcelles attribuées à chaque famille, transmissibles de père en fils ( chez les zapatistes une fille peut hériter d’une parcelle, mais ce n’est pas encore généralisé). Ces parcelles sont bien évidemment inaliénables, c’est à dire que l’on ne peut les vendre ou les acheter, les soustraire au territoire de la comunidad. On a donc affaire à un droit d’usage, et non au droit de propriété.

    Les parcelles agricoles (les champs de maïs, de haricots, de riz ou d’autres cultures) peuvent également être cultivées collectivement, et les fruits des récoltes sont partagés au sein de la communauté. C’est le cas, généralement, dans les terres récupérées après le soulèvement de 1994.

    La gestion des terres et des ressources, à laquelle il faut ajouter l’organisation du travail collectif (qui est la norme, même dans les zones où les parcelles sont individuelles), plus les questions sociales, politiques et culturelles, font donc l’objet de décisions communes, prises en assemblée pour les plus importantes.

    La composition et le déroulement de l’assemblée :

    Tous les membres de la communauté peuvent (et doivent, sauf raison particulière) y participer. Hommes, femmes, enfants (tant qu’ils ne s’endorment pas...)

    Tout le monde a le droit à la parole. Le principe de l’égalité entre les individus est très fort, comme il est dit plus haut. L’idée que personne ne vaut plus qu’un autre semble l’évidence la plus élémentaire.

    En général, c’est une « autorité », ou bien un membre de la communauté ayant un problème particulier à poser, qui présente le débat.

    Ensuite, vient un moment où tout le monde, quasiment, parle. On peut avoir l’impression d’une confusion.

    Puis c’est de nouveau un ancien, une autorité, qui prend la parole pour tenter d’exprimer l’avis général : « la communauté pense que... »

    Il peut être approuvé, ou contesté dans sa synthèse. Dans le premier cas, un « accord », verbal, est pris. Cette décision fera office de loi jusqu’à la prochaine assemblée. Pas besoin de procès-verbal, de papier, d’huissier ou de caméra vidéo. La parole est sacrée.

    Dans le deuxième cas, s’il y a contestation, la discussion reprend de plus belle. Si on arrive à un consensus, la décision est prise.

    Dans le cas contraire, on ne prend pas de décision, on la remet à plus tard. Il n’y a pas de vote, pour passer en force, ni à 50,01%, ni à 75%... La cohésion de la communauté demande le consensus, l’unanimité, et refuse la division, y compris celle qu’engendrerait l’imposition d’une décision de la majorité sur une minorité.

    Les décisions concernent quasiment tout : désignation des charges de responsabilités (les cargos dont on a parlé), organisation du travail collectif, questions de solidarité, d’éducation, plus les différents et conflits éventuels, qu’il est important de régler, et bien sûr tout ce qui concerne l’implication de la communauté dans la résistance et la construction de l’autonomie. Ceci au niveau local, à celui des « municipios » (municipalités) autonomes, et des Conseils de Bon Gouvernement.

    La recherche de l’harmonie est une constante, à la fois au sein de la communauté et à l’échelon des relations de voisinage : le compromis est souhaité pour tout conflit interne ou externe (territoire, contestation, comportements vus comme répréhensibles ou nuisibles : par exemple coupe de bois vert, coupe de bois près d’une source, vol éventuel...).

    Tout le monde connaît tout le monde, dans des communautés assez réduites (quelques centaines d’habitants au maximum). On ne parle donc pas pour s’assurer une position dominante, ou pour épater la galerie.

    Répétons-le, la vision dominante est celle de l’intérêt commun, bien réel, et qu’il faut préserver et renforcer.

    Dans un système où les moyens de production (les terres) ne sont pas privés, et où les responsabilités sont rotatives et peuvent faire l’objet d’une révocation, ce mode de fonctionnement paraît naturel et logique.

    L’assemblée peut durer longtemps. Les gens sont rompus à ce genre d’exercice, car ils passent énormément de temps à parler ensemble.

    La participation des femmes, et d’autres facteurs non négligeables, comme l’absence de consommation d’alcool, sont des éléments qui viennent renforcer l’efficacité des assemblées. De plus, la gaieté cohabite avec le sérieux, dans ce genre de réunions.

    Dans les communautés zapatistes, les activités liées à la résistance et la construction de l’autonomie, les conflits multiples avec les autorités officielles (l’occupation militaire, avec 60 000 soldats pour une population civile rebelle de quelques centaines de milliers de personnes , et la pression policière, qui multiplie les provocations), qu’elles soient locales, régionales (l’état du Chiapas, dirigé par le gouverneur « de gauche » Juan Sabines) ou nationales (au niveau de l’état fédéral, dirigé par l’extrême droite Felipe Calderón), ou encore avec les villages non-zapatistes (priistes, perredistes, voire paramilitaires, car le conflit autour des terres est aigu, le gouvernement proposant de redistribuer les terres occupées après 1994, en parcelles privées), tout cela rend ces palabres, débats et assemblées plus qu’indispensables.

    Quelques conclusions :

    Le résultat de ces pratiques des indigènes zapatistes, c’est la force de la pensée collective, des questions réfléchies ensemble, et des décisions appliquées une fois prises.

    Il est difficile de s’expliquer autrement la résistance que sont capables d’opposer les communautés et les organisations en rébellion à la guerre de basse intensité que leur livre le pouvoir depuis 15 ans.

    Cet auto-gouvernement, certainement loin d’être parfait, représente à la fois la récupération d’une tradition (que d’autres communautés ont abandonnée ou dévoyée, sous la pression notamment des manoeuvres de division opérées par les différents pouvoirs, externes et internes, des illusions engendrées par un progrès qui n’en est pas un, de la soumission à l’état providence, qui n’a pourtant jamais raté une occasion pour les mettre au pas) et un énorme effort d’imagination et de construction. Pour refaire l’autonomie dont les indigènes ont besoin, s’ils veulent continuer à être ce qu’ils sont, à mener la vie qu’ils considèrent comme seule souhaitable, sur ce qu’ils ont de plus cher : leurs terres communes.

    On pourrait ajouter que la démocratie (le pouvoir du peuple) ne peut exister que si une population l’exerce réellement et directement. Pour cela il lui faut partir d’en bas, et non déléguer, s’appuyer sur sa culture, sur une égalité concrète entre les individus, sur la gestion collective et solidaire des biens les plus précieux (la terre, l’air, l’eau, les plantes, la nourriture, la mémoire, la solidarité, la danse, la musique, etc), ceux qui rendent la vie possible et belle. C’est une des leçons que l’on peut tirer de l’expérience zapatiste.

    Jean-Pierre Petit-Gras Ici 
    pintemps 2009


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  • Le Venezuela et Cuba
     

    • Nous rejetons fermement le contenu et les objectifs de l'ALCA (ZLEA, Zone de libre-échange des Amériques), et partageons la conviction que ladite «intégration sur des bases néolibérales» qu'elle représente ne ferait que perpétuer la situation existante et ne conduirait qu'à une désunion encore plus grande des pays latino-américains, à une aggravation de la pauvreté parmi les secteurs majoritaires de nos pays, à la dénationalisation des économies de la région et à une soumission aux diktats de l'extérieur.

    Il est bien clair que même si l'intégration est, pour les pays de l'Amérique latine et de la Caraïbe, une condition indispensable pour aspirer au développement au milieu de la mise en place de grands blocs régionaux qui occupent des positions prédominantes dans l'économie mondiale, seule une intégration basée sur la coopération, la solidarité et la volonté commune d'avancer, de concert, vers des niveaux plus élevés de développement, peut apporter une réponse aux besoins et aux souhaits des pays latino-américains et caribéens, tout en préservant leur indépendance, leur souveraineté et leur identité. Nous partageons le point de vue selon lequel, l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), proposée par le président Hugo Chavez Frias à l'occasion du 3e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Association des Etats de la Caraïbe, qui s'est tenu dans l'île Margarita, en décembre 2001, a tracé les principes directeurs de la véritable intégration latino-américaine et caribéenne, basée sur la justice, et nous nous engageons à lutter ensemble pour en faire une réalité.

    Ce furent des considérations émises par le commandant en chef Fidel Castro Ruz et le président de la République bolivarienne du Venezuela, le 14 décembre 2004 à La Havane, consignées dans la Déclaration conjointe que les deux dirigeants ont souscrite au moment de fonder l'ALBA. Depuis, les deux pays ont impulsé cette initiative qui revêt une profonde signification historique en inaugurant une nouvelle ère pour l'Amérique latine et la Caraïbe, cristallisant les rêves de Bolivar et de Marti. Cinq ans se sont écoulés depuis cet événement historique, et il faut dire qu'en Amérique, il y a un avant et un après le 14 décembre. Célébrons en cette année 2009 cinq années de victoires avec l'engagement de faire en sorte que l'alliance que nous avons conclue, précisément 10 ans après la première visite du leader de la Révolution bolivarienne à La Havane, jamais ne connaîtra l'échec. •

    VENEZUELA


     • Le pays est limitrophe au Nord, dans la mer des Caraïbes, avec les Antilles néerlandaises, Aruba, Trinité-et-Tobago, la Grenade, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie, la Martinique, la Guadeloupe, la Dominique,Monserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, les Îles Vierges des Etats-Unis, Porto Rico et la République dominicaine; au Sud avec la République fédérative du Brésil et la République de Colombie; à l'Est avec l'océan Atlantique et la République du Guyana, et à l'Ouest avec la République de Colombie. Sa population est de 26 500 000 habitants et sa superficie de 912100 km². Sa capitale est Caracas. •

    CUBA

    • Cuba est la plus grande du groupe des grandes Antilles. Elle est située au Sud de la Floride, au Nord de la Jamaïque, à l'est de la péninsule de Yucatan et à l'Ouest des Bahamas et de l'île de la Hispaniola. La République de Cuba compte aussi un chapelet de 3 715 cayes et îlots, dont l'île de la Jeunesse. Sa population est de 11 300 000 habitants et sa superficie de 110 800 km². Sa capitale est La Havane. •

    EQUATEUR

    • L'Equateur a adhéré à l'ALBA le 24 juin 2009, au moment même où le modèle d'intégration changeait le concept d'alternative en alliance. Cette nation est la 5e de l'organisation régionale à s'être déclarée sans alphabétisme, un résultat atteint en août de cette année. L'ALBA «est un projet socialiste […] axé sur l'intégration énergétique, politique et territoriale basée sur des relations fraternelles», déclarait Correa ce jour-là. Il ajoutait à propos du mécanisme d'intégration: «Il va nous apporter de grands avantages, comme celui d'afficher une position commune face aux organismes multilatéraux qui ont tellement nui à l'Amérique latine.». Et concernant les projets de l'ALBA: «Nous ne pouvons pas aller plus lentement que le reste… La révolution, c'est aujourd'hui, pas demain, c'est aujourd'hui.» L'Equateur est situé au Nord-Est de l'Amérique du Sud, entre la Colombie et le Pérou; il est bordé par l'océan Pacifique et sa superficie est de 283 600 km². Sa population est de

    13 200 000 habitants et sa capitale est Quito. •    

    BOLIVIE

    • La Bolivie a rejoint l'ALBA le 29 avril 2006, lors d'une cérémonie qui a eu lieu à La Havane, devenant le 3e pays membre de cette organisation. Son président Evo Morales déclarait à cette occasion: «La véritable intégration entre les pays d'Amérique latine et des Caraïbes est une condition sine qua non du développement durable, de la sécurité et de la souveraineté alimentaire, afin de satisfaire les besoins de nos peuples. Seule l'unité d'action des pays latino-américains et caribéens, fondée sur les principes de coopération, de complémentarité, d’entraide et de solidarité, nous permettra de préserver notre indépendance, notre souveraineté et notre identité, et de combattre avec succès les tendances à l'unilatéralisme et les visées hégémoniques, tout en renforçant un Traité de commerce des peuples (TCP).» La Bolivie, territoire également sans analphabétisme à la suite de son intégration, se trouve en Amérique du Sud. Elle est entourée à l'Est par le Brésil, au Sud-Est par le Paraguay, au Sud par l'Argentine et à l'Ouest par le Chili et le Pérou. Elle n'a pas d'accès à la mer depuis qu'un territoire lui a été arraché lors de la Guerre du Pacifique. Sa population est de 9 400 000 habitants et sa superficie de 1 100 000 km². Sa capitale est La Paz. •

    ANTIGUA-ET-BARBUDA

    • Antigua-et-Barbuda est entré dans l'ALBA le 24 juin 2009 lorsque le Premier ministre Winston Baldwin Spencer a donné lecture de la déclaration d'adhésion de son pays: «Depuis sa création, en décembre 2004, l'ALBA a eu un effet positif sur la vie de millions de personnes et de résidents des pays membres, et de fait dans la région en général. Les projets qui changent la vie et donnent vie, conceptualisés et exécutés à travers l'ALBA et l'Accord associé à Petrocaribe, ont permis de réduire la pauvreté, l'analphabétisme, la morbidité et la mortalité dans de nombreux pays, dont Antigua-et-Barbuda. Entre autres, mon pays a bénéficié directement de la Mission Miracle.» Antigua-et-Barbuda comptent 63 300 habitants et possèdent une superficie de 442 km². La capitale est St John's. Le pays est situé dans la Caraïbe orientale, à l'Est de Saint-Kitts-Nevis et au Nord de la Guadeloupe. Il comporte, au Nord, les «îles sous le vent» Antigua-et-Barbuda, et Redonda au Sud-Ouest. •

    NICARAGUA


    • Le Nicaragua est le 4e membre à avoir rejoint l'ALBA, le 11 janvier 2007. L'adhésion formelle au projet a été le premier acte officiel du président nicaraguayen, Daniel Ortega, au lendemain de son investiture. «L'ALBA et la solidarité progressent rapidement, on n'a pas besoin d'attendre pour négocier avec les organismes», déclarait Ortega, ce 11 janvier, avant d'ajouter: «L'unité et l'intégration des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes permettront d'intégrer notre région dans le vaste monde dans des conditions qui garantissent notre droit au développement durable et à l'exercice sans restrictions de la souveraineté nationale, face aux visées hégémoniques des Etats-Unis.» Aujourd'hui le pays est déjà sans analphabétisme grâce aux programmes de l'ALBA. Le Nicaragua est située en Amérique centrale. Il est limité au Nord par le Honduras, au Sud par le Costa Rica, à l'Ouest par l'océan Pacifique et à l'Est par la mer des Caraïbes. Il compte 5 400 000 habitants et sa superficie est de 130 000 km². Sa capitale est Managua. •       

    HONDURAS

    • Le Honduras a intégré l'ALBA, le 26 août 2008, lors d'une cérémonie effectuée dans sa capitale Tegucigalpa, et au cours de laquelle son président, José Manuel Zelaya, a déclaré que l'ALBA est un projet social de solidarité entre des pays d'Amérique qui cherchent à trouver conjointement des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. C'est justement cette avancée dans un pays dirigé par le centre-droit, mais dont le gouvernement avait orienté son action en faveur des couches populaires, qui a provoqué la réaction de l'oligarchie et des militaires auteurs du coup d'Etat du 28 juin dernier. Le Honduras est situé en Amérique centrale. Au Nord, il longe la mer des Caraïbes. Il a accès à l'océan Pacifique par le Golfe de Fonseca, au Sud, et à l'océan Atlantique par la côte Nord. Il est entouré au Nord-Ouest par le Guatemala, au Sud par le Salvador et au Sud-Est par le Nicaragua. Sa population est de 7 300 000 habitants et sa superficie est de 112 100 km². •

    LA DOMINIQUE

    • Voici ce que déclarait le Premier ministre du Commonwealth de la Dominique, M. Roosevelt Skerrit: «La solidarité, la complémentarité économique, le commerce juste, la coopération intégrale et le respect strict de notre souveraineté constituent les concepts fondamentaux de l'ALBA. Les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes bénéficient d'une très grande solidarité qui s'exprime à travers divers programmes: la Mission Miracle a permis d'opérer de la vue des milliers de citoyens pauvres; les programmes d'alphabétisation développés par Cuba et le Venezuela en Bolivie ont permis d'élever le niveau d'éducation; et des programmes alimentaires ont permis de garantir l'alimentation de nos enfants et des personnes âgées.»       

    La Dominique a rejoint l'ALBA le 26 janvier 2008. Elle est située entre la mer des Caraïbes et l'Atlantique Nord, à moyenne distance entre Porto Rico et Trinidad et Tobago. Sa superficie est de 750 km² et sa population de 79 000 habitants. Sa capitale est Roseau. •

    SAINT-VINCENT-ET-LES-GRENADINES

    • «L'ALBA a permis à nos nations de reprendre le chemin du progrès, en opposition aux options proposées par les centres de pouvoir hégémoniques du monde, articulées autour de projets basés sur des schémas d'intégration économique qui ont provoqué des désastres en Amérique latine pendant les années 1980 et 1990», a signalé le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Ralph Gonsalves, dans la déclaration d'adhésion de son pays à l'ALBA, le 24 juin 2009. Saint-Vincent-et-les-Grenadines compte une superficie de 389 km² et une population de 121 000 habitants. Sa capitale est Kingstown. Cet Etat fait partie des Antilles mineures du vent, et est situé au Nord du Venezuela et de l'île de la Grenade, dans la mer des Caraïbes. •

    Source Ici 


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  • Le chef de l'Etat du Venezuela, Hugo Chavez, a proposé hier au président élu de l'Uruguay, José "Pepe" Mujica, de lui fournir son pétrole à des conditions plus avantageuses et d'en payer une plus grande partie en nature, sous la forme de vaches, de lait ou encore de blé.

    Le Venezuela, premier exportateur de brut latino-américain mais largement importateur en matière agricole, couvre l'ensemble des besoins pétroliers de l'Uruguay depuis 2005. Ce dernier doit payer 75% de la facture sous trois mois. Pour le dernier quart, il peut soit étaler ses versements sur 15 ans à un taux d'intérêt annuel de 2%, soit rembourser en nature (ciment, viande, lait...).

    "J'espère qu'avec Pepe, nous allons passer de l'accord de Caracas à l'accord Petrocaribe qui est plus abouti, car les pays payent une moitié tout de suite et bénéficient de délais plus longs (25 ans) pour le reste avec des taux d'intérêt très bas (1%)", a déclaré le chef de file de la gauche antilibérale en Amérique latine lors d'une cérémonie publique à Montevideo.

    Le programme Petrocaribe, lancé en 2005, bénéficie à 18 pays alliés de Caracas, qui peuvent également rembourser une partie de leur dette en matières premières ou en services touristiques.

    "En outre, je souhaite que l'Uruguay paye ce montant (la moitié de la facture) non pas avec de l'argent, mais avec des produits comme des vaches, du lait, du blé, des bouteilles ou des pneus", a précisé M. Chavez.

    "1.780 vaches uruguayennes sont déjà arrivées au Venezuela. Elles produisent en moyenne 12 litres de lait contre 3 pour celles du Venezuela. Nous avons besoin de faire venir des milliers de vaches en plus", a-t-il ajouté.


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  • Evo Morales : 63% à la hausse. Pas trop « déçu » ? (ou : « un JDD, ca ment énormément »)

    No hay cosa más sin apuro
    que un pueblo haciendo la historia
    No lo seduce la gloria
    Ni se imagina el futuro
    Marcha con paso seguro
    Calculando cada paso
    Y lo que parece atraso
    Suele transformarse pronto
    en cosas que para el tonto
    Son causas de su fracaso

    Alfredo Zitarrosa

    Il n’y a rien de moins pressé
    qu’un peuple faisant l’histoire
    Il n’est pas séduit par la gloire
    Et n’imagine pas le futur
    Il marche d’un pas sûr
    En calculant chaque pas
    Et ce qui semble être un retard
    Bientôt se transformera
    En ce qui pour le bêta
    Sera causes de son échec.

    * * * *

    Dimanche soir on a fêté jusqu’à tard dans la nuit la victoire d’Evo Morales, avec plus de 63% des voix — et encore, il reste à comptabiliser les chiffres des zones rurales, qui lui sont généralement plus favorables.

    Evo Morales est sans doute le Nelson Mandela de l’Amérique Latine. L’arrivée au pouvoir en Bolivie d’un indien, qui se revindique comme tel, qui représente les exclus de 500 ans d’état colonial et qui entreprend des changements profonds dans ce pays, est clairement comparable à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud.

    Quoi qu’il arrive, rien ne sera jamais plus comme avant en politique en Bolivie. Les postes de pouvoir ne sont plus réservés aux blancs. La corruption n’est pas un mal inévitable. Changer la constitution pour servir l’intérêt général, c’est possible.

    Ayant commencé sa trajectoire politique en ’97, avec un peu moins de 4% des voix, arrivé en 2002 dans une deuxième position qui ébranle les pouvoirs établis, Evo Morales gagne les élections en 2005 avec une majorité absolue de plus de 54% au premier tour. Entre temps il a fallu des luttes populaires, “la guerre de l’eau” et “la guerre du gaz”, “octobre noir”, lorsqu’en 2003 “Goni” envoie tirer sur la foule, puis, suivant une mode grossière et trop habituelle en ce début de millénaire en Amérique Latine, plutôt que de renoncer, ce président assassin et décrié s’enfuit à l’étranger en hélicoptère.

    Après une période transitoire, dont on retiendra les référendums populaires qui donnent aux dirigeants le mandat clair d’une réforme profonde des institutions et de récupération des ressources naturelles du pays, Evo Morales arrive au pouvoir, porteur d’un immense espoir populaire de changement. Rapidement il entreprend l’organisartion d’une assemblée constituante et met en oeuvre son programme de nationalisations. Rapidement, mais dans le plein respect de l’ordre constitutionnel, en dialoguant avec l’opposition – qui garde une majorité au Sénat et dans les régions –, avec les entrepreneurs boliviens et les entreprises étrangères, avec les mouvements sociaux, avec les instances internationales, avec la presse.

    L’opposition, propriétaire de tous les medias, lui fait une guerre systématique et déloyale. Prévoyante, et alors que le pays clamait un changment complet, elle avait fait passer une “reformette”, transformant les préfets –jusque là représentants de l’état central– en sortes de gouverneurs élus directement. Jouant sur cette opposition historique à un centralisme abusif qu’elle a elle même construit, cela lui donne une majorité des départements, même si tous ceux-ci réunis sont loin d’atteindre la moitié de la population.

    Elle met des exigences sur la loi électorale pour la constituante, puis elle sabote le travail de l’assemblée. Fin 2007, le gouvernement fait aboutir la constitution quelque peu aux forceps, mais sans entrave au processus démocratique. Premier trimestre 2008, la droite régionaliste organise unilatéralement dans plusieurs départements des référendums “autonomistes” (quasi sessessionistes, en fait), qu’elle gagne par absence de l’officialisme. Pour la constitution, son slogan est “majorité = dictature, 2/3 = démocratie”, évocant la forme de vote qu’elle exigeait. Pour les “status autonomiques”, pas de problème à ce qu’ils soient rédigés hors de toute instance élue, et largement méconnus du public.

    On finissait alors par croire à ce que nous assénait constamment la presse : que si une élection avait lieu, Evo Morales n’aurait plus que l’ombre du soutien initial. Pourant, l’opposition refusait obstinément l’idée d’un référendum révocatoire de mi mandat pour le président, le vice président et les préfets élus. Mais quand cette consultation a finalement eu lieu, elle est déjà sans appel : plus de 67% des boliviennes et boliviens ratifient Evo Morales et Alvaro García Linera. Le soir même, Costas, le préfet de Santa Cruz, traite Evo Morales de “dictateur” et de “macaque”.

    Peut être par réflexe de bête blessée, en septembre 2008 l’opposition tente sa dernière cartouche d’un coup d’état violent, appelant à l’insurrection, se vantant à la télévision d’attentats contre un oléoducs et autres infrastructures vitales du pays. Les paysans marchent sur les villes de l’orient riche en pétrole et bétail. Les fonctionnaires publics voient, impuissants, les vandales détruire les infrastructures publiques. Les policiers respectent scrupuleusement l’ordre de ne pas répondre aux provocations et, se faisant eux mêmes frapper et au risque de leur vie, ils ne tirent pas un seul coup de feu.

    Le crime a lieu à Pando, en ce troisième 11 septembre, des milices et paramilitaires liés à la préfecture de ce département isolé dans la jungle tendent une embuscade à une colonne de gens du peuple venant défendre l’état national contre l’insurrection putchiste. Plus de 20 morts sous les balles, plus de 80 disparus, indiens ne sachant pas nager qui n’ont d’autre échapatoire que de se jetter dans un fleuve turbulent et profond au milieu de l’amazonie. Quelques mois après, un rapport d’enquête internationale de l’Unasur et du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU conclut qu’il s’est agi d’une tuerie, d’un crime contre l’humatiné relevant de la justice ordinaire.

    Et voilà qu’aujourd’hui, ayant négocié pas à pas avec une opposition malhonnête et déloyale tout au long d’un chemin de croix démocratique pour aboutir aux premières élections générales de l’État Plurinational de Bolivie, Evo Morales et son équipe sont réélus avec plus de 63% des voix jusqu’en 2015. Une victoire franche, plusieurs départements de la “media luna” rejoignent la majorité d’un gouvernement pluriel et de dialogue. Un gouvernement qui s’acharne à démontrer qu’une autre Bolivie est possible, une Bolivie qui déjà dit haut et fort au monde qu’un autre monde est possible.

    — -

    Ayant participé pendant ces deux dernières années, avec ma petite goutte de labeur et de passion, aux changements qu’entreprend ce pays, je m’en sens très heureux. Et même, avouons-le, un peu fier.

    Dans un pays qui hérite de 500 ans d’état colonial et de bureaucratie importée, organiser et conduire un ouvrage n’est pas chose facile. Des tas de démarches à chaque étape, et chaque démarche est une entrave. Un système construit par deux décennies de neo-libéralisme qui, sous argument "d’efficacité", réduit l’état à son plus simple appareil, le dépouillant de son devoir de servir l’intérêt général mais conservant les fils de marionettiste nécessairs au intérêts des puissants. Pourtant dans sa sagesse, le gouvernement d’Evo Morales a donné consigne de respecter la loi et la règle. On changera cela peu à peu, démocratiquement et légalement.

    Cela peut être exaspérant pour qui attend des changements plus radicaux. C’est surtout injuste pour qui espère simplement l’équité et la justice sociale. Mais la tactique est claire : face à la violence, la paix, face aux fantaisistes accusations de limitations de liberté, patience et respect scrupuleux de la règle, même sous les insultes et le mépris. Quand on y regarde de près, simultannément aux immenses changements entrepris et malgré les innombrables entraves, ce premier mandat d’Evo Morales est sans doute l’une des plus longues périodes de stabilité du pays depuis des siècles.

    Nous sommes ainsi plusieurs, venus spontannément et individuellement soutenir cette révolution démocratique. Venus comme les birgades internationales étaient venues au secours de la république espagnole, menacée par le fachisme de Franco. Et nous la soutenons et l’encourageons encore.

    L’heure n’est pas au “bilan”, l’heure est à l’engagement, sachant simplement que cette fois-ci nous n’avons plus droit à l’erreur. Ce premier mandat, où l’opposition fait tout ce qui est permis (et ce qui ne l’est pas) pour tenter de renverser ou faire échouer un gouvernement populaire, cette phase de processus constitutionnel, ont donné à ce mouvement sa pleine légitimité institutionnelle et un deuxième mandat franc. C’est mainteant qu’il faudra montrer la capacité de construire un appareil d’état juste et efficace, pour mettre en oeuvre les règles et les projets démocratiquement établis.

    * * * *

    Dans tout ceci, alors, comment peut-on parler “d’être décu” ? Pourquoi ce mot incongru à la fin du titre de ces lignes-ci ? Eh bien c’est simple : dans un article du JDD, je me retrouve avec trois autres “expatriés” comme l’un des “décus de Evo Morales”.

    Après avoir pris soin de parler explicitement avec chacun, j’informe ici que ni Victor Roldán, ni Hervé do Alto, ni Louca Lerch, ni moi-même ne nous considérons comme des “décus d’Evo Morales”. C’est à dire qu’AUCUNE des quatre personnes qui sont interviewvées, ne se sentent en quoi que reflétées dans le titre de l’article. 100%, la TOTALITÉ des personnes citées, considrent leur propos trahis par le titre et par le contenu de cet article mensonger du JDD. Un “attentat idéologique”, me disait Víctor scandalisé, le seul des quatre que je ne connaissais pas jusqu’à ce matin, où je l’ai appelé pour lui demander son avis.

    Qu’on le dise et qu’on le répète : AUCUN D’ENTRE NOUS N’EST UN DECU D’EVO MORALES. Et plusieurs, au contraire, nous nous considèrons comme de fervents défenseurs et supporters de cette révolution démocratique. Même si les citations sont exactes, elles sont à un tel point sorties de leur contexte et absolument contraires à l’essence de notre pensée, qu’elles constituent des mensonge éhontés et déloyaux.

    Vous venez de me lire au sujet de la Bolivie. De plus de deux heures d’interview sur le même ton et avec un contenu similaire, Jean-Baptiste et Julie Mouttet, les deux pigistes en vacances (qui ne parlent pas un traître mot d’espagnol, moins encore d’Aymara ou de Quechua) ne retiennent que trois mots : “une bureaucratie crasse”.

    Oui, j’ai probablement dit ces mots. Mais je parlais de la bureaucratie héritée de 500 ans d’état colonial, qui malheureusement sévit encore.

    Les systèmes corrompus sont en fait les plus bureaucratiques. Il y a plétore de règles inutiles et contradictores. En fait, dans un système corrompu, la règle n’a pas de solution viable. La seule manière de résoudre les choses, c’est de sortir de la règle, par la corruption justement. Et une des immenses difficultés de la situation actuelle, c’est que des fontionnaires intègres, révolutionnaires, et souvent peu formés, ont le souci et l’instruction d’appliquer cette même règle. Ce système n’ayant pas de solution, et face une lutte drastique contre la corruption, les choses ne se font pas, ou se font moins. Et c’est bien difficile de faire comprendre et faire valoir qu’aujourd’hui ce qu’il faut appliquer en premier lieu, c’est la nouvelle Constitution, approuvée par plus de 62% du vote populaire.

    Sortir de leur contexte ces trois mots : “une bureaucratie crasse”, c’est de la malhonnêteté pure et simple.

    Comment sommes nous tombés dans ce piège grossier ? Avant le rendez-vous, j’avais demandé : “si c’est pour faire un article qui casse du sucre sur Evo Morales, c’est pas la peine, je refuse l’interview”. “Oh ! Non, pas du tout ! D’ailleurs en géneral on travaille surtout pour Politis”. “On a fait l’école de journalisme”. Et tout un tas d’arguties du même genre pour gagner la confiance.

    Même, une fois la pige publiée, ils essaient de passer pour les gentils naïfs : “Nous avons été aussi étonnés que vous en le lisant puisque notre titre était : "Bolivie : le bilan positif mais désillusionné des expatriés".” Leur texte initial est certes un peu moins grossier, mais à peine. Je ne me sens pas non plus “desillusiónné”, je ne me reconnais aucunement dans ce terme "d’expatrié", et les quelques citations coupées sont tout aussi tendentieuses, décontextualisées et malhonnêtes.

    In fine, la tactique derrière leurs questions insistantes est claire comme de l’eau de roche. Les deux pigistes apprentis de la presse de vendeur d’armes, Jean-Baptiste et Julie Mouttet, avaient en fait une commande de la rédaction du JDD : trouver les “expats” décus (ou “desillusionnés”) de Evo Morales. De préférence quelques gauchos un peu ringard, histoire de continuer de conclure à “la fin de l’histoire”.

    Ils les cherchent, mais ne les trouvent pas. Et l’article est pour ce dimanche. Alors tant pis pour la déontologie —faut bien bouffer—, on découpe quelques mots qui vont bien pour que la pige réponde à la commande. D’ailleurs, ils le disent eux-mêms, en réponse à mes protestations : “Nous ne pensons avoir déformé tes propos, nous les avons seulement sélectionnés en fonction de nos besoins dans l’article.” Édifiant.... Maintenant, la “déontologie”, c’est comme jadis le droit d’auteur (lorsqu’on ne le confondait pas avec les oxymorons de la “propriété intéllectuelle”) : ca porte sur la forme, pas sur le fond.

    Dimanche, dans le “forum” de l’article, je tente de poster une réaction : “Je suis l’un des interviewvés de cet article, qui est un tas de mensonges, et j’exige un droit de réponse, au moins aussi long. La Bolivie effectue actuellement un changement profond, avec une nouvelle constitution, laÏque et plurinationale, plus de justice sociale, etc. Contre insultes, mensonges, tentatives coups d’état, rascisme et violence, elle maintient paix, démocratie, et libertés.”

    Le JDD s’en fout. Même envoyé aux deux pigistes et dans l’espace “abus” du site du torchon, histoire qu’ils puissent vérifier que j’en suis la source, pas de réponse. Un seul commentaire via “3615 Claire” encense l’article : “Très bon article, bien renseigné et bien argumenté, merci”. Mardi suivant, alors l’article n’est plus en homepage, s’ajoute un deuxième commentaire, un peu contestataire histoire de faire polémique, mais toujours ignorant allégrement la malhonnêteté journalistique des procédés. Non content de pervertir la vérité, le JDD a la malhonnêteté de refuser un droit de réponse et le mépris de ne même pas y répondre.

    Il y a quelques mois, un article dans le Diplo soulignait les ravages de l’absence d’investigation dans la presse d’aujourd’hui. Les journalistes sont évalués à l’abondance, à la réguliarité et surtout à “l’audience” de leur production – même s’il ne s’agit que de strip tease de blogeur – et non pas sur leur capacité et le sérieux de leur investigation, pilier du journalisme comme quatrième pouvoir s’il en est. Mais c’est peut être bien moins et bien pire que cela : quelle est la proportion du contenu de la presse qui n’est qu’un mensonge éhonté, construit selon un procédé où la conclusion conforme aux intérêts suprêmes des patrons du journal est posée d’avance, et dans laquelle il s’agit, coûte que coûte, contre tout critère d’étique et d’honnêteté, de trouver les justifications qui serviront ces intérêts ?

    On peut même se demander quel besoin ils ont de payer des pigistes, quel besoin ils ont d’interviewver des vraies personnes, quelle différence il y a à tout simplement tout inventer ? Le risque d’un procès en diffamation ? Non, ne me faites pas rire...

    Peut-être ces justifications sont-elles du même ordre que celles qui conduisaient l’inquisition – et qui conduit encore plus d’un pouvoir fascsite – à chercher coûte que coûte “des aveux”. Même obtenus sous la torture, même construits de toute pièce par des conjonctures de piège plutôt que d’investigation et d’intime conviction de juges impartiaux, des aveux et des preuves restent importants pour les aspirants maîtres du monde qui confondent la vérité et le théâtre de leurs mensonges. Étrange espèce humaine...

    Daniel Viñar Ulriksen
    http://abuelo.belvil.net/Evo-Morales-63-a-la-hausse-Pas


    Evo Morales: 63% y sigue subiendo. ¿No demasiado «decepcionado»?

    O: «las inmensas mentiras de la prensa armamentista»

    Domingo por la noche celebramos hasta horas avanzadas la victoria de Evo Morales, con más del 63% de los votos - y aún queda por contabilizar las cifras de zonas rurales, que en general le son más favorables.

    Evo Morales es sin duda el Nelson Mandela de América Latina. La llegada al poder en Bolivia de un indio, que se reivindica como tal, que representa a los excluidos de 500 años de dominio colonial y que lleva a cabo cambios importantes en este país, es claramente comparable al fin del apartheid en Sudáfrica.

    Pase lo que pase, en política nada volverá a ser como antes en Bolivia. Los cargos de poder ya no están reservados a los blancos. La corrupción no es un mal inevitable. Cambiar la Constitución para servir el interés público, es posible.

    Habiendo comenzado su carrera política en el ’97 con algo menos del 4% de votos, habiendo llegado en 2002 a un segundo lugar que socavaba los poderes establecidos, Evo Morales gana las elecciones en 2005 con una mayoría absoluta de más del 54% en la primera vuelta. Entre tanto, las luchas sociales tuvieron que pagar un alto tributo. La "guerra del agua" y la "guerra del gas". "Octubre Negro", cuando en 2003 "Goni" mandó disparar al pueblo, y que luego, acorde a una moda grosera y demasiado habitual en América Latina en este principio de milenio, en vez de renunciar, este presidente asesino y desaprobado huye al extranjero en helicóptero.

    Luego de un período de transición, del cual se recordarán los referendos populares que dan a los dirigentes un mandato claro de una reforma profunda de las instituciones y la recuperación de los recursos naturales del país, Evo Morales llega al poder, portador de una inmensa expectativa popular de cambio.

    Sin demora, da curso a la organización de una asamblea constituyente y ejecuta su programa de nacionalizaciones. Sin demora, pero en pleno respeto del orden constitucional, dialogando con la oposición —que conserva una mayoría en el Senado y en las regiones— con los empresarios de Bolivia y las empresas extranjeras, con los movimientos sociales, con los organismos internacionales, con la prensa.

    La oposición, dueña de todos los medios de comunicación, le hace una guerra sistemática e injusta. Precavida, y mientras que el país se exigía los cambios radicales mencionados, se había aprobado una "reformita": la transformación de los prefectos —hasta entonces representantes del Gobierno central— en especies de gobernadores directamente electos. Jugando de esta oposición histórica a un centralismo abusivo que ella misma había construido, esto le da la mayoría de los departamentos, aunque todos estos juntos estén lejos de totalizar la mitad de la población.

    Pone exigencias para la ley electoral de la Constituyente, y luego sabotea el trabajo de la Asamblea. A finales de 2007, el Gobierno concluye la aprobación de la Constitución un poco a las apuradas, pero sin injerencia en el proceso democrático. Primer trimestre de 2008, la derecha regionalista organiza en varios departamentos, de manera unilateral, referendos de "autonomía" (casi secesionistas, en realidad), y los gana en la ausencia del oficialismo. Para la constitución, su lema es “mayoría = dictadura , 2/3 = democracia”, que evoca la forma de votos que exige. Para los "estatutos autonómicos", no hay problema en que sean elaborados fuera de cualquier instancia electa, ni que la inmensa mayoría desconozca por completo su contenido.

    Terminábamos por creer lo que nos repetía incansablemente la prensa: que si se llevara a cabo una elección, Evo Morales apenas tendría la sombra del apoyo inicial. Sin embargo, la oposición rechazaba obstinadamente a la idea de un referendo revocatorio de medio mandato para el presidente, el vicepresidente y los prefectos electos. No obstante, cuando finalmente pudo celebrarse esta consulta, el resultado fue clarísimo: más del 67% de las bolivianas y los bolivianos ratifican a Evo Morales y Alvaro García Linera. Esa misma noche, Costas, prefecto de Santa Cruz, trata a Evo Morales de "dictador" y de "macaco".

    Tal vez por reflejo de bestia herida, en septiembre de 2008 la oposición intenta su último cartucho de un golpe de estado violento, llamando a la insurgencia, jactándose en televisión de ataques contra un oleoducto y otras infraestructuras vitales para el país. Los campesinos marchaban hacia las ciudades de un Oriente rico en petróleo y ganado. Los funcionarios públicos ven impotentes la degradación del bien común por los vándalos. La policía respeta estrictamente la orden de no responder a las provocaciones. Reciben golpes y arriesgan su vida, sin disparar un solo tiro.

    El crimen tuvo lugar en Pando, en este tercero 11 de septiembre, paramilitares y milicias vinculadas a la prefectura de este departamento aislado en la selva, le tienden una emboscada a una columna de personas del pueblo que acuden en defensa del Estado nacional contra la insurrección golpista. Más de 20 muertos bajo las balas, más de 80 desaparecidos, indígenas y campesinos que no saben nadar y que no tienen otra escapatoria que tirarse a un río turbulento y profundo en el medio de la Amazonía. Pocos meses más tarde, un informe de investigación internacional de Unasur y del Alto Comisariado de Derechos del Hombre de la ONU concluye que los actos fueron una masacre, un crimen contra la humanidad que releva de la justicia ordinaria.

    Y he aquí que hoy, tras haber negociado con una oposición deshonesta y desleal, paso a paso en un via crucis democrático hasta las primeras elecciones generales del Estado Plurinaconal de Bolivia, Evo Morales y su equipo son reelectos hasta el 2015 con más del 63% de los votos.

    Una victoria abrumadora, varios departamentos de la "media luna" se unen a la mayoría de un gobierno pluralista y de diálogo. Un gobierno que se empecina en demostrar que otra Bolivia es posible, una Bolivia que ya le dice alto y claro al mundo que otro mundo es posible.


    Habiendo participado en los dos últimos años, con mi gotita de labor y de pasión, a los cambios que emprende este país, me siento muy feliz. E incluso, confesémoslo, bastante orgulloso.

    En un país que hereda 500 años de estado colonial y de burocracias importadas, organizar y dirigir cualquier obra no es nada fácil. Miles de trámites a cada paso, y cada trámite es un obstáculo. Un sistema construido por dos lustros de neo-liberalismo que, bajo argumento de "eficacia" reduce el estado a su más simple expresión, despojándolo de su deber de servir el interés público, pero manteniendo los hilos de titiritero que sirven los intereses de los poderosos. Sin embargo, en su sabiduría, el gobierno de Evo Morales da orden y consigna de cumplir la ley y la regla. Cambiaremos todo eso poco a poco, legal y democráticamente.

    Esto puede ser frustrante para quien espera cambios más radicales. Es sobretodo injusto para quien simplemente busca algo de equidad y justicia social. Pero la táctica es clara: frente a la violencia, la paz, contra las falsas acusaciones de limitación de la libertad, la paciencia y el respeto escrupuloso de la norma, incluso frente al insulto y al desprecio.

    Cuando se lo mira de cerca, simultáneamente a los inmensos cambios realizados y a pesar de innumerables obstáculos y trampas, el primer mandato de Evo Morales es probablemente uno de los períodos más largos de estabilidad en el país desde hace siglos.

    Somos varios en haber venido así individual y espontáneamente a apoyar esta revolución democrática. Al igual que las brigadas internacionales habían ido a apoyar a la República de España amenazada por el fascismo de Franco. Y aún apoyamos y alentamos este cambio.

    No es la hora de un "balance", es la hora del compromiso, sólo sabiendo que esta vez no tenemos derecho al error. Este primer mandato, durante el cual la oposición hace todo lo permitido (y lo no permitido) para intentar derrocar o hacer fracasar a este gobierno popular, esta fase de proceso constitucional, dio a este movimiento su plena legitimidad institucional y un franco segundo mandato. Es ahora que debemos demostrar la capacidad de construir un aparato de estado justo y eficiente, para aplicar las leyes y los proyectos democráticamente establecidos.

    ***

    En todo esto, entonces ¿cómo podemos hablar de "decepción"? ¿Por qué la palabra incongruente al final del título de estas líneas? Bueno, es simple: en un artículo en el Journal du Dimanche (en francés), con otros tres "extranjeros" me encontré presentado como uno de "los decepcionados de Evo Morales".

    Luego de haber cuidadosamente hablado con cada uno de ellos, procedo a informar aquí que ni Víctor Roldán, ni Hervé do Alto, ni Louca Lerch, ni yo mismo nos consideramos como "decepcionados de Evo Morales". Es decir que ninguna de las cuatro personas que entrevistadas en este artículo, se siente reflejada en el título que le ponen. El 100%, TODAS las personas mencionadas, sienten sus propósitos traicionados tanto por el título como por el contenido de este mentiroso artículo del JDD.

    Un "atentado ideológico", me decía hoy Víctor, el único de los cuatro que no conocía hasta el día de hoy, en que lo llamé para preguntarle qué posición tomaba frente a esto.

    Que se lo diga y se lo repita: NINGUNO DE NOSOTROS ES UN DECEPCIONADO DE EVO MORALES. Varios, por lo contrario, nos consideramos firmes partidarios y actores de esta revolución democrática. Aunque las citas entre comillas sean exactas, estando a tal grado fuera de contexto y siendo tan absolutamente contraria a la esencia de nuestro pensamiento, constituyen mentiras descaradas e injustas.

    Me acaban de leer hasta aquí acerca de Bolivia. De más de dos horas de entrevista en el mismo tono y con contenido similar, Jean-Baptiste y Julie Mouttet, los dos free lance de vacaciones (que no hablan una palabra de español, y menos aún de aymara o de quechua) rescatan sólo tres palabras: "una porquería de burocracia".

    Sí, probablemente haya dicho esas palabras. Pero estaba hablando de la burocracias heredada de 500 años de estado colonial, que lamentablemente aún prevalece.

    Los sistemas corruptos son en realidad los más burocráticos. Tienen un exceso de normas innecesarias y contradictorias. De hecho, en un sistema corrupto, "la regla" no tiene solución viable. La única manera de resolver las cosas es la de violar la regla, mediante la corrupción, precisamente. Y una de las inmensas dificultades de la situación actual es que funcionarios honestos, revolucionarios, y a menudo mal formados, tienen el cuidado y la instrucción de aplicar esta misma regla. Al no tener solución el sistema, y frente a una lucha radical contra la corrupción, las cosas no se hacen o se hacen mucho menos. Y es bien difícil hacer entender y valer que hoy la regla que se aplica ante todo es la nueva Constitución, aprobada por más del 62% del voto popular.

    Sacar de su contexto estas tres palabras: "una burocracia de porquería", es pura y simplemente una falta de honradez.

    ¿Cómo pudimos caer en esa trampa grosera? Antes de la entrevista, les pedí: "si es para hacer un artículo que critique a Evo Morales y al proceso de cambio, rechazo la entrevista. “ "¡Oh, no! ¡En absoluto! De hecho, en general, trabajamos principalmente para Politis [1]." "Somos diplomados de la escuela de periodismo". Y un montón de sutilezas similares para ganar la confianza.

    Incluso, una vez publicada la entrevista, los dos free lance tratan de quedar como dos buenones ingenuos: «Nos sorprendió tanto como a Uds. el leer la nota. Nuestro título era: “Bolivia: el balance positivo pero desilusionado de los expatriados”.» Por cierto, su texto original era un poco menos grosero, pero apenas. No me considero "desilusionado", tampoco me reconozco en ese término de "expatriado", y las pocas citas que fueron cortadas son igual de tendenciosas, descontextualizadas y deshonestas.

    En última instancia, la táctica detrás de sus insistentes preguntas es tan clara como el cristal. Los dos free lance aprendices de la prensa de vendedores de armas, Jean-Baptiste y Julie Mouttet, en realidad tenían un pedido muy explícito de la redacción de su pasquín: encontrar a los "expatriados" decepcionados (o sino "desilusionados") de Evo Morales. Preferiblemente algunos izquierdosos pasados de moda, cosa de seguir concluyendo el "fin de la historia".

    Los buscan, pero no los encuentran. Encuentran sólo todo lo contrario. Y el artículo es para este domingo. Entonces al diablo la ética, — hay que morfar— se recortan algunas palabras que permiten que el artículo responda al pedido. Incluso lo reconocen ellos mismos, en respuesta a mis protestas: "No pensamos haber deformado tus propósitos, sólo los seleccionamos de acuerdo a nuestras necesidades en el artículo." Impresionante... Ahora, la "deontología" es como fuera alguna vez que el derecho de autor (cuando no se confundía con los oxímoron de la "propiedad intelectual"): tiene que ver con la forma, no con el fondo...

    El domingo en el "Foro" del artículo, intento publicar una respuesta: “Yo soy uno de los entrevistados en este artículo, que es una sarta de mentiras, y exijo un derecho a réplica, al menos igual de largo. Bolivia realiza actualmente cambios profundos, con una nueva constitución, secular laica y plurinacional, mayor justicia social, etc. Contra insultos, mentiras, intentos de golpe, racismo y violencia, Bolivia mantiene la paz, la democracia y las libertades.

    Al JDD le importa un carajo. Incluso enviado a los dos free lance y al espacio "abusos" del sitio del pasquín derechista para que puedan verificar que soy la fuente, no hay respuesta. Un sólo comentario de "3615 Claire" que alaba el artículo: "Muy bueno el artículo, bien documentado y bien argumentado, gracias."

    El martes siguiente, cuando el tema ya no está en la página principal, se añade un segundo comentario, algo controversial cosa de hacer polémica, pero que aún alegremente ignora la deshonestidad periodística de los procedimientos utilizados. No contento de pervertir la verdad, el JDD tiene la deshonestidad de rechazar un derecho de réplica y el desprecio ni siquiera de responder.

    Hace unos meses, un artículo en el Diplo analizaba los estragos de la falta de investigación en la prensa de hoy. A los periodistas se los evalúa por la abundancia, la regularidad y sobre todo por el "rating" de su producción —aunque sólo sea strip tease de blogger— y no por su capacidad y la seriedad de su investigación, pilar esencial del periodismo como cuarto poder. Pero puede que sea mucho menos y mucho peor que eso: ¿qué proporción de los contenidos de la prensa es simplemente una mentira, fabricada mediante un proceso donde la conclusión, conforme al interés supremo de los patrones de la publicación está planteada de antemano, y donde se trata a toda costa, en contra de cualquier criterio de ética y de honestidad, de encontrar las justificaciones que sirvan esos intereses?

    Incluso podemos preguntarnos ¿qué necesidad tienen de pagar a los free lance? ¿qué necesidad de entrevistar personas reales? ¿qué diferencia habría con simplemente inventarlo todo? ¿El riesgo de una demanda por difamación? No, no me hagan reír ...

    Tal vez estas razones sean de la misma estirpe que la que llevaba a la Inquisición —y aún lleva a más de un poder fascista— a buscar a toda costa "confesiones". Incluso logradas bajo la tortura, incluso totalmente inventadas mediante conjeturas de trampa más que de investigación y íntima convicción de jueces imparciales, las confesiones y las pruebas son importantes para los pretendientes a dueños del mundo que suelen confundir la verdad con el teatro de sus mentiras. Extraña especie humana...


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