• QUI EST STRAUSS-KAHN ?

    L’actualité abonde de sujets. Les acteurs politiques et les évènements défilent. Un clou chasse l’autre, comme dit le proverbe. On oublie vite. Et les médias en tous genres en font chaque jour l’illustration. Or, depuis quelques temps, ces médias nous abreuvent d’articles et de sondages de nature à nous convaincre que Dominique Strauss-Kahn, s’il est candidat aux présidentielles, a toutes les chances de battre Sarkozy. Sans jamais nous rappeler ce qu’il a fait quand il était ministre de Jospin et ce qu’il fait à la tête du FMI. Bien entendu.

    Qui sont ces médias ? Pour l’essentiel, les grands hebdomadaires de droite (L’Express, Le Point, Paris-Match, le Journal du Dimanche) et de la gauche libérale (Le Nouvel Observateur) et des quotidiens de droite comme Le Figaro ou La Tribune. Les sondages qui nous désignent déjà le prochain président sont commandés par des journaux de droite.

    Il semble que les patrons de ces organes de presse (Lagardère, Dassault, ’), déçus par l’actuel occupant de l’Elysée, préfèrent quelqu’un qui leur épargnera, espèrent-ils, grèves et manifestations. D’où la nécessité de nous présenter un candidat de la gauche dite moderne, dite réaliste, dite responsable.

    Il me semble donc important de rappeler qui est celui qu’on invite avec tant d’insistance à soutenir, avant même que le PS ait choisi son candidat. Sans doute pour que ce choix soit celui du patronat. Pour ce faire, cinq sources utiles : le numéro du 24 avril 2010 de l’hebdomadaire Marianne avec un dossier intitulé « DSK mis à nu », l’article de Jean-Jacques Chavigné consacré au FMI de DSK dans le numéro 176 de juin-juillet-août du mensuel Démocratie et Socialisme, l’organe du courant du même nom au sein du PS, le livre de Vincent Giret et Véronique Le Billon, Les Vices cachés de DSK (Seuil, 2000), quelques chroniques que j’ai publiées en son temps dans un hebdomadaire belge ou sur ce blogue et, enfin et surtout, l’excellent dossier de François Ruffin paru dans le numéro 47 (automne 2010) de Fakir (encore en vente actuellement ’ contact@fakirpresse.info).

    Il me paraît indispensable de rappeler les choix qui furent ceux de Strauss-Kahn quand il était ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie de Jospin :

    - la privatisation des banques publiques : le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier de France, le Groupe Caisse d’Epargne. Après le passage de Strauss-Kahn, il n’y a plus de secteur financier public. les autres privatisations. Sous l’impulsion de Strauss-Kahn, le gouvernement Jospin a davantage privatisé que les gouvernements de droite présidés par Balladur et Juppé : Airbus, France Télécom, Thomson-CSF, Thomson Multimedia, Air France,

    - la libéralisation du secteur de l’énergie : Strauss-Kahn, qui défend les négociations de l’OMC, soutient l’adhésion du gouvernement Jospin aux propositions européennes (Barcelone) qui vont permettre ensuite à la droite de privatiser EDF-GDF.

    - c’est lui qui met en place le régime des stocks options avec plusieurs mesures favorables à cette manière de rémunérer les hauts-dirigeants d’entreprises

    - c’est lui qui lance l’idée de fonds de pension « à la française »

    - c’est lui qui pousse Jospin à renier les engagements pris par le PS devant les électeurs, en 1997 : défendre et renforcer les services publics, défendre Renault-Vilvoorde, poser quatre conditions pour le passage à l’euro.

    C’est Strauss-Kahn qui, en 1999, a proposé Pascal Lamy pour que celui-ci devienne le Commissaire européen au commerce international (avant de devenir, ensuite, directeur général de l’OMC).

    En 2003, Strauss-Kahn déclare à Tribune Juive qu’il se lève chaque matin « en se demandant comment il pourra être utile à Israël. » En 1991, il avait déclaré : ’Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël.’ (Passage)

    En 2005, Strauss-Kahn fait campagne pour le « oui » au TCE.

    Le directeur général du FMI est fidèle à l’ancien ministre de Jospin. Sous son impulsion, le FMI instrumentalise la dette publique des pays du Nord comme du Sud.

    Sous la pression du monde des affaires et de la finance, les gouvernements ont décidé de ne plus permettre aux pouvoirs publics d’emprunter auprès d’organes publics de crédit, à des taux nettement avantageux. En Europe, c’est devenu la règle depuis le traité de Maastricht. Les Etats sont tenus d’emprunter auprès des banques privées. C’est la principale cause de leur endettement, vu les taux pratiqués.

    La seconde cause d’endettement, c’est le renflouement des banquiers et des spéculaterurs suite à la crise de 2008.

    Pour combattre la dette, on ne pose pas de questions sur les causes de celle-ci. On affirme que le seul remède, ce sont des réformes dites « structurelles ». Le FMI de Strauss-Kahn poursuit ainsi 4 objectifs :

    diminuer les salaires des fonctionnaires, remplacer les retraites par répartition par un recours aux assurances privées, réduire les investissements dans la santé, l’éducation, la culture vendre les services publics aux firmes transnationales flexibiliser le marché du travail en démantelant le droit du travail, en favorisant les délocalisations et en rendant les licenciements plus faciles augmenter les profits des firmes privées en multipliant les exonérations de cotisations sociales ou d’impôts et en gelant ou en réduisant les salaires.

    Ce sont ces politiques que le FMI de Strauss-Kahn impose aux pays du Sud. Avec la complicité de la Commission européenne, il fait de même avec les Etats de l’Union européenne.

    Nul ne s’étonnera dès lors qu’il ait très officiellement exprimé son soutien aux « réformes » entamées par Sarkozy.

    « On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans , » déclarait Strauss-Kahn au journal Le Figaro, le 20 mai 2010.

    Quelle différence entre Sarkozy et Strauss-Kahn ? Celle qu’on peut trouver entre un Sarkobrun et un Sarkorose. C’est toujours du Sarko.

    Il me semble urgent que, dès à présent, les partis à la gauche du PS fassent savoir qu’en tout état de cause, il leur sera impossible de soutenir Strauss-Kahn en 2012. Il ne suffit pas de changer une personne. Il faut changer de politique. Cela va sans dire, me dira-t-on. Mais cela va encore mieux en le disant.

    Raoul Marc Jennar.

    http://www.jennar.fr/index.php/qui-...

    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/QUI-EST-STRAUSS-KAHN.html

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  • Presque toutes les chansons de RENE BINAME plus quelques vidéos.

     
     

    Pouquoi pas toutes les chansons ?

    Les reprises ne sont pas disponibles. En effet, pour diffuser un morceau, il faut l'autorisation de son auteur, sauf si la chanson est dans le domaine public (traditionnel, auteur inconnu ou mort depuis plus de x années). Jusque là, ça semble logique.

    Le problème est que la plupart des auteurs sont inscrits à une société du genre Sabam ou Sacem à qui ils déléguent la gestion de leur droit d'auteur. Tout se réduit alors à une question de sous. Tu diffuses... tu payes... Quand nous pressons un CD avec des reprises, nous payons... pas parce que nous adhérons à la logique du droit d'auteur mais pour qu'on nous foute la paix. Exactement comme quand nous payons un loyer non par respect de la propriété mais sous la pression de la machine juridico-répressive omniprésente...

    Ici, nous avons choisi de ne mettre que nos morceaux... Ceux dont nous faisons ce que nous voulons, sans avoir à demander (payer) la moindre autorisation à quiconque.

    Pour que les choses soient encore plus claires, je vais tenter ici d'exposer tout le mal que nous pensons du droit d'auteur.

    d'autres textes sur le sujet ici (un article du monde)
    et ici (nos aventures avec Multimania)


    Depuis que le groupe existe, nous avons réussi à échapper aux pires des pirates de la musique : les sociétés d'auteurs, les labels, les éditeurs... Parfois inconsciemment il faut bien le dire, mais rétrospectivement, nous sommes bien contents d'avoir un jour manqué de motivation à remplir les papiers d'inscription à la Sabam. Il faut dire qu'à l'époque, nous avions pris le temps de nous taper la lecture intégrale des statuts de ladite société des auteurs... personne ne devrait signer une session de la gestion de ses droits d'auteurs sans lire tout ce à quoi ça l'engage... et personne ne devrait signer après l'avoir lu.

    Depuis toujours, nous avons essayé de diffuser nos morceaux le plus largement possible, en vendant nos CDs le moins cher possible, en jouant le plus possible dans des endroits, pour des gens voyant dans les concerts autre chose qu'une activité commerciale.

    Nous ne voyons donc aucun inconvénient à ce que vous dupliquiez nos disques vous-même. Au contraire, allez y franchement. (mais faites attention aux chansons dont nous ne sommes pas les auteurs... elles ne vous exploseront pas dans les mains, elle n'endommageront ni votre graveur, ni votre lecteur, mais leur duplication est illégale, vous voilà prévenus).

    Bien sûr, vous n'aurez pas alors les superbes livrets que l'on s'échine à vous mitonnez, mais vous aurez le bon grain (cherchez bien , il y a dans cette phrase un étonnant jeu de mot d'inspiration biblique). Et encore plus bien sûr, n'allez pas faire à notre place du buziness avec notre musique. Vous avez notre bénédiction pour faire ce que vous voulez de nos chansons (duplication, diffusion, gravure, copie sur cassette, radio-diffusion, reprises et autres joyeusetés) à condition que cela soit exempt de toute arrière-pensée commerciale.

    L'industrie du disque craint la musique gratuite, ai-je lu dans un magazine informatique.

    Vrai... elle craint effectivement non seulement le piratage de ses cataloques et le manque à gagner qui va avec, mais elle craint aussi la diffusion, totalement légale et tout aussi rogneuse de chiffre d'affaires si elle se répandait, de musique par leur propres auteurs, en dehors des structures de facturation.

    Faux... elle ne les craint pas, elle met tout en oeuvre à tous les niveaux pour éviter de perdre ses sources de revenus... bourrage de crânes anti-piratage, sites de vente sécurisée, chasse aux pirates. Quand le téléchargement de musique sera une réalité, il est fort à craindre qu'il soit limité à des échantillons promo et réservé aux détenteurs de carte de crédit.

    Le droit d'auteur est le salaire de l'auteur, nous dit la Sabam.

    Peut-être, mais c'est surtout le salaire d'une nuée d'intermédiaires pour qui l'auteur n'est que le premier maillon, celui qui extrait la matière première, le mineur de fond de la chanson. Si la chaîne de la diffusion des disques est relativement connue, celle de l'exploitation des droits d'auteurs est plus discrète. Le rôle des labels, des distributeurs, des grossistes et des disquaires est plus visible que celui des éditeurs par exemple.

    De plus, qu'essaye-t-on de nous faire croire, qu'oublier de payer une redevance à la Sabam nuit aux auteurs que nous apprécions tant, qu'il ne pourrons plus nous fournir nos doses de tubes si nous ne leur versons pas les quelques sous qu'ils méritent ("tout travail mérite salaire", encore une phrase édifiante à laquelle il faudra tordre le cou), que graver un CD prive l'artiste que nous aimons de ses revenus. S'il y a un infime soupçon de vérité derrière cela, il ne faudrait pas perdre de vue que le droit d'auteur est la clef de voute de l'exploitation du circuit musical, qu'il profite principalement à quelques poignées d'auteurs omniprésent (grâce entre autre au travail de leurs éditeurs) qui pondent à grand débit, aux sociétés d'auteurs elles-même, à tous ceux qui travaillent à la gestion de cet édifice.

    Si nous étions inscrits à la Sabam...

    • Une partie du prix de nos disques lui serait versée puis nous reviendrait quelques temps plus tard, la Sabam en conservant une partie pour ses frais.
    • Les organisateurs de concerts devraient payer une redevance pour nos morceaux lors de nos concerts. Cet argent aussi nous reviendrait plus tard amputés des frais de gestion.
    • Nous pourrions toucher quelques sous pour nos passages radios.
    • Nous pourrions augmenter nos revenus à condition de gérer au mieux notre "catalogue" ou de payer quelqu'un qui s'en occupe... et c'est parti pour la spirale infernale...
    • Nous ne pourrions pas nous permettre de vous offir ici nos morceaux... nous serions obligés de vous les vendre.
    • Il me semble que ce que nous y gagnerions est dérisoire et fatiguant... par contre, 10, 100, 1000, 10000 groupes tentant leur chance, quel bénéfice pour l'ennemi.

    Une bribe de conclusion...

    Passer à la vitesse supérieure, au piratage intégral, diffusez, dupliquez de la musique vraiment gratuite, produisez-en, parlez-en.

    Cessons de fournir de l'eau au moulin de l'industrie de la musique.

    Et une ébauche d'extension de cette critique...

    Le droit d'auteur en musique n'est qu'un aspect du droit de propriété intellectuelle, qui n'est elle-même qu'une variante du droit de propriété, tout court.

    La propriété... c'est le vol !

    Si tu veux être heureux, nom de Dieu... pends ton propriétaire !

    Pour vous eclater c'est Ici


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  • Dessine-moi un avion

    Posté par b.mode le 14 novembre 2010

    today.jpgYoupi ! Le p'tit prince possède enfin son jouet. Un gros très cher qu'on lui a offert avec les picaillons de la république. Vive nous ! Un truc luxueux et surdimensionné mais qui permet de se la péter vis à vis des autres cheftaines. Vroom, vroom ! Comprenez, faut compenser ! Et les semelles éponymes ne suffisent plus pour ab(m)user la galerie. Grimper sur des escabeaux pour se grandir ou se tenir sur la pointe des pieds durant tout un sommet, cela appartient désormais à l'histoire ancienne. L'urgence est de montrer ses attributs pour avoir l'air d'incarner la fonction… Couillu, le caribou !

    L'est jouasse avec son nouveau bolide, le bonz'homme. L'a même étrenné à l'occasion du G vain de Séoul. Qu'importe qu'il soit arrivé après la bagarre. Même pas grave s'il est reparti avant la fin. Mesquins, ceux qui susurrent que son trip n'a servi à queue de chique, sinon à polluer l'atmosphère asiate qui n'en demandait pas tant ! Les bilans carbone, ça y'en a être juste bon pour les gogos.. Pas vrai Jean-Lou ?

    Pfff, chienne de vie… Un bordel, des Borloo. Ils apprécieront, le relooké et sa moitié de femme-tronc. Se refaire la cerise pour décrocher peau de balle, ça interpelle au niveau du vécu. Paraît qu'il pourrait ne pas même hériter d'un strapontin, l'ancien avocaillon. A quoi ça sert que du Kro, il se décarcasse ?

    Voyage au bout de l'ennui. Le bouillant satrape voulait tellement se tirer fissa du pâle sommet citron qu'il en a oublié là-bas Parisot, la matrone des patrons. Il lui avait pourtant juré-craché qu'il lui ferait essayer son nouveau leurre. Faire miroiter le septième ciel, c'est bien une promesse d'arracheur de ratiches. Résultat of course, il a laissé Lolo la rousse sur le tarmac de l'aéroport sud-coréen avec armes Dassault et bagages LVMH. C'est comment qu'on freine, j'aimerais descendre de là, qu'elle n'a même pas pu crier la p'tite dame !

    Faut comprendre Speedy Nick, un nouveau story-telling l'attend à Paname. Un fumeux serpent de mer qu'il a lancé, il y a bientôt six mois. Un effet d'annonce pour détourner l'attention en pleine affaire Woerth. Une illumination, un appel quasi-divin en quelque sorte ! Un peu comme son histoire de suppression de la pub sur les téloches publiques. Sur un coup de tête, on bazarde une ânerie, après on navigue au radar. Et on fait ramer le petit personnel…

    Jour de gloire ! Hier soir, grand chambardement au sein des sinistères. Terminus, tout le monde descend. On allait voir ce qu'on allait voir qu'il disait. On est venu, on a vu et on n'a pas été convaincu, Little César que nous sommes. Aux dernières nouvelles du front, la montagne devrait encore une fois accoucher d'une souris. Le Fillon nouveau serait déjà arrivé. Plus sourcilleux que jamais. Le « scoop » devrait être officialisé ce jour. Les figures de proue de l'aréopage précédent devraient retrouver un mandat. Raffarin va faire la tronche au moins trente secondes, lui qui voulait du sang neuf et « une rupture à caractère social ». 

    Un qui va veiller toute la nuit auprès de son téléphone, c'est le gros Claude. Comme à chaque fois, il en a fait des tonnes pour s'attirer les bonnes grâces du monarque. Plus courtisan que Chatel, Lefebvre et Bertrand réunis, il a remis récemment le couvert en grande pompe ! S'il ne fait pas partie du nouveau team intime, c'est à désespérer de sortir la brosse à reluire…

    « Si la vanité est le moteur de l'humanité, la flatterie en est le lubrifiant » écrivait en son temps Jérôme k. Jérôme. « Rien ne se perd, tout se transforme » ajouterait ce bon Lavoisier…

    Un avion sans zèle somme toute ! 


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  • Ramallah cherche une issue

    Khaled Amayreh


    Le leadership palestinien cherche à sortir d’un processus de paix moribond au bord de l’effondrement, écrit Khaled Amayreh en Cisjordanie

    De plus en plus découragés par l’incapacité des USA - ou leur refus - d’obliger Israël à mettre fin à des décennies d’occupation militaire dans les territoires palestiniens, l’Autorité palestinienne (AP) prépare une liste de solutions qui empêcheraient la rupture des entretiens israélo-palestiniens patronnés par les USA.

    L’administration Obama a dit que la seule voie vers la paix au Moyen-Orient devait passer par les entretiens bilatéraux directs entre les deux parties. Toutefois, dans le contexte des entretiens directs ou indirects, Israël a poursuivi sans répit ses plans d’expansion en Cisjordanie et spécialement à Jérusalem-Est, souvent à contre-courant des appels étasuniens et internationaux en faveur d’un moratoire sur la construction de nouvelles colonies qui permettrait la reprise des entretiens de paix.

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    L’AP elle-même, qui subit de fortes pressions publiques pour l’adoption d’une position plus ferme devant l’intransigeance et l’arrogance israéliennes a juré de boycotter les entretiens déjà précaires si le gouvernement de Benjamin Netanyahu refusait de geler la construction de colonies. Pour sa part, le gouvernement israélien s’est engagé à poursuivre la construction de colonies ce qui, de l’avis des observateurs palestiniens et internationaux, détruirait les dernières chances de créer un État palestinien viable et territorialement contigu sur la base des frontières de 1967.

    Tout le processus de paix est fondé sur l’hypothèse d’un État palestinien viable créé aux côtés d’Israël. Mais l’appropriation constante et sans répit de terres dans les territoires occupés, site présumé du futur État palestinien éventuel, souligne la précarité du processus de paix et la quasi impossibilité de créer un véritable État palestinien.

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    Carte de la Palestine

    Incapable de convaincre les États-Unis de faire pression sur Israël, principalement en raison de l’influence immense du lobby juif américain sur la politique étasunienne concernant la question palestinienne, le leadership palestinien manifestement faible a consulté des États arabes clés tels que l’Égypte pour établir ensemble un plan diplomatique arabe forçant Israël à annuler ses plans d’expansion déchaînée des colonies.

    Selon les officiels de l’AP, la première solution de rechange serait une tentative de persuader l’administration Obama de reconnaître un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem si Israël refusait d’arrêter l’expansion des colonies. « Pour l’heure, nous nous concentrons sur la première option, à savoir les négociations » aurait dit Mahmoud Abbas à la fin de la semaine dernière.

    Toutefois, il est très peu probable qu’une administration US affaiblie soit en mesure de reconnaître un État palestinien basé sur des frontières vagues. Israël considère les territoires occupés comme « contestés » plutôt que « occupés » et les administrations US successives ont plus ou moins refusé de prendre position de manière définitive et engagée sur la question, insistant sur le fait que « les problèmes des frontières » devraient être aplanis et résolus lors des entretiens bilatéraux.

    Il est donc peu probable qu’engager les USA à reconnaître un État palestinien ait des chances d’aboutir étant donné la forte opposition au sein de l’administration de la part de la secrétaire d’État Hillary Clinton. Si les USA disent « non » aux demandes palestiniennes visant à obtenir la reconnaissance par les USA d’un État palestinien déclaré, l’AP et ses alliés arabes passeraient à une deuxième option : demander aux Nations unies ou au Conseil de sécurité des Nations unies de reconnaître un État palestinien.

    Une résolution des Nations unies à cet effet n’aurait toutefois que peu d’effet pratique et viendrait s’ajouter aux dizaines de résolutions par lesquelles les Nations unies ont exigé qu’Israël mette fin à l’occupation des terres arabes et annule ses mesures illégales, notamment la construction de colonies sur les territoires occupés, toutes résolutions qui sont restées lettre morte pour Israël. De même, les USA opposeront probablement leur veto à un projet de résolution exigeant du Conseil de sécurité qu’il reconnaisse un futur État palestinien.

    Si cette solution devait échouer également (comme c’est tout à fait probable), l’AP - avec probablement les conseils des Égyptiens - appellerait à la convocation d’une conférence internationale de paix. Toutefois, une telle conférence serait une abomination pour Israël qui la rejetterait carrément.

    Avec beaucoup d’arrogance, les officiels et les dirigeants israéliens ont dit à plusieurs reprises qu’ils ne permettront pas à d’autres nations ou d’autres groupes de nations de dicter les frontières d’Israël. En d’autres termes, Israël rejetterait et ignorerait tout effort de la communauté internationale l’obligeant à respecter le droit international concernant les territoires palestiniens occupés. L’Égypte soutient fermement la tenue d’une conférence internationale de paix, condition incontournable, selon elle, d’une paix véritable.

    Effectivement, les officiels égyptiens ont exprimé leur frustration croissante devant les atermoiements et les blocages israéliens, l’un d’eux déclarant que l’impasse du processus de paix doit se terminer pour assurer les droits des Palestiniens. « Un sommet international redéfinirait les éléments de base et les frontières d’un État palestinien qui serait érigé sur les territoires occupés en juin 1967, avec ou sans les colonies israéliennes ».

    Cet officiel égyptien a ajouté que de toute façon, il faut faire quelque chose pour maintenir l’actuel processus de paix en vie et en empêcher l’effondrement. Entre-temps, certains croient que les différentes parties au processus de paix s’intéressent exclusivement à le maintenir symboliquement en vie plutôt que de le voir aboutir aux objectifs qu’il professe.

    Cela mis à part, il n’y a pas de doute que si les Palestiniens et les Arabes reviennent à d’anciennes options, c’est plus par découragement devant l’échec US à faire pression sur Israël que dans le but de renforcer une position palestino-arabe qui changerait fondamentalement le processus de paix dans son ensemble. Entre-temps, avec chaque jour qui passe, Israël maintient l’expansion intensive de ses colonies, repoussant encore davantage un futur règlement.

    En outre, le fait que la société juive d’Israël devienne de plus en plus chauvine et raciste signifie qu’ une solution digne au conflit arabo- israélien deviendra beaucoup plus difficile à réaliser. La semaine dernière, le rabbin Ovadia Yosef, autorité spirituelle du parti extra fondamentaliste Shas, aurait dit : " Dieu a créé les non- juifs sous forme d’ ânes pour servir les juifs". Et "c’est la raison pour laquelle Dieu les maintient en vie".

    Yosef n’est pas une personne marginale en Israël. Il a des centaines de milliers de partisans et il est souvent décrit comme le « faiseur de rois » vu son influence personnelle sur les différents gouvernements israéliens. Pourtant, des commentaires de type fasciste comme ceux de Yosef n’ont pas suscité de réprobation en Israël, ni de la part du gouvernement ni parmi les intellectuels et pas même dans les médias. Ceci n’a rien de neuf, mais c’est révélateur.

    (JPG) Khalid Amayreh est un journaliste qui vit à Dura, dans le district d’Hébron, Cisjordanie, Palestine occupée. Il a un bachelor en journalisme de l’université d’Oklahoma (1981) et un master en journalisme, de l’université de Southern, Illinois (1983)

    Du même auteur :

    -  Le fascisme sous forme de lois
    -  Pour Abbas, c’est le moment de démissionner
    -  Colonies juives : une débauche de constructions
    -  Pendant les pourparlers, Israël continue de tuer
    -  Irrémédiables criminels de guerre
    -  Un échec clairement programmé


    4 novembre 2010 - Al Ahram Weekly - Cet article peut être consulté ici :
    http://weekly.ahram.org.eg/2010/102...
    Traduction : Anne-Marie Goossens

    ** Les colons israéliens ont entamé la construction de 1 649 logements depuis la fin, le 26 septembre, du moratoire sur la colonisation israélienne en Cisjordanie. Dans un rapport, l'ONG israélienne La Paix Maintenant, ajoute que les fondations pour 1 126 autres chantiers ont en outre été creusées durant cette période.

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  • Manuel Devaldes

    Manuel Devaldès

    "En tout esclave consentant à sa servitude est un maître qui sommeille. Qui obéit volontiers à plus fort que soi est prêt à imposer à plus faible sa volonté".

    «  Ne pouvons-nous, individus, remplacer l’État par nos libres associations ? A la loi générale, collective, ne pouvons-nous substituer nos conventions mutuelles, révocables dès qu’elles sont une entrave à notre bien-être ? Avons-nous besoin des patries parcellaires qu’ont faites nos maîtres, alors que nous en avons une plus vaste : la Terre ? Et ainsi de suite. Autant de questions que le libre examen de l’individualiste résout justement à l’avantage de l’individu. Sans doute, ceux qui vivent du mensonge, qui règnent par l’hypocrisie, les maîtres et leur domesticité de prêtres et de politiciens, peuvent être d’un avis différent parce que leur petit, très petit intérêt les y invite. »

    Ce texte de Manuel Devaldès fut publié en janvier 1936 dans le n°157 de La Brochure Mensuelle.


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