• Honduras : Micheletti a relancé la crise, la dictature s’enracine.


    Depuis quelques jours, Vos El soberano un journal proche de la résistance titre que "le Honduras n’est pas l’Afghanistan", un message directement adressé à Obama, Llorens, Clinton et Valenzuela.
    Depuis quelques jours l’accord accouché dans la douleur (près d’un mois de négociations) est en fait mort-né.

    Alors que le processus pour un retour à la constitutionnalité du régime semblait pouvoir peut-être enfin se mettre en place Micheletti n’a même pas tenu le premier point du pacte qu’il a signé.

    Mais non, les putschistes tels l’avare de Molière ne lâchent rien, pire même ils montent un cirque pseudo législatif pour justifier le non respect de la parole donnée. Cirque auquel personne ne croit, même les USA, cirque qui pourrait presque être risible, tellement il est visible, s’ils n’avaient pris la tête d’un pays et s’ils ne disposaient pas de forces armées, toujours plus brutales et violentes avec la populations.

    Voilà une nouvelle forme de dictature qui se joue curieusement sur le même thème que certaines présidences en Europe : l’irrespect, l’arrogance, la bêtise, la grossièreté, le cynisme, la cupidité, le mensonge, ... (nous vous laissons le soin de compléter la liste)

    4 articles.

    Carlos H. Reyes se retire du processus électoral, il ne légitimera pas le putsch

    Le candidat indépendant à la présidence du Honduras, le candidat de gauche Carlos Reyes, a annoncé ce dimanche 8 novembre la retraite de sa candidature après avoir considéré que participer [aux élections du 29 novembre] équivaudrait à "légitimer" le coup d’État du 28 juin passé contre Manuel Zelaya. "Pour nous le temps s’est terminé et nous nous retirons du processus électoral. Nous nous retirons et demain nous allons le communiquer au Tribunal Supérieur Électoral", a-t-il déclaré.

    La candidature de Reyes, qui dans une enquête publiée la semaine passée apparaissait comme la troisième dans les préférences de l’électorat, mais avec à peine quatre pour cent de l’intention de vote, est intégrée dans le Front de Résistance contre le Coup d’État, qui défend la restitution de Zelaya dans sa charge et qui se propose de boycotter les élections générales du 29 novembre.

    Des Reyes, avec un bras bandé car il a été blessé par la police durant une manifestation en juin, a annoncé sa décision à la fin d’un vote au sein d’une assemblée du mouvement qui l’appuie, à laquel ont participé environ 500 personnes. Il a assuré qu’à un niveau national, le résultat de la consultation a été de 96% de gens qui votaient pour qu’il se retire des élections, en face de 4% qui préférait participer.

    Le candidat aux présidentielles avait annoncé depuis quelques semaines le retrait de sa candidature, après avoir considéré que les conditions dans le pays après le coup d’État du 28 juin contre Zelaya ne permettent pas des élections libres et transparentes. Mais ils avaient retardé sa décision face à la possibilité d’un accord, qui aurait permis à Mel de retourner au pouvoir.

    Cependant, le président renversé a déclaré que le dialogue avec le régime putschiste était rompu après avoir dû considérer que l’accord qui avait été signé, après des mois de négociations, avec Roberto Micheletti, le président de facto, avait été brisé par ce dernier. "Le président Zelaya n’a pas été restitué, le pays n’est pas retourné dans un ordre constitutionnel et nous ne pouvons pas participer à des élections dans des conditions de ce type. Ce serait de légitimer les putschistes", a-t-il ajouté.

    Source : Vos El Soberano Carlos H. Reyes se retira del proceso electoral, no legitimará el golpe
    Traduction : Primitivi

    Zelaya a repoussé une proposition de Micheletti pour qu’ils se partagent le Gouvernement d’Unité

    "Maintenant ils demandent un sauvetage pour le Honduras. Pour remettre le Honduras ils demandent qu’on leur donne la moitié du gouvernement et en plus que monsieur Micheletti coordonne le Gouvernement d’Unité et de Réconciliation", a déclaré le président Zelaya à Radio Globo. Zelaya a dit que ce type de propositions continuent de nourrir la dictature qui couvre le pays depuis qu’il a été renversé par des forces militaires le 28 juin dernier.

    "Ce qu’ils proposent est pratiquement autre un coup de griffe contre la démocratie, pour cela nous n’avons pas acceptés leurs propositions", a-t-il ajouté. Le président renversé a réitéré que tout dialogue avec le régime de facto avait été rompu " et il a prié instamment l’Organisation des États Américains (OEA) d’adopter les mesures nécessaires pour ramener la démocratie au Honduras.

    Le gouvernement de facto ne veut rien entendre de la restitution de Zelaya, malgré l’appel de la communauté internationale pour le retour de la constitutionnalité au Honduras, en commençant par le retour du président légitime au pouvoir. Zelaya a indiqué de nouveau qu’il considérait l’accord Tegucigalpa/San José "totalement brisé" parce que "c’est une lettre morte" par ce que Micheletti ne l’a pas suivi et que le gouvernement "d’Unité" créé jeudi dernier l’a été unilatéralement sans que Zelaya puisse le présider.

    "L’accord est une lettre morte, l’accord est fini, Micheletti n’a pas respecté ce qui a été établi. Micheletti fait preuve d’une grande mauvaise foi, il s’est établi sans vouloir régler les choses, et au moment où il aurait pu les régler il a simplement empêcher que cela se réalise. Ils ont commencé avec des pièges [NDT : toutes les manoeuvres des putschistes pour éviter que Zelaya ne soit réstitué], avec méchanceté", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons pas continuer ce cirque", s’est exclamé Zelaya, qui a affirmé que "nous allons certainement renoncer après quatre mois d’effort".

    Le président est toujours dans l’ambassade du Brésil de Tegucigalpa, dans laquelle il est entré le 21 septembre passé après être rentré clandestinement au pays. Zelaya a demandé à l’OEA appliquer la Lettre Démocratique Interaméricaine, qui dit que l’organisme doit "défendre les Gouvernements démocratiquement élus par le peuple et que ses actions diplomatiques doivent être permanentes, même si le pays a été exclu [de l’OEA]".

    Source : Vos El Soberano Zelaya rechazó propuesta de Micheletti de repartirse Gobierno de Unidad
    Traduction : Primitivi

    Micheletti n’a pas fait ce qu’il fallait

    L’ex-président chilien, Ricardo Lagos, dans un entretien à CNN Espagnol, a responsabilisé le président intérimaire, Roberto Micheletti, de ne pas respecter l’accord Tegucigalpa-San, signé le 30 octobre précédent. L’entretien a été fait hier par téléphone, il a aussi regretté la rupture du processus décrétée par le président renversé, Manuel Zelaya Rosales. Le Lagos avec la secrétaire du Travail des États-Unis, Hilda Solís, ont été désignés par l’Organisation des États Américains (OEA) et le gouvernement de Barack Obama, comme membres de la Commission de Vérification de l’accord.

    “Ce qui est arrivé est vraiement lamentable”, a-t-il dit, après avoir rappelé que quand il a été au Honduras avec le reste de membres “nous avions commençé à travailler sur le point un de l’accord pour former et installer un gouvernement et une présidence d’unité nationale qui était le résultat des discussions des deux parties”.

    Quand on lui a demandé qui doit être à la tête du gouvernement de réconciliation, il a répondu que “la logique de cet accord consiste à ce que quand Zelaya Rosales sera éventuellement instauré comme président , ce qu’il est, il y aurait eu un cabinet d’unité nationale”.

    Il a fait comprendre qu’il y a même eu des intentions mauvaises et des tromperies de la part de Micheletti envers la commission. “Quand nous nous sommes réunis avec monsieur Micheletti et qu’il a dit ce qu’il faisait (former le gouvernement) nous lui avons dit qu’il n’était pas la personne habilité et qu’il ne pouvait pas le faire”.

    Il a ajouté que “il nous semble qu’il y a eu une erreur d’application [de l’accord] quand il (Micheletti) de son propre chef a commencé à envoyer des lettres en demandant, à monsieur Zelaya aussi, que des listes de personnes lui soient envoyées. Ce n’était pas dans l’accord et à la Commission de Vérification nous demandons à Arturo Corrales et à Jorge Arturo Reina qu’ils commencent à travailler dans un éventuel gouvernement national”.

    Lagos a poursuivi en déclarant que Corrales lui a remis une liste à titre personnel de 24 personnalités, dont Corrales était sûr qu’elles allaient être respectées par tous. Mais tandis qu’ils travaillaient là dessus ils se sont rendu compte que Micheletti annonçait qu’il allait continuer sur son idée.

    "Ce que monsieur Micheletti a fait : demander le renoncement, entre guillemets, de son gouvernement et de dire qu’il allait mettre en place un Gouvernement d’Unité Nationale. Cela n’était pas inscrit dans l’accord”.

    Arturo Corrales est représentant de Micheletti à la Commission de Vérification de l’accord et Jorge Arturo Reina celui de Zelaya Rosales.

    Source : El Tiempo (Honduras, presse pro-putschiste) El incumplimiento fue de Micheletti
    Traduction : Primitivi

    Zelaya : Le régime de facto chercherait à substituer Michelleti par un "prête-nom"

    Le président Manuel Zelaya a révélé, cette nuit, dans un entretien à Radio Globo, avoir eu l’information que le régime de facto cherche à substituer Roberto Michelleti par un "prête-nom". Ce dernier "renoncerait" cette semaine dans l’intention de feindre une légalité pour les élections.

    "Les putschistes sont antidémocratiques parce qu’ils interrompent les processus électoraux" a lancé Zelaya en faisant référence à son renversement et à la prétention du régime de facto de légitimer les élections. "Comment peut-on convoquer des éléctions pour élire un président si on n’a pas réintégré le précédent [lui même], d’où leur vient ce concept de choisir un président pour qu’il leur soit soumis [aux putschistes] ?", s’est demandé Zelaya.

    Le Président a déclaré "comme" "lettre morte" l’accord Tegucigalpa/San José et il a assuré qu’il ne viendra s’asseoir "à aucune table de dialogue avec les putschiste" par que la leçon qu’il a tiré de cette histoire et "qu’on ne peut pas discuter avec ceux qui ont pris le pouvoir par la force".

    Zelaya a ajouté que sa restitution devrait être discutée à l’OEA, dans le cas contraire "sa [l’OEA] Lettre Constitutive restera sans valeur". Sur la décision du candidat indépendants et du Front National Contre le Coup d’État de ne pas participer au processus électoral le président Zelaya a indiqué qu’il se sent orgueilleux "des Honduriens qui sont capables de prendre des postures fermes".

    Les organismes mondiaux, l’ONU et l’OEA, les pays voisins et presque la totalité des nations du monde se sont prononcées sur la non reconnaissance des élections et du président élu, si Zelaya n’est pas restitué comme président constitutionnel.

    Source : Vos El Soberano Zelaya : Régimen de facto pretendería sustituir a Michelleti por un "testaferro"
    Traduction : PrimitiviICI  


    votre commentaire
  • N°118- Berlin, Bilin, Nilin : Ces onze murs murant le monde qui rendent le monde murmurant

    Le Mur de Berlin, la « barrière de protection antifasciste » qui était censée protéger le paradis socialiste de l’enfer capitaliste, rasé à Berlin même, se réincarne (ou plutôt se réinbétonne) aux quatre coins de la planète :

    - En Palestine, où il est censé protéger « l’Unique Démocratie du Moyen-Orient » du « terrorisme » indigène

    - Aux USA, le long du Rio Grande, où il est censé protéger la « bonne Amérique » de l’invasion latina

    - À Ceuta et Melilla, où il est censé protéger l’Europe riche de l’invasion des Nègres affamés.

    - Au Sahara occidental, où il est censé protéger l’occupant marocain des attaques menées par les indigènes, chassés par l’occupation en Algérie

    - Au Pakistan, pour protéger le « pays des purs » des méchants Talibans

    - Au Cachemire occupé par l’Inde, pour le protéger des « méchants-terroristes-cachemiris-manipulés-par-le-Pakistan »

    - À Chypre, où il est censé éviter aux serviettes grecques de se mélanger avec les torchons turcs

    - En Corée, où il est censé protéger le Sud démocratique du Nord totalitaire

    - En Arabie saoudite, où il est censé protéger les pétro-princes des pouilleux yéménites

    - À Bagdad, où il est censé protéger les « bons Chiites » des « mauvais Sunnites »

    - À Belfast, où il est censé éviter aux bons et loyaux sujets protestants de Sa Majesté de se friter avec les papistes républicains

    Cela fait onze murs à abattre, onze chaînes de dominos à faire basculer. De toute urgence. Du boulot en perspective pour Angela, Nicolas, Lech, Mikhaïl, Hillary et Barack.

    À Nilin, ils ont déjà commencé les travaux de démolition :

    « Marquant le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, les Palestiniens ont démoli ce vendredi dans le village cisjordanien de Ni’lin, un pan de mur construit par Israël. Lors de la manifestation hebdomadaire contre le mur, qui traverse le centre du village situé dans la région de Ramallah et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300 manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant que les forces israéliennes n’ouvrent le feu. Ils ont brûlé des pneus et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un vérin mécanique pour voiture. «Il y a vingt ans, personne n’imaginait que la monstruosité d’un Berlin divisé en deux pourrait jamais être abattue, mais il n’a fallu que deux jours pour le faire», a déclaré Muhib Hawaja, un des manifestants, au journal israélien Yedioth Aharonot. «Aujourd’hui, nous avons prouvé que nous aussi pouvions l’imposer, ici et maintenant. Ce sont nos terres au-delà de ce mur, et nous n’avons pas l’intention d’accepter son existence. Nous triompherons car la justice est de notre côté.» (Ma’an News Agency/ info-palestine.net, 7 novembre 2009)
    Ayman El Kayman, délégué général du SMDM (Syndicat mondial des démolisseurs de murs)



    Bonne semaine, quand même !
    Que la Force de l’esprit soit avec vous !
    ...et à mardi prochain !

     

     

     

     

     

     

    SOURCE ICI 


    votre commentaire
  • On est en train de nous préparer la grand messe de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin. Déjà, les médias sont remplis d'interviews, de témoignages, de récits, d'analyse sociologique, politique et géopolitique sur ce monde d'hier. Occasion pour les dirigeants de l'Europe, des USA et de la Russie de se congratuler, d'apparaître comme de grands humanistes par la victoire qu'ils pensent avoir acquise sur le communisme totalitaire.

    Personnellement, ces commémorations "forcées", organisées en grande pompe ne m'intéressent pas. Peut-être certains historiens apporteront-ils quelques éléments nouveaux sur les dessous de cet évènement. Sans doute,  sourira-t-on d'émotion avec les allemands au souvenir de ces instants historiques. Magnifique mais...

    Oui avoir un sourire d'espoir en regardant les photos de ces jeunes palestiniens aidés par des jeunes israéliens pour ouvrir une brêche dans un mur dont personne ne parle plus.
    Le mur de séparation entre les territoires palestiniens de Cisjordanie et les territoires occupés de Cisjordanie. Car, le scandale n'est pas la séparation en soi à la façon  d'une frontière mais ce que révèle le tracé : une annexion d'une bonne partie de la Cisjordanie. De toute évidence, on s'est servi du prétexte du terrorisme palestinien, des attentats suicides pour annexer une partie de la Cisjordanie, comme si le mur donnait un tracé de ce que seront les bantoustans palestiniens de demain vu du côté israélien.



    La ligne verte, c'est le contour de la Cisjordanie.
    Les lignes rouges, bleues en continue et en pointillé sont le tracé du mur prévu. A l'intérieur, ce que les dirigeants israéliens seraient prêts à accorder aux palestiniens s'ils se montrent dociles et soumis!



    Malgré les résolutions de l'ONU, malgré la saisie des tribunaux internationaux, le mur s'est construit petit à petit.

    Alors, chapeau bas à ces jeunes de Palestine et d'Israël qui fêtent à leur manière la chute du mur de Berlin.
    Honte à ceux qui boiront du champagne et mangeront des petits fours à Berlin d'ici quelques jours tout en affichant un silence complice.

    On pourrait objecter qu'il existe d'autres murs dans le monde : entre les deux Corées, entre les USA et le Mexique, entre les enclaves espagnoles et le Maroc. La différence est qu'il s'agit de frontières entre pays. En Israël, il s'agit d'un mur entre deux peuples, l'un colonisant le peu qu'il reste à l'autre sur un même territoire.

    D'ici quelques longues années, le mur qui sépare et valide la politique sioniste disparaitra. Des comptes seront demandés aux dirigeants occidentaux qui ont laissé faire sans rien dire, sans remettre en cause leur relation avec Israël.








    source 


    1 commentaire
  • Grandes manœuvres dans les coulisses



    Ceux qui croyaient encore à la bonne parole apaisante du président colombien Alvaro Uribe ou du Département d’État des États-Unis en sont pour leur frais : derrière l’accord de coopération militaire signé le 30 octobre dernier entre la Colombie et les États-Unis, autorisant l’utilisation par ces derniers de sept bases militaires colombiennes, il y a bel et bien des visées allant au-delà de l’objectif officiellement affiché : la lutte anti-drogue. En effet, pour les États-Unis, cet accord s’inscrit clairement dans le cadre d’une stratégie militaire continentale qui vise à assurer un contrôle sur l’Amérique centrale et du Sud.

    Visées non avouées


    Plusieurs documents officiels émanant des autorités états-uniennes attestent de ces visées non avouées :

    Un rapport élaboré par le Air Mobility Command (AMC) de l’US Air Force, intitulé Global En route Strategy définit, avec une projection jusqu’à 2025, une stratégie destinée à garantir aux États-Unis des corridors aériens et des bases locales leur permettant de déployer mondialement leurs forces militaires.

    Dans le chapitre consacré à la stratégie pour l’Amérique du Sud, il est fait directement mention de la base de Palanquero, en Colombie :

    « Récemment le Commandement Sud (SouthCom) a commencé à s’intéresser à l’établissement d’un point sur le continent sud-américain qui pourrait être utilisé tant pour les opérations anti-drogue que pour l’exécution d’opérations de mobilité ». Aussi le site de Palanquero, l’une des bases concernées par l’accord signé entre la Colombie et les États-Unis, a-t-il été identifié comme une possible Cooperative Security Location (CSL), terme par lequel les États-Unis nomment leurs bases à l’étranger.


                                    
    Photo aérienne de la base de Palanquero


    Et de citer les avantages stratégiques de Palanquero :  « De ce lieu, presque le moitié du continent peut être couvert par un avion C-17 [avion géant pour le transport de troupe et de matériel] sans réapprovisionnement en combustible. Et, dans le cas où le combustible nécessaire serait disponible, le C-17 pourrait couvrir l’ensemble du continent à l’exception du Cap Horn, à l’extrême sud du Chili et de l’Argentine ».

    Le document continue : « Inclure l’Amérique du Sud dans la stratégie de route globale poursuit un double objectif : aider à matérialiser notre stratégie d’engagement dans la région et appuyer la mobilité dans la route vers l’Afrique. » Et d’ajouter : « Jusqu’il y a peu, les préoccupations de sécurité en Amérique du Sud se limitaient à la lutte anti-drogue. L’accomplissement de cette mission n’exigeait pas l’utilisation stratégique du transport aérien. » L’érection de la base de Palanquero en Cooperative Security Location serait donc la réponse à cette limitation : « Jusqu’à ce que le Commandement Sud établisse un plan d’engagement plus robuste, la stratégie consistant à faire de Palanquero une CSL devrait être suffisante pour assurer la mobilité aérienne sur le continent sud-américain ».

    Opérations de spectre complet

    Un second document donne un éclairage supplémentaire sur la stratégie suivie. Il s’agit du Fiscal Year (FY) 2010 Budget Estimates du Department of Air Force des États-Unis. Ces prévisions budgétaires pour 2010, qui datent de mai 2009 et ont été depuis lors approuvées par le Congrès, prévoient un investissement de 46 millions de dollars pour convertir la base de Palanquero en Cooperative Security Location (CSL). Le document justifie de cette manière cet investissement :


    La région à la portée des C-17 (sans réapprovisionnement en carburant)
    « L’établissement d’une Cooperative Security Location (CSL) à Palanquero permettra un meilleur appui à la stratégie de positionnement de défense globale du Commandement de Combat (COCOM) et montrera notre engagement dans notre relation avec la Colombie. Le développement de cette CSL nous offre une occasion exceptionnelle pour réaliser des opérations de spectre complet dans une sous-région critique de notre hémisphère, dans laquelle la sécurité et la stabilité se trouvent sous la menace constante des soulèvements terroristes financés par le narcotrafic, des gouvernements anti-étatsuniens, de la pauvreté endémique et des fréquents désastres naturels. »

    Le document ne précise pas quels sont les « gouvernements anti-étatsuniens », mais on peut imaginer sans peine qu’il s’agit du Venezuela, de l’Équateur, de la Bolivie, du Nicaragua et de Cuba, pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Tous se trouvent à portée de la base de Palanquero.

    Intelligence, surveillance, reconnaissance

    Le document justifie ensuite le choix du site : « Palanquero est incontestablement le meilleur site pour un investissement destiné à développer les infrastructures en Colombie. (…) Sa situation centrale met à sa portée les divers secteurs d’opération, tandis que son isolement maximise la sécurité opérationnelle (OPSEC) et la protection des forces tout en minimisant le profil militaire des États-Unis. L’intention est d’utiliser au maximum l’infrastructure existante, d’améliorer la capacité des États-Unis de répondre rapidement aux crises et de nous assurer un accès à la région ainsi qu’une présence au moindre coût. Palanquero vient en appui à la mission de mobilité des troupes en offrant un accès au continent sud-américain tout entier à l’exception du Cap Horn, pour autant que le carburant soit disponible. »


    Carte de la base de Palanquero


    Le document précise encore : « Le développement de cette CSL va renforcer la partenariat stratégique forgé entre les États-Unis et la Colombie et est dans l’intérêt des deux nations. (…) Une présence augmentera également notre capacité à mener des actions d’intelligence, de surveillance et de reconnaissance (ISR), améliorera la portée mondiale de nos actions, appuiera les besoins en logistique, renforcera les partenariats, améliorera la coopération pour la sécurité et augmentera la capacité de guerre expéditive [expeditionary warfare]. »

    Difficile après cela de croire encore aux déclarations officielles des gouvernements colombiens et étatsuniens concernant l’innocuité pour la région de la présence militaire des États-Unis dans les bases colombiennes.

    Quelques questions surgissent : Hugo Chávez a-t-il raison de dénoncer cette nouvelle intromission des États-Unis dans les affaires latino-américaines? Les États-Unis sont-ils devenus moins impériaux depuis l’accession de Barack Obama à la présidence?

    Je vous laisse le soin d’y répondre.

    Voir le site de Palanquero sur Google Maps (haute définition) ICI 

    SOURCE 


    2 commentaires
  • Que sont-ils devenus ?

    Une nouvelle surprenante est tombée aujourd'hui, Robert Hue, surnommé un temps Brin de Muguet par de mauvais esprits fait toujours de la politique.

    On se souvenait de lui pour avoir été une figure emblêmatique des Guignols de l'Info, traînant désoeuvré et abattu en robe de chambre en milieu de journée, noyant au bouillon Knorr les performances politiques de son parti, toujours plus catastrophiques d'un scrutin à l'autre.

    Trouvant que l'offre à gauche n'est pas assez diversifiée, Robert crée son propre groupuscule, histoire d'exister un peu à nouveau et peut être d'ennuyer sa vieille copine Marie-Georges Buffet.

    Il faut bien occuper sa retraite en même temps.

    Source ici 

     

    ******

    Robert Hue a fait le tour du NEP et passe au MUP ...

    Ouvrir une énième boutique à gauche au nom d’une «dynamique unitaire», toujours un peu paradoxal, non ? Le sénateur du Val-d’Oise rétorque qu’il ne s’agit pas d’un «parti de plus», «vertical, pyramidal», mais d’un «mouvement, transversal, horizontal». Une forme plus souple, sans «chapelle ni pré carré» et susceptible, selon lui, de séduire associatifs, syndicalistes et autres «hommes et femmes de gauche en déshérence» mais aussi des militants encartés ailleurs, les statuts autorisant la double appartenance.

    Rien à voir non plus avec le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon, «fabriqué d’en haut» et lancé, avec le Front de gauche, dans «un combat contre l’autre partie de la gauche».«Je ne participerai pas à une gauche qui divise d’emblée.» Les ponts sont aussi coupés entre le PCF et son ancien secrétaire national, «à mille lieux de l’appareil» du parti, et qui se veut «communiste autrement».

    ------

    NEP : Nouvel espace progressiste

    MUP : Mouvement unitaire progressiste


    votre commentaire