• La fin du « tout est permis » ?

    jeudi 5 novembre 2009 - 06h:21

    As’ad AbuKhalil - Al Jazeera

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    Un Etat qui a déclaré avec arrogance être une « lumière pour les nations » est devenu un symbole d’agression, de crimes de guerre, et de discrimination ethnique et religieuse, écrit As’ad Abu Khalil.

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    10 janvier - Manifestation à Barcelone contre les crimes israéliens à Gaza - Photo : AP

    Plus de 60 années après avoir été fondé en lieu et place d’une nation existante, Israël fait face à d’inhabituelles circonstances.

    Cet Etat a amassé un énorme arsenal d’armes de destruction massive et a construit un appareil militaire impressionnant (en grande partie grâce à des soutiens extérieurs venus d’abord de France puis des États-Unis). Il a aussi remporté des guerres successives contre les régimes arabes.

    Pourtant, Israël fait face à de nombreux défis politiques et même existentiels. Un Etat qui a déclaré avec arrogance être une « lumière pour les nations » est devenu un symbole d’agression, de crimes de guerre, et de discrimination ethnique et religieuse.

    Un Etat qui a toujours bénéficié du soutien américain pour maintenir sa supériorité militaire sur les régimes arabes a été humilié par quelques centaines de jeunes combattants sur le champ de bataille du sud-Liban en 2006.

    Un Etat qui se vante depuis des décennies des compétences et de la supériorité de son appareil de renseignement, a loupé une tentative d’assassinat contre Khaled Mishaal, le dirigeant du Hamas, et ont enlevé un agriculteur libanais en 2006 parce que son nom était Hasan Nasrallah (et il a fallu des « experts » israéliens et plusieurs jours pour réaliser que ce n’était « pas le bon » Hasan Nasrallah).

    Un Etat qui a signé des traités de paix avec plusieurs régimes arabes et qui entretient des relations secrètes avec beaucoup d’autres, reste haï par le public arabe et musulman.

    Il semble que plus Israël devient fort, plus il devient impuissant à faire changer son statut dans la région.

    L’opinion dans le monde a changé

    Le rapport Goldstone n’a fait qu’ajouter aux problèmes d’Israël.

    Israël a d’abord compté sur les États-Unis pour couvrir ses crimes de guerre et les Etats-Unis se sont toujours précipités, que ce soit au Nations Unies ou au Congrès, pour sauver Israël de la condamnation et la honte.

    Les États-Unis ont le plus souvent utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies au bénéfice d’Israël.

    Israël a compris, en particulier depuis la Guerre froide, qu’il pouvait toujours compter sur son allié américain pour le sauver de poursuites internationales pour crimes de guerre, pouvant en particulier venir de la Cour pénale internationale (CPI).

    Mais Israël est également conscient que l’opinion publique à l’égard d’Israël a changé partout dans le monde. Même le gouvernement turc (un allié stratégique clé depuis des décennies) a été obligé de prendre ses distances, en grande partie pour répondre aux pressions de son opinion publique.

    L’opinion publique dans les pays européens a changé en faveur des Palestiniens, même dans les pays - comme l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark - où le soutien fanatique à Israël a été une constante politique de la part des gouvernements depuis des dizaines d’années.

    Les votes concernant Israël à l’Assemblée générale des Nations Unies sont tout à fait indicatif. Année après année, Israël se retrouve dans un petit groupe qui comprend les États-Unis, les Îles Marshall et la Micronésie. Le reste du monde est de l’autre côté, bien que certains alliés européens des Etats-Unis s’abstiennent souvent de voter par peur de mesures de rétorsion.

    Erreur de calcul

    Quand Israël a demandé l’aide des États-Unis, l’administration de Barack Obama, le président américain, a cru que la question serait simple.

    Mahmoud Abbas, le président palestinien, ne peut refuser aucune demande venue des États-Unis, peu importe l’humiliation imposée. Ainsi, M. Abbas a succombé aux pressions américaines et a demandé à son ambassadeur à Genève d’écarter tout débat sur le rapport Goldstone au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

    Les Etats-Unis (et le régime d’Abbas, ironie du sort) ont fait un mauvais calcul. Ils ne se rendaient pas compte qu’il y avait des limites que même la direction du Fatah ne pouvait franchir. Mais, il était trop tard pour inverser la tendance : Le gouvernement israélien a dû choisir entre permettre à la discussion d’aller de l’avant ou saper la crédibilité - ou le peu qu’il en reste - du régime d’Oslo de Ramallah.

    Et Israël est confronté à d’autres dilemmes sur cette question. Il peut insister en disant que le rapport est partial, mais cette fois il ne peut pas accuser son auteur d’antisémitisme. On ne peut pas accuser Goldstone de sympathiser avec l’islam ou l’intégrisme islamique. Le juge, comme sa fille en a informé les médias israéliens, est un sioniste qui se soucie Israël, mais les preuves de crimes de guerre ont été écrasantes.

    Le gouvernement israélien ne peut pas recourir à la propagande avec les clichés utilisés pendant des décennies au complet mépris des lois et du droit au niveau international.

    Les États-Unis ne devrait pas pouvoir tirer Israël d’affaire cette fois-ci, car de nombreux pays ont vu de leurs yeux les scènes de l’agression brutale contre Gaza et sa population civile.

    Un nouveau cadre moral

    Israël sait aussi qu’il y a un nouveau cadre moral qui émerge au niveau international : un cadre qui a produit la CPI, aussi faible qu’elle puisse encore être.

    La capacité d’Israël à lancer des guerres et des invasions, sans aucun égard pour le droit international ou la moindre morale de base sera plus limitée dans le temps, même si le soutien américain à Israël reste constant.

    L’Union Européenne a fait avancer l’idée d’une intervention internationale au nom d’une morale internationale dans les cas où des crimes de guerre se produisent, surtout s’ils se répètent sur une même modèle sur toute une période.

    Il est possible que la sauvagerie des attaques israéliennes sur le Liban en 2006 et sur Gaza en 2008, puissent être plus difficile à renouveler dans l’avenir, ce qui ne fera qu’aggraver la situation problématique d’Israël, un État qui a toujours considéré que seule la force brute peut résoudre ses problèmes.

    Israël prétend (comme les États-Unis) qu’aucun organisme international n’a le droit d’enquêter, de lancer des poursuites ou de juger sa conduite de la guerre parce qu’elle est une « démocratie ».

    Cette ligne de défense a une faible résonance aujourd’hui, et pas seulement parce que le racisme de l’Etat d’Israël (qui se manifeste à plusieurs niveaux : au gouvernement et dans le discours officiel) est plus visible, mais aussi parce que la conduite de la guerre israélienne ne se distingue pas de celle des régimes les plus brutaux. Israël ne peut pas non plus faire valoir d’enquêtes internes crédibles sur le comportement de ses forces armées.

    Des champs de bataille aux tribunaux

    Il est peu probable que la défaite du projet sioniste qui se passera dans la façon dont les Arabes ont espéré depuis des décennies. Toutefois, il est possible - surtout si les États-Unis perdent leur suprématie internationale - qu’Israël puisse être forcé de reconnaître les aspirations politiques fondamentales des Palestiniens, et même leur droit au retour, sur injonction de la communauté internationale.

    Les options israélienne options, excepté les invasions et les bombardements brutaux, sont en nombre plutôt limité.

    L’ironie de la situation est que l’influence d’Israël n’a pas grandi en même temps que sa puissance militaire, et sa puissance militaire n’a pas réussi à faire une brèche dans le rejet populaire d’Israël dans la région.

    De toute évidence, les Arabes - du moins la populaire à défaut des régimes - ne sont toujours pas prêts à accepter les diktats israéliens et les « faits accomplis sur le terrain ».

    Il est possible que la prochaine phase du conflit israélo-arabe puisse se déplacer du champ de bataille vers les organisations internationales et les tribunaux. Dans un tel cadre, la supériorité militaire israélienne est plutôt obsolète.

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    As’ad AbuKhalil

    * As’ad AbuKhalil est professeur en sciences politiques à la « California State University, Stanislas », et auteur du blog Angry Arab

    Du même auteur :

    -  Entretien avec l’Arabe en colère - 27 mai 2007

    4 novembre 2009 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
    http://english.aljazeera.net/focus/...
    Traduction : Nazim


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  • Répression Policière: Quand Hortefeux rime avec Couvre-Feu…

    Enième ballon d’essai. Brice Hortefeux vient de nous ressortir l’idée ancestrale, un quasi-marronnier, du couvre-feu des enfants mineurs de moins de 13 ans. Délicate attention pour protéger nos chères têtes blonde (ou pas blondes) sauf que de l’avis des syndicats de policiers, cette idée reste totalement inapplicable.
    Ceux-ci précisent en effet qu’ils n’ont pas accès au casier judiciaire de ces vilains garnements et que les affaires les ayant impliquées avec des forces de l’ordre ne sont pas systématiquement renseignées.
    De là, à créer un nouveau système de base de données, pour dorénavant fliquer les bambins, il n’y a qu’un pas de l’oie, que le National Sarkozisme attend de franchir avec impatience, à la moindre nouvelle émeute urbaine.

    De toute façon, c’est couvre-feu ou soirée avec Frédéric Mitterrand alors…

    couvre-feu avec Brice Hortefeux

    SOURCE ICI 


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  • L`ENQUÊTE DE L’OBSERVATOIRE INDIGÈNE (ÉTAT DU ZULIA, VENEZUELA)


    04.11.09. VENEZUELA. Peaux blanches, masques Yukpa


    Dans les années 80, ils étaient professeurs de marxisme. Aujourd’hui, ils ne pardonnent pas au président Chavez - un métis venu de l´État paysan de Barinas, Mon Dieu ! - de faire la révolution qu´ils ont été incapables de faire, et de la faire sans leur autorisation. Rien de tel que le masque "écologiste" pour le lui faire payer... Et qu´importent les protestations du peuple Yukpa face à l’irruption de ces nouveaux “intermédiaires”.

    L’histoire ...

    Quand les Yukpas revinrent de Colombie en 1945 avec la fondation de la mission du Tokuko, réinvestissant les territoires sur lesquels ils avaient vécus depuis 120 ans, une relation perverse s’intensifia entre eux et les propriétaires terriens. Les Yukpas reprirent contact avec des groupes dispersés vivant marginalement dans les grandes propriétés. Les propriétaires les chassèrent comme un fléau, jouant au tir au pigeon avec eux, les frappant et leur coupant le bout des doigts ou d’autres parties du corps. Les indigènes volèrent en retour des vaches ou des poules. Les propriétaires de cette zone devinrent très puissants, parmi les plus prospères de toute la Sierra Perijá, zone produisant près de 70% du lait du Venezuela. Les Yukpas définirent les limites de leurs terres ancestrales et réclamèrent leurs droits originaires aux propriétaires terriens. C´est ici que s’achève l’histoire fournie par les “écologistes”. Le problème c’est que cette histoire ne s’arrête pas là...

     

    Les indigénes Wayúu, vendus comm esclaves des années 30 aux années 70 aux propriétaires dans la zone Sur de Lago jusqu’à la Perijá, devinrent peu à peu paysans indépendants sur ce territoire très prospère. Ils se transformèrent en agriculteurs puis en producteurs dans de petites propriétés réparties sur tout leur territoire. Les fils des propriétaires terriens divisèrent l’héritage de leurs pères et modifièrent le traité avec le Yukpa en se basant sur une certaine morale chrétienne et leur remirent des territoires. Avec l’appui du gouvernement Perez, la remise des terres s´opéra par L’Institut National de l’Agriculture.

    Les Colombiens et leurs fils, jusqu’alors pure main d’œuvre, payèrent désormais une location sur les territoires des Wayúu, des Yukpas et des propriétaires pour produire et vendre dans la ville de Machiques. D’autres se marièrent avec les Yukpas, les Wayúus et les populations métissées. Nouvelles familles, nouvelles coutumes. Il existe aujourd’hui sur le territoire des Yukpa près de 300 propriétés (grandes ou petites).

    Les Yukpa vivent également de nombreux conflits inter-familiaux, depuis toujours. C’est presque un rituel que de voir des conflits. La séparation de familles impliquant la prise de nouveaux territoires. C’est pour cela qu’ils sont aujourd’hui peu nombreux même s’il existe plus de 100 communautés Yukpa. Certaines d’entre elles s’établirent dans la montagne et quittèrent les terres où se trouvent les propriétaires et les autres Yukpa, là où le conflit est le plus aigu et les terres les plus fertiles. Des communautés Kampa et Wasama naquirent Sabino et Olegario, Yukpa rionegro, qui vivent aujourd’hui sur le territoire des Yukpa Parirí.

    Pour survivre sur un territoire aussi complexe et aussi prédateur, ils se sont faits plus prédateurs encore, technique déjà employée par quelques chefs (shuatpu) Parirí. Ils ont ainsi commencé à voler de grandes quantités de bétail. On a vu des attaques de dépôts d´alcool, des enlèvements de grands propriétaires terriens à des kilomètres de distance (zone proche du grand Lac) de là où ils se cachent. Ils ont aussi initié les assassinats. Un tribunal juge actuellement la plainte d’un père et de sa fille dénonçant six Yukpas qui la violèrent pendant une journée entière pour qu’elle leur fasse à manger.

    C´est ici également qu´entrent en scène la guérilla et les paramilitaires-narco-trafiquants colombiens. Les paras protègent les grandes propriétés mais font également leur propre business. Et la guérilla a commencé à étendre ses culture d´amapola, de cannabis, et se sont infiltrés dans des importants territoires Yukpa comme El Tokuko, puis se sont rapprochés des territoires de Sabino et d´Olegario. De nombreux chefs Yukpa se mirent sous leur protection pour ne pas être menacés. Mais cela leur rapporte également de l’argent.

    C’est dans ce contexte qu’entre en action les “écologistes”.
    Qui se résument essentiellement á la prsonne de Lusbi Portillo, un leader qui s´est imposé en en écartant quelques autres, et qui a mené une campagne de désinformation brutale destinée á un réseau d’internautes et d’étudiants “écologistes” pour qu’ils se mobilisent pour “les droits des Yukpas”.

    Au début des années 90, Portillo a fondé “Homo et Natura” - á l´origine une société d’études d’anthropologie politique et écologique dont l´objectif était de stopper les plans nationaux d´extraction de charbon. Une telle cause lui a permis d’accumuler un important capital politique, qui, après la victoire de Chávez, s’est retourné contre le processus révolutionnaire.

    C’est dans ce contexte que Chávez procéda à la Démarcation des terres et des habitats originaires. La démarcation reconnait la totalité du territoire demandé, mais reconnait également qu’on ne peut pas utiliser ce droit au détriment d´autres personnes vivant sur place, entre autres, des centaines de paysans organisés avec succès en Fundos Zamoranos et en conseils dans le cadre de la réforme agraire. Également, il est reconnu que compte tenu du problème de la drogue, de la guérilla, et de la Colombie, l’État ne peut céder totalement des territoires stratégiques, mais au contraire peut planifier avec les indigènes la mise en place de bases militaires. Le plan du gouvernement bolivarien reconnait que la présence de certaines activités, surtout rentières, sont très dangereuses pour l’environnement.

    Dans ce sens, Chavez a déclaré à trois reprises, publiquement, qu’aucun charbon ne sera produit dans la région, contrairement à ce qu’avait prévu le gouvernment antérieur. La Loi pour les Peuples, Communautés du territoire et de l’Habitat Indigène remet cette prérogative aux mains de l’État. Malgré quoi Homo et Natura, et Portillo lui-même, ont publié dans des médias indépendants colombiens des articles selon lesquels Chavez est un “proconsul de l’Empire” en ignorant ses déclarations et ses actions, et en l’accusant de préparer un plan pour intégrer le Venezuela à un projet de libre échange (le Plan Puebla-Panama)...

    Ce groupe écologiste récupère la désinformation étatique et son inefficacité (et sa corruption) pour imposer leur manipulation sur la question de la démarcation des terres Yukpa.
    Ils réduisent la situation des Yukpa aux années 1960 et demandent quelque chose que demandent aussi la majorité des Yukpa : le “nettoyage” de l’ensemble du territoire des “tiers”. Ce qui signifie le déplacement par la force de plus de 600 familles ainsi que l’arrêt d’une importante partie de l’activité productive dans laquelle, le peuple, y compris les Yukpas, participent aujourd’hui, grâce à des politiques d’intégration mises en place par le processus bolivarien.

    Le thème le plus épineux est que ce groupe “écologiste”, en plus de Sabino et Olegario, protègent les narcotrafiquants. Et on peut présumer que ce sont eux qui les financent. De fait, Sabino et Olegario poss`dent des armes lourdes de guerre que personne d’autre ne possède dans le secteur et qui leur permettent de voler du bétail et d’envahir les propriétés.

    Il y a quelques mois, les “écologistes” ont déclaré que “les bases militaires” qui défendent le Venezuela face aux bases militaires US qui s´installent en Colombie (devenue contre l´Equateur, la Bolivie et le Venezuela le nouvel "Israel de l´Amerique Latine") sont un outrage au territoire Yukpa. Ils ont ainsi mobilisé un groupe Yukpa pour empêcher la création d’une base militaire à Tokuko. Un tel fait a alerté le gouvernement jusqu’au niveau présidentiel. Comment est-il possible que dans une zone contrôlée par des forces hostiles, qui font du commerce d´êtres humains, pratiquent la culture de la drogue et du narcotrafic, un groupe d’indigènes, en rien représentatif des communautés dont ils sont membres- occupent le terrain et empêchent la construction d’une base militaire ?

    Avec Internet et d’autres alliés, ces “écologistes” ont promus Sabino et Olegario à un statut quasi équivalent à celui de porteparole et de délégués aux pleins pouvoirs de l’ensemble du peuple Yukpa, ainsi que quelques autres utilisés selon l’opportunité. Récemment José Quintero Weir a falsifié les signatures d´un appel mondial (afirmant que le MST, la CONAIE, l`EZLN et VIA Campesina l´avaient signé), ce qui a valu la réponse ferme du Mouvement des Sans Terre du Brésil, refusant d´être utilisé et dénonçant le contenu de cet appel 
    ICI . Ils ont aussi lancé depuis Caracas une supplique mondiale gauchisante “Nous les Yukpas ...”. alors que les Yukpa sont un ensemble complexe, dont la majorité réfute les actions et la manière de faire de Sabino et Olegario. Suivre ces deux petits chefs a signifié en fait, les transformer en tyrans de leur propre peuple.

     



    Les “écologistes” parlent de droits ancestraux des Yukpa, alors qu’il s’agit de ceux de Sabino et d’Olegario qui ne sont absolument pas des indigènes ancestraux, sinon des voleurs de bétails et des complices du narcotrafic (on ne possède pas de preuves cependant pour ce qui est des séquestrations, des viols et du commerce humain). Il ne s’agit pas de personnes qui restaurent les pratiques de leurs ancêtres quand ils récupèrent leurs terres. Sabino lui-même a déclaré à la chaine Vive TV, à de nombreuses reprises, que lui-même voulait devenir éleveur, qu’il voulait être riche : “Jusqu’à quand les Yukpa seront pauvres ? Je ne veux pas être pauvre, je veux être riche” ainsi que “je ne veux pas de démarcation”. Évidemment, puisque la démarcation distribue des terres inaliénables, ce qui rend plus difficile ce qu’il a toujours fait : envahir les terres pour vendre son bétail et ensuite les abandonner. Et il continue, en donnant une liste des propriétés qu’il pense envahir (avec ses armes de guerre, comme il l’a déjà fait). Et ce sont ces personnes là qui sont supposées être des Yukpas avec la conscience ancestrale pour éviter de vendre le charbon à des entreprises multinationales ?

    Le tour est joué : Lusbi Portillo et José Quintero Weir manipulent, au nom de la révolution, des étudiants bien intentionnés et un groupe d’indigènes, pour capitaliser un pouvoir politique qui cherche à dynamiter les structures contradictoires ou non du processus révolutionnaire dans la zone et dans le monde entier, appuyer la guérilla narco-productrice et provoquer un affrontement inter-ethnique que leur permettra d’accaparer les riches des lieux et gagner un capital politique déstabilisateur. Portillo se dit chaviste selon les circonstances qui l’arrangent (quasiment tous les médias internet sont chavistes ou d’origine chaviste) même si Quintero Weir a l’esprit de se déclarer antichaviste. Il a ainsi écrit dans la page Barricada du Nicaragua, que Sabino était le "premier priisonnier politique de la révolution bolivarienne". Leur groupe de référence, en réalité est Tercer Camino (scission du PRV et la Ligue Socialiste), qui tient un discours anti-étatique de type anarchiste. Selon ce discours, l’État est le véritable ennemi de la révolution, et ensuite vient la bourgeoisie.

    Dans les faits, il n’y a aucun plan stratégique : la pratique suppose seulement des tactiques de pouvoir, dans un évident but déstabilisateur, en tâchant non pas de rapprocher les forces du pouvoir populaire, mais d’aiguiser au contraire arbitrairement les contradictions et les fausses contradictions d’une petite “avant-garde” idéologique auto-proclamée.

    Faits récents


    L’an passé, un groupe d´homme de main envoyé par les grands propriétaires a battu á mort le père de Sabino et celui-ci est mort quelques jours plus tard. L’appel de ces "écologistes" prend alors de l’ampleur. Ensuite, l’armée empêche que “les écologistes” et leurs ONG alliées se rendent dans la zone où se trouve Sabino. Coups de feu. La répression apparait y compris dans les rapports d’Amnesty International. Les “écologistes” ont ainsi gagné douze points grâce à la brutalité de la réaction interne et externe. Les forces armées et le défenseur du Peuple ont ensuite protégé Sabino et Olegario, en les blanchissant presque de tous leurs méfaits pour un an.

    Conclusion : il s´est produit récemment un conflit sur 120 têtes de bétails volés par Sabino et Olegario aux paysans engagés dans la réforme agraire. Ceux-ci se sont agressés mutuellement avec leurs armes lourdes en tuant des proches. Les habitants, désormais décidés à les dénoncer, virent l’opportunité. Surtout Antonio, un chef père de deux des personnes assassinées. Ces faits ont été reconnus par les 18 caciques principaux des Yukpa qui exigent des sanctions légales contre ces deux chefs indigénes.
    ICI 

    Aujourd’hui Sabino est prisonnier, et présenté mondialement comme "prisonnier politique de Chavez" (sic). Olegario fuit la justice et Lusbi “s’échappe” arguant que l’on veut l’emprisonner (alors qu’il n’y a aucun mandat d’arrêt à ce jour).

    Ce feuilleton continuera ...

    Résultats de la commission de démarcation jusqu’à ce jour

    Contrairement aux allégations des “écologistes”, il y a bien des Yukpas dans la commission de démarcation de l’Etat de Zulia : Jesus Peñaranda de la communauté de Toromo et Efrain Romero de celle de Shirapta. Ce sont deux représentants hautement légitimes dans leurs communautés respectives. Également membres de cette commission, on trouve d’autres indigènes : 2 Bari, 2 Añu, 1 Japreria et 6 Wayuu. Le suppléant à la commission nationale de démarcation est Adolfo Maikishi, un ancien Yukpa originaire de Tokuko, principale communauté Yukpa.

    Il y a aussi un membre de Bandera Roja (parti ultra, opposé à Chavez et pro-putschiste), qui n’est pas à l’intérieur même de la commission de démarcation. Il s’agit du réputé/diffamé Mauro Carrero et s’il n’est pas dans la commission même, fait partie de l’équipe technique de la commission en qualité d’anthropologue. Il n’a aucun rôle politique et n’a aucune influence sur la prise de décisions sur ces questions, il est ici comme conseiller. Il a présenté sa démission (qui a été unanimement refusée par la commission) devant les pressions politiques qui s’exercent à son encontre.

    Enfin, il n’y a pas eu seulement 3 communautés délimitées sur les 140. A l’origine du processus, on a recensé
    119 communautés Yukpa, sur 6 secteurs, soit près de 12 000 habitants. Et le processus de démarcation, qui n’est pas terminé, a déjà remis les titres de propriété des secteurs Tinakoa, Aroy et Shirapta ce qui représente plus de 30 communautés Yukpa. Sur les 241 milles hectares auxquels aspirent les Yukpa dans le cadre de leur autodémarcation, seuls 41 mille ont été accordés. C’est assez négatif selon nous, qui avons participé á la démarcation. Plus de dix propriétés ont été remises aux Yukpa, certaines dans leur entièreté et avec toute la production. A ce jour, les contreparties n’ont pas encore été payées. Ce ne sont pas que des terres non fertiles et des cailloux, ce sont des espaces de pâturage productifs et des champs fertiles. Mais même comme cela ce n’est pas suffisant.

    Les Yukpa ont deux positions : Kumarko obaya yupekma (Une terre pour tous) et Une Terre par secteur et par communauté, option avancée par le gouvernement bolivarien.

    Mathématiquement ont été délimités et remis les territoires suivants :

     


     un sixième du territoire autodémarqué : 41 000 hectares sur 240 000.
     la moitié des secteurs : 3 sur 6. Il manque encore les secteurs de Atape, Yaza et Tokuko.
     Un quart des communautés : 30 sur 119
     un quart des habitants : un peu moins de 3 milles sur les 12 000 Yukpa vivant au Venezuela

    Le rapport socio-anthropologique remis à la commission fait 6 suggestions

    1. délimiter comme territoire Yukpa le zone Auto-délimitée par le peuple lui-même.

    2. Intégrer dans la zone une proposition productive élaborée par le peuple avec l’appui des organes compétents, comme le Ministère de l’Agriculture et des Terres

    3. Approfondir le Plan Général Sierra de Perijà et concrétiser les investissements qui vont aider à améliorer le niveau de vie du peuple Yukpa.

    4. Travailler à la création du Municipe Autonome du Peuple Yukpa, qui permet d’avancer vers la possibilité d’autodétermination.

    5. Stimuler la vie commune pacifique entre tous les vénézueliens et les individus en qualité de réfugiés qui vivent dans la zone Yukpa.

    6. Résilier toutes les concessions d’exploitation minière qui peuvent exister dans la Sierra de Perijà.



    Source : Observatoire Indigène, chapitre Zulia.

    A voir également
    : 28.09.2009. (Audio :) Les indigènes Yukpa dénoncent "ceux qui s´infiltrent dans leur communauté pour manipuler et faire de la propagande antigouvernementale".ICI 

    et la réponse du Mouvement des sans Terre du Brésil aux manipulations de sa signature dans les appels des "écologistes" ICI 

    Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve ICI 

     


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  • Roots Intention Crew (R.I.C) est un groupe qui propose ses albums en téléchargement gratuit sur internet. C'est suffisamment rare pour être signalé et ça mérite un petit article.

    Retrouvez les, et téléchargez leur musique sur leur site : http://www.ric-music.com



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  • Honduras : Zelaya restitué ? C’est loin d’être gagné.

    La décision reste suspendue au bon vouloir des deux instances qui l’ont destitué en juin dernier

    Le retour au pouvoir de Zelaya n’est absolument pas joué, et ce même si un accord a été signé entre lui et Micheletti, car il faut que ce point de l’accord soit entériné par le Congrès, le Ministère Public et le Procureur Général, donc par les mêmes qui en juin dernier l’on mis à la porte. On doute un peu d’un revirement aussi massif en aussi peu de temps, même si la pression internationale jouera certainement un rôle, c’est d’ailleurs ce doute que deux représentants du Congrès nourrissent par leurs déclarations :

    La restitution n’existe pas pour le moment, ce sera le Congrès qui décidera sur ce point suivant les analyses de la Cour Suprême de Justice et du Ministère Public et faire le contraire c’est accepter qu’une erreur a été commise, a dit dans un entretien Marcia Villeda, députée du Parti Libéral au Congrès National, en parlant du retour de Zelaya au pouvoir.

    Le vice-président du Congrès National, Ramon Velasquez Nazar, a déclaré quant à lui que le retour de Manuel Zelaya est une question essentiellement juridique, il a précisé que clairement le Pouvoir Législatif a une teinte politique et qu’il ne soutiendra pas le rétablissement du président déchu.

     

    Marcia Villeda : “nous faire remonter à cet événement et faire le contraire c’est accepter qu’une erreur a été commise”

    Revistazo.com, 31 October 2009
    Lors d’une interview donnée aux radios locales, la députée à fait une déclaration acide sur la célébration qui est faite autour du retour de Zelaya à la président de la République, elle a fait remarquer que le débat autour du retour du président destitué devrait durer au moins 3 semaines.

    Villeda a fait une référence au processus qui devra se faire au sein du Congrès National pour restituer Zelaya et qui commence avec le reçu formel du document signé énumérant les 12 points convenus entre les commissions de Zelaya Rosales et de Micheletti Baín.

    “Il faut que le président convoque une séance extraordinaire, que nous nommions une Commission de Rapport, que celle-ci envoie l’accord à la Cour Suprême de Justice pour qu’elle le consulte, et que la Cour puisse ensuite remettre son rapport au Congrès”, a-t-elle dit.

    Elle a poursuivi en disant "puis il faudra convoquer une autre session pour que le Congrès prenne connaissance du rapport, qu’ensuite il l’analyse dans son intégralité afin qu’il soit débattu ou rejeté lors de la scéance plénière du Congrès, sera également envoyé au Ministère public et au Procureur Général, cela reste dépendant du temps que prendra le Procureur et la Cour, qui nous retournerons leurs observations que nous prendrons en compte".

    La députée libérale a dit que le débat sur le retour du président déposé prendrea au moins trois semaines et qu’il sera défini en fonction de ce qu’en disent le Ministère Public, le Procureur Général et l eCongrès. Elle a néanmoins déclaré, sur la base de son opinion personnelle, que "le fait de nous faire remonter à cet événement et faire le contraire c’est accepter qu’une erreur a été commise, mais il peut y avoir des changements de position et chaque vote est un vote individuel et indépendant". Pour Villeda, la réunion plénière du Congrès National doit se conformer à la loi.

    “Il n’y a personne au-dessus de la loi”, a soutenu la belle-soeur d’Ana Maria Villeda de Kafatty, associée du groupe INTUR, l’entreprise propriétaire des franchises Burger King, Popeyes, Jeep, Church´s Chicken, Chilis, entre les autres. Elle a ajouté que, "la Cour nous donnera une analyse de l’actuelle situation de monsieur Zelaya, il est très difficile de déterminer un temps”.
    [NDT : La petite phrase de la belle-soeur de mme Villeda est très drôle surtout quand on sait qui a appuyé Micheletti et le gouvernement de facto]

    Sur la quantité de votes nécessaires pour la restitution de Zelaya au Congrès National, Villeda a dit que, “je ne sais pas clairement si c’est une majorité qualifiée ou simple, mais qu’importe il est important que tous soyons présents … je ne crois pas qu’il y ait un seul député qui fuit sa responsabilité”.

    Elle a insisté pour dire que "pour le moment il n’existe pas de restitution de Zelaya, tout ce qui existe c’est un accord signé”.


    Source : Revistazo Marcia Villeda : “retrotraernos a aquel evento y hacer lo contrario es aceptar que se cometió un error”
    Traduction : Primitivi

    Velásquez Nazar, Vice-président du Congrès : "Zelaya ne sera pas restitué"

    Vos El Soberano, 31 octobre 2009

    Le vice-président du Congrès National, Ramon Velasquez Nazar, a déclaré que le retour de Manuel Zelaya est une question essentiellement juridique, il a précisé que clairement le Pouvoir Législatif a une teinte politique et qu’il ne soutiendra pas le rétablissement du président déchu.

    Le député de la Démocratie Chrétienne a également assuré que “la restitution de Zelaya est un aspect légal et le Congrès est une institution politique, le fait d’avoir entre les mains un rapport de la Cour Suprême de Justice nous donne une vision juridique du sujet”.

    Cependant, il a précisé qu’il faut ajouter l’opinion des autorités du Ministère Public (MP) et du Procureur Général (PGR), qui sont les autres institutions de l’État participants à la prise de décision.

    Velásquez a souligné que “sur cette base le Congrès aura à fixer sa position de restitution ou non”.

    Les commissions de négociation de Roberto Michelletti et de Manuel Zelaya, ont décidé que le sujet de la restitution de Zelaya au pouvoir est défini par le Congrès National avec l’avis de la Cour Suprême de Justice (CSJ) en promettant respecter sa décision finale.

    Parce que les députés de l’hémicycle sont en vacances et ce dernier arrive à échéance le 31 octobre suivant le régelment interne, le vice-président du Congrès a pointé que ce sera du pouvoir du Président du Congrès José Alfredo Saavedra d’appeler à délibérer sur ce sujet .

    En ce sens, il a affirmé que “il faut considérer les difficultés que nous avons députés, parce que nous entrons en campagne par exemple moi je me trouverais à Guaymaca, e tà Olancho et ce ne sera pas une chose très facile de simplement nous appeler”.

    Il a aussi déclaré “je crois que ce qui s’est passé en termes juridiques ne pourra pas être défait, mais je ne crois pas que nous puissions nous mettre dans tunnel temporel et réapparaître le 27 juin, je ne crois pas que cela soit faisable et nous ne pourrions pas dire si tout cela est ou non légal”.

    Néanmoins, il a été établi qu’au moment où le congrès recommencera à rediscuter du sujet de la restitution de Zelaya "seront mis en discussion le fait que ces décisions furent correctes ou non et il faudra s’accorder pour savoir si ces décisions ont été basées sur la loi et la conscience".

    Il a ajouté que "je ne vois pas comment après avoir fait un effort dans le pays pour améliorer l’application de la justice et du système judiciaire, une position politique met maintenant en doute le système juridique national". C’est pourquoi, il a soutenu que lce que doit prévaloir maintenant dans cette phase de la crise c’est la Loi.

    Au moment où il a été consulté, Nazar a assuré qu’ils maintiendront la même position que le 28 juin dernier, quand ils ont décidé de destituer Manuel Zelaya, il a souligné que “c’est absolument la position que nous allons maintenir”.

    (Avec des informations de Hondudiario.com)


    Source : Vos El Soberano Velásquez Nazar, Vicepresidente del Congreso : "Zelaya no será restituido"
    Traduction : Primitivi

    lundi 2 novembre 2009, par Primitivi


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