• Une deuxième baffe pour Berlusconi



    Gorka Larrabeiti

    Traduit par  Fausto Giudice

    Les Italiens ont rejeté massivement  le retour  à l'énergie nucléaire, la privatisation de l'eau et des services publics et l'empêchement de juger  Berlusconi et ses ministres

    Grande joie en Italie, hier, quand il est apparu que le quota requis (50% plus un des électeurs inscrits) était atteint   pour valider les résultats  des quatre référendums abrogatifs  sur la gestion des services publics (eau, transports, déchets), les taux de service de l'eau, l'énergie nucléaire et les entraves légales à la possibilité de  juger le Président et les membres du  Conseil des ministres. Environ 95% des 26.900.000 électeurs  (57% du total) qui s'étaient rendus aux urnes ont voté quatre fois oui. Un résultat  écrasant.
     
    Il est très difficile d'atteindre le quota  lors d'un référendum abrogatif. Cela faisait 15 ans que cela ne s’était pas passé.  On dit que Fukushima a été la clé qui explique l'énorme participation des électeurs. On dit  aussi qu’il s’est agi d’un vote politique contre Berlusconi. En deux semaines, Il  Cavaliere a essuyé deux défaites électorales spectaculaires. Tout d'abord, lors des élections locales quand il a perdu des villes symboliques comme Milan et Naples.

    Et voilà que les Italiens lui désobéissent en masse en allant aux urnes alors qu’il les avait invités «aller à la plage » dimanche. Les ruses de Berlusconi  pour que la participation aux référendums n’atteigne pas le quota requis n’ont servi à rien. «Nous en avons marre de prendre des baffes. Maintenant, c’est nous qui allons dicter  l'ordre du jour », a averti Roberto Calderoli, ministre de la Ligue du Nord, le parti sans lequel  Berlusconii ne pourrait pas continuer à gouverner. Le gouvernement Berlusconi est chancelant, et, logiquement, les partis d'opposition exigent en bloc la démission de l'actuel président du Conseil et la convocation immédiate d’élections politiques.


    Mais la signification de cette victoire va au-delà de l’immédiateté et de l’actualité  politiques de la baffe à Berlusconi ou ou du déclin du berlusconisme, et cela  pour deux raisons. Premièrement, parce que c'est un triomphe d'un référendum promu par le bas, sans autre moyen que la mobilisation populaire dans les réseaux sociaux et dans les rues.

    Il est vrai que le parti  Italie des Valeurs s’était fait le promoteur de la collecte des signatures nécessaires pour obtenir un référendum, mais ce sont  les mouvement pour l'eau publique et contre l'énergie nucléaire qui se sont mobilisés les premiers. Deuxièmement, parce que ce qui était en jeu, à savoir l'eau, l'énergie, l'environnement et la justice sont des biens publics qui appartiennent à tout le monde car ils ne sont à personne, et une majorité transversale a décidé qu’ils devaient le rester. Ce référendum révèle le désir de participer, d’échapper à l'égoïsme, et de revenir au commun. Nichi Vendola, chef de file du parti Gauche, écologie et liberté, (SEL) résume ainsi la situation actuelle: «Aujourd'hui, c’est l'Italie des biens communs qui gagne et celle des lobbys qui perd .»
     
    Selon Giuseppe di Rita (1), président de CENSIS (Centre d'Études en Investissement Social), une fondation qui publie un rapport annuel socio-économique sur l'Etat italien, 'un cycle politique fondé sur la subjectivité qui a commencé dans les années 60 et a atteint son apogée avec Berlusconi est en train de se refermer. Un cycle qui a produit un «malaise social» dans cette dernière phase, parce que la société s’éloigne du modèle  "tout est à moi" et recommence à se réunir, à s’agréger. Le « je », axe du libéralisme qui prétend encore dominer le monde, est en train de cesser d’être le centre du monde car il ne fait que conduire à " des formes d’agressivité diffuse ou automutilante (anorexie, boulimie, consommation de drogues). Et à des situations familiales exaspérante, à des crimes et délits violents."
     
    Di Rita dit: «Aujourd'hui, on commence à percevoir que solitude et l'individualisme ne sont pas une aventure de puissance, mais de dépression. Le dérèglement des pulsions est un produit de l'égocentrisme, d’une culture qui fait du moi le principe du monde, et de plus dans la une phase où la reconnaissance sociale se raréfie."
     
    Et tandis que Berlusconi, qui a reçu hier Nétanyahou, continuait à faire des blagues sur le Bunga Bunga, pour essayer de détourner l'attention de la défaite et la centrer à nouveau sur sa personne, l'Italie nous a donné une grande joie. L’ère du « moi-moi-moi » prend fin. Le « nous » est de retour.

    Note
     
    1. Ida Dominijanni, entretien avec Giuseppe di Rita. "Il lento sipario sulla Seconda Repubblica", Il Manifesto, 8-6-2011, p.7.
     



    Merci à Tlaxcala
    Source: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5048
    Date de parution de l'article original: 14/06/2011
    URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5053


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  • L’accaparement des terres : l’Inde en guerre contre ses paysans



    Vandana Shiva

    Traduit par Michèle Mialane

    Notre terre, avec ses mers, ses rivières et ses eaux dormantes, qui fournit leur nourriture aux groupes humains divers à qui elle a donné naissance, qui porte toute cette vie qui respire et foisonne, nous offre en premier lieu la joie d’étancher notre soif.

    Prithvi Sukta, Atharva Veda.

     

    En Inde, l’État arrache par la force leurs terres aux paysans et les remet aux spéculateurs, aux grosses sociétés foncières et minières et à l’industrie du divertissement.


    La terre, c’est la vie. Pour les paysans et les peuples autochtones de tout le Tiers Monde, c’est le fondement de leur subsistance. Mais c’est aussi désormais le premier investissement au  sein l’économie mondialisée. Comme la mondialisation exige de plus en plus de ressources, la terre devient un enjeu majeur des conflits. En Inde  65%  de la population dépend de la terre. Parallèlement l’économie mondialisée, poussée par la spéculation financière et le consumérisme effréné, exige de plus en plus de terre pour ses mines et son industrie, ses villes, ses autoroutes et ses plantations pour les agrocarburants. Le montant des spéculations financières représente cent fois la valeur totale des biens et services réels.

    Le capital financier est avide d’investissements et de retour sur investissement.  Il lui faut changer en profit toute la planète - l’air et l’eau, les plantes et les gènes, les microbes et les mammifères. La transformation en marchandise pousse les entreprises à s’accaparer les terres de l’Inde, aussi bien par la création de zones spéciales qu’au moyen d’investissements étrangers directs  dans les  biens fonciers.

    La terre, pour la plus grande partie de l’humanité, c’est la Tierra Madre, Mother Earth, Bhoomi, Dharti Ma.La terre, c’est l’identité même des peuples, la base de leur culture et de leur économie. Le lien avec la terre est un lien avec Bhoomi, notre terre ; 75% de l’humanité vit de la terre et la terre est son berceau. La terre est le premier employeur au monde : elle représente 75% de la richesse du Sud mondialisé.

    Le fondement de la  colonisation , c’était l’appropriation des terres par la violence. Et maintenant la mondialisation et le néocolonialisme induisent un accaparement massif des terres indiennes, africaines et latino-américaines. On s’accapare la terre en vue d’investissements spéculatifs, de l’extension des villes, de l’extraction minière et des autres industries, de la construction de routes et d’autoroutes. On vole leur terre aux paysans après les avoir pris au piège de l’endettement et poussés au suicide.

    Les problèmes de la terre en Inde

    En Inde, un mélange empoisonné  des lois coloniales 1894 régissant les acquisitions foncières et de la dérèglementation néolibérale des investissements et transactions commerciales favorise  l’accaparement des terres - et avec lui le règne de la cupidité et de l‘exploitation sans frein. L’avènement d’un État policier et l’utilisation de lois coloniales réprimant les révoltes, et rendant antinationale la protection des intérêts de l’État et de la nation joue aussi son rôle.

    Il y a des années que la Banque mondiale s’efforce de transforme la terre en marchandise. En 1991, son programme d’ajustement structurel a stoppé la réforme agraire et dérèglementé l’industrie minière, les routes et les ports. Alors que les lois postérieures à l’indépendance, prévoyant de laisser les terres aux paysans qui l’exploitaient, étaient abolies, la loi de 1894 est restée.

    Ainsi l’État a pu contraindre les paysans et peuples autochtones à lui céder leurs terres, revendues ensuite à des spéculateurs ou à des entreprises immobilières, industrielles et  minières.

    Dans toute l’Inde, depuis  Bhatta dans l’Uttar Pradesh à Jagasingphur dans l’Orissa et Jaitapur dans le Maharashtra, le gouvernement a déclaré la guerre à nos paysans, nos annadatas (paysan en telugu) pour les dépouiller de leurs terres fertiles.

    L’instrument de ce vol a été la loi coloniale sur les acquisitions foncières, utilisée par les dominateurs étrangers contre les paysans indiens.  Le gouvernement se comporte comme ces étrangers lorsqu’ils instaurèrent en 1894 cette fameuse loi, afin de s’approprier la terre au profit des entreprises : JayPee Infratec dans l’Uttar Pradesh pour l’autoroute Yamuna, POSCO dans l’Orissa et AREVA à Jaitapur - le tout au bénéfice d’intérêts privés et non de l’intérêt public, aussi débridée que soit notre imagination. C’est aujourd’hui monnaie courante chez nous.

    Les guerres pour la terre sont lourdes de conséquences pour notre démocratie, la paix sociale et l’écologie, notre sécurité alimentaire et l’alimentation de la population rurale. Ces guerres doivent cesser, ou c’en est fait en Inde de l’écologie et de la démocratie.

    Pendant que le gouvernement de l’Orissa s’apprête à arracher leurs terres aux gens deJagasingphur, qui luttent démocratiquement contre cette spoliation depuis 2005,Rahul Gandhia fait savoir qu’il était opposé à la réquisition des terres à Bhatta dans l’Uttar Pradesh dans un cas similaire. Jairam Ramesh,Ministre de l’Environnement, a concédé qu’il avait donné le feu vert au projet de POSCO « à la suite de fortes pressions.» On peut se demander : « Qui fait pression ? » Il faut en finir avec ce « deux poids, deux mesures » dans la question des terres.

    Un pays méprisé

    À Bhatta Parsual, Greater Noida (UP), la société Jaiprakash Associates (infrastructures) a acquis 2400 ha de terre pour y construire des résidences de luxe et des installations sportives, dont un circuit de formule 1, sous prétexte de construire l’autoroute Yamuna. Longue de 165 km, elle enlèvera des terres à 1225 villages. Les paysans ont protesté contre cette  injuste spoliation et le 7 mai 2011 des heurts entre manifestants et policiers ont causé la mort de quatre personnes et fait de nombreux blessés. Si le gouvernement poursuit ses guerres pour la terre au cœur du grenier à céréales indien, la paix n’a aucune chance.

    En tout cas l’argent ne peut  compenser l’aliénation du pays. Comme l’a dit Parshuram, 80 ans, qui a perdu sa terre à cause de Yamuna :  « Tu ne sauras jamais ce que l’on ressent quand on vous enlève votre terre. »

    Alors que le gouvernement verse 300 roupies (6 dollars US) aux paysans pour 1 m2 de terre - sur la base de la loi de 1894-  , il la revend 600 000 roupies (13 450 dollars) à celui qui porte le projet de « développement ». C’est à dire qu’il multiplie la valeur et donc le profit  par 200 000 . Cet accaparement des terres et ces profits alimentent la pauvreté, l’expropriation  et les conflits.

    De la même manière, à Jaitapur (Maharashtra), la police a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques contre la centrale nucléaire projetée dans une cité près de  cette petite ville portuaire. Une personne a été tuée et au moins huit autres ont été grièvement blessées. La centrale de Jaitapur, la plus grande du monde, sera construite par la société française AREVA. Après la catastrophe de Fukushima la contestation s’est accrue - l’entêtement du gouvernement a fait de même.

    Aujourd’hui une situation analogue se prépare à Jagasingphur, Orissa, où 20 bataillons ont été envoyés pour soutenir l’acquisition anticonstitutionnelle de terres et protéger le plus gros investissement étranger en Inde, l’aciérie POSCO. Le gouvernement se propose de détruire 40 plantations de bétel pour pouvoir prendre leurs terres. Le bétel rapporte aux paysans 400 000 roupies (9000 dollars) par an pour 0,4 ha cultivés. Le mouvement contre POSCO s’est heurté un nombre incalculable de fois à la violence étatique au cours de ses 5 ans de lutte pacifique. Il entreprend une nouvelle action démocratique et non-violente - peut-être la dernière - de résistance à un État qui cherche à le spolier de sa terre de manière antidémocratique en usant de violence et se place au-dessus des lois et des droits constitutionnels.

    La « plus grande démocratie du monde» détruit les bases de sa démocratie en menant ses guerres pour la terre. La Constitution reconnaît aux individus et aux panchayats (Conseils de village) le droit de décider démocratiquement en matière  de  terre et de développement, mais le gouvernement ignore leurs décisions, ce qui est apparu clairement dans l’affaire POSCO, lorsque trois panchayats ont refusé de céder leurs terres.

    Le recours à la violence et la privation des moyens d’existence, caractéristiques de la tendance actuelle, met en danger non seulement l’avenir de la démocratie indienne, mais aussi pour la survie de l’Inde en tant que nation. L’Inde, qui  affirme avoir une économie prospère et une forte croissance, est incapable de nourrir 40% de sa population ; n’est-ce pas là une honte nationale ?

    La terre n’est pas destinée à se couvrir de forêts de béton, qui seraient la preuve qu’un pays se développe et bénéficie d’une forte croissance ; elle fournit l’eau et la nourriture, les fondements mêmes de la vie humaine. Donc c’est clair : l’Inde a besoin, non d’une politique d’accaparement des terres fondées sur une loi coloniale améliorée, mais d’une politique de maintien de nos sols, qui respectera notre écosystème, si important: par exemple la fertile plaine du Gange et les régions côtières, en raison de leur  rôle écologique et de contribution à la sécurité alimentaire.

    Donner une terre fertile à des entreprises privées qui forment désormais une nouvelle caste zamindar (noblesse héréditaire) ne peut être d’intérêt public. Les autoroutes privées et routes à grande vitesse ne sont pas des infrastructures indispensables. La véritable infrastructure dont l’Inde a besoin, c’est une infrastructure écologique garantissant l’eau potable et une alimentation correcte. Couvrir de béton et d’usines notre terre  fertile, d’où nous tirons notre nourriture, signifie enterrer l’avenir de notre pays.

     



    Merci à Vandan Shiva
    Source: http://english.aljazeera.net/indepth/opinion/2011/06/20116711756667987.html?utm_source=Al+Jazeera+English+List&utm_campaign=f238e19811-Newsletter&utm_medium=email
    Date de parution de l'article original: 07/06/2011

    URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5028


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  • L'UMP est fantastique! Vraiment fantastique!

    Le parti présidentiel vient de pondre 40 mesures de justice sociale. Il faut lire les mesures qui, en fait, portent plus sur la limitation des aides, CMU et autres RSA que sur leur répartition. De quoi décourager ceux qui y ont droit et en ont besoin pour ....vivre!

    Parmi celles-ci: un fichier national des fraudeurs sociaux. Pas mal hein? Mieux: doubler les peines et amendes encourues pour travail au noir!

    Sinon, en piochant au hasard, il y a la création d'une sorte de FBI social pour lutter contre les fraudes. Comme ils aiment les flics à l'UMP! La fraude aux allocs, au RSA, aux remboursement santé. Une véritable obsession!

    Le reste est du blabla avec des souhaits, des recommandations sur la création d'entreprises, la promotion des salariés, la formation professionnelle, les prêts aux étudiants..

    Et puis, il y a cette petite perle en matière de collège. Lisez bien et ne rigolez pas trop fort:

    L'UMP propose que dans une grande agglomération ou un département, chacun de ses collèges ne se consacre qu'à une seule classe. Le collège du quartier A recevrait tous les élèves de 6ème de l'agglomération ou du département, le collège de la bourgade B recevrait tous les élèves de 5ème du département, le collège de la ville C, tous les élèves de 4ème.

    L'imagination est au pouvoir avec l'UMP!

    La justice sociale, la lutte contre l'assistanat: des priorités pour l'UMP. Pourtant rien contre l'assistanat versé directement aux entreprises, aux agriculteurs, rien contre l'assistanat sous forme de défiscalisation et d'exonérations diverses offertes aux investisseurs dans l'immobilier, aux entreprises.

    C'est bien ça qui est amusant, cette grosse ficelle qui consiste à désigner des coupables sans présomption d'innocence.

    Les pauvres? Forcément des fraudeurs, du moins potentiellement. Et au même moment sortent les 4495€ de salaire mensuel fictif de Luc Ferry, le favoritisme qui se compte en centaines de millions d'Euros de Lagarde envers Tapie. A peine quelques semaines après le scandale des enveloppes de Liliane Bettencourt, Eric Woerth et son hippodrome, les mises en examen d'élus UMP et PS pour diverses opérations frauduleuses, l'affaire Alliot-Marie et le remboursement par le contribuable français à Taïwan pour les rétrocommissions versées lors du contrat des frégates de Taïwan et dont les bénéficaires sont protégés par le secret-défense.. 

    On rigole encore plus. Au moment même où on attaque l'assistanat comme étant un cancer, un fléau, l'assemblée nationale vote la fin du bouclier fiscal. On se dit: "Bon, ça y est, ils ont compris qu'il faut être juste".

    Mais non, la fin du bouclier fiscal prendra effet en 2014 ! Ils sont géniaux non?

    Mais à part ça, la lutte contre les fraudes chez les plus pauvres, c'est prioritaire. Et tant pis si la France se voit reléguée à la 25ème place du classement des pays les moins corrompus loin derrière Barbade et juste avant l'Estonie... La corruption chez les gens bien, ça n'est rien, le problème, ce sont les fraudes des assistés, ces parasites, ces glandeurs..!

    Question qualité de la vie, qualité de la vie démocratique et liberté, la France a fait un bond énorme.. en arrière! Pour la liberté de la presse, la France était à la 11ème place en 2002 et se classe en 2010 à la 44ème place sur 178 pays, entre le Surinam et les îles du Cap-Vert!.

    La liberté d'expression, on a vu ce qu'il en est. Même chanter une chanson de Brassens marrante et moqueuse envers nos amis les bêt. euh les flics peut vous conduire en garde-à-vue.

    La qualité de la vie. Pas seulement une question de pouvoir d'achat. La qualité de vie, c'est aussi la santé, le logement, l'éducation, le travail, les services publics, le temps libre, les liens sociaux. Il n'y a qu'à se rendre à un guichet dans une préfecture ou une administration sociale ou tout simplement se promener en centre-ville au milieu des mendiants pour comprendre...Et pourtant qui promettait zéro SDF dans la rue en 2006?

    La suite  Chez Milton 


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    Les intellectuels faussaires - par Pascal Boniface


    Depuis quelques années, le mensonge est devenu la marque de fabrique de plusieurs intellectuels.

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    Ces " faussaires " qui assènent sans aucun scrupule des contrevérités pour défendre telle ou telle cause sont quasi intouchables. Quoi qu’ils racontent, on les respecte et personne, ou presque, n’ose dénoncer leurs (petits) arrangements permanents avec la vérité.

    Le triomphe de ces " serials-menteurs " représente une véritable menace pour l’information et la démocratie. Les " intellectuels faussaires " dont il est question dans cet ouvrage sont bien connus. Ils s’affichent sur les plateaux de télévision et tiennent des chroniques à la radio ou dans la presse.

    Tous brandissent la morale pour nous faire avaler leurs couleuvres. Tous distillent des énormités et des concepts creux sur l’islamisme. En levant le voile sur leurs pratiques, Pascal Boniface dénonce une nouvelle " trahison des clercs ".

    Un ouvrage corrosif qui démontre, exemples à l’appui, les mensonges de certains experts et autres donneurs de leçons très médiatiques. Une réflexion iconoclaste sur les dérives du débat intellectuel aujourd’hui en France.


     

    « 14 refus d’éditeurs. Oui, vous lisez bien : il y a 14 éditeurs qui ont refusé de publier le manuscrit que je leur avais envoyé sur « les intellectuels faussaires », ceux qui mentent sciemment au public et pourtant restent les stars des médias. »

    Comment ont-ils justifié leur choix ? Certains étant des éditeurs universitaires le trouvaient trop polémique, d’autres estimaient que je mettais en cause certains de leurs auteurs. Mais il y eut également le cas fréquent d’éditeurs me disant qu’ils avaient apprécié le livre, qu’ils en ont partagé les analyses et démonstrations mais qu’ils ne pouvaient pas prendre le risque de le publier car ils ne voulaient pas se fâcher avec des gens puissants dans le milieu de l’édition et des médias.

    La France est un pays de liberté mais, dans ce domaine, l’autocensure, la protection des puissants au mépris du public fonctionnent. Publier un livre contre certaines figures du monde médiatique français serait-il aussi difficile que de publier un livre critique vis-à-vis de Ben Ali en Tunisie avant la révolution du Jasmin ?

    Il y a des gens qu’il ne faut pas mettre en cause, car ils ont des moyens de rétorsion. Nous sommes dans un tout petit monde où éditeurs, chroniqueurs et éditorialistes vivent en vase clos. On verra bien si les réseaux sociaux, si la mobilisation de la base arrivera à être plus forte que l’entre soi du petit monde éditorial.

    Je publie, en effet aux éditions Jean-Claude Gawsewitch le 20 mai ce livre intitulé « Les intellectuels faussaires ». Il démontre les multiples mensonges, contre-vérités, voire même affabulations, que de nombreux intellectuels et experts commettent sans pour autant voir leur statut remis en cause ou leur présence dans les médias contestée. Je ne parle pas là d’erreurs, tout le monde peut en commettre, quoi que certains en abusent, mais de mensonges volontaires. À condition d’aller dans le sens des vents dominants et notamment de faire de l’islam une menace terrorisante, cela passe comme une lettre à la poste.

    Pour certains, vérités et mensonges se valent. Il n’y a pas de différence. Ces experts et intellectuels dont la mission serait d’éclairer le public, en réalité le trompent. C’est cette connivence qui suscite la coupure entre le public, qui n’est pas dupe et les élites.

    On verra ce qu’il adviendra de ce livre, s’il sera étouffé par les censeurs discrets ou si le pari courageux de Jean-Claude Gawsewitch, auquel je rends hommage, sera récompensé.

    Article tiré de http://contreinfo.info/article.php3...

    Détails :

    -  Broché : 272 pages
    -  Editeur : JC GAWSEWITCH EDITEUR (20 mai 2011)
    -  Collection : COUP DE GUEULE
    -  Langue : Français
    -  ISBN-10 : 2350132773
    -  ISBN-13 : 978-2350132778

    * Pascal Boniface est directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à l’Institut d’études européennes de l’université de Paris VIII. Il a écrit ou dirigé une quarantaine d’ouvrages ayant pour thème les relations internationales, les questions nucléaires et de désarmement, la politique étrangère française ou encore l’impact du sport dans les relations internationales.

    Source


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  • Le procès de l’Angolagate : un symbole de la pression du pouvoir politique sur la justice.

    Thierry BRUGVIN

    Les pressions politiques sur la justice ont limité la portée du procès de l’Angolagate.

    Dans ce procès, Charles Pasqua est finalement parvenu à se faire relaxer par la cour d’appel de Paris, après avoir été condamné en première instance à trois ans de prison ferme. En plus de ce dernier, le juge Philippe Courroye, avait fait comparaître une quarantaine de personnes dont Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone. La peine de deux ans et demi de prison ferme de ce dernier « pour abus de biens sociaux » a été confirmé, tandis que Gaydamak a été sanctionné pour fraude fiscale et blanchiment à purger trois ans de prison ferme.

    Chacun de ces deux protagonistes devra payer des amendes de 375.000 euros ont été infligées aux deux hommes. De plus, Jean-Charles Marchiani, l’ancien préfet du Var a été condamné pour recel d’abus de biens sociaux à 24 mois dont 8 ferme de même que l’avocat Allain Guilloux. Finalement, Charles Pasqua figure parmi ceux qui s’en sortent le mieux, mais comme peut-on expliquer cela au regard des faits qui lui étaient reprochés ?

    Nicolas Sarkozy s’est échiné à déminer le terrain de l’Angolagate, car elle relève aussi de la défense des intérêts des transnationales françaises. Car dès 2004, les intérêts de Total, bien implantée en Angola, sont directement menacés. « L’Etat angolais allait récupérer les concessions du bloc 3/80 qui arrivent à échéance. Stupeur dans les étages supérieurs de la Tour de la Défense, siège de la compagnie ». C’est donc le bloc 17, très riche en pétrole qui a fait l’objet du chantage [1]. En 2008, en Angola, le président français Sarkozy, était accompagné des dirigeants de Total, Castel, EADS, Bolloré, CMA-CGM, AIR France, Thales, et de la Société générale.

    Gilles-William Goldnadel, l’avocat commun à Nart et Gaydamak a participé à la mission d’observation partie cautionner au Gabon la réélection truquée d’Omar Bongo, fin 1998. Cette mission était conduite par le magistrat Georges Fenech, président l’APM (Association professionnelle des magistrats), orientée politiquement très à droite. Elle était financée par le foccartissime Robert Bourgi. Il a dépêché treize juristes, dont l’avocat élyséo-africain Francis Szpiner et Gilles-William Goldnadel. Durant cette mission fut intercepté à Roissy « un familier des dossiers africains [...], porteur d’une mallette contenant une très importante somme en argent liquide. Il avait expliqué que ces fonds provenaient de la “présidence du Gabon” et qu’ils étaient destinés au Club 89 » animé par Robert Bourgi [2]. En 1997 déjà, un compte suisse de la société Brenco, du tandem Falcone-Gaydamak, a versé 100 000 francs à la revue Enjeu justice (de l’Association professionnelle des magistrats) que préside Georges Fenech… [3].

    L’Angolagate est le plus grand procès de trafic d’armes sur fonds d’enjeux pétroliers de la fin du XXe siècle.

    Il s’agit en fait de l’histoire est celle de la privatisation de la guerre en Angola et de l’organisation du pillage biens publics de l’Etat. Les condamnations, dont celles de Charles Pasqua, de Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak sont tombées, le 27 octobre 2009. Ce procès dévoile la réalité d’une partie non négligeable du pouvoir non démocratique et illégal exercé par nos élites.

    Cette guerre civile aura débuté en 1975, se terminera 27 ans plus tard en 4 avril 2002 et aura fait 500 000 morts. Sa durée s’explique notamment par la fourniture très importante d’armements par certaines grandes puissances, via Falcone et Gaydamak notamment. Parmi ces ventes, on compte un arsenal de morts impressionnants, 420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs, 170 000 mines, antipersonnel, 650.000 détonateurs.

    La lutte entre grandes puissances existe généralement derrière les conflits locaux.

    En 1975, trois mouvements indépendantistes luttent alors pour prendre le pouvoir. Tandis que l’UNITA est soutenu par les puissances occidentales (USA-France), le Zaïre mobutiste et l’Afrique du Sud, le MPLA fait parti du des pays luttant contre l’apartheid dans ce dernier pays et est appuyé par le camp opposé (URSS, Cuba, Brésil, Portugal). Cela fait au moins huit sources permanentes d’ingérence, donc de quoi relancer perpétuellement la guerre entre MPLA et UNITA, qui est une lutte absolue pour le pouvoir. Chez Elf, on a partagé les rôles : Alfred Sirven côté UNITA, André Tarallo côté MPLA. Fin 1999, TotalFinaElf et les majors américaines se partageront l’essentiel des énormes gisements de pétrole sous-marin. Depuis en 1975, français et Américains ont, globalement partagé la même stratégie. Pendant quinze ans, avec le régime sud-africain d’apartheid, ils ont nettement soutenu les rebelles de l’UNITA, contre Cuba et l’URSS soutenu par le MPLA.

    Créer des sociétés écrans permet de blanchir de l’argent dans les paradis fiscaux et judiciaires.

    En 1985, les Falcone créent à Paris la société Brenco, puis Brenco Trading International Limited, « basée sur l’île de Man » – dont la SARL parisienne devient la filiale, sous le nom de Brenco-France [4]. Les relations entre Brenco, Falcone, Gaydamak et les marchés publics d’Ile de France illustrent l’utilité des paradis fiscaux pour les pratiques illégales. Brenco International et Jean-Claude Méry ont le même avocat, Allain Guilloux. Celui-ci est soupçonné de « blanchiments de fonds entre la France et le Maroc » [5]. A. Guilloux avait monté des structures immobilières sophistiquées avec le duo Falcone-Gaidamak, via des paradis fiscaux qui leur servaient de sociétés écrans. Il semble donc que ce soit les mêmes réseaux, via les mêmes mécanismes qui blanchissaient l’argent public détournés des HLM d’Ile de France, de la drogue, du pétrole et des armes. Une partie du racket des marchés publics franciliens était recyclée via la Côte d’Ivoire ou l’Afrique centrale [6].

    Il existe de fortes collusions entre les intérêts des industriels de l’armement, l’armée et les services secrets.

    CS est une firme spéciale, où ont “pantouflé” d’anciens hauts responsables de la DST (l’ancien n° 2 Raymond Nart et son adjoint Jacky Debain). C’est-à-dire que des anciens membres des pouvoirs publics continue leur carrière dans le secteur privé, avec le risque d’une perte de l’indépendance de l’Etat et donc de l’intérêt général.

    Le brillant stratège du Secrétariat général de la Défense nationale, le général de division Claude Mouton deviendra en juillet 2000, directeur général de Brenco-France, l’entreprise de l’entrepreneur Pierre Falcone. A Pékin, Brenco est représentée par Thierry Imbot, fils de l’ancien patron de la DGSE et fournit des équipements militaires d’Europe de l’Est au Vietnam et en Birmanie.

    « De nombreux anciens des services travaillaient pour Brenco comme Thierry Imbot, qui est décédé le 10 octobre 2000, il s’est officiellement suicidé en se jetant par une fenêtre » [7]. Grâce à ses « appuis au sein de la DST ou dans des groupes comme Thomson, le Giat ou la Compagnie des Signaux », Falcone est devenu « l’un des plus grands marchands d’armes du monde » [8].

    Pierre Falcone est en cheville avec la Sofremi depuis 1989. Cette dernière est une officine parapublique de vente d’armes et d’équipements et dépendant du ministère français de l’Intérieur. Falcone, le patron de Brenco [...] ayant longtemps joué quasiment officiellement les VRP [agents commerciaux] pour la Sofremi » [9]. qui est un organisme parapublic. A travers le statut de Pierre Falcone, on relève une flagrante collusion entre des pouvoirs entre l’exécutif et le pouvoir économique.

    Les réseaux économiques et politiques sont souvent nécessaires pour les affaires économiques au plan international. C’est en 1993 que Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, avait accordé des facilités à l’homme « de Dos Santos à Paris pour faciliter les premières opérations de livraisons d’armes et de produits alimentaires à l’Angola par l’équipe Falcone/Gaydamak (plus de 400 millions $ de contrats) » [10].

    Le rôle des banques et des intermédiaires mafieux est important dans l’Angolagate.

    L’Angola – à travers les contrats de l’entreprise publique Simportex (anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financières et militaires – a payé à l’entrepreneur franco-russe Arcadi Gaydamak 135 millions de dollars en plus de ce qu’il devait recevoir pour une livraison de matériel militaire, fin 1996. L’affaire a été bouclée par un ensemble d’institutions bancaires presque toutes européennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche...) sous le leadership de la banque Paribas – une des banques que Luanda a utilisées de façon de plus en plus fréquente pour ses transactions et emprunts ces dernières années. La Banque of New York sert aussi beaucoup pour ces transactions [11]. Deux dirigeants de la Banque Paribas ont été inculpés en France, pour ces transactions illégales durant le procès de l’Angolagate en 2008.

    Les enquêteurs pensent que l’entreprise Menatep fut le point d’origine principal de l’argent blanchi. Celle-ci « aurait continué à fonctionner en sous-main en 1998 et transféré des fonds suspects [...] vers des compagnies offshore basées sur des territoires aussi lointains que les îles Vierges  » [12]. Alors que Menatep est officiellement en faillite depuis 1998, Ernest Backes a trouvé dans le répertoire 2000 de la société internationale de compensation Clearstream un compte non publié n° 81738 au nom de Menatep, client « non référencé ». Sa partenaire en blanchiment (15 milliards de dollars dans la seule année 1998), la Bank of New York, possède de nombreux comptes non publiés dans la nébuleuse société de compensation financière Clearstream [13].

    Une part de ces flux ( pétrole, armes, dettes) a pu être brassée entre la Bank of New York et les recettes du pétrole angolais, grâce à la gestion parfaitement occulte du régime de Luanda. Pierre Falcone est constamment en affaires avec Glencore et Paribas – entre lesquels Jean-Didier Maille a fait la navette. La société suisse Glencore et la banque française Paribas (chef de file d’un pool d’une dizaine de banques dont la BNP, Worms, la Banque populaire... ) [14] sont quant à eux, au cœur du système de prêts gagés sur le pétrole futur de l’Angola à des taux extrêmement élevés. Au printemps 2000, Glencore a encore levé 3 milliards de dollars de prêts gagés à l’Angola, avec des banques comme Paribas, la Société générale, la Dresdner Bank Luxembourg, etc. Or, comme Paribas, la Dresdner Bank est l’un des pivots du conseil d’administration de Clearstream [15].

    On observe donc de nombreux points communs entre les dessous du procès Elf et celui de l’Angolagate. Il y a dans les deux cas un lien fort entre le marché du pétrole et de l’armement, car ce dernier sert aussi à préserver les intérêts pétroliers. Ainsi, à l’exception de Gaydamak (ex-colonel des services secrets russes (KGB), tous les personnages clés suivants ont été aussi membres des services secrets français : Étienne Leandri, Alfred Sirven, Pierre Lethier, Jean-Yves Ollivier. Certains protagonistes clés, tels le général Mouton, ou l’agent secret Thierry Imbot passant du service de l’Etat à celui des entreprises privées d’armement. Finalement les intérêts de l’armée et des grandes entreprises convergent, car fondamentalement, elles visent à assurer les profits des élites au pouvoir, fussent ils au détriment des peuples.

    Ces élites soutenant de manière plus ou moins directes les opérations, qui servent finalement aussi les intérêts du complexe militaro-industriel et pétro-chimique. De même l’Etat français dit républicain et démocrate appui des pratiques de formes légales, mais aussi illicites. C’est d’ailleurs le même type d’acteurs clés, que l’on retrouve dans les différentes affaires liées à la françafrique et au néocolonialisme des grandes puissances.

    Thierry Brugvin
    Sociologue

    [1] LDC, (La Lettre du continent), n°458, 11 novembre 2004.

    [2] LE MONDE, Soupçons sur les observateurs français des élections gabonaises, 09/12/1998.

    [3] LASKE Karl, THORAVAL Armelle, L’étrange don du marchand d’armes, Libération, 21/12/2000.

    [4] TOMASOVITCH Geoffroy, Pierre Falcone, homme d’affaires et de relations, Le Parisien, 22/12/2000.

    [5] VALDIGUIE L, Les “affaires” africaines d’Attali, de Pasqua et du fils Mitterrand, Le Parisien, 02/12/2000.

    [6] VERSCHAVE François Xavier, 2001, L’envers de la dette, Agone , (p 152 et 178).

    [7] VERSCHAVE, 2001 : 137

    [8] ROUTIER Airy, Enquête sur une affaire d’État, Le Nouvel Observateur, 28/12/2000.

    [9] JOHANNY Stéphane, Jean-Christophe Mitterrand, du fait divers à l’affaire d’État, Le Journal du Dimanche, 24/12/2000.

    [10] VERSCHAVE, 2001, p. 169).

    [11] VERSCHAVE, 2001, p.129-132

    [12] ROUSSELOT Fabrice, Le clan, le parrain, et les 15 milliards de dollars, Libération, 27/08/1999.

    [13] ROBERT Denis, Révélation$, Les arènes, 2001, p 216.

    [14] LDC, France : “Affaires africaines”, 14/12/2000.

    [15] LDC, Glencore, 3 milliards $ de crédits syndiqués, 08/06/2000.

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