• Il croyait envoyer un scud, c’était boomerang !

    Le dessinateur préféré de Plantu « se réfugie » à Cuba.

    Vladimir MARCIAC

    Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents, voir : http://www.legrandsoir.info/Plantu-...

    http://www.legrandsoir.info/Quant-P...

    Rappel succinct pour le lecteur pressé :

    En janvier, Plantu commet un dessin insinuant que la fille de Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est pareil. Devant le tollé, assez général, Plantu explique alors qu’il reproche à JLM d’avoir refusé de qualifier Cuba de dictature. Et il met Mélenchon au défi de rencontrer Angel Boligan, dessinateur cubain « réfugié au Mexique », alors présent en banlieue parisienne pour une exposition internationale de dessins organisée par Plantu.

    Le co-président du Parti de Gauche ayant un autre calendrier dont pas une seule étape ne saurait être fixée par un dessinateur qui le croque avec un brassard rouge de sinistre mémoire, la confrontation n’eut pas lieu.

    De son côté, et bizarrement, Plantu n’a pu produire un mot de confirmation de ses dires par son invité qu’il a mêlé à ce différend.

    Ceux qui connaissent les dessins de Boligan, marqués par une grande impertinence et une belle liberté de ton, pouvaient donc en déduire que, soit il avait refusé de suivre Plantu dans son mauvais procès fondé sur le mensonge, soit Plantu, prudent, ne l’avait pas informé de l’utilisation politique qu’il faisait de lui.

    Entre-temps, LGS a mené une enquête qui lui a permis de découvrir que Boligan a choisi librement de s’installer au Mexique en 1992 et qu’il n’a pas fui un pays où il n’a jamais été inquiété.

    Le soufflé plantuiste étant retombé, l’exposition cartooning de Noisy le Grand étant close, Boligan est retourné au Mexique. Puis, il a rebouclé ses valises pour repartir où ? Chez Plantu ? Mauvaise réponse : à Cuba. Pour la « XVIIème biennale internationale du dessin d’humour » qui a lieu dans son village natal.

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    affiche biennale

    Et Boligan nous l’annonce avec jubilation sur son blog (voir son texte ci-après) où il évoque son impatience d’y retrouver des dessinateurs du monde entier pour « fêter notre amitié et l’humour au rythme des tambours, des pinceaux et du rhum cubain ».

    Le journal culturel cubain en ligne Cubarte (consulté le 17 mars) rend compte de cette rencontre en précisant qu’un prix y sera attribué pour lequel ont été sélectionnés 181 dessins de 101 dessinateurs de 21 pays : Cuba, Chypre, la Grèce, la Turquie, la Russie, la Colombie, le Brésil, la Jordanie, l’Argentine, l’Iran, l’Ouzbekistan, l’Ukraine, la Serbie, la Belgique, la Thaïlande et l’Allemagne qui sera la pays le plus représenté après Cuba. On dirait bien que la France, et donc notre grand Plantu, n’en sont pas.

    On tirera de cette série d’anecdotes des enseignements généraux :

      Ne jamais croire, sans l’avoir vérifié, ce que les médias disent de Cuba.

      Aucun média n’a cherché à vérifier les dires de Plantu et ceux qui nous ont lus n’en soufflent mot (à quelques exceptions près, hors des médias à forte audience).

      Toujours remarquer la solidarité entre les faux journalistes : Plantu a menti, mais c’est un confrère.

      Le talent n’est pas forcément corrélé avec le tirage du journal où un dessinateur s’exprime. Plantu n’est pas un aigle du pinceau, ni de l’esprit, ni de l’éthique.

    A mordre sans arrêt la main qui se tend pour « fêter notre amitié et l’humour », la France s’exclut des lieux culturels où d’autres pays européens sont à l’honneur.

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    Dessin de Plantu

    Pour finir, rappelons que LGS a écrit ceci à Plantu le 17 février :

    « Nous avons été à l’origine d’un article sur le prix qui vous a été attribué par le Qatar. Cet article affirmait notamment trois choses :

    vous avez accepté ce prix

    ce prix est doté de 10.000 euros

    vous avez prononcé à l’occasion un discours vantant la liberté de la presse au Qatar.

    Or, il nous a été communiqué que vous niez tout ou partie de cet article, mais nous n’en trouvons aucune trace.

    Pouvez-vous nous indiquer le cas échéant où vous auriez apporté un tel démenti afin que nous puissions en prendre connaissance et en informer nos lecteurs ?

    Bien à vous,

    Le Grand Soir ».

    Bien entendu, nous n’avons pas reçu de réponse.

    Vladimir Marciac.

    PS. Le dessin de Plantu qui illustre cet article n’a rien à voir avec cette affaire. Mais il nous dit qui est Plantu.

    Laissons la haine et notons ci-dessous l’amour et la reconnaissance exprimés par Boligan pour Cuba, son pays natal.

    EN COMPLEMENT :

    Lu sous la plume de Angel Boligan sur son blog (traduction de Manuel Colinas pour LGS). http://www.boligan.com/index.php

    « XVII º BIENNALE INTERNATIONALE DU DESSIN D’HUMOUR. CUBA, 2011 SAN ANTONIO DE LOS BAÑOS (PROVINCE DE LA HAVANE)

    LA BIENNALE

    Depuis 1979, à San Antonio de los Baños, (ma ville natale), à Cuba, se tient la Biennale Internationale de l’Humour et c’est en 1979 également que fut inauguré le premier Musée International de l’Humour du continent, à ce jour le musée probablement le plus complet de toute l’Amérique Latine pour ce qui est de son fonds d’oeuvres originales puisque leur nombre dépasse les dix mille, œuvres qui retracent tant l’histoire de l’humour cubain que l’itinéraire des artistes des cinq continents qui ont participé aux biennales successives. Cette biennale est un concours international de dessinateurs de presse et une fête populaire qui remplit de fierté les habitants de cette ville, mais c’est aussi un des rares espaces (non virtuels) très attendu par un très grand nombre de dessinateurs de presse - et pas seulement d’Amérique Latine - un lieu où nous pouvons nous retrouver et vivre quelques jours ensemble, fêter notre amitié et l’humour au rythme des tambours, des pinceaux et du rhum cubain.

    Alors que je n’avais que 14 ans, cette biennale, ce Musée, furent l’étincelle qui alluma la mèche de ma carrière de dessinateur de presse et elle ne s’est jamais éteinte depuis 30 ans.

    RENDEZ-VOUS LES 27, 28 ET 29 MARS DANS LA VILLE DE L’HUMOUR, A CUBA. NOUS Y SERONS ! »

    URL de cet article 13176
    http://www.legrandsoir.info/Le-dessinateur-prefere-de-Plantu-se-refugie-a-Cuba.html
     

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  • Afghanistan : des « escadrons de la mort » US posent pour des photos auprès de civils assassinés (The Guardian)

    Les Commandants en Afghanistan se préparent à d’éventuelles émeutes et une colère publique déclenchées par la publication de photos « trophées » prises par des soldats américains qui posent auprès des cadavres de civils sans défense qu’ils ont tués.

    De hauts officiels à la Force d’Assistance à la Sécurité Internationale de l’OTAN à Kaboul ont comparé ces images publiées par l’hebdomadaire allemand Der Speigel aux images de soldats en train de maltraiter les prisonniers d’Abu Ghraib en Irak, photos qui avaient déclenché des protestations anti-américaines dans le monde entier.

    Ils craignent que ces nouvelles images ne provoquent encore plus de dégâts. Ces images montrent les suites du meurtre délibéré de civils afghans l’année dernière par une unité blindée US dans la province du sud, à Kandahar.

    Certaines des activités de cet auto-proclamé « escadron de la mort » sont connues, car 12 hommes sont en attente de leur procès à Seattle pour l’assassinat de trois civils.

    Cinq de ces soldats sont mis en examen pour meurtre avec préméditation après qu’ils aient mis en scène des cadavres pour faire croire qu’ils s’étaient défendus d’une attaque de Talibans.

    D’autres accusations portent sur la mutilation de corps, de possession d’images de victimes humaines et d’usage de stupéfiants.

    Tous les soldats ont plaidé non coupable et risquent la peine de port ou la prison à vie.

    L’affaire a déjà provoqué un choc à travers le monde, particulièrement avec les révélations que les soldats auraient découpé des « trophées » des cadavres de leurs victimes.

    Une enquête du magazine allemand Der Spiegel a découvert environ 4000 photos et vidéos prises par les soldats.

    Le magazine, qui prévoit de ne publier que 3 images, a dit que les soldats ont été inculpés non seulement pour leurs crimes mais aussi pour « des collections entières de photos de leurs victimes que certains des accusés gardaient sur eux. »

    L’armée US a tenté d’empêcher la publication de ces images par crainte d’une réaction au moment où l’antiaméricanisme en Afghanistan est au plus haut.

    Dans une déclaration, l’armée US a présenté ses excuses pour l’émotion provoquée par ces photos « qui décrivent des actions répugnantes aux yeux de tout être humain et qui sont contraires aux valeurs et aux pratiques des Etats-Unis ».

    Le long article du Spiegel qui accompagne les images comporte de nouvelles révélations sur le degré de sadisme des soldats.

    Lors d’un incident au mois de Mai (2010), selon l’article, au cours d’une patrouille, l’équipe a arrêté un mollah qui se tenait au bord de la route et l’ont emmené dans un fossé où ils l’ont obligé à s’agenouiller.

    Le chef du groupe, le Sergent Calvin Gibbs, aurait ensuite lancé une grenade vers l’homme tandis qu’ordre était donné de lui tirer dessus.

    Gibbs a été ensuite décrit en train de trancher un doigt de la victime et de lui arracher une dent.

    La patrouille a ensuite affirmé à ses supérieurs que le mollah l’avait menacée avec une grenade et qu’elle a été obligée de l’abattre.

    Dans la nuit de dimanche, de nombreuses organisations qui emploient du personnel étranger, y compris les Nations Unies, ont imposé un « couvre-feu » à leurs employés en leur interdisant tout mouvement dans Kaboul et en leur demandant de rester barricadés dans leurs quartiers.

    En plus des menaces d’une attaque à la suite de la publication de ces photos, la sécurité a été renforcée par crainte d’une tentative par les talibans de perturber les célébrations du nouvel an perse.

    D’autres attaques pourraient avoir lieu lors du discours prévu par le président Afghan, Hamid Karzai, qui doit annoncer quelles sont les régions d’Afghanistan actuellement sous contrôle international qui passeront sous contrôle afghan.

    Un responsable de sécurité pour la société américaine DynCorp (*) a envoyé un courrier électronique à ses clients pour les prévenir que la publication de ces images allait probablement « agiter la population locale » car « les images de l’incident sont extrêmement choquantes »

    Jon Boone

    http://www.guardian.co.uk/world/201...

    Traduction "Echange deux bouts d’Afghan contre un futur bout de Libyen" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

    (*) DynCorp WikiLeaks : Texas Company Helped Pimp Little Boys To Stoned Afghan Cops http://blogs.houstonpress.com/hairb...

    (Wikileaks révèle que la société DynCorp a organisé la prostitution de jeunes garçons pour des policiers afghans drogués)

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    URL de cet article 13163
    http://www.legrandsoir.info/Afghanistan-des-escadrons-de-la-mort-US-posent-pour-des-photos-aupres-de-civils-assassines-The-Guardian.html
     

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  • Security made in Germany



    German-Foreign-Policy.com

    Traduit par  Michèle Mialane
    Edité par  Fausto Giudice

     

    BERLIN/ DUBAÏ / RIYAD-En dépit de la contestation qui se poursuit dans les pays arabes, des entreprises allemandes continuent à vendre aux régimes en place des moyens techniques de répression. Fin février, plusieurs firmes de République fédérale ont exposé à une foire de Dubaï destinée à la police et aux services secrets moyen-orientaux et africains lesdernières techniques de contrôle d’Internet. On y trouvait également des matériels pour localiser les téléphones mobiles et pour s’introduire dans les disques durs des ordinateurs. Les « techniques de sécurité » comptent parmi les exportations fort lucratives des entreprises allemandes.

    Selon les estimations du Ministère de l’Économie, le marché mondial de la sécurité représente largement 100 milliards par an, et la tendance est à la hausse. Le Ministère a donc créé en novembre 2010 une « Initiative pour l’exportation des techniques de sécurité » destinée à soutenir l’industrie allemande de la répression. En janvier dernier, le Secrétaire d’État parlementaire au Ministère de l’Économie, Hans-Joachim Otto, était aux Émirats Arabes Unis pour des entretiens relatifs aux dispositifs de sécurité. Quelques exportations allemandes finirent par éveiller une certaine grogne, par exemple l’offre d’un logiciel d’espionnage à la Sécurité d’État égyptienne [Amn Daoula, police politique, NdE].

    Surveiller Internet

    Parmi les nouveautés proposées fin février par les entreprises allemandes à la foire à la sécurité à Dubaï « ISS-World Middle East and Africa », on comptait entre autres divers matériels appartenant au « Deep Packet Inspection». Ainsi que nous l’apprend un compte-rendu de la manifestation, « Deep Packet Inspection » vise la filtration et le classement de tout le trafic Internet. Couplé à un pare-feu national, il permettrait « de contrôler toutes les communications sur le territoire national », échanges téléphoniques via Internet inclus. Parallèlement on pourrait « bloquer de manière ciblée »1 la transmission de données, par exemple via Skype.
     
    À Dubaï, les moyens de pratiquer ce type de contrôle figuraient parmi les offres des entreprises ipoque (Leipzig), trovicor (Munich), Utimaco (Oberursel) et ATIS systems (Bad Homburg). ipoque proposait un séminaire de formation ad hoc. ATIS systems présentait, si l’on en croit le compte-rendu, un logiciel qui « surveille parfaitement toutes les sessions www. » et à même d’intégrer « des données de localisation du système de téléphonie mobile ». Ceci permettrait par exemple une « traque précise (pour surveiller les personnes) »2. Plusieurs des firmes citées disposent de filiales commerciales dans certains pays arabes - l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis et l’Égypte.

    Pénétrer les boîtes mails

    L’Égypte nous fournit un exemple de possibles utilisations de ces techniques de surveillance. Récemment, des militants du mouvement démocratique égyptien avaient trouvé à la centrale d’Amn Daoula du Caire un document classé « ultra-secret » contenant une offre de vente de la firme Gamma International, à laquelle était jointe un papier de la section « technique et information » des services secrets ; on y lisait que Gamma était spécialisée dans les « programmes de sécurité et les moyens de pénétrer les boîtes à lettres électroniques.» Le service aurait déjà reçu un échantillon gratuit du programme « Finfisher » qui présente les « multiples possibilités de pénétration des boîtes mails.»3 Gamma International est un conglomérat de filiales et d’entreprises  partenaires dont certaines ont leur siège à Munich, largement ramifié et totalement opaque pour les personnes extérieures. La filiale de Munich conteste avoir soumis cette offre au Caire4. Cependant le Parquet de Munich envisage d’ouvrir une information judiciaire au sujet de Gamma, car la vente de logiciels du type précité est interdite par le Code pénal allemand.5
     

    Chappatte

    Écoutes téléphoniques

    On entend régulièrement reprocher haut et fort aux entreprises allemandes d’avoir fourni aux polices et services secrets des États ultra-répressifs du Moyen-Orient des technologies adaptées à leurs pratiques. Par exemple, le Wall Street Journal écrivait en juin 2009 qu’une joint venture de Siemens et du Finlandais Nokia aurait vendu à l’Iran des matériels du «Deep Packet Inspection» qui ont permis des écoutes à grande échelle6. Depuis, cette joint venture a été rachetée et a pris le nom de trovicor. Certes Siemens a démenti à l’époque avoir jamais livré le « Deep Packet Inspection»  à Téhéran.
    Mais la firme n’a pas nié avoir fourni, entre autres outils de télécommunication, des matériels d’écoute. Toutefois une question n’a pas été abordée : Siemens aurait permis au contre-espionnage allemand (BND) l’accès à certains des réseaux téléphoniques installés par elle - et au moins temporairement à celui de l’Iran. Par le passé les collaborateurs de firmes allemandes ayant « fourni du matériel téléphonique, voire du matériel d’écoute à des pays arabes » auraient, selon un article de presse, décrypté, pour le compte du BND, les communications échangées dans ces pays (german-foreign-policy7)

    « Une sorte d’État policier »

    Bien que les entreprises concernées nient avoir livré effectivement des matériels, personne ne conteste que les acteurs économiques allemands soient tout disposés à livrer des « technologies de sécurité » aux régimes répressifs du Proche et Moyen-Orient. L’ensemble du marché des technologies et services de sécurité « civils » est actuellement estimé à environ 100 milliards, avec une croissance de 5% par an. Ces matériels sont destinés surtout à parer aux problèmes liés aux catastrophes naturelles, mais incluent aussi diverses techniques de répression. Selon une enquête diligentée par le Ministère allemand de l’Économie « c’est avant tout le monde arabe qui représente un important potentiel de croissance pour les exportateurs allemands8.» À lui seul, le marché saoudien, où la part de marché allemande en ce domaine se situe déjà et depuis toujours autour de 10%, devrait, selon les experts, atteindre en 2018 les 90 milliards de dollars US. Dans les pays arabes il y a quelques « foyers de conflit », disait-on cet automne dans le monde de l’économie.9 Une « certaine insécurité », en particulier dans le Golfe Arabo-persique, inciterait « les organismes de sécurité (...) à édifier une sorte d’État policier ». Pour les firmes de sécurité occidentales la péninsule arabique représenterait donc un « marché lucratif et hautement solvable », bien « qu’âprement disputé.10 »
     

    Rodrigo de Matos

    La répression : un marché d’avenir

    Et pour conquérir le marché de la répression, on peut compter sur l’appui du gouvernement allemand. Le 24 novembre 2010, Rainer Brüderle (FDP), Ministre de l’Économie, a présenté une initiative de politique industrielle en faveur de «la sécurité civile, un marché d’avenir », dont le but, selon son Ministère, est de « créer des conditions cadre optimales pour assurer le succès des matériels et services de sécurité allemands sur le marché national et international.»
     À l’enseigne « Security made in Germany », le Ministère adapte « exactement aux besoins spécifiques du marché de la sécurité» divers moyens de soutien aux exportations. Il a déjà développé sous le titre « La sécurité civile, un marché d’avenir » une « conception de politique industrielle 12» détaillée.

    Un gros succès

    Le soutien pratique du Ministère de l’Économie se concentre sur cette activité. À cet effet il a sponsorisé « l’envoi d’une délégation de l’industriede sécurité » en Arabie saoudite. « Dans le domaine de l’IT-Security » disait-on alors, «  les industriels allemands ont réalisé des projets très efficaces au cours des derniers mois ».13 Le Ministre de l’Économie projetait une visite en Arabie saoudite et éventuellement au Qatar pour le premier trimestre 20011 ; il devait y être tout particulièrement question de l’industrie de sécurité. En janvier le Secrétaire parlementaire du Ministère de l’Économie, Hans-Joachim Otto (FDP), avait déjà effectué un voyage aux Émirats arabes unis. Otto a accompagné la délégation cet automne et a inauguré Intersec,  la foire de l’industrie de sécurité aux Émirats. En outre il s’est entretenu avec le chef de la police de Dubaï de « questions relevant de la collaboration effective dans le domaine de la sécurité». 14 Il y a longtemps que l’Allemagne fait de bonnes affaires à Dubaï. Voici des années, la firme allemande Siemens avait déjà équipé les services de police avec du matériel de sécurité.15
     

    1 , 2 Proche-Orient : Surveillance made in Germany ; fm4.orf.at du 8 mars 2011

    3 Un logiciel d’écoute allemand vendu aux services secrets égyptiens ? www.tagesschau .de   du 6 mars 2001

    4 On n’a pas vendu de chevaux de Troie à l’Égypte www.fr-online.de, du 11 mars 2011

    5 Des chevaux de Troie pour le Proche-Orient ; www.fr-online.de du 11 mars 2011

    6 Iran's Web Spying Aided By Western Technology; online.wsj.com du 22 juin 2009

    7 voir à ce sujet Informationsaustausch

    8 Potentiel du marché des technologies et services de sécurité , www.vdivde-it.de

    9 Les techniques IT allemandes sont très demandées dans le Golfe www.gtai.de du 11 octobre 2010

    10 Les États du Golfe investissent massivement dans la sécurité ; www.gtai.de

    12  La sécurité civile, un marché d’avenir. Une politique industrielle conçue par le Ministère de l’Économie et des Technologies, Berlin, novembre 2010

    13 Envoi d’une délégation des industries de sécurité au royaume d’Arabie saoudite ; saudiarabien.ahk.de

    14 Le secrétaire d’État parlementaire Otto en visite aux Émirats arabes unis : «Développer le partenariat stratégique dans le domaine de la stratégie !» www.bmwi.de du 20 janvier 2011.

    15 voir à ce sujet Boomdiktaturen

     





    Merci à Tlaxcala
    Source: http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58026
    Date de parution de l'article original: 14/03/2011
    URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4317


    3 commentaires
  • C’est l’Amazonie, imbécile !

    Tout le monde se souvient de cette phrase par laquelle Bill Clinton terrassa G. Bush père au cours de la campagne présidentielle de 1992. On pourrait employer une expression similaire aujourd’hui : nombreux sont ceux qui pensent, au Brésil et hors du Brésil, qu’Obama est en visite pour vendre les F-16 états-uniens au lieu des Rafales du concurrent français et pour placer les entreprises US dans les futurs contrats mirobolants de l’industrie pétrolière brésilienne en plein boum.

    Une façon d’assurer un approvisionnement régulier et sûr pour satisfaire sa demande insatiable de combustible par des accords avec l’un des pays de l’hémisphère les plus stables, en tous cas bien plus que ces fournisseurs traditionnels du moyen-orient ou même d’Amérique latine. Le carnet d’affaires d’Obama comporte également l’intervention d’entreprises us dans la rénovation de l’infrastructure des transports et des communications du Brésil sans oublier des services de contrôle et sécurité nécessaires à la bonne tenue du Mondial de football (2014) comme des J.O. (2016).

    Ceux qui soulignent ses réalités n’oublient pas pour autant les problèmes bilatéraux qui affectent les relations commerciales. D’abord le protectionnisme persistant des usa et les difficultés qu’il occasionne aux exportations brésiliennes. Les relations sont donc loin d’être aussi harmonieuses qu’on peut souvent les décrire. De plus, le poids régional et international croissant du Brésil n’est pas vue d’un bon oeil par Washington. Sans l’appui du Brésil et de l’Argentine, l’Initiative bolivarienne pour en finir avec l’ALCA n’aurait pas réussi. Un Brésil puissant reste donc une gênant pour les projets impérialistes dans la région.

    Quels sont donc les objectifs de la visite d’Obama dans la région ? Le contexte d’abord : depuis la prise de fonctions de Dilma Roussef, la maison blanche n’a cessé de déployer beaucoup d’énergie pour renforcer les relations bilatérales. Dix jours ne s’étaient pas écoulés pour la nouvelle présidente, qu’elle reçu la visite des sénateurs républicains John Mac Cain et Joh, Barrasso ; quelques semaines plus tard, c’est le Secrétaire au Trésor, Timothy Geithner qui frappait à sa porte pour la rencontrer. L’intérêt des visiteurs fort aiguisé par le changement de président était multiplié par un signal plein de promesses de Brasilia qui par la voix de sa nouvelle présidente disait reconsidérer l’achat des 36 avions de combat de Dassault, annoncé peu avant par Lula.

    Ce changement d’attitude mis en branle tout le lobby des mastodontes du complexe militaro-industriel - c’est à dire le « gouvernement permanent » des usa sans s’occuper de l’occupant provisoire de la Maison blanche - lobby tombé en piqué sur Brasilia dans l’espoir de récupérer un premier contrat pour 6 milliards de dollars éventuellement suivi d’un second si le Brésil augmente, comme on s’y attend, ces commandes de 120 autres appareils dans les années qui viennent. Ce serait pourtant une erreur de croire que c’est le seul motif du voyage d’Obama.

    En réalité, ce qui l’intéresse le plus, en sa qualité d’administrateur de l’empire, c’est d’avancer sur le contrôle de l’Amazonie. Pour cela, il s’avère indispensable de freiner, puisqu’il n’est pas possible de la stopper, la coordination croissante et l’intégration politique et économique en cours dans la région qui furent déterminantes pour faire naufrager l’ALCA en 2005 comme pour faire capoter les tentatives sécessionniste en Bolivie (2008) et de coup d’état en Equateur (2010).

    Il doit aussi essayer de semer la discorde entre les partenaires les plus radicaux de la région (Cuba, Vénézuela, Bolivie, Equateur) et les gouvernements « progressistes » (principalement Brésil, Argentine et Uruguay), qui se débattent comme ils peuvent pour trouver un espace, chaque fois plus réduit et problématique entre la capitulation face aux diktats de l’empire et les idéaux d’émancipation portés par les pays de l’ALBA, ces mêmes idéaux qui, il y a deux siècles, ont inspiré les luttes d’indépendance de nos pays. Le reste est bien secondaire.

    Au vu de ces antécédents, on peut être surpris par l’indécision de Roussef sur le choix d’équipement de ses forces armées car si finalement, le Brésil arrivait à signer le contrat pour l’acquisition des nouveaux F-16 au lieu des Rafale français, la volonté d’affirmer sa souveraineté effective sur l’Amazonie se verrait sérieusement compromise. Ce n’est pas affirmer qu’il faut obligatoirement acheter les avions de Dassault, mais souligner que toute autre alternative est préférable.

    Si une telle chose finissait par se produire, c’est que la chancellerie brésilienne dans une négligence irresponsable aurait oublié le fait que dans l’échiquier géopolitique des Amériques, Washington poursuit deux objectifs stratégiques : le premier est prioritaire, c’est d’en finir avec le gouvernement de Chavez en utilisant n’importe quelle argutie et moyens, légaux et institutionnels ou à défaut à toute forme de sédition. C’est l’objectif manifeste vociféré par la maison blanche mais l’objectif fondamental, à long terme, c’est le contrôle de l’Amazonie.

    C’est là le gisement de richesses immenses que l’empire, dans sa course effrénée pour l’appropriation exclusive des ressources naturelles de la planète, veut s’assurer sans que personne de l’en empêche puisque ses classe dominantes le considèrent comme son hinterland naturel : eau, minéraux, pétrole, gaz, biodiversité et culture alimentaires. Pour les stratèges de pointe états-uniens, le bassin de l’Amazone, comme l’antarctique est une zone de libre accès où l’on ne reconnaît aucune souveraineté nationale, et qui reste donc ouverte pour cette bonne raison à ceux qui possèdent les ressources techniques et logistiques pour son exploitation c’est à dire eux-mêmes.

    Bien sur, aucun porte-parole du département d’état ou du pentagone ne peut dire ces choses à voix haute mais ils agissent en fonction de cette conviction. Pour être cohérent avec cette réalité, il serait insensé pour le Brésil de parier sur un équipement et une technologie militaire qui le placerait en situation de subordination vis-à-vis des usa qui ostensiblement lui disputent la possession effective des immenses ressources de l’Amazonie. Quelqu’un doute-t-il encore que le moment venu, les États-Unis hésiteront une seconde à employer la force pour défendre ses intérêts vitaux menacés par l’impossibilité d’accéder aux ressources naturelles de la région ?

    C’est précisément le contrôle de la région qui est en jeu.

    Obama n’en soufflera pas un mot à son hôtesse, entre autres raisons parce que Washington exerce déjà un certain contrôle de fait sur l’Amazonie à partir de son énorme supériorité en matière de communications satellitaires doublée d’une vaste chaîne de bases militaires avec lesquelles les usa encerclent cette région qui confirment par les moyens traditionnels de l’impérialisme, son ambition d’appropriation territoriale. C’est la réactivation inattendue de la IV flotte US qui a poussé l’ancien président Lula à l’accélération du ré-équipement des forces armées brésiliennes.

    Cette réactivation a été annoncée peu de temps après l’annonce de la découverte d’un énorme gisement pétrolier sous-marin face au littoral de Sao Paulo. Il est devenu d’un coup évident, (comme par un flash cauchemardesque), que Washington considérait inacceptable qu’en plus de bénéficier d’un territoire très étendu et de ressources naturelles immenses, le Brésil devienne une puissance pétrolière et par là même un pays capable de contrebalancer la prédominance us au sud du Rio bravo et dans une moindre mesure, sur l’échiquier politique mondial.

    Par son habile menuet diplomatique de cour, les USA cachent leurs véritables intérêts qui restent ceux d’un empire assoiffé de matières premières, énergie et ressources naturelles de toute sorte sur qui le bassin de l’Amazone exerce une attraction irrésistible. Pour dissimuler ses intentions, Washington a usé -avec succès puisque le bassin de l’Amazonie à fini par être entouré de bases us- d’une subtile opération de diversion et Itamaraty* est tombé dans le panneau comme un bleu : proposer son appui pour que le Brésil obtienne un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Difficile de comprendre comment les diplomates expérimentés que sont les brésiliens ont pu prendre au sérieux une offre aussi invraisemblable.

    Aider le Brésil alors qu’on maintient la porte du Conseil de Sécurité fermée à des pays comme l’Allemagne, le Japon, l’Italie, le Canada, l’Inde et le Pakistan. Aveuglés par cette promesse la chancellerie brésilienne comme le haut-commandement militaire du pays n’ont pas vu que tandis qu’ils perdaient leur temps sur des divagations stériles sur ce sujet, la maison blanche installait ses bases un peu partout : sept bases en Colombie (oui, sept !) dans le quadrant nord-est de l’Amazonie, deux bases au Paraguay au sud, une base au moins au Pérou pour contrôler l’accès ouest et une autre base en négociation avec la France de Sarkozy pour installer troupes et équipements militaires en Guyane française pour surveiller le région orientale de l’Amazonie.

    Plus au nord, les bases d’Aruba, Curaçao, Panama, Honduras, El Salvador, Puerto-Rico et Guantanamo pour pressionner le Vénézuela et bien sur Cuba. Prétendre réaffirmer la souveraineté brésilienne sur la région en faisant appel à des équipements, des armement et une technologie guerrière US constitue une erreur monumentale car la dépendance technologique et militaire qui en découlerait laisserait le Brésil pieds et poings liés face aux desseins de la puissance impériale.

    A moins que l’on pense que les intérêts nationaux du Brésil et des États-Unis coïncident. Certains le croient mais il serait très grave que la Présidente Dilma Roussef commette une telle erreur d’appréciation irréparable. Les couts -économiques, politiques et sociaux- que le Brésil et avec lui, toute la région aurait à payer seraient exorbitants.

    Atilio A. Boron

    texte original en espagnol
    http://www.rebelion.org/noticia.php...
    ou http://www.kaosenlared.net/noticia/...
    ou http://aporrea.org/tiburon/a119838.html
    ou http://alainet.org/active/45238&lang=es

    * quai d’orsay brésilien

    traduction non officielle par alfare

    URL de cet article 13136
    http://www.legrandsoir.info/C-est-l-Amazonie-imbecile.html
     

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  • Voir aussi :
    [APP] Mémorial des morts aux frontières de l’Europe
    “La liberté de circulation s’impose comme une évidence”
    Ceuta, tombeau du rêve européen

    Ceux qui voudraient en savoir plus pourront se référer au texte de Claire Rodier, Instaurer la liberté d’aller et venir, repris dans l’anthologie sur Gisti intitulée Liberté de circulation : un droit, quelles politiques ?.


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