• cherche expert en révolution

    19 juin 2011
    par snony Ici

    Les événements qui ont lieu dans le monde arabe depuis fin 2010 continuent de faire couler de l’encre. Mais une encre qui semble pâlir au fur et à mesure où le temps avance. Deux hypothèses : ou bien ce sont les révolutions elles-mêmes qui flanchent, ou bien se sont les commentateurs, observateurs, experts dont la plume évolue. Rien, de mon point de vue, ne confirme la première hypothèse, mais beaucoup de soupçons se portent sur la deuxième.

    Pour commenter les révolutions il faudrait sans doute commencer par définir ce que c’est. Dans les manuels d’histoire, celles-ci sont d’autant plus saluées qu’elles sont lointaines, géographiquement ou historiquement. Mais y a-t-il des caractéristiques qui permettraient de faire des pronostics sur l’avenir de celles qui sont en cours ? Y a t-il une « théorie de la révolution » à laquelle les commentateurs se réfèrent ? On peine à trouver dans les différentes contributions quelque chose qui aille au-delà de la définition du petit Robert : changement radical sur une brève période de temps. La discussion se déplace alors sur l’appréciation de « radical » et de « bref ». C’est déjà un pas.

    Tout le monde conviendra qu’une période de quelques mois à l’échelle de l’histoire d’un pays peut être qualifiée de brève. Mais qui peut juger du radical hormis les acteurs eux mêmes ? Concernant la révolution en cours en Égypte, on peut lister les problèmes qui ne sont pas encore réglés : la pauvreté, la corruption, l’organisation des prochaines élections, les réformes de l’éducation, les salaires, le droit du travail, à la santé, les questions d’environnement… On peut aussi lister les problèmes nouveaux qui se posent à elle : l’insécurité, la crise du tourisme, le recul des investissements, l’apparition des mouvements islamistes sur la scène publique. On peut lister aussi les problèmes qui se posent à l’étranger qui visite ou réside dans le pays (c’est souvent l’étranger qui commente) : l’insécurité, les bouchons dus aux manifestations, la poussée du port du hijab, les croisières annulées…

    Quel est le seuil à partir duquel le label de révolution est acquis ou perdu ? L’Égypte a arrêté et s’apprête à juger son président, la famille de celui-ci, les plus éminents responsables du PND et les ministres corrompus du précédent gouvernement, des dirigeants d’entreprise et des hommes d’affaires. Leurs biens sont confisqués, les comptes sont épluchés…Oui, un certain nombre de délinquants en col blanc sont encore dehors ; oui, il faut régulièrement que les jeunes se mobilisent pour que les procès annoncés se concrétisent… Mais le simple fait que ces procès aient lieu est le symbole d’une rupture décisive : le droit n’est plus celui du plus fort ! Ce renversement est palpable en Égypte depuis début février, avant même que Moubarak ne tombe. Il y a bien un moment seuil, un moment palpable, où la dictature perd la main, même si elle poursuit une répression sans nom. A ce titre, il semble bien que la révolution ait commencé en Syrie, où les lendemains de massacres rassemblent plus de manifestants que la veille, où la peur donc, a changé de camp.

    Quand on néglige dans les analyses produites, le fait que les peuples « relèvent la tête » comme le disent les égyptiens, on ignore l’essence même d’une révolution : un processus d’émancipation dont l’idée devient hégémonique pour tout un peuple (Gramsci peut encore nous apprendre des choses). Un processus qui ne se cantonne pas à des idées généreuses mais que l’on peut décrire à l’aide d’éléments concrets qu’il faut décider d’observer, à la loupe si nécessaire. A cet égard, la couverture médiatique en France de la création des nouveaux partis de gauche en Égypte, des alliances politiques qui se forment, des nouveaux syndicats indépendants et des espoirs qu’ils soulèvent pour les droits des travailleurs, des luttes actuelles dans les entreprises, ou des initiatives culturelles inédites, est consternante.

    Le récent papier de Thomas Cantaloube interviewant sur Mediapart un membre qatari d’un Think Tank américain soulève d’autres questions. Parler de la fin « du printemps arabe » est déjà en soi, une forfaiture. 1/ L’appellation de printemps arabe est une pure invention occidentale, y compris l’expression « révolution de jasmin » pour qualifier la première d’entre elles. 2/L’entame « les « révolutions » dans le monde arabe ont basculé dans la guerre et la répression » est quelque peu contestable : une seule a basculé dans la guerre (guerre que l’on pourrait nommer la « guerre de BP-Total » ), une seule vit une répression sanglante, la Syrie,et  les cas de de la Tunisie et de l’Egypte ne se résument pas à ces deux mots ; même le Yémen vit une situation beaucoup plus complexe. 3/ « L’optimisme d’hier est devenu le pessimisme d’aujourd’hui » … Pour ce qui est de T. Cantaloube, sa période d’optimisme a été particulièrement brève concernant l’Égypte au moins. Mais y compris si davantage de gens sont pessimistes, quel outil de compréhension cette remarque apporte-t-elle ? Que c’est difficile de faire une révolution ? Eh bien oui. Tout le monde pourrait avoir l’humilité de le reconnaître.

    Et c’est à cet endroit qu’il y a, me semble-t-il, un deuxième biais : d’où parlent les commentateurs de révolutions ? Les termes positifs qui ont été utilisés au début pour les décrire signifient-ils un engagement en faveur de la réussite de ces révolutions, ou seulement l’appréciation provisoire et convenable (convenue ?) que ces révolutions sont des valeurs sûres ? Les lecteurs de Médiapart sont suffisamment aguerris pour s’être interrogés dans leurs commentaires sur la posture du responsable de TT américain. Sans sombrer dans la dénonciation du complot et voir la main de la CIA partout, on peut effectivement s’interroger. Shadi Hamid nous révèle comme un scoop que les dictateurs « ne vont pas abandonner le pouvoir sans se battre », nous renvoyant sur le mode de l’expertise une parole légitimée par le crédit de naïveté qu’il fait lui-même aux révolutionnaires… Le procédé n’est pas très élégant.

    Bien sûr que les dictateurs, et les cohortes de profiteurs qui se sont engraissés avec eux, ne vont pas lâcher le magot comme ça. La révolution ne fait donc que commencer, y compris en Tunisie et en Egypte. A cet égard une question intéressante serait : est-ce qu’on s’attaque davantage aux pouvoirs des oligarchies aujourd’hui qu’hier ? La réponse est évidemment oui. Est-ce que les peuples sont moins résignés aujourd’hui qu’hier ? La réponse est encore oui, et en plus, la contagion est dans le bon sens !

    Un autre traitement de l’information qui pose problème est le micro-trottoir. Le prisme du chauffeur de taxi, dans tous les pays du monde, est redoutable et amplifie, la plupart du temps, les visions les plus réactionnaires. C’est le risque que prend le papier de Claude Guibal pour le journal Libération datant du 28 mai. Les éléments d’informations qu’il contient, pris un par un, sont véridiques  (quoique qualifier le Pdg de Google Egypte, Wael Ghonim, de « figure phare de la révolution » est assez discutable). Rassembler un patchwork de « sentiments individuels » sur l’insécurité, la montée des salafistes, la crise économique, les piétinements de la révolution peut constituer une « prise de température » des différentes contradictions que traverse une société. Mais ce qui est lourd de sens, c’est que ce papier est écrit le lendemain d’une énorme manifestation à laquelle les mouvements islamistes recommandaient de ne pas participer et qui a rassemblé, malgré les menaces d’attaques savamment distillées, des dizaines de milliers de personnes sur l’idée d’une deuxième révolution, associant les travailleurs et la société civile et formulant de nouvelles exigences.  Le quasi-silence sur les enjeux de ce deuxième « jour de la colère » provoque une toute autre lecture de la journée. Une brève sur la manifestation titrée « Les cairottes crient leur rancoeur« , publiée le même jour dans le même journal, ne compense pas vraiment cela en parlant « d’ultime » journée (au lieu de deuxième) et de rancœur (à la place de colère). Les mots sont lourds de sens. De fait, le succès de cette journée est passé complètement sous silence dans la presse française.

    Si on y réfléchit davantage, les journalistes qui essayent tant bien que mal de couvrir ces événements n’ont pas la tâche facile et après tout ils n’ont pas été recrutés sur la base de leurs « compétences révolutionnaires ». La posture de l’Occident observant ces révolutions est peut être davantage en cause. Basculer du soutien de la dictature à l’éloge de l’insurgé n’est pas un exercice facile. Surtout quand, après une période dite « d’euphorie » (qui a provoqué tout de même ici 800 morts et des milliers de blessés) les révolutionnaires décident de s’attaquer à l’injustice sociale, aux dégâts du capitalisme, aux droits des travailleurs. Autant de sujets sur lesquels nos pays ne sont pas franchement en position de donner des leçons. Comment une Europe, capable par exemple de donner en pâture aux banques quelques uns de ses pays membres, pourrait-elle soutenir de façon indéfectible des peuples qui s’attaquent à cette logique de l’argent-roi ? Il y a comme une schizophrénie rampante qui rend très difficile la recherche du ton juste.

    Enfin pour finir, comprendre une révolution en marche est une tache extrêmement complexe et il est évident que les informations mises bout à bout ne forment pas une analyse. « Plus personne ne comprend rien » affichait la semaine dernière un cairotte sur son pare-brise arrière. C’est aussi le sentiment de beaucoup d’observateurs. Mais cela veut seulement dire que la réalité est difficile à appréhender.


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  • Apocalypse volcanique

    Ici



    J'étais en train de faire le tour de la tite blogosphère, lorsque je suis tombée sur un billet divulgant une énormité sans nom, anxiogène au possible, tant qu'à faire... Y'aurait 12 supervolcans en activité sur 16 .... Info assaisonnée à la sauce Eveil de la conscience, passage des forces au solstice à venir, manque plus que les zitis et tout y est... Bin tiens, on nous cache tout assurément... Rien qu'un super volcan nous règlerai tout un tas de questionnements métaphysiques, alors 12  ! ! ! Je passe, fureter ailleurs, et là, je tombe sur un commentaire sur un autre blog, disant en gros "ouais mais y'a 12 supervolcans...blabla.." Là, ça me gonfle, donc retour, sur l'un des sites relevant ces infos, je laisse un com explicatif de l'interprétation erronnée de la carte permettant d'affirmer une telle connerie.. La réponse a dépassé mes espérances.... Bon alors explication... Passe que faut arrêter de dire n'importe quoi....


    Alors la fameuse preuve... qui à l'origine vient de là http://hisz.rsoe.hu/alertmap/index2.php  ... Tableau au complet, alors que l'auteur décrypteur des signes des temps, pour mieux étayer ses affirmations a masqué dans sa capture d'écran, la belle colonne tout de vert vétue à droite indiquant le statut des dits volcans... Laissant ainsi le lecteur inquiet devant les colonnes orange et rouge.... Sur, qu'on va y passer vite fait là...
    Alors les fameuses colonnes en orange et rouge donnent l'indice VEI comme Volcanic Explosivity Index.

    V.E.I =  Le volume des matériaux éjectés, la hauteur du nuage d'éruption, et les observations qualitatives (en utilisant des expressions allant de « modéré » à « colossal ») sont utilisés pour déterminer la valeur d'explosivité. L'échelle est ouverte et va de 0, pour les éruptions non-explosives (moins de 104 mètres cubes de tephra éjecté), à 8, pour les éruptions explosives méga-colossales qui peuvent éjecter 1012 mètres cubes detephra et avoir une colonne nuageuse haute de plus de 25 km.

    Et ? ?  ? Bin, rien.... Mais on m'a fait la remarque qu'il y a de récents séismes, et pis qu'en fait, il s'agit de réveils, de débuts....Gros soupir..... Pétard, y'a tous les jours des séismes dans ce genre d'endroit par définition soupape de tension sur les plaques tectoniques.... Y'a tous les jours des tremblements de terre... Y'a tous les jours un fleuve qui déborde, un avion qui se casse la figure... Et ... Faut il corréler tout cela et aller se réfugier dans une caverne avec son rosaire, son kit de survie acheté-sur-le-net-sur-un-site-qui-prépare-à-l'apocalypse-et-bien-fait-pour-les-moutons-qui-vont-mourrir-gné ?

    Comment peut on seulement imaginer ce qu'est un supervolcan et ce qu'une éruption peut engendrer ? Alors ci-dessous, la petite carte montrant la dispersion des cendres du fameux Yellowstone qui fait triquer tant d'amateurs de scénarii apocalypto messianico vengeurs...

     


    On s'étonnera encore que la blogosphère passe pour un refuge de zinzins plus où moins illuminés, braillant contre le système et les zélites qui veulent nous buter dans une formidable apothéose sanglante, longue comme un crépuscule des Dieux, tout en reproduisant le même rythme d'informations biaisées, se duplicant à l'infini, par un savant copié collé tout afpèsque....

    Surtout lorsque l'un des informateurs précise " Tout ce que qui nous sera dispensé le sera pour notre expansion et ce qui gênera encore sera brûlé par cette lumière. Cela peut encore occasionner plus ou moins de douleurs passagères dans le corps, et pour ceux qui ne sont en rien préparés à investir cette conscience, les dysfonctionnements seront beaucoup plus importants"... On va donc se faire griller pour notre bien, bin oui, ça fais un peu mal quand même, mais c'est passager (ouf), ça, pour ceux qui se sont préparés, passe que pour les autres, ça sera des dysfonctionnements plus importants...Bin tiens... gros, gros soupir...

    Un site pour ceux qui aiment les volcans, les belles photos, et les explications scientifiques : http://earth-of-fire.over-blog.com/  C'est certainement là, qu'il y aura une vraie information sur l'état des caldeiras, et sans élucubrations ...

    Pour ma part, je vais me servir un p'tit tremblement de terre, tiens...


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  • Colère d’Eric Besson qui quitte une émission de télé sur M6

    Sur M6, Eric Besson était venu pensant disserter sur les vertus du nucléaire français et surtout l’éviction de la présidente d’AREVA, Anne Lauvergeon, souvent en désaccord avec le gouvernement.

    Il avait dû préparer tout un speech avec ses conseillers pour nous affirmer que le nucléaire français ne présentait que des avantages pour les français voire pour le monde.

    Et papatras ! En bon journaliste à l’écoute des préoccupations des gens qui ont vu avec horreur et angoisse les évènements au Japon puis le renoncement à l’énergie nucléaire de certains pays européens comme l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, Guy Lagache avait, lui, préparé un sujet sur la sécurité des centrales et comptait demander à Eric Besson ce qu’il connaissait de la situation en France.

    Sans doute Eric Besson, n’avait-il rien à dire sur le sujet. Alors, en bon politicien robotisé et formaté par l’Elysée, il a préféré se dégonfler plutôt que passer pour un parfait abruti.

    Pas facile d’admettre qu’en confiant la sécurité des centrales au privé, on en diminue les coûts et sans doute la qualité des prestations. Ainsi, le nucléaire français reste compétitif. La gestion du risque nucléaire est simple en fait : un accident grave tous les dix ou vingt ans. Bien mieux que l’aviation civile. Sauf qu’un seul accident peut faire des milliers de morts et de blessés et sinistrer une région entière pour des années… On verra ce qui se passera pour le refroidissement des centrales françaises avec la sécheresse qui sévit en France.

    Ces gens nous montrent que dès qu’ils ne contrôlent pas ce qui est diffusé sur les médias, soit ils invoquent le fascisme de la presse, soit ils se dégonflent.

    Quand la propagande ne passe plus, que le ministre se lève en disant : « Je me casse. Fait chier ! »,  cela fleure bon la fin de règne.

    Milton ici


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  • Malaisie : décision historique contre les joint-ventures de palmier à huile

    La Haute Cour de Kuching, capitale de l’État malais de Sarawak, dans l’île de Bornéo vient de statuer que tout accord de joint-venture entre une entreprise nationale et une entreprise étrangère de plantation de palmier à huile est en contravention au Code foncier qui prévoit qu' “une personne non native du Sarawak ne peut pas acquérir de droits ni de privilèges contraire au droit coutumier local”.

    Cette décision est une victoire pour les Ibans, un peuple ethnique natif du Sarawak qui habite le district de Pantu Land : en leur nom et au nom de 90 autres, ils avaient intenté un procès contre la LCDA (organisme responsable du territoire et du développement), contre Pelita Holdings Sdn Bhd, contre Tetangga Arkab et contre le gouvernement de l’État du Sarawak.

    Les plaignants affirment qu’ils détiennent des droits coutumiers sur la terre que les accusés ont envahie pour y établir une plantation de palmier à huile dans le cadre d’un accord de joint-venture.
    La Cour a déclaré que les Ibans avaient le droit de réclamer ces terres, car “les autochtones ont été privés de leurs droits coutumiers sur une terre qui est la source de leurs moyens d’existence, et du droit à la propriété de cette terre, ce qui constitue une violation des articles 5 et 13 de la Constitution”
    .


    En outre, la Cour a réafirmé que “peu importe que les propriétaires aient été payés la somme discutable de 120 RM par hectare, une somme dérisoire si l’on considère que les palmiers à huile plantés dans leur terre ont déjà été mis à profit pendant plus de trois ans”.


    La décision de la Cour a de vastes implications pour la vingtaine d’accords de joint-venture passés entre des natifs et des non-natifs dans le secteur des plantations de palmier à huile, et pour les dizaines de procès qui sont en instance devant les tribunaux du Sarawak, intentés par des autochtones qui réclament des terres utilisées pour la plantation de palmiers et pour l’extraction de bois. Ce qui est très important aussi est que cette décision empêche les entreprises d' “entrer, d'occuper,de défricher, de récolter ou de faire une quelconque activité sur des terres relevant du droit coutumier”.

    Dans l’État de Sarawak, autrefois couvert de forêt tropicale, l’exploitation forestière d’abord aujourd'hui les plantations de palmier à huile ont éliminé les forêts et déplacé des milliers d’habitants, dont certains avaient vécu des siècles durant de la pêche, la chasse et l’agriculture dans la forêt.
    Pour beaucoup d’indigènes qui souhaitent préserver leur style de vie traditionnelle dans des villages de maisons longues, chacun habité par près de 400 personnes, il est nécessaire de défendre les forêts qui les font vivre.

    Un groupe d’Ibans qui vit au bord de la rivière est décidé à défendre sa terre et vient de refuser l’offre d’une entreprise de palmier à huile qui proposait de payer à chaque famille environ 66 USD, une somme qui, même pour des gens aux ressources aussi modestes, est insignifiante.
    Le chef du village a dit que le problème n’était pas l’argent : “Nous dépendons tellement de la forêt... Nous ne voulons pas vendre, la forêt n’est pas à vendre”.
    wrm
    “Malaysian tribes fight to protect rainforests”, Azhar Sukri, Al Jazeera's
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