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    Cap Caval remporte le titre de champion de Bretagne des bagadoù.
     

    Le palmarès

    Première catégorie. 1er Cap Caval ; 2e Quimper ; 3e Quimperlé ; 4e Briec ; 5e Locoal-Mendon ; 6e Vannes ; 7e Saint-Malo ; 8e Moulin Vert ; 9e Pontivy ; 10e Perros-Guirec ; 11e Penhars ; 12e Saint-Nazaire ; 13e Guingamp qui descend en deuxième catégorie.

    Deuxième catégorie. 1er Plougastel ; 2e Pommerit (ces deux groupes montent en première catégorie) ; 3e Lorient ; 4e Cesson-Sévigné ; 5e Pouldergat ; 6e Elven ; 7e Bubry ; 8e Keriz ; 9e Landerneau ; 10e Dol-de-Bretagne ; 11e Port-Louis ; 12e Plabennec ; 13e Saint-Pol-de-Léon ; 14e Camors. Selon le règlement ces deux derniers groupes descendent.

    Troisième catégorie. 1er Landivisiau ; 2e Vern-sur-Seiche (ces deux groupes montent en deuxième catégorie) ; 3e Karreg an Tan ; 4e Carhaix ; 5e Morlaix ; 6e Fougères ; 7e Combrit ; 8e Glazik Kemper ; 9e Ergué-Armel ; 10e Plouha ; 11e Kerné ; 12e Bourbriac.


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  • L’IFOP invente le sondage à charge

    TAIMOIN
    Laurence Parisot, Patronne des Patrons & Patronne de l’IFOP

    L’IFOP vient de publier un sondage qui tend à montrer que les françaises et les français seraient extrêmement favorables aux mesures ultra-sécuritaires réclamées dernièrement par Sarkozy de Nagy-Bocsa, mesures pourtant fortement contestées dans l’ensemble de la presse et une bonne partie de l’opinion.

    Les scores d’adhésion aux idées du locataire de l’Elysée atteignent, dans ce sondage à point pour lui, des niveaux dignes d’une république bananière. « 80% des sondés se disent favorables au retrait de la nationalité française pour les personnes d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’excision, et 70% pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme ».

    Ce type de sondage relève de la méthode CAWI (Computer-Assisted Web Interviewing). La CAWI, comme les kebabs, est née avec la conjugaison crise/internet. Plus besoin de téléphones, plus besoin d’enquéteurs à domicile, les questionnaires sont « auto-administré en ligne, ce qui veut dire que chacun le trouve sur un site, ou reçoit un lien pour le remplir. Intérêt : économies et rapidité. De nombreux maillons de la chaîne du sondage sautent et plusieurs dizaines de questionnaires peuvent être remplis en même temps. On comprend un peu que la petite chef du Medef, qui cornaque l’IFOP, l’ait retenue pour ce sondage, et tant d’autres.

    Problèmes...On ne peut être sûr de qui remplit les CAWI, vu que l’IFOP travaille avec des centaines de sites partenaires, à qui elle demande de mettre en ligne son questionnaire ou un lien. On peut parfaitement imaginer des personnes décidées qui se relaieraient sur un site, puis feraient une recherche sur l’ensemble des sites où est posé tel questionnaire, pour aller remplir tous les CAWI relatifs au même problème soulevé par un CAWI particulier...Paranoïa ?...Non, possibilités technologiques couplées à une détermination militante.

    Sans oublier un élément fondamental. Par définition, l’enquête sur le Net ne peut toucher qu’une moitié et un plus des français, puisque seulement 57,8% des foyers ont le Net. Limites technologiques et sociétales, donc.

    Autre possibilité de diverger. Le questionnaire CAWI ne donne que les réponses de ceux qui VEULENT répondre.

    Il ne représente pas du tout l’opinion publique même s’il est « remballé » ensuite, à coups de pondération statistiques pour reprendre le profil de la population française. Il a un biais « dynamique ». Les répondants sont positifs ou négatifs, mais très peu non-répondants. Le CAWI accentue sûrement les réponses les plus fortes en termes de sens. Ainsi, les répondants choisiront plutôt « êtes-vous très », « étes-vous plutôt », que « sans opinion » ou « ne se prononce pas ».

    Le questionnaire pêcheraient donc, ici, par une tendance « maximaliste ».

    Au-delà de ces problèmes structurels des enquêtes CAWI, des biais récurrents et indiscutables émergent dans le sondage IFOP concerné lui-même. Le questionnaire semble très loin de l’équilibre, dans le domaine sémantique/rhétorique.

    Il suffit pour s’en apercevoir de reprendre la question initiale et les items – les différentes modalités de réponse possible – au fur et à meusre.

    Q 1 : "Vous savez que le gouvernement a annoncé différentes mesures pour lutter contre l’insécurité....Le terme "lutter" est un jugement de valeur. Il aurait fallu l’enlever ou employer des termes neutres comme "à propos de", "relatives à".

    Suite de la Q1 : "...très favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou très opposé ?". La formulation induit une préférence pour "favorable" qui vient deux fois en tête de phrase. La présentation plus neutre aurait été : "très favorable, très opposé, plutôt opposé ou plutôt favorable".

    Sur l’item 1 : "Le contrôle par bracelet électronique des délinquants multirécidivistes pendant plusieurs années après la fin de leurs peines". On est là encore dans le biais. Le terme "contrôle" est trop valorisant pour l’utilisation du bracelet. Il aurait fallu utiliser "port". Même remarque concernant « délinquants multirécidivistes », qui aurait dû être éliminé au profit, par exemple, de « personnes condamnées plusieurs fois » (lui-même mieux que « plusieurs fois condamnées qui met l’accent sur la multiplication des condamnations). Un questionnaire doit être neutre, c’est un b-a-ba que l’IFOP ne peut ignorer, et a pourtant ignoré.

    Item 2 : les "ressortissants d’origine étrangère"...Il ne manque plus qu’une cible peinte dessus. « Les français ayant eu une autre nationalité avant d’être français », aurait été moins discriminant, pour reprendre le genre d’euphémisation en cours chez nos élites.

    Item 3 : "L’instauration d’une peine incompressible de 30 ans de prison pour les assassins de policiers et de gendarmes". Flagrante, l’intention de criminaliser les gens de la catégorie visée par cette modalité de réponse..."Assasins" est le terme le plus puissant sûrement, en terme de valeur. Inutilisable pour un enquêteur, semble-t-il dans un questionnaire qui ne doit influencer en aucune manière les répondants. "auteurs d’homicides sur la personne de policiers et gendarmes" paraissaît absolument indiqué, si la firme de Parisot voulait respecter la déontologie. Apparemment, non.

    Item 4 : "Le démantèlement des camps illégaux de Roms" . Une vraie caricature..."illegaux" induit automatiquement ou presque la réponse. " Sa suppresssion dans un questionnaire neutre est indispensable, au profit de "camps non autorisés".

    Item 5 : "d’atteinte à la vie". Le biais est ici plus fin. L’expression distante, clinique, neutre serait "homicide sur la personne d’un policier ou d’un gendarme". L’expression choisie convoque le respect de la vie en général. Tout le monde le partage. On croit répondre sur l’atteinte à une catégorie de population précise, on respecte en réalité, quasiment religieusement, la Vie.

    Item 6 : "délinquants" est un terme superflu dans la modalité de réponse proposée, il connote péjorativement les "mineurs" Il n’aurait jamais dû être retenu.

    Ce questionnaire semble vermoulu du sol au plafond.

    Plus grave, dans le contexte actuel, après le maximalisme triste d’un président aux abois qui s’enfonce dans cet argent qui compte tant à ses yeux, produire un questionnaire aussi violemment propulsé en dehors des règles du juste, de l’équitable, du neutre, d’une déontologie dont se gargarise pourtant tout ces directeurs directeurs de machines à sondages, montre bien qu’il y a là véritablement intention de manipuler l’opinion.,

    Pour ceux qui espère en la démocratie, il y a matière là, à saisir dans un premier temps la Commission des sondages et ensuite la Justice. Le syndrome "Opinion Way" semble métastaser un peu trop pour que la Démocratie, la Citoyenneté ressortent sans dommages de la constante manipulation dont nous sommes victimes. Manipulation qui se déroule pendant que nous subissons déjà le rouleau compresseur médiatique dévoué à l’Etat-UMP et les charges des politiques.

    Justice exigible egalement parce qu’outre un questionnaire totalement hors des clous, il faut quand même répondre aussi à une question liée, mais pas complètement sans doute...Comment peut arriver à des scores de dictature latino-américaines, après l’unanime ou presque indignation de la gauche et même de certains à droite qu’a suscité les discours lepénistes tout récents de Sarkozy de Nagy-Bocsa ?

    La Commission des sondages existe, j’en suis à peu près sûr. J’ai vu son nom quelque part. Quelqu’un aurait-il de ses nouvelles ? Quelqu’un aurait aperçu par hasard un de ses avis, peut-être une sanction infligée à un sondeur ?...

    Faute de réalité et d’action de la Commission des sondages, Il restera donc aux citoyens à s’adresser à la Justice, pour stopper la dérive, la République des coquins.

    Pour une fois qu’un(e) juge d’instruction pourrait être nommée, ça ne se refuse pas.

    TAIMOIN

    En tous cas, c’est pas un sondage, c’est un tract. Brun.

    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/L-IFOP-invente-le-sondage-a-charge.html

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  • La rencontre au sommet entre le contrebassiste Dave Holland et le guitariste flamenco Pepe Habichuela.
     
    Le grand guitariste Pepe Habichuela d'origine gitane, est né à Granada en 1944, et fait partie de la grande dynastie flamenca des Habichuelas.

    Le plus américain des jazzmen anglais Dave Holland, complice des Miles Davis, Corea, Hancock et Metheny a participé à l'histoire du jazz contemporain par la souplesse de son jeu à la contrebasse. Ces deux là se sont rencontrés il y a quelques années, lors d’une master class qu’ils animaient sur le thème de la fusion du jazz et du flamenco. C’est ainsi que naquit ce projet flamenco, où la guitare de Pepe Habichuel accueille la contrebasse du jazzman aux trois Grammy awards Dave Holland.

     
     
     

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  • Ce qu’Israël attend effectivement de sa campagne de bombardement de l’Iran

    Gareth Porter


    Dans leur délire criminel et belliciste, les Israéliens ont à présent pour objectif de déclencher une guerre avec l’Iran, puis d’obliger les Etats-Unis à la terminer, écrit Gareth Porter.
     
     
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    Bombardements israéliens, avec bombes au phosphore, sur la bande de Gaza l’hiver 2008-2009. Nul doute qu’une massive campagne de bombardements sur l’Iran verra l’utilisation de la panoplie d’armes les plus meurtrières concoctées dans les laboratoires israéliens et US.

    La justification du bombardement israélien de l’Iran avancé par Reuel Marc Gerecht coïncide avec l’ouverture d’une nouvelle campagne du lobby israélien en faveur de la résolution 1553 proposée à la Chambre des représentants par laquelle celle-ci exprimerait son plein appui à une telle attaque israélienne.

    Dans cette campagne, il est important de comprendre que l’objectif de Gerecht et du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahou est d’appuyer une attaque israélienne afin d’impliquer les États-Unis dans une guerre totale, directe avec l’Iran.

    C’est la stratégie adoptée depuis longtemps envers l’Iran, parce qu’Israël ne peut pas mener une guerre en Iran sans la pleine participation des USA. Israël veut être sûr que les USA finiront la guerre qu’il veut lancer.

    Gerecht espère ouvertement que toute réaction iranienne à une attaque israélienne déclencherait une guerre totale des USA contre l’Iran. « Si Khamenei a une pulsion de mort, il laissera la garde révolutionnaire poser des mines dans le détroit, entrée du golfe persique » écrit Gerecht. « Ce serait la seule chose qui pousserait le Président Obama a frapper l’Iran militairement... » Gerecht suggère que la même logique s’appliquerait à tout acte « terroriste iranien contre les USA après une frappe israélienne » ; par cela il entend en fait toute attaque contre une cible US au Moyen-Orient. Gerecht écrit qu’Obama pourrait être « obligé » de menacer l’Iran de représailles majeures « immédiatement après une attaque surprise par Israël ».

    C’est la phrase clé dans cette très longue argumentation de Gerecht. Obama ne sera pas « obligé » de se joindre à l’agression israélienne contre l’Iran à moins de pressions politiques intérieures irrésistibles. C’est la raison pour laquelle les Israéliens sont déterminés à rallier une forte majorité au Congrès et auprès de l’opinion publique en faveur de la guerre, coupant ainsi l’herbe sous le pied d’Obama.

    Sans la certitude qu’Obama serait prêt à rejoindre la guerre derrière Israël, il ne peut y avoir de frappe israélienne.

    L’argument de Gerecht au sujet de la guerre repose sur un scénario cauchemardesque irréel dans lequel l’Iran distribue des armes nucléaires aux extrémistes islamistes dans tout le Moyen-Orient. Mais le véritable souci des Israéliens et de leur groupe de pression, comme l’a dit Gerecht ouvertement par le passé, est de détruire le régime islamique iranien dans un paroxysme de violence militaire étasunienne.

    Gerecht a révélé pour la première fois ce fantasme néocon - israélien en 2000 déjà, avant que le programme nucléaire iranien ne soit même pris au sérieux, dans un article écrit pour un livre publié par le Project for a New American Century. Gerecht a affirmé que si l’Iran pouvait être surpris en flagrant délit d’« acte terroriste », la Marine USA « riposterait avec fureur ». L’objet d’une telle réaction militaire, écrivait-il, serait de « frapper les mollahs au pouvoir de manière véritablement dévastatrice ainsi que les institutions répressives qui les y maintiennent ».

    Et pour que chacun comprenne ce que cela signifie, Gerecht a été encore plus explicite « c’est-à-dire frapper, non pas à minuit, avec des missiles de croisière pour minimiser le nombre des victimes. Les ecclésiastiques riposteraient presque certainement à moins que Washington n’utilise une force écrasante et paralysante.

    En 2006 -2007, le parti belliciste israélien avait des raisons de croire qu’il pouvait saisir le contrôle de la politique des USA assez longtemps pour obtenir la guerre qu’il voulait, parce qu’il avait placé David Wurmser, un de ses agents les plus militants, dans une position stratégique lui permettant d’influencer cette politique.

    Nous savons à présent que Wurmser, ancien proche conseiller de Benjamin Netanyahou - alors qu’il était aussi le principal conseiller du vice-président Dick Cheney pour le Moyen-Orient - avait insisté pour que l’armée US utilise une force écrasante contre l’Iran. Après avoir quitté l’administration en 2007, Wurmser a révélé qu’il avait plaidé en faveur d’une guerre des USA contre l’Iran, non pas pour arrêter son programme nucléaire, mais pour obtenir un changement de régime.

    « Ce n’est que dans le cadre d’un assaut fondamental contre la survie du régime, que nous vous aurons l’appui d’Iraniens ordinaires » a déclaré Wurmser au journal The Telegraph. L’attaque étasunienne ne devrait pas se limiter aux objectifs nucléaires ; elle devrait viser une destruction complète et massive. « Si nous commençons à tirer, nous devons être prêts à vider notre chargeur. Ne tirez pas sur un ours, si vous n’êtes pas prêt à le tuer ».

    Bien entendu, ce genre de guerre ne pourrait pas être lancée à l’improviste. Il faudrait un casus belli pour justifier une attaque initiale limitée qui permettrait ensuite d’escalader rapidement la force militaire étasunienne. En 2007, agissant sur les conseils de Wurmser, Cheney a essayé d’amener Bush à provoquer une guerre avec l’Iran au sujet de l’Irak, tentative que le Pentagone a fait échouer. Alors que Wurmser commençait à susurrer ce conseil dans l’oreille de Cheney en 2006, Gerecht présentait le même argument dans le Weekly standard :

    Bombarder les installations nucléaires signifierait que nous déclarons la guerre au régime clérical. Nous ne devons pas nous faire d’illusions à ce sujet. Nous ne resterions pas en coulisse pour observer les mollahs construire d’autres sites. Si les mollahs au pouvoir devaient reconstruire les installations détruites - et il serait surprenant que le régime clérical plie après un premier bombardement - nous devrions frapper jusqu’à ce qu’ils arrêtent. Et si nous avions un doute au sujet de l’emplacement de leurs nouvelles installations (et il est absolument probable que le régime essaierait de les enterrer profondément sous des zones fortement peuplées) et s’il était raisonnable de suspecter une reprise de la construction, nous devrions envisager au minimum d’avoir recours à des forces d’opérations spéciales pour pénétrer dans les sites suspects.

    L’idée de lancer une guerre de destruction US contre l’Iran touche à la folie, raison pour laquelle les dirigeants militaires étasuniens lui ont opposé une résistance farouche, tant sous l’administration Bush que sous celle d’Obama. Mais Gerecht montre clairement qu’Israël estime pouvoir utiliser son contrôle du Congrès pour obliger Obama a se soumettre. Les Démocrates du Congrès, se vante-t-il, « sont mentalement dans une galaxie différente par rapport à celle de l’époque Bush ». Bien qu’Israël soit de plus en plus considéré dans le monde comme un État voyou après les atrocités de Gaza et le massacre par des commandos de civils non armés à bord du Mavi Marmara, son emprise sur le Congrès est plus forte que jamais.

    En outre, les sondages réalisés en 2006 montrent que la majorité des Étasuniens ont déjà été persuadés d’ appuyer la guerre contre l’Iran - en grande partie parce que plus des deux tiers des personnes sondées avaient l’impression que l’Iran possédait déjà des armes nucléaires. Les Israéliens espèrent apparemment exploiter cet avantage. « Si les Israéliens bombardent maintenant, ils auront probablement le soutien de l’opinion publique étasunienne », écrit Gerecht . « Et peut-être de façon décisive ». Nétanyahou doit être content de pouvoir faire pression sur Barak Obama afin qu’il se joigne à une guerre israélienne d’agression contre l’Iran. Après tout, c’est Netanyahou qui a déclaré en 2001 « je connais l’Amérique. L’Amérique est une chose que l’on peut bouger très facilement une fois qu’on l’a aiguillée dans la bonne direction. Elle ne nous fera pas obstacle ».

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    * Gareth Porter est historien et journaliste investigateur de l’aspect sécurité de la politique nationale US ; après avoir brièvement enseigné dans une université pendant les années 80, il est devenu indépendant. Il est l’auteur de quatre livres dont le dernier est intitulé Perils of Dominance : Imbalance of Power and the Road to War in Vietnam (University of California Press, 2005). Il écrit régulièrement pour Inter Press Service au sujet de la politique US envers l’Iran et l’Irak depuis 2005.


     
     

    30 juillet - Commondreams.org - Cet article peut être consulté ici :
    http://www.commondreams.org/view/20...
    Traduction : Anne-Marie Goossens

     

     


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  • Drôle d'été!

    Le débat sur la sécurité fait rage en France. Tout le monde apporte sa pierre à la polémique voulue par Nicolas Sarkozy.

    Néanmoins beaucoup doutent de la sincérité du chef de l'état et ils ont raison. Je vais tenter d'expliquer pourquoi en démontrant de façon simple comment le gouvernement utilise le problème de l'insécurité dans les médias pour pervertir l'opinion et l'emmener malgré elle dans un désir d'affrontement en suscitant un sentiment de menace imminente.

    Pour cela, je vais me référer aux morceaux de république oubliées que sont les départements d'outre-mer. Des bouts de France souvent négligés avec des problèmes comparables à ceux de la métropole mais soumis aux mêmes lois.

    Faire oublier le système Woerth

    Je ne reviendrai pas sur les annonces autoritaires et répressives opportunément lancées en pleine affaire Woerth.

    Cette affaire est l'arbre qui cache la forêt et vu ce qui sort en ce moment, celle-ci est au moins de la taille de la toundra russe et là-bas, les arbres crament!

    Tout un système opaque a été mis en oeuvre pour récompenser ou donner des gages aux grosses fortunes françaises.

    Et on apprend ainsi qu'un certain nombre des membres du premier cercle des généreux donateurs à l'UMP ont eu des contacts privilégiés avec le numéro un de l'administration fiscale pour obtenie ici un peu de mansuétude, là un effacement total ou partiel de leur ardoise fiscale. On parle ainsi de Robert Peugeot, de la succession du sculpteur César, de l'héritage de Guy Wildenstein, d'Arnaud Lagardère qui reçut une ristourne de plusieurs dizaines de millions d'Euros sur les droits de succession de l'héritage de son père, quand Sarkozy était ministre des finances en 2004.

    Ce qui est terrible, c'est qu'il n'y a certainement rien d'illégal. Eric Woerth a raison quand il le dit. Sauf que, sur le plan moral, les actions de ces experts en optimisation fiscale, Sarkozy, Woerth, Lagarde, une fois devenus ministres de la république, ne se font jamais à l'avantage de l'état mais à celui de leurs amis du premier cercle des donateurs à l'UMP. Comme un cancer, le conflit d'intérêt est généralisé..

    Xénophobie et racisme: des armes de propagande massive

    Les français semblent dire bravo aux annonces de Nicolas Sarkozy. Ils veulent régler leurs comptes avec cette partie de la population qu'ils connaissent mal: les immigrés et les gitans.

    L'opportunisme est dans la droite ligne des annonces hystériques et délirantes de la droite française après l'échec de l'équipe de France de football. Sarkozy et ses sbires ont lu avec attention les commentaires et les réactions des français moyens et parmi eux, celle de gens comme Alain Finkielkraut.

    On nous refait le coup de la menace étrangère et du refus de certains français "d'adopter nos valeurs". La xénophobie et le racisme de rejet sont entrés dans la république par la petite porte de derrière. Bref la république est en train de se faire enculer!

    Et aux Antilles?

    A la Martinique, tout cela semble bien loin, la saison des pluies bat son plein. Le soleil est au rendez-vous quand les ondées lui en laissent le temps. Le tour des yoles, compétition de voile traditionnelle très prisée, et une épidémie de dengue, monopolisent les esprits.

    Parlons de sécurité à la Martinique. Un sujet jamais abordé sur les médias nationaux. Et pourtant...

    Les statistiques officielles mettent la Martinique au même niveau que la Seine-Saint-Denis. La Guadeloupe et la Guyane aussi!

    Est-ce que cela décourage les touristes métropolitains et étrangers? Est-ce que la situation est devenue invivable aux Antilles comme on le répète à longueur de dépêches pour le 9-3? Apparemment non! Les antillais prennent quelques précautions notamment dans certaines circonstances, rien de plus. Etrange !

    A Fort de France, pas de contrôles d'identité systématisés, juste des opérations de police ciblées avec parfois des moyens importants. Des gardes à vue abusives ont été rapportées provoquant une levée de boucliers dans les milieux politiques locaux. La police et la gendarmerie communiquent régulièrement sur les médias sans arrogance, sans montrer du doigt qui que ce soit, sans manichéisme, sans propos guerriers et avec le souci de garder la confiance de la population. Il n'est pas rare de voir le procureur de la république, le patron de la gendarmerie, le directeur de la police être interviewés à la radio ou à la télé pour parler de leurs priorités en les justifiant avec bon sens. Rien à voir avec la surenchère politique de la métropole!

    Le 9-3 fait peur à certains. On dit tellement de choses: Villers-le-Bel, La Courneuve, Montfermeil, Saint-Denis... ont fait la une des médias. Comme le 9-3, les Antilles et la Guyane ont une population jeune. Comme le 9-3, leur composition ethnique et religieuse est très diverse.

    La violence augmente aussi sous le soleil..

    En Martinique, des règlements de compte avec mort d'homme se déroulent régulèrement, parfois en pleine rue. Un par mois en moyenne ces derniers temps. Les armes à feu circulent sous le manteau.

    Certains faits divers font la une des journaux locaux. Trafic de drogue, bandes rivales, rixes qui dégénèrent, économie parallèle, des policiers et des gendarmes attaqués par des jeunes voulant en découdre. La même chose que dans les quartiers réputés difficiles de la France métropolitaine. Les télés locales ne s'attardent jamais longtemps. Elles rapportent les faits, les commentent peu et surtout, elles n'en font pas des tonnes.

    Apparemment, on ne veut pas affoler les gens et faire fuir les touristes...

    Si je rentre dans la logique de l'UMP, avec cette violence et ces faits divers, y aurait-il un problème avec les gens d'origine étrangère, les roms ou les musulmans en Martinique?

    Du rhum mais pas de roms en Martinique

    Certaines vérités sont bonnes à rappeler.

    En Martinique, il n'y a pas pas de roms et pas de gens du voyage non plus.

    Les musulmans de Martinique sont très peu nombreux. Ce sont des gens discrets et paisibles.

    Les étrangers sont souvent des saisonniers. L'immigration clandestine a baissé. Ce sont des gens des îles environnantes : haïtiens, dominicains. Les îles toutes proches, Sainte-Lucie et La Dominique sont en plein essort économique et l'immigration en provenance de ces pays a baissé. Il y a eu quelques affaires avec des trafiquants saint-luciens dont une, gravissime, qui mobilisa contre une bande, les forces de l'île pendant trois semaines en 2008, avec plusieurs séquestrations, un enlèvement, des vols, des viols, trois meurtres avec torture.

    Sur place, malgré le sentiment de peur, malgré la tristesse et le ressentiment, pas de visite du président de la république, pas de ministre sur place venu pour soutenir la population, juste le préfet en place, des policiers et des magistrats courageux!

    Donc aux Antilles, la violence est le fait essentiellement des martiniquais eux-mêmes... Il est déjà arrivé que juste par civisme, des habitants surprennent un délinquant et le remettent eux-mêmes à la police.

    Alors pourquoi ces actes de violence en Martinique?

    Comme dans les départements les moins bien lotis de France, la Martinique a un chômage endémique et les plus pauvres vivent dans des conditions de plmus en plus difficiles. Des poches de grande pauvreté existent. Il y a la pauvreté et le sentiment d'exclusion, de déchéance qu'ell engendre mais il y a aussi l'oisiveté et l'ennui qu'elle génère.

    Alors, il faut se débrouiller, occuper ses journées...

    La débrouillardise qui pallie le manque d'emploi mais ne surmonte pas les frustrations. La débrouillardise, c'est tout autant rendre service à une connaissance en lui donnant un coup de main que le travail au noir, voire le troc, le petit deal d'herbe ou la revente occasionnelle d'objets sans qu'on en sache la provenance. La frontière entre ce qui est légal ou illégal est ténue... Et puis, il y a les icônes importées. Le bad boy américain ou jamaïcain, le gangsta rap, font un tabac chez une partie des jeunes martiniquais qui pensent ainsi, trouver l'assurance qu'ils recherchent et en imposer aux autres.

    Com' ou propagande?

    On est donc bien loin d'une menace des gens d'origine étrangère ou des roms. C'est dans ce genre de situation que l'on comprend qu'en matière d'annonces sécuritaires juste après un fait divers, on est dans de la com' la plus grossière, c'est à dire de la propagande.

    A Grenoble ou La Courneuve, un fait divers sanglant peut devenir un évènement politique majeur. Pas à Fort de France ou Pointe à Pître !

    Certains diront peut-être, qu'un français de métropole n'est pas obligé de se sentir concerné par ce qui se passe aux Antilles. Cependant avec le brassage des populations en métropole même, avec le fort apport antillais dans la démographie métropolitaine, ceux qui pourraient ressentir de l'émotion sont bien plus nombreux qu'on ne le suppose.

    La conclusion, dés lors, est on ne peut plus simple. Les coups de com' autour de la sécurité ne visent qu'à détourner l'opinion publique des problèmes grandissants de pauvreté et du développement inexorable d'un lumpenprolétariat, pour la focaliser sur les immigrés et leurs enfants, rendus responsables de bien des maux alors qu'en réalité, la situation économique et sociale dégradée est la conséquence des politiques menées ces vingt dernières années.

    Les fauteurs de trouble ne sont pas où on croit..

    Milton ici


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