• Quand nos amis tsiganes vont attaquer l’Etat français…

    4606777005345.jpgLes tsiganes collent l’Etat au tribunal pour obtenir le respect de leurs droits et de solides dommages et intérêts, venus compenser la violation grave et renouvelée de leurs droits fondamentaux. C serait enfin « justice », et le moyen d’accéder au droit.

    L’occasion est belle comme jamais. Bien sûr, il y a d’abord la réunion de la secte du Security Club qui s’est tenue hier, sur le principe plein de sagesse : tapons sur les pauvres, ce sont eux qui ont bouleversé l’économie mondiale depuis un an. Mais il y a surtout, joli télescopage, la sentence rendue le 30 juin 201 par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, saisi par Centre européen des droits des Roms (CEDR), un comité d’experts indépendants (Résolution CM/ResChS(2010)5, Réclamation collective n° 51/2008).

    Le résultat est très simple : le conseil de ministre a adopté sept résolutions pour des manquements graves à la Charte sociale européenne :

    -    

          Création d’un nombre insuffisant d’aires d’accueil ;

     

    -          Mauvaises conditions de vie et des dysfonctionnements des aires d’accueil ;

    -          Accès insuffisant au logement des Gens du voyage sédentarisés ;

    -          Violence des procédures d’expulsion et des autres sanctions ;

    -          Privation d’une existence indépendante  du fait des très mauvaises conditions d’accueil et de logement ;

    -          Discrimination par le traitement différencié des personnes se trouvant dans une situation identique, et par le traitement de la même manière des personnes se trouvant dans une situation différente ;

    -          Atteinte à la vie familiale normale ;

    -          Atteinte à la dignité de l’être humain ;

    -          Manquements dans la lutte contre l’exclusion sociale : droits sociaux fondamentaux, notamment en termes d’emploi, de logement, de formation, d’éducation, de culture et d’assistance sociale et médicale ;

    -          Mépris des droits fondamentaux des personnes en situation irrégulière.dregni.jpg

    Déjà, j’entends le porte-parole du Security Club s’esclaffer : « Mais mon cher ami, vous vous emportez, la Charte sociale européenne n’est pas d’application directe et les résolutions du Conseil de ministres statuant dans le cadre de l’article 9 du Protocole additionnel ne snt qu’indicatives ».

    Tu parles, Charles !

    D’abord, le principe général est que ces déclarations qui énoncent des droits-créances , pour faire simple disons des droits sociaux, créent des obligations de l’Etat signataire vis-à-vis des autres, mais pas vis-à-vis des citoyens directement. Certes, sauf que c’est de moins en moins vrais. Tout dépend en réalité de l’importance du droit et de la précision de la règle. C’est qu’on dit la cour de cassation et le Conseil d’Etat d’abord pour la convention sur les droits de l’enfant (Cass, 24 mai 1975 et CE 21 décembre 1990, CNAFC) ou encore pour certains articles du Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (Cass., 16 décembre 2008, Eichenlaub). Donc, on peut en parler, et le meilleur moyen de svaori, c’est encore de déposer une requête.

    Surtout, les droits violés, et répertoriés en fonction de la Charte sociale, sont des droits fondamentaux pour lesquels on trouve maintes définitions et qualifications en droit interne. Et puis si vous ne trouvez pas le texte exact, il reste toujours la possibilité, avec un petit raisonnement à la clé, de démontrer l’existence d’un manquement au fonctionnement du service  ou d’une faute de nature à engager la responsabilité.  

    Et après, allez y les amis ! Tous azimuts !

    -          Recours en légalité pour les discisions illégales qui sont prises, ou les décisions qui ne sont pas prises ;

    -          Recours en responsabilité pour l’allocation de dommages et intérêt liés à la violation des droits ;

    -          Et quelques pour entretenir le moral des troupes, quelques petites plaintes pour discrimination : le Code pénal est très bien rédigé et il ne demande qu’à saisir.

    Pour les argumentaires de fond, pas compliqué : il suffit de suivre le raisonnement du comité des ministres, avec le rapport introductif et les nombreux documents visés.

    Pour vous simplifier le travail, voici cette délibération du comité dans son ensemble.


    *   *   *

    LA DECISION DU 30 JUIN 2010

    28495.jpgLe Comité des ministres,

    (i) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 31§1 de la Charte révisée ;

    a) en raison de la création d’un nombre insuffisant d’aires d’accueil ;

    Le Comité note qu’un texte de loi concernant les aires d’accueil destinées aux Gens du voyage a été adopté en 2000 (loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des Gens du voyage, dite « Loi Besson »). Ce texte fait obligation aux communes de plus de 5000 habitants de se doter d’un plan prévoyant l’implantation d’aires permanentes d’accueil pour les Gens du voyage. Néanmoins, le Comité relève également qu’à ce jour, la loi n’a été suivie d’effet que dans une minorité des communes visées. Le Comité constate que la mise en œuvre insuffisante de la loi précitée a pour conséquence d’exposer les Gens du voyage à l’occupation illégale de sites et à des expulsions au titre de la loi de 2003 pour la sécurité intérieure.

    Le Comité relève que, selon le mémorandum du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe rédigé à la suite de sa visite en France en 2008, il y a une carence des places disponibles.

    Le Comité observe que, malgré les efforts de l’Etat et des autorités locales dans ce domaine et les résultats positifs parfois obtenus, il y a une longue période de défaut de prise en compte par les collectivités locales, comme par l’Etat, des besoins spécifiques des Gens du voyage.

    b) en raison des mauvaises conditions de vie et des dysfonctionnements des aires d’accueil ;

    Le Comité constate que les mesures d’application de la « Loi Besson » adoptées par le gouvernement répondent, en théorie, aux exigences de l’article 31§1. Le Décret n° 2001-569 du 29 juin 2001 relatif aux normes techniques applicables aux aires d’accueil des Gens du voyage prévoit le nombre de blocs sanitaires nécessaires dans les aires d’accueil, les conditions d’accès à l’alimentation en eau potable et à l’électricité ainsi que le dispositif de gestion et de gardiennage. Des circulaires du 3 août 2006 et du 5 juillet 2001 viennent compléter le décret précité.

    Le Comité note toutefois qu’en pratique, les aires d’accueil ne répondent pas toutes aux conditions de salubrité exigées. Selon le mémorandum du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, il arrive parfois que les aires soient réalisées en dehors des zones d’activités urbaines ou à proximité d’installations engendrant des nuisances importantes (transformateurs électriques, routes extrêmement passantes, etc.) rendant leur utilisation difficile, voire dangereuse, notamment pour les familles avec de jeunes enfants. Le Comité estime dès lors que certaines aires d’accueil ne répondent pas, en pratique, aux conditions de salubrité et d’accès en eau et à l’électricité telles que prévues par la législation.72804.jpg

    c) en raison de l’accès insuffisant au logement des Gens du voyage sédentarisés ;

    Le Comité note que, selon la législation française, les caravanes ne sont pas considérées comme un logement parce qu’elles ne sont pas soumises à un permis de construire. De plus, le fait d’habiter dans une caravane ayant conservé des moyens de mobilité n’ouvre pas droit aux aides au logement. Enfin, l’achat de caravanes ne donne pas droit à un prêt au logement. Il ressort d’une enquête réalisée par la Fondation Abbé Pierre que de nombreuses familles des Gens du voyage sont bloquées dans leur projet d’acquisition par des difficultés à accéder à des prêts immobiliers et ont tendance à acquérir des terrains qui ne sont pas en zones constructibles en raison de la carence de terrains familiaux.

    Le Comité constate que même si certains départements ont mis en place des subventions pour créer des terrains [sites de construction] familiaux, concrètement, la création de ces terrains reste faible par rapport à la demande. Le Comité note que le gouvernement déclare que le droit au logement opposable s’applique aux Gens du voyage désirant acquérir un logement ordinaire. Or, cette possibilité ne tient pas compte du mode de vie en caravanes des Gens du voyage sédentarisés.

    Malgré les efforts de l’Etat et des autorités locales et les résultats positifs parfois obtenus, il y a une absence de moyens mis en œuvre et un défaut de prise en compte par les collectivités locales, comme par l’Etat, des besoins spécifiques des Gens du voyage sédentarisés.

    (ii) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 31§2 de la Charte révisée en raison de la procédure d’expulsion et des autres sanctions ;

    Le Comité rappelle que « l’occupation illégale de sites ou de logements est de nature à justifier l’expulsion des occupants illégaux. Les critères de l’occupation illégale ne doivent cependant pas être compris de façon exagérément extensive. De plus, l’expulsion doit être prévue par des règles suffisamment protectrices des droits des personnes concernées et opérée conformément à ces règles » (CEDR contre Bulgarie, réclamation n° 31/2005, décision sur le bien-fondé du 18 octobre 2006, §51).

    FestivalTzigane.jpgIl rappelle également que « les Etats parties doivent s’assurer que les procédures d’expulsion soient d’une part justifiées, d’autre part exécutées dans des conditions respectant la dignité des personnes concernées, enfin assorties de solutions de relogement » (FEANTSA contre France, réclamation n° 39/2006, décision sur le bien-fondé du 5 décembre 2007, §163). La loi doit également préciser les modalités de procéder à l’expulsion indiquant par ailleurs les moments dans lesquels elles ne peuvent pas avoir lieu (nuit ou hiver), définir des voies de recours juridiques, offrir une assistance juridique à ceux qui en ont besoin pour demander réparation en justice, et assurer une indemnisation en cas d’expulsion illégale » (CEDR contre Italie, réclamation n° 27/2004, décision sur le bien-fondé du 7 décembre 2005, §41).

    Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a constaté dans son mémorandum que la question des expulsions est particulièrement problématique et plonge les familles dans un climat de crainte.

    « Ces expulsions sont souvent caractérisées par le recours à des méthodes brutales, au gaz lacrymogène et à la destruction de biens personnels ». A la suite de certaines expulsions, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) a conclu à des actes de violences injustifiés et disproportionnés. Le Comité constate que les Gens du voyage ont, lors de ces expulsions, été victimes de violences injustifiées.

    (iii) par 12 voix contre 2, qu’il y a violation de l’article E combiné avec l’article 31 de la Charte révisée ;

    L’article E complète les clauses normatives de la Charte révisée. Il n’a pas d’existence indépendante  puisqu’il vaut uniquement pour « la jouissance des droits » qu’elle garantit. Certes, il peut entrer en jeu même sans un manquement à leurs exigences et, dans cette mesure, possède une portée autonome, mais il ne saurait trouver à s’appliquer si la situation en litige ne tombe pas sous l’empire de l’une au moins desdites clauses (CFDT contre France, réclamation n° 50/2008, décision sur le bien-fondé du 9 septembre 2009, §37).

    Le Comité considère que la situation décrite se situe dans le champ d’application de l’article 31, de par le manque d’aires d’accueil, des mauvaises conditions de vie dans les aires d’accueil, de la procédure d’expulsion de ces aires et du fait que les caravanes ne sont pas explicitement reconnues comme des logements pour pouvoir bénéficier d’aides au logement.

    L’article E interdit deux catégories de discrimination. La première est le fait de traiter différemment des personnes ou groupes se trouvant dans une situation identique. La deuxième est le fait de traiter de la même manière des personnes ou groupes se trouvant dans une situation différente (Autisme-Europe contre la France, réclamation n° 13/2002, décision sur le bien-fondé du 4 novembre 2003, §52).4006408210283.jpg

    Au regard de la première catégorie, une différence de traitement entre des personnes ou des groupes se trouvant dans la même situation est discriminatoire si elle « manque de justification objective et raisonnable », c’est-à-dire si elle ne poursuit pas un « but légitime » ou s’il n’y a pas de « rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but visé » (CFDT contre France, réclamation n° 50/2008, décision sur le bien-fondé du 9 septembre 2009, §38 ; voir aussi CEDR contre Bulgarie, réclamation n° 31/2005, décision sur le bien-fondé du 18 octobre 2006, §40). Les Etats parties jouissent d’une certaine « marge d’appréciation » pour déterminer si et dans quelle mesure des différences entre des situations à d’autres égards analogues justifient des distinctions de traitement juridique (voir mutatis mutandis Cour européenne des droits de l’homme, arrêt Rasmussen du 28 novembre 1984, série A n° 87, p. 12, §40), mais il appartient au Comité de décider, en dernier lieu, si la distinction entre dans la marge d’appréciation.

    Au regard de la seconde catégorie, le Comité considère que, dans une société démocratique, il faut non seulement percevoir la diversité humaine de manière positive, mais aussi réagir de façon appropriée afin de garantir une égalité réelle et efficace. A ce titre, l’article E interdit aussi toutes les formes de discrimination, soit de traitements inappropriés de certaines situations, soit de l’inégal accès des personnes placées dans ces situations et des autres citoyens aux divers avantages collectifs (Autisme-Europe contre France, réclamation n° 13/2002, décision sur le bien-fondé du 4 novembre 2003, §52).

    Le Comité estime que, s’agissant des Gens du voyage, la simple garantie d’un traitement identique ne suffit pas à les protéger de toute discrimination. Dans le cas d’espèce, il est évident que les Gens du voyage se trouvent dans une situation différente et qu’il faut tenir compte de cette différence de situation. Il considère que l’article E pose l’obligation de prendre dûment en considération les différences spécifiques et d’agir en conséquence. Compte tenu des éléments qui précèdent, le Comité considère que les différences spécifiques des Gens du voyage ne sont pas suffisamment prises en compte et que, par conséquent, ils font l’objet de discrimination dans la mise en œuvre du droit au logement.

    JazzManouche%20-%20vol1.jpg(iv) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 16 et de l’article E combiné avec l’article 16 de la Charte révisée ;

    Le Comité considère que, parmi la population concernée par la réclamation, il est incontesté qu’il y a des familles. Eu égard à la portée qu’il a constamment prêtée à l’article 16 s’agissant du logement de la famille, les constats de violation de l’article 31, ou de l’article E combiné à l’article 31, emportent constat de violation également de l’article 16, et de l’article E combiné à l’article 16 (Conclusions 2006, Observation interprétative de l’article 16, p. 13 et Conclusions XVIII-1, article 16, République tchèque, p. 249-250).

    (v) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 30 de la Charte révisée ;

    Le Comité considère que le fait de vivre en situation d’exclusion sociale porte atteinte à la dignité de l’être humain. Afin d’assurer l’exercice effectif du droit à la protection contre l’exclusion sociale, l’article 30 exige des Etats parties qu’ils adoptent une approche globale et coordonnée, laquelle doit consister en un cadre analytique, en un ensemble de priorités et de mesures correspondantes en vue de prévenir et de supprimer les obstacles qui entravent l’accès aux droits sociaux fondamentaux. Il faut aussi qu’il existe des mécanismes de contrôle impliquant tous les acteurs concernés, y compris des représentants de la société civile et des individus touchés par l’exclusion. Cette ligne de conduite doit relier et intégrer les politiques de manière cohérente (Conclusions 2003, article 30, France, p. 227).

    L’un des principaux éléments de la stratégie globale de lutte contre l’exclusion sociale doit être la mise à disposition de ressources suffisantes, qui doivent être affectées aux objectifs de la stratégie (Conclusions 2005, Slovénie, p. 717). Enfin, il faut que les mesures répondent qualitativement et quantitativement à la nature et à l’ampleur de l’exclusion sociale dans le pays concerné (Conclusions 2003, article 30, France, p. 227-228).taraf_de_haidouks.jpg

    Le Comité considère qu’il résulte de ses conclusions au titre de l’article 31 que la politique de logements en faveur des Gens du voyage est insuffisante. Par conséquent, il constate l’absence d’une approche coordonnée pour promouvoir l’accès effectif au logement des personnes se trouvant ou risquant de se trouver en situation d’exclusion sociale.

    (vi) par 11 voix contre 3, qu’il y a violation de l’article E combiné avec l’article 30 de la Charte révisée ;

    Le Comité rappelle que les mesures prises pour une approche globale et coordonnée de lutte contre l’exclusion sociale doivent favoriser l’accès aux droits sociaux fondamentaux, notamment en termes d’emploi, de logement, de formation, d’éducation, de culture et d’assistance sociale et médicale et lever les obstacles qui l’entravent. Il convient de noter qu’il ne s’agit pas là d’une liste exhaustive des domaines dans lesquels il importe d’engager des initiatives pour corriger les phénomènes pluridimensionnels d’exclusion. (Conclusions 2003, France, article 30, p. 227). Le Comité estime que la référence aux droits sociaux de l’article 30 ne doit pas être comprise strictement et que la lutte contre l’exclusion sociale est un domaine où la notion d’indivisibilité des droits fondamentaux revêt une importance spécifique. A cet égard, le droit de vote, tout comme d’autres droits relatifs à la participation civique et citoyenne, constitue une dimension nécessaire à la réalisation de l’intégration et de l’inclusion sociale et est, par conséquent, couvert par l’article 30.

    Le Comité constate que la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969, relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe, impose aux Gens du voyage l’obligation d’être administrativement rattachés à une commune. Le choix de la commune de rattachement est effectué pour une durée minimale de deux ans. L’inscription sur les listes électorales ne peut être faite par les intéressés qu’après trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune.

    caravan_palace.jpgParallèlement, selon l’article L 15-1 du code électoral, les citoyens qui ne peuvent fournir la preuve d’un domicile ou d’une résidence et auxquels la loi n’a pas fixé de commune de rattachement sont, à leur demande, inscrits sur la liste électorale de la commune où est situé l’organisme d’accueil dans lequel ils sont inscrits depuis au moins 6 mois.

    En ce qui concerne le délai de trois ans, le Comité constate que le régime appliqué aux citoyens identifiés par leur appartenance à la communauté des Gens du voyage est différent du régime appliqué aux citoyens sans domicile fixe. La différence de traitement dans l’accès au droit de vote faite entre Gens du voyage et personnes sans domicile fixe ne repose pas sur une justification objective et raisonnable et constitue, dès lors, une discrimination contraire à l’article E combiné avec l’article 30. Le Comité note à cet égard que la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE), à la suite de recommandations relatives à la situation et au statut des Gens du voyage et en l’absence de suites favorables données à ces recommandations, a adopté un rapport spécial publié au Journal officiel de la République française dans lequel elle considère que l’article 10 de la loi n° 69-3 impose un traitement discriminatoire aux Gens du voyage dans l’accès au droit de vote et recommande qu’il doit être réformé.

    En ce qui concerne le quota, le Comité constate que, selon l’article 8 de la loi n° 69-3, le nombre de personnes détentrices d’un titre de circulation, sans domicile ni résidence fixe, rattachée à une commune, ne doit pas dépasser 3 % de la population municipale. Lorsque le quota de 3% est atteint, les Gens du voyage ne peuvent pas s’inscrire à une commune de rattachement et ne bénéficient pas du droit de vote.

    Le Comité considère que le fait de limiter à 3 % le nombre de personnes ayant le droit de vote a pour conséquence d’exclure une partie des électeurs potentiels. En pratique, cette limitation touche les Gens du voyage. Le Comité considère la fixation d’un tel seuil à un niveau aussi bas conduit à un traitement discriminatoire dans l’accès au droit de vote des Gens du voyage et, par conséquent, est un facteur de marginalisation et d’exclusion sociale.

    (vii) à l’unanimité, qu’il y a violation de l’article 19§4c de la Charte révisée ;Tsiganes10.gif

    Dans son mémoire, le gouvernement souligne que beaucoup de Roms se trouvent en situation irrégulière sur le territoire français. Le Comité note effectivement qu’un certain nombre d’entre eux sont en situation irrégulière et, par conséquent, n’entrent pas, à première vue, dans le champ d’application de l’article 19§4c.

    Cependant, il est incontesté que, parmi cette population, figurent des travailleurs migrants Roms provenant d’autres Etats parties qui sont, eux, en situation régulière et donc, titulaires des droits énoncés par l’article 19§4c.

    Le Comité a déjà statué sur la situation du droit au logement des Gens du voyage dans la présente décision dans le cadre de l’article 31 : ce raisonnement vaut également pour les migrants Roms se trouvant en situation régulière sur le territoire. Il considère par conséquent que les constats de violation de l’article 31 emportent également constat de violation de l’article 19§4c (CEDR contre Italie, réclamation n° 27/2004, décision sur le bien-fondé du 7 décembre 2005, §35 et §41).

    Vu les informations communiquées par la délégation de la France lors de la 1077e réunion des Délégués des Ministres :

    1. prend note de la déclaration du gouvernement défendeur indiquant que la France poursuit ses efforts dans le domaine en cause et s’engage à mettre la situation en conformité avec la Charte révisée ;

    2. attend de la France qu’elle fasse rapport, lors de la présentation du prochain rapport relatif aux dispositions pertinentes de la Charte sociale européenne révisée, sur la mise en œuvre des mesures annoncées, et qu’elle tienne le Comité des Ministres informé régulièrement de tout progrès réalisé.

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  • Alvaro Uribe : la séance des adieux

    Atilio BORON

    Pion inconditionnel de l’Empire, Alvaro Uribe fait ses adieux à la Présidence de la Colombie en se livrant à une nouvelle provocation : il accuse le Venezuela de permettre que les FARC organisent des camps sur son territoire.

    Jamais les deux pieds dans le même sabot, le Département d’État des USA soutient aussitôt et sans la moindre réserve cette accusation formulée par Bogota devant l’OEA, encouragé par le soi-disant caractère « irréfutable » des preuves avancées par Uribe qui accuse le gouvernement de Hugo Chávez de permettre l’installation de camps des FARC ainsi que la réalisation de divers programmes d’entraînement militaire qui concernerait des effectifs d’environ 1.500 hommes de la guérilla sur le territoire du Venezuela.

    Le porte-parole du Département d’État, Philip Crowley, a déclaré, avec une remarquable insolence, que « le Venezuela s’est comporté d’une façon particulièrement funeste et insolente avec son voisin » et il a menacé : si ce pays « ne coopère pas, les États-Unis et évidemment, les autres pays voisins, en tireront les conséquences ». Il ne faut pas oublier que, depuis 2006, les États-Unis incluent le Venezuela dans la liste des pays qui ne coopèrent pas dans la guerre contre le terrorisme. C’est dans cette même ligne que s’est exprimé le sous-secrétaire d’État pour l’Amérique Latine, Arturo Valenzuela, lequel a déclaré que l’accusation portée par Uribe était « très sérieuse ». Ces deux déclarations font grandement douter des capacités intellectuelles de ces deux fonctionnaires et, plus sérieusement, justifient l’idée que, étant donné leur propension au mensonge, les qualités morales de ces deux individus ne sont nullement différentes de celles d’Alvaro Uribe.

    Il est évident que les gérants de l’Empire essayent de faire passer aux yeux de l’opinion publique tout ce qui arrange leurs intérêts pour du « sérieux et irréfutable ». Et ce sont ces intérêts-là qui ont conduit la Maison Blanche à demander un dernier gage d’amour au dirigeant colombien peu de jours avant son départ de la présidence. Comme il est de notoriété publique, le dossier établi par la DEA, la CIA et le FBI sur Alvaro Uribe et ses liens intimes et fort anciens avec les narcotrafiquants ne laisse pas d’autre choix au mandataire colombien que d’obéir aux moindres ordres venant de Washington sous peine de connaître le même sort que l’ex-président du Panama, Manuel A. Noriega, et de finir ses jours dans une prison de haute sécurité aux États-Unis.

    L’accusation farfelue d’Uribe, menteur invétéré, tombe à pic pour impulser la déstabilisation intérieure que Washington veut provoquer au Venezuela, à la veille des prochaines élections qui s’annoncent décisives et qui sont prévues pour le 26 septembre, et pour légitimer, par la même occasion, l’impressionnant programme de militarisation qu’ils sont en train d’imposer à l’Amérique Latine dont une des plus spectaculaires conséquences est la signature d’un traité Obama-Uribe. Ce traité stipule que le Venezuela cède au moins sept bases militaires aux États-Unis. Et voilà pourquoi les représentants du gouvernement des États-Unis font semblant de considérer comme « sérieuses et irréfutables » les « preuves » qui étayent l’accusation d’Uribe, tout en sachant qu’elles ne tiennent pas debout et qu’elles ne sont que pures affabulations et montages photographiques. Mais les mensonges font partie du discours officiel des États-Unis ; ils sont indispensables pour entourer d’un halo de légitimité les desseins de l’impérialisme nord-américain et cela pour plusieurs raisons.

    Des mensonges, premièrement parce que, s’il est vrai que les FARC contrôlent 30 % du territoire national (et ce fait est archiconnu en Colombie), on ne comprend absolument pas à quoi ça rimerait de détourner pas moins de 1.500 combattants du théâtre des opérations, d’envoyer leurs chefs en villégiature au Venezuela et d’organiser 85 camps de la guérilla dans le pays voisin. S’il existe, dans notre région, un politicien qui ment systématiquement — et il y en a beaucoup — c’est bien Uribe qui remporte le pompon : en effet, c’est en Colombie-même que la crise et la putréfaction de l’État oligarchique permettent que de vastes étendues du territoire national, spécialement des zones de jungle, soient contrôlées par la guérilla, par les narcotrafiquants et par les paramilitaires. Plusieurs hauts responsables de l’Équateur ont déclaré, après l’attaque menée par les forces de Colombie sur leur territoire, que l’Équateur ne se limite pas, au nord, avec la Colombie, mais avec un territoire qui n’est à personne parce qu’il est contrôlé par les organisations plus haut citées.

    Avec une bêtise sans bornes, Uribe accuse ses voisins de ne pas faire ce qu’il a prouvé être totalement incapable de faire chez lui : contrôler son propre territoire. En fermant les yeux sur cette réalité-là, les États-Unis se servent de cette hypocrite accusation pour agresser le gouvernement de Chávez et l’accuser de ne pas collaborer dans la lutte contre les narcotrafiquants tout en cachant à l’opinion publique — avec la complicité de la « presse libre », bien entendu — le fait dérangeant que le plus grand exportateur mondial de cocaïne et, aussi, de narcotrafiquants, c’est la Colombie, militarisée par Uribe et devenue, grâce à leur inestimable collaboration, un protectorat nord-américain. Devant un tel tableau de décomposition politique, accuser les FARC de s’installer au Venezuela — et, cerise sur le gâteau, avec l’aval et la complicité d’Hugo Chávez — ce n’est rien d’autre qu’une vulgaire embrouille pour rendre service à l’Empire. Une accusation qui manque totalement de fondement pour être prise au sérieux. C’est le genre de calomnie que lance un personnage absolument sans scrupule comme Uribe.

    Deuxièmement, comment pourrait-on oublier qu’Uribe est cet homme qui a menti avec préméditation lorsque ses forces armées, appuyées par les États-Unis, ont pénétré illégalement sur le territoire de l’Équateur en prétextant qu’elles poursuivaient une colonne des FARC ? Il a été prouvé que les guérilleros que l’on était soi-disant en train de « poursuivre » après un affrontement armé survenu en territoire colombien, étaient en réalité en train de dormir — même en pyjama — au moment de l’attaque et que, par conséquent, ce qui s’est passé à Santa Rosa de Sucumbíos ce n’est pas un engagement militaire, mais tout simplement et exactement un massacre sans quartier.

    Cette opération réalisée peu après minuit, le premier mars 2008, a été réalisée avec l’appui logistique et matériel des militaires nord-américains stationnés sur la base de Manta, les seuls qui disposaient de la technologie nécessaire et des avions capables de réaliser un bombardement d’une incroyable précision, en pleine jungle et dans la plus totale obscurité. Une preuve supplémentaire du pathologique penchant d’Uribe au mensonge c’est l’histoire montée autour de la fameuse ordinateur portable de Raúl Reyes qui, prodige technologique sans précédent, a pu survivre à un bombardement qui a pourtant anéanti tout ce qui se trouvait en dessous, laptop dont le disque dur aurait livré des renseignements précieux sur les abondants contacts de Reyes et des FARC avec tous les ennemis d’Uribe et des États-Unis.

    Troisièmement : comment peut-on croire un homme qui, en tant que Président de l’État de Colombie, a couvert l’action des paramilitaires et du terrorisme d’État ? Le 16 février dernier, le cabinet « Justice et Paix » du Parquet de Colombie a publié un rapport qui révèle que plus de 4.000 paramilitaires des groupes AUC, (les Autodéfenses Unies de Colombie), avouent avoir perpétré 30.470 assassinats durant la période comprise entre le milieu des années 80 et leur « démobilisation », en 2003-2006. En outre : le Parquet a recueilli des déclarations des paramilitaires qui rendent compte de 1.085 massacres, 1.437 enrôlements forcés de mineurs, 2.520 disparitions forcées, 2.326 déplacements forcés et 1.642 extorsions, sans compter 1.033 séquestrations. Malgré ce triste record, Uribe est considéré par ses donneurs d’ordres de Washington comme un champion de la lutte pour les Droits de l’Homme.

    À ce propos, si le tant attendu TLC entre la Colombie et les États-Unis n’a pas encore été ratifié par le Congrès des États-Unis, c’est parce que, comme l’écrit El Tiempo, quotidien conservateur colombien, rien que durant l’année 2009, les paramilitaires et les forces de sécurité ont assassiné 40 syndicalistes faisant ainsi de la Colombie le pays le plus dangereux au monde pour cette catégorie de travailleurs. Sur un total de 76 dirigeants syndicaux assassinés dans le monde, 52 % de ces crimes ont été perpétrés dans un pays que les États-Unis considèrent comme un modèle exemplaire de la lutte pour les droits de l’Homme et contre le terrorisme. La Centrale Unique des Travailleurs de Colombie a rendu public, il y a quelques mois, que depuis 1986, année de sa création, 2.721 militants et dirigeants de cette organisation ont été assassinés par les « forces de sécurité ». En dépit de tout cela, jamais les lettres de créance de la Colombie n’ont été suspectes aux yeux de Washington.

    Quatrièmement, le plaignant n’est autre que le responsable intellectuel et politique des massacres en série connus sous le nom de « faux positifs ». Comme le disent divers communiqués publiés en Colombie par l’Observatoire Latino-américain, Cronicón, durant ces trois dernières années du gouvernement d’Alvaro Uribe, le bilan est funeste. Il a été prouvé que pour répondre à la pression qu’exerçait sur elle le gouvernement exigeant des résultats concrets dans la lutte contre la guérilla, l’armée a mis au point et appliqué un plan criminel : se présenter dans les communautés et les villages les plus pauvres du pays en offrant du travail à l’énorme masse des chômeurs, en recrutant un nombre considérable d’indigents, de paysans sans défense et de jeunes marginalisés et, ensuite, assassiner de sang-froid tous ces innocents pour faire passer leurs cadavres pour ceux de guérilleros tués au combat et toucher ainsi la prime promise par le gouvernement ou obtenir diverses récompenses et promotions dans la carrière.

    Selon des estimations émanant de centres très conservateurs, ces crimes d’État perpétrés lorsque celui qui allait devenir l’actuel président de la Colombie, Juan M. Santos, était Ministre de la Défense, dépassent les 1.700 cas. Une autre facette de cette politique criminelle si improprement baptisée de « sécurité démocratique » nous est donnée par la découverte, révélée le 16 février de cette année 2010, de « la plus grande fosse commune d’Amérique Latine qui contient les restes d’au moins 2.000 personnes et qui est située à La Macarena, département del Meta… (découverte ) grâce à la persévérance des parents des disparus et à la visite d’une délégation de syndicalistes et de parlementaires britanniques qui enquêtaient sur le respect des Droits de l’Homme en Colombie, en décembre 2009 ». Il faut dire aussi que cette zone avait fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des forces armées de Colombie depuis 2005, avec les néfastes résultats récemment révélés.

    Comme cela s’est passé avec tous les terrorismes d’État qui ont ravagé notre zone géographique au cours des années soixante-dix du siècle passé, les crimes contre l’humanité ont aussi un arrière-fond économique. Dans le cas de la Colombie d’Uribe, avec pour comparses une bande de pantins monstrueux et sanguinaires, l’armée corrompue, les paramilitaires et les narcotrafiquants se sont partagé des millions d’hectares que les paysans ont été obligés d’abandonner derrière eux, poussés à un exode désespéré, déplacés par les bombardements et les massacres sans distinction. Comme l’a exposé Jomary Orteon Osorio du Collectif « Avocats de Colombie » lors de la Conférence du Comité des Droits Economiques, Sociaux et Culturels de l’ONU, réunie à Genève au début de mois de mai de cette année, le nombre de paysans déplacés s’élèverait à 4.500.000 et leurs terres ont été, par la suite, transférées pour le plus grand profit des responsables de leur exode aux grands propriétaires terriens et aux affairistes de l’industrie agroalimentaire, souteneurs et co-financiers du paramilitarisme.

    Au cours de cette conférence, il a été établi que malgré les « succès » du gouvernement d’Uribe, le nombre de déplacés continue de croître au rythme de 150.000 par an. Le Ministre de l’Aménagement de Colombie, Esteban Piedrahita Uribe, chef de la délégation colombienne à cette même conférence, n’a pas démenti les affirmations ci-dessus et s’est contenté de dire que « nous avons confisqué 2.000.000 d’hectares à des groupes criminels qui s’appropriaient illégalement ces terres et maintenant la Justice va décider de leur cession à leurs véritables propriétaires ». En tout cas, il faut souligner que l’évaluation du nombre d’hectares expropriés dans cette sauvage réédition du processus d’accumulation primitive décrit par Karl Marx dans son célèbre chapitre 24 du tome I du Capital est l’objet de vives controverses. Certains soutiennent que le nombre d’hectares transférés de la sorte s’élève à 6 millions, mais d’autres estiment qu’il atteint les 10 millions. En tout cas, quel que soit le nombre retenu comme indiscutable, ce qui est certain c’est que la politique de « sécurité démocratique », si elle a assuré quelque chose c’est bien l’expropriation de la masse des paysans et l’appropriation de leurs terres par le capitalisme agraire.

    Voilà l’homme qui aujourd’hui pointe son doigt accusateur sur la révolution bolivarienne. Il est évident que c’est là une manœuvre de plus dictée par les stratèges de l’Empire pour agresser le gouvernement de Hugo Chávez et pour légitimer la politique du hard power (pouvoir dur) pour laquelle Obama semble avoir un penchant plus prononcé que son indigne prédécesseur, même s’il est vrai que dans les déclarations officielles et dans les écrits de certains analystes de la Maison blanche — tel Joseph Nye —, on insiste sur l’avantage du soft power, ou diplomatie traditionnelle, sur ou le smart power, le pouvoir intelligent de la nouvelle diplomatie, ainsi que sur la brutalité et le coût élevé du premier.

    Cependant, l’Empire utilise à fond le pouvoir dur de ses impressionnants moyens militaires : ce qui explique les bases en Colombie, à Aruba et à Curazao, à quelques kilomètres des côtes du Venezuela, les bases qui se trouvent au Salvador et au Honduras et, dorénavant, l’autorisation d’introduire pas moins de 7.000 marines et toutes sortes d’armements, sans compter des portes-avions, des hélicoptères, des navires amphibies, des avions de dernière génération, au Costa Rica voisin. Ce qui explique aussi le déploiement de la Quatrième Flotte. Le gouvernement d’Uribe rend donc un service extraordinairement important en apportant son concours aux plans déstabilisateurs de l’Empire. Incapable de protéger la frontière de 586 kilomètres qu’il partage avec l’Équateur et sur laquelle veillent à peine huit minuscules détachements militaires et bien plus incapable encore de mener à bien cette tâche sur les 2.216 kilomètres de sa frontière commune avec le Venezuela, dans toute une zone devenue libre pour les narcotrafiquants et les paramilitaires, il essaye par tous les moyens de créer les conditions qui justifieront l’intervention militaire des États-Unis en Amérique du Sud.

    Dans l’immédiat, il s’agit d’entretenir une vive tension entre la Colombie et le Venezuela après l’élection du nouveau président, d’éviter que ce dernier, Juan M. Santos, ne modifie en rien cette stratégie d’affrontement permanent avec la révolution bolivarienne voulue et appliquée par Uribe, compliquer la situation pour que Chávez affronte les élections, fin septembre, empêtré, usé, affaibli et stigmatisé dans l’arène internationale. Préoccupé par son avenir et hanté par le spectre de Noriega moisissant dans une prison yankee ou par une plainte devant le Tribunal International de La Haye, Uribe s’applique jusqu’à la dernière heure de son mandat à afficher sa fidélité sans faille aux diktats des impérialistes.

    C’est pourquoi il est si important de démasquer l’accusateur et d’exiger la rapide intervention de l’UNASUR pour ruiner les plans ourdis par Washington pour notre Amérique. Ça ne peut pas être l’affaire de l’OEA (qui, d’ailleurs, a été incapable de contrer la provocation d’Uribe), mais ça doit être celle de l’UNASUR qui sera testée avec cet incident. Il faut espérer que cette encore toute jeune organisation des pays d’Amérique du Sud agisse sans tarder, sans perdre une minute, car dans le cas contraire il se pourrait bien que ce soit trop tard pour empêcher les graves conséquences de tous ordres qu’entrainerait la réalisation du projet belliciste des États-Unis mis en œuvre par Washington et ses proxys latino-américains.

    www.atilioboron.com

    Traduit par Manuel Colinas Balbona

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    http://www.legrandsoir.info/Alvaro-Uribe-la-seance-des-adieux.html

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  • la décroissance, une théorie économique bien trop sage

    Posté par calebirri le 25 juillet 2010

    La décroissance est une théorie attrayante et qui peut paraître censée, et qui même pour certains semble devoir lutter contre le capitalisme. Mais dans la réalité, et malgré la bonne volonté évidente de ses défenseurs, cette théorie sert moins les idées qu’elle défend que celles qu’elle attaque. Partant du principe que les ressources planétaires sont limitées et mis en rapport avec la soif infinie de consommation des êtres humains, certains penseurs philanthropes et raisonnables ont imaginé qu’il fallait que l’homme se restreigne dans ses mouvements naturels, afin de protéger les futures générations du mal qui ronge notre planète, et qui finira par nous engloutir ensuite. Mais si cette idée est fortement teintée d’humanisme, et qu’elle semble parée des meilleures intentions du monde, il ne faut tout de même pas oublier qu’elle prône clairement une baisse de la consommation maintenant, pour ne pas à avoir à faire face à une brutale pénurie, plus tard.

    Mais s'il ne fait aucun doute que je considère la surconsommation comme un mal à combattre, et que pour moi aussi le fait de rechercher à tout prix la croissance est cause de notre surproduction et de la surexploitation des ressources, je ne peux me satisfaire d'une théorie qui frustre les désirs et les espoirs d'un monde meilleur, sans lesquels il est vain de vouloir perpétuer l'espèce humaine.

    Car il faut discuter de ce que l’on appelle « croissance », à savoir si elle n’est qu’économique ou s’il faut prendre d’autres facteurs en compte. Et si il est assez aisé de définir ce qu’est la croissance économique (augmentation du PIB, c’est à dire de la production dans un temps donné), il est beaucoup plus délicat d’expliquer ce qu’est la croissance « pure », qui n’est en quelque sorte qu’une augmentation sans objet précis, ou une simple vue de l’esprit. Il faut pour qu’il y ait croissance un qualificatif à y ajouter (la croissance « de quelque chose »). C’est ainsi que la théorie de la décroissance se trouve devenir soit une décroissance « économique », soit une décroissance sans objet. Et une décroissance économique, c’est encore du capitalisme, calculé selon des facteurs économiques, à l’intérieur du système que cette théorie dénonce.

    Que veulent donc les « décroissants » ? le retour à une vie plus censée, moins tournée vers la rentabilité et le profit, vers moins de consommation, moins de pollution et plus de morale, de raison ? faut-il alors dénoncer la technologie et ses avancées pour retourner en arrière, se passer de la machine à vapeur et de ses mines de charbon pour partager notre misère avec les autres misérables ? faut-il réapprendre à vivre dans des cabanes en bois insalubres, avec des chevaux pour moyen de locomotion et la bougie pour éclairage ?


    Non, personne ne peut vouloir cela, car en quittant le monde de la consommation et de la production ce n’est pas seulement la croissance économique et le capitalisme que nous renverserions, mais aussi et surtout l’idée de progrès, idée sans laquelle l’homme ne peut avancer. C’est nier l’homme en même temps que ses désirs, et faire preuve d’obscurantisme, car nous ne réglerons pas le problème des inégalités et de l’injustice sociale en retournant en arrière, ni en abaissant nos prétentions au point de vouloir devenir tous pauvres. L’égalité, la justice ne sont pas des concepts minimums, orientés selon des critères revus à la baisse pour satisfaire au plus grand nombre, mais au contraire l’expression de la volonté des êtres humains d’accéder tous à “plus” d’une part, et à “mieux” d’une autre.

    Consommer moins c’est produire moins, c’est travailler moins, c’est gagner moins. On ne brisera ni le capitalisme ni les inégalités par la décroissance, on ne fera que satisfaire aux désirs de ceux qui veulent licencier sans peine. Et si il est effectivement possible que les riches, à terme, soient contraints à moins de consommation par manque de ressources, ce ne sera pas le signe d’une plus grande justice, mais plutôt le constat d’échec de l’humanité qui ne sera pas parvenu à faire profiter des bienfaits de la civilisation à tous. 

    La décroissance ne peut pas renverser le capitalisme pour sauver l’humanité, mais l’humanité doit renverser le capitalisme pour parvenir à une croissance juste. Ce n’est qu’une fois le capitalisme supprimé qu’une sorte de décroissance pour certains(ou une croissance pour d’autres) pourra être instituée. Elle doit être le résultat de l’éducation à l’inutilité du superflu, de l’inutile et du jetable, comme une philosophie ou une religion dans laquelle la planète serait le Dieu à honorer. Ce n’est pas la croissance qu’il faut donc supprimer, mais sa définition qu’il faut revoir. Une croissance économique est un contresens, alors qu’une croissance « humaniste » exclut la croissance économique. Ce sont les règles du capitalisme qui impliquent la première définition, et pour en sortir c’est le capitalisme qu’il faut détruire, pas l’humain.

    Cette erreur d’interprétation  sur la conception décroissante provient en effet d’un diagnostic erroné, que l’on peut résumer par la phrase d’un certain Kenneth Boulding, « celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». Car aujourd’hui nous savons que le monde n’est pas fini. La croissance infinie n’est pas une croissance économique détruisant les ressources, mais la potentialité d’un univers dont on ne connaît pas le quart du millième, et qui peut nous offrir les ressources infinies dont « l’aventure humaine » a besoin pour son développement. Nous savons comment produire beaucoup et propre, renouvelable et durable, juste et équitable. Nous avons la capacité de nourrir et de loger plus et mieux, sans nuire ni à la planète ni à l’être humain.

    Mais nous n’y arriverons pas sans devenir un peu fous, c’est à dire en se donnant la possibilité de devenir sages. Pour parvenir à une croissance infinie en symbiose avec la nature (elle-même infinie), il nous faut avoir suffisamment de rêves et d’imagination pour se séparer des concepts négatifs tels que la croissance (ou la décroissance) économique, pour nous projeter dans autre monde, sans économie, c’est à dire sans argent.

    La rareté supposée des ressources sur laquelle s'appuie les décroissants est une illusion capitaliste permettant de rendre “vendable” ce qui appartient en commun à l'humanité, car en réalité les énergies comme l'air, le soleil et l'eau sont quasiment inépuisables, pour peu qu'on passe d'une réflexion économique à une réflexion en accord avec l'être humain. Ce n'est donc pas en utilisant moins sa voiture qu'on sauvera la planète, mais en supprimant le pouvoir de ceux qui nous empêchent d'accéder à une ressource gratuite, afin de pouvoir rouler en voitures solaires tout notre saoul. Cela implique donc de remplacer la rareté par l'opulence, de remplacer l'argent par la gratuité.

    Alors à tout prendre, je préfère être considéré comme fou, et appeler de mes voeux non pas la décroissance, non pas la croissance, mais à l’abolition pure et simple de l’argent, seul responsable de tous les maux qui nous accablent, et qui détruisent la planète. La gratuité est le seul moyen d’y parvenir, car elle allierait à la fois croissance infinie et justice, et tout cela sans nuire aux ressources offertes par la Nature.


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  • Les gens du voyage accusés d'être à l'origine de faits de violence par le président de la république en personne qui, apparemment, ignore qu'ils sont français depuis des siècles, c'est à dire depuis bien plus longtemps que la famille Sarkozy.

     Le ministre de l'intérieur, condamné pour racisme, rappelle que les gens du voyage ne sont ni au-dessus, ni en-dessous des lois. Pour dire des bêtises pareilles, le ministre ignore forcément l'interdiction de voter des gens du voyage, leur carnet de circulation qu'ils doivent faire viser dans les gendarmeries tous les six mois, les 58% de communes française de plus de 5000 habitants qui contreviennent à la loi en ne mettant pas à la disposition des gens du voyage un terrain correct muni d'un point d'eau.

    Même le ministre de l'éducation, Luc Chatel ne sait pas que la grande majorité des gens du voyage sont français. C'est pas possible, il n'a jamais fumé de gitanes. Et ils nous parlent d'identité nationale!

    Après les incidents de Saint-Aignan, un gitan a été condamné à 10 mois ferme pour vandalisme, port de cagoule et vol de pains au chocolat dans une boulangerie!

    Les gitans de France sont pauvres en plus d'être gitans.

    Justice matraque!

    Un avocat estime que la déclaration du président de la république serait susceptible de poursuite judiciaire pour incitation à la haine raciale. Le président de la république poursuivi comme Dieudonné ou le préfet Langlade!

    Jamais, on n'avait connu cela! Vous me direz, on le sentait venir depuis quelques années.

    La vérité est, qu'à force d'utiliser des clichés ethniques à des fins de propagande, on développe leur utilisation dans toute la population.

    Donc, dans la tête de Mr Martin, si le président laisse entendre que les gitans sont presque tous des voleurs, alors, lui, Mr Martin se dit qu'il avait raison de penser que les noirs sont des sauvages, les musulmans des islamistes, il se dit que quand ont dit que les juifs ont de l'argent et contrôlent les médias, que les italiens sont de beaux parleurs, les corses des fainéants, les antillais des assistés et des grands enfants, il se dit que tout cela est vrai à quelques exceptions près qui confirment la règle. La démographie est une véritable grammaire avec ses règles, ses familles de gens, leurs différentes natures et fonctions, leurs morphologies, leurs racines, leurs dérivés.

    Justice de race, justice de caste!

    Heureusement que, dans la grammaire les mots sont silencieux entre eux. Sinon, on aurait droit à ce genre de réflexions:

    - "Nous les verbes, on nous conjugue à tous les temps, sans nous et nos valeurs, pas de phrase et de discours qui tiennent!"

    - "Moi, je suis un sujet, toi, tu n'es qu'un simple complément d'objet même pas direct!"

    - "Pousse-toi larbin d'adverbe!"

    Jacques Chirac accusé de détournement de fonds et d'avoir organisé un système d'emplois fictifs, pourrait être totalement blanchi.

    Selon Le Canard Enchaîné, l'UMP veut proposer à la mairie de Paris de retirer sa plainte contre la somme de 2 millions d'Euros en paiement du préjudice subi. Normal, La plupart en ont bien profité à l'époque. Ils le lui doivent bien! On oublie le mensonge et l'honneur est sauf !

    Justice de cracks! Justice de crabes!

    Liliane Bettencourt a reçu les enquêteurs chez elle avec tasse de thé et petits gâteaux. Pourtant, elle avait avoué une fraude fiscale.

    La pauvre femme n'a pas beaucoup de souvenirs. Elle ne connait pas vraiment l'usage que ses experts et ses protégés font de sa fortune. Une milliardaire à mi-chemin entre le déclin cognitif et la prédémence. Pas assez atteinte pour une curatelle, pas assez forte mentalement pour dire non; une aubaine pour ceux qui savent le voir!

    Dans quelle logique sont-ils? Ne rien laisser voir de la déficience de Lady Liliane, préserver le pactole et faire fructifier la fortune, ça vaut bien quelques "remerciements" en espèces et en cadeaux, non?

    Eric Woerth n'a toujours pas été entendu. Son agenda est très chargé, parait-il. Son nom est cité par plusieurs témoins et de graves soupçons pèsent sur lui: évasion fiscale, financement politique illicite, conflit d'intérêts. Il devrait recevoir les enquêteurs chez lui, à Chantilly avec tasses de thé et petits gâteaux.

    Justice de premier de la classe!

    Claire Thibout, l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt entendue pour la huitième fois à propos de ses déclarations. Entendue comme simple témoin et sans avocat puisqu'il n'y a toujours pas d'instruction. On essaye de la mettre sous pression, de la dégoûter, de la faire trébucher. Elle maintient ses accusations qui sont confirmées pour la plupart par d'autres témoins. Pas de tasse de thé, pas de petits gâteaux!

    Claire Thibout témoin: 8 auditions

    Eric Woerth accusé: 0 audition

    Cherchez l'erreur!

    Justice en première classe!

    Et tous les jours, dans les tribunaux, les cellules de garde-à-vue, des pauvres types peu recommandables, pas irréprochables pour un sou, attendent d'être jugés. Les uns espèrent leur salut sans trop y croire, les autres misent sur la clémence du tribunal. Ils ne savent pas qu'en prison, il leur sera plus difficile de vivre que de mourir.

    Si on leur avait dit qu'on peut être ignorant, dire des bêtises et en faire en toute discrétion. Si on leur avait dit que malgré cela, on peut réussir sa vie comme Sarkozy, Chatel et Hortefeux...

    Justice pour têtes à claques!

    Milton ici


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  • L'armée renvoie, de l'Afghanistan, ses véhicules de contrôle des foules en sol américain...

    25 juillet 2010 Ici

    La semaine dernière, l'armée amécaine a ordonné que tous ses véhicules "humvee" qui sont utilsés comme arme de dispersion des foules (par la douleur) soient  ramenés en sol américain.

    Ces véhicules "ADS" ("Active Denial Systems") ont été conçus pour maîtriser les soulèvements et pour contrôler les populations. Cette arme qui souffle des vagues de chaleur insupportable sur l'ennemi a été retirée de l'Afghanistant par l'armée américaine.

    Le système "ADS" a coûté environ £42 million à développer et était sur le point d'être déployé pour disperser les membres des Talibans qui attaquaient les forces américaines.

    L'arme, qui provoque une douleur intense sans causer de dommages physiques durables [connus], a été retirée de la zone de guerre la semaine passée sans que les chefs de l'armée américaine expliquent pourquoi un tel volte-face.

    Le "ADS", qui a été développé pendant 20 ans, travaille en envoyant un faisceau d'ondes à haute fréquence à la vitesse de la lumière.  Ce faisceau peut couvrir l'ensemble du corps d'une personne, qui cause une douleur atroce, en chauffant l'eau et les molécules de graisse se trouvant sous la peau.

    Le faisceau peut frapper quelqu'un jusqu'à 1/3 de mille de distance et la douleur cesse seulement quand la personne se déplace de la route.  Un porte-parole du ministère américain de la Défense a déclaré: "La décision de rappeler les armes aux États-Unis a été prise par les commandants sur le terrain en Afghanistan".

    Traduction libre de l'article original:

    http://www.dailymail.co.uk/news/worldnews/article-1297361/US-withdraws-pain-ray-Afghan-war-zone.html

    Pourquoi l'armée américaine ramène ces véhicules qui servent d'arme de maîtrise des foules en sol américain maintenant?

    Ces armes ont été testées sur les Talibans, mais elles ont finalement été destinées à être utilisées contre les Américains en cas d'émeutes.  Si les armes n'étaient pas efficaces, ils ne dépenseraient pas des millions de dollars pour les réexpédier en sol américain... 

    Récemment, il a été révélé que les Marines des États-Unis ont reçu, secrètement, des formations avec les forces de police locale dans les villes américaines.   Nous apprenons maintenant que l'armée est en train de récupérer leur équipement anti-émeutes en Amérique.  Qu'est-ce qui se passe?  

    Il est évident que le gouvernement des États-Unis s'attend à un temps de troubles dans les mois qui viennent...


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