• Mexique : marée noire, violence paramilitaire à Copala et ailleurs...

    Jean-Pierre PETIT-GRAS Ici

    La vague de violence qui submerge actuellement le Mexique s’intensifie. Mais, au-delà des gros titres et des photos sensationnalistes étalant complaisamment d’innombrables cadavres (plus de 8000 en un an), dont la presse « officielle » nous abreuve jusqu’à l’écoeurement, pour impressionner et faire accroire que le gouvernement de Felipe Calderón, appuyé par celui de Barak Obama, « fait la guerre au narcotrafic », il convient d’analyser d’un peu plus près les causes de tels massacres, et les objectifs poursuivis. Les événements de Santa María Ostula, dans le Michoacán, avec l’enlèvement du nahua Francisco de Asís Manuel, et ceux de San Juan Copala, dans l’Oaxaca, montrent clairement la nature des véritables enjeux de cette violence.

    Les habitants de San Juan Copala, localité de la région triqui, dans l’ouest de l’Etat de l’Oaxaca, ont créé en janvier 2007 une « municipalité autonome », marquant ainsi leur décision de s’autogérer, face à un gouvernement qui les a marginalisés, méprisés et spoliés depuis des décennies. Mais cette attitude, liée à leur participation à la résistance de l’APPO lors de la « commune d’Oaxaca », leur vaut depuis un harcèlement brutal, mené par les polices locale, régionale et fédérale, mais aussi par des groupes paramilitaires et parapoliciers, impulsés par le parti de la révolution institutionnelle, le PRI du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz.

    Enlèvements, viols et meurtres sont le prix payé par cette population en résistance. Depuis plusieurs semaines, l’un des groupes paramilitaires, l’UBISORT, bloque les accès à San Juan Copala, afin de tenter d’isoler ses habitants. Une caravane est donc partie de la ville d’Oaxaca, le 27 avril, pour rompre ce blocus et apporter à Copala médicaments, vêtements, livres et appui moral d’associations solidaires, ainsi que la présence d’observateurs des droits humains. Les paramilitaires, armés de fusils de guerre, ont intercepté et mitraillé la caravane, tuant deux des participants, la Mexicaine Alberta Cariño Trujillo et le Finlandais Jyri Antero Jaakola, en blessant une quinzaine d’autres. Avant de libérer les membres de la caravane, ils n’ont pas caché qu’ils agissaient sous la protection du PRI et du gouverneur Ulises Ruiz.

    Actuellement, le gigantesque rouleau compresseur de l’économie capitaliste industrielle avance sur les derniers territoires qu’il ne contrôle pas encore. Il s’agit pour lui de mettre la main sur l’ensemble des ressources humaines et matérielles de la planète. Pétrole, uranium, or et métaux rares, bois précieux, zones touristiques, énergie hydraulique et biodiversité, groupes humains s’obstinant à vivre de façon autonome et digne, tout doit tomber dans l’engrenage de la machine. Avec, parfois, l’assentiment hébété ou la soumission apeurée d’une partie de la population, subjuguée par le clinquant et la facilité apparente de la vie aliénée que ce « développement » répand et impose partout.

    C’est le drame qui se joue actuellement au Mexique. Marées noires, bétonnage du littoral, contamination chimique et OGM, grippe porcine, massacres entre narco-militaires et politico-gangsters ne sont que les conséquences, mais aussi les armes employées par le système pour tenter d’écraser définitivement les résistances paysannes et indigènes.

    Alberta (Betty) Cariño était l’une de ces résistantes. En décembre 2009, elle était à Mexico devant l’ambassade du Canada, pour dénoncer l’assassinat d’un paysan du Chiapas, Mariano Abarca, par des paramilitaires au service de l’entreprise minière Blackfire. Pour qui comprend la langue espagnole, le document suivant donne une idée de la personnalité et du combat de cette femme, abattue par l’Ubisort, sur la route de San Juan Copala.

    http://www.youtube.com/watch?v=TWPk...


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  • Honduras : 107 zones naturelles protégées menacées par les entreprises

    vendredi 30 avril 2010, par Primitivi

    Au Honduras il n’y a pas que l’aspect sociale et droit de l’homme qui en prend plein la tête, l’écosystème hondurien lui aussi souffre. Durant le régime de facto deux décrets de protection ont été abrogés afin de laisser le champ libre aux entreprises d’exploitation forestière. Le gouvernement de Lobo a entériné cette réforme et s’apprête à la mettre en application.

    Suivant la réforme les entreprises désirant exploiter une zone naturelle protégée peuvent avoir une licence d’exploitation sur simple acceptation du Système National d’Évaluation d’Impact Environnemental, un organisme d’État fortement décrié, soupçonné de népotisme et de corruption.

    Après avoir asservi et pourchassé la population pauvre, après avoir tenté de museler résistance, syndicats et presse par des assassinats ciblés, les hommes de pouvoir hondurien mettent à sac les ressources naturelles de leur pays. Pour le plus grand plaisir des multinationales et le leur propre bourse.



    Il s’agit de 107 zones protégées au Honduras, qui avec les “accommodements traditionnels politiques”, cette fois grâce à l’abrogation de deux décrets exécutifs, seraient à la merci de la prédations des exploitants forestier, y compris les entreprises thermiques et les compagnies minières.

    Le Honduras dispose de 107 zones protégées, 96 d’entre elles sont reconnues, tandis que 11 sont en cours de reconnaissance. La définition officielle établit que ce sont des endroits déterminés de l’État, soumis à un cadre légal et institutionnel définis pour garantir la conservation de leurs particularités et de leurs richesses environnementales et culturelles.

    Cependant, Valerio Gutiérrez qui est lié aux zones protégées, non pour promouvoir leur préservation sinon pour être responsable du Secrétariat des Ressources Naturelles et Environnementale (SERNA) durant le gouvernement de facto Roberto Micheletti Baín, il a joué un dernier "mauvais tour" il y quelques jours en laissant son poste.

    Gutiérrez, est considéré comme responsable de l’abrogation de deux décrets qui interdisaient la construction de projets hydroélectriques dans les zones de réserve, en permettant grâce à cela la possibilité de privatiser les ressources en eau.

    La sale manoeuvre contre les zones protégées s’est produite durant le gouvernement de facto de Micheleti, comme le dénonce la Table Nationale d’Incidence pour la Gestion de l’Irrigation (MNIGR), composée d’organisations de défense des ressources naturelles au Honduras.

    La MNIGR dénonce que la source du problème se situe dans le décret 233-2010 approuvé le 22 janvier 2010, qui abroge les décrets ministériels 001-96 et 158-2009.

    Dans ces deux décrets il était établi que : “Le Secrétariat des Ressources Naturelles et Environnementale s’abstiendra de donner son accord aux demandes de permis environnementaux, quelle que soit la nature du projet, contrats d’exploitation de l’eau et études de faisabilité pour des projets hydroélectriques, si ceux-ci se situent dans des zones protégées ...”

    L’article 1 de l’accord 001-96, réformé par le décret 420-2009, oblige la SERNA à “s’abstenir de donner son accord aux demandes de permis environnementaux, quelle que soit la nature du projet, contrats d’exploitation de l’eau et études de faisabilité pour des projets hydroélectriques, si ceux-ci se situent dans des zones protégées dûment déclarées par une autorité compétente conformément à la loi”.

    L’article 2 du même accord 00196 et 158-2009 dit que : “Les projets qui doivent se développer dans les zones d’amortissement des zones Protégées proposées ou déclarées, devront disposer du rapport favorable de la part de l’Institut de Conservation Forestière” (ICF).


    Le décret qui ouvre les portes à la destruction forestière

    Quelques jours avant la fin du gouvernement de facto et de son poste en tant que Secrétaire de la SERNA, Gutiérrez a approuvé le décret 233-2010, le 22 janvier 2010. Le décret a été publié dans le journal officiel La Gazette le 4 février dernier, réforme et abroge les accords 001-96 et 158-2009.

    “Pour nous cette disposition qui abrogent ces deux décrets ministériels est attentatoire, maintenant nous faisons face au risque de perdre les zones protégées, face au risque que des projet soient approuvés dans ces zones et au risque de perdre la ressource vital qu’est l’eau pour l’être humain”, a indiqué face aux médias, Clarisse Vega, environnementaliste reconnue et membre de la MNIGR.

    Avec les réformes et abrogations des accords, la SERNA donnerait un blanc seing aux membres du Système National d’Évaluation d’Impact Environnemental (SINEIA), une organisation que le MNIGR soupçonne d’être composée par des membres choisis suivant le bon vouloir de quelques hauts fonctionnaires de la SERNA.

    “C’est une manière de favoriser une possible destruction des zones Protégées du Honduras, les zones où se trouve la majorité de l’eau que consomment les communautés rurales et urbaines du Honduras”, dit le communiqué émis par l’organisation plaignante.

    “Les rivières et les bassins localisés dans des zones d’amortissement et des zones protégées peuvent maintenant être utilisés par les entreprises hydroélectriques”, affirment les plaignants.

    Il est connu que derrière les projets hydriques on trouve les propriétaires des entreprises thermiques, “il suce le sang de l’État” à travers des contrats de plusieurs millions, qu’ils souscrivent avec les gouvernements successifs, pour produire au final une électricité à un coût élevé pour la population hondurienne.



    Demande d’abrogation du décret et de responsabilisation de l’ex-fonctionnaire

    A Porfirio Lobo Sosa, président de la République, au président du Congrès National et à Rigoberto Cuellar, responsable actuel de la SERNA, la MNIGR demande d’analyser la légitimité et les répercussions qu’aura l’application de ce décret.

    Afin d’éviter l’aggravation des dommages déjà fait aux ressources forestières honduriennes, elle demande d’abroger ou de ne pas appliquer ce décret et d’imputé les responsabilités de cette affaire aux fonctionnaires qui ont ordonné la réforme des décrets.

    “Cela nous remplit de rage, parce que c’est la seule chose qui reste dans le pays”, a déclaré German Casco, membre de la MNIGR, lors du dépôt de plainte.


    Source : Revistazo "Áreas protegidas de Honduras a merced de las voraces térmicas y las empresas mineras"
    Traduction : Primitivi


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  • Venezuela : Les autorités enquêtent sur les décès suspects de 6 membres de la communauté Yanomami

     

    Des enquêteurs et des soldats vénézuéliens s’intéressent actuellement aux circonstances de la mort de six indigènes de la tribu Yanomami évoluant en Amazonie près du fleuve Orénoque. Aidés par des traducteurs ils ont questionné les anciens du village Parima B sur les causes de la mort de six d’entre eux.

    Une délégation a été dépêchée sur place le 16 avril dans le but de récolter des informations auprès des membres de la communauté touchée, elle se composait de fonctionnaires de la Cicpc (el Cuerpo de Investigaciones Científicas Penales y Criminalísticas) et d’effectifs de la 52ª Brigade d’ Infanterie Forestière.

    En effet, quatre adultes Yanomami dont un homme, leader du village Momoy et trois femmes sont décédés. Selon les premières estimations émises jeudi par le Bureau du Procureur (« Fiscal General »), ils seraient morts après avoir ingurgité de l’eau contaminée par les chercheurs d’or illégaux, de même que deux jeunes adolescents auraient trouvé la mort après avoir été aspergés de produits liquides par des personnes non identifiées.

    Les Indiens Yanomami représentent une population d’environ 32 000 personnes qui évoluent dans les forêts tropicales et montagneuses du sud du Venezuela et du nord du Brésil. Selon certaines sources, le nombre des orpailleurs qui travaillent illégalement dans leur territoire ne cesse d’augmenter.

    Les orpailleurs menacent la vie des Yanomami en faisant preuve de violence à leur encontre et en véhiculant des maladies ou virus pour lesquels ils n’ont aucune imunité. Le mercure utilisé pour amalgamer l’or souille dangereusement l’eau des rivières que les indigènes consomment et le bruit des dragues et des générateurs fait fuir le gibier dont les Yanomami se nourrissent, une source de subsistance indispensable à leur survie alimentaire.

    Les Yanomami ont déjà durement souffert de l’invasion de plus de 40 000 orpailleurs dans les années 1980, intrusion qui a eu un impact négatif sur l’environnement des indigènes.

    Survival a appelé les gouvernements brésilien et vénézuélien à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’expulser les chercheurs d’or qui exercent leur trafic sur le territoire Yanomami et empêcher à l’avenir toute nouvelle invasion.

    L’exploitation illégale de l’or dans cette région, tout spécialement du côté brésilien, introduit parmi les membres de la tribu des maladies qui depuis 1980 ont causé la mort de 20 % de la population.

    La tribu est considérée comme l’une des plus importantes de la zone amazone avec près de 30 000 individus évoluant entre le Venezuela et le Brésil, les Yamomani avaient limité leurs contacts avec le monde extérieur depuis 50 ans environ. L’année passée, les autorités sanitaires du Venezuela avaient mis en garde contre l’effet dévastateur que pourrait introduire le virus de la grippe sur une population isolée et de fait fragilisée.

    Les membres de la tribu évoluent dans des « chozas » ou « huttes » communautaires de forme circulaire qui donnent sur une cour extérieure, les hommes chassent et les femmes s’occupent des récoltes dans des champs non clôturés.

    Le président Chávez a contribué à de nombreux changements concernant la tribu, tout d’abord une équipe médicale de 30 personnes évoluent de façon permanente dans la zone où sont implantés les indigènes.

    En 2008, la chaîne anglaise de Télévision Channel 4, a réalisé un reportage sur l’extraction minière illégale en Amazonie brésilienne. En volant au-dessus de la forêt, l’équipe de tournage a filmé les images d’une piste d’atterrissage au beau milieu de la végétation crée par les exploitants miniers ainsi que le détournement d’un bras de fleuve près d’un village Yanomani, ce qui avait causé une flambée de malaria.

    En accord avec les estimations faites par l’organisation Survival, plus de 1000 trafiquants miniers travailleraient illégalement sur le territoire Yanomami, non seulement ils contaminent l’eau et le sol mais en plus ils sont à l’origine d’épidémies souvent mortelles.

    Le gouvernement a annoncé, samedi 24 avril, qu’une vaste opération militaire allait être organisée afin de traquer les trafiquants qui sont à l’origine de pertes humaines intolérables et également de dégâts majeurs sur l’environnement en utilisant une technologie qui pollue les cours d’eau.

    Aline Timbert


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  • Un journaliste sort du lot pour défendre les paroles du président Evo

    Le discours d'inauguration du président bolivien a été déformé par la presse d'opposition afin de manipuler l'opinion publique.

    “Dans la conférence mondiale sur le climat, Morales accuse les poulets pour l’homosexualité”, disait aujourd’hui l’auteur d’un article qui fait le tour du monde via Internet.

    En bon carnivore que je suis, j’ai dévoré la nouvelle cherchant sa valeur scientifique, mais j’ai juste trouvé un effort conscient pour discréditer le Président. J'ai compris tout de suite que, comme toujours, la presse internationale ne faisait que répéter la distorsion fabriquée à l’origine par la presse bolivienne au service de l’opposition à Morales. Cela ne m’a pas semblé étrange, parce que la droite a toujours utilisé sa presse, celle ci étant  privée, comme la machinerie la plus efficace pour la fabrication de l’opinion publique.

    Ainsi ils ont assassiné un président aussi progressiste que Gualberto Villarroel, en utilisant les organisations féminines, agglutinées autour de l’Église Catholique, pour diaboliser Villarroel comme un tyran “un nazi / fasciste“ qui voulait détruire le sacrement  du mariage. Ainsi ils ont, littéralement, assassiné l’homme qui avait aboli la servitude et qui pour protéger la femme et l’enfant indigène avait déclaré le mariage de fait après deux ans, et reconnu les droits des enfants naturels.

    En réalité, les magnats miniers l’ont assassiné parce qu’après avoir défendu la Bolivie du pillage, il avait attenté à leurs avantages déloyaux. Le mécanisme a toujours été simple, l’assassiner aux yeux du peuple d’abord, ensuite ceux de l’Église et enfin ceux du reste de monde. Ils l’ont fait grâce à la presse privée, qui en plus de leur appartenir fabriquait la nouvelle et par conséquence l’opinion publique, nationale et par répercussion mondiale .

    A Morales il a peut-être manqué de préciser ce qu’il voulait dire, mais on ne peut pas accepter cela de son opposition celle qui met des expressions si aberrantes dans son discours. Il n’a pas redéfini l’homosexualité, il a simplement dit que “quand les hommes mangent ces poulets ils ont des déviations au sein de leur être en tant qu’hommes”. Cela dénonce avec courage un problème aussi réel que dangereux pour l’humanité. La testostérone artificielle est l’hormone de la croissance musculaire, qui après avoir été ingérée oblige le corps à augmenter sa production d’oestrogène, parce que le corps ne peut pas vivre hors de son équilibre originel.

    Cela arrive aux culturistes qui consomment des stéroïdes. Le problème est qu’après avoir absorbé de la testostérone par voie externe, les testicules réduisent leur production, et quand l’ingestion de testostérone s’arrête, ils restent avec un taux d’oestrogène très élevé, et avec des testicules trop faibles pour recommencer à compenser les oestrogènes pour l’équilibre du corps.

    Ce moment arrive quand l’homme développe ce qu’on appelle dans le jargon du sport ‘les seins de chienne’. Les ignorants et mangeurs de poulets, adversaires de Morales, peuvent rire mais je leur suggérerais qu’ils se regardent dans un miroir et  commence à acheter des soutiens-gorges. Ce problème se produit aussi chez la femme, mais se remarque moins puique les seins sont naturels chez elle et que ceux-ci ont tendance à grossir. Elle se croient même plus jolie, mais la vérité est que cela augmente le risque de cancer du sein, de même chez les hommes. La vérité sur les stéroïdes est qu’ils sont tellement mortels et tout aussi illégaux que leur usage chez des humains est puni de prison, mais ironiquement les aviculteurs les utilisent impunément.

    L’opposition ridiculise Morales, mais cela les maintient dans l’ignorance parce qu’ils ne sauront jamais, par exemple, qu’Evo a toute à fait raison dans ce qu’il dit, et qu’en plus il est porté par un puissant mouvement mondial pour la défense de la terre et de l’environnement. Peut-être la droite ignore encore qu’Al Gore, vice-président de Bill Clinton, a gagné un Oscar et un Prix Nobel pour son documentaire "Une vérité qui dérange", dans lequel il accuse la globalisation du réchauffement global et de la destruction de l’environnement. Peut-être l’opposition de Morales ignore aussi que le président Barack Obama possède un verger dans la Maison Blanche pour pouvoir manger bio, et que son épouse Michelle est à la tête d’un mouvement en faveur de la nourriture bio. Peut-être ignorent-ils encore que ce mouvement est déjà imparable, et qu’il y a des milliards de dollars qui y sont investis.

    Peut-être ignorent-ils encore que la globalisation est une folie, pour laquelle les grands capitaux nord-américains ont rempli les mers de cargos, déplaçant des matières premières depuis les pays pauvres qui doivent les vendre pour pouvoir manger. Depuis des pays qui fabriquent des pièces et où les capitalistes exploitent certaines conditions.

    Qu’ils aillent donc en Chine, où leurs usines contaminent le pays et paient un dollar par jour la main-d’oeuvre qui fabrique des produits finis. Qu’ils commencent donc la distribution massive dans le monde entier pour vendre moins cher et tuer toutes les autres industries qui n’exploitent pas ni ne détruisent comme eux. Peut-être l’opposition de Morales ignore encore que la globalisation de l’industrie était un projet de  Thatcher et de  Reagan , basé sur un pétrole bon marché pour le transport et l’industrie.

    Peut-être les adversaires de Morales ignorent encore que la globalisation est en train d’épuiser le pétrole de la planète. Qui produit les guerres au Moyen-Orient pour le maintenir à bas prix, qui contamine les mers, les poissons que nous mangeons, et jusqu’à l’eau que nous buvons. Peut-être ignorent ils encore que, selon les experts, dans les 50 dernières années la moitié du pétrole de la planète a été consommé et que si cette folie ne s’arrête pas, si nous ne recommençons pas à vivre avec ce que nous produisons localement en faisant du commerce de proximité, le pétrole et l’eau commenceront à manquer dans moins de 50 ans. Et si rien n’est fait nous perdrons nos dernières vies dans une guerre inégale, pour un verre de notre propre eau.

    Morales est peut être un président à qui il manque une capacité de synthèse dans ses discours, mais il a tout à fait raison dans ce qu’il dit, c’est pourquoi il a tant de succès malgré les énormes capitaux investis par ses adversaires pour essayer d’assassiner sa pensée.

    Juan Carlos Zambrana

    Traduc RLB

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    Periodista sale en defensa de las palabras del Presidente Evo
     
     
    Como buen carnívoro que soy, me devoré la noticia en busca de su valor científico, pero sólo encontré un esfuerzo consciente para desprestigiar al Presidente.
     

    El discurso inaugural del Primer Mandatario boliviano fue distorsionado por la prensa opositora para manipular a la opinión pública, dice.

    “En la conferencia mundial del clima, Morales culpa a los pollos por la homosexualidad”, decía hoy el titular de una noticia que daba la vuelta al mundo por Internet.

    Como buen carnívoro que soy, me devoré la noticia en busca de su valor científico, pero sólo encontré un esfuerzo consciente para desprestigiar al Presidente. Me di cuenta de inmediato que, como siempre, la prensa internacional no hacía más que repetir la distorsión fabricada originalmente por la prensa boliviana, al servicio de la oposición de Morales.  No me resultó extraño, porque la derecha siempre ha utilizado a su prensa, por ser privada, como la más eficiente maquinaria de fabricación de opinión pública.

    Así asesinaron a un Presidente tan progresista como Gualberto Villarroel,  utilizando a las organizaciones femeninas, aglutinadas en torno a la Iglesia Católica, para satanizar a Villarroel como un tirano “nazi-fascista” que quería destruir el sagrado sacramento del matrimonio. Así asesinaron, literalmente, al hombre que había abolido la servidumbre y que para proteger a la mujer y al niño indígena había declarado el matrimonio de hecho después de dos años, y reconocido los derechos de los hijos naturales. 

    Los magnates mineros lo asesinaron, en realidad, porque al defender a Bolivia del saqueo había atentado contra sus ventajas desleales. El mecanismo siempre fue simple, asesinarlo primero a los ojos del pueblo, de la Iglesia y del resto del mundo. Lo hacían mediante la prensa privada, que al pertenecerles fabricaba la noticia y por consecuencia la opinión publica, nacional y por repercusión la mundial.

    A Morales le puede faltar precisión al hablar, pero tampoco se puede permitir que su oposición sea la que le ponga expresiones tan aberrantes en su discurso. Él no redefinió la homosexualidad, simplemente dijo que “cuando los hombres comen esos pollos tienen desviaciones en su ser como hombres”. Eso denuncia con valentía un problema tan real como peligroso para la humanidad. La testosterona artificial es la hormona del crecimiento muscular, la cual al ser ingerida obliga al cuerpo a incrementar el estrógeno, porque el cuerpo no puede vivir fuera de su equilibrio original.

    Eso les pasa a los fisicoculturistas que consumen esteroides. El problema es que al obtener la testosterona por vía externa, los testículos reducen su producción, y al cortarse la ingestión de testosterona quedan con el estrógeno muy elevado, y con los testículos muy débiles para volver a compensar para el equilibrio.

    En esos momentos es cuando el hombre desarrolla lo que se llama en la jerga del deporte ‘tetas de perra’. Pueden reírse los ignorantes y comepollos, opositores de Morales, pero yo les sugeriría que se miren al espejo y se empiecen a comprar sostenes.  El daño también se produce en la mujer, pero se nota menos porque las tetas son naturales para ellas. Hasta se creen más lindas, pero la verdad es que aumenta el riesgo de cáncer de seno, incluso en los hombres. La verdad sobre los esteroides es que son tan mortales como ilegales. Que su uso en humanos está penado con cárcel, pero que irónicamente los avicultores los usan con impunidad.

    La oposición ridiculiza a Morales, pero eso los mantiene en la ignorancia porque jamás sabrán, por ejemplo, que Evo tiene toda la razón en lo que dice, y que además está alineado con un poderoso movimiento mundial en defensa de la tierra y el medio ambiente. Quizá la derecha ignora todavía que Al Gore, el vicePresidente de Bill Clinton, ganó un Oscar y un Premio Nobel por su documental Una Verdad Inconveniente, en el cual acusa a la globalización del calentamiento global y la destrucción del medio ambiente. Quizá la oposición de Morales ignore también que el Presidente Barack Obama tiene una huerta en la Casa Blanca para poder comer orgánico, y que su esposa Michelle lidera un movimiento a favor de la comida orgánica. Quizá ignoran todavía que ese movimiento es ya imparable, y que hay billones de dólares invertidos en él. 

    Quizá ignoren todavía que la globalización es una locura, por la cual los grandes capitales norteamericanos han llenado los mares de transatlánticos, trasladando materias primas desde los países pobres que las tienen que vender para poder comer. Desde países fabricantes de piezas donde los capitalistas explotan ciertas condiciones.

    Que luego todo lo llevan a China, donde sus fábricas contaminan y pagan un dólar diario por mano de obra para la fabricación final de los productos. Que luego inician la masiva distribución al mundo entero para vender un poco más barato y matar a todas las otras industrias que no explotan ni destruyen como ellos. Quizá la oposición de Morales ignore todavía que la globalización de la industria fue un proyecto de Margaret Thatcher y Ronald Reagan, basado en el petróleo barato para el transporte y la industria.

    Quizá los opositores de Morales ignoren todavía que la globalización está acabando con el petróleo del planeta. Que produce las guerras en Oriente Medio para mantenerlo a precios bajos, que contamina los mares, los peces que comemos, y hasta el agua que tomamos. Quizá ignoren todavía que, según los expertos, en los últimos 50 años se ha consumido la mitad del petróleo del planeta y que si no se detiene esta locura, y volvemos a vivir con lo que producimos localmente, y comerciando con los vecinos, el petróleo y el agua empezarán a escasear en menos de 50 años. Que si nada hacemos nuestras últimas vidas se perderán en una guerra desigual, por un vaso de nuestra propia agua.

    Morales podrá ser un Presidente al que le falta capacidad de síntesis en sus discursos, pero tiene toda la razón en lo que dice, por eso tiene el éxito que tiene, a pesar de los enormes capitales invertidos por sus oponentes para tratar de asesinar su pensamiento

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  • La lutte pour la défense de la vie passe aujourd’hui, indubitablement, par l’abolition du système capitaliste

     

    Discours prononcé par Esteban Lazo Hernandez, vice-président du Conseil d’Etat, à la clôture de la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère, au stade "Félix Capriles, à Cochabamba, en Bolivie, le 22 avril 2010, "Année 52 de la Révolution ".

    Vive la lutte des peuples d’Amérique latine et du monde !

    Vive la lutte pour la Terre mère !

    Cher frère Evo Morales, président de l’Etat plurinational de Bolivie et, nous nous devons de le dire, du fond du coeur, à l’occasion de ce meeting magnifique, leader indiscutable de ce peuple noble et héroïque de Bolivie,

    Cher président Hugo Chavez,

    Camarades du gouvernement bolivien,

    Messieurs les dirigeants présents à cette conférence historique,

    Participants à la conférence qui s’achève aujourd’hui,

    Frères et sœurs, défenseurs de la Terre mère, de la Pachamama, vous qui vous êtes engagés pour la cause de la survie de l’espèce humaine.

    L’initiative du président Evo, qui a organisé cette conférence pour engager un dialogue direct, franc et constructif avec les mouvements et les organisations nationales, indigènes, scientifiques et les peuples du monde afin d’analyser les véritables causes du changement climatique revêt la plus haute importance et une dimension humaniste exceptionnelle.

    Nous avons écouté il y a quelques minutes la lecture de l’excellent document élaboré à la suite de ce premier Sommet, et je peux vous assurer que nous lui apportons notre soutien ferme et décidé.

    Je voudrais aussi vous transmettre les salutations fraternelles du président Raul Castro et du leader de la Révolution cubaine, notre commandant en chef Fidel Castro. Ils ont suivi de très près ce rendez-vous historique qui a fait la preuve que nos peuples sont conscients du changement climatique et bien décidés à contribuer à la recherche de solutions véritables à ce problème crucial qui menace la survie de l’humanité.

    Camarades,

    A l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, qui s’est tenue à Rio de Janeiro en 1992, le commandant en chef Fidel Castro a déclaré, et je le cite ici en raison de l’actualité évidente de son contenu :

    "Si nous voulons sauver l’humanité de cette autodestruction, il faut mieux distribuer les richesses et les technologies disponibles sur la planète : moins de luxe et de gaspillage dans une poignée de pays, pour qu’il y ait moins de pauvreté et de famine sur toute la Terre"

    La lutte pour la défense de la vie passe aujourd’hui, indiscutablement, par l’abolition du système capitaliste, de son mode de vie, de ses patrons de production et de consommation qui détruisent l’environnement et poussent l’homme dans une course effrénée à l’autodestruction.

    Il est purement et simplement intolérable que les revenus des 500 individus les plus riches du monde dépassent ceux des 416 millions de personnes les plus pauvres.

    Commet expliquer que le tiers de la population mondiale soit privée de soins médicaux et des médicaments essentiels à sa santé, une situation qui s’aggravera avec le changement climatique et la pénurie croissante d’eau et d’aliments, dans un contexte mondial et mondialisé où la population s’accroît, où les forêts disparaissent, où les terres vouées à l’agriculture s’amenuisent, où l’air devient irrespirable et où l’espèce humaine court le risque réel de disparaître.

    Comment est-il concevable que le monde puisse affecter douze billions de dollars au sauvetage des banques en faillite et récompense  les spéculateurs, lorsque les ressources manquent pour sauver la Terre mère et l’humanité à laquelle nous appartenons tous ?.

    Ceci montre bien quelles sont les priorités des pays industrialisés et que le combat contre le changement climatique et ses conséquences irréparables pour les êtres humains n’en fait pas partie.

    L’échec de la 15ème Conférence des parties de la convention cadre des Nations sur le changement climatique, qui s’est tenue en décembre dernier à Copenhague, n’a pas manqué de nous inquiéter tous. Elle a échoué en raison du manque de volonté politique des nations les plus développées pour se fixer des objectifs ambitieux de réduction des émissions et à cause des pratiques frauduleuses d’exclusion qui s’y sont imposées. Le dit Accord de Copenhague est issu de négociations basées sur l’exclusion et la manipulation politique conduites par le principal responsable historique et actuel du changement climatique, il ne répond pas aux exigences s’appuyant sur des bases scientifiques ni à l’impératif politique d’enrayer ce phénomène mondial.

    Il est nécéssaire que les mouvements et les organisations sociales, indigènes et scientifiques et les peuples du monde s’unissent, comme cela a été dit au cours des travaux de cette matinée. Il faut exiger des pays développés qu’ils reconnaissent et soldent leur dette climatique envers l’humanité.

    La participation massive à cette réunion constitue bien la preuve que les peuples ont une conscience accrue de la nécessité de lutter pour cet objectif, puisqu’il y va de leur vie même.

    Il s’impose d’engager un véritable processus de participation et de consultation de la société civile et un dialogue ouvert avec et entre les peuples, afin de mettre en œuvre des actions urgentes qui éviteront davantage de dommages et de souffrances à l’humanité et à la Terre mère, comme cela a été souligné à la Conférence qui a pris fin ce matin.

    Aujourd’hui, 22 avril, les Nations unies célèbrent la journée de la Terre mère, proclamée l’an dernier à l’initiative du président Evo Morales.

    Nous devons mettre à profit cette célébration et toutes les occasions qui se présenteront pour œuvrer au rétablissement de l’harmonie avec la nature et faire valoir les principes de solidarité, de justice et de respect de la vie.

    Les pays développés portent la responsabilité de 76% des émissions accumulées dans l’atmosphère et doivent l’assumer : ce sont leurs économies et leurs modes de vie qui ont déterminé l’impact historique et actuel sur l’équilibre climatique mondial.

    Les dernières statistiques montrent que les émissions de gaz à effet de serre des pays développés ont augmenté de 12,8% entre 1990 et 2007.

    Aux Etats-Unis, pendant cette même période, les émissions ont augmenté de 15,8%, ce seul pays est responsable de 55% de la croissance des émissions de tous les pays développés.

    Les Etats-Unis ne peuvent pas continuer de prendre la communauté internationale en otage de leur politique intérieure et doivent se soumettre aux mêmes règles que les autres pays développés.

    Il est injuste et inacceptable pour les peuples, les mouvements et les organisations sociales du Sud que les pays développés prétendent transférer le coût de leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dont ils portent la responsabilité historique, sur les économies appauvries des pays sous-développés.

    Nous réclamons le respect du droit au développement des pays du Sud, à un développement sain et écologiquement équilibré.

    Les pays développés doivent s’engager à fournir les ressources supplémentaires qui sont nécessaires à l’exécution des programmes nationaux d’adaptation et de modération du changement climatique dans les pays en voie de développement.

    Il ne suffit pas de faire des promesses qui ne sont presque jamais tenues ou qui se concrétisent à un niveau inférieur au montant initialement prévu.

    Ce qu’on a vu à Copenhague, dans le cadre de la répression brutale des manifestations pacifiques et des revendications des mouvements sociaux et de la société civile, ne saurait en aucun cas se répéter.

    Chers camarades,

    Aux triomphes retentissants du camarade Evo Morales aux élections de décembre dernier, puis du 4 avril, s’ajoute aujourd’hui l’éclatant succès de cette Conférence et de son leadership mondial dans cette bataille cruciale, et il peut en être fier.

    La révolution démocratique et culturelle bolivienne constitue un exemple pour de nombreux pays du monde, qui voient dans ce processus l’espérance de la construction d’une société fondée sur de nouveaux principes et de nouvelles valeurs tendant au bien-être social et à la protection de la nature comme des ressources qu’elle nous offre.

    Il y a à peine trois jours, au Venezuela, dans le cadre de la célébration du bicentenaire, le 9ème Sommet extraordinaire de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique a pris fin. Il assurera la continuité du développement de nouvelles relations de coopération et de solidarité entre les pays membres de ce mécanisme et il a constitué un prélude significatif au sommet d’aujourd’hui.

    Cette terre sœur bolivienne nous rappelle inévitablement un des plus grands hommes de l’histoire de l’Amérique latine, le commandant Ernesto Che Guevara , qui a donné sa vie pour une Amérique latine indépendante, maîtresse de ses richesses et de ses destinées. Comme le Che hier, des médecins et des enseignants cubains parcourent aujourd’hui les endroits les plus inhospitaliers pour y apporter de meilleures conditions de vie et un avenir meilleur, aussi bien au peuple bolivien qu’à d’autres peuples de notre Amérique.

    Aujourd’hui, les ennemis de l’humanité ont recoure au mensonge et à l’infamie et multiplient les menaces contre nos peuples, contre tous ceux qui luttent pour la souveraineté et l’indépendance, pour la vie et pour la Terre mère.

    Je voudrais réitérer en ce lieu historique, à l’occasion de cette Conférence historique, au nom de mon peuple et de mon gouvernement, que Cuba ne cèdera jamais face aux pressions et au chantage de l’impérialisme étasunien et de ses alliés européens qui ne se résignent pas à reconnaître le droit de Cuba à une existence libre et souveraine. Cuba ne permettra jamais d’impositions ni d’ingérences externes ! Cuba ne redeviendra jamais une colonie yankee !

    Au nom du peuple cubain, je remercie, pour leur solidarité indéfectible, la Bolivie, son peuple et les peuples d’Amérique latine.

    Camarades,

    Nous avons vécu à Cochabamba des journées inoubliables. Nous avons renouvelé ici notre engagement envers la Terre mère, envers notre planète. Il nous reste encore un long chemin à parcourir, avec rapidité et fermeté, aussi difficile qu'il soit. Comme l’a dit le camarade Fidel à la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, en 1992 : "Demain, il sera trop tard pour faire ce que nous aurions dû faire longtemps avant. "

    Merci beaucoup.

    La patrie ou la mort !

    Nous vaincrons !

    Traduction RLB

     

    La lucha por la defensa de la vida pasa hoy, indiscutiblemente, por la necesidad de abolir el sistema capitalista

    Discurso pronunciado por Esteban Lazo Hernández, vicepresidente del Consejo de Estado, en la clausura de la Conferencia mundial de los pueblos sobre el cambio climático y los derechos de la Madre Tierra, en el estadio "Félix Capriles", Cochabamba, Bolivia, el 22·de abril de 2010, "Año 52 de la Revolución".

    (Versiones Taquigráficas del Consejo de Estado)

    ¡Viva la lucha de los pueblos de América·Latina y de todo el mundo! (Exclamaciones de: "¡Viva!")

    ¡Viva la lucha por la Madre Tierra! (Exclamaciones de: "¡Viva!")

    Querido hermano Evo Morales, presidente del Estado Plurinacional de Bolivia, y hoy, ante este grandioso acto, debemos decir de todo corazón, líder indiscutible de este noble y heroico pueblo de Bolivia (Aplausos);

    Querido Presidente Hugo Chávez;

    Compañeros del gobierno boliviano;

    Otras autoridades presentes en este histórico acto;

    Participantes en la Conferencia que concluye en el día de hoy;

    Hermanas y hermanos defensores de la Madre Tierra, de la Pachamama, y comprometidos con la supervivencia de la especie humana:

    La iniciativa del Presidente Evo de convocar a esta Conferencia para entablar un diálogo directo, franco y constructivo con los movimientos y organizaciones sociales, indígenas, científicas y los pueblos del mundo, a fin de analizar las verdaderas causas que provocan el cambio climático, es un hecho de extraordinaria importancia y de excepcional sentido humano.

    Hemos escuchado hace unos minutos la lectura del excelente y profundo documento elaborado como resultado de esta primera cumbre, y puedo asegurarles a todos ustedes nuestro firme y decidido apoyo a ese documento que fue leído en la tarde de hoy (Aplausos y exclamaciones).

    Quisiera también trasladar un fraternal saludo del Presidente Raúl Castro y del líder de la Revolución Cubana, nuestro Comandante en Jefe Fidel Castro (Aplausos), quienes han seguido muy de cerca el desarrollo de esta histórica cita, donde se demostró la conciencia de nuestros pueblos en torno al cambio climático y la determinación de contribuir a la búsqueda de soluciones verdaderas a este crucial fenómeno que amenaza la supervivencia de la humanidad.

    Compañeras y compañeros:

    Durante la Conferencia de las Naciones Unidas sobre medio ambiente y desarrollo, realizada en Río de Janeiro, en junio de 1992, el Comandante en Jefe Fidel sentenció, y lo repito por la actualidad que tiene:

    "Si se quiere salvar a la humanidad de esa autodestrucción, hay que distribuir mejor las riquezas y tecnologías disponibles en el planeta. Menos lujo y menos despilfarro en unos pocos países para que haya menos pobreza y menos hambre en gran parte de la Tierra" (Aplausos).

    La lucha por la defensa de la vida pasa hoy, indiscutiblemente, por la necesidad de abolir el sistema capitalista con su estilo de vida y patrones de producción y consumo que arruinan el medio ambiente y conducen al hombre a una carrera desenfrenada hacia su autodestrucción.

    Es intolerable que el ingreso total de los 500 individuos más ricos del mundo sea superior al ingreso de los 416 millones de personas más pobres.

    Cómo explicar que un tercio de la población mundial carezca de atención médica y de medicamentos esenciales para garantizar la salud —situación que se agravará en la medida en que el cambio climático, la escasez de agua y de alimentos sean mayores—, en un mundo globalizado donde la población crece, los bosques desaparecen, la tierra agrícola disminuye, el aire se hace irrespirable y la especie humana corre el riesgo real de desaparecer.

    Cómo es posible que se dediquen 12 millones de millones de dólares para rescatar bancos en quiebra y para entregar recompensas a los especuladores, cuando los recursos del planeta se requieren para salvar a la Madre Tierra y a la humanidad, a la que todos pertenecemos (Aplausos).

    Ello demuestra cuáles son las prioridades de los países industrializados, que no son, precisamente, combatir con toda la fuerza de sus recursos al cambio climático y su irreparable consecuencia para los seres humanos.

    El fracaso de la 15 Conferencia de las Partes de la Convención Marco de las Naciones sobre Cambio Climático, celebrada en diciembre pasado en Copenhague, es motivo de profunda preocupación para todos. Fracasó debido a la falta de voluntad política de las naciones más desarrolladas para alcanzar compromisos ambiciosos de reducción de emisiones y a la práctica fraudulenta y excluyente que allí primaron.

    El llamado Acuerdo de Copenhague fue resultado de negociaciones excluyentes y de la manipulación política del principal responsable histórico y actual del cambio climático; no refleja los requerimientos fundamentados por la ciencia ni responde al imperativo político de frenar el avance de este fenómeno global.

    Es necesario que los movimientos y organizaciones sociales, indígenas, científicas y los pueblos del mundo se unan, tal y como se discutió en la mañana de hoy. Hay que exigir a los países desarrollados que reconozcan y salden su deuda climática con la humanidad.

    La amplia participación en este evento es una expresión de que se está adquiriendo conciencia sobre la necesidad de los pueblos de luchar por ese objetivo, en el cual va la vida de todos.

    Es preciso impulsar un verdadero proceso de participación ciudadana y consulta con la sociedad, y un diálogo abierto con y entre los pueblos, con el fin de llevar adelante acciones urgentes para evitar mayores daños y sufrimientos a la humanidad y a la Madre Tierra, tal y como se proyectó la Conferencia que concluyó en la mañana de hoy.

    Precisamente hoy, 22 de abril, se celebra en las Naciones Unidas el día de la Madre Tierra, que fuera proclamado el pasado año por iniciativa del Presidente Evo Morales (Aplausos).

    Debemos aprovechar esta conmemoración y toda oportunidad que se nos presente para trabajar por restablecer la armonía con la naturaleza y hacer valer los principios de solidaridad, justicia y respeto por la vida.

    Los países desarrollados llevan sobre sus espaldas el peso del 76% de las emisiones acumuladas en la atmósfera y, por tanto, deben asumir la plena responsabilidad por el impacto histórico y actual que sus economías y estilos de vida le han ocasionado al equilibrio climático global.

    Las últimas estadísticas demuestran que las emisiones de gases de efecto invernadero de los países altamente desarrollados se incrementaron en un 12,8% entre el año 1990 y el 2007.

    Estados Unidos, en ese mismo periodo, experimentó un aumento de sus emisiones del 15,8% y concentró el 55% del crecimiento total de las emisiones de todos los países desarrollados.

    Estados Unidos no puede continuar manteniendo a la comunidad internacional como rehén de su política doméstica y debe someterse a las mismas reglas que el resto de los países desarrollados (Aplausos).

    Resulta injusto e inaceptable para los pueblos, movimientos y organizaciones sociales del Sur, que los países desarrollados pretendan transferir el costo de sus compromisos de reducción de gases de efecto invernadero, resultante de la responsabilidad histórica que les corresponde con el cambio climático, hacia las empobrecidas economías de los países subdesarrollados.

    Reclamamos que se respete el derecho al desarrollo de los países del Sur, y que este desarrollo tenga lugar en un ambiente sano y ecológicamente equilibrado.

    Los países desarrollados deben comprometerse a aportar los recursos nuevos y adicionales necesarios para la ejecución y fomento de los programas nacionales de adaptación y mitigación al cambio climático en los países en desarrollo.

    No basta con promesas insuficientes, que casi nunca se materializan o que cuando se concretan se quedan en niveles inferiores a los inicialmente prometidos.

    El vergonzoso escenario de Copenhague, marcado por la represión brutal contra las pacíficas manifestaciones y demandas de los movimientos sociales y la sociedad civil en general, no puede volver a repetirse (Aplausos).

    Queridos compañeras y compañeros:

    El compañero Evo Morales puede estar orgulloso de que a sus contundentes triunfos en las elecciones del pasado diciembre y del reciente 4 de abril, se une hoy el rotundo éxito de esta Conferencia y su liderazgo mundial en esta importante batalla (Aplausos).

    La revolución democrática y cultural boliviana constituye un ejemplo para muchos países del mundo, que ven en este proceso una esperanza para la construcción de una sociedad con nuevos principios y valores, encaminados a generar bienestar social y proteger la naturaleza y los recursos que generosamente ella nos brinda.

    Hace apenas tres días, en Venezuela, en el marco de la conmemoración del Bicentenario, culminó en Caracas la IX Cumbre extraordinaria de la Alianza Bolivariana para los Pueblos de nuestra América, evento que dio continuidad al desarrollo de un nuevo tipo de relaciones de cooperación y solidaridad entre los países que formamos parte de este mecanismo y que concluyó en un preludio importante para esta cumbre que hoy celebramos.

    Estar en esta hermana tierra boliviana, necesariamente nos hace recordar a uno de los hombres más grandes de América·Latina, al Comandante Ernesto Che Guevara (Aplausos y exclamaciones), quien dio su vida por una América·Latina independiente, dueña de su riqueza y de su destino; como ayer lo hiciera el Che, hoy médicos y maestros cubanos recorren los más intrincados parajes luchando por la vida y por un futuro mejor para el pueblo boliviano y para otros pueblos de nuestra América (Aplausos).

    Hoy los enemigos de la humanidad acuden a la mentira y la infamia y redoblan sus amenazas contra nuestros pueblos, contra todos aquellos que luchan por la soberanía y la independencia, por la vida y por la Madre Tierra.

    Quisiera reiterar en este histórico lugar y en esta histórica conferencia, a nombre del pueblo y del gobierno, que Cuba no cederá frente al chantaje y las presiones del imperialismo norteamericano (Aplausos y exclamaciones) y de sus aliados europeos, que no se resignan a aceptar que Cuba tiene derecho a existir libre y soberana. ¡Cuba no permitirá jamás imposiciones ni injerencias externas! ¡Cuba no volverá jamás a ser una colonia yanki! (Exclamaciones de: "¡No!" y aplausos.)

    Agradezco, a nombre del pueblo cubano, la permanente solidaridad de Bolivia y de su pueblo y de los pueblos de América·Latina hacia nuestro pueblo.

    Compañeras y compañeros:

    Hemos vivido en Cochabamba jornadas inolvidables. Aquí se ha renovado nuestro compromiso con la Madre·Tierra, con nuestro planeta. En esta lucha aún debemos recorrer un largo camino, con rapidez y firmeza, por arduo que ello sea, pues como dijera también el compañero Fidel en la Conferencia de Naciones Unidas sobre medio ambiente y desarrollo, en 1992: "Mañana será demasiado tarde para hacer lo que debimos haber hecho hace mucho tiempo".

    Muchas gracias.

    ¡Patria o Muerte!

    ¡Venceremos! (Aplausos.)

    Source ici


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  • L’ALBA donne le ton, y compris au niveau mondial, et l’Empire tonne

    Hugo MOLDIZ MERCADO Ici

    L’Alternative [Alliance] Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA) est devenue, du fait des gouvernements des États-membres qui la composent comme du haut niveau de conscience sociale de leurs populations, un véritable cauchemar pour les États-Unis, dont le pouvoir impérial est chaque jour davantage remis en cause dans cette partie du monde.

    Bien que l’Empire ne soit pas en train de s’écrouler, le malaise de la Maison Blanche se fait de plus en plus criant. Le 11 décembre 2009, dans un rapport sur la situation politique de l’Amérique latine, la Secrétaire d’État des États-Unis, Hillary Clinton, se chargea d’attiser le feu en alertant ouvertement la Bolivie et le Venezuela, des relations diplomatiques qu’ils entretiennent avec le régime et le gouvernement iraniens.

    « Si d’aucuns veulent flirter avec l’Iran, ils devraient en mesurer les conséquences ; nous espérons qu’ils y réfléchiront à deux fois », tels furent les mots prononcés par la Premier Ministre états-unienne, qui, ne dissimulant pas son statut, s’affiche devant le monde comme une autorité impériale de ligne dure.

    Mais loin d’être proactive, l’attitude des États-Unis vis-à-vis de l’Amérique latine apparaît jour après jour comme une réaction face à la constante émergence latino-américaniste promue par l’ALBA, et plus particulièrement, vis-à-vis des processus révolutionnaires de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie, de l’Équateur et du Nicaragua. C’est pourquoi les paroles de Clinton sont interprétées comme une sorte d’exhortation au retour, dans de nouvelles conditions, à la politique du président Lyndon Johnson qui avait proclamé ouvertement en 1964 : « les États-Unis préfèrent compter avec des alliés sûrs plutôt que sur des voisins démocratiques ».

    Avec la mise en œuvre de la doctrine Johnson — qui impliquait en même temps une ré-adéquation des politiques « du garrot », « de bon voisinage », « de la diplomatie des missionnaires » et « la doctrine Truman » — on a déclenché en Amérique Latine une série de coups d’état militaires qui, parmi de rares printemps démocratiques, ont instauré de sanglantes dictatures jusqu’au milieu des années 80. Au Nicaragua il y a eu « la dynastie des Somozas » jusqu’à la victoire de la révolution sandiniste en 1979. En Bolivie, il y a eu Barrientos — qui autorisa l’entrée des marines pour combattre la guérilla du Che en 1967 — puis Banzer — qui, sous la devise « Paix, Ordre et Travail », poursuivit, réprima, assassina et exila des milliers d’hommes et de femmes entre 1971 et 1978 — ainsi que García Meza, qui en 1980 instaura un régime nettement narco-délictueux. Au Chili il y a eu Pinochet, promoteur de l’internationale « Opération Condor », jusqu’en 1989, une année à peine après qu’un référendum ait dit « Non » à sa permanence au pouvoir.

    Pour les présidents des pays membres de l’ALBA, le sens des avertissements de Clinton est sans équivoque. Le coup d’état au Honduras contre le président Manuel Zelaya et le soutien, tantôt affiché, tantôt voilé, au gouvernement de facto de Roberto Micheletti, a renforcé leur profonde méfiance envers les Etats-Unis. Celle-ci s’est traduite dans le discours politique des gouvernements de gauche en Amérique Latine à un point tel que le 17 décembre 2009, à Copenhague, le président bolivien a catégoriquement affirmé : « Obama est pire que Bush, seule la couleur du président des États-Unis a changé ». La réalité est plus tenace que les bonnes intentions.

    Indiquant la marche à suivre

    En regard de la situation en Amérique Latine pendant ces cinq dernières années au moins, la gêne et l’inquiétude impériales peuvent s’expliquer. L’ALBA — en tant que projet d’intégration et d’unité latino-américaine — s’est développé à un rythme soutenu et ses résultats ont même surpris beaucoup d’experts internationaux qui avaient accueilli sa création avec sympathie.

    Promue par Fidel Castro et Hugo Chávez en décembre 2004 à La Havane, l’ALBA semblait être une dénomination trop grandiloquente pour un projet d’intégration débutant par la consolidation des relations diplomatiques entre deux pays, dans une situation politique relativement stable en Amérique latine, à l’exception de la Bolivie et de l’Équateur, pays où les rebellions indigènes et populaires tenaient en échec les anciens blocs au pouvoir, lesquels tentèrent de se régénérer par le remplacement des présidents.

    Mais cette tendance affirmée donnerait raison à la puissance du jugement et à l’assurance de Fidel Castro — qui jusqu’à nos jours n’avait jamais été aussi présent, aussi plein de vie et d’espérance — ainsi qu’à Chávez — investi par l’Histoire du rôle d’avant-garde politique. L’indien Evo Morales remporta les élections de décembre 2005 avec un pourcentage de votes jamais enregistré auparavant par la démocratie bolivienne (54%). Puis le 6 décembre dernier, il fut réélu avec 64%, dépassant ainsi son propre record.

    Mais Fidel, Chávez et Evo étaient loin d’être les seuls “trois mousquetaires” défiant de leurs sabres la technicité avancée – politique et militaire – de l’Empire. Il n’en est rien. Entre 2006 et fin 2009, ils ont été rejoints par Rafael Correa de l’Équateur et Daniel Ortega du Nicaragua, qui suivent la voie des profondes révolutions du XXIe, ainsi que par d’autres pays de la Caraïbe.

    Entre décembre 2004 et décembre 2009, les résultats ont sensiblement dépassé ceux des périodes dites du « vieux » et du « neuf » régionalismes, au cours desquelles, ni les États qui étaient aux commandes — dans le premier cas — ni les transnationales et l’économie de marché — dans le second — n’ont apporté aux peuples les bénéfices sensés leur revenir au travers des politiques sociales, et les États n’ont pas atteint un haut niveau d’autonomie — financière et économique — vis-à-vis des États-Unis. Des millions de personnes ont bénéficié des soins de santé, des milliers d’autres ont récupéré la vision avec l’ « Opération Miracle ». L’analphabétisme fut éliminé au Venezuela, en Bolivie, au Nicaragua et en Équateur

    En complément de ces politiques sociales, des millions de dollars ont été consacrés au soutien de petits et même de grands producteurs ; l’échange commercial — bien qu’entravé par des obstacles bureaucratiques — avance progressivement. En 2010, la complémentarité des économies et des vocations productives, développées à travers les « entreprises grand-nationales », se profile comme l’une des conquêtes majeures, ce à quoi il faudrait ajouter le lancement du « Sucre », une monnaie virtuelle pour les échanges commerciaux.

    Cependant, ce n’est pas le nombre de membres de l’ALBA qui trouble les États-Unis. L’inquiétude de l’Empire grandit car en Amérique latine l’influence de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie, de l’Équateur et du Nicaragua, est indiscutable. Sans forcer l’adhésion d’autres pays à ce projet alternatif d’intégration et d’unité latino-américaine, les gouvernements des pays de l’ALBA ont avancé dans le renforcement des relations Sud-Sud, aussi bien dans la région qu’au-delà de ses frontières.

    Le changement d’orientation du Mercosur — malgré le blocage de la droite à l’adhésion du Venezuela —, l’influence croissante de l’UNASUR ainsi que les relations avec les pays d’Asie et d’Afrique, sont de bon augure et ont effacé en peu de temps de l’agenda internationale le modèle d’intégration que les États-Unis promouvaient avec l’ALCA [Zone de Libre Échange des Amériques] — projet battu en brèche à Mar del Plata [Argentine] en 2004 — et les Traités de Libre Échange.

    Il faut ajouter à tout cela trois grands sommets internationaux au cours desquels les États-Unis furent contraints au silence. Premièrement, lors du Ve Sommet des Amériques, à Trinité-et-Tobago du 17 au 19 avril 2009 — où Barak Obama, malgré son sourire et ses accolades aux autres présidents, s’est vu dans l’obligation d’accepter, de la part de Chávez, l’œuvre de Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, et ce, quelques minutes après avoir déclaré qu’il ne fallait pas rester les yeux rivés sur le passé mais regarder vers l’avenir ; il a été obligé de constater au vu de données précises contrastant avec les préjudices causés par les traités de libre échange, combien l’ALBA était réellement bénéfique ; il lui a même fallu reconnaître le rôle décisif des médecins cubains mais surtout, entendre la demande unanime de la levée de l’embargo qui frappe Cuba.

    La deuxième occasion fut celle de l’Assemblée Générale de l’OEA, au Honduras — peu de temps avant que Zelaya ne fût déchu par le coup d’État militaire — dans laquelle on abolit la résolution qui excluait Cuba de cet organisme supranational, qui avait été désigné par un ministre cubain comme « le Ministère des Colonies des États-Unis ». Le souvenir d’une Clinton quittant rapidement Tégucigalpa et d’un Tomas Shannon levant sa main droite et serrant les dents de rage pour appuyer la résolution, est encore vif.

    Or, à l’instar de la cueca — danse typique bolivienne — il n’y a pas de deuxième temps sans un troisième. Le 28 octobre 2009, à l’assemblée générale des Nations Unies, les États-Unis ont subi la plus cuisante défaite face à Cuba. Des 192 pays membres de l’ONU, seul trois d’entre eux — les États-Unis, Israël et Palau — ont voté contre [la réintégration de Cuba aux Nations Unies] et deux se sont abstenus, les Îles Marshall et Micronésie. Le président de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de Cuba, Ricardo Alarcón, affirma qu’en fait le résultat du vote avait été de 187 contre 1, en raison de la relation charnelle qu’entretiennent les États-Unis avec Israël et à cause de la subordination coloniale à l’Empire des autres trois petits pays.

    Mais comme si cela n’avait pas suffi, le leadership international de Morales et de Chávez, chacun fort de ses riches et spécifiques particularités, s’est affirmé dans le monde entier. Il n’est pas de pays sur la planète où une réunion multilatérale ou bilatérale ne rassemble des milliers de personnes — mouvements sociaux et intellectuels — venues écouter le Commandant misant sur le socialisme du XXIe siècle et le leader indien souhaitant faire du paradigme du Bien Vivre associé au socialisme communautaire, une réalité.

    Leurs interventions à Copenhague confirment ce qui a été dit précédemment. Morales et Chávez, malgré le stratagème mis en œuvre pour essayer de vider la salle au moment de l’allocution de chacun de ces deux présidents latino-américains, ont ému et mobilisé par leurs paroles adressées aux hiérarques du monde. Le Bolivien a lancé le défi consistant à organiser un référendum mondial pour décider du futur de la planète et le Vénézuélien, fidèle au principe selon lequel un changement de système permettrait de modifier la donne climatique, a lancé un appel aux peuples du Nord pour qu’ils se joignent à la révolution du Sud en promouvant la révolution de toute l’Humanité sur la planète.

    La contre-offensive impériale

    Mails il serait naïf de croire que la voie de l’émancipation est enfin libre. Tel est l’avis de Fidel Castro, d’Evo Morales et d’Hugo Chávez. Le premier, dans sa réflexion numéro 99, attira l’attention sur le fait que « l’Empire est de nouveau passé à l’offensive ». Le deuxième, à propos des mises en garde de Clinton, prévint que dans le cas d’une attaque des Etats-Unis, la région se transformerait en un « deuxième Vietnam ». Le troisième affirma que l’Empire « est en train d’essayer de récupérer son arrière-cour ».

    Les données réelles sont lourdes de sens et les déclarations orales ou écrites de ces présidents latino-américains, auxquels il faut ajouter celles d’autres chefs d’état, comme Ortega, Correa, Lula et Fernandez, sont bien loin de pouvoir être cataloguées comme sensationnalistes.

    Au cours de la première administration de Bush, les États-Unis avaient négocié un traité, à présent ratifié par Obama, qui permet l’installation de sept nouvelles bases militaires états-uniennes en territoire colombien, lesquelles s’ajoutent aux deux autres déjà existantes. Aussi la Maison Blanche a-t-elle obtenu l’accord de Panama pour y installer quatre bases militaires au cours des premiers mois de l’année 2010. À cet élargissement du Plan Colombie — dont l’exécution menace d’autres pays — il faudrait ajouter l’Initiative Mérida ou Plan Mexique, négocié avec Vicente Fox [l’ancien président du Mexique] et ratifié par Calderón [l’actuel président], qui en train de militariser le territoire mexicain à un rythme plus soutenu que prévu.

    Le président Chávez dépeint cette grave situation en déclarant, indigné : « On est en train d’encercler le Venezuela avec des bases militaires à Aruba, à Curaçao — deux protectorats du Royaume des Pays-Bas, contrôlés par le Pentagone — en Colombie et au Panama ».

    Mais - ce qui n’est pas non plus une nouveauté - l’avancée militaire états-unienne en Amérique latine vise la reprise du contrôle total de la région ; des pays comme l’Équateur — dont la souveraineté a été violée [par la Colombie] en mars 2008 dans le but d’assassiner Raúl Reyes, le chef insurgent des FARC [Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie], et d’autres guérilleros —, la Bolivie — où l’on a tenté un coup civico-préféctoral en septembre de la même année — et le Nicaragua — où il est très probable que débute une campagne d’agression depuis le Honduras comme pendant les années 80 —, figurent au premier rang de la liste des ennemis que les États-Unis ont l’intention d’abattre. Les paroles de Clinton — qui en fait laissent transparaître « la politique de deux poids deux mesures » de l’Empire — en sont la preuve évidente. D’ailleurs, Obama y souscrit. Le Brésil, l’un des membres les plus solides de la création du Conseil de Défense [Sud-américain] de l’UNASUR, est également préoccupé.

    Le coup d’État au Honduras contre le président Zelaya le 28 juin 2009 a constitué un point de rupture dans la stratégie états-unienne. Le renversement du président, au-delà de représenter le « châtiment » infligé à un homme politique conservateur qui avait osé s’écarter du droit chemin, constitue un signal d’avertissement à l’encontre des pays membres de l’ALBA.

    Pourtant, il serait erroné de circonscrire la contre-offensive des États-Unis au domaine purement militaire. Au niveau politique, la stratégie impériale s’appuie sur le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Honduras. Le Chili est à deux pas de les rejoindre. Le degré d’adhésion de ce pays aux plans de l’Empire dépendra uniquement des résultats de l’élection du 17 janvier 2010, lors du deuxième tour [de l’élection présidentielle].

    À droite, Sebastián Piñera, avec 44% des votes, compte sur les conditions favorables pour achever deux décennies de gouvernement de la Concertation, qui a obtenu à peine 30% des votes avec le conservateur Eduardo Frei. À moins que le jeune politicien Marco Enriquez-Ominami, qui s’est placé en troisième position avec un étonnant score de 20%, ne revienne sur sa décision de ne pas soutenir la Concertation lors du deuxième tour, le triomphe de la droite pinochetiste serait assuré. Mais même si Frei renverse cette situation défavorable, il est peu probable que ce démocrate-chrétien continue sur la voie d’une plus grande autonomie du Chili vis-à-vis des États-Unis, développée par la présidente sortante Michelle Bachelet.

    La stratégie du « siège » états-unien à l’encontre des processus révolutionnaires de l’Amérique latine dépendra également de ce qui arrivera lors des élections [présidentielles] de 2010 en Argentine et au Brésil.

    En somme, les deux prochaines années seront cruciales pour déterminer l’orientation générale en Amérique latine et, surtout, le degré de cohésion et de résistance des processus en Bolivie, au Venezuela, en Équateur et au Nicaragua. La lutte entre les hégémonies latino-américaniste et impérialiste est désormais engagée.

    Hugo Moldiz

    Traduit par Marina Almeida, révisé par Julie Sentis

    SOURCE
    http://www.elcorreo.eu.org/?L-ALBA-donne-le-ton-y-compris-au

    SOURCE ORIGINALE
    La Época


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  • HONDURAS : Un septième journaliste assassiné par balles dans un climat de menaces toujours plus alarmant/Un séptimo periodista es asesinado a tiros bajo un clima de amenazas cada vez más alarmante /


    Français/Español
    Reporters sans frontières
    Communiqué de presse
    21 avril 2010

    Honduras

    Un septième journaliste assassiné par balles dans un climat de menaces toujours plus alarmant


    Georgino Orellana est le septième journaliste hondurien assassiné en un mois et demi. Le journaliste, directeur de programme pour la chaîne Televisión de Honduras sortait de sa rédaction quand un inconnu qui l'attendait au dehors l'a tué d'une balle dans la tête, dans la nuit du 20 avril 2010 à San Pedro Sula. Le Honduras se classe depuis le début de l'année au rang de pays le plus meurtrier de la planète pour les professionnels des médias. Cette vague de violence a par ailleurs contraint trois journalistes à l'exil.

    Le mobile de l'assassinat de Georgino Orellana reste inconnu et son meurtrier a pris la fuite. Egalement professeur d'université, la victime avait auparavant travaillé au sein du groupe audiovisuel privé Televicentro. Nous exprimons toutes nos condoléances à sa famille et à ses collègues.


    Héctor Iván Mejía, chef de la police de San Pedro Sula, a assuré que cet assassinat "ne resterait pas impuni". Pourtant, en dépit de récentes promesses du gouvernement, justice n'a été rendue dans aucune des affaires survenues après le coup d'État du 28 juin 2009, qu'elles soient directement liées ou non à cet événement. Déjà victime d'une insécurité élevée, la presse hondurienne connaît depuis lors une situation encore plus dramatique. 

    En témoignent notamment les menaces dirigées contre la rédaction Radio Progreso, occupée par l'armée dans les heures qui ont suivi le coup d'État (http://www.youtube.com/watch?v=y5gyNVeaKbw), pour empêcher toute diffusion d'information relative au putsch. Contactée par l'organisation, la direction de Radio Progreso a souhaité, pour des raisons de sécurité, préserver l'anonymat de ses journalistes et collaborateurs menacés de mort.

    Par ailleurs, le 20 avril, la station communautaire La Voz de Zacate Grande a été la cible d'intimidations de la part de la police locale et de vigiles de sécurité privée de l'entrepreneur Miguel Facussé Barjum. Un conflit agraire oppose ce dernier à l'Association pour le développement de la péninsule de Zacate Grande, dont la station plaide la cause.

    D'après les informations du Comité pour la libre expression (C-Libre), des coups de feu ont été tirés, le 9 avril, contre le local de la chaîne de télévision Canal 40 à Tocoa, dans la région côtière atlantique. Cet attentat est attribué à deux individus dont le journaliste et présentateur Emilio Oviedo Reyes se plaint d'être la cible depuis le coup d'État. C'est dans cette même ville qu'a été assassiné Nahúm Palacios (http://fr.rsf.org/honduras-un-troisieme-journaliste-assassine-16-03-2010,36714.html). La piste professionnelle paraît la plus plausible dans ce crime qu'Emilio Oviedo Reyes avait justement dénoncé à la police.


    Enfin, le 12 avril dernier, une juridiction pénale de Tegucigalpa a relaxé quatre fonctionnaires de la Commission nationale des télécommunications (Conatel), dont son ex-président Miguel Ángel Rodas, de poursuites engagées par le ministère public pour "abus d'autorité". Les quatre fonctionnaires avaient ordonné, en septembre dernier, la fermeture et la confiscation du matériel de Radio Globo et Cholusat TV (Canal 36) - les deux principaux médias d'opposition au coup d'État - au moment de l'instauration de l'état de siège suite au retour clandestin de Manuel Zelaya dans son pays (http://fr.rsf.org/honduras-fermeture-de-deux-medias-et-29-09-2009,34612.html). La juge Martha Murillo a considéré que la liberté d'expression "n'avait pas été entravée dans une situation d'état d'exception". Pourtant, l'article 73 de la Constitution hondurienne interdit toute confiscation de matériel ou interruption du travail d'un média au nom du principe de liberté d'expression. Cette garantie constitutionnelle ne peut, en outre, être suspendue en cas d'état de siège, rappelle C-Libre. 

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    Honduras

    Un séptimo periodista es asesinado a tiros bajo un clima de amenazas cada vez más alarmante 


    Georgino Orellana es el séptimo periodista asesinado en mes y medio. El periodista, que dirigía un programa en la Televisión de Honduras, salía de las instalaciones del canal cuando un desconocido que le esperaba afuera lo mató de un balazo en la cabeza, la noche del 20 de abril de 2010 en San Pedro Sula. Este año Honduras se ha clasificado como el país más peligroso del planeta para los profesionales de los medios de comunicación. Una ola de violencia que ha forzado a tres periodistas al exilio. El móvil del asesinato de Georgino Orellana aún se desconoce y su asesino se dio a la fuga. El periodista, quien también era catedrático universitario, trabajó diez años como reportero de la corporación Televicentro. Expresamos nuestras condolencias a su familia y colegas.


    Héctor Iván Mejía, jefe de la policía de San Pedro Sula, aseguró que este asesinato "no quedará impune". Pese a las recientes promesas del gobierno, no se ha hecho justicia en ninguno de los casos que tuvieron lugar tras el golpe de Estado del 28 de junio de 2009, estén o no ligados directamente a este evento. Ya de por sí víctima de una gran inseguridad, la prensa hondureña vive desde entonces una situación aún más dramática.

    Testimonio de esta situación son las amenazas dirigidas contra Radio Progreso, ocupada por el ejército horas después del golpe de Estado para impedir que difundiera información sobre éste (http://www.youtube.com/watch?v=bgfbWwLHjI0). Contactados por Reporteros sin Fronteras, los directivos de Radio Progreso solicitaron que los nombres de sus periodistas y colaboradores amenazados de muerte permanecieran en el anonimato por cuestiones de seguridad.


    Por otra parte, el 20 de abril la estación comunitaria La Voz de Zacate Grande fue víctima de intimidaciones por parte de la policía local y de los guardias privados del empresario Miguel Facussé Barjum, quien sostiene un conflicto agrario con la Asociación para el Desarrollo de la Península de Zacate Grande, cuya causa defiende la estación radiofónica.


    Asimismo, el 9 de abril de 2010 las instalaciones del Canal 40, en Tocoa (región de la costa atlántica), fueron balaceadas, según información del Comité por la libre expresión (C-Libre). El atentado se atribuye a dos individuos, de los que el periodista y conductor de televisión Emilio Oviedo Reyes se queja haber sido blanco tras el golpe de Estado. En esta misma ciudad fue asesinado Nahúm Palacios (http://es.rsf.org/honduras-asesinan-a-tiros-a-un-tercer-16-03-2010,36716.html). Es probable que el ejercicio de su profesión sea la causa del crimen que, precisamente, Emilio Oviedo Reyes había denunciado a la policía.


    Finalmente, el 12 de abril pasado una jurisdicción penal de Tegucigalpa liberó a cuatro funcionarios de la Comisión Nacional  de Telecomunicaciones (Conatel), entre ellos al expresidente Miguel Ángel Rodas, acusados por el ministerio público de "abuso de autoridad". Los cuatro funcionarios ordenaron en septiembre pasado el cierre y la confiscación del material de Radio Globo y Cholusat TV (Canal 36) –los dos principales medios de comunicación de oposición al golpe de Estado– en el momento de la instalación del estado de excepción, tras el regreso clandestino de Manuel Zelaya al país (http://es.rsf.org/honduras-cierre-de-dos-medios-y-represion-29-09-2009,34613.html). La juez Martha Murillo consideró que la libertad de expresión "no había sido bloqueada en una situación de estado de excepción". Sin embargo, el artículo 73 de la Constitución hondureña prohibe toda confiscación de material o interrupción del trabajo de un medio de comunicación, en nombre del principio de la libertad de expresión. Además, esta garantía constitucional no puede ser suspendida en caso de estado de sitio, recuerda C-Libre.


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  • Equateur : Correa propose une loi d’expropriation pétrolière

    lundi 19 avril 2010, par Primitivi

    Samedi dernier, le président de l’Équateur, Rafael Correa, a proposé une loi qui faciliterait l’expropriation des champs pétroliers des entreprises étrangères qui ne changent pas leurs contrats de participation pour des nouveaux accords de prestation de services.

    Correa veut faciliter l’expropriation des champs pétroliers.

    "J’ai déjà dit que notre patience sur ce sujet est épuisée, les groupes pétroliers se jouent de nous" a déclaré Correa suivant Efe.

    Il a ajouté que "Dans les prochaines semaines il va y avoir des actions très importantes. Une loi va passer devant l’Assemblée, loi qui facilitera les expropriations des groupes pétroliers des concessions pétrolifères qu’elles occupent si elles ne veulent pas signer les nouveaux contrats de prestation de services".

    La liste des entreprises étrangères opérant en Équateur inclue des entreprises telles que l’espagnole Repsol, la chinoise CNOOC, la brésilienne Petrobrás et l’italienne Eni.

    Le nouveau modèle de contrats “remplacerait l’actuel contrat de participation entre les compagnies et l’État, dans lequel l’entreprise qui extrait le pétrole conserve une grande partie du brut extrait, qui peut monter jusqu’à 80% de la production dans certains cas”, selon Paúl Mena Erazo, collaborateur de BBC Monde en Équateur.

    Les relations entre le gouvernement de Correa et ces multinationales est très tendu tandis que d’un autre côté il essaie également d’obtenir un appui international pour le projet environnemental Yasuní. Une initiative originale qui tente de maintenir environ 850 millions de barils de brut inexploité sous terre en échange d’un soutien d’environ 350 millions de dollars [1]

    Selon Mena Erazo "Le gouvernement équatorien espère des contributions de la part des pays arabes et d’autres nations de la région à cette initiative".


    Source : BBC Monde "Correa propone ley de expropiación petrolera"
    Traduction : Primitivi

    Notes

    [1] L’objectif de la proposition est de résoudre de manière créative la menace que représente l’extraction du pétrole du projet ITT, localisé dans un lieu hautement vulnérable, le Parc National Yasuní, avec un effet positif sur la conservation de la biodiversité, la réduction des émissions de CO2 et le respect des droits des peuples indigènes et leur mode de vie.

    Le Président de la République de l’Équateur, Rafael Correa, a déclaré que le meilleur choix pour le pays est de laisser le pétrole brut dans le sous-sol. Pour cela, il faudrait mobiliser la société nationale et internationale pour soutenir l’État équatorien dans l’application de cette coûteuse décision nationale (60% des revenus de l’État provenant de l’exploitation pétrolière). L’objectif du gouvernement est de cumuler par ce moyen 50% des revenus qu’il obtiendrait par l’extraction du pétrole de ce projet.

    La procédure consiste en l’émission de bons par l’État pour le pétrole qui restera "in situ", avec le double engagement de ne jamais extraire ce pétrole et de protéger le Parc National Yasuní.

    Il est important de prendre en compte le fait que, en cas d’exploitation de l’ITT, l’État recevrait 350 millions de dollars pendant 10 ans à partir de la 6ème année, et ensuite cette somme diminuerait chaque année. On cherche à générer une alternative qui permette à l’État de percevoir 50% de ces revenus, sous forme d’une rente permanente.

    Ces sommes seraient destinées à des activités qui libèreront le pays de la dépendance des exportations et importations, et qui consolideraient sa souveraineté alimentaire.

    Voir le site Sos Yasuni pour plus d’informations.


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  • Les nuages de poussière se couchent sous l'horizon révolutionnaire


    Vous ne la voyez pas, vous ne la verrez pas. La révolution bolivienne n'est pas visible.
    Il y a ici ces chemins, où à la nuit tombée plane un brouillard épais de poussière de terre à cause de la circulation abondante du jour, masquant et tâchant tout paysage aux alentours.
     
    Cette poussière, elle ne retombe que quand vient la pluie, la tempête, l'orage la tourmente, ou les rigoles se font torrents et les flaques se transforment en lacs.
    Alors devant la force contrainte, l'on distingue effectivement un peu de ce qu'il y a ici.

    La révolution bolivienne est un peu à cette image. Ce n'est que quand ça va mal qu'on peut l'apercevoir de nos fenêtres septentrionnales. Guerre de l'eau, 2000, guerre du gaz, 2003, élections puis conspirations, 2005 – 06, séparatisme 2008 et ce n'est pas fini vu comment les loges d'extrême droite et autres délicieux comités civiques repartent à l'assaut.

    Sauf que la poussière masque, cache. Et nos yeux occidentaux sont incapable d'entrevoir de la moindre mesure de ce qui se joue ici. Et de mon point de vue délocalisé, ce n'est qu'une lorgnette qui s'ouvre à moi.

    Bien sûr, parlons de l'éducation pour tous jusqu'aux indiens Takana ou Chakobo au coeur de la forêt. Bien sûr parlons des briques, des ponts, des routes, des pavés. Ou de la nationalisation des ressources naturelles, de la redistribution des richesses.
    Et parlons encore plus de ce qui va se jouer du 20 au 22 avril 2010, une date qui fera date sans aucun doute, ou presque, pour les deux tiers de l'humanité.

    Voilà toute l'Europe perdue sous un immense nuage de poussière, émanation d'une éruption naturelle, un caprice pachamamien venu de l'Islande, pays déjà turbulé ces derniers temps.
    C'est drôle ces coïncidences, tous ces évènements qui ici prennent un sens, un ordonnement, un évidemment, c'est "logique". A l'extrême opposé d'une "logique" de système rationnelle. si tant est qu'un système qui plus il avance, plus il s'autodétruit, peut être considéré comme rationnel.

    Finalement à quoi cela servirait-il que je tente de vous en parler ?
    Je l'ai fait d'une certaine manière, qui ne me satisfait pas suffisamment, pour le Venezuela, je pense en être pour l'heure incapable pour la Bolivie.

    Et quand bien même j'en serais capable, nous, lecteurs, serions nous capables de nous décentrer de notre centre ? De nos désoccidentaliser un instant de notre occidental apostolique romain même plus catholique ? Je ne veux présumer de rien, mais je pense que pour le moment nous en sommes tous incapables.
    Moi le premier.

    Oh je vous ferais bien un de ces jours un topo sur tout ce qui se fait ici en matière révolutionnaire. Mais comme je le ressens actuellement, cela semble bien peu dire au regard des forces qui jouent ici.
    On flirterais presque avec le mystique, qui fait si peur aux laicards athéicistes, les mêmes qui n'ont jamais eu autant de foi pour leur athéisme. Reconnaissons le pour le moins, croire en la révolution est une forme de foi. Ca ne fait pas de nous des odieux curetons ni des je ne sais quelle secte.

    Qu'il y ait des conditions historique, un processus de soulèvement populaire gradué arrivant à l'élection d'un indigène au pouvoir, très bien. Mais l'on oublie à chaque fois que la force qui pousse ce soulèvement populaire n'est pas sur-déterminée par je ne sais quelle dialectique historique.

    L'on peut (et l'on doit) établir les causes et conséquences d'un processus révolutionnaire au regard de cette outil d'analyse extraordinaire qu'est la lutte des classes, mais le moment révolutionnaire pour sa part n'est pas révolutionnaire pour rien. 
    C'est qu'il va au delà de conditions matérielles préalables, qu'elles soient objectives ou subjectives d'ailleurs. On ne parle plus de matérialité, mais d'humanité en mouvement. Autre registre, autre sons, autres sens.

    Voilà pourquoi vous et moi ne comprendrons jamais la révolution bolivienne, et la vénézuelienne aussi d'ailleurs, parce qu'elles ne s'expliquent pas. Et le meilleur exemple de cette certitude de l'incertain, je l'ai sous les yeux, moi, qui ne peux croire ce qui m'arrive.
    Réel, irréel, magique, concret ? Ces termes se mélangent et forment un corpus nouveau, qui justement ne se théorise pas. Il se vit.
    Je pourrais tout aussi bien vous dire que quand je quitte le centre de la ville où je me trouve, je sens au tréfond de moi la puissance immense et écrasante d'une force supérieure. Vous me répondrez que je parle aux arbres, comme un fou, et ce sera d'ailleurs ce que je répondrais une fois rentré.
    Inaudible, hors champ.

    Je pourrais vous dire aussi que ces mêmes forces extrêmement naturelles, font peu de cas du jeu social que nous jouons quotidiennement, dans nos sociétés. Bas les masques, tous à poil, les humanités dévoilées sans qu'on puisse rien maitriser.
    Et vous me répondrez certainement qu'ici aussi je joue un rôle, que c'est aussi une société et qu'elle fonctionne aussi avec ses rôles sociaux.
    Et vous aurez parfaitement raison.

    Raison ne fait pas révolution.

    C'est une chose extrêmement violente pour un esprit cartésien rationnel tel que le mien, de découvrir que le fait révolutionnaire ne se fait pas, ne se déclenche pas seulement en fonction de conditions préalables, mais qu'il se supporte en lui même, sans explications.

    Et c'est alors que nos bons révolutionnaires, et je ne suis pas le dernier dans le lot, diront : "Alors quoi ? On arrête tout ? La militance ? Et laisse venir le Grand Soir et en attendant on attend ? Bref, éloge de l'inaction ?"

    Ce qui fera une fois de plus la preuve de notre totale stupidité à tenter en vain de comprendre, puisque c'est bien du contraire qu'il s'agit.

    Cette action collective, ce mouvement social, cette union qui fait la force, elle est révolution en soi. Par exemple, tant que dans les Assemblées générales mêmes des plus stériles, si au moins un étudiant sort avec une possible remise en question sur ce qu'il croit, alors nous auront provoqué quelque chose de révolutionnaire et il y a justification pour continuer.

    A ma gauche on me dira que cela aboutit à la Révolution permanente, chacun son petit bout de mouvement, et là encore c'est erreur.

    Car le mouvement qui provoque ce mouvement ne peut être dissocié du mouvement vers lequel il se meut. En somme, on ne peut conscientiser un étudiant dans une AG si l'objectif ultime de notre mouvement n'est pas d'aboutir à un changement des fondements institutionnels qui régisse notre société.

    Oh je n'invente rien, ça a été dit et redis par les uns ou les autres et ça fait un bout de temps que j'en suis convaincu. En revanche ce qui est nouveau pour moi c'est à quel point ce mouvement là, cette tension collective vers ce changement fondateur, est mystique. Plus qu'une croyance, c'est une expérience de vie.

    J'en viens du coup à élaborer des théories vaseuses. 

    Comme quoi la chute du mur de Berlin n'a été en rien la chute de l'idéologie soviétisante, qui s'est fondue à merveille dans le néolibéralisme financier et sécuritaire. le fonctionnement d'un fond de pension ou autre banque d'investissement à plus à voir avec le stalinisme que n'importe quel parti communiste contemporain.
    En revanche, par cet effondrement, quelque chose d'autres a été détruit pour une moitié de l'humanité, la faute aux acteurs du pourrissement de longue date du processus originel, mais aussi à ceux qui ont toujours lutté contre ce dessein originel.
    Et c'est cette mystique que nous avons pour tache de reconstruire aujourd'hui.
    Le propos vous dérange ? Je serais en train de faire l'éloge d'un totalitarisme ? 
    Je justifie et excuse l'horreur la plus noire ?

    Faites tomber les grilles.

    L'excuse perpétue le jugement de valeur, le bien ou le mal
    . « On » aurait mal fait ? Mais réalisons d'abord que nous n'existions tout simplement pas alors ? Ce ne sont pas d'excuse qu'il faut aujourd'hui, pour personne.
    Assez de condescendance, même après avoir commis tout ce que nous avons commis, l'on continue à juger à l'aune du bien ou du mal nos actions.
    En revanche, oui, reconnaissance.

    En premier lieu celle que JAMAIS la révolution industrielle qui nous a mené à devenir des pays dits développés, absolument JAMAIS n'aurait été possible sans l'accumulation préalable de capital, issu du pillage systématique de l'ensemble des ressources dans le monde entier, à commencer par les filons d'argent sans fins des mines de Potosi, et tout le reste de ce continent dont les veines ouvertes ne se refermeront sûrement jamais. Et ce pillage humain, cette destruction destructrice, de l'Afrique, des autres cultures, pillées, esclavagisées et massacrées jusqu'à la dernière goutte.

    Cela est prouvé, re prouvé et fait partie de notre Histoire.
    Notre richesse n'est que la conséquence de leur exploitation.
    Nous ne sommes pas des coupables, mais notre civilisation est responsable.
    C'est la première chose que nous devons reconnaître.
    Avec son corolaire : le système capitaliste actuel est génocidaire.
    c'est un fait mainte fois démontré, par le passé et encore le présent.

    Et ce n'est pas le million de morts d'Irak qui m'en donnera tort (oui un million, soit le chiffre des organisations indépendantes, puisque le chiffee officiel est celui de l'armée américaine .. vous ne saviez pas ?)

    Je glisse sur des terrains glissants ? Sauf que les nuages de poussière ne glisse pas. La terre on la sent bien, on l'a tant autour de soi pour bien garder les pieds bien ancrés, bien plus que dans notre modernité flottante.

    Et nous devons maintenant reconnaître que ce sont ces mêmes populations que nous avons si longtemps soumises, qui aujourd'hui; au travers de siècles de luttes, dessinent la nouvelle voie pour l'avenir du monde et de l'Humanité. Et sauf changement de dernière minute, cela se fait et se fera sans nous.


    Il faut en commencer par là pour saisir ce que peut être le mouvement révolutionnaire en cours ici. Commencer par révolutionner notre vision de nous mêmes comme pays développés, occidents, là où nous avons des siècles de retard dans notre mystique sur le reste du monde.

    Et se révolutionner soi même. Une fois à nu, l'on découvre ses contradictions les plus profondes qui font mal. Et c'est bien cela le problème majeur pour nos étroits esprits égotistes : a quoi bon faire la révolution si elle ne m'apporte pas "Mon" bonheur sur terre ?

    Et tout ça il faut le mener de front, et collectivement.
    Et c'est extrêmement difficile mais c'est une nécessité impérieuse.
    Et quand des gens qui ont a peine de quoi manger une fois apr jour mènent depuis leur naissance jusqu'à leur mort cette lutte, on peut se questionner sur nous mêmes.

    Ces 20 au 22 avril 2010 va se dérouler une rencontre entre 15 000 personnes, membres d'organisations sociales du monde entier, de plus de 111 pays, qui vont collectivement décider de la manière dont ils s'accordent pour trouver des solutions à la faillite prochaine de la civilisation humaine devant la destruction environnementale.
    Cette conférence mondiale des peuples pour le climat ne tiendra peut être pas toutes ses promesses, et l'hypothèse est possible qu'a posteriori l'on dise que ce fut un échec.
    L'échec de quoi, l'échec pour qui ? Pour quoi ?

    L'existence même de cette conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère, est en soi une réussite. Tout ce qui en sortira ne pourra être qu'un pas de plus vers des jours meilleurs.

    J'y serais et vous transmettrais comme je le pourrais au cours des jours prochain la quotidiannité d'un tel évènement.
    si tant est que ce soit possible. Enfin le possible désormais ... vous savez ....


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    par Aura Ribeiro

    Version de cet article : [Español]

    Les forces militaires et policières de la dictature hondurienne ont envahi les rues des communautés où vivent les paysans du Bas Aguán, dans le département hondurien de Colon.

     

    Le Comité pour la Défense des Droits de l’homme du Honduras (CODEH) et la résistance hondurienne (le Front National de Résistance Populaire, de FNRP) ont dénoncé le déclanchement d’ une répression violente contre les paysans organisés dans le Mouvement Unifié de Paysans de l’Aguán (MUCA), qui militent activement, en majeure partie, aussi dans le FNRP.

    Le CODEH a fait savoir que les paysans gardent la volonté de négocier avec les putschistes, bien que ceux-ci aient boycotté les négociations , prenant position en faveur des propriétaires terriens avec des assassinats, disparitions et détentions illégales contre les agriculteurs.

    La résistance hondurienne a envoyé un message il y a quelques heures relatant la situation.

     

    « Des commandos fortement armés constitués de l’Armée et de policiers et de l’Unité spéciale des antiémeutes, les “ Cobras“, maintiennent encerclée depuis ce matin la Communauté Guadalupe Carney y Carbonales, et ne laissent pas sortir des paysans de la Coopérative El Remolino, Paso Aguán, Panama situés dans la rive gauche du Río Aguán à Trujillo, Colon, faisant partie du Mouvement Paysan de l’Aguan, de MUCA.

    Un autre groupe de militaires se trouve à cents mètres de la Coopérative La Confianza, faisant montre d’intimidation, prêt a réprimer et a déloger les paysans. Des leaders de la zone dénoncent que sont déjà arrivés les juges d’exécution de peines pour délivrer des ordres d’évacuation et de capture.

    Aujourd’hui ont été arrêtés quatre étudiants de l’École Normale Mixte du Trujillo pour ne pas porter de document d’identité, sur la déviation de Braulio, de Sonaguera à Trujillo. Une partie de l’opération militaire revient à demander les documents d’identification à toute la population qui passe par les rues principales des villes et aux entrées aux communautés pour contrôler s’ils apparaissent dans une liste que les militaires détiennent, a expliqué une dirigeante de la Coordinatrice d’Organisations de l’Aguan, COPA. Aux entrées de toutes les communautés près de 15 policiers et 12 militaires contrôlent l’entrée des habitants à leurs villages.

    Dimanche on a dénombré 35 bus de transport public de tout le pays qui étaient arrivés dans la zone, trois blindées légers qui sont entrés par Olancho, et des patrouilles policières de tout le pays.

    Les effectifs militaires et policiers dépassent trois mille hommes, et ont été logés dans plusieurs institutions de l’État comme la Banque Nationale de Développement, Banadesa Agrícola au village Zamora, dans l’Institut National de Formation Professionnelle, INFOP, au XVème Bataillon d’Infanterie, dans la communauté Rio Claro de la Municipalité de Trujillo, ils sont aussi logés dans la propriété d’huile de palme du multimillionnaire palestinien, Miguel Facussé Barjum, qui réclame des terres dans ce conflit, et dans autres entreprises à la douteuse réputation gérées par des entrepreneurs supposés liés à des affaires illicites dans la région.

    Aujourd’hui à 7 heures du matin , des camions pleins de militaires continuent de transiter par des villes de la Vallée de Sula ,provenant de tout le pays en direction de l’Aguán, ce qui fait penser qu’une évacuation massive et violente est prévue ».

     

    Aujourd’hui les négociations tendues continuent entre les paysans, qui veulent faire valoir les accords obtenus avec Manuel Zelaya, qui leur donnent le droit de travailler la terre sans avoir à être exploités par les propriétaires terriens, et la dictature, qui espère annuler la réforme agraire de Zelaya et rendre les terres aux propriétaires terriens, qui les avaient maintenues improductives pour spéculer sur le prix du sol avant la réforme.

    Traduction : Carlos et Estelle Debiasi pour El Correo

    Tercera Información. Honduras, 13 de avril de 2010.


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