• C’était quoi déjà, l’objectif de cette guerre ?

    William BLUM
    Photo : Condoleezza Rice, lors d’un gala de charité, juillet 2010.

    Lorsque les faits dérangent, lorsque le droit international, les droits de l’homme et l’histoire deviennent encombrants, lorsque les crimes de guerre ne peuvent plus être justifiés ou balayés par quelques arguments, lorsque la logique n’est d’aucune utilité, l’actuelle clique de dirigeants politiques américains invoque la vielle rengaine infaillible : le 11 septembre. Nous devons combattre en Afghanistan parce que... pour d’obscures raisons... ce pays est impliqué dans les évènements du 11 septembre 2001.

    Voici le vice-président Joe Biden : « Nous savons que que les attaques du 11/9 ont été lancées à partir de la région située entre l’Afghanistan et le Pakistan. » (1)

    Voici le sénateur Lindsay Graham (républicain de la Caroline du Sud) : « C’est depuis cet endroit (l’Afghanistan) que nous avons été attaqués le 11/9. » (2)

    Le Représantant Mike Pence, numéro trois des élus républicains de la Chambre des Représentants, a affirmé que les révélations des documents de Wikileaks ne modifiaient pas son opinion sur le conflit en Afghanistan, et qu’il ne s’attendait pas à voir un changement dans l’opinion publique. « Là bas, dans l’Indiana, les gens n’ont pas oublié d’où ont été lancées les attaques du 11/9. » (3)

    Voici le président Obama, il y a un an : « Mais nous ne devons jamais oublier que cette guerre n’est pas un choix, mais une nécessité. Ceux qui ont attaqué l’Amérique le 11/9 complotent pour recommencer. Sans une intervention, l’insurrection des Talibans aboutirait à la création d’un sanctuaire encore plus grand où Al Qaeda pourrait comploter en vue due tuer encore plus d’Américains. » (4)

    Et voici le Président, deux jours après la publication des documents de Wikileaks, parlant de l’Afghanistan et du Pakistan comme « la région à partir de laquelle les attaques du 11/9 ont été lancées et où d’autres attaques contre les Etats-Unis et nos amis et alliés ont été préparées. » (5)

    Peu importe que sur les dizaines de milliers de personnes que les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont tué en Afghanistan, pas une seule n’a été identifiée comme ayant eu la moindre implication dans les évènements du 11 septembre 2001.

    Peu importe que le « complot visant à tuer des Américains » en 2001 ait été organisé plutôt en Allemagne et en Espagne et aux Etats-Unis qu’en Afghanistan. Pourquoi ces pays n’ont-ils pas été bombardés par Washington ?

    Au fait, de quels moyens faut-il disposer pour comploter l’achat d’un billet d’avion et de quelques leçons de pilotage aux Etats-Unis ? Une salle avec quelques chaises ? Que signifie « un sanctuaire encore plus grand » ? Une salle plus grande avec plus de chaises ? Peut-être même avec un tableau noir ? Les terroristes déterminés à attaquer les Etats-Unis peuvent se réunir pratiquement n’importe où dans le monde, et l’Afghanistan serait probablement leur dernier choix à cause de l’occupation américaine.

    Il y a beaucoup de gens en Afghanistan et au Pakistan – parmi ceux qui sont encore en vie – qui éprouvent un profond ressentiment à l’égard de la présence US et des drones qui volent au-dessus de leurs têtes et qui larguent des bombes sur leurs maisons, leurs mariages, leurs funérailles, leurs vies. Tout comme en Irak, la « guerre contre le terrorisme » des Etats-Unis en Afghanistan crée régulièrement, tous les jours, et de façon évidente de nouveaux terroristes anti-américains.

    La seule « guerre par nécessité » qui pousse les Etats-Unis à intervenir en Afghanistan est la nécessité de protéger les oléoducs et gazoducs qui partent de la mer Caspienne, la création de bases militaires dans ce pays entouré par la mer Caspienne et le golfe Persique, riches en pétrole, et de faciliter la surveillance et les pressions sur l’Iran voisin. Un pays impérialiste qui se respecte ne peut pas espérer mieux. Aurais-je oublié de mentionner le complexe militaire-industriel-sécurité-renseignement et ses actionnaires qui vont s’enrichir encore un peu plus ?

    Mais la guerre contre les Talibans ne peut pas être gagnée. A moins de tuer tous les Afghans. Les Etats-Unis devraient négocier les gazoducs et oléoducs avec les Talibans, comme l’administration Clinton a tenté de le faire, mais sans succès, puis se retirer en criant « victoire ». Barack Obama pourra surement prononcer un discours éloquent à cette occasion.

    USrael et l’Iran

    Si d’aventure les Etats-Unis et Israel bombardaient l’Iran (qui deviendrait ainsi le sixième pays béni par Barack Obama) et que nous nous retrouvions avec un nouveau feuilleton d’horreurs quotidiennes diffusées sur nos écrans de télévision, et que nous découvrions après coup que finalement l’Iran ne fabriquait pas d’armes nucléaires, les grands médias américains et le noble esprit américain se demandera : « Pourquoi ne l’ont-ils pas dit plus tôt ? Cherchaient-ils à nous pousser à bombarder leur pays ? »

    Les mêmes questions avaient été posées au sujet de l’Irak, après la découverte que Saddam Hussein n’avait en fait aucune arme de destruction massive. Pourtant, avant l’invasion par les Etats-Unis, les officiels irakiens avaient clairement fait savoir et répété à maintes occasions qu’ils n’avaient pas de telles armes. Ceci m’a été rappelé par une information récente sur Hans Blix, ancien chef des inspecteurs en désarmement des Nations Unies, qui avait dirigé la chasse infructueuse aux armes de destruction massive en Irak. La semaine dernière, il a déclaré devant une commission d’enquête britannique sur l’invasion de mars 2003 que tous ceux qui étaient « certains à 100% de l’existence d’armes de destruction massive » en Irak n’avaient en fait « pas la moindre idée » où les armes pouvaient être cachées. Il a témoigné qu’il avait prévenu le Premier Ministre britannique Tony Blair lors d’une réunion en février 2003 – ainsi que la Secrétaire d’Etat US Condoleeza Rice, au cours d’une autre réunion – que Hussein pouvait bien n’avoir aucune arme de destruction massive. (6)

    En aout 2002, le Premier ministre adjoint irakien Tariq Aziz a déclaré au journaliste Dan Rather sur la chaine CBS : « Nous n’avons aucune arme nucléaire, biologique ou chimique. » (7)

    En décembre, Aziz a déclaré à Ted Koppel sur ABC : « Le fait est que nous n’avons pas d’armes de destruction massive. Nous n’avons pas d’armes nucléaires, biologiques ou chimiques. » (8)

    Hussein lui-même a déclaré à Rather en février 2003 : « Ces missiles ont été détruits. Il n’y a plus de missiles en Irak qui violent les recommandations des Nations Unies (relatives à l’Irak). Il n’y en a plus. » (9)

    De plus, le général Hussein Kamal, ancien chef du programme irakien d’armes secrètes, et genre de Saddam Hussein, a déclaré aux Nations Unies en 1995 que l’Irak avait détruit les missiles prohibés et les armes chimiques et biologiques peu après la guerre du Golfe. (10)

    Il y a d’autres exemples d’officiels irakiens déclarant que les armes de destruction massive n’existent pas.

    Si vous avez encore des doutes sur la dévotion des grands médias à ne jamais mettre en doute les justifications de la politique étrangère des Etats-Unis, examinez ceci : malgré les deux révélations dans les émissions de Dan Rather sur CBS, et les autres révélations mentionnées ci-dessus, en janvier 2008 on trouve le journaliste de CBS Scott Pelley en train d’interviewer l’agent du FBI George Piro, qui avait interrogé Saddam Hussein avant son exécution :

    PELLEY : Et qu’est-ce qu’il vous à dit sur la destruction des ADM ?

    PIRO : il m’a dit que la plupart des ADM avaient été détruites par les inspecteurs de l’ONU dans les années 90 et que toutes les autres avaient été détruites par les irakiens eux-mêmes.

    PELLEY : il avait ordonné leur destruction ?

    PIRO : oui

    PELLEY : Alors pourquoi a-t-il gardé le secret ? Pourquoi a-t-il mis son pays en danger ? Pourquoi a-t-il risqué sa propre vie pour perpétuer le mensonge ? (11)

    Les choses auraient-elles été différentes si l’administration Bush avait réellement cru les Irakiens lorsque ces derniers affirmaient qu’ils n’avaient aucune ADM ? Probablement pas. Il existe suffisamment de preuves qui montrent que Bush savait qu’ils disaient la vérité, et Tony Blair le savait aussi. Saddam Hussein a mal jugé à quel point ses deux adversaires étaient des psychopathes. Bush était déterminé à vaincre l’Irak, pour le compte d’Israël, pour le contrôle du pétrole ou pour étendre l’empire, même si les choses ne se sont pas déroulées aussi bien que prévues car, étrangement, il semblerait que le peuple irakien n’apprécie guère d’être bombardé, envahi, occupé et torturé.

    Le résultat de la politique de Bush en Irak peut se résumer à ceci : il serait difficile de trouver dans l’Histoire beaucoup d’exemples de la destruction d’une nation par une autre réalisée d’une manière aussi complète, en écrasant et pervertissant pratiquement tous les aspects de leur société.

    A présent Israël pousse Washington à faire la même chose avec l’Iran - sans que Washington ait forcément besoin d’encouragements – d’abord parce qu’Israël est déterminé à être la seule puissance nucléaire du Moyen Orient ; malgré le fait que l’Iran ait déclaré maintes fois aux Etats-Unis et au monde entier qu’il ne fabriquait pas d’armes nucléaires. Mais si l’Iran est effectivement en train de fabriquer de telles armes, il faut se poser la question suivant : existe-t-il une loi internationale quelconque qui dit que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Russie, la Chine, Israël, la France, le Pakistan et l’Inde ont droit à l’arme nucléaire mais pas l’Iran ? Si les Etats-Unis avaient pensé que les Japonais avaient la bombe atomique, les villes de Hiroshima et Nagasaki auraient-elles été détruites ? Est-ce qu’USraël pense qu’il n’y a pas encore assez d’horreurs et de souffrances aux infos ?

    Dans une manoeuvre qui fait peut-être partie des préparatifs pour une attaque contre l’Iran, 47 membres de la Chambre des Représentants ont récemment publié une résolution qui déclare que l’Iran représente « une menace immédiate et existentielle à l’état d’Israël ». Pour illustrer cette menace, la résolution cite à plusieurs reprises le président Mahmoud Ahmadinejad qui dit des choses comme : « Si Dieu le veut, nous connaitrons bientôt un monde où les Etats-Unis et le Sionisme n’existeront plus » … appelant à « rayer de la carte ce régime occupant (Israël) ».... « Qu’on le veuille ou non, le régime sioniste, avec ses 60 ans de génocides, de pillages, d’invasions et de trahisons est sur le point de mourir et sera bientôt effacé de la scène géographique »... « Aujourd’hui, le temps est venu pour la chute du pouvoir satanique des Etats-Unis, et le compte à rebours a commencé pour l’empereur de la puissance et de la richesse. » (merci de tenir compte de l’effet de la traduction d’une traduction de traductoin – NdT)

    Des propos violents, non ? N’est-ce pas ? Nicht War ? (en français et allemand dans le texte – NdT). Mais à examiner ces propos de plus près... Remarquez que la résolution du Congrès ne cite aucune menace précise ou explicite d’Ahmadinejad quant à une attaque iranienne contre Israël ou les Etats-Unis. Aucune mention ou indication que « Je » ou « Nous » ou « l’Iran » se livrerait à la moindre acte de violence. Dans une autre déclaration, que la résolution ne mentionne pas, le président Iranien a déclaré en décembre 2006 : « le régime sioniste sera bientôt balayé, comme l’Union Soviétique a été balayée, et l’humanité connaitra la liberté. » (12)

    A l’évidence, il n’appelle à aucune attaque violente contre Israël, car la dissolution de l’Union Soviétique s’est déroulée très pacifiquement. De plus, en juin 2006, le dirigeant suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré : « Nous n’avons aucun problème avec le monde. Nous ne menaçons personne dans le monde, et le monde le sait. Nous ne déclencherons jamais une guerre. Nous n’avons aucune intention d’entrer en guerre avec quiconque. » (13) Pourquoi les auteurs de la résolution du Congrès ont-ils omis de citer cette déclaration ?

    Je crois que l’on peut mieux comprendre les déclarations du président iranien en les voyant comme un métaphore, une vantardise, l’expression d’un voeu, ainsi que le résultat d’une traduction hasardeuse (par exemple, « rayée de la carte » (14)), comme les déclarations d’un homme capable d’affirmer publiquement qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran.

    Mais plus significatif encore est le fait que la résolution du Congrès ne propose aucun motif pour une attaque Iranienne contre Israël ou les Etats-Unis. Pour quelle raison l’Iran utiliserait-il des armes nucléaires contre un de ces deux pays, à part d’être sous l’emprise d’une volonté irrépressible d’un suicide collectif ? En fait, la même question aurait pu être – et auraient du être – posée avant l’invasion de l’Irak. Parmi les nombreuses mensonges qui ont entouré l’invasion, la plus grande de toutes était que si Saddam Hussein avaient eu ces armes de destruction massive alors l’invasion aurait été justifiée.

    Après tous les mensonges de la mésaventure américaine en Irak, je m’étais offert le luxe de croire - et je ne suis pas le seul – que le gouvernement des Etats-Unis et les médias avaient appris une leçon qu’ils n’étaient pas près d’oublier. Qu’ils avaient été pris la main dans le sac et dénoncés. Mais voilà que ça recommence avec les mensonges sur l’Iran et Ahmadinejad. (Et pendant que j’y suis : non, il n’a jamais nié l’Holocauste).

    Toujours est-il qu’Israël lui-même ne croit probablement pas à sa propre propagande. En mars de l’année dernière, le Washington Post écrivait : « Un haut officiel israélien à Washington » a affirmé qu’ « il est improbable que l’Iran utilise ses missiles pour attaquer (Israel) à cause de la certitude d’une riposte » (15) Cette phrase est la toute dernière de l’article et, d’après une recherche poussée dans la base Nexis (base de données sur les articles de presse parus dans le monde – réservée aux professionnels, NdT), elle n’a été reprise par aucun autre média anglophone dans le monde.

    Plus tôt cette année, on pouvait lire dans le Sunday Times de Londres : « le brigadier général Uzi Eilam, 75 ans, héros de guerre et pilier au sein de l’appareil militaire (israélien), pense qu’il faudrait à l’Iran sept ans pour fabriquer des armes nucléaires. Les opinions exprimées par l’ancien directeur général de la Commission à l’Énergie Atomique d’Israël contredit le point de vue exprimé par l’appareil militaire d’Israël et le place en opposition par rapport aux dirigeants politiques. » (16)

    S’il existe un pays au monde capable d’utiliser des armes nucléaires sans grande considération pour les conséquences d’un tel geste, c’est Israël. Martin van Creveld, professeur israélien d’histoire militaire, et citoyen israélien loyal, a observé en 2002 : « Nous avons les moyens d’entraîner le monde dans notre chute. Et je peux vous assurer que c’est ce qui se passera avant qu’Israël ne sombre. » (17) Pensez à la scène finale du film « Docteur Folamour ». Le type juché sur un missile nucléaire en train d’agiter son chapeau de cowboy, c’est Israël.

    Rien de tel que le Show Biz

    Elle a interprété le concert pour piano en D mineur de Mozart.

    Accompagnée par la seule et unique Aretha Franklin.

    Lors d’un gala de charité à Philadelphie.

    Capitale de la Philadelphia Orchestra.

    Devant 8000 personnes.

    Qui ont adoré.

    Combien savaient que la pianiste était une véritable criminelle de guerre en liberté ?

    Coupable de crimes contre l’humanité.

    Partisane de la torture.

    Avec beaucoup de sang sur ses mains de pianiste.

    Dont le style au gouvernement fut empreint d’hypocrisie, de désinformation et de mensonges éhontés ?

    Mais le public n’en avait cure.

    Car nous sommes en Amérique.

    Le pays des Gentils.

    Et elle, elle combattait les Méchants.

    Et nous savons tous que The Show Must Go On.

    Alors, messieurs dames, je vous demande d’applaudir, d’offrir une véritable ovation made in USA à notre virtuose chérie, Miss Condoleezza Rice !

    William Blum
    source : http://killinghope.org/bblum6/aer84.html

    traduction VD pour le Grand Soir qui se demande si Condoleezza Rice a profité de l’occasion pour massacrer aussi Mozart

    Notes

    (1) State Department Documents and Publications, March 10, 2009

    (2) Face the Nation, CBS, July 4, 2010

    (3) Washington Post, July 27, 2010

    (4) Talk given by the president at Veterans of Foreign Wars convention, August 17, 2009

    (5) White House press release of Obama’s remarks of July 27, 2010

    (6) Associated Press, July 28, 2010

    (7) CBS Evening News, August 20, 2002

    (8) ABC Nightline, December 4, 2002

    (9) "60 Minutes II", February 26, 2003

    (10) Washington Post, March 1, 2003

    (11) "60 Minutes", January 27, 2008. See also : Fairness and Accuracy in Reporting [FAIR] Action Alert, February 1, 2008

    (12) Associated Press, December 12, 2006

    (13) Letter to the Washington Post from M.A. Mohammadi, Press Officer, Iranian Mission to the United Nations, June 12, 2006

    (14) See Anti-Empire Report, October 1, 2008, second part

    (15) Washington Post, March 5, 2009

    (16) Sunday Times (London), January 10, 2010

    (17) Originally in the Dutch weekly magazine, Elsevier, April 27, 2002, pages 52-3 ; picked up in many other international publications

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    http://www.legrandsoir.info/C-etait-quoi-deja-l-objectif-de-cette-guerre.html

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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains


    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
     

    Durant la semaine du 29 juillet au 4 août :

    • les FOI ont tué 2 militants de la résistance, dont l’un par exécution extrajudiciaire, dans la bande de Gaza :
      • et 2 résistants ont été blessés par les bombardements israéliens ;
    • les FOI ont continué d’user de la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
      • un garçon palestinien et 2 internationaux ont été blessés ;
      • 7 civils, dont un mineur et un militant israélien, ont été arrêtés ;
    • les FOI ont continué de tirer sur les agriculteurs et travailleurs palestiniens dans les zones frontalières à l’intérieur de la bande de Gaza :
      • 5 travailleurs palestiniens, dont un mineur, ont été blessés dans le nord de la bande de Gaza ;
    • les FOI ont bombardé des tunnels et des propriétés civiles dans la bande de Gaza :
      • 19 Palestiniens, dont 2 femmes et un mineur, ont été blessés par les frappes aériennes israéliennes contre un bureau de police à Gaza ville ;
    • les FOI ont mené 31 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie et 5 autres, plus limitées, dans la bande de Gaza :
      • elles ont arrêté 28 Palestiniens, dont 8 mineurs ;
    • Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
      • les troupes postées sur les check-points et passages frontaliers de Cisjordanie ont arrêté 2 Palestiniens ;
    • Israël a continué de prendre des mesures qui visent à créer une majorité démographique juive en Jérusalem :
      • le tribunal central israélien à Jérusalem a approuvé l’expulsion de 60 familles palestiniennes de la banlieue de Jérusalem ;
      • une colonie israélienne s’est emparée d’un immeuble palestinien dans la vieille ville de Jérusalem ;
    • les FOI ont poursuivi la colonisation de la Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens :
      • la construction de 40 logements à Jérusalem a été approuvée ;
      • des zones de terres et du matériel agricoles ont été détruits et brûlés à l’est d’Hébron.


    (JPG)

    Un enfant palestinien évacué vers l’hôpital, blessé par une frappe aérienne israélienne sur la ville de Gaza


    Violations israéliennes recensées durant la période du 29 juillet au 4 août 2010

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et contre leurs biens, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Vendredi 30 juillet

    Vers minuit et demi, les forces d’occupation pénètrent dans al-Ras et Al-Masharga al-Tahta, quartiers du sud-est d’Hébron, elles mènent leur raid dans les rues et perquisitionnent dans certaines maisons. Elles arrêtent 3 Palestiniens :

    1. Fadi Bajes al-Ja’bari, 26 ans,
    2. Mohammed Fattouh al-Ja’bari, 24 ans, et
    3. Edris Mohammed al-Ja’bari, 30 ans.

    Vers 1 h 30, incursion au sud-est de Bethléhem, dans al-Khader, avec l’arrestation de Mahmoud Ibrahim ‘Eissa, 22 ans. Puis, vers 2 h 30, dans Taqqou’, dans le même secteur, mais pas d’arrestations.

    A Beit Liqya, à l’ouest de Ramallah, incursion vers 15 h, l’armée d’occupation patrouille dans les rues du village, et se retire.

    Samedi 31 juillet

    Au sud-ouest d’Hébron, l’armée entre dans Beit ‘Awa, fouille un certain nombre de maisons et arrête ‘Abdullah Waleed al-Swaiti, 24 ans.

    Dimanche 1er août

    A Halhoul, au nord d’Hébron, incursion vers 1 h du matin. L’armée investit la ville, fouille des maisons et convoque un certain nombre de Palestiniens pour interrogatoire. Elle entre dans Hébron vers 2 h 30, même opération. Elle convoque ‘Ali TAhboub, 23 ans, et ‘Aadel ‘Arafat al-Agha, 40 ans, pour interrogatoire. Vers midi et demi, c’est le tour de Dura, au sud-ouest d’Hébron, l’armée entre dans les bureaux de la Compagnie de télécommunications palestinienne et arrête son directeur, Yousef ‘Abdul ‘Aziz ‘Qazzaz, 37 ans.

    Dans la région de Salfit, plusieurs incursions. A 9 h, dans Brouqin, à l’ouest, où l’armée patrouille pendant quelques temps et se retire. Sans arrestations. Puis vers 21 h, dans Bedya et Yasouf, au nord-ouest, idem.

    Vers 15 h 30, incursion dans Ematin, à l’est de Qalqilya. Pas d’arrestations également.

    Lundi 2 août

    Région d’Hébron : vers 1 h du matin, les FOI entrent dans Sourif, au nord-ouest d’Hébron, elles pénètrent dans certaines maisons et arrêtent un Palestinien, Jihad Mahmoud al-Hour, 18 ans. Au même moment, incursion dans Sa’ir, au nord-est de la ville, sans arrestations.

    Près de Naplouse, à ‘Ourif, l’armée pénètre dans des maisons et arrête un Palestinien et son fils :

    1. Khaled Yousef Shurrab, 44 ans, et
    2. Diaa’ Khaled Shurrab, 20 ans.

    Vers 2 h, dans la ville de Bethléhem, l’armée cible différentes maisons et arrête Haitham Mohammed Khlaifat, 25 ans. Une heure plus tard, elle est dans Jenata, à l’est de la ville, perquisitionne la maison de Nasri Kamel al-‘Asakra. Elle force la famille à sortir et s’occupe de photographier la maison, pour se retirer ensuite. Sans arrestations.

    Incursion dans la ville de Salfit, vers 4 h 30, l’armée patrouille dans les rues de la ville avant de se retirer. Vers 13 h, elle arrive à Marda, au nord de Salfit, même opération. Et dans l’après-midi, vers 16 h 30, c’est le village d’al-Zawia, au nord-ouest de Salfit qui voit l’armée se déployer dans les rues, arrêter et interroger les civils palestiniens pour se retirer un peu plus tard.

    Vers 15 h 30, elle arrête 3 mineurs palestiniens du village de Bil’in, à l’ouest de Ramallah, alors qu’ils se trouvaient dans la zone d’al-Laimoun, près du mur d’annexion. L’armée prétend que c’est une zone militaire fermée. Les jeunes sont :

    1. Majdi Mohammed Bernat, 14 ans,
    2. Mo’tassem ’Ali Mansour, 14 ans, et
    3. Mahmoud ’Alaa’ Samara, 13 ans.

    Dans le même secteur, à Jafna, au nord de Ramallah, des soldats de l’occupation, déguisés en arabe, entrent dans le village. Deux d’entre eux font irruption dans le café Internet dans le centre du village et arrêtent FAdi Sidqi Wish’ha, 24 ans. Peu après, des véhicules de l’armée entrent à leur tour dans le village et embarquent Wish’ha vers une destination inconnue.

    Mardi 3 août

    Minuit environ, dans la région d’Hébron, l’armée entre dans Kharas, au nord-ouest : raid, fouilles de maisons, et arrestation de Ghaleb ‘Abdul FAttah ‘Atwan, 47 ans.

    Puis vers 1 h, c’est le tour d’‘Azzoun, à l’est de Qalqilya où l’occupant arrête 12 civils palestiniens, dont 5 mineurs :

    1. Mohammed ’Ali Radwan, 17 ans,
    2. Hamdallah Ahmed Saleem, 28 ans,
    3. Mohammed Ahmed Saleem, 32 ans,
    4. Mustafa Hassan Saleem, 17 ans,
    5. Eihab Jamal ’Abdullah, 19 ans,
    6. ’Abdul ’Aziz Shaher Saleem, 19 ans,
    7. Aws Wassef Radwan, 18 ans,
    8. ’Emad As’ad Radwan, 46 ans, relâché dans la soirée,
    9. Ahmed Saber Radwan, 16 ans,
    10. Mahmoud Nidal Saleem, 13 ans, relâché dans la soirée,
    11. Mujahed Saber Radwan, 22 ans, et
    12. Mohammed Yousef Shbaita, 16 ans.

    Vers 5 h, incursion dans Salfit, l’armée patrouille dans la ville, photographie le bâtiment du Service de sécurité préventive palestinien et quitte la ville.

    Mercredi 4 aôut

    Au nord de Tulkerem, l’armée d’occupation entre dans Deir al-Ghossoun et ‘Attil, et dans Bal’a à l’est. Elle patrouille dans les villages pour se retirer deux heures plus tard. Sans arrestations.

    Près de Jéricho, vers 2 h 30, dans al-‘Ouja, l’armée entre dans certains maisons et remet des convocations pour interrogatoire à 3 Palestiniens : Ma’ali Nasser Ma’ali, 18 ans, Marwan Sa’ed Rumain, 19 ans et Tha’er Mahmoud Jarhoud, 21 ans.

    Et vers 4 h, c’est dans al-Tireh, un quartier de Ramallah que l’armée opère, elle entre dans un immeuble de 4 étages appartenant à la famille d’Abu ‘Absa et en fouille le second. Elle arrête Mohammed Abu ‘Ajaj, 30 ans.

    2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre la colonisation et la construction du mur d’annexion

    Durant cette dernière semaine, les FOI ont continué d’utiliser la force contre les manifestations hebdomadaires non violentes organisées par les Palestiniens avec des internationaux et Israéliens défenseurs des droits humains. Un Palestinien et 2 internationaux ont été blessés ; de nombreux civils, dont 2 journalistes, ont souffert des inhalations des lacrymogènes, d’autres des coups reçus par les soldats. Les FOI ont également arrêté un mineur palestinien et un militant israélien.

    Le vendredi 30 juillet, à Bil’in, près de Ramallah après la prière, les Palestiniens avec des internationaux et des Israéliens, dont Mr Paolo Sionfi, président du parlement de l’Etat du Brésil, la chanteuse britannique Kareen Dennis, le chanteur US Marcel Cartier, une délégation espagnole de 45 membres et une délégation allemande de 30 membres, se dirigent en manifestation vers le mur d’annexion qui traverse le village. Aussitôt, et comme chaque semaine, l’armée tire sur cette manifestation non violente, à balles caoutchouc, lance des lacrymogènes et des bombes sonores. Conséquence : Mohammed Shawkat al-Khatib, 18 ans, est touché d’un corps de lacrymogène à l’épaule gauche, et un international, non identifié, est touché de la même manière au pied. Plusieurs des manifestants souffrent des lacrymogènes et des coups reçus.

    A Ni’lin, également à l’ouest de Ramallah, la même manifestation non violente est organisée le même jour et comme chaque semaine contre le mur d’annexion ; l’armée réagit avec la même brutalité.

    A Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah, ce même vendredi, les Palestiniens, internationaux et Israéliens se dirigent vers les terres confisquées dans le secteur entre les villages de Nabi Saleh et Deir Nizam. Quand ils arrivent à proximité des terres volées au profit de la colonie Halmish, l’armée réagit avec la même violence. Elli Kid, 23 ans, militant britannique, est touché par un corps de grenade à la jambe droite, de nombreux manifestants souffrent des gaz, d’autres de contusions. L’armée arrête également Waleed Daifallah al-Tamimi, 13 ans, et Ben, 21 ans, militant israélien, et les relâche une heure plus tard.

    Beit Ummar, près d’Hébron, comme chaque semaine, une manifestation est organisée le samedi 31 juillet avec le triptyque Palestiniens, internationaux, Israéliens, contre les terres confisquées par l’occupant pour les annexer à la colonie de Karmi Tsur. L’armée attaque la manifestation. 5 civils, dont un mineur, une femme et deux journalistes sont blessés :

    1. ’Aamer Mahmoud ’Aabdin, 31 ans, cameraman de Palmedia, blessé au bras et à l’épaule gauches, et couvert de contusions,
    2. ’Abdul Hafiz Diab al-Hashlamoun, 43 ans, cameraman d’Associated Press, souffre de contusions dans le dos et les membres,
    3. Ahmed Khalil Abu Hashem, 43, secrétaire du Comité contre les colonies à Beit Ummar village, souffre de l’inhalation des gaz,
    4. Mohammed Ahmed Khalil Abu Hashem, 16 ans, qui a perdu connaissance, et
    5. Hiba Mohammed Abu Maria, 20 ans, qui a perdu connaissance également.

    3 - Exécution extrajudiciaire

    Durant cette semaine, les FOI ont abattu par exécution extrajudiciaire un militant des Brigades ‘Izzidin al-Qassam (la branche armée du Hamas) dans le centre de la bande de Gaza. La personne ciblée avait déjà été victime de plusieurs tentatives extrajudiciaires, la dernière datant de la dernière offensive israélienne contre la bande de Gaza, qui avait tué son épouse et ses cinq enfants.

    D’après l’enquête menée par le PCHR : vers minuit et demi, le samedi 31 juillet, des avions israéliens tirent un missile sur une bande de terre clôturée par une barrière en fer blanc. Il s’y trouve ‘Isa Abdul Hadj al-Batran, 40 ans, membre des Brigades Izzidin al-Qassam. La terre est située dans la zone d’Abu Jebba dans le camp de réfugiés d’al-Nusseirat, à l’ouest de la rue Salah el-Deen, dans le centre de la bande de Gaza. Mr al-Batran est tué dans l’attaque, qui également détruit des bâtiments habités et une voiture.

    4 - Maintien du siège sur les TPO

    Israël maintient un siège très serré sur les TPO et ses restrictions des déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

    Bande de Gaza

    Cisjordanie

    A Jérusalem, les mêmes restrictions sont appliquées et des milliers de Palestiniens ne peuvent toujours entrer dans la ville. Les restrictions sont encore plus drastiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher davantage de Palestiniens d’aller prier à la mosquée al-Aqsa. Le vendredi matin 30 juillet notamment, des restrictions plus sévères sont imposées, des centaines de soldats et policiers se sont déployées dans les rues et un hélicoptère survole un moment le secteur pour observer le mouvement des civils palestiniens. Vers 19 h, le lundi 2 août, les FOI ferment le check-point de Qalandya, au nord de Jérusalem, direction Ramallah et le nord de la Cisjordanie, ceci après qu’un soldat israélien se soit fait tirer dessus.

    Dans la région de Naplouse, mêmes restrictions. Dimanche matin, 1er août, l’armée en poste à Huwara, un check-point au sud de Naplouse, intensifie les mesures de restrictions.

    Ramallah, même situation. De nombreux check-points volants sont posés chaque semaine sur des différents points du secteur. Jeudi 29 juillet à 8 h, un barrage volant est posé par l’armée à l’entrée de Senjel, au nord de Ramallah. Vers 8 h 30 du même jour, l’armée revient sur le check-point d’‘Attara, à l’entrée nord de Bir Zeit ; le lundi midi, 2 août, retour sur ce même check-point.

    Lundi 2 août, vers 22 h, l’armée monte un barrage sur la route de Tulkarem à Naplouse, près de l’usine d’al-Tanib. Vers 21 h, sur la route de Tulkarem à Qalqilya, près du carrefour de Kufor Sour, et le 4 août, le mercredi, vers 1 h, un barrage est posé sur la route d’al-Kafriyat, au sud.

    Région de Qalqilya, au nord-est de la Cisjordanie, vers 7 h, dimanche 1er août, barrage volant près du secteur d’al-Mentar, direction ‘Azzoun. Une demi-heure plus tard, les soldats sur ce check-point arrêtent un tracteur qui transporte des matériaux de construction. Ils demandent au conducteur, Ahmed Mohammed ‘Edwan, 28 ans, de montrer les papiers du tracteur, mais il leur dit qu’il ne les a pas. Ils lui ordonnent alors de placer le tracteur derrière leurs véhicules. Ils démontent le check-point et ordonnent au conducteur du tracteur de les suivre jusqu’au poste militaire près de l’entrée est de Qalqilya. Là, ils confisquent le tracteur et ordonnent au conducteur de quitter le secteur.

    Vers 15 h 30, le même jour, nouveau barrage volant au carrefour de Jeet, à l’est de Qalqilya.

    Près de Jéricho, le vendredi 30 juillet, vers 15 h, barrage volant sur la route qui relie la ville à Ramallah. Vers 19 h 30, autre barrage à l’entrée du village d’‘Ein al-Dyouk, au nord de Jéricho.

    Arrestations sur les check-points militaires

    Le mercredi 28 juillet, sur le check-point de Za’tara, au sud de Naplouse, l’armée arrête Mo’avad ‘Abdullah ‘Abbas, 35 ans, chauffeur de taxi, du village de Faqqou’a à l’est de Jénine.

    Samedi madin, 31 juillet, au carrefour de Jaba’, au nord-est de Jérusalem, arrestation de ‘Abdul ‘Aziz Waleed al-Swaiti, 22 ans, du village de Beit ‘Awa, au sud-ouest d’Hébron.

    5 - Mesures visant à créer une majorité démographique juive dans Jérusalem

    L’escalade dans ces mesures violant de façon flagrante les droits des Palestiniens pour les chasser de Jérusalem-Est a amené le PCHR à consacrer cette section de son rapport hebdomadaire.

    -  Le jeudi 29 juillet, vers 1 h du matin, au moins 40 colons israéliens armés, du groupe d’Atiorat Kohanim, envahit un immeuble de deux étages appartenant à la famille Qarrash, où vivent 9 familles soit 49 personnes, dont 22 enfants, dont la majorité est sortie à ce moment-là. Les colons, escortés par la police israélienne, pénètrent par effraction dans l’immeuble. La famille dépose plainte devant un tribunal israélien qui ordonne l’évacuation des colons. La police israélienne atermoie au lieu de faire exécuter la décision du tribunal, et les colons peuvent faire appel ; et la décision de première instance est suspendue. Ces juifs se prétendent propriétaires du bâtiment depuis 1987. Or, la famille qui avait déjà saisi la justice israélienne a été reconnue propriétaire de l’immeuble en 2000 et en 2008.

    -  Le tribunal central israélien de Jérusalem a rejeté la plainte déposée par un certain nombre de Palestiniens, détenteurs de cartes d’identité de l’Autorité nationale palestinienne et vivant dans la banlieue de Jérusalem, à al-Salam et ‘Anata, au nord de la cité, contre une décision israélienne pour les expulser de leurs maisons et de leurs terres. Le tribunal prétend que la présence de ces plus de 60 familles, représentant environ 500 personnes, est illégale dans ce secteur étant donné qu’il fait partie de Jérusalem, que les gens peuvent aller à Ramallah et qu’ils n’ont pas l’autorisation d’être la région.

    -  Depuis des années, le ministère israélien des Transports travaille à la mise en place d’un réseau ferré urbain pour relier les colonies israéliennes à Jérusalem-Est. La ligne passe à travers Shu’fat et Beit Hanina, villes au nord de Jérusalem. Il sera ouvert l’année prochaine. Dans le cadre de sa préparation, dimanche et lundi, 1er et 2 août, le ministère a fait circuler expérimentalement le tramway dans Shu’fat, malgré les protestations des Palestiniens, le projet constituant une agression contre leurs propriétés, contre leurs intérêts environnementaux et économiques, et contre la continuité géographique de la Cisjordanie, et ils ne les dessert pas. Le tramway à Shu’fat divise la ville en deux. L’opération expérimentale a perturbé la circulation dans la région.


    6 - Colonisation et agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens

    La colonisation de la Cisjordanie se poursuit en toute illégalité, et au vu de tous.

    -  Le vendredi 30 juillet, vers 14 h 20, des dizaines de colons israéliens de la colonie Brakha, au sud de Naplouse, agressent les maisons en périphérie du village de Bourin, et mettent le feu à de vastes secteurs d’oliveraies dans les zones d’al-Juhair et ‘Ein al-Sharqiya. Au moins 100 oliviers avaient brûlé avant que les Palestiniens de la Défense civile puisssent circonscrire l’incendie. Les FOI ont lancé des grenades lacrymogènes sur les Palestiniens et les équipes de la Défense civile. Deux agents de cette dernière souffrent de l’inhalation des gaz : Sami ‘Omran, 30 ans, et Shadi al-Zeben, 29 ans.

    Dans son témoignage au PCHR, RAkhaa ‘Abdul Ra’ouf ‘Eid, responsable de la défense civile, déclare :

    «  Vers 14 h 20, le vendredi 30 juillet, alors que je suis en service, nous recevons un appel téléphonique nous informant qu’un feu a pris dans des oliviers et des herbes dans la zone d’al-Juhair, à l’est de Bourin. Immédiatement, un véhicule anti-incendie part pour le village. Le camion est conduit par Mohammed ‘Omran, accompagné par l’agent Sarni ‘Omran. Ils arrivent sur la zone et voient environ 20 colons qui mettent le feu au secteur. Ceux-ci se mettent à lancer des pierres sur notre camion anti-incendie. Nous contactons le Département de liaison palestinien l’informant de ce qui se passe. Environ 20 minutes plus tard, alors que les agents de la Défense civile s’efforcent d’éteindre le feu, des véhicules militaires israéliens arrivent sur les lieux et s’arrêtent près des colons. Les soldats israéliens lancent des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes sur les gens de la Défense civile et les villageois qui sont venus les aider à lutter contre l’incendie. Un agent de la DC, Sami ‘Omran, souffre d’avoir respiré les lacrymogènes.

    Dans le même temps, nous recevons un appel téléphonique qui nous informe qu’un autre feu a éclaté dans le secteur d’‘Ein al-Sharqiya. L’agent Shadi al-Zeben, 29 ans, et moi-même nous rendons en voiture sur place. Quand nous arrivons, les troupes israéliennes nous lancent des grenades lacrymogènes et des assourdissantes. L’agent al-Zeben souffre de l’inhalation des gaz. Il est soigné par une équipe médicale du Croissant-Rouge palestinien et ramené ensuite chez lui. Nous revenons au centre des pompiers une fois qu’on a réussi à éteindre le feu qui a brûlé au moins 100 oliviers ; nous avons pu en sauver au moins 140. Quand nous arrivons au centre, on nous a dit qu’un autre incendie s’est déclaré vers al-Juhair, à cause des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes lancées par les troupes israéliennes. Nous allons là-bas, mais les soldats nous empêchent d’arriver jusqu’aux flammes. Nous appelons à nouveau le Département de liaison palestinien et 10 minutes plus tard, nous sommes autorisés à aller sur place et nous pouvons éteindre l’incendie. »

    -  Le lundi 2 août, vers 6 h, les FOI entrent dans la zone d’al-Baq’a, à l’est d’Hébron. vers 7 h, elles commencent à démonter les canalisations d’irrigation sur trois terrains, appartenant à Badran Bader Jaber. Les FOI confisquent aussi toutes les canalisations démontées et de nombreux jeunes arbres. Durant l’opération, les troupes israéliennes ont frappé avec violence Jaber, son épouse, sa fille, son fils, Wadee de 16 ans, et son beau-frère, Mohammed Musbah al-Ja’bari, 37 ans. Elles arrêtent le fils et le beau-frère. Elles frappent et arrêtent ce dernier sous les yeux mêmes de son enfant de 4 ans, qui pleurait et implorait les soldats israéliens de ne faire de mal ni arrêter son père. Aussitôt après, les FOI se rendent sur le terrain voisin qui appartient à ‘Azzam Mohammed Jaber et démontent les canalisations et arrachent des mètres de tuyaux utilisés pour l’irrigation, confisquent une machine pour arroser par vaporisation, et vandalisent des centaines de jeunes pousses appartenant à Badran Jaber. Elles démontent encore environ 5 000 mètres de canalisations utilisées pour l’irrigation et d’autres jeunes arbres. Cette agression contre la famille de Badran Jaber est la quatrième en 10 mois.

    -  Ce même lundi, la municipalité israélienne de Jérusalem approuve la construction de 40 logements dans la colonie de Pisgat Ze’ev Mizrah. Selon des sources israéliennes, la Commission d’urbanisme et du logement de la municipalité a approuvé la construction de 4 immeubles, chacun comprenant 10 appartements, dans le cadre d’un projet plus large de construction de 220 logements dans le secteur. Il faut indiquer que la construction des 32 autres logements avait été approuvée deux semaines plus tôt.

    -  Selon un rapport de l’organisation israélienne, La Paix Maintenant, on a commencé au cours des mois passés la construction de 390 logements en Cisjordanie, alors que c’est la période du gel provisoire des activités de colonisation. Ce nombre inclut 223 logements en dur et 167 mobil-homes. Ainsi, le nombre de logements en construction durant cette période de gel provisoire monte à 603. Ces logements sont construits dans les colonies suivantes : 180 dans Bitar Elite, 62 dans Burkan, 1 dans Binreh, 60 dans Sha’ari Tikva, 40 dans Givat Ze’ev, 24 dans Matsbe Yericho, 22 dans Ariel, 21 dans Ma’le Adumin, 20 dans Kfar Etzion, 18 dans Kfar Adomin, 12 dans Eitamar, 11 dans Elli, 9 dans Uranit, 9 dans Tsufin, 7 dans Bitar Elite, 6 dans Alkana, 6 dans Fdu’el, 5 dans Eliazer, et 5 dans Yakir.


    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de nous contacter à notre bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).


     
     

    Rapport hebdomadaire pour la période du 29 juillet au 4 août 2010 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP

     

     


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  • IN THIS SHIRT ( Film "THE FORGOTTEN CIRCUS")

    La pop n'avait pas connu tel phénomène depuis...longtemps. Sans même parler de l'Angleterre. Un chanteur à la tessiture de contre-ténor emportant des chansons soigneusement arrangées vers des cimes jadis atteintes par un Jeff Buckley ou un Scott Walker.


    De ce dernier il est fait beaucoup référence en raison des envolées de piano et de cordes qui président au douze titres de ce premier album, rappelant la majesté des mini-symphonies pop de l'ex Walker Brothers. La première écoute confondante fait également surgir le nom d'Antony Hegarty (Antony and the Johnsons), auquel le leader de The Irrepressibles Jamie McDermott partage bien d'autres points, notamment dans le travestissement et le maquillage.

    A la fois sobre et élégant, Mirror Mirror ne connaît aucune faiblesse. Certaines pièces se détachent comme « In This Shirt », « Nuclear Skies » ou « My Friend Jo », d'entrée les plus convaincantes, mais l'album est d'une grande cohérence et provoque un ravissement dans son intégralité.

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  • Enfants de Gaza frappés par des obus à fléchettes

    jeudi 5 août 2010 - 06h:29

    Adie Mormech - Live from Palestine


    « Elle est revenue par l’entrée principale et on ne voyait pas tout de suite qu’elle avait été blessée. Soudain beaucoup de sang est sorti de son nez et elle s’est mise à vomir ; toute la famille a vu cela... ses petits frères ont été très effrayés. Elle venait juste de jouer à l’avant de la maison. »
     
     

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    Bombardements israéliens sur Gaza, la nuit du 30 au 31 juillet 2010 - Photo : Ezzedeen Al-Qassam

    C’est ainsi que Nihed Al-Massry a décrit ce qi est arrivé à sa fille Samah Eid, âgée de neuf ans, après que l’armée israélienne ait tiré quatre obus sur des zones résidentielles dans Beit Hanoun au nord de la bande de Gaza le 21 juillet 2010. Samah est maintenant hospitalisée dans un état jugé très sérieux, souffrant d’une importante perte de sang et d’un niveau d’hémoglobine très bas. Elle a été frappée par les éclats et les fléchettes d’un obus [1] qui a explosé à une centaine de mètres plus loin, provoquant une hémorragie interne à la poitrine et plusieurs traumatismes graves à la tête. Des morceaux de métal sont maintenant enfoncés dans tout son corps.

    Les obus à fléchettes sont des armes illégales au regard du droit international quand ils sont tirés sur des zones d’habitations civiles. Trois autres enfants ont été blessés dans cette même attaque.

    Deux jeunes gens ont été tués : Muhammad, Al-Kafarneh, âgé de 23 ans, touché par des éclats dans le dos et la poitrine, et Kasim Al-Shinbary, 19 ans, touché par des fléchettes à la tête et par des éclats dans le dos. On ne sait pas s’ils faisaient partie de la Résistance ou s’ils étaient simples civils.

    Haitham Thaer Qasem, un garçon âgé de quatre ans et enfant unique, était endormi sur un lit d’hôpital, inspirant difficilement de temps en temps à travers l’appareil d’assistance respiratoire fixé sur son nez. Il souffre d’un traumatisme nasal profond, et des pointes de fléchettes venant de l’obus sont encore enfoncées dans son petit corps, entrées dans le dos, le bras droit et la jambe droite. Haitham se trouvait à environ 200 mètres de l’impact de la bombe.

    La mère de Haitham se tenait à ses côtés, pleurant silencieusement tandis qu’une de ses tantes à son chevet expliquait ce qui s’est produit.

    « Nous avions demandé à Haitham de ramener quelque chose du marché pour sa maman, puis nous avons entendu les explosions et quelqu’un est venu à notre maison et dire à la famille qu’Haitham avait été emmené à l’hôpital et qu’il avait été blessé dans le bombardement. Nous sommes venus rapidement à l’hôpital. »

    Pendant ce temps, le médecin qui soigne Samah a expliqué que la perte de sang de la fillette était un souci majeur. Ses blessures sont aggravées par le fait qu’elle souffre déjà - comme trois de ses frères - de thalassémie [2] et le médicament pour traiter son état, l’Exjade, est rare en raison du blocus israélien. Elle était clairement en train de souffrir et, paniquée, elle essayait d’enlever les tubes nasaux. Sa mère nous a montré les bandages sur sa poitrine.

    Son médecin, Muhammad Abu Hassan, décrit son état comme « semi-critique ».

    « Elle était dans un état très grave quand elle est arrivée - c’est très difficile et très traumatisant pour des enfants lorsqu’on leur insère une sonde dans la poitrine - c’est très douloureux. Le sang coulait principalement de la poitrine. Nous devrons l’opérer et nous chercherons plus précisément l’origine de sa douleur abdominale, » nous a-t-il expliqué.

    La famille d’Al-Massry avait déjà auparavant souffert des attaques israéliennes. Ryad, le frère de Samah, âgé de quatre ans, a été blessé lors de l’attaque israélienne de trois semaines contre la bande de Gaza au cours de l’hiver 2008-09, où plus de 400 enfants palestiniens ont été tués.

    « Notre maison a été frappée pendant la guerre, un voisin qui était à l’intérieur a été tué et notre fils a eu de graves blessures à la tête. Il n’a alors pu être soigné et en raison de cela, sa vue est maintenant affectée et de façon permanente. »

    Alors que nous quittions Samah, elle a commencé à pleurer, gémissant dans son triste état et dans sa grande confusion. Il y avait deux enfants blessés de plus à l’hôpital à cause de l’attaque, appartenant aussi à la famille Al-Massry de Beit Hanoun : Azzam Muhammad al-Massry, âgé de 11 ans, qui souffrait d’une grave fracture au niveau du coude gauche, et Ibrahim Wasseem al-Massry, âgé de 4 ans, souffrant de blessures légères à l’abdomen.

    La semaine précédente à Gaza, Nema Abu Said, une maman de cinq enfants et âgée de 33 ans a été tuée par un bombardement israélien alors qu’elle quittait sa maison pour rechercher, toute affolée, son plus jeune garçon après un premier tir d’obus. Trois autres membres de la famille ont été blessés par les fléchettes, plusieurs de celles-ci restant maintenant enfoncées dans les corps des personnes blessées.

    Notes :

    [1] Le terme consacré pour ce type d’obus est nail bombdont le contenu est fait de billes d’acier, clous, pièces coupantes comme des rasoirs, fléchettes d’acier et divers morceaux métalliques. L’armée israélienne utilise régulièrement sur les zones très densément peuplées de Gaza, ce type d’obus de fabrication américaine qui projettent principalement des « fléchettes » de 3,75 mm de long dans toutes les direction et qui mutilent et tuent dans une zone circulaire de 100 à 300 mètres autour de leur point d’impact.

    [2] Maladie souvent héréditaire, consistant en anémie et déficit en hémoglobine

    A lire également :

    -  Gaza, zone d’ombre - Coupez ! - 28 décembre 2009
    -  Balles dans le cerveau, shrapnel dans la colonne vertébrale : terribles blessures chez les enfants de Gaza - 26 octobre 2009
    -  Gaza : laboratoire d’expérimentations pour de nouvelles armes - 27 janvier 2009
    -  Gaza sert-elle de terrain d’essai pour de nouvelles armes ? - 19 janvier 2009
    -  L’armée israélienne n’a aucune pitié pour les enfants des écoles maternelles de Gaza - 16 janvier 2009
    -  Les enfants de Gaza dans la ligne de tir - 11 janvier 2009
    -  Soigner les enfants Palestiniens traumatisés - 22 mars 2008
    -  Les enfants palestiniens pris délibérément pour cibles - 17 novembre 2008
    -  Des soldats israéliens tuent une mère de famille et abandonnent son corps auprès de ses enfants - 2 juin 2008
    -  Israël teste de nouvelles armes mortelles à Gaza - 30 avril 2007
    -  Ils tirent sur des enfants - 7 avril 2007
    -  L’enfance touchée, une fois encore - 2 janvier 2007

    (JPG)

    * Adie Mormech est un avocat spécialisé dans les droits de l’homme et basé dans la bande de Gaza. Il avait été précédemment kidnappé par la marine israélienne dans le huitième bateau du mouvement Free Gaza, The Spirit of Humanity. Il milite avec le Mouvement International de Solidarité.


     
     

    27 juin 2010 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
    http://electronicintifada.net/v2/ar...
    Traduction de l’anglais : Claude Zurbach

     

     


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