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  • Vers une vie privée en réseau

     
     

    “Quand je signais mes mails avec mon identifiant et mon mot de passe, ce n’était pas seulement de la provocation : ma sécurité est basée sur le fait que je sauvegarde mes données, pas sur un secret qui risquerait – si je le croyais protégé – de m’être préjudiciable.”
    – Laurent Chemla

     

     

    Confessions d'un voleurPionnier de l’internet et auteur des “Confessions d’un voleur“, livre incontournable (et téléchargeable gratuitement) pour qui veut comprendre les valeurs (et l’histoire) de l’internet tel qu’il s’est développé dans les années 90, Laurent Chemla a une conception somme toute particulière de la vie privée.

    A l’instar de tous les professionnels de la sécurité informatique, il sait que la première chose à faire, pour se protéger, est de sauvegarder régulièrement ses données, sur un support externe, que c’est le meilleur moyen de résister, et survivre, à un plantage, un piratage, une saisie ou le crash d’un ordinateur : ce qui a -souvent- le plus de valeur, ce n’est pas le matériel, mais les données qui y sont stockées.

    Les professionnels de la sécurité savent également qu’il se trouvera toujours quelqu’un de plus compétent qu’eux, disposant de plus de moyens ou de temps, et qu’aucun système n’est sécurisable à 100%. On sait, d’autre part, que la sécurité des logiciels libres -dont le code source est librement consultable- est a priori plus fiable que celle des logiciels propriétaires, dont le code est un “secret“.

    D’une part, parce que personne ne peut vérifier que ne s’y trouve en fait une faille de sécurité, voire une porte dérobée ou un cheval de Troie. D’autre part, parce qu’on ne peut pas faire confiance à quelque chose de “secret” : un secret peut être découvert, extorqué, contourné, et somme toute préjudiciable, comme le résumait Laurent Chemla, “parce qu’alors je ferais confiance à ce mot de passe et que j’agirais donc comme s’il était impossible à craquer, ce qui serait toujours faux“.

    A rebours de la sécurité par l’obscurité, qui postule que le système est d’autant plus sécurisé que l’attaquant ne connaît pas dans le détail le fonctionnement du système, le principe de Kerckhoffs prône ainsi, et a contrario, la transparence, au motif que seule la clé doit rester secrète, et que la serrure sera d’autant plus sécurisée que son mécanisme peut être vérifier, et valider, par les pairs.

    S’inspirant des postures de John Brunner qui, dans Sur l’onde de choc, livre “pré-cyber-punk” publié en 1974, prophétisait que la liberté passerait par le fait que tout sur tout soit rendu public, et de Bill Thompson, éditorialiste à la BBC qui en appelle à un “nouveau Siècle des Lumières” basé sur la libre circulation et le partage des données, Laurent Chemla estime même que “le meilleur moyen de protéger l’individu, c’est que tout soit public” :

    “Il faut en finir avec la notion de vie privée. Il faut en finir avec la notion d’information confidentielle ou secrète. L’information veut être libre, et elle le sera.”

    D’une part, parce que cela permettrait de déborder ceux qui font profession de nous surveiller de torrents de données quasi impossible à endiguer, ce que l’on a vu, par exemple, avec les attentats du 11 septembre 2001, qui auraient peut-être pu être évités si seulement les services de renseignement américain avaient réussi à analyser correctement les données qui, pourtant, étaient à leur disposition.

    BigBrotherWatchMais, et surtout, cela aurait également pour effet que “les surveillants seraient eux aussi surveillés, ce qui détruit tout le modèle économique des sociétés qui font leur beurre des données personnelles qu’elles “possèdent”. Tous les pouvoirs basés sur le secret ou la détention d’information confidentielle seraient réduits à néant. Mais est-ce si grave ? Et quels sont-ils, ces pouvoirs, en fait ?” :

    “Aucun régime totalitaire ne survivrait dans une transparence totale. Pas de corruption possible, pas de secret défense, pas de mot de passe. Au final, seuls ceux qui voudront exercer un quelconque pouvoir (politique, médiatique…) seraient surveillés par tous.

    Tout le monde saurait que je couche avec la femme du voisin ? La société n’a qu’à s’adapter à ce fait nouveau et au final ça n’intéresserait plus personne (à part le voisin) passé l’attrait de la nouveauté. Parce que ça ne servirait à rien de vouloir découvrir ce que ne cache pas son voisin.”

    La vie privée des uns commence là où elle confirme celle des autres

    A contrario, Lawrence Lessig, fondateur du Centre pour l’internet et la société à l’école de droit de Stanford, et grand défenseur des libertés sur le Net, estime pour sa part que le rêve d’une société transparente est aussi celui d’une société totalitaire, et que la transparence fragilise plus la démocratie qu’elle ne la renforce :

    “Comment pourrait-on être contre la transparence ? Ses vertus et son utilité publique semblent si évidentes. Pourtant, je m’inquiète de plus en plus d’une erreur au fondement même de cette bonté incontestée. Nous ne sommes pas suffisamment critiques sur où et comment la transparence fonctionne, ni sur les risques de confusion, voire pire, qu’elle entraîne.

    Je crains que le succès inévitable de ce mouvement – s’il est mené seul, sans aucune sensibilité à la complexité de l’idée d’une disponibilité parfaite de l’information – ne finisse par inspirer, non des réformes, mais le dégoût. Le “mouvement de la transparence nue”, comme je l’appelle, n’inspire pas le changement. Il va tout simplement faire disparaître toute confiance dans notre système politique.”

    Privacy is not a crimeDans la philosophie des Lumières, “la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres“. Ce qui, reformulé positivement, peut également s’entendre comme “la liberté des uns commence là où elle confirme celle des autres“. Se pourrait-il que, de même, “la vie privée des uns commence là où elle confirme celle des autres” ?

    Ainsi, si Jeff Jarvis a fait le choix de révéler son cancer de la prostate, estimant qu’il avait plus à y gagner qu’à y perdre, il n’en a pas moins mis des limites à l’exposition de sa vie privée, et il ne parle pas, par exemple, de sa sexualité : sa femme pourrait ne pas apprécier.

    Si la vie privée se définit par le contrôle que l’on a sur ses données personnelles, et l’exposition (ou non) de son intimité, pour lui, il s’agit aussi, d’abord et avant tout, de ne pas non plus révéler d’informations attentatoires à la vie privée de quelqu’un d’autre.

    Cette limite vaut non seulement pour ceux qui décident de rendre publique une partie de leur vie privée, mais également pour ceux qui en prennent connaissance. Ainsi, une chose est de mettre en ligne, pour ses “amis“, des photos de soi dans une posture qui pourrait potentiellement déplaire à sa maman, une autre est de se la voir reprocher par son employeur… Néanmoins, il y a fort à parier que cette situation tende à se banaliser.

    La vie privée n’est pas morte

    A la toute récente conférence SXSW, la sociologue et ethnographe du numérique danah boyd rappelle ainsi quece n’est pas parce que quelque chose est “public” que l’on a pour autant envie que d’autres le rendent encore plus “public” :

    “Il existe une grosse différence entre quelque chose qui peut être publiquement accessible et quelque chose qui fait l’objet d’une publicité. Faire de la publicité à quelque chose qui, certes public, n’était guère visible peut s’apparenter à une violation de la vie privée.

    Il est facile de penser que “public” et “privé” sont deux choses binaires et bien séparées. Certaines estiment que tout ce qui n’est pas “public” est “privé”. Mais cette opposition ne suffit pas à comprendre ce que nous entendons par “vie privée”.

    Privacy is not a crimeLorsque l’on s’exprime dans un hall, ou un bar, on s’exprime en public, mais on attend des autres personnes présentes qu’elles ne s’immiscent pas dans la conversation. Dès lors, on peut parler, en privé, dans un espace public.

    Les murs ont peut-être des oreilles, mais c’est tout de même très rare. A contrario, dans les espaces et salons virtuels, les murs ont toujours des oreilles, mais également des micros. Et ce que l’on y a partagé, raconté, est indexé, archivé, répliqué, et peut même parfois être retrouvé via des moteurs de recherche…”

    danah boyd prend également grand soin de rappeler que tout le monde n’a pas forcément, ni vocation, ni intérêt, ni facilité particulière, à aborder sereinement le fait de devenir une personnalité publique : certains ne savent pas forcément s’exprimer facilement en public, d’autres préfèrent rester cachées ou anonymes (de peur de leur ex-mari, agresseur, etc.).

    D’autres, enfin, du fait même de leur statut de personnalité publique “IRL” (in real life), peuvent paradoxalement être incités à ne pas avoir de vie publique sur le Net, ou alors sous un autre nom. Quid, par exemple, des enseignants ? Peuvent-ils risquer d’évoquer sur le Net leur “vie privée“, croyances politiques ou religieuses, vacances ? Quid de leurs blogs, MySpace, ou Facebook ? Jusqu’où peuvent-ils ne pas être “que” les professeurs de vos enfants ?

    D’autres nouveaux outils vont venir compliquer les frontières de ce qui est public et de ce qui est privé, de ce que nous avons à y perdre ou à y gagner, rappelle danah boyd. La vie privée, pas plus que la vie publique, n’est en passe de disparaître, mais la technologie va continuer à en brouiller les cartes :

    “Le désir de vie privée n’a rien à voir avec le fait que nous aurions des choses à cacher, mais avec le fait que nous voulons garder le contrôle de nos données. Souvent, la vie privée n’a rien à voir avec le fait de se cacher, mais, au contraire, de créer des espaces où nous pouvons nous libérer, où exercer nos libertés. Et chercher à avoir encore plus de vie publique ne signifie aucunement renoncer à contrôler sa vie privée.

    Quel que soit le nombre de fois où vous entendrez un dirigeant, mâle, blanc et hétérosexuel d’une entreprise technologique pronostiquer la mort de la vie privée, rappelez-vous que “Privacy Is Not Dead” (la vie privée n’est pas morte). La vie privée, c’est le fait de pouvoir contrôler comment l’information circule, et comprendre les paramètres sociaux de sorte à pouvoir se comporter de manière appropriée.”

    Une ère de la transparence, du pardon et de la résilience

    Amy Bruckman, qui étudie l’influence des réseaux sociaux sur l’éducation, estime que la façon décomplexée qu’ont les jeunes de s’exposer en ligne, d’en rire ou de s’en moquer, ne peut finalement qu’inciter les citoyens à plus de tolérance, d’incompréhension et, in fine, de respect du “droit à l’oubli“… sauf à imaginer que la quasi-totalité des “natifs du numérique” puisse être de facto écartée des postes de pouvoirs, en attendant que la génération d’après ait appris à écarter tout risque d’être ainsi ridiculisé. Une perspective peu probable tout de même…

    Ccapote NoFollowCette alternative a le mérite de poser les termes du débat : il nous revient, collectivement, de décider si nous voulons aller vers plus de tolérance, vers une société de sousveillance décomplexée où tout le monde a le droit d’observer tout le monde (dans le respect de ce que l’on a décidé de rendre public, ou pas), ou bien si nous voulons d’un monde encore plus sécuritaire, coincé, une société de surveillance et de suspicion qui ne connaîtrait pas le pardon, et qui opposerait ceux qui auraient le droit nous surveiller, et de nous sanctionner, et ceux qui n’auraient que le droit de se taire.

    En tout état de cause, et dans la mesure où les données seront de plus en plus nombreuses, et facilement accessibles, dans la mesure où nous serons, dans le même temps, de plus en plus interconnectés, il sera probablement de plus en plus facile de retrouver la trace de certaines de nos erreurs (de jeunesse, ou pas), même si celles-ci sont ensevelies sous des volumes toujours plus grands de données.

    Reste que, et c’est probablement plus important, l’internet est un espace public, un vecteur de socialisation, et nous n’y faisons pas tant d’erreurs que cela, d’autant que celles des autres nous servent aussi d’exemples à ne pas suivre.

    Sans forcément connaître la nétiquette, qui définit les règles du savoir-vivre sur l’internet, tout internaute apprend ainsi rapidement qu’IL NE SERT À RIEN DE CRIER SUR LES GENS en leur écrivant en majuscule, et qu’il est généralement contre-productif de s’énerver (sauf à vouloir gagner un point Godwin), que les insultes ou les menaces peuvent vite vous êtes reprochés, etc.

    Bravo, vous avez gagné un point Godwin

    Si les moteurs de recherche n’oublient rien, les êtres humains, si, ne serait-ce que parce qu’ils apprennent à faire avec. Citant David Weinberger, Jeff Jarvis estime ainsi qu’”une ère de la transparence doit aussi être une ère du pardon“. Encore faudrait-il peut-être plutôt parler, en l’espèce, de résilience, à savoir la capacité qu’ont les êtres humains de faire face à un choc, d’y résister, et d’apprendre à vivre avec.

    Doux rêve, utopique voire fleur bleue ? Pas forcément, dès lors que l’on estime que ce ne sont pas les ordinateurs, non plus que des tiers ordonnateurs, qui doivent contrôler les êtres humains, mais que c’est bien aux citoyens d’être maîtres de leurs données, et destins.

    Quand les utilisateurs réclament le contraire de ce que prévoit la loi pour les protéger

    Aux Etats-Unis, certains “libertariens“, hostiles par principe à toute forme de régulation par l’Etat, qualifient ainsi de “paternalisme de la vie privée” la propension qu’ont certains à considérer que les utilisateurs seraient trop bêtes, ou moutons, pour parvenir à protéger tout seuls leur vie privée sur l’internet, et qu’il faudrait le faire à leur place. De fait, le débat tourne généralement autour de trois propositions :

    • protéger les gens par la loi, et l’imposer aux prestataires, comme aux utilisateurs, ce que fait déjà la CNIL, par exemple,
    • donner aux gens la possibilité de “paramétrer” les “préférences” des logiciels et services web qu’ils utilisent, ce que font les “services du web 2.0,
    • faire pression, en tant que consommateurs, pour que les éditeurs ne nous mettent pas “à poil sur le Net” à l’insu de notre plein gré, ce que font les utilisateurs avertis de ces questions.

    De récents travaux de recherche révèlent une quatrième voie, en s’intéressant à la façon qu’ont les internautes, non pas tant de parler de ce qu’ils entendent par “vie privée” (ce qui renvoie, forcément, au “paradoxe de la vie privée“), mais aux moult manières qu’ils ont, concrètement, de la protéger.

    En l’espèce, on découvre que le problème relève moins de la notion de “vie privée” que de celle de dignité, et que la solution a moins trait aux “cases à cocher“, non plus qu’aux interdits érigés par la loi, qu’aux nouvelles formes de socialisation et de rapports humains que génèrent l’internet.

    Facebook privacy settings

    C’est en tout cas la thèse de deux professeurs de droit, Avner Levin, du Privacy & Cyber Crime Institute, et Patricia Sánchez Abril, de la School of Business Administration de Miami, dans un article intitulé “Two Notions of Privacy Online” (deux notions de la vie privée en ligne).

    Après avoir interrogé 2500 utilisateurs des réseaux sociaux de 18 à 24 ans sur leurs perceptions et pratiques de la vie privée en ligne, ils en sont arrivés à la conclusion que la perception que l’on se fait d’ordinaire de la vie privée est erronée, et que ni la législation, ni les mesures d’autorégulation, non plus que les conditions générales d’utilisation ou les chartes de protection de la vie privée des réseaux (ou silos) sociaux, ne répondent à leurs attentes, en tant qu’utilisateurs, non plus qu’à leurs pratiques, en tant qu’internautes.

    Alors que l’objet même des réseaux sociaux est de faciliter les interactions sociales, le “contrôle” des informations qui y sont stockées, et donc de sa vie privée, n’y sont généralement perçue que sous le seul angle des données sensibles qu’il conviendrait de sécuriser.

    Or, les utilisateurs ne sont pas des administrations, non plus que des entreprises privées. Et si l’on attend effectivement des responsables des fichiers clients, sociaux ou policiers que les données qu’ils contrôlent ne soient pas interconnectées, ou utilisées en-dehors du cadre de ce pour quoi elles ont été collectées, a contrario, nos données n’acquièrent jamais autant de valeur, dans les réseaux sociaux, que lorsqu’elles génèrent du lien social, et des interactions…

    Comme le résument les deux chercheurs, “les individus qui se socialisent en ligne attendent de leurs réseaux qu’ils améliorent et non qu’ils entravent leur vie sociale“. Dit autrement : leur présence, sur ces réseaux, a d’autant plus de valeur que les données qu’ils y publient sont lues, commentées et partagées par d’autres utilisateurs. Manière, non seulement de renforcer les liens avec leur communauté, mais également d’entrer en contact et de partager des informations avec de nouveaux “amis” potentiels.

    Or, l’approche juridique de la protection de la vie privée va précisément à l’encontre de l’interconnexion et du croisement des fichiers… On est au coeur du “paradoxe de la vie privée“.

    La vie privée ne se résume pas à des cases à cocher

    Les “paramètres” et “préférences“, en terme de confidentialité, sont-ils à même de répondre positivement à ce paradoxe ? On peut en douter.

    Facebook proposait ainsi, jusqu’à ce que, en décembre 2009, ce réseau social modifie son approche de la “privacy“, 7 façons de contrôler “qui peut vous trouver dans une recherche, ce qu’ils peuvent voir et comment ils peuvent vous contacter“, 10 façons de contrôler la rediffusion de ce que vous publiez sur les murs de vos amis, 16 façons de contrôler qui peut voir les informations de sa page de profil, et 22 façons de contrôler ce que les autres utilisateurs peuvent voir via les applications ayant accès à votre profil… soit quelque 55 cases à cocher ou menus déroulants censés nous aider à protéger notre vie privée…

    Depuis, Facebook propose 12 menus déroulants permettant de définir qui peut accéder à son “profil” (”Tout le monde / Amis et leurs amis : Amis uniquement / Personnaliser” -s’ensuit un long menu déroulant permettant d’inclure ou d’exclure tels ou tels de ses “amis“), et les différentes pages qui le composent :

    . A propos de moi
    . Informations personnelles
    . Date de naissance
    . Opinions politiques et religieuses
    . Famille et relations (situation amoureuse, sexe qui vous intéresse et relations que vous recherchez)
    . Formation et emploi
    . Photos et vidéos dans lesquelles vous avez été identifié(e)
    . Albums photos
    . Mes publications
    . Autoriser mes amis à publier sur mon mur
    . Publications de mes amis
    . Commentaires sur les publications

    Histoire de parfaire le tableau, rajoutons-y 9 façons de paramétrer la confidentialité de ses coordonnées (”Pseudonyme de messagerie instantanée, Téléphone mobile, Autre numéro de téléphone, Adresse actuelle“, etc.), 5 menus déroulants permettant de gérer les “applications et sites web que l’on veut partager (ou pas) avec ses “amis“, etc.

    Les paramètres de confidentialité de Facebook

    Sous couvert de rendre à l’utilisateur le contrôle de ses données -et incidemment de protéger l’éditeur de toute velléité de plainte ou de poursuite-, cette profusion de “préférences” a tout d’une usine à gaz ne permettant que marginalement à l’internaute de contrôler (ou pas) ce qu’il partage (et avec qui). Pour beaucoup d’utilisateurs, cette complexité ne fait que renforcer la confusion plutôt que de l’éclairer.

    Or, non seulement il est relativement illusoire de parvenir à maîtriser une telle usine à gaz, mais cela ne permet aucunement, par ailleurs, de contrôler ce que d’autres peuvent révéler sur ces mêmes réseaux de votre vie privée, non plus que ce qu’ils pourraient faire suivre sur d’autres réseaux.

    Or, rappellent les deux chercheurs, la notion de vie privée concerne moins le fait qu’une donnée personnelle ne soit pas rendue publique que le fait qu’elle ne sorte pas d’un cercle plus ou moins restreint d’amis ou membres de la famille : rien ne vous permet d’éliminer votre nom d’une photo compromettante publiée par un ami par exemple, hormis de lui écrire pour lui demander de la retirer ou de retirer la mention de votre nom.

    Ceux qui partagent des informations sur le Net savent bien qu’ils n’ont plus vraiment de contrôle une fois qu’elles sont mises en ligne, mais ils font confiance à leurs réseaux et amis, et sont indignés lorsqu’elles fuitent ou sont exploitées au-delà de ceux à qui elles étaient initialement destinées, ou lorsqu’elles sont exploitées afin de ternir leur image, dignité ou réputation.

    FacebookFriends

    Mais pour cela, il faut veiller à contrôler les cercles concentriques qui composent nos relations, et choisir pour chaque information à quel niveau de relation elle s’adresse, ce qui est loin d’être simple avec la plupart des outils sociaux à notre disposition, d’autant que l’on a tendance à y avoir des relations sociales au sens large, accueillant plus souvent des gens que nous connaissons à peine que nos amis les plus proches. Dans ce cadre, chacun doit plutôt s’attendre à des fuites qu’à la préservation de son intimité…

    La vie privée ? Une question de dignité

    Si une information ne peut plus vraiment être qualifiée de “privée” dès lors qu’elle a été rendue publique sur le réseau, cela ne signifie pas pour autant que ceux qui l’y ont postée ont tiré un trait sur toute notion de vie privée.

    A contrario, estiment les chercheurs, les utilisateurs de silos sociaux ont développé une nouvelle perception et appréhension de la “vie privée“, qu’ils qualifient de “vie privée en réseau” et selon laquelle une information est et demeure privée dès lors qu’elle reste confinée au réseau ou cercle d’amis au sein desquels ils l’ont eux-mêmes rendue publique, ou jusqu’à tant qu’elle n’affecte pas leur réputation numérique, lorsqu’elle est republiée par des tiers.

    1003privacyLes deux chercheurs estiment ainsi que la protection de la vie privée en ligne relève moins des fonctionnalités et paramètres associés à la notion de “contrôle” de son profil, que de la notion de respect de la “dignité” et de la réputation numérique de l’internaute.

    Dès lors, les services et réseaux sociaux feraient mieux de s’intéresser à la personnalité de leurs utilisateurs et clients plutôt que de se réfugier derrière des paramètres techniques souvent confus, sans parler des conditions générales d’utilisation (CGU), moins destinées à protéger leurs clients qu’à éviter que ces derniers ne puissent porter plainte contre les responsables techniques et administratifs des réseaux sociaux.

    De fait, elles sont systématiquement illisibles : non seulement elles ne sont généralement accessibles qu’en cliquant sur un “?“, un obscur “CGU” ou en note de bas de page, mais elle sont également, et systématiquement, présentées, soit dans une petite fenêtre (alors que le texte en question est fort long), soit dans un .pdf, en corps 8, et dans un langage que seuls les juristes peuvent comprendre.

    Les CGU, tout comme les “préférences” ou “paramètres” de confidentialité ne sont aucunement pensées, conçues ni présentées pour faciliter la vie des utilisateurs, non plus que pour leur permettre de (re)prendre le contrôle de ce que font les sites web et réseaux sociaux de nos données : leur seul objectif est de protéger l’éditeur du “service” en question de tout risque de poursuite et de procès.

    La voie, à la fois technique et légale, serait à rechercher du côté de la protection des dommages sociaux, économiques et en terme de dignité, que pourraient entraîner une faille de sécurité, ou une fuite de données :

    “Partant du constat qu’il n’y a pas de contrôle technologique possible en terme de dissémination des informations en ligne, la loi et les chartes des réseaux sociaux doivent se recentrer sur le fait de protéger l’édification de la vie privée en tant que dignité – une notion de “vie privée en réseau” d’ores et déjà embrassée par les utilisateurs de réseaux sociaux.”

    L’article 1 de la loi informatique et libertés, adoptée en 1978 et qui a depuis servi de socle fondateur à la majeure partie des législations internationales en matière de vie privée, ne dit pas autre chose : “l’informatique doit être au service de chaque citoyen (et) ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques“.


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  • http://www.montreuil-parti-socialiste.com/Photos/Elysee-Guignol.jpgUne rumeur insistante annonce que si l’UMP fait moins de 40% au second tour des régionales, François Fillon serait éjecté du gouvernement. Si l’UMP fait mieux, il aura du fion et devrait rester. On voit à quoi tient son avenir !

     

    Si la défaite reste mémorable, on devrait avoir un gros remaniement ministériel mais ce qui est très drôle, c’est qu’à peu de choses près, le gouvernement serait composé de ceux qu’on voit le plus à la télé nous dire que tout va très bien dans le meilleur des mondes de Madame la marquise. L’ouverture à gauche serait terminée. Merci et Bon vent dira l’UMP à Kouchner, Miterrand et Amara qui se retrouvera peut-être à la tête de la HALDE.

     

     

    Les éjectés devraient être ceux qui ont soit trop parlé, soit pas assez et ceux qui se sont plantés aux régionales. Une charette bien garnie :

     

     

    -          Bernard Koucher

    -          Frédéric Mitterrand remplacé par Etienne Mougeotte ou Alexandre Bompard

    -          Fadela Amara

    -          Valérie Pécresse

    -          Xavier Darcos

    -          Hubert Falco

    -          Rama Yade

    -          Valérie Létard

    -          Michelle Alliot-Marie

    -          Hervé Morin

    -          Roselyne Bachelot

    -          Dominique Busserau

    -          Marie-Luce Penchard

     

    Les nouveaux gnafron pourraient être :

     

    -          David Douillet pour remplacer Rama Yade aux sports

    -          Frédéric Lefèvre à l’économie numérique (il en rêvait, Sarkozy l’a fait!)

    -          Xavier Bertrand au ministère de la défense (eh oui dans la sarkozie, les chouchous restent les chouchous !)

    -          Christian Estrosi (Le retour !) pour aider Hortefeux maintenu à l’intérieur

    -          Bernard Accoyer qui laisserait la présidence de l’assemblée nationale à Alliot-Marie

     

     

    Les musiciens qui changent de pipeau :


     

    -          Eric Besson irait au budget

    -          Christine Lagarde au ministère des affaires étrangères

    -          Eric Woerth au ministère des finances

    -          Jean-Louis Borloo à l’industrie

    -          Nathalie Kosciusko-Morizet à l’éducation nationale

    -          Chantal Jouanno à la santé

     

    Le gouvernement? Copé aurait refusé de s'y copé-coller et s’apprêterait à mener une fronde contre Sarkozy dés le soir du second tour; ça va saigner!

     

    La grande inconnue concerne Rachida Dati qui pourrait revenir..On rassure les agriculteurs, ce ne sera pas à l’agriculture pas assez glamour!

    Milton Dassier Ici 


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  • Israël espère-t-il déclencher une nouvelle vague d’attentats-suicide ?


     
     
    Par Stuart Littlewood

    Ici, en Occident civilisé, nous haïssons les auteurs d’attentats-suicide avec passion. On nous enseigne que la manière convenable de faire sauter nos frères humains en mille morceaux est de le faire depuis les airs, à 12.000 mètres d’altitude. Ou, à défaut, envoyer des hélicoptères de combat Apache au niveau d’une rue pour tirer leurs missiles à guidage laser et canons de 30mm. Ou, à défaut, lâcher nos chars de combat pour déchiqueter et vaporiser l’“ennemi”, réduire ses maisons à un tas de gravats à coup d’obus à l’uranium appauvri et propager des malformations congénitales pour les générations à venir. De nos jours, nous n’avons même pas besoin de sortir de chez nous pour le faire. Nous n’avons qu’à entraîner nos petits gars futés à piloter des drones armés depuis leur confortable fauteuil.

    B-52, F-16, Apaches, drones et chars… ça c'est bien. Tout matériel terrifiant donne à n’importe quelle sombre mission une supériorité morale qui suscite les hochements de tête approbateurs des élites gouvernantes dans les salons de Londres et de Washington.

    Ce qui n’est pas acceptable, c’est de livrer l’explosif en personne, en faisant toute la route vers la cible, et regarder votre ennemi dans les yeux en appuyant sur le détonateur. Ça ne se fait pas.

    « Il ne peut y avoir aucune justification, dans aucune circonstance, à prendre la vie d’innocents par le terrorisme. » Telles furent les paroles du chef du Parti démocrate libéral Charles Kennedy, en 2004, lorsqu’il a viré la députée britannique Jenny Tonge de son boulot de porte-parole pour avoir suggéré qu’elle pourrait envisager de devenir elle-même un suicide bomber si elle avait à vivre la situation des Palestiniens.

    Les statistiques de l’organisme israélien B’Tselem éclairent sur la situation des Palestiniens. Entre 2000 et le début de la guerre éclair israélienne Plomb Fondu, à Gaza en décembre 2008, l’armée israélienne à la brillante réputation, équipée des armes les plus modernes que l’argent américain peut acheter, a tué 4.790 civils palestiniens dans leur patrie. Parmi eux, 952 étaient des enfants.

    Oui, 952 jeunes vies palestiniennes horriblement supprimées, et leurs parents dévastés.

    En réponse, les Palestiniens, avec leurs armes de jardinage, ont tué 490 civils israéliens, dont 84 enfants. Dans ce jeu vicieux du meurtre, les Israéliens mènent par 11 à 1.

    Voici donc les « circonstances » au nom desquelles Kennedy a viré Jenny Tonge.

    Le terrorisme le plus infect

    Pendant le massacre Plomb Fondu – l’action de terrorisme d’Etat la plus infecte depuis des décennies – Israël a massacré au moins 350 enfants de plus, et depuis, Gaza est sous attaques quotidiennes. Ainsi, « l’armée la plus morale du monde » a donc fait exploser en petits morceaux, déchiqueté, calciné ou brisé, sous les balles de ses tireurs d’élite, au moins 1.400 jeunes au cours des neuf années et demi passées. On n’ose pas penser au nombre des mutilés et des handicapés.

    Dans leur étude Palestinian Suicide Bombers: A Statistical Analysis (Les auteurs d’attentat-suicides palestiniens : une analyse statistique), Sean Yom et Basel Saleh ont découvert que beaucoup d’entre eux avaient été l’objet d’attaques violentes de l’armée israélienne à la suite desquelles ils avaient été blessés, ou arrêtés, ou un proche avait été tué.

    D’octobre 2000 à mars 2004, plus de 2.800 victimes palestiniennes et 25.6000 blessures non mortelles ont été infligées par les forces israéliennes. La vengeance, souvent alimentée par des perspectives économiques détériorées et l’imposition de politiques répressives, offre aux recruteurs une réserve de volontaires. Persuader des individus de ne pas soutenir ni participer à la violence impliquerait nécessairement "une amélioration de la santé structurelle de la société palestinienne."

    Tu parles ! La politique israélienne consiste à broyer les Palestiniens dans la pauvreté et la désespérance, à leur voler tout ce qu’ils possèdent et à les laisser pourrir dans un enfer organisé par les sionistes. Loin de permettre que la santé de la société palestinienne s’améliore, ils serrent la vis de l’oppression toujours davantage. Dans la période couverte par l’étude, ils ont délibérément détruit quelques 4.700 demeures palestiniennes tout en poursuivant leur programme normal d’assassinat, de dépossession, d’enlèvement et toutes les autres atrocités qui font leur renommée.

    Depuis 1967, selon l’ICHAD (Israeli Committee Against House Demolitions – Comité israélien contre la démolition des maisons), Israël a démoli, au total, 24.145 maisons dans les territoires occupés, dont 4.247 (chiffre de l’ONU) pendant l’Opération Plomb Fondu. Les Palestiniens ont tendance à avoir de grandes familles. Réfléchissez au nombre de personnes qui se sont retrouvées sans-logis.

    L’analyse globale du professeur Robert Pape, Dying to Win (Mourir pour gagner), basée sur son travail pour le « Projet de Chicago sur le Terrorisme par suicide », avance l’idée que l’attentat-suicide exerce un pouvoir coercitif « pour obliger les démocraties modernes à retirer les forces militaires des territoires que les terroristes considèrent comme leur patrie (…). En fin de compte, le terrorisme par suicide est principalement une réponse à une occupation étrangère. »

    Occupation inclut contrôle du territoire, comme à Gaza, pas nécessairement occupation militaire. Et bien sûr, lorsqu’il s’agit d’Israël, nous ne parlons pas d’une démocratie, mais d’une ethnocratie infâme.

    La religion n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme par suicide. Pape réfute la vision souvent répétée que l’Islam est la racine du problème. « La racine pivotante est plutôt la politique militaire américaine. » Et la notion que le fondamentalisme islamique est tendu vers la domination du monde est « un pur fantasme ».

    De nombreux attentats-suicides sont simplement motivés par le désir de vengeance. Selon un chercheur, une répression gouvernementale dure « ne doit pas être perçue seulement comme une réaction à l'attentat-suicide », mais « elle le précède souvent et elle en est une cause majeure. »

    Un samedi soir en 2001, Saeed Hotari s'est fait exploser à l'entrée d'une discothèque de Tel Aviv, tuant 21 adolescents et en blessant 132. Hotari était l’un des neuf enfants d'une famille palestinienne pauvre vivant en Jordanie et était en Cisjordanie depuis deux ans dans l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Il a laissé un message disant : « Si nous ne nous battons pas, nous allons souffrir. Si nous nous battons, nous allons souffrir, mais eux aussi. »

    Le bombardement de la discothèque a été l’une des raisons citées par le gouvernement israélien pour la construction du Mur d'Apartheid.

    En 2003, une avocate palestinien, Hanadi Tayseer Jaradat, 29 ans, a tué 21 civils dans le restaurant Maxim à Haïfa. Elle a agi pour venger l'assassinat de son frère et d’un cousin (certaines sources disent qu’il était son fiancé) par les forces israéliennes.

    Le chirurgien Abdel Aziz Rantissi, co-fondateur du Hamas, a averti : « Les Israéliens n'auront ni stabilité ni sécurité tant que l'occupation ne finira pas. Les attentats-suicide sont l'avenir d'Israël. » Rantissi a été assassiné en 2004 dans une attaque à l'hélicoptère contre sa voiture. Une mère et une fillette de cinq ans ont été tuées dans l'attaque et quatre autres passants blessés.

    Combien une personne peut-elle encaisser avant de craquer ?


    L'arrestation, la détention sans procès équitable, l'humiliation constante, la perte des maisons, le chômage et autres souffrances familiales des mains de l'armée israélienne ne sont pas les seuls stimuli. Yahya Ayyash, surnommé « l'Ingénieur » et considéré comme le Père de l'attentat-suicide, est devenu chef artificier du Hamas et pendant plusieurs années en tête de la liste des personnes les plus recherchées par Israël. Issu d’une famille relativement aisée, il a obtenu une licence en ingénierie électrique à l’Université de Birzeit et envisageait de préparer une maîtrise en Jordanie, mais les autorités israéliennes l’en ont empêché.

    Voyant ses ambitions contrariées, Ayyash a rejoint le Hamas. « Ne râle pas, va au ciel » a dû être sa devise. Avec des produits chimiques ménagers, il a fabriqué un mélange explosif appelé la Mère de Satan. Ses engins ont été utilisés dans nombre de « massacres » et il est rapidement devenu un héros, échappant de peu, de nombreuses fois, à la capture. On affirme qu’il fut responsable de la mort d’environ 90 Israéliens, un prix élevé à payer par l’occupant pour avoir volé à ce jeune ses droits à voyager et à étudier – des droits que nous, en Occident, tenons pour acquis.

    Finalement, en 1996, le Shin Beit, le service de sécurité intérieure d’Israël, a éliminé Ayyash en persuadant un cousin de lui donner un téléphone portable piégé qui a explosé dès qu’il s’en est servi. 100.000 personnes ont suivi ses funérailles. 40 Israéliens de plus ont été ensuite tués dans des bombardements de représailles.

    Pourtant, les Israéliens se délectent à viser les étudiants palestiniens. Il y a cinq ans, ils ont enlevé de force quatre étudiants de l’Université de Birzeit et les ont illégalement renvoyés dans la Bande de Gaza. Ils devaient être diplômés à la fin de l’année scolaire.

    Il y eut un tollé de protestations venant du monde entier et l’armée israélienne a accepté de les laisser revenir à Birzeit, mais à la seule condition qu’ils signent un accord de retour dans la Bande de Gaza à la fin de leurs études. Ce qui a révélé aux yeux de tous le projet d’Israël de séparer la Cisjordanie de la Bande de Gaza, même si les deux territoires sont internationalement reconnus comme ne faisant qu’un. En vertu du droit international, chacun a le droit de choisir librement son lieu de résidence à l’intérieur d’un territoire. Il y a dix ans, environ 350 étudiants de Gaza faisaient leurs études à Birzeit, mais aujourd’hui, il n’y en a pratiquement aucun et le régime raciste bloque les étudiants de Gaza d’aller dans les huit universités palestiniennes de Cisjordanie.

    Apprendre, à Noël dernier, que Berlanty Azzam, originaire de Gaza et étudiante en quatrième année en Gestion des Affaires à l’Université de Bethléem, était soudain « expulsée » par l’armée israélienne et renvoyée à Gaza ne fut pas une surprise. Berlanty, jeune chrétienne, vivait en Cisjordanie depuis 2005 et avait résisté à toutes les tentations d’aller voir sa famille à Gaza de peur ne pouvoir revenir à Bethléem.

    La jeune fille de 21 ans n’était qu’à quelques semaines de l’obtention de son diplôme lorsqu’elle a été arrêtée après avoir postulé pour un emploi à Ramallah. Dans une tentative délibérée de lui voler son diplôme, l’armée la plus morale du monde l’a menottée, lui a bandé les yeux, l’a chargé dans une jeep, l’a ramenée à Gaza et l’a abandonné, tard dans la nuit, dans l’obscurité.

    Dans le cas d’une autre étudiante en dernière année d’université, les soldats israéliens se sont fréquemment déchaînés dans le camp de réfugiés de Bethléem où elle vivait, saccageant les maisons et arrêtant arbitrairement les résidents. Ils ont emmené les membres de sa famille, un par un. D’abord sa cousine de 14 ans et meilleure amie a été tuée par un tireur israélien alors qu’elle était assise devant chez elle pendant un couvre-feu.

    Ensuite, les Israéliens ont arrêté son frère aîné, un artiste de 22 ans, et l’ont incarcéré pendant 4 ans. Puis ils sont revenus pour son frère de 18 ans. Puis ils sont revenus pour prendre son plus jeune frère – le « bébé » de la famille, juste 16 ans. Voici les circonstances (merci de noter, M. Kennedy) déchirantes sous lesquelles cette étudiante faisait ses études.

    Par chance, les conseils d’une équipe chaleureuse d’enseignants de l’université l’ont maintenu dans le droit chemin. L’armée la plus morale du monde avait peut-être volé leurs études à ses frères, mais elle était déterminée à terminer les siennes.

    Bien que les Palestiniens prennent leurs études très au sérieux, tous les étudiants cruellement entravés par les Israéliens ne réagissent pas comme le fit Yahya Ayyash. Toutefois, il doit y avoir une limite à l’injustice et à la frustration qu’un jeune peut supporter avant de craquer.

    Les attentats-suicide modernes semblent avoir débuté en 1980, pendant la guerre Iran-Irak, lorsqu’un jeune iranien s’est fait exploser contre un char irakien, mais ce sont les attaques dévastatrices du Hezbollah, deux ans après au Liban, qui ont attiré l’attention du monde. Les forces US et l’envahisseur israélien furent promptement expulsés. La technique s’est exportée dans tout le Moyen-Orient et au-delà.

    La menace d’attentats-suicides a reculé en Terre Sainte tandis que les atrocités militaires israéliennes ont augmenté. Les dirigeants du régime, voyant le naufrage de l’image de marque Israël, se sont lancés dans toute une série imaginable de sales coups – au point même de tenter d’annexer les sites saints du patrimoine islamique – dans une tentative effrénée de provoquer une troisième intifada et de se poser une fois de plus en victimes du terrorisme. Quelque chose va lâcher. De nombreux Palestiniens vont craquer, et personne ne sera surpris qu’un autre Ayyash émerge.

    Ici, en Occident, peu d'entre nous peuvent pleinement comprendre qu’une personne brillante, intelligente, commette un attentat-suicide. Nous n’avons pas une botte sur la gorge. Nos portes d’entrée ne sont pas enfoncées en pleine nuit par des brutes militaires, nos familles ne sont pas enlevées, nos maisons ne sont pas détruites au bulldozer et nos terres ne sont pas confisquées.

    La morale de l'histoire est sans doute la suivante. C’est à vos risques et périls que vous piétinez les droits et les libertés d’autrui, et que vous foulez au pied leurs rêves.


    Source : Uruknet

    Traduction : MR pour ISM

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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains


    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
     
     

    Durant cette semaine du 11 au 17 mars :

     

     

     

    • les FOI ont usé d’une force excessive contre les manifestations palestiniennes non violentes en Cisjordanie ;
    • 31 civils palestiniens, dont 4 mineurs et 5 femmes, ont été blessés par des tirs israéliens ;
    • les FOI ont inauguré une synagogue juive à 300 mètres de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est ;
    • elles ont continué leurs tirs sur les travailleurs et les pêcheurs palestiniens dans les zones frontalières à l’intérieur de la bande de Gaza ;
    • elles ont conduit 13 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie et une, limitée, dans la bande de Gaza ;
    • 27 civils palestiniens, dont 2 mineurs et un journaliste, ont été arrêtés ;
    • les FOI ont maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
    • 3 civils palestiniens ont été arrêtés par les troupes israéliennes sur les check-points militaires en Cisjordanie ;
    • les FOI ont poursuivi leurs activités coloniales en Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens.

    (JPG)

    Des soldats israéliens interpellent un militant pacifiste durant une manifestation
    contre la confiscation de terres à Beit Ummar, près d’Hébron.


    Violations israéliennes recensées durant la semaine du 11 au 17 mars 2010


    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 11 mars

    -  Vers 23 h 45, dans la bande de Gaza, l’aviation lâche une bombe sur la localité d’Al Shouka à la frontière égyptienne au sud-est de Rafah au prétexte de détruire des tunnels. Pas de victimes.

    Vendredi 12 mars

    -  Région de Ramallah : vers minuit et demi, les FOI entrent dans la cité. Des garçons palestiniens se regroupent et se mettent à lancer des pierres sur les véhicules de l’occupant. Aussitôt, les soldats tirent sur les jeunes. Ils se retirent de la ville plus tard, sans faire de victimes.

    -  Région de Jénine : incursion vers 1 h du matin dans le camp de réfugiés et la ville de Jénine. L’armée fait un raid dans les rues et fouille des maisons. Pas d’arrestation.

    -  Jabaliya, Bande de Gaza : 09 h 40, les FOI pénètrent à 200 mètres par l’est dans la localité de Jabaliya. Elles procèdent au nivelage des terres qu’elles avaient précédemment défoncées. Vers 11h00 elles se déplacent sur Al Tuffah banlieue est de Gaza ville pour ne s’en retirer que dans la soirée. Pas de victimes.

    -  Beit Hannoun, vers 11 h 20, du haut de leurs miradors situés à Beit Hanoun-Erez, les FOI font feu sur plusieurs ouvriers palestiniens en train de récupérer des matériaux de construction dans les décombres des immeubles détruits de l’ancienne zone industrielle. Ils doivent s’enfuir mais on ne déplore aucune victime.

    -  Beit Lahiya, vers 22 h 10, les vedettes garde-côtes mouillées au large de Beit Lahiya tirent sur des bateaux de pêche. Les pêcheurs doivent revenir vers le rivage. Pas de victimes ni de dégâts.

    -  Khan Yunis, vers 23 h 30, l’aviation lâche deux bombes sur une fabrique de plastique à al-Satar al-Gharbi, banlieue de Khan Yunis. L’usine de 1 6OO m2 appartenant à Msallam Mohammed al-Haddad, est presqu’entièrement détruite. L’usine voisine est endommagée.

    Dimanche 14 mars

    -  Bethléhem : incursion vers 1 h dans le camp de réfugiés de Deishé, au sud de Bethléhem, où l’armée fouille la maison de la famille de Hamed Mohammed Hammad, 35 ans, et l’arrête.

    -  Ramallah : l’armée pénètre dans le quartier de Shurfa, à al-Bireh, où elle fouille une maison, celle de Maher ‘Abdullah Jom’a, et arrête son épouse, Amani Jom’a, 37 ans.

    Lundi 15 mars

    (JPG)
    Hébron, 18 mars, arrestation d’un ado palestinien pendant les affrontements.

    -  Hébron : vers minuit, incursion dans Sourif, un village au nord d’Hébron. L’armée fouille des maisons et arrête 7 jeunes Palestiniens :

    -  Ahmed Jamal Abu Fara, 18 ans,
    -  Adham Hamdi Abu Fara, 18 ans,
    -  Ahmed Shaker al-Heeh, 19 ans,
    -  Baha’a Mazen Ehmaidat, 18 ans,
    -  Mahmoud Mousa al-Masri, 18 ans,
    -  ‘Alaa’ Ibrahim barath’iya, 18 ans et
    -  Mahmoud Mousa Ehmaidat, 18 ans.

    -  Ramallah : vers 1 h, incursion dans le village de Kharbtha Bani, à l’ouest de Ramallah. L’armée fouille des maisons et convoque Mohammed Bilal al-Sheikh, 21 ans, et Khaled Nemer al-‘Abed, 26 ans, pour interrogatoire.

    -  Naplouse : vers 2 h, les troupes d’occupation entrent dans Salem, un village à l’est de Naplouse. Elles mettent le siège devant un immeuble d’habitation à 5 étages où vivent 5 familles, soit 30 personnes. Elles ordonnent aux habitants de sortir, elles vérifient leur identité et les retiennent dans une pièce au troisième étage, sauf Ibrahim Jameel Eshtayeh, 26 ans, qui est gardé au second. Peu après, les troupes fouillent l’immeuble avec des chiens. Et vers 3 h 30, elles se retirent du secteur en emmenant Eshtayeh.

    Mardi 16 mars

    -  Ramallah : vers 2 h du matin, l’armée entre dans Beit Reema, au nord de Ramallah, fouille des maisons et arrête 3 Palestiniens :

    -  Ghassan ‘Abbas al-Reemawi, 19 ans,
    -  Saddam Tayseer al-Asmar, 19 ans et
    -  ‘Orabi Hussein al-Reemawi, 35 ans

    -  Beit Lahia, bande de Gaza, 12 h 05 : depuis la frontière au nord-ouest de Beit Lahia, les FOI tirent des coups de feu en l’air pour dissuader les manifestants palestiniens qui protestaient pacifiquement contre la décision de l’occupant d’allonger la zone-tampon de 300 mètres de large le long de la frontière. Pas de victime.

    -  Jérusalem : vers 11 h, la police israélienne envahit le quartier africain de la vieille ville de Jérusalem. Elle patrouille dans les rues, fouille des maisons, lance des grenades lacrymogènes dans les ruelles. Des personnes âgées souffrent des inhalations de gaz. La police de l’occupation arrête 5 Palestiniens, dont un mineur et un journaliste :

    -  Haitham Jadda,
    -  Tha’er Seder,
    -  Shadi Seder,
    -  ‘Abdul Qader al-Qadhi et
    -  Mousa Qous, journaliste

    -  Naplouse : vers 20 h 30, les troupes entrent dans Madama, un village au sud-est de Naplouse où elles patrouillent dans les rues, lançant 3 bombes sonores. Elles arrêtent 3 Palestiniens dans les rues :

    -  Ahmed Jebril Ziada, 25 ans,
    -  Ahmed ‘Abdul Ghani Ziada, 19 ans, et
    -  Wissam Rezeq Ziada, 19 ans

    Mercredi 17 mars

    -  Hébron : vers 1 h 30 du matin, l’armée entre dans Beit Ummar, au nord d’Hébron, fouille certaines maisons et arrête 3 Palestiniens :

    -  Ameer Ibrahim Sabarna, 20 ans,
    -  Ibrahim Sa’id ‘Awadh, 17 ans, et
    -  Eyad ‘Omar Sabarna, 20 ans.

    A midi, les soldats font la chasse à des enfants palestiniens dans le village, prétendant qu’ils leur avaient jeté des pierres à un check-point monté à l’entrée du village. Les troupes tirent des balles caoutchouc sur les enfants, Khaled Ahmed al-‘Allami, 14 ans, est blessé à la tête.

    -  Bethléhem : incursion vers 3 h, dans le village d’Housan, à l’ouest de Bethléhem, où l’armée fouille la maison de Shadi Mohammed Za’oul, et l’arrête.


    (JPG)

    Check-point de Qalandya, entre Ramallah et Jérusalem,
    affrontements entre des étudiants palestiniens et l’occupant


    2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes

    Les FOI poursuivent la construction du mur d’annexion à l’intérieur de la Cisjordanie. Durant la dernière semaine, elles ont usé de la force contre les manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des militants des droits de l’homme, internationaux et israéliens. Au moins 20 Palestiniens, dont 2 mineurs, ont été blessés et d’autres souffrent de contusions et d’avoir respiré les gaz.

    Les FOI ont publié une ordonnance militaire déclarant la zone du mur d’annexion, dans Bil’in et Ni’lin, des villages à l’ouest de Ramallah, zone militaire fermée, tous les vendredis, interdisant aux civils palestiniens d’accéder dans ces zones. Selon l’ordonnance, l’interdiction restera en vigueur jusqu’au 17 août 2010.

    Bil’in : le vendredi 12 mars, après la prière, les Palestiniens, des internationaux et des militants israéliens, organisent la manifestation non violente hebdomadaire pour protester contre la construction du mur d’annexion qui traverse le village de Bil’in. Alors que les manifestants se dirigent comme chaque semaine vers le mur, et tentent de le traverser pour rejoindre les terres du village qui sont maintenant de l’autre côté du mur, ils sont accrochés par les FDI qui tirent à balle caoutchouc, lancent des bombes sonores et des lacrymogènes sur les manifestants. 2 Palestiniens, dont un mineur, sont blessés, par des balles caoutchouc :

    -  Mohammed Ahmed Hamad, 18 ans, blessé à la jambe droite, et
    -  Mohammed Adeeb Abu Rahma, 15 ans, blessé dans le dos.

    En outre, des dizaines de manifestants souffrent de l’inhalation des gaz et certains d’avoir reçu des coups par les soldats.

    Ni’lin : le vendredi 12 mars, à midi, la même manifestation est organisée par les Palestiniens avec des internationaux à Ni’lin, près de Ramallah. Le même affrontement avec les FDI fait que de nombreux manifestants souffrent des gaz respirés, et d’autres de contusions. L’armée arrête également Salah Mustafa ‘Amira, 37 ans, agriculteur, et Sarita Haim, militante israélienne des droits humains.

    Nabi Saleh : le vendredi après la prière, Palestiniens, internationaux et militants israéliens manifestent contre la confiscation de terres palestiniennes dans le secteur de Wad al-Raya, entre les villages de Nabi Saleh et Deir Nizam, au nord-ouest de Ramallah. Quand les manifestants arrivent à proximité des terres confisquées par les colons de la colonie d’Halmish, les FOI se mettent à tirer à balles caoutchouc, à lancer des bombes sonores et des lacrymogènes. 18 Palestiniens, dont 2 mineurs, sont blessés par les balles caoutchouc :

    -  ‘Omar Salah Tamimi, 25 ans, blessé dans le dos,
    -  Shadi ‘Ali Tamimi, 29 ans, à la tête,
    -  Majd Daifallah Tamimi, 16 ans, dans le dos,
    -  Shokri Mahmoud Tamimi, 29 ans, à la jambe gauche,
    -  Ziad ‘Abdul Raziq Tamimi, à la jambe gauche,
    -  Rami Hussein Tamimi, 28 ans, dans le dos,
    -  Nasser Hassan Tamimi, 27 ans, à la jambe gauche,
    -  Ref’at Wajeeh Tamimi, 23 ans, dans le dos,
    -  Mohammed Jalal Tamimi, 24 ans, à la main droite,
    -  Ra’fat Wajeeh Tamimi, 24 ans, dans le dos,
    -  Ra’fat Tal’at Tamimi, 22 ans, à la main droite,
    -  ‘Aatef Mohammed Tamimi, 22 ans, dans le dos,
    -  Mo’taz Jalal Tamimi, 16 ans, à la jambe gauche,
    -  Ahmed Mohammed Reemawi, 23 ans, dans le dos,
    -  ‘Abdul Hakim Mohammed Tamimi, 24 ans, à la jambe droite,
    -  Murad Saif Tamimi, 23 ans, dans le dos,
    -  Bahaa’ Jalal Tamimi, 23 ans, à la jambe droite, et
    -  Amjad ‘Abdul Hafiz Tamimi, 23 ans, à la jambe gauche.

    De nombreux manifestants souffrent également de l’inhalation des gaz projetés par les Israéliens et de contusions.

    Al-Ma’sara : le vendredi 12, à midi, les Palestiniens et les internationaux se rassemblent pour la manifestation, dans le centre du village, au sud de Bethléhem et se dirigent vers le mur d’annexion au nord et à l’ouest du village. Aussitôt, les troupes d’occupation leur lancent des grenades assourdissantes et se mettent à cogner sur certains manifestants. ‘Ali ‘Alaa al-Din, 25 ans, et Mahmoud Mousa, 26 ans, souffrent de contusions.

    Beit Ummar : le samedi matin, 13 mars, des Palestiniens et une trentaine d’internationaux et Israéliens manifestent dans le village, au nord d’Hébron, protestant contre la construction du mur d’annexion et la colonisation. Les manifestants se dirigent vers l’est du village, vers la route de contournement n° 60. Les troupes d’occupation stationnées dans le secteur lancent des bombes sonores et des lacrymogènes, et font la chasse aux manifestants, dont certains se font tabasser, notamment 2 journalistes qui prenaient des photos de la manifestation : Yusri Mahmoud al-Jamal, 35 ans, de Reuters, et Yousef ‘Eissa Shaheen, 22 ans, de Palmedia Group. L’occupant arrête également 2 militants israéliens, 2 journalistes (Nasser Hussin Shyoukhi, 45 ans, et Fadi Eyad Hamad, 25 ans, d’Associated Press), et Yousef ‘Abdul Hamid Abu Maria, 37 ans. Il les relâchera, à l’exception de ce dernier, par la suite. En outre, de nombreux manifestants souffrent d’avoir respiré les lacrymogènes.

    Qalandya : également samedi, 13 mars, des Palestiniens et des militantes des droits des femmes organisent une manifestation pour commémorer la Journée de la Femme, près du check-point de Qalandya, entre Ramallah et Jérusalem. Les troupes d’occupation ont fermé le check-point. Quand les manifestants tentent de passer pour aller à Jérusalem, l’armée les en empêche. En réaction, les manifestants lancent des pierres sur les soldats qui se mettent aussitôt à tiré sur les manifestants. 5 femmes sont blessées :

    -  An’am Mahmoud Khader, 55 ans, touchée par une bombe sonore à la jambe droite,
    -  Majeda Mohammed ‘Alawna, 43 ans, par une balle caoutchouc à la jambe gauche,
    -  Nada ‘Ersan Twair, 48 ans, par une balle à la main gauche,
    -  Sa’eda al-haj ‘Ali, 55 ans, par une balle dans le dos, et
    -  Alaa’ Ibrahim al-Khatib, 17 ans, par une balle à la jambe droite.

    Bir Zeit : le lundi 15 mars, vers 13 h, des groupes d’étudiants de l’université Bir Zeit, au nord de Ramallah, se retrouvent pour une manifestation non violente afin de protester contre les mesures israéliennes à Jérusalem. Ils se dirigent vers le check-point d’‘Attara, à l’entrée du village de Bir Zeit, et lancent des pierres sur l’occupant posté dans le secteur. Lequel se met aussitôt à tirer sur les étudiants. 3 d’entre eux sont blessés :

    -  Ahmed Fawzi Yousef, 22 ans, par un éclat au ventre,
    -  Mlabbas Hassan ‘Abdullah, 20 ans, par une balle à la mâchoire et,
    -  Basheer Yousef Mahmoud, 21 ans, par un éclat à la cuisse droite.


    3 - Maintien du siège sur les TPO

    Les FOI continuent d’imposer un siège serré sur les TPO et des restrictions sévères sur les déplacements des civils palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.


    Bande de Gaza

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International

    Date  : Détails
    10 mars  : 8 Palestiniens sortent ;
    118 autres et le corps d’un patient décédé rentrent.
    11 mars  : 24 Palestiniens sortent ;
    197 autres rentrent.
    12 mars  : 1 Palestinien rentre.
    13 mars  : fermé
    14 mars  : 3 Palestiniens rentrent.
    15 mars  : 3 Palestiniens rentrent.
    16 mars  : 2 Palestiniens sortent ;
    3 autres rentrent.

    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)

    Date  : Détails
    10 mars  : 88 containers d’aide alimentaire en provenance d’organisations humanitaires
    internationales et des denrées pour les commerçants,
    171 tonnes de gaz domestique et 225 000 litres de fioul entrent.
    11 mars  : 138 containers, 172 290 tonnes de gaz
    et 223 395 litres de fioul entrent.
    12 mars  : fermé
    13 mars  : fermé
    14 mars  : 95 containers, 209 788 tonnes de gaz et 209 788 litres de fioul rentrent ;
    130 980 fleurs sont exportées.
    15 mars  : 90 containers, 191,67 tonnes de gaz
    et 169 338 litres de fioul entrent.
    16 mars  : 109 containers, 108,95 tonnes de gaz
    et 223 387 litres de fioul entrent.

    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le 10 mars pour l’entrée de 1 287 tonnes de céréales et 1 326 tonnes d’aliments pour le bétail, et le 16 pour 546 tonnes de céréales et 351 tonnes d’aliments pour le bétail.

    Beit Hanoun (Erez)

    Date  :
     :
    Patients  :
     :
    Accompagn.  :
     :
    Arabes
    d’Israël
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    Gazaouis  :
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    Commerç.
    10 mars  : 30  : 26  : 2  : 12  : 2  : 42  : 0  : 2
    11 mars  : 24  : 31  : 7  : 20  : 14  : 64  : 0  : 0
    12 mars  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 13  : 0  : 0
    13 mars  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0
    14 mars  : 49  : 48  : 6  : 0  : 2  : 14  : 0  : 5
    15 mars  : 39  : 41  : 7  : 0  : 3  : 12  : 2  : 3
    16 mars  : 51  : 49  : 17  : 3  : 3  : 22  : 3  : 2


    Cisjordanie

    Toute la Cisjordanie subit ce siège et durant cette semaine de nouvelles restrictions furent imposées aux Palestiniens pour entraver leurs déplacements.

    Jérusalem : des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours accéder à la ville. Les restrictions sont encore plus sévères les vendredis, jours de prière, pour empêcher davantage de Palestiniens d’aller prier à la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville. Le jeudi 11 mars, les FOI imposent des restrictions supplémentaires dans la vieille ville. Selon des témoins, des centaines d’agents de la police des frontières posent des barrages aux entrées de la vieille ville, dans toutes les rues à l’intérieur de la ville fortifiée et dans les rues voisines. Les policiers empêchent tous ceux qui ne sont pas domiciliés dans la vieille ville d’entrer. De plus, les Palestiniens de moins de 50 ans ne peuvent entrer sur l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, toutes les portes donnant accès à l’enceinte, sauf les portes d’al-Majles, d’Hattab et d’al-Selselah, sont fermées. Samedi, 13 mars, les FOI ferment l’école secondaire de filles d’al-Aqsa, l’école secondaire Shari’a et la maternelle islamique d’al-Aqsa, toutes situées à l’intérieur de l’enceinte de la mosquée.

    Ramallah : les troupes postées au check-point de Jaba’-Qalandya, au sud-est de Ramallah, imposent des restrictions nouvelles sur les déplacements, et conduisent des contrôles prolongés, impliquant des heures d’attente supplémentaires pour les Palestiniens. Durant cette semaine, des check-points flottants sont posés pour arrêter et fouiller les véhicules palestiniens. Vers 11 h 30, samedi, 13 mars, l’un de ces barrages est mis près du village d’‘Attara, au nord de Ramallah.

    Hébron : mercredi midi, 17 mars, les FOI ferment toutes les entrées et toutes les routes qui conduisent à Hébron. Elles installent également des barrages sur les routes qui mènent aux villages et aux camps de réfugiés voisins. Elles ferment également, avec des blocs de béton, une route secondaire qui mène au marché, dans le nord-est du village de Beit Ummar, lui-même au nord d’Hébron.

    Arrestations sur les check-points militaires

    -  Vendredi matin, 12 mars, les soldats de l’occupation postés à proximité de la mosquée Ibrahimi et de la vieille ville d’Hébron, arrêtent ‘Aliaa’ ‘Abdul Majid al-Natsha, 30 ans, prétendant qu’elle avait un couteau sur elle.

    -  Le même jour vers 16 h, les soldats israéliens qui patrouillent près du mur d’annexion aux environs de la colonie Maccavim, à l’ouest du village de Beit Sierra, près de Ramallah, arrêtent Jaber Sameer al-Khattab, 17 ans, qui fait paître ses moutons. L’armée prétend qu’il a cassé une porte du mur. Il est relâché le soir sous caution.

    -  Lundi soir, 15 mars, les Israéliens postés au check-point Container, au nord-est de Bethléhem, arrêtent ‘Omar ‘Alaa’ al-Din, 25 ans, du village d’al-Ma’sara, au sud de Bethléhem.

    Harcèlement sur les check-points millitaires

    -  Le vendredi 12 mars, vers 15 h 30, les troupes israéliennes à la porte du mur d’annexion arrêtent 4 agriculteurs palestiniens du village de Deir al-Ghossoum, au nord de Tulkarem, alors qu’ils sont sur le chemin du retour. Elles obligent les agriculteurs, sous la menace de leurs armes, à se dévêtir. Ces agriculteurs sont : Mohammed Nihad ‘Atwa, 223 ans, Saleh Radi Daqqa, 28 ans, Zaher Safwat ‘Ouda, 28 ans, et Wa’el Suhi Khalil, 25 ans.


    (JPG)

    Un jeune, blessé à Qalandya, le 18 mars.


    4 - Activités de colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens

    La colonisation se poursuit dans les territoires palestiniens, en violation du droit international humanitaire, ainsi que les agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens.

    -  Le jeudi 11 mars, le matin, le quotidien israélien Ha’aretz informe que la municipalité israélienne de Jérusalem met en route des projets de constructions de milliers de logements pour les juifs dans Jérusalem, surtout à l’est et au sud de la cité. Les projets sont soutenus par le gouvernement israélien. Les nouveaux logements se répartissent comme suit : 3 000 dans la colonie Gilo, 1 500 dans celle d’Har Homa, 1 500 dans Pisgat Ze’ev, 3 000 dans Giv’at Matosim, 1 200 dans Ramot, 600 dans Armona Netseev, 450 dans Neve Yacov, et 144 dans Olive Mount. Un nouveau quartier colonial de 13 000 logements sera créé près du village d’al-Walaja, au nord-ouest de Bethléhem.

    -  Vendredi matin, 12 mars, des colons israéliens en groupes, de la colonie Ellil, investissent le secteur de Battisha, au nord-ouest du village de Qaryout, au sud-est de Naplouse. Ils arrachent 40 oliviers appartenant à Mohammed Jaber Mahmoud, Yasser Hassan Mansour, ‘Abdullah Dib et Yousef Raja.


    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR : http://www.pchrgaza.org, ou de contacter le bureau du PCHR à Gaza ville, par courriel : pchr@pchrgaza.org ou par téléphone : +972 (0)8 2824776 - 2825893


     
     

    Rapport hebdomadaire pour la période du 11 au 17 mars 2010 : PCHR
    Photos : AP - traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.

     

     


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