• Seb Musset : quand les fachos récupèrent les luttes de précaires

    Notre article Paris RSA : un SDF propre est un SDF suspect , a été mis en lien sur un court texte du blogger Seb Musset, intitulé la rue se meurt .

    Nous nous préoccupons assez peu généralement de la reprise de nos textes sur la toile. Les lois de l’internet sont ce qu’elles sont, malheureusement.

    Les précaires et leurs luttes sont à la mode , dans les cercles virtuels de la contestation. Les récits de nos micro affrontements avec la CAF ou Pôle Emploi ajoutent sans doute une touche « terrain » aux sites de partis politiques de gauche ou d’extrême gauche, ou à ceux qui font profession d’un regard désabusé et cynique sur le « système ».

    Mais le site de Seb Musset nous a rapporté beaucoup de visites, alors nous sommes allés voir de plus près.

    Le titre de l’article nous a écœuré : notre texte raconte la victoire d’un SDF contre la CAF, le combat d’un militant privé de toutes ressources et de logements fixes pendant des mois, et qui n’en est pas moins resté debout, et solidaire d’autres précaires.

    La rue ne meurt pas, elle résiste à la précarisation
    , à la misère, à l'atomisation, et ça marche,
    voilà la morale essentielle d’une petite histoire parmi d’autres.

    Seb Musset , avec son titre misérabiliste insulte notre camarade et notre lutte.

    D’ailleurs, notre lutte il s’en fout
    .


    La preuve ? Son texte est une énième et ennuyeuse attaque contre Nicolas Sarkozy, un tissu de banalités sur « le monarque » en exercice, sa vie privée et son mépris des pauvres.

    Contrairement à Seb Musset, nous ne voyons dans ce mépris, absolument rien de spécifiquement « sarkosyste ». Absolument rien qui le distingue d’autres présidents, d’autres élus de quelque parti qu’il soient.

    Le texte repris par Seb Musset, d’ailleurs évoquait un contrôle CAF mené par le département de Paris, donc sous la responsabilité d’un Conseil Général de gauche plurielle. La mort sociale à laquelle on veut nous condamner n’a pas de couleur politique. Et aucune loi ne contraint les élus de quelque tendance qu’ils soient à choisir comme cibles des contrôles, les allocataires les plus fragiles.

    Seb Musset naturellement élude cette dimension essentielle et fait ainsi le jeu de ceux qui se présentent comme des amis des précaires opposés à ce gouvernement, mais appliquent au quotidien la répression et le contrôle.


    Et puis le mépris des pauvres, Seb Musset s’y connaît
    .


    Parmi mille exemples de "descriptions mordantes", des imbéciles pathétiques gavés de télé et de pizzas synthétiques. On peut lire sa dernière charge contre les abstentionnistes, publiée hier : Ils y sont joliment décrits comme des décervelés avides de voter pour ou contre dans les jeux télé débiles, foutus de passer leurs dimanches à faire la queue chez Ikea (chez Habitat, c’est moins long, mais c’est plus cher ), mais incapables de passer dix minutes à aller voter. Une expression supplémentaire du « dynamitage du collectif », selon Seb Musset. Les chômeurs abstentionnistes, et ils sont nombreux, apprécieront comme il se doit.

    Seb Musset ne dit pas pour qui il a voté. On s’en foutrait d’ailleurs, si encore une fois, il n’avait pas déformé et récupéré notre propos. Mais du coup, nous avons été amenés à nous demander ce qui sous tendait la démarche.

    "Chroniqueur de guerre néo libérale", c’est un peu vague comme engagement.

    "Héritier" d’Alain Soral, c’est beaucoup plus précis. C’est bien comme ça que ce définit Seb Musset en avril 2009, en pleines européennes, à un moment ou Alain Soral est en campagne pour le Parti « Antisioniste » dans un entretien 
    accordé à des membres d’Egalité et Réconciliation

    « Soral est, malgré lui, à l’origine de ce blog : C’était un minimum de le citer. Comme il n’écrit plus de livre, j’ai cité ce qu’il considère comme l’extension logique de son travail : Egalité et Réconciliation. »

     [1]

    Ce n’est pas ici le lieu pour faire en long et en large la liste des raisons évidentes pour lesquels notre collectif n’a rien à voir, de près ou de loin avec un blogger qui admire un écrivain raciste, antisémite et engagé politiquement dans les rangs fascistes. Qu’il s’agisse de ceux du Parti «  Antisioniste » de Dieudonné ou du Front National ou d’Egalité et Réconciliation, ou d’un mix des trois.

    D’ailleurs dans la réalité, le problème ne se pose même pas : à peine deux mois après que Musset se soit courtoisement entretenu avec Egalité et Réconciliation et leur ait publiquement tressé des lauriers, notre collectif se trouvait confronté avec ceux dont Musset apprécie encore publiquement la « sincérité » en janvier 2010. C’était à l’occasion d’une permanence de la CAF d'Argenteuil  et au marché, ou nous avons eu la joie d’apprécier cette « sincérité » des amis d’alain soral, et leur opinion concrète sur les collectifs de précaires.

    Nous nous fichons éperdument de savoir ce qui a motivé la relative et soudaine discrétion de Seb Musset quant à son mentor idéologique et inspirateur de son blog. La forme peut bien changer, le fond reste le même, comme le démontre sa reprise de notre article : récupération de nos luttes et déformation de leur contenu, mépris affiché des pauvres, dont la description cynique cohabite avec l’utilisation de la misère pour faire « social ».

    Sur le terrain, ceux qui discutent courtoisement avec l’extrême droite ne sont jamais du côté de ceux qui résistent au quotidien contre la précarité imposée. Les admirateurs d’Alain Soral, minable pourfendeur du combat féministe, ne peuvent être qu’en face d’un collectif de précaires : parce qu’un chômeur sur deux est une femme, parce qu’elles sont soumises en tant que telles à une double oppression, comme en témoigne chaque jour notre combat contre les contrôles de la CAF.

    Cette mise au point choquera sans doute quelques précaires, parce que le blog de Seb Musset, comme celui de nombreux autres faux-amis est mis en lien et cité fréquemment par des camarades en lutte, bloggers ou pas. Et ce d’autant plus que Seb Musset n’est pas l’unique membre de cette mouvance à nous citer, juste le plus connu. Et que des lecteurs nous arrivent désormais par le canal de l’extrême droite organisée ou pas, car nous ne contrôlons pas la reprise de nos articles.

    Initialement le site était en modération a priori, ouvert librement aux commentaires.

    C’est à cause des dérives antisémites et racistes apportées par des contributeurs de la mouvance fasciste ou leurs sympathisants qu’il est désormais modéré a priori, parce que nous ne défendons
    pas la liberté d’expression de la haine sur nos outils.


    Pour notre collectif, il n’y a pas, il n’y aura jamais débat sur l’évidence antifasciste.

    Si nous ne pouvons empêcher la récupération virtuelle de nos luttes, les développer dans le réel
    nécessite de ne pas alimenter la confusion ambiante, parce que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme ou l’homophobie plombent au quotidien le développement d’une de nos seules armes, la solidarité entre précaires.

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    [1] Dans cet entretien, Musset parle de toute la période ou le lien vers Egalité et Réconciliation a figuré sur son blog. Blog crée en 2006. Soral est entré au Front National en 2007, et le lien est resté au moins jusqu’en avril 2009.

    Monsieur Musset l’a finalement retiré mais des membres d’Egalité et Réconciliation lui font remarquer que ce retrait coincide étrangement avec sa participation à Marianne2, et avec la quête d’une certaine respectabilité, dans les commentaires d’un article de janvier 2010. Le débat est courtois, et Musset y précise notamment que c’est l’engagement dans le Parti Antisioniste qui le dérange , et pas Egalité et Réconciliation en soi

    Source Collectif RTO


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  • MAM se fait ratatiner par la Cour de Cass’

    comment-ratatiner-les-loups--8029947.jpgQuand le PS dort, il reste une opposition dans ce pays, la Cour de cassation. Elle ne souhaitait pas particulièrement jouer ce rôle, mais elle l’assume, et à donf !



    C’était hier une belle journée pour le gouvernement. Le Palais de justice tout à sa gloire... A la XVII° chambre correctionnelle, le procureur adjoint Cordier expliquait que Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur pour quelques semaines encore, a tenu des propos racistes, avec ses auvergnats frisés, mais qu’il échappera à la condamnation qu’il mérite car ses propos étaient tenus auprès d’un groupe d’amis, et n’étaient pas destinés à être rendus publics.

    Un sort peu enviable pour notre ami Brice : coupable jusqu’à l’os – je salue le MRAP qui a eu le courage et la lucidité de poursuivre – et condamné à ne pouvoir être condamné. Pauvre Brice qui ne pourra expier sa faute. Si le procureur Cordier est suivi par le tribunal, notre désarmant auvergnat de Neuilly supportera la culpabilité toute sa vie, sans pouvoir payer sa dette à la société, et se trouver quitte. De la vraie perpète... Le bracelet électronique in abstracto et in memoriam !


    Passez un étage, et traversez le couloir : vous voici à la Cour de cassation, et là, c’était MAM qui était à la fête.


    Réunis en assemblée générale, les magistrats du Siège et du Parquet de la Cour de Cass’ rendaient leurs copies sur l’avant-projet de loi de MAM et de Notre Bien Aimé de Sa Dame Président de la République, relatif à la surpression du juge d’instruction, et autres fantasmes. Eh oui, rappelez vous, le rescapé des régionales était encore une gloire il y a un an, et il avait annoncé devant la même Cour de Cass’ que le juge d’instruction s’était fini, et autres fantasmes.


    Depuis, MAM a travaillé dur, mais la prof de droit se fait coller une note éliminatoire à ses partiels d’avril. Son avant-projet se trouve classé en « zone noire ».


    C’est du côté du Parquet que ça tape le plus dur, et le discours du procureur général Nadal lors de la rentrée de la Cour était annonciateur. Je les comprends : les magistrats français en ont assez de se faire coller des bonnets d’âne par la CEDH parce qu’ils appliquent des lois imbéciles.


    Le texte « ne garantit pas suffisamment les équilibres institutionnels et l'exercice des droits de la défense et des victimes ». Les procureurs rejoignent la contestation des avocats : « Le contrôle de la garde à vue ne peut dépendre de l'autorité de poursuite ». L’arrêt Medvedyev s’est posé entre les deux bras de la Seine ! Ce contrôle, exercé par un juge indépendant, doit être « prompt et automatique » et « comporter le pouvoir d'ordonner la libération de la personne gardée à vue » si le juge l'estime nécessaire. Généreux, j’offre une boîte de Doliprane aux intellos des syndicats de police Alliance et Synergie pour faire passer leurs migraines.239190-gf.jpg


    Le juge de l'enquête et des libertés – destiné à remplacer le  juge d'instruction – devrait avoir « une permanence d'intervention » dans les investigations. Connaisseurs, nos parquetiers en chef soulignent que la complexité de la procédure envisagée est susceptible d'entraîner une « paralysie » de certaines enquêtes, se bidonnant gentiment devant les concepts de « devoir de désobéissance » ou de « partie citoyenne ». Merci de ne pas tous nous prendre pour des militants  UMP, nous ne sommes pas si crétins ! Au passage,  ils flinguent la remise en cause les délais de prescription pour le délit d'abus de biens sociaux. Grosse déprime à prévoir chez nos amis de la bande du Fouquet’s.


    Après, ça enchaîne sur le statut du Parquet : « Les garanties nouvelles pour intéressantes qu'elles soient, ne sont pas de nature à compenser l'absence de réforme statutaire en matière de nomination, d'avancement et de mutation d'office, réforme indispensable à une meilleure garantie d'impartialité et à une plus grande confiance de la société envers les magistrats qui la représentent ».

    Du côté des magistrats du Siège, c’est la même musique : « Il ne paraît pas possible de confier à un parquet hiérarchisé, placé sous l'autorité du ministre de la Justice, ne bénéficiant d'aucune garantie statutaire nouvelle, les pouvoirs très étendus envisagés par l'avant-projet de réforme, soulignent-ils à leur tour. (…) Une telle réforme paraît incompatible avec le statut actuel des magistrats du Parquet. »

    Donc, MAM, ma petite chérie, les carottes sont cuites et la messe est dite. C’est un peu comme pour les excités de la burqa, avec le Conseil d’Etat qui leur colle le cul dans un bain d'eau froide. Je te conseille donc de passer outre l’avis de la Cour de Cass’, qui rejoint tant d’autres avis dont celui du Barreau, et de vite faire voter ta misérable loi. Comme ça, nous tournerons encore plus vite la page des années Sarko, dont il restera de mauvais souvenirs et des ardoises à payer. Toi, tu es une veinarde: il te restera Saint Jean-de-Luz !

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    MAM préparant une grande grande grande réforme
     

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  • Nuage de cendres : le jogging de Nicolas Sarkozy suspendu jusqu’à nouvel ordre

    Didier Kala, vendredi 16 avril 2010     

     

     

    Les cendres émises par l’éruption du volcan Fimmvorduhals ont touché la France la nuit dernière. Les microparticules pourraient gripper les pièces mécaniques de précision qui équipent entre autres les avions et le président de la République. Afin d’éviter toute catastrophe irréparable, ceux-ci sont cloués au sol jusqu’à nouvel ordre.

     

    Sous un ciel qui pour une fois n’était pas zébré de traînées de condensation, les trottoirs du huitième arrondissement de Paris étaient ce matin exceptionnellement calmes. Les habitants, d’abord déroutés par l’absence du train matinal de gardes du corps disposés en tortue autour du président de la République, ont un instant craint pour la santé de Nicolas Sarkozy.
    Un communiqué de Frédéric Lefebvre les a vite rassurés : « le président n’a PAS fait de malaise vagal, jamais, mais son jogging est suspendu à titre préventif. » La raison : le nuage de cendres volcaniques en provenance d’Islande qui recouvre peu à peu l’Europe.

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    François Mitterrand n’avait pu terminer l’ascension de la Roche de Solutré après l’éruption du Pinatubo.

    Composé de silices et de divers minéraux, le nuage émis par le volcan islandais est invisible à l’œil nu. « Cela le rend inoffensif pour l’homme », précise-t-on à la Direction Générale de la Santé.
    En revanche , les microscopiques particules qui le composent pourraient avoir un effet désastreux sur les pièces mécaniques qui y sont exposées.
    « Une microparticule minérale, ça n’est rien d’autre qu’un tout petit petit caillou. Quand il n’y en a qu’une, ça va. Le problème, c’est qu’il y en a beaucoup, ce qui équivaut à un caillassage en règle quand on fait passer un avion à travers à 800 kilomètres à l’heure » déclare Patrick Gandil, le Directeur Général de l’Aviation Civile.
    C’est pour cette raison que les vols au départ et à l’arrivée de la moitié septentrionale de la France ont été annulés depuis hier.

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    Si Nicolas Sarkozy ne reprend pas le jogging rapidement, son image sera plus difficile à gérer.

    Le principe de précaution a aussi été appliqué au président de la République : Nicolas Sarkozy est resté dans son hangar depuis la fin de l’après-midi de jeudi.
    Le routeur du président, Martin Bouygues, s’en est expliqué à la presse ce matin : « Nous ne voulons pas prendre de risques inconsidérés et voir le président exploser en vol. La possibilité d’une accumulation de silices dans son larynx est très réelle et pourrait rendre incontrôlable ce petit bijou de technologie. Nous avons donc, avec le reste du staff technique, décidé de suspendre son jogging et ses activités en plein air en général jusqu’à dissipation du nuage islandais. »

    L’Elysée se garde toutefois bien de préciser quand l’alerte pourra être levée : la dernière éruption du Fimmvorduhals a duré deux ans. Alors on croise les doigts : « L’Islande a fait krach, l’Islande a fait boum... Nous espérons qu’elle fera Uhu assez vite, sans quoi la campagne 2012 va être coton. »


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  • Discours de Barack Obama le 28 mars 2010 à Baghram, Afghanistan

    Faut-il vraiment s’étonner quand Barack Obama reprend la rhétorique de son prédécesseur à la Maison-Blanche à propos d’al-Qaïda et du 11-Septembre ? Lors de sa récente visite éclair en Afghanistan, le président américain a prononcé un discours dans la droite ligne de ceux de George W. Bush, justifiant la présence militaire de l’OTAN par la nécessité de mettre fin au terrorisme, au trafic de drogue et de restaurer la justice.

    Rappelons qu’au nom de la défense de la paix dans le monde, le prix Nobel de la paix 2009 a, depuis, fait voter par le Congrès américain le plus important budget militaire de l’histoire des Etats-Unis à hauteur de 684Md de Dollars [1] pour l’année fiscale 2010, qu’il a donné blanc-seing et 40.000 hommes supplémentaires au Général Mc Chrystal [2] , qu’il fait pression sur l’OTAN pour compléter le dispositif de guerre afghan, et qu’il vient de signer la prolongation des principales dispositions soi-disant temporaires du Patriot Act [3]. Sans compter que le camp de Guantanamo est toujours actif, et que nous ne savons toujours pas où et selon quel système juridique se tiendra le procès des prétendus conspirateurs du 11 septembre, dont le "waterboardé" 183 fois Khalid Cheikh Mohammed.

    Voici donc la traduction du discours de B. Obama devant les troupes de l’OTAN à Baghram le 28 mars dernier.

    LE PRESIDENT : Comment ça va, Baghram ? (Applaudissements) Eh bien, vous savez, il se trouve que le peuple américain m’autorise à utiliser cet avion appelé Air Force One, alors je me suis dit que je viendrais vous rendre une petite visite. (Applaudissements)

    Il y a certaines personnes que je voudrais remercier, hormis le Sergent-major Éric Johnson pour sa remarquable introduction et son excellent travail. Je voudrais remercier le Général-major Mike Scaparrotti, (Applaudissements). Merci pour votre excellent travail en tant que commandant. Je voudrais remercier Mme Dawn Liberi, qui est la représentante civile en chef du Commandement régional oriental, pour son extraordinaire travail ; et le Général de brigade Steven Kwast, commandant – (applaudissements) – commandant de la 455e brigade aéroportée. Merci à tous pour votre excellent travail. Qu’on les applaudisse ! (Applaudissements)

    Merci pour votre incroyable accueil. Je sais que vous avez été prévenus au dernier moment.

    MEMBRE DU PUBLIC : pas de problème

    PRESIDENT : Pas de problème. (Rire.) Ca fait plaisir d’être ici à Baghram, et ça fait plaisir de voir tous ces corps d’armée. Il y a les Forces aériennes, il y a l’Armée – (applaudissements) – la Marine – (applaudissements) – et quelques « marines » parmi nous. (Applaudissements). Il y a beaucoup de civils aussi – (applaudissements) – qui apportent une contribution extraordinaire aux efforts, et je suis honoré d’être en compagnie de l’extraordinaire équipe dirigeante militaire civile américaine ici en Afghanistan, l’ambassadeur Karl Eikenberry, qui accomplit un excellent travail, et le commandant de notre coalition de 43 états, le Général Stan McChrystal. Tous les deux ont forment une équipe qui se réalisent une tâche très difficile, mais ils font un excellent travail et nous en sommes fiers. Merci d’applaudir chaleureusement cette équipe extraordinaire. Ils ont toute ma confiance et tout mon soutien. (Applaudissements)

    Nous avons aussi avec nous quelques troupes de nos partenaires de la coalition, car ceci n’est pas uniquement une mission américaine ni même une mission de l’OTAN. Al-Qaïda et ses alliés extrémistes représentent une menace pour l’Afghanistan et une menace pour le peuple américain, mais ils représentent aussi une menace partout dans le monde, et c’est pour cela que nous sommes si fiers d’avoir parmi nous nos partenaires de la coalition. Merci beaucoup pour l’excellent travail que vous accomplissez ici. Nous vous saluons, vous et votre dévouement, et vous êtes de véritables amis pour les États-Unis d’Amérique. Merci beaucoup. (Applaudissements).

    Et nous saluons aussi l’Armée nationale afghane qui se bat à nos côtés. Ils risquent leurs vies pour protéger leur pays. Et comme je l’ai dit au Président Karzai aujourd’hui, les États-Unis sont un partenaire, mais notre objectif est de fournir aux Afghans les moyens d’assurer leur propre sécurité. C’est là le coeur de notre mission, et nous sommes fiers du travail qu’ils accomplissent et de l’augmentation constante des capacités des forces de sécurité nationale afghanes. Merci beaucoup pour tout le travail que vous accomplissez pour prendre en charge la sécurité de votre pays. (Notez l’absence d’applaudissements. Note perfide du traducteur)

    Au peuple afghan, je voudrais dire que je suis honoré d’être votre hôte aujourd’hui. Les Afghans ont souffert pendant des décennies, des décennies de guerre. Mais nous sommes ici pour aider les Afghans à forger une paix durement gagnée tout en réalisant le potentiel extraordinaire du peuple afghan, le fils et les filles de l’Afghanistan, des soldats et policiers jusqu’aux paysans et les jeunes étudiants. Et nous voulons construire une amitié solide basée sur des intérêts et un respect mutuels, et j’espère revenir souvent en Afghanistan dans les années à venir.

    Je sais que la plupart d’entre vous n’ont pas été prévenus à temps de mon arrivée. Mais je veux que vous compreniez qu’il n’y avait aucune visite plus importante pour moi que celle-ci, parce que mon plus grand honneur est celui d’être votre Commandant en chef. Et c’est un privilège que de constater les efforts extraordinaires accomplis par les fils et les filles de l’Amérique ici en Afghanistan. Alors mon principal devoir aujourd’hui ici c’est de vous remercier au nom du peuple américain. (Applaudissements).

    Vous faites partie de la meilleure armée de l’histoire du monde, et nous sommes fiers de vous. Et je veux vous dire que nous sommes tous fiers de vous. Tout le monde vous est reconnaissant. Et tout le monde comprend les sacrifices que vous avez faits, vous et vos familles, afin d’assurer la sécurité de l’Amérique au cours cette mission vitale.

    Et je sais que ce n’est pas facile. Vous êtes loin de vos foyers. Vos enfants vous manquent. Vos épouses, votre famille, vos amis vous manquent. Certains d’entre vous accomplissent leur troisième ou quatrième mission. Je vais vous répéter ici ce que j’ai dit à (l’école militaire de) West Point au mois de décembre dernier. Si j’avais le moindre doute que les intérêts vitaux de l’Amérique n’étaient pas en jeu ici, en Afghanistan, je donnerais immédiatement l’ordre de vous ramener tous à la maison.

    Alors, je veux que vous sachiez, je veux que chaque Américain en Afghanistan, militaire ou civil, que vous soyez basés ici a Baghram ou en train de patrouiller dans un village à Helmand, que vous montiez la garde dans un poste avancé ou en train de former nos amis Afghans ou en train de travailler avec le gouvernement Afghan, je veux que vous sachiez que vos services sont absolument indispensables, absolument indispensables à la sécurité de l’Amérique. Ils comptent sur vous là-bas.

    Nous ne pouvons oublier la raison de notre présence ici. Nous n’avons pas choisi cette guerre. Ce n’était un acte d’expansionnisme américain, un acte d’ingérence dans les affaires d’autrui. Nous avons été lâchement attaqués le 11 Septembre. Des milliers de nos concitoyens et concitoyennes sont morts. Et c’est ici que les auteurs du crime, al-Qaïda, ont élu leur quartier général. A l’heure où je vous parle, des complots contre notre patrie, des complots contre nos alliés, des complots contre les peuples afghans et pakistanais se préparent ici même. Et si cette région devait revenir en arrière, si les Taliban devaient reprendre le contrôle pays et qu’al-Qaïda pouvait agir en toute liberté, alors encore plus de vies américaines seraient en danger. Le peuple afghan perdrait tout espoir de progrès et de prospérité. Et le monde serait nettement plus dangereux.

    Et tant que je serais votre Commandant en chef, je ne permettrais pas qu’une telle chose arrive. C’est pour cela que vous êtes ici. J’ai fait une promesse à tous ceux qui servent sous les drapeaux. Je ne vous ferais jamais prendre de risques inutiles. Je m’angoisse en pensant à tous les sacrifices qui ont été faits par tant de gens. C’est pourquoi je vous promets de ne jamais vous envoyer au combat sauf en cas de nécessité.

    Mais ce n’est là qu’une partie de ma promesse, parce que l’autre partie de ma promesse est que lorsque cela se révélera nécessaire, vous serez envoyés avec des objectifs de mission très clairs dans le cadre d’une stratégie qui vous permettra d’accomplir votre travail. J’ai confiance que vous allez tous accomplir votre travail ici en Afghanistan. J’ai confiance en cela. (Applaudissements)

    C’est pour cette raison que j’ai ordonné l’envoi de plus de soldats et de civils en Afghanistan, peu après mon entrée en fonctions. C’est pour cela que nous avons soigneusement examiné et défini une nouvelle stratégie et que nous nous sommes engagés au mois de décembre à fournir plus de ressources. C’est pour cela que nous avons poussé nos amis et alliés et partenaires à rassembler eux aussi plus ressources, à s’engager à fournir plus d’aide, et plus de troupes et d’instructeurs.

    Notre mission générale est claire : nous allons désorganiser et démanteler, défaire et détruire al-Qaïda et ses alliés extrémistes. C’est cela notre mission. Et pour atteindre ce but, nos objectifs ici en Afghanistan sont très clairs aussi : nous ne permettrons pas à al-Qaïda d’y trouver un havre. Nous allons repousser l’offensive des Taliban. Nous allons renforcer les capacités des forces de sécurité afghanes et du gouvernement afghan afin qu’il puisse reprendre le contrôle et gagner la confiance du peuple afghan.

    Et notre stratégie comprend un effort militaire offensif contre les Taliban tout en créant les conditions pour une meilleure sécurité et la transition du pouvoir aux Afghans ; mais aussi un effort dans le domaine civil qui améliorera la vie quotidienne du peuple afghan, et pour combattre la corruption ; et un partenariat avec le Pakistan et son peuple, parce nous ne pourrons pas extirper l’extrémisme et améliorer la sécurité et les perspectives d’avenir si nous ne réussissons pas à le faire des deux côtés de la frontière. La plupart d’entre vous comprennent cela.

    Une bonne partie des troupes supplémentaires sont déjà arrivées en Afghanistan et d’autres sont en route. Et nous continuerons à travailler avec le Congrès pour nous assurer que vous avez tout le matériel nécessaire, surtout lorsque nous aurons achevé notre retrait partiel d’Irak. Nous fournissons plus d’hélicoptères, plus de moyens de renseignement et de reconnaissance, plus de forces spéciales, et plus de véhicules blindés qui peuvent sauver des vies.

    Et ici, en Afghanistan, vous êtes passés à l’offensive. Et le peuple américain s’en rend compte. Et nous assistons à une énorme hausse du soutien partout dans le pays [5] parce que les gens comprennent le genre de sacrifices que vous faites et la signification de votre mission.

    Et ensemble, avec notre coalition et nos partenaires afghans, nos troupes ont chassé les Taliban de leur fief à Marjah. Nous avons changé nos méthodes et notre manière d’interagir avec le peuple afghan. Nous voyons des afghans reprendre le contrôle de leurs communautés, et nous voyons s’établir de nouveaux partenariats qui les aideront à construire leur propre avenir et à améliorer leur sécurité.

    Et de l’autre côté de la frontière, le Pakistan est en train de préparer des offensives majeures. Nous avons vu des extrémistes violents être chassés de leurs sanctuaires. Nous avons livré des coups très durs à la direction d’al-Qaïda ainsi qu’à celle des Taliban. Ils font profil bas. Ils ont peur pour leur propre sécurité. Leurs déplacements deviennent plus compliqués, il leur est plus difficile de comploter et d’attaquer, et tout cela renforce la sécurité de l’Amérique. Et nous n’allons pas les lâcher parce que la sécurité de nos familles en dépend. C’est ça le travail que vous accomplissez ici.

    Alors grâce à vous, il y a eu beaucoup de progrès accomplis au cours des derniers mois. Mais nous savons qu’il y aura des moments difficiles à venir. Il y aura des échecs. Notre ennemi est déterminé. Mais nous savons aussi ceci : les États-Unis d’Amérique n’abandonnent jamais un travail qu’ils ont commencé. (Applaudissements) Vous n’abandonnez pas, les forces armées des États-Unis n’abandonnent pas, nous persistons, nous persévérons, et ensemble avec nos partenaires nous gagnerons. J’en suis absolument certain. (Applaudissements)

    Et je veux aussi que vous sachiez que pendant que vous serez en train d’accomplir votre devoir ici, nous serons à vos côtés à votre retour. Nous allons vous aider à vous occuper de vos familles, c’est pour cela que la Première Dame Michelle Obama a rendu visite à des familles de soldats pour s’assurer qu’ils ne manquaient de rien. C’est pour cela qu’elle prend soin de moi une fois rentrée à la maison, lorsque je suis à la Maison Blanche. Et nous allons faire en sorte d’améliorer votre salaire et vos avantages, mais aussi l’assurance santé de vos enfants et les aides financières qui vous apportent le réconfort de savoir que quelqu’un veille sur votre famille.

    Et nous serons là pour vous lorsque vous rentrerez. C’est pour cela que nous améliorons les soins apportés aux guerriers (sic – NdT) blessés, particulièrement ceux atteints de Stress Post-Traumatique et ceux qui souffrent de traumatismes crâniens. Nous allons améliorer la loi de Réinsertion des Militaires ( loi dite « GI Bill » [4]) post-11 Septembre afin que vous et vos familles puissiez concrétiser vos rêves. Et nous avons procédé à la plus forte augmentation du budget du Bureau des Vétérans de ces 30 dernières années, parce que n’allons pas abandonner notre foi sacrée en ceux qui ont accompli leur devoir.

    Vous étiez présents pour nous, mission après mission, année après année, à une époque où trop d’institutions américaines nous ont laissés tomber, où trop d’institutions ont choisi le profit à court terme avant le devoir et l’intégrité. Vous avez été à la hauteur de vos responsabilités, vous avez accompli votre devoir – même dans les moments difficiles. Pour cela, vous êtes une inspiration pour tous les Américains. Vous êtes une inspiration pour moi. C’est pourquoi vous avez mérité votre place aux côtés des plus grandes générations d’Américains.

    Et vous tous êtes le symbole des vertus et des qualités dont l’Amérique a désespérément besoin en ce moment : l’abnégation et le dévouement, l’honneur et la décence. C’est pour cela que vous êtes ici aujourd’hui. C’est cela que vous symbolisez.

    J’ai vu votre résolution et votre détermination à vous porter volontaires en des temps dangereux. Je l’ai vu chez les « Marines » que j’ai rencontrés à Camp Lejeune ainsi que chez les cadets à West Point, chez les marins à Annapolis et chez les troupes en Irak, dans les bases militaires à travers l’Amérique et ici en Afghanistan. J’ai vu votre courage et votre héroïsme et l’histoire du jeune sergent, le soldat Jared Monti qui a donné sa vie ici en Afghanistan pour sauver ses compagnons et sa famille. J’ai été fier de lui remettre la plus haute distinction militaire du pays, la médaille d’Honneur. J’ai vu votre ténacité – (applaudissements) – J’ai vu votre ténacité et votre détermination dans les guerriers blessés à Landstuhl et à Walter Reed – des Américains qui se battaient pour se remettre debout et retourner – et retourner auprès de leurs unités de combat ; un dévouement incroyable, un sens du devoir à accomplir incroyable, une fierté incroyable.

    Et j’ai été impressionné par vos sacrifices et le retour solennel des cercueils recouverts d’un drapeau à Dover, vers les pierres tombales de la section 60 à Arlington où ceux qui sont tombés dans cette guerre reposent en paix aux côtés des autres héros de l’histoire américaine.

    Alors ici en Afghanistan chacun d’entre nous fait partie d’une longue lignée de soldats qui se sont sacrifiés depuis plus de deux cents ans. Vous protégez vos concitoyens du danger. Vous servez aux côtés de vieux alliés et de nouveaux amis. Vous apportez de l’espoir et des perspectives d’avenir à tous ceux qui ont connu tant de douleurs et de souffrances.

    Et je sais que parfois, lorsque vous regardez la télévision, la vie politique au pays peut paraître un peu confus, tous ces gens qui crient, qui s’interpellent, et les Démocrates ceci et les Républicains cela. Je veux que vous compreniez ceci : lorsqu’il s’agit de vous soutenir, nous sommes soudés. Nous sommes tous soudés lorsqu’il s’agit de soutenir nos troupes. Cela nous rassemble. Nous sommes tous incroyablement fiers. Nous avons un profond respect pour ce que vous faites. Et vous tous montrez à toute l’Amérique ce qu’il est possible de faire lorsque les gens se rassemblent, sans distinction de couleur ou d’opinion, sans distinction de religion ou de position sociale, mais avec la détermination d’oeuvrer ensemble, de verser son sang ensemble et de gagner ensemble comme un seul peuple, comme des Américains.

    Ne vous y trompez pas, ce combat est important pour nous. Il est important pour nous, il est important pour nos alliés, il est important pour le peuple afghan. Al-Qaïda et les extrémistes violents que vous combattez veulent détruire. Mais vous tous, vous voulez construire – c’est un caractère essentiel de l’Amérique. Eux n’ont aucun respect pour la vie humaine. Vous, vous voyez de la dignité dans chaque être humain. Ça fait partie des valeurs américaines auxquelles nous sommes attachées. Eux, ils veulent diviser les races et les religions. Vous, vous voulez rapprocher les gens et voir tout le monde avancer ensemble. En d’autres termes, eux, ils n’ont que la peur à offrir, alors que vous, vous offrez l’espoir.

    Et c’est pour cela qu’il est si important que vous sachiez que tout le pays est derrière vous. C’est pour cela que vous portez cet uniforme, parce dans un monde instable, les États-Unis d’Amérique seront toujours là pour défendre la sécurité des nations et la dignité des êtres humains. C’est ce que nous sommes. C’est comme cela que nous agissons.

    Beaucoup de choses ont changé dans notre pays et dans le monde depuis le 11 Septembre. Mais j’ai confiance que tant qu’il y aura des hommes et des femmes comme vous – des Américains qui sont prêts à servir avec dévouement de l’autre côté du globe – tant qu’il existera des gars comme vous, j’ai confiance que notre nation résistera, et que l’espoir l’emportera sur la peur. Et j’ai confiance en des jours meilleurs.

    Alors merci beaucoup à tous. (Applaudissements). Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse les Forces armées des États-Unis. Que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique. (applaudissements)

    Barack Obama

    Traduction Le Grand Soir et ReOpen911.info

    TEXTE ORIGINAL
    http://www.commondreams.org/headline/2010/03/28-9

    (1) "Le Sénat US prolonge trois dispositions de la loi antiterroriste PATRIOT ACT"

    (2) "Webster Tarpley : Obama déclare la guerre au Pakistan"

    (3) "AFP : Le Congrès américain débloque 680 milliards pour l’armée"

    (4) Wikipedia : Le GI Bill (officiellement titré Servicemen’s Readjustment Act de 1944) est une loi américaine adoptée en juin 1944 fournissant aux soldats démobilisés de la Seconde Guerre mondiale (communément appelés les G.I.) le financement de leurs études universitaires ou de formations professionnelles ainsi qu’une année d’assurance chômage. Cette loi fournissait également différents types de prêts pour pouvoir acheter un logement ou démarrer une entreprise.

    (5) A en croire le récent rapport confidentiel de la CIA divulgué par Wikileaks, les Services secrets et l’arméee US sont au contraire préoccupés de la baisse de popularité de cette guerre en Afghanistan parmi les populations francaise et allemande, et envisagent différentes mesures de propagande pour y remédier. Voir nos articles "Rapport de la CIA : comment manipuler l’opinion publique européenne sur l’Afghanistan" et son analyse par le journaliste Hicham Hamza.

    Source ici


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  • Un racisme alarmant en Israël


    Les sociétés civilisées acceptent que tous les citoyens soient égaux, ou supposés tels. Israël rejette cette norme, y compris pour des juifs défavorisés.
     
     
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    St Jean d’Acre, octobre 2008, la violence s’est déchaînée contre les Arabes israéliens
    (AFP)

    Mossava veut dire égalité, le centre juridique Mossava soutient l’égalité pour les citoyens arabes d’Israël - qui sont environ un million et demi, soit 20% de la population. Créé en 1997, « le centre s’efforce d’améliorer la situation sociale, économique et politique des (arabes israéliens), tout en préservant leurs droits nationaux et culturels en tant que Palestiniens. » Il défend aussi l’égalité sexuelle « dans toutes les sphères de la société ».

    Par son communiqué de presse du 29 septembre 2009, « Le Haut Comité de suivi des citoyens arabes (une organisation qui représente les Arabes israéliens) appelle à un arrêt de travail général d’une journée le 1er octobre » pour protester contre la détérioration des conditions auxquelles ceux-ci sont confrontés et la carence d’Israël « à faire appliquer la justice pour les familles des 13 victimes arabes tuées par les forces de sécurité lors des évènements d’octobre 2000 », début de la Seconde Intifada.

    Le comité appelle les institutions et entreprises commerciales arabes à respecter l’arrêt de travail pour s’opposer aux démolitions de maisons dans le Triangle et le Néguev ; aux constructions coloniales en Galilée et dans le Triangle ; à la discrimination dans l’attribution des ressources ; à la violence politique, à l’intimidation, aux incitations raciales et politiques ; et pour le droit des citoyens arabes « à exister et à vivre dans la dignité dans leur patrie historique ».

    Pour le centre Mossava, l’actuelle Knesset est la plus raciste de l’histoire.

    Le 21 mars, un article dans Ha’aretz de Jack Khoury et Dana Weiler-Polark, titrant sur les accusations ci-dessus, indique que le rapport de Mossawa montre « qu’en 2008, il y eut (12) projets de loi (et non 11 comme l’écrit Ha’aretz) définis comme racistes, » suivis de 12 autres en 2009, spécifiquement contre les Arabes israéliens.

    Un article de Lizi Sagi et de Nidal Othman estime que, « Il n’y a jamais eu une Knesset aussi active pour proposer une législation discriminatoire et raciste contre les citoyens arabes du pays. »

    Ils accusent les députés de droite d’être « à l’aise avec qui leur la législation présentée », dont une grande partie va à l’encontre des décisions de la Cour suprême, ou qu’ils modifient superficiellement des projets de loi illicites pour qu’ils soient adoptés. D’autres cherchent à nuire aux citoyens arabes, à les séparer des juifs, et « même à appeler à l’expulsion de (toute) la population arabe. »

    D’autres mesures discriminatoires concernent les services, les allocations, et infligent un an d’emprisonnement à quiconque publiera ou dira quelque chose qui « exposerait le pays au mépris ou à un sentiment de gêne ».

    (JPG) Le ministre des Transports, Yisrael Katz, veut que les panneaux de signalisation traditionnellement en hébreu, arabe et anglais soient traduits en hébreu uniquement pour effacer l’identité historique. Mais ce faisant, il viole la décision de la Cour suprême qui reconnaît l’arabe comme une langue officielle israélienne.

    D’autres mesures visent ceux qui achètent des terres et il y a la loi dite loi Nakba, dont la mouture initiale a été atténuée par le retrait de la peine d’emprisonnement, mais qui comprend une disposition qui supprime tout financement public à un organisme d’Etat qui célébrerait la Nakba. Les programmes des écoles arabes doivent retirer toute mention de la Nakba, en fait, en l’interdisant purement et simplement la loi dénie aux Arabes israéliens, leur identité et leur mémoire collectives, et le droit d’exprimer librement leurs opinions, surtout à propos de quelque chose de cette importance.

    La loi d’Incitation menace de prison quiconque nie l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif, démocratique, et la loi sur la Loyauté à Israël envisagée retire la citoyenneté à tous ceux qui refusent d’en prêter serment. Une autre mesure interdit encore les manifestations près des édifices publics officiels et de services sociaux, comme de tout autre bâtiment traitant du bien-être public. C’est la mesure à deux doigts d’interdire toutes manifestations critiquant la politique du gouvernement.

    La loi sur la Prévention de l’inflation inclut des dispositions refusant toute protection et soins aux demandeurs d’asiles, et impose de longues peines de prisons pour les personnes reconnues « infiltrées » et pour les militants des droits de l’homme qui les ont aidées. D’autres mesures touchent à la liberté d’expression, de logement, de l’engagement politique, et aux droits des Bédouins dans les villages dits non reconnus, à une maison pour des dizaines de milliers d’entre eux qui vivent dans des conditions épouvantables, des mesures combinées aux dépossessions forcées pour judaïser du Néguev et de la Galilée.

    Rapport 2009 du Centre Mossava sur le racisme

    Le rapport commence par ces mots, « Presque tous les jours un nouvel Arabe israélien est victime d’actions racistes  ». Mossawa documente 271 cas, dans diverses catégories, confirmés par la presse et des rapports de police. « La plupart de la documentation se rapporte aux faits, » pas aux individus, mais leur nombre total dépasse de loin les faits évoqués.

    Mossawa s’inquiète que les sévices des Territoires palestiniens occupés (TPO) franchissent progressivement la Ligne verte. Depuis le déclanchement de la Seconde Intifada (après la provocation d’Ariel Sharon le 28 septembre quand il est venu à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem), peu de confrontations entre citoyens arabes et israéliens s’étaient produites avant les violences d’Acre, en Galilée, en octobre 2008. Les incidents aujourd’hui « créent une séparation entre des communautés qui auparavant coexistaient pacifiquement.  » Résultat, les citoyens arabes israéliens sont confrontés à un avenir social, économique et culturel perturbateur.

    En plus d’Acre, des groupes organisés ont aussi agressé des civils arabes à Jérusalem, Tibériade, Nazarett Illlit, Carmiel et dans d’autres villes - ce qui laisse supposer qu’il y en aura d’autres si des mesures ne sont pas prises pour y remédier.

    Conclusions spécifiques de Mossawa

    De 2000 à 2008, 43 Arabes israéliens ont été tués. Une seule fois, un agent de police a été inculpé et condamné, et à seulement six mois de prison pour assassinat. Un autre agent a été accusé et est toujours en service, « ayant bénéficié du soutien » de son commandant.

    Depuis les procès des deux policiers, en 2006, les juges repoussent leurs décisions à six mois après la fin des procédures. De ce fait, les 13 familles des tués lors du déclanchement de l’Intifada attendent toujours que justice leur soit rendue, même si les recommandations claires de la Commission Or (créée pour l’enquête) n’ont pas été appliquées par le procureur général.

    Deux juifs qui ont tué des Arabes ont été admis en hôpital psychiatrique et déclarés incapable, et n’ont pas été jugés. Quatre ans après que Natan Zadah ait tué 4 arabes, les enquêtes se poursuivent. Après sa mort, 15 résidents de Shefaram sont interpellés, suspectés d’être impliqués. Quatre Palestiniens de Jérusalem-Est ont été tués après qu’on ait tiré sur eux à plusieurs reprises, « même une fois qu’ils étaient manifestement paralysés ». Aucune enquête n’a été ordonnée.

    La police a agressé et blessé 17 Arabes israéliens, une augmentation de 300% depuis 2008. Pendant la guerre de Gaza, la police a intensifié les violences et arrêté 700 citoyens arabes. Ils ne furent qu’un petit nombre à être inculpés.

    (JPG) Des civils juifs sont impliqués dans les incidents les plus racistes (environ 70), dix fois plus que l’année dernière. La plupart ciblent des Arabes et impliquent des agressions et des destructions de biens. Les incidents d’Acre en octobre 2008 ont conduit à faire expulser plus de 80 personnes de leurs maisons, la plupart avaient été « blessées à plusieurs reprises ». Même si elle a procédé à des arrestations, la police « a failli dans sa mission d’empêcher des confrontations de masses » et elle n’a pas arrêté les jeunes qui étaient impliqués dans les agressions d’Acre et Carmiel.

    Les membres de la Knesset, d’autres personnalités publiques, et des rabbins sont mêlés à 29 incidents racistes, spécialement durant la guerre de Gaza et dans les campagnes électorales, notamment par le biais d’articles dans la presse de masse. La Commission centrale des élections (CCE) n’a pris aucune mesure.

    Le New Israel Fund et l’Union du Football ont recensé 39 incidents racistes lors de compétitions, pas contre des Arabes mais contre des gens à la peau bien bronzée - chiffre qu’il faut comparer aux 32 cas recensés en 2008. 15 autres incidents « au profil racial et discriminatoire dans les services » sont relevés, un chiffre en baisse parce que maintenant les tribunaux imposent des amendes pour discrimination commerciale à base raciale.

    La Cour suprême, cependant, n’a pas abordé la situation sur les aéroports.

    10 cas de discrimination religieuse sont recensés, qui incluent notamment une destruction dans un cimetière et un autodafé de livres saints.

    La Knesset en 2008 a débattu de 12 projets de lois discriminatoires, et la Cour suprême n’a pas voulu toucher à la loi provisoire sur la Citoyenneté et l’Entrée en Israël, renouvelable tous les six mois. Elle rend les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza inéligibles aux permis de séjour s’ils sont mariés à un citoyen israélien, une mesure qui est préjudiciable à des milliers de famille chaque année.

    Les dirigeants arabes israéliens sont systématiquement délégitimés. « Les dirigeants politiques israéliens, le gouvernement, la police et les conseillers juridiques du gouvernement se servent de la menace démographique pour durcir leurs positions politiques à l’égard des dirigeants de la minorité arabe, » notamment en leur interdisant de se rendre dans les Etats de la région qui n’ont pas reconnu diplomatiquement Israël. En les obligeant également à accepter Israël en tant qu’Etat juif pour pouvoir être députés, autrement dit, en les obligeant à renoncer à leur propre patrimoine.

    Les dirigeants arabes qui contreviennent à ces dispositions sont soumis à enquête afin de les persécuter et les délégitimer. Pendant la guerre de Gaza, la police et les services de sécurité ont procédé à de nombreuses arrestations, en guise d’avertissement aux dirigeants arabes du pays. De plus, pour la troisième fois depuis le début des années 1990, la Commission centrale des élections a interdit à deux partis politiques arabes de se présenter aux élections nationales. Même si la Cour suprême a annulé cette décision, ça a jeté un froid dans la communauté arabe qui craint des mesures plus sévères à l’avenir.

    Des juifs ont été eux aussi victimes de racisme, spécialement parmi les immigrés russes et éthiopiens, de même que des homosexuels.

    Résumé des incidents racistes en 2008 et 2009 par le Mossawa

    Nature  : 2008  : 2009
    Violences policières depuis octobre 2000, nombre d’Israéliens arabes tués  : 41  : 42
    Autres violences policières contre des Israéliens arabes  : 6  : 17
    Agressions de civils juifs contre des Israéliens arabes  : 7  : 70
    Incitations raciales  : 27  : 29
    Discriminations religieuses  : 8  : 10
    Discriminations dans les services publics  : 26  : 15
    Cas de racisme liés au football  : 32  : 39 à mars 2009
    Délégitimations de dirigeants politiques arabes israéliens  : 15  : 23
    Projets de lois racistes à la Knesset  : 12  : 12
    Discriminations contre des immigrés russes et éthiopiens et contre des homosexuels  : 6  : 14

     :
     :
    Total  : 180  : 271

    Mossawa s’alarme devant l’augmentation des persécutions contre les Arabes israéliens et contre les Palestiniens sous occupation - on n’est pas loin peut-être d’être confrontés à des assassinats ciblés, à un nombre plus élevé de dépossessions, à des incarcérations massives et à la torture. Les Arabes israéliens sont déjà privés des droits qui sont accordés aux seuls juifs.

    Les sociétés civilisées acceptent que tous les citoyens soient égaux, ou supposés tels. Israël rejette cette norme, y compris pour des juifs défavorisés, rejetés au profits des plus privilégiés à la façon dont l’Amérique traite les minorités, les pauvres, les défavorisés, les immigrés latinos sans papier déclarés en illégalité, et les musulmans persécutés en tant que terroristes.


    (JPG) Né en 1934 à Boston, Massachusets, il obtient son diplôme universitaire en lettres et sciences humaines à Harvard en 1956 et la maîtrise de gestion de Wharton en 1960. Analyste de recherche en marketing dans une petite entreprise familiale de 1967 à sa retraite en 1999, il consacre depuis son temps à des causes progressistes sur le monde vital et des sujets nationaux, comme la guerre et la paix, l’impérialisme américain, la position dominante des entreprises, les persécutions politiques, et toute une série d’autres questions sociales, économiques et politiques.

    Voir son blog : http://sjlendman.blogspot.com/.

    Son adresse courriel : lendmanstephen@sbcglobal.net.

    Du même auteur :

    -  L’endoctrinement des jeunes Israéliens pour en faire des guerriers
    -  Défendre le sionisme : défendre l’indéfendable
    -  Punir Gaza


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