• Croquignol, Filochard et Ribouldingue conquièrent Le Monde. (au grand dam de Bibi Fricotin).

    J’ai fait un cauchemar : les Pieds Nickelés étaient 6. Après Dassault, Lagardère, Rothschild qui se sont emparés de dizaines d’organes de presse, trois autres déboulent qui crachent 100 millions d’euros au bassinet par amour d’un journal en faillite dont ils veulent préserver l’indépendance politique (trois mots importants : préserver, indépendance, politique).

    L’un est un milliardaire, ex-couturier de luxe et mécène de Ségolène Royal.

    L’autre est un milliardaire, douzième fortune de France, fondateur de Free et financier de Mediapart d’Edwy Plenel, ex directeur de la rédaction du Monde.

    Le troisième est un milliardaire codirecteur de la banque Lazard et propriétaire des Inrockuptibles.

    Nous revoilà au début des années 1930, quand le Comité des forges et le Comité des houillères s’intéressaient au Temps, l’ancêtre du Monde, lequel naquit à la libération sur les cendres du premier, aidé par un gouvernement qui voulait un « journal de référence, solide, sérieux, fiable ».

    C’est raté et c’est un peu pour cela qu’a été créé sur la Toile LE GRAND (journal du) SOIR, quotidien « de référence, solide, sérieux, fiable » et gratuit.

    Théophraste R.

    PS. On a failli s’inquiéter du sort de Claude Perdriel, un des postulants évincés par Croquignol, Filochard et Ribouldingue. Mais la presse nous rassure avec flegme : à la tête d’une fortune de 150 millions d’euros (selon l’hebdomadaire Challenges dont il est propriétaire), Bibi Fricotin a « en ligne de mire d’autres grands quotidiens en mal de capitaux comme Libération, Le Parisien ou La Tribune ». Objectif : préserver leur ind…… pol…..

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  • Le G8 et la gouvernance planétaire : Le Yalta des ressources des pauvres

    Chems Eddine CHITOUR
    « Si tu ne peux pas distribuer de la nourriture, distribue au moins des bonnes paroles »
    Proverbe africain

    Ce proverbe s’applique comme un gant à la méthode du G8 en face de l’Afrique. En effet, les pays les plus industrialisés du Monde, le G8, se sont d’abord retrouvés seuls au Sommet du Canada, ensuite ils ont élargi le sommet au G20 et ils ont accordé quelques instants aux pays africains qu’ils encouragent à persévérer dans les réformes, c’est-à -dire une ouverture débridée de leurs marchés, distribuant ça et là des satisfecits et « des promesses qui n’engagent - comme le dit si bien l’ancien président français Jacques Chirac - que ceux qui y croient ». Promesses qui ne nourrissent pas le milliard d’hommes qui vit au-dessous du seuil de pauvreté.

    De quoi ont - ils parlé ? Est-ce du malheur des déshérités ? Des changements climatiques et des réfugiés économiques et climatiques ? Est-ce qu’ils ont parlé de la dénucléarisation du Monde ? Non ! ils ont parlé de la façon de continuer à gérer les ressources qu’ils n’ont pas et qui se trouvent « ailleurs ».

    Les Etats-Unis et l’Europe, rapporte une dépêche de l’Associated Press, sont notamment divisés sur la réduction des déficits. Malgré les appels américains à ne pas abandonner trop vite les mesures de soutien à l’économie, l’heure est à la rigueur budgétaire en Europe, ébranlée par la grave crise de la dette grecque. Les dirigeants du G20 sont également divisés sur la réforme de la régulation financière. En Europe, la priorité semble désormais la réduction des déficits après la crise grecque qui a ébranlé la confiance dans les finances d’autres pays de l’Union européenne et dans l’euro.

    « Sans croissance maintenant, les déficits augmenteront davantage et saperont la croissance future », ont également averti le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner et le chef du Conseil national économique de la Maison- Blanche, Lawrence Summers, dans une tribune publiée mercredi dans le Wall Street Journal. Timothy Geithner a enfoncé le clou en appelant l’Europe à « faire le choix de mettre en oeuvre des réformes et des politiques susceptibles de déboucher sur des taux de croissance plus élevés à l’avenir ». (...) Avant même le début des discussions, les Etats-Unis ont enregistré deux succès, avec une décision des gouvernements européens visant à renforcer la confiance dans leurs banques par la mise en oeuvre de tests de résistance. (1)

    Washington n’a pas apprécié les récentes mesures d’austérité mises en place en Europe, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne. La semaine dernière, le président américain, Barack Obama a envoyé un courrier très officiel à l’ensemble des pays européens, pour les mettre en garde contre les risques d’une austérité précipitée. Les pistes à l’étude sont nombreuses. La taxe sur les banques, vient d’être acceptée par l’Allemagne, la Grande- Bretagne et la France réunies. Quant aux Etats-Unis, ils n’y sont, a priori, pas opposés, En tout état de cause, cette fois-ci ce sont les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui refusent, en effet, que leur système financier, qui a bien résisté à la crise, paie le prix de l’inconscience des autres Etats. Au final, il y a fort à parier pour qu’aucune mesure emblématique ne sorte de ce G20. Les engagements pourraient bien ressembler à quelque chose dans ce goût-là : « Les Etats s’engagent à faire en sorte que leurs banques se secourent d’elles-mêmes en cas de crise ! » (2)

    La Chine dit oui.

    On apprend que la Chine a répondu aux doléances américaines, à savoir, réévaluer le yuan ; la Banque centrale de Chine a décidé d’un cours pivot de 6,7896 yuans contre le dollar. Il est de ce fait au plus haut depuis cinq ans. Après une semaine de fluctuations du cours pivot du yuan, surveillées de près par Pékin, les experts confirment le changement de cap du navire économique chinois, même si l’impact à court terme reste limité. (...) Si l’appréciation se fera donc en douceur pour laisser aux entreprises le temps de s’adapter, les économistes s’attendent à une légère amputation du PIB sur le long terme. (...)

    Au final, souligne l’économiste Yann Moulier Boutang, « les entreprises à forte intensité de main-d’oeuvre ne pourront s’en sortir qu’en incorporant davantage de travail qualifié et en se spécialisant dans des produits qui ont une élasticité-prix de la demande faible ». En revanche, les sociétés étrangères implantées en Chine ou qui exportent vers la Chine devraient profiter de la hausse du pouvoir d’achat des ménages, notamment dans le secteur des produits de luxe, mais aussi dans le secteur automobile, high-tech et agroalimentaire. (...) Les pays d’Asie du sud-est seront enfin doublement avantagés par rapport à leur concurrent chinois : non seulement leurs exportations deviendront subitement moins chères, mais elles seront accélérées par la hausse de la demande chinoise .(3)

    Pour le site Attac, ce Sommet n’apportera rien, parce qu’il ne traite pas des vrais problèmes. Lisons le commentaire : « (...) Mais bien qu’ils portent une responsabilité écrasante dans la dérive du système économique international et dans la dérégulation des marchés financiers qui en est à l’origine, ce G20 s’annonce comme une nouvelle mascarade. Les derniers G20 ont abouti à des plans de relance et des aides massives aux systèmes financier et bancaire, sans qu’en contrepartie ceux-ci soient soumis à de nouvelles régulations. La récession et les plans de relance ont causé d’importants déficits publics, prétextes à de vastes plans de rigueur sociale qui imputeront la note aux salariés, retraités et chômeurs. Mais ils refusent en même temps toute proposition conséquente de taxation de la finance. Le sachant, les Européens proposent pour la galerie, de mettre à l’étude une taxe mondiale sur les transactions financières, demandée par de nombreuses organisations. Mais si les Européens veulent vraiment le faire, pourquoi ne pas le décider au niveau européen ? (...) »

    « Pour sauver la face, le communiqué final du G20 indique, dans sa version préliminaire qui a fuité, que le G20 veut combattre les causes de la crise financière... mais ne propose que la création d’un groupe d’experts sur la corruption financière. Même les paradis fiscaux et judiciaires semblent avoir disparu des discussions. Pire, les pays s’engagent à ouvrir encore davantage les marchés de biens et de services (dont les services financiers !) et à continuer d’éliminer les derniers instruments de protection dont disposent les gouvernements ou les régions vis-à-vis du tout marché. (...) Les gouvernements du G20 réaffirment leur foi dans le libre marché, pourtant au fondement de cette profonde crise structurelle. Comme des fidèles qui ne croient plus, ils psalmodient de vagues promesses de "reprise verte" et de "croissance mondiale durable" et réaffirment leur détermination à atteindre les Objectifs de développement du Millénaire, alors même qu’ils s’en éloignent année après année ».

    « Pour Attac, c’est le désarmement de la finance qui constitue l’urgence. Il passera, notamment par les mesures suivantes : la mise en place immédiate d’une taxe sur les transactions financières au plan mondial à un taux suffisant pour avoir un effet régulateur sur les marchés financiers et dégager les fonds nécessaires pour la lutte contre le réchauffement climatique et la pauvreté ; la suppression des paradis fiscaux ; des politiques de relance passant par le soutien des services publics et la reconversion écologique de l’économie, plutôt que par l’austérité et l’érosion des salaires et retraites ». (4)

    Que devient l’Afrique dans tout ça ? Les sept chefs d’Etat ou de gouvernement africains seront à Muskoka au « segment Afrique » du Sommet du G8, pour « un dialogue » avec leurs homologues des pays membres de cette institution sur les moyens de renforcer le « partenariat Afrique/G8, initié à l’occasion du lancement du Nepad en 2001 ». Le Nepad a été conçu comme un plan global pour sortir le continent de la pauvreté. Cet ambitieux plan de développement visait à attirer les investissements étrangers en contrepartie d’un engagement des Etats africains à une « bonne gouvernance », à la fois politique et économique. On dit que les pays du G8 encouragent les pays africains à persévérer. Pour rappel, toujours au Canada en 2002, les mêmes promesses ont été faites.

    Un écran de fumée

    En effet, comme l’écrivait à l’époque Marie Joannidis, « le Sommet du G8 à Kananaskis au Canada devait être celui de l’Afrique. (...) Présenté comme la réunion de la « dernière chance » pour les Africains, sollicités depuis un an pour préparer des projets susceptibles de réussir l’examen de passage des bailleurs de fonds, ce sommet a surtout été celui des promesses, qui devraient être tenues à condition que les pays du continent respectent la bonne gouvernance économique et politique. (...) Malgré les propos « optimistes » de leurs quatre représentants au sommet - les chefs d’Etat algérien, nigérian, sénégalais et sud-africain - ils ne peuvent que constater qu’ils ne bénéficieront que d’une partie - et sous condition - des nouveaux concours promis lors de la conférence sur le financement du développement à Monterrey au Mexique. (...) De cette façon, nous appuierons l’objectif du Nepad. Nous contribuerons ainsi à faire en sorte qu’aucun pays qui s’attache vraiment à lutter contre la pauvreté, à instaurer une bonne gouvernance et à engager des réformes économiques ne se voie refuser la chance de réaliser les Objectifs du Millénaire faute de moyens financiers... (5)

    Ce discours est le même que celui du Sommet de Dublin, de 2005 ; là encore le G8, comme l’a souligné le président Abdelaziz Bouteflika, avait promis une aide à l’Afrique de 25 milliards de dollars. A peine 7 milliards de dollars ont été difficilement consentis. Même discours, mêmes promesses en définitive, indifférence. Plus que jamais, à l’instar de la Chine, l’Afrique ne doit compter que sur elle-même.

    En fin de compte, le G 20 n’est qu’un écran de fumée. Tout au plus on peut parler d’un G11 (le G7 et le G4 du Bric). Le reste du Monde ne compte pas. Le G8 décide d’octroyer 5 milliards de dollars à la santé maternelle. Dans le même temps, des millions de femmes, d’enfants meurent de faim et du fait des violences collatérales d’un marché des armes évalué à 1200 milliards de dollars. Pour Jacques, Diouf il faut annuellement 50 milliards de dollars pour « contenir » la famine. L’APD promise moult fois n’est toujours pas au rendez vous. Sur les 50 milliards de dollars promis, à peine la moitié a été versée. Des pays comme la France ou l’Italie trainent les pieds mais donnent des leçons d’humanisme....

    « Lorsqu’on parle des hommes et des femmes politiques qui sont présentement réunis, on parle de monarques absolus. ( ...) Les politiques appliquées par ces gens sont incontestables. Ils décident pour tous ; du plus humble au plus riche. (...). Surtout que leurs politiques affectent des milliards d’êtres humains en en laissant beaucoup croupir dans la misère. En ce XXIe siècle, les riches ont réussi à établir leur société totalitaire où ils sont les seuls à décider ce qui est bon pour tous ; ce qui est bon pour tous est d’abord ce qui est bon pour eux. Et les décideurs politiques sont soit des riches qui ont été portés au pouvoir dans leur pays. (...) Au XXIe siècle, ils ont perfectionné leur stratégie, ils ont réussi à établir leur pouvoir pour l’éternité. »(6)

    On ne parle plus d’environnement, de taxe carbone, de GIEC ou de changement climatique alors que la crise financière est derrière eux. Il serait intéressant de connaître le bilan carbone du Sommet du G20 qui a vu le gouvernement canadien dépenser en fastes, sécurité et autres frais de bouche, 1 milliard de dollars pour trois jours, dans le même temps ces pays qui totalisent 90% des 60.000 milliards de dollars ne peuvent pas mettre 50 milliards pour éradiquer la faim.

    Camille Loty Mallebranche résume magistralement cet état du Monde Comme à Babel - la tour mythique de l’échec par la confusion et l’incommunication - l’érection d’un monde selon l’arrogance d’une catégorie humaine pour dominer autrui, plutôt que la communication pour l’élévation commune, n’atteindra point le ciel de l’humanité fraternelle mais échouera toujours fatalement dans les pires malentendus, les plus injustes clivages sociaux et le choc des alterhumanités . Babel est le sens perdu en route quand l’homme cesse d’être la fin de l’action politique. La politique internationale avec la dictature financière des banquiers, l’imposture dénucléariste imposée à certains Etats en épargnant d’autres, nous place devant l’imbroglio d’une logique de la force qui nous ramène au monde selon Bismarck où c’était entendu que la diplomatie fût l’expression hypocrite de la force menaçant bellicistement les plus faibles et où le gros bâton prédominait dans les relations interétatiques. La bête ogresse et dévorante exprimait sa position par le vieil apophtegme : « La force prime le droit. »  »

    « Babel évoque la frénésie dominatrice et la posture conquérante qui passe nécessairement par la violence inquisitrice et exterminatrice. Là où il fallait partager le savoir et les acquis avec l’autre et ainsi rendre plus forte l’humanité commune, des hommes se sont cachés derrière l’identité comme une claustration substantialisée, une tour matérialisée pour se distancier en vue d’assujettir d’autres humains afin de les réifier et les utiliser.... Babel est aussi la métaphore de l’incomplétude de toute entreprise humaine où prédomine l’orgueil dédaigneux de l’humain, où quelques-uns veulent se déifier par la supériorité technique ou technologique.

    Le Christ disait, « à quoi sert-il à un homme de conquérir le monde, s’il doit y perdre son être ! ». En transposant cela en politique, posons la question : à quoi rime la gloire des faiseurs d’empire, si tout le contenu de l’écoumène devenu leur butin par la violence, les déshumanise et les fait monstres qui expédient ad patres l’humanité, l’écosystème et leur propre avenir dont ils amorcent fatalement l’effritement ? » (7)

    Non ! le Monde ne va pas bien ! Un monde où la détresse des faibles ne compte pas ? Où la valeur d’une personne comme c’est le cas, est indexée sur sa valeur marchande, sur son compte en banque. Ce monde-là est voué à la ruine. Au risque d’être un naïf invétéré, je veux croire en un monde meilleur. La mondialisation-laminoir et le néolibéralisme carnassier sont un cauchemar dont il faut se réveiller. Les défis qui attendent la terre ne sont pas ceux des individus ou de groupes d’individus. Ils frapperont indifféremment les forts comme les faibles. La fin du pétrole et les changements climatiques de plus en plus erratiques et qui ne semblent pas ou plus intéresser les grandes puissances. C’est une erreur.

    Chems Eddine CHITOUR
    Ecole Polytechnique enp.edu.dz

    1. Les déficits budgétaires au menu du G20 à Toronto Nouvelobs.com avec AP 25.06.2010

    2. Julie de la Brosse : Les trois matchs du G20 L’Expansion.Com 25/06/2010

    3. Hélène Duvigneau : Yuan flexible, les vraies conséquences pour la Chine 25/06/2010

    4. Attac France, G20 : Pas de plans de rigueur prév us pour la finance 25 juin 2010 http://www.france.attac.org/spip.ph...

    5. Marie Joannidis G8- Nepad http: //www.rfi.fr/fichiers/mfi/economiedevelo ppement/614.asp

    6. Les membres du G20 : Des monarques absolus- site bellaciao.org.fr25 juin 2010

    7. Camille Loty Mallebranche . Babel ou le sens rompu et perdu dans la civilisation. Site Oulala.net 24 juin 2010

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    http://www.legrandsoir.info/Le-G8-et-la-gouvernance-planetaire-Le-Yalta-des-ressources-des-pauvres.html

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  • Un an après le coup d'Etat, le Honduras résiste. Entretien avec le président Manuel Zelaya

    Manola Romalo   
    « Nous devons vaincre le coup d'État, l'impunité et  la terreur ». Manuel Zelaya, président légitime du Honduras depuis janvier 2006, a été dérogé le 28 juin 2009 par un coup d'État. Depuis le 27 janvier 2010, il se trouve avec son épouse et sa cadette en République Dominicaine.  Entretien réalisé par Manola Romalo, publié en exclusivité par Junge Welt (Allemagne), Rebellion (Espagne) et michelcollon.info (Belgique).

     



    Ce 28 juin le peuple hondurien sort protester dans tout le pays contre le coup d`État perpétré il y a un an par une clique d’oligarques, parrainé par Washington. Sous l’hospice d’un gouvernement fantoche mis en place en juillet 2009 -  suivi par les élections présidentielles manipulées  de  janvier 2010 -  des  paramilitaires ont assassiné à ce jour des dizaines de membres de la Résistance, des syndicalistes, des enseignants, des journalistes. Protégeant ses  intérêts économiques, l’Union Européenne n’y voit que du feu.

     

    Manola Romalo: Monsieur le Président, cela fait un an aujourd’hui qu’une clique d'entrepreneurs envoyèrent des militaires vous kidnapper dans votre maison sous le feu des balles. Que signifie cet acte pour l’avenir du Honduras ?

    Manuel Zelaya: En ce moment, ils ont plus de problèmes qu’auparavant : ils ont fait prendre conscience, non seulement au peuple hondurien mais aussi  aux peuples d’Amérique Latine,  de la menace que représente l’ambition économique pour les démocraties.  Avec cette attaque, ils ont réussi à accélérer les processus de transformation à travers lesquels sont nées de nouvelles forces d’opposition.
    L’influence des grandes multinationales s’étend à la politique étrangère des Etats Unis,  preuve que l'administration d’Obama - de même que celle de son prédécesseur - est tombée dans l’effrayante erreur d’appuyer le terrorisme d’État. Ils ont recommencé à faire des coups d’État, méthode pratiquée déjà dans le passé par une extrême droite acharnée à semer la barbarie à travers le monde.

    Manola Romalo: Quoique les putschistes,  parrainés par Washington, essayèrent de maquiller en démocratie les élections présidentielles de novembre 2009,  une grande partie de la communauté internationale n’a pas reconnu la légitimité du gouvernement  en place.  Quelles transformations  démocratiques veut le peuple hondurien?   

    Manuel Zelaya: J'ai présenté un plan de réconciliation en 6 points qui passent par le respect des Droits Humains et la fin de l’impunité. C'est le chemin correct pour annuler le putsch et retourner à l’Etat de droit.
    Avec leur position inflexible et extrémiste de laisser impuni ce putsch au Honduras, les États-Unis et leurs alliés créoles n'appuient pas ce plan et n’aident en rien la réconciliation du peuple hondurien.
    Contrairement à ce que nous avons espéré, avec ses déclarations, le Département d’État ignore le crime  qu’il condamna antérieurement et nomme « crise politique» des faits qu’il occulte : l`'mmunité et les privilèges des putschistes. 

    Manola Romalo: Le Ministère allemand des Affaires Extérieures informe sur son site Internet , qu’ « après le coup d`État », le gouvernement allemand ne reprendra pas de nouveaux  projets d’aide pour le Honduras, mettant également court aux « consultances gouvernementales ». Quelle est la situation économique du pays?

    Manuel Zelaya : Les chiffres sont plus éloquents que les mots. En trois ans nous avions réalisé les meilleurs indices de croissance de l’histoire du Honduras : 6,5 et 6, 7 %. Pour la première fois en trente ans, la pauvreté avait été réduite à plus de 10 %. 
    Par contre, depuis le coup d'État, le pays est entré dans une récession économique,  le nombre de pauvres  a augmenté,  les investissements de l’Etat et ceux des particuliers ont été réduits de façon significative. Les dommages causés par le coup d'État dans le processus de développement économique du pays vont durer au moins dix ans avant d’être réparés. 

    Manola Romalo : Ce 28 juin, il y aura de grandes manifestations dans tout le pays, le peuple va débattre les principaux articles de la Déclaration Souveraine. La Résistance veut  « refondre le Honduras ». Quelles sont les étapes nécessaires ?

    Manuel Zelaya: Nous devons vaincre le coup d'État, l'impunité et la terreur.  L'Assemblée National Constituante, avec la participation de tous les secteurs, est l’instrument légitime pour reconstruire la démocratie, l’ordre constitutionnel et l’Etat de droit.
    L’organisation, la conscience et la mobilisation sont nécessaires pour renforcer le Front National de Résistance Populaire (FNRP) qui est la force sociale et politique de la Résistance contre le coup d’État.  Nous avons la responsabilité de la reconstruction, le peuple doit reprendre les affaires en cours pour transformer le pays. 

    Manola Romalo: Monsieur le Président, dans le contexte politique du Honduras, le peuple réclame énergiquement votre retour. Quels sont vos projets ? 

    Manuel Zelaya: Le futur n'est pas très loin. Toutefois je fais des projets pour le présent: je veux réussir à vaincre les espaces d'impunité avec lesquels les putschistes prétendent couvrir les crimes contre la démocratie et contre l'humanité.   
    Mon retour devra être immédiat, il n´existe aucun prétexte ni justification qui expliquerait l'absence absolue de garanties pour mon retour. Il n’est pas possible que quelqu’un prétende voir les victimes soumises à la justice de leurs bourreaux.
    Mon retour est lié à la  reprise de l’Etat de droit au Honduras. Le propre président Porfirio Lobo affirme être menacé, ajoutant en même temps qu’il garantit ma sécurité.

    Évidemment, ils utilisent les Honduriens comme des cobayes, les putschistes font de ce pays un laboratoire de violence. Ils recourent aux castes militaires pour réprimer le peuple et  créer le chaos afin de maintenir le contrôle sur la société.  Peu leur importent les conséquences du processus d'intégration régionale et la confrontation,  doublement éprouvés,  avec les organismes multilatéraux.
    Les preuves sont sous nos yeux : ils ont créé un nouveau régime de terreur et de persécution. Et les Etats Unis ont beaucoup perdu de leur prestige en Amérique Latine.

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  • Des journalistes indépendants démontent l’emprise israélienne sur le discours médiatique

    Abraham Greenhouse, Nora Barrows-Friedman
    The Electronic Intifada


    Décidés à ne pas permettre au gouvernement israélien de continuer à dominer le discours public sur l’attaque de la flottille avec sa version discutable des événements, des journalistes indépendants autour du monde ont analysé et identifié les incohérences du discours israélien.
     
     
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    « La tentative systématique et la priorité n°1 tout à fait délibérée des soldats israéliens quand ils sont montés à bord des bateaux a été de créer un black-out, de confisquer toutes les caméras, de couper les liaisons satellite, de détruire les caméras en circuit fermé à bord du Mavi Marmara, pour s’assurer que rien ne sortait. Ils étaient décidés à contrôler l’histoire », a commenté le journaliste australien Paul McGeough, l’un des centaines de militants et de reporters journalistes qui ont assisté à l’attaque mortelle du 31 mai sur la flottille de la liberté pour Gaza ("Framing the Narrative : Israeli Commandos Seize Videotape and Equipment from Journalists After Deadly Raid" Democracy Now, 9 Juin 2010). McGeough a été un des au moins 60 journalistes de la flottille qui ont été détenus et dont les filmages ont été confisqués.

    Dans les heures suivant l’interception et le siège dans les eaux internationales de la flottille d’aide pour Gaza par des commandos israéliens, qui ont tué neuf personnes - certaines à bout portant - à bord du Mavi Marmara, des nouvelles de l’attaque sanglante s’étaient répandues dans le monde entier. La colère, la condamnation et des appels à une enquête internationale ont suivi.

    Entre temps, la campagne d’Israël pour son scénario de l’attaque, pour déformer les faits et étouffer une opinion outragée battait son plein. Parallèlement, les militants et les journalistes sceptiques ont commencé à déconstruire l’histoire officielle et à assembler des preuves pour révéler la vérité derrière les morts violentes des militants d’une mission humanitaire pour la bande de Gaza assiégée.

    À partir du moment où l’armée israélienne a brouillé apparemment les communications de la flottille, et pendant les deux jours suivants où les survivants furent maintenus au secret, leurs caméras et leurs prises de vues potentiellement accusatrices saisies, la version israélienne du raid a dominé les titres internationaux.

    Au centre de la stratégie médiatique d’Israël, il y eu la diffusion rapide de clips audio et vidéo sélectionnés qui, d’après le gouvernement, validaient son affirmation que les passagers avaient violemment essayé de tuer les troupes sans provocation - forçant ainsi les soldats à utiliser des balles réelles en autodéfense. Cependant, les clips distribués très largement au début portaient des signes de fortes altérations, y compris le masquage ou l’élimination de marques chronométriques.

    Quoique les clips montrent apparemment des passagers à bord du Mavi Marmara frappant des soldats israéliens avec des bâtons et d’autres objets, le contexte des images n’était absolument pas clair. Il était impossible de déterminer à quel moment les clips avaient été filmés au cours de l’assaut, ce qui soulevait des questions sur quelle partie exactement avait agi en autodéfense.

    Jamal Elshayyal d’Al-Jazeera, parmi d’autres, a corroboré les récits d’autres passagers de la flottille, y compris de la membre de la Knesset israélienne Hanin Zoabi, disant que les commandos israéliens auraient commencé à tirer avant de descendre en rappel sur le pont du navire ("MK Zoabi : Israel wanted highest number of fatalities" YNet, 1 Juin 2010 ; "Kidnapped by Israel, forsaken by Britain" Al-Jazeera, 6 Juin 2010).

    Ces clips furent rapidement complétés par du filmage mis sur YouTube, elles aussi fortement retravaillées, dont Israël a dit qu’elles avaient été prises par les caméras de sécurité du navire et par des journalistes dont l’équipement avait été saisi ("Flotilla Rioters Prepare Rods, Slingshots, Broken Bottles and Metal Objects to Attack IDF Soldiers" 2 Juin 2010). Le service de presse de l’armée israélienne a aussi distribué de nombreuses images fixes soi-disant documentant le combat sur le pont.

    Après que les bateaux affrétés de la flottille furent emmenés au port israélien d’Ashdod et déchargés, le 1er juin, le ministère israélien des Affaires étrangères (MAF) commença à distribuer via le site Flickr des photographies d’objets trouvés d’après lui à bord. Le matériel que le MAF classifiait comme « armes » - soutenant soi-disant son affirmation que les militants avaient planifié un « lynchage » des troupes israéliennes - étaient publiquement identifiables comme de l’équipement nautique standard et des ustensiles de cuisine ("Weapons found on Mavi Marmara").

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    (cliquer pour agrandir)

    D’autre part, les bateaux furent inspectés de multiples fois avant leur départ pour Gaza, à la fois par les douanes turques et par une compagnie de sécurité indépendante, et à chaque fois avait été trouvés ne contenir aucune arme, d’après un communiqué de presse du mouvement Free Gaza ("Did Israel deliberately murder civilians aboard Freedom Flotilla ?" 3 Juin 2010). Les participants dirent aussi que tous les passagers ont été soumis à un contrôle de sécurité approfondi avant de monter à bord, quel que soit le lieu d’embarquement.

    Ces photographies d’« armes » devinrent le premier point de fixation de l’effort pour analyser et exposer les incohérences des affirmations israéliennes. Peu après la publication des images apparues sur la page officielle du MAF le 1er juin, des commentateurs commencèrent à attirer l’attention sur le fait que plusieurs images comportaient de l’information numérisée indiquant qu’elles avaient été prises plusieurs années auparavant. Le MAF y répondit en modifiant les dates, et par une déclaration disant qu’une de ses caméras avait été mal calibrée.

    Si cette déclaration ne peut être ni confirmée ni réfutée, la gaffe exposa le fait que la hâte d’Israël à promouvoir sa version des événements dans les médias produisait des erreurs et des négligences significatives. Alors que les passagers survivants de la flottille commençaient à être relâchés et expulsés après leur détention en Israël, leur récit des événements à bord des bateaux - et sur le Mavi Marmara en particulier - divergeait clairement du discours israélien officiel.

    Les journalistes à bord du navire, dont certains avaient été capables de diffuser par satellite pendant un certain temps durant l’assaut, ont dit aux intervieweurs qu’ils avaient été spécifiquement ciblés par les troupes israéliennes dans l’attaque. « Nous avions des caméras autour du cou et nos cartes de presse en main, mais les soldats ne cessaient de diriger les lasers de leurs fusils sur nos yeux pour nous intimider », a dit le journaliste turc Yuecel Velioglu de l’agence de presse AA à Reporters Sans Frontières ("As Turkish photographer is buried, other journalists aboard flotilla speak out" 9 Juin 2010) [Voir les photos de Marcello Faraggi ci-dessus et ci-contre].

    De plus, une grande part des filmages (très retravaillés) diffusés par Israël furent volées aux journalistes à bord du bateau après la confiscation de leur équipement. Cette action a été fortement dénoncée par l’Association de la presse étrangère d’Israël (FPA) qui déclarait le 4 juin : « l’utilisation de ce matériel sans permission des agences de médias concernées est une violation claire et inacceptable de l’éthique journalistique ».

    Décidés à ne pas permettre au gouvernement israélien de continuer à dominer le discours public sur l’attaque de la flottille avec sa version discutable des événements, des journalistes indépendants autour du monde ont analysé et identifié les incohérences du discours israélien. Ce travail a joué un rôle central pour produire un tableau des événements plus complet et juste, disponible pour un public anglophone : la grande majorité des médias privés anglophones, à l’exception notable d’Al-Jazeera anglais, reproduisaient simplement les déclarations israéliennes et n’entreprirent pas ou très peu le travail de vérification pour s’assurer de leur validité.

    Images et l’élimination du contexte

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    Une autre photo diffusée par les bureaux du porte-parole de l’armée israélienne a suscité encore plus de controverses quand elle a commencé à apparaître dans des articles de nouvelles sur l’incident. L’image, montrant un homme barbu anonyme qui tenait un couteau courbe, fut généralement présentée avec une légende, elle aussi originaire de l’armée israélienne, déclarant que le porteur de couteau était un militant à bord du Mavi Marmara photographié après que les troupes israéliennes aient assailli le navire.

    Ali Abunimah, cofondateur de The Electronic Intifada, remarqua immédiatement des incohérences claires dans le contexte de la photo, jetant un doute sur sa véracité. Abunimah fit remarquer sur son blog que derrière l’homme, on pouvait voir la lumière naturelle diffusée au travers d’une fenêtre - malgré le fait que le raid a été mené avant l’aube. De plus, l’homme était entouré par des photographes qui paraissaient d’un calme inattendu pour des voisins au milieu d’un combat ("Israeli propaganda photo in Haaretz of man with knife make no sense #FreedomFlotilla" 31 Mai 2010). Finalement, quelques jours après la première apparition de l’image, elle fut réutilisée dans un montage vidéo publié sur YouTube sous le nouveau nom "gazaflotilliatruth", mais cette fois-ci moins recadrée dans la nouvelle version de l’image, l’homme barbu peut être vu assis, pas debout - encore une fois une position physique inhabituelle au cours d’une mêlée ("Gaza Flotillia - The Love Boat" 2 Juin 2010).

    Le journaliste d’enquête Max Blumenthal rapporte que la légende utilisée par l’armée israélienne - utilisée à répétition par des médias tels que le quotidien israélien Haaretz - indique que le barbu tenait le couteau après que les commandos soient montés à bord ("Nailed Again : IDF Description of Suspicious Photo It Distributed Is Retracted" 8 Juin 2010).

    Après sa question au bureau du porte-parole de l’armée israélienne, Haaretz « effaça sa légende de la photo suspecte ». Blumenthal ajoute que Haaretz « ne mentionna pas la rétraction, considérant probablement que personne ne remarquerait. La rétraction soulève des questions inquiétantes sur le niveau de coordination entre l’IDF [armée israélienne] et les médias israéliens ». Elle ne mentionna pas non plus que l’homme barbu était le ministre yéménite du Parlement Mohammad al-Hazmi, qui montrait sa dague de cérémonie - une part essentielle du costume yéménite traditionnel - à des « journalistes curieux et étrangers sur le bateau », comme le souligne Blumenthal, évidemment bien avant l’attaque.

    Nouvelles accusations instantanément démenties

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    Les témoignages des passagers survivants commençant à recevoir une meilleure attention de la part de la grande presse occidentale, Israël répondit par une série d’accusations de plus en plus terribles pour les discréditer. La nature grave de ces accusations fait qu’il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement israélien aurait attendu si longtemps pour les porter. Quand les journalistes commencèrent à évaluer les nouvelles déclarations, ils trouvèrent que les faits venant à leur appui étaient insignifiants, voire inexistants.

    Une de ces accusations, publiée dans un communique de presse du MAF du 2 juin, fut que 40 passagers du Mavi Marmara avait été identifiés comme des mercenaires employés par Al-Qaeda ("Attackers of the IDF soldiers found to be Al Qaeda mercenaries," 2 Juin 2010 [pas de lien]). Plus tard le même jour, le porte-parole du département d’État US, Philip Crowley, déclara que ses services ne pouvaient pas valider l’histoire israélienne, et des journalistes indépendants sur le terrain à Tel-Aviv partirent vite enquêter par eux-mêmes.

    Blumenthal et sa collègue Lia Tarachansky se firent dire brutalement par le service de presse de l’armée que les militaires n’avaient « aucune donnée » soutenant l’affirmation du MAF. Le matin du 3 juin, toutes les références à Al-Qaeda avaient été retirées de la version en ligne du communiqué de presse ("Under Scrutiny IDF Retracts Claims About Flotillas - Al Qaeda Links" [pas de lien]).

    Plus significatif, le 4 juin, Israël communiquait un clip sur YouTube qui selon lui était un extrait de communication radio entre l’armée israélienne et le Mavi Marmara. Le clip comprenait une voix disant aux Israéliens de « retourner à Auschwitz », et une autre voix déclarant « nous aidons les Arabes à aller contre les USA », en réponse aux annonces israéliennes que le bateau « s’approchait d’une zone sous blocus naval » ("Flotilla Ship to Israeli Navy : "We’re Helping Arabs Go Against the US, Don’t Forget 9/11 Guys" 4 Juin 2010). Cette dernière voix était faite avec un accent ressemblant à celui du sud des USA, malgré le fait que personne de cette région n’était présent à bord des bateaux. De nombreux blogueurs commentèrent que les accents avaient l’air d’avoir été limités, et tournèrent en ridicule la qualité de la falsification apparente.

    Une des organisatrices de la flottille, la citoyenne étasunienne Huwaida Arraf, fut stupéfaite de trouver que le clip incluait aussi sa propre voix - alors qu’elle était sur un autre bateau que le Mavi Marmara. La journaliste et bloggeuse de Tel-Aviv, Mya Guarnieri, remarqua qu’Arraf a dit à l’agence Maan News de Bethléem que le clip de sa voix, disant « nous avons la permission d’entrer de la capitainerie du port de Gaza », semblait avoir été extrait d’une communication au cours d’un voyage de flottille précédent (il y a eu neuf voyages depuis 2008) ("Israel under fire for doctoring flotilla recordings" 5 Juin 2010). « Quand ils nous sont appelés par radio [dans ce voyage], nous étions à plus de 100 miles », fait remarquer Arraf.

    Blumenthal attira l’attention sur la mystérieuse présence d’Arraf et sur d’autres incohérences du clip dans un article publié le 4 juin. Le lendemain, le MAF fit une déclaration admettant que le clip avait été substantiellement édité ("Clarification/Correction Regarding Audio Transmission Between Israeli Navy and Flotilla on 31 May 2010" 5 Juin 2010). Toutefois, le clip, incluant les paroles sur « Auschwitz » reste sur le site Web du MAF dans une version nouvelle « non éditée » de la soi-disant transmission.

    Un travail de limier high-tech révèle un réseau de tromperie

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    Peut-être le plus préjudiciable pour la crédibilité des récits israéliens fut une carte publiée par Ali Abunimah sur son bloc, générée en utilisant les données archivées des transmissions du système d’identification automatique (AIS) pour suivre la position du Mavi Marmara alors qu’il naviguait le matin du raid ("Did Israel press on with bloody attack on Mavi Marmara even as ship fled at full-speed ?" 7 Juin 2010). À l’aide de la carte, Abunimah fut capable de déterminer la localisation et la destination du bateau avec les émissions mettant son statut à jour. La carte a aussi positionné le Mavi Marmara aux moments exacts où les images des caméras de surveillance du navire - qu’Israël a publié sans effacer les marques chronométriques - furent apparemment enregistrées.

    D’après les données AIS, le Mavi Marmara s’est dirigé vers le sud, parallèlement à la côte israélienne et à plus de 80 milles de la côte - jusqu’à approximativement 4h 35, heure locale. À ce moment-là, le bateau vire brusquement vers l’ouest, s’éloignant de la côte de Gaza.

    L’attaque, dont les passagers survivants disent qu’elle a commencé juste avant quatre heures, a été communiquée aux militants grecs en communication directe avec le navire à un certain moment avant 4 h 51. Cependant la marque chronométrique vue dans le filmage communiqué de la caméra de sécurité, décrit en légende comme étant le moment où « les émeutiers commencent leur confrontation avec les soldats israéliens », indique que le clip a été filmé à 5h 03. Ceci est renforcé par le fait que la mer est apparemment éclairée par la lumière naturelle, ce qui n’aurait pas été possible une heure plus tôt.

    Cette preuve contredit directement les déclarations israéliennes concernant la séquence et le timing des événements, et jette un doute sur son narratif global. Tandis que la grande majorité des films du raid ont été saisis par Israël, ainsi que les Voyage Data Recorders (VDRs, l’équivalent maritime des « boîtes noires » des avions), les militants ont archivé assidûment toutes les données disponibles pour empêcher Israël de les altérer ou de les détruire. Au fur et à mesure de la disponibilité de données supplémentaires chrono datées, elles seront incorporées par les militants et inclues par des logiciels de cartographie pour aider non seulement à révéler ce qui s’est produit sur le Mavi Marmara, mais pour garantir une meilleure application de la responsabilité d’Israël quand il aura à répondre de flottilles futures.

    Une quantité significative de données apparaît déjà. Plusieurs survivants ont réussi à cacher des cartes mémoires de leurs geôliers israéliens, dont ils sont rendus les contenus disponibles aux journalistes à leur retour chez eux. Certaines photos, publié par le journal turc HaberTurk, montrent des passagers administrant une aide médicale aux soldats israéliens blessés et même les protégeant des prises de photos - ce qui semble contredire les allégations israéliennes disant que les passagers étaient résolus à un lynchage prémédité des commandos israéliens ("İsrail’den kaçırılan fotoğraflar" 4 Juin 2010).

    Des clips vidéos de survivants de la flottille récemment publiés montrent les soldats israéliens frappant du pied et du poing et tirant sur des passagers, dont un film qui d’après l’agence turque Cihan News montre le meurtre à bout portant de Furkan Dogan, un citoyen étasunien de 19 ans, par une arme automatique ("Israeli Soldiers Murdering Man Identified as Furkan Dogan" 10 Juin 2010). Une autopsie a montré que Dogan a reçu cinq tirs, dont un dans le dos et deux dans la tête presque à bout portant. D’autres vidéos montrent des hélicoptères tournant au-dessus de la flottille, apparemment avec des flammes de bouche et des sons de tirs, en accord avec les assertions des survivants disant que les commandos tiraient déjà avant de monter à bord des navires, stimulant ainsi la résistance limitée dont les passagers terrifiés ont fait preuve.

    Enquête internationale et interne

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    Le gouvernement israélien continue de rejeter l’idée d’une enquête internationale, en faveur de la sienne propre. Le 5 juin, le secrétaire général des Nations unies a proposé une commission internationale pour examiner la mort des neuf passagers de la flottille, mais l’ambassadeur d’Israël aux USA, Michael Oren, a annoncé à Fox Niouzes le lendemain qu’Israël refuserait « d’être enquêté par aucune commission internationale » ("Transcript : Amb. Michael Oren on ’FNS’," 7 Juin 2010 - [pas de lien]).

    Ceux qui demandent une enquête internationale ont de bonnes raisons de douter de la capacité d’Israël d’enquêter lui-même. D’après Human Rights Watch (HRW), citant des statistiques de l’organisation israélienne des droits humains Yesh Din, entre 2000 et 2008, « les soldats israéliens ont tué plus de 2 000 civils palestiniens non impliqués dans des combats dans les territoires palestiniens occupés. Sur 1 246 enquêtes criminelles débutées dans la même période pour des offenses suspectées de toute nature par des soldats contre des civils palestiniens, seules 6 % (78 cas) ont conduit à des poursuites. Seules 13 de ses poursuites accusaient les soldats d’avoir tué des civils. En septembre 2008, cinq soldats ont été inculpés pour la mort de quatre civils » ("Why No Justice in Gaza ? Israel Is Different, and so ..." 1 Octobre 2009).

    HRW à trouvé un schéma similaire sur les cas découlant de l’attaque infâme de trois semaines d’Israël sur Gaza, commençant le 27 décembre 2008. L’invasion, qui causa la mort de plus de 1 400 palestiniens, n’a conduit qu’à une seule inculpation criminelle - pour le vol d’une carte de crédit appartenant à une famille palestinienne après que les soldats aient pillé leur logement.

    Concernant l’attaque de la flottille, certaines sources du gouvernement israélien ont indiqué qu’elles permettraient à un « observateur » ou plus d’être inclus dans son enquête interne. Les gouvernements autour du monde ont insisté que ceci n’est pas une alternative acceptable à une véritable enquête internationale. Cependant, même un groupe complètement impartial chargé d’enquêter sur le raid analyserait les « preuves » (tels que les filmages saisis et les VDRs) qui ont été sous le contrôle complet de l’armée israélienne depuis l’assaut.

    Responsabilités et journalistes indépendants

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    Avec peu d’espoir d’une enquête formelle ayant une certaine crédibilité, les journalistes indépendants autour du monde ont reconnu le besoin de monter la leur. Le travail de journalistes indépendants parvient à un niveau croissant d’influence sur les grands médias. Et l’histoire des meurtres du Mavi Marmara, malgré le manque de volonté de beaucoup de reporters professionnels de contester publiquement la version israélienne des événements, ne fait pas exception.

    « C’est une question où, dans l’incident de la flottille, les circonstances morales et légales des violations israéliennes ont été si flagrantes et visibles que des médias indépendants ont eu une occasion plus importante d’être entendus », dit Richard Falk, expert en loi internationale et Rapporteur spécial de l’ONU sur les Droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Si l’ONU ou un autre organisme impartial montait une enquête internationale, elle « bénéficierait grandement des initiatives actives [de médias indépendants] pour renforcer ce qu’entreprendrait l’enquête », a commenté Falk pour cet article.

    Des journalistes indépendants ont déjà réussi à briser le mur du discours israélien dans les médias privés. Pendant presque une heure le matin du 5 juin, la plupart des comptes-rendus des grands médias sur la situation du quatrième bateau retardé de la flottille qui avait inclus le Mavi Marmara se sont basés presque exclusivement sur les informations recueillies depuis des messages partagés entre militants et journalistes indépendants via Twitter. Le travail d’Abunimah et de Blumenthal pour discréditer une bonne part du discours israélien a été cité in extenso dans un article du blogueur Robert Mackey du New York Times ("Photographs of Battered Israeli Commandos Show New Side of Raid" 7 Juin 2010).

    Le 10 juin, une conférence de presse de l’ONU a été consacrée à la présentation du filmage non censuré de l’assaut recueilli par la réalisatrice Iara Lee, qui promet de faire les grands titres avec d’innombrables images contredisant la version israélienne des événements.

    Paul Larudee, un militant de la région de San Francisco qui a participé à la flottille et a souffert d’un tabassage sévère le forçant à être hospitalisé, croit que le succès des journalistes indépendants dans la mise en évidence du discours incohérent d’Israël a eu un effet pour transformer la conscience populaire.

    « Il se passe quelque chose ici. Les perceptions commencent à changer », dit Larudee. « Les gens comprennent - ils comprennent qu’un convoi d’aide humanitaire a été attaqué, que les passagers se défendaient, malgré le travail de distorsion qu’Israël a créé dans les médias. Israël ne pourra plus soutenir ça très longtemps. Ça commence à s’effondrer complètement ».


    Abraham Greenhouse est le fondateur du Palestine Freedom Project (palestinefreedom.org), qui se spécialise dans l’étude et la fourniture de soutien pour le travail des militants de base solidaires avec la Palestine dans le monde.

    Nora Barrows-Friedman est une journaliste indépendante primée, qui écrit pour The Electronic Intifada, Inter Press Service, Truthout et d’autres médias. Elle rapporte régulièrement de Palestine, où elle anime aussi des ateliers multimédias pour les jeunes dans le camp de réfugiés de Dheisheh en Cisjordanie occupée.

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    Parmi les récents articles après l’agression israélienne contre le Mavi Marmara :

    -  Kidnappé par les Israéliens et abandonné par la Grande-Bretagne - Jamal Elshayyal
    -  Une erreur de communication ou une nécessité stratégique ? - Eve Spangler
    -  C’est drôle, ils se souviennent de leurs épithètes mais pas des bonnes manières - Mike Carlton
    -  Ce qui guide la politique d’Israël - Ilan Pappe
    -  Commission d’enquête : L’empire du ridicule - K. Selim
    -  CHOC : Le film de l’attaque de la Flottille qui a échappé à la censure israélienne - Iara Lee
    -  Le coup de griffe en suspens - Fidel Castro
    -  Pressions sur Israël pour lever le blocus de Gaza - Donald Macintyre
    -  Un journaliste italien : ma carte de crédit a été utilisée après m’avoir été confisquée par l’armée israélienne - Dimi Reider
    -  Offusqués par Helen Thomas - Alison Weir
    -  L’enfermement mortel de la psyché israélienne - Ilan Pappe
    -  Le constat s’impose : l’actuelle entité sioniste doit disparaître - Daniel Vanhove
    -  Israël : l’État hors-la-loi - Patrick Seale
    -  Chasse aux sorcières contre une députée arabe israélienne - Pétition - Jonathan Cook
    -  Un Etat qui se considère ayant droit à l’impunité - Gonzalo Boyé
    -  La vraie raison de l’attaque sur la flottille de Gaza : saboter la paix - Rannie Amiri
    -  Et maintenant ? La Flottille de la Liberté et le combat pour briser le siège de Gaza
    -  Rafeef Ziadah
    -  Un nouvel échec de la propagande israélienne : des photos montrent des passagers du Mavi Marmara venant en aide à des soldats israéliens
    -  Ali Abunimah - Omar Barghouti
    -  L’attaque de la flottille et les vues de la Turquie sur la Palestine - Murat Dagli
    -  Flottille pour Gaza : des militants assassinés froidement et à bout portant... - The Guardian
    -  Nos hommes politiques sont trop mous, trop lâches ... - Robert Fisk


     
     

    15 juin 2010 - The Electronic Intifada - traductgion : JPB

     

     


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  • La politique en France : Fermer les yeux du peuple et obtenir le contrôle des cerveaux pour contenir les masses.

    Samuel METAIRIE

    « Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de "clergé laïque", de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques [...], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne le pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher [...], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle - être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. »

    Cette phrase de Noam Chomsky, celui que l’on appelle le plus grand intellectuel de tous les temps avant de le taxer à tort d’anarcho-marxiste antisémite résume parfaitement le rôle et l’influence des intellectuels médiatiquement tolérés dans le processus d’orientation ciblée des opinions : reproduire l’ordre établi, lui offrir une légitimation, et déterminer ce qui est politiquement correct de ce qui ne l’est pas. Faire perdurer dans les esprits l’idée qu’il n’y a pas d’autres organisations possible de la société que la fausse démocratie, et que l’Occident reste LE modèle de base de civilisation à sauver coute que coute.

    Le pouvoir politique n’est pas à conquérir, il est à détruire.

    Depuis bon nombre de siècles en France, du moins depuis qu’il existe un État unifié cloisonné par des frontières inviolables, que le gouvernement des sujets subalternes soit d’essence politique ou économique, un groupe d’individus portés au pouvoir œuvre toujours dans la même finalité : conquérir le pouvoir et le conserver à tout prix. Tout faire pour ne pas que le trône vacille. D’ailleurs, que l’on soit en monarchie absolue ou parlementaire, en oligarchie capitaliste, en démocratie ploutocratique (gouvernée par l’argent, les marchés financiers) ou en régime impérial, les gouvernants et la bourgeoisie cultivent toujours la même crainte que la masse se soulève en insurrection populaire. D’où l’aspect autoritaire et l’intransigeance des politiques publiques, dont les actions confinent la liberté et l’égalité du peuple dans des cercles sans cesse plus restreints pour empêcher que toute lutte sociale ne parvienne à ses fins. Car partout où il s’exerce, dans toutes ses sphères d’influence, le pouvoir ne travaille pas pour prendre soin de la population, mais pour faire en sorte que celle-ci soit maintenue à un niveau de subsistances et de croyances collectives suffisamment stables pour ne pas générer de révoltes contre la classe dominante, possédante, minoritaire et gouvernante.

    Au cœur même du concept de pouvoir, il y a la capacité d’un individu à obtenir d’un autre ce qu’il n’aurait pas fait instinctivement sans l’intervention du premier. Ainsi, s’introduit des relations dominant/dominé, des sphères d’influence et de soumission à l’autorité, des rapports de force exécutoires et de forces exécutives. La philosophie de Michel Foucault démontrait que ce pouvoir n’est pas l’apanage du politique, mais que les interactions sociales entre les individus font constamment l’objet de relations de commandement/obéissance, chaque organisation ayant du pouvoir sur des individus à un moment donné, dès que s’installe un échange. De la même manière que le parent a du pouvoir sur son enfant, le conseil d’administration d’une entreprise peut dicter au PDG de nouveaux objectifs de rentabilité, sous la menace d’une éviction. De même, l’administration fiscale a le pouvoir de faire payer des impôts.

    Le pouvoir politique, quant à lui, n’est pas directement perceptible vu qu’il est loin de l’individu en tant que tel. C’est ce qui fait sa durée de vie. Plus il est distancé de la société civile, plus celle-ci va consentir à l’action des pouvoirs publics, même l’action publique la plus indigeste qui soit : si A impose directement à B de verser des millions d’euros à C, il y a peu de chance pour que la transaction soit effectuée, car B se sentira volé. Si en revanche, l’État (A) impose à sa population active (B) de s’adapter à la casse du système de retraites, au déchirement de la couverture sociale en général, au démantèlement des services publics et à l’introduction d’une vague néolibérale sans précédent dans l’économie française, pour que les marchés financiers (C) puissent à loisir faire tapis sur l’Europe au poker et aspirer le capital du secteur public vers les comptes privés, alors là, la majorité de la population pourtant profondément blousée, va quand-même devoir continuer de vendre sa force de travail sur un marché complètement dépourvu d’avenir. Les relations de pouvoir qui s’exercent des gouvernants politiques et économiques envers les acteurs sociaux, la population, génère ensuite de la manipulation, et celle-ci peut radicalement changer le comportement politique des gens, ce grâce aux médias dominants et leur mécanisme de propagande.

    Se pencher sur le pouvoir politique et s’en méfier, c’est aussi s’éloigner des partis politiques, de l’enfermement idéologique que l’affiliation partisane incombe, et refuser CE système de vote partisan. Dans un pays comme le notre, lorsqu’un parti politique prend forme en vue d’une échéance électorale, tous les moyens mis en œuvre pour remporter la bataille idéologique sont envisageables. Corruption, clientélisme, communication de masse, mensonges, promesses insoutenables, séduction populiste, sourire bloqué en forme d’enthousiasme à dose pharmaceutique pour l’image des caméras, bonne humeur affichée aux micros des soldats de la propagande journalistique, diffamation et dénonciation déguisées en forme de programmes politiques différents. Bref, tout y est au carnaval de l’hypocrisie, mais pas un seul n’est sincère.

    Me direz-vous, peut-être existe-t-il encore en France un homme politique qui serait respectable, dont le programme idéologique humaniste, socialiste, serait porteur d’espoir pour bon nombre de citoyens, et qui mériterait d’être élu pour rebâtir un vrai socialisme, et rendre plus positive l’image internationale de notre pays que celle imposée par l’actuel présidictateur faisant office de vacataire de l’Élysée... Mais il serait forcé d’utiliser des règles du jeu viciées des urnes, là où le vainqueur de l’élection est celui qui a injecté le plus d’argent dans la campagne, et cet homme respectable ne sera jamais élu président de la république. Dans tous les cas, toute promesse faite à des électeurs n’est qu’électoraliste, opportuniste. Se reposer sur des chefs de partis politiques proférant leur stratégie électorale, et leur attribuer un suffrage, c’est croire qu’il existe en politique des philanthropes dont le rôle est d’améliorer nos vies, alors qu’ils ont écrasé tant de têtes avant de pouvoir gravir les échelons et se faire élire à la tête des partis.

    Il est d’usage de croire que le Président de la République française et son gouvernement sont ceux qui dirigent le pays. Comme s’ils étaient ceux qui ordonnaient aux esclaves (la population) de ramer pour faire avancer la galère. Mais trop occuper à ramer, les soixante-cinq millions d’hommes de main ne voient pas vers quoi le navire de guerre se dirige…

    Certes, l’organe exécutif possède des pouvoirs, inutile ici de les énumérer longuement, au niveau de l’armée, de la sécurité, des entreprises publiques, il a l’initiative des lois etc. Et nous voyons depuis l’été 2007 à quel point la volonté d’un prince président plus que douteux peut être néfaste et saigner à blanc de manière irréversible les acquis sociaux d’un peuple tout entier en faisant table rase des luttes sociales du passé… Néanmoins, lorsque le mandat présidentiel touche (enfin) à sa fin, et qu’une bataille électorale se joue dans l’arène, il est important de faire croire que c’est le citoyen qui choisit et que le pouvoir change de main. Le vainqueur d’une élection de ce type est celui qui a injecté le plus d’argent dans sa campagne, c’est aussi celui ou celle dont l’action politique accordera le plus de crédit aux agents du grand Capital, aux entreprises privées, aux lobbies, aux banquiers et qui fera le jeu des marchés financiers.

    Comment imaginer, dans une économie globalisée qui se prostitue en permanence aux ordres des requins de la finance internationale, qu’un homme politique mène en France une politique sociale égalitaire de premier plan ? L’État et sa gouvernance se vendent sur un gigantesque marché où il faut être compétitif, quitte à vendre tous ses brevets aux pays "émergeants" comme la Chine ou l’Inde, quitte à vendre ses entreprises publiques aux copains pour en devenir actionnaires. Voila pourquoi nous n’avons qu’un choix restreint entre deux, trois partis de masse tout au plus, dits "partis attrape-tout", où au final, les candidats s’accordent sur le fond : avoir le pouvoir, et satisfaire les objectifs de l’économie de marché. A l’issue de la courte équation à une seule inconnue, nous voila donc avec une mascarade démocratique dite représentative à parti unique, où l’issue du scrutin bénéficie à l’UMPS, pour un gouvernement moribond n’écoutant pas le peuple, tant l’écart est grand entre ce qui a été dit pendant la phase de séduction électorale et ce qui est fait concrètement...pour les méchants loups banquiers et actionnaires du Capital. (La cassure-réforme des retraites, la mobilisation et protestation sociale qu’elle engendre ainsi que le mutisme du pouvoir que cela suscite est très révélateur d’une spirale infernale implacable et soumise à la dictature des marchés financiers.)

    De ce point de vue, le pouvoir politique est donc quelque chose qui dépossède l’humain de sa propre liberté d’action, dont il faut chercher à se méfier le plus possible si l’on ne veut pas subir l’action du groupe sur nous-mêmes. Le pouvoir politique n’est pas à conquérir, il est à détruire, pour que tous ceux qui composent la société civile, [salariés du privé, fonctionnaires, étudiants, chômeurs, retraités, artisans et travailleurs indépendants, agriculteurs, etc.] fassent eux-mêmes partie du gouvernement, s’affranchissent de toute autorité les gouvernant. Et que celui-ci ne soit pas une fonction de métier, mais une activité réservée à qui s’intéresse à la gestion des affaires publiques dans le respect de tous, pour le bien commun de tous. Évidemment, ce projet social serait jugé bien trop utopique pour être réalisé, il ne peut exister que dans la philosophie politique du socialisme libertaire. La société mercantile et l’ère marchande ont trop vite fait oublier à l’être humain qu’il pouvait commercer avec autrui tout en respectant la valeur du travail produit par chacun, selon ses besoins et ses capacités. D’où la nécessité de conserver le socle étatique et sa base juridique, c’est un mal nécessaire.

    En effet, dans ce monde globalisé dirigé par les petits clubs privés de l’élite banquière et politique, qui correspond de moins en moins aux attentes et espoirs des individus, l’État est devenu plus que jamais nécessaire. Ne serait-ce qu’en guise de rempart, pour se protéger des attaques perpétrées par la mondialisation libérale (comme l’explique N. Chomsky encore, avec sa théorie de l’État/cage qui protège de la loi de la jungle des multinationales privées), si celui-ci jouait son rôle social, pour garantir les services publics et la redistribution réelle de la richesse produite au niveau local de façon équitable.

    Le pouvoir politique n’a donc que pour objectifs ceux de : contenir les révoltes du peuple, ne lui accorder qu’une expression de protestation sociale sporadique occasionnelle en manifestant docilement dans des rues cerclées de CRS, accorder une pleine liberté d’expression tant qu’elle reste dans le cadre de la loi, (si une loi interdit les actes de dissidence, nous avons la pleine liberté d’expression pour publier les éloges envers le pouvoir, rappelons nous les dictatures européennes des années 1930…). Donner au populo l’impression d’être libre là où, chaînes aux pieds, il est contrôlé, filmé, intoxiqué, surveillé, fliqué, fiché, mais "libre" (d’appliquer la loi…). Enfin, prévenir des infractions pénales et civiles, garantir une espèce de semblant d’État de Droit, une justice à deux ou trois vitesses là où les dominés sont toujours moins bien protégés que les puissants qui eux, peuvent se permettre quelques petits tours de passe-passe, de pots de vin et de transactions douteuses de temps en temps. Vivement pour eux que la suppression du juge d’instruction soit effective.

    Enfin, pour couronner le tout, endoctriner les masses, et placer dans les cerveaux, dès l’école et l’enfance, d’innombrables faits historiques vidés de leur réelle cause qui encensent le cours de nos pensées futures comme par exemple le mythe que la défaite de 1940 était inévitable (pour le pouvoir économique, l’occupation et le fascisme étaient plus rentables que la résistance), ou l’idée que la révolution de 1789 avait aboli la monarchie, que la propagande est toujours le fait des dictatures nazies, soviétiques ou cubaines…

    Pour ce faire, les détenteurs du pouvoir politique et économique, tous deux intimement liés, doivent faire en sorte que les dominés expriment en permanence leur consentement et leur conformisme à l’ordre dominant. Pour maîtriser l’ensemble du corps social, tout ou partie repose sur les dogmes reconnus et tenus pour légitimes par tous au moyen de mécanismes d’autocontrainte et d’auto-soumission à l’autorité. L’avantage dont bénéficient les pourfendeurs politiques du capital est que l’institution transcende la vie humaine : son espérance de vie peut être supérieure à celle de l’Homme. L’humain n’étant que de passage sur cette Terre, chaque nouveau né doit adopter les codes qui existaient avant lui s’il veut être intégré à son époque, à sa société. L’enfant scolarisé socialisé suit une formation d’adaptation au monde dans lequel il pourra évoluer sainement et accumuler du lien social, s’il a la chance d’avoir été sélectionné. Pour cela, il doit apprendre à être dynamique, compétitif comme si sa vie était une entreprise. Il doit gagner sa vie au détriment de son temps libre, et ce n’est qu’après avoir grimpé les marches de la hiérarchie sociale, écrasant sans le voir bon nombre de ses confrères, que l’esclave moderne sera gratifié pour le mérite qu’il a eu toutes ces années durant.

    En échange de la course au mérite que nous propose la démocratie libérale, le chantage institutionnel dominant permet aux conseils d’administration de placer leurs dirigeants ou de se décharger de leurs fonctions en laissant à penser que quiconque refuse de faire fructifier ce désordre global s’est naturellement mis à l’écart de sa communauté. Car pour obtenir de tous la soumission au pouvoir, la croyance aux dogmes divers et variés dont nous parlerons plus bas, que ce soit par l’argent ou la coercition du droit, il est nécessaire que les cerveaux aient été préalablement adaptés dès l’enfance, à l’école. Cet art de l’empire capitaliste et son ingéniosité à se renforcer, malgré la prise de conscience mondiale qui tente de percer dans l’ombre, passe par l’éducation scolaire, la reproduction des élites, la falsification de l’Histoire, et la propagande médiatique.

    Transformer les cerveaux en éponges gorgées de normes, de dogmes idéologiques, et d’imaginaires collectifs.

    L’État français s’est constitué lentement au fil du temps, et correspond à un long héritage social, philosophique, économique et politique reçu de nos ancêtres. Toutes nos institutions publiques ou privées n’ont pas été érigées au hasard, et ce, encore moins du jour au lendemain. Elles sont le résultat d’une mise en pratique des écrits d’intellectuels que les puissants ont choisi d’écouter, de doctrines émanant d’écrivains servant de garde-fous idéologiques du pouvoir, de luttes sociales ayant contraint les gouvernants à plier sous la fermeté des grèves et des mouvements sociaux.

    Ce ne sont pas les gens du peuple qui ont mis en place les instances gouvernementales. L’actionnariat et la finance ont été installés par les banquiers il y deux siècles car ils avaient compris que posséder des parts dans les entreprises privées leur apporterait moult bénéfices sans avoir à faire partie du processus de production.

    Les institutions démocratiques de ce pays ont été bâties par des professionnels de la politique issus de la classe dominante, notables bourgeois et aristocrates. Par exemple, la constitution de la Troisième République fut rédigée par les monarchistes après la défaite face aux prussiens, avant de perdre les élections face aux républicains. Cela montre qu’en France, l’objectif initial n’était pas d’instaurer un régime démocratique en confiant l’initiative des lois au peuple, mais à l’aristocratie, à l’image des théories de Montesquieu, Rousseau, et des Pères fondateurs de la constitution américaine.

    De l’Empire Carolingien qui commence en 800, avec le sacre de Charlemagne, et marque le début de la consolidation des frontières du royaume de France, à la cinquième république de 1958, le droit de parole a toujours été confié aux intellectuels dominants, qui certes étaient dissidents à leur époque, mais étaient tolérés par le pouvoir. Saint Thomas d’Aquin (1224-1274) prônait une monarchie élective et une séparation des pouvoirs pour réguler l’action du prince, faisant renaître les idées d’Aristote en France. Cet intellectuel et théologien du XIIIème siècle ne faisait que servir le Clergé et le pouvoir royal. Thomas More (1478-1535), qui développa l’un des premiers ouvrages communistes de la pensée politique moderne, avec « Utopia » considérait que l’égalité devait prédominer sur la société d’ordre et de classes. Nommé à la couronne anglaise, il n’a été exécuté que parce qu’il s’est opposé à reconnaître la seconde épouse du roi Henri VIII comme reine d’Angleterre, se ralliant au Vatican plutôt qu’à l’Église anglicane nouvellement créée.

    Ces hommes reproduisaient les croyances collectives religieuses gouvernées par le Clergé depuis des siècles, il fallait croire à l’imaginaire collectif divin pour avoir le droit de parole, et en diffuser les préceptes. Si l’on se penche sur les théories développées pendant Le siècle des Lumières, Hobbes, Montesquieu, Locke, Rousseau, Voltaire, Constant, il est souvent lu dans les manuels scolaires qu’ils ont préparé la révolution de 1789, ainsi que l’avènement de l’esprit rationnel affranchi de la doctrine divine chrétienne. Ces écrits faisant passer 1789 pour une révolution d’initiative populaire lancée par le Tiers-État n’étaient autres que des codes pour consolider le pouvoir de l’aristocratie plutôt que de le donner au peuple, considéré jusqu’alors comme trop incompétent, pas assez cultivé pour s’occuper de la chose publique. La révolution française, il semble nécessaire de le rappeler, n’était qu’un putsch de l’aristocratie sur la bourgeoisie monarchiste, et avait pour but de changer les têtes dirigeantes, non améliorer les conditions de vie de la population.

    Les idées politiques évoluent, c’est un progrès intellectuel énorme au fil des siècles pour l’Humanité toute entière, mais l’enfermement dogmatique des esprits perdure : la volonté divine toute puissante est remplacée au 18ème siècle par l’esprit rationnel, la souveraineté du peuple et la légitimité constitutionnelle alors que cela n’a jamais réellement existé. Combien d’Hommes écrivant des théories non souhaitables par les gouvernants n’ont pas été retenu par l’Histoire, oubliés dans les méandres du temps qui passe ? De Platon à nos pseudos philosophes médiatiques d’aujourd’hui comme BHL, Finkielkraut, Attali etc., les philosophes que l’Histoire choisit de retenir, d’écouter, sont ceux que les puissants jugent utiles à leur service et à la survie de leur pouvoir, ce n’est nullement pour cultiver les masses populaires et nourrir le débat démocratique en proposant un projet social nouveau. A nous, contemporains du 21ème siècle de le faire, il y a du travail.

    La Troisième République et ses lois de 1881 rendent l’instruction scolaire obligatoire pour tous les enfants. De fait, l’uniformisation de l’éducation, similaire pour tous, fait que la propagande institutionnelle devenait un immense progrès social. L’éducation nationale sélectionne les élites, reproduit les inégalités sociales (un fils de cadre a plus de chance de sortir diplômé qu’un fils d’artisan ou d’ouvrier), nous empêche parfois d’être libres de penser par nous-mêmes, elle installe la compétition entre les individus par l’évaluation trimestrielle, impose de courber l’échine face à l’autorité du maître ou professeur, elle éradique les possibilités de luttes sociales en se réclamant hypocritement de rassembler des élèves issus de milieux sociaux différents dans une seule et même classe.

    L’école est une institution de formatage idéologique, elle forme des générations de petits moutons suivant les sentiers bien tracés par le système babylonien, dont le processus se poursuit à l’université : l’objectif est de réfléchir, de se poser des questions, mais tout en ayant un format de pensée allant dans le sens voulu. L’autre aspect négatif à retenir qui nécessiterait une profonde réforme du système éducatif, c’est que par l’argument de l’ascenseur social et de la mobilité sociale (un fils d’ouvrier peut devenir cadre par les diplômes universitaire), l’éducation nationale achète la paix sociale, en laissant l’impression que le système offre une chance à chacun d’entre nous, condamnant ainsi tout espoir de résistance collective à l’ordre établi même si on le critique personnellement. Enfin, elle ne donne pas le goût d’apprendre aux élèves, par son aspect de boîte à former de l’adulte à échelle industrielle en forme de ciment du projet professionnel, et aller à l’école pour bon nombre de français est synonyme de temps perdu, d’angoisse, de malheur, de souffrance interne, de souvenirs traumatisant.

    Pourtant, ce serait un tort de ne pas soulever des avantages non négligeables, en ce qu’elle donne la chance à tout le monde d’être cultivé et instruit, de savoir lire et écrire. En France, en 2007, le taux d’alphabétisation est de 100%.

    Nous bénéficions jusqu’ici d’un des meilleurs systèmes d’éducation publique en France, et pourtant, on nous encense depuis l’enfance de tout plein de non sens remplis d’indécence, en faisant croire aux mômes que nous vivons en démocratie dans un système de libertés, égalitaire, fraternel, et qu’il faut voter pour choisir les gouvernants là où aucun citoyen ne choisit qui va le diriger. De ce côté, l’école est maître dans l’art de reproduire les croyances collectives en lesquelles chaque individu scolarisé a sa chance d’accès à une situation professionnelle et donc financière confortable, là où seuls 15% des fils d’ouvriers n’obtiennent le bac général.

    La mesure du temps, instrument universel de gouvernement des comportements humains.

    Tout au long du processus d’apprentissage des normes et des valeurs de la société, une chose primordiale instituée comme naturelle qui gouverne l’humain est la mesure du temps.

    Dans nos sociétés occidentales, sans la maîtrise du temps, le système capitaliste n’aurait pas pu se développer et s’étendre à l’échelle de la planète. Les articles, les textes, et les ouvrages traitant de l’histoire du capitalisme analysent l’essor du colonialisme, mine d’or de l’économie européenne dès 1492, des Révolutions Industrielles du 19ième siècle et de l’industrialisation qui a suivi l’avènement des théories de l’organisation du travail. Le Fordisme et le Taylorisme théorisent le travail à la chaîne en usine, et les paradigmes de macroéconomie étudient le marché du travail, l’économie d’échelle qui permet d’augmenter la production, la logique économique de créer des besoins, et de tendre vers le plein emploi, ou de limiter le taux d’inflation suivant l’angle d’approche idéologique préférée.

    Mais la maîtrise du travail, la gestion et la division des tâches à effectuer ne peuvent se faire s’il n’y a pas de contrôle de l’individu sur une échelle numérique fixée rationnellement pour le faire obéir à des ordres. Ce concept créé de toute pièce par l’être humain pour gérer l’évolution de la vie sociale sur le Globe, est peut-être la chose la moins remise en cause dans l’analyse des conséquences néfastes du capitalisme, et c’est pourtant celle qui permet d’enfermer la totalité de la population mondiale sous les mêmes critères.

    La division du temps que nous connaissons, en douze mois de trente jours est celle qui a été pour la première fois instituée par le royaume de Babylone au douzième siècle avant notre ère. L’objectif de l’article n’est pas de critiquer tel ou tel mode de calendrier, romain, julien, grégorien ou autre, mais de proposer l’idée que l’uniformisation du temps fut un outil fourni par les scientifiques au profit de la classe dirigeante, qui l’a utilisé pour contrôler les foules. Pour déterminer la valeur d’un article produit de la main de l’Homme, il fallait posséder la notion du temps pour en déterminer le prix de l’article, la concurrence, l’inégale répartition de l’argent, etc. Le contrôle du travail passe par le temps : dans une entreprise ou une usine, un superviseur, contremaître ou manager est chargé de vérifier le travail de ses subordonnés, et de leur demander d’aller plus vite, pour être plus rentables à l’entreprise. Cela permet de fixer un cadre d’obligations auxquelles le travailleur doit se soumettre sous peine de sanctions ou de licenciement économique. Le temps fixe le travail, les salaires, la valeur des choses, il est au cœur même de la logique d’entreprise : pour faire du profit, il faut maîtriser la course après le temps qui passe, pour davantage de productivité horaire par tête.

    Même dans les formes les plus élémentaires de la vie sociale, nous sommes conditionnés par le découpage du temps. Il fixe un cadre qui formate et uniformise tous nos actes, pour lesquels il est difficile de se réapproprier une liberté face à la pression de la société régie sur ce découpage horaire, journalier et mensuel du temps. Le fait que tout le monde possède une horloge, une montre, ou tout appareil indiquant l’heure à n’importe quel coin de la planète, et que nos actes en répondent permet d’arriver à une conclusion : hormis le cours naturel des planètes, tout découpage du temps reste établi selon la volonté humaine, et peut varier selon la conception des humains de leur monde.

    Le temps est une bonne arme de poing de la classe dirigeante pour exploiter les dominés de la planète sans qu’ils ne remettent en cause ce découpage, mais nous en sommes tous les esclaves aliénés, la pleine et réelle liberté ne s’acquière donc qu’au moment venu du trépas. Que l’on se dise altermondialiste, anarchiste antisystème, ou que l’on critique sans étiquette la logique économique qui régit les activités humaines de nos jours, voila quelque chose qui ne pourra jamais être changé, car c’est le repère majeur de l’Humanité. Pourtant, ce contrôle du temps est pour grande partie responsable de l’exploitation de l’Homme par l’Homme des temps modernes.

    Il faudra donc beaucoup de temps pour s’approprier le temps de reprendre le pouvoir sur le temps. L’Occident capitaliste, son pouvoir économique et politique, ses institutions, son idéologie, sa propagande, ses croyances collectives et sa maîtrise du temps ne sont pas prêts de stopper leurs ravages sur la Terre entière. Ne l’attendons pas pour vivre de meilleurs lendemains et construisons les à notre échelle locale.

    Samuel Métairie
    http://sam-articles.over-blog.com


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