• Prenez cette photo :

    Retournez là horizontalement :

    Ajouter quelques effets "gores" tirés d'un jeu vidéo :

    Ca y est vous avez tué Ben Laden !

    Vous croyez que je plaisante ? Alors posez vous la question suivante :

    Quelle est la probabilité pour que Ben Laden mort ait exactement la même orientation du visage, la même attitude, la même expression, le même sourire, que vivant ?

    Comparez vous mêmes et faites vous votre opinion :

    Si vous n'êtes pas convaincu que c'est le plus gros foutage de gueule depuis longtemps, regardez la différence de netteté entre :

    • Les yeux et la barbe.
    • La barbe et l'épaule.

     

    ********

    Pour ma part :

    Cette fausse photo a pourtant été reprise par tous les médias du monde, dont CNN et la BBC, qui indiquaient qu’elle provenait de la télévision pakistanaise.

    Aucune image réelle, officielle ou non, représentant le corps de Ben Laden n’a pour l’heure été diffusée dans les médias.

    Son corps a été jeté en mer.

    A VOIR


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  • Ulysse, épuisé par la guerre de Troie, mais assoiffé du désir de retrouver sa douce Pénélope, embarque et entame dans la précipitation un long et périlleux périple. Sa dulcinée lui est apparue en rêve...majestueuse...son corps élancée, couleur d'ébène, était paré d'or...des diamants atournaient de manière exquise ses cheveux et son cou...ses pieds baignait dans un parfum enivrant aux senteurs étranges...

    On est en l'an onze du vingt et unième siècle. « l'aube de l'odyssée » s'annonce tumultueuse. Déjouant le courroux de Poséidon, notre héros loue les services d'Harmattan*, un vent violent et poussiéreux venant des pays des francs. Un souffle dévastateur pousse le nef vers le sud...vers les rivages de la terre natale...Ulysse n'a qu'une idée en tête :  pourfendre tous ces prétendants frustes qui s'agglutinent autour de sa Pénélope adorée.

    L'histoire est un éternel recommencement...ou du moins c'est ce que prétendent tous ces bonimenteurs qui de tout temps ne font qu'enrober le destin cruel des uns et les desseins malsains des autres dans de belles histoires d'amour et d'héroïsme...

    C'est ainsi que l'oncle Sam, travesti en africain, endossant l'accoutrement du fabuleux Ulysse se dirige non vers Ithaque mais vers la Libye. Il faut dire que la noire Afrique, parée de tous ses atours lui a tourné la tête. C'est en Tripolitaine que réside le prétendant le plus coriace, un certain Kadhafi, un indigène rustre et à moitié fou parait-il. Ce dernier, excommunié par ses cousins de la Mecque, jette son dévolu sur la reine noire qu'il comble de présents. Séduite, elle est sur le point de lui céder  son cœur et  le sceptre de son royaume...

    C'est là que s'interrompt cette belle histoire d'amour faute de fabulistes ...
                                                                                
                                                                                                       
    « Odyssey Dawn »...admirons l'expressivité de ce nom de code soigneusement choisi par Obama et le Pentagone pour désigner la guerre que mènent les États Unis et leurs alliés contre la Libye. Toutefois, la polysémie qu'induit cette expression laisse perplexe. Serait-ce tout simplement un fantasme du président étasunien s'identifiant à Ulysse partant à la reconquête de sa terre natale...l'Afrique? Ou alors cela signifie-t-il une virevolte dans la vision que l'empire se fait du monde?


    On est loin des propos  tenus par Donald Rumsfeld, insultant «la vieille Europe». Le «Nouveau Monde», en intégrant l'antiquité, tient peut-être à souligner son enracinement au sein d'un Occident héritier d'une même histoire et nourri par les mêmes mythes. Plonger dans la mythologie païenne de la Grèce antique permet par ailleurs de dépasser le clivage Islam/Chrétienté si cher à Bush et aux évangélistes sionistes. La démonisation de l'islam servant d'alibi à une stratégie de la recolonisation et de la «démocratisation» forcée du monde arabe a été abandonnée parce que trop coûteuse

    Il ne s'agit plus aujourd'hui d'imposer au reste du monde  l’American Way of Life. La nouvelle stratégie tend à effacer ce qui reste de la bipolarité Est/Ouest et à élargir le club des nantis en tendant la main à des pays comme la Russie par exemple. Les pays développés oublieront leurs anciennes rivalités et formeront un seul front pour lutter contre le terrorisme, la piraterie et les mouvements migratoires; ils s'organiseront pour garantir leur approvisionnement en énergie en assurant ensemble la surveillance des voies maritimes. Le Tiers-monde, sera laissé à lui même ( du moins en apparence) tant qu'il fournira à bon marché toutes sortes de matières premières. Des interventions militaires ponctuelles seront nécessaires à chaque fois qu'une source d'énergie est menacée par les autochtones ou que des velleités d'organisation d'un ensemble de pays sous-développés remettent en cause l'hégémonie impérialiste.

    Cette nouvelle stratégie qui ne s'intéresse qu'à la sécurisation et à l'approvisionnement des pays du centre, s'interdit d'intervenir dans des pays de la périphérie pour  modifier de l'intérieur leur mode de vie ou leur organisation politique. Dans ce contexte, L'évocation de l'Odyssée avec tout ce que cela implique comme présupposés idéologiques nous renvoie au mythe de la modernité héritière directe de la civilisation grecque. Obama semble tout comme les chantres de la modernité triomphante du 19ème siècle vouloir légitimer la domination de son pays en s'appropriant l'héritage hellène et en se présentant comme le légitime défenseur de  «La civilisation» face à «la barbarie». Cependant, il ne s'agit plus comme au bon vieux temps d'aller civiliser tous ces sauvages  mais de les contenir chez eux, de les affaiblir en les divisant et de les délester de ce qu'ils possèdent.

    Depuis la disparition du Pacte de Varsovie, l'OTAN n'arrête pas de se redéfinir. Cette organisation tend aujourd'hui à intégrer des puissances autres qu'occidentales. Son rôle consistera alors à intervenir contre toute sorte de menaces "terroristes" visant l'un ou l'ensemble des alliés. Théoriquement sa mission se limite à accomplir des opérations de défense mutuelle, mais après le sommet de l'alliance de 1999, on a  étendu son champ d’action  en y ajoutant les « missions humanitaires », concept assez flou et  flexible rendant possible des actions offensives. Washington entend cependant exercer un leadership sur les autres puissances dans la conduite des opérations.

    A la différence de la Tunisie et de l'Egypte, ce qui se passe en Libye actuellement ressemble plus à une guerre civile qu'à un soulèvement populaire contre un dictateur. Nous assistons en réalité à la résurgence d'un vieil antagonisme opposant la Cyrénaïque à la Tripolitaine et au Fezzan. C'est sur cette rivalité régionale et tribale que sont venues se greffer les manifestations de Benghazi. Elles ont vite dégénéré en conflit armé. Mais bien que touchant plusieurs villes, à aucun moment l’insurrection ne s’est étendue à l’ensemble du pays.

    Les rebelles restent minoritaires et ne disposent que de vingt pour cent du territoire national alors que la majorité des grandes tribus du pays restent fidèles au régime en place. Si une solution négociée n'est pas trouvée sous peu, il semble qu'on s’achemine vers une guerre fratricide et sanglante, appelée à durer. Les grands médias occidentaux ainsi que certains médias du Golfe caricaturent à outrance ce conflit en diabolisant le chef d'état libyen et son armée et en dépeignant les insurgés comme s'ils étaient des héros épiques. Les évènements qui ont lieu en Libye sont le début d'une sale guerre faite de sang et de souffrances et non les épisodes d'une série télévisée opposant David à Goliath.

    En vérité, des manifestations populaires  qui dégénèrent comme par magie en insurrection armée ne peuvent que laisser planer le doute quant à leur spontanéité. En effet et contrairement à ce que prétend la propagande occidentale et ce que suggère le romantisme révolutionnaire d’opérette de Bernard Henry Lévy**, la révolte de la Cyrénaïque n’a rien de spontanée. Le soulèvement populaire de Benghazi a vite été récupéré par le Conseil national de transition composé essentiellement de ministres dissidents . On sait maintenant que la Dgse, le MI6 et la CIA ne sont pas étrangers à ce coup d'état qui s'est transformé en guerre civile. Depuis octobre 2010 , les Français se sont appuyés sur les renseignements et les contacts de Massoud El-Mesmari, ancien chef du protocole et confident de Kadhafi pour mettre au point un plan permettant la déstabilisation de la Libye.

    Il ne s'agit pas ici de défendre le guide de la Jamahiria. La mégalomanie de Kadhafi, les abus commis par ses fils et la répression des opposants sont des faits avérés. Toutefois,  pour de multiples raisons... tribales, régionales et politiques, le leader libyen continue à être perçu en tant que chef spirituel par une grande partie des libyens . Sans l'intervention des services de renseignement occidentaux un tel conflit aurait pu être évité. Sarkozy ayant commis la bourde de soutenir Ben Ali face à un vrai soulèvement populaire, le voila qu'il en commet une deuxième en dressant une partie de la population libyenne contre une autre.

    Mais est-ce vraiment une bourde ou un coup monté qui vise à déstabiliser le pays? L'occident qui en réalité poursuit d'autres desseins, prend parti en faveur des insurgés sous couvert d' intervention humanitaire. La vérité est que les  bombardements de l'OTAN, au lieu de protéger la population civile ne font qu'augmenter le nombre de morts et de blessés alors que la guerre civile continue à battre son plein. Les seuls avantages apportés par cette intervention atlantiste sont la destruction systématique de l'infrastructure et la contamination des terres par de l'uranium appauvri.

    Ce qui intrigue dans cette affaire c'est l'attitude pleine d'ambiguïté du Conseil national de transition libyen. A-t-on idée d'accepter ou de choisir comme intercesseur auprès de Sarkozy, un sioniste notoire de l'envergure de Bernard Henry Lévy?! Faut-il être aveugle pour appeler à son secours la coalition atlantiste alors que l'exemple de l'Irak et de l'Afghanistant  crève  les yeux?! Le dernier des imbéciles se garderait d'appeler à l'aide un pyromane pour éteindre un début d'incendie!  L'armada qui se déploie face aux cotes libyennes n'est certainement pas là pour les beaux yeux des civils libyens, loin s'en faut.

    Si l'Occident s'évertue à présenter Kadhafi sous l'aspect d'une caricature grotesque c'est pour le rabaisser et camoufler ainsi le rôle central que joue le leader libyen et les efforts qu'il déploie  dans le cadre de l'Union Africaine et dans le rapprochement Sud-Sud avec la tenue du sommet Amérique du Sud / Afrique (ASA) qui a réuni 61 pays des deux continents. La guerre déclenchée contre la Libye n'est que le début d'une croisade atlantiste contre toute velléité d'organisation et de coopération Sud-Sud. Il s'agit pour les puissances impérialistes d'éradiquer au plus vite un mal qui risque de se propager. Ce sont là les vraies raisons de l'agression atlantiste contre la Jamahiria.

    Le gel  des fonds libyens qu'on peut sans exagération assimiler à un vol à main armée aura un impact particulièrement désastreux en Afrique. En effet, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications.

    Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle de centaines de millions de dollars. Mais ce qui affole encore plus l'empire ce sont les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire africain, basé à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, installée à Abuja (Nigeria).

    Le développement de ces organismes devait permettre aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, tous deux instruments de domination néo-coloniale.
    Lors du deuxième Sommet ASA, Hugo Chavez rappellera la nécessité de construire un monde multipolaire alors que Le dirigeant libyen critiquera fortement le Conseil de Sécurité de l’ONU et  ira même jusqu'à proposer la création d’un OTAN des pays du Sud.

    Cette arrogance qui va au-delà des mots a fini par être prise au sérieux. Si les pays du sud continuent sur cette voie, cela risque de mettre à mal la nouvelle stratégie de l'empire. Les puissances occidentales, très affaiblies par des années de guerres, n’ont plus la force d’imposer un nouvel ordre régional en recourant à l'occupation territoriale. Elles préfèrent  instaurer le chaos à distance et procéder à la somalisation du monde arabe et de certains pays africains. On est loin du chaos créateur de Condoleezza Rice, il s'agit aujourd'hui du chaos tout court, du chaos pour le chaos.

    On commence par démanteler les nations susceptibles d'entraver la gestion néo-libérale de la planète en dressant les uns contre les autres,  des islamistes et des libéraux, des tribus, des régions...Il suffit ensuite de les maintenir dans un état de guerre larvaire qui perdure. C'est cet état de décomposition qui permettra aux multinationales de faire main basse sur des richesses libres d'accès.
    Après le démantèlement de la Libye qui ne manquera pas de déstabiliser la Tunisie et l'Egypte, il semble que c'est au tour des civils syriens de bénéficier de la sollicitude de l'OTAN. Un vrai coup de maître qui du coup coupera l'herbe sous les pieds de Hezbollah et isolera l'Iran...en attendant mieux.

    Pendant cette longue épopée qui peut concerner tout aussi bien des pays africains comme le Nigéria par exemple, les États Unis auront le beau rôle car leur participation se limitera exclusivement à des interventions aériennes. Quant aux interventions au sol, elles seront sous-traitées par des pays comme la France, le Royaume Uni ou l'Arabie Saoudite. Malheureusement, les pays d'Europe occidentale ne semblent pas se rendre compte de leur proximité. L’effet dévastateur de cette stratégie suicidaire  risque de les entraîner dans un tourbillon de violence aux conséquences inattendues.

    Ceux qui ont vu Hillary Clinton  déambuler place Attahrir, mêlée aux jeune egyptiens, le sourire aux lèvres, ne peuvent qu'admirer l'art de la funambule qui parvient à se maintenir en équilibre bien que balayée par des vents contraires. Mais les mots du sage Zbigniew Brzeziński l'ont vite remise d'aplomb. Confiante, elle sourit de plus belle, buvant les paroles du maître :

    «Il ne fait absolument aucun doute à mes yeux qu’un Moyen-Orient plus démocratique sera moins favorable à la politique à laquelle nous sommes restés fidèles»

    Cette Odyssée truquée qui n'est qu'à son aube sonnera peut-être le crépuscule de l'humanité. Athéna, lassée, nous a sans doute abandonnés...

    Fethi GHARBI


    *Harmattan : nom de code de l'opération militaire française dirigée contre la Libye.
    L'harmattan est un vent (alizé) chaud, sec et poussiéreux d'Afrique de l'Ouest qui souffle vers le sud en provenance du Sahara dans le golfe de Guinée en hiver, entre la fin novembre et le milieu du mois de mars. Chargé de poussières et de sables, il peut obscurcir l'atmosphère durant plusieurs jours et favoriser les épidémies de méningite dans les pays sahéliens...(wikipedia)

    **« Le sang des insurgés de Benghazi coulera sur le drapeaux français, car c’est lui, le drapeau tricolore, qui est suspendu à la façade du bâtiment qui abrite le Conseil National de Transition, sur la Corniche de Bengahzi. » dixit BHL.
    Pauvre BHL, il doit s'imaginer dans la peau de Paul Bremer, entrant chaque matin dans sa résidence générale à Tripoli au son de la Marseillaise.



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  • Le chaos arabe : un printemps ou un mirage ?

    Chems Eddine CHITOUR

    Depuis plus de quatre mois, les peuples arabes connaissent, à des degrés divers, l’instabilité. Les révoltés se battent pour la liberté. Les révoltes dans chacun des pays ont des singularités, mais elles ont un dénominateur commun. Ce sont les jeunes qui en sont les moteurs. S’il est vrai que des dynamiques souterraines existaient pour se soulever contre les pouvoirs en place et les motifs sont légion, on ne peut pas cependant, exclure les manipulations occidentales qui, à des niveaux divers guident ou canalisent ces révoltes.

    Nous allons examiner la situation actuelle de ces révoltes qui jouent les prolongations. Ainsi et comme l’écrit Ahmed Al Zorqa à propos du Yémen protégé par les Américains : « Le président Ali Abdallah Saleh a donné son accord à un projet du Conseil de coopération du Golfe prévoyant sa démission à moyen terme. Si les partis d’opposition semblent favorables à ce plan, les manifestants exigent toujours le départ immédiat du dirigeant yéménite.

    Le plan de sortie de crise présenté le 23 avril par les monarchies du Golfe est en réalité destiné à empêcher la transition démocratique au Yémen. (...) Car c’est l’Arabie Saoudite qui fait barrage aux demandes de chute du régime. Elle ne veut pas que les Yéménites réussissent leur transition démocratique, de peur de perdre son influence sur le pays voisin, qu’elle considère comme son arrière-cour. (1)

    Mieux encore, les dépêches en provenance de Bahreïn [ où il y eut une répression avec l’aide de l’Arabie Saoudite] révèlent que les forces de sécurité continuent de violer la Convention de Genève en torturant les protestataires qui participent aux manifestations. »

    Humanitaire à géométrie variable

    On est en droit de se demander pourquoi l’Occident (les Etats-Unis et leurs alliés français et anglais) ont une conception de l’ingérence humanitaire à géométrie variable. Les Bahreinis ne sont-ils pas des humains au même titre que les Libyens ? Quarante-deux ans d’un pouvoir exécrable ne tolèrent, écrit René Naba, certes, nulle indulgence. Mais l’argumentaire occidental, « la protection des populations », une version réactualisée de l’ingérence humanitaire, gagnerait toutefois en crédibilité si une telle mesure s’était appliquée également aux pays en proie à la même contestation populaire, périphérique de l’Arabie Saoudite, particulièrement Bahreïn et le Yémen, où la répression a atteint le même degré de férocité qu’en Libye.

    L’imposition de cette mesure, le 18 mars 2011, révèle la duplicité de la diplomatie occidentale dans le traitement des grands problèmes internationaux, particulièrement en ce qui concerne la gestion des conflits du tiers-monde. Les tergiversations occidentales à l’égard de cette mesure masquent mal les compromissions de l’Europe avec le gouvernement du colonel El Gueddafi et s’expliquent par l’importance que revêt le marché libyen aux yeux des divers protagonistes, notamment au niveau des transactions militaires : quatorze des vingt-sept pays membres de l’Union européenne exportent des armes vers la Libye, pour un montant de 844 millions de dollars, alors qu’un embargo « de facto » sur les livraisons d’armes est désormais en vigueur.

    L’empressement de la France de prendre la tête de cette nouvelle « croisade », selon l’expression de son ministre de l’Intérieur Claude Guéant, répond au souci de Nicolas Sarkozy de gommer de la mémoire l’accueil triomphal réservé à El Gueddafi, en décembre 2007, avec l’installation de sa tente dans le périmètre de l’Elysée, en même temps que de se dédouaner de sa complaisance ancienne avec les dictateurs arabes. (2)

    Pour Manlio Dinucci, l’objectif de la guerre en Libye est double. « Il n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger. Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. (...)

    Selon les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la Libye ». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a « gelé » 45 milliards d’euros de fonds libyens ». (3)

    Abdelatif Kerzabi explique cela par l’autoritarisme. Ecoutons-le : « L’autoritarisme (G. Hermet, 1985) est un rapport gouvernants-gouvernés reposant de manière suffisamment permanente sur la force plutôt que sur la persuasion. L’autoritarisme se manifeste par : l’absence de respect des droits de l’homme, l’embrigadement de la société par la réglementation de tous les aspects de la vie sociale, la persécution de l’opposition, la restriction des libertés d’association, d’expression et d’opinion, le recrutement de l’élite politique relève de la cooptation, enfin, les élections ne sont qu’une apparence démocratique et visent à légitimer le système politique aux yeux du monde.

    Voilà ce qui s’apparente aux régimes politiques dans le Monde arabe ». C’est contre ces régimes que la rue arabe explose. (...) Ils se font appeler Zaïms (leaders charismatiques) après les indépendances des pays arabes, et centralisent tout le pouvoir politique. C’est l’euphorie des peuples arabes qui viennent de se libérer du colonialisme. (...) » (4)

    « Armés de leur légitimité historique, les Etats arabes ont imposé leur domination sur la société par la concentration des pouvoirs. Les pouvoirs en place n’admettent pas les voix discordantes. Ils se considèrent investis d’un message divin que les autres n’ont pas le droit de discuter. Ici et là, l’opposition est considérée comme une agression au Watan (la nation). Les opposants sont des Khaouana (traîtres à la nation). Dans les années quatre-vingt, alors que la démocratie se met en place en Europe de l’Est, les pays arabes font foi d’une certaine réticence dans un monde où la liberté des peuples apparaît comme une norme universelle (...)

    La démocratie libérale et le libre marché constituent désormais l’horizon indépassable pour toutes les sociétés nous dit le philosophe américain F. Fukuyama. Les Constitutions sont révisées pour ouvrir le champ politique à la société mais surtout pour pérenniser les pouvoirs en place. Les pays arabes ont réussi à mettre en place des institutions « démocratiques » tout en les vidant de leur substance. Invoquant l’ordre sécuritaire et l’ordre public, le législateur arabe privilégie le contrôle sur toute la société. Ainsi, les médias se transforment en porte-parole du régime, les libertés violées, le Parlement ligoté, etc. » (4)

    « Depuis la chute de l’Empire ottoman, l’économie de rente dans les pays arabes est restée prépondérante même si elle a changé de forme. On ne peut pas dire que le Monde arabe a réussi son développement. Selon le Pnud, environ 40% de la population des pays arabes, soit 140 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté. (...)Nous pensons que le calme qui a régné dans la rue arabe est dû en grande partie à la fermeture des espaces publics qui n’a pas permis le passage de l’indignation individuelle poussée jusqu’au suicide, à l’indignation collective.

    Ce sont les télévisions satellitaires et l’Internet qui vont faire ce que l’imprimerie (encore une découverte arabe) a fait pour la révolution française. Internet avec ses réseaux sociaux ainsi que les chaînes satellitaires (Al Jazeera, Al Arabia, BBC, France24...) ont bouleversé le paysage médiatique dans le Monde arabe. L’enfermement médiatique et culturel des pays arabes ne résiste pas à ce déferlement des médias portés par les nouvelles technologies. » (4)

    « Désormais, on informe et on s’informe, on sait ce qui se passe ailleurs, on lit les ouvrages interdits, on discute...Bref, le peuple arabe s’émancipe et saute les verrous de la censure. Face aux intellectuels nationalisés qui courtisent le prince, des jeunes internautes animent le débat public. A défaut d’espaces publics, la génération « Facebook et Sms » a créé un espace virtuel où chacun profiterait de sa liberté. L’alibi culturel qui fait que les peuples arabes sont réfractaires à la démocratie et aux valeurs universelles, est contredit par la rue arabe. Pis encore, c’est le manque de liberté qui les a conduits à se réfugier dans l’Islam pour l’utiliser à des fins libératrices. La radicalisation de cet islamisme dans sa forme violente au nom de la « guerre sainte » a donné aux pouvoirs totalitaires une raison de plus pour maintenir sous contrôle les sociétés arabes. » (4)

    Pour l’universitaire, Olivier Roy Directeur du programme méditerranéen de l’Institut universitaire européen de Florence. « L’avenir du mouvement démocratique dans le Monde arabe se jouera sur une longue durée, comme les révolutions du XIXe siècle Ce mouvement des Jeunes, un mouvement générationnel de jeunes modernistes, à la fois par leur technique de communication, leur comportement et leurs demandes : démocratie, liberté, fin de la corruption, dignité, respect.

    Ce sont des révoltes indigènes dans un espace politique où la dimension idéologique est absente. Les référents idéologiques qui ont dominé le Monde arabe pendant soixante ans - nationalisme, panarabisme, panislamisme, antisionisme, anti-impérialisme - sont taris. On demande la liberté de créer des partis politiques, un Parlement, une Constitution. En ce sens, du point de vue politique, c’est une révolte libérale. Les acteurs politiques traditionnels (les Frères musulmans et l’armée) ont compris que les règles du jeu avaient changé et admis la nécessité des réformes. (...) Le mouvement somme les acteurs politiques traditionnels de mettre en place un espace politique démocratique ». (5)

    Quel est le logiciel occidental de redécoupage du Monde arabe ?

    Après l’échec de la démocratie aéroportée en Irak et dans le bourbier afghan, les puissances occidentales essaient d’arriver à la même finalité en mettant en oeuvre une autre tactique celle de miner le Monde arabe de l’intérieur. il faut dire qu’ils ont la partie facile tant les gouvernants qui cultivent le culte de la personnalité voire du sauveur « El Mahdi » ont tout fait pour installer leur peuple dans les temps morts, chacun utilisant une légitimité soit révolutionnaire, soit religieuse, soit divine...L’essentiel est de garder le pouvoir même au prix du désespoir de chacun (harraga, kamikaze...).

    Selon une étude de la Rand Corporation de 2005 on apprend que l’Amérique essaie de subdiviser l’Oumma musulmane en divers camps. Elle donne la recette à adopter ou adapter selon qu’elle a affaire aux fondamentalistes, aux traditionalistes, aux modernistes, et carrément aux séculiers. Dans le même esprit, Gilles Munier cite nommément Israël et les Etats-Unis comme des catalyseurs de la fitna syro-syrienne. « Les manifestations qui ont lieu en Syrie font le bonheur des dirigeants israéliens. Bien que les contestataires syriens affirment être tous attachés à l’unité de la Syrie, le vieux rêve sioniste de partition du pays en quatre Etats -sunnite, druze, alaouite, kurde - leur semble à portée de main. Invité aux Etats-Unis par le Centre S. Daniel Abraham pour la paix au Moyen-Orient, Shimon Peres a été reçu, le 5 avril dernier, à l’USIP - United States Institute for Peace - un think tank créé par le Congrès américain en 1984 pour « prévenir et résoudre les conflits dans le monde ».

    Il a appelé la « Communauté internationale » a soutenir la « transition en Syrie » (...) Il a offert de restituer à la Syrie le Golan, occupé en 1967 puis annexé en 1981. (...) Shimon Peres a posé trois conditions : que la Syrie « divorce » d’avec l’Iran et le Hezbollah, que le plateau soit démilitarisé, que le retrait israélien s’effectue dans le cadre d’un traité de paix. Il s’en est ensuite pris aux Frères musulmans égyptiens, incapables, selon lui, de faire reculer la pauvreté (« Le problème de l’Egypte », a-t-il déclaré, « n’est pas de prier dix fois par jour... »). » (6)

    En définitive, est-ce que ce qui se passe dans les pays arabes augure d’un printemps ou est- ce un mirage ? Pour Kurtz « Les révolutions suscitent l’étonnement, l’admiration, l’espoir mais aussi la compassion quant à la férocité de la répression des régimes en place. La Tunisie, l’Egypte, le Yemen, la Libye et la Syrie vivent avec plus ou moins de violence ces ´´printemps arabes´´. Je crains que dans ces deux pays [Tunisie et Egypte], la révolution ait été confisquée par les caciques des régimes antérieurement en place sous l’influence de l’ami états-unien et français.

    Il en ira probablement de même du Yémen. Quant à la Libye, détentrice de richesses pétrolières, c’est une autre paire de manches. L’impérialisme n’est pas mort et pourrait instaurer le chaos. La Syrie ne présente aucun intérêt sauf pour le complexe militaro-industriel des EU, mais un enjeu géopolitique. Son alliance avec l’Iran et le Hezbollah libanais, ses frontières avec Israël en font un enjeu non négligeable si l’on considère que l’Irak conquise, la Jordanie et la Turquie pro-occidentales font de ce pays enclavé une proie que l’impérialisme EU cherchera par tous les moyens à domestiquer. Je le dis, ces printemps arabes ne doivent pas faire illusion, noyautés par des pays étrangers aux intérêts des justes revendications de ces peuples, participent à la mise en place d’une stratégie du chaos dont les objectifs visés ne sont pas la démocratie mais l’accaparement des richesses des uns et l’instauration d’une pax américaine dans le croissant fertile au profit d’Israël ». (7)

    Les peuples arabes ne veulent plus se situer « ni contre l’Occident ni à son service Ils veulent être libres et aspirent à la paix. Les gouvernants doivent comprendre la nécessité rapide de mutations pour qu’elles ne soient pas imposées de l’extérieur ». L’Occident continue sa rapine et propose une démocratie du ´´panem et circens´´, pain et jeux de la Rome antique. C’est une politique sûre et ancienne que d’y laisser le peuple s’endormir dans les fêtes et dans les spectacles, dans le luxe et dans le faste, dans les plaisirs, dans la vanité et la mollesse ce que nous appelons les soporifiques au lieu de le conduire sur le dur chemin du travail, de la sueur et du mérite. Pour cela, les chefs doivent donner l’exemple...

    Pr Chems Eddine CHITOUR
    Ecole Polytechnique enp-edu.dz

    1. Ahmad Al-Zorqa. Un plan saoudien loin des revendications populaires. Mareb Press 26.04.2011

    2. http://www.renenaba.com/libye-le-ze... 25.04.201.

    3. Manlio Dinucci. La rapine financière du siècle Mondialisation 25 avril 2011

    4. Abdelatif Kerzabi http://www.alterinfo. net/La-fin-de-l-autoritarisme-dans-le-monde-arabe_a56744.html 26 Mars 2011

    5. François d’Alançon Olivier Roy : « Une révolte moderniste » La Croix 13/04/2011, 18

    6. Gilles Munier. Syrie : Israël et les Etats-Unis jettent de l’huile sur le feu. Mondialisation.ca, 21.04.2011

    7. Kurts : Le destin des printemps arabes http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... 11

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  • Depuis la prison interview exclusive avec Joaquín Pérez Becerra, déporté du Vénézuéla vers la Colombie

    Dick Emanuelsson
     
    Note de LGS : étrange affaire. Etrange engagement de la diplomatie suédoise. Rappelons ce récent colloque à l’UNESCO organisé par la Suède. La Suède aurait-elle pris le relais de la Tchécoslovaquie au sein de l’Europe comme fer de lance des coups tordus contre les pays indociles à l’égard de Washington ? Rien de probant, juste un bon vieux instinct qui fait sonner quelques alarmes. Etranges réponses aussi de Perez qui semble plus préoccupé par le comportement des autorités vénézueliennes que par les risques qu’il encourt en Colombie. Etranges aussi le conditionnel (problème de traduction ?) lorsque Perez "pense" qu’Izarra fut ministre de la communication au Venezuela. Vous trouverez en fin une déclaration de Chavez sur ce sujet publié sur http://www.larevolucionvive.org.ve/...

    * * *

    TEGUCIGALPA / 2011-04-29 /

    Dans une première interview exclusive pour “ANNCOL SOMOS TODOS” (Nous sommes tous ANNCOL), le déporté Joaquín Pérez Becerra, directeur de l’Agence de Nouvelle Nouvelle Colombie, ANNCOL, répond depuis la prison La Modelo à Bogota aux questions et inquiétudes de milliers de personnes dans le monde qui ont suivit heure par heure "le développement des événements en pleins développement" comme sait le dire le maître Walter Martínez dans le programme “Dossier”.

    Ce qui a été relaté par Pérez Becerra à ce reporter est scandaleux, et encore plus lorsque nous savons que le directeur d’ANNCOL a été une des plus fidèles défenseurs de la Révolution Bolivarienne et de son commandant Chávez. Plusieurs fois Pérez Becerra et l’association Jaime Pardo Leal à laquelle il appartient ont organisé des actions d’information et des manifestations publiques en défense du processus politique qui débuté au Vénézuéla en 1999.

    Mais une chose est le mauvais traitement de la part de la Garde Nationale vénézuélienne. Une autre chose est l’attitude du représentant politique Andrés Izarra que Pérez Becerra pense fut ministre de la communication. Celui-ci démarra sa carrière journalistique sur NBC, CNN, des chaînes de télévision étasuniennes et la termina sur RCTV, Radio Caracas Televisión, le berceau médiatique du coup d’état d’avril 2002, avant d’assumer durant les années suivantes des hautes charges dans l’administration Chávez.

    Personne, ni Izarra, ni aucun représentant du service de migration vénézuélienne ne s’interrogèrent sur la citoyenneté de Joaquín Pérez. Il semble même qu’ils n’étaient pas intéressés de la savoir, dit Pérez dans l’interview, malgré qu’il ait un passeport suédois et une carte d’identité suédoise sur lui.

    Izarra avait déjà sa version écrite et la publia sur son compte Twitter une heure seulement après la détention de Joaquín Pérez à l’aéroport de Maiquetía il y a une semaine.

    Un journaliste ne doit jamais exagérer ou manipuler la réalité et les faits. Mais ce n’est pas une exagération que de dire que la réaction pour la détention et la déportation de Joaquín Pérez ne s’est pas limitée à la Colombie, la Suède et le Vénézuéla mais au monde entier. Des personnalités de tout type, des mouvements sociaux et organisations politiques se sont prononcées, en alertant le président Chávez, exprimant que "les révolutionnaires ne se déportent pas, ils se défendent si c’est une révolution authentique". Des juristes, des avocats et des juges ont corrigés les quelques fonctionnaires vénézuéliens qui se sont exprimés en défense de la déportation, soulignant qu’il y avait des alternatives juridiques et soutenables avant la déportation de Joaquín Pérez.

    Mais nous devons mettre en avant le communiqué de l’Association Nationale de Médias Communautaires Libres et Alternatifs du Vénézuéla (ANMCLA) qui se déclare très préoccupée par la déportation de Pérez et dit qu’elle "crée une fissure dans la confiance des millions qui construisons depuis en bas, collectif après collectif, conseil communal après conseil communal, mouvement après mouvement le socialisme et la belle patrie".

    Chávez n’est rien sans les masses populaires vénézuéliennes. Quand s’ouvre une fissure l’ennemi en profite.

    Transcription de l’interview avec Joaquín Pérez :

    * * *

    Journaliste : Dis-moi de manière rapide comment fut le traitement durant la détention à Caracas. L’ambassade suédoise dit qu’on ne lui a pas permis de prendre contact avec toi.

    Joaquín Pérez : La chose fut très grossière à Caracas ! Le traitement de la Garde (Nationale) fut très mauvais, très mauvais et très insultant. Même la police colombienne s’est comportée mieux qu’eux, elle fut plus correcte. Les vénézuéliens furent très grossiers. Ils ne n’ont pas laissé regarder la télévision, rien pour que je puisse me rendre compte de la situation.

    J : Tu étais totalement isolé ?

    J P : J’étais isolé au Vénézuéla, frère. Et rapidement tansféré à l’aéroport. Ils se sont très mal comportés ! J’ai dit ici (à la prison de La Modelo) que "je ne retourne pas à la patrie de Bolívar !"

    J : Y avait-il un quelconque représentant politique du ministère de l’intérieur où de ... ?

    J P : Quand ils m’ont livré, c’était un ministre d’Izarra, il me semble, je ne suis pas sûr.

    J : Celui qui t’a livré à la police colombienne ?

    J P : Je crois que c’était lui (Izarra), je n’en suis pas sûr, mais il était du ministère. Il ne m’a même pas parlé, il se cachait et il ... "quels fils de P... !

    J : Quelqu’un t’a demandé si tu étais suédois ou colombien ?

    J P : Eux... je leur ai expliqué que j’étais suédois.

    J : Tu es venu avec un passeport suédois, non ?

    J P : Mais oui, je leur ai dit et j’avais aussi la carte d’identité suédoise et, mais non ! Ils sont venus à l’avion avec l’ordre de la Colombie et m’ont arrêté, comme s’ils étaient de la police colombienne. Des médiocres ! Une attitude mesquine et grossière. Ils m’ont maltraité ! Mais il y avait des gens sur place, discrets, qui étaient un peu plus solidaires, mais comme l’ordre venait d’en haut ils n’ont rien pu faire. J’étais isolé.

    J : Aucun représentant suédois ou vénézuélien ...

    J P : Aucun, aucun !

    J : A Frankfort (quand il y eu une correspondance) il y eu in contrôle spécial ou ... ?

    J P : Non, non, non, non !

    J : Tout était normal ?

    J P : Tout était normal, j’ai même dit "bye bye" aux allemands et j’ai continué normalement.

    J : Dans le monde il y a eu une réaction sans précédent, une réaction d’indignation sur ta déportation (en Colombie). Qu’en penses-tu ?

    J P : Ils ne m’ont donné aucune chance, ils m’ont isolé pour être en bons termes avec le gouvernement de Colombie. C’est une chose alarmante.

    J : Lors de la première audience, le matin de mardi dernier (le lendemain de ta déportation), ils t’ont parlé de l’alerte rouge émise par Interpol ?

    J P : Oui, ils en ont parlé.

    J : D’après ton avocat, (les autorités colombiennes) ont déclenché il y a un an le processus et lancé des poursuites contre toi de manière quasi clandestine, se servant comme preuve de 700 supposés courriers électroniques de toi trouvés dans l’ordinateur de Raúl Reyes.

    J P : Combien ?

    J : 700, disent-ils.

    J P : C’est ce qu’ils disent eux. Tu sais qu’ils inventent et font un travail logistique pour toucher aux ordinateurs, créant des mails, créant des lettres, tu sais comment ils sont.

    J : Ce type de mails sont inventés ?

    J P : Ce ne sont pas des preuves car elles n’ont aucune crédibilité réelle parce qu’elles sont tirées d’ordinateurs qui ont été détruits et ont disparu. On ne peut pas y croire, c’est comme un fantôme. Il semble que chaque fois qu’ils en ont besoin, l’ordinateur de Reyes crache des courriers et des photos.

    J : ...Ca fait trois ans ...

    J P : Imagine toi ! Et il continue à cracher des courriers. Et à part ça, dans l’audience il y a eu un très gros débat. L’avocat (engagé par le gouvernement suédois) fut très bon et il y eu un débat, premièrement sur ma citoyenneté suédoise et eux (la justice) tentèrent d’expliquer que c’était une citoyenneté colombienne. Il y eut un cafouillis.

    J P : Ce qui s’est passé c’est qu’ils m’ont jugé en mon absence, ils ne m’ont même pas prévenu par le ministère des affaires étrangères suédois ou l’ambassade (colombienne à Stockholm) parce qu’ils savent que je vis là bas. Tout le monde sait que je vis là bas et que je suis un homme avec des papiers en règle et que je n’ai rien caché à personne. C’est grossier !

    J : Tu as renoncé à la citoyenneté colombienne quand tu es devenu suédois par naturalisation il y a dix ans ?

    J P : Oui. Je leur ai expliqué, mais ça n’a servi à rien. J’ai expliqué que je lutte pour une solution politique négociée au conflit (social et armé), que je n’ai joué aucun rôle dans le rapprochement avec les FARC (quand est venue en Suède la délégation mixte entre guérilla et industriels colombiens menée par Raúl Reyes, Víctor G. Ricardo, le commissionné de paix du président Andrés Pastrana, et Cesar Villegas président de ANDI, le 02 février 2000 - Note du Rédacteur) et que le site (ANNCOL) n’est pas un site terroriste parce que nous ne faisons pas de terrorismen j’ai expliqué tout ça. J’ai un très bon avocat et la solidarité de beaucoup de gens.

    J P : Evidemment, le journalisme colombien est très grossier et très astucieux au point qu’il ressemble à des organismes d’espionnage. Il est venu ici même des journalistes pour réaliser une interview et je m’y suis refusé. Parce qu’ils utilisent n’importe quoi pour te rabaisser, on ne peut pas avoir confiance en eux. Alors j’ai refusé une interview avec Vicky Dávila, du journal el Tiempo et RCN (chaîne de télévision et radio) et j’ai dit non. Quand le processus sera plus avancé et que je serais bien documenté et saurais les détails de cette affaire, alors j’accepterai mais je n’ai pas confiance en cette presse vraiment grossière et agenouillée devant le gouvernement colombien.

    J : On sait comment elle manipule l’information à son bénéfice. Ceci est-il le résultat de l’espionnage effectué par un des diplomates colombiens à l’ambassade de Stockholm en Suède, M. Ernesto Yamure, qui est aussi conseiller politique et ami personnel de Carlos Castaños ?

    J P : Bien sur ! Je crois que cela peut venir de là, comme nous sommes connus là-bas, il est alors très facile de connaitre nos noms, comment nous travaillons à la radio, comment je me nomme à la radio, comment je me nomme sur mon site web. Ils leur est très facile de le faire ou ils ont une information très vaste en général de ce que fait quelqu’un ici, il connaissait la radio, il connaissait l’action que nous avons fait face aux Bateau Gloria (juillet 2005), il nous a pris en photo. Il y a eu donc un documentation très fournie qu’il ont mis dans l’ordinateur et ils ont tenté d’établir une connexion avec cette organisation.

    J : Exactement et justement dans le compte-rendu de la manifestation à Stockholm on voir la photo de Yamure, parce que dans ce folio (registre du DAS contre ce journaliste) il y avait l’article que j’avais écris, il était dans le dossier que le DAS et le G3 ont fait sur moi comme journaliste à ce moment. Et celui qui est désigné comme "source habituelle" doit être l’employé de l’ambassade colombienne de Stockholm (Ernesto Yamhure) qui a fait ce dossier contre moi et contre vous qui êtes sur le quai.

    J P : C’est ça, en général je crois que ceci est une opération médiatique. Ou alors l’objectif est de criminaliser les médias alternatifs, faire taire une voix qui est contre le gouvernement colombien et obliger les gens a ce qu’ils ne parlent pas mal d’un gouvernement terroriste. C’est le but.

    J : Ce qu’ils ont gagné, c’est d’avoir crée des centaines de nouveaux correspondants d’ANNCOL.

    J P : Ouf, je me sens déjà mieux, je suis très heureux.

    J : C’est très impressionnant, réellement, la réaction à ta déportation du Vénézuéla vers la Colombie. Je te le dis personnellent, en tant que vieil mai. Ce n’est pas juste pour l’interview

    J P : Je te connais. Au fait, je ne me rappelle pas ce qu’a dit Nicolas Maduro (ministre des affaires étrangères vénézuélien). Qu’a-t-il dit ?

    J : On demande au ministre Maduro pourquoi les autorités suédoises ne vous ont pas arrêté à Stockholm. Alors je me demande pourquoi Maduro ne pose pas la même question aux autorités allemandes, dans l’aéroport le plus sûr, le plus surveillé du monde, qui est celui de Frankfort. Et pourquoi Maduro ne se demande pas pourquoi Santos était mieux informé que les deux autorités mentionnées, suédoise ou l’allemande. Et qu’il a appelé Chávez, alors que vous étiez en plein vol entre Frankfort et Caracas, pour l’informer si gentiment qu’un gros poisson arrivait et qui s’il pouvait lui rendre ce service et l’arrêter.

    J P : Oui, oui ...

    J : Imagine-toi !

    J P : Oui, oui, oui, un petit dérangement.

    J : Les autorités suédoises comment se sont-elles comportées ? Parce que je suis en contact tous les jours, plusieurs fois, aussi bien avec le ministère des affaires étrangères à Stockholm que l’ambassade de Suède à Bogota. Et ils ont été avec moi, en tant que journaliste, corrects, en tentant d’expliquer et de répondre à toutes mes questions. De toutes manières ils n’ont pas eu beaucoup de réponses parce qu’ils disent que le contact avec toi leur a été refusé à Caracas. Mais à Bogota, ils se sont réunis avec toi, la nuit où tu es arrivé, lundi dans la nuit, et j’ai aussi été en contact avec le consul Erick Wollin le matin du mardi à l’audience publique.

    J P : Oui il se sont comportés magnifiquement, me donnait de l’aide, ce mardi ils vont venir me rendre visite une nouvelle fois, pour s’occuper de ma situation et Erik était à l’audience toute la journée avec moi et l’avocat y a passé la nuit, ils se sont très bien comportés.

    J : Bien, je m’en réjouis. Quelques mots pour la communauté internationale et surtout pour les Colombiens ?

    J P : Oui, que je suis très déçu par l’attitude du gouvernement bolivarien. Un gouvernement que nous avons appuyé, un gouvernement dont nous avons diffusé à travers de Café Stereo et ANNCOL les buts de la Révolution Bolivarienne au Vénézuéla et pour cela je crois que ceci est un coup très dur. Ce n’est pas quelque chose dont le gouvernement bolivarien peut se sentir fier. Je ne sais pas comment il va y remédier, je ne sais pas comment il va changer d’attitude, mais il me semble que la solidarité va en souffrir parce qu’on ne peut accepter qu’un gouvernement livre un communicateur social qui a travaillé pour informer sur le terrorisme d’état en Colombie.

    Et à l’attention des autres latinoaméricains, suédois, européens, qui nous connaissent, eh bien, que nous sommes attendons la dénonciation parce que c’est une attaque contre la liberté d’expression, contre la liberté de la presse. C’est une manoeuvre pour faire taire les gens à l’extérieur (de la Colombie), c’est du terrorisme médiatique pour interdire que le monde connaisse la nature de l’oligarchie colombienne, qui assassine, qui viole les droits humains qui soi-disant seraient mieux respectés sous le gouvernement de Santos, mais c’est un mensonge total.

    J P : Alors à toute la colonie internationale, une accolade, je les aime beaucoup et que la partie continue parce qu’ici nous sommes décidés à affronter ce régime terroriste.

    J : Merci beaucoup, Joaquín Pérez Becerra et sache que tu n’es pas seul.

    http://anncolprov.blogspot.com/2011/04/desde-la-carcel-entrevista-exclusiva.html

    Bande son de l’interview

    Traduit par quelqu’un qui se demande quand est ce que le gouvernement colombien va le rajouter dans l’ordinateur de Raúl Reyes ? avec toutes les fautes et les coquilles habituelles + quelques corrections/modifications ici ou là par LGS (avec toutes les fautes et les coquilles habituelles).

    EN COMPLEMENT

    http://www.larevolucionvive.org.ve/...

    Chávez : "je n’ai pas le moindre doute qu’on l’a amené jusqu’ici à dessein, pour pouvoir dire que si je l’arrête je suis le mauvais et si je ne l’arrête pas, je suis le mauvais aussi"

    samedi 30 avril 2011

    Le président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, a expliqué ce samedi 30 avril que "le Gouvernement de Colombie, la Police Internationale (INTERPOL) et la CIA connaissaient même le numéro du siège occupé par le journaliste colombien, Joaquín Pérez Becerra, quand il voyageait vers le Vénézuéla".

    Il a ajouté que la responsabilité "n’est pas mienne, le premier responsable est ce monsieur qui est recherché par INTERPOL avec le code rouge, que chacun assume ses responsabilités" a souligné le chef de l’état.

    Cette explication a été réalisée le samedi durant l’inauguration de la Grande "Mission Logement" ce samedi depuis le théâtre Teresa Carreño, à Caracas.

    Pérez Becerra a été capturé le samedi passé par les autorités vénézuéliennes à l’Aéroport International de Maiquetía Simón Bolívar.

    Le président Hugo Chávez a expliqué : "je suis le responsable d’avoir envoyé ce monsieur au gouvernement de Colombie, j’en ai donné l’ordre, parce qu’il était recherché par INTERPOL".

    Il a également souligné que "je n’ai pas le moindre doute qu’on l’a amené jusqu’ici à dessein, pour pouvoir dire que si je l’arrête je suis le mauvais et si je ne l’arrête pas, je suis le mauvais aussi. J’ai assumé ma responsabilité au vu du droit international, et nous l’avons capturé".

    Ces déclarations ont été faites ce samedi au moment de lancer un vaste programme social qui vise à offir à chaque famille vénézuélienne un logement décent, et qui s’ajoute aux toutes récentes augmentations de salaire (25 % de plus pour le salaire minimum, et 40% de plus pour les travailleurs des universités et de l’administration publique).

    suite : http://www.larevolucionvive.org.ve/...

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