• En Bolivie, une loi sévère contre la corruption


    AUTEUR:  Benjamin BEUTLER

    Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice


     

    La Paz. Le Sénat bolivien a promulgué en milieu de semaine une « loi pour combattre la corruption, l’enrichissement illégal et contrôler les patrimoines »La loi a pu être votée sans crainte de l’opposition, le parti au pouvoir, le MAS (Mouvement vers le socialisme) ayant obtenu aux dernières législatives, en décembre 2009, une confortable majorité des 2/3. Il s’agit  « de justice et non de vengeance » selon le Président Evo Morales.

    Tout d’abord on pourra maintenant poursuivre en justice les personnes qui occupent des charges publiques et se sont enrichies illégalement aux dépens des biens publics. Ceux qui se sont enrichis brusquement devront désormais justifier de leurs avoirs si ceux-ci éveillent les soupçons des autorités. Les sanctions vont de la possibilité de  confiscation de la propriété privée jusqu’à 14 ans de prison.

    Scharfes Gesetz gegen Korruption in Bolivien
    Il veille à titre posthume à l’ordre et à la légalité : le socialiste Marcelo Quiroga Santa Cruz

    Cette loi anti-corruption a reçu le nom du fondateur du « Parti socialiste » (PS), Marcelo Quiroga Santa Cruz. Politicien, écrivain et intellectuel éminent, ce dernier a été assassiné en 1980 sous la dictature militaire. « Il s’agit d’une loi efficace, très sévère et drastique », a déclaré le vice-Président Àlvaro Garcia Linera.  C’était selon lui la seule façon d’envoyer un signal «qui change enfin le comportement et la mentalité des gens.»

    Refusant explicitement la péremption, la nouvelle loi (38 paragraphes) sera une arme puissante. Elle est rétroactive et ne prévoit de péremption que pour des cas exceptionnels. Aucune immunité ou traitement  particulier ne sera accordé aux ministres, parlementaires, commis de l’État ou fonctionnaires.

    L’opposition, qui au Sénat tentait depuis lundi d’empêcher surtout l’absence de péremption, a mis en garde contre le démarrage d’une « chasse aux sorcières ».  Cette loi serait un « prétexte pour placer sous contrôle toutes les institutions publiques », selon Germán Antelo, président du parti de droite « Concertation nationale» (CN). Cette protestation n’étonne personne : les anciennes élites craignent surtout pour les titres de propriété et les prébendes prises sur les fonds publics que leur ont octroyés les dictatures militaires en échange de leur indéfectible soutien. Depuis sa première version, en 1996, les partis conservateurs avaient toujours réussi à empêcher le vote de cette loi. Même la victoire électorale du MAS n’avait pas suffi à la faire adopter. En 2006 la première barrière était tombée : le MAS l’avait faite passer à la Chambre des députés. Mais au Sénat la droite avait barré la route à toutes les tentatives. Ce sont seulement les nouveaux rapports de force établis aux élections de décembre qui ont définitivement ouvert la voie.


    Source : amerika21.de-Scharfes Gesetz gegen Korruption in Bolivien

    Article original publié le 7/3/2010

    Sur l’auteur

    Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, latraductrice, le réviseur et la source.

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  • Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

    PCHR du 18 au 24 mars 2010


    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
     
     
     

    Durant cette semaine du 18 au 24 mars :

     

     

     

    • 4 civils palestiniens, dont un mineur, ont été tués par les FOI en Cisjordanie ;
    • les FOI ont utilisé une force démesurée contre les manifestations palestiniennes non violentes en Cisjordanie ;
    • 16 civils palestiniens, dont 3 mineurs et 2 militants pacifistes israéliens, ont été blessés par les tirs israéliens ;
    • les avions israéliens ont bombardé différentes cibles civiles dans la bande de Gaza ;
    • 22 civils palestiniens, dont 4 mineurs et une femme, ont été blessés ;
    • 3 maisons appartenant à des Palestiniens ont été endommagées par des tirs israéliens ;
    • les FOI ont continué leurs tirs sur les agriculteurs et salariés palestiniens dans les zones frontalières à l’intérieur de la bande de Gaza ;
    • les FOI ont mené 10 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie et 3 dans la bande de Gaza ;
    • les FOI ont arrêté 32 civils palestiniens, dont 9 mineurs, 2 femmes et 2 journalistes, en Cisjordanie, et 22 travailleurs palestiniens, dont 4 mineurs, dans la bande de Gaza ;
    • Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement la bande de Gaza du monde extérieur ;
    • les troupes israéliennes stationnées sur les check-points militaires en Cisjordanie ont arrêté au moins 6 civils palestiniens, dont un mineur et une femme ;
    • Israël a poursuivi ses activités coloniales en Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens ;
    • la municipalité israélienne de Jérusalem a approuvé la construction de 20 nouveaux logements pour colons à Sheikh Jarrah, quartier de Jérusalem-Est ;
    • les FOI ont confisqué 49 dunums (4,9 ha) de terre à Bitounia, à l’ouest de Ramallah ;
    • les colons israéliens ont arraché 35 oliviers à Qaryout, un village au sud-est de Naplouse.

    (JPG)

    Un Palestinien, blessé par les troupes israéliennes, est transporté à l’hôpital des Martyrs Al-Aqsa, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 22 mars 2010.


    Violations israéliennes recensées durant la période du 18 au 24 mars 2010

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 18 mars

    -  Incursion dans la région de Naplouse : vers 1 h 30 du matin, les FOI pénètrent dans Beita, un village au sud-est de Naplouse, où elles mènent un raid, fouillent des maisons et arrêtent 3 mineurs palestiniens :
    -  Ahmed ‘Aaref Hamayel, 16 ans,
    -  Laith Saleh Hamayel, 17 ans, et
    -  Maher Fawzi Hamayel, 17 ans.

    -  Khan Younis, bande de Gaza : vers 11 h 30, depuis la frontière à la hauteur de ‘Abassan à l’est de Khan Younis, les FOI tirent sur une manifestation pacifique organisée par des civils palestiniens pour dénoncer l’extension de la « zone tampon » le long de la frontière avec Israël. Pas de victimes.

    Vendredi 19 mars

    -  Incursion dans la région d’Hébron : vers 1 h 30, incursion dans le village de Beit Ummar, au nord d’Hébron. L’armée fouille une maison appartenant à des militants du Comité populaire contre le mur et les colonies. Elle menace ces militants de détention. Aucune arrestation.

    Camp de réfugiés d’al-Fawar, au sud d’Hébron : incursion, raid et fouilles de différentes maisons, arrestation de : Waleed Fayez al-Wawi, 16 ans.

    -  Rafah, bande de Gaza : 1 h 00, l’aviation tire 5 missiles sur le camp de réfugiés de Yebna et le Bloc J situés au Sud de Rafah où se trouvent les entrées de plusieurs tunnels ; Bader ‘Oudet Allah al-Sha’er, 32 ans, est blessé par des éclats à la face et Salem Hamdan al-Sha’er, 48 ans, avec une fracture au pied droit. Ils sont tous les deux affectés à la construction des tunnels.

    Vers 1 h 25, un bombardier F 16 cible une bombe sur une ferme située à l’est de ‘Abassan. Pas de victimes ni de dégâts. La radio israélienne a précisé que l’aviation israélienne avait visé l’entrée d’un tunnel construit pour s’infiltrer en Israël

    Vers 22 h 20, l’aviation tirent 4 missiles sur l’aéroport international de Gaza au sud-est de Rafah. 13 civils sont plus ou moins sérieusement blessés. Ils étaient en train de récupérer des matériaux de construction ayant servi à la construction des pistes de l’aéroport. Il s’agit de Hazem Salman Abu Sitta, 24 ans, blessé à la poitrine et dans le dos. Son état est critique, de Mohammed Ahmed al-’Assar, 18 ans de Mo’men Ahmed al-Debari, 15 ans, de ’Areef Tarrash Rabee’, 41 ans, d’’Abdul Rahman Mohammed Abu Shalhoub, 22 ans, et de Mohammed ’Aatef Abu Hussein, 20 ans, tous les 5 dans un état sérieux pour blessures à la tête, au cou ou à la poitrine ; ’Alaa’ ’Areef Rabee’, 20 ans, et Na’el Riad Abu Tailakh, 20 ans, Suleiman Nabeel Mansour, 18 ans, Mohammed Hammad Abu Leila, 20 ans, Hussam Suleiman Abu Sitta, 23 ans, et ’Abdullah Hammad Hussein, 24 ans, ont été blessés mais leur état n’inspire pas d’inquiétude.

    Samedi 20 mars

    -  Région de Ramallah : incursion vers 3 h 30 dans le camp de réfugiés de Qalandya, au sud de Ramallah, où l’armée fouille des maisons et arrête : Mo’tassem Ra’ed Mezher, 17 ans.

    -  Région de Naplouse : vers 11 h 30, les FOI pénètrent par l’est dans le village d’Iraq Borin, au sud de Naplouse. Des ados palestiniens se rassemblent et se mettent à lancer des pierres sur les soldats israéliens qui, immédiatement, répliquent par des tirs, mais apparemment sans faire de victimes. Les enfants palestiniens se replient à l’intérieur du village pendant que les FOI prennent position dans la partie est du village. Vers 15 h environ, un minibus civil palestinien Ford, conduit par Zakareya ‘Adel Qadous, arrive au village, venant de Naplouse. A ce moment-là, les soldats israéliens sont positionnés à environ 30 mètres à l’est du carrefour du village d’Iraq Borin et ils sortent de leurs jeeps. Le chauffeur du minibus se dirige vers l’entrée ouest du village. A peu près à 100 mètres du carrefour, face à la mosquée du village, le chauffeur s’aperçoit que des pneus sont en train de brûler et que la rue est fermée. Il s’arrête et Mohammed Ibrahim Abdul Qader Qadous, 16 ans, et Usaid Abdul Naser Qadous, 20 ans, descendent du véhicule. Alors que le chauffeur fait un demi-tour pour repartir vers Naplouse, les soldats israéliens ouvrent le feu sur Mohammed qui tombe blessé d’une balle dans le cœur, et sur Usaid qui reçoit une balle dans la tête. Des jeunes palestiniens qui assistent à la scène posent les deux blessés dans le minibus. Celui-ci n’a pas fait une vingtaine de mètre que les jeeps israéliennes tentent de l’arrêter, mais le conducteur du minibus parvient à les contourner et il réussira à aller jusqu’à l’hôpital spécialisé de Naplouse. Mohammed était mort à son arrivée à l’hôpital, Usaid y a subi une opération très longue mais son décès fut constaté le dimanche matin, 21 mars. Usaid était étudiant à l’université nationale an-Najah, à Naplouse.

    -  Bande de Gaza : 14 h 30, une unité d’infanterie pénètre à 900 mètres par le nord de la bande de Gaza. Elles prennent en chasse des ouvriers en train de récupérer des matériaux de construction dans ce qui reste de la zone industrielle complètement détruite. Plusieurs ont réussi à leur échapper mais 17 autres sont arrêtés dont 4 mineurs. 4 carrioles tirées par des ânes sont confisquées. Le lendemain à 2 h 00, 15 des 17 sont relâchés mais Mohamed Sayed al-Basyouni, 22 ans et ’Ali Jamal Kharawat, 23 ans sont maintenus en prison.

    Dimanche 21 mars

    -  Région de Naplouse : vers 12 h 05, la société du Croisssant-Rouge de Palestine (PRCS) à Naplouse est informée par la Liaison militaire israélienne qu’il y a les corps de deux Palestiniens tués par les troupes israéliennes près du village d’‘Awarta, au sud-est de Naplouse.

    Une ambulance PRCS se rend sur les lieux. Ahmed Jebril, le chauffeur, et Jamal Husni Abu Hamda, auxiliaire médical, sont dans l’ambulance. Un véhicule de la Liaison militaire israélienne attend, près du check-point d’Huwara, à l’entrée sud de Naplouse, pour diriger l’ambulance sur les corps. L’ambulance suit le véhicule de l’armée qui les emmène vers l’est du village d’‘Awarta sur la route ‘Aqraba/Yanoun. Le véhicule de l’armée s’arrête près d’une oliveraie, à environ 7 kilomètres du village. En arrivant, Jebril et Abu Hamda aperçoivent deux corps. Les corps sont allongés des deux côtés de la route, séparés de 10 à 15 mètres. Ils sont recouverts d’une couverture de l’armée. Les soldats israéliens sur place permettent à l’auxiliaire médicale d’examiner les deux corps. Ceux-ci portent les traces de plusieurs blessures, un peu partout. Abu Hamda aperçoit deux petites binettes et une bouteille de Pepsi Cola dans un sac plastique tenu par l’un des soldats. Les deux corps sont emmenés dans l’ambulance qui se dirige vers le check-point commercial d’‘Awarta pour rentrer à Naplouse. Des habitants d’‘Awarta qui se sont rassemblés près du check-point identifient les deux victimes : il s’agit de Mohammed Faisal Mahmoud Qawariq, 20 ans, et de Salah Mohammed Kamel Qawariq, 16 ans, tous deux du village d’‘Awarta.

    Les deux corps sont emmenés à l’hôpital Rafidya à Naplouse. Le Dr Abdul Karim Hashash, qui les examine, dit aux agents du PCHR que Mohammed Qawariq a été atteint de 4 balles dans la poitrine (entrées et sorties), d’une autre dans le bas du ventre et de deux à la cuisse et à la jambe droites. Il porte aussi des fractures et des brûlures à sa jambe gauche. Ceci indique qu’il a été abattu à bout portant. Salah Qawarir, lui, a été touché par une balle entrée dans la poitrine et ressortie par le dos, une autre dans le bras droit (traversé) et une troisième entrée dans le dos et ressortie par le haut de la poitrine. Abu Hamda déclare que la nature des blessures subies par les deux Palestiniens, leurs vêtements et les objets qu’il a vus tenus par un soldat, indiquent que les deux Palestiniens étaient alors en train de travailler sur leurs terres.

    Lundi 22 mars

    -  Région de Ramallah : vers 2 h du matin, les FOI entrent dans le quartier Jenan d’al-Bireh. Elles fouillent la maison de Jamal al-Sheikh. Mais sans arrestation.

    -  Bande de Gaza : 1 h 30, l’aviation tire un missile sur la localité de al-Shouka située en bordure de l’aéroport au prétexte de détruire un tunnel. Le tunnel visé a pris feu mais on ne compte aucune victime.

    10 h, du haut de leurs mirador les FOI font feu sur plusieurs ouvriers en train de récupérer des matériaux de construction sur l’ancienne zone industrielle. Pas de victimes.

    20 h 30, depuis la frontière à la hauteur de Deir al Balah les FOI ouvrent le feu à l’aveugle sur les terres les plus proches de la frontière. Suleiman Mahmoud Braim, 34 ans est blessé.

    -  Gaza ville : 23 h 50, l’aviation tire un missile sur al-Sha’af, banlieue est de Gaza ville. Plusieurs maisons sont endommagées. 8 civils sont blessés : Khawla Jihad al-Kahlout, 28 ans, Alaa’ Sa’ed Kareem, 16 ans, Ruba Sa’ed Kareem, 12 ans, Yasser Na’im Hijazi, 25 ans, ’Abed Anees Marzouq, 62 ans, Akram al-Fayoumi, 21 ans, Nahidh Khalil Abu ’Amsha, 45 ans et Mohammed Nahidh Abu ’Amsha, 19 ans.

    Mardi 23 mars

    -  Région de Tubas : vers 1 h 30, incursion dans le camp de réfugiés d’al-Fara’a, au sud de Tubas, où l’armée fouille des maisons et arrête : Mohammed Jamal Tayeh, 21 ans.

    -  Bande de Gaza : 9 h 30, les FOI pénètrent à 100 mètres dans la zone industrielle au sud-ouest de Beit Hanoun et elles nivèlent les emplacements qui avaient précédemment été rasés.

    Mercredi 24 mars

    -  Région d’Hébron : vers 1 h 30, les FOI entrent dans le village de Dura au sud-ouest d’Hébron, fouillent certaines maisons et arrêtent : Bassel Fasal al-Darabee’, 15 ans.

    -  Jabaliya, bande de Gaza : 1 h 05, l’aviation tire 2 missiles qui tombent dans le jardin d’une maison située dans le camp de réfugiés de Jabaliya. La maison de Mustafa Khalil Mustafa qui abrite 10 personnes et les maisons voisines sont plus ou moins endommagées : celle de Nidal Sa’ad al-Kurdi, qui abrite 10 personnes et celle de Khalil et Rafeeq Yousef Rab’a qui en abrite 12 doivent être évacuées. Pas de victimes.

    7 h, une unité d’infanterie pénètre à 800 mètres dans l’ancienne zone industrielle et prennent en chasse des ouvriers en train d’y récupérer des matériaux de construction. 5 d’entre eux sont arrêtés dont Mahmoud Mohammed Ma’rouf, 17 ans, Shadi ’Ammar Ma’rouf, 17 ans, et Mustafa Ghanem, 43 ans.


    2- Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes

    Les FOI continuent la construction du mur d’annexion à l’intérieur du territoire de la Cisjordanie. Durant la semaine, elles ont violemment réagi contre les manifestations organisées par les Palestiniens, des internationaux et des militants israéliens des droits de l’homme, pour protester contre la construction du mur et la poursuite de la colonisation. Au moins 20 civils palestiniens, dont 2 mineurs, ont été blessés et d’autres souffrent de contusions et de l’inhalation des gaz.

    Bil’in, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 19 mars après la prière, des groupes de Palestiniens, d’internationaux et militants israéliens manifestent de façon non violente contre la construction du mur d’annexion dans le village, à l’ouest de Ramallah. Les manifestants se dirigent vers le murs et tentent d’arriver jusqu’aux terres qui sont derrière. Aussitôt, l’armée tire à balles caoutchouc, lance des bombes assourdissantes et des lacrymogènes sur les manifestants. Des dizaines d’entre eux souffrent d’avoir respiré les gaz, et certains des coups reçus par les soldats de l’occupation.

    Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : au même moment le vendredi, Palestiniens, internationaux et militants israéliens manifestent contre le mur. Un affrontement a lieu avec les FOI positionnées près du mur, qui répliquent avec la même violence qu’à Bil’in. De nombreux manifestants sont indisposés par l’inhalation des gaz et souffrent de contusions.

    Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : ce même vendredi après la prière, Palestiniens, internationaux et Israéliens manifestant pacifiquement contre la confiscation de terres dans le secteur de Wad al-Raya, entre les villages de Nabi Saleh et de Deir Nizam. Quand les manifestants essaient d’arriver sur les terres confisquées par les colons israéliens, près de la colonie Halmish, l’armée se met à tirer des balles caoutchouc, lancer des bombes sonores et des lacrymogènes. 11 manifestants, dont deux mineurs et 2 militants israéliens, sont blessés par les balles caoutchouc, et un autre par un corps de grenade lacrymogène :

    -  ‘Abdul Hafis Mahmoud al-Tamimi, 29 ans, blessé à la main droite,
    -  Ra’fat Mahmoud ‘Arar, 15 ans, blessé au visage,
    -  Ra’ed ‘Ali Salem, 27 ans, blessé à la main droite,
    -  Marwan ‘Abdul Karim al-Tamimi, 43 ans, à la main droite,
    -  Doudi, 25 ans, militant israélien, à la main gauche,
    -  Elli Shik, 22 ans, militant israélien, à la jambe gauche,
    -  ‘Ali Nemer Salem, 56 ans, à la main gauche,
    -  Nabeel ‘Abdul Basset al-Tamimi, 22 ans, à la jambe droite,
    -  Ahmed Jamal al-Tamimi, 65 ans, à la poitrine,
    -  Saber Nazir al-Tamimi, 17 ans, à la jambe gauche,
    -  Ra’ed Munther Hamed, 20 ans, atteint par un corps de grenade lacrymogène dans le dos, et
    -  Huthaifa Fadel Yahia, 19 ans, blessé dans le dos.

    Des dizaines d’autres manifestant souffrent de l’inhalation des gaz, et d’autres des coups reçus.

    Budrus, à l’ouest de Ramallah : après la prière du vendredi le 19 mars, les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens des droits de l’homme, se rassemblent pour manifester dans le centre du village. Ils se dirigent vers le mur d’annexion. Aussitôt, l’armée réagit avec la même violence que dans les autres villages. Mohammed Mansour Yousef, 20 ans, est blessé d’une balle caoutchouc à la main gauche. Certains manifestants souffrent d’ecchymoses ou d’inhalation des gaz. Les FOI interpellent également 3 civils palestiniens, dont deux journalistes, et les gardent pendant plus de 3 heures : Sa’adat Sha’ban ‘Awadh, 27 ans, Haroun Yousef ‘Amaira, 26 ans, journaliste à la Télévision Palestine, et Najeeballah Hassan Sharwana, 21 ans, caméraman à la Télévision Palestine.

    Qalandya : ce même vendredi, des dizaines de Palestiniens organisent une manifestation au check-point de Qalandya, au sud de Ramallah. Ils mettent le feu à des pneus et lancent des pierres et des bouteilles vides sur les troupes israéliennes stationnées sur le check-point. Aussitôt, commencent les tirs de l’armée sur les manifestants. 3 Palestiniens, dont un mineur, sont blessés :

    -  Baraa’ Mohammed al-Qadhi, 17 ans, blessé par une balle caoutchouc à la poitrine,
    -  Ra’ed Zuhair ‘Eissa, 32 ans, blessé de la même manière à la jambe gauche, et
    -  Farhan Sa’ada, 18 ans, également, dans le dos.

    L’armée d’occupation arrête : Mohammed ‘Ali ‘Ali, 16 ans.


    3 - Maintien du siège sur les TPO

    Israël maintient son siège serré sur les TPO et impose toujours les restrictions aux déplacements de civils palestiniens de la bande de Gaza et de Cisjordanie, dont Jérusalem-Est.


    Bande de Gaza

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International

    Date  : Détails
    17 mars  : 3 Palestiniens sortent ;
    370 autres rentrent.
    18 mars  : 16 Palestiniens sortent ;
    526 autres rentrent.
    19 mars  : 1 Palestinien sort ;
    le corps d’un patient décédé rentre.
    20 mars  : 6 Palestiniens sortent.
    21 mars  : 1 Palestinien et le corps d’un patient décédé rentrent.
    22 mars  : fermé
    23 mars  : 6 Palestiniens sortent.

    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)

    Date  : Importations Qté  : Exportations Qté
    17 mars  : denrées alimentaires 377 tonnes  : fleurs 562 000

     : matériel agricole 135 tonnes  :


     : denrées diverses 2,248 tonnes  :


     : gaz domestique 183 tonnes  :


     : fioul industriel 223 000 litres  :


     : aide humanitaire 541 tonnes  :


     :

     :

    18 mars  : denrées alimentaires 468 tonnes  : fleurs 473 000

     : matériel agricole 261 tonnes  :


     : denrées diverses 2,867 tonnes  :


     : gaz domestique 187 tonnes  :


     : fioul industriel 223 000 litres  :


     : aide humanitaire 446 tonnes  :


     :

     :

    21 mars  : denrées alimentaires 444 tonnes  : fleurs 242 000

     : matériel agricole 172 tonnes  :


     : denrées diverses 454 tonnes  :


     : gaz domestique 154 tonnes  :


     : fioul industriel 223 000 litres  :


     : aide humanitaire 402 tonnes  :


     :

     :

    22 mars  : denrées alimentaires 524 tonnes  : papier
    (WC, Sopalin...)
    95 tonnes

     : matériel agricole 226 tonnes  :


     : denrées diverses 146 tonnes  :


     : gaz domestique 201 tonnes  :


     : fioul industriel 223 000 litres  :


     : aide humanitaire 451 tonnes  :


     :

     :

    23 mars  : denrées alimentaires 419 tonnes  : fleurs 324 000

     : matériel agricole 157 tonnes  :


     : denrées diverses 2,006 tonnes  :


     : gaz domestique 202 tonnes  :


     : fioul industriel 223 000 litres  :


     : aide humanitaire 471 tonnes  :

    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le 18 mars pour l’entrée de 2 535 tonnes de céréales et 1 910 tonnes d’aliments pour animaux et le 22 pour 2 067 tonnes de céréales et 1 599 tonnes d’aliments pour animaux.

    Beit Hanoun (Erez)

    Date  :
     :
    Patients  :
     :
    Accompagn.  :
     :
    Arabes
    d’Israël
     :
     :
    Diplomates  :
     :
    Presse  :
     :
    Internat.  :
     :
    Gazaouis  :
     :
    Commerç.
    17 mars  : 31  : 31  : 1  : 2  : 0  : 23  : 3  : 6
    18 mars  : 44  : 45  : 6  : 8  : 8  : 70  : 14  : 4
    19 mars  : 2  : 2  : 0  : 5  : 6  : 6  : 0  : 0
    20 mars  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0
    21 mars  : 37  : 36  : 1  : 0  : 2  : 11  : 0  : 0
    22 mars  : 35  : 32  : 2  : 0  : 6  : 21  : 1  : 5
    23 mars  : 44  : 45  : 2  : 7  : 4  : 32  : 0  : 2


    Cisjordanie

    Toute la Cisjordanie est maintenue sous le siège israélien. Cette semaine, des restrictions supplémentaires ont même été décidées contre les Palestiniens.

    Jérusalem : des milliers de civils palestiniens, de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ne peuvent toujours entrer dans la cité. Les FOI ont disposé de nombreux check-points autour et dans la ville. La liberté de déplacement est bafouée de façon plus sévère encore les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens de se rendre à la mosquée al-Aqsa, dans la vieille ville, pour prier. Jeudi 18 mars, dans la soirée, les FOI commencent d’imposer des restrictions accrues aux déplacements palestiniens dans la vieille ville. Selon des témoins, des centaines de policiers des frontières avaient posé des check-points aux entrées de la vieille ville, dans toutes les rues à l’intérieur de la vieille ville et dans celles à proximité. Le vendredi matin, 19 mars, les Palestiniens de moins de 50 ans sont interdits d’entrée à la mosquée. Samedi matin, 20 mars, les FOI bouclent un barrage installé à l’entrée du camp de réfugiés de Shu’fat, au nord-est de Jérusalem.

    Ramallah : les FOI y imposent les mêmes restrictions. Les soldats postés sur les check-points de Jaba’ et de Qalandya, au sud-est de Ramallah, imposent des restrictions supplémentaires et des contrôles prolongés aux civils palestiniens. Des barrages flottants sont posés sur les routes pour bloquer les véhicules palestiniens et les fouiller. Vers 11 h le jeudi 18 mars, les FOI montent un check-point près du village d’‘Attara, au nord de Ramallah. Vers 13 h, dimanche 21 mars, idem près du village de Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah.

    Naplouse : samedi matin, 20 mars, les troupes stationnées au check-point de Za’tara, au sud de Naplouse, imposent des restrictions renforcées et idem, le dimanche matin, 21 mars, sur le barrage d’Huwarra.

    Hébron : vendredi matin, 19 mars, la présence de l’armée d’occupation est renforcée à proximité de la mosquée Ibrahimi et de la vieille ville, dans le sud et le centre d’Hébron. L’armée pénètre dans plusieurs maisons et les transforme en postes militaires temporaires. Vers 9 h 30, le samedi 20, les FOI pourchassent des agriculteurs palestiniens qui sont accompagnés d’internationaux et de militants israéliens pour les empêcher de se rendre sur des terres agricoles situées au nord du village de Safa, au nord d’Hébron, prétendant que la zone est une zone militaire fermée. Les troupes israéliennes interpellent 3 militants israéliens, et un international, et les gardent pendant plusieurs heures. Vers 7 h, le lundi 22 mars, l’armée monte un autre check-point au carrefour Dura/al-Majd, au sud d’Hébron, où elle arrête et fouille tous les véhicules palestiniens.

    Arrestations sur les check-points militaires

    -  Vendredi soir, 19 mars, les troupes israéliennes arrêtent Bilal Mohammed Shawabka, 14 ans, du camp de réfugiés d’al-Fawar, au sud d’Hébron, alors qu’il se trouve à proximité de la colonie Beit Hajai.

    -  Samedi 20 mars, vers 13 h, l’armée postée près du mur d’annexion au sud-ouest du village de Beit ‘Awa, au sud-ouest d’Hébron, arrête 4 agriculteurs palestiniens, qui se trouvent sur leurs terres, près du mur :

    -  Isma’il Mohammed al-Swaiti, 55 ans,
    -  Mohammed Zaidan al-Swaiti, 35 ans,
    -  Fawaz Faisail al-Swaiti, 22 ans, et
    -  Mansour Faisal al-Swaiti, 26 ans.

    -  Samedi soir, 20 mars, les troupes israéliennes sur le check-point à l’entrée du camp de réfugiés de Shu’fat, au nord-est de Jérusalem, arrêtent Ibtissam Mustafa Abu Dayah, 42 ans.


    4 - Activités de colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens

    Israël poursuit sa colonisation des TPO en violation du droit international humanitaire, et les colons leurs agressions.

    -  Jeudi 18 mars, la municipalité israélienne de Jérusalem approuve un projet de construction pour le quartier jérusalémite de Sheikh Jarrah. Selon la radio israélienne, les autorisations sont publiées pour la construction de 20 unités de logement pour les colons.

    -  Le même jour, des colons de la colonie Ellli arrachent 25 oliviers appartenant à Mohammad Jaber, Ahmed Jaber et ‘Abdoul ‘Aziz Mardawi, dans le village de Qaryout, au sud-est de Naplouse.

    -  Le vendredi 19, vers 21 h, des colons de Beit ‘Ain, au nord d’Hébron, tentent de mettre le feu à des zones boisées dans le village de SAfa. Un certain nombre d’arbres brûlent, mais les habitants du secteur finissent par circonscrire l’incendie.

    -  Dimanche 21 mars, le quotidien israélien Ha’aretz rapporte que les FOI ont annoncé un projet de saisie de 49,2 dunums de terres (4,9 hectares) dans la ville de Bitounia, à l’ouest de Ramallah, pour implanter de nouvelles installations de sécurité sur la route n° 443, avant son ouverture aux mouvements palestiniens, dans deux mois et demi. Le projet des FOI est d’établir un check-point au passage d’Ofeer, à l’ouest de Ramallah, les véhicules palestiniens auront l’autorisation de circuler sur la route 443 entre le check-point Macavim et ce nouveau check-point, comme stipulé par la décision de la Haute Cour israélienne.

    -  Mardi 23 mars, des colons de Elli, Shilo, et Ma’ale Levoni, attaquent des fermiers palestiniens dans le village de Senjel, au nord de Ramallah, et les empêchent de travailler leurs terres. Les colons leur lancent des pierres et tentent de s’emparer de leurs tracteurs. Les FOI arrivent sur les lieux et ferment la zone au public.


    (JPG) Document public

    Pour plus d’informations, veuillez consulter notre site : http://www.pchrgaza.org ou contacter le bureau du PCHR à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org ou par téléphone, au : +972 (0)8 282 4776 - 282 5893.


     
     

    Rapport hebdomadaire pour la période du 18 au 24 mars 2010 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.

     

     


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  • L’avocat général décomplexé Bilger approuve Zemmour et les statistiques ethniques

    Claude RIBBE

    Philippe Bilger aime la liberté d’expression et les hommes qui « osent dire » ? Très bien ! Allons y ! Il faut rappeler que M. Bilger est un haut magistrat du parquet, avocat général à la cour d’Appel de Paris et que c’est lui qui a demandé et obtenu, lors du procès Halimi, la peine maximale pour Fofana, le principal accusé. M. Bilger, bien que magistrat, s’exprime librement sur son blog. Tant mieux ! Moi aussi. Mais lorsque cet avocat général décomplexé, comme on dit, nous parle de justice, on arrive sur un terrain glissant. Est-ce l’avocat général, tenu par le devoir de réserve, protégé par la loi, qui s’exprime ou tout simplement M. Bilger ?

    En tout cas, ce que je viens de lire sous sa plume est tout simplement une honte et c’est d’autant plus grave du fait des fonctions qu’il exerce. Il vient en effet de se porter au secours de Zemmour et soutient tranquillement, par écrit, en pesant bien ses mots, la formule de ce journaliste raciste : « les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes.

    C’est un fait ». M. Bilger se dit du même avis et souligne « la validité de ce fait », « la justesse de cette intuition ». Il trouve normal que Zemmour, pour qui tout « noir » est un immigré, s’exprime ainsi sur la chaîne France O, qui cible pourtant l’outre mer et à la « diversité », et où, soit dit en passant, Zemmour a une tribune régulière sans que cela dérange outre mesure le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre mer, Karam, qui s’est démasqué en approuvant Zemmour et en attaquant hystériquement Ali Soumaré aussi bien que Marie Luce Penchard, Jean-Paul Huchon ou moi (après tout, ce sont tous des « noirs »…).

    M. Bilger invite donc les citoyens « de bonne foi » à venir constater que Zemmour a raison en assistant à n’importe quelle audience correctionnelle et parfois criminelle. Sur Europe 1, le magistrat s’est déclaré favorable aux « statistiques ethniques », tandis qu’il déplorait sur son blog que la finalité presque exclusive des statistiques officielles (non ethniques) soit « de masquer ce qui crève les yeux et l’esprit si on accepte de regarder ».

    Nous savons maintenant pourquoi les racistes (dont le CRAN, et là je comprends que M. Bilger s’amuse) sont favorables à ce type statistiques : pour stigmatiser certains justiciables et assimiler la délinquance à tel ou tel phénotype. Ceci étant, M. Bilger n’a pas pensé que les statistiques ethniques pourraient pousser certains esprits chagrins à dire que s’il y a surtout des « noirs » et des « arabes » devant les tribunaux répressifs et dans les prisons aussi, c’est peut-être parce le système policier et judiciaire est une machine à broyer du noir ou de l’arabe, parce que le système éducatif n’a pas rempli sa mission, parce que la France est un pays où le racisme se porte bien grâce à des gens comme Zemmour.

    En parlant de « noirs » et d’ « arabes », M. Bilger affirme au moins clairement l’existence de « races humaines » qu’il croit assez justifier en invoquant l’évidence de son regard et celui des gens de bonne foi (c’est-à-dire les racistes primaires). Bien que lui ne soit pas primaire, il aurait besoin, je pense, de quelques séances de rattrapage en philosophie.

    Il apprendrait ainsi ce qu’en principe tout lycéen de terminale doit savoir : les sens sont trompeurs et la prétendue évidence fondée sur le regard n’est pas un critère de vérité. Un bâton plongé dans l’eau paraît brisé alors qu’il ne l’est pas. Ce n’est pas un « noir » ni un « arabe » qui l’a dit, c’est Descartes. De même, un magistrat d’apparence respectable, blanc de peau, peut-il se révéler, à l’examen, le pire des salauds.

    L’apparence n’est pas la réalité. En lisant les auteurs et en faisant travailler son esprit (puisque le même Descartes dont je rappelle qu’il appartenait au « corps traditionnel français » et ne peut donc être soupçonné de complicité avec les trafiquants, nous révèle que le pire imbécile a du bon sens et peut parvenir à la vérité s’il dirige son esprit par une saine méthode) M. Bilger comprendrait ce qu’est un préjugé. Car ne doutons pas de sa bonne foi : pour le moment, il ne le sait pas. Or, pour un magistrat cela peut être très utile. Le racisme est un préjugé qui, hélas, n’épargne pas les magistrats.

    Ce que M. Bilger sait en tout cas, c’est que que l’apologie du racisme - la croyance aux « races » humaines - , grâce à un incroyable vide juridique, ne tombe pas sous le coup de la loi. Et il en profite, prenant la précaution, tout en approuvant Zemmour, qui dit que « la plupart » des trafiquants sont noirs ou arabes, de préciser que « beaucoup » le sont. Il a beau dire, par précaution, que tous ne le sont pas, voilà donc un magistrat qui lorsqu’il aura devant lui quelqu’un qu’il pense être « noir » ou « arabe » accusé d’être un trafiquant sera convaincu d’avance qu’il a plus de chances d’être coupable que s’il s’agissait d’un « blanc ».

    Après de tels propos, les choses sont extrêmement simples. Tout accusé sera désormais fondé à demander de n’être pas jugé par M. Bilger, car un magistrat doit juger sans préjugés ou au moins faire semblant. L’évidence du regard ? M. Bilger semble avoir oublié que la justice est généralement représentée les yeux bandés. Ce n’est pas pour rien. Pour un magistrat, plus encore que pour Zemmour, il ne doit pas y avoir de « noirs » ni d’« arabes », mais tout simplement des justiciables, tous égaux devant la loi et tous présumés a priori innocents.

    Il serait intéressant de savoir si la ministre de la Justice approuve qu’un magistrat très en vue affirme ainsi en toute quiétude qu’il croit aux races, qu’il défende publiquement un journaliste raciste approuvant le délit de faciès, et qu’il demande des statistiques ethniques pour mieux justifier son propos. Si la Chancellerie laisse faire, laisse dire, pourquoi ne pas lyncher directement les « noirs » et les « arabes » suspects ? Cela désengorgerait les tribunaux, non ? Et pourquoi pas des statistiques ethniques sur les magistrats ? Ne serait-ce pas tout aussi intéressant, après tout, aussi bien en France que dans les départements d’outre mer ?

    Par Claude Ribbe
    www.claude-ribbe.com


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  • 12 décembre 2008

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    11 mars 2010

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    05 Mai 2010

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  • Anti Bunker à Diego Garcia ! Mots de guerre et guerre de mots contre l’Iran
    Leila Mazboudi

     Etrangement, une information est venue agiter de nouveau le scénario militaire américain contre l’Iran. Véhiculée par un quotidien écossais presque inconnu, Scotland Herald , elle prétend que les États-Unis ont transporté d’énormes quantités d’armements,  dont des bombes anti bunker, ( destinés pour détruire les installations souterraines en béton armé) vers une île du Pacifique, Diego Garcia située à quelques 5000 Km de l’Iran.


    Mis à part sa véracité, cette information est d’autant plus curieuse qu’elle survient à un moment  où l’option militaire semble être écartée.
    Vu les tous derniers propos du chef de l’armée américain David Petraeus lequel a dit que l’Iran n’a pas encore les moyens de fabriquer une bombe atomique. Ce qui explique la priorité accordée à l’Afghanistan


    Vu également que l’objectif actuel est surtout de décrocher au Conseil de sécurité des sanctions paralysantes contre l’Iran, (serait-ce pour l’affaiblir avant de le bombarder). Les efforts, (aussi persistants qu’infructueux) relayés auprès de la Chine réticente, par les différents dirigeants israéliens et occidentaux (dont le dernier est le chef de la diplomatie britannique David Miliband) montrent à quel point ces sanctions leur tiennent particulièrement à cœur!  
    A voir de plus près, le contexte de cette information semble lui-même louche.


    D’abord, il n’évoque aucune source.


    Secundo, il fournit beaucoup trop de détails, beaucoup trop précis, pour être publiés :
    La quantité exacte de l’arsenal dépêché : 10 containers.
    Le nombre exact de bombes anti Bunker : 387, dont 195 « smart bombes Blu -110 » guidées au laser, et 195 énormes bombes « Blu-117 » de 2 tonnes.
    Même l’identité de la société chargée de les transporter et le montant qu’elle a perçu sont également évoqués : la « Superior maritime Services » basée en Floride qui devrait percevoir la somme de 699.500 $.


    Plus bizarres encore sont les analyses des experts qui accompagnent l’information :  
     « Ils envisagent de détruire complètement l’Iran » a dit Dan Plesch, le directeur du « Centre for International Studies and Diplomacy » à l’Université de Londres, co -auteur d’une étude récente sur les préparations américaines pour une attaque contre l’Iran.
    Les préparations sont organisées par l’armée US mais c’est au président Obama de prendre la décision finale. Il pourrait décider qu’il vaut mieux pour les US agir à la place d’Israël, a affirmé Plesch.

    « Les US ne rendent pas public le niveau de toutes ces préparations pour dissuader l’Iran, ce qui rend la confrontation plus probable » a-t-il ajouté. « Les US…utilisent leurs forces dans le cadre d’une stratégie générale pour façonner les actions de l’Iran », explique-t-il.

    Tout aussi alarmiste est Ian Davis, directeur du nouveau « think tank » indépendant, « NATO Watch », et selon lequel la livraison à Diego Garcia constitue un souci majeur. Assurant d’un ton plutôt compatissant vouloir « presser les Américains de clarifier leurs intentions à propos de ces armes, et le Foreign Office de clarifier son attitude concernant l’utilisation de Diego Garcia pour attaquer l’Iran ».

    Alors que pour Alan Mackinnon, président du Scottish CND, également cité par le Scotland Herald de par sa  préoccupation « c’est clair que le gouvernement US continue de battre les tambours de guerre contre l’Iran, plus récemment encore avec les déclarations faites par la secrétaire d’état, Hillary Clinton. »
    « C’est désespérément identique à la rhétorique entendue avant la guerre contre l’Irak en 2003 » , poursuit  Mackinon, rappelant que l’île avait été utilisée pour bombarder l’Irak lors des guerres du Golfe et puis de son invasion.



    Mis à part les bonnes ou mauvaises intentions qui motivent ces analyses de cette information, elles vont toutes dans le même sens, sont toutes aussi alarmistes les unes que les autres et ignorent que ce genre d’information puisse servir à d’autres fins, du moins pour le moment.
    Sachant que les spéculations sur une guerre imminente contre l’Iran vont bon train depuis plus de trois ans.


    Insidieusement,  elles viseraient à garder la double pression,  aussi bien sur Téhéran pour l’amener à accepter la suspension de l’enrichissement de son uranium, que sur les pays réticents face à un durcissement des sanctions contre elle, pour les en dissuader.
    Parfois elles font directement surface, lorsqu’un  responsable américain vient déclarer que l’Iran ne peut pas encore produire de bombe atomique. Insinuant exclure l’imminence d’une frappe.
    Faute de mener contre l’Iran une guerre réelle, les États-Unis mènent contre lui une guerre de mots…  

    Source ici


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