• Hier, se déroulait à Paris la troisième journée du procès des inculpés de Vincennes. Accusés d’avoir mis le feu à un centre de détention en juin 2008, les dix inculpés risquent gros, alors même qu’il n’existe aucune preuve de leur implication. Faute d’avoir pu entrer dans la salle d’audience, je ne pourrai te retranscrire les débats. Pas grave : il y a déjà tellement à dire sur le sujet.

    Inculpés de Vincennes : Ceux Qu’il Faut Défendre

    mercredi 27 janvier 2010, par Lémi

    Bruits de bottes suivis de rires moqueurs dans l’assistance : deux dizaines de policiers (à vue de matraque) déboulent des escaliers pour venir encadrer ceux qui n’ont pas pu rentrer dans la salle d’audience. Ils sont pourtant plutôt sages, ces militants, se contentant de patienter en reprenant en chœur quelques slogans. Qu’importe : un important dispositif policier est en place et une certaine atmosphère de tension, accentuée par l’arrestation d’un militant hier à la sortie de l’audience, est palpable. À juste titre, au fond : le procès des dix inculpés de Vincennes est tout sauf anodin. Dans la répression à l’aveuglette de ceux qui ont osé se rebeller et brûler leur propre prison se joue un chapitre important du livre noir du traitement de l’immigration en France. Logique, donc, que les pandores soient de sortie.

    Pour être franc, je ne t’apprendrai pas grand chose sur ce qui s’est passé cet après-midi à l’intérieur de la 16e chambre du Tribunal de grande instance de Paris [1]. Pour une bonne raison : comme la plupart des présents, je n’ai pas pu assister à l’audience, faute de carte de presse ou de laisser-passer adéquat. Après une heure et demi d’attente, j’ai piteusement rebroussé chemin, alors que les nouvelles de l’intérieur étaient plutôt lénifiantes (Un quart d’heure d’attente. Des gens sortent pour annoncer une suspension d’audience. Nouveau quart d’heure d’attente, nouvelle suspension d’audience…). Du coup, puisqu’on m’empêche de jouer l’envoyé spécial, je me rabats sur les (bons) moyens du bord pour évoquer le sujet.

    Il y a d’abord ce petit livre publié par les éditions Libertalia peu après l’incendie de juin 2008 : Feu au centre de rétention [2]. Composé de témoignages – recueillis par téléphone - de sans-papiers présents dans les lieux, il permet de saisir par le détail ce que subissent quotidiennement les personnes enfermées dans l’attente d’une expulsion ou d’une (improbable) régularisation. Au fil des pages, des détenus du CR1 et CR2 (les deux bâtiments séparés du centre de Vincennes) racontent les coups, la bouffe périmée, les brimades & humiliation, l’insalubrité et le mépris du personnel administratif :

    «  Ils nous traitent comme des chiens. Ici, certains flics ont la haine. Dans les chambres, il y a des odeurs incroyables. Dans les chiottes, on pourrait attraper n’importe quelle maladie. Vous verriez les douches, les couloirs, le réfectoire, vous n’en croiriez pas vos yeux. Ici, c’est comme une prison. » décrit ainsi un détenu le 16 mars 2008. Plus loin, un autre explique : « Quand je suis arrivé, je pesais 70 kilos, j’en pèse 55 maintenant. Un ami est passé de 80 à 60.  »
    Dans la bouche des détenus, ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent : «  ils nous traitent comme des chiens », « comme des moins que rien  ». Dans Vacarmes (à lire ici), Alain Morice relatait ainsi un incident durant lequel des détenus sont agressés par les CRS à coups de taser :

    Un pas en avant a été fait dans la nuit du 11 février 2008 avec une provocation clairement destinée à servir de prétexte à une action punitive : un policier éteint le poste collectif de TV, et tout le monde s’indigne. Surgissent ensuite des CRS, qui se livrent sans retenue à des violences. C’est alors qu’un policier s’amuse à "calmer" la révolte en utilisant son Taser. Un policier ou plusieurs ? Toujours est-il que trois étrangers seront transférés à l’hôpital.

    Le centre de rétention de Vincennes n’est qu’un des visages de cette barbarie du quotidien. 26 autres camps de rétention parsèment le territoire hexagonal, verrues liberticides florissantes en ces temps d’expulsions à tout-va et d’hystérie identitaire. En Europe, ce sont pas moins de 175 centres (en 2008) du type de Vincennes, antichambres à l’expulsion, qui s’étalent, plus ou moins légalement.

    À Vincennes, l’incendie de juin 2008 s’est déclenché le lendemain de la mort d’un détenu tunisien, auquel le médecin du centre avait refusé son traitement. « Avant de rentrer au centre, il prenait déjà des médicaments tous les jours, il avait une ordonnance du médecin. Il demandait des médicaments et on ne voulait pas lui en donner », explique un détenu le lendemain de l’événement.
    Sa mort a été l’étincelle qui a mis le "feu aux poudres". Mais ce feu couvait depuis longtemps : cela faisait plusieurs mois que le centre connaissait un fort mouvement de résistance, à l’intérieur (grèves de la faim, désobéissance généralisée…) comme à l’extérieur (nombreuses manifestations aux environs immédiats, parloirs sauvages… [3]. La révolte a eu lieu sur la durée. Et c’est aussi - d’abord ? - cela que l’État entend faire payer aux dix de Vincennes. Il faut que la leçon porte. Que les inculpés baissent la tête. Et que tous leurs camarades des centres de rétention fassent de même, oublient toute velléité de rébellion devant l’aveugle répression.

    Choisis arbitrairement parmi leurs camarades (il n’existe aucune preuve de leur responsabilité directe dans l’incendie), les dix de Vincennes sont les boucs-émissaires d’une politique migratoire hystérique. S’ils font aujourd’hui face à un juge, c’est pour payer au nom de tous ceux qui ont eu (et auront) l’impudence de lever la tête. Maître Laurence Bedossa, avocate de l’un des dix prévenus explique ainsi à Politis (ici) qu’il s’agit d’ « un procès complètement incohérent, contraire à l’article six de la convention européenne, contraire à notre procédure, où l’on vient poursuivre de pauvres gens sans avoir de réelles raisons ni de réels éléments à leur encontre. » Alain Morice l’écrivait déjà en 2008 :

    Le CRA de Vincennes a été le site d’une résistance ardue, courageuse et intelligente de la part des personnes enfermées là sous la garde de la police. Quoique la répression l’ait fait payer cher à certains, ces « retenus » - détenus en fait, derrière barreaux et verrous - ont tenté de faire jour après jour le plus possible de publicité à l’extérieur sur le sort qui leur est réservé, tout en créant assez de désordres à l’intérieur pour que leur révolte cesse de passer inaperçue. Or le secret de l’efficacité de ces locaux qui, selon l’expression consacrée, « ne relèvent pas de l’administration pénitentiaire », est précisément que les gens sont censés s’y tenir tranquilles, dans l’espoir vain que la sentence de renvoi ne sera pas exécutée, sinon la police est là pour les faire taire. C’est presque la seule loi qui a cours dans les CRA : celle du silence.

    « Loi du Silence » ne pouvant être brisée que par un refus absolu des lois actuelles sur l’immigration et de leur application martiale [4]. Pas uniquement au cas-par-cas ou en cherchant à humaniser des lieux qui ne pourront jamais l’être. Mais en les refusant totalement, absolument - Beau comme des centres de rétention qui flambent, disait l’affiche…

    C’est peut-être ce témoignage d’un détenu qui résume le mieux les choses :

     Il faut penser la lutte autrement. Les gens et les flics se foutent de la grève de la faim. Ils se foutent des sans-papiers. Ils s’en foutent si on crève. Les gens bouffent des lames de rasoir tous les jours et l’on n’entend pas parler d’eux. Les petits trucs qu’on fait ne valent pas le coup. Il faut vraiment foutre le bordel pour leur mettre une vraie pression. Quand j’étais dehors, je travaillais. J’allais boire des verres après le travail. Je sortais avec mes amis. Je me foutais du reste. Quand j’ouvrais un journal, je ne m’intéressais qu’aux gros titres. Pour les gens, c’est pareil. Il faut que ça pète pour qu’ils s’intéressent à nous. 

    Il faut que ça pète pour qu’ils s’intéressent à nous. C’est vérifié. Il faut désormais s’assurer que l’on s’intéresse aussi à eux après le passage à l’acte. Pour que l’incendie, un jour, se propage au gré des vents.

    Notes

    [1] Mais je te renvoie sur ce point aux quelques nouvelles données par les médias. Par exemple, ICI.

     

     

    [2] À lire d’urgence, d’autant que l’intégralité des bénéfices est reversé à la défense des inculpés.

    [3] Le lendemain de l’incendie, Frédéric Lefebvre, jamais en panne de bons mots, rejetait la culpabilité sur les « "collectifs", type RESF (Réseau éducation sans frontières) qui viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus  ».

    [4] « Juste après l’incendie, les déclarations qualifiant cet événement de "drame" se sont multipliées. Or : le véritable drame est de vivre traqué, dans la crainte permanente d’être arrêté,enfermé, expulsé. Que de nombreuses personnes soient acculées à choisir le suicide et l’automutilation comme portes de sortie de la rétention, qu’il y ait de plus en plus d’arrestations et d’expulsions, là se situe le vrai drame.  » (Feu au centre de rétention, conclusion des rédacteurs.)

    SOURCE ICI


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  • Burqatastrophe : Pas de quoi fouetter une chatte


    AUTEUR:  Ayman EL KAYMAN


    Je vous annonçais à la fin de l’année dernière que l’année 2010 serait un annus horribilissimus. Mes prévisions se confirment, en particulier pour la France. Depuis des semaines, le monde politique et médiatique est agité par deux thèmes qui  s’entrecroisent et se mélangent : l’identité nationale et le port de la burqa. Il semblerait que la France s’enfonce joyeusement ( ?) dans la burqatastrophe.  Que faut-il penser de tout ça et que faire ? J’avoue ma profonde perplexité, que vous êtes sans doute nombreux-ses à partager. Voici en tout cas ce dont je suis sûr :


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    1° - Aucune identité, ni individuelle ni collective, n’est fixée une fois pour toutes. L’identité, quelle qu’elle soit, n’est pas une statue de bronze, mais plutôt un torrent de montagne, une nuée ardente*.


    2° - La « réislamisation » des jeunes générations nées en France de parents, de grands-parents ou d’arrière-grands-parents venus du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne, est l’indice le plus sûr de leur « intégration » dans la société française. À partir de 1975, les « immigrés » de culture musulmane ont  compris qu’ils n’étaient plus de passage, en voyage, en exil mais qu’ils étaient destinés à vivre et mourir en France et leur progéniture avec eux. Donc, la France changeait de statut, passant de celui de territoire du « Dar El Harb » (maison de la guerre) à celui de territoire de« Dar El Islam », dans lequel on est tenu de respecter les obligations religieuses.


    3°- Les premières jeunes filles –elles étaient marocaines - à porter le hijab en France, en 1989, étaient nées ou arrivées dans le pays autour de 1975, dans la vague de regroupement familial qui suivit la fermeture des frontières. Leur décision était motivée par leur souhait de poursuivre leurs études au-delà de la scolarité obligatoire, qui se heurtait à l’opposition de leurs grands-mères restées au Maroc, qui essayaient de convaincre les parents des jeunes filles de les marier vite fait bien  fait pour leur éviter la perdition sur des bancs universitaires. En arborant le hidjab, les jeunes filles envoyaient le message suivant à leurs grands-mères : « Je peux faire des études sans devenir pour autant une dévergondée ».

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    Burqa républicaine

    4°- La « réislamisation », comme tout phénomène de conversion, est une construction imaginaire, un bricolage syncrétique, dans lequel  les intéressé-es se fournissent en arguments, attributs et signes extérieurs pris à des sources très diverses : lectures, contacts personnels, imams, oulémas et prêcheurs plus ou moins savants, plus moins cultivés, plus ou moins sérieux, et…la télé ! De nombreux jeunes Musulman-es de France finissent par  donner d’eux-elles l’image, généralement caricaturale, renvoyée par le petit écran. À qui la faute ?

    5° - Une chose est sûre : le hijab ou même la burqa augmentent la valeur des jeunes filles qui les portent sur le marché matrimonial musulman, et donc le prestige de leurs familles. Ils ne sont rien d’autre que l’affichage d’une virginité, réelle ou prétendue.


    Burka Chic, Huile et acrylique, 122X96 cm, de la série "
    Burka chic", de l'artiste britannique musulmane Sarah Maple

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    6°- La burqa, qui n’est évidemment pas une obligation musulmane mais plus simplement une tradition pachtoune d’Afghanistan, concentre toutes les passions de ce nouveau siècle. D’autres générations ont adopté la casquette Mao, le béret Guevara, ont brûlé leurs soutien-gorges, adopté la mini-jupe ou se sont laissé pousser la barbe. Et dans les pays arabes, la police depuis belle lurette fait la chasse aux jeunes barbus : dans les années 70, ils étaient soupçonnés d’être des communistes, aujourd’hui, d’être des islamistes. Et pour les filles, la chasse aux minijupes a été remplacée par la chasse aux voiles divers.


    Burqa érotique

    7° - Tout ceci dit, le port de la burqa en France est un phénomène microscopique, qui touche tout au plus 300 personnes. Donc pas de quoi fouetter une chatte. Mais  il est insupportable à ceux qui ressentent une énorme frustration à ne pas pouvoir dévisager des femmes, c’est-à-dire à prendre symboliquement possession de leur corps. Ces nouveaux Tartuffe qui s’avancent masqués en anti-Tartufe pourraient dire : « Ne cachez pas ce visage que je me dois de voir ». Si une femme ne veut pas que je voie son visage, quelles que soient ses raisons, c’est son droit et je ne vois pas au nom de quoi je devrais lui imposer mon droit à le voir à tout prix. Cela peut me déranger, mais je ne vois pas en quoi cela pourrait me nuire. Or, selon la bonne vieille Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, "La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". Et pour citer le bon vieux Jean-Sol Partre, "Ma liberté s'arrête où commence celle d'autrui." (Sujet classique de dissertation de philosophie sur lequel les honorables membres  de la mission d'information parlementaire sur le port du voile intégral auraient du plancher).
    La liberté des regardeurs s’arrête où commence celle des regardées.<o:p></o:p>


    Ayman El Kayman, le petit philosophe des lumières du marigot


    * Nuée ardente : 
    Grand volume de gaz brûlants à très forte pression transportant, suite à à une violente explosion, des masses considérables de débris de lave ( des cendres aux blocs en passant par les scories) et se déplaçant à grande vitesse (100 km/h et plus).[définition selon futura-sciences.com]

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    Bonne semaine, quand même !

    Que la Force de l’esprit soit avec vous !

    ...et à la semaine prochaine !


    Dessin de DILEM, Algérie


    Source : Coups de dent - Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité politique française et mondiale

    Article original publié le 26/1/2010

    Sur l’auteur

    Ayman El Kayman est un auteur associé à  Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

    URL de cet article sur Tlaxcala :
    http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9869&lg=fr


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  • Le monde idéal de Christophe Barbier

    Fumeurs, obèses, chauffards, numérotez vos abattis !


    Ron Mueck, Big Man, 2000, sculpture technique mixte

    Ron Mueck, Big Man, 2000, sculpture technique mixte

    Monsieur Christophe Barbier, grand-éditorialiste de son état, assis dans le fauteuil de Servan-Schreiber et de Françoise Giroud à l’Express, n’est pas dépourvu d’estime pour sa personnalité si éminente qu’on le compte, paraît-il, parmi les intimes de la Première Dame de France. Il faut le voir déambuler dans les couloirs de son journal, écharpe rouge au cou, peut-être pour ressembler à un autre grand modeste, Jean-Pierre Elkabbach, réciter son édito-vidéo du jour.

    Il a son rond de serviette chez Calvi, et il a longtemps participé sur I-Télé à “ça se dispute” où il se faisait ridiculiser de manière hebdomadaire par Eric Zemmour avant que Nicolas Domenach soit appelé à le remplacer afin de rendre le match un peu moins déséquilibré. Sur Internet, donc, il innove avec son éditorial en vidéo mais n’avait jamais créé le Buzzz. Cela devait lui manquer. Il a donc profité du nouveau règlement de la compagnie Air France sur les places occupées par les obèses pour enfiler les bêtises comme d’autres les perles sur un collier. Ceux qui sont habitués à ses chroniques me rétorqueront que c’est le cas à chaque édito barbieresque mais, cette fois-ci, il y a ajouté un ingrédient supplémentaire : la provocation crasse.

    Pour Christophe Barbier, il y a deux sortes d’obèses. Il y a ceux qui n’y peuvent rien, qui sont génétiquement programmés pour l’être. A ceux là, on ne peut guère en vouloir, concède t-il dans un élan de générosité. Et puis il y a les autres “qui payent le prix de comportements dérégulés. D’un manque de volonté. D’une manque de violence qu’on se fait à soi-même pour que son personnage, son corps ne crée pas des problèmes à la collectivité, notamment dans les transports en commun.”

    Passons sur la rigueur scientifique du Grand-Editorialiste. Et renvoyons à la réponse d’un spécialiste de ces questions sur le site d’Arrêt sur Images.

    Passons également sur le fait que, sans doute effrayé par les conséquences du buzz et se souvenant que, non seulement il y a des obèses dans la rue, mais que l’un d’entre eux pourrait bien lui balancer sa grosse main sur son jolis minois, Barbier s’est confondu en excuses et a admis avoir osé une provocation.

    Et venons-en précisément aux raisons qu’il avance pour justifier cette provocation : la responsabilité individuelle envers sa santé pour le bien de la collectivité. Que veut donc nous dire Barbier par là ? Effrayé par le déficit de l’assurance-maladie, est-il sur le chemin de lancer quelques pistes en vue de sa résorption ? Ces irresponsables de fumeurs et ces grosses feignasses d’obèses, qui s’empiffrent et ne courent pas au bois le dimanche, ne pèsent-ils pas trop sur nos finances publiques ? En avant-première, voici les prochaines propositions de L’Express sur ce dossier épineux : privatisation totale de l’assurance-maladie. Les assurances privées mettront en place un système de bonus-malus sur le modèle de l’assurance automobile.

    Dans le cas où ce peuple si conservateur rejetait cette idée de bon sens, il conviendrait donc de réformer drastiquement notre système de remboursement des soins dans le sens d’un contrôle accru des efforts de chacun :

    Idéal : introduction d’une puce dans les organes respiratoires et digestifs de chaque assuré social afin de contrôler sa bonne hygiène de vie. Des prises de sang seront également effectuées de manière régulière et inopinée.

    En attendant que cette innovation technique soit possible et généralisable, l’assuré social s’engagerait sur l’honneur à suivre un régime précis établi par le médecin-conseil de sa caisse. Des contrôles inopinés pourraient avoir lieu au domicile de l’assuré, ou tout autre lieu de vie (restaurant, cantine d’entreprise, bar etc…)[1 L'assuré social devra, en outre, conserver toutes les notes de ses achats alimentaires. Dans le cas de repas pris lors d’invitations, l'hôte devra remettre un menu signé à l’invité afin que ce dernier puisse l’archiver en cas de contrôle.].  Dans le cas où il serait établi que le régime n’a pas été respecté, une majoration des cotisations sociales serait calculée sur la feuille de paie du contrevenant. En cas de récidive, la radiation pour cinq ans du système d’assurance-maladie serait prononcée.

    En ce qui concerne les accidentés, l’assurance maladie se rapprocherait évidemment des autorités (police, justice, experts en assurance) pour connaître la responsabilité de chacun. Il est évident qu’on ne saurait dilapider l’argent public pour des irresponsables ayant contrevenu au code de la route. Le handicap ne serait pas pris en charge en cas de responsabilité établie de l’assuré lors de son accident. Si, à cause de l’incapacité nouvelle à travailler, il lui serait devenu impossible de rembourser les frais onéreux engagés par la collectivité, sa famille se substituerait à lui. Outre le bénéfice engendré par l’assurance-maladie, cette mesure pourrait contribuer à resserrer le lien familial.

    Les assurés sociaux exemplaires qui, en sus de respecter le régime du médecin-conseil, feraient des efforts supplémentaires (activité sportive raisonnable, militantisme dans les associations anti- tabac ou ligues anti-alcooliques…) pourraient bénéficier d’abonnements gratuits à L’Express, d’une photo dédicacée de son guide suprême voire d’une cure de thalassothérapie en compagnie de Carla Bruni.

    Bienvenue dans le monde souhaité par Christophe Barbier. Cela ne vous fait pas envie ?

    Source ici


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  • Washington ferme la porte aux réfugiés haïtiens



    L’administration Obama a pris des mesures extraordinaires pour empêcher les Haïtiens désespérés d’entrer aux Etats-Unis depuis que le tremblement de terre du 12 janvier a dévasté la nation caribéenne, tuant environ 200.000 personnes, faisant au moins 1,5 million de sans-abris et faisant 1 million d’enfants orphelins. L’effort pour empêcher les Haïtiens d’entrer au pays — incluant les blessés qui recherchent un traitement médical — illustre que la priorité de l’intervention menée par les Etats-Unis n’est pas de sauver es vies, mais d’établir un contrôle militaire sur la population.

    Cinq navires de la garde côtière américaine ont rejoint des navires de la marine américaine déployés sur les côtes haïtiennes — pas pour livrer de la nourriture, de l’eau ou des médicaments aux malades et aux mourants, mais pour arrêter les Haïtiens qui pourraient tenter de s’échapper. Le commandant de la garde côtière, Chris O’Neil, a dit au New York Times que tous ceux qui tentent de fuir Haïti seraient capturés et retournés, mais que, jusqu'à maintenant, son unité n’a pas été témoin d’une tentative. « Rien, zéro, a dit O’Neil, et pas d’indice qui nous montre que quelqu’un est en train de faire des préparations pour faire une telle tentative. »

    Les responsables américains ont dit qu’il y a peu de preuve que les Haïtiens quittent les Etats-Unis, mais « ils s’inquiètent que dans les prochaines semaines, les conditions de vie qui iront en se dégradant en Haïti pourraient encourager un exode. » Le fait que les responsables américains planifient des « conditions qui iront en se dégradant » en Haïti lors des « prochaines semaines » — au-delà de la situation désespérée qui règne là-bas maintenant — est une admission flagrante que Washington n’a pas l’intention de rendre les secours disponibles au plus grand nombre, encore moins de rebâtir Haïti.

    L’administration Obama fait aussi des plans pour incarcérer les Haïtiens qui pourraient risquer le dangereux voyage en mer jusqu’aux Etats-Unis, qui, à chaque année, coûte la vie de centaines de personnes. Des responsables ont dit au Times qu’ils « ébauchent des plans pour ramasser tout bateau qui transporte des immigrants illégaux et les envoyer à Guantanamo Bay » — la base militaire américaine à Cuba qui est célèbre pour ses abus de « terroristes suspectés ». Le département de la sécurité intérieure a annoncé qu’il allait vider des espaces dans sa prison de déportés du sud de la Floride, le Krome Service Processing Center, au cas où un flot d’Haïtiens arriverait.

    Le porte-parole du département d’Etat américain, Noel Clay, a annoncé que les Etats-Unis n’assoupliraient pas leurs conditions pour l’obtention d’un visa pour les Haïtiens. La politique stricte de visa s’étend aux 1 million d’orphelins qui sont estimés provenir du tremblement de terre — 10 pour cent de la population haïtienne. Le secrétaire du département de la sécurité intérieure, Janet Napolitano, a dit lundi que les Etats-Unis prendront une poignée d’orphelins sur « parole d’honneur humanitaire ». La politique s’applique à ceux qui avaient des papiers d’orphelins avant le tremblement de terre et qui devaient déjà être adoptés par des familles américaines. Lundi, environ 50 enfants haïtiens qui dont toutes les formalités pour leur adoption aux Etats-Unis avaient été remplies sont arrivés à Pittsburgh, à l’Hôpital pour enfant de la Pennsylvanie, après que leur orphelinat se soit effondré dans le tremblement de terre.

    Le département d’État a même refusé d’octroyer des visas à des Haïtiens malades ou mourants pour qu’ils puissent être traités dans un hôpital d’urgence adjacent à l’aéroport de Miami. Le Dr William O’Neill, le doyen de la faculté de médecine de l’Université de Miami qui a créé l’hôpital, a affirmé que cette politique était « plus qu’absurde ». Le département d’Etat est dirigé par Hillary Clinton, qui, avec son mari l’ancien président américain Bill Clinton, prend la posture d’un ami des survivants au tremblement de terre en Haïti.

    Les mesures prises pour empêcher les Haïtiens de chercher refuge aux Etats-Unis sont presque sadiques. Alors que les Etats-Unis ont refusé de donner la permission d’atterrir à Port-au-Prince à de nombreux avions d’aide, tous les jours, un avion-cargo de l’armée de l’air américaine survole pendant des heures les zones sinistrées pour émettre le message suivant en créole : « Écoutez, ne tentez pas de quitter le pays par bateau. Si vous tentez de faire cela, vous ne ferez qu’empirer vos problèmes. Parce que, pour être honnête avec vous, si vous pensez que vous pourrez atteindre les Etats-Unis et que les portes vous seront ouvertes, ce ne sera pas le cas. Et vous serez intercepté sur la mer et retourner là d’où vous êtes partis. »

    Le Miami Herald a rapporté mardi que les Etats-Unis avaient interdit tous les vols commerciaux en provenance d’Haïti non pas à cause des dommages à l’aéroport, mais parce qu’on ne pouvait pas déterminé si les passagers potentiels se trouvaient sur une liste d’interdiction de vol ou les faire passer par des détecteurs de métal. Spirit Airlines et American Airlines ont des vols cargos et amènent des travailleurs de l’aide humanitaire à Port-au-Prince depuis le lendemain du tremblement de terre, mais leurs avions reviennent toujours avec des « centaines de sièges vides ». Une des rares exceptions à cet état de fait, lundi dernier quelques douzaines d’étudiants américains et le journaliste américain de Fox Geraldo Rivera ont obtenu l’autorisation de prendre l’avion du secrétariat d’Etat et sont revenus aux Etats-Unis sur un vol de Spirit.

    Spirit et American ont dit qu’ils recevaient beaucoup de demandes pour des vols hors de Haïti et qu’ils perdaient de l’argent. « Les gens nous appellent continuellement » pour des vols hors de Haïti a dit la porte-parole de Spirit, Misty Pinson, au quotidien The Herald. « Nous sommes submergés. »

    Le département d’Etat a exempté les vols nolisés privés provenant de Haïti des exigences « anti-terroristes ». Ces compagnies peuvent prendre des passagers qui louent des avions pour autant que 4000 $ l’heure ou qui peuvent payer 1000 $ pour un aller vers la Floride.

    L’indifférence complète et la cruauté de l’embargo américain contre les Haïtiens venant aux Etats-Unis furent mises en relief par un reportage en direct diffusé mardi lors des nouvelles de la radio de CBS décrivant les milliers de résidents de Port-au-Prince remplissant les plages dans un effort désespéré pour embarquer dans des bateaux déjà surpeuplés.

    Les efforts des Etats-Unis pour garder les réfugiés haïtiens hors du pays font contraste avec leurs efforts, menées par Bill Clinton, pour promouvoir le transfert des ateliers de misère de vêtements en Haïti. La pauvreté extrême en Haïti est le résultat de décennies de domination du capitalisme américain.

    Les travailleurs américains doivent rejeter cette dernière tentative de victimisation des Haïtiens et demander qu’ils leur soient permis de s’installer aux Etats-Unis avec tous les droits.

    Pendant ce temps, l’opération de secours — le soi-disant objectif de la présence militaire américaine — s’est avérée être une telle débâcle que même les médias ont été forcés d’admettre l’échec évident à livrer de la nourriture, de l’eau et des médicaments au peuple haïtien.

    Très rapidement après le tremblement de terre, l’armée américaine a pris l’aéroport de Port-au-Prince et a pris le contrôle du port de la capitale de la ville, qui est largement détruit. Des flottilles navales et de la garde côtière ont été rapidement déployées dans les eaux d’Haïti. Des milliers de soldats ont été déployés.

    Mais, non seulement l’armée américaine n’a pas fourni une aide significative aux Haïtiens lors de la dernière semaine, pendant laquelle des dizaines de milliers d’individus sont morts sous les immeubles effondrés ou par l’absence de nourriture, d’eau et de médicaments de base. Elle a, en fait, joué un rôle contre-productif, ordonnant à des douzaines de vols contenant de l’aide de rebrousser chemin. Ces vols provenaient des organisations de secours aux sinistrés et d'autres pays.

    L’armée américaine a prétendu que les détournements d’avion sont le résultat de congestion à l’aéroport. Mais, 40 pour cent de tous les atterrissages ont été militaire — un de ces atterrissages étant l’avion Air Force Cargo qui a fait des vols en cercle à chaque jour au-dessus du pays afin d’avertir les Haïtiens de ne pas aller aux Etats-Unis.

    La décision d’ordonner à des vols transportant des docteurs, des infirmières et des vivres de rebrousser chemin a sans doute eu comme conséquence des milliers de morts. Médecins sans frontières a dit que, pendant la fin de semaine, cinq de ses vols n’ont pas eu la permission d’atterrir à Haïti, mais furent plutôt détournés vers la République dominicaine. Benoit Leduc, le chef des opérations de l’organisation, a dit que les délais encourus ont coûté des « centaines de vies ». La Croix-Rouge a aussi dit que ses avions n’avaient pu atterrir pendant la fin de semaine.

    Dans un communiqué de presse mardi, Médecins sans frontière a dit que ses avions sont encore en train d’être retournés. Un avion-cargo transportant 12 tonnes d’équipements, de médicaments et d’équipements chirurgicaux a été retardé trois fois dans la nuit de dimanche, selon le communiqué.

    Les centaines de vols militaires qui ont atterri n’ont fourni que peu d’aide. S’il y avait des preuves que les soldats américains fournissent de l’aide, c’est certain que les médias américains la télédiffuseraient de manière incessante. Des soldats ont dit qu’ils n’avaient toujours pas quitté leurs navires de guerre et leur base à l’aéroport. Ils « n’ont, pour la majeure partie, pas été une présence significative dans les rues, » comme le New York Times l’a dit de manière charitable.

    Il y a eu une exception mardi matin, lorsque les médias ont diffusé des images d’hélicoptères de l’armée américaine atterrissant devant le palais national effondré, où des dizaines de milliers d’Haïtiens ont attendu pendant près d’une semaine en ne recevant pratiquement aucune aide. Les soldats ont distribué du matériel de secours, mais ils ont aussi semblé construire un centre de commande, situé symboliquement au même endroit que le siège du gouvernement haïtien.

    L’ambassade américaine en Haïti prétend qu’elle n’a pas été en mesure de livrer le matériel nécessaire « pour des raisons de sécurité ». Il est donc sous-entendu que les vies des travailleurs humanitaires sont mises en danger par des Haïtiens « pilleurs ». En fait, il n’y a pas eu un seul cas rapporté de travailleurs humanitaires attaqués par des Haïtiens. Comme le Wall Street Journal de mardi l’a noté, « Les responsables américains ont pointé du doigt les questions de sécurité pour le retard dans l’approvisionnement en aide. Mais, une équipe de docteurs cubains a été vue lundi en train de traiter des centaines de patients sans qu’il n’y ait de fusil ou de soldat visible. »

    Même si de tels dangers existent, cela ne ferait que soulever la question de ce que l’armée américaine fait en Haïti si ses milliers de soldats ne sont pas en train d’amener l’aide humanitaire à la population ou de protéger ceux qui le font.

    Étant donné les preuves de plus en plus grandes qu’elle entrave les opérations de sauvetage, l’armée américaine fut contrainte mardi de nier la nature évidente de sa mission en Haïti. « Il y a eu des reportages dans  les actualités selon lesquels les Etats-Unis envahissent Haïti », a dit le colonel Kane de l’armée américaine. « Nous n’envahissons pas Haïti. C’est ridicule. Il s’agit d’aide humanitaire. »

    Le colonel Kane a déclaré aux journalistes à l’aéroport de Port-au-Prince « qui en est venu à ressembler à une base militaire américaine, où des hélicoptères décollent et atterissent sans cesse », selon le New York Times. Ce qui reste du gouvernement haïtien doit se réunir dans un poste de police adjacent à l’aéroport.

    La présence militaire internationale à Haïti, sous direction des Etats-Unis, continue à gagner en importance. Les soldats américains et internationaux ont maintenant l’autorité de réprimer la population en vertu d’un décret du gouvernement haïtien promulgué hier à la demande de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

    On s’attend à ce que les forces américaines en Haïti même et au large du pays atteignent 11.000 personnes au cours des prochains jours. Le Pentagone a dit que le 22e corps expéditionnaire de la marine arrivera bientôt à l’ouest de Port-au-Prince.

    Les soldats canadiens, au nombre d’environ 2000, seront déployés dans les villes dévastées de Léogâne et de Jacmel, près de l’épicentre du tremblement de terre au sud-ouest de Port-au-Prince. Le Canada a envoyé deux navires de guerre auxquels se joindront bientôt des navires de l’Italie, de l’Espagne et du Venezuela.

    Le Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est réuni mardi dernier à New York a approuvé l’envoi de 3500 soldats et agents de police supplémentaires en Haïti. Avec ces nouvelles troupes, l’ONU aura 10.500 dans ce pays.

    Alors que plus de soldats sont dépêchés sur les lieux, les efforts internationaux d’aide sont loin d’être suffisants pour satisfaire aux besoins de nourriture, d’eau et de soins. Ces efforts jusqu’à présent ont résulté en ce que seulement « une petite fraction de l’aide promise a pu se rendre aux centaines de milliers de Haïtiens qui en ont désespérément besoin » selon une évaluation qu’a faite le Guardian de l’aide distribuée mardi dernier.

    La recherche pour des survivants dans les décombres des immeubles qui se sont écroulés n’a sauvé que 90 personnes à ce jour selon les chiffres de l’ONU. L’espoir diminue, mais deux femmes ont été extirpées des décombres d’un immeuble de l’université mardi dernier et les équipes de sauvetage ont pu détecter des battements cardiaques au moyen d’équipements sophistiqués sous les décombres d’une banque.

    Malgré le fait que des experts affirment que des victimes sont toujours en vie sous les ruines des villes d’Haïti, l’armée américaine a dit qu’il était de mettre un terme aux opérations de recherche et de sauvetage. « Nous nous attendons à passer très bientôt de la phase de recherche à une phase de reconstruction », a dit le général de la marine Daniel Allyn, l’adjoint au commandant des forces américaines en Haïti.

    Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l’ONU basée à Rome, seulement 250.000 rations alimentaires quotidiennes auraient été distribuées à ce jour, la moitié de ce nombre par l’armée américaine. Le PAM a réussi a distribué environ 50.000 rations lundi passé, environ la moitié du nombre prévu. Les Etats-Unis ont commencé mardi à parachuter de la nourriture et de l’eau. La première semaine de la crise, le Pentagone a refusé de considérer cette méthode de distribution en disant que cela finirait en émeutes.

    Des journalistes ont rapporté des scènes d’horreur et de peur à Port-au-Prince. Des dizaines de milliers de Haïtiens quittent la capitale pour la campagne, soit à pied, soit en s’entassant dans des autobus et des bateaux. Des camions servant habituellement à la collecte des ordures viennent déposés des centaines de corps dans des fosses communes.

    A cause du manque d’antibiotiques et d’autres médicaments, beaucoup d’amputations sont réalisées d’une façon sommaire, souvent sans morphine ou autre antidouleur, dont on manque partout. Des docteurs et des infirmières au comble du désespoir continuent à demander des anesthésiants, des scalpels et des scies pour amputer les membres écrasés, selon Associated Press. Un représentant de Médecins sans frontières a dit que les chirurgiens de son hôpital de première ligne à Cité Soleil ont été forcés d’acheter une scie au marché local pour pouvoir réaliser des amputations après qu’un autre de ses avions s’est vu refuser la permission par l’armée américaine d’atterrir à Port-au-Prince.

    « C’était l’amputation ou la mort », a dit à NBC le Dr Nancy Snyderman, travaillant pour l’aide humanitaire. « Il y a beaucoup d’infections secondaires. C’est la principale cause de mort actuellement. »

    « Dans un pays où il est si difficile de survivre en temps normal, cela devient presque impossible pour un amputé. Cela soulève immédiatement la question de ce qui viendra ensuite », a déclaré Snyderman. « On ne trouve pas de prothèses dans ce pays qui sera bientôt un pays d’orphelins et d’amputés. »

    « J’ai vu des bébés dont le crâne était fendu comme un melon d’eau », a-t-elle continué. « Les médecins ne pouvaient rien faire que de leur bander la tête, les couvrir et les laisser mourir. »

    L’indifférence de Washington devant ces horreurs est palpable. Après avoir vu des chirurgiens stérilisés leur équipement avec de la vodka, Bill Clinton, en tête des opérations de sauvetage, a déclaré « C’est incroyable ce que les Haïtiens peuvent accomplir. »

    Avant la visite de Clinton, l’hôpital a été mis sous la protection de 100 parachutistes américains, a rapporté l’Agence France-Presse. Les parachutistes refoulaient les foules désespérées de Haïtiens aux portes de l’hôpital.



    Article original anglais, WSWS, paru le 20 janvier 2010.


    Tom Eley est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Tom Eley publiés par Mondialisation.ca


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  • Honduras : investiture putschiste de Lobo et exil de Zelaya

    Lobo devient président élu mais illégitime. Zelaya part à la Dominique.

     

    mercredi 27 janvier 2010, par Primitivi

    Aujourd’hui mercredi 27 janvier, aura lieu à Tegucigalpa l’investiture de Porfirio ("Pepe") Lobo, le vainqueur des élections présidentielles de novembre dernier. Depuis le Coup d’État de juin 2009 le Honduras subit une dictature menée par Roberto Michelleti (ex-président du Parlement) et soutenue par l’oligarchie, les grands entrepreneurs et les multinationales implantées dans le pays.

    Le même jour, Manuel Zelaya, le président légitime qui a été chassé du pouvoir par le putsch, brièvement expulsé au Costa Rica via les bases militaires nord-américaines. Il a tenté durant tout l’été de revenir au pays, soutenu par une proportion de plus en plus grande la population. Il a finalement réussi à revenir clandestinement en septembre, menacé, il s’est réfugié dans l’ambassade brésilienne qu’il quittera aujourd’hui pour être à nouveau exilé, vers la Dominique cette fois.

    Les États-Unis après quelques tergiversations ont finalement ouvertement soutenu la dictature en n’exigeant pas la réintégration de Zelaya et en reconnaissant les élections du 29 novembre. Il est à noter que M. Obama avait changé de politique à cause d’un poste d’ambassadeur au Brésil et de sous-secrétaire d’Etat dont l’attribution à des partisans d’Obama était bloquée par une partie des Républicains du Congrès.

    La Résistance hondurienne se mobilisera lors de l’expulsion de Zelaya

    Le leader du Front National de Résistance Contre le Coup d’État au Honduras, Rafael Alegría, a indiqué que le peuple manifestera ce mercredi pour l’expulsion du président constitutionnel Manuel Zelaya Rosales.

    Ce mercredi 27 janvier Zelaya sortira de l’ambassade du Brésil au Honduras et se dirigera vers la République Dominicaine.

    Cela a été possible après que le vainqueur des élections présidentielles controversées, Porfirio Lobo, lui ai octroyé un sauf-conduit. De cette façon, le président légitime sortira du pays en qualité de citoyen illustre et pourra rencontrer le président dominicain Leonel Fernández.

    Alegría a indiqué que la manifestation de la résistance a pour objectif de "lancer une proclamation nationale de la résistance et d’accompagner les adieux du président Zelaya".

    Lobo a annoncé que la sortie de Zelaya, se fera le même jour que son investiture en tant que président du Honduras, malgré les critiques d’un grand nombre de pays et de la résistance hondurienne. Le dirigeant du Front a reconnu que la résistance n’a pas pu remplir son premier objectif qui était de restituer Zelaya à son siège de président. Mais il considère que le coup d’État a produit un réveil dans la conscience de la population qui cherchera maintenant à "refonder" l’État.

    Zelaya aurait dû terminer son mandat comme président ce mercredi 27 janvier mais un putsch civile/militaire l’a expulsé du pouvoir le 28 juin 2009. Les élections présidentielles de novembre dernier, prévues de longue date, se sont finalement déroulées sous un régime putschiste. Considérant cela comme un tentative de légitimer le coup d’État de juin de nombreux pays n’ont pas reconnu ces élections, seuls les proches alliés/vassaux des États-Unis, Israël, le Panama, le Costa Rica, la Colombie et le Pérou ont reconnu ces dernières.

    Front de Résistance au Golpe : "Pepe Lobo a été et reste un putschiste"

    Le Front de Résistance contre le Coup d’État au Honduras considère que le président élu Pepe Lobo représente une continuité du putschisme. Comme l’a indiqué Lorena Zelaya, la représentante du Front au Forum Social de Porto Alegre.

    Lorena Zelaya a également déclaré que Lobo "ne va pas pouvoir gouverner, il va juste administrer le désordre qui existe au Honduras". Elle a précisé que "économiquement le pays est détruit et mis en désordre, à tel point qu’administrativement c’est une folie". L’activiste fait remarquer que "pour le Front il est capital de continuer à diffuser des communiqués pour comprendre tout ce processus de ce Coup d’État au Honduras".

    Lorena Zelaya a assuré que "il y a au Honduras une population qui après 190 jours de lutte et de protestation dans la rue continue d’espérer pouvoir changer les choses". "C’est une obligation pour le Front d’encore plus communiquer sur ce qui se passe [...] il y a peu d’informations sur la situation au Honduras qui circulent dans le monde", a-t-elle déclaré.

    Voir également nos précédents articles à propos du Honduras


    Source : Agencia Pulsar
    "La Resistencia hondureña despedirá a Zelaya con movilizaciones"
    "Frente de Resistencia al Golpe : “Pepe Lobo fue y es golpista”"
    Traduction : Primitivi


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