• CHILI Déforestation – Des citoyens autochtones luttent contre les multinationales. Une question de survie.

    CONTRE LE BAILLON ANTIMAPUCHE DES MEDIAS : 32 prisonniers mapuche en grève de la faim (44èmejour)

     
     
    Des citoyens autochtones luttent contre les multinationales. Une question de survie, pour le bien commun.
     
    Le lundi 23 août à 9H00, heure du Chili (16H00, heure de Paris), l’organisation  » Mapuche Ta Inchiñ Nation Mapuche  » a occupé les locaux de la Radio Bio Bio de Santiago et a aussitôt émis des communiqués, trente minutes après le début de l’action.
     
    Un journaliste sportif de la radio envoya des commentaires par Twitter en affirmant que les journalistes et les employés étaient enfermés dans une salle des locaux. Les indiens en costumes traditionnels, ponchos et portant des drapeaux noirs, cadenassèrent les portes en empêchant tout accès et sortie. Le journaliste Miguel Cajas a signalé que les indiens gardaient une attitude calme, malgré le grand bruit qu’ils faisaient en criant dans un mégaphone leurs demandes et en jouant de leurs instruments indigènes (vents et percussions).
     
    Pendant ce temps, d’autres autochtones (hommes et femmes) restaient en dehors de l’immeuble et avaient accroché sur les portes d’entrée à la propriété, des affiches où l’on pouvait lire des phrases faisant allusion aux prisonniers politiques Mapuche en grève de la faim depuis le 12 Juillet, dans les prisons des différentes régions du pays.
     
    L’acte désespéré des Indiens, qui ne sont pas violents, est due au silence observé par les médias du Chili, -autocensure ou contrainte gouvernementale ?-, destiné à étouffer le drame vécu par les communautés indiennes du sud du pays.
     
    La prise de la Radio Bío-Bío (FM), affecte une importante chaîne radiale née en 1966 dans la ville de Concepción au sud du Chili, dont le développement a impliqué très rapidement son extension à Temuco, Osorno et Puerto Montt en 1990. La station a ouvert son siège à Santiago en 1997, et possède une grande puissance qui lui permet de couvrir aujourd’hui le 98% du pays. Elle se vante de son indépendance politique, religieuse et économique.

    Le réseau dispose d’une station phare située à Lonquimay, destinée à servir d’abord les habitants autochtones de la région. Sous la devise de servir toutes les personnes de façon égalitaire, la radio a presque un demi-siècle d’activité.


    L’OCCUPATION :
    Une « Déclaration publique » adressé au Peuple-Nation Mapuche, à ses correspondants, aux médias et à l’opinion publique du Chili et à l’étranger, a été envoyé dès le début de l’occupation.
    La déclaration dit que le seul but de l’action est la fin de « la censure imposée aux communications » touchant la grève de la faim qui font en ce moment 32 prisonniers politiques Mapuche depuis le 12 Juillet.

    Le groupe estime que si les médias ne diffusent pas à propos des difficiles conditions entourant les emprisonnements controversés et arbitraires qui subissent les captifs, c’est parce qu’elles sont censurées. C’est pour cela qu’ ils appellent à mettre un terme à l’écran de déni sur ce qu’ils sont en train de vivre dans un silence journalistique presque absolu.

    Nous lisons : « Nous exigeons que les médias chiliens, les chaînes de télévision, radios, journaux, etc. mettent fin à la dissimulation des informations relatives aux prisonniers politiques Mapuche et à la négation des faits qui influent sur le droit légitime à l’information. »

    L’action traduit également les principales revendications des prisonniers en grève de la faim. Elles concernent la démilitarisation des territoires habités par les communautés indigènes, où il y a des détachements armés, bataillons des forces de répression qui attaquent les habitants à la mitraillette et toutes sortes d’explosifs anti-manifestations.

    Ils mènent aussi des perquisitions abusives au cours desquelles ils détruisent le matériel et les outils de travail dont les agriculteurs roturiers ont besoin pour survivre. Au cours de ces opérations les bataillons tirent fréquemment des balles réelles au corps, tuant des manifestants indiens comme des lapins. Les actions judiciaires pour punir ces bavures sont condescendantes avec effronterie. Par exemple, dans ces jours-ci, le meurtrier du jeune Matías Catrileo étudiant en architecture (21 ans), identifié par sa prise de position à faveur de son groupe ethnique, a été condamné à trois ans et un jour de liberté surveillée, malgré que la défense a démontré qu’on lui avait tiré dans le dos lorsqu’il manifestait en hurlant, habillé en T-shirt, sans arme et que ses actes ne montraient aucune violence.
     
    Le groupe qui occupe la radio demande la libération de tous les prisonniers politiques mapuches, et dit que leur lutte est destinée à dénoncer l’usage indiscriminé de la Loi Anti-terroriste de Pinochet, qui leur est appliquée sans fondement. Ils déclarent être soumis à la double peine, c’est-à-dire, les prisonniers mapuches sont inculpés à la fois par la justice civile et par la justice militaire et sont condamnés à deux reprises.

    Tous ces procédés arbitraires font qu’une personne peut être condamné à plusieurs années de prison, pour avoir empilé et mis le feu à des pneus et des fagots sur un chemin rurale, où passe un véhicule une fois par jour.

    Le groupe d’activistes mapuche a pris avantage de l’occupation de la radio, pour mettre en avant les revendications de la nation mapuche, qui mettent en cause les actions de la République du Chili sur des terres qui ne lui appartiennent pas et dont le retour est revendiqué par les Indiens. Ces terres sont en effet, les terres de ces habitants depuis le commencement du monde et n’ont jamais été cédées à l’État chilien par les leaders naturels des peuples indiens.

    C’est pourquoi les Indiens ne comprennent pas ce qu’ils font dans leur pays Mapuche, et les entreprises chiliennes et les sociétés transnationales installées avec l’autorisation de l’État chilien qui occupe leurs terres.

    Le conflit est une longue histoire d’occupation abusive des territoires indiens. Les Mapuche protestent et l’État chilien les condamne en tant que terroristes. C’est pourquoi, ils se déclarent prisonniers politiques d’un pouvoir illégitime d’occupation. Et ils se disent « séquestrés » par les troupes d’occupation chilienne qui les a mis en prison.
     
    Le groupe qui a pris la radio exige :

    1) L’autonomie et l’autodétermination de nos territoires.
    2) l’expulsion immédiate des entreprises nationales et transnationales installées sur les terres mapuches.
    3) des peines de prison ferme pour les meurtriers de Matías Catrileo (21 ans) et de Jaime Mendoza Collio (17 ans).
    Ils déclarent attendre des réponses urgentes de l’État chilien et le tiennent pour responsable de la grève de la faim des « peñi » (frères) qui arrive maintenant à 44 jours.
    Ils exigent la libération de tous les prisonniers et disent qu’en vérité ils ont été effectivement enlevés dans les prisons chiliennes. Le communiqué est signé par l’organisation « Mapuche Ta Inchiñ Nacion Mapuche »
     
    © Ximena Gautier Greve. correspondant Mapuche à Paris.
    Reproduction autorisée.

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  • Deux mondes, deux éthiques: individualisme contre solidarité
    Deux 
mondes, deux éthiques: individualisme contre solidarité

    Enrique Ubieta Gómez
    La isla desconocida
    Source en espagnolhttp://la-isla-desconocida.blogspot.com/2010/08/dos-mundos-dos-eticas-individualismo-vs.html
    Traduction : Raymond Muller – ASC-Ge

    Ce fut la présentatrice du programme de CNN +, je m’en souviens, qui m’a lancé la question piège: mais, les êtres humains, ne sommes nous pas les mêmes partout? Elle ne se référait pas, bien sûr, à des sentiments universels comme l’amour ou la haine, mais à la manière de comprendre des valeurs sociales, indéniablement historiques, comme celle de la liberté. Nous parlions alors de projets de vie essentiellement opposés: ceux engendrés par le capitalisme, et le socialisme (au moins, en tant qu’idéal). Au cours du débat que nous eûmes dans le programme 59 secondes de la Télévision Espagnole, le représentant du PSOE, face à l’évidence de que pour des délits semblables – réception d’argent d’un pays étranger pour la subversion interne, pacifique ou pas -, la justice espagnole prévoit des sanctions même plus dures que les cubaines, se réfugia derrière un argument qui réduisait toute possibilité de discussion : « Mais Cuba n’est pas un Etat de droit!». La phrase, cependant, peut s’accepter avec une addition qui modifie son sens : Cuba n’est pas un Etat de droit bourgeois (mais si un Etat de droit). La relation entre les valeurs – toujours historiques -, socialement acceptées et la jurisprudence est évidente: les lois d’un pays ratifient ses valeurs morales, ou alors elles sont lettre morte. 

    Je me sers de ces exemples pour expliquer l’autisme et l’aveuglement programmatiques des transnationales de médias (et des politiques du système, roses, verts ou bleus) au sujet d’une quelconque alternative d’organisation sociale: le capitalisme n’accepte pas l’existence d’autres formes de vie, à moins que ce soit une manifestation de barbarie (ou d’illégalité). Le fait de ne pas l’accepter fait partie de son instinct de survie. Dans de nombreux pays où se réalise la collaboration médicale cubaine, le Collège Médical local (une organisation corporative) la considère illégale. Pourquoi? Les cubains vont dans les zones les plus reculées et/ou dangereuses, ils ne reçoivent qu’une rétribution minime, ils vivent avec les habitants les plus pauvres en partageant leur conditions de vie. Une situation absolument subversive. Pour tout observateur impartial et surtout pour les habitants favorisés, ce qui est un droit et un acte de solidarité élémentaire apparaît comme étant une rupture de la « légalité » capitaliste.

    Le 16 août dernier, The Wall Street Journal, dans un article de María C. Werlau intitulé « Le programme cubain de médecins pour de l’argent », accuse Cuba d’exploiter ses professionnels de la santé. 

    L’accusation formulée semble inouïe, mais elle est cohérente avec une légalité (et une morale) qui priorise l’enrichissement du médecin – son intérêt exclusif en tant qu’individu – par-dessus le besoin du patient, c'est-à-dire l’intérêt collectif. Une priorité inhérente à un système qui stimule, en tant que moteur incitatif, l’individualisme le plus décharné. L’auteure considère que l’internationaliste cubain est obligé « de travailler pendant des journées extrêmement longues dans des zones dangereuses, et même dans des zones urbaines avec des taux élevés d’indices de crimes, et dans la forêt». Et en revanche il ne reçoit pas le salaire que les médecins locaux exigeraient. En conséquence, c’est un « esclave moderne ». Werlau évalue le comportement d’un internationaliste selon les règles convenues pour un médecin du système: la rupture de ces règles est expliquée – elle peut s’expliquer seulement – en termes de déviance délictueuse. L’internationalisme, la solidarité, sont des crimes parce qu’ils portent atteinte à l’éthique de l’individualisme. Werlau ne peut pas (ni ne veut, bien sûr) se mettre dans la peau d’un internationaliste; elle ne conçoit pas d’autre motivation humaine qui ne soit l’argent, ni croit que l’humanisme puisse devenir un but de réalisation personnelle. Elle fait mention du témoignage de médecins qui ont déserté sous l’influence d’une campagne médiatique – et l’octroi de facilités exceptionnelles pour l’émigration et l’établissement aux Etats-Unis – fabriquée pour leur insuffler les valeurs de l’individualisme. Bien qu’elle mentionne un chiffre (je ne prends pas la peine de le vérifier) de 1'500 déserteurs, elle affirme plus haut que Cuba a maintenu à l’extérieur l’année dernière un total de 38’544 professionnels de la santé. C’est un chiffre dérisoire si l’on tient compte du fait que les valeurs de l’individualisme sont prédominantes dans les pays où les cubains prêtent leurs services. 

    Hier Fidel a reçu la brigade médicale, qui recensait et s’occupait en Bolivie de personnes handicapées de maigres ressources, et qui arrivait à Cuba pour de brèves vacances. Dans son message de bienvenue il expliquait quelque chose que les corporations de presse et les politiciens du capitalisme ne pourraient jamais accepter, parce qu’ils accepteraient en fait la possibilité et la nécessité d’un monde meilleur, nécessairement anticapitaliste. « Les personnes dont vous vous occupez, porteuses de nombreuses souffrances, vous rétribuent avec le bonheur de faire le bien, quelque chose qui ne s’achète pas avec tout l’or du monde. Ceci démontre que l’être humain, au delà de ses instincts, est capable de se convertir en un symbole de générosité et de bien.

    Personne ne pourra expliquer d’une autre façon l’infatigable combat de vous tous, affrontant la chaleur, la pluie et les dangers; traversant des bois et des marécages, défiant le froid et les neiges de montagnes élevées, pour venir en aide à ces êtres humains qui ne pourraient se passer de vous, comme vous aujourd’hui ne pouvez déjà vous passer d’eux 
    ». 

    Dans deux semaines ces internationalistes voyageront en Equateur pour continuer le travail qu’ils ont réalisé au Venezuela et en Bolivie. Mais The Wall Street Journal et la Werlau continueront sans voir, sans écouter, sans co
    mprendre. 


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  • Chavez n’est pas disposé à céder à Washington

    Le président vénézuélien réitère son refus d’accréditer le nouvel ambassadeur américain à Caracas, lui reprochant de s’être immiscé dans les affaires intérieures de son pays.

    Simple péripétie diplomatique entre Caracas et Washington ou nouvelle tentative de déstabilisation américaine du Venezuela à l’approche des élections de la fin septembre ? Hugo Chavez a renouvelé lundi son refus d’accréditer Larry Palmer, le diplomate désigné par les États-Unis pour le poste d’ambassadeur à Caracas. Il a en outre prévenu qu’il serait expulsé si l’impétrant venait à prendre son poste au Venezuela.

    Le président vénézuélien, dans une interview diffusée par la chaîne de télévision publique VTV, a estimé « impossible » que Palmer, qui fut au début des années 2000 ambassadeur au Honduras…, puisse assumer le poste d’ambassadeur à Caracas, lui reprochant de s’être prononcé sur la situation intérieure de son pays.

    Avant de valider sa candidature début août devant une commission du sénat américain, Palmer avait estimé que le moral des Forces armées vénézuéliennes était « bas » et il s’était dit « convaincu » de la présence de camps des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) sur le sol vénézuélien. Cette accusation, immédiatement condamnée par Chavez, avait été également formulée par Bogota et avait abouti à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays jusque’à la prise de fonctions du nouveau président colombien, Juan Manuel Santos, le 7 août dernier.

    Hugo Chavez a demandé à Barack Obama de « chercher un autre candidat » pour la représentation américaine à Caracas. « Il ne peut pas venir comme ambassadeur. Il a rompu lui-même les règles de la diplomatie. Il ne peut pas venir ici », a-il dit la semaine dernière. De son côté Washington a déclaré partager les « préoccupations » de son diplomate, tout en précisant qu’il n’avait pas interféré dans les affaires internes du Venezuela.

    Ce que visiblement le président Chavez a du mal à croire, compte tenu du lourd passif de l’administration américaine à l’égard du Venezuela. On se souvient de la tentative de putsch de 2002 où l’ambassade américaine avait apporté un soutien politique appuyé à Pedro Carmona, le futur chef de la junte, ou encore du travail de sape entrepris dans la zone pétrolière de Zulia tout près des îles d’Aruba et de Curaçao, dont les bases militaires américaines ont vu leurs effectifs renforcés.

    Bernard Duraud ici


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  • Chili : grosse opération "anti-terroriste" contre le mouvement anarchiste

    Samedi matin 14 août 2010, s’est déchaînée une grosse opération des services anti-"terroristes" (GOPE, LABOCAR, Inteligencia de Carabineros) contre le mouvement anarchiste et anti-autoritaire. Cela faisaient des mois que les médias et les politiciens de droite comme de gauche battaient le rappel contre le mouvement.

     


    Officiellement, cette longue série de perquisitions et arrestations menées par le procureur spécial Alejandro Peña (qui centralise les enquêtes sur les attaques anarchistes) visait les auteurs présumés de 23 de ces attaques incendiaires et explosives revendiquées à Santiago ces derniers mois ("Caso Bombas" comme pouvoir et médias nomment cette enquête). Lors de la conférence de presse qui a suivi, le procureur a avancé comme "preuves" déterminante d’imaginaires traces de TNT sur les mains et vêtements (ils sont forts dans les labos chiliens !) de trois des quatorze arrêtés, ce qui impliquerait six d’entre eux dans les attaques.

    Les deux premières perquisitions à Santiago se sont déroulées au squat La Crota (situé Santa Isabel #380), où 6 personnes ont été arrêtées. Ce fut aussi le tour en même temps du Centre social occupé Sacco y Vanzetti (situé Santo Domingo #2423).

    A la même heure ont été perquisitionnés deux appartements à Cerro La Virgen (Valparaíso), mais aussi le Centre social Jonny Cariqueo de Pudahuel (El Cobre #8793), en banlieue de Santiago.

    Parmi les arrêtés, outre plusieurs compagnons anarchistes bien connus, on retrouve plusieurs ex-Lautaristas (du groupe de lutte armée post-mao Mapu Lautaro, dissous dans les années 90). Les 14 arrêtés ont été transférés pour la plupart au 33e commissariat de Ñuñoa avant d’être conduits devant la 11e Juzgado de Garantía de Santiago. Les accusations vont d’association terroriste ("Asociación ilícita terrorista") à attaques explosives ("Colocación de Artefacto explosivo").

    Cette opération très démocratique [1], est un coup spectaculaire orchestré contre une partie du mouvement anarchiste à grand renforts de médias, comme on l’a déjà vu dans d’autres pays ces dernières années (Grèce, Italie, Espagne). Mais qui y-a-t-il d’incroyable, pourtant, que face à une multiplication d’attaques en tous genre et dans un contexte chilien de guerre sociale intense, l’Etat, cherchant des coupables, va comme d’habitude les chercher chez les parties du mouvement les plus visibles (squats et ex-de la lutte armée) et surtout les plus déterminées et cohérentes dans leurs idées ?

    C’est maintenant aussi à la solidarité de briser leur isolement provisoire, et de démontrer que la lutte continue avec feu, joie et explosions... de rage.

    Aucunes perquisitions ni arrestations n’arrêteront la guerre sociale !

    Les arrêtés seraient :

    - Pablo Morales Furiman : Ex lautarista. Arrêté au squat La Crota.
    - Rodolfo Retamales Leiva : Ex lautarista.
    - Omar Hermosilla Marín
    - Andrea Urzúa Cid : Suspectée en 2008 d’avoir voulu faire entrer de la TNT dans la prison de haute sécurité, où se trouvaient incarcérés les ex-lautaristas Marcelo Villarroel et Freddy Fuentevilla (en préventive, accusés du braquage de la Banco Security en 2007, où un flic a trouvé la mort).
    - Felipe Guerra Guajardo
    - Cristian Cancino Carrasco
    - Carlos Riveros Luttgue
    - Camilo Pérez Tamayo
    - Iván Goldenberg González : Arrêté à Valparaíso. Les flics affirment que le flingue que portait Mauricio Morales (jeune anarchiste qui a sauté avec sa bombe en 2007, voir Peste noire), était à Iván.
    - Candelaria Cortés-Monroy Infante
    - Francisco Solar Domínguez
    - Mónica Caballero Sepúlveda

    Deux autres n’ont pas encore été identifiés.

    14 août 2010 : "preuves" exhibées lors de la conférence de presse quelques heures après les perquisitions :

    Brèves du désordre et autres. Ici

    Notes

    [1] Et non pas proto-fasciste comme le proclament les pleureuses habituelles (dont ce texte repris par Jura Libertaire qui parle de "Gestapo" et "pinochettisme", tout en autocentrant la répression sur... les médias alternatifs !!).


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  • Bolivie

     

    Potosí : grève générale, blocages de routes… rebellion sociale contre gouvernement de gauche

    Au cœur de l’été, nous avons été “informés” par la presse d’un conflit en Bolivie par le seul fait que quelques dizaines de Français s’y sont trouvé bloqués (“otages”) pendant plusieurs jours. Quant aux raisons de ce conflit, rien n’a filtré. Déjà que les luttes sociales en France ne font pas la une des médias, alors un obscur conflit dans l’altiplano andin…

    La ville minière de Potosi, au sud de la Bolivie, située à 4100 mètres d’altitude (une des plus haute au monde), est paralysée depuis le 29 juillet par un conflit social d’une très grande ampleur.

    Le conflit a été déclenché à cause d’un tracé des frontières séparant les départements d’Oruro et de Potosí. Jusque là, cela n’avait jamais été un problème. Mais la découverte récente d’un gisement de calcaire dans le cerro (montagne) Pahu a été l’élément déclencheur d’une mobilisation des divers secteurs sociaux et politiques de la ville et de la région. Cette découverte pourrait en effet entraîner la création d’une usine de ciment pour une durée de 40 ans. Pour les potosinos, le gisement correspond à la commune de Coroma, située dans leur département. Pour les oruroreños, il est situé sur la commune de Quillacas. L’enjeu d’autant plus important si l’on sait que cette montagne pourrait aussi receler divers minerais, on parle d’or, de lithium, de cuivre et d’uranium.

    Devant l’absence d’intervention du gouvernement national à leur demande, les potosinos ont élaboré une liste de revendications et ont initié un mouvement de grève : grève générale avec piquets, jeûnes volontaires, blocages des axes de communication.

    Ils exigent la délimitation définitive entre Quillacas et Coroma et que l’usine de ciment soit installée sur la commune de Coroma (Potosi).Ils demandent également la préservation du Cerro Rico, la “montagne d’argent”, l’emblème de Potosí. Après des siècles de fouilles et de percements de kilomètres de galeries, cette montagne serait sur le point de s’effondrer. Les mineurs ont proposé de combler les galeries avec du béton. Une autre demande des grévistes est la remise en service de l’usine métallurgique de Karachipampa. Elle a été exploitée jusqu’en 2008 par la société canadienne Atlas Precious Metals qui a ensuite décidé de la désactiver. Selon le gouvernement national, une autre société pouvant la faire fonctionner serait recherchée. Mais, si aucune société capitaliste n’était trouvée, les manifestants disent qu’il faudra alors que l’Etat se charge directement de l’exploitation de cette usine.

    Les manifestants, réunis au sein du Comité civique de Potosí (Comcipo), regroupant 28 organisations, réclament en outre la construction d’un aéroport international, comme Morales a promis d’en créer un dans la ville touristique d’Uyuni, près du fameux désert de sel situé à 150 Km de là, dans le même département. Ils demandent également la création de nouvelles routes et que les travaux en cours soient terminés rapidement.

    « Ce n’est pas un problème de fond mais de rythme. Il y a certaines revendications qui nécessitent du temps pour rechercher des financements et analyser les meilleures solutions », a déclaré le vice-président Alvaro Garcia Linera, à propos des revendications en six points présentées par les grévistes.

    Felix Gonzalez, gouverneur de Potosí et membre du parti gouvernemental Mouvement vers le socialisme (MAS), a rejoint la grève de la faim pour exiger que le gouvernement de son parti prête attention aux revendications. A La Paz, les députés du MAS de ce département et des autres partis se sont joints il y a une semaine à cette exigence de l’ouverture d’un dialogue.

    Environ 1200 habitants ont initié une grève de la faim. Pour mieux se faire entendre, ils n’ont pas hésité à bloquer les routes principales, celle qui relie l’Argentine au sud via Tarija, et celles conduisant au reste du pays (Sucre et La Paz). La voie qui mène à l’aéroport est également bloquée elle aussi, par d’énormes pierres qui interdisent le passage.

    Les grèves de la faim se sont progressivement étendues dans tout le département de Potosí mais aussi en dehors comme à Sucre, La Paz, Cochabamba, Santa Cruz et Tarija où résident de nombreux boliviens originaires de Potosí. Ces derniers jours enfin, des signes de solidarité ont commencé à se faire jour, en particulier depuis Santa Cruz et le département méridional de Tarija.

    Dès le début du mouvement, les membres du Comcipo ont demandé que le Président se réunisse avec eux. Mais comme rien de cela n’est arrivé, ils ont refusés de négocier avec ses ministres. Par deux fois, ils ont planté là les membres du gouvernement et des représentants d’Oruro, qui s’étaient accordés entre eux pour que des pourparlers aient lieu dans des villes neutres.

    La fermeté des potosinos s’est exprimée lundi dernier (9 août), lorsqu’ils ont empêché l’atterrissage d’un hélicoptère loué par l’ambassade de France pour récupérer quatre touristes malades ressortissants de ce pays. A ce moment là, il y avait environ 60 européens retenus dont 40 français.

    A partir de là, les ministres du gouvernement ont convenu de se réunir à Potosí, à condition que les moyens de pression cessent. En parallèle, la question de la frontière serait discutée dans la ville de Sucre, l’une des deux capitales de la Bolivie.

    Dans tout Potosí, il y a maintenant pénurie de nourriture et de carburant. La région est totalement isolée du reste du pays. Tout est paralysé, fermé. Les entreprises coopératives des mineurs sont en grève totale. Chaque jour, la population se bat dans les marchés pour voir qui pourra acheter en premier les dernières choses qui restent. Hier, les dirigeants de la grève ont permis aux entreprises, aux commerces, aux marchés et aux banques d’ouvrir pour une demi-journée. Mais les routes interdépartementales restent fermées, de sorte qu’il est impossible d’obtenir des produits comme la viande ou du lait. Quelques motos et autre véhicules à deux roues parviennent à se faufiler entre les blocs de pierres répandus sur les chaussées.

    Avant de partir pour Sucre (deuxième capitale du pays), les dirigeants du Comcipo ont averti qu’ils ne négocieront pas les frontières d’Oruro. Ils feront uniquement des exposés scientifiques démontrant que la montagne calcaire est de Potosi.

    De leur côté, le gouverneur et les élus d’Oruro ont présenté un document dans lequel ils se plaignent que « notre département subit des empiétements constants par les membres de la commune de Coroma » et ont averti que « face à cette situation de conflit, les orureños affirmons que jamais nous ne renoncerons à notre souveraineté territoriale, et donc que nous assumerons une défense intransigeante du territoire de notre département. »

    Mercredi soir, les discussions se poursuivaient. Pas les négociations.

    Réunis en conseil consultatif, les représentants des 28 organisations sociales du Comcipo ont précisés que le mouvement se poursuivait : grève générale, jeûnes volontaires, blocage des routes. Ils ont également affirmé que si leurs 6 demandes n’étaient pas prises en compte, ils radicaliseront leur mouvement. Par différents moyens. Une marche sur la capitale La Paz et aussi par la prise des installations de l’entreprise minière San Cristóbal (filiale de la japonaise Sumitomo) pour exiger la nationalisation de cette entreprise aux mains d’une multinationale conformément à l’ “agenda d’Octobre” (plate-forme revendicative du mouvement social de l’automne 2003, lorsqu’un soulèvement populaire expulsa du pouvoir le président d’alors Gonzalo Sánchez de Lozada) [1] Ce conflit autour de l’entreprise San Cristóbal, dans un contexte où les prix des minéraux n’ont cessé de grimpés, se joue alors que cette même entreprise Sumitomo s’est allié avec Mitsubishi dans un projet commun d’exploiter le lithium présent dans le désert de sel de Uyuni. [2] Le lithium fait partie de ces « métaux du futur », servant à la fabrication des piles et des batteries de tout instrument électronique, téléphones portables, ordinateurs, voitures électriques… D’après les estimations, les gisements du Salar de Uyuni représenteraient 50% de réserves connues de ce précieux minerai. Les enjeux financiers sont donc considérables.

    Les bases d’appui à Morales se rebellent

    Ce conflit de la région de Potosí est représentatif de la situation explosive que vit le pays. Parce qu’il est un symbole de tout un ensemble de conflits latents ou ouverts qui tiennent au caractère même du pays. D’abord parce que cette région minière, un des symboles du passé colonial, a fait la fortune des conquistadores grâce à l’exploitation des célèbres mines d’argent de la « montagne riche » (Cerro rico) qui domine la ville. Mais si la montagne a été et continue à être riche, si Potosí a pu être considéré comme le plus grand complexe industriel du monde au XVIe siècle, ces richesses ne sont jamais allé dans les poches des mineurs indigènes qui vivent dans une des régions les plus pauvres de Bolivie. L’arrivée d’Evo Morales au pouvoir a éveillé un immense espoir consécutif aux grands mouvements sociaux qui ont secoué le pays (guerre de l’eau, puis guerre du gaz). Mais cette ascension a été aussi le signe que les populations amérindiennes, majoritaires dans les hauts plateaux andins, étaient en train de prendre progressivement le pouvoir dans le pays, au niveau local, dans les provinces et les départements. Et que ce pouvoir « par en bas » se met en place à travers des mobilisations, par la vitalité de processus autonomes d’organisations communautaires, parfois en conflits les unes (ayllus) avec les autres (syndicats), en conflit avec les formes d’administration instituées et les élites dirigeantes [3] et aussi par l’incorporation de ces communautés dans les instances locales et régionales du pouvoir politique.

    Aujourd’hui, ce pouvoir « par en bas », base électorale du MAS (qui a recueilli 67% des votes dans le département de Potosí en 2009), s’oppose frontalement à celui des élites, des institutions de l’Etat et du gouvernement d’Evo Morales sur les propres promesses de ce dernier, notamment en matière de défense des ressources naturelles, de réindustrialisation du pays sous le contrôle de la population (par nationalisation ou par tout autre moyen).

    Depuis quelques semaines, ce sont les bases d’appui au gouvernement qui commencent à se rebeller.

    En juin dernier, des centaines d’indigènes de la partie la plus orientale du pays, de la région des basses terres de Trinidad (département du Beni) se sont rassemblés avec l’intention de réaliser une marche de 1500 Km jusqu’à La Paz. Ce projet était soutenu par deux des 5 grands mouvements indigènes de Bolivie qui avaient soutenu le gouvernement pendant l’assemblée constituante en 2006, notamment la Confédération des Peuples Indigènes de Bolivie (CIDOP). Le gouvernement a réussi à empêcher le déroulement de cette marche en lançant une campagne de diffamation contre ces mouvements, en les accusant d’être soutenus par la droite et les yankees de l’USAID, en mobilisant des mouvements indigènes loyaux, notamment quelques syndicats de cocaleros du Chapare (région d’où est originaire Evo Morales) devenus fonctionnaires, contre eux. Et aussi en envoyant des émissaires négocier directement avec certaines bases régionales de la CIDOP et en cooptant quelques dirigeants locaux.

    La marche s’est arrêtée au bout de quelques jours mais la fracture du gouvernement avec une bonne partie des amérindiens des zones orientales est maintenant totale (et au passage, 8 députés de ces régions ont rompu avec le MAS)

    Autre problème auquel doit faire face ce gouvernement : la défection/opposition d’un des secteurs les plus combatif de la société bolivienne. En juin 2010 également, la FEJUVE (Fédération des conseils d’habitants) de El Alto, la très puissante organisation des résidents de l’immense banlieue populaire de La Paz, a émis un document extrêmement critique sur la situation du pays. Ce “Manifeste Politique du XVIè congrès” déclare en effet que « malgré le fait d’avoir un président indigène comme Evo Morales, l’État est toujours régi par l’oligarchie criolla [descendants des colons] » et qu’il « continue de maintenir le système économique capitaliste et le système politique néolibéral ». Le peuple pauvre continue à être « politiquement dominé », « économiquement exploité » et « racialement et culturellement marginalisé ».

    Plus grave encore. « Le gouvernement du MAS, après son entrée en fonction, a seulement utilisé les secteurs indigènes et populaires pour ses campagnes politiques, mais ceux-ci restent exclus des décisions politiques et ne sont utilisés par le gouvernement que se légitimer et se hisser au pouvoir ». La FEJUVE, tout en appuyant la marche des peuples de la zone orientale, exige en outre que le gouvernement n’intervienne pas dans les organisations sociales, et qu’il il y ait un changement dans la conduite du vice-président Alvaro Garcia Linera et de son entourage, définis comme des « ennemis de la classe paysanne et autochtone » [4].

    Rappelons que la FEJUVE n’est pas n’importe quelle organisation : elle a été l’une des principales protagonistes de la guerre du gaz en 2003 qui provoqué la chute de Gonzalo Sánchez de Lozada, président criollo de la droite néo-libérale de l’époque.

    L’enjeu des luttes indigènes Les conflits actuels en Bolivie, comme en Equateur, comme dans d’autres régions où des populations indigènes ont décidé de ne plus se laisser faire sont marqués par des enjeux à la fois économiques et par des questions de pouvoir, de souveraineté, et sur la manière de concevoir l’exercice du pouvoir.

    D’un côté, les Etats qui déclarent accorder des droits aux populations indigènes, ne transfèrent aucun pouvoir à ces communautés et ne font que déconcentrer le pouvoir central parmi les différents échelons situés entre le gouvernement central, les mairies et les régions, reproduisant ainsi la logique des privilèges, mécanismes qui depuis l’époque coloniale ont été les espaces de production et de reproduction des élites locales. Pour les gouvernements dits progressistes qui se revendiquent d’une nouvelle citoyenneté, celle-ci suppose qu’il y ait « une adéquation subordonnée du plurinational aux nécessités fonctionnelles des institutions de l’Etat. » [5] C’est ainsi que l’on voit surgir maintenant, depuis les cercles dirigeants du gouvernement, des thèses “jacobines” niant les droits des nationalités au nom de l’égalité citoyenne dans un pays où tous les mouvements indigènes (qui forment la majorité de la population) et les organisations sociales s’accordent sur le caractère plurinational de la société…

    De leur côté, les mouvements indigènes s’opposent au cadre établi par l’Etat-nation et ne se satisfont pas de simples déclarations sur le caractère plurinational de l’Etat. Le processus de récupération du pouvoir politique à travers l’autonomie, l’exercice de formes de souveraineté sur des territoires et des ressources, c’est l’exercice d’un autre pouvoir, d’ « en bas », mais aussi une modification qualitative de celui-ci par des pratiques plus égalitaires, plus collectives, participatives, autogestionnaires. Rafael Bautista voit dans le plurinationalité un élargissement des espaces de décision, un élargissement du pouvoir. « Le plurinational ne veut pas dire la somme quantitative de ses acteurs, mais le mode qualitatif d’exercer les décisions : nous sommes effectivement pluriels quand nous agrandissons le cadre des décisions ».

    D’un côté, la logique des Etats dits progressistes consiste à vouloir modeler la société à partir de lui et donc à multiplier les médiations nécessaires (la décentralisation) entre lui et la société pour rendre effectif cette transformation et se maintenir selon les canons de l’Etat colonial ou « seigneurial »

    La logique des mouvements sociaux et amérindiens est au contraire d’élargir sans cesse les sphères de leur propre pouvoir, de faire vivre le caractère plurinational de la nation dans des processus d’autonomie et d’autogouvernement, et donc par voie de conséquence d’affaiblir, de fissurer le pouvoir et la légitimité de l’Etat, en exerçant une pression permanente qui a pour conséquence de modifier son caractère. Reprenant le slogan des zapatistes, Rafael Bautista dit que l’Etat « paternaliste » ne sait que donner des ordres ; il « commande en commandant, il ne commande pas en obéissant ».

    « Les peuples autochtones, qui ont créé de nouvelles conditions pour leur liberté, ne vont pas continuer à tolérer la marginalisation politique. Ils savent que les Etats ont besoin d’exploiter leurs ressources naturelles pour régler leurs dépenses. Mais ils savent aussi que cette logique conduit à la destruction. C’est pour cela qu’il se sont mis en marche : parce qu’ils ont eu la force de freiner le néolibéralisme et maintenant ils ne veulent pas laisser passer cette opportunité. » [6]

    Conflit dans l’impasse

    Jeudi 12 août, le conflit semble dans l’impasse. Morales et trois de ses ministres se sont lancés dans une guerre verbale contre les dirigeants du mouvement potosino. Pour Morales, ce sont des « groupes de la droite et des néolibéraux » qui utilisent des revendications régionales pour conspirer contre le gouvernement. La délégation de Potosí a quant à elle déclaré qu’elle mettait la présence de Morales à Sucre comme condition préalable à l’ouverture de négociations.

    Morales a préféré ne rien changer à son agenda : s’envoler pour le Paraguay pour assister à un Forum Social des Amériques. Les discussions sont rompues. A Uyuni, zone touristique, des barrages de routes ont été mis en place depuis mercredi à la suite d’une réunion où étaient présentes 2 000 personnes. Le ministre des Mines a déclaré aujourd’hui vendredi qu’« hier les habitants du río Yura se sont emparés des stations hydroélectriques de cette région, mettant en danger les opérations de l’entreprise minière San Cristóbal » qui a dû paralyser sa production. L’arrêt des installations de cette société minière commence à inquiéter le gouvernement qui a indiqué que chaque jour d’arrêt se traduit pas une perte de 2 millions de dollars.

    A suivre…

    J.F. Le 13/08/2010 Sources : El Potosí, Bolpress, alminuto.com.bo.

    Notes : [1] Il s’agit de l’un des projets les plus importants au monde pour l’exploitation des concentrés de plomb-argent-zinc avec une capacité moyenne de traiter une moyenne 40 mille tonnes de charge minérale par jour. Des informations de la compagnie indiquent que sont produites 1300 tonnes / jour de concentrés de zinc et d’argent et de 300 tonnes / jour de concentrés de plomb et d’argent dans l’usine de San Cristóbal. Les habitants de Yura avaient menacé de couper l’approvisionnement en électricité si les exigences potosines n’étaient pas satisfaites. La compagnie aurait depuis cessé ses activités et l’usine serait maintenant arrêtée selon des agences de presse internationale.

    [2] Rien n’est encore décidé officiellement et un autre projet d’extraction est présenté par un consortium français regroupant Bolloré et Eramet.

    [3] En mai dernier, à Saca Saca dans le Nord Potosí, au nom de la justice communautaire, des paysans ont lynché quatre policiers armés et en civil en les accusant d’avoir été les meurtriers de huit Indigènes du cette zone et d’être fortement corrompus. La police a mis douze jours à retrouver leurs corps (information rapportée par Rue 89 du 30/07/2010).

    [4] Raúl Zibechi, “Bolivia-Ecuador : El Estado contra los pueblos indios”, 13 juillet 2010. Programa de las Américas (www.cipamericas.org)

    [5] Rafael Bautista, “¿Qué manifiesta la marcha indígena ?”, Bolpress, 30 juin 2010.

    [6] Raúl Zibechi, “Bolivia-Ecuador...”, déjà cité.

    Source ici


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    Ecouter Fidel : Pour qui travaillent les "conseillers"? par Iroel Sánchez

    Joaquin Villalobos
    Joaquín Villalobos, responsable de la mort du poète salvadorien Roque Dalton.

    Dans ce texte paru dans Cubadebate, l’auteur de l’article reprend des propos apparement « anodins » de Fidel aux journalistes vénézuéliens   conversación que sostuviera Fidel con periodistas venezolanos, le dimanche 8 août. Nous sommes là devant la specificité du discours de fidel qui peut toujours être pris à plusieurs niveaux, un message clair sur les dangers et les tâches de l’heure, mais aussi laisser filtrer une information sur qui sont les protagonistes . L’idée d’un chef d’Etat recruté par la CIA a été avancée à propos de Sarkozy, mais qu’en est-il de la gauche ? Quand on lit en particulier le rôle de felipe Gonzales et celui de Javier Solana, comment ils ont fait passer les socialistes du « NOn à l’Entrée dans l’OTAN » à la direction de la dite OTAN, et à l’offensive contre la Yougoslavie autant qu’aux campagnes contre Cuba et le venezuela, on ne peut pas ne pas s’interroger sur l’évolution non seulement du PS mais celle du PCF dans ce domaine…

    Est-ce qu’on peut se contenter d’attribuer l’absence d’intervention sur l’OTAN, voir les faibles réactions aux campagnes anti-cubaines, pondérées par des « tribunes libres » qui ne mangent pas de pain,  à la simple soumission au PS ou faut-il aller plus loin, et penser que le même travail accompli sur un Felipe Gonzales l’a été sur le PCF et la CGT ? est-il concevable que la CIA n’ait pas profité de la grande débâcle post-soviétique pour détruire le PCF et la CGT de l’interieur ? ce sont des questions auxquelles l’histoire et les archives apporteront un jour une réponse, ce qui est sûr est qu’il est difficile s’attribuer cette destruction à la seule incompétence… Ou comment j’ai vu les garde-rouges de Georges marchais se transformer en tenant d’une ligne « molle » de soutien de fait à l’Europe, refusant de protester contre l’intervention en Yougoslavie et la suite… note et traduction de danielle Bleitrach


    Par deux fois est apparu le mot « conseiller » dans la conversation que Fidel a eu avec les journalistes vénézuéliens, le dimanche 8 août.  Les noms de Joaquín Villalobos et Felipe González, ex Comandante de la guerrilla salvadorienne et l’ex-secrétaire Général du Parti Socialiste Ouvrier espagnol, respectivement, furent ceux qui surgirent comme par hasard durant le dialogue. Et cela ne pouvait être autrement, étant donné que l’objectif central de la dite entrevue était de mobiliser l’opinion publique devant les périls qui peuvent conduire à une guerre nucléaire.

    Sur le salvadorien, le dirigeant historique de la révolution cubaine a affirmé : “Je me souviens très bien de Tarek William Saab, qui venait d’Anzoátegui,  qui a été au Pakistan, qui y a visité notre brigade, et j’avais lu son indignation comment il se plaignait de la manière dont les yankees lui avaient envoyé Villalobos, qui a étudié à l’Université d’Oxford, il était le révolutionnaire. Tout cela en liaison avec la mort d’un poète, d’un grand poète là-bas  à la suite de calomnies,  de mensonges de la part de ceux qui l’ont dit  », pour ajouter peu plus loin : » mon étonnement ne fut pas moindre  quand j’ai vu qu’ils  l’envoyaient au Venezuela, à la Révolution Vénézuélienne, à un gouverneur de l’un des états les plus riches du Venezuela, un conseiller pour qu’il lui dise comment il fallait gouverner « .

    Dans son livre autobiographique – récemment publié à Cuba -  la vie est écrite avec les rêves, l’actuel vice-président du Salvador, Salvador Sanchez Cerén (Commandant Leonel du FMLN) se rappelle avec douleur le meurtre du poète Roque Dalton, le 10 mai 1975. Sanchez Cerén raconte : « Le grand poète avait la vision non militariste de construire un grand mouvement populaire et il fut de ceux qui ont impulsé l’ERP (une Armée Révolutionnaire du Peuple) la nécessité de lever un front de masses, de cette façon il s’est  heurté à  ceux qui  défendaient la nécessité d’un point de vue militariste à l’intérieur de l’ERP.

    Dans FPL (les Forces Populaires de Libération Farabundo Martí) on évaluait que c’était le groupe dirigé par Joaquín Villalobos  qui s’était opposé à la pensée de Roque et a mené bataille à l’intérieur de l’ERP en  considéraient la position du poète incorrecte et déviationniste, et comment tous ceux qui ne partageaient pas la vision militariste étaient alors  objet de persécution et de meurtre […]nous ne pouvons comprendre ni concevoir que les différences des idées se résolvent par l’exécution de ceux qui ne pensaient pas de la même manière ».Un des fils de Roque Dalton, dans des récentes déclarations à un journal mexicain a affirmé « Joaquin Villalobos non seulement est l’assassin de mon père, mais celui qui l’executa de sa main à l’heure de réaliser l’assassinat et participa lui-même à l’exécution ».

    Terminée la guerre dans son pays, loin de travailler à la reconstruction, Villalobos a reçu une bourse à Oxford – comme Fidel  le mentionne – et avec cet aval il est aujourd’hui un « expert en solution de conflits internationaux » et a conseillé des gouvernements de droite au Mexique, en Colombie et au Salvador sur des « sujets de sécurité ». Conformément à sa trajectoire d’assassin et de complice de la répression des mouvements populaires, l’ex-guérillero apparaît d’habitude dans le journal espagnol PaÏs, où il attaque les processus révolutionnaires en Amérique latine, spécialement Cuba et le Venezuela. Son opinion, publiée dans ce journal, sur le coup militaire au Honduras est un bijou : « Le Gouvernement de fait représente une société apeurée, ce n’est pas une dictature réelle, ni une dictature potentielle. »

    Le centre de l’intrigue que Villalobos a tissée  contre l’auteur de Taverne et d’autres lieux, était de l’accuser d’être un agent de la CIA. Trente-cinq ans après, on s’aperçoit que peu de personnes  ont mieux contribué aux objectifs de l’agence nord-américaine  en Amérique latine que l’extrémiste de 1975. La tentative ratée de le placer dans une position éminente à l’intérieur d’un pays allié stratégique de  Cuba, comme le Venezuela, ne rend pas plus transparent ce curriculum.
    Par ailleurs, le travail de conseiller de Felipe González visait  rien moins que Mijáil Gorbachev, président de l’Union soviétique. González a été mieux accueilli en URSS que Villalobos dans le Venezuela bolivarien : « et Gorbachev disait dans l’une des lettres que Felipe González lui avait rendu visite; bon, je me représentais Felipe comme le moins  ultra des socialistes. Je le respecte beaucoup, mais je ne le vois pas ainsi. Et voilà qu’il disait : ¨ il Vient  nous conseiller sur ce que nous devons faire. ¨ », a rappelé Fidel.


    L’un des aspects les plus inquiétants du film  « l’écrivain », de Romain Polanski, concerne l’idée que les décisions du premier ministre d’une nation importante occidentale puisse  être déterminée par le fait qu’il ait été été recruté par la CIA dès ses années d’étudiant universitaire. Comme cela passe toujours avec l’art véritable, le film de Polanski laisse en  nous des questions et des réflexions qui dureront bien longtemps après que nous l’ayons vu. Ce sont celles qui nous ont effleurées à l’écoute des déclarations  faites par Fidel aux journalistes vénézuéliens, à propos du rôle de « conseiller » du dernier président soviétique Mijáil Gorbachev, tenu par l’ex-chef du gouvernement espagnol.

    Dans le livre La CIA en Espagne, de l’enquêteur Alfred Grimaldos, on retrouve des  faits concernant  la trajectoire d’un des principaux  bénéficiaires  de la dite « transition »  espagnole. Il rapporte son assistance au congrès du parti socialiste espagnol de 1974 à Suresnes, en France, avec un passeport confectionné par le SECED (Service d’Information franquiste) et comment il était escorté par des employés de cette institution. A  cet évènement où – comme il est démontré par la recherche – il y avait plus d’employés franquistes que de participants, un  jeune avocat sévillan fut élu secrétaire général. Un capitaine du CESED raconte dans le livre que, après que González soit revenu de France, un commissaire de Séville qui l’a arrêté « s’est pris une engueulade terrible  et a dû le lâcher tout de suite ». Un autre ex-employé franquiste raconte : « la dictature a favorisé la résurrection du parti socialiste espagnol pour nuire au PCE » (Parti communiste de l’Espagne). Le Congrès de Suresnes avait seulement eu lieu six mois après qu’ait eu éclaté  éclaté, la « Révolution des Oeillets » au Portugal, avec un rôle principal remarqué du Parti communiste, qui avait alarmé les Nord-Américains, qui n’étaient pas disposés à permettre une situation similaire en Espagne.

    González, déjà dans la direction du parti socialiste espagnol, avec l’appui des Nord-Américains et de la social-démocratie allemande a réussi à isoler les communistes dans les négociations de la « transition ». Dans le XXVII congrès de 1979, ila  imposé q que soit éliminé la référence au « marxisme » des statuts du parti. En 1983 – après avoir été élu en 1982  chef du gouvernement – il appuie la stratégie de déploiement de missiles en Europe impulsée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et en 1986 ilil promeut l’adhésion espagnole à l’OTAN. ce qui constituait un changement radical dans les positions du parti socialiste espagnol que, dans son XVII Congrès de 1976,  avait proclamé « Non à l’entrée dans  l’OTAN « .

    En relation avec l’OTAN, Javier Solana, un collaborateur proche de González, qui a été, le Ministre de la Culture, le porte-parole du gouvernement et Ministre des Affaires Etrangères, opère le plus spectaculaire des revirements .Solana pase du « non à l’entrée dans l’OTAN » au fait de devenir le secrétaire général de  l’Alliance Atlantique durant l’agression en Yougoslavie, pour lequel il a été unanimement déclaré par le parlement russe, en 1997, un « criminel de guerre ». En 2006, il devient le haut représentant pour la politique extérieure et de sécurité de l’Union Européenne, il a justifiés plus de mille vols illégaux de la CIA en Europe comme faisant partie  de la « guerre contre le terrorisme » – associés aux tortures et à des exécutions extrajudiciaires – avec ces mots :  » Avec nos alliés nord-américains nous partageons la conviction de ce que l’on a besoin d’une action dure « . C’était Javier Solana celui qui a coordonné à son origine l’une des opérations de  propagande anticubaine auxquelles le gouvernement nord-américain a consacré plus de fonds : (elle) a dédié le gouvernement nord-américain, la revue Encuentro de la cultura cubana; la présidente de la fondation du même nom , Anabelle Rodríguez, a raconté dans une interview comment Javier Solana l’a appelée depuis son bureau pour lui proposer le »travail ».

    En résumé, avec des actes aussi éclatants, l’ancien ministre  de la Culture a été à la hauteur de son chef, au moins en ce qui concerne sa capacité à favoriser les intérêts des États-Unis.

    Avec des états de services pareils et des amis comme Javier Solana, Felipe González a été nommé « un ambassadeur pour la célébration des bicentenaires de l’indépendance des républiques latino-américaines », espérons qu’il ne va pas essayer de nous  conseiller …


    Felipe González y Ronald Reagan. Foto: El País
    Felipe González y Ronald Reagan. Foto: El País
     

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  • Hugo Chavez est interviewé en Juillet 2010 par la chaine anglaise BBC, dans le programme "Hard Talk". Y sont abordés les thèmes de la situation intérieure du Venezuela, la lutte contre la corruption, les accusations de main mise du Président sur la justice, sa politique étrangère, ses relations avec l'Iran, sa place en Amérique latine.

     

    Autres vidéos d'Hugo Chavez traduites en français ici : http://www.dailymotion.com/librepenseur007/1


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  • Colombie : le dernier jour du Président

    Archibald EMOREJ

    En ce 7 août 2010, la Colombie fête le départ du “meilleur président que le pays n’ai jamais connu”, comme se plaisent à marteler tous les médias sur tous les tons. C’est une date que sûrement l’histoire effacera même si pour l’heure la fête nationale du 7 août semble, elle, s’effacer devant les hourras qui accompagnent la retraite de l’enfant prodigue.

    Il est pourtant un autre anniversaire, hasard du calendrier, que votre serviteur préfère vous rappeler. C’est avec émotion mêlée de rage que l’on commémore un bien plus triste événement, celui de l’assassinat il y a onze ans de Jaime Garzón, humoriste à la dent acéré, Colombien défenseur des droits de l’Homme et patriote populaire. Et le temps n’y pourra rien, nous serons toujours tristes. Un des ses derniers sketchs (1) parodiait un professeur fou furieux appelant de ces vœux un gouvernement fasciste et un président de la trempe du gouverneur d’Antioquia d’alors, Alvaro Uribe Velez. Sa prophétie lui coûta la vie et ce crime est et reste impuni. En Colombie, on meurt de tout, même lorsqu’on caricature l’oligarchie. Fut-elle si erronée la vision de Garzón qui voyait ce profiler le règne d’un caudillo impliqué dans le paramilitarisme et la narcotrafic, un pantin des appétits nord-américains, un gouverneur qui se rêvait pourfendeur de l’insurrection communiste à n’importe quel prix ?

    Le pacte social selon Uribe : une poignée de main et une autre de pesos.

    Comment expliquer la popularité sans précédent du maître auprès des esclaves ? Comment comprendre que douze millions de colombiens ont voté contre eux-mêmes, comme le notait un camarade lors d’une réunion de travailleurs sociaux à Bogotá la semaine dernière. On en apprend de bien bonnes lors de ces réunions, par exemple qu’il ne faut pas prendre de photo des déchetteries du quartier de Ciudad Bolivar, un quartier populaire à quinze minutes de taxi du palais présidentiel, parce que des francs tireurs vous tirent dessus... ah Ciudad Bolivar et ses quatre cents assassinats par an !...l’héritage du président peut-être, mais je m’égare.

    Le matraquage médiatique ne peut pas tout expliquer. Les scandales en série, la corruption, les crimes contre l’humanité, les magouilles politiques n’ont jamais égratigné le président. Toujours la faute à quelques fonctionnaires de haut rang, un ministre désordonné, un général mouton noir, une broutille nous dit-on, rien à voir avec le président. Que ses fils soient impliqués dans une histoire de trafique d’influence à vous faire sauter n’importe quelle république, et bien c’est lui qui attaque en diffamation et fait pleurer dans les chaumières, lui le bon père de famille, le chef incontestable de la nation.

    Chez les Uribe on est fidèle et la famille... la patrie, le travail... bref, il faut chercher bien plus loin que la simple image cet indéfectible soutien populaire parce que c’est bien celui-ci qui amène les autres, les soutiens politiques et économiques, régionaux et internationaux, parfois à contrecœur mais toujours respectueux de « la démocratie d’opinion ».

    C’est que le magicien a bénéficié d’un contexte historique favorable : il fait suite à une flopée de présidents du sérail politico-économique du pays, présidents de père en fils enfermés dans leur tour d’ivoire et dans leurs vacances à Miami, incapables en tout genre et plus habitués aux dîners en ville qu’aux mains dans le cambouis. Uribe, lui, est un homme de l’élite, certes, mais de celle qui travaille, les grands propriétaires terriens ; puissants donc, mais bouseux. Alors, lui a enfilé les bottes, les chemises à carreaux, poncho sur l’épaule, et a passé ses deux mandats à sillonner le pays jusqu’à pas d’heure pour rencontrer le peuple. Et le bonhomme ne vint pas les mains vides. Une poignée de main c’est déjà bien dans des coins où on n’a jamais vue ne serait-ce qu’un fonctionnaire de quatrième zone, mais une poignée de pesos c’est toujours mieux. Voilà le truc du magicien.

    Lorsque cela se passe au Venezuela, on dit que le président est un populiste de petite envergure. Ici, c’est un miracle et on appelle cela un peu vite la démocratie directe. Rien à voir avec la démocratie populaire, ce que certains naïfs pensent être une vraie démocratie directe, simplement un lien direct entre le roi et les serfs. Un problème avec les aides qui n’arrivent pas, la route encore inondée, l’essence frelaté ou un évier bouché ? Pas de problème, le président est là et vous met en relation avec sa cour de ministres et fonctionnaires qui suivent ébahis le prince faire ce qu’ils croient être de la bonne politique. Et la main au portefeuille, bien sur, grâce à un programme présidentiel appelé « familias en acción » qui n’a pas été crée par Uribe mais qui l’a largement développé pour en faire rien de moins qu’une pompe à fric pour arroser les pauvres et électeurs. Et si peu se rendent compte que cet argent est l’argent de tous les Colombiens, que ce n’est pas une faveur mais que c’est un droit, et que la politique c’est une vision partagée et populaire, pas une représentation grotesque de la puissance de quelques-uns.

    L’un des secrets de sa toute puissante popularité résida donc dans ces “consejos comunitarios”, réunions hebdomadaires avec le peuple, aux quatre vents et par tous les temps, retransmises évidemment en « direct-différé » selon le bon goût des producteurs, et aux intervenants bien choisis. Les partis politiques en ont véritablement souffert, les associations et les interlocuteurs traditionnels aussi. Le président, son peuple, un lien fort et direct, et rien d’autre. Puisqu’on vous dit chaque semaine que le peuple est content, que le président travaille dur et pour tous, et que c’est un homme simple et droit. Tout le reste n’est que jalousie et mensonge. Les institutions, la constitution, la cour suprême, les défenseurs des droits de l’Homme... puisqu’on vous dit que le peuple est content, vous êtes anti-démocrates ou quoi ?

    Confusion entre investissement étranger et saccage du pays.

    C’est peu de le dire camarades mais, pour l’élite, cette confusion n’a pas lieu d’être, les deux concepts se fondent l’un dans l’autre comme le beurre dans les épinards. Les riches pourtant, et parce qu’ils sont déjà riches, devraient bien être le dernier souci d’un président dont le peuple crève encore largement de faim. C’est que le bonhomme est bouseux, je vous l’ai dit, ou fait croire qu’il l’est, mais a tout de même fait ces études à Harvard. Fidèle à la tradition de soumission aux marchés, l’investissement étranger fut l’un des trois thèmes de ses mandats. Pour investir, ils ont investi. Enfin, « pillé » serait plus juste.

    Plus un service public n’est debout : eau, électricité, gaz, service public, éducation, santé, etc, etc. L’Européen n’est pas dépaysé en payant ses factures, ce sont les mêmes logos que sur ses terres natales, et au même tarif ! Elle est bien belle la mondialisation, mais c’est un progrès nous a dit le président, alors on applaudit. Et il parait que si les riches sont plus riches, cela fait du bien a tout le pays, nous a encore dit le président. Et oui, ils vont acheter plus, jouir plus certainement, alors forcément le moins riche qui vend des produits importés pour les riches et leurs plaisirs est content. Le riche et le moins riche sont contents. Bon, cela laisse à la marge 80 % de ceux qui ne peuvent même pas se payer les produits importés à crédit, mais c’est parce qu’ils n’ont pas assez travaillé ; partout dans le monde le pauvre est un sale fainéant, c’est sa faute perpétuelle, ai-je cru comprendre du président Uribe.

    Vendre au rabais ce que des générations de syndicats et de mouvements sociaux ont bâti dans le sang et la sueur c’est bien mais cela ne dure qu’un temps. Alors est venu celui des méga-projets. Des barrages gigantesques à vous tuer les 30 milles familles de pêcheurs qui vivent sur les rives du fleuve, des travaux publiques ubuesques (pour le bénéfice d’entreprises privées) à vous mettre les villes sens dessus-dessous pour quinze ans, des autoroutes pour que les camions chargés de bois précieux, d’or, d’émeraude, de charbon, de coltan, de pétrole, d’uranium, puissent rouler sans s’arrêter jusqu’aux ports exportateurs, comme au bon vieux temps des colonies, des plantations sans fin de palmes africaines pour que les camions roulent bio.

    Et si cela ne donne pas à bouffer au moins cela défriche la jungle pour que ces horribles communistes ne s’y cachent pas avec leurs fusils, tout cela dans le plus grand trafic d’appel d’offre et de corruption, du plomb dans la tête de ceux qui s’organisent contre le progrès, et ma foi, on y vient, un peu de nettoyage paramilitaire si des sans terre, sans nom - surtout des sans pouvoir d’achat - barrent la route aux fameux investissements étrangers.

    La Colombie est l’un des pays au sous-sol le plus riche. Cela le président l’avait bien compris parce que c’était un bon élève. On se souviendra toujours avec émotion que Pablo Escobar admirait ce jeune prodige de la politique locale (enfin un bouseux dans les affaires) lorsque le jeune Uribe était haut fonctionnaire dans l’agence nationale chargée des licences de vol et autres autorisations contrôlant le trafic aérien. Depuis son hacienda luxueuse, Escobar regardait passer les avions chargés de cocaïne en déclarant à ses amis : ce jeune là, avec sa tête de premier de la classe, c’est un type comme cela qu’il faudrait mettre président. Certains disent sans plaisanter que malgré l’assassinat du gros, Uribe a bien été le président du Cartel de Medellín. Mais je m’égare encore, revenons au sous-sol de la Colombie.

    Malgré leurs efforts, les espagnols d’abord et les colons en tous genres ensuite n’ont qu’à peine entamé les réserves en or et émeraude du pays. Le pétrole reste en grande partie à découvrir et un charbon de très bonne qualité affleure dans le nord-est du pays. Et voici que l’uranium et le coltan ont fait leur apparition. Si on se renseignait auprès de Ashanti Gold ou de British Petroleum, il ne fait aucun doute que toutes ses richesses représentent en dollars de quoi résoudre tous les problèmes de malnutrition, d’analphabétisme, de manque de santé et de structures éducatives du pays, si ce n’est du continent.

    Enfin, virtuellement, parce que les gars de Ashanti ou de BP réservent l’argent arraché à la terre à bien d’autres divertissements. Comme le président a des amis bien infiltrés dans les multinationales, il a décidé de faire du pays le premier pays minier de notre bonne vieille planète à l’horizon 2019.

    C’est un cadeau fabuleux pour les investissements étrangers, tous auront le droit d’investir-piller le pays en ne payant que des taxes illusoires ; et tout l’argent partira à l’étranger parce que c’est bien le principe de l’investissement-pillage étranger.

    Aux Colombiens, il ne restera que les trous dans le sol, la nature dévastée, des emplois de misère pour quelques années et un grenier vide lorsqu’ils se réveilleront du cauchemar. Mais à l’heure du bilan de Uribe, les étrangers sont contents, le président est content, alors même le peuple est content.

    Edgar, lui, n’est pas content. Il fait partie des dizaines de milliers de Colombiens qui vivent de la mine artisanale dans le pays. Lui, il cherche de l’or dans le nord-est d’Antioquia, une région de jungle et de collines où les affiches de la guérilla sont fièrement accrochées sur toutes les maisons des villages isolés. Nous verrons cela plus tard.

    Edgar, lui, et les quatre balles qui se baladent dans son corps depuis que les paramilitaires ont voulu le faire taire, lui et sa fâcheuse manie d’organiser les mineurs pour défendre leurs droits, eh bien Edgar est fort préoccupé de l’avenir que lui réserve cette lubie de faire de la Colombie le premier pays minier en 2019. Il est Colombien, pourtant il n’est pas content.

    Il faut dire qu’il ne regarde pas beaucoup la télé et qu’il vit en plein cœur d’une zone de conflit. Edgar n’est pas contre le progrès, il aimerait bien que la santé, l’éducation, les services de l’état, la justice même, et quelques infrastructures élémentaires, des routes, des canalisations d’eau, etc, arrivent dans les villages du Guamocó. Pourtant il doute qu’ouvrir les portes aux envahisseurs étrangers soit la solution. Il sait bien que la monstrueuse quantité d’argent s’envolera à l’étranger et la petite part qui reste sera avalée par l’État et distribuée aux riches.

    C’est que Edgar n’est pas le dernier pour t’expliquer le principe d’accumulation de capital par les bourgeois. Ce qui le préoccupe le plus ce sont les milliers de mineurs qui vivent de la mine artisanale. Le nouveau code minier entré en vigueur il y a quelques jours font d’eux des illégaux sans titre d’exploitation. Les multinationales, elles, ont des titres de propriété et le droit d’exploiter grâce au président Uribe. En fait, les mineurs vivent de fait sur ces propriétés.

    Mineurs, pêcheurs, paysans, que va-t-il se passer ? Les paramilitaires n’ont jamais vraiment quitté la région, Edgar ne le sait que trop bien, et les menaces se font de plus en plus répétées. Que se passera-t-il si tous sont déplacés au prétexte de la guerre ou accusés d’être de la guérilla, ou pire encore, accusés d’être contre le progrès des envahisseurs étrangers, de leurs énormes machines, de leur contamination et de leurs destructions, bref : contre le fait que des riches étrangers s’entendent avec quelques riches Colombiens pour tuer et massacrer afin d’être encore plus riches, comme on le leur a appris à Harvard, Oxford ou Chicago. Le président dit que c’est bien, et son héritage fièrement revendiqué est d’avoir préparé la Colombie à être un pays moderne, enfin pillé d’une façon plus moderne.

    Le président est content, des millions de Colombiens sont contents sans trop savoir pourquoi, parce qu’on leur a dit de l’être certainement. Mais ce qui est sur, c’est que des millions de Colombiens sont extrêmement mécontents et eux savent exactement pourquoi.

    La guerre civile n’aurait plus lieu.

    Outre le pacte social et les investissements étrangers, le président Uribe avait promis de mettre fin au conflit interne, et pas n’importe comment, en écrasant l’insurrection communiste par l’instauration de la « sécurité démocratique ». Presque une vengeance personnelle due au fait que le papa du président s’est fait « judicialiser » un jour qu’il faisait le mariole en refusant de payer l’impôt révolutionnaire et s’était mis en tête de recevoir les guérilleros à coups de fusil. C’est que le papa du président, grand ami de Pablo Escobar, fomentait déjà un plan pour en finir avec ces rouges et leur stratégie militaro-sociale de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Parmi toute la classe politique colombienne, à l’heure des négociations de paix dans la zone démilitarisée de San Vicente del Caguán, département du Meta, en 1998-2001, Alvaro Uribe est le seul à ne pas avoir été serrer la pince de Marulanda, Reyes, Cano, Trinidad, el Mono Jojoy et consorts. Il fut le seul à fustiger la tentative de paix et de là a commencé à bâtir son image de dur de dur. Cela ne traîna pas pour qu’il devint l’enfant chéri des uniformes en tous genres, légaux comme illégaux. Son thème de campagne en 2002 : du sang, du sang et encore du sang. Et quelles qu’en soient les conséquences il faut écraser les rouges rebaptisés terroristes pour les besoins du spectacle mondial. Pour ce qui est des conséquences nous verrons plus tard, revenons au bilan par cette simple question : quid de la guérilla ?

    La réalisation des deux premières promesses de sa stratégie, le pacte social comme l’investissement étranger, réclamait au minimum que la force publique puisse se déplacer dans un pays alors contrôlé à plus de 50% par la guérilla (en fait les guérillas). Lorsqu’il s’installe à la Casa Nariño (le palais présidentiel) le processus de guerre totale est déjà enclenché. Le plan Colombia a été signé par son prédécesseur Pastrana et les paramilitaires se sont déjà réunis sous un commandement unifié, les AUC (Autodefensas Unidas de Colombia). Uribe est associé au paramilitarisme mais il faut reconnaître qu’il n’a rien inventé. Cette façon para-estatal de faire la loi remonte à la colonie espagnole et aux hommes de main des grands propriétaires terriens. Historiquement, l’état colombien n’a jamais brillé par sa force et les caciques locaux ont toujours disposé d’une petite brigade pour se protéger et protéger leurs affaires. Et comme Uribe est de ces gens là, mieux qu’aucun autre il a toujours considéré cette forme de justice comme naturelle. En tant que gouverneur de l’état de Antioquia dans les années 90, il a mis en place les Convivir, véritables milices légales de lutte contre la subversion. La Cour Suprême annula la légalité de ces phalanges mais le mal était fait, c’est-à-dire que toutes les forces fascistes du pays y ont vu un signe pour la légalisation prochaine du paramilitarisme. Et ainsi cela a été. Bien que Uribe passe pour le faiseur de paix en signant la loi Justicia y Paz en 2005, loi qui démantela les structures paramilitaires, il est en fait celui qui les a laissés agir en paix, puis leur a offert une totale impunité.

    Mais revenons à la guérilla. Les AUC n’ont jamais lutté contre la guérilla, en tout cas jamais en montant des opérations militaires d’envergure. Les paras étaient et restent spécialisés dans la lutte anti-subversive, c’est-à-dire, selon la bonne vieille école française, en terreur et massacres contre les civils, vols et viols, destructions et couvre-feux sous peine de décapitation. De ces horreurs, on peut noter les fours crématoires, les plus grandes fosses communes depuis le troisième Reich, les crucifixions façon Rome antique, les cadavres éventrés et chargés de pierres pour couler plus vite, les mutilations et démembrements, et d’autres saloperies que réserve le fasciste à ceux qui ne le sont pas. Si cela n’a pas directement affecté les forces de la guérilla, cela a évidemment affecté ses zones de repli et ravitaillement, ses informateurs et ses soutiens logistiques. On peut imaginer la grande peine de la guérilla à être impuissante face au massacre de son peuple. Je te rassure lecteur, si tu as une boule de rage dans le ventre, les combattants communistes ont fait payer cher à ces salauds au brassard AUC, n’en déplaisent au président qui s’en va, et si tu te balades en Colombie tout le monde te parlera de ces embuscades où sont tombés les paras par dizaines et dizaines, et de prisonniers il ne fut pas question.

    Une fois passée l’équipe de tueurs illégaux, déboulèrent les tueurs assermentés. Uribe a multiplié les forces militaires comme les forces de police. L’armée colombienne est la seconde armée du continent américain après les États-Unis et de loin la plus rompue au combat. Son armement vient essentiellement des mêmes nord-américains et de l’état d’Israël avec lequel elle partage de nombreux programmes d’entraînement en plus de l’armement. Les fusils colombiens de l’armée sont en fait des fusils israéliens fabriqués sous licence directement en Colombie. Donc le président, grâce à l’argent yankee et surfant sur la vague de la lutte contre le terrorisme, a multiplié les brigades et les bataillons, réarmé tout son monde et fait de la force aérienne une véritable machine de guerre adaptée à la guerre dans la jungle (hélicoptères et avions de surveillance) ; en plus de la quantité, le saut qualitatif des forces armées colombiennes a été impressionnant : guerre électronique, avions renifleurs et équipés pour la détection nocturne, écoutes des communications grâce à un Awac gringo survolant en permanence le territoire, etc, etc...

    Bon, avec tout cela, le quadrillage du territoire est assuré sur les grands axes de communications du pays. Les lignes de bus voyagent la nuit en caravane, les aéroports ne sont fermés que pour cause de mauvais temps et les matières premières sortent du pays sans trop de problème. Plus personne ne s’est fait enlever pour collusion avec l’état bourgeois, et les graffitis pro-fariano (FARC-EP) ne sortent plus guère de l’université. Il y a toujours des puits de pétrole qui sautent ici et là, des mines qui font leur office en arrachant une jambe de militaire, mais la grande majorité du territoire est tenue en joue par l’impressionnante machine de guerre.

    A voyager dans le pays, il faut s’habituer aux blindés le long des routes, aux files de militaires qui rentrent et qui sortent de la jungle, à voyager dans les transports à côté d’un uniforme et à tomber sur un barrage tous les 50 kilomètres et tous les 5 kilomètres dans les zones de conflit... les zones de conflit ? Parce qu’avec tout cela, elle existe encore la guérilla ? Claro compañero ! Et je dirai très simplement - et parce que ce ne sont pas un groupe de bandeloros à l’écart du peuple et de ses aspirations mais bien l’armée du peuple en tant que telle, le EP de Farc-EP - que tant que les causes du conflit existeront, la guérilla existera.

    Certes, la situation est bien plus compliquée qu’il y a une dizaine d’années, et l’état policier (pardon : la « sécurité démocratique ») mis en place par le président Uribe a fait son office en refoulant la guérilla dans les zones reculées du pays. Simplement, il reste que sur 30% du pays- les zones les plus inaccessibles - la guérilla est plus ou moins chez elle. Les fondamentaux de la guerre de guérilla ont été remis au goût du jour : le mouvement perpétuel, la morsure et la retraite. La force de frappe reste explosive. La guérilla est là depuis plus de 60 ans, rien ne lui impose de se jeter dans la bataille par une charge héroïque et suicidaire ; elle a fait le dos rond, laissé passer l’orage terrifiant soufflé depuis Washington, et elle attend sans nul doute des jours meilleurs pour relancer de grandes offensives.

    Il reste que pas un jour ne se passe sans combat. Au mois de mai, l’état fait part de 300 guérilleros abattus. La guérilla en reconnaît 50 mais annonce, elle, plus de 300 ennemis morts au combat. Difficile à vérifier.

    La guerre civile est donc bien présente, à chaque carrefour, dans chaque mouvement, dans chaque geste de la vie quotidienne colombienne. Les informations sur la guerre dégueulent des stations de radio réservées de l’armée nationale, de la police et de la justice. Les militaires sont partout, les hélicoptères de combat survolent en permanence les villes et les campagnes et même les avions de combat sillonnent en rugissant le ciel de la capitale. Les revues de la guérilla passent sous le manteau, le parti communiste clandestin comme le mouvement bolivarien et le mouvement de la jeunesse bolivarienne ont toujours une activité soutenue pour qui sait les trouver. L’état policier est quant à lui sans pitié, près de 7 500 prisonniers politiques croupissent dans les prisons. Le tarif minimum est de 7 ans pour rébellion.

    Non, la guerre civile n’a pas pris fin. Elle a même largement débordé les frontières traditionnelles de ses acteurs historiques. Une des grandes stratégies d’Uribe a été d’impliquer dans le conflit la population qui ne l’était pas. Des milliers de « gardes forestiers » ont été recrutés et des millions d’informateurs, rémunérés par l’état, sont là pour étouffer la critique et la vérité. Le bombardement médiatique ne cesse de diffamer et de corrompre l’idéologie de la guérilla. Ils furent bandits communistes, narcotrafiquants, aujourd’hui terroristes. Pas un mois ne se passe sans qu’on annonce la mort d’Alfonso Cano, et pas un mois ne se passe sans que ce dernier ou son état major envoie une carte ou une vidéo pour tenter de percer la chape de plomb de la censure. La dernière vidéo en date a fait le tour des médias. Alfonso Cano a appelé le nouveau gouvernement de Juan Manuel Santos à dialoguer pour trouver une fin négociée au conflit interne. Tous les analystes y ont vu une faiblesse de la guérilla, tous les chiens du pouvoir ont trouvé le numéro un des Farc-Ep maigre et fatigué, rien de très nouveau.

    La vérité est que la guérilla a renouvelé sa détermination pour la paix en Colombie, mais pas à n’importe quel prix, pas au prix de l’oubli et de l’injustice sociale, et par là même elle a affirmé encore une fois son indéfectible foi en la lutte armée pour contrer l’aile la plus fasciste de l’oligarchie, celle qui s’est, sous le règne du président Uribe, accaparée tous les rouages de l’état colombien.

    Crimes et châtiments de l’ère Uribe.

    Le prix à payer pour ce bilan est un carnage sans précédent, une violation constante des droits des acteurs sociaux, défenseurs des droits de l’Homme, syndicalistes, professeurs et militants de la gauche vraie et radicale, une militarisation de la société jusque dans les esprits, une folle course en avant dans le trou noir néo-libéral, l’abandon des couches les plus vulnérables de la société aux errements d’un monde moderne qui les nie, et une culture toujours plus sordide portée aux nues, celle du chef incontesté, celle du trafiquant au bon cœur, celle du machisme et du patriotisme comme tristes nouveautés pour le vingt-et-unième siècle qui commence.

    Sous Uribe, le Congrès acquis à sa cause, avec plus de 70% de ses membres sous investigations judiciaires pour liens présumés avec les tueurs paramilitaires, a sombré dans le chaos sans pour autant faire vaciller les institutions. Le nouveau Congrès à venir commence sa législature avec 30% de ses membres toujours sous investigation pour les mêmes motifs. C’est un des héritages du président Uribe, à savoir la normalisation de la philosophie paramilitaire, l’acceptation de la politique du sang et de la loi du plus fort et des plus inquiétants, la mise sous tutelle de la justice, c’est à dire son bâillonnement.

    La lutte contre le trafic de drogue n’a pas vraiment été à l’ordre du jour sous l’ère Uribe. La Colombie reste le plus grand exportateur de cocaïne du monde. Aucun plan sérieux de substitution des cultures à vocation illicite n’a été mis sur la table, simplement la poursuite de la criminalisation des paysans et la fumigation sauvage dont le but a plus été de déplacer les populations que de lutter contre les grands pontes du trafic international.

    Le déplacement de population est resté lui à l’ordre du jour, plaçant le pays devant l’Afghanistan et l’Irak dans cette triste liste. Rien n’est fait pour la protection de ces populations ou pour le retour en toute sécurité sur leurs terres. La concentration des terres dans les mains des grands propriétaires s’est accentuée, aucune réforme agraire n’est à l’ordre du jour.

    Les relations internationales se sont dégradées avec tous les pays du bloc continental, la guerre contre le voisin bolivarien est à l’ordre du jour et les attaques sourdes se sont multipliées à un rythme effrayant. Accusations, diffamations, violations des espaces aériens, bombardements illégaux en territoire étranger, la militarisation de la société aidant, la guerre patriotique est une possibilité construite sans relâche par le président Uribe, à la grande satisfaction de la puissance impérialiste nord-américaine.

    Certes le traité de libre échange (TLC) a échoué avec ces derniers sous la pression d’organismes non-gouvernementaux effrayés des crimes et violations répétés des forces militaires colombiennes, mais l’Oncle Sam s’est rattrapé en transformant la Colombie en porte-avion insubmersible, et le président Uribe s’est consolé avec un traité de libre-échange avec l’Europe qui semble-t-il n’a rien à foutre - elle - des crimes contre l’Humanité du régime.

    Pour conclure, on peut dire sans sourciller que le président Uribe a réalisé le rêve de tous les dictateurs du vingtième siècle, à savoir : établir une dictature sous les habits formelles d’une démocratie de droit. Ce n’est pas une mince affaire et c’est ce qui fait de lui un homme des plus respectés par les extrêmes droites du monde entier. Du Honduras au Chili, du Mexique au Pérou, pour ne parler que de l’Amérique Latine, c’est avec grande minutie que l’on étudie ces années noires où le fascisme s’est étendu et s’est fait entendre par tous sans qu’un seul contre-pouvoir, sans qu’aucune voix de justice ne puisse entamer l’armure du mal absolu.

    Confondant le progrès et le lynchage capitaliste, mêlant nationalisme et patriotisme, élevant le pouvoir absolu d’un seul au-dessus du droit du peuple, remplaçant l’éducation populaire par un paternalisme incestueux, rien n’est plus sombre dans ce tableau que le concert de voix qui s’élève pour fêter le « meilleur président que le pays ait jamais connu ».

    Le plus déconcertant est bien que le bonhomme, loin de disparaître du paysage politique, se place pour de longues années à venir comme défenseur de son bilan, de sa stratégie, de sa philosophie archaïque. Et nul doute que toute tentative de réforme, de changement et bien évidemment de révolution - fut-elle démocratique et citoyenne - seront sous la menace forte d’un coup d’état militaire qui le ramènerait au pouvoir, accompagné des tambours de la guerre et des cris d’hystérie collective contre le terrorisme gauchiste.

    C’est ainsi : le dernier jour du Président n’est pas encore arrivé.

    Archibald EMOREJ

    Note.

    (1) Jaime Garzón dans ses oeuvres http://www.youtube.com/watch?v=_FCk...

    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/Colombie-le-dernier-jour-du-President.html
     

    ******* Ce Jaime Garzón génial, impertinent, lucide et critique, ce Jaime Garzón vivant, dont mille facettes, personnages et phrases caustiques restent gravées dans la mémoire et la conscience nationales, même si ses assassins l'ont à jamais réduit au silence un matin d'il y a déjà 11 ans.

    Ses personnages n'ont jamais été banals. Néstor Elí, Inti De La Hoz, John Lenin, William Garra, el Quemando Central, Dioselina, Tibaná, Heriberto De La Calle et tant d'autres, ont tous un dénominateur commun, à savoir leur message riche en contenu et critique envers le pouvoir, les pouvoirs, qui avec ou sans armes, mais grâce à celles-ci, ont élaboré un projet de pays d'exclusion et de violence.

    Pendant onze ans, Jaime Garzón a rassemblé des publics inimaginables pour faire ses dénonciations par le biais de l'humour critique, un genre qui a été assassiné en même temps que lui. Cet aspect de popularité est important non seulement en tant que mesure, mais aussi en raison de l'impact des personnages de Garzón sur l'imaginaire national. C'est la première et unique fois dans l'histoire du pays que le message critique a atteint un si grand nombre de personnes. C'est pourquoi je rejoins Antonio Morales lorsqu'il estime que si Jaime Garzón n'avait pas été réduit au silence en août 1999, d'autres balles l'auraient tué, tôt ou tard.

    A l'époque où Garzón a été assassiné, on voyait se profiler, en Colombie, le projet politique paramilitaire, qui s'était déjà emparé du contrôle social dans une grande partie du pays et qui s'orientait ambitieusement vers le pouvoir national. Le message de Jaime Garzón constituait sans aucun doute une entrave à ce projet qui s'est frayé un chemin jusqu'à la présidence en 2002. Dans d'autres pays, il a fallu instaurer des dictatures, mais en Colombie, un vote populaire coopté, corrompu et organisé sous la contrainte a ouvert la voie à la consolidation d'un modèle autoritaire, qui tente aujourd'hui de s'autoproclamer "Etat d'opinion". La grande différence avec les gouvernements précédents n'est pas tellement les nombreuses pratiques mafieuses observées à tous les niveaux du pouvoir national, mais bien le fait que ces pratiques se déroulent dans les sous-sols de la Casa de Nariño (palais présidentiel colombien) : corruption, destruction sociale et morale de l'opposant, caciquisme, clientélisme et j'en passe bien d'autres.

    Je n'hésite pas à qualifier l'assassinat de Jaime Garzón de crime commis par un Etat, non seulement parce que des militaires actifs de haut rang y sont impliqués, mais aussi parce qu'une stratégie a été développée autour de sa mort afin de maintenir l'impunité dans cette affaire. A cette stratégie ont participé des membres des services de sécurité de l'Etat, concrètement du Département administratif de sécurité (DAS), du ministère public, de la police nationale et d'autres organismes.


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  • Réflexions du compañero Fidel

     

    PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS, FAITES-LE !

     

    Un article qui contenait vraiment beaucoup de choses en rapport avec la marée noire survenue voilà maintenant cent cinq jours a été publié voilà quelques jours.

    C’est le président Obama qui a autorisé ce forage, parce qu’il faisait confiance en la capacité de la technologie moderne en matière de production de pétrole, ce produit vital pour la civilisation actuelle mais dont la consommation excessive suscite les protestations énergiques des écologistes, et dont il souhaite, lui, disposer en abondance pour libérer les États-Unis de leur dépendance d’envers les livraisons extérieures.

    George W. Bush en personne n’avait même pas osé franchir ce pas, compte tenu des expériences amères ayant découlé en Alaska d’un pétrolier qui transportait du pétrole tiré de là.

    L’accident est survenu lors de la recherche du pétrole qu’exige désespérément la société de consommation, une société que les générations actuelles ont héritée des précédents, sauf que tout marche maintenant à une vitesse inimaginable.

    Des scientifiques et des environnementalistes ont exposé des théories relatives aux catastrophes qui sont arrivées durant des centaines de millions d’années quand d’énormes bulles de méthane provoquèrent de gigantesques tsunamis qui, accompagnés de vents et de vagues atteignant le double de la vitesse du son et de vagues de jusqu’à mille cent mètres de haut, balayèrent une grande partie de la planète et liquidèrent 96 p. 100 des espèces vivantes.

    Ils redoutent que le golfe du Mexique qui, pour une cause cosmique donnée, est la région où la roche karstique nous sépare de l’énorme couche de méthane, soit percé à cause de cette recherche désespérée de pétrole menée à partir des équipements à technologie de pointe dont on dispose aujourd’hui.

    À propos de la marée noire causée par British Petroleum, les agences de presse informent ce qui suit :

    « …le gouvernement étasunien a averti que les gens devaient s’éloigner de l’épicentre des opérations, menaçant de leur imposer un amende de 40 000 dollars pour chaque infraction et de les arrêter pour des délits plus importants.

    « L’Agence de contrôle environnemental des USA a signalé officiellement que la plate-forme nº 1 dégageait du méthane, du benzène, du sulfure d’hydrogène et d’autres gaz toxiques. Les travailleurs sur le terrain utilisent maintenant des moyens de protection de pointe, dont des masques à gaz de dernière génération fournis par les militaires.

    Des faits capitaux se produisent avec une fréquence inhabituelle.

    Le premier et le plus immédiat est le risque d’une guerre nucléaire après que le Cheonan, un navire de guerre dernier cri, a été coulé, selon le gouvernement sud-coréen, par la torpille d’un sous-marin soviétique – datant tous les deux de plus de cinquante ans – tandis que d’autres sources donnent la seule cause possible, mais non détectable : une mine posée sur la coque du Cheonan par les services de renseignement étasuniens. Le gouvernement de la République populaire et démocratique de Corée en a aussitôt été accusé.

    Cet étrange événement fut suivi, quelques jours plus tard, du vote, au Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 1929 ordonnant l’inspection des cargos iraniens d’ici à quatre-vingt-dix jours.

    Le second risque, qui produit déjà des effets dévastateurs, est la progression des changements climatiques, dont les effets sont pires, comme le dénonce le documentaire Home, réalisé par Yann Arthus-Bertrand avec la participation des écologistes les plus prestigieux du monde. Et maintenant, ce déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, à quelques kilomètres de notre patrie, qui engendre toute sorte de préoccupations.

    Le 20 juillet, une dépêche de l’agence de presse EFE rapportait les déclarations du maintenant fameux amiral Thad Allen, coordonnateur et responsable de la lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique, qui « a autorisé British Petroleum, propriétaire du puits et coupable du déversement, à poursuivre pendant vingt-quatre heures de plus les tests qu’elle faisait pour déterminer la solidité de la structure "Macondo" après l’installation, dix jours plus tôt, d’une nouvelle cloche d’endiguement. »

    « Selon des chiffres officiels, il existe près de 27 000 puits abandonnés dans le lit marin du golfe… »

    « Quatre-vingt-douze jours après l’accident de la plateforme de la BP, la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin. »

    C’était la première fois qu’une déclaration officielle faisait état de la crainte de voir le pétrole commencer à couler de puits qui ne sont plus productifs.

    Les lecteurs intéressés par la question s’arrangent pour tirer les données scientifiques d’un fatras de nouvelles sensationnalistes. Il est pour moi des faits dont l’explication n’est pas satisfaisante. Pourquoi l’amiral Allen a-t-il donc dit que « la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du lit marin » ? Pourquoi la British Petroleum a-t-elle déclaré qu’on ne saurait l’accuser pour le pétrole brut qui a jailli à quinze kilomètres du puits accidenté ?

    Il faudrait attendre quinze jours de plus, nécessaires pour forer le puits auxiliaire dont la trajectoire est quasiment parallèle à celle du puits qui a causé la catastrophe, tous deux séparés par moins de cinq mètres, selon l’avis du groupe cubain qui analyse le problème. Entretemps, nous devons attendre, sages comme des images…

    Si on dépose une telle confiance dans le puits parallèle, pourquoi n’a-t-on pas pris cette mesure avant ? Que ferons-nous si elle échoue, comme tous les autres ont échoué ?

    Un échange récent avec quelqu’un d’extrêmement bien informé des détails de l’accident, du fait des intérêts de son pays, m’a permis d’apprendre qu’il n’existait pas de risque d’émanation de méthane en raison des caractéristiques du puits et de son environnement.

    Le 23 juillet, aucune nouvelle ne parlait de ce problème.

    Le 24 juillet, l’agence DPA écrivait : « Un scientifique étasunien éminent a accusé la société pétrolière britannique BP, devant la chaîne de télévision BBC, de soudoyer des experts qui analysent la marée noire dans le golfe du Mexique pour qu’ils retardent la publication des données », sans relier toutefois cette immoralité avec le moindre dommage à la structure du fonds marins et avec les émanations de pétrole et les niveaux de méthane inhabituels.

    Le 26 juillet, les principaux médias londoniens – BBC, Sunday Times, Sunday Telegraph et d’autres – informaient que le « conseil de direction » de la BP « devait décider ce jour-ci du départ du président exécutif (Tony Hayward) pour sa mauvaise gestion du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique ».

    De leur côté, Notimex et El Universal, de Mexico, informaient qu’à la BP, « aucune décision n’avait été adoptée quant au changement de cadres et qu’un conseil de direction était prévu dans l’après-midi ».

    Le 27 juillet, les agences de presse faisaient savoir que le président exécutif de BP avait été licencié.

    28 juillet. Douze dépêches de presse informaient que quatorze pays, dont les USA et plusieurs de leurs plus importants alliés, avaient formulé des déclarations embarrassées après la divulgation par l’organisation Wikileaks de documents secrets sur la guerre en Afghanistan. Tout en se disant « inquiet » devant ces fuites, Obama signalait que les informations « dataient et ne contenaient rien de nouveau ».

    Une déclaration cynique.

    “Le fondateur de Wikileaks, Julián Assange, a affirmé que les documents prouvaient les crimes de guerre commis par les forces étasuniennes. »

    Ce fut si évident que ces révélations ont ébranlé jusque dans leurs fondations la volonté de secret étasunienne. Les documents parlent de « morts de civils jamais mentionnées publiquement ». Ces révélations ont causés des frictions entre les parties impliquées dans ces atrocités.

    Sur les risques de gaz méthane émanant des puits qui ne sont pas en production, silence absolu.

    29 juillet. Une dépêche de l’AFP révélait l’inimaginable : Osama Bin Laden était quelqu’un des services de renseignement étasuniens. « Osama Bin Laden apparaît dans les rapports secrets publiés par Wikileaks comme un agent actif, agissant et adulé par ses hommes dans la région afghano-pakistanaise ».

    L’on savait qu’Osama avait coopéré avec les USA dans la lutte des Afghans contre l’occupation soviétique, mais l’on supposait qu’il avait accepté l’appui des USA et de l’OTAN dans sa lutte contre l’invasion étrangère comme un mal nécessaire et qu’une fois le pays libéré, il avait repoussé l’ingérence étrangère et créé l’organisation Al Qaeda pour combattre les USA.

    De nombreux pays, dont Cuba, condamnent ses méthodes terroristes qui causent la mort d’innombrables innocents.

    Quelle ne sera pas la surprise de l’opinion publique mondiale en apprenant qu’Al Qaeda est une création du gouvernement étasunien !

    Liquider les talibans a été une justification de la guerre en Afghanistan, puis l’un des motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Iraq par les troupes étasuniennes. Deux pays où sont morts des milliers de jeunes Étasuniens et où beaucoup ont été mutilés. Où plus de 150 000 soldats étasuniens sont engagés pour une durée indéfinie et, à leurs côtés, les membres des troupes de cette organisation belliciste qu’est l’OTAN et d’autres alliés comme l’Australie et la Corée du Sud.

    29 juillet. La presse publiait la photo d’un Etasunien de vingt-deux ans, Bradley Manning, analyste du renseignement, celui qui a fait passer au site web Wikileaks 240 000 documents secrets. Pas de déclaration sur son culpabilité ou son innocence. On ne pourra pas toutefois l’effleurer, parce que les membres de Wikileaks ont juré de faire connaître la vérité au monde.

    30 juillet. Le théologien brésilien Frei Betto publiait un article intitulé : « Cri de la terre, clameur des peuple », dont deux paragraphes résument la quintessence :

    « Les anciens Grecs l’avaient déjà constaté. Gaia, la Terre, est un organisme vivant. Et nous sommes ses fruits, engendrés en 13,7 milliards d’années d’évolution. Or, ces deux cents dernières années, nous n’avons pas su veiller sur elle, nous l’avons transformée en une marchandise dont nous espérons tirer les plus gros profits. »

    « Toutes les formes de vie sur la planète sont désormais menacées, dont l’espèce humaine (les deux tiers de la population mondiale survit au-dessous du seuil de pauvreté) et la Terre même. Éviter que l’Apocalypse ne se précipite exige la remise en cause des mythes de la modernité – marché, développement, État uninational –  tous basés sur la raison instrumentale. »

    Ce même jour, l’AFP informait : « La République populaire de Chine "désapprouve les sanctions unilatérales" adoptées par l’Union européenne contre l’Iran, a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu ».

    La Russie protestait énergiquement à son tour contre la mise en place de ces sanctions de la part de cette région étroitement alliée aux USA.

    Le 30 juillet, selon une dépêche de l’AFP, le ministre de la Défense israélien déclarait : « Les sanctions imposées à l’Iran par l’ONU… ne lui feront pas interrompre ses activités d’enrichissement d’uranium afin de fabriquer une bombe atomique ».

    Le 1er août, selon une dépêche de l’AFP :

    « Un haut chef militaire des Gardiens de la révolution a mis en garde les USA contre une éventuelle attaque sur l’Iran ».

    « Israël n’a pas renoncé à une action militaire contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire.

    « La communauté internationale, conduite par Washington, a récemment  intensifié ses pressions sur l’Iran, l’accusant de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous prétexte d’un programme nucléaire civil.

    « Les affirmations de Javani ont précédé une déclaration du chef de l’État-major interarmes étasunien, Michael Mullen, qui a assuré dimanche que les USA avaient prévu un plan d’attaque contre l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire. »

    Le 2 août, l’AFP faisait savoir, en même temps que les autres agences de presse :

    « "Je dois me rendre en septembre à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis prêt à m’asseoir face à face avec Obama, d’homme à homme, pour parler librement des affaires du monde devant les médias, afin de trouver la meilleure solution", a affirmé Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision publique.

    « Mais le président Ahmadinejad a averti que le dialogue devait se baser sur le respect mutuel.

    « "S’ils croient pouvoir agiter un bâton et nous dire que nous devons accepter tout ce qu’ils disent, ils se trompent", a-t-il ajouté. Les puissances occidentales "ne comprennent pas que les choses ont changé dans le monde", a-t-il précisé.

    « "Vous appuyez un pays qui possède des centaines de bombes atomiques, mais vous dîtes vouloir arrêter l’Iran qui pourrait éventuellement en avoir une un jour… »

    Les Iraniens ont déclaré qu’ils lanceraient cent missiles contre chacun des bateaux étasuniens et israéliens qui bloquent l’Iran dès qu’un seul cargo iranien serait arraisonné.

    Ainsi donc, dès qu’Obama ordonnera d’accomplir la résolution du Conseil de sécurité, il décrétera la perte de tous les bâtiments de guerre étasuniens patrouillant dans cette zone.

    Il n’est échu une décision aussi dramatique à aucun autre président des USA. Il aurait dû le prévoir.

    Je m’adresse en l’occurrence pour la première fois de ma vie au président des USA, Barack Obama :

    Vous devez savoir que vous avez les moyens d’offrir à l’humanité la seule possibilité réelle de paix. Vous ne pourrez utiliser qu’une seule fois votre prérogative de donner l’ordre de tirer.

    Il se peut qu’après cette expérience traumatique, on trouve des solutions qui ne nous conduisent pas une fois de plus à une situation si apocalyptique. Tout le monde dans votre pays, même vos pires adversaires de gauche ou de droite, vous en saura assurément gré, ainsi que le peuple étasunien qui n’est absolument pas coupable de la situation qui s’est créée.

    Je vous demande de daigner écouter cet appel que je vous lance au nom du peuple cubain.

    Je comprends qu’on ne saurait attendre une réponse rapide, ce que vous ne feriez jamais, d’ailleurs. Pensez-y bien, consultez vos spécialistes, demandez leur avis sur ce point à vos plus puissants alliés et adversaires internationaux.

    Les honneurs ni les gloires ne m’intéressent. Faites-le !

    Le monde pourra se libérer vraiment des armes atomiques et des armes classiques.

    La pire des variantes serait la guerre nucléaire, qui est d’ores et déjà virtuellement inévitable.

    ÉVITEZ-LA !

     

    Fidel Castro Ruz

    Le 3 août 2010


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