• Élection présidentielle en Colombie

    Un rendez-vous important, non seulement pour la Colombie, mais pour toute l’Amérique du Sud.

    Ce dimanche le 30 mai, il y a une élection présidentielle importante en Amérique du Sud.

    Les Colombiennes et Colombiens doivent choisir leur nouveau Président. Cette élection représente des enjeux importants pour toute la région. Enjeux importants sur plusieurs niveaux.

    Au niveau international. Les tensions constantes entre la Colombie, contrôlée par les États-Unis (sept bases militaires) associés à l’oligarchie locale, et le Venezuela, trop rebelle envers les prédateurs économiques mondiaux, sont très élevées.

    Les États-Unis qui, au cours des dix dernières années, ont perdu leur "arrière-cour" dont ils exploitaient sans contraintes les importantes ressources énergétiques et minières ne laisseront pas aller facilement ce pays.

    La Colombie appartient à quelques oligarques et aux intérêts états-uniens qui sont associés aux importants réseaux de trafiquants de drogues. La Colombie a sur son territoire les plus importantes installations militaires états-uniennes en Amérique du Sud. Et la Colombie est depuis belle lurette la plaque tournante de la cocaïne qui se dirige tout droit vers le plus gros marché de la drogue : les États-Unis d’Amérique.

    Les enjeux économiques de l’argent sale sont donc importants.

    Pour contrôler le pays militairement et pour justifier autant de forces militaires US, on maintient bien actif le conflit historique avec les guérillas. Deux guérillas font la guerre en Colombie depuis des décennies. [1]

    Leur lutte a pris naissance il y a 50 ans afin d’obtenir plus de justice sociale surtout pour le monde paysan. Après tant d’années, l’Armée de Libération nationale (ELN) et la plus connue, la Force Armée Révolutionnaire de Colombie (FARC) sont toujours actives.

    Ces deux guérillas, auxquelles on attribue indûment « tous » les maux de la Colombie, ont la volonté de troquer les armes pour les urnes. Tous les mouvements de guérilla d’Amérique latine ont troqué les armes pour les urnes (le Salvador a même élu le 15 mars 2009, les représentants du Front Farabundo Martí de Libération Nationale (FMLN). [2]

    Grâce à la démocratie réelle, tous les pays ont pu ainsi vivre enfin en Paix, les guérillas abandonnant les armes et les gouvernements les escadrons de la mort et l’oppression militaire. Tous les pays sauf… la Colombie. La Colombie est un "anachronisme" du continent.

    Toutes les tentatives de pacification ont été sabotées. Pensons à l’assassinat sauvage du numéro 2 des FARC, Raúl Reyes le 1er mars 2008, alors que celui-ci tentait de négocier la libération d’otages, dont Ingrid Bétancourt ainsi qu’une sortie de crise pacifique. [3]

    Les enjeux de dimanche sont donc importants, au niveau international et au niveau local. Côté international, les États-Unis risquent de perdre un poste de contrôle militaire IMPORTANT. Leur IVe flotte restaurée à grands coûts surveille et menace les côtes sud-américaines, mais les bases terrestres sont toujours nécessaires pour assurer la domination de l’empire sur le Sud.

    Les deux principaux candidats en lice pour l’élection de dimanche sont : Juan-Manuel Santos et Antanas Mockus.

    - Juan Manuel Santos, ancien ministre de la Défense.

    On parlait beaucoup de Alvaro Uribe, mais en fait c’est Juan-Manuel Santos et sa puissante famille qui contrôlent en bonne partie toute la Colombie. Alvaro Uribe n’était en fait que la belle image (sans vraiment de pouvoir) du clan Uribe-Santos. Un clan associé aux paramilitaires terroristes et meurtriers, aux narcotrafiquants et à l’oligarchie associée aux intérêts internationaux (surtout US).

    La partie « Uribe » du clan Uribe-Santos.

    La famille Uribe est clairement associée au monde de la mafia colombienne. La "ferme" familiale du père de Uribe, Alfredo, était voisine ce celle de Pablo Escobar. [4]

    Dans son livre "Amando a Pablo", l’ancienne amoureuse du chef de Medellín, Virginia Vallejo, assure que Pablo Escobar idolâtrait Alvaro Uribe. D’après son témoignage, Escobar disait de Uribe : " si ce garçon ne nous était pas tombé du ciel, il aurait fallu aller à Miami à la nage pour y porter la drogue aux gringos", insinuant ainsi qu’Alvaro faisait du transport de colis suspects par avion. [5]

    En 2004, la revue Newsweek a publié un rapport du Département de la Défense des États-Unis (DIA) qui met Alvaro Uribe à la 82e place dans une liste de 104 personnages liés au commerce de la cocaïne en Colombie. [6]

    L’amitié de Pablo Escobar pour le père d’Alvaro Uribe était de notoriété publique, le parrain de Medellín a affrété un hélicoptère et publié divers messages de sympathies dans la presse lors de l’enterrement d’Alfredo. Le père d’Alvaro, grand propriétaire terrien disparu en juin 1983. Il aurait été tué en résistant à une tentative d’enlèvement par la guérilla des FARC. Le document de la Defense Intelligence Agency (DIA), l’équivalent militaire de la CIA, dit qu’Alfredo Uribe a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ». [7]

    Pablo Escobar aurait donc été le parrain politique d’Alvaro Uribe. [8]

    En avril 2008, le cousin du président Uribe, Mario Uribe Escobar, a été arrêté pour ses liens avec le narcotrafic et les paramilitaires d’extrêmes droites. [9]

    Alvaro a même eu la "chance" d’avoir parmi ses conseillers un autre cousin de Pablo Escobar, José Obdulio que l’on dit être l’homme de l’ombre du dernier pacte de non-agression entre bandes criminelles de Medellín. [10]

    Uribe était un Président qui marchait les fesses serrés. On le constate par ses rapports avec Hugo Chávez. Tantôt de bonne entente comme si l’amitié entre les deux hommes était bien réelle et tantôt menaçant, arrogant et accusateur comme si on lui disait de ne pas trop "fraterniser" avec cet ennemi de l’empire.

    La partie « Santos » du clan Uribe-Santos.

    Concernant Juan-Manuel Santos, celui-ci a toujours été un ennemi total de Chávez. Absolument aucune Paix et aucune relation n’est possible entre les deux hommes. Son élection serait une menace réelle pour la Paix entre les deux voisins.

    Les tensions sont vives aussi avec l’Équateur qui en 2009 demanda à l’Interpol de lancer un mandat d’arrêt contre Juan-Manuel Santos, poursuivi alors pour un raid contre la guérilla des Farc en territoire équatorien (le carnage du 1er mars 2008). [11]

    Juan-Manuel Santos, un néolibéral, militariste, belliqueux ayant à cœur ses intérêts et ceux de ses amis de Washington.

    La famille Santos dont le patriarche, Eduardo, fut le 20e président de la Colombie de 1938 à 1942 possède une des plus grandes fortunes colombiennes. Il possède la quasi-totalité du monde médiatique colombien. Cette famille détient "El Tiempo" le plus grand quotidien de diffusion nationale ainsi que de multiples publications telles : Motor, Portafolio, Aló, beaucoup de journaux régionaux, TV cable Bogota, et est associé au puissant groupe espagnol Prisa propriétaire, entre autres, d’El País, journal néolibéral espagnol s’il en est un.

    La famille Santos occupe donc une place prédominante dans le champ du pouvoir politique, économique et médiatique en Colombie. Les oncles de Juan-Manuel occupent les plus hauts postes de la Casa Editorial El Tiempo. Au gouvernement le vice-président est Francisco Santos, cousin du rédacteur en chef d’El Tiempo, Enrique Santos et aussi cousin de Juan-Manuel. Alfredo Santos est directeur de la revue politique la Semana. [12]

    En Colombie, à chaque campagne électorale, on a l’habitude de dire qu’El Tiempo ne perd jamais ses élections. Il a toujours sa part de ministres et d’ambassadeurs. Ces puissants du monde médiatique sont une sorte de permanence institutionnelle qui regroupe les "élites" oligarchiques utiles pour servir les intérêts des quelques riches familles possédant le Pays. Ils ne sont d’aucun parti. Ils sont "gouvernementalistes", c’est-à-dire toujours "près" du gouvernement.

    Il serait surprenant que Juan-Manuel Santos ne devienne pas le futur Président colombien. La puissance de persuasion médiatique est connue et efficace. De plus, la culture colombienne de l’achat du vote devrait aider à convaincre ceux sur qui l’emprise médiatique a moins d’effet. [13]

    Mais les sondages le disent "vaincu" (en tout cas, au premier tour).

    Eh Oui ! Une nouvelle figure, une "surprise" politique est apparue.

    - Antanas Mockus. D’après les derniers sondages, il serait en première position. Son entrée en scène brouille les cartes et semble mettre en danger l’élection de Santos.

    Mockus est un "coloré". Il sort des sentiers classiques. Son style bouscule les habitudes. Il a été recteur de l’Université d’État la plus importante de Colombie, puis maire de Bogota. Il s’est marié dans un cirque - sur le dos d’un éléphant – rien de moins. Il parait qu’en 1993, alors qu’il était recteur, il aurait même montré ses fesses à des universitaires turbulents !

    Oui, un "coloré". Il se présente sous la bannière du parti "Vert", l’ancien parti d’Ingrid Bétancourt.

    Mais c’est surtout l’homme du « TransMilenio », le système de transports en commun de Bogota, une véritable réussite qui aurait rendu la capitale plus dynamique et moderne.

    Son candidat à la vice-présidence est Sergio Fajardo le maire de Medellín. Celui qui a réussi à sortir sa ville de l’étiquette « ville de Pablo Escobar » et à baisser les indices de criminalité. Un méchant défi bien relevé (d’ailleurs, Mme Ginette Lamarche qui aime bien nous montrer les bons côtés de la Colombie a fait quelques reportages sur Medellín la désormais "sécuritaire" !) [14]

    Mais Mockus ne trouve ses appuis que dans le milieu urbain et il n’a pas de partisans au Congrès. Il sait jouer avec les communications et utiliser l’image, mais il fait face aux véritables machines de propagande et d’intimidation.

    La droite ne le laissera pas facilement passer, surtout que Mockus a eu le culot de dire qu’il ne voyait pas Chávez d’un si mauvais œil.

    Le premier tour sera donc très serré. Il y aura de la manœuvre médiatique et de l’intimidation et cela conjugué à des achats de votes risque de mettre KO ce Mockus qu’on dit "dominant".

    Il faudra bien suivre vers où iront les électeurs et comprendre bien des choses qui ne sont pas nécessairement dites.

    Bonne élection.

    Serge Charbonneau Ici

    P.S. : Pour approfondir, je vous suggère :

    Pour mieux connaître Mockus :

    « Présidentielle en Colombie : la percée du candidat Vert Mockus »
    http://www.rue89.com/panamericana/2...

    Pour tenter de cerner la Colombie :

    « Réfugiée en son pays »
    La guerre civile colombienne a maintenant fait plus de quatre millions de déplacés.
    Un article de Lisa-Marie Gervais.
    Et mon commentaire sous l’article paru en avril 2009
    http://www.ledevoir.com/internation...

    [1] Le Monde diplomatique
    « 50 ans de guerre en Colombie »
    http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

    [2] Le Monde diplomatique
    « El Salvador : des guérilleros au pouvoir »
    http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

    [3] L’Humanité
    « Mort de Raul Reyes : la libération des otages suspendue »
    http://www.humanite.fr/Mort-de-Raul...

    Le Grand Soir
    « Colombie : La mort de Raul Reyes met en évidence la dimension criminelle du gouvernement Uribe »
    http://www.legrandsoir.info/Colombi...

    [4] Newsweek
    « MAIL CALL : Colombia’s President »
    http://www.newsweek.com/2004/09/26/...

    [5] Le livre de Virginia Vallejo
    « Amando a Pablo »
    http://www.amazon.com/exec/obidos/A...

    « Loving Pablo, Hating Escobar »
    http://www.lovingpablo.com/

    [6] Newsweek
    « BLACKLIST TO THE A LIST »
    http://www.newsweek.com/2004/08/08/...

    Le Grand Soir
    « Alvaro Uribe, seigneur des ombres. »
    http://www.legrandsoir.info/Alvaro-...

    [7] RISAL Info (RISAL pour Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine.)
    « Colombie : Alvaro Uribe aurait été lié au Cartel de Medellin »
    http://risal.collectifs.net/spip.ph...

    [8] Newsweek
    « GOOD TIMES IN MEDELLIN »
    http://www.newsweek.com/2004/07/04/...

    [9] Le Monde
    « Un cousin du président Uribe arrêté pour ses liens avec les paramilitaires colombiens »
    http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHAT...

    Latin Reporters
    « Colombie - paramilitaires : cousin du président Uribe arrêté ; ex-sénateur, il présida le Parlement »
    http://www.latinreporters.com/colom...

    [10] PTB info (Parti du Travail de Belgique)
    « Colombie :: Liaisons entre le président Uribe et les escadrons de la mort »
    http://www.ptb.be/nouvelles/article...

    [11] Cyberpresse
    « Colombie : le mandat d’arrêt contre Santos rejeté par Interpol »
    http://www.cyberpresse.ca/internati...

    Journalisme d’investigation Jacques Thomet
    « Interpol refuse de relayer le mandat d’arrêt lancé par l’Équateur à l’encontre de l’ex-ministre de la Défense colombien Juan-Manuel Santos »
    http://jacquesthomet.unblog.fr/2009...

    [12] « La Colombie aujourd’hui vue par la presse colombienne »
    Par Denis Rolland,Enrique Uribe Carren̋o,Université des sciences juridiques, politiques et sociales de Strasbourg
    http://books.google.ca/books?id=um7...

    [13] SFR Info
    « En Colombie, les candidats ont tendance à acheter les électeurs »
    http://info.sfr.fr/politique/articl...,132419/

    [14] Reportage radio Ginette Lamarche (Radio-Canada, Dimanche Magazine)
    La Colombie touristique (Medellin)
    http://www.radio-canada.ca/audio-vi...


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  • Tegucigalpa 26 mai 2010

    À 18 heures aujourd'hui dans le quartier de la Travesía à Tegucigalpa, ont été assassiné Pedro Antonio Gómez (24 ans) frère d'Arcadia Gómez (qui était Ministre  dans le gouvernement de Zelaya), et Oscar Thulium Martínez (beau-frère d'Arcadia). Les deux victimes avaient pris part aux  mobilisations contre le coup d'état.
     
    Mardi, dans le quartier las Crucitas, plusieurs hommes armés ont tiré devant la maison d' Arcadia Gómez. Une personne a été tué  (jusqu'à aujourd'hui inconnue), et deux mineurs ont été blessé. Des hommes sont entrés dans la maison demandant à voir Arcadia . Celle ci est victime de surveillance, harcellement et de  menaces  téléphoniques.

    Tegucigalpa 26 de mayo 2010

    Hoy a las seis de la tarde, en la colonia laTravesía de Tegucigalpa, fue asesinado Pedro Antonio Gómez (24 años) hermano de Arcadia Gómez quien fuera Ministra Social en el gobierno deZelaya, también fue asesinado el Señor Oscar Tulio Martínez, cuñado de Arcadia, estaba casado con una hermana de ella. Las dos victimas participaron, acompañando a la Señora Arcadia, en las movilizaciones contra el golpe de estado.
     
    El día de ayer en la colonia Las Crucitas de la capital varios hombres armados disiparon frente a la casa de la Señora Arcadia Gómez, los disparos aun están incrustados en las paredes, en el acto murió una persona, hasta hoy desconocida, y quedaron heridos dos menores de edad. Antes hombres encapuchados ingresaron a la casa de su mama preguntando por ella. La Señora Arcadia ha estado sometida a vigilancia y persecución así como acoso y amenazas a través de llamadas telefónicas.


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  • Une fondation du Parti Populaire espagnol a tenté de renverser Evo Morales

    La Fondation IbéroAmérique Europe (FIE), une succursale du Parti Populaire espagnol (phalangiste) de Mariano Rajoy qui a été dirigée par Ana Botella, l’épouse de l’ex présidente du conseil Josè Marìa Aznar, a financé en 2007 à coup de millions un putsch raté contre le président bolivien Evo Morales.

    C’est ce que confirme le journaliste et chercheur allemand Ingo Niebel dans un article publié dans la page web de la revue allemande GEHEIM (www.geheim-magazin.de), spécialisée en renseignement et subversion.

    Niebel signale comment le ministère public bolivien enquête au sujet de la FIE parce qu’il possède des indices voulant que des mercenaires aient reçu quelque 250.000 euros (300.000 dollars) par son intermédiaire pour réaliser un coup d’état et un attentat contre le président.

    Au cours de son séjour à Madrid pour le Sommet Union Européenne–Amérique latine, le président de la Bolivie, Evo Morales, a accusé le Parti Populaire (PP) espagnol d’avoir participé en 2007 dans son pays à un coup d’État qui a « heureusement » échoué. Le chef d’État bolivien a fait ces déclarations au cours des déjeuners d’information de l’agence espagnole Europa Press – proche de l’extrême-droite péninsulaire - le 18 mai 2010.

    Le Dirigeant du Mouvement vers le socialisme (MAS) a basé ses accusations sur des informations publiées par des medias qui ont signalé que le PP a organisé le coup d’État « par le biais d’une fondation espagnole ». Europa Press a ensuite suggéré, dans sa propre dépêche, que l’institution en question « pourrait étre » la Fondation IbéroAmérique Europe (FIE).

    La revue allemande Geheim souligne que la FIE indique dans sa page web qu’elle entretient des relations avec la Chambre de Commerce et d’industrie CAINCO de Santa Cruz, place forte de l’oligarchie bolivienne et centre de la résistance anti-socialiste en Bolivie.

    Le président de la FIE est l’ex-député du PP Pablo Izquierdo, qui entretient des liens étroits avec le PP et avec l’ex-chef du gouvernement espagnol José María Aznar (1994-2006) ; l’épouse de ce dernier, la politicienne madrilène Ana Botella a présidé la FIE entre 1994 y 1999, précise Ingo Niebel.

    « D’autres militants du PP occupaient des postes à la FIE », indique l’expert en précisant que « entre 1999 et 2008, la fondation a reçu des subventions publiques pour un montant de 4,3 millions d’euros ; de cette somme, quelque 990 000 euros ont été destinés à son travail en Bolivie”.

    La “Prima Donna” du PP madrilène et patronne de la Communauté autonome de Madrid, politicienne d’extrême-droite qui dirige les campagnes de diffamation contre Cuba en Espagne aux côtés de l’agent CIA et terroriste fugitif cubain Carlos Alberto Montaner, devait nécessairement se trouver liée à cette affaire : « En novembre 2008 la FIE a reçu un autre million d’euros, cette fois de la Communauté autonome de Madrid, gouvernée par une autre politicienne du PP, Esperanza Aguirre ».

    DES FONDS POUR LES DÉFAVORISÉS, A DIT EL PAIS

    En septembre 2009 le quotidien espagnol El País – un autre élément de la connection – a rapporté que 750 000 euros de la dite somme allaient au « renforcement des capacités institutionelles pour le dévelopement des secteurs les plus défavorisés de la Bolivie ».

    Les autres 150 000 euros étaient destinés au « renforcement des institutions du secteur des entreprises et aux jeunes journalistes du Venezuela ».

    « En Espagne, la FIE se consacre à s’occuper, dans ses trois centres, des immigrants originaires d’Amérique latine et de Roumanie. Pour ce travail. Elle reçoit 1,6 million d’euros ».

    Dans son article pour Geheim, Niebel souligne « qu’il y a une dizaine d’années le bureau anti-corruption OLAF de l’UE faisait enquête sur cette fondation. Le tribunal d’exception espagnol, la Audiencia Nacional, a ouvert des procédures contre de hauts dirigeants du PP pour délit présumé de corruption ».

    En 2002 le PP a appuyé le putschiste vénézuélien Pedro Carmona Estanga avant, pendant et après son action illégale contre le présidente légitime Hugo Chávez.

    Ingo Niebel est l’auteur de nombreuses études sur les activités de renseignement et de subversion nord-américaines en Amérique latine.

    La conspiration de 2007 en a précédé une autre, survenue en avril de l’an dernier, quand un commando de mercenaires d’Europe de l’est a tenté d’assassiner Evo Morales.

    Les circonstances de la mort aux États Unis de l’espion d’origine hongroise Istvan Belovai, qui orientait les conspirateurs, demeurent mystérieuses.

    L’ex-officier hongrois de renseignement qui a servi d’agent de liaison entre le hongrois d’origine Eduardo Rózsa Flores, le chef du groupe paramilitaire chargé de l’assassinat, et les renseignements nord-américains, est mort le 6 novembre, à Denver, États-Unis, où il habitait depuis sa sortie précipitée de son pays en 1990.

    La mort est survenue alors qu’en Bolivie on étudiait minutieusement le contenu de l’un des ordinateurs laptops de Rózsa Flores. Dans un fichier d’archives, appelé Bel-Norte, les experts boliviens ont trouvé plusieurs courriers électroniques que Rózsa Flores a échangés avec l’agent Belovai.

    On doit noter comment parmi les dirigeants du Conseil Suprême qui a dirigé la conspiration se trouvait l’influent entrepreneur de Santa Cruz Branko Marinkovic, croate d’origine, qui s’est enfui de Bolivie après avoir été dénoncé par le Minsitère public et a trouvé refuge en territoire des États-Unis.

    Après le démantèlement du commando, le gérant du Centre d’arbitrage et de conciliation de la CAINCO, Alejandro Melgar Pereira, complice du complot, a immédiatement fui aux États-Unis.

    Il a également été démontré que Rózsa Flores s’est trouvé en contact avec UnoAmérica, organisation fasciste d’Amérique latine dirigée par par Alejandro Peña qui a ensuite fait son apparition aux côtés des putschistes honduriens.

    Le régime de Tegucigalpa a par ailleurs entretenu des relations privilégiées avec l’extrême-droite espagnole et avec des membres de la mafia cubano-américaine, connus pour leur collaboration avec la CIA et leurs liens avec le PP espagnol, entre autres Armando Valladares,

    Jean-Guy ALLARD Ici


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  • Un général bolivien à la retraite, célèbre pour avoir capturé Ernesto "Che" Guevara en 1967, a été placé en résidence surveillée vendredi, soupçonné d'être impliqué dans un complot présumé visant le président Evo Morales.

    Selon le ministère public, le général Gary Prado aurait échangé des informations codées "ultrasecrètes" avec Eduardo Rozsa, Bolivien d'origine hongroise et vétéran de la guerre en Croatie, abattu avec deux complices en avril 2009 lors d'un raid de la police. Ils étaient soupçonnés de vouloir mettre sur pied, avec plusieurs complices, une milice séparatiste d'extrême droite dans la province de Santa Cruz, aux mains de l'opposition. A l'époque, le président Morales avait déclaré qu'une tentative d'assassinat le visant avait été déjouée.

    Gary Prado a démenti tout lien avec ce groupe lors de sa comparution devant le juge, qualifiant de "risible" le fait "qu'un général avec mon parcours puisse aller se mettre sous les ordres d'un mercenaire". Il affirme que Rozsa l'aurait contacté à titre journalistique, pour parler de la lutte contre la guérilla.

    Ce sont en tout une vingtaine de personnes, dont le fils du général, qui sont concernés par l'enquête actuellement en cours d'instruction, en raison de leurs liens présumés avec les groupes conservateurs de la province de Santa Cruz, en rébellion contre le pouvoir de Morales. Sept sont sous les verrous, quatre autres en fuite.


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  • Devant l'ignominieuse et barbare escalade de terreur et de morts imposée depuis le 28 juin 2009 et prorogée sous le régime de Porfirio Lobo Sosa  et de ses partisans, qui prend maintenant la forme de menaces de mort contre les compagnons Carlos H. Reyes et Manuel Zelaya Rosales - les deux membres et chefs indiscutables, avec d'autres compagnes et compagnons, du FNRP-, n ma qualité  de citoyen hondurien, écrivain et militant du FNRP, je déclare devant le peuple hondurien, devant la Communauté internationale et en particulier aux "seigneurs" et "dames"  qui ont mené le coup d'État.

    Que je rejette et condamne énergiquement toutes formes de  menaces, blessures et  crimes découlant de leurs têtes  malades et  capitalistes, contre les compagnons Carlos H. Reyes, Manuel Zelaya Rosales ou contre chacun des millions d'hommes et de femmes qui composent le FNRP, principale et écrasante force politique et sociale du Honduras.

    Que je me solidarise de manière volontaire, publique et convaincante avec les compagnons aujourd'hui menacés - Carlos H. Reyes et Manuel Zelaya R. -, de la même manière que je  le fais pour tous les parents des victimes de la dictature romeovásquez-michelettiste et son fils bâtard, Pepe Lobo.

    Que l'unité de lutte du FNRP ne sera pas compromise par des actes lâches comme la menace et le meurtre d' hommes et de femmes dignes du FNRP, dont le seul "crime" aux yeux des oligarques oppresseurs est celui de lutter pour un Honduras plus juste où tous et toutes nous avons l'occasion de décider de notre destin en tant que peuple et nation.

    Je reste dans la résistance et l'insurrection, garanti dans l'Article 3 de la Constitution de la République, et avec des millions de compatriotes, jusqu'à obtenir l'installation d'une Assemblée Nationale Constitutive Populaire chargée d'élaborer et d'approuver une nouvelle Constitution, comme une étape clé pour la refondation du Honduras.

    Que je me réserve le droit de poursuivre une action en justice  et les lois civiques me le permettent les lois nationales, internationales et la défense des Droits de l'Homme, dans le temps et le lieu qu'ils jugent approprié, contre les crimes contre l'humanité, les crimes contre la culture et contre la patrie suite à l'usurpation du 28 juin 2009 des charges, fonctions et représentation non émanant de la légitimité du peuple hondurien.

    Samuel Trigueros

    Tegucigalpa, le 22 mai 2010

    Reçu par mail traduc RLB

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    Ante la ignominiosa y bárbara escalada de terror y muerte impuesta desde el 28 de junio de 2009 y continuada bajo el espurio régimen de Porfirio Lobo Sosa y sus secuaces, misma que ahora toma la forma de amenazas de muerte contra los compañeros Carlos H. Reyes y Manuel Zelaya Rosales -ambos miembros y líderes indiscutibles, junto a otros compañeros y compañeras, del FNRP-, en mi condición de ciudadano hondureño, escritor y militante del FNRP, declaro ante el pueblo hondureño, ante la comunidad internacional y, especialmente, ante los señores y señoras que propiciaron, ejecutaron y apañaron el golpe de Estado y que aún se mantienen como parte de un sistema usurpador en las instituciones del Estado hondureño:

    Que repudio y condeno enérgicamente toda forma de amenaza, lesión y crimen surgido de sus enfermas cabezas anacrónicas y capitalistas, contra los compañeros Carlos H. Reyes, Manuel Zelaya Rosales o contra cualquiera de los millones de hombres y mujeres que conformamos el FNRP, principal e irrefrenable fuerza política y social de Honduras.

    Que me solidarizo de manera voluntaria, pública y convincente con los compañeros hoy amenazados -Carlos H. Reyes y Manuel Zelaya R.-, de la misma manera en que lo hago con todos los familiares de las víctimas de la dictadura romeovásquez-michelettista y su bastardo hijo, Pepe Lobo.

    Que la unidad de lucha del FNRP no será socavada con actos cobardes como el de amenazar e incluso continuar asesinando hombres y mujeres dignos del FNRP, cuyo único "delito" a los ojos de los opresores oligarcas es el de luchar por una Honduras más justa en la que todos y todas tengamos la oportunidad de decidir sobre nuestro destino como personas y nación.

    Que me mantengo en resistencia e insurrección, amparado en el Artículo 3 de la Constitución de la República, y junto a millones de compatriotas, hasta lograr la instalación de una Asamblea Nacional Constituyente Popular que redacte y apruebe una nueva Constitución, como paso fundamental para la refundación de Honduras.

    Que me reservo el derecho de ejercer las acciones judiciales y ciudadanas que me permiten las leyes nacionales, internacionales y la defensa de los Derechos Humanos, en el tiempo y lugar que considere conveniente, contra los delitos de lesa humanidad, lesa cultura y lesa patria a que dieren lugar las acciones de quienes desde el 28 de junio de 2009 usurpan cargos, funciones y representación no emanada de la legitimidad del pueblo hondureño.

    Samuel Trigueros
    Tegucigalpa, MDC, 22 de mayo de 2010


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  • Le PDPR-EPR (Parti Démocratique Populaire Révolutionnaire /Armée Populaire Révolutionnaire) a accusé  l’Armée mexicaine d'être responsable de la disparition à Oaxaca, le 25 mai 2007, d’Edmundo Reyes Amaya et de Gabriel Alberto Cruz Sanchez, deux membres du comité directeur de cette organisation révolutionnaire.

    L’Armée aurait fait disparaitre les dirigeants guérilleros pour provoquer la rupture de la trêve entre l’EPR et le Gouvernement fédéral. Le gouvernement mexicain serait parfaitement informé de cette affaire, mais s’abstiendrait de réagir, selon le porte-parole du PDPR-ERP qui dénonce le peu de progression des négociations consécutives à la trève.

    Il y a 15 ans, alors que le mouvement altermondialiste mettait en avant le mouvement zapatistes et le passe-montagne du commandant Marcos, une véritable guérilla populaire révolutionnaire secouait les Etats de Guerrero, Oaxaca, Tlaxcala et Veracruz. Et tandis que les zapatistes ne visaient par leur lutte qu’à "amener" le pouvoir réactionnaire "au dialogue" avec les indigènes, l’EPR se fixait comme objectif la révolution pour une république démocratique et populaire.

    L’EPR etait née de la fusion de quatorze groupes armés clandestins, dont le plus connu est le Procup-PDLP , issu de la guérilla "historique " menée au Guerrero par Lucio Cabañas dans les années 70. L’EPR affirme être passée à l’action militaire en réponse à la "guerre non-déclarée de basse intensité " déclarée par le "gouvernement de massacreurs ", de façon à révéler la situation réelle du pays. Ils considèrent que là où le gouvernement réprime, il doit y avoir une réponse armée, que de nouvelles armées révolutionnaires doivent surgir car c’est l’unique issue imposée par le gouvernement. Il s’agit de "propagande armée révolutionnaire".

    Le gouvernement a parié sur le pourrissement du zapatisme, sans se rendre compte que la situation globale du Mexique pourrit beaucoup plus vite.


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  • La larga lista de víctimas de la vereda La Alemania en San Onofre


    Mayo 21 de 2010
     
    Con la muerte de Rogelio Martínez ya son 15 los campesinos asesinados por reclamar la devolución de la finca La Alemania en San Onofre, Sucre, que los paramilitares les robaron hace diez años.
    Desde hace diez años 52 familias desplazadas de la finca La Alemania en San Onofre, Sucre, luchan por recuperar sus tierras robadas por Rodrigo Mercado Peluffo, alias 'Cadena' y sus hombres. Rogelio Martínez era desde 2006 el representante legal de los desplazados, posición que lo expuso a numerosas amenazas de muerte que terminaron concretándose el pasado martes.

    Rogelio Martínez fue asesinado a las seis de la mañana en la finca La Alemania, del corregimiento Las Pavas de San Onofre. Un testigo citado por la Consultoría para los Derechos Humanos y el Desplazamiento (Codhes) dijo que varios encapuchados pusieron un retén cerca del predio y bajaron a Martínez de un mototaxi. Golpearon al conductor y mataron de tres tiros en la cabeza a Rogelio Martínez.

    Desde hacía varios años la Comisión Intereclesial de Justicia y Paz y el Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes de Estado (Movice) venían denunciado las graves amenazas contra Rogelio Martínez y la comunidad de la finca La Alemania. Martínez fue uno de los líderes que se atrevió a denunciar el robo de la finca por Rodrigo Mercado Pelufo alias ‘Cadena’, desaparecido jefe del Bloque Héroes de los Montes de María y que reclamaba la devolución de las tierras a pesar de los evidentes riesgos. También fue de los pocos campesinos que se atrevió a regresar.

    Aunque Martínez tenía protección del Estado desde hacía unos meses, no alcanzó a escapar de la saña de los ‘paras’ que golpean desde hace más de diez años la comunidad de la finca La Alemania. Con el asesinato de Martínez ya son 15 los muertos en la pelea por estas tierras, en las que ‘Cadena’ después de masacrar a tres campesino, despojó los sobrevivientes y estableció una base donde asesinó, violó y desapareció a decenas de personas.

    Según la Comisión Intereclesial de Justicia y Paz, Rogelio Martínez era uno de los integrantes de las 52 familias que conforman la Empresa Comunitaria Alemania, que era propietaria de 556 hectáreas ubicada en los Montes de María, a 20 minutos de San Onofre, y a las que el Incora en 1997 les adjudicó este predio.

    Desde 1998 hasta 2001 estas familias fueron desplazadas y  en 2001 el predio  fue ocupado por ‘Cadena’. Según denuncias de los campesinos, durante cinco años La Alemania se convirtió en centro de operaciones paramilitares. Además, las autodefensas saquearon y desmantelaron las mejoras que hicieron los campesinos. Las víctimas al mismo tiempo vieron cómo se incrementaron las deudas con el Banco Agrario con las que adquirieron la propiedad.

    Sin embargo, los campesinos denunciaron que el Incoder solicitó el embargo de la propiedad desconociendo la condición de desplazados de los campesinos y las amenazas en su contra, justo cuando, al parecer, los paramilitares se habían interesado en quedarse con la finca.

    En 2007, a pesar del desplazamiento y la ocupación del predio por los ‘paras’, el Banco Agrario le vendió la deuda a la empresa privada de cobranza Cisa (Central de Inversiones S.A.) quien a su vez se la dio a Covinoc, otra firma de cobranza.

    Sin embargo, gracias a varias acciones legales, el predio fue protegido y tiene medida cautelar, que prohíbe be su transferencia o venta. Pero La Alemania sigue en remate y en riesgo de pasar a otras manos a bajos precios.

    Los 15 muertos de La Alemania
    A finales de los noventa los paramilitares llegaron a San Onofre. Roberto Mercado, alias ‘Cadena’, que era matarife, fue ascendiendo y se volvió uno de los jefes paramilitares del pueblo. Golpeó con mucha fuerza a la gente que creció con él.

    En la finca La Alemania ‘Cadena’, y ahora sus heredero, han dejado una larga lista de muertos. Según la Comisión Intereclesial de Justicia y Paz el 27 de septiembre de 1998 hombres al mando de ‘Cadena’ asesinaron a Nilson Herrera.

    El 30 de marzo de 2000 un grupo de 70 paramilitares comandados por Uber Martínez, alias ‘Juancho Dique’, lugar-teniente de ‘Cadena’, ingresó a La Alemania y asesinó a Vidal Martínez, Oscar Martínez y Orlando Fernández.

    A raíz de estos crímenes se produjo el desplazamiento del 80 por ciento de los habitantes de La Alemania y veredas aledañas. La masacre consolidó la presencia de los ‘paras’ que instalaron ahí un campamento. Además las autodefensas se robaron los animales, dañaron las cosechas y amenazaron los campesinos que se negaron a salir del predio.

    Los paramilitares le prohibieron a los habitantes de La Alemania circular entre las cuatro de la tarde y las seis de la mañana, advirtiéndoles que no respondían por quien saliera a esas horas.

    El 8 de Agosto de 2000 paramilitares retuvieron a Prisciliano Herrera, uno de los socios de la Empresas Comunitaria, a la entrada de La Alemania y lo acusaron de  ser presunto informante de la guerrilla. Según los campesinos los ‘paras’ lo vistieron de camuflado  y lo entregaron ‘Cadena’. Al día siguiente encontraron su cadáver en la vía a Tolú.

    En esa finca en mayo de 2001 los investigadores del CTI de Santa Marta Fabio Luis Coley, Jorge Luis de La Rosa y sus acompañantes Sadith Elena Mendoza y Aida Cecilia Padilla fueron secuestrados. Después en la finca El Palmar ‘Cadena’ los mandó a asesinar y una semana después botó los cuerpos al mar.

    A mediados de 2002, ‘Cadena’ logró que las últimas seis familias de la Empresa Comunitaria La Alemania se desplazaran y así controlar toda la propiedad.

    El 24 de marzo de 2002, paramilitares asesinaron a Alejandro Barón, hijo de un socio de la Empresa Comunitaria. Un año después, el 27 de marzo de 2004 los ‘paras’ asesinaron a otro socio, Alacil Baena Mejía. Al parecer el cuerpo de Alacil también se encuentra enterrado en una de las fosas comunes que aun no se han descubierto en La Alemania.

    El 18 marzo de 2003 fueron asesinadas Nurys y Lesther Barón Contreras, hijas de una integrante de la Empresa Comunitaria. En octubre de 2003 fue desaparecida Iromaldys Sanmartín Contreras. Sus restos fueron entregados a su padre por la Fiscalía el 7 de septiembre 2006.

    El 14 de julio de 2005, alias ‘Cadena’ deja el predio en pleno proceso de desmovilización y los campesinos denuncian que uno de sus hombres, conocido con el alias de ‘Barragán’ asumió el control de la finca.

    Según reporta la Comisión Intereclesial de Justicia y Paz cuando los campesinos intentaron volver y recuperar sus predios, ‘Barragán’ los amenazó y les dijo que el predio era de propiedad de alias ‘Raquel’. Por temor las familias de la Empresa Comunitaria salieron del lugar.

    Con el apoyo de la Infantería de Marina con sede en San Onofre, los campesinos lograron entrar a sus predios el 16 de febrero de 2006. En esa fecha Rogelio Martínez se convirtió en el representante legal de la Empresa Comunitaria Alemania y junto a su familia regresaron a La Alemania. En 2007 otras familias se unieron al retorno, pero trabajando en el día en la propiedad y regresando a San Onofre por la noche.

    Sin embargo, el 11 de abril de 2007, uno de los campesinos socios de la empresa cooperativa, Garibaldi Berrío Acosta fue encontrado asesinado, después de haber sido secuestrado de su predio.

    En octubre de 2007, 30 hombres armados y algunos encapuchados, varios de ellos reconocidos por la comunidad como antiguos hombres de ‘Cadena’, entraron a La Alemania, y amenazaron a varios campesinos.

    Las amenazas contra Rogelio Martínez
    Desde 2006 Rogelio Martínez se volvió el representante legal de la Empresa Comunitaria La Alemania, una cooperativa a la que adhirieron todos los parceleros del predio. Su posición lo hizo oponerse a los paramilitares y a reclamar las tierras de la comunidad.

    En julio de 2008, comenzaron las intimidaciones contra  Martínez. En varias ocasiones, el campesino denunció que desconocidos le hacían llamadas a su teléfono móvil pidiéndole información sobre guerrilleros.  

    En 2008, Rogelio y otras familias decidieron volver bajo su propio riesgo a la vereda La Alemania, sin embargo allí aparecieron nuevas amenazas. El 24 de diciembre de ese año, en San Onofre, Rogelio fue abordado por un desmovilizado del Bloque de los Héroes de los Montes de María, conocido como ‘El Garrapata’ o ‘El 15’, quien le dijo que estaba incomodando a los paramilitares con la información sobre las fosas comunes y el robo de tierras. El ex paramilitar en tono de amenaza le dijo que “el gobierno les estaba pagando, pero cuando se acabara la cuota volverían a las armas”. La única defensa de Rogelio fue responderle que ellos estaban tras sus derechos, y lo único que estaba haciendo era recuperar su tierra.

    El 1 de enero de 2009 circularon versiones en San Onofre que miembros de las ‘Águilas Negras’ entrarían a la vereda La Alemania y asesinarían a los campesinos que habían retomado sus tierras. A los pocos días, el 15 de enero, cinco hombres de civil y armados interceptaron a Rogelio y de nuevo lo amenazaron.

    El crimen se produjo a pocos días que Martínez y otros líderes desplazados se reunieran con el Grupo de derechos humanos del G-24, conformado por representantes del gobierno, de Ongs y de la comunidad internacional donde se iban a discutir sobre la violencia y el desplazamiento en Sucre y Bolívar.

    A pesar de los constantes llamados de protección al Estado, Rogelio Martínez se sumó a los por lo menos 15 muertos de La Alemania, un asesinato que a todas luces hubiera podido ser evitado.

    Con información de la Comisión Intereclesial de Justicia y Paz

    Reçu par mail ce jour Traduction pour plus tard ...


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  • COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU COPINH

    Le Conseil Civique des Organisations Populaires et  Autochtones du Honduras (COPINH ) dénonce l'assassinat de Olayo Hernandez Sorto  ( 37 ans), originaire de la communauté de Pueblo Viejo, membre  du COPINH et secrétaire du comité municipal du front de résistance populaire contre le coup d ' état.

    Notre camarade a été assassiné mardi 18 mai vers 18h de trois coups de feu (dont un à la poitrine et un autre dans le dos).  Olayo a également été touché à la tête à l' arme blanche, probablement un coup de machette.  Son corps a été trouvé dans Los Quebrachitos.

    Olayo avait été accusé d'appartenance à la résistance et de detention d'armes, son metier était la réparation d'armes !. Il avait été condamné à une amende de 1000 lempiras.

    Juste avant de sortir de sa maison, il avait reçu un appel de William Ventura qui l'invitait à quitter sa maison et à le rejoindre.

    Olayo laisse une femme et 5 enfants qui totalement dépendants.

    Le COPINH demande une enquète immédiate sur ce nouveau crime commis contre un membre de la resistance.

    Le COPINH demande aussi l'arrêt de cette effusion de sang qui fat souffrir le peuple hondurien et évidemment la restauration de la démocratie.

    COPINH, Intibuca le 21 mai 2010

    Source mail traduc RLB

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    Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras COPINH.

    Comunicado de prensa urgente:


    El Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras COPINH  denuncia el asesinato del compañero Olayo Hernández Sorto de 37 años de edad, vecino de la comunidad de Pueblo Viejo, miembro de COPINH y secretario del comité comunal del frente de resistencia Popular contra el golpe de estado de la comunidad de Pueblo Viejo municipio de Colomoncagua, departamento de Intibucá.

    El compañero Olayo Hernández Sorto fue asesinado el día martes 18 de mayo a eso de las 6.00 PM de 3 disparos de pistola calibre 3.80, uno le impacto en el pecho, el otro en la rodia y el otro en la espalda.- El cadáver del compañero Olayo mostraba además  una herida de arma blanca en la cabeza probablemente de machete.- El cadáver del compañero Olayo Sorto fue encontrado en Los quebrachitos, es de hacer notar que el compañero Olayo Sorto habia sido acusado de ser de la resistencia y  de tener armas, ya que su oficio era reparador de armas, oficio del que tenia el respectivo permiso no obstante, en el juzgado de paz del municipio de Colomoncagua se le había impuesto una multa de mil Lempiras (L1,000.00)

    El compañero Olayo antes de salir de su casa recibió una llamada de William Ventura para invitarlo a salir de su casa y verse en algún lugar.

    El compañero Olayo Hernández Sorto deja 5 hijas e hijos y una esposa que dependían de los ingresos del compañero asesinado.  

    El Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras exige el esclarecimiento inmediato  de este nuevo crimen cometido contra miembros de la resistencia Popular y que se castigue con todo el peso de ley a los criminales; Así mismo exigimos  que se detenga esta hemorragia de sangre que sufre el pueblo hondureño, que lucha por la restitución de la democracia.

    Consejo Civico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras.

    COPINH

    Intibucá 21 de mayo del 2010


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  • Honduras : L’oligarchie, les morts et la résistance

    jeudi 20 mai 2010, par Primitivi

    Au Honduras les assassinats n’ont pas arrêtés, ciblés, barbares, les escadrons de la mort honduriens n’en sont pas encore au niveau des massacres des paramilitaires colombiens, mais ils suivent de près à la fois la politique de terreur colombienne et les leçons apprises des dictatures chilienne et argentine.

    L’oligarchie hondurienne savoure sa reconquête, mais cette victoire pourrait être de courte durée, en effet comme l’écrit Oscar Amaya Armijo, pour le moment la résistance du peuple hondurien reste pacifique et pleure ses morts sans porter de coups. Mais il se pourrait fort bien que cela ne dure pas, et à ce moment là les oligarques risquent fort de moins rire et le Honduras d’être ensanglanté par une guerre civile que les dirigeants du pays peuvent encore éviter s’ils arrêtent de ne cultiver que leurs intérêts aux dépends de ceux de leur pays.


    L’oligarchie, les morts et la résistance
    par Oscar Amaya Armijo

    En ce qui concerne les personnes amoureuses de la vie, toute mort leur fait mal, qu’importe qui est le défunt.

    Jusqu’à présent, c’est la Résistance qui pleure ses morts, les recueille et les enterre avec un stoïcisme messianique, et elle ne répond pas à tant d’agressions graves avec vengeance.

    Ou comme le dit Luis Morel, vieux dirigeant du mouvement ouvrier hondurien, “la résistance est, jusqu’à présent, comme les chiens, qui reçoivent des blessures et courent uniquement pour se lécher”, avec une apparente résignation.

    En réalité, c’est une proposition terrible ébauchée par ceux qui créent le pacifisme, appelez-cela christianisme, bouddhisme ou "gandhisme", les mouvements qui ne répondent pas (ou qui n’ont pas répondu) avec violence à la violence.

    Existe-t-il réellement une culture qui croit que celui qui reçoit des coups sur la joue gauche offre la droite pour recevoir plus de coups ? Combien de temps dure une telle attitude dans une société marquée par la violence économique, sociale et politique ? Comment les personnes violentes conçoivent-elles ceux qui ne répondent pas aux agressions ?

    Il est difficile de répondre à ces questions, puisque l’histoire n’est qu’une chronologie de la violence ou plutôt de l’infamie : Qui est-ce qui peut affirmer que l’on est pas encore à l’aube de la Communauté Primitive ? Est-ce que ce n’est pas est-ce qu’un échantillon de que nous vivons dans l’époque du troupeau après avoir été témoin de l’assassinat de l’adversaire comme quand ils se disputaient un fémur de Mammouth ? N’est-ce pas un modèle du fait que nous vivons à l’époque de la meute témoin de l’assassinat de l’adversaire comme quand on se disputait un fémur de mammouth ?

    L’absurdité est immensément douloureuse, comme par exemple au Honduras on a assassiné le jeune Gilberto Alexander Núñez Ochoa, chargé au FNRP d’éviter que des infiltrés ou d’autres ne provoqueront des affrontements contre les forces policières et militaires durant les marches contre la dictature. Cet agent du pacifisme a été abattu de manière vile avec violence, celle là même qu’a intronisé le régime conjuré. Son délit, même si on ne le croit pas, était d’éviter les agressions contre ceux-là mêmes qui l’ont tué.

    Qui au sein de l’oligarchie, parient sur la violence contre le pacifisme de la Résistance, apparemment, ils pensent que l’angoisse et l’incertitude ne les balayera pas, et que leurs victimes tendront toujours la joue droite.

    Cette vision étroite est extrêmement dangereuse et conduira irrémédiablement à l’entassement des morts, qu’importe sa provenance sociale. Alors, l’odeur pestilentielle de la mort emportera toute la structure de la société hondurienne.

    Ce sera l’époque où l’oligarchie et la résistance se retrouveront dans les mêmes cimetières enterrant leurs parents ou dans les hôpitaux comptabilisant les mutilés. L’hécatombe sera irréversible, les pleurs rempliront tout à ras bord et il n’y aura plus la capacité pour pardonner.

    A ce moment il n’y aura plus d’occasion pour le dialogue, poru que l’on s’apprécie, pour des accords civilisés, donc quand on tient le pouvoir par les armes la pensée s’avilit, elle se trouble, et l’on croit que ce pouvoir est universel et éternel. La seule issue pour la perversité devenue pouvoir c’est la mort.

    L’oligarchie ne doit pas chanter victoire parce que les morts sont du côté de la résistance, puisque la violence engendrée, plus tôt que tard, fonctionnera comme un boomerang, retournant à l’endroit d’où elle est partie. Cela peut arriver même si on ne le veut pas, ainsi fonctionne la dynamique de la violence sociale, quand il n’existe pas de réponse pour résoudre la crise politique par la voie de la coexistence pacifique.

    Qu’est-ce que les oligarques préfèrent, partager le pouvoir économique, politique et le bien-être social avec tous les honduriens ou “colombianiser” ce processus ? N’existe-il pas parmi les magnats une volonté politique pour préparer le destin du Honduras avec le FNRP ? Les intérêts mesquins du gain oligarchique pèsent-ils plus que la vie ou la santé physique et mentale de milliers de honduriens ? N’y a-t-il pas d’arrangement possible ?

    Sans réponse positive à ces questions, bientôt tous les coins du Honduras et son histoire future se rempliront de cadavres, ce ne sera rien de plus qu’une page écrite avec du sang.


    Source : Vos El Soberano "La oligarquía, los muertos y la resistencia"
    Traduction : Primitivi ici


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  • Le bilan 2009 de la violence au Guatemala : une augmentation préoccupante

    Photo : www.daylightmagazine.org "Dans un pays où la simple possession d’un appareil photo peut se réveler dangereuse, être un photojournaliste est non seulement un acte de résistance mais aussi un acte de foi"

    Bilan global de l’année 2009.

    Comme chaque fin d’année, le Guatemala compte ses morts. Et comme chaque début d’année, différentes organisations dévoilent leur bilan de l’année passée concernant la violence.

    A coup de chiffres effrayants, chacun essaie d’expliquer pourquoi la violence a augmenté, pour la dixième année consécutive. Cette année, ni le gouvernement, ni la Police Nationale Civile (PNC) n’ont publié de chiffres officiels sur le nombre de morts. Des sources internes de la police indiquent 6472 homicides entre janvier et décembre 2009. Malgré ce manque d’information claire et alors même que la loi sur l’accès à l’information publique a été votée en cours d’année, le gouvernement se targue d’avoir réussi à combattre la violence et à la faire reculer.

    “Un nouveau Guatemala est en train de naître”, comme l’annoncent les affiches du gouvernement dans tout le pays. Et pourtant, plus de 6000 morts dans un pays comme le Guatemala, ce serait équivalent à plus de 25.000 morts par an en France (1).

    Parmi ces quelques 6472 homicides, le Groupe d’Appui Mutuel (GAM) en reconnaît 3949 comme étant des morts violentes, c’est-à-dire, excluant les homicides involontaires et ne comptabilisant que les meurtres. Voir le tableau ci-dessous.

    Morts violentes durant l’année 2009

    MOIS TOTAL
    Janvier 358
    Février 336
    Mars 344
    Avril 260
    Mai 286
    Juin 324
    Juillet 327
    Août 345
    Septembre 354
    Octobre 352
    Novembre 329
    Décembre 334
    Total 2009 : 3949

    Source : GAM.

    Toujours selon les analyses du GAM, ce chiffre représente une augmentation de 20% par rapport à 2008, soit 644 morts supplémentaires. Ce point de vue est intéressant si on le compare avec celui du gouvernement. En effet, ce dernier ne calcule qu’à peine 5% d’augmentation des homicides sur 2009, car il inclut dans les chiffres les homicides involontaires. Cela donne alors une impression de réduction de la violence et de la criminalité, en inadéquation totale avec la réalité vécue des guatémaltèques. Cette augmentation est d’autant plus inquiétante qu’elle ne montre pas de signe de reflux. En outre, 2010 étant une année pré-électorale, on peut s’attendre à une nouvelle année de violence en hausse, sans que les pouvoirs publics ne parviennent à mettre en place des politiques efficaces pour lutter contre la criminalité.

    Pourtant, différents événements de 2009, conjugués à la pression de différents acteurs de la société civile (églises catholique et protestante, Université de San Carlos, PDH, etc.) avaient poussé le gouvernement à instaurer une table de dialogue sur le problème de la sécurité et de la violence, dialogue qui avait donné naissance à l’Accord National sur la Sécurité (2). Cet accord, constitué principalement de réformes institutionnelles qui permettraient le fonctionnement réel du système de justice, proposait des mesures phares qui n’ont jusqu’ici pas été mises en œuvre.

    C’est notamment le cas de la création du Ministère de la Sécurité. Mieux encore, le budget alloué au Ministère de l’Intérieur a été réduit. Au travers de ces décisions, on peut se demander quelle est la stratégie sécuritaire du gouvernement Colom. En effet, au-delà de campagnes de publicité et de débats nationaux sur le thème de la violence, la réponse du gouvernement en matière sécuritaire est loin d’être claire. Discours d’un côté, actions de l’autre. Réduire le budget du Ministère de tutelle de la police nationale est un signe que la volonté du gouvernement n’est pas aussi forte qu’elle puisse sembler à première vue. Surtout, à y regarder de plus près, on constate que si stratégie il y a, elle est plus proche de celle des gouvernements antérieurs que de celle d’un gouvernement social-démocrate comme se voudrait Colom et ses comparses de l’UNE (Union Nationale de l’Espérance).

    Ainsi, Colom a favorisé tout au long de l’année 2009 le Ministère de la Défense, notamment au travers de transferts de budgets d’un Ministère à l’autre. En outre, 2009 a été l’année de la réouverture de différentes brigades et détachements militaires, comme celui de Playa Grande en Ixcán, qui n’avait plus été en service depuis la fin du conflit armé. « L’armée au service de l’humanité » (3), selon les propres mots de Président, aura donc à charge de protéger plusieurs départements qui ont en commun le fait d’être sur le passage de la « Frange Transversale du Nord », mégaprojet de communication routière qui reliera le Mexique à la côte Atlantique du Guatemala.

    Un autre détachement militaire est prévu à San Marcos et à Izabal, deux régions qui connaissent actuellement une augmentation conséquente de la conflictualité sociale, due à l’installation ou la continuation de projets d’exploitation des ressources naturelles.

    Remilitarisation du pays et criminalisation du mouvement social.

    Dans ce contexte, la remilitarisation du pays peut être vue comme une manière pour le gouvernement d’assurer ses arrières en cas d’aggravation des conflits sociaux. Cependant, les raisons officielles sont d’assurer la sécurité des citoyens et de lutter contre le narcotrafic. En outre, il est vrai que dans nombre de régions, la population demande la présence de l’armée pour maintenir l’ordre et la sécurité. Si cela peut sembler surprenant dans un pays qui a connu 36 ans de guerre civile et dont certains membres de l’armée sont accusés de crimes contre l’humanité pour génocide, la réalité est qu’une partie de la population a davantage confiance en l’armée qu’en la police considérée, à juste titre, comme une institution corrompue et inefficace.

    S’ajoute à cette remilitarisation du pays un autre moyen par lequel le gouvernement entend assurer et maintenir la « paix sociale », c’est l’instauration d’États d’urgence. L’État d’urgence est un recours exceptionnel par lequel un État entend répondre à une situation de danger immédiat et d’ampleur pour le pays. Il permet aussi de restreindre les libertés individuelles et constitutionnelles des citoyens, telles que : la liberté de réunion et de manifestation, la liberté d’expression, la liberté de mouvement, etc.

    Or, le président Colom fait un usage quelque peu différent de l’État d’urgence. Sous couvert de maintenir la sécurité et la gouvernabilité et de lutter contre le narcotrafic, Colom déclare et prolonge les États d’urgence à n’en plus finir. Ainsi, Coatepeque a été maintenu 8 mois sous État d’urgence, en raison du conflit entre la municipalité et les commerçants.

    A San Juan Sacatepequez en 2008, le gouvernement avait également utilisé cette stratégie pour « apaiser » le conflit social, en profitant pour arrêter plus de 80 leaders communautaires en résistance contre le projet de cimenterie « Cementos Progreso ». Enfin, l’exemple le plus récent est celui du département de San Marcos. Suite à des blocages de route en décembre dernier, Álvaro Colom a de nouveau usé de son pouvoir pour décréter l’État d’urgence dans tout le département. Prolongé tous les 15 jours depuis le 22 décembre, il est toujours en vigueur au moment d’écrire ces lignes.

    Les blocages de route à l’origine de ce décret étaient liés au conflit existant entre la population et l’entreprise espagnole Unión Fenosa dont la filiale, DEOCSA, est chargée de la distribution de l’énergie électrique dans le département. Depuis des années déjà, un mouvement de base d’ampleur revendique le droit à une gestion publique de la distribution électrique, à travers la création d’entreprises municipales. Les revendications portent également sur les mauvais services de l’entreprise et surtout, sur les tarifs pratiqués, jugés beaucoup trop élevés pour une population qui n’a souvent qu’une ampoule ou deux dans la maison. Cette lutte sociale a notamment été menée à travers l’arrêt des paiements des factures à l’entreprise. Ainsi à Malacatán, plus de la moitié des usagers ne paie plus ses factures à DEOCSA et tente de mettre en œuvre un réseau « pirate » de distribution.

    C’est à la suite d’une coupure générale d’électricité que les habitants de différentes localités de San Marcos ont commencé à protester et à occuper les axes routiers menant au Mexique, bloquant de ce fait tout le commerce entre les deux pays. Face à cette situation, la décision de l’exécutif a donc été de décréter l’État d’urgence. Pourtant, 15 jours après et alors que l’ordre était rétabli, l’État d’urgence est prolongé de 15 jours.

    C’est pendant ces 15 autres jours que sera assassinée Evelinda Ramírez Reyes, militante du FRENA et du CUC. Prise dans une embuscade alors qu’elle revenait d’une série de réunions sur le problème de Unión Fenosa à la capitale, l’État d’urgence n’a semble-t-il pas suffi à assurer sa sécurité. Par contre, il a bien empêché toute manifestation de la population pour protester contre son assassinat, qui montre pourtant tous les signes d’une exécution ciblée.

    Situation des défenseurs des droits humains en 2009.

    L’assassinat de Evelinda Ramírez débute tristement l’année 2010 pour les défenseurs des droits humains au Guatemala et ne présage pas de changements immédiats mais bien au contraire, montre que la tendance ne fléchit pas. Selon le dernier rapport de UDEFEGUA (4), 15 personnes ont été assassinées en 2009 pour le travail qu’elles effectuaient en faveur des droits du territoire, droits des peuples autochtones, droits économiques, sociaux et culturels. Au-delà des morts, 353 agressions ont été recensées contre des activistes, ce qui représente une augmentation de 36% par rapport à 2008. Le secteur le plus touché par les attaques est celui des activistes luttant contre l’impunité et pour la justice (91 attaques, soit une augmentation de 303% par rapport à 2008). Viennent ensuite les syndicalistes (augmentation de 255%) et les journalistes (augmentation de 358%).

    En outre, il est intéressant de noter que les défenseurs des droits politiques et civils et des droits économiques, sociaux et culturels sont victimes d’attaques et de menaces dans les mêmes proportions. Cela signifie une augmentation des attaques contre les personnes revendiquant les droits du territoire en défense des droits des peuples autochtones. Cela a été plus particulièrement vrai en 2009 dans quelques cas emblématiques de défense du territoire et lutte contre les mégaprojets.

    Alors que la situation ne s’est guère améliorée à San Juan Sacatepequez, dans le cas de la cimenterie de Cementos Progresos, la situation est également restée très conflictuelle à San Miguel Ixtahuacán, où opère la mine Marlin, de Montana Exploradora (filiale de Goldcorp). En plus de menaces contre les personnes impliquées dans la résistance à la mine, la criminalisation et les tensions sociales se sont accentuées, particulièrement après les événements de Saqmuj, en juin passé, suite auxquels a été émis un mandat d’arrêt contre Crisanta Peréz, déjà poursuivie dans l’affaire de la coupure électrique de l’entreprise. (5)

    Un autre cas d’ampleur a été l’assassinat, le 27 septembre dernier, de Adolfo Ich, maître d’école de la Unión (Izabal). Sa mort s’est produite lors d’affrontements entre les populations Q’eqchies et les membres de la sécurité privée de la Compagnie Guatémaltèque de Nickel (CGN), qui souhaite exploiter les gisements de la région et pour ce faire, déloger les habitants de leurs terres. Sa mort a provoqué la consternation et la révolte de l’ensemble du mouvement social guatémaltèque et a ainsi avivé un peu plus la conflictualité déjà très forte existante autour de ce projet.

    Enfin, un autre cas d’importance a été l’assassinat, le 24 octobre 2009, de Víctor Gálvez, leader du mouvement contre Unión Fenosa à Malacatán. Abattu en plein jour par plus de 30 balles, le cas n’a toujours pas avancé jusqu’à aujourd’hui. La mort récente de Evelinda Ramírez rappelle également que le mouvement reste menacé pour le travail effectué en faveur d’un service public de l’énergie. Cependant, l’État échappe une fois de plus à son rôle de protecteur de la population et préfère déclarer des États d’urgence.

    Dans le contexte de Malacatán, comme dans beaucoup d’autres endroits du Guatemala, le risque est que cette région se transforme en zone de non-droit dans laquelle puissent opérer librement des acteurs tels que les bandes organisées ou les narcotrafiquants, généralement en bonne entente avec des dirigeants politiques corrompus ou achetés. La présence de ces acteurs, si elle n’est pas nouvelle au Guatemala, tend à se généraliser et à s’étendre sur l’ensemble du territoire. Elle est sans aucun doute un défi pour toutes les organisations de droits humains travaillant dans le pays et qui doivent s’adapter à cette nouvelle configuration des pouvoirs locaux.

    Perspectives.

    Que l’on interroge telle ou telle organisation de défense des droits de l’Homme au Guatemala, une chose semble sûre : les perspectives de changement pour 2010 sont limitées. D’une part car il n’y a pas de signe réel d’une volonté politique de changement mais aussi, car 2010 est une année pré-électorale. Or, ces années-là sont réputées pour être particulièrement difficiles pour les défenseurs des droits humains et pour l’ensemble de la population en général.

    Un espoir reste permis avec le travail effectué par la Commission contre l’impunité au Guatemala (CICIG). Après sa réussite dans l’éclaircissement de l’affaire Rosenberg, la CICIG évalue les possibilités de se charger du cas de Víctor Gálvez et de Evelinda Ramírez, ainsi que d’autres cas d’assassinats de défenseurs. Cette perspective engendre évidemment de l’espoir pour les familles et les compagnons de lutte, puisque seule la CICIG semble à l’heure actuelle suffisamment indépendante et professionnelle pour mener à bien une enquête de ce type. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la CICIG a également des moyens limités et surtout, un mandat qui se termine dans un an et demi (6). Que restera-t-il alors si ce n’est un système de justice inopérant, dans ce pays où seuls 2% des crimes sont résolus ?

    C’est bien à l’État d’avoir une volonté forte de changement qui lui permette de mettre en oeuvre les mesures définies dans l’Accord National de Sécurité, afin de faire le ménage dans les différentes institutions de l’État et rétablir la confiance auprès de la population. UDEFEGUA, dans son dernier rapport, rappelle également l’importance que le gouvernement approuve l’institutionnalisation de l’Instance d’analyse des attaques contre les défenseurs de droits humains (7) ainsi que la création du Programme de protection des défenseurs des droits de l’Homme, aucun programme de ce type n’existant pour l’heure dans le pays. Cependant, à un an des élections présidentielles, il paraît peu probable que le gouvernement Colom change de cap, au risque de provoquer un échec et de remettre en cause la candidature (presque) annoncée de son épouse Sandra Torres, que certains sondages donnent déjà gagnante.

    Le travail de la société civile et de ses différentes expressions restera donc d’une importance capitale afin de réclamer les changements dont le pays a besoin et de peser dans les différentes décisions du gouvernement afin que la dernière année du mandat de Colom ne soit pas en vain et que puissent être mises en œuvre les mesures nécessaires pour la consolidation de l’État de droit au Guatemala.

    Cynthia Benoist Ici
    coordinatrice terrain du Collectif Guatemala
    http://collectif-guatemala.chez-alice.fr/

    (1) Alors que le nombre d’homicides en France oscille entre 700 et 1000 par an. Source : Ministère de l’Intérieur. Voir chiffres de la criminalité en 2009, http://www.interieur.gouv.fr/sectio...

    (2) http://www.pdh.org.gt/images/files/...

    (3) El Periódico, Presidente reabre brigada militar en Ixcán, Quiché. 3 décembre 2009. http://www.elperiodico.com.gt/es/20...

    (4) UDEFEGUA, Informe sobre situación de defensoras y defensores de derechos humanos-Violencia, respuesta a 10 años de lucha.

    (5) Voir la vidéo « La compagnie Gold Corp SA contre 8 femmes Mayas ». 7 mn20. http://www.youtube.com/watch?v=03lB...

    (6) Le mandat de la CICIG termine officiellement le 4 septembre 2011.

    (7) L’Instance d’analyse des attaques aux défenseurs de droits humains, avec l’Unité des droits humains de la DINC (Département d’enquête de la Police Nationale Civile-PNC) travaillent notamment pour améliorer et rendre effective la coordination entre le Ministère de l’Intérieur, la PNC, la Direction Générale du Renseignement Civil (DIGICI), la société civile, le Bureau du Procureur Général et la communauté internationale.


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