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    Les plaintes de fonctionnaires préfectoraux, souvent appuyés par Hortefeux, pour outrage contre des organes d’informations ou des militants ont tendance à se multiplier. En cause le rapprochement opéré entre la période actuelle et les années terribles sous l’Occup’. Retour sur une vaste campagne d’intimidation à géométrie variable.

    Sarkozy va-t-il convoquer la Reine d’Angleterre au motif qu’elle ne sait pas retenir la plume de ses journalistes ? En effet la grande presse outre-Manche n’y est pas allé avec le dos de la cuillère à jelly en évoquant, au sujet de la politique anti-Roms du gouvernement français, qui les «souvenirs de la Gestapo» (The Times), qui un climat «protofasciste» (The Guardian). Fort courageusement, c’est sur un petit journal satirique de Bourges tirant à 3000 exemplaires, Le Berry Ripou, que s’est abattue la colère du régime.

    En février dernier, sur ordre du très zélé secrétaire général de la préfecture du Cher, un certain Matthieu Bourrette, la police débarque, dès 5h30, dans le foyer où réside une famille russe sans papiers pour l’expulser par charter vers Moscou. L’opération déclenche une vive émotion dans la population, d’autant plus que la grand-mère, atteinte d’une maladie en phase terminale, est laissée là sans avoir pu dire adieu à ses enfants et petits-enfants. Dans la foulée, Le Berry Ripou publie sur son site une caricature reprenant l’affiche du film La Rafle où le visage du policier qui embarque les enfants est remplacé par une photo du Bourrette en question. «Mais, la rédaction du journal, une dizaine de personnes, comptent plusieurs historiens, et nous avions bien fait attention à décontextualiser le photomontage, pas de croix gammée, pas d’étoile jaune…», nous confie Laurent Quillerié, président de l’association éditrice du canard satirique.

     

     

    Las, trois mois plus tard, le directeur de la publication, Jean-Michel Pinon, est averti que le sieur Bourrette a déposé plainte pour injure publique envers un fonctionnaire. «Cet été, poursuit Laurent Quillerié, nous avons en plus appris que Hortefeux se joignait à la plainte de Matthieu Bourrette qui lui-même avait été nommé substitut du procureur général près la cour d’appel de Grenoble. On ne peut s’empêcher de penser que cela va être très difficile d’obtenir un jugement en toute impartialité.» Le fait que le journal a régulièrement soutenu les actions de RESF contre l’expulsionnite aiguë du secrétaire général de la préfecture n’a évidemment rien à voir avec ce soudain acharnement. Rien à voir, non plus, avec sa colère lorsqu’il a vu divulguer dans Le Berry Ripou son entretien téléphonique avec un député PC à propos de la répression brutale qu’il a ordonnée lors d’une grève chez Intermarché.

    Le procès est programmé pour le 17 septembre prochain au TGI de Bourges, soit la veille, là aussi pure coïncidence, d’un concert «Rock sans-papiers» parrainé par Médiapart. Laurent Quillerié conclut avec un brin d’optimisme : «S’ils veulent nous flinguer avec une amende de 12'000 euros, ils se trompent parce que nous avons reçu beaucoup de soutien au plan local et national. Et puis, ici, on est les seuls à faire entendre une voix discordante face à une presse régionale complaisante avec les pouvoirs et face à une vie politique dominée par quelques grands propriétaires terriens tels le désormais fameux Patrick de Maistre.»

    Dans le même esprit des temps mais un jour plus tôt, le 16 septembre, se tiendra le procès de quatre militants de Tours qui avait eu l’outrecuidance de publier, en avril 2010, un communiqué de presse dans lequel ils comparaient les méthodes de certains fonctionnaires préfectoraux avec celles pratiquées par le régime de Vichy. En bref, ils déclaraient que l’utilisation du fichier Base-élèves, qui comporte la nationalité des parents, dans certaines préfectures, pour repérer et expulser des familles de sans-papiers leur faisait furieusement penser à des techniques de chasse aux enfants en cours «pendant une des périodes les plus sombres de notre histoire».

    S’il est vrai que l’on pourrait en discuter en sirotant un bon Vouvray, sur l’air du «comparaison n’est pas raison», il paraît légèrement excessif de voir dans ces propos «une diffamation publique envers une administration publique» comme l’a fait le ministère de l’Intérieur. Si ce type d’analyse est publiquement verboten, que faire alors des déclarations, aussi intempestives qu’estivales, de quelques ténors de la classe politique. De Rocard qui établissait un parallèle entre la nouvelle loi sur les mineurs délinquants et ce qui se pratiquait sous Vichy et sous les nazis, à J.-P. Grand, élu UMP, qui avouait que la campagne contre les Roms lui rappelait les rafles pendant la guerre. Le pouvoir actuel a clairement choisi de mépriser les critiques venant d’en haut pour concentrer sa stratégie d’intimidation sur le vulgum pecus militant. Au «risque» de déclencher contre lui un vaste élan de solidarité.

    Iffik Le Guen - CQFD no 81, septembre 2010,
    actuellement en kiosques.

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  • Le petit baron du sarkozysme

    Yann FIEVET
    L’affaire W n’est pas qu’une affaire de plus sur le chemin fatal de la décomposition politique de la France. Elle révèle à elle seule tant de facettes de ladite décomposition que sa mise sous le boisseau – sort réservé depuis longtemps à nombre d’affaires troubles de la République – paraît décidément impossible. Il n’est même plus besoin de la nommer. Ici ou là, on ne parle déjà plus que de « l’Affaire ». Elle n’est pas accidentelle. Elle est le régime sarkozyste dans son essence et ses outrances.

    Le gaullisme avait ses « grands barons » tenant leur légitimité d’un engagement de jeunesse pour la patrie ou des idées neuves, d’une carrière au service de l’Etat incarnée dans la Nation, de compétences juridiques ou techniques précieuses pour la construction du système politico-administratif de la Vème République. Ils étaient de Droite et à ce titre étaient justement combattus par d’autres hommes aux idées « progressistes ». Ils pouvaient être respectés pour ce qu’ils représentaient aux yeux du plus grand nombre : une sincérité au service d’un projet pour leur pays. Les générations suivantes d’hommes politiques vécurent plus ou moins adroitement sur le capital légué par le gaullisme, l’érodant et le dévoyant tout à la fois à mesure que l’on s’éloignait du souvenir de la figure tutélaire originelle. Alors vint le sarkozysme par qui tout vola en éclats. Et l’on en arriva presque à cultiver une certaine nostalgie des anciens grands barons oubliant ainsi qu’ils étaient pourtant des adversaires au conservatisme honni.

    Détruisons d’emblée toute forme de fausse naïveté tellement de mise au sein de la plupart des organes de presse alors qu’enfle l’Affaire. Ils minimisent. Ils jouent à merveille l’étonnement. Ils attendent les preuves. Ils ne voient là qu’un épiphénomène dans un système démocratique au demeurant inébranlé. Cela nous rappelle la posture de Serge July en 1997 dans le film « Journal intime des affaires en cours » de Pierre Carles et Denis Robert. Il y déclarait doctement que la démocratie, contrairement aux apparences, se renforce sans cesse. C’était avant que Denis Robert, ancien journaliste de Libération, s’intéresse de trop près à l’affaire Clearstream.

    Au sein de la sphère médiacratique les choses ont peu bougé depuis que trop d’affaires, à commencer par l’affaire Elf, ont accouché d’une souris. Pour la grande majorité des éditorialistes, l’absence de preuves constitue probablement la preuve de l’absence. Aujourd’hui, Jean-Marie Colombani, longtemps patron du remarquable « quotidien de révérence », semble raisonner comme Serge July hier. Un matin de juillet dernier, il commentait sur France Culture l’interview - convenu comme à l’accoutumée - du chef de l’Etat lors du journal de 20 heures de France 2 diffusé la veille. Il déclara de sa voix monocorde et apaisante que David Pujadas avait été très bien et qu’il ne voyait pas quelles autres questions il aurait pu poser à M. Nicolas Sarkozy au sujet de son ministre des « affaires sociales ». Dans ce climat de dénégation fébrile mâtinée de prudence servile comment s’étonner que l’on traite de fascistes les quelques organes de presse qui s’honorent à exercer le métier fondant leur existence ? L’accompagnement du pouvoir n’est pas leur préoccupation. Ils savent que l’ivresse du pouvoir doit incessamment être combattue et qu’ils se doivent de participer à bâtir les frontières entre l’exercice contrôlé de la vie publique et la tentation de satisfaire des intérêts privés multiples.

    L’affaire W est un système dans le système. Un système qui dépasse de loin la personne même de celui qui lui donne son nom bien malgré lui. Qu’y aurait-il d’incongru en effet à soupçonner que « la pompe à fric » amorcée à grands coups de largesses fiscales ne concerne qu’une seule des fortunes de France ? Il est plus que probable que d’autres grosses enveloppes sont manipulées par d’autres mains que celles des protagonistes de l’affaire en cours de traitement légitime par la presse d’investigation. On ne peut pas toujours compter sur les indiscrétions d’un majordome ou sur une riche héritière potentielle craignant d’être mal servie le moment venu.

    Ce qui frappe chez W c’est qu’il occupait – depuis peu il semble que l’on doive parler partiellement au passé – plusieurs positions clés du système bâti pour l’accession au trône élyséen de M. Sarkozy. Dans la politique d’autrefois, les grands barons étaient serviteurs de l’Etat. Dans la politique « moderne », renforcée par la rupture sarkozyste, les petits barons servent d’abord un homme réputé providentiel. Depuis des années notre serviteur zélé cumulait divers maroquins ministériels successifs avec la fonction officielle de trésorier de l’UMP et avec le rôle d’animateur du Cercle des plus gros donateurs de l’Ump. La presse en voie de « pipolisation » qui affectionne les portraits sans trop de reliefs de nos stars politiques a plusieurs fois salué l’ardeur au travail de W. On veut bien l’en croire. ! Occuper trois emplois – tout en veillant à l’avenir professionnel de son épouse – ne vous laisse assurément que fort peu de loisirs.

    Le système occulte patiemment édifié ne fait pas que servir l’ascension d’un homme. Certes, la politique spectacle est hors de prix et visiblement hors des limites fixées par les règles officielles du financement des partis politiques. L’autre grand mérite du discret système, moins facilement avoué, est le tissage de relations étroites entre gens de la « bonne » société comme Michel et Monique Pinson se plaisent à nous les dépeindre au cours de leurs voyages dans « les ghettos du gotha ». S’y côtoient les meilleurs représentants des mondes politique, économique et judiciaire ; s’y agrège quelques penseurs et éditorialistes mondains faiseurs de l’opinion.

    A l’heure où l’économique commande au politique sous le prétexte commode de l’impitoyable compétition internationale, quand la société est travaillée par l’individualisme forcené, un groupe social continue de se comporter indéfectiblement en classe au vrai sens du terme : la bourgeoisie. On y fonctionne en réseau quand dans le reste de la société l’essentiel des relations sont de vis-à-vis. Le plus beau trait d’intelligence de M. Sarkozy est d’avoir compris très tôt que pour atteindre le sommet il fallait d’abord construire un réseau ténu et multifonctionnel. La bourgeoisie a probablement un mépris dissimulé pour ce Président et ses petits barons à la culture douteuse et aux manières approximatives. Elle s’en sert pour tenir en main le politique, facilitant ainsi le maintien de ses privilèges. Une société dans la société. On pourrait nommer cela fracture sociale. Elle était dénoncée dès 1995. Et par un homme de Droite. Elle a été depuis largement consommée.

    Ce petit monde opulent est tellement coupé de la réalité sociale qu’il peut, sans craindre le ridicule, plaider son innocence. W a certainement été imprudent, encouragé en cela par l’ambiance de la nouvelle façon de faire la politique. Cependant, c’est par son impudence qu’il nous sidère le plus. De cette impudence qui le conduisit à camper le rôle de l’offensé à une heure de grande écoute télévisuelle. Il pourra jouer ce rôle sans crainte d’un contredit sérieux tant que la courroie de transmission du parquet de Nanterre jouera de son côté son rôle protecteur.

    Le déni de démocratie réside essentiellement là : le refus de désigner un juge pour instruire l’affaire dans ses diverses dimensions est insupportable au regard de la loi commune. Les hommes sont faillibles, le défaut de justice pour peser leurs fautes ne peut que les encourager à faillir. Aux yeux de l’opinion l’affaire est entendue, le discrédit total. Si l’on ne doit ni gouverner ni juger à partir de l’opinion dans son état brut, il demeure que la morale doit avoir toute sa place en matière d’administration des hommes et des choses. Ici, la morale est superbement piétinée. La justice est de plus en plus impitoyable pour la délinquance ordinaire, de moins en moins regardante pour la délinquance en col blanc. Les inspecteurs du fisc vont enquêter sur « les grosses berlines » des gens du voyage quand ils ne sont pas fichus de démasquer les fraudes de l’héritière la plus célèbre de France.

    Désormais, « le petit baron » est le moins qualifié des ministres pour mener la réforme des retraites ou toute autre réforme d’intérêt général. Il doit partir. Puis, être jugé en citoyen ordinaire aux droits respectés.

    Par Yann Fiévet (*)

    publié dans Le Sarkophage – Numéro 20 - Septembre 2010

    (*) Auteur du livre « Le monde en pente douce », Editions Golias, 2009.

    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/Le-petit-baron-du-sarkozysme.html

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  • Pour un monde sans centres fermés ni prisons

    tract pour la manif du 1er octobre 2010 à Bruxelles


     

     


    Parce que les multiples révoltes ces dernières années dans les centres fermés ont mis à nu ce qu’ils sont réellement : des camps de déportation à partir desquels l’Etat expulse ceux qu’il juge indésirables ; ceux qui espérant fuir la guerre et la misère se sont retrouvés exploités au noir, traqués par la police, classés par des bureaucrates qui décident de leur "existence légale".

    Parce que le sort auquel sont réduits les "sans-papiers" n’est qu’un reflet de ce qui guette tous qui galèrent pour joindre les deux bouts face à des conditions de vie de plus en plus dures, tenus en laisse par la sécurité sociale ou l’économie informelle.

    Parce que nous sommes tous directement concernés lorsque nous acceptons de vivre dans un monde qui toujours plus catégorise, sélectionne, enferme, élimine selon ses besoins sociaux et économiques.

    Parce que les évasions et les mutineries dans les centres fermés et les prisons, comme les attaques et sabotages contre la machine à expulser et à enfermer, sont autant de lueurs d’espoir pour ceux qui luttent, dedans comme dehors, contre tout ce qui nous opprime.

    Pour un monde sans frontières ni Etat

    Parce que si nous nous battons contre les lieux d’enfermement et d’exploitation (centre fermé, prison, école, travail...), ce n’est pas pour les améliorer mais pour les détruire.

    Parce que les frontières ne peuvent exister sans le racisme qui nous monte les uns contre les autres ; parce que les frontières, c’est aussi l’enfermement dans des communautés basées sur la religion et le nationalisme.

    Parce que les fameuses régularisations de sans-papiers ne font que créer des séparations et des hiérarchies entre ceux qui rentrent dans les normes d’intégration et répondent aux besoins de l’économie et ceux qui sont réduits à la clandestinité.

    Parce que la machine à expulser ne peut fonctionner sans les entreprises qui s’en foutent pleins les poches (Besix, Valens, Sodexo, Dalkia, ISS Cleaning, Banque de la Poste, SN Brussels Airlines, Air Maroc,...), sans les institutions qui s’occupent du tri entre ceux à exploiter ici et ceux à renvoyer là-bas (l’Office des Étrangers, Fedasil, la Croix-Rouge, tous les partis politiques sans distinction...)

    Parce que nous ne nous battons pour rien de moins que la liberté

    1er octobre 2010 à 19h Gare du Midi - Bruxelles


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  • Communiqué n° 4 : texte intégral de revendication de l’assassinat de Sokratis Ghiolias

       
    Σέχτα Επαναστατών Secte des Révolutionnaires Sect of Revolutionaries

    Traduit par Sylvie Haller Xylouris
    Edité par Fausto Giudice

     

    Le quotidien grec Ta Nea (Les Nouvelles) a publié le 28 juillet dernier le communiqué suivant de La Secte des Révolutionnaires revendiquant l’assassinat, le 19 juillet, du journaliste  Sokratis Ghiolias. Nous en publions la traduction dans un but strictement informatif (Tlaxcala).


    La Secte des Révolutionnaires a repris les armes. Dans le monde d'aujourd'hui la chose la plus violente est de rester passif. Toute notre vie est envahie par la violence. Et quand ce n’est pas la violence des flics, des centres de détention, des prisons, alors les choses sont encore plus sournoises. Nous parlons d’une violence sans effusion de sang. De la violence de l'image, de la publicité, du drogué consommateur, des psycho-impasses, de la solitude. Nous vivons dans des villes sordides, mangeons de la nourriture en plastique, sommes informés avec des nouvelles préfabriquées, achetons des produits standardisés, travaillons dans des emplois écœurants, nous extasions sur de petits objets personnels à l’intérieur de nos maisons à l’ameublement gai.

    Nous sommes fatigués de cette vie vide. Nous avons dit désormais ça suffit ... pas d’autres journées foutues... pas d’autres humiliations au travail ... pas d’autres prières empruntées pour le bonsoir1 ...

    Donc, il y a un an et demi, nous avons fondé la Secte des Révolutionnaires, qui est devenue notre moyen de sortir de ce putain de silence du monde-prison dans lequel nous vivions. Deux ou trois armes pour commencer, certains livres et quelques connaissances illégales sur les expériences du passé, combinés avec pas mal de « kilos » de détermination et la certitude de la conscience qui déclare : ou homme ou porc, ou combattant ou esclave, ou révolution ou compromis et démission.

    Et c’est ainsi que cela a commencé.

    Lorsque vous vivez dans une lutte sans fin, elle vous fait aiguiser vos capacités et votre réflexion, tandis que simultanément elle vous procure la satisfaction de vous être opposé au sort qu’ils vous ont destiné.

    Mais nous voulions quelque chose de plus ...

    Nous avions envie de bondir d’un saut dans le ciel. Après notre troisième coup, nous nous sommes nous-mêmes posé la question de l'intensification de notre action, ce qui impliquait quelques conditions préalables. Nous sommes donc passés dans une clandestinité créative, afin d’en sortir plus capables, plus efficaces, plus dangereux. Durant cette période, certains parmi nous se sont formés aux armes, d’autres ont appris de nouvelles techniques, ont lu, se sont renseignés à propos de situations de lutte inconnues jusqu’alors, ont échangé expériences et points de vue avec d’autres combattants et se sont pourvus dans le secteur du matériel technique.
     
    Parallèlement, nos combattants restants ne sont pas restés inactifs. Ils ont créé un réseau nécessaire d'informations, ils ont recueilli des éléments, se sont souciés de notre inactivité consciente et ont offert leurs services en vue de la Révolution et pour leur propre dignité.
    De sorte qu’à partir de maintenant nous voulons être terriblement cohérents avec ce que nous disons, et transmettre un message à tous les acteurs de premier plan de la société et leurs gorilles. «La Secte des Révolutionnaires ne vous laissera pas ne serait-ce qu’un millimètre de territoire en toute sécurité dans votre vie. Nos armes sont chargées et prêtes à "parler" ... Si les arguments font couler la sueur, les preuves feront se répandre le sang ...». Dorénavant nous ne parlons pas de propagande armée, mais de la mettre en pratique. Notre récente attaque n’était pas fondée sur la propagande, mais sur la décision de mettre fin à la carrière misérable de ce type.

    La lutte armée ne demande pas pardon et n’invoque pas l'hypocrisie de l'humanité et l'idéal de la vie humaine. La révolution est une guerre pour construire un code existentiel autonome loin de l'hypocrisie de la manière de vivre moderne.
    La vie humaine est une variable, une marchandise dans le monde du spectacle, qu’on met tantôt en pièces en l’exilant dans les cachots des prisons, dans des culs de sac solitaires, dans les substances addictives, et tantôt qu’on défend comme «l'idéal» perdu par les fusils des terroristes.

    Mais ce qui importe, ce n’est pas seulement si tu vis, mais également comment tu vis. La vraie valeur réside dans les choix que chacun fait dans sa vie. C’est là-dessus que nous sommes tous jugés. Ghiolias Sokratis a fait ses choix et nous les nôtres. Lui a choisi de vivre comme un rongeur2 dans le royaume boueux de son pitoyable monde, nous comme des loups sortis du troupeau.


    Voyons donc qui était véritablement le «sans méfiance » et « sans surveillance » Ghiolias Sokratis.

    De bonne heure introduit au sein de la peste journalistique, il a fréquenté pendant plusieurs années le maître du soi-disant journalisme indépendant de « révélations », Makis Triandafyllopoulos en tant qu’ami, collaborateur et rédacteur en chef de ses émissions. Parallèlement, il est resté « cadre » de la nouvelle école des championnats grecs.
     
    Championnats où il s'était spécialisé dans le commerce illégal de la dopamine (intime de Christos Tzekos, qui connait bien les « poudres »), dans les exploits dopés (témoin de mariage de Kostas Kenteris, à qui il proposa une couverture médiatique lors du fameux "accident" qu’il eut avec l’autre athlétodroguée Katerina Thanou) et naturellement dans le business des postes officiels et des emplois immérités de toute la clique championnesque bien connue, soit dans les forces de sécurité, soit dans l’arène politique (ami proche de l’athlétodéputé Koukodimou, de la candidate ratée Patoulidou, et d’autres). Chacun naturellement peut imaginer également les combines de tous ceux-là, avec un si précieux partenaire, Sokratis Ghiolias, dans la société nommée SEGAS3, dont tous les ci-dessus formaient les éminentes personnalités. En particulier à l’époque où a culminé la « vision nationale » des jeux olympiques de 2004, a commencé au SEGAS un grand festin autant avec « l’or » des commandites et celui des subventions publiques que celui des contrats financiers secrets passés sous la table avec des entreprises de grands travaux et de construction.

    Toutefois, le « sans méfiance »» Ghiolias Sokratis était polyvalent. Le même était un bigot notoire dans son milieu, et il fut visiteur permanent - en générant même une société bien connue. C’était un collaborateur de confiance de l'État du Mont Athos, tandis que, simultanément, la petite fiancée porteuse de soutane Ephraïm était son confesseur. C’est pourquoi, quand éclata le scandale bien connu des popes à Vatopédi 4, Ghiolias a toujours pris les devants comme bouclier de protection pour soutenir leur petit commerce.

    Le gars avait littéralement le crucifix en main.

    Ceci dit, la raison principale de notre visite chez lui a été la position dominante qu’il occupait dans la version électronique du nouveau journalisme.

    Avec la propagation rapide d'Internet, et la préférence croissante, en particulier des jeunes, pour y trouver des informations, les arnaqueurs connus du journalisme n’ont pas tardé à en profiter. Outre les sites d’informations officielles, qui sont habituellement la version électronique des journaux déjà connus, ont été créés les premiers blogs d'information. L'immédiateté de l'information présentée a été l'élément clé mis en avant par les sites Web populaires. Cette plus grande liberté d'expression a été utilisée également par des gens vivant sous des régimes totalitaires comme une tentative de briser la censure imposée par le gouvernement.
     
    Contrairement à ces personnes-là, ce même anonymat a été exploité par des journalistes du système comme Ghiolias, Papagiannis, etc., comme moyen d'extorsion et de diffamation en faveur des intérêts particuliers d'entreprises qui les financent. Notre action n'a rien à voir avec une opposition à l'anonymat des blogs, bien au contraire, nous lui donnons la priorité, et nous l’estimons indispensable comme bouclier de protection pour les ennemis du régime et comme une situation vraiment saine pour les milieux alternatifs autogérés de l’information. Pour Ghiolias, une chose est sûre, c'est qu’il ne se rangeait pas du côté des ennemis du régime, il était même un patron qui se cachait derrière l'anonymat du blog en l’utilisant pour sa propagande systématique.

    Ancien collaborateur du « batailleur » Maki Triandafyllopoulos, mais aussi digne partenaire de l'école de journalisme Kostopoulos-Anastasiadis (déculpabilisation du lifestyle actuel par une motivation à travers la réussite économique et le machisme moderne grec) Ghiolias avait ce qu'il fallait. D’un côté, le journalisme de la «sensibilité sociale», des «révélations» et des «plaintes», et de l'autre côté, l’agressivité dans le service, un cocktail de culot, le lifestyle avec vue du néo-conservatisme d’un fascisme voilé (ou également patent), d’une soi-disant satire, non pas simplement devant le pouvoir, mais surtout contre ceux qui n'ont pas de voix pour répondre à la boue qu’on leur lançait.

    Les attaques les plus grossières et les mensonges les plus diffamatoires sur la ville rebelle sont sortis dès la première ligne des publications du troktiko. Jusqu'à son frère Périclès qui, en tant que directeur du Prince Oliver, a répondu de manière provocante et, ironiquement, en paraphrasant les mots d'ordre de l'insurrection de Décembre, par un incendie criminel qui a visé son entreprise. Ce même patron du troktiko s’est nommé lui-même juge et à travers son blog a décerné des sanctions pour les personnes incarcérées. Après le divorce d’avec son mentor Makis Triantafyllopoulos, Ghiolias, désormais indépendant et dans une position ultra dominante dans la blogosphère journalistique, devient conseiller spécial de Dimitri Kontominas, qui fait partie de la mafia financière de la Grèce, et connu également par son implication dans ce scandale de l’interamerican 5. Dans cette dernière période, il a également travaillé en tant que directeur général de la station de Radio Thema, du gros bide dégénéré Themos Anastasiadis. La liste des sales histoires du clan journalistique, comme celle des conflits internes des journalistes vedettes et des éditeurs, illustrés parfaitement par le trio Thémos-Ghiolias-Kontominas, contre la confrérie Hadjinicolaou-Triantafyllopoulos-Kouri, pourrait remplir plusieurs pages.

    Le monde journalistique est un seau plein de merde qu’avec notre geste nous avons tout simplement allégé.

    Bien sûr, le patron de troktiko, en tant que ruffian professionnel, connaissait bien les conséquences probables et les «accidents du travail» qui pourraient lui arriver.
    Ghiolias Sokratis était tellement « sans surveillance » qu’il avait veillé tout seul à confirmer qu’il constituait un objectif… Surtout après la bombe à Patissia et la mort de l’Afghan, aussi bien lui que les mal-élevés qu'il avait comme collègues ont utilisé le camouflage de soi-disant commentaires anonymes de lecteurs sur troktiko, jusqu’à menacer ouvertement quiconque s’opposait aux mensonges de caniveau qu’ils diffusaient systématiquement.
     
    Plus précisément, et après que les photos exclusives du jeune mort avaient été publiées à la une, privilège d’une admirable collaboration de Ghiolias avec le contre-terrorisme, un « lecteur » de troktiko écrit en rapport à la colère s’accumulant sur sa personne, le « sans surveillance »… - à savoir ce que devraient faire Ghiolias et chaque Ghiolias. Qu’il ait une arme sur lui, et qu’il tire sur toute personne se déplaçant de manière suspecte, afin de protéger sa vie? - Mais ne devenons pas excessifs. Ghiolias n’avait pas besoin d’être touché lui-même pour être protégé. S’en chargeaient les deux escortes d’agents de sécurité qui lui avaient été attribuées et qu’il utilisait en alternance jusqu'à sa mort de porc à Katehaki.

    Plus précisément, Ghiolias, le "sans surveillance", le journaliste qui dénonça le système de protection des personnalités publiques en disant que la police devait être en état de combattre dans la rue et pas accompagner comme des Philippins des cibles potentielles, avait ses propres gorilles armés.
    Pauvres cons du contre-terrorisme, si vous pouvez, maintenant, démentez les informations suivantes ...
    Le patron du troktiko, quotidiennement du lundi au vendredi, durant ses déplacements avec une voiture de marque smart numéro de plaque IHP 5121 (qu’il a changée ces dernières semaines avec une autre smart numéro de plaque IMP 3142), était toujours accompagné par la moto de sécurité.
    Plus précisément, Ghiolias partait chaque jour de chez lui, au 21 rue Dédale, entre 12h10 et 12h25 pour se rendre à son émission radiophonique où il s’attardait toujours. Une vingtaine de minutes avant, la moto de l’agent de sécurité avec son cavalier s’approchait de chez lui et s’arrêtait à l’angle invisible entre la rue Nymphes et la rue Dédale, pour suivre la smart à une distance de 5-10 mètres quand il démarrait. Ghiolias disposait de deux gorilles philippins qui alternaient d’ordinaire chaque semaine. Le premier était jeune, 25-30 ans, avec un style fitness, en général il baillait aux corneilles en jouant avec son téléphone portable, et il conduisait une moto gris-noir, de marque TDM, tandis que le deuxième était plus expérimenté, la quarantaine grisonnante, son habitude préférée était de lire des journaux sur sa moto, de marcher comme s’il avait une pastèque sous les aisselles, et il conduisait une moto on-off transalp avec une plaque de circulation XXK389. Nous soulignons que Ghiolias, pour ne pas être stigmatisé par le voisinage à cause des escortes, les obligeait à se garer à l’angle avec la rue Nymphes (où ils ne passaient pas inaperçus), de manière à ce qu’il ne paraisse pas en contradiction avec tout ce qu’il écrivait.

    Les choses ont changé lorsque l’autre con a crevé à Katehaki. Apparemment, les nouvelles instructions, comme d’ailleurs le mandat des escortes de sécurité pour régler leur position et le parcours de la cible potentielle, ont donné aux gorilles la possibilité de changer de place. Ainsi, durant cette dernière période, la première moto d’escorte se garait juste devant l'immeuble du rongeur, contrôlant tous ceux qui passaient, alors que quelques minutes avant le départ de Ghiolias arrivait la deuxième moto. Puisque Ghiolias désormais condescendait à leur dire bonjour, ils se mettaient en route tous ensemble comme une belle « compagnie ». Habituellement, devant, la TDM, pour contrôler le parcours à une distance de 5-10 mètres, au milieu Ghiolias avec la smart, et derrière le quadra à la transalp.
     
    Notre idée initiale était de les atteindre ensemble. En utilisant un véhicule lourd, nous aurions éperonné la première moto en écrasant le gorille et avec une autre force de feu nous les aurions tous « descendus» 6. Nous connaissions exactement leur parcours, et la rue Makarios Ethnarchou qu’ils prenaient après la rue Dédale, avec les parterres de séparation, facilitait à merveille leur « abordage » et leur coinçage. Pourtant nous avons vite rejeté ce scénario, parce que concrètement cette rue idéale pour une telle embuscade est moyenne avec sa densité de trafic des voitures, des passants et deux voies de circulation, et comme conséquence des risques pour les autres gens, fait que nous ne recherchons jamais. Parce que la critique aigue que nous faisons de la décadence sociale est une chose, une autre étant le processus de ciblage. Nos objectifs sont toujours clairs et nos armes visent concrètement les têtes, raison pour laquelle nous ne prendrons pas le risque qu’il y ait erreur sur la personne frappée. Nous avons donc choisi d’aller chez lui, plutôt qu’il arrive n’importe quoi au cours d’une mêlée dans la rue et que soit touché un innocent. Ce qui a été dit exactement par l'interphone pour non seulement le faire descendre, mais le faire venir seul, sans être accompagné par son épouse, c'est quelque chose qui n’a pas besoin d’être divulgué pour plusieurs raisons. Mais ici, ajoutons : que le célèbre télépersonnage Iannis Marakakis, avocat dudeal et de Ghiolias, qui se montre sur les écrans de télévision pour clore quelque affaire, ne vienne pas nous les gonfler avec ses conneries à propos de la Secte comme façade pour une commande payée d’assassinat, parce qu’on lui rayera le visage, vu que nos balles sont plus précieuses que des imbéciles pareils. Pour en revenir au sujet, notons que nous avons également repoussé la possibilité de pénétrer dans l’immeuble et d’exécuter Ghiolias dans son appartement. Notre principale préoccupation, c’était de ne pas faire le moindre mal à sa femme et bien sûr au petit garçon.
     
    Chacun de nous a la fin qu’il mérite et les gens ci-dessus ne sont coupables de rien. En outre, la pratique des assassinats politiques est tout à fait claire et précise. Il ne sera jamais question de mêler ni de mettre en danger par une de nos agressions des gens de l’environnement familial ou des proches de la cible, qui n’ont pas de participation à ses choix ni à ses sales intérêts, même si cela nous oblige à annuler notre planning. Un guérillero urbain n’est pas un froid exécuteur. Quand il choisit de faire feu, il ne frappe pas la personne proprement dite, mais les choix d’un homme réel, la fonction qu’il occupe, les décisions qu’il a prises, les services qu’il a rendus. Ce n’est pas simplement une question de personne. Le combattant armé frappe les opérateurs du système qui désormais n'ont plus d’identité propre, mais une position concrète qu’ils défendent. Le combattant armé ne tire pas sur des gens, il tire sur le système lui-même.
     
    Ghiolias était l'un des nombreux noms de journalistes vedettes à propos desquels nous avons recueilli des renseignements concernant leurs maisons, leurs véhicules, leurs gardes, leurs chers restaurants préférés, et où ils vont jouer au tennis (tu la piges l’insinuation connard d’Hadji d’alter ?)

    Tous ces juges qui ont des micros et qui pérorent devant les caméras de télévision, ils jugent et ils condamnent, ils apprendront ce que signifie la peur qui va passer dans leur propre camp. Pour cela, parallèlement, un conseil aux témoins oculaires : que leur réponse à toutes les questions soit seulement celle-ci : « Je ne sais rien, je n’ai rien vu, rien entendu », n’importe quoi d’autre sera interprété comme une collaboration avec la police, et ceci n’est pas admissible.

    Enfin, nous voulons rappeler que, dans notre communiqué n° 3, nous avions écrit : «La tâche suprême et le devoir d'un guérillero urbain est de perturber l'intérieur du pays, de nuire à l'économie nationale, et de salir et déshonorer l’image extérieure publique ...».
     
    La grèce 7 se retrouve depuis des mois dans l'œil du cyclone avec le recours au FMI et son déficit économique. L'une des sources les plus lucratives de rentrée d'argent est la saison touristique d’été. Par l’exécution du journaliste en personne en combinaison avec les actions de guérilla de l’année dernière, nous croyons que nous avons créé une image négative à l'étranger de la sécurité du territoire grec, et que cela frappe l'industrie nationale du tourisme.
     
    Les touristes doivent savoir que la Grèce n'est plus en sécurité derrière les lignes arrière du capitalisme. Nous cherchons à la transformer en zone de guerre de processus révolutionnaires, avec des incendies criminels, des sabotages, des manifs militantes, des attentats à la bombe, des assassinats armés, et pas une destination de vacances et d’agrément. Nous sommes en guerre avec votre démocratie. En ce qui concerne la crise financière et la complainte de la société sur son sombre avenir, nous nous en foutons comme d’une guigne. Un monde qui se plaint des insupportables nouvelles mesures économiques, sans s’être d'abord révolté contre la médiocrité de sens de cette même vie dans le système, nous est indifférent, et il mérite ce qui lui arrive.

    Nous n'avons rien emprunté de votre monde pour avoir le sentiment de le perdre ou de lui être redevables.
    Si ce qui est en jeu dans la conscience des gens maintenant est la perte d'un salaire fixe et d’une retraite sûre, cela montre que ce monde est déjà mort. En premier, parce qu’il a perdu ses désirs, sa dignité, son amour-propre, ses rêves, sa conscience, ses sentiments, et alors pratiquement personne ne s’en est préoccupé. Mais quand ses demandes de prêt pour la misérable illusion de posséder sont menacées et qu’il se révolte, alors ses jours sont comptés.

    Nous, Secte des révolutionnaires, croyons que ce n’est que dans l'anéantissement de l'État et des structures existantes que peut émerger une nouvelle perspective de vie. Une vie de nouvelles relations humaines, sans pouvoir, sans frontières, sans religion, sans divisions. Une vie où ne commande pas l'argent et où ne règnent pas les biens. Une vie loin des fausses idoles, des contraintes et des conventions.

    Nous favorisons une nouvelle civilisation dont les valeurs sont dans l’égalité, la dignité, l'honneur, le respect mutuel, la solidarité, l’affranchissement. L'homme peut et doit créer un nouveau mode de vie et d'expression. Être en harmonie avec l'environnement naturel, être inondé d'émotions, s’abandonner aux plaisirs, être le créateur de son monde ... La communication humaine doit se délivrer des lignes téléphoniques et des écrans plats, les gestes humains doivent retrouver leur chaleur et se libérer des formalités et de la répétition, la vie doit devenir une errance pleine d’aventures, et doit se détacher de sa version bureaucratique. Bien sûr, tout cela semble utopique, si vous voilez toute votre action de vision future en ignorant le présent.

    Le miroir lui-même lui donne la réponse ...
    Ne demandez donc pas comment les choses changeront. Devenez vous-même la réponse à la question. Nous proposons l'anéantissement total et le nivellement des rapports de pouvoir de la culture dominante. Ce n'est que dans les décombres et les ruines des centres urbains modernes que peut s'épanouir une nouvelle façon de vivre. Les groupes rebelles sont la modeste préfiguration d’un tel avenir. Mais comme nous le disions dans notre précédent texte, même si ce futur n’advenait pas, nous en aurions la saveur, en vivant aujourd’hui selon notre propre manière peu orthodoxe. Et cette aventure, le voyage vers la libération en est digne à chaque instant ...

    De sorte que notre proposition est maintenant claire. Que ceux qui veulent refuser activement la tyrannie du système passent des paroles aux actes. Compagnons, organisez-vous, créez des groupes, réfléchissez à vos souhaits, armez-vous, lisez, communiquez, refusez les rôles et les dominations, abolissez le travail et passez à la stratégie de la lutte armée.

    Les guérilleros urbains actuels doivent surmonter l'héritage social du prolétariat et doivent se proclamer sujets révolutionnaires eux-mêmes pour eux-mêmes, pour leurs compagnons et pour tous ceux qui contestent réellement le coup d’État du pouvoir sur nos vies, en donnant préséance à la vie plutôt qu’aux analyses économiques. Dans le processus qui fait avancer la lutte armée, nous gagnons des moments de temps de liberté, car seuls ceux-ci permettent la reconquête de la dignité perdue et ouvrent la voie à une liberté intérieure. Ainsi, chacun peut reformuler son identité individuelle dans la vie commune et devenir un combattant armé de la révolution.

     «Jusqu'à présent - L’hiver nous remplit de tristesse, le printemps nous contamine et l'été, nous nous sentons asphyxiés. Au fil du temps, la puanteur des bureaux, des réacteurs, des usines et des autoroutes nous noie les narines. Nos muselières n’ont plus bon goût, c'est comme du saucisson emballé avec du câble plastique. La bière que nous buvons est viciée, de même que la morale bourgeoise. Nous ne voulons plus faire toute notre vie le même travail avoir le même visage. Certains nous ont donné des ordres, certains ont critiqué notre réflexion, nos idées, nos maisons et nos passeports, certains d'entre nous se sont cassé la gueule. Nous ne les laisserons pas davantage nous duper, nous réprimer, nous uniformiser.- ROUONS-LES TOUS DE COUPS- ...
    comme la plage du tun nichts (ne rien faire ...)
    (invitation d’autonomes allemands) 8

    P.S.1 : Parce que nous savons combien un porc en colère pue plus que d'habitude, disons deux petits mots à ces connards de l’équipe de DIAS9 : « Petites crapules, puisque vous jouez aux soi-disant voyous, à un certain moment par un certain hasard nous ouvrirons à l’un de vous de nouvelles boutonnières sur la combinaison. Et gardez ça à l'esprit, car nous avons un petit « problème » ... nous sommes terriblement cohérents dans ce que nous disons ...». D’ailleurs comme indice de nos intentions, c'est là que nous avons choisi de laisser notre déclaration, à une distance de 30 mètres à vol d’oiseau du poste de garde et de la façade de l'AT de Nicée.
     
    P.S.2 Pour tous les responsables de prison, directeurs, procureurs, personnel pénitentiaire et travailleurs sociaux, nous vous prévenons que si vous ne changez pas immédiatement d’attitude et si vous n’arrêtez pas de faire souffrir des prisonniers torturés, vous entrerez sur la liste de priorité de sorte que cela serve d’exemple à ceux qui restent. Surtout que pour certains d'entre vous nous savons même à quelle heure vous prenez vos pilules. Arrêtez vos voyouteries avec l'interdiction des autorisations et la suppression des visites aux prisonniers, respectez les prisonniers et ne violez pas leurs droits parce que dans une situation différente et à un moment inattendu, vous recevrez la visite des combattants de la Secte des Révolutionnaires, avec transfert immédiat vers l’autre monde.

    Combattants de la révolution, l'ennemi a un nom, cherchez les adresses ...

    LUTTE ARMÉE POUR L’AUTONOMIE REVOLUTIONNAIRE SECTE DES REVOLUTIONNAIRES

    Ndt

    [1] Cela fait penser au negro spiritual «No more auction block for me, no more, no more…»,cf.http://www.negrospirituals.com/news-song/no_more_auction_block_for_me.htm 

    [2]  Référence au nom de son blog, troktiko, rongeur. (NdT)

    [3] SEGAS pouvant apparaître comme un acronyme de son nom… À voir la page de présentation de la société (http://www.segas.gr/segas/fMain.aspx), on comprend tout de suite que c’est et cela a été une gigantesque pompe à fric.

    [4] Vatopedi est THE monastère du Mont Athos. Cf. l’article sur wikipédia (http://en.wikipedia.org/wiki/Vatopedi_monastery) le concernant, dont voici un extrait : «Land deal controversy - In September 2008, the monastery was implicated in a real estate scandal. The monastery traded low-value land for high-value state property in a deal with the New Democracygovernment of Prime Minister Kostas Karamanlis. The cost to the state is believed to have been at least €100 million; after the story became public, the government cancelled the land deals and two ministers resigned. Additionally, Parliamentvoted unanimously to set up a commission to investigate the deal».

    [5] L'ancien président de la compagnie d'assurance Interamerican, Dimitris Kontominas, ainsi que des membres du conseil d'administration, ont été interrogé par un magistrat dans le cadre d'une enquête sur un détournement de fonds entre 1996 et 1998,  suite à des plaintes de Grecs vivant en Allemagne, Afrique du Sud, Belgique et aux Pays-Bas qui avaient contracté des assurances, plus tard été déclarées sans valeur.

    [6] En grec « cousus » : référence probable à la couture d’un linceul.

    [7] Minuscule dans l'original

    [8] Allusion possible au Congrès Tunix (jeu de mot avec tun nichts) de janvier 1978 à Berlin, qui lança les mouvements autonomes et alternatifs en Allemagne.

    [9] Dias = Zeus ; plusieurs « objets » portent ce nom, par exemple DIAS est un logiciel de gestion pour les petites entreprises, cf : http://www.diassoftware.gr/. Egalement beaucoup d’entreprises dans les BTP. Mais il s’agit très certainement d’une compagnie d’investissements, dont on trouve la présentation en anglais ici http://www.diasfund.gr/default.asp?siteID=1&pageID=1&langID=2





    Merci à TA NEA
    Source: http://www.tanea.gr/default.asp?pid=2&ct=1&artid=4586575
    Date de parution de l'article original: 28/07/2010
    URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=1356


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  • Mapuches, les Chiliens dont on ne parle pas



    Alain Devalpo


    Ils sont chiliens. Ils sont une trentaine. Ils sont privés de liberté et en danger de mort, mais ce ne sont pas les mineurs bloqués dans une mine du nord du Chili dont les médias relatent le calvaire. Ce sont les « PPM » – les « prisonniers politiques mapuches », tels qu’ils se définissent eux-mêmes –, en grève de la faim depuis le 12 juillet dans les pénitenciers du sud du pays.
     

    Le Chili renâcle à reconnaître sa composition multiculturelle et laisse peu d’espace d’expression à ses huit peuples autochtones. La convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), seul accord international relatif aux peuples indigènes, n’est entrée en vigueur qu’en septembre 2009. Le fait que Mme Michèle Bachelet, présidente du pays de 2006 à 2010, ait tenu cet engagement de campagne, ne peut occulter qu’elle en a oublié un autre : celui de ne plus appliquer la législation antiterroriste aux militants mapuches. A la veille de trois procès les concernant, les PPM ont lancé le plus important mouvement collectif de grève de la faim que ce pays ait connu. Ils dénoncent l’acharnement des autorités à qualifier de « terroristes [1] » des pratiques communes au reste du continent — occupations de propriétés d’entreprises ou de grands propriétaires par des groupes ethniques paupérisés [2].

    Du zapatisme mexicain à l’indigénisme de M. Evo Morales en Bolivie, depuis les années 1990, les revendications des peuples autochtones gagnent du terrain dans toute l’Amérique latine. Reconnaissance, dignité et volonté de s’émanciper sont les points communs à toutes ces luttes qui privilégient une relation à la « terre-mère » inconcevable pour la pensée libérale. Cette philosophie, partagée par les « mapu-che » (« gens de la terre »), s’oppose souvent aux intérêts économiques des classes dirigeantes. C’est le cas au Chili.

    La première grande bataille débute au tournant du millénaire. Dans la région du Haut Bio-bio, au cœur des Andes chiliennes, des Pehuenches (Mapuches de la Cordillère) contestent la construction du barrage hydroélectrique El Ralco par la compagnie espagnole ENDESA. Durant des années, Mmes Nicolasa et Berta Quintremán vont tenir tête à un mastodonte de la globalisation et au gouvernement chilien pour sauver leur territoire. Le combat des sœurs Quintremán a un retentissement national et international. Malgré le soutien de nombreux secteurs de la « société civile », les communautés Pehuenches ne parviennent pas à arrêter le projet. Elles obtiendront un dédommagement.

    Cette lutte réveille le sentiment d’injustice au sein des communautés confrontées à la voracité de grands propriétaires, d’entreprises forestières ou d’industriels de la salmoniculture. Dans le sillon des deux « anciennes », les jeunes, victimes de discriminations quotidiennes, se mobilisent… de façon pacifique [3].

    Pour enrayer cette menace, l’oligarchie chilienne sort casques, boucliers et matraques : la violence se fait étatique, à la hauteur des intérêts financiers en jeu. Elle profite d’un arsenal législatif qui provient directement de la dictature… et qui fut réactivé par la Concertation (coalition de centre-gauche qui s’installe au Palais de la Moneda, le palais présidentiel chilien, de 1989 à l’élection de M. Sebastián Piñera, en décembre 2009). Alors que certains de ses membres avaient fait les frais de cette législation anti-terroriste instaurée sous Pinochet, la coalition fait usage des mêmes lois pour bâillonner les populations indigènes, au grand dam des défenseurs des droits humains [4].

    Depuis des années, ces derniers dénoncent des lois d’exceptions qui valident des détentions préventives à rallonge, le recours à des témoins « sans visages », anonymes, payés par la police pour dénoncer les militants les plus actifs, et qui condamnent à de lourdes peines des Mapuches accusés de banals incendies de véhicules. Ces protestations ont été relayées par l’Organisation des Nations unies (ONU). En 2007, le Comité des droits de l’homme, puis, en 2009, le rapporteur spécial sur la situation des droits et des libertés des autochtones, M. James Anaya [5], ont dénoncé les politiques de discrimination raciale en vigueur.

    Mais l’impasse est d’autant plus avérée que, sur le plan politique, les Mapuches se heurtent au blocage des élites de Santiago, lesquelles verrouillent tous les chemins débouchant sur un espace de décision. L’arrivée au pouvoir d’une droite sans complexe, alliée aux barons de « l’ère Pinochet », ne pacifie pas la situation.

    M. Piñera, le « Berlusconi chilien », ne se préoccupe pas plus du sort du peuple mapuche que ses prédécesseurs. En témoignent les suites du violent tremblement de terre de décembre 2009, dont l’épicentre se situe à la limite nord du pays mapuche. Alors que les communautés côtières ont été ravagées par les tsunamis postérieurs à la secousse tellurique, l’Observatoire citoyen [6], une organisation non gouvernementale (ONG) basée dans la ville de Temuco, observe qu’elles figurent au nombre des grands oubliés de la reconstruction.

    Parallèlement, le gouvernement Piñera intensifie la répression. Les descentes musclées de bataillons de carabineros se multiplient dans les communautés. Depuis 2002, trois jeunes militants ont été tués par la police. Les arrestations sont légions et les autorités évoquent une « internationale du terrorisme » : le mouvement mapuche se voit mis sur le même plan que la guérilla colombienne.

    De tout ceci, les grands médias – proches du pouvoir économique – ne parlent pas. Ni de la grève de la faim des militants mapuche. Seuls certains sites Internet [7] acquis à la cause mapuche relaient leurs témoignages et revendications.

    Les semaines passant, la volonté des détenus ne faiblit pas. Leur santé, si. Des organisations reconnues ont fait part de leur inquiétude. Amnesty International a dénoncé le recours à la force pour nourrir les détenus : M. Piñera n’eut d’autre choix que de réagir.

    Il appelle désormais à la « réouverture » d’un dialogue qui n’a jamais été engagé. Il promet une réforme imprécise des vestiges de la dictature. Les prisonniers, eux, souhaitent l’abrogation de la loi antiterroristes. Ils ont été rejoints, début septembre, par deux autres prisonniers. Tous se souviennent qu’en 2008, la Chepa [8] (« la lionne »), militante mapuche, avait jeûné 112 jours avant d’obtenir quelque avancée.

    Notes

    1. « Communiqué public des prisonniers politiques mapuche en grève de la faim à la prison d’El Manzano à Concepcion », Réseau d’information et de soutien au peuple mapuche.

    2. Voir le photoreportage de Fred Jacquemot et Alain Devalpo, «Résistance mapuche».

    3. Lire Alain Devalpo, « Opposition pacifique des Mapuches chiliens », Le Monde diplomatique, février 2006.

    4. « Chile : Terror Law Violates Due Process for Mapuche », Human Rights Watch (HRW), 27 octobre 2004.

    5. « Informe del Relator Especial sobre la situación de los derechos humanos y las libertades fundamentales de los indígenas, James Anaya » (PDF), Assemblée générale des Nations Unies, Conseil des droits de l’homme, 5 octobre 2009.

    6. http://www.observatorio.cl

    7. Voir le site Mapuexpress

    8. Lire « Portraits de femmes mapuches, prisonnières politiques », Réseau d’information et de soutien au peuple mapuche, décembre 2003.

     





    Merci à Le Monde diplomatique
    Source: http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-09-15-Mapuches
    Date de parution de l'article original: 15/09/2010
    URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=1396


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