• Une certaine empreinte Lévi-Strauss




    Avec son air d'explorateur du XIXème siècle, grand corps sec et grosses lunettes... Aujourd’hui, il faut saluer "l'empreinte Lévi-Strauss".
    Voici donc l'un des moments fondateurs... Année 30 : expédition chez les Indiens Nambikwara, au Brésil...

    Les peuples que rencontre Lévi-Strauss sont décimés par les maladies de l'homme blanc. Et pourtant, certains n'en ont jamais vus. Dans un de ses carnets de notes, il griffonne, une nuit : "Le visiteur qui campe dans la brousse avec les Indiens se sent pris d'angoisse et de pitié devant cette humanité si totalement démunie, nue, grelottante auprès des feux vacillants. Mais cette misère est animée de chuchotements et de rires. C'est l'expression la plus émouvante de la tendresse humaine".

    Lévi-Strauss comprend alors que ces civilisations qu'il découvre sont en cours d'élimination de la surface de la Terre, sous les coups de boutoir de la "civilisation".

    1939 : il est de retour en France... Après la forêt vierge, les bibliothèques : c'est l'heure des théories... Ce qui, de Lévi-Strauss, demeure sacré, c'est l'idée que les cultures ont la même force et la même dignité. Parce qu'on trouve en chacune des éléments poétiques, musicaux, mythiques, qui sont communs. La "pensée sauvage", qu'on disait primitive parce qu'en elle aurait dominé les aspects émotionnels, n'est pas moins logique que celle de l'homme civilisé. La rencontre de l'Autre, de celui qui semble si différent, est un trésor inépuisable. Il a trouvé dans les civilisations les plus humbles la décence des hommes.

    En 1995, Lévi-Strauss était toujours en colère contre la dévastation des derniers territoires indiens. Et cette destruction, selon lui, menaçait à son tour l'Occident. "Dépouillés des valeurs dont nous étions pris : pureté de l'eau et de l'air, grâce de la nature, diversité des espèces, nous sommes tous Indiens désormais. Nous sommes en train de faire de nous-mêmes ce que nous avons fait d'eux".

    Alors évidemment, on trouve dans l'actualité beaucoup d'échos à la pensée de Lévi-Strauss...

    Il nous a mis en garde contre l'appauvrissement conjoint de la diversité des cultures et des espèces naturelles. Il a ouvert la réflexion du XXIème siècle.

    Mais attention à ne pas faire parler les morts. Lévi-Strauss rejetait la posture de l'intellectuel engagé. Il ne donnait pas son avis sur tout et sur rien, comme tant d'autres. L'ironie était l'une des marques de son esprit. Il revendiquait même un certain conservatisme : "Une société ne peut vivre sans rites".

    Ces précautions importantes étant prises, on lira ces phrases : "J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent".

    Mais Lévi-Strauss pourfendait les illusions du multiculturalisme. "Les cultures, pour survivre, doivent conserver une certaine imperméabilité aux autres".

    Pour beaucoup, Lévi-Strauss, ce n'est pas un ethnologue. "Pas une année ne passe, disait le scientifique, sans que je reçoive une commande de jeans"...

    Dans certains sujets actuels, on peut trouver un prolongement à tout ce qui vient d'être dit...

    Fichage ethnique : un rapport au vitriol de SOS Racisme... L'association publie aujourd'hui un rapport qui accuse des entreprises et des offices HLM de discrimination. Elle dénonce aussi la passivité des inspecteurs du travail, de la Commission Informatique et Libertés et des magistrats.

    En voici un exemple : Nissan Europe, accusé de fichage ethnique des candidats à l'embauche sur son site Internet. Ils doivent notamment renseigner une rubrique sur leur pays d'origine. Au choix : France, Martinique, Guadeloupe, Polynésie Française et France territoires du sud, comme si c'était des pays différents. Parole à la défense, chez Nissan : "Nous mettons un point d'honneur à favoriser la diversité".

    L'Italie va devoir retirer tous les crucifix de ses écoles publiques : jugement de la Cour européenne des droits de l'homme. "Les crucifix bafouent la liberté de penser et de conscience". Tollé à droite, malaise à gauche... Pour le secrétaire général du Parti Démocrate, "une vieille tradition comme le crucifix ne peut offenser personne. Parfois, le bon sens finit par être victime du droit". L'Etat italien a déposé un recours.

    Un an depuis l'élection de Barack Obama. Sa Présidence est passée au banc d'essai...

    Reproche majeur fait à l'homme du "Yes we can" : sa frilosité et son indécision. Obama privilégie l'option du moindre risque politique. Après la crise, lorsqu'il a abandonné toute velléité de réguler les marchés financiers en profondeur, ça a été le coup de grâce. Il est incapable d'affronter les lobbyistes de la finance. J'en arrive à me demander si cet homme a de vraies convictions. Le cas de la politique en Afghanistan est typique : il ne parvient pas à se décider.

    Pour contrebalancer ces propos très durs, en parallèle, un prof d'histoire de l'université de Memphis, Tennessee... "Obama a ouvert presque toutes les réformes en même temps. Laissons-le encore travailler. Prenez la réforme de la santé... Les débats sont durs. Elle n'est pas encore adoptée. Mais le Président est d'ores et déjà allé plus loin sur ce sujet que n'importe quel autre de ses prédécesseurs".

    Et la crise est encore là...

    Nouveau sauvetage massif pour les banques anglaises. Londres va injecter 31 milliards de livres dans la Royal Bank of Scotland (RBS pour les initiés) et la Lloyds Bank. RBS décroche la palme du sauvetage bancaire le plus cher au monde.

    En soutien au secteur automobile français, il y a en principe le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. Scandale à la Une : au sein du groupe Trèves, cet argent a été utilisé pour délocaliser. Lors d'une réunion le 14 octobre à Bercy, le directeur général du Fonds de modernisation l'a dit très clairement aux représentants des salariés : "On ne pouvait pas intervenir sans une restructuration massive". Deux usines vont donc fermer. Parallèlement, le groupe délocalise sa production en Espagne et au Portugal.

    Nicolas Sarkozy en décembre dernier : "Il n'y aura pas d'aide sans engagement à ne plus délocaliser".

    La droite est dans tous ses états... polémiques en tout genre au sein de la majorité. On se demande si Nicolas Sarkozy a encore l'autorité suffisante pour faire passer ses réformes. Autour de lui, les souris commencent à danser.

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  • La nouvelle offensive contre-révolutionnaire contre le Nicaragua

    Percy Francisco Alvarado Godoy
    illustration : Leon Kuhn www.leonkuhn.org.uk
    La récente décision de la Chambre constitutionnelle auprès de la Cour Suprême de Justice de la République du Nicaragua qui favorise la réélection de l’actuel mandataire Daniel Ortega, a été le centre d’un sérieux conflit d’intérêts au niveau national et international. L’enjeu réel de ce conflit est de faire triompher l’intention des Etats-Unis et de leurs alliés internationaux, ainsi que de l’oligarchie nicaraguéyenne, d’empêcher que les forces progressistes continuent de gouverner au Nicaragua.

    Cette attaque, sans le moindre doute, fait partie de la stratégie contre-révolutionnaire internationale qui s’oppose à l’avancée des forces progressistes en Amérique Latine, au développement de l’ALBA comme processus d’intégration entre nos peuples, hors de la tutelle hégémonique des Etats-Unis. Elle est en particulier l’expression de la résurrection de l’obsolète doctrine de la Sécurité Nationale nord-américaine.

    Le mardi 21 octobre, le mandataire nicaraguéyen a relevé que la décision de la CSJ était sans appel aucun. C’est une réponse claire aux forces d’extrême-droite de son pays qui remettent en cause la-dite décision, utilisant les réformes anti-constitutionnelles de 1995, lesquelles interdisent la réélection présidentielle. La CSJ avait accepté un recours pour inconstitutionnalité contre les mêmes réformes.

    Dans un discours prononcé par le Président Daniel Ortega, le 19 octobre passé, durant un meeting à Chinandega, celui-ci avait défendu les avantages de sa réélection en vue de pouvoir appliquer les engagements de son programme de gouvernement, qui est « un projet chrétien, solidaire et socialiste », disait-il.

    La nécessité de sa réélection en 2011, auquelle s’oppose obstinément la droite, Ortega l’exprima de la manière suivante : « Ce programme ne peut être exécuté en cinq ans, eux, ils ont passé 16 ans durant lesquels ils ont imposé leur programme de capitalisme sauvage, pour cela et raison de plus, le peuple a le droit de pouvoir donner une continuité à un gouvernement qui défend et favorise la solidarité ».

    La continuité du mandat présidentiel initié par Ortega le 10 janvier 2007, et qui se déroulera jusqu’en Janvier 2012, en un nouveau mandat, est devenue une condition indispensable pour faire aboutir les solutions aux problèmes aigus que vit la nation nicaraguéyenne, frappée par de sérieux problèmes structurels et les inégalités sociales. Pour cela, Ortega insista : « La démocratie n’est pas celle qui bénéficie à seulement quelques individus, aux riches, aux capitalistes. La démocratie doit être au bénéfice de tous, des paysans, des pauvres ».

    Aujourd’hui, des partis politiques d’opposition, le Parti Libéral Constitutionnel (PLC), le Mouvement Rénovateur Sandiniste (MRS), la Banquette Démocratique Nicaraguéyenne (BDN) et l’Alliance Libérale Nicaraguéyenne (ALN) se sont lancés dans une manœuvre désespérée. Ils ont présenté au secrétariat de l’Assemblée Nationale du Nicaragua un projet de loi pour rendre sans effet l’arrêt 504 de la CSJ, rendant possible la réélection de Daniel Ortega. Dans cette même législation, ils prétendent introduire un autre instrument légal pour annuler les résultats des élections municipales de novembre 2008.

    Avec la présentation du projet de loi mentionné, les députés de l’opposition ont torpillé les sessions de l’Assemblée en n’enregistrant pas leur présence préalable à la session de l’organe législatif, le 27 octobre passé, empêchant de cette manière que le quorum requis soit atteint pour initier la session de travail qui examinera le budjet général pour 2010 et la réforme fiscale.

    PARTICIPATION NORD-AMÉRICAINE DANS LE PLAN DE DÉSTABILISATION

    La réaction de l’administration Obama face à la décision de la CSJ du Nicaragua n’a pas tardé. S’ingérant de façon flagrante dans les affaires internes d’une autre nation, elle déclara le 23 octobre par la voix de Ian Kelly, porte-parole du Département d’Etat étasunien, ce qui suit : « Nous partageons l’inquiétude de nombreux Nicaraguéyens au sujet de cette situation qui fait suite à une large série de comportements contestables et irréguliers du gouvernement (…) menaçant de miner la base de la démocratie au Nicaragua et mettant en question l’engagement du gouvernement du Nicaragua avec la Carte Démocratique Interaméricaine ».

    Après cela il ajouta : « Nous sommes préoccupés par la manière dont la Chambre Constitutionnelle de la Cour Suprême a abouti à cette décision ».

    Bien sûr, ce n’était pas la première attaque contre le gouvernement de Daniel Ortega. Le 19 février, le Président du sous-comité des relations extérieures du Congrès nord-américain pour l’hémisphère occidental, Eliot Engel, a visité le Nicaragua, en compagnie d’autres congressistes, afin de tenter de faire pression sur le gouvernement au moyen du déblocage de l’aide contenue dans le Compte Défi du Millénaire (CRM-Cuenta Reto del Milenio - n.t.), à condition que sa politique nationale et internationale soit changée. Cette aide avait été suspendue sous l’accusation absurde selon laquelle le parti dirigeant, le Front Sandiniste de Libération Nationale, s’était livré à la fraude durant les élections municipales de novembre 2008, privant le Nicaragua de l’aide du CRM et laissant sans réalisation des projets à Léon et Chinandega pour un montant de 175 millions de dollars, dont ont été exécutés 111 millions.

    Les Etats-Unis, alliés étroitement à plusieurs pays de l’Union Européenne, ont utilisé les aides financières au Nicaragua dérivées du CRM, de même que d’autres contributions provenant d’Europe, pour faire du chantage contre le gouvernement du Nicaragua.

    Bien que dans les politiques de l’administration Obama il y ait une priorité claire envers le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Equateur et d’autres nations, il ne faut pas du tout écarter le fait que le Pentagone et la CIA soient derrière les plans de déstabilisation contre le gouvernement de Daniel Ortega, attaché à ses claires positions progressistes dans la sphère internationale et aux changements qu’il a réalisés dans le statu-quo de son pays, au détriment des intérêts de l’oligarchie nationale.

    LE RÔLE DE LA CONTRE-RÉVOLUTION INTERNE

    Les attaques contre la décision de la Cour Suprême de Justice en relation avec l’inconstitutionnalité de l’article 147, déclenchèrent dans l’immédiat des réactions multiples : les unes moins fébriles que d’autres, d’autres conspirant clairement dans la recherche d’un prétexte pour répéter au Nicaragua l’expérience hondurienne. Toutes, cependant, centrèrent leurs attaques contre Daniel Ortega et l’activité de son gouvernement, engagés tous les deux dans une action destinée à favoriser les pauvres et à faire disparaître la prédominance économique, politique et sociale des oligarchies.

    L’un des premiers à réagir fut le président de la Conférence Episcopale du Nicaragua, Leopoldo Brenes, qui signala au canal 12 de télévision : « Nous avons analysé l’annonce qu’avait donné la Chambre Constitutionnelle de changer un article de la Constitution politique et je considère que c’est une situation très triste dans l’histoire de notre pays, alors que notre Charte Suprême est la seule qui régit les pouvoirs de l’Etat ».

    Il ne lui fut pas nécessaire de cacher son opposition à la décision de la CSJ, sous le prétexte d’éviter un bain de sang au Nicaragua, quand en réalité il s’alignait à la revendication quasi-histérique des autres secteurs de l’oligarchie traditionnelle.

    Les autres qui se sont pressés d’accuser la CSJ et le sandinisme furent les membres du Conseil Supérieur de l’Entreprise Privée (COSEP), auxquels ils leur imputèrent l’usurpation des fonctions du Congrès du Nicaragua.

    Pour leur part, une coalition de partis de droite, libéraux et pseudo démocrates, ainsi qu’un groupe de rénégats de la gauche intégrée par le Parti Libéral Constitutionnel (PLC), la Banquette Démocratique Nicaraguéyenne (BDN), l’Alliance Libérale Nicaraguéyenne (ALN) et le Mouvement Rénovateur Sandiniste (MRS), et plusieurs députés indépendants, se sont unis aux attaques contre Ortega. Habitué à manoeuvrer pour faire de l’obstruction à l’action progressiste du gouvernement, bien que jamais sous une forme unifiée, ce groupement a trouvé une occasion pour lancer une forte campagne de désinformation mobilisant tous les ressorts de l’action politique pour diaboliser l’image du mandataire, telle comme ils l’ont fait pour Chávez, Evo Morales et Rafaêl Correa dans leurs nations respectives.

    La stratégie des opposants parlementaires est conduite de manière à obtenir une majorité simple qui leur permettrait de s’opposer à la décision de la CSJ et à la réélection de Ortega, réaffirmant les alliances nouées en novembre 2008 pour accuser le sandinisme de fraude durant les élections municipales et dénigrer son gouvernement au niveau international. A cette prétendue alliance de défense de la démocratie s’est joint l’ex-président corrompu du Nicaragua, Arnoldo Alemàn.

    D’autres organisations conservatrices, engagées contre Ortega depuis le moment de sa prise de fonction en tant que mandataire, comme l’Union Citoyenne pour la Démocratie (UCD), le Mouvement pour Nicaragua et la Chambre Américaine de Commerce du Nicaragua (AMCHAM), se sont également alignées contre la décision de la CSJ.

    Les critiques à Ortega et à l’activité du sandinisme au Nicaragua, alignèrent des figures controversées comme l’ex-chancellier et député libéral d’opposition Francisco Aguirre, l’ex-candidat présidentiel et législateur libéral dissident, Eduardo Montealegre et aussi les déserteurs des files sandinistes, les députés Enrique Sáenz et Victoru Hugo Tinoco.

    Toute la contradiction interne au Nicaragua est idéologiquement liée aux secteurs ultra-conservateurs des Etats-Unis, de plusieurs pays européens et à l’activité obscure et subversive de la CIA et du Mossad, d’où proviennent une grande partie des fonds pour le financement de leur activité. La preuve est dans le fait que le Mouvement Rénovateur Sandiniste reçoit des fonds provenant d’organisations démocrates européennes et des Etats-Unis, sous le couvert d’ONG.

    D’AUTRES ENNEMIS EXTERNES PARTICIPENT AU COMPLOT

    L’une des manœuvres dirigées depuis l’étranger et attisées par des représentants diplomatiques accrédités à Managua, fut celle de fomenter le mouvement séparatiste des indiens miskitos, dans une trame pour saboter les élections régionales d’avril de l’année prochaine.

    Les faits violents enregistrés à Bilwi ; Puerto Cabezas, furent l’expression de la tentative de créer un foyer de conflit entre le gouvernement sandiniste et les miskitos. Ce fut un prétexte des ennemis du processus révolutionnaire en vue de lui porter atteinte et de miner sa propre base d’appui.

    La fondation Friedrich Ebert, liée au parti allemand PSD, a eu un rôle spécial dans les campagnes déstabilisatrices à l’intérieur du Nicaragua. Ses pressions contre le gouvernement sandiniste ne sont pas inconnues, de même que son travail subversif au grand jour en appui à diverses organisations qui sabotent le processus de transformation dans ce pays. La FFE, à l’aide de son porte-parole Valeska Hesse, est arrivée par le moyen de la désinformation et diverses campagnes médiatiques, à ce que l’Union Européenne décident de suspensions draconiennes à l’aide qu’elle avait offerte au Nicaragua. Toujours dans ce sens, c’est à partir de la dénonciation d’une prétendue fraude sandiniste aux élections municipales de novembre 2008, que la FFE a abouti à la suspension de l’aide au Nicaragua de pays comme l’Allemagne et la Suède.

    Il n’est pas surprenant que la Fondation Friedrich Ebert soit utilisée comme instrument pour le travail de sape au sein de la jeunesse nicaraguéyenne. Cette même organisation a utilisé dans ce but un soi-disant Programme de Formation Socio-Politique de Jeunes « Agents de Changement », au moyen duquel sont recrutés des jeunes entre 18 et 28 ans, « avec un potentiel de leadership démocratique et d’initiative personnelle, motivés par l’amélioration des tâches institutionnelles, porteurs de sensibilité sociale et responsabilité politique », selon sa IVème Convocation au soi-disant programme en 2008. Il est clair, alors, que depuis son siège dans l’OFIPLAZA El Retiro, Batiment No. 6, 2ème étage, Suite 626, s’exécute un programme d’endoctrinement en vue de former des cadres destinés à miner les bases de jeunes du sandinisme et à créer la confusion sur les programmes de l’actuel gouvernement.

    Les diplomates de l’Union Européenne accrédités à Managua réalisent des actes réitérés d’ingérence dans la politique interne du Nicaragua, comme cela fut le cas de leur participation dans une rencontre avec l’ONG Ethique et Transparence, celle-la même qui avait prétendu altérer le développement des élections municipales de novembre 2008, sous les incitations et la complicité de la représentation diplomatique du gouvernement norvégien et de la CIA, cette fois à travers son traditionnel écran notoirement connu comme La National Endowment for Democracy (NED), si expérimentée dans le financement de la contre-révolution à Cuba, au Venezuela et d’autres pays progressistes.

    Dans cet ensemble de pays qui refusent l’aide financière au Nicaragua et appuient la subversion, se distinguent aussi les représentants diplomatiques de l’Allemagne, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, de la Finlande,de la Grande Bretagne, de la Hollande, du Japon, de Taiwan, de la Norvège, de la Suède, de la Suisse, de l’Union Européenne, et ceux de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine du Développement.

    Jour pour jour, des dizaines et presque des centaines de ces ONG pullulent au Nicaragua, tentant d’interférer sur le cours du développement politique et social du pays, contribuant à la désinformation et à la guerre idéologique contre le sandinisme, à la création de la confusion et à la vente d’une fausse image face à l’opinion publique internationale. Parmi ces organisations, artifices de la création d’une soi-disant et large opposition populaire au gouvernement d’Ortega, se distinguent l’Union Citoyenne pour la Démocratie (UCD), le Mouvement Pour le Nicaragua (MPN), l’Institut des Etudes Stratégiques et Politiques Publiques (IEEPP), le Centre de Recherches de la Communication (Cinco), Probidad et la Commission Permanente des Droits Humains (CPDH).

    Les projets machiavéliques de toutes ces pseudo organisations répondent au financement des Etats-Unis et d’Israël, ainsi que de nations européennes comme l’Allemagne, la Suède, la Norvège et d’autres. Une grande partie de l’aide destinée à leur activité provient de la NED, du National Democratic Institut (NDI), de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement (USAID), de la Banque Inter Américaine de Développement, de l’International Republican Institut (IRI).

    Il suffit de dire que les nations européennes ont financé à elles seules l’activité de cette cinquième colonne anti-sandiniste avec près de 350 millions de dollars depuis que Ortega est passé à la Présidence.

    Non seulement le gouvernement suédois a financé l’opposition et a refusé au gouvernement du Nicaragua l’aide financière promise, mais il a aussi impulsé à travers la presse de son pays une campagne permanente de désinformation et une guerre sans quartier contre le sandinisme, comme c’est le cas du journal Sydsvenskan et son correspondant Henrik Brandäo Jönsson. A ce quotidien suédois se sont joints l’agence d’informations TT et d’autres médias de droite.

    Un autre détracteur actif du travail d’Ortega au Nicaragua, est le soi-disant parti de gauche Vänsterpartiet, qui navigue dans un cap controversé et qui s’est trouvé souvent ballotté indistinctement jusqu’au centre ou à droite sur les sujets de politique internationale.

    Depuis 2008, le Ministère de la Coopération pour le Développement International de Suède, le Ministre Fédéral de la Collaboration Economique et du Développement d’Allemagne, ainsi que d’autres organismes internationaux et pays membres de l’UE ont maintenu les fausses accusations sur la prétendue fraude électorale de novembre de cette année et la supposée suppression de la personnalité juridique de la part du Conseil Suprême Electoral (CSE) à deux partis jusqu’en 2012 : le Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS) et le Parti Conservateur, qui avaient réellement violé les normes légales établies, comme cela a été clarifié par Roberto Rivas, le président du CSE. Ces accusations, ajoutées à une « préoccupation » pour une soidisant persécution aux activités des ONG au Nicaragua, ont servi d’instrument pour suspendre l’aide au gouvernement de ce pays.

    De manière occulte, bien qu’il n’ait pas d’ambassade au Nicaragua, le gouvernement d’Israël travaille dans les coulisses pour saboter l’activité du gouvernement sandiniste, surtout du fait de son appui déclaré à la cause du peuple palestinien et son rapprochement à l’Iran. Aujourd’hui les agents sionistes du Mossad se camouflent comme conseillers dans le secteur de l’agriculture et l’activité d’entreprise. Dans d’autres cas, ils s’abritent à travers la pénétration dans les centres d’études en vue de recruter des prospects pour une mission ultérieure dans le cadre de leur guerre idéologique contre les forces progressistes de la région. Une remarque nous interpelle dans ce sens, c’est le concours que développe Israël au Costa Rica et au Nicaragua, sous l’appellation Connaissez Israël , qui pour le seul Nicaragua a touché plus d’une centaine de jeunes. Derrière ce concours en apparence innocent, le motif du Mossad est de chercher de nouveaux agents pour son activité. Dans ce travail on distingue Enrique Rimbaud, président de l’Association des ex-boursiers d’Israël au Nicaragua, Arturo Vaughan, consul honoraire d’Israël au Nicaragua et Ehud Eitam, ambassadeur d’Israël avec siège au Costa Rica.

    Un rôle significatif dans les attaques contre le Nicaragua est joué par l’Interamerican Institute for Democracy, el Dialogo Interamericano et le Council Of Hispanic Affairs, qui ont fait des appels á certains gouvernements et d’autres organisations pour lancer une série de ténébreuses campagnes déstabilisatrices à l’intérieur du Nicaragua et d’attaques idéologiques au niveau international.

    ACTIVITE MEDIATIQUE CONTRE LE NICARAGUA

    L’activité médiatique dans l’objectif de déstabiliser un gouvernement n’est pas une nouveauté, puisque des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, l’administration Obama incluse, sont en train de la subir sous divers niveau d’intensité. Le gouvernement sandiniste de Daniel Ortega n’échappe pas non plus à ces campagnes où la presse, alliée aux secteurs de droite, se met au service de la plus cruelle guerre idéologique. Comme c’est bien connu, la majorité des médias de communication sont la propriété de personnes qui répondent aux intérêts de l’oligarchie, comme c’est le cas de El Nuevo Diario, La Prensa, Trinchera et Nicaragüita.

    L’un de ces quotidiens, La Prensa de Managua, a chargé d’une enquête la société M&R Consultores, dans le but de créer un état d’opinion adverse opposé à la réélection du Président Daniel Ortega. Selon les enquêteurs, 68,3% des personnes consultées s’opposent à la décision de la CSJ dans ce sens.

    La manipulation douteuse des résultats est une claire manœuvre dans la guerre médiatique menée contre Ortega, laquelle a été renforcée aussi par les médias de communication des Etats-Unis et des pays développés, dans l’objectif de le diaboliser. Le quotidien espagnol El País a été l’un des plus fervents détracteurs du gouvernement nicaraguéyen dans les derniers mois, à un point tel qu’il en arrivé à publier un article mensuel contenant de fortes accusations contre le Président et dénaturant les chiffres concernant les résultats économiques et sociaux de son gouvernement.

    Un autre quotidien, le Diario de Las Américas, de Miami, s’est converti en porte-parole des groupes contre-révolutionnaires implantés dans cette ville, ceux qui se sont liés aux extrémistes d’origine cubaine et vénézuélienne, pour lancer des diatribes contre les gouvernements de l’ALBA.

    La campagne médiatique contre Daniel Ortega a eu un sceau particulier avec les déclarations de Gioconda Belli, écrivain et ex-militante du FSLN, qui lança contre le mandataire des accusations ridicules dans lesquelles elle le compara à Louis XIV ancien roi de France,.

    A Miami, convertie pour le malheur de ses citoyens en capitale de la contre-révolution et de l’extrémisme internationale, s’est développée une forte et histérique explosion contre le gouvernement sandiniste. Il y a quelques jours, il s’est constitué la-bas l’Union Nicaraguéyenne Américaine, à l’image de la ténébreuse FNCA (Fondation Nationale Cubano-Américaine, nt.), ayant pour fin de « faire toutes les démarches pertinentes d’opposition pour que Ortega respecte la Constitution Politique du Nicaragua qui interdit sa réélection ».

    Avec la prétention de réaliser un fort travail de lobby au sein du Congrès, ses adhérents, appartenant tous à l’Association des Journalistes Nicaraguéyens, au Parti Conservateur, au Parti Libéral Constitutionnel, au Parti Libéral Indépendant, au Mouvement Rénovateur Sandiniste et à Vamos con Eduardo, parmi d’autres organisations, ils prétendent s’appuyer sur la base contre-révolutionnaire des terroristes d’origine cubaine et vénézuélienne résidant dans cette ville floridienne, ainsi que sur les représentants ultra-droitiers Ileana Ros Lehtinen et les frères Diaz Balart.

    Un autre groupuscule de droite situé à Miami, la Société Nicaraguéyenne Américaine des Journalistes (NAJS) s’est joint à la cour des protestations anti-gouvernementales. Dans leur cas, leurs positions réactionnaires ont prit de l’évidence quand ils réclamèrent l’aide des Etats-Unis pour : « (…) prendre note de ce nouvel abus du FSLN, qui dans sa soif de se perpétuer au pouvoir et d’imposer ce qui est appellé le Socialisme XXI du président vénézuélien, Colonel Hugo Chàvez, altère l’ordre constitutionnel et porte atteinte aux droits élémentaires des nicaraguéyens, avec des conséquences régionales incalculables ».

    Cherchant des alliances avec l’extrême-droite dans le Congrès nord-américain, la NAJS a envoyé une lettre à la congressiste Ileana Ros-Lethinen, pour que celle-ci serve de médiatrice avec le président Barack Obama : « Nous vous sollicitons pour continuer d’alerter le Congrès nord-américain sur les graves dangers que vivent le Nicaragua et la région sous le Gouvernement de Daniel Ortega, et sur la nécessité pressante pour le Président Barack Obama de faire attention aux risques que cela implique ».

    Un rôle d’importance au sein de la base de la contre-révolution anti-nicaraguéyenne à l’extérieur depuis la décennie des années 80, a été accompli par la Force Nicaraguéyenne du Travail Civique, laquelle a été fait ressuscitée pour accroître leur offensive contre Daniel Ortega. Dirigée traditionnellement par des puissants de l’argent, comme cela se fait avec la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA). La FNTC répond inconditionnellement à l’extrême-droite des Etats-Unis et à l’oligarchie nicaraguéyenne. Il y a à mentionner que l’un de ses leaders, Orozco, est actuellement le vice-président du Terra Bank, il fut trésorier et parallèlement administrateur, de la Grande Convention des Nicaraguéyens à l’extérieur durant l’année 2006.

    La NCTF a créé un prix dénommé Nicarao Award pour gâter des figures telle que le congressiste Mario Diaz-Balart ou le corrompu commissaire de Miami-Dade, Joe Martinez.

    La complicité de la NCTF avec la contre-révolution vénézuélienne s’est manifestée dans un meeting célébré le 23 mai 2009 passé, quand l’ex-maire putschiste vénézuélien Alexis Ortiz participa, à Miami, dans le Forum Liberté d’Expression et Droits Humains en Amérique Latine, sous les auspices de la Force du Travail Civique Nicaraguéyen et par El Diario La Prensa. Ortiz a déclaré la-bas : « (…) pour ne pas avoir prêter attention à temps et sans détours à ce qui se passait à Cuba, aujourd’hui au Venezuela nous souffrons le même cauchemar que les Cubains ».

    L’EXTRÊME-DROITE REPUBLICAINE ET LA MAFIA ANTI-CUBAINE CONTRE LE NICARAGUA

    Il y a suffisamment de preuves sur la participation des représentants de l’extrême-droite nord-américaines Ileana Ros-Lethinen et les frères Mario et Lincoln Diaz Balart, dans toutes les campagnes contre Cuba, le Venezuela, l’ALBA et tout ce qui représente un pas de l’avancée des force de la gauche en Amérique Latine et dans le monde. Leur agressivité contre le Nicaragua n’a pas été niée.

    Le 11 décembre 2008, ces bienfaiteurs de terroristes demandèrent à la Secrétaire d’Etat de l’époque Condoleezza Rice, la suspension totale de l’aide que reçevait le Nicaragua à travers le DR-CAFTA (accord de libre commerce, NT) et par le Compte Défi du Millénaire. Les arguments présentés dans la missive à Rice, parlent d’eux-mêmes : « Nous vous écrivons respectueusement pour vous solliciter afin que continue la suspension des versements du programme d’assistance Compte Défi du Millénaire (CRM) au Nicaragua et que se prennent les actions nécessaires pour suspendre le Nicaragua des bénéfices du Traité de Libre Commerce avec l’Amérique Centrale et la République Dominicaine (DR-CAFTA, nt) ».

    Le 4 décembre 2005 s’est produite une rencontre entre le congressiste d’extrême-droite Mario Diaz-Balart et des Nicaraguéyens à Miami, qui déboucha sur un appel à affronter Cuba et le Venezuela, et aussi tous ceux qui menacent la démocratie en Amérique Latine.

    Les groupes nicaraguéyens qui s’opposent au sandinisme utilisent les mêmes espaces de manifestation que leurs congénères de la mafia anti-cubaine de Miami, dans la Petite Havane et, particulièrement, l’espace situé face au restaurant Versailles, où il y a peu de temps les intolérants de Vigilia Mambisa ont brûlé les disques du chanteur colombien Juanes.

    Aujourd’hui, il n’est nullement surprenant de voir les récalcitrants contre-révolutionnaires nicaraguéyens marcher par les rues de Miami, commandés par Elio Aponte, défiler contre Cuba, Chàvez, Ortega, Evo, Correa et l’ALBA, en union avec les escadrons de ERVEX et des terroristes d’origine cubaine intégrés à Unité Cubaine, Mer pour Cuba, Alpha 66, Vigilia Mambisa, la Junte Patriotique Cubaine, le Congrès National Cubain, l’Association UMAP et Cuba Indépendante et Démocratique.

    Il n’y a pas le moindre doute que l’offensive anti-nicaraguéyenne fait partie d’une vaste opération contre-révolutionnaire en Amérique Latine, dirigée contre Cuba, le Venezuela et le reste des pays de l’ALBA. Le Nicaragua peut être l’arrière-chambre du Honduras.

    Percy Francisco Alvarado Godoy

    Traduction : salah ahmine

    Article original en espagnol : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=94178

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  • Les Palestiniens, les Séfarades, les Mizrahim... et le Sionisme

    Fethi GHARBI
    Photo : Hebron, un colon israélien jette du vin sur une passante palestinienne New York Times

    Tanya Reinhart soulignait que depuis l’occupation de 1967, les responsables politiques et militaires israéliens débattaient de la meilleure façon de conserver le maximum de terres avec le minimum d’arabes. Israël avait en effet réussi à coloniser le Golan, la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Sinaï. Le Golan peu peuplé était une proie facile pour l’annexion. Sur ses 100 000 habitants, 90 % s’enfuirent ou furent chassés pendant la guerre, et les colonies établies là par Israël s’implantèrent sur une terre vidée de sa population. Le 14 décembre 1982, la Knesset vota une loi mettant le Golan sous la législation et l’administration israéliennes, ce qui équivalait à une annexion pure et simple qui ne comportait aucun risque.

    La Cisjordanie et la bande de Gaza surpeuplées posaient et posent jusqu’à nos jours un tout autre problème : L’annexion pure et simple aurait transformé les Palestiniens qui y vivent en citoyens israéliens à part entière, ce qui aurait provoqué un désiquilibre démographique, tant redouté. Pour surmonter cette difficulté, deux solutions différentes furent élaborées.

    Le premier plan consistait à annexer 30 à 40 % des territoires. le reste étant placé soit sous souveraineté jordanienne, soit sous une forme quelconque d’autodétermination. Dans une interview de 1983 Rabin déclarait : "J’affirme que nous sommes prêts à abandonner environ 65 % de la Cisjordanie et toute la bande de Gaza". Ce plan représentait l’avantage de grignoter une bonne partie des territoires occupés, d’ émousser la lutte armée et de garantir l’équilibre démographique. L’expulsion de masse,sur le modèle de 1948 ne leur semblait plus réalisable vu l’évolution de l’opinion publique internationale...

    L’autre approche était celle de Sharon et des milieux militaires, elle consistait d’abord à briser la résistance palestinienne en détruisant toute forme d’organisation, toute base de pouvoir, comme il fut le cas au Liban en 1982. Le deuxième volet du plan visait le transfert du plus grand nombre possible de Palestiniens des territoires occupés vers la Jordanie par exemple.

    Avec Oslo, c’est la première approche qui semblait l’emporter. Rabin était partisan de cette ligne. En échange de l’engagement pris par Arafat de contrôler son peuple et de garantir la sécurité d’Israël, il était prêt à accepter que l’Autorité palestinienne régisse ses enclaves sur le mode de l’autodétermination. De là, la fameuse solution des deux états : un état-seigneur et un état-vassal, un état coiffant un peuple de maîtres et un état sous-traitant des masses d’esclaves.

    Depuis l’arrivée de Sharon au pouvoir et jusqu’à aujourd’hui nous assistons à une combinaison des deux approches. D’un coté l’état à la tête des bantoustans continue à vivoter avec un pouvoir éxecutif, vidé de toute substance, transformé en garde-chiourme au service de l’occupant. De l’autre coté l’assassinat d’Arafat a provoqué le vide politique tant escompté, Jérusalem-Est est presque vidée de sa population palestinienne alors que 500 000 colons ont progressivement investi la Cisjordanie, repoussant, asphyxiant les palestiniens qui tentent de survivre comme ils peuvent sur les 22% des terres qui leur restent... en attendant le pire...

    L’enchevêtrement des deux approches a le mérite de camoufler la réalité des faits : Israel continue une politique d’épuration ethnique sur le modèle de 1948 tout en présentant aux yeux du monde la fausse image de deux états souverains. Il faut reconnaître que ce gros mensonge fut l’arme la mieux fourbie par Israel et les puissances occidentales pour liquider de manière définitive et subtile la cause palestinienne. L’autorité palestinienne, cependant, ne semble pas encore se rendre compte. Depuis 1993, de négociation en négociation, de concession en concession, elle offre à Israel le moyen de continuer sa besogne. Même Hamas est tombé dans le piège en participant au "pouvoir" et en s’entre-tuant avec Fatah pour un mirage, ce qui a permis, entre autre, aux sionistes de se dégager de leur responsabilité de pays colonisateur.

    Il est donc clair que la politique israelienne n’a pas varié d’un iota par rapport à 1948 et qu’elle reste fidèle à ses "principes" : "Un peuple sans terre pour une terre vidée de son peuple". Les deux approches sionistes offrent en fait aux palestiniens le choix entre l’expulsion et les murs de l’apartheid. Toute la mascarade de ce processus de paix qui perdure sert en réalité à entériner le fait accompli.

    Ce qui distingue cette forme de colonialisme, c’est sa frénésie à éliminer physiquement et de manière systématique le colonisé. Des massacres comme ceux de Dir Yassine, de Sabra et Chatila, de Jenine et de Gaza... ne sont que quelques exemples des crises de folie meurtrières qui ont jalonné et jalonneront encore le parcours de cette entité. A chaque fois l’horreur qu’ils suscitent à travers le monde est vite éludée grâce à l’énorme appareil de propagande et aux grands médias occidentaux. L’épuration ethnique est doublée d’une sorte d’élimination magique : Depuis la création d’Israel et pendant plus de trente ans, les mots Palestine et Palestiniens ont totalement disparu du vocabulaire politique et médiatique en Europe et aux Etats Unis. Seules quelques tribus arabes nomades presque préhistoriques parsèment les contrées arides de cette "terre sans peuple". Encore aujourd’hui, les palestiniens restés à l’intérieur de la ligne verte après la colonisation continuent à être appelés "arabes israeliens".

    Si le monde se rend de plus en plus compte du traitement barbare infligé aux palestiniens, il ne nous vient jamais à l’idée que la societé israelienne, ce modèle parfait de démocratie implanté au beau milieu de la barbarie arabo-musulmane soit autre chose qu’un espace de rassemblement, de retrouvailles et de fraternité entre les différentes ethnies juives qui ont tant et tant souffert de l’injustice des autres. Non, malheureusement, les sionistes, majoritairement d’origine européenne, ne l’entendent pas de cette oreille. Ce sont bien eux qui ont semé la terreur en Palestine depuis les années trente ; c’est toujours eux qui continuent l’oeuvre de Ben Gorian et qui détiennent bien qu’ils soient minoritaires presque tous les pouvoirs. Tout le dédain, le mépris et la persécution dont ont souffert les juifs en Europe a produit chez certains d’entre eux un sentiment ambivalent fait de haine et d’admiration à l’encontre de leurs persécuteurs. Ils s’empressent d’adherer à l’idéologie coloniale, adoptant sa mythologie du progrès, ses hiérarchies ethniques et épistémologiques. Leurs mépris à l’égard des non-européens n’a d’égal que la haine qu’ils ont d’eux-même, de leur image, de leur origine. Si l’attitude haineuse et raciste à l’égard des palestiniens peut s’expliquer comme faisant partie d’une stratégie coloniale, ce qu’endurent les juifs Séfarades et les juifs Mizrahim, deux éthnies de culture orientale, peut-il avoir un sens ?

    Oui, les sionistes s’apparentent plus à leur culture européenne et à l’idéologie coloniale euro-centrée et raciste qu’à leur judaïté.

    Les faits sont d’une clarté aveuglante :

    Le professeur Michel Abitbol, de l’Université hébraïque de Jérusalem cite dans son livre "Le Passé d’une discorde" un article du quotidien Haaretz, datant de 1949, qui parle des juifs de l’Afrique du nord, où l’on peut lire : « Race primitive et ignorante, sans aucune spiritualité, dont le niveau général n’est guère plus élevé que celui des Arabes, des nègres ou des Berbères de chez eux, sans racine juive très profonde... Leurs demeures sont immondes : ils s’y adonnent aux jeux de cartes, à la boisson et à la prostitution. Ils sont des fainéants chroniques et détestent le travail manuel ».

    Un discours aux relents ô combien évocateurs !...

    Rien qu’en septembre 2008, l’écrivain et chercheur Elana Maryles Sztokman publie un article(1) à propos du système éducatif en Israel. Elle dit entre autre :

    "... Ce qui se passe dans l’école de Beit Ya’acov n’est rien de moins qu’une officialisation du racisme. Ici, l’école applique une politique qui ne permet pas aux filles Séfarades d’être dans une même classe que des filles Ashkénazes ou Hassidiques. Elles ont des enseignants différents , des classes différentes et même des heures de récréation différentes et une clôture entre leurs cours de récréation pour s’assurer que les deux groupes ne se mêlent pas pendant les pauses..."

    David Benchetrit, juif séfarade d’origine marocaine, réalisateur du film “Rouah Kadim – Khronika marokaït” (Vent d’Est – Chronique marocaine) raconte l’histoire des Juifs séfarades, de leur émigration vers Israël dans les années cinquante et soixante à nos jours. Benchetrit lève un voile cruel sur les maabarot [camps de transit], les enfants marocains aspergés de DDT à leur arrivée en Israël, les émeutes séfarades du Wadi Salib et des manifestations des Panthères Noires israéliennes, un mouvement de contestation de juifs Mizrahim.

    Commentant son film, David Benchetrit dit :

    "... la plupart des sionistes sont des êtres poursuivis par le démon de la persécution, par la malédiction historique de l’Europe orientale : l’antisémitisme et le racisme. Ce démon n’existe pas chez les Orientaux. Leur persécution est directement le fruit du mouvement sioniste. Ce mouvement voulait bâtir ici un endroit normal et sain. Mais tout ce qu’il est parvenu à créer, c’est un monde aliéné où tout ce qui est différent est persécuté : Palestiniens, Orientaux, Haredim et Bédouins. Tant que l’élite ashkénaze donnera le ton, cet endroit continuera à vivre dans la haine de soi et dans la schizophrénie..."

    La sociologue juive mizrahim d’origine irakienne, Ella Habiba Shohat, se dit être une arabe juive. Dans son livre "Le sionisme du point de vue de ses victimes juives elle souligne la haine qu’éprouvent les sionistes pour l’orient et son impact sur les juifs orientaux :

    "... En niant l’Orient arabe, musulman et palestinien, le sionisme a nié les juifs orientaux qui tout comme les palestiniens ont eux aussi été spoliés du droit à la représentation..."

    Au train où vont les choses, les sionistes finiront peut-être par se débarrasser des palestiniens, mais il y a une chose dont ils ne pourront jamais se débarrasser : c’est la haine qui les habite, la haine de soi qu’ils plaquent sur l’altérité !

    A qui donc le tour après les palestiniens ?!

    Si les opprimés pouvaient se reconnaitre au lieu de se renier, ils verraient que les vrais clivages sont ailleurs. Ils s’apercevraient alors qu’ils représentent une force extraordinaire : une force morale, la seule capable d’éradiquer ce mal qui gangrène l’Orient.

    Fethi GHARBI

    1) http://www.ism-france.org/news/arti...

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  • C'est Fillon, que certaines mauvaises langues qualifient de "Rantanplan" qui a été chargé de sortir le fouet. Pour zébrer les (jolies) fesses de Rama. Rama Yade est sous ministre de quelque chose, mais ce n'est pas ici ce qui est important. Elle est surtout dotée d'une langue qui parfois s'agite sans contrôle.

    Merci à Willem

    Or dans la majorité populiste, le mouton noir n'a pas droit de cité. On peut penser ce que l'on veut (et encore) mais il est interdit de le dire.

    Merci à Berth

    Il parait que c'est par solidarité (avec la connerie largement partagée) que l'on ne doit rien dire de vrai.

    Merci à Snut

    Yade l'a ouvert pour dénoncer une position voulue par le vendeur de Bonux de l'Elysée, elle se retrouve au coin.

    Merci à Jym

    Fillon peut ainsi faire croire qu'il a de l'autorité. Lui qui ne décide rien mais qui veut bien tout.

    Ce qui est positif dans tout cela, c'est que cela montre que la majorité se fissure dans les grandes largeurs un peu plus chaque jour.

    Merci à Jiho

    Après Mitterrand qui a fait beaucoup tousser, Hortefeux dont les blagues ne font rire que les blonds aux yeux bleux et aux idées courtes, Junior qui se croit capable de faire autre chose que dépenser l'argent de papa ... voilà Rama qui est punie.

    Qu'ils continuent ainsi à se déchirer pour des queues de cerise. C'est très bon pour envisager le début de la fin. Moment que des millions de français attendent.

    Il parait que Raffarien aussi s'est fait engueuler.

    Merci à Bar

    Il a osé dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Il va finir avec un osbcur consulat au fin fond de la patagonie si il continue le phénix du poitou !

    Merci à Million

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  • L’Espionnage exercé par Washington via Bogota

    Hernando CALVO OSPINA
    photo : Julio Londono Paredes de la Colombie
    Le Département Administratif de Sécurité, DAS, est un organisme de recherche et d’espionnage politique qui dépend directement du Président de la Colombie.

    Si au cours des années antérieures, il fut impliqué dans des crimes, des tortures et autres délits, jamais il n’avait atteint les niveaux actuels : narcotrafic à grande échelle, coordination avec des paramilitaires dans des assassinats de centaines de personnes et complots pour déstabiliser des gouvernements voisins. Tout ceci reconnu par d’ex-hauts fonctionnaires devant les autorités colombiennes et étasuniennes.

    Le ministre du Pouvoir Populaire pour les Affaires Intérieures et la Justice du Venezuela, Tarek El Aissami vient de dénoncer ce qui était déjà connu : le DAS agit au Venezuela et en Equateur à l’encontre des gouvernements de ces deux nations sœurs.

    Les complots s’appellent respectivement Falcon et Salomon, selon des documents trouvés sur deux agents du DAS capturés il y a quelques jours au Venezuela. Des stratégies de Washington que Bogota assume pleinement.

    Ce qui est nouveau, c’est qu’il existe aussi le Plan Fénix à l’encontre de la Révolution Cubaine.

    Mais, est-ce vraiment nouveau ? Depuis 1999, l’ex-colonel Julio Londoño Paredes est l’ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Colombie à La Havane. Londoño est le plus expérimenté des diplomates colombiens. Il est entré au Ministère des Affaires Etrangères en 1969 et a été nommé chancelier en 1986 pour quatre ans. Il fut aussi chef de la délégation à l’ONU, à New York.

    Quelle importance a donc tellement Cuba pour que la Colombie ait envoyé un diplomate aussi prestigieux ?

    A cause de sa grande activité sur le plan de la solidarité, aussi bien que sur le plan culturel et politique, Cuba est un modèle pour de nombreux progressistes et membres de la gauche latino-américaine et mondiale. Elle est donc un sujet d’espionnage très important pour Washington. Et qui donc, sinon le grand allié colombien, est le plus approprié pour cette tache ?

    C’est aussi justement en 1999 que l’Ecole Latino-américaine de Médecine fut inaugurée à Cuba. Parmi des milliers de latino-américains arrivèrent des centaines de colombiens, que le gouvernement révolutionnaire pourvut d’une bourse. On apprit peu à peu que beaucoup d’entre eux étaient les enfants de familles liées au narco-paramilitarisme. Derrière cette façade d’activités culturelles, l’ambassade commença à les organiser pour qu’ils surveillent les autres étudiants dont les parents militent dans des organisations d’opposition, qu’elles soient syndicales ou paysannes.

    Et ce n’est pas tout. Il est possible que…. depuis le moment où ils ont été affectés dans différentes villes et peut-être même à l’insu de certains d’entre eux, ils travaillent à un réseau de surveillance de la société cubaine. Ceci est l’une des stratégies de Washington.

    Hernando Calvo Ospina.

    http://www.hernandocalvoospina.com/

    Traduction espagnol-français : Simone Bosveuil-Pertosa

    SOURCE ICI 


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