• « Ne sois pas conciliant »

    Entretien avec Laouni, un habitant de Redeyef.

    Redeyef, 30 000 habitants perdus dans le bassin minier de Gafsa. En 2008, cette ville a tenu une grève dure de 6 mois. De janvier à avril les manifestations et les émeutes s’enchainent pour protester contre les conditions frauduleuses de recrutement à l’usine de la Compagnie de Phosphates de Gafsa, seule source de travail dans la région. Ici, il faut payer pour travailler… Dès le début de la protestation, 6000 policiers occupent la ville. L’UGTT nationale se désolidarise, désignant les responsables syndicaux de Redeyef de « fauteurs de troubles » indignes du syndicat.

    En avril, une première vague de répression tente d’affaiblir le mouvement, en vain. Les femmes manifestent devant la délégation, réclamant la sortie de ceux qui sont en garde à vue. Puis les manifs, les débrayages, les assemblées reprennent. Jusqu’au 6 juin, jour où les BOP finissent par tirer à balles réelles sur la foule. 4 morts. Les flics pourchassent les habitants jusque dans leurs maisons. La communauté de lutte de Redeyef s’enfuit dans la montagne et s’y cache. Elle en redescend dès le lendemain pour reprendre les manifestations. Dès lors, la police installe des barrages sur les principaux axes de la ville pour empêcher toute propagation et tout relais de la situation par des journalistes. Les mois qui suivront, elle procèdera à l’arrestation des syndicalistes dissidents de l’UGTT et des fortes têtes, repérés tout au long du mouvement par la police politique venue en renfort. 300 arrestations en tout. Certaines personnes recherchées arrivent malgré tout à échapper à la répression en se cachant à Redeyef. Un ami vivra ainsi clandestinement pendant deux ans.

    Beaucoup expliquent cette lutte effrénée par la tradition ouvriériste d’une ville qui s’est construite autour de l’extraction du phosphate. Mais qu’une population entière tienne tête pendant 6 mois ne peut s’expliquer uniquement par la présence d’un syndicat fortement ancré localement. Ce qui se dégage de cette ville, de ses habitants, c’est une force, une volonté incroyable, saisissante. Il semble plutôt que l’engagement syndical, unique forme reconnue, soit venu prendre le relai d’un esprit de lutte bien plus ancien, toujours vivace, et qui déborde largement la sphère de la politique classique. « Une guerre, pas si lointaine, avait trouvé terrain dans ces coins reculés.

    Ces lieux sont en effet connus pour avoir été une place forte pour les réseaux des fellagas de la région qui s’y étaient établis, et qui bien que modestement armés, profitaient des reliefs escarpés et des nombreuses gorges étroites pour mener leur entreprise de harcèlement continu des troupes coloniales, visant les voies ferrées par lesquelles transitait le phosphate extrait des mines. Nombreux autres groupes de bédouins fellagas avaient également pris leurs quartiers autour de Gafsa, Kasserine et Sidi Bouzid, participant activement au mouvement de libération nationale. « (Habib Kaltoum, La Presse de Tunisie) A Redeyef on dit que c’est ici qu’ont eu lieu les prémices de la révolution de janvier… Nous y avons rencontré Laouni. D’origine bédouine, il est infirmier syndiqué à l’UGTT locale depuis des années. Le personnage est indescriptible.

    A une terrasse de café de Redeyef, le 14 avril.

    Nous: Est-ce-que tu peux nous parler de tes origines bédouines et des bédouins dans le bassin minier de Gafsa?

    Laouni : Les origines de presque tous les habitants de Redeyef sont  bédouines. Ce sont des nomades à la campagne qui se déplacent avec leurs troupeaux pour chercher le pâturage. Moi j’ai vécu comme cela pendant quatre ans, je m’en souviens très bien. Autrefois on se déplaçait beaucoup – dernièrement moins. Car lorsque le phosphate a été découvert, les hommes ont commencé à travailler. Ils travaillaient ici et ils repartaient dans le Sahara. On a découvert le phosphate il y a une centaine d’années. Il y a eu des gens qui n’ont pas voulu travailler et ont préféré rester bédouins, mais beaucoup ont travaillé à la mine. Peu après ils ont commencé à construire des maisons, à se sédentariser.

    N: ça me fait penser qu’on dit que les bédouins ont une forte tradition de lutte, non?

    L : Autrefois, près de la frontière avec l’Algérie, mon père et mon grand-père me racontent que les rebelles, les révolutionnaires luttaient contre la colonisation. On les appelait aussi les fellagas, c’est-à-dire les bandits, mais c’était des révolutionnaires. Ils disent les fellagas pour être péjoratifs. On raconte que les rebelles venaient le soir de la montagne pour prendre le dîner, pas tous les jours, mais parfois ils avaient besoin de manger parce que leur nourriture c’était de la sardine et des conserves et tout ça.

    Alors chaque tente, chaque famille préparait un plat de couscous avec de la viande. Les révolutionnaires mangeaient durant la nuit et après ils remontaient dans la montagne pour s’abriter. Pour effacer leurs traces de pas, ils faisaient marcher à leurs trousses les  troupeaux de brebis. Mon grand-père m’a raconté que plusieurs fois les gendarmes français sont venus chez nous. Ils le soupçonnaient parce qu’il avait un grand troupeau, et qu’il pouvait inviter et nourrir les rebelles. Il y a des mouchards partout, ils ne meurent pas les mouchards, ils sont toujours présents. Pour qu’ils ne trouvent pas nos fusils de chasse, les femmes les cachaient sous leur robe. Elles jouaient un rôle primordial pour soutenir les rebelles.

    Elles ne se battaient pas avec les hommes ou alors c’était très rare, en Algérie peut-être.
    La tradition de lutte du bassin minier est connue. La première « opération » était contre les colons, les soldats français, entre Redeyef et Metlaoui, dans les montagnes en 1952 ou 1953 je ne sais plus. La révolution a éclaté en 1952. Il y a un cimetière des martyrs là bas, ce sont tous des bédouins. La grande tribu bédouine qui vit ici à Redeyef c’est  Aouled Sid Habid- les autres sont moins nombreux. Cette tribu est séparée : il y a ceux qui vivent en Algérie et ceux qui vivent en Tunisie, à Redeyef surtout. Vous les trouvez le long de la frontière algérienne. Autrefois il y avait des conflits entre les tribus, à cause de la terre surtout. Et après la révolution de janvier il y a eu de nouveaux conflits à Metlaoui.

    N : C’est quoi ton tatouage sur le bras?

    L : Là il y a le croissant et l’étoile, et là le sabre. C’est-à-dire qu’on défend notre patrie la Tunisie avec le sabre. Quand je l’ai fait, j’avais treize ans, je l’avais vu sur d’autres, et mon grand-père m’a raconté ce que ça signifiait. Mon père l’avait aussi mais il était caché car en tant que signe révolutionnaire il était interdit. Dans la religion musulmane les tatouages sont un péché. Les origines sont berbères. Ici à Redeyef on voit des anciens avec des tatouages sur le visage. Les berbères ici sont musulmans malgré le péché des tatouages. Sinon ils pratiquent l’Islam comme les arabes, ils font la prière. Les tatouages sont faits pour se différencier entre tribus.

    N : Tu nous as dit ce matin que tu avais vu dans un rêve la révolte qui a eu lieu à Redeyef?

    L : Oui j’ai rêvé de ça plusieurs fois.
    J’ai rêvé de notre fuite dans la montagne, et c’est arrivé. J’ai vu les lacrymogènes, les jeunes qui jettent des pierres sur les brigades d’ordre public, je les ai vu tirer à balles réelles sur des gens isolés presque deux ans avant le mouvement. Alors ça veut dire qu’on peut prévoir, mais on ne peut pas éviter ce qui va se passer, le danger, c’est ça le problème.


    J’ai rêvé de mon arrestation avant que ça n’arrive : je voyais les barreaux. Je me suis fait arrêter plusieurs fois. La première fois quand le mouvement de 2008 a commencé, ils nous ont arrêtés quatre jours. Après cette arrestation, les femmes ont protesté devant la délégation, sous la pression, ils nous ont relâchés. Nous avons continué notre mouvement encadré par des syndicalistes. Lors de cette première arrestation, mon fils s’est fait arrêté le même jour. C’est un militant de l’UGET (syndicat étudiant). Vous savez que ce qui a déclenché notre mouvement, c’est le trucage du recrutement pour travailler à la mine, par la mafia du pouvoir et des syndicalistes.

    Alors les jeunes ont protesté. Depuis une centaine d’années ici on vit dans la misère. L’économie de la Tunisie s’articule autour du phosphate, et nous on n’a rien récolté. Seulement la pollution, les maladies, les accidents de travail, parfois mortels, les handicaps. Autrefois dans le bassin minier il y avait 15000 mineurs, ils ont été réduits à 5000, on a un chômage massif en conséquence de la mécanisation. Les pères et les grands-pères sont tous des victimes, ils ont été exploités toute leur vie.  Ils ont  juste touché quelques sous. Vous savez qu’il y a un taux très élevé de cancer à cause de la pollution.

    L’uranium dans le phosphate détruit les dents de tout le monde ici à cause de l’eau.
    Le mouvement a débuté encadré par les syndicalistes locaux. Des manifestations, des rassemblements, des slogans politiques et sociaux. Par exemple : « Travail, Liberté, Dignité ». C’était le mouvement de la dignité. Il y  avait aussi « Le travail est une nécessité pour les voleurs »

    N : Qu’est ce que tu entends par « mouvement de la dignité »?

    L : Le travail est indispensable pour l’individu. Le travail c’est la dignité. Si vous êtes au chômage, vous demandez l’aumône. C’est pourquoi le travail protège la dignité. La dignité est proche de la fierté, bien sûr. On ne peut pas être fier sans dignité.

    N : Et on ne peut pas être digne sans travailler?

    L : On peut bien sûr, mais alors la dignité peut être écrasée. Le pauvre on peut l’écraser. Quelqu’un qui n’a pas de travail, pas à manger, et qui a une famille, pour l’habiller, se nourrir, sans argent, on ne peut rien faire. Dans les villes on ne trouve pas de soutien, et on peut mourir de faim si on ne travaille pas. Ici il y a beaucoup de chômage mais les gens sont solidaires. Si on vit sous les lois d’un dictateur, il n’y a pas de dignité, car il impose ses lois, parfois on n’a même pas le droit de regarder, de lever les yeux, de parler, de réclamer ses droits. Passer devant le poste de police c’est une épreuve. Parfois les jeunes qui passaient devant le poste se faisaient arrêter, frapper, sans raison. La liberté aussi, c’est la dignité. Si on n’est pas libre, on n’a pas de dignité.


    Pendant les manifestations de Redeyef, tous les jeunes, tous les habitants sont sortis. Au bout d’un moment les flics ont voulu mettre fin à tout ça.  Il leur fallait un prétexte pour intervenir. Alors un soir toutes les brigades de police, BOP, police politique, unités avec les chiens sont sortis de la ville. Vers 23h le commissariat était attaqué. C’était ce dont ils avaient besoin pour commencer à arrêter les militants. Cette nuit là, vers 4h du matin, ils ont commencé à perquisitionner les maisons. Ils sont passés par dessus les murs, les toits. Vers 4h30 j’ai entendu un bruit. J’étais avec ma femme dans la chambre à coucher. Ils ont enfoncé la porte de la chambre et ont braqué un revolver sur la tempe de ma femme. « Où est ton fils! » criaient-ils. Je suis sorti dans la cour et j’ai trouvé là une centaine de BOP. Tous alignés, ils étaient comme des machines, comme des robots avec leur armure et leur matraque. Ils sont entrés dans la chambre de mon fils et ils l’ont emmené dans la cour.

    Jusque là il était endormi, il ne comprenait rien à ce qu’il se passait. Je lui ai donné quelques gifles, « Allez réveille-toi » je lui disais, lui ne comprenait rien. Je me suis disputé avec un gars des brigades. Je me suis fais bousculé, il m’a insulté, il a insulté ma mère… Ils ont emmené mon fils pieds nus. J’ai essayé de rassurer mes filles, ma femme. Lorsque je suis sorti, il y avait des centaines de policiers. Devant le local de l’UGTT ils étaient aussi au moins une centaine. Ils ont commencé à agresser deux syndicalistes, alors je suis intervenu, je me suis interposé, ils m’ont agressé aussi. Ils ont commencé à me tirer les cheveux, ils m’ont tiré jusqu’au poste de police, en me frappant à coups de pieds, coups de matraques. Maintenant encore j’ai des douleurs dans la région lombaire. Au commissariat ils m’ont jeté sur le sol. Ils ont continué à me frapper. Ils m’ont sauté dessus à pieds joints, j’ai eu deux côtes cassées. Les deux autres syndicalistes sont arrivés.

    Ils les ont frappés avec le talon de leurs chaussures, sur le visage. Ensuite ils ont voulu nous transférer au poste de police de Gafsa. Au commissariat de Gafsa il y avait du sang partout sur le sol. Quand nous sommes arrivés on nous a fait nous aligner. Un policier a dit « Tout le monde doit s’incliner ». Moi je ne m’inclinerai que quand je serai mort. Alors je me suis fait frapper, on m’a arraché les cheveux, on m’a craché dessus. En fait ce qui m’a torturé c’est pas les coups, c’est pas la peur non plus. Mais quand j’ai vu comment ils ont agressé même les mineurs j’ai pensé à mon fils, et là j’ai eu très peur. Moi je n’étais pas recherché, mais mon fils si. On nous a fait descendre dans le souterrain du commissariat. On nous a répartis dans trois grandes cellules. Il y avait de grands projecteurs braqués sur nous, tout le monde était ébloui. J’étais déjà connu de  la police parce que j’avais participé à beaucoup de manifestations, même avant le mouvement.

    Alors un chef policier est venu me voir. Il m’a dit « Toi, tu dois te déshabiller ». Il a insisté. Après ils m’ont mis dans une cellule. Je n’avais plus que mon caleçon. Le chef de la police est venu, il a commencé à me fixer. Là j’ai eu peur qu’ils torturent mon fils devant moi, qu’ils lui fassent des choses intimes. Ils l’ont fait sortir d’une autre cellule et l’ont fait passer devant moi. Ils l’ont emmené dans  une autre cellule, juste à côté de la mienne. Et là je l’ai entendu crier, et j’ai compris qu’ils commençaient à le torturer. Ils ont fait ça exprès. Plus tard deux policiers sont sortis et m’ont regardé en rigolant. Ils m’ont dit « On a torturé ton  fils, et tu n’as rien fait… »

    Ca c’était terrible. Terrible. Ca m’a beaucoup torturé, pire que si c’était moi. Les coups ça s’efface, pas ça. Vous entendez votre fils crier, vous savez comment on le torture… Ils ont fait le « poulet rôti ». Vous savez ce que c’est le poulet rôti? Ils accrochent les mains aux chevilles comme ça, ils accrochent les pieds et les mains à un bâton, la personne est nue. Ils mettent les deux extrémités du bâton sur une table, et on est comme un poulet rôti sur une broche. Et là ils peuvent commencer à nous torturer. Ils mettent les matraques dans le rectum, toutes ces choses là… c’est terrible. Ce sont des machines. Ils n’ont pas de sentiments. Ils obéissent comme des robots. Ils exécutent les ordres, aveuglément…

    N : Et ces policiers là, ils sont toujours en service, quelque part…

    L : Oui bien sûr! Ils ont juste fait des permutations, ils sont plus à Redeyef ou à Gafsa. C’est tout. La dissolution du corps de la police politique, c’est ridicule ça. C’est du vent. Rien n’a changé. Ceux de Gafsa sont partis à Bizerte, et vice et versa…
    (Long silence…)
    On a été relâché au bout de 4 jours.  Après ça nous avons continué notre mouvement. Nous n’avons pas renoncé. (Il allume une cigarette, boit son café).

    N : Tu penses que rien n’a changé depuis la chute du régime de ben Ali?

    L : Non. On nous dit qu’on va dégager les flics, ceux du RCD, mais on n’a rien vu de tout ça. Jusque là rien n’a changé. Le peuple doit continuer à mettre la pression. On doit s’unir, parce que maintenant c’est une période trés délicate. Les ennemis de la révolution sont toujours là, ils nous guettent. Alors on doit être très vigilants. On doit tous être mobilisés, tous ceux qui ont fait la révolution. Sinon elle va être avortée avant même d’avoir vu le jour.
    Bon je reviens à 2008. On a continué notre protestation, on a continué à manifester, avec les délégués, avec les habitants de Redeyef. Mais l’Etat a sérieusement commencé à se dire qu’il fallait mettre fin à ce mouvement. Ils ont eu peur de la contagion, de la propagation de la révolte au reste de la région, et du pays.

    Digression sur le froid. Il se marre en disant qu’il aime le sirrocco, et qu’il adore voire les gens avoir trop chaud… « Quand le sirrocco souffle, moi, je ris! »
    Il raconte l’incantation des esprits quand il était plus jeune

    Autrefois il y avait des vieux à Redeyef , des voyants. Maintenant ils sont tous décédés. Ils venaient surtout de ma tribu, les Dervichs, qui appartiennent à la grande tribu des  Aouled Sid Habid. Moi je suis un Chraiti. Les Chraiti ont beaucoup de dervichs. Les dervichs font la Hadra, la Transe. Comme pendant l’occupation de la Kasbah, tu te souviens de ceux qui chantaient avec les bougies allumées? Ils chantaient pas en arabe, mais dans une autre langue. Hadra ça veut dire « présence », ça veut dire « vent ».  On commence à chanter, comme les indiens qui font « héhéhéhéhé » (il  rigole). Quelqu’un commence et puis on répète des syllabes, des mots. Par exemple « Allah, allah » ou des choses comme ça. Puis on fait des « sidras », les sidras c’est quand on fait des souffles comme ça avec sa poitrine (il fait de l’hyperventilation en se tapant la poitrine).

    Après une énième pirouette, il nous parle de ses cheveux, qui lui donnent de la force, bien qu’un jour il ait du les couper pour changer de visage.  

    N : Toi aussi tu as dû te cacher ?

    Bien sûr je suis resté un mois dans la montagne, alors je me suis coupé les cheveux et les moustaches, je me suis fait un chapeau, parce que les policiers me recherchaient. Pour me couper les  cheveux j’ai appelé un coiffeur la nuit, j’étais seul à la maison, je lui ai dis  « coupe-moi les cheveux et les moustaches ».


    Une fois les cheveux coupés  il allait partir, je lui dis « attends, tu es le seul qui sait qui je suis… je vais te tuer » (rires). Il m’a regardé comme ça (il fait les yeux apeurés), « je lui dis : combien? » ,  il me dit : « c’est pas la peine ». (rires)


    C’est la nuit que la police nous cherchait alors des fois le jour je rentrais à la maison. Un jour un mouchard est devant ma maison, il veut savoir où j’habite, alors il me dit « s’il-vous-plaît apportez-moi un peu d’eau, il fait chaud », je lui ai dis « désolé je n’habite pas ici », il voulait que j’entre dans la maison, mais moi je suis vieux et rusé comme un renard. (rires) Le fait qu’ils me cherchent, j’ai pris ça comme une aventure, comme un plaisir. Mes amis me disaient « toi Laouni tu aimes la montagne voilà maintenant tu y es ».


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  • Mainmise impérialiste sur Haïti (Dissident Voice)

    Après le tremblement de terre meurtrier qui a détruit Haïti il y a 15 mois, la plupart des Canadiens s’inquiétaient pour ceux qui étaient ensevelis sous les ruines, ceux qui n’avaient pas d’eau et qui avaient perdu leurs familles. Il semble que dans les allées du pouvoir les préoccupations aient été très différentes.

    Selon des documents analysés par la presse canadienne la semaine dernière, les officiels canadiens craignaient que la vacance du pouvoir qui a suivi le tremblement de terre ne favorise "un soulèvement populaire". La législation sur l’accès à l’information a permis de prendre connaissance d’une note marquée "secret" qui dit : "La fragilité politique a accru le risque d’un soulèvement populaire et a nourri la rumeur du retour au pouvoir de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide en exil en Afrique du Sud". Le document insiste aussi sur l’importance de renforcer la capacité des autorités haïtiennes "à contenir les risques d’un soulèvement populaire."

    Pour contrôler la population haïtienne traumatisée et souffrante, 2 000 soldats canadiens ont été déployés (en plus des 10 000 soldats étasuniens). Au même moment de nombreuses équipes spécialisées dans le sauvetage et la recherche en milieu urbain (HURT) se sont préparées dans les villes du pays mais ne sont jamais parties pour Haïti parce que, selon le ministre des affaires étrangères, "le gouvernement a préféré envoyer les forces armées canadiennes à leur place."

    Les documents qui ont été publiés par la presse canadienne révèlent ce qui est au coeur (ou plutôt le manque de coeur) des décisions de politique étrangère canadiennes. Ce sont presque toujours des motivations stratégiques et non humanitaires qui sont derrière les décisions. Et pourtant il est difficile de trouver un événement capable de susciter plus de compassion que le tremblement de terre de Haïti.

    Les documents nous disent aussi beaucoup de choses sur la nature des relations qu’Ottawa entretient avec la nation la plus pauvre de l’hémisphère : Les officiels canadiens considèrent que le pays leur appartient. Et ils ont raison.

    Depuis qu’il a organisé la table ronde intitulée l’Initiative d’Ottawa pour Haïti en janvier 2003 le Canada a été un acteur capital de la vie d’Haïti. A cette réunion, les officiels étasuniens, canadiens et français ont discuté de l’opportunité de renverser le président élu Jean-Bertrand Aristide pour mettre le pays sous mandat international et ressusciter la terrible armée haïtienne. Treize mois après le meeting de l’Initiative d’Ottawa Aristide a été jeté dehors et depuis l’ONU a une sorte de mandat pour administrer le pays.

    La Police nationale haïtienne a été lourdement militarisée et le vainqueur de la récente élection présidentielle projette d’utiliser une partie des maigres ressources de l’Ile pour reconstituer l’armée.

    Le Canada a aidé le candidat de droite Martelly à gagner l’élection (avec 16% de votes favorables puisque l’élection a été largement boycottée). Le Canada a investi 6 millions de dollars dans des élections qui excluaient la participation du parti le plus populaire Fanmi Lavalas. Après le premier tour, nos représentants à la mission d’Organisation des Etats d’Amérique (OAS) ont aidé à faire pression sur Jude Celestin, le candidat qui était à la seconde place selon le conseil électoral, pour qu’il abandonne la course. Le centre de recherche politique et économique explique "La communauté internationale, menée par les USA, la France et le Canada, a accru la pression sur le gouvernement haïtien pour faciliter le passage au second tour de Michel Martelly au lieu de Jude Celestin [le candidat du parti au pouvoir]". Les visas étasuniens de quelques officiels haïtiens ont été abrogés et on a menacé Haïti de diminuer les aides si les recommandations de l’OAS pour augmenter le nombre total des votes en faveur de Martelly n’étaient pas suivies.

    La moitié du conseil électoral a accepté les modifications demandées pas l’OAS mais l’autre moitié a refusé. Le deuxième tour a été inconstitutionnel selon le journal Haïti liberté car "seulement quatre des huit membres du conseil électoral provisoire (CEP) ont voté le passage au second tour et donc il en manque un sur les cinq nécessaires. De plus les résultats du premier tout n’ont pas été publiés dans le journal officiel, Le Moniteur, et le président Préval n’a pas officiellement convoqué les Haïtiens à voter, deux choses qui sont obligatoires selon la constitution."

    L’absurdité de toute cette affaire n’a pas empêché le gouvernement canadien de soutenir les élections et les observateurs canadiens officiels de l’élection ont approuvé cette mascarade de "démocratie". Le journal Haïti Progrès décrit la frauduleuse nature de l’élection en ces termes : "La sorte de démocratie que Washington, Paris et Ottawa veulent nous imposer est en train de devenir une réalité."

    Une des raisons qui expliquent l’intense intérêt politique que le Canada porte à Haïti est a chercher du côté des investisseurs canadiens. Les banques canadiennes font partie du tout petit nombre d’opérateurs étrangers de Port au Prince et l’entreprise Gildan de Montréal, un des plus gros fabricants de t-shirts de la planète était le second employeur (après l’état) avant le tremblement de terre. Le secteur minier est presque entièrement canadien avec l’arrivée de beaucoup de nouvelles compagnies au cours des années dernières. Une firme de Vancouver, Eurasian Minerals, a acquis des permis d’exploitation sur environ 10% de la surface de Haïti.

    Pour protéger ces investissements étrangers et le un pour cent d’Haïtiens qui possède la moitié de la richesse du pays, 10 000 soldats occupent le pays depuis sept ans. Ironie amère, ce sont les soldats d’un des pays les plus pauvres d’Asie, le Népal, qui ont contaminé Haïti avec une maladie qui se développe dans les pays misérables qui manquent d’installations sanitaires adéquates et de systèmes de santé. En octobre, un nouveau déploiement de troupes népalaises a amené à Haïti une épidémie de choléra qui a causé la mort de 5 000 personnes et il y a des centaines de milliers de personnes encore malades. Selon le journal médical anglais, the Lancet, environ 800 000 Haïtiens vont contracter la maladie cette année.

    Les dessous de cette affaire n’ont pas fait l’objet d’articles dans les médias. L’entreprise responsable des déchets de la base de l’ONU, Sanco Enterprises S.A., a jeté les matières fécales des troupes népalaises dans des trous creusés trop près de la rivière Artibonite. Les Haïtiens ont bu l’eau de la rivière contaminée par ces matières fécales et c’est comme cela qu’ils ont attrapé le choléra.

    On a du mal à imaginer une firme travaillant pour l’ONU au Canada qui se débarrasserait de cette manière de matières fécales, mais voilà, il se trouve que les forces d’occupation onusiennes n’accordent pas beaucoup de prix à la vie des Haïtiens. Et on peut en dire autant du gouvernement canadien.

    Yves Engler

    Yves Engler a écrit de nombreux ouvrages. Son prochain livre (co-écrit avec Bianca Mugyenyi) "Stop Signs : Cars and Capitalism on the road to Economic, Social and Environmental Decay" sortira en avril.

    Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/04/i...

    Traduction : D. Muselet

    URL de cet article 13456
    http://www.legrandsoir.info/Mainmise-imperialiste-sur-Haiti-Dissident-Voice.html

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  • L’indignation comme droit pour sauver sa dignité

    caroledemarseille

    Sous la mascarade électorale, se substitue un enjeu fondamental pour le citoyen, à savoir une volonté de jouir de ses droits les plus élémentaires et humains, à savoir la préservation de sa dignité et de sa liberté, qu’il peut aujourd’hui en France faire valoir par l’emblème démocratique que constitue le vote électoral. Un droit tant prôné et médiatisé par l’élite que l’on se demande s’il ne finira pas par devenir un devoir face au taux d’abstention montant dans notre société. Que suggère ce silence des urnes si ce n’est selon l’interprétation courante, qu’une ignorance et un désintérêt politique totale à l’égard de notre gouvernement ou encore, la preuve pour d’autres d’une incapacité à faire des choix face à l’inutilité des partis mis en place et à leur inefficacité avérée sur le terrain.

    Que pouvons-nous penser face à cela, ou du moins, que pouvons nous ne pas faire face à ce spectacle politique trop peu sérieux ? Je ne m’indigne pas contre ceux dont la conscience politique s’insurge chaque jour et qui ont tendance à répondre qu’il faut néanmoins voter car la reconnaissance politique et tout ce qui s’en suit (social, économique, professionnelle…) ne peut être garantie que par notre investissement dans la « Cité » et ce, à travers les urnes qui constitue le recours pour peser sur le territoire local, régional et national. Ils vont jusqu’à nous conseiller d’y aller quitte à voter blanc pour légitimer le « un Homme, une voix » que prône le fondement de la démocratie.

    J’aurai aimé que ce slogan soit pluriel et qu’ils disent, « tous les Hommes, toutes les voix » car il semble bien que ce principe de singularité universelle omette quelques humains, dont la voix n’est certainement pas assez lucide, peut être au son trop exotique pour accréditer la démarche de citoyenneté française. Ne comprend la France qui n’est que français, mais d’ailleurs qui l’est car qu’est-elle, la France ? La question n’est pas de savoir qui est français mais que signifie de l’être dans un pays où la chimère gauloise envahit les représentations communes.

    Ou plutôt, ce qui pose tend problème, ce n’est pas l’exotisme mais c’est ce qu’il apporte au système en ce qu’il peut servir de prétexte pour justifier tous les maux français. Le mal se justifie par ce qui signifie ne pas être français, bien qu’on puisse l’être et donc le malaise français réside dans ce qui ne le symbolise pas. Ceux qui donc s’insurgent et me diront d’aller voter sont certainement munis de bonnes intentions, ils me diront aussi qu’il faut limiter la casse, contrer l’ennemi immoral, bien qu’il ne soit pas illégal et qu’il dispose d’un temps de parole important sur la scène médiatique.

    Je pense qu’un droit est mutilé lorsque l’on se retrouve forcé et meurtri dans son for intérieur face à un choix forcé et stratégique, vicié et réalisé à contre cœur par sa conscience. Sommes-nous libres d’un choix non libre ? Ce serait pour ma part comparable à celui qu’on force à croire, à appliquer une religion à son insu. Est il libre celui la ? Certainement pas répondront les plus vifs défenseurs des libertés. Mais suis-je laïque, libre lorsque que l’on me force à faire un choix que je n’accepte pas, d’autant plus que c’est un droit ; ce qui en dit long sur le fait que le droit ne rend pas toujours libre et heureux, surtout quand il est bafoué et instrumentalisé. Même le désarroi exprimé dans le vote blanc fait encore de nous ceux qui acceptent, cautionnent ce système électoral qui pour ma part, n’est pas du tout démocratique, ou si il l’est, la démocratie n’est pas un bon système et elle n’est certainement pas un concept universel à pomper sur tout pays qu’on prétend civiliser à cette idéologie.

    A l’heure où on s’insurge contre l’inexistence en Afrique du processus démocratique, sur le trucage permanent de ses élections, on se pose rarement la question de savoir qui a instauré ce trucage constant de toute élection crédible, notamment au moment où se réalisaient pour ces pays les mouvements de décolonisation pour gagner l’indépendance. Ce fut le cas au Cameroun par exemple à l’aube de sa pseudo indépendance, pour ne prendre que cet exemple la, où cette technique fut de mise pour tout renversement d’élections justes et légitimes votées par le peuple lui-même. Mais ceux qui en étaient à la tête ne pouvaient convenir à l’Autorité de l’Empire. Et plus de cinquante ans et de françafrique plus tard, c’est aussi le cas en Côte d’Ivoire où l’on se permet de réélire celui que la constitution ivoirienne à choisie, sous prétexte que l’institution internationale sait mieux se saisir et appliquer le principe de démocratie.

    Elle choisit ses têtes, et ceux qui s’interposent auront la tête coupée, messieurs, dames. Les africains sont considérés comme incapables de décider eux-mêmes . Ils sont bien trop dociles et peinent encore à chercher de quoi s’abreuver d’un peu d’eau, pas encore potable, mais au minimum le moins infesté par ce que nos industriels français, européens, bref occidentaux, tentent de déverser dans leurs eaux. Apres tout, jetons la merde la où c’est la merde, et faisons croire qu’on va y instaurer le doux parfum du Nord, face à ce soleil agité du Sud qui laisse peu de place à la pensée. Ceux que nous votons en France sont ceux qui se font payer leur campagne électorale par ceux la même qui, multinationales, ont la richesse de leur offrir ce privilège et qui se manifeste concrètement à notre égard comme un matraquage visuel, auditif, mental et se sont ces mêmes firmes ou institutions qui ne cessent d’agrandir le fossé persistant entre les peuples.

    Cet article, c’est juste pour dire que je ne donnerai pas ma voix en 2012 ni à tout vote électoral à ce qui a crée et perpétue les inégalités. Dois je me battre pour un droit sous prétexte que d’autres n’y ont pas accès ? Comprenez la question dans le sens que vous voulez, à savoir, deux alternatives. Ceux qui y verront la question suivante : ai-je le droit de ne pas aller voter alors que tant de gens ne pouvaient ou ne peuvent pas (femmes qui se sont longtemps battus pour y accéder, étrangers, sans papiers, bien qu’ils contribuent à la force économique et autre du pays, les pauvres pays sous développés contraints à un vote truqué et tous ceux qui rêveraient de pouvoir voter librement).

    L’autre alternative, c’est y voir la question : ai-je le droit d’aller voter lorsque justement, en votant je cautionne et alimente ce processus de vote, car en donnant ma voix, qu’elle quelle soit, j’accepte et dit oui pour que ceux qui justement ne bénéficient pas de ce droit en restent démunis ? On peut toujours se poser les mêmes questions, mais comme le problème du français n’est pas celui de savoir si il est français mais de savoir ce qui signifie qu’il le soit, le problème du vote électoral français est de savoir non ce qu’il est, ce que nous savons tous, mais ce qu’il signifie, ce qu’il représente au-delà de tous ces beaux concepts que nous prétendons rejeter tout en les légitimant, tout en étant dépouillé de notre engagement le plus profond que devrait être l’égalité.

    Celle-ci à géométrie non variable et intrinsèque à sa propre structure de société. Qui est étranger à un pays n’y est pas décidant, alors pourquoi la France, étrangère à l’Afrique, y préside. Que l’égalité commence par notre droit fondamental à nous indigner contre ce déni d’humanité. Que la fin arrête de justifier non seulement les moyens mais aussi les prémisses. Que la fin soit le résultat d’un procédé logique, qui des son départ est juste, appliquée et surveillée par un droit qui ne s’autorise pas les pleins droits. Boycotter le vote électoral, c’est aussi un droit, celui de retrouver sa dignité perdue, délibérément ou non, dans la machine infernale de la « guerre révolutionnaire » des esprits, sans parler des corps…

    source : écrits personnels d’une citoyenne qui lit le grand soir

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    http://www.legrandsoir.info/L-indignation-comme-droit-pour-sauver-sa-dignite.html

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  • L’Axe du Mal colonialiste prépare l’invasion de la Libye (Answer)

    Le décor est désormais planté pour une invasion impérialiste de la Libye. La Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont décidé de renverser le gouvernement Libyen.

    Frustrés par l’échec de la campagne de bombardements de l’OTAN qui n’a pas donné la victoire aux rebelles anti-Kadhafi, les puissances principales de l’OTAN se préparent à une escalade dans la guerre. Elles espèrent que la menace d’une escalade convaincra Kadhafi et ses amis de quitter le pouvoir tout comme la menace d’une invasion en juin 1999 avait convaincu Milosevic de capituler et permettre aux forces de l’OTAN d’occuper le Kosovo. Une autre alternative sera de procéder à une invasion militaire du pays.

    « … il est impossible d’imaginer l’avenir de la Libye avec Kadhafi au pouvoir, » ont écrit Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron dans un article commun publié simultanément dans le New York Times et plusieurs journaux européens le 15 avril.

    Dans cette dernière déclaration publique, le prétexte invoqué initialement de « protéger les civils » dans la guerre civile Libyenne (Résolution 1973 adoptée au Conseil de Sécurité de l’ONU le 17 mars avec l’abstention de la Russie, la Chine, l’Allemagne, le Brésil et l’Inde) a été substituée par l’intention de remplacer le gouvernement Libyen par un nouveau régime docile dans le pays qui détient les plus grandes réserves de pétrole du continent africain.

    «  Aucun accord politique qui maintiendrait en place le dictateur n’est viable. L’Occident et ses partenaires doivent se préparer à exercer une pression politique, économique et militaire jusqu’à son départ, » déclare le New York Times dans un éditorial du 15 avril.

    Ne vous laissez pas berner par la motivation antidictateur affichée par le New York Times. Lorsque la CIA et les services de renseignement britanniques ont renversé le gouvernement démocratiquement élu du Dr. Mohammad Mossadegh et l’ont remplacé par la dictature du Chah, le New York Times a écrit dans son éditorial : « les pays sous-développés riches en ressources ont désormais reçu une leçon sur le lourd prix qu’aura à payer celui qui oserait s’aventurer dans le nationalisme fanatique.  »

    Mossadegh avait mérité l’étiquette de « fanatique » parce qu’il avait osé nationaliser la compagnie pétrolière Anglo-Iranian Oil Company (alias British Petroleum) et consacrer ses revenus à sortir le pays de sa misère profonde.

    Toutes les victimes des invasions impérialistes et « changements de régime » ont fait l’objet d’une diabolisation en bonne et due forme. De l’Iran en 1953, le Guatemala en 1954, le Congo en 1961, la Grenade en 1983, le Panama en 1989, la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003, le processus de diabolisation des dirigeants est un préalable à l’agression. Les motivations des envahisseurs sont pures et nobles. Les bombes larguées sont intelligentes. Elles ne tuent que les méchants et les ennemis de la liberté.

    En ce moment, les politiciens corrompus des deux côtés de l’échiquier à Washington, depuis les Républicains du Tea Party jusqu’à la plupart des Démocrates, font taire leurs divergences et joignent leurs voix dans la condamnation du démon tandis que les troupes se préparent, que les avions décollent et que les missiles de croisière s’abattent sur leurs cibles. Ce sont des patriotes fidèles à l’Empire et savent qu’ils peuvent rapidement perdre leur emploi privilégié et choyé de « représentants du peuple » s’ils s’aventuraient à défier la machine de guerre et son appareil de propagande médiatique. Car eux aussi pourraient se voir diaboliser s’ils franchissaient la ligne.

    Le peuple des Etats-Unis ne veut pas de cette guerre. Il veut la fin des guerres en Afghanistan et en Irak – deux autres guerres au service de l’Empire. Il n’est pas dupe des mensonges du gouvernement qui affirme que le pays n’a plus d’argent pour payer des enseignants, des infirmières et autres travailleurs du secteur public et qui dans le même temps mène une politique impérialiste à l’étranger au profit des plus grandes banques et compagnies pétrolières et pour qui il n’y a plus de problème de trésorerie lorsqu’il s’agit d’envahir et d’occuper un pays où vivent d’autres travailleurs.

    Brian Becker

    Coordinateur national de la coalition ANSWER

    http://www.answercoalition.org/nati...

    Traduction "Le journal le Monde titrera-t-il un jour "Nous sommes tous des salauds" ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

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  • Syrie : poursuite des mobilisations face à une violente répression



    Des tirs ont éclaté lors de la manifestation de milliers d’habitants de la ville de Homs en Syrie, alors que le gouvernement prétend que le pays est confronté à « une insurrection armée ».

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    Les dernières déclarations de Bachar al-Assad n’ont en rien démobilisé les Syriens qui protestent contre la corruption et la violence du pouvoir

    Des coups de feu ont éclaté pendant la nuit dans la ville syrienne de Homs où des milliers de manifestants anti-gouvernementaux s’étaient rassemblés sur la place principale, un jour après que, selon les manifestants, au moins 25 personnes aient été tuées.

    Un protestataire à déclaré à Al Jazeera que les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur des manifestants. Au moins deux personnes ont été blessées tandis que les gaz lacrymogènes ont aussi été utilisés, rapporte Cal Perry, correspondant d’Al Jazeera à Damas.

    La ville d’Homs a été bouclée par l’armée avec trois points de contrôle sur les accès à la ville, dit notre correspondant. Les forces de sécurité avait donné aux manifestants jusqu’à 2h30 pour évacuer la place, mais des coups de feu a été signalés à 2h15.

    La plus grande partie de la place a été vidée, avec des gens se déplaçant à travers la ville, selon notre correspondant. Mais certains manifestants disaient qu’ils avaient peur d’aller à l’hôpital.

    « Ils ont peur, s’ils se rendent à l’hôpital, que des forces de sécurité les y attendent et qu’ils finissent en prison », a-t-on déclaré à notre correspondant.

    Les dernières manifestations contre le règne datant de 10 ans du président Bachar al-Assad ont lieu alors que ministère de l’Intérieur de la Syrie a déclaré dans la nuit de lundi à mardi que le pays était confronté à une « insurrection armée ».

    Le gouvernement accuse des bandes armées d’être responsables de l’agitation, et il a annoncé que plusieurs membres des forces de sécurité ont été tués ou blessés durant ces jours de violence.

    « Certains de ces groupes ont appelé à l’insurrection armée en vertu du Jihad pour mettre en place un état salafiste », a indiqué le ministère dans un communiqué. « Ce qu’ils ont fait est un crime affreux, sévèrement puni par la loi. Leur objectif est de répandre la terreur à travers la Syrie. »

    Un manifestant qui s’est identifié comme Rami, avait auparavant indiqué à Al Jazeera que les gens étaient des milliers à participer à un sit-in dans le centre de Homs et « qu’ils continueront à protester jusqu’à ce que le régime soit renversé ».

    Suhair Atassi, un militant connu des droits de l’Homme, a déclaré que 10 000 personnes se trouvaient sur la place centrale lundi soir.

    Quelques tentes ont été montées et les manifestants ont dit avoir rebaptisé la place Al-Saa [de l’horloge] « Tahrir Square », en référence au point central de l’insurrection en Égypte qui a abouti à l’éviction de l’ancien président Hosni Moubarak.

    Plus tôt dans la journée, des milliers de personnes ont assisté aux obsèques des manifestants tués à Homs, en criant des slogans contre Assad - qui a succédé à son père comme président en 2000, maintenant le pouvoir du parti Baas, lequel remonte à un coup d’Etat en 1963.

    Selon des témoins, les gens qui participaient aux cortèges funéraires scandaient : « de ruelle en ruelle, de maison en maison, nous voulons te renverser, Bashar », et « la liberté ou la mort ! Le peuple veut renverser ce régime ».

    Les manifestations de lundi ont été les plus importantes qui aient touché la troisième plus grande ville syrienne, depuis que les protestations ont commencé dans le pays il y a un mois.

    « Je suis âgé de 45 ans. C’est la première fois dans ma vie que je brise la barrière du silence, la première fois que je sens la liberté », a dit à Al Jazeera un manifestant qui s’est nommé comme Abou Omar.

    « Le régime ne veut pas que nous jouissions de la liberté ni de la dignité. Pendant des décennies, nous avons été gouvernés par une main de fer, par la force des armes. »

    Des manifestations ont également été signalées dans la ville méridionale de Daraa, dans le quartier Barzeh de la capitale, Damas, et à Ain al-Arab, dans le nord à majorité kurde. Environ 1500 personnes se sont rassemblées sur le pont Shaghour entre Alep et Lattaquié dans la matinée.

    Violence à Homs

    Un protestatire à Homs a déclaré à Al Jazeera que des manifestants ont été tués après la prière du soir le dimanche, quand un groupe d’environ 40 manifestants s’est rassemblé devant la mosquée de Bab al-Sibaa, scandant « liberté ».

    Le manifestant, qui s’est nommé comme Abou Haider, a raconté que plusieurs voitures sont rentrées dans les manifestants et que des hommes en civil en sont sortis et ont ouvert le feu sur la foule, sans sommation.

    « D’abord nous étions en faveur de réformes, maintenant, nous lançons un appel pour un changement de régime », a-t-il dit. « Nul n’acceptera la mort de martyrs. »

    La ville voisine de Talbiseh, où selon des protestataires cinq personnes ont été tuées dimanche, a été bouclée par les forces gouvernementales le lundi.

    Walid al-Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères, a rencontré les ambassadeurs étrangers tôt dans la journée et leur a dit que des réformes sont en cours et que les protestations pacifiques seront tolérées, mais pas les destructions de propriétés du gouvernement ni autres comportements perturbateurs.

    Les derniers développements surviennent deux jours après qu’Assad ait demandé que la loi d’état d’urgence - imposée depuis des décennies - soit levée d’ici une semaine. Il a également promis un certain nombre d’autres réformes.

    Malgré les apparentes concessions, des manifestations à l’échelle nationale ont eu lieu ce dimanche, qui était jour de commémoration de l’indépendance de la Syrie depuis le départ du dernier soldat français il y a 65 ans.

    19 avril 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
    http://english.aljazeera.net/news/m...
    Traduction : Info-Palestine.net


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