• Il y a des débats si rebattus et nauséabonds qu’on n’a même plus envie de mettre à jour leurs grossières ficelles. Tout en haine et racisme, ils squattent notre environnement comme le ténia son intestin. Surtout, ils font oublier que le vrai combat est ailleurs. Non pas dans les stériles querelles de chapelle des vaticinateurs médiatiques. Mais dans le système qui instrumentalise ces questions.

    De la défense de la femme à celle des animaux (en passant par la chrétienté) : les innombrables visages de la haine du bougnoule

    mercredi 31 mars 2010, par Serge Quadruppani

    Aujourd’hui, la haine du bougnoule n’est pas sans rappeler une des grandes figures de la culture populaire, celle du vampire qui aspire le sang de tout ce qui passe à sa portée. On l’a vu quand une droite qui finance l’enseignement privé sur les deniers publics prétendait naguère défendre la laïcité en interdisant aux filles voilées d’étudier.

    On le voit maintenant quand l’idée de l’interdiction de la burqa au nom de l’émancipation féminine est portée par une famille politique dont une bonne partie des représentants insultaient Simone Veil au parlement quand elle présentait sa loi sur l’avortement. Je n’utilise pas par hasard le terme « bougnoule » qui, avec sa lourde charge de racisme bistrotier, eut ses effets les plus meurtriers durant la guerre d’Algérie.

    La rhétorique des « heures les plus sombres de notre histoire » est devenue l’inepte stéréotype mental d’une gauche sans pensée, recrue d’abandons et repliée sur un moralisme démonétisé. Force est pourtant de constater que notre présent, reculant devant la production d’un nouveau radical, consacre l’essentiel des énergies mentales de ses serviteurs médiatiques à utiliser les restes. Recyclant ici un bout de Pétain («  louangé pour avoir attendu les Américains en 1917, il est vilipendé pour avoir refait le même choix en 1940 » - cité par Schneidermann), là l’éloge de la laïcité, ici de la chrétienté, la tambouille anti-Arabe et anti-Noirs a ses marmitons vedettes dont le fond de sauce, baptisé « insolence » ou « anti-politiquement correct », dégouline à longueur de temps des écrans.

    Avec son «  c’est un fait ! » salué par les hourras de tant de téléspectateurs et d’internautes qui ne sont pas tous lecteurs du Figaro, Zemmour prétend mettre l’objectivité de son côté : la majorité des délinquants de rue seraient maghrébins ou noirs. Une autre forme d’objectivité consisterait à dire ce sont très souvent des pauvres qui, pour se sentir moins pauvres, gâchent la vie de gens souvent aussi pauvres qu’eux, et que la majorité des plus pauvres aujourd’hui, ont la peau noire ou sont d’origine maghrébine.

    On pourrait aussi observer qu’objectivement, le contrôle au faciès participe de l’ensemble des processus de ghettoïsation, et donc, renforce ce contre quoi il prétend lutter : l’éventuelle surreprésentation d’une catégorie de population dans la petite délinquance. On pourrait dire enfin qu’objectivement, si la police, au lieu de contrôler les Noirs et les Arabes sortant du métro à la station Barbès, s’intéressaient aux Blancs descendant de voiture avec chauffeur à Neuilly, elle découvrirait chez les Blancs une surreprésentation du délit d’initié, de l’évasion fiscale et du trafic d’influence. Mais l’objectivité n’est qu’un masque puisqu’en réalité, on est dans le domaine des subjectivités construites, des passions collectives.

     

     

    Dans ma boîte aux lettres électronique est arrivé un message ainsi intitulé : «  Quick Halal... BOYCOTTER TOUT CE QUI EST HALLAL !!! DEFENDONS NOTRE FACON DE VIVRE !!! A DIFFUSER ...... » C’était une série de photos montrant comment on tue les moutons dans les abattoirs halal. Peu après, la personne qui m’avait envoyé ce mail, m’en expédiait un autre qui dénonçait le fait qu’une "ancienne fellagha" se faisait soigner à Paris et logeait au George V. Ce n’est pas la première fois que les propagandistes du Front national (qu’ils y soient ou non encartés) se portent au secours des animaux.

    Tel qu’il m’a été décrit par des gens insoupçonnables de racisme, l’abattage hallal est à mes yeux une horreur, tout comme d’ailleurs l’abattage cacher mais je ne suis pas bien sûr que l’abattage laïque soit plus sympathique : c’est l’ensemble de l’industrialisation du vivant, et en particulier de l’élevage qui doit être remis en question, pour préserver notre santé et aussi parce qu’aimer les bêtes paraît chaque jour un peu plus une condition minimale pour arriver à aimer les humains. En tout cas, sur ce terrain-là comme sur tant d’autres (voile et burqa, laïcité), le procédé consistant à prendre dans une culture un aspect discutable ou détestable, mais extrêmement minoritaire ou juste parfois encombrant mais très secondaire, pour en faire le signe de la barbarie essentielle d’une large fraction des classes populaires, ce procédé n’a pas fini de faire des dégâts.

    Depuis que j’ai commencé à penser par moi-même, je sais que, comme disait à peu près un graffiti fameux de la Sorbonne en 68, « on ne peut penser librement à l’ombre d’une chapelle ». Si le fait qu’une femme fuie le regard des autres derrière du tissu me dérange, je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas – en particulier à elle (mais ce n’est pas une raison pour l’interdire d’enseignement ou l’empêcher carrément de sortir dans la rue), et les leçons de morale des fumeurs de shit de mon quartier qui se bricolent une identité musulmane en me reprochant de boire du vin me font rire. Mais si M. Zemmour tient, en tant que Français, à revendiquer des racines chrétiennes, il va falloir qu’il se fourre dans la tête que les seules que je me reconnaisse sont dans l’armée des paysans et des mineurs de Thomas Münzer qui, en l’an du Seigneur 1524, ont étripé les seigneurs au cri de : «  Toutes choses sont communes ! »

    Mais toutes les frictions entre les morales et les modes de vivre ne m’empêcheront pas de penser que l’essentiel se joue dans ce que nous avons de commun. Et ce que nous avons ensemble, c’est d’abord un ennemi qui cherche à essentialiser des différences, et qui nous impose un capitalist way of life toujours plus mortifère. Hallal ou pas hallal, ce qu’on nous fait bouffer, c’est toujours plus de la merde. Des histrions philosophes qui vaticinent sur la montée du fascisme vert aux bouffons zemmouriens qui disent tout haut ce que les électeurs du Front national pensent tout bas, la même technique est à l’œuvre : s’emparer d’un détail pour en faire un tout, dresser une partie de la population contre une autre. Diviser pour régner : c’est aussi banal que ça.

    Mais pour l’instant, dans une large mesure, ça marche.

     


    votre commentaire
  • La barrière métallique égyptienne met à rude épreuve les habitants de Gaza


    L’achèvement imminent par l’Égypte de l’installation d’une barrière en acier souterraine et en surface le long de sa frontière avec la bande de Gaza met les Gazaouis sur les nerfs : comment vont-ils survivre sans l’important commerce qui passe par les tunnels ?

     
     
    (JPG)

     

     
    Un travailleur descend dans un tunnel près de Rafah, au sud de Gaza. L’Égypte a presque terminé la construction d’un mur métallique le long de sa frontière avec Gaza pour essayer d’en finir avec la contrebande par les tunnels - Photo : Suhair Karam/IRIN

    Un trafic de contrebande lucratif transite par les tunnels pour toute une gamme de produits depuis qu’Israël a imposé un embargo économique contre la bande de Gaza après la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007. La Banque mondiale et les économistes palestiniens estiment qu’au moins 80 pour cent des importations totales vers Gaza passent par les tunnels.

    « Creuser des tunnels et y travailler est l’un des rares emplois disponibles pour les jeunes Gazaouis », a dit Omar Sha’ban, économiste à Gaza.

    « Les personnes qui travaillent dans les tunnels gagneraient 25 dollars par jour, une somme énorme pour l’économie palestinienne actuelle. Mais ils sont exposés aux bombardements quotidiens ... par les forces aériennes israéliennes, à l’effondrement des tunnels et aux incendies ».

    Ziad al-Zaza, ministre de l’Économie du gouvernement du Hamas, a dit qu’environ 20 000 personnes travaillaient dans les tunnels avant l’opération militaire israélienne à Gaza, début 2009, et qu’ils ne sont maintenant plus que la moitié. L’armée israélienne a dit qu’elle avait endommagé ou détruit 60 à 70 pour cent des tunnels lors de l’offensive.

    Abu Antar*, propriétaire et gérant d’un tunnel, âgé de 45 ans, a dit que fermer les tunnels entre Gaza et Rafah, en Égypte, signifierait que lui et les centaines d’autres personnes qui travaillent grâce aux tunnels n’auraient plus de revenus.

    « Nous avons réussi à traverser la clôture égyptienne, mais maintenant, ce que nous craignons c’est que les Égyptiens l’électrifient et ajoutent des capteurs sismiques pour détecter notre présence sous terre, ce qui rendrait notre mission impossible. Les tunnels sont notre unique source de revenus », a dit à IRIN ce père de sept enfants.

    La barrière en acier posée par l’Égypte fera 10 à 11 kilomètres de long et descendra jusqu’à 18 mètres sous terre, ont dit les autorités égyptiennes. Le quotidien égyptien al-Shorouqa récemment annoncé que « le chantier du mur principal était dans sa quatrième et dernière phase », après quoi des caméras et des détecteurs seront installés.

    Cette opération devrait durer quelques semaines et une période d’essai devrait ensuite avoir lieu avant que l’installation ne devienne complétement opérationnelle.

    Un travail dangereux

    Abu Antar a dit que 50 personnes travaillaient dans son tunnel.

    « Chaque jour, nous travaillons dans les tunnels et nous nous demandons si nous allons sortir vivants. La terre s’est effondrée de nombreuses fois... La mort est inévitable dans ce genre de travail. Nous avons peur 24 heures sur 24. Beaucoup de gens sont morts. Chaque mois, il y a de nouvelles victimes des bombardements aériens [israéliens] dans les tunnels », a-t-il dit.

    (JPG)

    Palestine Square, à Gaza (photo d’archives). Au moins 80 pour cent des importations vers Gaza passent par les tunnels - Photo : Erica Silverman/IRIN

    Les accidents sont fréquents dans les tunnels. Selon l’organisation palestinienne de défense des droits humains Al-Mezan, 120 trafiquants travaillant dans les tunnels ont été tués au cours des trois dernières années.

    Les personnes travaillant dans les tunnels estiment qu’il existe plus de 1 000 tunnels entre Gaza et la ville de Rafah, du côté égyptien de la frontière. Ils font de 15 à 35 mètres de profondeur et jusqu’à un kilomètre de long.

    « Une catastrophe humanitaire »

    « [La construction] d’un tunnel coûte environ 200 000 dollars, alors lorsqu’ils seront détruits par les avions israéliens, ou qu’ils seront bloqués par le mur égyptien, la pauvreté et le chômage augmenteront de plus en plus », a-t-il dit. « Bloquer les tunnels entraînera une terrible catastrophe humanitaire. Tous les habitants de la bande de Gaza dépendront alors de l’aide alimentaire des Nations Unies », a dit le ministre du Hamas, M. al-Zaza.

    « Nous appelons les gouvernements égyptien et israélien à désinvestir Gaza et à laisser les Palestiniens travailler sur terre et non sous terre et les Gazaouis vivre dans la dignité et la fierté », a dit M. al-Zaza.

    Israël a imposé à la bande de Gaza de strictes restrictions à l’importation après la prise de pouvoir par le Hamas en 2007 et en guise de représailles après les tirs de rockets de Gaza sur Israël. L’interdiction d’importer touche tout ce qui pourrait aider le Hamas à fabriquer des armes, notamment le fer, l’acier et la plupart des matériaux de construction. Toutes les exportations sont interdites et les importations sont limitées à quelques biens humanitaires. Les articles tels que les cahiers scolaires, les bureaux, le matériel médical, les appareils ménagers et les abris montables accusent d’importants retards.

    Israël a salué les efforts de l’Égypte pour combattre la contrebande. L’Égypte dit que sa sécurité était menacée par le flux croissant de biens illicites et de militants vers son territoire par les tunnels.

    Israël accuse le Hamas d’utiliser les tunnels pour importer des armes, une allégation niée par le Hamas.

    Lors d’une visite à Gaza, plus tôt ce mois-ci, le coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies, John Holmes, a mis en garde contre de gros problèmes si les tunnels étaient bloqués.

    « Si ces tunnels sont bloqués, si indésirables qu’ils puissent être, et aussi indésirables que puissent être leurs conséquences sur la société et l’économie de Gaza, la situation sans les tunnels serait complètement insoutenable », a dit M. Holmes. Il a renouvelé ses appels à Israël pour mettre fin au blocus du territoire palestinien.


     
     

    30 mars 2010 - Irin News - Vous pouvez consulter cet article à :
    http://www.irinnews.org/Fr/ReportFr...

     


    votre commentaire
  • 43 ans de faits accomplis

    Juan Miguel Muñoz - El Païs


    Une toile d’araignée qui compte 120 colonies juives, des zones sécurisées et militaires contrôlent 60% de la Cisjordanie... L’objectif est d’empêcher un Etat Palestinien, écrit Juan Miguel Muñoz.

     
     
    (JPG)

     
    Véritables incrustations endogènes en Palestine occupées, justifiées par un délire millénariste, les colonies juives sont un des pires aspects du projet colonialiste de l’état sioniste.

    Le mur en béton, les barbelés, les tours en béton gris, des routes qu’on a écartées, des check points et des chemins coupés par des blocs de granit. Les barrières métalliques et les buttes de sable dessinent le paysage vallonné de la Cisjordanie occupée, tout cela couronné par de coquettes colonies juives avec leurs maisons aux toits de briques rouges. Près de 43 ans après la conquête du territoire, plus d’un demi-million de colons vivent (dont environ 200 000) à Jérusalem-Est, insérés parmi les 2,5 millions de Palestiniens.

    Ils habitent les 120 colonies dont plusieurs sont dispersées, alors que d’autres sont regroupées en trois grands blocs : Ariel, Maale Adoumim et Goush Etzion. Au sein de ce dernier qui est un bastion du sionisme religieux, est née l’aventure d’une colonisation qui dispose d’une machine superbement huilée par un fanatisme messianique et le soutien des gouvernements qui ne se sont jamais confrontés (ou non jamais voulu s’opposer) aux plus extrémistes. Le Premier Ministre Benjamin Netanyahu, les considère « ses frères ».

    Levy Eskhol gouvernait Israël lorsque le 8 Juin 1967, quelques heures après que l’armée israélienne eut prit Jérusalem, Ben-Gourion affirmait : « Maintenant, nous contrôlons Jérusalem, ce qui suppose un événement des plus importants. Une des premières choses que nous avons à faire c’est de construire des quartiers, des colonies juives dans le quartier juif de la Vieille Ville. S’il y avait des maisons arabes vides, nous y mettrons des Juifs. Ce procédé est extensible aussi à Hébron. Je suis convaincu que les gens voudrons y aller ». Et ils le voulaient. Les colons ont immédiatement appelé et exigé l’autorisation au Premier Ministre Eshkol, pour construire des communautés dans ce que les juifs appellent Judée et Samarie.

    Ce sont quatre décennies de faits accomplis de violation de la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. On n’a jamais perdu de temps. Simon Peres avait rédigé en septembre 1967, quels seraient les contours des politiques à appliquer au sein du parti qu’il avait crée avec son mentor Ben Gourion. Peres avait alors encouragé la construction de quartiers au nord, au sud et à l’est de Jérusalem, et ajoutait : « les lieux qui ont été abandonnés en 1948 seront rénovés », et cela fut fait.

    À Hébron, Kfar Etzion, Kedumin ou Elon Moreh, les leaders fanatiques qui aujourd’hui mènent la colonisation, ne cachaient pas leurs desseins. Quatre décennies durant, les religieux sionistes ont mené un plan qui a toujours compté avec l’aide de la droite Likoud, sous la direction d’Ariel Sharon, mais aussi du Parti Travailliste, qui était leur concurrent et finit par s’imposer comme le champion de l’expansion coloniale.

    Quelques jours après cette guerre, on entendait les voix qui avaient averti du risque qu’il y avait à s’emparer de la Cisjordanie et l’euphorie avait aveuglé les dirigeants israéliens : « La Jérusalem unifiée restera en territoire israélien... en guise de phase intérimaire, la situation militaire demeurera en Cisjordanie... ». `Le communiqué du Gouvernement du 19 juin 1967 n’était pas exactement prémonitoire : l’occupation militaire n’allait plus être transitoire.

    En plus des 120 colonies, une autre centaine de minuscules colonies sont le foyer aujourd’hui de jeunes religieux éduqués dans la promesse de prendre la terre sacrée d’Israël, depuis la Jordanie jusqu’à la Méditerranée. Ils sont le fer de lance d’un mouvement radical que nie toute possibilité d’accord avec les palestiniens. « La terre de Judée et Samarie a été donnée par Dieu aux juifs. Un point, c’est tout », affirment-ils. Ils ne veulent pas non plus faire connaître leurs intentions aux gouvernements d’Israël.

    Ils arrivent dans leur maison roulante sur la colline d’une montagne et montent leur maison préfabriquée. Quelques mois plus tard ils pourront bénéficier de l’électricité et aussi d’eau et bien entendu de la protection de l’armée. Ce sont des colonies illégales au regard du gouvernement israélien lui-même, qui a déjà à maintes reprises promis de les démanteler. Toutefois, elles ont poussé comme des champignons.

    Cet enchevêtrement de colonies, d’espaces sécurisés qui se trouvent autour ainsi que des emplacements militaires fermés, mangent près du 60% du territoire de la Cisjordanie, qui a une superficie similaire à La Rioja [communauté autonome du nord de l’Espagne de 5045 km² - N.d.T]. Les Accords d’ Oslo l’ont baptisé « Zone C ». Ce sont les zones sous contrôle israélien où les Palestiniens ne peuvent pas construire. Le territoire sur lequel l’Autorité Palestinienne exerce son pouvoir se limite à 20%.

    Il n’y a aucune souveraineté, mais des raids pratiquement chaque jour de l’armée israélienne, d’énormes difficultés pour se déplacer ou aller étudier ou se rendre dans les hôpitaux, des problèmes souvent insurmontables pour voyager à l’étranger. La destruction de terres cultivées et les attaques des colons sur les villages ne font plus la une. L’activité économique, en phase avec les incidents politiques et des affrontements violents, se heurte au labyrinthe bureaucratique ou aux décisions arbitraires d’un quelconque soldat de garde se trouvant dans un quelconque poste isolé. Un supplice pour la population palestinienne.

    Est-il possible de fonder un Etat Palestinien sans démonter en grande partie cet enchevêtrement ? Impossible. Est-ce qu’il existe un dirigeant palestinien qui accepterait un État Palestinien qui n’aurait pas Jérusalem Est comme capitale ? Ce dirigeant n’est pas encore né. En attendant, les fonctionnaires continuent de dessiner des plans urbains pour mettre des juifs dans les quartiers arabes de la ville sainte. Parfois, comme cela est arrivé lors de la visite du vice-président des Etats Unis Joseph Biden, cela ressort au moment le moins opportun, ou peut être-il au moment souhaité ?

    (JPG)

    Du même auteur :

    -  Arrivée en Espagne d’un palestinien emprisonné depuis 2002 sans inculpation à Guantanamo - 14 mars 2010
    -  Gaza envoie la facture à l’Occident - 17 janvier 2010
    -  Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents - 28 juin 2009
    -  Les Palestiniens et les pays arabes rejettent le discours de Netanyahu - 24 juin 2009
    -  Le monde arabe attend maintenant des actes - 10 juin 2009
    -  Profits juteux - 6 mai 2009
    -  Israël menace l’Union Européenne de l’exclure de tout processus diplomatique - 3 mai 2009


     
     

    17 mars 2010 - ElPaïs - Vous pouvez consulter cet articleà :
    http://www.elpais.com/articulo/inte...
    Traduction de l’espagnol : Inés Molina V.

     

     


    votre commentaire
  • bvomi.jpg Ce que j’aime bien en tenant ce blog sur l’actu, c’est de constater qu’avec la masse d’infos de toutes sortes qui arrivent sur le net en provenance de partout, il en existe qui se contredisent mutuellement si on les met bout à bout.

    C’est un exercice salutaire pour l’esprit, une sorte de gymnastique quotidienne des méninges qui, s’arrêtant à la brutalité d’une actualité savamment martelée par ceux qui souhaitent l’exploiter, tentent d’en dégager ici une tendance, là une contradiction voire une désinformation systématisée.

     

    Ainsi, d’hier à aujourd’hui, quatre nouvelles sont tombées sur les téléscripteurs.

     

    Zemmour fait toujours le buzz avec ses déclarations ultradroitières génératrices de haine et de division en une époque qui appellerait plutôt au rassemblement et à l’unité.

    Son livre se vend très bien. En plus d’être un polémiste télégénique, il est devenu une référence de la pensée de droite, attirant même à son chevet quelques têtes pensantes d’une gauche nationaliste réactionnaire. Des gens qui veulent serrer la vis à tous ceux qui ne sont pas d’accord qu’ils soient humoristes, intellectuels ou leaders d’opinion.

     

    L’habileté de Zemmour tient en ce qu’il a réussi à laisser croire que sa déclaration « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes » veut dire en réalité : « la plupart des noirs et arabes sont des trafiquants. »

     

    Même chose avec les contrôles au faciès qu’il assimile à des arrestations pour le même motif. Les gens « décomplexés » ont donc compris les choses comme ça : On les arrête parce que la plupart des noirs et arabes sont des trafiquants. Ils en rêvaient, Zemmour l’a fait.

     

    Autre nouvelle qui devrait faire un buzz aussi grand ne serait-ce que par le nombre de personnes concernées et le problème républicain qu’elle pose : le nombre de discriminations sur l’origine et la couleur de la peau signalées à la HALDE est en augmentation et 40% d’entre elles se portent contre des personnes immigrées ou les enfants d’immigrés. Une enquête de l’INSEE montre que 14% de la population a subi une discrimination.

     

    Malheureusement, alors qu’il s’agit d’égalité des droits, dans l’esprit des supporters de Zemmour, ces discriminations sont vues comme un mal nécessaire ou pire comme l’expression d’une liberté au nom d’un principe de précaution ou de la sécurité. Si la plupart des noirs et arabes sont des trafiquants pourquoi devrait-on leur faire confiance pour un emploi ou un logement ?

    Le mot discrimination rappelle celui de « criminel » non ?

     

    Et puis, l’inévitable question de la burqa ressurgit pour mobiliser l’électorat de droite consterné par la défaite aux élections. Car, les enjeux sont grands. La droite pourrait perdre le sénat en 2011…Un coup très dur avant 2012 !

     

    C’est promis, on fera une interdiction de la burqa, la plus large possible, Fillon dixit.

    Sauf que le conseil d’état, comme prévu, ne voit une interdiction conforme à la constitution que si elle ne remet pas en cause le droit à l’autonomie personnelle, c'est-à-dire la liberté de s’habiller. Une interdiction de la burqa ne pourrait donc concerner que les lieux qui accueille du public et qui impose qu’on soit identifiable pour la sécurité publique, pour faire valoir un droit ou régler un achat par carte ou par chèque : administrations, sorties d’école, banques, bijouterie, caisses dans les commerces, gares, aéroports..etc.

     

    Des situations déjà prévues par la loi en fait.

    Le conseil d’état propose même non pas une amende mais une sanction pédagogique avec l’obligation de voir un médiateur.

    La tant attendue sévérité proposée par certains risque de n’être qu’une gesticulation inutile de plus.


    Mais, l'essentiel se joue en fait dans les têtes. Nous en sommes pour l'instant aux identités suivantes:

    Burqa = crime

    noirs et arabes = criminels

    discrimination = protection

     

    Cependant, il faut bien distinguer les élites de ce pays des autres. Des autres dont on ne sait pas bien qui ils sont en ces temps troublés.

     

    Dernière nouvelle : Le bouclier fiscal pourrait être aménagé voire remis en cause.

    Mais on se presse lentement pour définir comment. Le principe d’équité devant les efforts à fournir en temps de crise semble gagner un peu de terrain. L’argument qui consiste à dire qu’il est intolérable qu’on taxe la moitié des revenus d’un contribuable qui s’est tant fatigué pour le gagner ne tient plus la route. Quand l’échelle des revenus va de 1 à 200, c’est à mourir de rire !

     

    Après impôt et sans bouclier fiscal, en 2007, l’écart entre les 5% les plus riches et les 10% les plus pauvres était de 32868 €. Si un pauvre moyen gagne 1000€ par mois après impôt, un riche moyen gagne 33 fois plus. Il s’agit de moyenne, certains plus riches gagnent encore plus et certains pauvres bien moins de 1000€. Et encore ! On ne prend pas en compte les revenus du patrimoine forcément plus important chez les plus riches!

     

    Qu’en est-il aujourd’hui avec la crise et le bouclier fiscal ?

     

    Un bouclier fiscal qui, forcément depuis 2007, a favorisé l’accroissement du revenu disponible des plus riches tandis que les plus pauvres ont vu leur pouvoir d’achat stagner sinon reculer.

     

    Pourtant, si on en croit le débat dans le monde médiatico-politique, l’interdiction de la burqa, semble susciter plus d’adhésion que les inégalités de plus en plus grandes des revenus qui mettent à mal les finances du pays et la stabilité sociale. Alors tous ces débats admirablement relayés à la télé et dans les radios, des écrans de fumée ?

     

    Nous sommes dans un pays où le « Touche pas à mon pote ! » a vécu et s’est mué en « Touche pas à mon portefeuille ! »


    Bouclier fiscal = justice + protection des meilleurs

    Les meilleurs sont presque toujours blancs, de bonne lignée, bon milieu. Les criminels presque toujours sont basanés et musulmans. Entre les deux, le doute subsiste sauf en cas  de docilité authentique ou de larbinisme sincère.

     

    Je ne peux m’empêcher pour finir de citer un grand humoriste : Luis Rego qui, en 1983, déconnait face à un Le Pen hilare et  avait une vision prémonitoire de la société d’aujourd’hui. Sauf que pour lui, c’était la société fasciste dans ce qu’elle a de plus grotesque…

     

    Une société parfaite, c’est une société où les chiens font là où on leur dit de faire, où il n’y a pas de grève, où les partis politiques ne viennent pas nous beurrer la raie à la télévision, où les travailleurs immigrés sont là pour travailler et non pour se goinfrer de couscous, où le terrorisme doit être interdit, où les riches doivent être contents d’être riches et les pauvres contents d’être pauvres, une société où tout le monde doit être uni contre tous les autres, où l’oncle doit être marié avec la tante.

     

    Une société parfaite est une société où l’on ne rit pas bêtement.

     

    Normal,  quand on sait que les grands humoristes sont bien souvent les baromètres involontaires de l’état des civilisations.


    Milton Dassier Ici


    votre commentaire
  • Capture 5

    Cliquez sur l'image pour signer

    Presione la imagen para adherirse

    Pour la défense de Cuba

    Initiative du réseau des Réseaux pour la Défense de l'Humanité, condamnant l'ingérence du Parlement Européen dans les affaires intérieures de Cuba.

    Au sujet de la résolution du 11Mars prise par le Parlement Européen à propos de Cuba, nous, les intellectuels, universitaires, travailleurs sociaux, penseurs critiques et artistes du Réseau pour la Défense de l'Humanité, déclarons:

    1. Nous partageons le souci manifesté par les parlementaires européens au sujet des prisonniers politiques. Comme eux, nous nous prononçons pour la libération immédiate et inconditionnelle de touts les prisonniers politiques, dans tous les pays du monde, y compris ceux de l'Union Européenne.

    2. Comme eux, nous sommes profondément tristes du décès du prisonnier de droit commun Orlando Zapata, mais nous n'admettons pas que sa mort, tout d'abord, "...durant à peu près 40 ans", selon le Parlement lui-même, soit utilisée à des fins politiques très éloignées et contraires à celles de la défense des droits de l'homme.

    3. Insister "...pour que les institutions européennes apportent un appui inconditionnel et soutiennent sans réserve le démarrage d'un processus pacifique de transition politique vers une démocratie pluripartite à Cuba" non seulement représente un acte d'ingérence que nous réprouvons en vertu de notre engagement à respecter le principe de non-intervention et d'auto-determination des peuples - défendu aussi par l'ONU - et qui est opposé à la colonisation, mais encore suppose un modèle unique de démocratie qui, à coup sûr, se montre chaque jour plus insuffisant et interrogeable. La recherche et l'approfondissement de la démocratie suppose, entre autres, d'aller au delà de ses principes formels et d'inventer de nouvelles formes de représentation, authentiques, qui ne sont pas forcément liées au pluripartisme. En effet, celui-ci, comme chacun sait, couvre souvent le fait que les décisions sur les grands problèmes du monde sont prises unilatéralement, au dessus du régimes des partis, par de petits groupes d'intérêt qui ont un immense pouvoir.

    4. Prétendre justifier une ingérence dans les affaires intérieures du peuple Cubain en manipulant médiatiquement le cas de Orlando Zapata - délinquant de droit commun et en aucune façon prisonnier politique - coîncide avec la politique contre-révolutionnaire en application en Amérique Latine destinée à arrêter ou déformer les processus de transformation libératrice en cours, et s'ajoute au blocus criminel auquel a été soumis le peuple Cubain pour le simple fait de ne pas obéir aux ordres et de défendre son droit à décider de son destin avec dignité et indépendance.

    5. Nous partageons la préoccupation affichée par les parlementaires au sujet du respect des droits de l'homme, mais nous l'étendons au monde dans sa globalité. De la même façon qu'ils sont préoccupés par le cas du délinquant décédé (aucun cas similaire en 40 ans), nous les invitons à exiger:
    - la fin de l'occupation de Gaza et des hostilités envers le peuple Palestinien, qui ont provoqué non pas un, mais des milliers de morts;
    - la fin de l'intervention en Irak et en Afghanistan qui sème la mort et la terreur sur les peuples et les villes; la fin des bombardements sur ceux-ci sous prétexte de défendre la démocratie;
    - la fin de la double occupation de Haïti:
    - la fermeture de la prison de Guantanamo et la restitution de son territoire à Cuba, à qui il appartient;
    -, l'attribution des îles Malouines à l'Argentine;
    - et, évidemment, la fin d'un blocus qui pourrait permettre de douter de la qualité morale de celui qui exige un traitement humain pour un délinquant, alors qui le dénie à un peuple entier.

    Le harcèlement économique et médiatique auquel est soumis Cuba, et cela avant le décès du prisonnier de droit commun Orlando Zapata, constitue un attentat contre les droits humains et politiques d'un peuple qui a décidé de créer une voie différente.

    Nous exigeons le respect du processus interne au peuple Cubain pour définir et exercer sa démocratie, et l'application des principes universels de non-ingérence établis par les Nations Unies.

    Le Réseau pour la Défense de l’Humanité



    <script language="JavaScript" type="text/JavaScript"> </script>
    En defensa de Cuba
     
     
     
     
    Iniciativa de la Red de Redes en Defensa de la Humanidad, que condena intromisión del Parlamento Europeo en los asuntos internos de Cuba.

    A propósito de la resolución del 11 de marzo del Parlamento Europeo sobre Cuba, los intelectuales, académicos, luchadores sociales, pensadores críticos y artistas de la Red En Defensa de la Humanidad manifestamos:

    1. Que compartimos la sensibilidad mostrada por los parlamentarios europeos acerca de los prisioneros políticos. Como ellos, nos pronunciamos por la inmediata e incondicional liberación de todos los presos políticos, en todos los países del mundo, incluidos los de la Unión Europea.

    2. Que lamentamos profundamente, como ellos, el fallecimiento del preso común Orlando Zapata, pero no admitimos que su muerte, primera “...en casi cuarenta años” según el propio Parlamento, sea tergiversada con fines políticos muy distintos y contrarios a los de la defensa de los derechos humanos.

    3. Que instar “...a las instituciones europeas a que den apoyo incondicional y alienten sin reservas el inicio de un proceso pacífico de transición política hacia una democracia pluripartidista en Cuba” no sólo es un acto injerencista, que reprobamos en virtud de nuestro compromiso con los principios de no intervención y de autodeterminación de los pueblos -defendidos también por la ONU-, y en contra de la colonialidad, sino que supone un modelo único de democracia que, por cierto, cada vez se muestra más insuficiente y cuestionable. La búsqueda y profundización de la democracia supone, entre otras cosas, trascender sus niveles formales e inventar nuevas formas auténticamente representativas que no necesariamente están ceñidas al pluripartidismo que, como bien se sabe, encubre frecuentemente el hecho de que las decisiones sobre los grandes problemas mundiales son tomadas unilateralmente por pequeños grupos de interés con inmenso poder, por encima del régimen de partidos.

    4. Que pretender justificar una intromisión en los asuntos políticos internos del pueblo cubano manipulando mediáticamente el caso de Orlando
    Zapata -delincuente común y de ninguna manera preso político-, coincide con las políticas contrainsurgentes que han estado aplicándose en América Latina para detener o distorsionar los procesos de transformación emancipadora que están en curso y se suma al criminal bloqueo al que ha sido sometido el pueblo cubano, por el simple hecho de no aceptar imposiciones y defender su derecho a decidir su destino con dignidad e independencia.

    5. Que compartimos la preocupación mostrada por los parlamentarios sobre el respeto a los derechos humanos en Cuba pero la extendemos al mundo en su totalidad. Así como les preocupa el caso del delincuente fallecido (que en 40 años no tiene ningún antecedente similar), los invitamos a exigir el fin de la ocupación de Gaza y del hostigamiento al pueblo Palestino, que ha provocado no una sino miles de muertes; de la intervención en Irak y Afganistán sembrando muerte y terror en pueblos y ciudades; de los bombardeos en esos lugares con el argumento de defender la democracia; el fin de la doble ocupación de Haití; el cierre de la prisión de Guantánamo y la entrega de ese territorio a Cuba, a quien le pertenece; la devolución de las islas Malvinas a Argentina; y, por supuesto, el fin de un bloqueo que viola los derechos humanos del pueblo cubano y que puede poner en duda la calidad moral de quien exige trato humano para un delincuente cuando se lo niega a un pueblo entero.

    El acoso económico y mediático al que está siendo sometida Cuba, aun antes del deceso del preso común Orlando Zapata, constituye un atentado contra los derechos humanos y políticos de un pueblo que decidió hacer un camino diferente.


    Exigimos respeto a los procesos internos del pueblo cubano para definir y ejercer su democracia, y consecuencia con los principios universales de no intervención acordados por las Naciones Unidas.

    Red En defensa de la Humanidad

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires