• Mexique : une communauté indigène zapatiste attaquée par la police


     
    La guerre de basse intensité menée par les autorités mexicaines fédérales, régionales et locales) contre les populations indigènes, mayas et zoques du Chiapas, s'intensifie.
    Pour permettre la mise en place d'un projet baptisé "écotouristique", la police de l'État du Chiapas, aux ordres du gouverneur PRD Juan Sabines, vient de franchir un degré de plus dans l'escalade vers ce que les zapatistes désignent comme une véritable "guerre d'extermination contre les peuples indigènes".
     
    Lors d'une brutale opération, réunissant des policiers fédéraux et des fonctionnaires du gouvernement local, parmi lesquels des représentants du ministère de "l'Environnement", les forces de l'ordre ont brûlé les maisons, avec tous leurs effets personnels, des habitants du Poblado Laguna San Pedro. Ils ont saccagé les cultures (y compris les réserves de semences de maïs et de haricots, ainsi que des arbres fruitiers) et pillé la boutique coopérative des membres de cette communauté de la forêt Lacandone, appartenant à la commune autonome Ricardo Flores Magón. Ceux-ci ont ensuite été emmenés de force, avec des hélicoptères, vers la ville de Palenque. Les autorités prétendent vouloir reloger les personnes ainsi déplacées dans une zone "en dehors de la réserve de la biosphère", opérer une reforestation et, au passage, développer des cultures... destinées à la fabrication de "biodiesel".

    L'État mexicain et les multinationales de l'énergie et des "loisirs" s'arrogent ainsi le droit, au nom de la défense de l'environnement, d'expulser des populations qui ont pourtant démontré depuis des millénaires leur capacité à vivre en harmonie, sans l'aide de quiconque, dans ces régions de forêts tropicales.
     
    Il faut noter que cette politique d'expulsions de la région des Montes Azules, préparée depuis des années (1), compte sur l'appui de gouvernements étrangers, parmi lesquels ceux de l'Union européenne (avec le tristement célèbre programme Prodesis), et de plusieurs multinationales de l'environnement, telles que Conservation International et le WWF (2). Une simple lecture de la composition des conseils d'administration de ces ONG permet de comprendre qu'à côté des mégaprojets touristiques se dissimulent également les convoitises sur le pétrole, l'uranium, l'or et surtout la formidable biodiversité que recèle encore, malgré des décennies de pillage, ces régions du Sud-Est mexicain.

    Dans un communiqué, le Conseil de bon gouvernement de La Garrucha s'adresse à la "société civile nationale et internationale", pour lui demander sa solidarité face à de tels agissements.

    Pendant ce temps, la routine de la terreur continue son petit bonhomme de chemin, un peu partout au Mexique. Dans des régions soumises au contrôle direct de l'armée, les enlèvements et les assassinats se multiplient. Huit mille meurtres, au cours de ces douze derniers mois, sont imputés aux gangs du narcotrafic, dont les connections avec les forces policières et militaires ainsi qu'avec des responsables des trois grands partis politiques (PRI, PAN et PRD) ne sont plus à démontrer. Hier, 31 janvier, des tueurs ont froidement abattu treize jeunes gens de quatorze à dix-huit ans, qui fêtaient la victoire de leur équipe de foot
     
    . Cela se passait à Ciudad Juárez, cette ville proche de la frontière avec les USA, où les usines de montage tournent à fond et où des centaines de jeunes femmes ont été assassinées depuis 1995, sans qu'aucune enquête n'aboutisse.

    Mais tout n'est pas noir dans ce tableau, diront certains : le Mexique accueillera, en grande pompe, le prochain sommet mondial sur l'environnement.

    Jean-Pierre Petit-Gras


    (1) Cette dernière opération policière a été opportunément lancée suite à la requête des "propriétaires" de plusieurs centaines de milliers d'hectares dans la région des Montes Azules. Il s'agit de quelques dizaines de membres d'une communauté "lacandone" à qui le président Luis Echeverria - par ailleurs responsable d'une terrible "sale guerre" contre les opposants après les massacres de Tlatelolco à Mexico - avait "offert" ces 617 000 hectares, prévoyant de les instrumentaliser contre les milliers de jeunes indigènes, à la recherche d'un lieu pour vivre, qui étaient en train de s'y installer.

    (2) À la tête de cette dernière, on note, pêle-mêle, un ancien directeur général de Shell, un ministre des finances du Pakistan, un ancien premier ministre des Pays-Bas, une dirigeante de Coca-Cola - secteur environnement, bien sûr - et une pléiade de têtes couronnées.

    CSCPL Source ici

    votre commentaire
  • Cet article du Post est un concentré parfait de l’idéologie, de la thématique et du vocabulaire qu’utilisent Le Monde ou Libération dans leur campagne permanente contre le "socialisme du XXIème siècle" de Chavez

    Le Washington Post "fait s’effondrer" la Révolution Bolivarienne


    AUTEUR:  Rafael RICO RÍOS

    Traduit par  Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve/


    Le 25 janvier 2010, The Washington Post a publié l’article Comment s’effondre la révolution de Hugo Chávez” signé par Jackson Diehl, éditorialiste et spécialiste de l’analyse internationale. Cet article est publié juste avant le terrible tempête médiatique déclenchée par l’affaire des chaines de télévision. Dommage pour cet auteur qui aurait pu y trouver quelque argument supplémentaire dans sa tentative volontariste de faire s’écrouler des révolutions.

    La première phrase de son analyse est sans appel : "Hugo Chávez et son socialisme du 21ème siècle ont échoué et roulent vers l’abîme.

    Face à une telle affirmation on ne peut s’attendre qu’à des révélations transcendentales et indiscutables de la part de l’analyste.

    Cependant, nous sommes habitués à la presse commerciale et à ce genre d’analystes et nous trouvons rapidement ce à quoi nous nous attendions.

    L’auteur dévoile rapidement sa position politique : “Au Honduras, sept mois de crise déclenchée par un client de Chávez créant une rupture de l’ordre constitutionnel, s’achèvent sur un accord qui l’enverra en exil après qu’un nouveau président élu démocratiquement a prêté serment comme président.”

    Ce qui ne mérite aucun commentaire.

    L’article aborde ensuite la crise économique, toujours fondamentale pour la presse commerciale. “Le Venezuela est secoué par la récession , l’inflation á deux chiffres, et le possible effondrement du réseau électrique national.” Et ajoute que pendant ce temps, “une élection présidentielle au Chili, économie la plus prospère de la région, a produit la première victoire d’un candidat de la droite”. Typique comparaison entre deux systèmes en lutte depuis quelques années.

    Si nous examinons les chiffres de l’économie chilienne nous observons qu’en 2009 celle-ci a subi une chute du PIB d’un 1,9 %, et une contraction sans précédent depuis la crise de 1982. Tandis que l’économie vénézuélienne a reculé de 2,9% en 2009. L’économie chilienne a cru en 2008 de 3,2% et l’économie vénézuélienne a cru en 2008 de 4,8%.

    Nous ne comprenons donc pas à quelle économie prospère se refère l’auteur. J’imagine qu’il se réfère á l’économie prospère pour les néo-libéraux, à savoir pour les riches et grands entrepreneurs internationaux, qui au Chili peuvent faire et défaire en toute “liberté”, sans s’inquiéter des injustices et des misères que provoque leur modèle de développement. Le gouvernement bolivarien a atteint, en pleine crise globale, la plus grande baisse de l’indice d’inégalité de toute l’Amérique Latine, l’indice Gini, qui descend à 0,41.

    Comme toujours notre analyste avisé évoque le thème des Droits de l’Homme : “Piñera a ainsi offert à Washington une occasion d’élever la voix sur les violations des droits de l’homme au Venezuela.”

    Voici le dirigeant le plus autorisé pour parler des Droits de l’Homme : Piñera. Dirigeant du parti de la droite chilienne, cette droite assise sur l’héritage d’excellentes réussites en matière de Droits de l’Homme comme 35.000 persones victimes de violations des Droits de l’Homme - 28 mille torturés, 2.279 exécutés et 1.248 qui restent disparus.

    L’auteur insiste sur le Honduras, parle des élections illégales et affirme que “Le résultat est une victoire pour les États-Unis qui furent pratiquement le seul pays à appuyer une élection démocratique alors que la situation était au point mort. Honduras marque la fin de la croisade de Chávez pour exporter sa révolution vers d’autres pays”.

    Nous voyons que pour l’auteur, dans le cas du Honduras, peu importent les Droits de l’Homme. Que le Honduras a subi un coup d’État militaire avec perquisitions illégales, arrestations massives, exécutions extrajudiciaires, fermeture de médias, cela indiffère l’auteur. Ce qui importe est de mettre un terme à la croisade de Chavez.

    Haití ne fait qu’agrandir le trou de Chavez. Face au monde, les États-Unis commandent une opération humanitaire massive et les Haïtiens encouragent l’arrivée des Marines nord-américains.” Même la tragédie d’un tremblement de terre est une raison de plus pour justifier l’argument selon lequel Chavez est fini. Il est difficile de suivre sa logique, si tant est qu’elle existe. Ni les coups d’État, ni les disparitions, ni les tortures, ni les assassinats, ni les tremblements de terre, ni la faim, ni la souffrance. La seule chose qui semble importer à l’analyste c’est la défaite de Chávez.

    Il revient à l’économie : “L’économie vénézuélienne est entrée dans une profonde récession et continue à plonger tandis que le reste de l’Amérique Latine se récupère. Les économistes prédisent que l’inflation pourrait s’élever à 60 pour cent dans les prochains mois.”

    Nous savons qui sont ces économistes qui prédisent une inflation de 60% et l’écroulement de l’économie, et nous imaginons que ce sont les mêmes qui annoncent fréquemment depuis dix ans la chute du gouvernement Chávez pour faillite économique alors que dans la dernière décade, le Venezuela a atteint les meilleurs chiffres économiques des dernières décades, dont l’inflation la plus basse.

    En se référant à Haiti et au rôle déplacé de Chávez il ajoute que celui-ci “a même affirmé que la Marine des États-Unis a provoqué le tremblement de terre avec une nouvelle arme secrète.” Cette affirmation il l’a tirée d’un article d’opinion repris d’un certain “Patria Grande” et repris notamment par une chaîne de télévision publique vénézuélienne. J’imagine que suivant la même logique, toutes les opinions qui s’expriment dans une télévision publique nord-américaine devront être attribuées à Obama.

    Comme on pouvait s’y attendre depuis le début du texte, il fallait citer une enquête. “... Les indices d’approbation de Chávez ont continué à s’effondrer : il est tombé sous les 50 pour cent au Venezuela et à 34 pour cent dans le reste de la région.

    On ignore à quelles enquêtes se réfère l’auteur. Ce 34% d’appui dans le reste de la région est intéressant si on prend en compte la campagne médiatique internationale. Cependant au Chili il n’y a pas eu de vote pour que les chiliens élisent le président du Venezuela. Ce qui importe, ce sont les élections nationales et jusqu’il y a deux semaines les enquêtes les plus sérieuses du pays confèrent un haut pourcentage de popularité (autour de 60%) à Hugo Chávez, suffisant pour gagner aisément les prochaines élections présidentielles.

    De toutes manières, c’est au peuple vénézuélien que revient le dernier mot, bien que l’analyste du Washington Post ne semble pas croire beaucoup en lui, et jusqu’à l’heure actuelle Chávez a gagné clairement toutes les élections auxquelles il s’est présenté comme candidat. L’analyse se conclut par une brillante affirmation : “... le point d’inflexion dans la bataille entre populisme autoritaire et démocratie libérale en Amérique Latine est passé – et Chavez a perdu.”

    Sans arguments ... et sans commentaires.


     


    Source : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=99473

    Article original publié le 28 janvier 2010

    Sur l’auteur

    Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur  et la source.

    URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9883&lg=fr


    votre commentaire
  • "El Pais" baillonne Chavez

    Par Rafael Rico Ríos pour [Rebelión]

     

     

    Une fois de plus, le journal espagnol El País nous donne une leçon de journalisme de qualité avec son éditorial du 26 janvier, intitulé “Chávez Amordaza.” (Chavez censure). Cet éditorial marque la ligne idéologique d’un journal et dans le cas présent, il définit très clairement la position du média vis-à-vis du processus vénézuelien

    El País critique la suspension temporaire de 6 chaines de télévision au Venezuela. American Network, America TV, Momentum, RCTV, Ritmo Son et TV Chile, sont suspendues jusqu’à ce qu’elles acceptent de respecter les lois en vigueur. Les points soulignés par El País correspondent parfaitement avec ce qui se diffuse internationalement dans les médias commerciaux.

    L’éditorial s’ouvre en affirmant que “le gouvernement vénézuelien a définitivement coupé le signal au canal de télévision”. Or la suspension de la possibilité d’émettre de ces six chaines n’est pas définitive. Il n’y a aucune déclaration de la part des responsables de cette mesure qui indique qu’elle sera définitive, au contraire il s’agit d’une suspension temporaire. Cela a été dit et redit par la Commission Nationale des Telecommunications, CONATEL (équivalent du CSA) et les compagnies de cable elles-mêmes ont insisté en ce sens auprés des chaînes privées. Ce n’est donc en rien une suspension définitive comme le clame l’article.

    Les chaines suspendues, qui avaient parfaitement connaissance du cadre juridique qu’elles étaient dans l’obligation de respecter, doivent se présenter devant la CONATEL pour s’enregistrer comme production nationale audiovisuelle et ainsi réunir les conditions requises par la Loi de responsabilité Sociale pour la Radio et la Télévision (Resorte). Elle pourront dès lors immédiatement recommencer à émettre. C’est donc une mesure de réajustement vis-à-vis des lois vénézueliennes. Le canal TV Chile, par exemple, voit son signal déjà en cours de rétablissement

    Cependant, dans ce spectacle, Radio Caracas Television ( RCTV) a un autre objectif : créer de l’agitation dans des rues. Il faut rappeler que RCTV a participé activement au coup d’Etat du 11 avril 2002, et à d’autres tentatives de déstabilisation ces dernières années. Son objectif semble être de se victimiser, de maintenir la situation de conflit dans la rue, et de créer de la violence. Le 26 janvier, la mort de deux étudiants dans la ville de Mérida a été confirmée, l’un d’entre eux était membre du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, et manifestait pour appuyer les mesures du gouvernement.

    El País continue en expliquant que “Caracas accentue sa politique visant à faire taire les médias d’information critiques”. Depuis que Chávez gouverne, aucun média de communication ne s’est vu interdire pour avoir été critique. Dans le cas en question de RCTV en 2007, c’est la concession pour émettre sur le canal hertzien public qui est arrivée à terme. La chaîne a été transférée vers le réseau câblé et satellite. En 2007, le même journal répétait à l’envie que RCTV avait été fermée. Dans ce cas, si la chaine a été fermée en 2007, comme le claironnaient les grands médias, qu’est-ce qui est fermé aujourd’hui par le gouvernement ?

    El País insiste également sur la question de la répression : “ce n’est pas la première fois que des voix discordantes sont supprimées” ... “en aout passé, Caracas à muselé trente autres stations de radio qui supposément n’auraient pas renouvelée leur concession administrative”. En août 2008 les concessions de diffusion pour 34 radios sur les plus de 800 existantes au niveau national ont été révoquées. Ces stations furent fermées, non pas pour des raisons politiques, mais parce qu’elles refusaient de respecter la Loi Organique des Télécommunications. Certaines d’entre elles n’étaient même pas d’opposition, toutes les stations du pays ayant été inspectées en application de la loi et certaines d’entre elles présentaient des irrégularités.

    Celles-ci eurent un délai de plusieurs mois pour régulariser leur situation, et finalement, celles qui n’y avaient pas remédié ont été fermées. Ces mesures sont habituelles dans tous les pays, les stations qui ne respectent pas la loi sont suspendues. Certaines d’entre elles, héritées de père en fils, dans la totale illégalité, appartenaient à des entrepreneurs de l’opposition qui, une fois de plus, ont profité de l’application de la loi pour générer des troubles et accuser le gouvernement d’attaquer la liberté d’expression. La mise à jour des ondes permet d’ailleurs de libérer certaines fréquences pour les médias associatifs, qui connaissent un boom depuis leur légalisation par le gouvernement bolivarien et de poursuivre ainsi la démocratisation du "latifundio radio-électrique".

    El País, dans son éditorial, cite que “la commission inter-américaine des droits humains considère la mesure comme une attente aux garanties constitutionnelles et ajoute que les chaines fermées n’ont pas eu la possibilité de se défendre devant une autorité impartiale.” Nous ne savons pas à quoi il est fait allusion par “se défendre devant une autorité impartiale”. La CONATEL est l’organisme public qui régule les télécommunications au Venezuela et ses portes sont ouvertes pour que ces chaines présentent les pré-requis édictés par la Loi Resorte et rétablissent leur diffusion. Diosdado Cabello, président de la CONATEL l’a répétée une fois encore : “le signal est resté ouvert pour les autres télévisions qui ont été établies comme productions nationales, la loi est la même pour tout le monde. Nous avons tous les mêmes droits et devoirs”

    L’éditorial accuse également Chavez du fait de ses politiques économiques : “Chavez opère un contrôle des prix, la fermeture de centaines de commerces et menace d’expropriation. Tout un arsenal antidémocratique”. Certaines entrepreneurs vénézueliens ont profité des rumeurs des conséquences de la dévaluation de la monnaie pour augmenter leurs prix de leurs produits sans justification, jusqu’à + 300%, pour spéculer et d’enrichir. Si prendre des mesures pour contrôler la spéculation, l’augmentation des prix et les monopolisations est antidémocratique, qu’est-ce que El País considère comme démocratique ? Appuyer les entrepreneurs qui trichent, qui volent et pratiquent l’usure ?

    Finalement, il est affirmé que “Radio Caracas Télévision International refuse de transmettre les discours doctrinaires du président”. Parmi les normes non respectées par ces canaux, y compris RCTV l’on trouve : non transmission des allocutions présidentielles (pas uniquement les directs), non diffusion de l’hymne national, non annonce du type de production, des éléments de langage, santé, sexe et violence, la diffusion de plus de deux heures de séries pour adultes aux horaires pour enfants. Ce n’est donc pas seulement pour ne pas transmettre, lorsque ceci est envisagé, les discours du président.

    Le plus préoccupant est un fait qui n’a pas été publié par la presse commerciale internationale, les déclarations de Noel Álvarez, président de la Fédérations des Chambres et Associations de Commerce et de Production du Venezuela, Fedecamaras (équivalent du MEDEF).

    Le 21 janvier, sur RCTV, la chaine défendue par ces médias pour son caractère si démocratique, Noel Álvarez déclare que la solution pour en finir avec Chavez est la “solution militaire” (heureusement qu’il n’a pas dit la solution finale ...), avec la réaction enthousiaste du journaliste-intervieweur vedette de RCTV, Miguel Ángel Rodríguez, qui applaudit triomphalement à cette idée de la “solution militaire”.

    Évidemment, El País ne le mentionne pas. Serait-ce parce que ce journal défend également la solution militaire ?

    Ce type d’éditorial est un exemple de la position de El País vis-à-vis de Chavez. Jour après jour, il bombarde de manière maladive, à la limite de la paranoïa, une kyrielle d’articles contre le président Chavez. Il devient urgent de se demander : s’ils pense tout cela d’un président élu par plus de 60% de la population vénézuelienne, alors que pensent-ils des millions de sympathisants qui appuient le président Chavez ? La réponse semble être claire : il les méprise.

    Demi-vérités, déformation, mensonge, insultes, manipulation, toute un vocabulaire utilisé pour s’en prendre quotidiennement au Président Chavez. Et en réalité, ce qu’à l’air d’oublier ce média, peut être parce qu’il a perdu tout principe démocratique, c’est qu’au fond tout cela représente l’indifférence pour la décision des électeurs vénézueliens. Une fois encore, El País méprise le peuple vénézuélien.

    Vidéo des déclarations de Noel Álvarez sur RCTV où il demande une “solution militaire, à partir de 1 min 40 : http://www.youtube.com/watch?v=YbLN...

    Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/


    1 commentaire
  • Honduras : investiture putschiste de Lobo et exil de Zelaya

    Lobo devient président élu mais illégitime. Zelaya part à la Dominique.

     

    mercredi 27 janvier 2010, par Primitivi

    Aujourd’hui mercredi 27 janvier, aura lieu à Tegucigalpa l’investiture de Porfirio ("Pepe") Lobo, le vainqueur des élections présidentielles de novembre dernier. Depuis le Coup d’État de juin 2009 le Honduras subit une dictature menée par Roberto Michelleti (ex-président du Parlement) et soutenue par l’oligarchie, les grands entrepreneurs et les multinationales implantées dans le pays.

    Le même jour, Manuel Zelaya, le président légitime qui a été chassé du pouvoir par le putsch, brièvement expulsé au Costa Rica via les bases militaires nord-américaines. Il a tenté durant tout l’été de revenir au pays, soutenu par une proportion de plus en plus grande la population. Il a finalement réussi à revenir clandestinement en septembre, menacé, il s’est réfugié dans l’ambassade brésilienne qu’il quittera aujourd’hui pour être à nouveau exilé, vers la Dominique cette fois.

    Les États-Unis après quelques tergiversations ont finalement ouvertement soutenu la dictature en n’exigeant pas la réintégration de Zelaya et en reconnaissant les élections du 29 novembre. Il est à noter que M. Obama avait changé de politique à cause d’un poste d’ambassadeur au Brésil et de sous-secrétaire d’Etat dont l’attribution à des partisans d’Obama était bloquée par une partie des Républicains du Congrès.

    La Résistance hondurienne se mobilisera lors de l’expulsion de Zelaya

    Le leader du Front National de Résistance Contre le Coup d’État au Honduras, Rafael Alegría, a indiqué que le peuple manifestera ce mercredi pour l’expulsion du président constitutionnel Manuel Zelaya Rosales.

    Ce mercredi 27 janvier Zelaya sortira de l’ambassade du Brésil au Honduras et se dirigera vers la République Dominicaine.

    Cela a été possible après que le vainqueur des élections présidentielles controversées, Porfirio Lobo, lui ai octroyé un sauf-conduit. De cette façon, le président légitime sortira du pays en qualité de citoyen illustre et pourra rencontrer le président dominicain Leonel Fernández.

    Alegría a indiqué que la manifestation de la résistance a pour objectif de "lancer une proclamation nationale de la résistance et d’accompagner les adieux du président Zelaya".

    Lobo a annoncé que la sortie de Zelaya, se fera le même jour que son investiture en tant que président du Honduras, malgré les critiques d’un grand nombre de pays et de la résistance hondurienne. Le dirigeant du Front a reconnu que la résistance n’a pas pu remplir son premier objectif qui était de restituer Zelaya à son siège de président. Mais il considère que le coup d’État a produit un réveil dans la conscience de la population qui cherchera maintenant à "refonder" l’État.

    Zelaya aurait dû terminer son mandat comme président ce mercredi 27 janvier mais un putsch civile/militaire l’a expulsé du pouvoir le 28 juin 2009. Les élections présidentielles de novembre dernier, prévues de longue date, se sont finalement déroulées sous un régime putschiste. Considérant cela comme un tentative de légitimer le coup d’État de juin de nombreux pays n’ont pas reconnu ces élections, seuls les proches alliés/vassaux des États-Unis, Israël, le Panama, le Costa Rica, la Colombie et le Pérou ont reconnu ces dernières.

    Front de Résistance au Golpe : "Pepe Lobo a été et reste un putschiste"

    Le Front de Résistance contre le Coup d’État au Honduras considère que le président élu Pepe Lobo représente une continuité du putschisme. Comme l’a indiqué Lorena Zelaya, la représentante du Front au Forum Social de Porto Alegre.

    Lorena Zelaya a également déclaré que Lobo "ne va pas pouvoir gouverner, il va juste administrer le désordre qui existe au Honduras". Elle a précisé que "économiquement le pays est détruit et mis en désordre, à tel point qu’administrativement c’est une folie". L’activiste fait remarquer que "pour le Front il est capital de continuer à diffuser des communiqués pour comprendre tout ce processus de ce Coup d’État au Honduras".

    Lorena Zelaya a assuré que "il y a au Honduras une population qui après 190 jours de lutte et de protestation dans la rue continue d’espérer pouvoir changer les choses". "C’est une obligation pour le Front d’encore plus communiquer sur ce qui se passe [...] il y a peu d’informations sur la situation au Honduras qui circulent dans le monde", a-t-elle déclaré.

    Voir également nos précédents articles à propos du Honduras


    Source : Agencia Pulsar
    "La Resistencia hondureña despedirá a Zelaya con movilizaciones"
    "Frente de Resistencia al Golpe : “Pepe Lobo fue y es golpista”"
    Traduction : Primitivi


    votre commentaire
  • Les 8 décisions du sommet de l’ALBA pour Haïti

     

    25.01.10. Caracas. La réunion des chanceliers des pays membres de l’ALBA a abouti à huit décisions de coopération concrète avec le peuple haïtien, avec pour axe central la santé.

    L’efficacité de cette coopération reposera sur une action à court, moyen et long terme, supervisée par une commission nommée à cette fin.

    Le plan a pour premier point le secteur de la santé, divisé en trois phases fondamentales.

    a) l’urgence, pour soigner les traumatismos et les pathologies diectement produites par le tremblement de terre .

    b) l’épidémiologie, pour traiter les conséquences dérivées de l’insalubrité, avec des services de base.

    c) la réhabilitation.

    20 millions de dollars ont été engagés pour commencer ce travail.

    Second point : un appui financier à travers le Fond Humanitaire de l’ALBA pour Haití, doté par les États membres dans le but de rassembler des Fonds des organisations politiques apportés de manière volontaire. Cela se développera via les collectes d’entreprises comme Pétroles du Venezuela (Pdvsa) et de l’entreprise CITGO. Pour cela le président Chávez a suggéré une première dotation de 100 millions de dollars.

    Troisième point, la continuation de l’appui énergétique à travers Petrocaribe. Le président vénézuélien a souligné l’anulation de la dette de Haití envers Petrocaribe. Il a également anoncé la création d’un plan spécial pour l’approvisionement direct en combustible à travers les stations-service dans les endroits stratégiques.

    Elles seront orientées sous la forme d’aides gratuites pour les véhicules utilisés par les véhicules des centres assistentiels humanitaires, hôpitaux et personnel de soutien, ainsi que l’aide directe à la population pour la génération d’électricité.

    Quatrième point : des initaitaives agricoles seront développées pour la fourniture d’aliments et des plans de production seront réactivés tels qu’ils s’effectuaient auparavant dans le cadre de l’initiative ALBA-Aliments. Débutera une campagne de reforestation, pour laquelle seront construits de petites réserves d’eau, des citernes de captation, des puits artésiens avec des camions-perforeurs, des dons de semence et d’outils agricoles tels que des machettes seront effectués, ainsi que des microtracteurs, des pelles pour la construction, dans le but de construire une école de formation en agroécologie, initiative de la Brigade de la Vía Campesina du Brésil, présente en Haití.

    L’éducation constitue le cinquième point : il s’agit de former les jeunes haïtiens à des carrières techniques de cycle court. Un plan proritaire sera développé pour la réhabilitation et les fournitures scolaires, la formation de maîtres et la réception prioritaire d’enfants dont les parents migreraient vers des pays de l’ALBA dans des écoles de systèmes publics nationaux.

    Sixième point, le chef de l’État vénézuélien a souligné l’importance d’intensifier les plans de l’ALBA en décrétant l’amnistie migratoire aux fins de faciliter le mouvement dans les deux sens :

    a) Réception des familles dans les pays de l’ALBA.

    b) Création d’une brigade solidaire de coopération qui apportera une aide à travers les réseaux de haïtiens qui résident au Vennezuela, et qui compte environ 15000 personnes.

    Point sept, une étude détaillée sera faite avec des recommandations pour concentrer l’effort et refonder le développement humanitaire en Haití. A cette fin seront créés trois campements avec une capacité de loger jusqu’à 8 mille victimes à Port-au-Prince, Jacmel et Leogane, avec la logistique de l’entreprise pétrolière CITGO aux États-Unis (filiale de Pdvsa) pour acquérir les outils, les matériels spécialisés nécessaires à remettre en état les ports haïtiens. En ce sens CITGO a acheminé sur les lieux de la catastrophe 2 mille 500 transmetteurs de radio et des milliers de tentes de campagne.

    Le huitième point concerne la coopération en matière de sécurité, de transport et de logistique pour réunir les efforts et appuyer le peuple de manière efficace sur le plan humanitaire.

    Les représentants de l’ALBA ont souligné l’importance de ce que "les efforts pour reconstruire Haití devrront veiller à ce que le peuple et le gouvernement de ce pays en soient les principaux protagonistes. Ils ont insisté sur le principe de souveraineté et d’intégrité territoriale".

    Ils ont manifesté leur préoccupation au sujet de “la présence excessive de forces militaires étrangères en Haití, sans motifs qui le justifient et sans clarté sur leur autorité, leurs objectifs, leurs compételes et la durée de leur séjour”.

    Les pays de l’ALBA rappellent que “l’instance la plus indiquée est le G-192, constitué par l’Organisation des Nations Unies (ONU), afin de garantir que nul ne profite de la terrible situation que vit Haïti pour entamer une nouvelle occupation qui viole la souveraineté de ce pays et pour que nulle entrave ou restriction d’aucune sorte ne soient mises aux pays qui souhaitent coopérer”.

    (FIN/ Rodicely Cárdenas Barillas)

    Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve/

     

    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    25.01.2010. Las 8 decisiones de la cumbre del ALBA para Haití

    25.01.10, Caracas. Como resultado de la reunión sostenida por los cancilleres de los países miembros del ALBA, se establecieron ocho puntos de implementación para cooperar con el pueblo haitiano, resaltando el área de la salud como eje central y articulador de la cooperación solidaria de la alianza.

    Resaltó que para lograr una articulación a nivel superior de solidaridad, es importante activar un programa de desarrollo a corto, mediano y largo plazo, por una comisión designada.

    El plan destaca como primer punto el área de salud, estructurada en tres fases fundamentales, concentrado en:

    a) emergencia, para atender los traumatismos y patologías directamente derivadas del terremoto;

    b) epidemiología, para atender las consecuencias epidemiológicas derivadas de la insalubridad, con servicios básicos;

    c) rehabilitación.

    Fueron destinados inicialmente 20 millones de dólares para emprender esta labor.

    Como segundo punto fue creado un apoyo financiero mediante el Fondo Humanitario del ALBA para Haití, dotado por los estados miembros con el fin de recolectar fondos por organizaciones políticas que realizarán su aporte de forma voluntaria.

    Subrayó que se desarrollará con el resultado de colectas de empresas como Petróleos de Venezuela (Pdvsa) y la empresa Citgo, para ello el presidente Chávez sugirió que se destinen 100 millones de dólares para conformar este fondo.

    El tercer punto se basa en la continuación del apoyo energético a través de Petrocaribe. El Presidente venezolano destacó la condonación de la deuda de Haití con Petrocaribe. Adelantó además la creación de un plan especial para el suministro directo de combustible a través de estaciones de servicio móviles en puntos estratégicos.

    Se creará un plan especial para el suministro directo de combustible al pueblo a través de estaciones móviles de servicio ubicadas en puntos estratégicos. Estarán orientadas a las ayudas gratuitas en combustible para los vehículos utilizados en centros asistenciales humanitarios, hospitales y personal de apoyo, así como la asistencia directa a la población para la generación de electricidad.

    Como cuarto punto se desarrollarán iniciativas agrícolas para el suministro de comestibles y se reactivarán planes de producción que se venían ejecutando por la iniciativa ALBA-Alimentos.

    Se iniciará una campaña de reforestación, por lo que se construirán pequeños embalses de agua, cisternas para captación de agua, pozos artesanos con camiones perforadores, se donarán semillas para la siembra y herramientas agrícolas como machetes, microtractores, palas para la construcción de una escuela de formación en agroecología, que contará con la iniciativa de la Brigada de la Vía Campesina de Brasil, presente en Haití.

    La educación será el quinto punto de implementación y formará jóvenes haitianos en carreras técnicas cortas. Se desarrollará un plan prioritario de rehabilitación y dotación escolar, formación de maestros y la recepción prioritaria de niños cuyos padres migraran a países del ALBA en escuelas de los sistemas públicos nacionales.

    Sexto punto : el jefe de Estado venezolano resaltó la importancia de intensificar los planes del ALBA decretando la amnistía migratoria que facilite el desarrollo de movimientos en dos sentidos:

    a) recepción de familiares de los países del ALBA

    b) la creación de una brigada solidaria de cooperación que brindará atención a través de las redes de haitianos que residen en Venezuela, compuesta por aproximadamente 15 mil personas.

    Como punto siete, se realizará un estudio detallado y sus recomendaciones para concentrar el esfuerzo y refundación del desarrollo humanitario en Haití. Para ello se crearán tres campamentos con capacidad de albergar hasta 8 mil damnificados en Puerto Príncipe, Jacmel y Leogane, con la logística de la empresa petrolera Citgo en los EE. UU. (filial de Pdvsa) para la adquisición de insumos, materiales especializados necesarios, en vista del colapso de los puertos haitianos. En este sentido informó que Citgo trasladó al lugar de la catástrofe 2 mil 500 radios transmisores y miles de tiendas de campaña.

    En el octavo punto se cooperará con la seguridad, transporte y logística para sumar esfuerzos y apoyar a ese pueblo en la asistencia humanitaria de manera eficiente.

    Los representantes del ALBA subrayaron la importancia de que "los esfuerzos para reconstruir Haití deberán tener al pueblo y al gobierno de ese país como principales protagonistas. Hicieron énfasis en el respeto a los principios de soberanía e integridad territorial".

    A propósito, manifestaron preocupación por “la excesiva presencia de fuerzas militares extranjeras en Haití, sin motivos que lo justifiquen y sin precisión sobre su autoridad, propósitos, competencias y tiempo de permanencia”. Se recordó que “la instancia más indicada es el G-192, constituido por la Organización de Naciones Unidas (ONU), con el fin de garantizar que no se aprovechen de la terrible situación que vive el pueblo haitiano para emprender una nueva campaña de ocupación que violente la soberanía de Haití y permitir que todos los pueblos del mundo ejerzan su cooperación sin restricciones de ningún tipo”.

    (FIN/ Rodicely Cárdenas Barillas)


    votre commentaire
  • Evo Morales : un peuple au pouvoir

    Oscar FORTIN

    Vendredi dernier, le 22 janvier 2010, un évènement transcendant est venu marquer l’histoire de l’Amérique latine. Evo Morales, cet amérindien, formé à l’école de la vie et leader exceptionnel en qui le peuple Bolivien s’est reconnu, d’abord en 2005, en le portant au pouvoir avec 54% des voix, et en 2009, avec encore une plus forte majorité, soit plus de 64% des voix, a été intronisé à la tête du nouvel État Plurinational Bolivien. Deux faits particulièrement importants marquent cet évènement et lui donnent un caractère transcendant : il est le premier amérindien à être élu Président de la Bolivie et son intronisation marque l’inauguration d’un nouvel État Plurinational.

    Evo Morales est un personnage dont la figure porte l’héritage de peuples qui plongent leurs racines jusque dans la nuit des temps. Inspiré des trois grandes consignes qui ont guidé ces peuples amérindiens des Andes à travers leur marche dans l’histoire, à savoir « ne pas tuer », « ne pas mentir », « ne pas voler », il s’est gagné l’estime et le respect de ces peuples. Son intégrité dans son engagement, sa détermination à briser les barrières du racisme et sa persévérance sans limite pour sortir son pays de la dépendance et de l’exploitation éhontée qui en avaient fait le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud font de lui un leader exceptionnel pour son peuple, mais aussi un exemple pour les autres peuples qui cherchent à briser ces chaînes du racisme et de l’exploitation.

    Evo Morales n’est pas seul dans ce combat. Il est particulièrement secondé par un homme tout aussi extraordinaire en la personne de son Vice-président Alvaro Garcia Linera. Après des études secondaires en Bolivie, il s’est rendu au Mexique pour y poursuivre des études supérieures en mathématique et sociologie. À son retour, en 1985, il participe aux activités de l’Armée guérillera Túpac Katari et sera fait prisonnier, en 1992, sans jamais être jugé. Il y passera cinq ans qu’il consacrera à l’étude de la sociologie, des communications, des sciences politiques. À sa sortie de prison, il reprend son enseignement universitaire et devient un conférencier recherché à travers l’Amérique Latine où il donne de nombreuses conférences. Lors de l’élection présidentielle de 2005, il accorde son appui à Evo Morales qui gagne au premier tour. Le nouveau Président en fera alors son Vice-président, fonction qu’il conserve pour le second mandat (2010-2015).

    Intellectuel et praticien, tout à la fois, il a clarifié, lors de son discours d’intronisation, un certain nombre de concepts indispensables pour bien comprendre l’horizon des changements qu’a amorcé la Bolivie sous la direction des forces sociales et du leadership d’Evo Morales et de son équipe. Ce nouveau mandat, dit-il, marque la fin de « l’État apparent » pour laisser place à « l’État intégral » et cela dans une perspective socialiste. Notre modernité étatique, ajouta-t-il, celle que nous construisons et continuerons de construire avec l’appui populaire est très différente de la modernité capitaliste et il faut lui donner un nom. Notre horizon étatique est un horizon socialiste. Il fit ressortir, en s’inspirant du plus important penseur marxiste bolivien du siècle dernier, René Zabaleta Mercado, et du philosophe marxiste Antonio Gramsi, le caractère transcendant du passage d’un État colonial à un État Plurinational.

    L’État apparent, dit-il, est un État illusoire, qui n’arrive ni à rassembler, ni à synthétiser, ni à condenser la totalité de la population, mais seulement une partie privilégiée de celle-ci. C’est vrai pour le territoire, pour la culture, pour les us et coutumes et les formes d’organisation politique de la société. Ainsi, il n’est qu’un État partial qui ne représente qu’une partie de la société, qui ne développe qu’une partie du territoire, qui n’articule que certaines habitudes politiques et laisse de coté, marginalise, discrimine les autres secteurs sociaux, les autres territoires, les autres régions et les autres pratiques politiques qui caractérisent certaines communautés.

    La Bolivie, dit-il, a vécu, de 1825 à 2005 (180 ans), sous le règne d’un État apparent, parce qu’il a « exclu en tout premier lieu la majorité indigène ». Cette majorité n’a pas été incorporée, reconnue dans sa culture, dans ses héros, dans ses traditions, dans sa manière d’agir politiquement, dans sa présence et sa citoyenneté. La citoyenneté qu’instaura la République libérale fut la citoyenneté de caste, de noms et de chéquier. Ce fut sa première erreur qui en fit l’instrument du colonialisme et le ferment du racisme qui dura jusqu’en 2005, année de l’élection du premier amérindien à la Présidence de la République.

    C’est dans ce contexte que la Bolivie s’est orientée et continue de s’orienter vers un État intégral que le philosophe marxiste Antonio Gramsi définit comme celui en qui il y a une correspondance entre la société civile, les citoyens, les régions, les travailleurs, les classes sociales et sa représentation politique étatique. En ce sens, l’appareil gouvernemental doit unir et synthétiser tous les secteurs sociaux, les classes, les groupes nationaux, les régions, les collectivités et l’État intégral, forum reconnu pour son leadership morale, intellectuelle et politique et qui permet de les unir tous. La Bolivie amorce la construction d’un nouvel État qui ne sera ni colonial parce qu’il garantira l’égalité, ni patrimonial, parce qu’il distribuera la richesse, ni centralisateur, parce qu’il garantira l’autonomie et ni mendiant, parce qu’il assurera la souveraineté matérielle.

    Vendredi, le 22 janvier 2010, c’est ce nouvel État Plurinational qui a été inauguré sous le regard vigilant d’une assemblée législative et sénatoriale intégrale en qui le Peuple bolivien se reconnaît pleinement. Si les aristocrates et les oligarchies se retrouvent quelque peu orphelins, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes d’avoir cru qu’ils étaient à eux seuls le peuple.

    Il est malheureux que nos médias aient été plutôt discrets. L’édition électronique du quotidien Le Devoir n’avait rien à dire dans son édition du 23 janvier alors que Cyberpresse y allait avec un bref article qui ne relevait en rien le caractère exceptionnel de cet évènement. Le titre, coiffant l’article en question, donne le ton et surtout indique l’ignorance de son auteur : « Evo Morales entame son deuxième mandat sans rival, ni garde-fous ».

    Une courte leçon sur la démocratie participative aurait sans doute permis à l’auteur de découvrir que les organisations sociales, politiques, culturelles, économiques ne permettent pas aux dirigeants des institutions politiques d’avoir les deux mains sur le volant comme certains de nos dirigeants le font. Si Evo Morales et son équipe sont si fortement soutenus par le peuple, c’est moins par la désinformation et la manipulation que par le fait que le peuple se reconnaît en eux et en ce qu’ils font.

    Si la démocratie est le pouvoir du peuple aux commandes de son destin, il faut alors se réjouir de cette démocratie bien vivante en Bolivie. Un peuple avec les deux mains sur le volant et des leaders au service de la volonté de ce peuple sont une inspiration pour la véritable démocratie. Je ne comprends pas que certains de nos gouvernements démocratiques et de nos médias, si ouverts au monde et si indépendants, boudent une telle démocratie.

    Oscar Fortin ICI
    23 janvier, 2010


    votre commentaire
  • Honduras / Colombie : Quand le vice-président colombien, en visite au Honduras, demandait un "Bloc paramilitaire"

    par Dick Emanuelsson

    samedi 23 janvier 2010, par Primitivi

    Tegucigalpa le 13 janvier 2010 - Le vice-président Francisco Santos s’est mis les mains et les pieds dans la masse gluante de la ‘parapolitique’ en Colombie. Mais il salue et reconnaît le coup d’État au Honduras durant sa visite à Tegucigalpa, invité par des entrepreneurs honduriens.

    Le vice-président colombien Francisco Santos a dit à l’agence de presse AP dans sa visite au Honduras, que "la leçon de dignité que le Honduras a donnée à l’Amérique Latine et au monde mérite d’être applaudie et appuyée... et, dans ce sens, la Colombie est aux ordres des honduriens".

    Il n’y a aucun doute, et le président Álvaro Uribe lui-même l’a confirmé quand il a reçu la délégation du régime de facto de Micheletti quand celle-ci avait eu son premier contact à San José du Costa Rica avec Oscar Arias et la délégation du président Zelaya. La délégation n’est pas rentrée à Tegucigalpa mais a continué sa tournée au Panama et à Bogotá, se réunissant avec Martinelli et Uribe qui ont en commun d’être des pantins du Pentagone, qui ont permis à respectivement sept et quatre bases militaires américaines de s’installer sur leur territoire national. Selon la délégation de Micheletti et le quotidien El Heraldo, Uribe a montré une sympathie pour les événements du Honduras. Maintenant ceci est confirmé par le vice-président lui-même.

    Mais qui est Francisco Santos ? C’est un fils de l’empire du quotidien El Tiempo qui en Colombie "pose et dépose les présidents". Le poste de vice-président il l’a reçu en échange d’un dossier publié dans El Tiempo favorable à la campagne électorale de Uribe en 2002. A un moment Santos est parvenu à occuper la vice-présidence, le Ministère de la Défense et le Ministère du Logement et de la Culture. On peut dire, à propos du solde politique de Santos, qu’il a pissé partout.

    Mais Santos est un peu plus. Nous citons Caracol Radio (1) qui ne peut pas être accusé être de gauche ou populaire. A Caracol il ressort dans plusieurs perles médiatique et le 15 mai 2007, le chef des paramilitaires colombiens des AUC, Salvatore Mancuso, a raconté que Francisco Santos a sollicité les AUC et son chef d’alors, Carlos Castaño, pour que celui-ci crée une base paramilitaire appelée "Bloc Capital" autour de Bogotá où le groupe de guérilleros des FARC avait et a toujours une forte influence sur la paysannerie de part ses décennies de lutte pour une réforme agraire.

    Mancuso dit sur Caracol : "Du vice-président Francisco Santos, Mancuso a aussi dit qu’il l’a rencontré à au moins trois occasions, desquelles est ressorti son intérêt au projet paramilitaire, arrivant même à proposer la création d’un bloc d’auto-défenses pour la capitale, vu l’encerclement auquel les FARC soumettaient Bogotá. Salvatore Mancuso a assuré, même, que Carlos Castaño a offert à Santos d’être le commandant de la structure qui serait appelée Bloc Capital, ce à quoi le vice-président a répondu par la négative, parce qu’il ignorait comment s’occuper de cela".

    Et le premier, le Ministre de la Défense Juan Manuel Santos, n’était pas moins important, au contraire et il s’explique et confirme l’euphorie de Francisco Santos face au coup d’État et son résultat au Honduras.

    Nous citons Caracol : "Salvatore Mancuso, le paramilitaire démobilisé, a soutenu qu’il s’était réuni à deux occasions avec Juan Manuel Santos, actuel Ministre de la Défense, qui avait posé un accord entre les Auto-défenses et les FARC pour organiser une constituante et exiger le retrait du président de l’époque Ernesto Samper".

    L’ex-ambassadeur des États-Unis à Bogotá, Myles Frechette, a confirmé qu’il y avaient un groupe de l’élite colombienne qui lui avait demandé son aval pour exécuter un coup d’État en Colombie contre le président Ernesto Samper (1996-2000). L’un de ces personnages, selon les chefs paramilitaires, serait Juan Manuel Santos. Mais Frechette a rejeté la demande qui, paraît-il, suivait le même schéma qu’actuellement au Honduras, en pensant que les étrangers pouvaient moduler la politique en Colombie pour leurs propres intérêts sans coup d’État.

    En Colombie il y a presque une centaine de parlementaires emprisonnés qui font l’objet d’une enquête de la Cour Suprême de Justice pour leur rôle dans ce que l’on nomme la "parapolitique", c’est-à-dire les groupes de l’élite colombienne qui ont créé, utilisé et profité du paramilitarisme pour arriver au pouvoir dans des communes comme pour les présidentielles. Uribe est considéré comme le "Numéro 82" par le Ministère de la Défense américain que dans une investigation et un rapport secret de mars 1991 a été classé avec le numéro "82", étant donné que la liste comprenait 116 personnes liées au Cartel de Medellín, des intimes, des alliés et des amis du baron de la drogue, Pablo Escobar. Uribe est le "Numéro 82" dans cette liste.

    Ils avaient les bandes de tueurs à Medellín qui ont été transformées en groupes paramilitaires. En 2001 la revue News Week a réussi à mettre au jour les fichiers secrets pour lesquels le reporter accrédité par la revue en Colombie a dû abandonner le pays pour avoir reçu des menaces de mort.

    Ca n’est pas tellement insolite qu’avec une telle "feuille route", le vice-président dise "Mon admiration pour le peuple hondurien est personnelle et institutionnelle. Il a stoïquement enduré les pressions internationales, l’ingérence extérieure et toutes sortes d’assauts contre sa souveraineté afin de ne pas permettre qu’un modèle anachronique s’implante dans le pays".

    Mais : qu’il ne s’échappe pas aussi facilement ! Le nerveux F. Santos, sur qui tant ici au Honduras comme en Colombie, la Cour Internationale Pénale travaille à enquêter sur des cas où des groupes de paramilitaires colombiens sont impliqués dans des massacres ou des assassinats sélectifs dans les deux pays, sur information des organismes des droits de l’homme comme le COFADEH et de CODEH.

    Monsieur Santos rêvait de son propre "Bloc Capital" pour qu’il le protège contre le groupe de guérilleros à Bogotá. Mais les "matones" paramilitaires qui tuaient à moto et brûlaient, incinéraient des milliers de victimes dans des fours dans un pure style nazi, mais la vérité va tôt ou tard atteindre non seulement les auteurs matériels, comme le cas de Salvatore Mancuso, mais aussi ceux qui ont donné l’ordre d’exécuter ces crimes contre l’humanité sur une population démunie.

    Dans une déclaration le Chancelier colombien, Jaime Bermúdez, réaffirme aussi que le régime d’Uribe n’était jamais sérieux dans son rejet du coup d’État car dans le même temps il l’appuyait sans que cela soit publique.

    "La position de la Colombie est très claire (...) on reconnait l’importance de ces élections. La Colombie a fait un geste en reconnaissant le gouvernement élu en faisant un appel, cela oui, qu’ils laissaient passer pour avancer un Gouvernement d’unité nationale et du retour à la normalité constitutionnelle", a dit Bermúdez à un rayon l’Escargot de Bogotá.

    Puisque ce furent pas "un Gouvernement d’unité nationale" ni "des élections avec une participation massive", comme le soutenaient les grands fonctionnaires de la Cour suprême Électoral et le régime de facto, mais une minorité, 46,7% des honduriens (selon le même TSE du 23 décembre), qui sont allés voter.

    Mais les déclarations sans fondement de cette nuit du 29 novembre 2009 ont été prises comme prétexte pour Uribe, Alan García, Martinelli, Oscar Arias et Obama pour reconnaître les élections et par conséquent, le coup détat militaire du 28 juin.

    "Quand les élections se sont déroulées au Honduras, le président (Álvaro) Uribe a publiquement reconnu leur importance" dit Bermúdez.

    Cela devient clair ! C’était la stratégie du Département d’État. Et ils ont réussi avec trois "Accords de San José-Tegucigalpa" à tromper et manipuler le président constitutionnel, Manuel Zelaya, pour qu’il signe ces accords afin de gagner du temps jusqu’au 29 novembre.

    D’un autre côté en Colombie six autres militaires ont été laissés en liberté alors qu’ils étaient impliqués dans des histoires de "faux positifs", une expression inventée par Juan Manuel Santos pour masquer ce qui n’est pas autre chose qu’une exécution arbitraire. Des organismes des droits de l’homme comme de FIDH, la Fédération Internationale des Droits de l’homme qui siège à Paris et à Bruxelles pensent qu’il doit y avoir plus de 2000 jeunes colombiens qui ont été enlevés par les militaires et assassinés ensuite en tant que "guérilleros morts au combat".

    Jusqu’à présent il y a plus de 30 de ces paramilitaires qui ont été remis en liberté en Colombie, ce qui confirme que cette justice est au côté d’autres pays dans la régions. dans un système type "je couvre mes arrières". Le procureur colombien assure que les libertés pour des "faux positifs" sont un scandale international (2).

    Notes : (1) Mancuso afirma que Vicepresidente y Mindefensa se reunieron con paramilitares, par Caracol, Mayo 15 de 2007 (1) Ya son 30 los militares con libertad provisional por ’falsos positivos’, par El Tiempo.


    Source : Dick Emanuelsson via Vos El Soberano - Cuando el vicepresidente colombiano, en visita en Honduras, pedia a los paramilitares crear un “Bloque Paramilitar”
    Traduction : Primitivi


    votre commentaire
  • Bruxelles, le 15 janvier 2010

     

    La CSI condamne avec véhémence l’assassinat d’Evelinda Ramírez Reyes, dirigeante du Frente de Resistencia en Defensa del Pueblo y de los Recursos Naturales (FRENA), affilié au Frente Nacional de Lucha (FNL), lui-même affilié au Mouvement syndical indigène et paysan du Guatemala (MSICG).

    La semaine dernière, des dirigeants du FRENA de la province de San Marcos se sont rendus dans la capitale pour des réunions avec les autorités de l’Etat aux fins de dénoncer des abus, des illégalités et des actes arbitraires perpétrés par l’entreprise DEOCSA-UNION FENOSA et les autorités gouvernementales dans le cadre de l’application de l’état de prévention décrété le 22 décembre 2009.

    Le 13 janvier, plus de 750 personnes, au nombre desquelles figuraient plusieurs dirigeants du FRENA, se sont réunies avec des fonctionnaires de l’exécutif pour exiger le rétablissement des garanties constitutionnelles. Sur le chemin du retour, des individus armés ont intercepté le véhicule dans lequel voyageaient quatre dirigeants et ouvert le feu, provoquant la mort d’Evelinda Ramírez Reyes.

    « La CSI est d’accord avec le communiqué publié par les groupes parlementaires URNG-Maíz, Winaq et MNR, qui affirme que cet assassinat, comme tant d’autres, est le résultat de l’impunité avec laquelle les factions du pouvoir parallèle opèrent contre les dirigeants syndicaux et sociaux qui luttent pour le respect des droits humains et syndicaux. » « Il convient de renforcer l’Etat de droit pour que le peuple guatémaltèque puisse faire valoir ses droits fondamentaux en toute liberté », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.

    Dans une lettre envoyée au gouvernement guatémaltèque, la CSI a fait appel à l’intervention directe et immédiate du président Álvaro Colom en vue de l’ouverture d’une enquête détaillée sur l’assassinat, pour que les auteurs intellectuels et matériels soient traduits en justice et que des mesures appropriées soient adoptées pour mettre en terme au climat antisyndical qui subsiste au Guatemala.

    Source ici


    votre commentaire
  • Elections chiliennes : la démonstration

    Patrick MIGNARD

    Une fois encore, à près de quarante ans de distance, ce petit pays d’Amérique Latine est un laboratoire extraordinaire des limites du processus « démocratique » et électoral. La victoire du « candidat de droite » a quelque chose de surréaliste dans un pays qui a payé un aussi lourd tribu aux forces de la réaction. Elle est la concrétisation de la faillite des fondements des stratégies politiques électoralistes.

    L’ « expérience Allende » a montré comment un processus électoral, dans un contexte historique donné, n’était absolument pas une garantie d’instaurer un système politique et social démocratique,… et comment le Capital était tout à fait capable de renier les principes qu’il proclame dès que ses intérêts son menacés.

    L’Histoire se répète sous une autre forme,… plus « démocratique » cette fois.

    PINOCHET ET APRES ?

    Comme toutes des dictatures « modernes », l’épisode Pinochet n’a duré qu’un temps… le temps qu’il a fallu pour briser toute opposition dangereuse – et impuissante face à la force – et à « remettre l’économie sur les rails » des intérêts du Capital… Que ce soit l’Allemagne nazi, l’Italie fasciste, l’Espagne franquiste, la Grèce des colonels, l’Argentine, l’Indonésie, les Etats d’Amérique Latine,,… Toutes ont, avec certes leurs spécificités, fonctionné, au niveau du principe de la même manière.

    Comme beaucoup de criminels politiques, le vieux dictateur est mort paisiblement dans son lit entouré des siens et paré des sacrements de l’Eglise. Tout a été fait, et le gouvernement Thatcher ( on ne peut plus « démocratique ») n’y est pas pour rien, pour qu’il échappe à ce que l’on nomme encore aujourd’hui la « Justice ».

    La dictature n’a évidemment rien réglé, sinon préservé les intérêts, à court et moyen terme, du capital. Accroissant considérablement les inégalités elle a livré l’industrie chilienne à la rapacité des firmes transnationales faisant exploser les indicateurs économiques de la rentabilité et du profit, de même que les statistiques du creusement des inégalités et de la misère populaire.

    Le mouvement populaire, décimé par les tueurs du coup d’Etat, avec l’appui, depuis reconnu par elle, de la CIA, ne s’en est jamais remis, sinon dans les formes parlementaires classiques qui assurent la stabilité du système marchand. Le jeu stérile du parlementarisme a pu reprendre conférant au Chili une notoriété « démocratique » vite reconnue par les « démocraties » soulagées,… reléguant le coup d’Etat et ses victimes aux aléas de l’Histoire qu’il s’agit de vite oublier.

    Seules les victimes directes, réclamant justice, véritable empêcheuses de « tourner en rond » et accusées de maintenir ouvertes les plaies du passé, ont empêché l’oubli ce qui n’est bon ni pour les affaires, ni pour le moral de l’opinion publique.

    Comme pour toutes ces dictatures, l’épisode Pinochet a non seulement enrayé un processus, mais à « préparé » d’une certaine manière – o ironie morbide ! - le « retour à la démocratie », de manière telle qu’il a fait quasiment l’unanimité comme un retour à des conditions « normales » de la société. Tout le monde a rejoué le jeu.

    Bien sûr, la « gauche » d’après le Coup d’Etat s’est reconstituée, mais en mettant « beaucoup d’eau dans son vin », supprimant – prétextant opportunément une « autre période » - ce qui avait fait l’originalité de l’Union Populaire d’Allende. Ainsi, responsable et respectueuse de l’ « état de droit », elle a joué un jeu qui l’a amené à une brillante défaite. L’ »alternance démocratique » proclameront doctement certains.

    NOUVELLE VALEUR D’EXEMPLE

    Au Chili, la « boucle est bouclée ». On signifie clairement à l’opinion publique que si elle était restée dans le cadre strict du système, rien ne se serait passé, il y a plus de trente ans, et que désormais peut jouer en toute tranquillité le jeu de l’alternance Droite- Gauche,… comme dans toutes les « grandes démocraties ».

    En ce sens les dictatures sont d’extraordinaires machines à maintenir le fonctionnement politique « démocratique » dans des limites qu’il ne faut pas dépasser. Elles sont une mise en garde politique permanente pour que soit joué, dans des « limites acceptables », le jeu stérile du parlementarisme.

    Autrement dit, elles ne sont pas des aberrations produites par le système marchand elles en sont les gardes fous dissuasifs. Même si, durant une période, elles agissent comme un repoussoir politique, elles n’altèrent en rien, à long terme, non seulement les structures du système économique, mais aussi l’inconscient collectif. Nous en avons là une preuve flagrante au Chili avec le retour de cette droite si proche de Pinochet et de ses assassins.

    La victoire de la Droite conservatrice signifie plus que la victoire électorale, c’est-à-dire formelle, des possédants, des classes riches, elle est aussi l’expression de la faillite de la stratégie de Gauche, le manque total de stratégie crédible du mouvement populaire. Cette victoire signifie clairement que si l’on joue, politiquement, avec les possesseurs du capital sur leur propre terrain, avec leurs règles,… on est inévitablement perdant, et même, si par hasard on « gagne », la situation se retourne toujours à l’avantage de ceux-ci. Le Chili n’est pas le seul à faire cette expérience,… toutes les « démocraties parlementaires » l’on faite… Et malgré cela, on continue à persister dans l’erreur et l’obstination.

    Il s’est probablement trouvé des citoyens qui ont souffert de la dictature et qui par lassitude, manque de perspective ont voté pour la Droite ou se sont carrément abstenus. Comment expliquer autrement un tel désastre, un tel fiasco politique. Ce qui nous renvoie à notre propre situation pour expliquer qu’une partie de citoyens qui n’avaient rien à attendre de Sarkozy,… ont voté pour lui, et nous ne sortons pas d’une dictature sanguinaire.

    LE BILAN ET LES LECONS

    Quel enseignement tirer de ce désastre politique ?

    Toute construction politique, aussi sophistiquée soit-elle, aussi démocratique soit-elle, ne résiste pas à l’épreuve des faits, c’est-à-dire de la réalité économique et sociale. Si celle-ci est fondée sur les infrastructures et superstructures du système marchand,… elle ne sert qu’à le conforter et le pérenniser. Fonctionner politiquement comme le font toutes les « gauches » du monde, et pas qu’au Chili, s’est s’engouffrer dans une impasse. Quand oserons nous le reconnaître une bonne fois pour toutes ?

    On peut ressentir une grande désespérance en se rendant compte que rien ne change, tout recommence comme avant et que l’on ne tire aucune leçon conséquente de l’Histoire. Tout le système politique des « démocraties », est expressément fait pour que rien ne change,… sinon quelques détails superficiels.

    Gauche et Droite marchent la main dans la main pour aboutir à un système d’alternance, à l’anglo-saxonne où la spirale des élections exerce une telle force que rien ne peut lui échapper. Fondé sur la démagogie et le mensonge, il utilise prioritairement les outils du marketing pour séduire. Même les organisations dites « révolutionnaires », aux discours critiques et aux pratiques solidaro-humanistes sacrifient au dogme du marketing politique, de la représentativité et de l’élection,… constituant ainsi une extraordinaire caution démocratique à un système qui n’en a que l’apparence.

    La construction d’une alternative est bien évidemment sur un autre terrain,… celui de l’organisation sociale et de la construction d’alternatives qui montrent que la logique marchande de spéculation et de course au profit n’a aucun avenir et ne peut que conduire à la catastrophe.

    Le Chili passe, comme beaucoup de pays avant lui, aux « pertes et profits » de l’Histoire.

    Réfléchissons bien à cela avant de nous précipiter bêtement vers les urnes qui nous sont tendues.

    Patrick MIGNARD Ici


    votre commentaire
  • Daniel Ortega: Les Etats-Unis utilisent la tragédie de Haïti pour s’installer dans la Caraïbe

    Managua, Janvier 16 – Le président nicaraguéen, Daniel Ortega, a accusé les Etats-Unis d’utiliser la tragédie que vit Haïti à cause du tremblement de terre mardi dernier « pour installer » ses troupes dans le pays.


    « Je suis préoccupé par ce qui se passe à Haïti », parce que »ils sont en train de manipuler un drame pour installer des troupes nord-américaines en Haïti, qui ont pris le contrôle militaire de l’aéroport dans Port Principe et c’est préoccupant », a déclaré Ortega ce samedi, selon les médias du gouvernement. Le président Chavez a également protesté et les dirigeants du CARICOM se sont vu interdire l’accès à Haïti.  Le brésil, la France ont dénoncé cette main mise nord-américaine, le moins que l’on puisse dire c’est que les médias français n’ont pas relayé ces protestations… La ligne des médias français ce sont les dames patronesses et l’apitoiement sur ces haïtiens incapables de se gouverner pour mieux masquer ce qui en réalité est à l’origine de la situation, hier, aujourd’hui… Et demain…


    « Il semble que les bases militaires étasuniennes sur le continent ne leur suffisent pas, ils sont en train d’utiliser cette tragédie du peuple haïtien pour s’installer à Haïti et je veux dénoncer cela ».

    Les premiers soldats de la 82 eme division aéroportée des Etats Unis se sont déployés le vendredi sur le principal aéroport de haïti.

    « Il n’y aucune raison logique au fait que les troupes nord-américaine aient débarqué à Haïti. Ce qu’haïti réclame est une aide humanitaire, elle ne réclame pas de troupes. C’est une folie que tous envoient des troupes à haïti » a averti le mandatairez.

    Le pentagone a annoncé que 10.000 effectifs seront mobilisés à Haïti dans les prochains jours, tandis que sont envoyés une flotte de navires de la marine qui encercle la côte et sous la direction du porte avion USS Vinson.

    « J’espère que les troupes vont se retirer, parce qu’en occupant Haïti les etats-Unis sont en train d’occuper un teritoire latino américaon et caribéen » à réclamé Ortega.

    Le gouvernement nicaraguéen a envoyé jeudi une brigade humanitaire de 31 militaires à Haïti pour collaborer aux tâches de sauvetage, et vendredi a transféré trois tonnes d’aliment.

    Le chef de la mission nicaraguéenne, le général de brigade Mario Perezcassar, a donné des nouvelles par téléphone à la presse locale, que le vendredi ils sont sauvé la vie à trois personnes dans les décombres d’une maison de deux étages, dans la zone quatre de la capitalehaïtienne où ils avaient été assignés pour travailler.

    Chavez a également dénoncé la manière dont les Etats-Unis prétendaient utiliser la drame caribéen pour prendre pied dans l’île et y installer de fait une base militaire.

    Par ailleurs de Kingstone en Jamaïque parviennent des nouvelles qui témoignent de la réalité de la tutelle nord-américaine qui se met dejà en place. Le CARICOM ou communauté des caraïbes a protesté officiellement contre la manière dont il lui était impossible d’envoyer à Haïti une mission humanitaire. Le CARICOM est un regroupement des etats anglophones et francophone des caraïbes qui s’est toujours caractérisé par son esprit d’indépendance par rapport aux Etats-Unis et par son soutien au peuple Haïtien.


     La mission, dirigée par certains chefs de gouvernement de la région et le secrétaire général du CARICOM, n’a pas obtenu la permission d’atterrir sur l’aéroport de Puerto Principe, qui est désormais sous contrôle de l’armée des Etats-Unis.Les participant ont été obligés de retourner à la jamaïque et de là dans leur pays respectifs. certains pays comme la france, le brésil, le Nicaragua et d’autres ont protesté contre la manière arbitraire dont les Etats-Unis ont pris le contrôle de l’aéroport haïtien.  Le moins que l’on puisse dire c’est que la protestation du gouvernment français n’a pas été répercfuté par les médias français qui ne cessent au contraire de s’extasier sur les miracles accomplis par les nord-américains.


    Le premier ministre de la Jamaïque  Bruce Golding avait proposé que l’aéroport international  “Michael Manley” de Kingston soit le centre opérationnel de base de l’aide internationale, étant donné qu’il est seulementy à 45 minutes de vol de Haïti, mais les Etats-Unis ont d’autres projets et on l’a vu sélectionnent déjà l’aide en fonction de projets qui n’ont pas grand chose d’humanitaire.

    SOURCE ICI


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique