• Brève analyse comparée des grands médias français au lendemain des élections législatives vénézuéliennes

    Samuel METAIRIE

    N’étant ni vénézuélien, ni présent sur place, je clique, via mon ordinateur sur les liens des versions web des grands journaux proposés par Google Actu en ce lundi 27 septembre 2010. Et oui, nous dit-on, il faut se tenir informés. C’est important de lire la presse. Pardon, que dis-je ?! C’est important, de lire la vérité. Ça produit de l’échange, du lien social, et génère une meilleure compréhension du monde, ce qui est capital dans une société mondiale à l’avenir instable, nous dit-on même dans les amphis.

    Comme nous savons, maintenant que l’information à l’ère numérique de la communication où les idées doivent se diffuser rapidement pour qu’un organisme de presse soit rentable, nous devrions aussi savoir qu’il est possible, au demeurant, que ce qu’on lit est toujours orienté voir tronqué. Qu’un article peut être truffé de manière consciente ou inconsciente de raccourcis idéologiques ou professionnels, par soucis déontologique d’autocensure du journaliste. Alors, puisque le temps s’offre à moi en cette journée ensoleillée d’automne, voici que je me lance dans la lecture des journaux français les plus connus, pour comparer la manière dont le même sujet sera traité par tel ou tel organisme d’information (parler d’information a autant de sens que d’affirmer qu’un journaliste exerce librement sont métier en France en 2010).

    Ce, tout en se disant que derrière chaque paragraphe, se cache un mécanisme inconscient de manipulation des cerveaux. Ce rouage, latent, -apparu dès la naissance de la presse sous Napoléon Ier, dont nous sommes tous habitués dans une France apôtre d’un journalisme libre, indépendant et démocratique et qui ne formate pas l’opinion publique-, n’a jamais été aussi bien huilé que dans nos temps contemporains. L’actualité de ce jour, pour qui a décelé la brèche dans la coque de la duperie communicative, permet en beauté d’assister lamentablement au concert antisocialiste de la grande presse française, dont les plus grands industriels et marchands d’armes dirigent les entreprises si consciencieuses du journalisme d’investigation…

    Voici donc, après ces palabres introductrices numérisées sous forme de cri de gueule d’un chien enragé à qui on enlève l’os de la bouche, voilà que je déplie la couverture médiatique, et stupeur ! Que vois-je ? Les résultats des élections législatives vénézuéliennes traités par les journaux de référence. Classe, il se passe quelque chose en Amérique Latine ! Ca va plaire à la jeunesse dorée française ça, celle qui n’aime pas Chavez, mais qui pourtant est de sensibilité de gauche modérée, militante au PS contre Sarkozy mais sans savoir pourquoi parce que finalement il augmenté le salaire de papa.

    Ces journaux de références, donc, ceux qui ne sont pas taxés de désinformation subjective, et annoncés comme autant de lecture fortement conseillée pour avoir un esprit critique, à savoir Libération, Rue89, Le Figaro, L’Express, Le Monde, Nouvelobs, sont autant de canards considérés tant ici-bas comme des journaux idéologiquement différents. Après la lecture de trois ou quatre articles, (ce genre de papier sur les élections au Venezuela ne doit surtout pas être trop long, il ne faut pas en dire trop, mieux vaut occuper le temps de cerveau disponible avec un amoncellement de faits divers à fortes émotions), on jette la couverture, elle est moisie. Le vocabulaire, les recopiages intacts de paragraphes entiers, les références historiques, économiques et politiques du pays erronées, messages mensongers et insidieux, tout y est.

    Tous les journaux, même rue89, qui s’affiche journal militant pour une meilleure information, parlent de la fin  de l’hégémonie du Parti socialiste de Chavez, en décrivant une percée de l’opposition suite à cinq années où le pays fut dirigé sans opposition (normal, la droite avait boycotté les élections, comme le PS en France l’a déjà fait à l’Assemblée...). Parle-t-on de l’hégémonie sarkozyste dans la presse française ? Si un certain F. Fillon affirme que notre hyper-président n’est pas son mentor, on se demande pourquoi déclare-t-il de telles allégations, puisqu’aux yeux de la presse, et puisqu’ensemble tout est possible, la majorité UMP a été démocratiquement élue par les français (53% de 20 millions de suffrages exprimés, ce qui fait peu de français). Ah pardon, j’avais, en lisant que la gouvernance de Chavez se déroule sans parti d’opposition à l’Assemblée depuis 2005, commis la faute de remplacer les noms Chavez par Sarkozy à deux années près.

    Même si le fait que les suffrages exprimés en faveur du PSUV soient moins nombreux qu’en 2005 était vrai, c’est la manière d’aborder le sujet par les journalistes qui est critiquable.

    Depuis douze ans que Chavez est au pouvoir au Venezuela, il est très récurrent de lire que ce dernier se comporte comme un despote, un dictateur qui opprime sa population et qui nargue les économies du monde après avoir nationalisé ses entreprises, un chef militaire anti démocratique qui tente d’instaurer un pouvoir hégémonique à vie. Mitterrand, siégea à l’Élysée pendant quatorze ans…

    Simple détail à rappeler, c’est qu’il est une question d’enjeux idéologiques et politiques que de proférer des attaques contre le Venezuela (ou la Bolivie, l’Equateur), plutôt qu’une question de réflexion autour de la gestion publique de son pays et de sa population. Je ne suis jamais allé en Amérique Latine, je ne peux donc avancer l’idée que le peuple vive bien sous le régime socialiste de Chavez, ni même qu’il est un bon président. Et le jugement personnel le plus approprié que je puisse avoir à propos d’un quelconque régime ne concerne que mon pays, ou ce que j’observe de moi-même à l’étranger, non ce qu’on nous dit d’un pays étranger dans un quotidien ou je ne sais quel autre hebdomadaire à grand public.

    Mais il semble tout de même que les journaux occidentaux du monde capitaliste ont pour rôle de détourner l’information concernant chaque pays où un modèle économique différent a été mis en place, afin que l’opinion publique pense fidèlement et fermement que notre économie de marché capitaliste et libérale est la moins pire, voire la mieux. Question de séduction idéologique. D’ailleurs, contemplez la beauté cynique avec laquelle Le Figaro précise qu’il serait mieux que les vénézuéliens choisissent un président libéral, qui, lui, ferait fonctionner l’économie et la sécurité : "Le pays est régulièrement victime de pannes de courant électrique. Le Venezuela est le seul pays d’Amérique latine en récession malgré ses richesses pétrolières et il connaît une inflation de 30 %. Enfin, la violence atteint des niveaux terrifiants, avec deux morts par balle chaque heure !" L’art de réunir en une seule phrase trois problèmes différents, inhérent à chaque société, explicables par de multiples variables économiques et sociologiques, et n’ayant aucune relations étroites entres-elles pour les analyser. Mais ça marche.

    Une autre phrase est intéressante : "Les médias gouvernementaux accordent une très large place à la propagande officielle." Ça se passe de commentaires…Heureusement qu’en France, nous avons des médias privés et indépendants, nous la propagande, on ne connaît pas ! C’est quoi d’ailleurs la propagande, un truc de gauche ?

    A propos, plutôt que de parler du "score" du parti au pouvoir, les colonnes traitent de celui de l’opposition. Ce procédé rédactionnel de placer dans la phrase en premier lieu "la percée de l’opposition" et non le résultat du dépouillement de la classe politique au pouvoir, met bien en exergue quelle prédominance politique serait préférable à leur yeux, ou plutôt, les articles laissent à penser que leurs rédacteurs se féliciteraient d’un changement de couleur politique en 2012. Bref, lorsqu’il y a une élection Vénézuélienne, les journaleux se penchent sur les suffrages de l’opposition (c’est à dire, les partis néolibéraux, paillassons des États-Unis) et se félicitent d’une perte de " l’hégémonie de Chavez" qui aurait eu "une victoire en demi-teinte". Et cela se vérifie d’un journal à l’autre, du Figaro à Libération, en passant par Le Monde ou Le Nouvelobs.

    De plus, d’un torch**journal à un autre, les phrases et paragraphes sont copiés-collés, mêmes mots, mêmes phrases. Ce n’est pas difficile d’écrire et signer un article en France aujourd’hui, et d’être payé à la fin du mois. Il suffit pour ce faire, de recopier les hiéroglyphes de l’AFP. Le journalisme du 21ème siècle n’analyse plus l’information, et l’on ne s’en cache pas : « …selon l’AFP », peut-on lire à la fin des citations des dirigeants. Petit exemple parmi tant d’autres : dans la plupart des articles lus traitant du sujet, on retrouve la phrase "Le Conseil national électoral (CNE) n’a pas diffusé la proportion des voix recueillies par les différents blocs, mais des candidats ont revendiqué 52 % des voix pour l’opposition, ce qui voudrait dire qu’elle aurait perdu la majorité tout en obtenant plus de suffrages."... (Libération, Le Figaro, Le Monde) merci l’AFP, de faire gagner du temps à la circulation des informations…et donc de l’argent aux patrons de presse Dassault, Bolloré, Arnault et Lagardère !

    Le PSUV perd des sièges, avec 66% de participation, il obtient ("seulement") 90 sièges PSUV sur 165. Soit. En comparant avec nos élections ici en France, sans vouloir tomber dans le travers d’un panégyrique pro-Chavez, quand il y a plus de 66% de participation, ce qui n’arrive jamais, et que l’UMP obtient 55% des voies, les mêmes journaleux scandent le "triomphe de la démocratie", et (non pas la percée de l’opposition, mais) la confirmation par le peuple qu’il est heureux de la politique de l’UMP. Et pas un mot sur les partis dits d’opposition français muselés par le pouvoir. Lorsque les ténors du parti socialiste vénézuélien scandent que « le peuple a parlé », c’est de la propagande d’État.

    Lorsque les Copé, Bertrand, Fillon et compagnie disent la même chose au micro un soir de 2007 (la dernière fois qu’ils aient remporté une élection législative…), c’est une victoire légitime de la citoyenneté. Rappelez-vous, c’était il y a trois ans, où l’hémicycle se remplissait à 54% de costumes bleus sur la droite…Il s’agissait d’un sursaut démocratique en France, grâce à 60% de participation politique au vote. C’est bizarre, mon esprit, d’un coup, ne parvient pas à saisir pourquoi alors, un parti vénézuélien remportant 55% des suffrages exprimés avec une participation de 66.5%, est le résultat d’un plébiscite dans une dictature autoritaire. Vous, voyez-vous ? Ah oui, suis-je bête, la presse est jalouse de ne pas voir la France faire partie de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole !? Plus sérieusement, elle a intérêt, comme pendant la Guerre Froide, à ce que les régimes socialistes d’Amérique du Sud soient renversés, que des dictatures néolibérales et pourquoi pas des régimes militaires remplacent Chavez en 2012 afin que Dassault puisse continuer d’inonder en armes les pays les moins riches, et ensuite expliquer au Figaro que l’insécurité règne en Amérique Latine.

    Un événement politique à graver dans l’histoire de la propagande française ! Si l’on considère le Venezuela comme une dictature, que l’on en fasse de même pour la France !

    Voila j’ai éteins la page Google-actu, je suis rassuré, l’opposition gagne du terrain au Venezuela, belle et bien en route pour chasser par les urnes (ou la rue et l’insurrection) un hyper-président autoritaire, démagogique, populiste et harangueur de foules. Et en France ?

    Samuel Métairie
    http://sam-articles.over-blog.com.

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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
     

    Durant la semaine du 16 au 22 septembre :

    • les FOI ont exécuté extrajudiciairement un Palestinien dans le camp de réfugiés de Nour Shams, près de Tulkarem ;
    • des gardes des colonies israéliennes ont tué un Palestinien et blessé deux autres dans le village de Silwan, à Jérusalem ;
    • les FOI ont continué d’utiliser la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
      • 2 mineurs palestiniens et 2 militants des droits de l’homme ont été blessés ;
      • elles ont arrêté 2 Palestiniens et 2 militants des droits de l’homme ;
    • les FOI ont lancé des frappes aériennes contre des cibles civiles dans la bande de Gaza :
      • un magasin et un manoir ont été détruits ;
    • les FOI ont mené 37 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
      • elles ont arrêté 38 Palestiniens, dont 7 mineurs ;
      • elles ont pénétré par la force dans une école à Hébron et arrêté deux élèves ;
    • Israël a poursuivi ses mesures visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem :
      • les FOI ont commencé la construction d’une nouvelle section du mur d’annexion dans le camp de réfugié de Shu’fat ;
    • Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
      • les FOI imposent un bouclage total sur les TPO jusqu’à fin septembre, en raison des fêtes juives ;
      • les troupes israéliennes stationnées sur les check-points de Cisjordanie ont arrêté au moins 7 Palestiniens ;
    • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation en Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :
      • elles ont remis des avis à 8 Palestiniens du village de Deir Ballout leur ordonnant de stopper la construction de leurs maisons ;
      • les colons ont arraché 70 pieds de vigne à Hébron.


    (JPG)

    Les résultats d’une frappe aérienne israélienne sur une maison qui appartient à ‘Atwa Abu Sitta, à Khan Yunis - Bande de Gaza - 16 septembre 2010

    Violations israéliennes recensées durant la période du 16 au 22 septembre 2010


    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 16 septembre

    Vers minuit 10, les FOI investissent le village d’‘Azzoun, à l’est de Qalqilya, et patrouillent dans les rues pendant quelques temps avant de se retirer. Vers minuit 25, incursion dans Kufor Qaddoum, même secteur, même opération.

    Minuit 35, l’aviation israélienne tire 2 missiles sur un atelier de 350 m² utilisé au décapage de matériaux de construction appartenant à Ayman Darwish al-Agha dans la localité d’al-Satar al-Gharbi au nord de Khan Yunis. L’atelier est entièrement détruit et une petite fabrique d’outils agricoles, plusieurs maisons et des serres ont été endommagées. Selon al-Agha, son atelier ne travaillait plus depuis un an par manque de matériaux. Il estime les dégâts à 17.000 dollars U.S.

    Minuit 45, l’aviation tire 2 missiles sur une maison de 200 m² appartenant à ’Atwa ’Abdul Karim Abu Sitta, dans laquelle vivaient 7 personnes. Elle était sise à Qouz al-Lahham au sud-ouest de Khan Yunis. Inhabitée au moment du bombardement, elle a été entièrement détruite. Les 2 bassins jouxtant la maison et servant à la pisciculture ont été endommagés.

    1 h, les FOI pénètrent dans la localité de Qabatya village au sud-est de Khan Yunis. Plusieurs maisons sont fouillées. Ahmed Hisham Kmayel, 26 ans et Yousef Ahmed ’Assaf, 27 ans, sont arrêtés.

    Vers 1 h 30, incursion dans Hébron où l’armée d’occupation perquisitionne un certain nombre de maisons et arrête 3 Palestiniens :

    1. Sufian Hashem Jamjoum, 37 ans ;
    2. Mustafa Kamal Shawar, 55 ans, et,
    3. Marwan al-Sarsour, 30 ans.

    Vers 2 h, incursion dans Beit Liqya, à l’ouest de Ramallah, et vers 2 h 30, dans Bir Zeit, au nord. Vers 11 h 20, à nouveau ‘Azzoun, et ‘Izbat al-Tabib, puis vers 15 h 50, dans Brouqin, à l’ouest de Salfit, et 18 h 40, dans Marda, au nord. Dans toutes ces communes, l’armée s’en tient à patrouiller dans les rues pendant quelques temps.

    Vendredi 17 septembre

    Incursion vers 1 h 30 du matin dans Hébron, l’armée fouille des maisons et arrête ‘Alaa’ ‘Aahed al-Baqali, 26 ans.

    Puis vers 2 h, dans le camp de réfugiés de Nour Shams, à l’est de Tulkarem. Elle exécute extrajudiciairement un membre du Hamas (voir ci-dessous la section sur les exécutions extrajudiciaires). Elle fait irruption également dans un certain nombre de maisons et arrête 11 sympathisants du Hamas :

    1. Nidal Bassam Abu Zarifa ;
    2. Ahmed Yousef ’Assas ;
    3. Tayseer Mahmoud Jaber ;
    4. Mohammed Ahmed al-Ghoul ;
    5. Kamal Mahmoud Masharqa ;
    6. Mohammed Hafez Abu Dayya ;
    7. Ashraf Mahmoud Fouda ;
    8. Mohammed Mahmoud Abu al-Khair ;
    9. Usayd Waleed ’Ali ;
    10. Nidal Yousef Abu Hilal, et
    11. ’Aassem ’Ali Abu Daya.

    Et vers 3 h, l’armée rentre dans Tulkarem et pénètre dans la maison de Mohammed Yasser al-Jayoussi, 32 ans, dans le quartier d’al-Sawana, à l’est dans la ville, et l’arrête.

    Dimanche 19 septembre

    Vers minuit, incursion au nord de Ramallah, dans Deir Ghassana ; puis vers 1 h 30, dans Yasouf, à l’est de Salfit, où l’occupant fouille la maison de Mahmoud Raja ‘Abdul Fattah, 22 ans, et celle d’‘Imad Mahmoud Raja ‘Abdul Fattah, 28 ans, et convoque les deux personnes pour enquête.

    A l’ouest de Ramallah vers 2 h, incursion dans Kharabtha al-Misbah où l’armée arrête 4 Palestiniens, dont 2 mineurs :

    1. Ameer Hassan Zaid, 19 ans ;
    2. Anas Rabee’ Zaid, 15 ans ;
    3. ’Alaa’ Hassan ’Alqam, 15 ans ; et
    4. Mohammed Harb Hussein, 22 ans.

    Puis vers 13 h, dans Bidya, même secteur ; 14 h, dans Kufol Hares, au nord de Salfit ; 14 h 45, dans Bil’in, à l’ouest de Ramallah, l’armée y patrouille en provoquant les habitants, des enfants se rassemblent et lancent des pierres sur les véhicules de l’armée d’occupation, aussitôt les soldats répliquent en tirant sur les enfants, sans faire de victimes.

    Incursions à l’est de Qalqilya vers 19 h à Hijja, vers 21 h dans Nabi Elias, et vers 22 h 15 dans Kufor Qaddoum.

    Lundi 20 septembre

    Incursion dans Tulkarem et dans le camp de réfugiés vers minuit 15 ; vers 1 h, dans le village de Seilat al-Zaher au sud de Jénine où l’armée arrête 2 Palestiniens :

    1. ’Adnan Mohammed Maloul, 30 ans, et
    2. ’Allam Ma’zouz al-Kailani, 24.

    Vers 1 h 15, dans Qabatya, au sud-est de Jénine, où l’armée fouille maison de ‘Imad Subhi Malaisha, 208 ans, et l’arrête.

    Vers 1 h 30, dans Kufor Ra’ei, au sud-ouest de Jénine, même opération chez Nabil Sa’ad Diab, mais sans arrestation ; au même moment dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine avec fouille de nombreuses maisons, et dans Yassouf au nord-est de Salfit ; puis vers 2 h, dans le quartier d’al-Sheikh à Hébron où l’armée pénètre dans la maison de Zakaria ‘Ali al-Ja’bari, 40 ans, et l’arrête.

    En début de la matinée, l’armée investit Silwan, au sud de la vieille ville de Jérusalem. Elle fait irruption dans différentes maisons et arrête 4 Paletiniens, dont 2 mineurs :

    1. Ahmed Na’im Muhaisen, 20 ans ;
    2. ’Alaa’ Hassan Diab, 21 ans ;
    3. Muneer Kayed Mahmoud, 16 ans, et
    4. Khaled Bilal Muhaisen, 17 ans.

    6 h 30, les vedettes garde-côte stationnées au large de Beit Lahiya font feu sur des bateaux de pêche aidées en cela par des fusées éclairantes. Pas de victimes.

    Vers 7 h 30, l’armée entre dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya, patrouille dans les rues et se retire ; vers 10 h, dans Yassouf au nord-est de Qalqilya où elle contrôle et interroge de nombreux Palestiniens dans les rues ; et vers 20 h, dans Zeita au nord de Tulkarem.

    Mercredi 22 septembre

    Incursion vers 1 h dans Bethléhem : fouille de la maison de Hassam Hassouna Shouka, 23 ans, qui est arrêté ; vers 1 h 30, dans Housan à l’ouest de Bethléhem, avec l’arrestation de Mohammed Ma’arek Hamamra, 21 ans ; vers 2 h, dans Faqqou’a, à l’est de Jénine, arrestation de Ahmed Lafi Salama, 19 ans.

    Région de Hébron : incursion vers 3 h, dans le camp de réfugiés d’al-‘Arroub, au nord de la ville. L’armée investit la maison de Mohammed ‘Abbas Abu Raya et arrête son fils ‘Ali, âgé de 16 ans. Elle confisque également le téléphone portable de l’enfant. Le père, pensant que les FOI ont emmené son fils au poste militaire dans la colonie d’Etzion, au sud de Bethléhem, il s’y rend dans la soirée, pour s’informer sur son fils. Un policier israélien lui dit qu’il doit payer une amende de 1 500 NIS (plus de 300 €) pour que son fils soit libéré, ceci parce que celui-ci a lancé des pierres. Comme les banques et les bureaux de poste sont fermés à cette heure-là, le policier propose de payer en argent liquide. Une fois que le père a versé l’argent, l’enfant est libéré et son portable lui est rendu.

    Vers 7 h 20, un jeune colon israélien provoque des écoliers palestiniens qui se rendent à l’école dans Hébron. Les FOI et le père du colon sont sur les lieux et voient ce qui est en train de se passer. Le père va prétendre ensuite que son fils a été battu par deux élèves de l’école Ibrahimiya, et demande aux FOI d’intervenir et d’arrêter les deux élèves. Vers 9 h, les FOI font irruption dans la cour de l’école, accompagnées des colons. Des enseignants tentent de les empêcher d’entrer dans le bâtiment de l’école. Cependant, vers 9 h 40, elles investissent le bâtiment pointant leurs armes sur les professeurs et les élèves. Elles arrêtent Anas ‘Aaraf Jaber et Diaa’ ‘Eissa Bishr, tout deux âgés de14 ans. Elles les emmènent au poste de police proche de la colonie de Kiryat Arba, au sud-est d’Hébron, et les interrogent. Elles permettent à un enseignant d’accompagner les deux enfants. La police israélienne finalement les libère vers 1 h 15, après les avoir avertis de « cesser ces actes suspects ».

    Un civil palestinien tué par un garde des colonies israéliennes dans Silwan

    Mercredi matin, 22 septembre, un garde des colonies israéliennes à Silwan, au sud de la vieille ville de Jérusalem-Est, abat Samer Mahmoud Sarhan, 32 ans. Le garde tire à plusieurs reprises avec son pistolet sur des civils palestiniens, tuant Sarhan et blessant deux autres Palestiniens. La police israélienne prétend que le garde a été heurté par un de ces containers d’ordures en feu placés dans les rues par les Palestiniens. Elle ajoute que ces civils ont lancé des pierres sur le garde, de sorte que celui-ci a dû faire feu avec son pistolet par la vitre de sa voiture. Pourtant, des témoins réfutent ces affirmations, et insistent sur le fait que le garde était descendu de sa voiture et avait fait la chasse aux Palestiniens. Il a tiré sur eux à trois endroits différents, alors même que ces civils n’étaient plus dans la rue.

    D’après l’enquête conduite par le PCHR, il est environ 3 h 30 quand un garde des colonies israéliennes est vu dans le quartier Wad Hilwa dans Silwan, descendant de sa voiture et poursuivant des Palestiniens. Il a son pistolet pointé. Quelques minutes plus tard, des dizaines de gardes le rejoignent dans sa chasse aux Palestiniens. Vers 3 h 45, des coups de feu sont entendus. Le garde a été vu en train de tirer avec son pistolet à trois endroits différents. Bientôt, les FOI arrivent dans le village et encerclent le quartier. Elles font escorte au garde pour qu’il sorte de la zone. Selon des témoins, des ambulances arrivent sur la zone 45 minutes plus tard. Elles restent là jusqu’à 5 h 45, le moment où des Palestiniens voient un corps recouvert embarqué dans une ambulance. La police israélienne arrête aussi 2 Palestiniens qui étaient blessés. Selon la famille de Sarhan, qui était père de 5 enfants, il se rendait à son travail quand il a été abattu. Plus tard, les FOI encerclent les quartiers de Wad Hilwa et al-Bustan, dans Silwan. Elles se mettent à tirer à balles d’acier enrobées de caoutchouc et à lancer des bombes sonores et des lacrymogènes sur les civils palestiniens. Résultat : au moins 20 d’entre eux souffrent de l’inhalation des gaz.

    2 - Exécution extrajudiciaire

    Vendredi 17 septembre à l’aube, les FOI commettent un nouveau crime par exécution extrajudiciaire. Il a lieu dans le camp de réfugiés de Nour Shams, à l’est de Tulkarem. Par ce crime, elles assassinent Eyad Asa’ad Ahmed Abu Shilabaya, 38 ans, militant du Hamas. Le porte-parole militaire israélien prétendra que les soldats ont ouvert le feu sur Abu Shilabya quand ils se sont rendu compte que celui-ci « constituait une menace pour leurs vies ». Il prétend qu’Abu Shilabaya, qui était « recherché », s’est avancé vers les soldats en tenant ses mains dans le dos et que les soldats lui ont demandé de s’arrêter. Selon les déclarations du porte-parole, les soldats ont eu peur et donc, ils ont tiré. Après examen du corps d’Abu Shilabaya, il s’avère qu’il ne possédait aucune arme. L’enquête menée par le PCHR montre que le crime, au contraire, a été commis dans une chambre, avec une porte unique. Le sang se répandait juste devant le lit, à seulement un mètre environ de la porte. Un tel constat vient en contradiction avec les affirmations du porte-parole de l’armée israélienne.

    Selon l’enquête du PCHR et les déclarations de témoins, il est environ 2 h, vendredi 17 septembre, quand, appuyées par environ 25 véhicules militaires, les FOI investissent le camp de réfugiés de Nour Shams, à l’est de Tulkarem. Des soldats israéliens en grand nombre encerclent la maison de la famille de Mohammed Asa’ad Ahmed Abu Shilabaya, 40 ans, et font sauter la porte d’entrée. Elles envahissent la maison alors que ses habitants dorment encore. Quand Mohammed abu Shilabaya est debout, l’un des soldats l’interroge sur les membres de sa famille qui vivent dans le camp de réfugiés de Nour Shamps. Les soldats lui ordonnent alors de les conduire à la maison de son oncle.

    Sur le chemin, ils l’interrogent pour savoir où se trouve la maison de son frère, Eyad. Il montre la maison et les soldats se dirigent vers elle. Voyant que la maison se compose de deux étages, ils demandent à Mohammed à quel endroit vit Eyad et de leur décrire l’intérieur de la maison. Mohammed alors les voit apporter un appareil et l’installer près de la porte. Ils le relient à la porte et ordonnent à Mohammed de tourner la tête en direction du mur opposé. Il entend une explosion et les soldats monter les escaliers de la maison de son frère. Il entend aussi Eyad crier : « Qui... qui est là ? ». Il entend encore trois coups de feu.

    A peu près cinq minutes plus tard, les soldats conduisent Mohammed à l’intérieur de la maison de son frère et l’obligent à se tenir dans un coin du salon, dans la partie ouest de la maison, à moins de cinq mètres de la chambre de son frère. Ils lui demandent à nouveau de regarder vers le mur. Peu après, Mohammed, qui s’inquiète pour son frère, l’appelle vivement. L’un des soldats met sa main sur la bouche de Mohammed pour lui imposer silence. Celui-ci reste dans le salon pendant environ 20 minutes, les soldats sont toujours dans la chambre de son frère. Puis, Mohammed entend les soldats descendre les escaliers. L’un d’eux lui demande de ne pas bouger jusqu’à nouvel ordre. Mohammed entend les voisins en train de discuter, alors il leur demande où sont les soldats et les voisins lui répondent qu’ils sont partis. Il va dans la chambre de son frère pour voir ce qui s’est passé. Certains voisins le suivent. Dans la chambre, il voit du sang sur le sol, sur le lit et sur le mur. Il voit aussi trois douilles de balles. Son frère n’est pas là, et personne ne sait où il est.

    Plus tard, il apprend que les FOI ont emporté le corps d’Eyad au Bureau israélien de liaison militaire, à l’ouest de Tulkarem. Vers 6 h le vendredi, elles donnent le corps à une ambulance du Croissant-Rouge palestinien. Le corps est confié ensuite au Dr Thabet de l’hôpital public à Tulkarem. Des sources médicales de l’hôpital indiquent qu’Eyad a été tué de trois balles ; une dans le cou, et deux dans la poitrine.

    3 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes contre la colonisation et la construction du mur d’annexion

    Durant cette semaine, l’armée israélienne a continué d’utiliser la force contre les manifestants non violents, palestiniens, internationaux, et israéliens. Deux mineurs palestiniens et deux militants des droits de l’homme ont été blessés ; des dizaines de manifestants ont subi l’inhalation des lacrymogènes et des coups de la part des soldats de l’occupation.

    Bil’in, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 17, après la prière, et comme chaque vendredi, la manifestation de Palestiniens, d’internationaux et de militants israéliens se dirige vers le mur d’annexion qui coupe le village. Les troupes stationnées dans la zone tirent à balles caoutchouc, lancent des grenades sonores et des lacrymogènes sur les manifestants. Deux d’entre eux, des mineurs, et un militant israélien sont blessés, touchés par des corps de grenade :

    1. Amjad ’Aayed Abu Rahma, 16 ans, touché dans le dos ;
    2. Fadi Fadel al-Khatib, 15 ans, dans la main droite, et
    3. Tal Shapira, 25 ans, militant israélien, dans le pied droit.

    Un certain nombre de manifestants souffrent par ailleurs de l’inhalation des gaz et des coups reçus des soldats.

    Ce même jour, des dizaines de Palestiniens, internationaux et Israéliens organisent la manifestation hebdomadaire dans le village de Ni’lin, à l’ouest de Ramallah, contre le mur d’annexion. Ils sont confrontés aux soldats de l’occupation près du mur qui réagissent avec la même violence. Plusieurs manifestants ont à souffrir des gaz et des coups.

    Vendredi 17 également, autre manifestation à Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah, pour protester contre la confiscation de terres dans la zone de Wad al-Raya, entre les villages de Nabi Saleh et Deir Nizam. Quand les manifestants sont près d’arriver sur les terres saisies par les colons de Halmish, l’armée tire et bombarde les manifestants à coups de grenades assourdissantes et de lacrymogènes. ‘Omar Saleh al-Tamimi, 22 ans, souffre d’ecchymoses, et d’autres manifestants, d’avoir respiré les lacrymogènes.

    Le samedi 18, vers 11 h 30, des Palestiniens et des internationaux organisent une manifestation non violente à Beit Ummar, au nord d’Hébron. La manifestation se dirige vers les terres palestiniennes menacées de confiscation par les FOI, près de la colonie Karmi Tsur, au sud du village. L’occupant attaque et tire sur les manifestants. Anna, 32 ans, journaliste suédoise, est blessée par un éclat de bombe sonore. De plus, Mohammed ‘Ayad ‘Awadh, 48 ans, membre du Projet solidarité palestinien, souffre d’ecchymoses dans le dos et à la main gauche ; et Shungha, 21 ans, militant japonais des droits de l’homme, souffre des coups qu’il a reçus des soldats dans le dos. Les FOI arrêtent en outre Younis Mousa ‘Arar, 24 ans, Mousa Hussein Abu Hashem, 45 ans, et deux internationaux : Ran, 24 ans, citoyen britannique, et Maria Luis, 21 ans, citoyen états-unien.

    4 - Maintien du bouclage des TPO

    Israël continue son bouclage serré des territoires palestiniens et les restrictions aux déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est.

    Bande de Gaza

    Cisjordanie

    Jérusalem : la ville est toujours sous restrictions. Des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours y accéder. Ces restrictions sont renforcées les vendredis, jours de prière, empêchant les musulmans palestiniens d’aller prier à la mosquée al-Aqsa dans la vieille ville palestinienne.

    Bethléhem : les soldats de l’occupation sont toujours présents sur les 41 check-points autour de la cité. Celle-ci est également touchée par la construction du mur d’annexion au nord et à l’ouest, de vastes terres de la ville se trouvent isolées par ce mur. Durant la semaine passée, les troupes d’occupation, au check-point 300 (Tombe de Rachel) au nord de Bethléhem, ont maintenu les restrictions sur les déplacements de Palestiniens qui voulaient se rendre à Jérusalem. Ceux-ci sont obligés de se ranger en deux colonnes des deux côtés de la route à l’extérieur du chekc-point. Ils sont ensuite contrôlés par des soldats israéliens au moyen de machines électroniques. De tels contrôles sont souvent très longs et humiliants. Cette semaine, seuls les Palestiniens ayant une autorisation ont été autorisés à se rendre à Jérusalem.

    Hébron : samedi matin, 18 septembre, les FOI interdisent l’accès à la mosquée Ibrahimi dans Hébron, toute la journée et le lendemain matin, au prétexte de permettre à des colons israéliens de fêter le Kippour juif. La fermeture s’est poursuivie jusqu’à 4 h dimanche matin, 19 septembre.

    Naplouse : mêmes restrictions sur la région de Naplouse ; les FOI continuent de placer des barrages sur les routes qui conduisent à la ville et d’arrêter et fouiller les véhicules palestiniens.

    Ramallah : sur les check-points de Jaba’ et Qalandya, au sud-est de Ramallah, des restrictions renforcées ont été appliquées pour le passage des Palestiniens. Les FOI ont monté en outre des barrages provisoires. Le jeudi 16, vers 20 h 10, sous le pont ‘Ein Yabroud, au nord-est de Ramallah ; le vendredi 17, vers 20 h 25, l’armée revient sur le check-point ‘Attara à l’entrée nord de Bir Zeit, au nord ; le samedi 18 vers 16 h 30, nouveau check-point à l’entrée d’al-Mughayar, au nord-est ; le même jour vers 18 h 40, à l’entrée de Deir ‘Ammar, au nord-ouest ; et le dimanche 19, vers 21 h 30, à l’entrée de Nabi Saleh. Aucune arrestation n’a été recensée sur ces barrages.

    Qalqilya : les FOI maintiennent fermée la route agricole située à l’est d’‘Azzoun, près de Qalqilya, et ce, depuis 2009. Le village se trouve séparé de la route n° 55 qui relie Naplouse et Qalqilya par une clôture de barbelés. Celle-ci sépare le village de ses terres agricoles situées au nord. Durant la semaine passée, les FOI ont continué de monter des check-points provisoires sur les routes principales qui mènent à Qalqilya. Le jeudi 16 septembre, deux nouveaux barrages autour de Qalqilya ; le vendredi 17, 3 autres autour de la ville ; le samedi 18, 3 autres également ; le dimanche 19, 5 autres. A chacun de ces barrages, les véhicules palestiniens sont arrêtés et fouillés, avec leurs passagers.

    Tulkarem : le jeudi 16, 4 barrages temporaires autour de la ville ; le vendredi 17, les FOI ferment le check-point Ennab, à l’est, pendant quelques temps ; même jour, vers 9 h, nouveau check-point à l’entrée de Beit Leed, à l’est ; vers 13 h, un autre au carrefour ‘Anabta, dans le même secteur ; et le samedi 18, nouveau check-point dans le secteur d’al-Kafriyat, sur la route Tulkarem/Qalqilya.

    Salfit : les FOI maintiennent fermée l’entrée nord de Salfit avec des blocs de béton et des tas de sable, depuis 2000 ; ainsi que la fermeture des deux routes qui relient Marda à ses terres agricoles. Vers 8 h, le jeudi 16 septembre, les FOI posent un nouveau barrage près d’Eskaka, au nord de Salfit.

    Jéricho : vers 18 h 30, le vendredi 17, nouveau check-point à l’entrée d’‘Ein al-Dyouk, au nord de la ville et vers 21 h 40, ce même jour, un autre à l’entrée de Fasayel, même secteur.

    Arrestations sur les check-points militaires

    Vendredi 17, vers 21 h, les troupes israéliennes sur le check-point Za’tara, au sud de Naplouse, arrêtent Thabet Yasser Suleiman, 25 ans, du village de Bita, au sud de Naplouse.

    Samedi 18, vers 19 h, arrestation de Mustafa Mohammed Hijji, 28 ans, de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, sur le check-point sur la route d’‘Anabta-Bzaria, à l’est de Tulkarem.

    Dimanche soir, 19 septembre, sur le check-point à l’est de Qalqilya, arrestation d’Ussama Rasmi ‘Amru, de Dura, au sud-ouest d’Hébron.

    Mardi 21 septembre, le matin, sur le check-point au sud de Jénine, arrestation de Mohammed Nabil Milhem, 28 ans, de Kufor Ra’ei, au sud-ouest de Jénine.

    Ce même jour, également dans la matinée, les troupes postées à la porte sur le mur d’annexion près du villagge de Falamia, au nord-est de Qalqilya, arrêtent Yousef Jamal Zaher, 46 ans, habitant du village.

    Toujours mardi, à midi, sur le passage frontalier d’al-Karama, sur la frontière avec la Jordanie, l’armée arrête Mohammed Ahmed Khdour, 19 ans, de Faqqou’a, à l’est de Jénine, alors qu’il rentrait de Jordanie vers la Cisjordanie.

    Mercredi matin, 22 septembre, arrestation sur le check-point Container, au sud-est de Jérusalem, de Jihad al-Rjabi, 23 ans, d’Hébron.

    5 - Mesures visant à créer une majorité démographique juive dans Jérusalem

    Les mesures arbitraires contre les Palestiniens de Jérusalem-Est pour les chasser de leur ville s’étant renforcées, le PCHR consacre cette section de son rapport hebdomadaire pour les dénoncer.

    Samedi matin, 18 septembre, les FOI commencent à poser des blocs de béton aux entrées du quartier Ras Khamis et du camp de réfugiés de Shu’fat, au nord-est de Jérusalem, dans le cadre de la construction d’une section du mur d’annexion, ceci afin de les séparer complètement de Jérusalem et de construire un nouveau poste militaire. Un militant du PCHR indique que les blocs de béton font 12 mètres de haut et s’étendent sur une distance de 600 mètres. La construction de cette section de mur permettra de couper le camp de réfugiés de Shu’fat, le village d’‘ Anata ainsi que Ras Khamis, Rash Shihada et al-Salam du centre de Jérusalem. Avec comme conséquences, qu’au moins 55 000 Palestiniens se trouveront séparés de Jérusalem.

    Lundi midi, 20 septembre, la police israélienne, accompagnée de fonctionnaires de la municipalité israélienne de Jérusalem, investit le domaine de la famille Salah à Beit Safafa, au sud de Jérusalem, et arrête Mahmoud ‘Ali Salah, 45 ans, et Baker Isma’il Salah, 36 ans. Elle remet en outre un avis ordonnant la démolition d’une maison de 80 m², qui appartient à Isma’il Salah et où vivent 20 personnes. Plus tôt dans la matinée, des colons israéliens s’étaient emparés de cette maison. Une dispute avait alors éclaté entre les colons et des membres de la famille Salah. La police de l’occupation intervient alors et arrête Mahmoud et Baker Salah. Tous deux sont libérés sur caution de 10 000 NIS (plus de 2 000 €) le mardi soir, 21 septembre. Le lendemain matin, la police arrête Isma’il Salah.

    6 - Activités de colonisation et agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens

    La colonisation de la Cisjordanie se poursuit en violation du droit international, ainsi que les agressions des colons israéliens.

    Dimanche 19 septembre, les FOI délivrent 8 avis à des Palestiniens leur ordonnant de stopper la construction d’un bâtiment et de plusieurs maisons dans Deir Ballout, au sud-ouest de Salfit, au motif qu’ils n’ont pas le permis de construire israélien. Les avis sont remis à : Edris Jibara ’Abdullah, Najeh Daoud ’Abdullah, Khaled Ahmed Abu Khair, ’Abdullah Mahmoud Abu Khair, Jaber Ahmed ’Abdullah, ’Abdul Ghafer Jiabara Mustafa, ’Abdul Wahab Husni Mousa et ’Abdul Wahab Mohammed ’Abdullah.

    Le même jour, dans la soirée, des colons de Kharsina, à l’est d’Hébron, arrachent 70 pieds de vigne appartenant à ‘Abdul Rahman Shareef Sultan, dans le secteur d’al-Bwaira. Lundi 20 septembre, vers 11 h, des colons de Ramat Gilad investissent des zones agricoles dans le village de Jainsafout, à l’est de Qalqilya. Selon des sources venant de la municipalité, les colons israéliens s’en sont pris à une bande de terre agricole qui appartient à ‘Abdul Hafiz Kamel ‘Obaid, et ont commencé à traiter les olives. De nombreux Palestiniens protestent mais les colons prétendent qu’ils ont acheté la terre. Quand le propriétaire est informé de cette agression et qu’il arrive sur les lieux, les colons se retirent.

    Mercredi 22, vers 7 h, une soixantaite de colons au moins, de Jabal Aldayr et ‘Ein Harsha, investissent un lotissement et une station située en haut des maisons. Ils se mettent alors à prendre des photos du secteur.

    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

     
     

    Rapport hebdomadaire pour la période du 16 au 22 septembre 2010 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP.

     

     


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  • Bannir la politique de nos luttes

    « Tu veux détruire l’Etat, mais qu’est-ce que tu veux mettre à la place ? »
    Une collègue d’infortune.

    Beaucoup de gens n’aiment pas l’Etat. Beaucoup le trouvent malgré tout indispensable. Presque personne n’aime les flics, ni les fonctionnaires, mais l’opinion n’imagine pas un monde dépourvu de flics et d’administrateurs.

    Bien trop souvent, lorsque nous discutons de luttes et d’idées autour de nous, nous provoquons une attente malsaine : l’attente d’une Solution aux problèmes posés par l’organisation sociale actuelle.
    La « délinquance », la « sécurité », l’approvisionnement, les infrastructures, la production, les transports, l’énergie, tous ces domaines crées par la civilisation et soigneusement séparés par elle, exigent autant de spécialistes et d’experts possédant la science de la gestion.

    Bon gré, mal gré, tout ce que le capitalisme, l’industrie, la technologie ont produit est là sous nos yeux, formant le cadre limitant nos existences. Et que cela nous plaise ou non, les gestionnaires de ce monde n’ont plus à justifier l’existence de chacune de ces productions , qu’il s’agisse des centrales nucléaires, des usines d’armement, du réseau ferré, de chaque grillage et de chaque barrière, de chaque prison, de chaque aéroport.

    La passivité et le silence, certes relatifs car nuancés par de multiples résistances, ont donné aux défenseurs de la société une assurance supplémentaire, et les ont dispensés d’avoir à fournir trop de profondes explications par rapport à « l’utilité sociale » des structures de la domination et des nuisances qu’elles entrainent directement. La broyeuse capitaliste, de pair avec l’Etat, a trouvé à chaque époque de son développement autant de bras qu’il lui fallait pour mettre en marche la locomotive du Progrès, assez de force pour balayer les oppositions les plus déterminées, et assez d’astuce pour intégrer les contestations les plus partielles.
    Chaque résistance vaincue débouche sur un « petit matin » du fait accompli : nous n’avons pas réussi (ou pas voulu) à empêcher la production de telle ou telle nuisance, alors la nuisance en question est là, et il faudrait maintenant faire avec elle, la gérer.

    C’est sur ce terrain qu’acceptent de se placer (consciemment ou non) les personnes qui placent leur combat dans une optique politique, et pour lesquelles la devise « Tout est politique » signifie que nous devrions nous aussi faire de la politique, avec l’idée sous-jacente qu’il suffirait de dépouiller la politique des spécialistes qui l’ont accaparée (les politiciens) pour en faire un possible tremplin pour l’émancipation humaine.

    Clamant à tort et à travers le mot d’ordre auto-gestionnaire, à la fois comme remède miracle à tous nos problèmes, et comme principal horizon d’une lutte dite libertaire, il ne peut plus être question de critiquer profondément ce qui nous empêche de vivre libres, dans la perspective de s’en débarrasser, mais de discuter de la façon de rendre les nuisances actuelles moins nuisibles. En prônant ici le contrôle ouvrier, ou par la base, là la socialisation des moyens de productions, ou encore l’auto-salariat, le tout à coup de références acritiques au mouvement argentin de l’hiver 2001, entre autres exemples faisant autorité.

    Aussi, les promoteurs d’une « autre politique », un peu rafraîchie, débarrassée de la corruption, des « politicards » et, pourquoi pas, de la hiérarchie, défendent la possibilité d’inverser le sens de la politique, d’en subvertir l’essence et la fonction ; la politique, domaine par excellence de la séparation entre les experts ès-gestion et les profanes (spécialistes quand à eux de la délégation), devrait se transformer en un espace où chacun pourrait et devrait vendre SA façon (forcément alternative) d’aborder les problèmes et de les gérer. En proclamant l’instauration de la démocratie directe, le rôle du citoyen se trouverait poussé à son extrémité : vulgaire baudruche symbolique dans la « fausse démocratie représentative », ce dernier pourrait à présent prendre sa vraie dimension, et accomplir véritablement son devoir, agir sur le terrain politique, participer directement et pleinement à la gestion de la cité, c’est-à-dire à la gestion des masses.

    Apologie d’une sortie sans heurts notables du capitalisme et de l’Etat, la lutte auto-gestionnaire ne veut rien entendre d’une destruction comme passion créative, ni de la possibilité pour les exploités de briser totalement leurs chaînes. Bien au contraire, elle tend à mettre l’accent sur la réappropriation comme méthode de lutte. Ainsi les préposés à l’auto-gestion de l’existant se font-ils un plaisir de donner de brillantes réponses à la sempiternelle question politique, à savoir : par quoi allons-nous remplacer l’Etat ? Sous-entendu, par quelles structures politiques formelles. A cette question, il est aisé d’aligner nombre de mots-clés déjà usés jusqu’à la moelle tels la Révolution espagnole de 36, les Conseils Economiques Régionaux, le Fédéralisme, les mandats-impératifs-et-révocables-à-tout-moment, voir même les Conseils Ouvriers pour les plus nostalgiques.

    Le problème n’est donc plus vraiment la société en tant que totalité à foutre en l’air, l’existant et la cohorte d’horreurs qu’elle contient, mais la façon (capitaliste et étatique pour le dire vite) de le gérer. Une fois accepté ce cadre politique, la seule discussion possible concernant la transformation du monde adopte la posture commune aux techniciens, c’est-à-dire l’idéologie rationaliste de l’efficacité. Un cadre qui, cela va sans dire, ne laisse pas vraiment de place, voir aucune, à toute volonté de rupture radicale avec l’oppression et ses causes : les rapports sociaux de domination et les structures tant physiques qu’idéologiques qui les préservent et les reproduisent.
    Plus encore, comme les curés de la « politique sans Etat » ont tendance à croire que ‘tout est à nous’, ceux qui voudraient détruire le vieux monde à la racine se verraient affublés de la même étiquette qu’ils portent déjà dans le système actuel, celle de délinquants, de provocateurs, ou au mieux d’aventuristes qui n’ont rien compris à la science du processus révolutionnaire. En bref, d’éléments à (ré-)éduquer, à réprimer, des malfaiteurs et de sales individualistes, des ennemis du peuple.

    A vouloir prévoir dans les moindres détails le fonctionnement de la société libertaire, plutôt que de réfléchir aux moyens susceptibles de hâter la ruine de tout ce qui nous rend esclaves, on se place dores et déjà dans la position de spécialistes de rechange, d’experts prêts à l’emploi pour remplacer les anciens qui ont perdu la confiance des masses, et qu’on le veuille ou non, de réformateur radical.

    « Qu’est-ce que vous, Alternative Machin-chose, prévoyez de faire par rapport au nucléaire ? »

    « Vous, la Confédération Nationale Bidule, vous avez bien un programme pour organiser le travail et la production, non ? »

    « Quand à vous, Fédération Trucmuche, que proposez-vous pour endiguer la hausse du chômage et la casse du service public ? »

    Peut-être ces questions sont-elles posées en ces termes, et peut-être ces organisations politiques acceptent d’y répondre parce qu’elles sont précisément politiques, et parce que la politique, historiquement et intrinsèquement, a toujours été, est encore et sera toujours l’art de la gestion des foules, qu’on veuille les égaliser ou les organiser hiérarchiquement ; l’art de la direction de la cité (polis en grec), qui tant qu’elle n’aura pas été détruite, engendrera les mêmes problèmes, nécessairement liés à ce type d’organisation sociale massive : dépersonnalisation, sacrifice de l’individu pour la communauté, déresponsabilisation, séparation, délégation, contrôle, répression. En un mot : Pouvoir.

    D’où ce rapport très spécial que les amants de la politique entretiennent avec les masses, un rapport toujours séparé, qui pose comme préalables à toute offensive non seulement la persuasion, mais aussi un certain populisme mêlé à l’impératif quantitatif, donc à l’obsession quasi-totalitaire de l’Unité. Des préalables qui ne sont mêmes plus de simples prétextes à l’attentisme, mais bien l’image réelle de ce qu’est le fléau politique : la transformation des individus en travailleurs et citoyens, les relations humaines en problèmes techniques, la vie en calculs stratégiques, la rage et les sentiments en patience et en perpétuel refoulement. Un fléau qui fait du programme d’aujourd’hui la norme de demain.

    Pour ceux qui désirent en finir avec cette société autoritaire et ne lui laisser aucune chance de refleurir sur ses cendres encore tièdes, il ne peut être question de réfléchir à une « autre éducation », ou sur « ce que l’on fera des déviants », ou encore sur les modalités d’une autogestion de Rungis.
    Pour le dire autrement, nous n’entendons pas seulement en finir avec l’Etat, mais avec le contrôle en général, avec la politique.

    [Extrait de Guerre au Paradis N°1, journal anarchiste, téléchargeable ici.]


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  • "Hello tout le monde,

    JM et Sylvain (chanteur et batteur de Contreband ( Ici
    ) ont écrit un album tous les deux, dans leur coin, en un week-end. 2 potes qui se jettent un défi :

    - "Je te parie qu'on peut écrire, composer et enregistrer un album en un week-end"
    - "Chiche ?"
    - "C'est parti !"

    Du coup voilà, ils ne se sont pas trop pris la tête, de toute manière ils n'avaient pas le temps, et ils ont fait un album très second degré (pour aller voir un peu dans les autres styles de musique, juste pour se faire plaisir, quoi !).

    Alors, voilà, le projet "les gnous fallacieux" a donné naissance à un album qui marquera à jamais la chansonnette franchouillarde : "le gnous qui s'imaginait pouvoir infiltrer les zèbres en toute impunité (et qui s'est fait griller direct)." Une merveille !


    C'est ici : http://www.jamendo.com/fr/
    <wbr></wbr>album/75404<wbr><wbr>

    Soyez indulgents, dîtes vous bien que c'était juste un trip entre deux abrutis (que nous sommes).

    A bientôt !"
    </wbr></wbr>


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  •  

    Sans preuves matérielles, sans aveux, les charges retenues contre les "10 de Tarnac" reposent essentiellement sur l'enquête des services de sécurité français qui surveillaient la bande d'amis depuis plusieurs mois.

    Les avocats de la défense ont alors épluché ces rapports et témoignages policiers. Ils ont d'abord mis en lumière une série d'incohérences et d'invraisemblances parfois grossières dans le récit des filatures censées confondre les suspects (elles n'ont jamais été clarifiées). Ensuite, et c'est ce qui motive la requête en annulation examinée ces jours ci. Les avocats dénoncent l'utilisation illégale de caméras vidéos et d'écoutes téléphoniques lors de l'enquête préliminaire.

    Le château de cartes s'écroulera-t-il avant la tenue d'un procès devant une cour d'assises spéciale? Alors que la rue recommence à contester le pouvoir, ça me paraît improbable. La figure d'un ennemi intérieur d'ultra gauche n'est pas inutile pour calmer les ardeurs du mouvement social. A moins que la menace islamiste réactivée depuis quelques jours soit jugée suffisante... 

    La décision de la cour, mise en délibéré, devrait être rendue le 22 octobre.


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