• Les salaires sont passés de 5 à 150 pesos par semaine, mais la protection sociale reste lacunaire dans les entreprises autogérées.

    L’impératif actuel des syndicats et l’exemple d’autogestion à Bruckman

    Bruckman est une des nombreuses entreprises autogérées existant aujourd’hui en Argentine. Ce mouvement de réappropriation débuté dans les années 90 à pris de l’ampleur avec la succession des crises économiques.

    La défection des patrons sur-endettés a amené à la récupération, par les ouvriers, des moyens de production.

    Cependant, la lutte pour obtenir l’autorisation légale de reprendre le travail sans patron est un combat quotidien dont l’issue est hautement incertaine.

    En effet même si le gouvernement actuel qui est, selon Bruckman, en faveur de ces mouvements, la création d’îlots d’entreprises “anarcho-communistes” pourrait être vue comme une menace à l’orthodoxie capitaliste. Les ouvriers se sont retrouvés de nombreuses fois sous les attaques de la police voire de l’armée.

    Dans un pays économiquement et socialement dévasté par les réformes menées par Menem sous la tutelle du Fmi, ces poches de résistances catalysent les luttes. Car Bruckman comme toutes les autres entreprises récupérées (Zanon...) applique des règles de “management” qui sont à l’opposé du dogme actuel. Ici l’individu n’est pas compris comme faisant parti de la hiérarchie verticale et unilatérale (a quelque place que ce soit) mais comme un rouage indispensable d’une machine où aucun élément n’est plus important que l’autre. Ainsi personne ne choisit pour les autres, Tous travaillent ensemble afin de pouvoir vivre et travailler le plus librement possible.

    Récupérée en 2001 cette factura tomada (entreprise récupérée) fonctionne de manière à ce que chacun participe à la production en fonction de ses compétences. Elle suit le principe zapatiste : “commander en obéissant”.

    Ainsi chaque mois, les travailleurs se réunissent pour décider, à la majorité, du présent et de l’avenir de leur entreprise. Ces réunions sont souvent longues et très spécifiques mais sont la condition de l’égalité des travailleurs.

    Néanmoins les différences de connaissances et d’engagement militant empêche d’avoir une égalité totale entre les voix, certaines personnes en influençant d’autres.

    La non formation des travailleurs aux spécificités de l’entreprise ainsi qu’a la vision politique qu’elle implique sont à la base de ces différences. Toutes les sociétés “reprises” devrait donc donner une véritable éducation populaire et militante aux nouveaux arrivants. Lors de la récupération les travailleurs restés pour lutter ont du faire preuve de leur détermination à toute épreuve en enfreignant les lois, bravant la police et mettant leur vies en danger sans jamais être sûrs du résultat.

    Mais cette lutte à permis, à ceux qui se sont investis, de prendre un recul considérable sur leur condition et d’acquérir un esprit militant, une raison de vivre.

    Ainsi, qu’ils le veuillent ou non les travailleurs donnent leur vie à l’avancement d’une cause et d’une communauté, contrairement aux salariés du système capitaliste.

    Mais cette lutte sur le long terme se heurte paradoxalement à une précarité accrue pour les salariés comme pour l’entreprise.

    Tout d’abord l’entreprise (spécialisée dans la confection textile) doit faire face à la concurrence des entreprises capitalistes qui peuvent d’une part se permettre d’augmenter fortement la durée et l’intensité du travail et d’autre part de licencier plus facilement.

    En outre, malgré l’augmentation des salaires après la reprise par les ouvriers (passés de 5 à 150 pesos par semaine), le manque voire l’absence dans certains cas d’une véritable protection sociale est un problème majeur pour les salariés des entreprises autogérées.

    Ces nombreux problèmes se posent car Bruckman aspire à être garantie par l’Etat, seul à avoir les fonds nécessaires, puis gérée sous contrôle ouvrier.

    Un autre exemple plus connu est celui de l’entreprise Zanon, dans le sud de l’Argentine, où les travailleurs, après des années de luttes contre l’Etat et la police, ont réussi à atteindre une production stable et à garantir des revenus pour tous les employés. Ils ont ensuite voté pour construire un hôpital et des infrastructures sociales et communautaires pour le quartier pauvre de la Nueva Espana.

    Le rôle du patron étant devenu superficiel, (même dans le cas de l’innovation où ceux qui connaissent le mieux les machines sont finalement ceux qui les manient), son salaire ( en général le plus important quantitativement ) peut être redistribué entre les travailleurs.

    Le contrôle ouvrier devrait être la première revendication des syndicats, révolutionnaires et réformistes.

    Hadrien Basch

    http://www.legrandsoir.info/L-imperatif-actuel-des-syndicats-et-l-exemple-d-autogestion-a-Bruckman.html

    A voir Les Femmes De La Bruckman
     

    Un film réalisé par Isaac Isitan et co-produit avec Carole Poliquin.C’est dans le contexte de la crise économique terrible de 2001 que les employées de la firme Bruckman se sont retrouvés sans patrons et sans leur paye, les propriétaires ayant pris la fuite avec leur argent. Plutôt que de s’en aller chez elle et chômer, elles ont décidé de prendre charge de l’usine et de continuer à travailler. Elles sont devenues leurs propres patronnes. Mais avec l’amélioration de la sitution économique, les patrons ont voulu revenir et reprendre l’usine. Le film documente la lutte qui s’ensuit, sur une période de cinq ans. On a l’impression d’assister à un leçon d’auto-organisation tout à fait exemplaire, selon les principes défendues par la gauche anti-autoritaire.

    J’ai  aimé ce film, entre autre parce que le réalisateur n’a pas peur de parler des nombreuses contradictions et conflits internes qui sont inévitables dans de telles luttes.

     

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  • Yediot Ahranot: "Une base militaire iranienne au Venezuela avant 2011" 


      « L’Iran est sur le point d’installer une base militaire pour des missiles sol-sol au Venezuela », a souligné le quotidien israélien le Yediot Ahranot, qualifiant ce projet de « cauchemar pour les Etats-Unis, parce que la base en question sera dans l’arrière-cour de Washington.
     
    Les informations du Yediot ont été puisées du journal allemand « De Volt » qui a effectué un reportage journalistique complet sur le renforcement des relations entre Téhéran et Caracas, et entre les Présidents Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadinejad.
     
    Selon ces sources, l’accord signé le 19 octobre dernier entre les deux pays stipule l’installation d’une base militaire iranienne. Les Iraniens renforceront leur force de dissuasion contre les Etats-Unis en déployant des armes stratégiques à 2000 km de Washington, au moment où la distance qui sépare l’Iran des Etats-Unis est de 10000 km seulement.
     
         “Le Venezuela s’est engagé de permettre à des officiers iraniens, des experts en missiles, et des membres des gardiens de la Révolution Islamique de diriger la base militaire, en coordination avec des officiers vénézuéliens. D’après l’accord, la base militaire sera utilisée par l’Iran pour lancer des missiles balistiques, alors que le Venezuela pourra l’utiliser pour ses besoins nationaux, comme pour dissuader la Colombie », ajoute le quotidien israélien, qui précise que la construction de la base en question sera entamée avant 2011, et que des missiles de type Shehab-3 et Scud y seront déployés.

     
    Sur un autre plan, les Etats-Unis se demandent si les liens croissants de l'Iran avec le Venezuela, le Brésil et la Bolivie, pouvaient accroître la production d'uranium en Amérique latine, selon des câbles diplomatiques américains obtenus par Wikileaks et publiés mercredi.
      
    Washington s'est renseigné au moins depuis 2007 sur les possibilités d'une telle augmentation de production, notamment au Venezuela, un pays qui a intensifié ces dernières années ses relations avec l'Iran, selon le journal espagnol El Pais.
     
    Les diplomates de plusieurs ambassades des Etats-Unis en Amérique latine estiment, selon ces câbles, que "les rumeurs sur l'uranium ne doivent pas être dédaignées" dans ces pays sud-américains, notamment au Venezuela.
     
     Dans leurs câbles, les diplomates américains expliquent que les liens croissants entre le Venezuela et l'Iran sont fondés principalement sur des "raisons idéologiques", le président vénézuélien Hugo Chavez et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad ayant des "discours anti-américains".
     
    Cependant, les ambassadeurs expliquent que les réserves d'uranium n'ont pas encore été prouvées au Venezuela. Selon eux, le pays n'a par ailleurs pas de scientifiques avec lesquels mener un programme nucléaire.
    L'ambassade des Etats-Unis à Caracas a néanmoins informé de la présence de 57 techniciens iraniens "qui ont travaillé dans des organismes liés aux mines et à la géologie".
    Elle a également cité l'existence d'études géologiques menées avec l'aide de l'Iran et d'anciens rapports mentionnant la présence d'uranium dans plusieurs zones du pays.
     En Bolivie, un allié du Venezuela dans la région, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a évoqué la taille « disproportionnée" de la mission diplomatique iranienne à La Paz, possible symptôme de l'intérêt de Téhéran pour les "réserves d'uranium" boliviennes, selon un câble.

    http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb


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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
     

    Pendant cette semaine du 25 novembre au 1er décembre :

     

    • les FOI ont poursuivi leurs tirs sur les travailleurs, agriculteurs et pêcheurs palestiniens en zones frontalières à l’intérieur de la bande de Gaza :
      • 10 travailleurs, un agriculteur et un pêcheur palestiniens ont été blessés ;
    • un civil palestinien a été blessé par un tir israélien à al-‘Eissawiya, près de Jérusalem ;
    • les FOI ont continué d’utiliser la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
      • des dizaines de manifestants ont souffert de l’inhalation des lacrymogènes ;
    • les FOI ont conduit 35 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie, et 2 limitées dans la bande de Gaza :
      • elles ont arrêté 8 Palestiniens, dont un parlementaire du Conseil législatif palestinien, et ont convoqué 13 autres Palestiniens pour interrogatoire ;
    • Israël a maintenu son siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
      • les soldats de l’occupation sur les check-points en Cisjordanie ont arrêté 2 civils palestiniens ;
    • Israël a continué de prendre des mesures visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem :
      • les FOI ont démoli 2 maisons et une imprimerie à al-‘Essaywiya et dans la zone d’al-Tour ;
      • elles ont démoli 9 commerces à Hazma ;
      • elles ont approuvé la construction de 755 logements pour les colons israéliens à Jérusalem ;
    • les FOI ont continué leurs activités de colonisation de la Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens :
      • les FOI ont démoli une mosquée, une maison et 10 cabanons à Khirbat Yarza, dans le nord de la vallée du Jourdain ;
      • elles ont démoli une maison à Khirbat al-Deirat, au sud d’Hébron ;
      • elles ont ordonné la démolition de plusieurs maisons et propriétés civiles palestiniennes.

    (JPG)

    Les FOI ont démoli une mosquée à Khirbat Yarza, village à l’est de Tubas.


    Violations israéliennes recensées durant la période du 25 novembre au 1er décembre 2010

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 25 novembre

    Vers une heure du matin, les troupes d’occupation entrent dans Beit Ummar et Safa, au nord d’Hébron. Elles patrouillent et pénètrent dans un certain nombre de maisons, spécialement celles appartenant à des personnes actives dans la résistance contre la colonisation et le mur d’annexion. Elles arrêtent 4 Palestiniens, dont deux frères :

    1. Mousa ’Abdul Hamid Abu Maria, 32 ans, coordinateur du Comité national contre le mur d’annexion à Beit Ummar ;
    2. Saddam Kassab Abu Daya, 25 ans ;
    3. Yousef ’Abdul Hamid Abu Maria, 38 ans ; et
    4. Mo’ayad Hassan al-Tit, 20 ans.

    Les FOI confisquent également un ordinateur portable et certains biens personnels au premier de ces détenus. Le dimanche soir, 29 novembre, les FOI les relâchent après leur avoir fait jurer qu’ils ne s’approcheraient plus de la colonie Karmi Tsur, au sud de Beit Ummar.

    Également vers une heure, l’armée entre dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine, patrouille dans les rues avant de se retirer un peu plus tard.

    Vers 2 h, dans Za’tara, à l’est d’Hébron, où l’armée perquisitionne la maison de la famille d’Anas Mohammed Thwaib, 26 ans, et le convoque pour interrogatoire.

    Vers 7 h, les FOI pénètrent à 350 mètres dans la partie nord-est de Bedouin Village au nord de la bande de Gaza. Les bulldozers nivèlent les terres agricoles précédemment défoncées.

    Vers 10 h, les FOI entrent dans Ya’bad, au sud-ouest de Jénine, fouillent certaines maisons et convoquent 6 Palestiniens pour interrogatoire.

    Même heure, dans Shwaika, en périphérie de Tulkarem, où l’armée fouille 2 ateliers de mécanique voiture, sans arrestation.

    Vers 17 h, dans le quartier ouest de Tulkarem, où les FOI circulent dans les rues pendant quelques temps. Elles s’arrêtent près de l’école Ajnadin. Un soldat israélien frappe un enfant de 11 ans, Wa’ed Fat’hallah al-Hamshari, qui joue dans la cour. Les FOI confisquent également la bicyclette de l’enfant. L’armée se retire ensuite de la ville.

    Vers 21 h 50, dans Kharabtha al-Misbah, à l’ouest de Ramallah. Des enfants se regroupent et jettent des pierres sur les véhicules de l’occupant. Aussitôt, les soldats tirent sur les enfants, aucune victime n’a été signalée.

    Et vers 23 h, incursion dans Sa’ir, au nord-est d’Hébron, où l’armée fouille la maison de la famille d’As’ad Zaidan Jaradt, 18 ans, et l’arrête.

    Vendredi 26 novembre

    Vers 10 h, incursion de l’occupant dans Fahma, au sud-ouest de Jénine. L’armée patrouille dans les rues du village avant de se retirer. Au même moment, dans Ya’bad, au sud-ouest de la ville, même opération.

    Samedi 27 novembre

    9 h 10, du haut de leurs miradors situés à la frontière nord au nord-ouest de Beit Lahiya, les FOI ouvrent le feu sur des ouvriers en train de récupérer des matériaux de construction sur l’emplacement de l’ancienne colonie de Elli Sinaï. Shamekh Sa’id al-Debes, 16, ans, de Jabalya prend une balle dans la jambe gauche alors qu’il est à plus de 150 mètres de la frontière.

    12 h 30, même lieu mais en direction de la mer cette fois-ci : des pêcheurs étaient au travail à environ 350 mètres de rivage. Ahmed Mahmoud Jarbou’, 26 ans, du camp de réfugiés de Shatti est blessé.

    14 h, toujours à la frontière nord, coté est, les miradors qui surveillent l’ancienne zone industrielle de Beit Hanoun entrent en action. Khaled Ashraf Abu Sitta, 21 ans, de Beit Hanoun prend une balle dans la jambe gauche.

    Vers 23 h, les FOI entrent dans Beit Liqya, à l’ouest de Ramallah, patrouillent dans les rues. Des enfants se rassemblent pour jeter des pierres sur les véhicules de l’armée. Les soldats tirent sur eux, mais sans faire de victimes.

    Dimanche 28 novembre

    Vers 1 h 30, les FOI entrent dans ‘Anabta, à l’est de Tulkarem, patrouillent dans les rues quelques temps avant de se retirer. Idem vers 2 h, dans ‘Aaroura, au nord de Ramallah.

    Vers 2 h 30, incursion dans Jayyous, au nord-est de Qalqilya, où l’armée fouille un certain nombre de maisons et convoque 3 Palestiniens pour interrogatoire : Khaled Mulaq Shamasna, 36 ans, Taher Mohammed Jaber, 40 ans, et Sari Mohammed Baida, 22 ans.

    Vers 8 h 15, bande de Gaza, même lieu que le précédent, Mukhles Jawad al-Masri, 15 ans, de Beit Hanoun prend une balle dans la jambe gauche alors qu’il est à 250 mètres de la frontière.

    Vers 8 h 30, les FOI entrent dans Shwaika à nouveau, au nord de Tulkarem, patrouillent dans les rues et se retirent.

    9 h 15, miradors. Beit lahiya. Récupération de matériaux de construction à Elli Sinaï Mamdouh ’Aayesh al-Sous, 28 ans, de Beit Lahia prend une balle dans le pied gauche.

    9 h 30, miradors. Beit Hanoun. Ancienne zone industrielle : Mohammed Khalil al-Za’anin, 20 ans, de Beit Hanoun prend une balle dans la jambe gauche alors qu’il est à 100 mètres de la frontière.

    Vers 10 h, l’armée entre dans ‘Ejja, au sud de Jénine, patrouille dans les rues et se retire, sans arrestations. Même opération vers 10 h 10, dans Jainsafout, à l’est de Qalqilya ; vers 10 h 30, dans Sanour, au sud de Jénine ; vers 11 h 30, dans al-Rama, même secteur ; puis vers 13 h 30, dans Bidya, à l’ouest de Salfit et au même moment, dans Salfit même ; vers 17 h 50, dans Jeet, à l’est de Qalqilya ; vers 19 h 30, dans Bourqin, au sud-ouest de Jénine ; et vers 19 h 40, dans Nabi Elias, à l’est de Qalqilya.

    Lundi 29 novembre

    Vers minuit et demi, les FOI entrent dans Kufor al-Dik, à l’ouest de Salfit. Elles fouillent certaines maisons et convoquent 3 Palestiniens pour interrogatoire : Gharib ‘Abdul Rahman al-Dik, Nash’at ‘Abdul Rahman al-Dik et Shihab Karem al-Dik, tous trois de 20 ans.

    Incursion vers une heure, dans al-Khader, au sud de Bethléhem, où l’armée fouille la maison de Samer Jameel al-Balboul. Pas d’arrestations.

    Vers 1 h 25, dans Qalqilya, où l’armée patrouille dans les rues quelques temps avant de se retirer, sans arrestations ; même opération vers 9 h, dans Kufor Dan, à l’ouest de Jénine ; vers 11 h 15, dans Abu Da’if, à l’est de Jénine, et dans la zone d’al-Khalayel, près de Kufor ‘Abboush, au sud de Tulkarem ; et vers 14 h 15, dans Safarin, à l’est de Tulkarem.

    Vers 13 h, miradors - Beit Hanoun. Les FOI voient une cinquantaine de manifestants dont 7 pacifistes étrangers qui défilent à un environ 50 mètres de la frontière pour protester contre « la zone tampon » qui ceinture toute la frontière avec Israël. Pas de victimes.

    Mardi 30 novembre

    7 h 20, miradors - Beit Lahiya. Collecte de matériaux sur l’ancienne colonie de Elli Sinaï Isma’il Sa’ed Ghaben, 31 ans, de Beit Lahia prend une balle dans la jambe gauche alors qu’il est à 150 mètres de la frontière.

    8 h 20, même endroit : Ghassan Mas’oud Abu Riala, 21 ans, et Ameen Akram Abu Shawish, 22 ans, tous deux de al-Zaytoun banlieue de Gaza ville, prennent chacun une balle dans la jambe gauche.

    8 h 40, même lieu. Un 4ème ouvrier, Nader Mohammed al-Anqar, 21 ans, de Beit Lahia prend une balle dans la jambe gauche.

    10 h 40, miradors - Beit Lahiya. Bayan Farouq Tanboura, 26 ans, un agriculteur de Beit Lahiya, travaille sa terre à 400 mètres de la frontière. Il prend une balle dans la jambe gauche.

    Vers 22 h 30, l’armée entre dans Tulkarem. Elle fouille certaines maisons, dont un immeuble de 3 étages appartenant à la famille de ‘Alaa ‘Saleh Shahin, 38 ans, qui est interrogé. Pas d’arrestations.

    Mercredi 1er décembre

    Vers une heure, incursion dans Dura, au nord-ouest d’Hébron, où l’armée fouille la maison de Nayef Mahmoud al-Rajoub, 53 ans, député au Conseil législatif palestinien, sans qu’il lui soit permis de quitter ses vêtements de nuit. Il faut indiquer qu’al-Rajoub a été libéré des prisons israéliennes le 20 juin dernier.

    Vers 1 h 30, les FOI entrent dans ‘Arraba, au sud-ouest de Jénine, fouillent la maison de la famille de Mohammed ‘Abdul Latif Shibani, 35 ans, dirigeant du Jihad islamique.

    Un officier des renseignements israéliens l’interroge à propos de sa détention dans les services de sécurité palestiniens. L’officier veut discuter là aussi sur la situation politique actuelle. Les FOI passent ensuite à la maison de Tayseer Burhan Jaber, 48 ans, et le prennent pour qu’il les emmène chez son neveu, Samer Mo’in Jaber, 30 ans, autre dirigeant du Jihad islamique. L’armée investit la maison et interroge Samer. Puis l’armée se rend chez Ja’far Ibrahim ‘Izzidin, 39 ans, également dirigeant du Jihad islamique, et engage une discussion sur la situation politique.

    Vers 2 h, incursion dans al-Khader, au sud de Bethléhem, où l’armée fouille la maison de Same Jameel al-Balboul, mais pas d’arrestation.

    Vers 11 h 45, miradors - Beit Hanoun. Murad Bassam al-Souq, 19 ans, prend une balle dans la jambe droite.

    2 - Usage démesuré de la force contre les manifestations non violentes contre la colonisation et la construction du mur d’annexion

    Durant cette dernière semaine, les FOI ont continué d’utiliser la violence contre les manifestations organisées par les civils palestiniens, avec des internationaux et des Israéliens, pour protester contre la construction du mur et la colonisation en Cisjordanie. 9 Palestiniens, dont 2 mineurs, ont été blessés. Des dizaines de Palestiniens et d’internationaux ont inhalé les lacrymogènes. 5 militants internationaux et israéliens ont été arrêtés, ainsi qu’un mineur palestinien.

    Bil’in, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 26 novembre après la prière, les Palestiniens, des militants internationaux et israéliens se dirigent en manifestation, comme chaque semaine, vers le mur d’annexion qui traverse le village. L’armée postée sur le mur tire sur les manifestants à balles caouthchouc et lance des lacrymogènes et des bombes sonores. De nombreux manifestants souffrent de l’inhalation des lacrymogènes, et subissent les coups des soldats de l’occupation.

    Nil’in, à l’ouest de Ramallah : ce même vendredi, même manifestation hebdomadaire des Palestiniens, internationaux et Israéliens, contre le mur d’annexion. L’agression par l’armée a lieu près du mur. De nombreux manifestants subissent les lacrymogènes et la violence des soldats.

    Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : vendredi 26 également, la manifestation non violente hebdomadaire, organisée par les Palestiniens, avec des internationaux et des Israéliens est organisée pour s’opposer à la confiscation de terres palestiniennes dans la zone de Wad al-Raya, entre Nabi Saleh et Deir Nizam, au profit des colons israéliens de la colonie Halmish. Arrivant sur les terres confisquées, les manifestants subissent la même violence par l’armée d’occupation. Les FOI vont également pourchasser les manifestants à travers le village. Elles transforment la maison de Helmi Tamimi en site militaire. L’armée se retire du village vers 17 h.

    Al-Ma’sara, au sud de Bethléhem : le même jour, des Palestiniens et des internationaux organisent une manifestation non violente contre le mur, au nord et au nord-ouest du village. L’armée d’occupation a renforcé sa présence à l’entrée du village. Elle attaque les manifestants et lance des lacrymogènes et des bombes sonores sur les manifestants. 6 d’entre eux, dont un jeune de 15 ans, Mo’tassem Mos’ad Fawaghra, souffrent de l’inhalation des gaz.

    3 - Maintien du bouclage des TPO

    Israël maintien son bouclage serré des TPO et ses restrictions aux déplacements des civils palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

    Bande de Gaza

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International

    Date  :
     :
    Palestiniens sortant  :
     :
    Palestiniens entrant
    24 novembre  : 357  : 295
    25 novembre  : 371  : 1215, dont des pèlerins
    26 novembre  :
     : 882 pèlerins
    27 novembre  :
     : 557 pèlerins
    28 novembre  : 456 Palestiniens et
    35 membres du convoi de l’Espoir
     : 847, dont des pèlerins
    29 novembre  : 238  : 541
    30 novembre  : 239  : 878, dont des pèlerins

    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)

    Date  : Importations Qté  : Exportations Qté
    24 novembre  : denrées alimentaires 1183 tonnes  :


     : matériel agricole 190 tonnes  :


     : denrées diverses 1419 tonnes  :


     : gaz domestique 90,64 tonnes  :


     : fioul industriel 353 499 litres  :


     : diesel 36 500 litres  :


     : aide humanitaire 321 tonnes  :


     :

     :

    25 novembre  : denrées alimentaires 1105 tonnes  :


     : matériel agricole 398 tonnes  :


     : denrées diverses 1390 tonnes  :


     : gaz domestique 91,36 tonnes  :


     : fioul industriel 314 968 litres  :


     : diesel 36 500 litres  :


     : aide humanitaire 1231 tonnes  :


     :

     :

    28 novembre  : denrées alimentaires 986 tonnes  :


     : matériel agricole 307 tonnes  :


     : denrées diverses 1220 tonnes  :


     : gaz domestique 90,63 tonnes  :


     : fioul industriel 310 982 litres  :


     : aide humanitaire 162 tonnes  :


     :

     :

    29 novembre  : denrées alimentaires 905 tonnes  :


     : matériel agricole 152 tonnes  :


     : denrées diverses 1718 tonnes  :


     : gaz domestique 90,75 tonnes  :


     : fioul industriel
     :


     : aide humanitaire 346 tonnes  :


     :

     :

    À noter : le dimanche 28, les FOI ont autorisé l’exportation de 204 tonnes de fraises et de 25 000 fleurs. Al-Mentar (Karni)

    Le 24 novembre, les FOI autorisent l’entrée de 3780 tonnes de matériaux de construction pour l’UNRWA et 10 890 tonnes pour la compagnie Mas’oud ’Ali.

    Le 29, entrée de 1677 tonnes de céréales et 3616 tonnes de nourriture animale.

    Beit Hanoun (Erez)

    Population  : 24 nov. - 25 nov. - 26 nov. - 27 nov. - 28 nov. - 29 nov. - 30 nov.
    Patients  : 28 23 3 0 29 45 32
    Accompagnateurs  : 28 22 3 0 29 48 31
    Palestiniens venant d’Israël  : 12 4 11 0 24 18 2
    Diplomates  : 11 16 0 0 0 10 5
    Presse  : 7 4 7 0 2 2 1
    Internationaux  : 39 75 8 0 12 29 34
    Gazaouis  : 0 0 0 0 0 0 2
    Hommes d’affaires  : 56 56 0 0 10 42 22
    Réunions  : 1 4 0 0 1 1 2
    Ambulances vers Israël  : 1 2 1 0 1 2 1
    Ambulances venant d’Israël  : 2 0 1 0 3 1 3


    Cisjordanie

    Jérusalem : les FOI maintiennent leurs restrictions aux déplacements des Palestiniens pour entrer et sortir de la ville. Des milliers d’entre eux, de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ne peuvent entrer dans Jérusalem. Les restrictions sont souvent accrues les vendredis, jours de prière, empêchant davantage de Palestiniens d’aller prier à la mosquée al-Aqsa, dans la vieille ville.

    Bethléhem : l’armée maintient sa présence sur les 41 check-points qui entourent la ville. Celle-ci subit aussi les conséquences de la construction du mur d’annexion, au nord et à l’ouest, de vastes terres palestiniennes étant maintenant coupées de la cité. Sur le check-point 300 (Tombe de Rachel), au nord de Bethléhem, les soldats limitent toujours le passage des Palestiniens qui veulent se rendre à Jérusalem. Les Palestiniens doivent attendre sur deux colonnes de chaque côté de la route à l’extérieur du check-point où ils seront contrôlés par des soldats qui utilisent des machines électroniques. Les contrôles sont souvent très longs et humiliants.

    Ramallah : sur les check-points de Jaba’ et Qalandya, au sud-est de la ville, des restrictions accrues sont toujours imposées aux passages des Palestiniens. Des check-points volants sont posés régulièrement sur les différentes routes de la région. Vers 16 h 30, le jeudi 25 novembre, les FOI posent un check-point à l’entrée de Silwad, au nord-est. Vers 23 h, le même jour, l’armée reprend position au check-point d’’Attara, à l’entrée nord de Bir Zeit, au nord de Ramallah. Vers 21 h, le samedi 26, elles posent un barrage au pont de Deir Dibwan, au nord-est, et vers 20 h, le dimanche 27, au carrefour de Kharabtha al-Misbah, à l’ouest de Ramallah.

    Qalqilya : le vendredi 26 novembre, l’armée pose 5 check-points autour de la ville. Le samedi 27, 4 ; et le dimanche 26, 3 check-points.

    Tulkarem : vers 14 h, le jeudi 25 novembre, les FOI ferment le check-point d’Ennab, à l’est de Tulkarem, pendant plusieurs heures. Vers 16 h, le vendredi 26, les soldats postés à ce check-point d’Ennab, imposent des limites plus sévères au passage des Palestiniens. En même temps, l’armée pose un check-point près du carrefour de Kufor Sour, sur la route Tulkarem/Qalqilya, au sud de Tulkarem. Vers 20 h 30, le samedi 28, nouveau check-point volant au carrefour de Far’oun, sur la même route. Le dimanche 28, vers 9 h, idem à l’entrée d’al-Jaroushiya, au nord. ET vers 9 h 30, le lundi 29, autre check-point au carrefour de Beit Leed, sur la route Naplouse/Tulkarem.

    Naplouse : le lundi 29 novembre, vers 10 h 30, l’armée pose un check-point près du carrefour de Deir Sharaf, sur la route Naplouse/Tulkarem, à l’ouest de Naplouse.

    Jénine : le jeudi 25 novembre, vers 19 h 30, les FOI ferment le check-point à l’est de Barta’a, village qui se trouve isolé par le mur d’annexion, à l’ouest de Jénine, pendant plusieurs heures, prétendant y avoir trouvé des explosifs. Vers midi, le dimanche 28, nouveau check-point à l’entrée de Jaba’, au sud de Jénine, et un autre à l’entrée d’’Anza, au sud.

    Salfit : les FOI maintiennent la fermeture de l’entrée nord de Salfit, avec des blocs de béton et des tas de sable. De même que la fermeture des deux routes qui relient Marda à des terres agricoles du village. Vers 23 h, le vendredi 26, l’armée pose un nouveau check-point à l’entrée de Deir Estia, au nord-ouest.

    Jéricho : vers 6 h le vendredi 26, nouveau check-point à l’entrée d’’Ein al-Dyouk, au nord de la ville.

    Arrestations sur les check-points militaires

    Les soldats ont arrêté Ma’rouf Mahmoud al-Rammal, 20 ans, sur le check-point d’Ertah, près de Tulkarem.

    Le mardi soir, 30 novembre, les soldats israéliens postés sur le check-point de Za’tara, au sud de Naplouse, arrêtent Nour al-Din Hafez Sawafta, 30 ans, de Tubas.

    4 - Mesures visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem

    Israël a récemment intensifié ses mesures arbitraires contre les Palestiniens de Jérusalem-Est pour les contraindre à partir de la ville. Le PCHR consacre cette section de son rapport hebdomadaire aux violations flagrantes des droits humains perpétrées par les FOI contre les Palestiniens de Jérusalem-Est.

    Le jeudi 25 novembre, le matin, la municipalité israélienne de Jérusalem lance une opération contre les magasins dans Hazma, près de Jérusalem. Les FOI démolissent 9 commerces prétendant que leurs propriétaires n’ont pas de licences.

    D’après l’enquête du PCHR, il est environ 1 h 30 ce jeudi, les FOI entrent dans Hazma, démolissent 9 commerces après avoir confisqué tout ce qu’il y avait à l’intérieur :

    1 - un commerce de briques appartenant à Mohammed ‘Abdul Rahman ‘Abdul Rahim ;
    2 - une pépinière, à Malek ‘Abdul Karim ;
    3 - une pépinière, à ‘Azmi al-Khatib et Samed Sabi ;
    4 - une pépinière, à Nader Salem et Hassan ‘Abdul Latif ;
    5 - un commerce de briques, à Mohammed Tafatfa ;
    6 - un magasin de meubles, à Riad ‘Othman ;
    7 - une pépinière et un commerce de briques, à ‘Afif Suleiman ;
    8 - une pépinière et un commerce de briques, à Jamal Salem ; et
    9 - une pépinière, à Mohammed Saladin.

    Les dommages sont estimés à plus de 1,5 million NIS (Nouveau shekel israélien, plus de 312 000 €).

    Le mardi 30 novembre, vers 8 h, les FOI entrent dans al-‘Eissawiya, près de Jérusalem. Elles démolissent une maison en construction de 120 m², prétendant qu’elle se construit sans le permis israélien. Selon Mtair, il n’a reçu aucun avis de démolition, et le problème du permis avait déjà été considéré par un tribunal israélien.

    Les FOI ont démoli ensuite une structure de 30 m² appartenant à Mohammed Robin ‘Olayan, 28 ans, qui en avait fait une imprimerie.

    Durant cette opération, les soldats de l’occupation attaquent des civils palestiniens qui se sont rassemblés sur le quartier. Les soldats lancent des lacrymogènes et tirent des balles d’acier enrobées de caoutchouc sur les civils. Ghassan ‘Olayan, 35 ans, est touché par une balle qui lui fracture le crâne et le nez. Les soldats rouent de coups également un certain nombre de civils. Robin ‘Olayan souffre de contusions sur tout le corps. De plus, 5 femmes souffrent de l’inhalation des lacrymogènes.

    Le mercredi 24 novembre, vers 8 h, l’armée entre dans le quartier al-Tour, à Jérusalem. Elle démolit la maison d’’Aziz Zablah, qui aurait été construite sans le permis israélien. 7 personnes, dont 4 mineurs, sont maintenant sans abri.

    Durant cette semaine, le comité d’organisation de la municipalité de Jérusalem approuve la construction de 130 logements dans la colonie Gilo et dans le village de Beit Safafa. Le comité a donné son accord pour transformer la zone, qui était destinée à la construction d’hôtels, en zone résidentielle.

    Le mercredi 1er décembre, le comité de district israélien de l’Organisation et de la Construction approuve la construction de 625 logements dans la colonie Pisgat Ze’ev, au nord-est de Jérusalem. Il faut indiquer que les autorités israéliennes d’occupation ont commencé la construction de 1 300 autres logements dans les colonies israéliennes de Jérusalem, et de 1 000 autres dans le reste de la Cisjordanie, depuis la fin du gel temporaire de la colonisation, le 25 septembre dernier.

    5 - Colonisation et agressions par les colons israéliens contre les civils palestiniens et leurs propriétés

    La colonisation se poursuit en violation du droit international.

    Le jeudi 25 novembre, vers 6 h 30, les FOI, accompagnées de 3 bulldozers, entrent dans Kherbat Yazra, à l’est de Tubas, dans le nord de la vallée du Jourdain. Elles ferment les entrées du village. Vers 7 h, elles démolissent une mosquée de 100 m² et une arrière-salle de 20 m². Aussitôt après, elles démolissent une maison de 50 m² appartenant à Fayez Hamed Daraghma, dans laquelle vivaient 15 personnes, dont 8 mineurs. Puis, elles démolissent encore 10 cabanons en tôle, utilisées comme réserves ou basses-cours :

    1 - un cabanon de 120 m² appartenant à Na’im Hafez Masa’id ;
    2 - un cabanon de 60 m², à Hafez Na’im Masa’id ;
    3 - un cabanon de 80 m², à Mithqal Fayez DAraghma ;
    4 - un cabanon de 80 m², à Fawzi Mahmoud Daraghma ;
    5 - un cabanon de 80 m², à Hassan Khaled Daraghma ;
    6 - un cabanon de 75 m², à Mohammed Mahmoud Darghma ;
    7 - un cabanon de 50 m², à Mahmoud Fawzi Daraghma ;
    8 - un cabanon de 80 m², à Sami Khaled Daraghma ;
    9 - un cabanon de 70 m², à ‘Omair Khaled Daraghma ; et
    10 - un cabanon de 50 m², à Khaled Mohammed Masa’id.

    Ce même jour, vers 7 h, avec deux bulldozers, les FOI entrent dans la zone de Dairat, à l’est de Yatta, au sud d’Hébron. Elles mettent le siège devant une maison de 250 m², appartenant à Eyad et Mohammed Musleh al-‘Omour, dans laquelle vivent 25 personnes. L’armée force les gens à sortir et démolit la maison au prétexte qu’elle aurait été construite sans le permis israélien. Selon les deux frères, ils ont fait la demande de permis, mais les FOI ont refusé de reporter la démolition.

    Toujours le jeudi 25, les FOI remettent deux avis à Mousa Taha et à Hussein Shamsna, de Qatna, au nord-ouest de Jérusalem, leur ordonnant de démolir leurs élevages.

    Le lundi 29, les FOI entrent dans al-Ma’sara, au sud de Bethléhem. Elles remettent des avis à Mahmoud Ahmed Zawahra et à ‘Awadh Hassan Zawahra, leur ordonnant de démolir leurs maisons, respectivement de 200 et 230 m². Les FOI ordonnent aussi la démolion de la mosquée Ibrahim al-Khalil, d’ici le 23 décembre prochain.


    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

     
     

    Rapport hebdomadaire pour la période du 11 au 24 novembre 2010 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP

     

     


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  • LES CONSPIRATEURS



    « Conspirer » nous dit le petit Larousse c’est « s’entendre à plusieurs, se mettre d’accord pour renverser un dirigeant, un régime politique… ». En d’autres mots c’est se mettre d’accord à plusieurs pour modifier un ordre établi que ce soit en s’infiltrant pour en contrôler les principaux leviers ou encore en éliminant physiquement les irritants. C’est une prise de contrôle irrégulière du pouvoir d’un État ou de dirigeants.

    Dans un contexte où la démocratie représentative est de rigueur et que le néo-libéralisme est le système à travers lequel s’articulent les relations économiques des individus, des corporations et de l’État, le terrain est fertile pour la constitution de groupes pouvant contrôler tout. Ceux qui en arrivent à contrôler les partis politiques deviennent en position de pouvoir pour contrôler les divers leviers de l’État, laissant ainsi libre cours aux intérêts corporatifs des monopoles auxquelles ils appartiennent. La démocratie se résume à l’acte de voter une fois tous les quatre ans et la liberté de la grande majorité se ramène aux espaces qu’on voudra bien lui concéder dans les médias et dans les réseaux commerciaux qui sont entièrement sous leur contrôle.

    Au Québec nous atteignons un sommet dans la prise de conscience de cette présence très active de conspirateurs qui se sont glissés aux plus hauts niveaux des pouvoirs politiques, économiques et peut-être même judiciaire. Dans un excellent article que nous livre Richard LE HIR en relation au livre récent d’André Cédilot et d’André Noël au titre très évocateur MAFIA INC, grandeur et misère du clan sicilien au Québec, nous apprenons les rouages de la manipulation, de la corruption et de l’infiltration. Si dans cet ouvrage il est surtout question de la MAFIA associée au clan sicilien, n’allons pas croire qu’ils soient les seuls. Toutes ces révélations et celles à venir nous sortent de cette belle illusion d’une démocratie entièrement à notre service et de cette idée que nous en sommes les maîtres comme peuple.

    Pendant qu’au Québec nous vivons la grande désillusion, à Washington, le 17 novembre dernier, se réunissaient des représentants de l’extrême droite gouvernementale avec des représentants d’oligarchies nationales latino-américaines. L’objectif de la rencontre se résumait à ceci : « comment mettre un terme aux pays émergents réunis dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)? Comment se débarrasser du Président Chavez dont l’influence sur l’ensemble du Continent est immense? Comment miner cette nouvelle alliance (Alba) qui s’interpose comme alternative au Traité de libre échange des Amériques? En plein jour et sous les aires de la plus grande normalité ces personnes complotaient pour reprendre le contrôle de ces pays par des moyens autres que ceux gérés par les lois constitutionnelles de ces pays. Pas surprenant que les institutions de ce grand pays longtemps célébré pour sa démocratie exemplaire en soit devenue une caricature. Dans un excellent dossier que nous propose le site Voltaire on ne peut que constater que ces grandes institutions n’appartiennent plus à la démocratie, au peuple, mais aux lobbyistes et à ceux que ces derniers représentent. L’argent finit par tout acheter, sauf certaines consciences, qui en paieront souvent le prix par le sacrifice de leur vie.

    Dans ce contexte, les révélations récentes que nous retrouvons dans l’ouvrage « Les Assassins économiques », de John Perkins, sont fort éloquentes. Une vidéo, animée par l’auteur, nous en fait un résumé. J’invite les lecteurs et lectrices qui ne l’auraient pas encore visionnée de le faire en se dirigeant à l’adresse suivante :

    J’avais déjà écrit un petit article sur ce sujet.

    Maintenant que nous savons, nous ne pouvons plus faire semblant que nous ne savons pas. Lorsque ces gens nous parlent de liberté, nous saurons que c’est de la leur et lorsqu’ils parlent de se serrer la ceinture nous saurons qu’ils parlent de la nôtre. Nous savons de plus qu’il ne suffit plus d’avoir lu dans le journal ou encore d’avoir entendu à la télévision ou à la radio telle ou telle chose pour que ce soit vérité d’évangile. La majorité des grands médias sont des machines bien huilées pour gérer les connaissances et les comportements de manière à les mouler aux intérêts de ces « conspirateurs » à cravate et au large sourire humanitaire.


    Oscar Fortin Ici

    Québec, le 28 novembre 2010 


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  • Mexique : Le deuxième suicide de Digna Ochoa

    Le 19 octobre 2001, la jeune avocate mexicaine Digna Ochoa y Plácido, employée par une organisation spécialisée dans la défense des droits humains, était retrouvée morte à son domicile de la capitale du pays. Une balle dans la cuisse, et une autre dans la tête, entrée par la tempe gauche (alors que Digna était droitière).

    Un suicide, concluaient aussitôt les autorités judiciaires de la ville Mexico. Digna avait déjà subi, en une douzaine d’années, deux enlèvements, avec sévices sexuels et menaces de mort

    Elle avait notamment dénoncé des officiers de l’armée comme auteurs de la première agression. Pendant un temps, elle était allée trouver refuge aux Etats-Unis, avant de rentrer au pays, pressée par l’ampleur de la tâche.

    Au moment de sa mort, elle défendait des paysans écologistes de la Sierra de Petatlán, dans l’état du Guerrero, emprisonnés pour s’être opposés à la déforestation opérée par un gros propriétaire local. Ce cacique, membre du PRI (Parti de la Révolution Institutionnelle, au pouvoir depuis la fin des années 1920) finançait sa politique de modernisation agricole par la culture de marihuana et de pavot, et bénéficiait d’une complicité qui n’étonnerait que des gens peu avertis de la réalité mexicaine, à savoir celle d’officiers de la neuvième région militaire.

    La chronique de cet assassinat annoncé a fait un temps les gros titres des journaux locaux, suscitant indignation et colère parmi les défenseurs des droits humains, au sein des organisations populaires et de la gauche non officielle.

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    En dépit de nombreux témoignages et accusations portées contre eux, ni le cacique de Petatlán (aujourd’hui sous les verrous), ni les autorités militaires n’avaient été entendus par la « justice ».

    Le 27 octobre 2010, le Procureur Général1 du District Fédéral (PGJDF) a annoncé sa décision de classer définitivement l’affaire : Digna Ochoa s’est donc officiellement suicidée.

    Dans le cadre de la deuxième visite de la CCIODH au Chiapas et à México, nous avions rencontré Digna Ochoa. C’était deux ans avant sa mort. Malgré les menaces dont elle faisait l’objet, cette femme souriante, tranquille, déterminée, nous avait fortement impressionnés par le mélange de compétence et d’enthousiasme dont elle faisait preuve.

    Ce « carpetazo », l’enterrement du dossier, ne changera rien à la vérité. Mais ce qui est inquiétant, c’est que les menaces de mort, les enlèvements et les assassinats continuent d’être la règle au Mexique. Ces menaces visent toute personne, tout collectif cherchant à dénoncer ou à s’opposer de façon un tant soit peu conséquente aux pouvoirs en place.

    Notamment à la série de crimes et turpitudes accompagnant la guerre actuelle contre la paysannerie et les communautés indigènes. Un « conflit de basse intensité » visant à livrer les campagnes du pays à l’ « agro-business » et au développement industriel (monocultures d’exportation -pavot compris, méga-projets énergétiques, appropriation de la bio-diversité, mines à ciel ouvert, extraction ... d’une main d’oeuvre taillable et corvéable, disponible et parquée dans de gigantesques et concentrationnaires cités-dortoirs).

    Voici quelques jours, alors qu’elle sortait d’une réunion avec le représentant au Mexique du commissaire aux droits humains de l’ONU, Margarita Martínez Martínez a été enlevée à bord d’un gros 4/4, emmenée et « promenée » dans un cimetière à San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas.

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    Membre de l’association « Enlace y Comunicación », Margarita avait déjà fait l’objet d’une séquestration avec menaces de mort, le 25 février dernier. Suite à l’intervention de la Commission Interaméricaine des Droits Humains, elle bénéficie d’une protection policière. Or, curieusement, le policier chargé de l’escorter s’est absenté au moment de l’enlèvement. En la relâchant, les individus ont remis à Margarita un message à l’intention de Diego Cadenas, coordinateur de l’ONG FrayBa, qui travaille avec les communautés zapatistes : lui aussi « déstabilise » l’état. Lui aussi se fera descendre.

    Le gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, appartient au PRD (parti de la révolution démocratique, adhérent, comme le PRI, de l’internationale socialiste). Le chef du gouvernement du Distrito Federal est lui aussi membre du PRD. Nous voilà totalement rassurés.

    Jean-Pierre Petit-Gras

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