• En Bolivie, une loi sévère contre la corruption


    AUTEUR:  Benjamin BEUTLER

    Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice


     

    La Paz. Le Sénat bolivien a promulgué en milieu de semaine une « loi pour combattre la corruption, l’enrichissement illégal et contrôler les patrimoines »La loi a pu être votée sans crainte de l’opposition, le parti au pouvoir, le MAS (Mouvement vers le socialisme) ayant obtenu aux dernières législatives, en décembre 2009, une confortable majorité des 2/3. Il s’agit  « de justice et non de vengeance » selon le Président Evo Morales.

    Tout d’abord on pourra maintenant poursuivre en justice les personnes qui occupent des charges publiques et se sont enrichies illégalement aux dépens des biens publics. Ceux qui se sont enrichis brusquement devront désormais justifier de leurs avoirs si ceux-ci éveillent les soupçons des autorités. Les sanctions vont de la possibilité de  confiscation de la propriété privée jusqu’à 14 ans de prison.

    Scharfes Gesetz gegen Korruption in Bolivien
    Il veille à titre posthume à l’ordre et à la légalité : le socialiste Marcelo Quiroga Santa Cruz

    Cette loi anti-corruption a reçu le nom du fondateur du « Parti socialiste » (PS), Marcelo Quiroga Santa Cruz. Politicien, écrivain et intellectuel éminent, ce dernier a été assassiné en 1980 sous la dictature militaire. « Il s’agit d’une loi efficace, très sévère et drastique », a déclaré le vice-Président Àlvaro Garcia Linera.  C’était selon lui la seule façon d’envoyer un signal «qui change enfin le comportement et la mentalité des gens.»

    Refusant explicitement la péremption, la nouvelle loi (38 paragraphes) sera une arme puissante. Elle est rétroactive et ne prévoit de péremption que pour des cas exceptionnels. Aucune immunité ou traitement  particulier ne sera accordé aux ministres, parlementaires, commis de l’État ou fonctionnaires.

    L’opposition, qui au Sénat tentait depuis lundi d’empêcher surtout l’absence de péremption, a mis en garde contre le démarrage d’une « chasse aux sorcières ».  Cette loi serait un « prétexte pour placer sous contrôle toutes les institutions publiques », selon Germán Antelo, président du parti de droite « Concertation nationale» (CN). Cette protestation n’étonne personne : les anciennes élites craignent surtout pour les titres de propriété et les prébendes prises sur les fonds publics que leur ont octroyés les dictatures militaires en échange de leur indéfectible soutien. Depuis sa première version, en 1996, les partis conservateurs avaient toujours réussi à empêcher le vote de cette loi. Même la victoire électorale du MAS n’avait pas suffi à la faire adopter. En 2006 la première barrière était tombée : le MAS l’avait faite passer à la Chambre des députés. Mais au Sénat la droite avait barré la route à toutes les tentatives. Ce sont seulement les nouveaux rapports de force établis aux élections de décembre qui ont définitivement ouvert la voie.


    Source : amerika21.de-Scharfes Gesetz gegen Korruption in Bolivien

    Article original publié le 7/3/2010

    Sur l’auteur

    Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, latraductrice, le réviseur et la source.

    URL de cet article sur Tlaxcala :
    http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10211&lg=fr


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  • Un membre hondurien de la Société interaméricaine de presse a payé la note du lobby des putschistes
     
    Jean-Guy ALLARD

    Le patron des quotidiens honduriens El Heraldo et La Prensa, Jorge Canahuati Larach, qui a représenté la presse de son pays à la dernière assemblée générale de la Société interaméricaine de presse (SIP), a payé la campagne de relations publiques aux États-Unis destinée à légitimer le coup d’État, selon une enquête du journal hondurien El Libertador effectuée à la Chambre des représentants et au Sénat nord-américains.

    Au cours de la dernière assemblée générale de la SIP, l’association des patrons d’organes de presse commerciaux, réalisée à Buenos Aires, Canahuati a décrit la presse du Honduras, où la pólice et l’armée frappaient et tuaient des manifestants, comme victime d’une série d’attaques « des deux bandes en conflit, particulièrement des partisans de Zelaya ».

    À Washington, Canahuati a partagé le paiement d’une note de 28 000 dollars des cabinets de lobbying avec le partenaire principal de la banque Ficohsa, Camilo Atala, et le président des manufacturiers Jesús Canahuati, tous les deux partisans actifs du régime de Roberto Micheletti.

    El Libertador précise que l’on a vérifié les noms et les entreprises liées au financement du coup d’État contre le président Zelaya en suivant les pistes du Lobbying and Disclosure Act, un régistre des activités des lobbyistes maintenu depuis 1995 aux États-Unis.

    « Les firmes embauchées à Washington par les entrepreneurs putschistes honduriens sont Orrick, Herrington & Sutcliffe LLP, Vision Americas et Cormac Group, auxquelles on a payé près de 28 000 dollars pour qu’elles effectuent leur travail de lobby auprès du Département d’État, du Conseil national de sécurité, de la Chambre des représentants et du Sénat des États-Unis », confirme El Libertador qui précise que l’on désigne spécialement comme lobbyistes Lanny Davis et Adam Goldberg, deux conseillers de l’ex-président Bill Clinton.

    VIVANCO ET LA SIP JETTENT LE MASQUE

    Dans les pprochains jours, la SIP honorera José Miguel Vivanco, directeur pour les Amériques de l’organisation nord-américaine Human Rights Watch (HRW), également associé à la CIA, qui se distingue par ses interventions agressives contre les pays progressistes de l’Amérique latine.

    Le chef de la SIP, le directeur du Diario Las Américas (extrême-droite), Alejandro Aguirre, remettra le Grand Prix Chapultepec 2010 à Vivanco, au cours d’une réunion qui aura lieu à Aruba.

    Le même prix a été accordé dans les dernières années à Arthur O. Sulzberger, le patron de The New York Times Company ; Santiago Cantón, de la soi-disant Commission interaméricaine des droits de l’homme, et à la Banque Mondiale.

    Vivanco, un ex fonctionnaire de Pinochet à l’OEA converti en défenseur de la version étasunienne des droits de la personne, a été expulsé du Venezuela il y a quelques mois après la présentation d’un rapport de son organisation qui diffamait de façon grossière la Révolution bolivarienne.

    Vivanco, selon un communiqué de la SIP, a été sélectionné « en raison de son travail remarquable dans la défense de la liberté d’expression ».

    Avant de faire son apparition à la Human Rights Watch, groupe connu pour ses interventions parrallèles à celles du Département d’État nord-américain, Vivanco a été délégué du gouvernement chilien pinochettiste à la Commission des Droits de l’homme de l’OEA.

    Après la remise du prix, signale la SIP, Vivanco participera au panel Liberté de presse en Amérique latine. Dans son intervention, il mettra « une emphase particulière sur le Venezuela », précise le communiqué émis depuis Miami. Comme d’habitude, cet évènement médatique de la SIP réunira quelque 250 propriétaires de médias commerciaux avec leurs accompagnateurs.

    La reunión se tiendra au luxueux hotel Westin Aruba Resort de Oranjestad, la capitale de cette colonie néerlandaise autonome, au nord-ouest du Venezuela.

    Selon les organisateurs, on analysera « de façon exclusive » les « stratégies et façons d’aider » les organes de presse de Haïti, ce qui laisse supposer une forme d’ingérence.

    Il y a quelques mois, à son assemblée de Buenos Aires, la SIP a choisi comme président Alejandro Aguirre, le fils du fondateur du Diario Las Américas, dont le père, Horacio Aguirre Baca, de Miami, a été un des plus actifs collaborateurs du colonel Jules Dubois, dans l’opération effectuée par la CIA pour séquestrer la SIP, entre 1948 et 1950.

    Jean-Guy ALLARD ici


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  •   Etranges manières de compter ou de conter chez Rue 89…‏

    Yvette Guevara   

    A La Macarena, petit village colombien situé 200 kilomètres de Bogota, deux mille cadavres des dissidents assassinés pendant le conflit armé et les périodes de nettoyage qui ont suivi, viennent d’être découverts. Deux mille êtres humains inhumés dans le plus terrible anonymat par les commandos d’élite et les forces gouvernementales. 2000 personnes ! C’est la plus grande fosse commune de l’histoire récente d’Amérique latine.
    Hélas, il y n’a pas un seul cri d’indignation parmi les grandes voix de la presse. Peut-être l’horreur a-t-elle laissé en état de choc les reporters d’Amnesty International ou les dits journalistes de Reporters Sans Frontières ?



    Combien se sont déplacés pour faire connaître un tel crime collectif, comparable à ceux de l’Holocauste nazi ou au génocide rwandais ? Où est l’indignation de la communauté internationale, de l’Union Européenne, des hommes politiques, des porte-paroles, des journalistes ou citoyens informés ? Qui a demandé des explications à la Colombie, au pouvoir colombien ? Quelle ONG est partie pour soutenir les familles concernées par le deuil ? Mais surtout, surtout : pourquoi ceci est passé sous le plus horrifiant des silences ?


    Est-ce la « fatalité » colombienne, cet espèce de syndrome de la violence incurable et du conflit éternel ? Est-ce que dans ces conditions d’institutionnalisation, des assassinats des dirigeants et de l’opposition, derrière une fine couche de lutte contre le narcotrafic, suffit à convaincre ?


    En tout cas, il faudra des kilos de « poudre » aux yeux pour faire de la fumée devant un crime d’une telle envergure. Ou, trouver, entre les nouvelles du sud, quelque chose à se mettre sous la dent. Et voilà : la mort du prisonnier d’opinion cubain Orlando Zapata ! Ça, ça peut faire couler de l’encre. C’est une valeur sûre car depuis 1972 aucun des dits prisonniers politiques cubains n’est mort, aucun n’a disparu, aucun n’a été torturé, aucune fosse commune n’a été découverte à Cuba. Cuba est toujours un bon sujet.


    Si regrettable que soit la mort de Monsieur Zapata, que ce soit par des soins tardifs pour stopper une pneumonie, mais surtout des suites d’une grève de la faim, une grève largement encouragée par une dissidence cubaine en manque de martyrs, plus regrettable encore est l’instrumentalisation de sa mort par les médias.


    En tant que cubaine, depuis des lustres, je pense que Cuba n’a nul besoin d’avoir entre 86 et 200 personnes dans ses prisons pour des actes de désobéissance politique. Nous pourrions choisir de devenir rien qu’un pays de plus en Amérique-latine, et avoir nos 2000 cadavres dans une fosse commune. Comme ça, nous éviterions d’être un sujet à la mode, de donner de la charogne informative aux journalistes et cesser d’être de la chair à scandale, indignant les institutions politiques internationales. Il faudrait être comme les autres. Point. Comme ça, ils nous foutront la paix. C’est cynique, oui, je vous l’accorde, mais une réalité. Alors c’est la réalité la véritable cynique.


    Orlando Zapata, disait le reporter Enrique Ubieta, est un mort inutile. Je suis d’accord. Sa mort a servi à une relance de l’exsangue opposition cubaine divisée et mal en point depuis dix ans, dont les scandales de corruption se suivent. Elle a servi à des groupuscules inconscients qui se bagarrent pour le trône de la dissidence dans une guerre interne. Elle a servi aux journalistes de gauche pour se faire encore les ongles sur les dos d’un pays qui les déroute dans leurs analyses de gauche handicapée, d’une gauche occidentale et décadente à l’image de leurs continents. La mort de ce pauvre homme a servi à cacher 2000 cadavres colombiens, dans un élan de gaucherie médiatique. Elle ne sert pas Cuba, non, ni cette image contradictoire de goulag sans disparus, sans assassinats, sans bain de sang, sans violence. De dictature sans tâche à la colombienne, sans narcotrafic, sans fosse commune…Comment ça se fait ?


    Mais il y eut un mort, Orlando Zapata, qui réclamait dans sa grève un téléphone dans sa cellule et une cuisine. Je comprends, c’est dur de vivre sans les repas fait par maman, la bouffe de la prison est infecte, et ne pas écouter le feuilleton de 21h par l’auriculaire d’un téléphone est insoutenable. Je suis encore dans le cynisme ? Oui, mais les pires des cyniques, le pompon, ce sont les manipulations sans aucun scrupule des compatriotes dissidents d’Orlando Zapata, qui l’ont encouragé dans son autodestruction, qui attendaient la dépouille pour avoir les premières pages dans Le Monde et ailleurs. Bravo, ils les ont eues, ces pages.


    Je me dis, en tant que cubaine, que les autorités de mon pays auraient mieux fait de suivre l’exemple étasunien et de gaver M. Zapata contre sa volonté, comme ça a été fait dans la prison de la base navale de Guantanamo avec les 50 grévistes de la faim, torturés en douce…Un bon passage à tabac, un perf’ de nutrition et aucun journaliste, aucun commentaire disgracieux, aucune indignation internationale et aucune mort regrettable…


    Je me dis, en tant que cubaine, que des tas de choses devront changer dans mon pays, sans perdre un gramme d’autodétermination, d’indépendance, de dignité. Sur le plan économique, dans la sauvegarde des acquis sociaux, dans les droits fondamentaux des hommes à se faire leurs propres idées et à choisir le système de valeur qui leur convient.


    Cela doit se faire entre cubains, sans ingérence, sans manipulations politiques. Hélas, vu les réactions des médias, rois par excellence de ce monde où nous vivons, je ne vois pas très bien comment arriver à bouger ne serait-ce que un cil sans que cela devienne une guerre des passions non objectives, un orage des verbiages futiles et dangereux pour tout changement réel et conséquent.


    En attendant que la vague médiatique se trouve un autre cadavre dans la domaine de la facilité, voici une pensée sincère et profonde pour les 2000 mères des dissidents colombiens assassinés. Mais aussi, mes condoléances à la famille de ce pauvre Zapata, « martyr qui tombe à pique », de la contrerévolution.

    EN REPONSE A :
    Cuba : la mort d’Orlando Zapata, gréviste de la faim :
    http://www.rue89.com/panamericana/2

    Source ici


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  • Honduras : Région de l’Aguán, ouvriers agricoles et journalistes semblent des cibles privilégiées.

    Militaires, paramilitaires, latifundistes et narcos la ronde des assassins.

    mardi 16 mars 2010, par Primitivi

    La ronde des exactions continuent au Honduras, bien que le pays soit maintenant dirigé par un président "démocratiquement élu", comme on dit, les paramilitaires assassinent à tout va. Et les tueurs des narcos semblent également être à la fête, curieusement cela se passe dans la même région du pays : la région de l’Aguán sur la côte atlantique.

    De là a y voir de curieuses coïncidences... cela doit faire parti de notre mauvais esprit.

    Sans commentaire. (photo : Tercera Informacion)

    Vendredi 12 mars 2010 : De nouveaux assassinats politiques dans l’Aguán

    Des militants du Front National de Résistance Populaire (FNRP) du Honduras ont dénoncé ces dernières heures les assassinats de deux ouvriers agricoles, Ramón Ulises Castellanos et Miguel Sauceda habitant le quartier El Naranjo, dans le département de l’Atlántida. Les deux victimes de la répression politique qui continue sous le gouvernement de Pepe Lobo avaient été kidnappées le jour précédent.

    Cette situation très tendue est provoquée par les propriétaires latifundiste qui, avec l’appui des putschistes, occupent violemment les terres que Manuel Zelaya avait libérées et qu’il avait donné aux paysans afin qu’ils se mettent à les rendre productives [1]. Depuis plusieurs mois les paysans subissent une vague de répression violente exécutée par l’armée à la demande des grands propriétaires terriens, comme Miguel Facussé.

    Alors que Pepe Lobo convoquait une commission pour s’entretenir avec les paysans les membres du FNRP indiquent que "Lobo donnait également un signal aux escadrons de la mort ayant pour conséquence l’assassinat de Ramón Ulises Castellanos et de Miguel Sauceda".

    Les organisations des droits de l’homme comme le Comité pour la Défense des Droits de l’Homme au Honduras (CODEH) et le Comité des Détenus et des Disparus au Honduras (COFADEH) ont fait remarquer qu’il existe des liens évidents entre le gouvernement de droite de Lobo et les paramilitaires.


    Vendredi 12 mars 2010 : Un journaliste de la région Atlantique assassiné après des menaces attribuées aux narcos

    Dix jours après la mort de Joseph Ochoa, journaliste à Canal 51, David Meza Montesinos devient le deuxième journaliste hondurien assassiné depuis le début de l’année.

    Journaliste de la radio locale El Patio, correspondant du canal Abriendo brecha et de la station nationale Radio América, David Meza a été assassiné par des tirs d’arme à feu lors d’une embuscade dans la nuit du 11 mars 2010 à La Ceiba, sur la côte atlantique. Un journaliste souligne que la victime avait reçu des menaces de mort trois semaines auparavant après avoir diffusé des informations sur le narcotrafic.

    Face à l’absence de mobile nous demandons aux autorités responsables de l’investigation d’explorer cette piste en priorité. Les mafias de la drogue représentent l’une des principales menaces pour la presse sur le continent. Le littoral atlantique hondurien est une place très importante pour le narcotrafic.

    La presse nationale a regretté la mort de David Meza, 51 ans, qui a travaillé pour El Patio durant 30 ans. Il devait sa popularité à la couverture d’événements sportifs et à son rôle comme envoyé spécial aux États-Unis après l’ouragan Katrina. Il avait été le seul représentant de la presse hondurienne à la Nouvelle-Orléans.

    La situation est alarmante au Honduras, depuis le coup d’État du 28 juin 2009 les atteintes aux droits de l’homme s’ajoutent à une forte insécurité. Dans ce sens la nomination, le 8 mars 2010, de l’ex-général Romeo Vásquez Velásquez [2] comme directeur de l’entreprise nationale de télécommunications Hondutel est une décision malheureuse [3].

    Il est inadmissible que cet homme ne réponde pas pour les violations des droits de l’homme commises sous son commandement durant le coup d’État, pour lequel il a été un acteur clef. Maintenant, on commet cette faute politique de le nommer dirigeant d’Hondutel, alors qu’il est difficile d’oublier le rôle de censeur joué par l’armée au moment du putsch. C’est un très mauvais signe envoyé aux médias d’opposition qui n’est pas en accord avec la politique de la réconciliation du président Porfirio Lobo.


    Lundi 15 mars 2010 : Le journaliste Nahun Palacios criblé de balles dans l’Aguán


    Suivant les indications des autorités, lundi, des tueurs ont criblé de tirs le journaliste Nahúm Palacios et ils ont gravement blessé la personne qui l’accompagnait sur la côte atlantique du Honduras.

    Palacios, 36 ans, rentrait chez lui dans le quartier Los Pinos de Tocoa dimanche soir, à environ 400 km au nord de Tegucigalpa, quand des inconnus l’ont attaqué et l’ont tué en utilisant des AK-47, indique le communiqué de la police.

    Le corps du journaliste, qui était directeur d’information d’une chaîne de télévision de Tocoa, est resté dans la rue, et les deux assassins ont pris la fuite. L’homme qui l’accompagnait a été hospitalisé.

    Le journaliste avait dénoncé les menaces de mort dont il était l’objet le vendredi précédent dans son émission de radio, et avait responsabilisé Miguel Facussé [4] pour toute atteinte à sa vie, ce dernier ayant couvert les crimes réalisés par ses contre-maîtres à l’encontre de paysans du MUCA [5]

    C’est le deuxième journaliste abattu ces derniers jours au Honduras, et le troisième depuis le début de l’année.

    Jeudi dernier, dans des circonstances similaires, deux inconnus ont tué David Meza à La Ceiba, une ville proche de Tocoa.

    Bercez, 51 ans, avait été attaqué depuis des 4x4 après être arrivé à son domicile à bord de sa voiture. Il était reporter depuis plus de 30 ans à Radio El Patio de La Ceiba et correspondant dans son village natal pour Radio América et les chaînes de télévision de Tegucigalpa Canal 7 et Canal 10.


    Source :
    Tercera Informacion "Nuevos asesinatos politicos en el Aguán"
    RSF "Asesinan a un periodista de la región atlántica tras amenazas atribuidas al narcotráfico"
    El Universal "Acribillan a periodista Nahun Palacios en el Aguan"
    Traduction : Primitivi

    Notes

    [1] Zelaya avait lancé une réforme agraire de redistribution des terres en friches aux paysans afin d’augmenter la production alimentaire locale. Les latifundistes conservaient ces terres dans but uniquement spéculatif, les terres des latifundistes sont le plus souvent occupées par les palmiers à huile, monoculture destructrice de part son utilisation de pesticides et d’engrais qui épuisent et empoisonnent le sol, et dont la production n’est destinée qu’à l’exportation. Voir l’article "Palmiers ensanglantés"

    [2] L’ex-général était le chef d’état major des armées honduriennes et putschiste, voir les différents articles pour plus de détails sur le personnage :
    - "Les militaires ayant expulsé Zelaya ont été acquittés"
    - "Témoignages non journalistiques"
    - "Les escadrons de la mort ont assassiné près de 30 personnes ce week-end"
    - "Le Bataillon 14+5 de Romeo Vásquez Velásquez"
    - "Le Clan 81, source de bien des maux"
    - "Qui appuie Micheletti et le gouvernement de facto ?"

    [3] Un article à ce propos est en préparation

    [4] Latifundiste planteur de palmiers à huile, il fait parti de l’oligarchie putschiste qui a ouvertement soutenu Micheletti. La famille Facussé est très puissante au Honduras, comme l’indique le nombre de membres de la famille cités dans cet article "Qui appuie Micheletti et le gouvernement de facto ?". Pour plus de détails, voir également :
    - "Les palmiers ensanglantés"
    - "L’armée et la police délogent des centaines de paysans qui réclament des terres volées par les responsables du coup d’état"
    - "L’armée expulse les paysans pour donner des terres aux latifundistes"
    - "12 octobre : Jour de la Résistance Indigène et Noire"

    [5] Mouvement Unifié Campesino de l’Aguán (MUCA), affilié à la Centrale Nationale de Travailleurs Ruraux (CNTC), a repris la lutte pour la récupération des terres usurpées par les entrepreneurs putschistes.


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  • Un secret bien gardé par les "grands médias"

    Cuba : la marche vers le développement durable (Resurgence Magazine)

    Helen YAFFE
     
    Le Grand Soir : "le Bio c’est bon, mais pas assez de rendement pour nourrir un pays" ... "le développement durable, c’est juste une théorie, non ?". Vous avez déjà entendu ces phrases ? Eh bien voilà un pays qui s’est vu contraint et forcé de passer au bio et au développement durable ; qui a vu ses rendements augmenter par rapport à l’agriculture industrielle ; qui a connu le fameux "pic pétrolier" qui nous guette... Qui a pris des mesures il y a 3 ans que la presse occidentale a raillées mais que l’on voit aujourd’hui adoptées en France... Bref, encore un secret bien gardé par nos médias. Même lorsque l’avenir est en jeu et qu’on aurait des leçons à apprendre d’une expérience menée sous notre nez et à l’échelle d’un pays, ils préfèrent se taire et nous parler de Cohn-Bendit. Par anticommunisme viscéral ? Par détermination à cacher encore une réussite de la Révolution Cubaine ? Par simple stupidité généralisée ? Quelqu’un aurait-il une autre explication ?

    Les modèles à succès du développement durable à Cuba – alimentation, logement et santé – sont désormais copiés à travers toute l’Amérique latine

    Cuba a célebré la 50eme anniversaire de sa révolution en 2009. Le peuple cubain a résisté à 5 décennies d’hostilité de la part des Etats-Unis et de leurs alliés internationaux. Cuba a résisté notamment par la réaffirmation de sa souveraineté nationale mais aussi par la création d’un modèle de développement alternatif centré sur l’environnement et l’humain.

    En appliquant à la société cubaine les indices de développement économique classiques, par exemple en focalisant sur le niveau de revenu par habitant, le PNB ou le niveau de consommation, les commentateurs concluent souvent que la révolution a échoué à sortir le peuple cubain de la pauvreté. Mais ils oublient que l’état cubain garantit à chaque citoyen une « ration » alimentaire de base ; que la plupart des revenus ne sont pas imposables ; que la plupart des gens sont propriétaires de leur logement ou paient un loyer minime ; que le coût des charges, du transport et de la médecine sont symboliques ; que l’opéra, le cinéma et la ballet sont accessibles à tous. Une éducation et une santé de qualité sont gratuites. Tous ces éléments font partie des richesses matérielles de Cuba et ne peuvent être ignorés - comme si le seule indice de croissance économique était la consommation de DVD ou de caméras digitales.

    Le défi pour nous consiste à comprendre la distinction entre développement etcroissance économique. Face à d’énormes obstacles, Cuba a réussi malgré tout à passer d’une « néo-colonie » sous-développée à un état indépendant qui affiche les indicateurs de développement humain parmi les plus élevés au monde, une éducation, des programmes de santé et un développement durable solidaires au niveau international.

    Ce n’est pas un hasard si Cuba est le seul pays au monde, selon le rapport annuel Living Planet de 2006 de la WWF, à pratiquer un développement durable, c’est-à-dire connaître une amélioration de la qualité de vie tout en préservant les capacités de son écosystème.

    Solutions locales

    L’effondrement du bloc socialiste entre 1989 et 1991 a provoqué l’effondrement du commerce extérieur de Cuba. En mars 1993, le PNB avait chuté de 35% et le pays connaissait de graves pénuries d’énergie, de fertilisants, d’aliments importés, de médicaments, de ciment, d’équipements et de ressources dans tous les secteurs. Cuba s’est trouvée dans l’obligation de chercher des solutions locales.

    Dans l’agriculture, les fertilisants et pesticides biologiques, les techniques de rotation des cultures et les jardins urbains biologiques appelés organoponicos ont été développés, tandis que les tracteurs étaient remplacés par la main-d’oeuvre et la traction animale. Des vélos ont été importés de Chine et le co-voiturage instauré. Au fur et à mesure de l’amélioration de l’économie, Cuba a étendu ces mesures en introduisant l’écotourisme et l’énergie solaire.

    Tandis que des réformes économiques étaient mises en place, dont quelques concessions au « libre marché », la santé universelle et gratuite, la planification par l’état et la prédominance de la propriété publique ont été maintenues. Incroyablement, eu égard à la sévérité de la crise, entre 1990 et 2003 le nombre de médecins cubains a augmenté de 76%, celui des dentistes de 46% et des infirmières de 16%. Le nombre de maternités a augmenté de 86%, de centres de soins pour les personnes agées de 107% et les logements pour les handicapés de 47%. Le taux de mortalité infantile est tombé et l’espérance de vie a augmenté. Les échanges internationaux ont augmenté aussi et des milliers de spécialistes cubains, dont des professionnels de la santé et de l’éducation, se sont portés volontaires pour travailler dans des communautés pauvres à travers le monde. En novembre 2008, Cuba avait prés de 30.000 médecins et professionnels de la santé travaillant dans 75 pays, fournissant soins et formations sur place. Son programme d’alphabétisation a permis d’apprendre à lire et à écrire à plus de 3,6 millions de personnes dans 23 pays.

    2006 fut l’Année de la Révolution Energétique à Cuba, une initiative majeure destinée à économiser et rationaliser la consommation d’énergie : installations de nouveaux générateurs, expérimentations d’énergies renouvelables et remplacement des vieux appareils (réfrigérateurs, téléviseurs et cuisinières) par des modèles plus économiques. Dix millions d’ampoules à basse consommation [note du traducteur : faut-il rappeler ici comment les journalistes se sont moqués à l’époque des "ampoules de Castro" ?] et plus de six millions de cuiseurs de riz électriques et d’auto-cuiseurs à pression ont été distribués gratuitement. L’objectif était d’améliorer la production électrique de l’île tout en économisant des millions de pesos consacrés à subventionner le carburant. Les subventions de l’état signifient que la consommation de l’énergie n’est pas rationnée par le marché : ce sont les rendements énergétiques, et non les augmentations de tarifs, qui constituent le principal moyen pour réduire la consommation.

    En s’appuyant sur la campagne d’économie d’énergie, Cuba a lancé en 2008 une nouvelle campagne pour augmenter la production alimentaire. A la suite de la fermeture de nombreuses centrales sucrières (*), en 2007 prés de 50% des terres arables étaient encore inexploitées et 80% des aliments toujours importés. L’augmentation des prix des aliments et des carburants a provoqué une augmentation de 1 milliard de dollars en importations entre 2007 et 2008. A présent, les terres inexploitées ont été distribuées en usufruit (prêt gratuit) à ceux qui désirent produire des aliments biologiques.

    Désormais, les organoponicos de la Havane couvrent la totalité des besoins en fruits et légumes de la capitale. Ils sont complétés par des patios urbains, dont plus de 60.000 rien qu’à la Havane. Selon Sinan Koont, du Département des Etudes Latino-américaines de l’université de Dickinson, en Pennsylvanie, « Ce n’est pas qu’une question d’économie, de production alimentaire ou de création d’emplois. C’est aussi une question de développement communautaire et de préservation et d’amélioration de l’environnement, par l’introduction dans les villes d’un mode de vie plus sain. »

    Pour comprendre ces réussites, il faut comprendre le rôle joué par l’état à Cuba. L’étatisme et la planification ont permis une utilisation rationnelle des ressources en équilibrant les exigences écologiques et de qualité de vie avec les objectifs économiques. Les critiques qui soulignent l’absence d’élections multipartites et de « société civile » à Cuba ne comprennent pas comment le système alternatif, composé d’organisations de base et de démocratie participative, garantit que l’état est représentatif de sa population et agit dans le sens de l’intérêt collectif. Sous le capitalisme, le secteur privé considère les ressources naturelles de la planète comme un apport « gratuit » de capital. Le parlementarisme à l’occidental dissuade les gouvernements élus pour un mandat limité de calculer les impacts humains ou écologiques à long terme produits par leurs politiques, tandis que le secteur privé pousse à la croissance économique qui est perçue comme une bonne chose par l’électorat. Or, l’exigence d’un développement durable crée une contradiction irréconciliable pour le capitalisme car dans le cadre d’un tel développement, la recherche de profit ne peut plus être le moteur de la production.

    Le modèle de l’ALBA

    Au mois de décembre 2004, Cuba et le Venezuela ont concrétisé leur alliance par la formation d’une Alliance Bolivarienne pour les Amériques (ALBA – "aube" en espagnol). Entre 2006 et 2009, La Bolivie, le Nicaragua, la Dominique et le Honduras (sous la présidence de Zelaya – càd avant le coup d’état récent... NdT), l’Equateur, Saint Vincent et les Grenadines, ainsi que Antigua-et-Barbuda ont rejoint l’ALBA, transformant celle-ci en une zone de commerce significative. Les membres sont engagés dans des projets de coopération humanitaires, économiques et sociales à travers des échanges non mercantiles et à but non lucratif. La banque de l’ALBA a été inaugurée en décembre 2008 avec un capital de 2 milliards de dollars. Ses prêts ne sont pas assortis de conditions et elle fonctionne sur la base d’un consensus entre tous ses membres. Elle contribue à libérer des pays des diktats de la Banque Mondiale et du FMI. Au mois de janvier 2010, une nouvelle devise « virtuelle » qui sert de base aux échanges au sein de l’ALBA a été créée et permet de soulager l’étau exercé par le dollar US.

    ALBA est le fruit du modèle de développement internationaliste cubain basé sur le bien-être. Elle est aussi l’expression des mouvements intégrationnistes pan-latino américains et de la montée des mouvements sociaux qui représentent les intérêts des communautés indigènes et les défavorisés. Ces secteurs exigent la mise en oeuvre de développements rationnels qui respectent leurs traditions et l’environnement. La déclaration de l’ALBA d’avril 2009, « Le capitalisme menace la vie sur terre » fait écho à ces préoccupations.

    La crise économique globale, le changement climatique, la crise alimentaire et la crise énergétique sont le résultat du capitalisme qui représente une menace pour la vie sur terre. Pour éviter une telle issue, il est nécessaire de développer et de forger une alternative au système capitaliste. Un système basé sur la solidarité et non la concurrence ; un système qui soit en harmonie avec la Terre Mère au lieu de piller ses ressources.

    La 50eme anniversaire de la Révolution Cubaine ne doit pas être célébrée comme un événement historique mais comme une illustration vivante, et de plus en plus pertinente, de la possibilité de vivre dignement, et durablement, en dehors de la course au profit du capitalisme, avec le bien-être et l’environnement placés au centre des stratégies de développement. C’est une leçon qu’il nous faut apprendre d’urgence car, selon les mots de Fidel Castro lors du Sommet de la Terre en 1992, « Demain, il sera trop tard ».

    Helen Yaffe
    auteure de Che Guevara : The Economics of Revolution, éd. Palgrave Macmillan 2009, enseigne l’histoire de l’Amérique latine à University College of London et au London School of Economics.

    Article original (accessible uniquement sur paiement - merci qui ?)
    http://www.resurgence.org/magazine/author1249-free-helen-yaffe.html

    Traduction "encore Cuba ? - Ben oui, pourquoi ?" par VD pour le Grand Soir

    (*) lire Cuba est une île, de D. Bleitrach, Viktor Dedaj, J-F Bonaldi, éd. Le temps des Cerises. Une place importante y est consacrée à la restructuration de l’industrie sucrière et la manière extraordinairement démocratique que l’opération fut menée. http://www.legrandsoir.info/Cuba-es...

    Source Ici


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  • Santos, un dauphin fidèle à la méthode Uribe


    International COLOMBIE - Alvaro Uribe a adoubé un ticket ambigu chargé de lui succéder: l'ex-ministre de la Défense Juan Manuel Santos et l'ex-syndicaliste Angelino Garzón.

    L'après-Uribe a commencé. Deux semaines après que la justice a contraint le président à renoncer à une troisième réélection, son poulain Juan Manuel Santos est déjà sur orbite.

    Lundi, l'ex-ministre colombien de la Défense était désigné par le Parti social de l'union nationale (La U) d'Alvaro Uribe comme son candidat à l'élection présidentielle du 30 mai. Hier, fidèle à la stratégie du brouillage des cartes de son mentor, M. Santos désignait l'ex-syndicaliste Angelino Garzón comme colistier, candidat à la vice-présidence. Juan Manuel Santos, 58 ans, avait renoncé à son poste ministériel en mai 2009, se réservant la possibilité d'être candidat au cas où son patron ne parviendrait pas à modifier la limite constitutionnelle des mandats.

    Le chef des armées bénéficiait alors d'une cote de popularité élevée, liée aux coups portés aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Issu d'une dynastie bourgeoise de Bogotá, petit-neveu d'un président de la République et cousin germain de l'actuel vice-président, Juan Manuel Santos fut journaliste au sein du groupe de presse familial propriétaire d'El Tiempo, avant de se lancer en politique sous la bannière libérale. Ministre du Commerce durant la présidence du centriste César Gaviria (1990-1994), il a ensuite lié son destin à Alvaro Uribe, fondant La U autour du président lui aussi en rupture avec son parti.

    Selon un sondage Ipsos Napoleon Franco publié début mars, le candidat de La U obtiendrait au premier tour 23% des suffrages, ce qui le place en tête, devant le candidat de gauche Gustavo Petro, mais loin des 46% encore attribués par les sondeurs à Alvaro Uribe le mois dernier.
    Face à ce hiatus, M. Santos a immédiatement placé sa campagne sous la bannière sécuritaire et invoqué l'aura de son leader. «Avoir le président Uribe pour ministre de la Défense serait un sacré honneur», a-t-il déclaré hier, laissant entrevoir une solution à la russe1... A quatre jours des législatives, M. Santos a aussi voulu mettre une pierre dans le jardin du Pôle démocratique alternatif (PDA), le parti progressiste émergent, en désignant un homme venu de la gauche, Angelino Garzón, comme colistier.

    Actuel ambassadeur auprès de l'ONU, cet ex-gouverneur du Valle del Cauca est un converti de fraîche date à l'«uribisme». Ancien syndicaliste, Angelino Garzón avait même occupé des fonctions dirigeantes au sein de l'Union patriotique, un mouvement de gauche radical décimé par les paramilitaires à la charnière des années 1980 et 1990. Et bien qu'il ait officié ensuite au sein du cabinet conservateur d'Andres Pastrana, M. Garzón affirmait encore il y a peu voter PDA aux élections...
    A l'heure où les Colombiens doivent réélire des assemblées parlementaires dont un cinquième des sortants ont fini en prison pour leurs liens avec les paramilitaires, la carte Garzón montre que M. Santos n'a rien à envier au sens tactique de son mentor.

    BENITO PEREZ ici
    Note : 1 Où l'ex-président Vladimir Poutine est désormais premier ministre.


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  • Équateur: quand un peuple affronte en justice un géant pétrolier

     
    Après l’annonce en 2009 par le président de l’Équateur, Rafael Correa, de la possibilité, à certaines conditions, de cesser la production de pétrole dans le pays « pour le bien de l’humanité », un autre pas, judiciaire celui-ci, va sans doute être franchi.
     
    L’Équateur est sur le point de connaître un moment sans précédent dans le combat écologique par l’imminence d’un verdict qui fera date. Les multinationale états-unienne Texaco et Chevron Corporation sont, en effet, conduites depuis 2003 devant les tribunaux par les organisations et populations indigènes de l’Amazonie équatoriale, pour avoir déversé des millions de tonnes de déchets toxiques dans la forêt Amazonienne entre 1964 et 1990 [1].

    Texaco a opéré sur un territoire de 1.500.000 Ha où vivaient plusieurs communautés indigènes. Ces populations souffrent aujourd’hui d’un taux anormalement élevé de cancer, ont vu apparaître des malformations chez les nouveau-nés, ils ont donc été contraints de quitter leurs terre et d’abandonner leurs foyers traditionnels. La catastrophe engendrée par l’exploitation et la production de pétrole par Texaco jusqu’en 1992 est déjà surnommée le « Tchernobyl amazonien » par bon nombre d’ONG. Elle est accusée d’avoir utilisé des procédés expressément interdits par la législation en vigueur au Texas depuis 1919 et en Louisiane depuis 1953 considérant l’Équateur du Président de l’époque, Ramón Castro Jirón, comme une zone de non droit. Mais la multinationale a aussi violé la Loi équatorienne sur les hydrocarbures de 1971 qui prévoyait « l’adoption de toutes les mesures nécessaires pour la protection de la faune, de la flore et d’autres ressources naturelles et pour éviter la pollution
      de l’eau, de l’air et des sols ».

    Pendant tout cette période, la transnationale a décidé que, pour optimiser ses bénéfices, elle n’utiliserait pas les techniques environnementales standards de l’époque qui consistaient à réinjecter dans les sous-sols les eaux de formation et les déchets toxiques qui remontent inévitablement lors du processus de perforation. En fait, Texaco a déversé l’eau de formation qui contient des produits chimiques toxiques et cancérigènes à la surface.

    Ce comportement a parsemé la forêt de centaines de mares toxiques, sans aucun filtres ni système d’imperméabilisation, a pollué les rivières de plomb et autres métaux lourds sans se préoccuper des populations autochtones. La quantité totale de pétrole rejetée dans les eaux fluviales autant par négligence qu’inconscience est estimée à 64 millions de litres [2].

    Depuis la fusion puis le rachat par l’entreprise pétrolière Chevron, Texaco est devenue une des entreprises privées les plus puissantes du monde, la deuxième après Exxon Mobil dont l’influence sur le gouvernement états-unien s’est faite par l’entremise de l’ancienne conseillère à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, qui avait fait partie du comité directeur de l’entreprise.

    C’est en mai 2003, 10 ans après la première plainte déposée contre Texaco, que l’entreprise Chevron [3] a dû se soumettre à la justice équatorienne, à Lago Agrío, et en répondre à plus de 80 communautés touchés par cette catastrophe qui n’a rien de naturelle dont 30.000 victimes. Depuis lors, les parties civiles demandent la réparation de la zone affectée qui s’élèveraient selon des experts internationaux à plus de 6 milliards de dollars. Le géant pétrolier réplique qu’il a déjà procédé entre 1996 et 1998 à la réhabilitation de cette zone, ce qui a été démenti par des prélèvements effectués par la suite.

    Les conséquences de ses agissements sont de plus en plus connues et les manœuvres dilatoires des accusés rendent leur défense grotesque. Le pouvoir, l’influence et la richesse de Texaco et de Chevron n’ont pas suffit à redorer leur blason, de fait, les impacts sur l’environnement et les témoignages de paysans et indigènes sont diffusés depuis quelques années sur des chaînes de télévision nationale et internationale, dans les médias alternatifs mais aussi officiels [4].

    Voyant poindre la défaite à l’horizon, le géant pétrolier Chevron a lancé une ultime campagne de lobbying agressif pour faire échouer la procédure judiciaire et, accessoirement, pour éviter de payer les 27000 millions de dollars d’indemnisation. Le Président Rafael Correa a formellement dénoncé cette manœuvre :

    « La multinationale Chevron, en désespoir de cause, a tenté récemment d’annuler le procès en diffusant des vidéos où l’on voit des représentants du gouvernement demander des pot-de-vin » [5].

    La multinationale dénonce, elle, un complot entre le juge chargé de l’affaire, Juan Nuñez, des représentants du gouvernement et des membres du parti Alianza País. Ces accusations sont monnaie courante en Amérique latine. Faute d’argument, la calomnie est le dernier recours des coupables et le nouveau PDG de Chevron semble vouloir reprendre le flambeau de ce déni de justice. Il répond par la fuite devant ses responsabilités dans cette catastrophe écologique et humaine.

    Si la justice équatorienne venait à condamner Chevron, ce serait la preuve qu’une entreprise transnationale peut être conduite devant les tribunaux d’un autre pays que celui où elle réside, et l’Équateur deviendrait le premier pays d’Amérique latine à forcer une compagnie transnationale à comparaître devant ses tribunaux [6].

    S’il est indéniable que la Constitution de l’Équateur est l’une des plus écologistes au monde, elle défend plus généralement le droit à la vie et les droits du peuple à disposer de lui-même. Ce qui se joue dans ce procès est fondamental car c’est bien de la souveraineté populaire qu’il s’agit et la condamnation de Chevron Corporation pourrait bien en signer une victoire. La peur qui tenait les populations touchées par cette pollution semble avoir enfin changé de camp.




    Notes
    [1] À l’origine de cette mobilisation se trouvent des Organisations de défense des droits environnementaux et humains, entre autres Amazon Watch, Rainforest, Action Network.

    [2] http://www.ecologiablog.com/post/12....

    [3] La multinationale Chevron Corporation a racheté Texaco en 2001.

    [4] http://chevrontoxico.com/.

    [5] http://www.hoy.com.ec/noticias-ecua....

    [6] http://www.texacotoxico.org/.


    Guillaume Beaulande ici lien

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  • Les FARC-EP s’adressent aux chefs d’état de l’Amérique latine et de la Caraibe réunis à Cancun

    COMAGUER

    Le sommet des Etats de l’Amérique Latine et de la Caraïbe qui s’est réuni à Cancun (Mexique) le 22 Février a jeté les bases d’une nouvelle organisation politique régionale excluant les Etats-Unis et le Canada.

    Appelée CELAC (Communauté des Etats de l’Amérique latine et de la Caraïbe), elle sera constituée officiellement en 2011 et constitue un tournant très important dans la vie du continent : le refus de voir les Etats-Unis faire plus longtemps la loi dans leur arrière cour.

    Un journaliste brésilien a remarquablement résumé cet évènement en disant que la CELAC est LA REVANCHE DE BOLIVAR SUR MONROE

    Les Farc-EP, démontrant une nouvelle fois leur capacité d’analyse et d’intervention politique se sont adressées aux 33 Etats et aux 22 Présidents réunis à Cancun et ont tiré profit de la marginalisation d’URIBE qui selon le témoignage public d’EVO MORALES n’a participé qu’aux repas et aux photos officielles. Nous reproduisons le document des FARC tel qu’il a été publié en Colombie par un quotidien et une agence de presse.

    Traduction COMAGUER ici

    Dans un communiqué du Secrétariat de l’état-major central des FARC, en date du 22 février, les commandants de la guérilla la plus ancienne et la plus importante d’Amérique latine, ont demandé aux participants au sommet de Cancun « de proposer leurs bons offices pour promouvoir leur reconnaissance en tant que force belligérante » comme une première étape vers une solution politique au conflit armé interne qui ensanglante la Colombie depuis 46 ans.

    Dans leur message, les FARC ont réitéré leur proposition pour un échange humanitaire de prisonniers (NDT : dans la suite du texte le terme « échange » fait toujours référence à l’échange de prisonniers) contre des guérilleros emprisonnés. Cela « permettrait, non seulement la libération des prisonniers de guerre des deux côtés, mais aussi de progresser dans l’humanisation du conflit, et certainement d’avancer dans la voie d’accords définitifs, » ont-ils ajouté.

    Suit la déclaration complète qui a été rendue publique le mardi Mars 2 sur internet :

    Mémorandum pour un échange sur le conflit colombien

    Point 1 - Nous avons toujours cru à une solution politique au conflit. Même avant l’attaque de Marquetalia et pendant ces 46 années, nous l’avons exprimé à plusieurs reprises et lutté.

    Point 2. Nous ne sommes pas bellicistes, ni ne combattons pour des vengeances personnelles, nous n’avons ni biens matériels ni privilèges à défendre, nous sommes depuis l’origine des révolutionnaires engagés, à la recherche d’une société juste et souveraine ; profondément humanistes, dépourvus de tout intérêt personnel mesquin, qui aimons notre pays par-dessus tout et sommes contraints de faire la guerre à une classe dirigeante à genoux devant l’Empire, qui a systématiquement utilisé la violence et les attentats individuels comme arme politique pour s’accrocher au pouvoir depuis le 25 Septembre 1828, quand elle tenta d’assassiner le Libérateur Simon Bolívar, jusqu’à aujourd’hui, où elle pratique le terrorisme d’État pour maintenir le statu quo.

    Point 3. La difficulté qu’a eue la Colombie pour parvenir à la réconciliation par le dialogue et les accords a été le concept de paix oligarchique du régime, qui n’accepte que la soumission absolue de l’insurrection au soi-disant « ordre établi », ou comme alternative « la paix des tombes ».

    Point 4. Nous n’avons pas lutté toute notre vie contre un régime d’exclusion, violent, corrompu, injuste et antipatriotique, pour maintenant revenir à lui, sans changements dans sa structure.

    Point 5. En Colombie, beaucoup d’hommes bons, compétents, qui souhaitaient un pays meilleur et qui ont combattu par des moyens pacifiques, y compris Jaime Pardo Leal, Bernardo Jaramillo, Manuel Cepeda et d’autres, ont été tué avec préméditation, de façon ignoble et lâche par les services de renseignements de l’État alliés aux paramilitaires et aux gangsters, ennemis du peuple dans un génocide sans précédent qui a liquidé physiquement une dynamique d’ensemble du mouvement politique en pleine croissance : l’Union Patriotique.

    Cette stratégie de terrorisme d’État a échoué dans la recherche de solution politique à La Uribe sous les gouvernements de Belisario Betancur et de Virgilio Barco et, à Caracas et au Mexique, pendant le gouvernement de M. César Gaviria.

    Point 6. Dans le Caguan, comme l’a reconnu dans son livre et dans ses déclarations publiques le Président Pastrana, le régime ne cherchait qu’à gagner du temps pour reconstituer une force militaire en difficulté avec un calendrier, des directives, des instructions et des fonds de la Maison Blanche, intégrés dans le Plan Colombie et imposés par l’administration de Bill Clinton pour faire avorter une solution politique démocratique au conflit en Colombie et pour commencer leur campagne pour contrecarrer les changements progressistes entamés sur le continent. Le processus de diabolisation Caguan était condamné avant qu’il ne commence, comme l’a confirmé l’ancien président Pastrana car son gouvernement n’a jamais cherché à ouvrir la voie vers la paix, mais à renforcer et à affiner son appareil de domination pour continuer la guerre.

    Point 7. Ces précédents n’éliminent pas les possibilités d’une solution politique au conflit colombien. Ils démontrent bien sûr l’intention quasi nulle de l’élite colombienne de mettre un terme à son hégémonie et son intolérance envers les autres courants ou options de l’opposition politique qui remettent en question son système politique et son alignement international sans réserve sur les intérêts impériaux des États-Unis , au détriment de notre souveraineté et à l’encontre des intérêts les plus chers de la nation et la patrie.

    Sa conception de l’exercice du pouvoir est marquée et soutenue par la violence, la corruption et la cupidité et ceci rend très difficile une issue sans effusion de sang, qui de toute manière continuera à demeurer la bannière des FARC - EP et certainement de vastes secteurs de la population qui, finalement, sont ceux qui ressentent sur leur humanité les effets de l’hégémonie oligarchique.

    Point 8. Les intérêts des différents secteurs sociaux sont contrecarrés en permanence. Dans certaines circonstances et dans des périodes particulières l’oligarchie exerce à fond sa dictature, par l’oppression , la répression et la guerre sale qui se développe disqualification depuis l’État sur eux de différentes manières, sans ripostes de la majorité d’entre eux , à d’autres périodes, les réactions sont importante, mais non suffisantes, dans d’ autres enfin , l’ énorme accumulation de facteurs de mécontentement conduit à une réponse populaire puissante. Nous comprenons que les intérêts des différents secteurs dans une société comme la nôtre, sont constamment en conflit. Mais parler en Colombie de post-conflit n’est que propagande.

    Point 9. Cette réflexion est pertinente car les causes profondes de l’insurrection armée dans notre pays sont encore plus fortes et plus pressantes qu’il y a 46 ans, ce qui requiert, si nous voulons bâtir un avenir sûr de gouvernement démocratique, de plus grands efforts plus, de la générosité, des concessions, de la largeur de vues et une d’imagination réaliste pour s’attaquer à la racine des problèmes et non aux effets de ceux-ci.

    Point 10. Après 12 ans d’offensive totale contre les FARC - EP par le gouvernement des États-Unis et l’Etat colombien, les assassinats officiels, de véritables crimes contre l’humanité, faussement présentés aujourd’hui sous un jour positif, la terreur croissante des bandes criminelles sous le nouveau masque du narco paramilitarisme, la truculence nauséabonde du président pour se maintenir au pouvoir par la tricherie, la corruption effrénée de gouvernement et des entreprises privées qui en échange de la même corruption soutiennent le gouvernement avec des milliards de dessous de table, l’invasion éhontée de la Colombie par l’armée des gringos et l’injustice sociale croissante avec un chômage élevé, pas de santé pour la majorité, avec d’énormes déplacements internes, avec un salaire minimum ridicule par rapport aux énormes profits des banquiers, des propriétaires fonciers et des compagnies multinationales et après avoir raboté, avec une réforme du code du travail, les plus importantes conquêtes sociales des travailleurs de la campagne et la ville, tout a été fait pour créer un terrain fertile pour la croissance de l’insurrection révolutionnaire.

    Deuxième partie :

    1. Le Conflit armé en Colombie a de profondes racines historiques, sociales et politiques. Il n’a été ni l’invention d’un démagogue, ni le produit d’esprits sectaires, ni une conséquence de certaines spéculations théoriques, mais le résultat et la réaction à certaines formes de domination imposées par les classes dominantes dès l’origine de l’Etat nation dont l’axe a été la violence terroriste systématique, organisée par l’État, particulièrement au cours des 60 dernières années.

    2. Le dépasser par des moyens pacifiques, suppose qu’il y ait une volonté totale préalable pour aborder les questions de pouvoir et de système politique, si la volonté est d’aboutir à des solutions solides et durables.

    3. Nous avons affirmé le besoin, pour commencer, de parler pour parvenir à des accords d’échange (de prisonniers), qui ne seraient pas seulement la liberté des prisonniers de guerre des deux côtés, mais des progrès dans l’humanisation du conflit et certainement un pas vers des accords définitifs.

    4. Parler et chercher ensemble des solutions aux problèmes majeurs du pays ne doit pas être considéré comme une concession de quiconque, mais comme un scénario réaliste et praticable pour tenter, encore une fois, d’arrêter la guerre entre Colombiens dans la civilité des dialogues.

    5. Se réunir pour des entretiens sur les échanges (de prisonniers) et sur f le règlement politique suppose des garanties entières pour le faire sans aucune pression, en tenant pour acquis que ceux qui peuvent le garantir sont exclusivement le gouvernement en place, s’il a la volonté de trouver les chemins du dialogue.

    6. Notre volonté historique et permanente de trouver des scénarios de convergence à travers le dialogue et la recherche collective d’accords de coexistence démocratique ne dépend pas de circonstances particulières ou de la corrélation des forces politiques, elle est simplement une partie ferme de notre programme.

    7. Au cours des 45 dernières années, nous avons été soumis à toutes sortes d’offensives politiques, propagandistes et militaires, avec la présence ouverte ou souterraine du Pentagone, à toutes sortes d’ultimatums et de menaces des autorités civiles et militaires, à une agression terroriste permanente sur la population civile des zones dans lesquelles nous opérons, etc., qui n’ont pas aucunement ébranlé notre détermination et notre volonté de combattre, par tous les moyens qui nous restent , pour une Colombie souveraine, démocratique et de justice sociale.

    8. Nous comprenons les dialogues, la recherche des voies vers la paix, non comme une négociation, parce qu’elle n’en est pas une, mais comme un vaste effort collectif pour parvenir à des accords qui rendent possible de s’attaquer aux causes profondes du conflit colombien.

    Troisième partie :

    Nous FARC, sommes une riposte à la violence et à l’injustice de l’Etat. Notre insurrection est un acte légitime, un exercice du droit universel donné à tous les peuples du monde à se révolter contre l’oppression. Nous avons appris De nos libérateurs que « lorsque le pouvoir est oppressif, la vertu a le droit d’anéantir » et que « l’homme social peut comploter contre toute loi positive qui tient son cerveau enchainé

    Comme le proclame le programme agraire de la guérilla, les FARC "Nous sommes une organisation politique militaire qui recueille les drapeaux bolivariens et les traditions libertaires de notre peuple de lutter pour le pouvoir et de permettre à la Colombie d’exercer pleinement sa souveraineté nationale et de rendre effective la souveraineté populaire. Nous nous battons pour l’établissement d’un régime démocratique qui garantisse la paix et la justice sociale, le respect des droits de l’homme et le développement économique et le bien être pour tous ceux qui vivent en Colombie. "

    Une organisation avec de tels buts, qui recherche la réalisation du projet social et politique du père de la République, le Libérateur Simon Bolívar, rayonne dans sa tactique et sa stratégie un caractère politique impossible à réfuter. Seul le gouvernement de Bogota, qui agit comme une colonie de Washington, nie le caractère politique du conflit. Il le Fait dans le cadre de sa stratégie de guerre sans fin pour refuser la solution politique que revendique plus de 70% de la population. Cette stratégie vise notamment à imposer par la force une sécurité pour l’investisseur antipatriotique concept imaginé par les stratèges du Commandement militaire Sud des États-Unis, qui relègue au second plan la dignité de la nation.

    Pour le gouvernement d’Uribe, il n’y a pas de conflit sociopolitique en Colombie, mais une guerre de l’Etat contre le terrorisme, et avec ce présupposé, complété par la manipulation très intense de l’information, il croit avoir la justification et la carte blanche pour développer sa terreur d’État contre la population, et refuser la solution politique et le droit à la paix.

    Maintenant que la Colombie est un pays officiellement envahi, occupé par les troupes étasuniennes, cette orientation absurde se voit renforcée, ce qui entraîne l’aggravation du conflit.

    Uribe n’est mandaté par ses maîtres à Washington ni pour l’échange ni pour la paix.

    Le président de la Colombie crée des fantasmes pour justifier son immobilisme dans les échanges de prisonniers : « que l’accord implique une reconnaissance du statut de belligérant de l’adversaire et que la libération de guérilleros entrainerait une très grande démoralisation des troupes » C’est sa façon d’entraver la voie de la compréhension. Cette intransigeance inutile du gouvernement a été la cause profonde du maintien en captivité des prisonniers des deux côtés. Quand Bolivar a signé l’armistice avec Morillo en Novembre 1820, il proposa au général espagnol de profiter de l’état compréhension qui prévalait pour s’entendre sur un traité visant à stabiliser la guerre « en vertu des lois des nations civilisées et des principes libéraux et philanthropiques ». Son initiative fut acceptée, conduisant à l’échange de prisonniers, à la récupération des corps des personnes tuées dans l’action, et au respect des civils non-combattants.

    Comme Uribe est loin de ces impératifs éthiques de l’humanité !

    Sans aucun doute, Uribe associe le règlement politique à l’échec et la futilité de sa doctrine de sécurité nationale et à la triste fin de sa frénésie guerrière pour écraser, par la force des armes, le mécontentement social grandissant. Il ressemble à un soldat japonais de la Seconde Guerre mondiale seul sur une île, tirant sur des ennemis imaginaires au milieu de sa folie.

    Nous réitérons aux participants à cet échange sur le conflit colombien, les observations faites récemment aux présidents de l’UNASUR et de l’ALBA : « ... Avec un Uribe plein de frénésie de guerre et enhardi par les bases américaines, il n’y aura pas de paix en Colombie ni de stabilité dans la région. Si rien ne freine le bellicisme aujourd’hui renforcé, le drame humanitaire de Colombie va augmenter dans des proportions dantesques. Il est temps pour notre Amérique et pour le monde de tourner leur regard sur ce pays violenté par le pouvoir. la Colombie ne peut pas être condamnée éternellement à d’être le pays de « mensonges positifs », de l’assassinat des milliers de civils non combattants par la force Publique, des fosses communes , de la dépossession des terres, du déplacement forcé de millions de paysans, des arrestations massives de citoyens, de la tyrannie et de l’impunité des auteurs de ces crimes protégés par l’Etat. "

    Nous demandons aux participants à cet évènement d’offrir leurs bons offices pour promouvoir la reconnaissance du statut de belligérant aux FARC, base de la solution politique du conflit. Ce serait le début de la marche vers la paix en Colombie. Si nous voulons parler de paix, les troupes américaines doivent quitter le pays, et M. Uribe abandonner sa campagne digne de Goebbels de qualification des FARC comme terroristes. De notre côté, nous sommes prêts à affronter le débat sur l’organisation de l’Etat et de l’économie, sur la politique sociale et sur la doctrine qui guidera les nouvelles Forces armées de la nation.

    Très sincèrement vôtres

    Compatriotes,

    Secrétariat de l’état-major des FARC.

    Montagnes de Colombie , 22 Février 2010

    Original en espagnol Publié sur les sites internet

    http://www.eltiempo.com/colombia/po...

    http://www.anncol.eu/noticias-del-m...


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  • Le escribo esta carta en momentos de profundo dolor y sufrimiento por la pérdida irreparable de su hija Claudia, asesinada el 24 de febrero 2010.

    Hago extensiva esta carta de pésame a todos los familiares suyos y también a la gran familia  de los mártires del Frente Nacional de Resistencia Popular:  mujeres, hombres, niños , niñas, jóvenes, estudiantes, obreros , campesinos ,comunidad lésbica, gay y transexual, intelectuales, artistas  pobladoras, defensores de los derechos humanos y del ambiente que han sido torturados, asesinados, encarcelados, perseguidos  por el aparato represivo del Estado que está intacto desde la década de los años ochenta y que ha cobrado mayor vigencia a partir del golpe militar del  28 de junio, 2009.

    El golpe militar negado por sus propios autores  y padrinos   se fundamenta  en la vieja Doctrina de la Seguridad Nacional, la estrategia de los Conflictos de Baja Intensidad   y en la nueva Doctrina de la Política Inteligente, la  estrategia de la guerra irregular y el  plan militar Honduras- Colombia.

    El proceso golpista es apoyado  por   el nuevo orden criminal mundial  y  ejecutado  por  aquellos que se entrenaron en la Escuela de las Américas,   Triple A (Alianza Argentina Anticomunista) y  en las  maniobras de contrainsurgencia conjuntas  Colombia - Honduras. Se basa en un estado de derecho  sin derechos

    La violencia se promueve   por las cadenas mediáticas locales, multinacionales  y  por aquellos jerarcas que desde el pulpito bendicen las armas y los crímenes contra nuestros compañeros y compañeras de la Resistencia.

    Los crímenes hacen sangrar las venas abiertas de América Latina y nos obligan a expresar a riesgo de nuestras propias vidas que es inaceptable la Comisión de la Verdad que tiene como premisa la mentira. Esta Comisión  surge de un Plan Arias que nunca condenó las violaciones de los derechos humanos  por el golpe militar.

    Es importante que el espíritu de justicia   internacional comprenda que el dialogo que patrocinan las fuerzas golpistas vigentes es falso, hibrido y biconfesional.

    Después del golpe militar;  en nombre de la democracia, el dialogo y  Dios se han cometido  los peores crímenes. El discurso teológico al no señalar las violaciones a los derechos humanos  se transforma en un aliado incondicional de los cuerpos represivos.

    Las palabra amor y libertad están encarceladas, las aguas están presas, las concesiones: mineras,  represas, banano, madera, camarón, agro combustibles además de ser bochornosas son corruptas.

    Se persigue, se hostiga y tortura a los campesinos  y campesinas  del Aguan y el Ku Kux Klan quema la radio garífuna. El dialogo   en Honduras  es la máscara de la tortura y el crimen

    Compañero Pedro, se  reconoce en  usted al  luchador solidario  con los procesos de liberación y dignidad histórica de los pueblos.    Conciencia que se refleja  en su hija  Claudia,  compañera ejemplar, y mártir  de la Resistencia.

    El camino de la libertad en este infierno de injusticia  y en el mundo de los condenados de la tierra solo es posible construirlo con sujetos históricos y sociales que luchan por transformar la esencia  de este orden criminal  mundial  del sistema capitalista.

    La Asamblea Nacional Constituyente, el Poder Constituyente del pueblo y   la Refundación de Honduras  son las alternativas para  revolucionar socialmente  el coloniaje del poder local,  oligárquico y  parasitario burgués   articulado a la expansión  del capital financiero internacional etnocéntrico (racista) ,  excluyente , opresor e injusto.

    En la Marcha de la Resistencia del 25 de febrero  2010, así como en todas las marchas,  el espíritu de Claudia y de todas y todos los mártires de la Resistencia estarán presentes. Los  sicarios, policías, militares, orejas y compradores de conciencia deben entender que Honduras es un nuevo pueblo, un nuevo espíritu solidario que  no se vende, no se alquila y que jamás descansará en la lucha    contra la impunidad   y el logro de la verdadera   justicia

    La resistencia al amar   la verdad y la libertad  es solidaria con todos los pueblos  de América Latina, particularmente con los  pueblos del ALBA; rechaza  la ocupación militar de Honduras, Colombia, Panamá, Puerto Rico y cualquier plan de agresión  que amenace la paz en el continente.

    En mis sueños de paz  he  tenido la visión de que el vuelo de liberación  de los  colibríes nunca podrá ser capturado por los halcones  del pentágono.

    Tegucigalpa 25 de febrero 2010

    Juan Almendares


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  • Deux militants des droits de l’homme abattus

    La corruption est omniprésente dans le pays

    L’Organisation non gouvernementale "Unité des défenseurs de droits de l’homme du Guatemala" (Edefegua) vient de dénoncer le meurtre de deux de ses militants, quelques jours après l’enlèvement et l’assassinat le 11 février de Germán Antonio Curup, leader communautaire de San Juan Sacatepéquez, où il était engagé aux côtés des paysans sans terres.

    L’avocat indigène maya Juan Antonio Chen, collaborateur auprès de l’Office des droits de l’homme de l’archevêché de Guatemala, a été abattu par balle mercredi par des individus non identifiés dans le département septentrional de Cobán. Le même jour, Octavio Roblero, leader du Front de résistance pour les ressources naturelles, était assassiné par des inconnus à Malacatán, dans le département septentrional de San Marcos, à la frontière du Mexique.
     
     
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