• Élection présidentielle en Colombie

    Un rendez-vous important, non seulement pour la Colombie, mais pour toute l’Amérique du Sud.

    Ce dimanche le 30 mai, il y a une élection présidentielle importante en Amérique du Sud.

    Les Colombiennes et Colombiens doivent choisir leur nouveau Président. Cette élection représente des enjeux importants pour toute la région. Enjeux importants sur plusieurs niveaux.

    Au niveau international. Les tensions constantes entre la Colombie, contrôlée par les États-Unis (sept bases militaires) associés à l’oligarchie locale, et le Venezuela, trop rebelle envers les prédateurs économiques mondiaux, sont très élevées.

    Les États-Unis qui, au cours des dix dernières années, ont perdu leur "arrière-cour" dont ils exploitaient sans contraintes les importantes ressources énergétiques et minières ne laisseront pas aller facilement ce pays.

    La Colombie appartient à quelques oligarques et aux intérêts états-uniens qui sont associés aux importants réseaux de trafiquants de drogues. La Colombie a sur son territoire les plus importantes installations militaires états-uniennes en Amérique du Sud. Et la Colombie est depuis belle lurette la plaque tournante de la cocaïne qui se dirige tout droit vers le plus gros marché de la drogue : les États-Unis d’Amérique.

    Les enjeux économiques de l’argent sale sont donc importants.

    Pour contrôler le pays militairement et pour justifier autant de forces militaires US, on maintient bien actif le conflit historique avec les guérillas. Deux guérillas font la guerre en Colombie depuis des décennies. [1]

    Leur lutte a pris naissance il y a 50 ans afin d’obtenir plus de justice sociale surtout pour le monde paysan. Après tant d’années, l’Armée de Libération nationale (ELN) et la plus connue, la Force Armée Révolutionnaire de Colombie (FARC) sont toujours actives.

    Ces deux guérillas, auxquelles on attribue indûment « tous » les maux de la Colombie, ont la volonté de troquer les armes pour les urnes. Tous les mouvements de guérilla d’Amérique latine ont troqué les armes pour les urnes (le Salvador a même élu le 15 mars 2009, les représentants du Front Farabundo Martí de Libération Nationale (FMLN). [2]

    Grâce à la démocratie réelle, tous les pays ont pu ainsi vivre enfin en Paix, les guérillas abandonnant les armes et les gouvernements les escadrons de la mort et l’oppression militaire. Tous les pays sauf… la Colombie. La Colombie est un "anachronisme" du continent.

    Toutes les tentatives de pacification ont été sabotées. Pensons à l’assassinat sauvage du numéro 2 des FARC, Raúl Reyes le 1er mars 2008, alors que celui-ci tentait de négocier la libération d’otages, dont Ingrid Bétancourt ainsi qu’une sortie de crise pacifique. [3]

    Les enjeux de dimanche sont donc importants, au niveau international et au niveau local. Côté international, les États-Unis risquent de perdre un poste de contrôle militaire IMPORTANT. Leur IVe flotte restaurée à grands coûts surveille et menace les côtes sud-américaines, mais les bases terrestres sont toujours nécessaires pour assurer la domination de l’empire sur le Sud.

    Les deux principaux candidats en lice pour l’élection de dimanche sont : Juan-Manuel Santos et Antanas Mockus.

    - Juan Manuel Santos, ancien ministre de la Défense.

    On parlait beaucoup de Alvaro Uribe, mais en fait c’est Juan-Manuel Santos et sa puissante famille qui contrôlent en bonne partie toute la Colombie. Alvaro Uribe n’était en fait que la belle image (sans vraiment de pouvoir) du clan Uribe-Santos. Un clan associé aux paramilitaires terroristes et meurtriers, aux narcotrafiquants et à l’oligarchie associée aux intérêts internationaux (surtout US).

    La partie « Uribe » du clan Uribe-Santos.

    La famille Uribe est clairement associée au monde de la mafia colombienne. La "ferme" familiale du père de Uribe, Alfredo, était voisine ce celle de Pablo Escobar. [4]

    Dans son livre "Amando a Pablo", l’ancienne amoureuse du chef de Medellín, Virginia Vallejo, assure que Pablo Escobar idolâtrait Alvaro Uribe. D’après son témoignage, Escobar disait de Uribe : " si ce garçon ne nous était pas tombé du ciel, il aurait fallu aller à Miami à la nage pour y porter la drogue aux gringos", insinuant ainsi qu’Alvaro faisait du transport de colis suspects par avion. [5]

    En 2004, la revue Newsweek a publié un rapport du Département de la Défense des États-Unis (DIA) qui met Alvaro Uribe à la 82e place dans une liste de 104 personnages liés au commerce de la cocaïne en Colombie. [6]

    L’amitié de Pablo Escobar pour le père d’Alvaro Uribe était de notoriété publique, le parrain de Medellín a affrété un hélicoptère et publié divers messages de sympathies dans la presse lors de l’enterrement d’Alfredo. Le père d’Alvaro, grand propriétaire terrien disparu en juin 1983. Il aurait été tué en résistant à une tentative d’enlèvement par la guérilla des FARC. Le document de la Defense Intelligence Agency (DIA), l’équivalent militaire de la CIA, dit qu’Alfredo Uribe a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ». [7]

    Pablo Escobar aurait donc été le parrain politique d’Alvaro Uribe. [8]

    En avril 2008, le cousin du président Uribe, Mario Uribe Escobar, a été arrêté pour ses liens avec le narcotrafic et les paramilitaires d’extrêmes droites. [9]

    Alvaro a même eu la "chance" d’avoir parmi ses conseillers un autre cousin de Pablo Escobar, José Obdulio que l’on dit être l’homme de l’ombre du dernier pacte de non-agression entre bandes criminelles de Medellín. [10]

    Uribe était un Président qui marchait les fesses serrés. On le constate par ses rapports avec Hugo Chávez. Tantôt de bonne entente comme si l’amitié entre les deux hommes était bien réelle et tantôt menaçant, arrogant et accusateur comme si on lui disait de ne pas trop "fraterniser" avec cet ennemi de l’empire.

    La partie « Santos » du clan Uribe-Santos.

    Concernant Juan-Manuel Santos, celui-ci a toujours été un ennemi total de Chávez. Absolument aucune Paix et aucune relation n’est possible entre les deux hommes. Son élection serait une menace réelle pour la Paix entre les deux voisins.

    Les tensions sont vives aussi avec l’Équateur qui en 2009 demanda à l’Interpol de lancer un mandat d’arrêt contre Juan-Manuel Santos, poursuivi alors pour un raid contre la guérilla des Farc en territoire équatorien (le carnage du 1er mars 2008). [11]

    Juan-Manuel Santos, un néolibéral, militariste, belliqueux ayant à cœur ses intérêts et ceux de ses amis de Washington.

    La famille Santos dont le patriarche, Eduardo, fut le 20e président de la Colombie de 1938 à 1942 possède une des plus grandes fortunes colombiennes. Il possède la quasi-totalité du monde médiatique colombien. Cette famille détient "El Tiempo" le plus grand quotidien de diffusion nationale ainsi que de multiples publications telles : Motor, Portafolio, Aló, beaucoup de journaux régionaux, TV cable Bogota, et est associé au puissant groupe espagnol Prisa propriétaire, entre autres, d’El País, journal néolibéral espagnol s’il en est un.

    La famille Santos occupe donc une place prédominante dans le champ du pouvoir politique, économique et médiatique en Colombie. Les oncles de Juan-Manuel occupent les plus hauts postes de la Casa Editorial El Tiempo. Au gouvernement le vice-président est Francisco Santos, cousin du rédacteur en chef d’El Tiempo, Enrique Santos et aussi cousin de Juan-Manuel. Alfredo Santos est directeur de la revue politique la Semana. [12]

    En Colombie, à chaque campagne électorale, on a l’habitude de dire qu’El Tiempo ne perd jamais ses élections. Il a toujours sa part de ministres et d’ambassadeurs. Ces puissants du monde médiatique sont une sorte de permanence institutionnelle qui regroupe les "élites" oligarchiques utiles pour servir les intérêts des quelques riches familles possédant le Pays. Ils ne sont d’aucun parti. Ils sont "gouvernementalistes", c’est-à-dire toujours "près" du gouvernement.

    Il serait surprenant que Juan-Manuel Santos ne devienne pas le futur Président colombien. La puissance de persuasion médiatique est connue et efficace. De plus, la culture colombienne de l’achat du vote devrait aider à convaincre ceux sur qui l’emprise médiatique a moins d’effet. [13]

    Mais les sondages le disent "vaincu" (en tout cas, au premier tour).

    Eh Oui ! Une nouvelle figure, une "surprise" politique est apparue.

    - Antanas Mockus. D’après les derniers sondages, il serait en première position. Son entrée en scène brouille les cartes et semble mettre en danger l’élection de Santos.

    Mockus est un "coloré". Il sort des sentiers classiques. Son style bouscule les habitudes. Il a été recteur de l’Université d’État la plus importante de Colombie, puis maire de Bogota. Il s’est marié dans un cirque - sur le dos d’un éléphant – rien de moins. Il parait qu’en 1993, alors qu’il était recteur, il aurait même montré ses fesses à des universitaires turbulents !

    Oui, un "coloré". Il se présente sous la bannière du parti "Vert", l’ancien parti d’Ingrid Bétancourt.

    Mais c’est surtout l’homme du « TransMilenio », le système de transports en commun de Bogota, une véritable réussite qui aurait rendu la capitale plus dynamique et moderne.

    Son candidat à la vice-présidence est Sergio Fajardo le maire de Medellín. Celui qui a réussi à sortir sa ville de l’étiquette « ville de Pablo Escobar » et à baisser les indices de criminalité. Un méchant défi bien relevé (d’ailleurs, Mme Ginette Lamarche qui aime bien nous montrer les bons côtés de la Colombie a fait quelques reportages sur Medellín la désormais "sécuritaire" !) [14]

    Mais Mockus ne trouve ses appuis que dans le milieu urbain et il n’a pas de partisans au Congrès. Il sait jouer avec les communications et utiliser l’image, mais il fait face aux véritables machines de propagande et d’intimidation.

    La droite ne le laissera pas facilement passer, surtout que Mockus a eu le culot de dire qu’il ne voyait pas Chávez d’un si mauvais œil.

    Le premier tour sera donc très serré. Il y aura de la manœuvre médiatique et de l’intimidation et cela conjugué à des achats de votes risque de mettre KO ce Mockus qu’on dit "dominant".

    Il faudra bien suivre vers où iront les électeurs et comprendre bien des choses qui ne sont pas nécessairement dites.

    Bonne élection.

    Serge Charbonneau Ici

    P.S. : Pour approfondir, je vous suggère :

    Pour mieux connaître Mockus :

    « Présidentielle en Colombie : la percée du candidat Vert Mockus »
    http://www.rue89.com/panamericana/2...

    Pour tenter de cerner la Colombie :

    « Réfugiée en son pays »
    La guerre civile colombienne a maintenant fait plus de quatre millions de déplacés.
    Un article de Lisa-Marie Gervais.
    Et mon commentaire sous l’article paru en avril 2009
    http://www.ledevoir.com/internation...

    [1] Le Monde diplomatique
    « 50 ans de guerre en Colombie »
    http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

    [2] Le Monde diplomatique
    « El Salvador : des guérilleros au pouvoir »
    http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

    [3] L’Humanité
    « Mort de Raul Reyes : la libération des otages suspendue »
    http://www.humanite.fr/Mort-de-Raul...

    Le Grand Soir
    « Colombie : La mort de Raul Reyes met en évidence la dimension criminelle du gouvernement Uribe »
    http://www.legrandsoir.info/Colombi...

    [4] Newsweek
    « MAIL CALL : Colombia’s President »
    http://www.newsweek.com/2004/09/26/...

    [5] Le livre de Virginia Vallejo
    « Amando a Pablo »
    http://www.amazon.com/exec/obidos/A...

    « Loving Pablo, Hating Escobar »
    http://www.lovingpablo.com/

    [6] Newsweek
    « BLACKLIST TO THE A LIST »
    http://www.newsweek.com/2004/08/08/...

    Le Grand Soir
    « Alvaro Uribe, seigneur des ombres. »
    http://www.legrandsoir.info/Alvaro-...

    [7] RISAL Info (RISAL pour Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine.)
    « Colombie : Alvaro Uribe aurait été lié au Cartel de Medellin »
    http://risal.collectifs.net/spip.ph...

    [8] Newsweek
    « GOOD TIMES IN MEDELLIN »
    http://www.newsweek.com/2004/07/04/...

    [9] Le Monde
    « Un cousin du président Uribe arrêté pour ses liens avec les paramilitaires colombiens »
    http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHAT...

    Latin Reporters
    « Colombie - paramilitaires : cousin du président Uribe arrêté ; ex-sénateur, il présida le Parlement »
    http://www.latinreporters.com/colom...

    [10] PTB info (Parti du Travail de Belgique)
    « Colombie :: Liaisons entre le président Uribe et les escadrons de la mort »
    http://www.ptb.be/nouvelles/article...

    [11] Cyberpresse
    « Colombie : le mandat d’arrêt contre Santos rejeté par Interpol »
    http://www.cyberpresse.ca/internati...

    Journalisme d’investigation Jacques Thomet
    « Interpol refuse de relayer le mandat d’arrêt lancé par l’Équateur à l’encontre de l’ex-ministre de la Défense colombien Juan-Manuel Santos »
    http://jacquesthomet.unblog.fr/2009...

    [12] « La Colombie aujourd’hui vue par la presse colombienne »
    Par Denis Rolland,Enrique Uribe Carren̋o,Université des sciences juridiques, politiques et sociales de Strasbourg
    http://books.google.ca/books?id=um7...

    [13] SFR Info
    « En Colombie, les candidats ont tendance à acheter les électeurs »
    http://info.sfr.fr/politique/articl...,132419/

    [14] Reportage radio Ginette Lamarche (Radio-Canada, Dimanche Magazine)
    La Colombie touristique (Medellin)
    http://www.radio-canada.ca/audio-vi...


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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

    PCHR du 20 au 26 mai 2010


    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
     

    Durant la dernière semaine du 20 au 26 mai :

    • 2 militants palestiniens ont été tués par les FOI dans la bande de Gaza ;
    • des avions israéliens ont bombardé des sites civils et paramilitaires dans la bande de Gaza :
      • 30 civils palestiniens, dont 9 mineurs et 6 femmes, ont été blessés ou choqués ;
      • des dizaines de bâtiments civils ont été détruits ou endommagés ;
    • les FOI ont continué d’utiliser la force contre les manifestations non violentes :
      • 7 civils palestiniens, dont 4 mineurs, ont été blessés par les FOI ;
    • les FOI continuent de tirer sur les agriculteurs et travailleurs palestiniens dans les zones frontalières à l’intérieur de la bande de Gaza :
      • 5 travailleurs palestiniens, dont un mineur, ont été blessés par les FOI ;
    • les FOI ont mené 26 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie et 2 incursions limitées dans la bande de Gaza :
      • 49 civils palestiniens, dont 11 mineurs, 11 militants internationaux et israéliens, ont été arrêtés en Cisjordanie ;
      • 14 des personnes interpellées l’ont été durant la dispersion de manifestations non violentes ;
      • les FOI ont rasé 2 dunums (2 000 m2) de terres agricoles et démoli une maison et un élevage d’oiseaux à Khan Yunis ;
      • les FOI ont ordonné l’expulsion d’un membre du Conseil législatif palestinien de Jérusalem ;
    • Israël poursuit son siège total sur les TPO et maintient l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
      • les troupes israéliennes stationnées sur un check-point militaire de Cisjordanie ont arrêté un civil palestinien ;
    • les FOI poursuivent leurs activités de colonisation en Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les civils et les biens palestiniens :
      • les FOI ont ordonné la confiscation de terres à Hébron ;
      • les colons israéliens ont agressé des agriculteurs palestiniens dans le village de Kufor al-Labad, à l’est de Tulkarem.

    (JPG)

    Une Palestinienne près des ruines de sa maison détruite par les Forces d’occupation israéliennes, à Abasan, un village près de Khan Yunis, le 21 mai 2010.


    Violations israéliennes recensées durant la semaine du 20 au 26 mai

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 20 mai

    -  Région de Jérusalem : vers 1 h du matin, les FOI pénètrent dans Silwan, au sud de la vieille ville de Jérusalem ; elles mènent leur raid dans le village, fouillent la maison de la famille de Karim Is’haq Abu Tayeh, 21 ans, et l’arrêtent.

    Vers 3 h 30, l’armée d’occupation investit le quartier d’al-Sawana, à Jérusalem-Est, fouille certaines maisons et arrête 4 civils palestiniens, dont 3 mineurs :

    1. Eyad ’Omar al-Shalabi, 18 ans,
    2. ’Ali Abu Gharbiya, 17 ans,
    3. Tamer Nasser Abu Gharbiya, 15 ans, et
    4. Majdi Mahmoud Abu Ghazala, 20 ans.

    Au même moment, incursion dans le village d’al-Tour, près de Jérusalem-Est, où l’armée fouille la maison de la famille de Khalil Marwan Jayousi, 15 ans, et l’arrête. Les soldats gardent également en détention la mère de Khalil pendant 3 heures.

    Vers midi, l’armée entre dans Om Tuba, village au sud de Jérusalem. Les soldats envahissent la maison du Sheikh Mohammed Abu Tair, membre du Conseil législatif palestinien, alors qu’il vient d’être libéré d’une prison israélienne quelques heures plus tôt. Ils lui ordonnent de s’abstenir de toute sorte de célébration après sa libération. Ils le convoquent également au commissariat de police pour 11 h le lendemain. Quand il se présente au commissariat, il est informé qu’il sera expulsé de Jérusalem le 19 juin prochain. Après cette date, sa présence dans Jérusalem sera illégale, selon l’ordonnance.

    -  Région de Bethléhem : vers 2 h, incursion dans le village de Taqqou’, au sud-est de Bethléhem, où l’armée fouille un certain nombre de maisons, et arrête 5 Palestiniens, dont 4 mineurs :

    1. Ahmed Khaled Sabbah,
    2. Muneer Jamal Sabbah, 20 ans,
    3. Ayoub Mohammed Sabbah, 17 ans,
    4. Mahmoud Isma’il Sabbah, 17 ans, et
    5. Mohammed Khalaf Sabbah, 17 ans.

    -  Région de Ramallah : les FOI entrent vers 3 h dans le village de Kufor Ne’ma, à l’ouest de Ramallah, fouillent la maison de Nadi Mousa Nasser, et l’arrêtent.

    Vendredi 21 mai

    -   Jéricho : les FOI entrent dans al-‘Ouja, au nord de Jéricho. Elles fouillent la maison de Ahmed Salman Ka’abna, 23 ans, et l’arrêtent.

    -   Bande de Gaza, Khan Yunis : 1 h 25, l’aviation bombarde une terre agricole de Khuza’a village au S.E. de Rafah. L’impact a causé un énorme cratère mais on ne déplore aucune victime.

    1 h 30, l’aviation bombarde une terre agricole dans ‘Abassan village au nord de Khuza’a faisant là aussi un gros cratère mais on ne déplore aucune victime.

    1 h 40, l’aviation bombarde un camp d’entraînement des brigades ’Izziddin al-Qassam, le bras armé du Hamas, au coeur de la ville de Beit Hanoun située au nord de Gaza ville. Le site a été mis hors d’usage et les terrains de sport voisins sérieusement endommagés.

    13 h 20, un échange de coups de feu intervient entre 2 résistants palestiniens et les FOI sur la frontière à l’est de ‘Abassan. Quelques minutes plus tard les FOI annoncent la mort des 2 hommes.

    16 h, les FOI pénètrent à 800 mètres dans ‘Abassan et défoncent un demi-hectare de terre plantée d’oliviers, de palmiers dattiers et de légumes, détruisent la maison de Harb Mohammed Qdaih, en construction, et saccagent un élevage de volaille appartenant à Jaber Qdaih. Ce n’est qu’à 2 h le lendemain matin que les FOI restituent les corps de 1 Nader ’Aadel ’Abdul Karim Abu Daqqa, 17 ans, et de Hamdi ’Aadel ’Ali Abu Hamad, 16 ans, aux équipes médicales. Les corps étaient criblés de balles

    -   Jénine : vers 2 h, les FOI entrent dans le village de Kufor Ra’ei, à l’ouest de la ville. Elles fouillent une maison appartenant à Majed Khalil Dallah, 58 ans, et l’arrêtent avec ses quatre fils : Saleh, 34 ans, Mohammed, 30 ans, Na’el, 26 ans, et Isma’il, 17 ans. Vers 4 h, les FOI appellent une ambulance palestinienne pour aller au check-point de Salem, à l’ouest de Jénine, et transporter Mr Dallah à l’hôpital alors qu’il souffre de certaines maladies chroniques.

    Samedi 22 mai

    -  Ramallah : incursion vers 3 h, dans Silwad, au nord de Ramallah, où l’armée fouille certaines maisons et arrête 3 civils palestiniens :

    1. Bilal ’Abdul Majid Hammad, 21 ans,
    2. Nazmi ’Abdul Majid Hammad, 18 ans, et
    3. Mujahed Mahmoud Hamed, 18 ans.

    -   Bande de Gaza : 6 h 30, du haut de leurs miradors situés à la frontière à l’est de Beit Hanoun, les FOI tirent sur des ouvriers en train de récupérer des matériaux de construction dans les décombres des immeubles détruits de la zone industrielle à Erez Beit Hanoun. Hassan Khaled Abu Warda, 22 ans, de Jabaliya, prend une balle dans le pied. Il était à plus de 400 mètres de la frontière

    9 h, depuis leurs miradors situés à la frontière avec Beit Lahiya, à l’ouest de Beit Hanoun les FOI tirent sur des ouvriers en train de récupérer des matériaux de construction sur les anciennes colonies. Pas de victimes.

    Dimanche 23 mai

    -   Ramallah : vers minuit et demi, les FOI entrent dans Bir Zeit, au nord de Ramallah, où elles patrouillent dans les rues pendant quelques temps, avant de se retirer. Pas d’arrestations.

    Vers 20 h 30, incursion dans al-Mughayar, à l’est de Ramallah où l’armée patrouille dans les rues quelques temps et se retire. Pas d’arrestations.

    -   Bethléhem : vers 2 h, incursion dans le village d’al-Shawawra, à l’est de Bethléhem, où l’armée fouille la maison de Mohammed Ibrahim Salem, 18 ans, et le convoque pour interrogatoire.

    -   Bande de Gaza : 7 h 20, la marine en patrouille au large de Beit Lahiya ouvre le feu sur des bateaux en pêche. Les pêcheurs doivent rentrer. Pas de victime.

    7 h 30, du haut de leurs miradors situés à l’est du village bédouin, les FOI tirent sur des ouvriers en train de récupérer des matériaux de construction sur les anciennes colonies de Nissanti et de Elli Sinaï ; Mohammed Mohammed Sa’dallahh, 24 ans, de Jabaliya prend une balle dans le pied gauche.

    -   Qalqilya : vers 10 h, l’armée entre dans Qalqilya où elle patrouille dans les rues provoquant des écoliers palestiniens. Bientôt, les enfants lancent des pierres sur les véhicules militaires, l’armée réagit en tirant des balles caoutchouc et lançant des bombes sonores sur les enfants, sans faire de victimes.

    Lundi 24 mai

    -  Jéricho : vers minuit, les FOI entrent dans le village de Fasayel, au nord de la ville, patrouillent dans les rues puis s’en vont. Pas d’arrestations.

    -  Hébron : vers 1 h, incursion dans le secteur de Jabal Jouhar à Hébron. L’armée fouille la maison de Khalil Nabil Zaighat, 40 ans, et l’arrête.

    Et vers 2 h, incursion dans le camp de réfugiés d’al-‘Arroub, au nord d’Hébron, l’armée fouille la maison de la famille de Tha’er Khaled Mahfouz, 22 ans, qui est arrêté.

    Toujours vers 2 h, incursion dans Tarqoumia, à l’ouest d’Hébron, fouille de la maison de Jihad ‘Abdul Majid Tannina, 30 ans, également arrêté.

    Vers 13 h 30, l’armée d’occupation entre dans la zone de Khillat al-Zaher, dans le sud du village de Beit Ummar, au nord d’Hébron. Elle conduit son raid et fouille un certain nombre de maison, contrôlant également les passants palestiniens dans les rues. Des Palestiniens se regroupent et lancent des pierres sur les FOI. Aussitôt, celles-ci tirent sur eux. 4 civils, dont 3 mineurs, sont blessés :

    1. Fadi Sa’id Sabarna, 20 ans, blessé par une balle caoutchouc à un pied ;
    2. Mohammed Jameel Abu Maria, 15 ans, idem, dans une jambe ;
    3. Yousef Ahmed Abu Hashem, 17 ans, idem à une main, et
    4. Hatem Ahmed Sabarna, 17 ans, dans le ventre.

    -  Jénine : vers 1 h 30, incursion dans la ville de Jénine, où l’armée fouille certaines maisons et arrête Majdi Jameel al-Aqhash, 25 ans.

    -   Bande de Gaza : même scénario que la veille où les troupes d’occupation tirent sur des Palestiniens ramassant des briques, des agrégats dans les ruines des bâtiments détruits dans la zone industrielle de Beit Hanoun.

    -   Jérusalem : à midi, les FOI, accompagnées de fonctionnaires de la municipalité israélienne de Jérusalem, pénètrent dans la maison de Najeeb al-Khatib al-Kilani dans la vieille ville de Jérusalem. Ils lui ordonnent de démolir sa maison - où vivent 6 personnes - sous 30 jours, prétendant qu’elle avait été construire sans le permis israélien. Al-Kilani avait ajouté une structure de 40 m2 à sa petite maison.

    Mardi 25 mai

    -  Bethléhem : incursion vers 1 h, dans le camp de réfugiés de Deishé, au sud-ouest de Bethléhem, l’armée fouille la maison d’‘Odai Mohammed al-Shareef, 18 ans, et l’arrête.

    -  Hébron : vers 1 h, dans le village de Tarqoumia, à l’ouest d’Hébron, l’armée fouille plusieurs maisons et arrête 2 civils palestiniens :

    1. Mohammed Rajab Fatfta, 24 ans, et
    2. Khalil Mohammed Qabaja, 24 ans.

    -  Bande de Gaza : 7 h et 10 h, même scénario que l’avant-veille sur les anciennes colonies de Nissanit et de Elli Sinaï évacuées en 2005. Pas de victimes. Et 3 heures plus tard, les FOI tirent sur des agriculteurs au travail dans leurs champs au nord-ouest de Beit Lahia. Pas de victime.

    11 h 15, les FOI pénètrent à 300 mètres dans Bourat Abu Samra, secteur nord de Beit Lahia. La zone est fouillée et des tirs à l’aveugle les protègent.

    Mercredi 26 mai

    -   Bande de Gaza : minuit 20, l’aviation tire un missile sur l’aéroport international au sud-est de Rafah. 10 minutes plus tard un second missile explose à son tour détruisant un immeuble. Pas de victimes.

    1 h 50, l’aviation retire 2 missiles sur le site d’entraînement des brigades ’Izziddin al-Qassam Brigades au coeur de Beit Hanoun. Le site est totalement détruit. 15 civils sont blessés et 15 autres en état de choc. Parmi les blessés on dénombre 9 enfants et 6 femmes. 23 maisons, 23 petits commerces et 2 véhicules sont détruits. Des infrastructures ont également souffert : la clinique Al Qds appartenant à l’union des comités de la santé, le club sportif de Nait Hanoun et les locaux de la municipalité. Le réseau électrique a également été endommagé. Il faut noter que ce site avait fait l’objet des tirs de l’aviation quelques jours auparavant.

    5 h 30, les vedettes garde côte tirent sur des bateaux en pèche au large de Beit Lahiya. Les pêcheurs sont sommés de rentrer. Pas de victime.

    7 h 30, comme les samedi, dimanche, lundi et mardi précédents, les FOI tirent sur des ouvriers sur la zone industrielle. Rafeeq ’Awadh Sa’dallah, 21 ans, de Jabalya, prend une balle dans le pied alors qu’il est à 700 mètres de la frontière.

    10 h 55, même scénario : Salama Tayseer Eslim, 16 ans, de Gaza ville, et Saqer Ahmed Msabbeh, 23 ans, également de Gaza ville, prennent chacun une balle dans le pied.

    -   Hébron : incursion vers 1 h, dans le village de Nouba, à l’ouest d’Hébron, fouilles de maisons, et arrestation de Bilal Ibrahim Shrouf, 25 ans.

    Vers 1 h 30, dans Beit Ummar au nord d’Hébron, avec fouilles de maison et arrestations de 4 civils palestiniens, dont 3 mineurs :

    1. Ahmed Nasser Abu Maria, 16 ans,
    2. Anas Mohammed Jawabra, 16 ans,
    3. Ibrahim Mohammed Miqbel, 17 ans, et
    4. Ameen Sa’di Bahar, 19 ans.

    -   Naplouse : vers 2 h, l’armée entre dans Douma, village au sud-est de Naplouse où elle fouille la maison de Barakat ‘Abdul Mon’em Dawabsha, 27 ans, et l’arrête.

    -   Tubas : dans la ville de Tubas, avec fouille de la maison de la famille de Sa’ad Ghassan Daraghma, 22 ans, également arrêté.


    2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre les activités de colonisation et la construction du mur d’annexion

    Durant cette dernière semaine, les FOI ont continué d’utiliser la violence contre les manifestations pacifiques organisées par les Palestiniens avec des militants internationaux et israéliens pour protester contre la construction du mur et la colonisation. Au moins 3 Palestiniens, dont un malade, ont été blessés et des dizaines d’autres ont souffert de l’inhalation des gaz. Les FOI ont également arrêté 11 militants internationaux et israéliens, et 3 Palestiniens.

    - Bil’in, à l’ouest de Ramallah : comme chaque vendredi, après la prière, le 21 mai, la manifestation se dirige vers les terres annexées du village qui se trouvent derrière le mur israélien. Aussitôt, l’armée tire sur les manifestants à balle caoutchouc, lance des grenades lacrymogènes et des bombes sonores. Résultat, Tariq ‘Adnan Abu Rahma, 14 ans, est touché par une balle à un pied. Des dizaines de manifestants souffrent des gaz. L’armée arrête également 3 Israéliens : Israel Portman, 62 ans, journaliste, Tal Sabira, 26 ans, et Hamoutal Artwa, 32 ans.

    - Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : même jour, même manifestation hebdomadaire, contre la construction du mur d’annexion. L’affrontement avec les FOI a lieu après l’agression des soldats postés près du mur. Même violence de l’armée et de nombreux manifestants souffrent d’avoir respiré les gaz.

    - Nabil Saleh, au nord-ouest de Ramallah : après la prière du vendredi 21 mai, Palestiniens et militants internationaux et israéliens organisent la même manifestation contre la confiscation de terres du village, dans le secteur de Wad al-Raya, entre Nabi Saleh et Deir Nizam. Quand les manifestants essaient de se rendre sur les terres saisies par les colons israéliens, près de la colonie Halmish, l’armée se met à tirer et à balancer ses grenades. 2 Palestiniens sont blessés :

    1. Khaled Kamal al-Rimawi, 20 ans, touché par un corps de grenade au visage, et
    2. Khaled ’Ata al-Tamimi, 28 ans, idem à la jambe gauche.

    - Al Masara, au sud de Bethléhem : ce même vendredi, même manifestation contre le mur d’annexion. Parmi les manifestants : le Dr ‘Aziz al-Dwaik, président du Conseil législatif palestinien, et quelques députés, ainsi que de nombreux militants internationaux et israéliens. La manifestation se dirige vers l’entrée ouest du village où l’attend l’armée israélienne qui tire et lance des grenades sur les manifestants, et roue de coups certains d’entre eux. Hassan Ahmed Braijiya, 40 ans, et Jawad Zawahra, 25 ans, souffrent de contusions.

    - Beit Jala, près de Bethléhem : le dimanche matin, 23 mai, des Palestiniens et des militants internationaux et israéliens organisent une manifestation ; celle-ci se dirige vers les terres palestiniennes au nord-ouest de la ville pour protester contre la préparation du terrain aux fins de construction d’une section du mur d’annexion. L’armée agresse les manifestants et les disperse. Des civils souffrent des gaz. L’armée arrête 8 militants internationaux et israéliens et les relâche dans la soirée.


    3 - Maintien du siège sur les TPO

    Israël maintient son siège serré sur les TPO de même que les restrictions graves aux déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.


    Bande de Gaza

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International

    Date  : Détails
    19 mai  : 912 Palestiniens sortent ;
    103 autres rentrent.
    20 mai  : 914 Palestiniens sortent ;
    141 autres rentrent.
    21 mai  : 8 personnes, dont une délégation de 7 U.S.,
    et le corps d’un patient décédé rentrent.
    22 mai  : fermé
    23 mai  : 11 personnes, dont les 7 U.S. sortent ;
    3 Palestiniens rentrent.
    24 mai  : fermé

    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)

    Date  : Importations Qté  : Exportations Qté
    20 mai  : denrées alimentaires 420 tonnes  :


     : matériel agricole 266 tonnes  :


     : denrées diverses 557 tonnes  :


     : gaz domestique 199 tonnes  :


     : fioul industriel 204 000 litres  :


     : aide humanitaire 34 tonnes  :


     :

     :

    23 mai  : denrées alimentaires 383 tonnes  :


     : matériel agricole 229 tonnes  :


     : denrées diverses 385 tonnes  :


     : gaz domestique 151,15 tonnes  :


     : fioul industriel 274 013 litres  :


     : aide humanitaire 413 tonnes  :


     :

     :

    24 mai  : denrées alimentaires 165 tonnes  :


     : matériel agricole 176 tonnes  :


     : denrées diverses 181 tonnes  :


     : gaz domestique 200 tonnes  :


     : fioul industriel 210 000 litres  :


     : aide humanitaire 488 tonnes  :


     : essence 45 000 litres  :


     : ciment 48 tonnes  :


     : fers à béton 4 tonnes  :


     :

     :

    25 mai  : denrées alimentaires 460 tonnes  :


     : matériel agricole 153 tonnes  :


     : denrées diverses 233 tonnes  :


     : gaz domestique 215 tonnes  :


     : fioul industriel 214 000 litres  :


     : aide humanitaire 947 tonnes  :


     : ciment noir 80 tonnes  :


     : ciment blanc 40 tonnes  :


     :

     :

    * Note : C’est la 1ère fois qu’Israël autorise l’entrée de ciment et de fer à béton depuis le début du siège.

    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le mardi 20 pour l’entrée de 2 262 tonnes de céréales et 1 521 tonnes d’aliments pour le bétail ; et le mardi 24 pour 1 677 tonnes de céréales et 1 950 tonnes pour le bétail.

    Beit Hanoun (Erez)

    Date  :
     :
    Patients  :
     :
    Accompagn.  :
     :
    Arabes
    d’Israël
     :
     :
    Diplomates  :
     :
    Presse  :
     :
    Internat.  :
     :
    Gazaouis  :
     :
    Commerç.
    20 mai  : 31  : 31  : 8  : 12  : 5  : 52  : 0  : 3
    21 mai  : 2  : 2  : 0  : 3  : 2  : 15  : 0  : 0
    22 mai  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0
    23 mai  : 59  : 56  : 2  : 0  : 0  : 12  : 6  : 7
    24 mai  : 38  : 34  : 4  : 0  : 3  : 18  : 2  : 8
    25 mai  : 45  : 46  : 3  : 6  : 0  : 24  : 0  : 2


    Cisjordanie

    L’ensemble de la Cisjordanie est assiégé par les FOI qui, durant cette période, ont imposé de nouvelles restrictions aux déplacements palestiniens.

    - Jérusalem : ce sont des milliers de Palestiniens qui ne peuvent toujours entrer dans la ville, de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Israéliens ont installé des check-points partout dans et autour de la cité. Le vendredi, jour de prière, les passages sont encore plus réduits pour empêcher le maximum de Palestiniens de se rendre à la mosquée al-Aqsa, dans la vieille ville.

    - Ramallah : sur les check-points de Jaba’ et de Qalandya, au sud-est de Ramallah, l’armée a imposé de nouvelles limites aux passages des Palestiniens. Des barrages furent notamment installés sur différentes routes du secteur pour bloquer les véhicules palestiniens et les fouiller ainsi que leurs passagers.

    - Naplouse : samedi matin, 22 mai, sur le check-point de Za’tara, au sud de Naplouse, des restrictions nouvelles sont imposées aux mouvements des Palestiniens et le mardi 25, idem à Hawara et Za’tara.

    Arrestations sur les check-points militaires

    Dimanche 23 mai, vers 8 h, les troupes israéliennes stationnées au check-point d’Huwara, au sud de Naplouse, arrêtent Islam Mohammad Shatat, 24 ans, du village de Bedya, au nord-ouest de Salfit, alors qu’il se rendait à Naplouse pour passer son examen de fin d’année à l’université nationale an-Najah.


    4 - Activités de colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens

    Israël poursuit la colonisation dans les TPO en violation du droit international humanitaire et les colons leurs attaques des Palestiniens et de leurs biens.

    -  Le lundi matin 24 mai, les FOI ont rendu une ordonnance militaire pour la confiscation de larges secteurs de terres agricoles palestiniennes à Hébron afin d’y construire « une route pour la sécurité des colons », qui relierait la colonie Kiryat Arba à la mosquée Ibrahimi. La route ferait au moins 1,3 km. La population affectée par cette ordonnance a une semaine pour faire appel. Les terres, couvertes d’oliviers, de pruniers et de vignes, appartiennent à Jameel Suleiman Abu Su’aifan, Kayed Sa’id Da’na, Mnawer As’ad Jaber, et Mahmoud al-Nouti Jaber.

    -  A l’ouest de Tulkarem, le vendredi 21 mai, ce sont au moins 200 colons israéliens de la colonie Avni Hefetz, à l’est du village de Kufor al-Labad, et de la colonie Ennab à l’ouest de ce village, qui envahissent la zone ‘Izbat al-Hafassi, près du village, alors que les Palestiniens travaillent sur leurs terres. Les colons les en chassent et se mettent à y célébrer un office religieux. Ils brandissent aussi des drapeaux israéliens et arrachent des oliviers, appartenant à Sa’id Hussein Jab’eiti.


    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, veuillez consulter notre site : http://www.pchrgaza.org ou contacter le bureau du PCHR à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org ou par téléphone, au : +972 (0)8 282 4776 - 282 5893.


     
     

    Rapport hebdomadaire pour la période du 20 au 26 mai 2010 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.

     

     


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  • Port au Prince 26 mai 2010

    Les forces de l’ONU en Haïti ont eu recours cette semaine aux balles en caoutchouc et aux gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation d’étudiants. La répression s’est étendue jusqu’au camp de réfugiés suite au tremblement de terre. Il y a eu plus de mobilisations jeudi.

    Lundi, les troubles, à proximité du Palais National, la résidence présidentielle, ont fait que des personnes âgées, des femmes et des enfants ont fui épouvantés.

    Des milliers de familles sont entassées dans les rues de la zone du Champs de Mars, voisine du Palais National, depuis le séisme du 12 janvier qui a fait 200 000 morts et près de deux millions de déplacées des quartiers détruits de Port au Prince.

    Au moins six personnes sont arrivées à l’Hôpital Général  présentant des blessures par balle de caoutchouc, ont fait remarquer 3 médecins volontaires de l’organisation Partners in Health qui travaillent aux urgences. "Un enfant avait une blessure grave au visage", à déploré Joël Junior, un jeune homme qui était avec des amis devant le Palais National, encore en ruine. "C’était un supplice, ils lançaient des gaz partout", a-t-il ajouté.

    " Du sang", a déclaré le Dr Americain Sarah McMillan. "Une petite petite fille est arrivée avec une  blessure grave  au visage. Il a fallu lui faire 10 points de suture. Une cicatrice qui probablement lui restera à vie", a-t-elle ajouté.

    La coalition de Tet Kolé (les têtes jointes en créole) a protesté le mois dernier dans la même zone exigeant la démission du président René Préval pour sa mauvaise gestion de la crise après le séisme.

    Les manifestants accusent le président de vouloir s’accrocher au pouvoir après avoir étendu son temps de mandat. Initiative approuvée par le  parlement.

    Les murs de la faculté d’Ethnologie sont couverts de graffitis contre Préval et les Nations Unies. Les étudiants ont fait des gestes obscènes aux casques bleux Bresiliens postés dans leurs véhicules tout-terrain en dehors de l’enceinte universitaire.

    Quand les militaires irrités ont tenté de rentrer sur le campus, en traitant les étudiants de voleurs et de vagabonds, ces derniers ont répondu avec des pierres. En se repliant, les soldats ont tiré des coups de feu en l’air et une balle a touché le bâtiment de la faculté.

    Les troupes sont revenues  en renfort dans des véhicules plus lourds. Frantz Mathieu Junior a couru se cacher dans les toilettes, mais les soldats l’ont poursuivi et ont ouvert d’un coup de pied la fine porte en bois, ils l’ont jeté au sol, frappé à plusieurs reprises et l’ont emmené. Arrivé au centre de détention, ils l’ont fait manger de force.

    Après la détention de Junior lundi, les étudiants sont sortis pour protester et ont jeté plus de pierres. Mardi le correspondant d’IPS a pu voir la porte éclatée et les trous de balles dans l’une des fenêtres du 3ème étage.

    Le chef de la Mission de l’ONU pour la Stabilisation d'Haïti (Minustah), Edmond Mulet, a publié un communiqué accusant 1 étudiant non identifié "de provocation" pour avoir lancé des pierres contre une patrouille. Mais il s’est excusé de l’intrusion des troupes sur le campus et de l’arrestation . De son côté David Wimhurst, porte-parole de la Minustah a indiqué que les soldats n’avaient ni tiré, ni lancé de gaz lundi. D’après lui seul des aérosols poivrés et des balles de caoutchouc ont été utilisés pour disperser les gens hors de contrôle.

    Les correspondants de la chaîne CNN disent quant à eux avoir entendu des coups de feu, ils ont senti des gaz lacrymogènes et ils ont vu des nuages de fumée autour du Palais National.

    "Tout le monde courrait. Personne ne veut rester là quand il y a beaucoup de gaz", a dit à l'IPS Joseph Marie-Ange, 24 ans et père de quatre enfants. "Ils sont grossiers. Les enfants et les personnes âgées du campement tombaient à cause du gaz", a-t-il ajouté.

    Quelques heures après, le calme revenu et le gaz dissipé, Levita Mondésir marchait péniblement avec son bébé de trois mois vers l’Hôpital Général. "Nous vivons sur la Place Pétion, face à la faculté d’Ethnologie", a-t-elle raconté . "Les étudiants sont venus et peu après la Minustah a lancé les gaz. Quand je suis arrivé au campement, tout le monde courait et j’ai fait de même", ajoute-t-elle. "J’ai essayé de couvrir le bébé et j’ai dit aux autres enfants de se cacher sous le lit".

    "Il y avait de la fumée, tout le monde tombait. Le petit ne réagissait plus, j’ai eu peur qu’il soit mort et je me suis mis à pleurer. Des personnes m’ont aidé à le conduire à l’hôpital en moto-taxi". Les médecins lui ont donné un laissez-passer pour faire une radiographie le lendemain. Son mari, Tinès Clergé, ne veut plus vivre là. "Je ne peux plus rester à Chanmas".

    Les protestations ont continué à Chanmas  mardi après midi. De nombreuses troupes de l’ONU et  la police haïtienne ont entouré le Palais National avec des barricades. De plus, la population est contrariée de la Commission Intérimaire de Récupération d'Haïti, chargée de gérer un programme d'aide de 10.000 millions de dollars. La majorité de ses membres sont étrangers, mais Préval a un droit de  veto.

    "S’ils voulaient réprimer la protestation : pourquoi n’ont-ils  pas lancé le gaz contre les professeurs ou les étudaints?", a demandé Malia Villa, de l’organisation féminine Konfaviv, qui a dû aussi fuir Chanmas la nuit de lundi.

    "Comment  peuvent-ils tirer sur le campement, où il y a des familles avec enfants !", s’est-elle plaint. "Ils sont censés garantir la sécurité, mais comment le gouvernement va pouvoir travailler avec eux après cela ?", "Nous ne pouvons plus les tolérer. Nous sommes dégoûtés.

    La Minustah a été cible d’accusations d’abus depuis sa création en 2004, après le renversement du président Jean-Bertrand Aristide. Il y a eu d’autres épisodes similaires en 2008 et 2009 quand des troupes de l’ONU ont tiré au hasard tuant et blessant des civils. Mais les enquêtes internes les ont acquittés de toute responsabilité.

    Traduc RLB

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    ONU reprime protestas en Haití
    Por Ansel Herz

    PUERTO PRÍNCIPE, 26 may (IPS) - Fuerzas de la misión de paz de la ONU en Haití apelaron esta semana a balas de goma y gases lacrimógenos para dispersar una protesta de estudiantes universitarios. La represión se extendió hasta un campamento de personas desplazadas por el terremoto. Habrá más movilizaciones este jueves.

    Los disturbios del lunes, cerca del Palacio Nacional --residencia presidencial-- hicieron que ancianos, mujeres, niños y niñas huyeran despavoridos.

    Miles de familias están hacinadas en las plazas de la zona de Champs de Marz, vecina al Palacio Nacional, desde el terremoto del 12 de enero que dejó 200.000 personas muertas y casi dos millones de desplazadas de los barrios destruidos de Puerto Príncipe.

    Al menos seis personas llegaron al Hospital General con heridas de bala de goma, señalaron tres médicos voluntarios de la organización Partners in Health (socios en salud) que trabajaban en la emergencia. "Un niño tenía una herida grave en la cara", se lamentó Junior Joel, un joven que estaba con amigos fuera del Palacio Nacional, con partes todavía derruidas por el sismo. "Fue un suplicio, lanzaban gases por todas partes", añadió.

    "Sangraban", dijo a IPS la médica estadounidense Sarah McMillan. "Una niña pequeña llegó con una gran lastimadura en la cara. Hubo que darle 10 puntos. Probablemente le quede una cicatriz", añadió.

    La coalición de organizaciones Tet Kolé (cabezas juntas en creole) protestó el mes pasado en la misma zona pidiendo la renuncia del presidente René Préval por la gestión de la crisis tras el terremoto.

    Los manifestantes acusan al mandatario de querer aferrarse al poder al extender su mandato. La iniciativa contó con la aprobación del parlamento.

    Las paredes de la Facultad de Etnología están tapadas de pintadas contra Préval y las Naciones Unidas. Los estudiantes hicieron gestos obscenos a los efectivos brasileños de la misión de paz apostados en sus vehículos todoterreno fuera del recinto universitario el lunes de tarde.

    Cuando los uniformados trataron de ingresar, enojados y llamándolos ladrones y vagabundos, ellos respondieron con piedras. Al retirarse, los soldados efectuaron disparos al aire y una bala impactó en el frente de la Facultad.

    Cuando los efectivos regresaron en vehículos más grandes, Frantz Mathieu Junior corrió a esconderse en un baño, pero los soldados abrieron de una patada la fina puerta de madera, lo tiraron al piso y lo golpearon varias veces y se lo llevaron. En el centro de detención lo hicieron comer por la fuerza.

    Tras el arresto de Junior el lunes, los estudiantes salieron a protestar y tiraron más piedras. IPS pudo ver el martes las rajaduras en la puerta y el agujero de bala en una de las ventanas del segundo piso.

    El jefe de la Misión de la Organización de las Naciones Unidas para la Estabilización de Haití (Minustah, por su acrónimo francés), Edmond Mulet, divulgó un comunicado en el que culpa a un estudiante no identificado de "provocación" por lanzar piedras contra una patrulla. Pero se disculpó por la intrusión de los efectivos y la detención.

    Los soldados de la Minustah no dispararon ni lanzaron gases el lunes, señaló su portavoz, David Wimhurst. Sólo se usó aerosol de pimienta y balas de goma para disipar a la gente fuera de control, añadió.

    Corresponsales de la cadena de noticias estadounidense CNN escucharon disparos, olieron gases lacrimógenos y vieron botes de humo alrededor del Palacio Nacional. Los efectivos de la Naciones Unidas rociaron la zona y lanzaron balas de goma, según testigos.

    "Todo el mundo corrió. Nadie quiere quedarse cerca cuando hay mucho gas", dijo a IPS Joseph Marie-Ange, de 24 años y con cuatro hijos. "Son groseros. Los niños y los ancianos del campamento se caían por el gas", añadió.

    Horas después de recuperada la calma y de que el gas se disipara, Levita Mondesir caminaba penosa con su bebé de tres meses hacia el Hospital General.

    "Vivimos en Place Pétion, enfrente a la Facultad de Etnología", contó a IPS. "Vinieron los estudiantes y luego la Minustah lanzó el gas. Cuando llegué al campamento, todo el mundo corría y yo hice lo mismo", relató.

    "Traté de cubrir al bebé y le dije a los otros niños que se escondieran abajo de la cama", apuntó. "Había humo, todo el mundo se caía. El pequeño no reaccionaba, temí que hubiera muerto y me puse a llorar. Unas personas me ayudaron a llevarlo al hospital" en un taxi motocicleta, añadió.

    Los médicos le dieron un pase para hacerle una radiografía al día siguiente.

    Su esposo, Tines Clerge, ya no quiere vivir allí. "No me puedo quedar más en Chanmas", dijo a IPS.

    Las protestas siguieron en Chanmas el martes de tarde. Numerosos efectivos de la ONU y de la policía haitiana rodearon con barricadas el Palacio Nacional.

    Además, la población está molesta con la Comisión Interina de Recuperación de Haití, encargada de gestionar un paquete de asistencia de 10.000 millones de dólares. La mayoría de sus integrantes son extranjeros, pero Préval tiene poder de veto.

    "Si querían reprimir la protesta, ¿por qué no lanzaron el gas contra la facultad, donde estaban los estudiantes?", preguntó Malia Villa, de la organización femenina Konfaviv, quien también tuvo que huir de Chanmas el lunes de noche.

    "¡Cómo van a disparar contra el campamento, donde hay familias con niños!", se quejó. "Se supone que están para garantizar la seguridad, pero cómo el gobierno va a trabajar con ellos después de esto", apuntó.

    "No podemos tolerarlo más. Nos repugna", exclamó alzando las manos.

    La Minustah ha sido blanco de acusaciones de abusos desde su creación en 2004, tras la derrocamiento del presidente Jean-Bertrand Aristide.

    Hubo otros episodios similares en 2008 y 2009 en los que efectivos de la ONU dispararon de forma indiscriminada y mataron e hirieron civiles. Pero las investigaciones internas los absolvieron de toda responsabilidad de acciones indebidas.

    (FIN/2010) ici


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  • Georges Cipriani est semi-libéré depuis avril dernier à Strasbourg.

    Jean Marc Rouillan reste enfermé près de Toulouse.

    Une situation incompréhensible qui justifie une nouvelle manifestation.

    Les mois passent et rien ne se passe. Après un sinistre tourisme carcéral qui l’a conduit ces derniers mois de Marseille à Muret, de Muret à Fresnes et de Fresnes à Muret, Jean-Marc Rouillan attend toujours que la justice française le rende au pays du dehors.

    Début 2010, Jean-Marc Rouillan a passé six semaines au Centre national d’observation de Fresnes. Tous les obstacles judiciaires semblent à présent levés pour permettre une sortie à l’air libre. À quoi faut-il s’attendre ? La justice a l’embarras du choix. Semi-liberté ? Liberté conditionnelle ? Application de la loi Kouchner (libération pour raison médicale) ? Mystère.


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  • "Le monstre" Epaminondas Korkoneas, meurtrier d’Alexis Grigoropoulos a été libéré de détention préventive.

    Depuis quelques heures il est annoncé sur différents blogs que la libération d’Epaminondas Korkoneas de détention préventive est imminente. La nouvelle a aussi été diffusée sur les pages internet des médias grecs.

    Sur les blogs anarchistes, on demande expressément de répandre cette nouvelle immédiatement sur tous les médias.

    Korkoneas n’était pas accusé de meurtre, mais de meurtre avec préméditation. La justice n’a pas pu prouver l’intention. L’ami de 17 ans d’Alexis, un témoin à charge important qui se trouvait à côté d’Alexis durant l’action, doit être oublié depuis longtemps.

    Korkoneas et un policier co-accusé avaient plaidé non coupable. Le procès avait été déplacé dans une petite ville de montagne difficilement accessible par peur des manifestations à Athènes.

    La libération doit avoir lieu le 6 juin. Des prises de position des groupes de gauche grecs ou de la famille n’ont pas encore eu de conséquence évidemment, tout au moins il n’y a aucune traduction concrète.

    La mère d’Alexandros Grigoropoulos a qualifié Korkoneas de monstre, pour lequel la vie de son fils aurait eu autant de signification que celle d’un cafard.

    Traduit de l’allemand (Indymedia Allemagne) par Gachet,
    HNS-info, 27 mai 2010.

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