• Mariage princier et divorce de la raison…

    Du narcissisme mignard et faraud de la mentalité petite-bourgeoise fortement dominante en notre société passablement maniérée, naît la fascination médiatique envahissante, polluante pour les vanités débiles, les vétilles délirantes dans l’espace public.

    Le prince machin britannique se marie, ô quel sublime évènement cosmique pour les populaces spectatrices ! Le monde entier doit être en branle car la presse l’impose comme un ban publié urbi et orbi pour les gueux, les fonctionnaires, les employés, les chômeurs, les gonflés, les bouffis, les niais et les minables soudain intégrés dans la royauté par procuration !

    C’est aussi là, l’injonction de la belle société qui admire les princes de sang, êtres humains seulement par la morphologie mais divinité visible de la mythologie politique et médiatique pour la multitude surexcitée, idolâtre sans oser le dire ! Pour les badauds du monde entier inaptes à jouir des grâces de cour, l’hyménée princier est gage de participation par intention à la vie et aux fastes palatins selon la magie de l’image télévisée. Certes pour la plèbe sans éducation, plus ou moins analphabète fonctionnelle et menée au bout du doigt par la télé, je comprends que comme aux élections stupides, on l’amène à croire que cela la concerne !

    Mais pour toute cette cohue médiophile, accroc aux papotages médiatiques, depuis le défaut de la robe d’une première dame à la mise à l’encan des vieilles lingeries de Marie Antoinette, cela est carrément sidérant de voir à quels points les hommes sont des jouets entre les mains des lecteurs et lectrices souriants de bulletins à l’écran, eux-mêmes choses des patrons de presse. L’on comprend la chute libre de la vraie culture élévatrice des mentalités dans la grande presse. La culture vraie aurait banalisé ou plutôt simplement mis à sa place, un fait tellement insignifiant que le mariage de deux jeunes gens très ordinaires sinon que par les stupides privilèges dudit prince fiancé. Mais par le populisme culturel, ici et ailleurs les jeunes rêvant d’être princes d’un soir, les vieux saluant jeunesse et richesse du couple-star - car tout monarque est aujourd’hui plus ou moins star people - les jet-setters, les journaleux, les parvenus adulescents et tutti quanti jettent leur peu de rationalité à la fourrière des émotions molles.

    Axiologie Décomposée.

    Le pouvoir de transsubstantiation séculier de la télévision (étatique ou commerciale, soi disant d’information), c’est d’être la fée technologique de notre temps, qui transforme pour le populo, toute banalité en évènement, tout olibrius stupide en seigneur par l’œil magique de la caméra et l’image fascinatoire diffusée à l’écran.

    La mollesse est sans doute le meilleur corollaire de l’insipidité d’une société privée de sens qui bricole des postiches de significations par manière d’axiologie en plein vide. Et quand on nous dit que les droits de télévision, le tourisme (tentative vaine de rapprochement en l’occurrence, car ces touristes n’auront aucune latitude d’approcher les époux que ceux qui regarderont la télé verront certainement mieux qu’eux) et aussi chose non dite, l’exaltation de l’image de l’Angleterre en grande crise économique et sociale avec des manifestations à peine montrées par la presse, çà et là menées contre les austérités économiques, les restrictions et coupures budgétaires frappant divers secteurs-clés comme l’éducation, nous pouvons aisément comprendre la portée idéologique et mercantile de cette banalité faite évènement.

    Le plus ridicule dans tout ça, est que même la « république du Québec », terre du rejet paroxystique de la monarchie britannique, semble malheureusement mobilisée par les excentricités baragouines d’une certaine presse à cette insulte à l’intelligence vu les proportions qu’on fait prendre à ce mariage dans ce qui est nommé l’information sur certaines grandes chaînes. De quoi faire se remuer René Lévesque ou Falardeau dans leur tombe ! L’ovation « people » des conneries du monde, efface hélas, tout recul et esprit critique dans la saisie des grands et véritables évènements du monde reconstruits et dénaturés au gré des barons de la presse et de leurs intérêts idéologiques.

    À la fin de ce billet, je me dois aussi d’être de la fête, afin de ne pas rompre les rêvasseries des masses que sont ici, aussi bien le haut fonctionnaire, le toubib, le politicien que le plouc, le bougnat ou le prolo uniformisés par la standardisation médiatique. Alors messieurs et dames, nobles sujets de leur majesté, qui n’avez en vous, rien de roturier, je vous souhaite joies et bombance au mariage du prince !

    Quant aux chers illustres époux, je dis humblement :

    Que, dans leurs ardeurs royales, vos majestés copulent et jouissent pour tous vos adorateurs, car déjà, par leur voyeurisme télévisuel et virtuel, vos sujets frissonnent et frémissent de frénésie orgastique, goûtant, par anticipation et procuration, vos indicibles nobles et régaliens ébats !

    CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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    http://www.legrandsoir.info/Mariage-princier-et-divorce-de-la-raison.html

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  • L’écolabel de WWF : développement vraiment durable ou simple greenwashing ?

    Par Simon Gouin 

    Peut-on faire confiance au caractère écolo des produits labellisés par le célèbre Panda de WWF ? À défaut de prôner un changement radical, faut-il aider les grandes entreprises à verdir un peu leurs activités ? C’est la stratégie qu’a choisie le WWF, organisation internationale de protection de l’environnement. Les partenariats qu’il signe avec des grandes marques permettent à celles-ci de vendre des produits labellisés, à peu de frais, moyennant des changements de comportement assez modestes. Enquête.

    C’est un bel écran plat, fabriqué par Sony. Il consomme 50% d’électricité de moins que la plupart de ses collègues, a un bouton d’arrêt total, qui permet de ne pas le laisser en veille 24h/24, est titulaire d’un écolabel européen et a été soutenu par le WWF lors d’une campagne promotionnelle de quatre mois, fin 2009. Depuis 14 ans, le WWF, organisme de protection de l’environnement, a en effet choisi de travailler avec le monde de l’entreprise.

    Une orientation décidée au niveau international et déclinée par les 48 bureaux nationaux de l’association sous la forme de partenariats stratégiques et de partenariats produits. « Pour les partenariats produits, on prête notre logo à une entreprise pour qu’elle valorise un produit qui a un intérêt écologique démontré, explique Julia Haake, directrice des partenariats entreprises de WWF France. Un logo bien connu des consommateurs, selon elle… et des services marketing toujours prêts à soigner leur image écolo-responsable.

    Une communication efficace

    Sur son site Internet, le WWF souligne les avantages à devenir « partenaire d’une ONG internationale ». Sont mis en avant la « crédibilité scientifique » (« le premier critère d’information et de réassurance est la présence d’un label environnemental »), suivie de la « communication pour que l’entreprise partenaire profite de l’image du WWF et du logo Panda » et enfin la « confiance et force du label Panda ». Le WWF estime que 73% des Français continuent à faire confiance aux labels de certification sociale et environnementale. Le degré de confiance véhiculé par leur logo serait de 84%.

    En apposant son logo sur un produit, le WWF certifie au client que l’objet est plus respectueux de l’environnement. De l’huile d’olive biologique aux tee-shirts en coton bio, en passant par des copieurs et photocopieurs, et l’écran plat : une quarantaine de produits sont appuyés par WWF France. « On ne peut pas mettre le logo sur n’importe quel produit, note cependant Julia Haake. Nous avons tous les mois entre 20 et 30 demandes. On refuse beaucoup de partenariats. » ... Mais quelles sont conditions de la drastique sélection du WWF ?

    Les grosses entreprises : solution à la crise ?

    Le WWF France travaille main dans la main avec 13 entreprises. La plus ancienne : Carrefour, dont le partenariat a été signé en 1998. Les plus récentes : une école de commerce de Nantes, Audencia, Lafarge et le Crédit Agricole. Orange, La Poste, Lafuma, Rainett, Castorama et Ikea bénéficient eux aussi du soutien de WWF. Ces très grosses entreprises ont été choisies pour leur volonté de s’engager dans une démarche de réduction de leur empreinte écologique et pour leurs marges de manœuvre. « Les entreprises ont des impacts environnementaux, explique Julia Haake. Mais elles sont surtout sources de solutions. Pour nous, il est indispensable d’engager ces acteurs vers des solutions à la crise écologique. »

    C’est ainsi qu’en réponse à la crise, le vertueux groupe Carrefour ne vend plus que de l’huile de palme certifiée Greenpalm dans ses « produits distributeur », a stoppé la commercialisation de thon rouge et ne propose plus que du bois certifié. Ikea promeut le covoiturage. Castorama a réduit de 50% son linéaire d’herbicides. Orange a lancé un programme d’allongement de la durée de vie des téléphones mobiles, etc. « Outre les progrès dans ces entreprises, quand l’une d’entre elles prend une décision, cela démontre à un secteur dans son ensemble des solutions et des voies concrètes », ajoute Julia Haake toujours très optimiste.

    Des pratiques écolos limitées

    Reste à savoir ce que contient le cahier des charges. Concernant le bois certifié, par exemple, les labels apposés sur certains produits cachent des pratiques plus que douteuses ! « Quand Biocoop stoppe sa commercialisation de l’huile de palme, c’est bien, mais ce sont des volumes infinitésimaux, argumente Jacques-Olivier Barthes, directeur de la communication au WWF. Quand Carrefour agit, même peu, cela concerne 34 pays ! 28 millions de Français s’y rendent chaque mois. Il y a une question d’échelle. Et ça, ça désarme pas mal de critiques… »

    Car les critiques, en effet, sont nombreuses. À commencer par cette soi-disant force de frappe internationale. Carrefour a bien retiré de ses ventes le bois non-certifié, notamment pour le mobilier de jardin. Ces produits ont été remplacés par du bois certifié FSC, et labellisé par le Panda du WWF. Mais uniquement en France, en Belgique et en Italie, des marchés dits « écosensibles ». C’est ce qu’affirme Sylvain Angerand, chargé de mission pour l’ONG Les Amis de la Terre. La raison ? « En Chine, par exemple, où Carrefour est présent, les consommateurs sont réputés moins regardants sur ces questions écologiques ».

    De simples opérations marketing

    « Je ne suis pas tous les jours dans les supermarchés chinois », répond Julia Haake, convaincue que quand Carrefour s’engage en France, « les décisions valent pour l’ensemble du monde ». Pourtant Carrefour, qui répond prudemment par écrit, assure que pour les « problématiques mondiales » comme l’huile de palme, le bois ou le respect des ressources marines, les décisions « s’appliquent à tous les pays du groupe où les produits concernés sont commercialisés, en tenant compte du contexte local et de la réglementation en vigueur ».

    D’après le rapport développement durable 2006 du géant français de la distribution, il semblerait que seuls trois pays européens aient un contexte local adapté à la vente de produits certifiés FSC. Difficile, dans ces conditions, de ne pas y voir un simple coup de marketing visant à attirer la clientèle avec ces produits d’appel. La politique de Carrefour de remplacement du keruing, une essence tropicale exploitée illégalement, semble suivre cette même logique de pur marketing.

    Greenwashing versus croissance des entreprises

    Dans les magasins Carrefour, le keruing a été remplacé par l’eucalyptus. Surnommé l’arbre de la soif en Amérique Latine où on l’exploite abondamment, l’eucalyptus assèche les rivières et les sources d’eau potable. Il est aussi source de conflits fonciers. Sa monoculture entraîne une réduction de la biodiversité des zones où il est implanté. Le mobilier en eucalyptus est fabriqué au Vietnam, où les coûts de main-d’œuvre sont encore plus bas qu’en Chine. Avant d’arriver en France, les chaises de jardin dotées du petit panda WWF ont donc bien voyagé !

    « Les certifications sont devenues des écrans de fumée très utiles pour ne pas remettre en cause la surconsommation, et les stratégies de croissance des entreprises comme Carrefour », regrette Sylvain Angerand. « Souvent, l’entreprise cherche à se donner bonne conscience en se faisant "repeindre en vert", alors que notre objectif est de la pousser à aller plus loin », reconnaît Daniel Richard, l’ancien président de WWF France, dans un texte sur les partenariat avec les entreprises.

    Vigilance ?

    « Une entreprise qui avance cherche toujours à valoriser ses actions, réagit prudemment Julia Haake. Toute la question est de savoir si ses actions sont vraiment bonnes pour l’environnement. » Le WWF affirme veiller à ce que son image ne soit pas utilisée pour verdir une entreprise. L’ONG vérifie chaque utilisation de son logo. « Toute communication venant de l’entreprise, utilisant notre logo, notre nom, doit être validée par nous, ajoute la directrice des partenariats. Franchement, il n’y a pas d’abus. Même s’il peut y avoir des maladresses, comme avec les publicités. »

    Au sein du WWF, c’est Jacques-Olivier Barthes qui se charge de la vérification des publicités. D’ailleurs, cela tombe bien, il est aussi le porte-parole de l’Observatoire Indépendant de la Publicité, chargé d’épingler publiquement les publicités coupables de greenwashing. Sous sa casquette de l’OIP, il condamne. Sous celle du WWF, il conseille. Une position délicate. « Tout partenaire du WWF peut se faire épingler », précise-t-il. Avant de rappeler que le WWF a remis, avec d’autres associations, le Prix Pinocchio de l’entreprise la plus faussement « développement durable » au Crédit Agricole… lequel est partenaire du WWF France, depuis février 2010.

    Une politique de partenariat national indépendante ?

    Autre partenariat problématique : celui entretenu avec le cimentier Lafarge. « Le WWF a critiqué le projet d’extraction de sable de Lafarge à Quiberon, précise Jacques-Olivier Barthes. Nous avons eu trois réunions de crise ici. » Alain Bonnec, porte parole du collectif Le peuple des dunes, qui a lutté contre le projet de Lafarge n’a, semble-t-il, pas été mis au courant : « Nous avons contacté le WWF à plusieurs reprises, se souvient-il. Un employé nous a dit qu’ils étaient sensibles à notre lutte. Mais personne ne nous a parlé d’une intervention officielle. Ils l’ont peut être fait en privé. » Face à la mobilisation, le projet d’extraction a finalement été suspendu, en 2009.

    « Le partenariat stratégique global avec Lafarge est géré par notre bureau international, explique Julia Haake. Mais nous avons un partenariat local, en France, où l’on travaille sur les questions de l’eau et de la biodiversité. » Ouf, on est rassuré ! Chaque bureau national aurait la possibilité de refuser de décliner localement un partenariat. « Il peut même refuser à l’entreprise de communiquer sur son territoire, ajoute Julia Haake. C’est le cas avec Coca-Cola en France. » Le rapport "développement durable" de Coca-Cola France mentionne pourtant son partenariat avec le WWF. Sans distinguer les branches internationale et française de l’organisation environnementale... Et en mentionnant son action, très controversée, de compensation en eau autour de ses usines indiennes.

    Une aubaine financière

    Le WWF affirme disposer d’autres outils pour mettre la pression sur les entreprises. D’abord, faire jouer la concurrence : « en 2008, on a appelé à suivre Auchan qui interdit le thon rouge dans ses magasins, raconte Jacques-Olivier Barthes. Six mois plus tard, Carrefour a pris la même décision. » Autre solution : menacer de rompre un partenariat, ce qui est coûteux en terme d’image pour l’entreprise. En 2008, lors de sa fusion avec Suez, Gaz de France a ainsi été éjecté du partenariat, pour cause d’activités nucléaires.

    Le nucléaire, comme la pornographie, le tabac, l’armement ou les OGM, font partie de la liste noire du WWF. Il arrive pourtant que Carrefour vende des produits contenant des OGM... Mais comment critiquer librement ses partenaires quand ils assurent des revenus financiers ? Chaque entreprise donne en moyenne 230.000 euros au WWF pour ce « partenariat stratégique ». La règle fixée par le WWF : la somme totale récoltée grâce aux partenariats avec les entreprises ne doit pas dépasser 30% de son budget. Ce qui représente tout de même une part non négligeable ! Et 90% des sommes versées vont dans les caisses de la Fondation du WWF. Ce qui permet aux donateurs de défiscaliser cet argent : une véritable aubaine !

    Un Conseil d’administration issu du monde de l’entreprise

    « Depuis sa création en 1961, le WWF a une relation très forte avec le monde économique, explique Denis Chartier, maître de conférences en géographie à l’université d’Orléans et co-rédacteur en chef de la revue Écologie et Politique. Les responsables de l’organisation étaient notamment des personnes issues de l’industrie métallurgique, du secteur pétrolier ou de l’industrie du tabac. » Cette tendance est toujours visible de nos jours. En 2008, une grande partie des membres du conseil d’administration de WWF International sont des dirigeants d’entreprises commerciales ou industrielles.

    On trouve notamment le vice-président du groupe Roche Basel, l’une des plus importantes multinationales pharmaceutiques (et la première d’Europe), l’un des directeurs de Godrej & Boyce Manufacturing Co Ltd, l’une des premières entreprises indiennes de produits de consommation courante et d’ingénierie. Et le directeur de la Banque Sarasin & Cie SA, l’une des premières banques privées de Suisse. De nombreux membres du conseil d’administration de WWF sont liés à des entreprises qui s’inscrivent dans « un productivisme marchand à l’origine des problèmes environnementaux contemporains », précise Denis Chartier.

    Verdir plutôt que réformer en profondeur

    Pas question, donc, de critiquer la logique de croissance perpétuelle de nos sociétés de consommation. « Le WWF choisit plutôt de réformer, de changer les choses de l’intérieur, plutôt que de développer une pensée politique impliquant des changements profonds et radicaux de société  », explique Denis Chartier. En mai 2009, en pleine crise économique, l’ONG a ainsi soutenu le premier salon du luxe et du développement durable. Avec des exposants d’éco-hôtellerie, de la mode, de la joaillerie, ou des nouvelles technologies. L’événement a été renouvelé en mai 2010.

    « On est bien loin ici d’une critique des méfaits de la société de consommation, écrit Denis Chartier [1]. On peut se demander si on ne permet pas ici à certaines entreprises de s’offrir une façade verte sans qu’il leur soit nécessaire de remettre en question le système qu’elles alimentent ». Il est clair qu’on est là plus près du délit de greenwashing, que de la volonté farouche d’en finir avec un système économique qui détruit les hommes et la planète.

    Simon Gouin

    Notes

    [1] Denis Chartier, « Développement soutenable et ONG. De la difficulté d’incarner l’alternative », in Aubertin et Vivien (dir.), Le développement durable : décrypter les enjeux politique, Paris, 2010


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  • En avril 2006,  Chavez décidait la sortie de son pays de la CAN (communauté andine des nations). Cinq ans après c'est chose faite. Il reprochait à la Colombie et au Pérou d'avoir signé des traités de libre-échange avec les Etats-Unis. Il estimait que l'union douanière servait avant tout les élites et les multinationales.

    Désormais les relations économiques et commerciales du Venezuela avec la Colombie, le Pérou, l'Equateur et la Bolivie relèveront de traités bilatéraux.


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    Les bombardements des Etats-Unis et de l’OTAN en Libye font de plus en plus de morts (WSWS)

    Barry GREY
    Le nombre de morts résultant des frappes aériennes étasuniennes, françaises et anglaises continue d’augmenter et promet de s’accroître notablement car les puissances impérialistes ont décidé d’intensifier leurs attaques sur des cibles militaires comme civiles.

    Le lendemain du jour où les Etats-Unis ont déployé des drones Predator armés de missiles Hellfire et où l’OTAN a averti les civils de "s’éloigner des troupes et des installations de l’armée de Kadhafi", la télévision d’état libyenne rapportait que neuf personnes avaient été tuées pendant la nuit lors d’une attaque aérienne de l’OTAN sur Sirte, la ville natale du leader libyen Muammar Kadhafi. Le communiqué de al-Jamahiriya disait qu’une partie des personnes tuées travaillaient au service des eaux de l’état.

    Ce communiqué succédait à un autre qui jeudi faisait état de sept civils tués et 18 blessés dans un raid aérien sur le faubourg de Khellat al-Ferjan au sud-ouest de Tripoli mercredi soir, et à un autre encore qui annonçait la mort de quatre civils dans le bombardement des avions de l’OTAN sur la ville de Bir al-Ghanam, à environ 30 miles au sud-ouest de la capitale libyenne.

    Le déploiement des drones américains armés de missiles fait suite à l’annonce de la France, l’Angleterre et l’Italie selon laquelle ces trois anciennes puissances coloniales d’Afrique du Nord allaient envoyer des "conseillers" militaires pour aider les soi-disant forces rebelles basées à Benghazi et dirigées par le Conseil National de Transition. Il fait suite aussi à la lettre ouverte du président américain Obama, du premier ministre Cameron et du président français Sarkozy déclarant que la guerre en Libye continuerait jusqu’à ce que Kadhafi quitte le pouvoir.

    Le Secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a annoncé qu’Obama avait autorisé l’utilisation des drones meurtriers jeudi, et affirmé que leur capacité à frapper des cibles avec "précision" permettrait aux forces des Etats-Unis et de l’OTAN de détruire l’armée et l’artillerie de Kadhafi situées dans des secteurs urbains très peuplés comme la ville orientale de Misrata, terrain d’une lutte sans merci, sans que les civils ne souffrent trop.

    Sans le moindre débat public ni même un débat formel au Congrès, l’escalade a été déclenchée le jour même. Les Predator ont été envoyés mais le mauvais temps a empêché les drones de tirer leurs missiles. Le Wall street Journal a annoncé vendredi qu’il y aurait en permanence deux drones équipés de missiles Hellfire dans le ciel libyen.

    Washington ne fait même pas semblant de s’intéresser à ce que les citoyens pensent de tout cela. Le New York Times a publié vendredi les résultats d’un sondage réalisé par le New York Times et CBS News qui montre que 45% des gens désapprouvent la manière dont Obama gère l’intervention militaire et 39% l’approuvent. Un autre sondage de CBS réalisé en mars indiquait 50% de soutien et 29% d’opposition.

    Le carnage dont sont responsables les drones américains en Afghanistan, Pakistan, Irak et Yémen a été accentué vendredi par une nouvelle attaque dans le Waziristan, une région du nord du Pakistan en bordure de l’Afghanistan, qui a fait 25 morts dont au moins sept femmes et enfants. Le gouvernement pakistanais a recensé des centaines de morts - en majorité des civils- causées par les attaques de drones sur les régions limitrophes au cours des dernières années.

    L’escalade de mort et de destruction que les Etats-Unis et ses alliés infligent à la Libye fait voler en éclat les mensonges utilisés pour justifier le lancement de la guerre il y a cinq semaines. Une intervention qui fut présentée -et autorisée- par le Conseil de Sécurité de l’ONU comme une action humanitaire de courte durée pour établir une zone d’exclusion aérienne et protéger les civils, se révèle être en fait une guerre coloniale cynique dont le but est de renverser le gouvernement en place pour le remplacer par des agents et des collaborateurs au service des Américains et des Européens.

    En dépit des dénégations de Washington, Londres et Paris, les préparatifs pour l’envoie de troupes au sol sont bien avancés. Une des raisons qui explique que cela ne soit pas encore fait est l’existence de sérieuses dissensions entre les puissances en guerre qui résultent de la lutte intestine qui se mène sur le partage du butin dans la Libye d’après Kadhafi. Le pays est une exportateur majeur de pétrole et possède les plus larges réserves de pétrole de toute l’Afrique.

    La France, qui a été le pouvoir le plus agressivement en faveur de la guerre et qui est le seul des principaux acteurs à avoir à ce jour reconnu le Conseil National de Transition, a essayé depuis le début de prendre la tête de la campagne militaire. Mais les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont utilisé l’OTAN pour l’en empêcher.

    Vendredi, le ministre français des affaires étrangères a déclaré que l’Union Européenne avait toujours l’intention d’envoyer des forces au sol pour -officiellement- apporter de l’aide humanitaire à Misrata. Elle attend l’aval de l’ONU selon un porte parole français.

    Cependant selon le Financial Times de vendredi "un officiel du ministère anglais de la défense affirmait au contraire qu’il était impossible que l’Union Européenne envoie des forces au sol en Libye pour mette en place un corridor humanitaire vers Misrata."

    La logique des événements ainsi que les tensions internes pousse les pouvoirs en guerre à intensifier la violence militaire et à envoyer finalement des troupes au sol. Cinq semaines de bombardements intensifs ont affaibli les troupes de Kadhafi mais n’ont pas réussi à renverser le régime en grande partie à cause du manque de soutien populaire aux soi-disant rebelles et à leur incompétence militaire.

    Dans une allocution aux troupes stationnées à Bagdad, l’amiral Mike Mullen, le président des états-majors conjoints, a dit que les frappes américaines et européennes avaient privé Kadhafi "de 30 à 40% de ses forces au sol" ce qui impliquerait l’élimination de milliers de soldats. Cependant il a reconnu que "la coalition" avait fait peu de progrès et a ajouté qu’ "elle se dirigeait vers une impasse."

    Des officiels américains des réseaux de politique intérieure et étrangère de plus en plus mécontents de la politique de l’administration d’Obama veulent une accélération décisive des opérations militaires. John McCain, le Républicain le plus influent du Comité du Service des Armes du Sénat, s’est rendu à Benghazi vendredi pour faire pression en faveur d’une action militaire plus agressive.

    McCain a appelé la collection d’anciens officiels de Kadhafi, qui furent longtemps les cartes maîtresses de la CIA et des services secrets européens et qui sont aujourd’hui à la tête du Conseil National de Transition, ses "héros", il a appelé à l’intensification des bombardements des forces pro-Kadhafi et il a pressé Washington de reconnaître le Conseil National de Transition comme le seul gouvernement légitime de Libye.

    A une conférence de presse à Benghazi, McCain a dit que la nation devait fournir au Conseil "toute l’assistance nécessaire" y compris "de l’aide pour le contrôle et le commandement, des renseignements sur le champ de bataille, de l’entraînement et des armes." Il a aussi pressé l’administration Obama de donner aux soi-disant rebelles une partie des milliards de dollars des avoirs libyens saisis.

    Vendredi le Wall Street Journal, sous le titre "La coalition de l’ambivalence" se faisait l’écho de la position de McCain en dénonçant ce qu’il appelait "la tiédeur de la campagne de bombardements destinée à arrêter les forces de Muammar Kadhafi au nom de la protection des civils." Le journal recommandait à Washington et à l’OTAN de renoncer à faire semblant de mener une guerre limitée et "humanitaire" et d’intensifier la violence pour éliminer rapidement le régime de Kadhafi.

    Anthony Cordesman du think tank très influent de Washington, le Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales, a révélé, avec la brutalité d’une personne assoiffée de sang, les motivations véritables qui se cachent derrière les belles paroles humanitaires. Voilà ce qu’il écrit le 20 avril :

    "Le vrai problème est que la farce est encore utilisée à la place de la force... Il n’y a aucun besoin de nouvelles résolutions de l’ONU, la France, l’Angleterre, les Etats-Unis et les autres membres de la coalition qui veulent vraiment aider le peuple libyen n’ont qu’à utiliser le caractère vague de la résolution actuelle pour atteindre le but recherché.

    "La France, l’Angleterre, les Etats-Unis et les autres membres de la coalition doivent modifier leur tactique pour que les bombardements atteignent et détruisent l’armée et les forces de sécurité de Kadhafi dans leurs bases et dans leurs mouvements sur le terrain -avant qu’elles n’atteignent les forces rebelles. Il faut prendre pour cibles Kadhafi, les nombreux membres de sa famille et ses principaux alliés qui se sont tous rendus coupables d’attaques contre des civils libyens même s’ils se trouvent au milieu des civils. Il faut les obliger à choisir entre l’exil et la mort et les bombardements doivent être assez violents pour qu’ils comprennent qu’ils doivent se décider rapidement.

    "Ce genre d’opération ne peut pas être "chirurgicale" -si "chirurgical" signifie qu’il faut éviter de faire couler le sang que le patient meure ou pas. Il faut parfois faire des choix difficiles et même cruels...."

    Mais étant donné la nature même de telles entreprises impérialistes, il faudra inévitablement faire d’autres "choix cruels" pour réprimer dans le sang la résistance populaire à la domination néocoloniale.

    Barry Grey

    Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2011/a...

    Traduction : D. Muselet

    URL de cet article 13494
    http://www.legrandsoir.info/Les-bombardements-des-Etats-Unis-et-de-l-OTAN-en-Libye-font-de-plus-en-plus-de-morts-WSWS.html

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    Salah Hamouri
    Doar nah Guilboa
    10900-Beit shean
    Israël

    Salah passera son anniversaire une fois de plus dans la tristement célèbre prison israélienne de Gilboa.


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