• abrarac2.JPG Sarkozy dans les choux

     

    Hortefeux a été chahuté à Lyon aujourd’hui. Venu faire le fier à bras, style, « je vais casser les casseurs », il s’est retrouvé face à la chaise vide du maire (furieux de cette opération de com) et à des manifestants le traitant de fasciste et de raciste.

     

    Au même moment, aujourd’hui donc, les députés UMP votaient contre une proposition de loi socialiste, visant à empêcher les conflits d’intérêts. C'est-à-dire en listant les professions incompatibles avec l’exercice d’un mandat d’élu ou de ministre. Cela visait ceux qui cumulent non pas des mandats mais poursuivent une activité professionnelle qui pourrait bénéficier de leur mandat.

    Par exemple, Woerth quand il était ministre du budget et trésorier de l’UMP ou Copé qui cumule son mandat de député et son travail au sein d’un cabinet d’avocats d’affaires.

     

    Beaucoup dans la rue et sur le net, rappelle le scandale de la retraite des parlementaires où un député peut toucher 1500€ de retraite mensuelle à vie pour seulement cinq années de cotisations et peut même la cumuler avec sa retraite professionnelle… Des députés écologistes ont tenté, en septembre, de modifier ces privilèges, l’UMP a refusé…

     

    A l’UMP, les cerveaux fument. Pas facile d’être un parti attaché à l’ordre et de voir les rues et les routes bloquées où sujettes à des combats de rues avec une police débordée…

    Pas facile de voir que 70% des français soutiennent le mouvement social malgré ses débordements. Après tout, les français ont déjà appris à se priver de beaucoup de choses avec l’UMP alors, ils sauront se débrouiller pour s’arranger avec les pénuries d’essence.


    L'UMP aux abois

     

    Certains à l’UMP sont en train de comprendre que leur parti chéri va se prendre une raclée aux élections cantonales l’année prochaine - puis perdre le sénat par la suite-, et certainement à la présidentielle et aux législatives de 2012.

     

    Il s’aperçoivent que la communication gouvernementale sur le péril terroriste, les musulmans, les roms, la burqa, l’identité nationale et la sécurité est totalement éclipsée par le mouvement social contre la réforme des retraites.

    Il y a encore à peine deux semaines, le gouvernement tentait de nous faire flipper sur le risque terroriste. Face aux déferlements de gens dans les rues, face à la mobilisation de la police dans les manifestations, il n’a pas même pas averti que ce serait du pain béni pour les terroristes qui pourraient frapper la France n’importe où.  Comme quoi, le risque n'était pas si grand...

     

    La burqa ? La loi a été votée dans une quasi indifférence de l'opinion…

     

    Sarkozy et l’UMP ne maîtrisent plus grand-chose, même pas leur agenda.

     

    Alors, pas étonnant, que face au risque de déchirement du parti présidentiel, certains à l'UMP murmurent la possibilité d'une alliance avec le Front National…

     

    Les masques tombent…

    Milton ici


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  • Une lutte de classes implacable

    Mohamed BELAALI
    Photo : film "Novecento" (1900) de Bernardo Bertolucci (1976)

    La lutte des classes s’aiguise de plus en plus. La bourgeoisie montre chaque jour qui passe son visage hideux qu’elle dissimulait pendant les périodes « paisibles » à travers son idéologie véhiculée essentiellement par les grands médias qu’elle possède. Tout son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. est mis à mal par les pressions multiformes et la répression qu’elle exerce sur le mouvement social qui se déroule sous nos yeux. Plus la lutte dure dans le temps, plus cette classe devient brutale, arrogante et odieuse.

    La classe dirigeante est prête à utiliser tous les moyens dont elle dispose pour écraser la contestation populaire. Elle fait feu de tout bois. Président de la République, gouvernement, députés, sénateurs, intellectuels, journalistes, experts en tout genre, policiers, CRS, la BAC etc. sont mobilisés pour venir à bout d’un mouvement, somme toute, pacifique.

    Deux classes aux intérêts diamétralement opposés s’affrontent ouvertement. D’un côté des millions d’hommes et de femmes, soutenus par une large majorité de leur concitoyens, qui défendent leur pension de retraite durement acquise et refusent de travailler toujours plus longtemps pour la bourgeoisie, de l’autre, une classe minoritaire, corrompue et parasite mais disposant de tous les pouvoirs et s’accrochant à ses privilèges.

    Les salariés sont prêts à sacrifier leurs maigres économies pour soutenir une lutte de longue haleine : « C’est pas facile, question budget, reconnaît Gérard, cheminot. C’est même un sacré manque à gagner. Les fins de mois sont plus dures, sans aucun doute. Je me souviens, en 95, on avait eu presque un mois de grève ! Là, on avait souffert… » http://www.ladepeche.fr. Un autre ouvrier criait à la face des journalistes qu’il allait liquider son plan d’épargne pour tenir le plus longtemps possible !

    La bourgeoisie ne peut comprendre que de simples ouvriers peuvent lui tenir tête en sacrifiant des journées, voire parfois des semaines de salaires. Ses représentants au gouvernement, eux, attendent cyniquement l’essoufflement de la révolte en usant de la propagande et de la répression physique, psychologique et idéologique. Un combat inégal !

    La classe dominante ne reculera devant rien pour défendre ses intérêts si le mouvement populaire perdure. Toute l’histoire des luttes de classes le montre. Déjà, elle utilise la force contre les salariés des raffineries en grève et les menace de les réquisitionner et même de les jeter en prison en cas de résistance de leur part. Elle menace les routiers de poursuites pénales s’ils continuent à bloquer les routes et les péages d’autoroute en solidarité avec leurs camarades des autres secteurs professionnels.

    Le gouvernement s’est également attaqué aux lycéens qui ont rejoint le mouvement social. Un adolescent de 16 ans a été gravement blessé par un tir de flash-ball. Personne ne sait s’il va conserver son œil. Ce cas dramatique ne doit pas cacher la brutalité policière exercée sur les lycéens en lutte. Combien d’adolescents ont été matraqués, gazés, traînés au sol, gardés à vue et humiliés ? Mais cette répression aveugle ne fait que renforcer la détermination d’une jeunesse, dont l’avenir reste sombre, à se battre contre un pouvoir qui la méprise.

    Quelle que soit l’issue du conflit, les salariés en général et les ouvriers en particulier ont déjà gagné, non seulement sur le plan moral en se battant contre une « réforme » réellement injuste, mais surtout ils ont pris conscience que l’État, le parlement, la police, les médias etc. sont contre eux et, partant, sont au service des patrons qui les exploitent tous les jours. La lutte dans l’unité leur a permis d’identifier clairement leurs ennemis de classe et le caractère bourgeois de la démocratie. Leurs intérêts et ceux de la classe dominante sont en contradiction totale. Ce combat de classe à classe dépasse, de ce fait, le cadre syndical et devient un combat politique.

    Mohamed Belaali

    Deux classes irréconciliables que tout sépare :

    Ils sont les exploiteurs
    Nous sommes les exploités

    Ils sont les oppresseurs
    Nous sommes les opprimés

    Ils sont les dominants
    Nous sommes les dominés

    Ils sont les bourgeois
    Nous sommes les prolétaires

    Ils sont le capital
    Nous sommes le travail

    Ils ont le profit
    Nous avons le salaire

    Ils gagnent sans travailler
    Nous travaillons sans gagner

    Ils sont les parasites
    Nous sommes les travailleurs

    Ils sont une petite minorité
    Nous sommes la grande majorité

    Ils défendent la société de classes
    Nous luttons pour une société sans classes

    Ils sont le passé
    Nous sommes l’avenir

    Mohamed Belaali
    belaali.over-blog.com

    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/Une-lutte-de-classes-implacable.html

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  • Générations sacrifiées

    Patrick MIGNARD

    La condescendance démagogique, teintée, de mépris avec laquelle le pouvoir actuel traite la « jeunesse », à propos des retraites, est dans la pure tradition des craintes que ressent tout pouvoir qui sait qu’il met, pour ses intérêts immédiats, en péril l’avenir.

    Les conséquences dramatiques des décisions politiques prises aujourd’hui par le pouvoir néo conservateur, seront payées au prix fort par les générations futures.

     

    DE LA CHAIR A CANON A… LA PAUPERISATION

    Le capitalisme, et de manière générale tous les systèmes exploiteurs, ont su faire un usage immodéré des jeunes pour servir leurs intérêts.

    Jouant à la fois sur, et pour cause, le manque d’expérience des jeunes, leur enthousiasme, leur vitalité, parfois même, pour les très jeunes, leur immaturité et naïveté, les profiteurs n’ont pas hésité à les transformer en instruments mis au services de leurs intérêts.

    De l’exploitation massive des enfants, à partir de huit ans, dans les mines à l’aube d’un capitalisme triomphant, au 19 siècle en Europe, jusqu’à l’exploitation, aux limites de l’esclavagisme, de ces mêmes enfants, dans les « pays ateliers » de notre époque – dont nous sommes les clients - le Capital, libre d’exercer sa domination, n’a eu de cesse de dominer et asservir.

    Les guerres bien sûr – et la Première Guerre Mondiale plus particulièrement, de même que les guerres coloniales – sont le symbole du sacrifice de générations entières pour le bénéfice des profiteurs et autres marchands de canons.

    Les régimes, complices de tels crimes – et la République n’est pas en reste – ont toujours su manipuler les jeunes pour qu’il aillent donner leur vie pour des raisons qu’ils ignoraient. Les morts ayant droit à l’honneur suprême de voir leurs noms sur un Monument aux Morts, les survivants recevant des médailles et autres breloques dérisoires.

    Les temps ont heureusement changé et il y a fort à parier qu’aujourd’hui, la « chair à canon » - du moins en Europe - ne soit pas aussi mobilisable qu’autrefois. Pourtant les jeunes font toujours les frais d’un capitalisme toujours avide, sinon de chair fraîche, du moins de profits.

    UN AVENIR PLUS QU’INCERTAIN

    La destruction programmée du système de retraites par répartition, et de manière générale, la mise à bas des acquis sociaux issus du programme économique du Conseil National de la Résistance, porte évidemment atteinte aux intérêts des plus jeunes, et mêmes des générations à venir. Ce sont eux les plus exposés,… encore plus que les générations actuelles d’actifs qui seront certes touchées, mais dans une proportion moindre.

    La manipulation des politiciens, de droite comme de gauche, qui prétextent un soit disant problème démographique – oubliant en cela, comme par hasard, la compensation de ce « déséquilibre » par les gains de productivité, et donc refusant de poser la question essentielle de la répartition des richesses - va inévitablement aboutir à l’abandon progressif du système par répartition fondé sur la solidarité intergénérationnelle.

    Un telle logique, si elle arrive à s’imposer socialement, est lourde de conséquences pour l’avenir. Outre le fait que le prolongement de l’activité professionnelle va encore plus limiter le nombre d’emplois, le financement collectif des retraites – les actifs payant pour les retraités – va peu à peu s’assécher. Le recours au financement par capitalisation de l’épargne salariale – création de fonds de pensions privatisés - devra prendre le relais avec des conséquences catastrophiques :

    - seuls, celles et ceux qui auront un emploi, et pourront épargner pour cotiser à un fond pension, auront une pension de retraite,

    - la cotisation ainsi capitalisée sera soumise aux aléas des marchés financiers dont on peut apprécier aujourd’hui la fiabilité.

    Le grandes compagnies d’assurance sont les premières intéressées à ce pactole des placements de retraites, alléchées par un nouveau marché fondé sur l’abandon de la solidarité et livrant individuellement, isole, chacune et chacun aux appétits insatiables des financiers.

    Cette réflexion, ce raisonnement, sont bien sûr, à la portée d’un lycéen et d’un étudiant qui n’ont pas besoin d’être « manipulés » - comme voudrait le faire croire le gouvernement - par une quelconque officine politique pour se rendre à l’évidence. Pourtant, celui-ci, avec une mauvaise foi qui n’a d’égal que sa crainte que les jeunes comprennent, leur dénie le droit de s’exprimer sur ce sujet et d’agir en conséquence.

    DEMAGOGIE ET MENACE

    Affirmant cette absurdité absolue qu « il faut travailler plus longtemps puisque l’on vit plus longtemps » il déclare sans rire que sa réforme est faite dans l’intérêt des jeunes générations,… prenant ainsi lycéens et étudiants pour de parfaits imbéciles.

    La manipulation gouvernementale n’a pas fait long feu. Expression d’un gouvernement discrédité et largement corrompu (des exemples ?) elle a vite cédé la place à la menace de recours à la violence. Livrés aux brutes policières sous la direction d’un Ministre de l’Intérieur condamné pour racisme (on ne prête qu’aux riches), estropiés et blessés commencent à se compter parmi celles et ceux « pour le bien de qui, la réforme des retraites est faite » (sic). Que fait la BAC (Brigade Anti Criminalité) ( ?) dans des cortèges de jeunes ? Que font les « cow boys au flashball » dans des manifestations lycéennes et étudiantes ?

    La mobilisation des jeunes est la preuve d’une prise de conscience qui ouvre bien des espoirs afin que le relais soit fait entre les générations qui ont bénéficié, et bénéficient, des acquis sociaux des lendemains de la Deuxième Guerre Mondiale et celles eux qui demain les remplaceront.

    La question des retraites est fondamentale. Elle pose la question de la relation de l’homme au travail,… et de manière plus générale du sens de la vie en collectivité. Laisser le Capital régler la question c’est perdre encore un peu plus de sa dignité.

    Un échec sur cette question, et la porte est ouverte aux profiteurs pour liquider l’ensemble de la Sécurité Sociale qui sera leur prochaine victime.

    Patrick MIGNARD

    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/Generations-sacrifiees.html

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  • Avis de tempête sur l’Europe : contre les révoltes logiques, toujours les mêmes boucs émissaires

    Español: Aviso de tempestad sobre Europa: los chivos expiatorios que pagan los platos rotos de las sublevaciones lógicas siempre son los mismos

    Angela Merkel, la chancelière à la main de fer dans un gant de velours a proclamé, samedi à Potsdam, que la société multiculturelle – ce que les Allemands appellent « multikulti » - était morte et enterrée, qu’elle avait échoué. Elle a cherché à tempérer la violence de son propos en ajoutant que « l’Islam faisait partie de l’Allemagne », tout en précisant que « ceux qui ne partagent pas nos valeurs chrétiennes » n’ont qu’à aller se faire voir ailleurs.
    Nicolas Sarkozy avait, en juillet dernier lancé la chasse aux Roms, décrétés « mendiants agressifs » et « parasites » criminogènes des services sociaux.
     
    Rira bien qui rira le dernier

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le gouvernement Berlusconi a inventé l’expulsion des mêmes étrangers « parasites », entendez ici aussi les Roms, au cas ils vivraient aux crochets de l’État.
    À Vienne, capitale du défunt Empire des Habsbourg, les électeurs ont élu 27 des 100 conseillers municipaux sur la liste du parti dit « libéral » FPÖ, dirigé par le sinistre émule de Jörg Haider, HC Strache, qui a fait une campagne ouvertement raciste et xénophobe. La question est maintenant de savoir qui va constituer une majorité pour gouverner la ville : les sociaux-démocrates et les Verts, ou bien les conservateurs et les « libéraux » ?

    Tous ces discours tonitruants à forts relents fascistes n’ont hélas qu’un objectif : tenter de détourner l’attention vers les habituels boucs émissaires, les étranges étrangers venus d’ailleurs « qui ne vivent pas, qui ne pensent pas, qui ne réagissent pas comme nous ». Les vrais problèmes sont en effet ailleurs : les plans d’austérité qui, à travers toute l’Europe, réduisent les possibilités de vivre décemment pour un nombre croissant de gens ; les projets de réforme des régimes de retraites ; les milliards dépensés dans des constructions pharaoniques et les cadeaux somptueux faits aux banksters ; les délocalisations d’entreprises vers les nouveaux paradis capitalistes d’Asie ; le manque de perspectives pour une grande partie de la jeunesse studieuse etc.

    En Allemagne, c’est la campagne électorale pour les élections régionales de mars 2011 qui a en fait commencé avec le discours de Merkel à Potsdam. Angie sait très bien qu’elle va perdre Stuttgart et le Bade-Wurtemberg, bastions historiques du Centre catholique et de son successeur la CDU, où son électorat est en train de se transformer en armée citoyenne de résistance au projet de gare Stuttgart 21, d’un coût prévu de 8 à 10 milliards d’Euros. Les bonnes bourgeoises souabes en colliers de perles sont en train de se transformer en enragées vertes et rouges ! Leur jeter en pâture « nos valeurs chrétiennes » doit les faire bien rigoler.

    En France, c’est la campagne électorale pour la présidentielle de 2012  qui a commencé, sur fond de révolte sociale qui risque d’avoir l’ampleur du mouvement de 1995 contre la réforme Juppé de la Sécurité sociale. En jetant en pâture à l’opinion les Tsiganes, Sarkozy, loin de faire rire, a provoqué la colère des Français, toutes origines confondues, et l’opprobre de tous, de l’ONU au Vatican.

    En Italie, Berlusconi s’accroche au pouvoir et proclame qu’il veut rester à son poste jusqu’en 20 13. La passivité et l’inertie de la « gauche » institutionnelle est en train d’être dépassée par les syndicats ouvriers et les mouvements de citoyens, dont de nombreux intellectuels et artistes célèbres.

    En Autriche, la société civile, tétanisée par l’opération de « rapatriement » de la jeune Kosovare Arigona Zogaj, est en train de ressaisir et de prendre la défense des mineurs étrangers menacés de déportation. Le gouvernement social-démocrate, pour calmer le jeu, vient de destituer le chef de la police, lequel, pourtant, ne faisait qu’exécuter ses ordres.
    Le soi-disant « débat sur l’intégration » n’est que poudre aux yeux. Il ne sert à rien de tenter d’y entrer car il est pipé d’avance. Il y a   belle lurette que les immigrés, leurs enfants et petits-enfants sont intégrés. Ils sont intégrés comme travailleurs, comme chômeurs, comme étudiants, comme consommateurs, comme citoyens contestataires, et même comme électeurs.

    Il faudra bien que les politiciens européens finissent par se rendre à l’évidence constatée il y a longtemps par Max Frisch : « On a importé de la main d’œuvre. Ce sont des hommes qui sont venus ».
    FG Ici

      












    "Nous sommes l'Allemagne"

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