• NAÎTRE À NOUVEAU

    Mémoire depuis l'exile du génocide de l'Union Patriotique en Colombie

    Pendant toutes ces années de persécution, des centaines de militants de l'UP ont quitté la Colombie pour échapper aux balles. "Volver A Nacer" reconstitue l'histoire tragique de ce parti à travers le témoignage des exilés  en Espagne. Leur vie est un exemple de lutte pour la défense des droits de l'homme dans son sens le plus large et une alternative au conflit qui ensanglante le pays depuis des décennies. Ils étaient des hommes et des femmes courageux qui ont tout donné pour leurs idéaux et qui ont perdu leurs partenaires, enfants, parents, amis, connaissances ... Aujourd'hui, dans la douleur pour tant d'absences , ils  sont fiers de ce qu'ils étaient même s'ils ne peuvent pas retourner en Colombie.

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  • Une mise à jour de sécurité pour Tor

    Des mises à jour de l'Onion router sont disponibles pour la version 0.2.1.29. 3 bugs majeurs de sécurité sont ainsi corrigés mais également plusieurs correctifs concernant des crashs sont mis en ligne.

     
    Logo Tor
    Pour rappel, le réseau Tor est un maillage mondial décentralisé de routeurs, organisés en couches. Ces derniers transmettent de manière anonyme des paquets TCP. Le logiciel libre est distribué sous licence BSD.

    La mise à jour propose notamment de réparer une vulnérabilité qui peut permettre une exécution d'un code à distance. Une seconde explique « empêcher une attaque par déni de service en interdisant toute compression de données ». Autant de correctifs dont les précisions sont apportées ici.

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  • De Tunisie à Haïti : des dictateurs trop peu inquiétés

    Sophie PERCHELLET, Damien MILLET

    Il va de soi que les grands textes internationaux, comme la Charte des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme ou le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels, doivent être respectés par tous les pays les ayant ratifiés. Pourtant, force est de constater de grandes disparités entre les traitements réservés à des dirigeants comme Zine el-Abidine Ben Ali, Jean-Claude Duvalier, Thomas Sankara ou Patrice Lumumba. Les deux premiers sont des dictateurs reconnus, coupables de détournements de fonds, de corruption et de répression sanglante.

    Contraint de quitter le pouvoir par une révolte populaire qu’il avait échoué à mater, Ben Ali a fui la Tunisie en s’accaparant une tonne et demie d’or. Aujourd’hui, les multiples atteintes contre la liberté du peuple tunisien et la démocratie depuis son accession au pouvoir en 1987 font la une de l’actualité. En 1986, également suite à une révolte du peuple haïtien, Duvalier fils n’a eu d’autre choix que de fuir son pays, Haïti[1], après plus de trois décennies de dictature imposées par sa famille. Avec l’accord des autorités françaises, il a trouvé refuge dans une magnifique demeure qu’il avait acquise sous le rude climat de la Côte d’Azur française. Le montant de sa fortune estimée était supérieur à la dette extérieure de son pays. Il n’a pourtant jamais obtenu la validation de sa demande d’asile, qui a été rejetée en 1992 par le Conseil d’État, faisant de lui un « sans papiers » qui n’a jamais été inquiété par les forces de l’ordre françaises. Il vient de rentrer dans son pays où la justice haïtienne s’intéresse à lui. La justice française ne l’a jamais trop inquiété…

    Le profil des deux autres est fort différent : Lumumba et Sankara sont des exemples historiques de dirigeants progressistes, luttant farouchement en faveur de leur peuple, contre les intérêts des classes dominantes, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur du pays. Le jour de l’indépendance de son pays, l’ex-Congo belge, le 30 juin 1960, Lumumba prononce un discours passionné devant le roi des Belges qui ne le lui pardonnera pas : « Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. » Onze jours plus tard, avec le soutien des puissances occidentales, la province du Katanga fait sécession : la déstabilisation de Lumumba commence. Elle se terminera par son exécution avec la complicité active de militaires belges, le 17 janvier 1961, voici donc quarante ans.

    Pour sa part, Thomas Sankara[2], président du Burkina Faso, s’est également fait remarquer par un discours remarquable à Addis Abeba le 29 juillet 1987 : « La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. […] Nous ne pouvons pas accepter leur morale. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui que l’on préfère reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. […] Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer la dette. Non pas dans un esprit belliqueux, belliciste. Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai grand besoin, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. »

    Effectivement, il n’était pas à la conférence suivante : le 15 octobre 1987, avec la complicité des autorités françaises, des hommes de main de Blaise Compaoré l’exécutaient. Depuis 1987, Blaise Compaoré est président du Burkina Faso et symbolise à merveilles les relations mafieuses entre la France et l’Afrique. Comme Duvalier avant 1986, comme Ben Ali avant le 14 janvier 2011, Compaoré est soutenu par la France. Il a d’ailleurs été reçu discrètement à Paris les 17 et 18 janvier dernier. Dans nombre de pays dont les peuples subissent une dictature évidente (Tunisie hier, tant d’autres aujourd’hui encore), les dirigeants européens, notamment français, se réjouissent de l’action de ces pouvoirs autoritaires qui servent leurs intérêts en piétinant les droits de leur peuple.

    Cela fait maintenant six ans que la Convention des Nations unies contre la corruption est entrée en vigueur. Elle a fait de la restitution des biens mal acquis aux pays spoliés un principe fondamental du droit international. Pourtant, une infime partie des centaines de milliards de dollars volés par des dirigeants corrompus de par le monde a été restituée. Des institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale[3] ont, dans l’histoire récente, financé nombre de dictatures à travers le monde, de l’Afrique du Sud de l’apartheid au Chili du général Pinochet, en passant par l’Indonésie de Suharto ou le Zaïre de Mobutu. Elles ont ainsi participé directement à la légitimation de fortunes gigantesques, basées sur le pillage des ressources naturelles. En imposant la libéralisation des capitaux et l’ouverture des économies, elles ont facilité le transfert de sommes importantes depuis le Sud vers des paradis fiscaux et judiciaires.

    Dans ce jeu dangereux, il ne suffit pas de pointer du doigt quelques dirigeants du Sud : il faut dénoncer la complaisance occidentale des grands dirigeants et des milieux financiers qui bloquent toute enquête sérieuse sur le sujet. Car si aujourd’hui des dictateurs profitent de leurs crimes en toute impunité, c’est parce que la volonté politique pour faire exercer la justice n’existe pas.

    Les pays prétendument démocratiques ne doivent pas soutenir, ni même tolérer, des gouvernements dictatoriaux et corrompus. Pourtant les exemples de telles compromissions ne manquent pas, notamment au sein des anciennes colonies françaises. Pendant ce temps, les peuples remboursent une dette qui est le symbole visible de la soumission de leur pays aux intérêts des grandes puissances capitalistes et des sociétés multinationales. Il est grand temps de poser les bases d’une logique politique, économique et financière radicalement différente, centrée sur le respect des droits fondamentaux. Il est grand temps que ceux qui ont conduit le monde dans l’impasse actuelle rendent des comptes en justice.

    Damien Millet - Sophie Perchellet

    Damien Millet est porte-parole, Sophie Perchellet est vice-présidente du CADTM France (www.cadtm.org).

    [1] Voir Sophie Perchellet, Haïti : entre colonisation, dette et domination. Deux siècles de lutte pour la liberté, CADTM-PAPDA, 2010.

    [2] Voir Damien Millet, L’Afrique sans dette, CADTM-Syllepse, 2005.

    [3] Voir Eric Toussaint, Banque mondiale : le coup d’Etat permanent, CADTM-Syllepse-Cetim, 2006.

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  • Selon Tarcek El Aissami ( ministre vénézuélien de l'interieur) Victor Gonzales Sierra, suspecté d'être à la tête des "Aguilas Negras" (milice paramilitaire colombienne d'extrême droite), a été arrêté samedi 22 janvier par les forces de sécurités vénézueliennes à Zulia.


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  • La Tunisie et Cuba : le double standard médiatique et politique

    Cubainformación

    José Manzaneda, Coordinateur de Cubainformación.- La récente révolution qui a reversé le gouvernement de Tunisie nous sert pour analyser le double standard des grands médias en fonction du pays sur lequel ils informent.

    Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=n11Q...

    L’écrivain Santiago Alba Rico nous rappelle une étude sur les médias de 2005 qui comparait le traitement informatique sur la Tunisie et Cuba par les médias espagnols [1]. De janvier à juin de cette année, par exemple, le journal El Mundo dans son édition en ligne a publié 5162 articles sur Cuba, presque tous aux sujets de problématiques de la vie quotidienne du pays et remplis de condamnations sur l’action du gouvernement local, bien qu’aucun ne soit relié avec des conflits politiques et sociaux graves.

    Au contraire sur la Tunisie il publia seulement 658 articles, 8 fois moins que sur Cuba, et aucun sur ses problèmes sociaux et presque tous sur le championnat du monde de handball célébré cette année là. Le journal El País publia 618 articles sur Cuba, avec la même ligne pour souligner les problèmes et contradictions sociales, contre 199 sur la Tunisie, mais dans ce cas presque tous sur le tourisme et le championnat mondial de handball.

    Le journaliste Pascual Serrano nous rappelle que, tandis les journaux mentionnés continuent à remplir leurs écrits avec des termes péjoratifs contre Cuba, comme "dictature" ou "régime", en de rares occasions ils les ont appliqués dans leurs articles sur la Tunisie [2]. Leurs lecteurs au long de toutes ces années ont à peine lus les dénonciations sur les graves violations des droits humains dans ce pays africain. A l’inverse, ils sont saturés avec les apparitions des dénommés "dissidents" cubains, dont les accusations contre leur gouvernement, bien quelles ne sont pas accompagnées de preuves, sont systématiquement converties en informations.

    La docilité des médias avec l’ancien gouvernement de Tunisie est proportionnelle à la complicité qu’ils ont eu avec lui durant des décennies, et il en va de même avec d’autres facteurs de pouvoirs mondiaux.

    Le dernier rapport de la Banque Mondiale sur la Tunisie, par exemple, fait l’éloge du modèle économique du gouvernement déchu [3]. Un modèle qui finalement a conduit à une explosion sociale due au chômage, à la pauvreté et aux prix élevé des produits de consommation courante. Mais tandis que la Banque Mondiale a octroyé, durant des années, des prêts millionnaires à la Tunisie, elle n’a pas octroyé un seul prêt à Cuba. La raison, hormis le droit de véto qu’ont en pratique les États-Unis dans cette institution, est que l’île refuse d’appliquer les plans d’ajustements structurels néolibéraux que la Tunisie a suivis à la perfection. Malgré tout cela, sans prêts et sous blocus, Cuba améliore chaque année ses indicateurs de développement humain [4].

    Les gouvernements des grandes puissances condamnent année après année l’action du gouvernement et le système économique de Cuba, et font pression sans cesse pour le renverser. Malgré cela il n’y a pas apparition dans ce pays de symptômes graves de rupture sociale, et les problèmes économiques de l’île sont abordés publiquement dans des dizaines de milliers d’assemblées citoyennes, dans un exercice démocratique sur lequel les médias internationaux informent à peine [5].

    Les dénonciations de l’Union Européenne, par exemple, sur une supposée "répression" à Cuba rendent perplexes si on compare les actions de la police cubaine à celles qui ont lieu dans de nombreux endroits en Europe [6], ou si on contemple le silence européen, durant toutes ces années, devant les crimes de la police tunisienne. L’Union Européenne, par exemple, approuva en 1996 la dénommée "position commune sur Cuba", qui conditionne tout accord avec l’île à des mesures politiques et économpiques de tous types [7]. En 1998 cependant l’Union Européenne signa un accord d’association avec la Tunisie, sans aucun préalable à des changements internes [8].

    Ceci est le double standard des médias, puissances et institutions financières, dont les pressions et condamnations de certains gouvernements n’ont que peu à voir avec une supposée promotion de la démocratie et des droits humains, et beaucoup plus avec la docilité et la fermeté de ces gouvernements face aux intérêts économiques et politiques des grands facteurs de pouvoir mondiaux.

    Source : http://www.albatv.org/Tunez-y-Cuba-...

    Source française et traduction non précisée - NdR

    [1] 1 : http://www.gara.net/paperezkoa/2011...

    [2] 2 : http://www.rebelion.org/noticia.php...

    [3] 3 : http://web.worldbank.org/WBSITE/EXT...,,contentMDK:22513413 pagePK:64257043 piPK:437376 theSitePK:1074568,00.html

    [4] 4 : http://www.eleconomista.cubaweb.cu/...

    [5] 5 : http://spanish.china.org.cn/interna...

    [6] 6 : http://www.cubainformacion.tv/index...

    [7] 7 : http://www.rebelion.org/noticia.php...

    [8] 8 : http://www.eu2008.fr/PFUE/lang/es/a...

    URL de cet article 12573
    http://www.legrandsoir.info/La-Tunisie-et-Cuba-le-double-standard-mediatique-et-politique.html
     

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