• Rapport n° 44 sur les violations israéliennes des droits humains

    jeudi 12 novembre 2009 - 16h:18

    PCHR du 5 au 11 novembre 2009

    <script type="text/javascript">// <![CDATA[ vis['1'] = 'hide'; document.write('

    Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions systématiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO) et leur blocus total sur la bande de Gaza.

    Durant cette semaine du 5 au 11 novembre 2009

    • 6 civils palestiniens ont été blessés par les FOI en Cisjordanie :
      • 5 de ces civils ont été blessés lors de la répression israélienne contre les manifestations non violentes contre le mur en Cisjordanie ;
      • les troupes d’occupation sur les check-points et les passages frontaliers en Cisjordanie ont arrêté 8 Palestiniens ;
    • les FOI ont mené 28 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie et une dans la bande de Gaza :
      • elles ont arrêté 40 Palestiniens, dont 12 mineurs ;
    • la marine de guerre israélienne a poursuivi ses attaques contre les pêcheurs palestiniens et leurs bateaux dans la bande de Gaza ;
    • Israël a maintenu son siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
    • les FOI ont poursuivi leurs mesures visant à créer une majorité juive à Jérusalem :
      • elles ont publié des ordres d’expulsion et de démolitions sur 15 maisons dans le quartier de Silwan ;
    • Israël a poursuivi également ses activités de colonisation en Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :
      • 2 mineurs palestiniens ont été blessés lors de ces attaques de colons.
    (JPG)
    Camp de réfugiés d’Aïda, Bethléhem : un Palestinien marche à proximité du mur d’annexion monté par Israël en Cisjordanie.

     

    Violations israéliennes recensées durant la semaine du 5 au 11 novembre 2009


    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Ces incursions sont menées généralement en pleine nuit, l’armée patrouillant dans les rues, souvent en tirant, pénétrant de force dans les maisons pour les fouiller. La plupart des Palestiniens arrêtés sont des jeunes.

    Jeudi 5 novembre

    Incursion à Jérusalem-Est : les FOI ont pénétré vers minuit dans le quartier de la Colonie africaine dans la vieille ville de Jérusalem-Est occupée. Elles ont fait irruption dans une maison et arrêté un jeune Palestinien de 15 ans, prétendant qu’il avait participé à des manifestations contre les tentatives des colons israéliens de pénétrer en force dans la Mosquée Al-Aqsa, deux semaines plus tôt.

    Incursions dans la région de Naplouse : dans la ville de Naplouse, vers 1h du matin, patrouillant dans les rues, fouillant un certain nombre de maisons. Vers 1h30, dans le village de Beita (une arrestation).

    Région de Tubas : incursions vers 1h dans le camp de réfugiés d’al-Far’a.

    Région de Jénine : vers 1h45, l’armée rentre dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine (une arrestation). Au même moment, dans le village de Sirris (une arrestation).

    Région de Qalqilya : vers 2h, incursion dans le village de Nabi Elias (arrestation d’un mineu).

    Région d’Hébron : vers 2h, dans le village de Sourif (une arrestation).

    Vendredi 6 novembre

    Bethléhem : incursion vers 1h du matin dans Housan (2 arrestations).

    Salfit : vers 2h, incursion dans la ville.

    Samedi 7 novembre

    Bethléhem : incursion vers 3h du matin dans le village de Battir.

    Dimanche 8 novembre

    Bethléhem : vers 1h, dans le village d’‘Arraba.

    Jénine : dans le village de Kufor Ra’ei vers 1h.

    Lundi 9 novembre

    Bethléhem : vers 1h, incursion dans le village d’Housan à nouveau (4 arrestations dont 3 mineurs de 15 et 16 ans).

    Hébron : incursion vers 1h dans le camp de réfugiés d’al-Fawar (3 arrestations).

    Jénine : vers 1h30 dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine (une arrestation) et dans le village de Fahma (2 arrestations).

    Naplouse : vers 2h, dans les villages d’‘Awarta et d’‘Ainabous.

    Mardi 10 novembre

    Ramallah : incursion vers 1h dans le village de Turmos’eya (8 arrestations, de 21 et 22 ans).

    Hébron : vers 1h dans la vieille ville d’Hébron (arrestation d’un mineur). Vers 2h15, dans les villages de Dura et Taffouh.

    Jéricho : vers 1h30 dans Kads al-Wad, un quartier du centre de Jéricho (une arrestation). Tubas : vers 1h30, incursion dans la ville (une arrestation).

    Mercredi 11 novembre

    Naplouse : incursion vers 1h du matin dans ‘Aqraba à nouveau (une arrestation). Vers 1h30, dans Qasra (7 arrestations dont 6 mineurs de 16 et 17 ans).

    Jérusalem : vers 2h, à al-‘Eizariya, à Jérusalem-Est (3 arrestations).

    Salfit : vers 10h30, dans le village de Kufor Hares, où l’armée mène son opération dans les rues du village et impose un couvre-feu, perturbant toutes les activités quotidiennes des civils palestiniens habitant le village.


    2 - Maintien du siège sur les Territoires palestiniens occupés

    Les FOI ont maintenu le siège très serré des TPO et leur restrictions graves aux déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.


    Bande de Gaza

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International

    Date  : Détails
    4 novembre  : 760 Palestiniens sortent ;
    9 autres rentrent.
    5 novembre  : 4 Palestiniens sortent ;
    13 autres rentrent.
    6 novembre  : 835 Palestinierns dont 829 pèlerins sortent ;
    3 autres rentrent.
    7 novembre  : 782 pèlerins sortent ;
    11 autres rentrent.
    8 novembre  : 857 Palestiniens dont 855 pèlerins sortent ;
    1 autre rentre.
    9 novembre  : 826 pèlerins sortent ;
    2 autres rentrent.
    10 novembre  : 964 pèlerins sortent ;
    2 autres, le corps d’une patiente décédée et 43 véhicules
    de “Des kilomètres pour des sourires” rentrent.

    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)

    Date  : Détails
    4 novembre  : 91 containers d’aide alimentaire et des denrées
    pour les commerçants rentrent
    5 novembre  : 120 containers
    6 novembre  : fermé
    7 novembre  : fermé
    8 novembre  : 82 containers
    9 novembre  : 128 containers
    10 novembre  : 109 containers

    Nahal Ouz

    Ouvert le 10 novembre pour laisser entrer 49 tonnes de gaz domestique, 1 072 260 litres de fioul industrel pour la centrale électrique.

    Beit Hanoun (Erez)

    Date  :
     :
    Patients  :
     :
    Accompagn.  :
     :
    Arabes
    d’Israël
     :
     :
    Ambassad.  :
     :
    Presse internat.  :
     :
    Salariés
    internat.
     :
     :
    Voyageurs
    étrangers
     :
     :
    Commerçants
    4 novembre  : 15  : 16  : 7  : 9  : 11  : 44  : 9  : 0
    5 novembre  : 30  : 31  : 21  : 14  : 9  : 25  : 0  : 3
    6 novembre  : 1  : 2  : 8  : 2  : 4  : 20  : 0  : 0
    7 novembre  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0
    8 novembre  : 29  : 23  : 24  : 2  : 2  : 23  : 0  : 3
    9 novembre  : 22  : 11  : 7  : 4  : 0  : 11  : 2  : 0
    10 novembre  : 36  : 35  : 0  : 0  : 4  : 32  : 0  : 0

    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le 4 novembre pour l’entrée de de 1 260 tonnes de céréales et 2 ,640 tonnes d’aliments pour bétail et le 09 novembre pour 1 440 tonnes et 2 280 tonnes des mêmes denrées .


    Cisjordanie

    Il y a environ 630 barrages routiers permanents, tenus ou non par des soldats, à travers la Cisjordanie. En plus, quelque 60 à 80 barrages « volants » sont mis chaque semaine. Au moins 65% des grandes routes qui conduisent aux 18 communautés palestiniennes sont fermés ou sous contrôle total des FOI (soit 47 sur 72 routes).

    Environ 500 km de routes sont limités à la circulation des Palestiniens en Cisjordanie. De plus, environ un tiers du territoire cisjordanien, dont Jérusalem-Est occupée, est inaccessible aux Palestiniens sans une autorisation spéciale remise par les FOI. Une autorisation très difficile à obtenir.

    Les forces d’occupation continuent de harceler et d’agresser les manifestants lors des manifestations non violentes contre le mur. Même harcèlement à Jérusalem et dans tout le territoire où les Palestiniens sont systématiquement arrêtés, fouillés, dans les rues et sur les routes.

    Jérusalem : les mêmes restrictions se poursuivent sur les déplacements pour entrer et sortir de la ville. Des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours accéder à la cité. Un grand nombre de check-points ont été installés autour et dans la ville. Les restrictions sont renforcées encore les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens d’aller prier à la Mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville. Ceux qui tentent de contourner les barrages se font durement frappés par les policiers et les soldats.

    Naplouse : les troupes postées à la porte de fer sur la route Naplouse/Tulkarem ont maintenu leurs contrôles prolongés sur les Palestiniens, spécialement le matin ; ce qui veut dire pour les Palestiniens des heures de plus d’attente, en file, et par tous les temps. Sur les check-points de Shavi Shomron et de Za’tara, les mêmes contrôles se sont poursuivis. Mercredi matin, 11 novembre, l’armée à Za’tara a décidé d’effectuer des contrôles prolongés.

    Mercredi matin, 11 novembre, les troupes israéliennes sur le check-point d’Huwara ont arrêté un jeune Palestinien de Jénine. Et le soir, celles sur le check-point de Shavi Shomron ont arrêté 7 Palestiniens entre 18 et 20 ans.

    Ramallah : les restrictions se sont poursuivies dans cette région également. Au check-point de Jaba’-Qalandya, des restrictions supplémentaires ont même été ajoutées lors des contrôles. Les FOI ont monté des check-points volants pour arrêter et fouiller les véhicules palestiniens. Samedi matin, 7 novembre, l’armée a fermé le check-point d’‘Attara pendant quelques temps.

    Hébron  : les troupes positionnées dans le centre d’Hébron ont bloqué et fouillé les véhicules palestiniens. Samedi soir, 7 novembre, un nouveau check-point a été monté à l’entrée nord-est d’Hébron, où l’armée a bloqué les civils et en a emmené certains pour interrogatoire.

    Samedi soir, 7 novembre, sur le check-point situé à l’entrée nord de la rue al-Shuada, dans le centre d’Hébron, les soldats ont fait feu sur Nassim Isma’il al-Hashlamoun, 30 ans, alors qu’il circulait en voiture, rentrant à son domicile. Il a été gravement blessé par un ricochet.

    D’après l’enquête conduite par le PCHR, il était environ 22h30, al-Haslamoun était avec son épouse, assise sur le siège passager de devant, et ses deux enfants qui étaient derrière ; ils rentraient chez eux dans le centre d’Hébron. Quand il est arrivé place Bab al-Zawia, les soldats postés à cet endroit ont tiré sur sa voiture à moins de 70 mètres, sans raison apparente. Une des balles a pénétré par la vitre de la voiture et a grièvement blessé al-Hashlamoun à l’œil gauche.


    (JPG)
    Le mur à Qalandya, au nord de Jérusalem.
    (Photo J-AFPS - novembre 2009)


    3 - Construction du mur d’annexion

    Si le mur illégal d’annexion se termine, il s’étendra sur 724 kilomètres autour de la Cisjordanie, isolant toujours plus toute une population. 350 km sont déjà construits, dont 99% environ à l’intérieur même du territoire palestinien, confisquant de plus en plus de terres palestiniennes. Les forces israéliennes d’occupation utilisent toujours la force face aux manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens, pour protester contre la construction du mur.

    Bil’in, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 6 novembre après la prière, des groupes de Palestiniens se sont rassemblés, comme chaque semaine, dans le centre du village, avec des internationaux et des militants israéliens, puis se sont dirigés vers le Mur. Après provocations des soldats, des pierres furent lancées sur l’occupant qui répliqua avec des tirs à balles caoutchouc, des lancements de grenades lacrymogènes et de bombes assourdissantes. Des dizaines de manifestants souffrent de l’inhalation des gaz.

    Nil’in, à l’ouest de Ramallah : même manifestation non violente, même jour, comme chaque semaine. Lors de l’affrontement la même répression s’est manifestée côté israélien. 5 jeunes Palestiniens ont été blessés, soit touchés par des corps de grenades soit par des balles caoutchouc.

    Al-Masara, au sud de Bethléhem : même manifestation après la prière du vendredi contre la construction du mur dans le village. Les troupes ont fermé l’entrée du village et attaqué les manifestants avec des bombes assourdissantes et des lacrymogènes, certains des manifestants ont été violemment frappés. 2 Palestiniens (12 et 9 ans) souffrent de contusions.


    4 - Mesures visant à créer une majorité juive dans Jérusalem-Est occupée

    Les mesures arbitraires pour obliger les Palestiniens de Jérusalem-Est à partir de la ville se sont renforcées et le PCHR consacre cette section de son rapport hebdomadaire à dénoncer ces violations des droits humains contre les Palestiniens.

    Durant cette dernière semaine, la municipalité israélienne de Jérusalem a publié des ordres de démolitions pour de nombreuses maisons de Jérusalem et ses banlieues. Vers 9h, le dimanche 9 novembre, les FOI, accompagnées d’officiels de la municipalité, ont pénétré dans les quartiers d’al-Bsutan, ‘Ein al-Louza et Yemen, dans le sud de la vieille ville de Jérusalem. Elles ont affiché des copies des ordres de démolition sur les murs de 15 maisons. Ces ordres évoquent exclusivement le numéro des maisons, sans citer les noms de leurs propriétaires. Ils donnent aux propriétaires un délai de 20 jours pour faire appel, seulement ces ordres ont été publiés... 18 jours plus tôt. Il faut indiquer que ces familles ont déjà reçu un ordre de démolition dans le cadre du projet global de la municipalité israélienne de Jérusalem de démolition de 88 maisons pour y faire un parc.


    5 - Activités de colonisation et agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens

    La colonisation se poursuit en toute violation du droit humanitaire international et les colons d’attaquer les civils palestiniens et leurs biens.

    -  Samedi 7 novembre, vers 16h, des colons de la colonie Brakha, escortés par les forces militaires, ont pénétré dans le village d’Iraq Bourin, au sud de Naplouse. Des Palestiniens se sont rassemblés à l’entrée du village et leur ont lancé des pierres pour les arrêter. Aussitôt, l’armée s’est mise à tirer et à lancer des lacrymogènes sur les Palestiniens et à les prendre en chasse. Elle a également lancé un lacrymogène sur Ashraf Abu Shawish, caméraman de Reuters, et à l’intérieur de sa voiture. Elle a également agressé ‘Abdul Rahim Mohammed al-Qoussini, autre caméraman de Reutrers, et ‘Aaref Tuffaha, d’Associated Press, et leur a confisqué leurs caméras.

    -  Ce même jour vers 17h, des colons ont organisé une marche de provocation depuis la colonie Beit Hadasa, dans le centre d’Hébron, vers la colonie Kiryat Arba. Durant cette marche, des colons en nombre s’en sont pris à coups de pierres aux maisons palestiniennes dans les quartiers de Qad al-Hussain et Jaber, au sud-est de la ville. Les forces israéliennes qui escortaient les colons ne sont pas intervenues pour faire cesser les attaques.

    -  Mardi après-midi, 10 novembre, des colons de Kiryat Arba au sud-est d’Hébron, ont attaqué des maisons et des civils dans le quartier de Wad al-Nassara, avec des pierres et des bouteilles vides. L’armée, présente, n’a pas bougé.

    -  Ce même jour, vers 20h, Hazem Mofeed al-Sharbati, 16 ans, et son frère Haten, 17 ans, ont été frappés par 3 colons israéliens de l’avant-poste colonial de Ramat Yishai, dans le quartier de Tal al-Rumaida, dans le centre d’Hébron. Ils souffrent de contusions.

    (JPG)
    Oliveraies à Bourin, près de Naplouse, après le passage des colons israéliens
    (AP Photo/Nasser Ishtayeh)

     

    Recommandations à la communauté internationale

    1 - Le PCHR demande aux Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève de remplir leurs obligations légales et morales stipulées à l’article 1er de la Convention et de s’assurer du respect par Israël de la Convention dans les Territoires palestiniens occupés. Le PCHR estime que la conspiration du silence à laquelle participe la communauté internationale a encouragé Israël à agir comme s’il était un Etat au-dessus des lois et encourage toujours Israël à poursuivre ses violations des droits humains et des droits humanitaires internationaux.

    2 - Le PCHR demande aux Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève de convoquer une conférence afin de prendre des mesures efficaces pour s’assurer du respect par Israël de la Convention dans les Territoires palestiniens occupés et garantir la protection immédiate des civils palestiniens.

    3 - Le PCHR demande aux Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève de se mettre en conformité avec leurs obligations légales détaillées à l’article 146 de la Convention, afin de rechercher et de poursuivre les responsables de ces graves violations, à savoir des crimes de guerres.

    4 - Le PCHR demande l’application immédiate de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice qui a jugé illégale la construction du mur d’annexion à l’intérieur de la Cisjordanie.

    5 - Le PCHR recommande aux organisations de la société civile internationale, dont les organisations pour la défense des droits de l’homme, les associations juridiques et les ONG, de participer au processus de poursuite contre les personnes accusées de violations graves du droit international, et d’inciter leur gouvernement à traduire ces personnes en justice.

    6 - Le PCHR demande à l’Union européenne d’appliquer l’article 2 de l’Accord d’association Europe-Israël, lequel stipule que le respect des droits de l’homme par Israël est une condition préalable à la coopération économique entre les Etats membres de l’Union européenne et Israël. Le PCHR appelle, en outre, les Etats de l’Union européenne à interdire l’importation de produits provenant des colonies israéliennes illégales dans les Territoires palestiniens occupés.

    7 - Le PCHR appelle la communauté internationale à reconnaître le plan de désengagement de Gaza mis en place en 2005 pour ce qu’il est, à savoir non pas une fin de l’occupation mais une composition de l’occupation et de la crise humanitaire dans la bande de Gaza.

    8 - Reconnaissant le Comité international de la Croix-Rouge comme gardien de la Quatrième Convention de Genève, le PCHR appelle le CIRC à accroître ses effectifs et ses activités dans les Territoires palestiniens occupés, notamment pour faciliter les visites des familles aux Palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes.

    9 - Le PCHR apprécie les efforts de la société civile internationale, notamment des organisations pour la défense des droits de l’homme, des associations juridiques, des syndicats et des ONG, et les presse de remplir leur rôle en faisant pression sur leur gouvernement pour garantir le respect des droits de l’homme par Israël dans les Territoires palestiniens occupés et pour qu’il soit mis fin à ses agressions contre les civils palestiniens.

    10 - Le PCHR appelle la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il lève les restrictions sévères imposées par le gouvernement israélien et ses forces d’occupation à l’accès des organisations internationales dans les Territoires palestiniens occupés.

    11 - Le PCHR insiste sur le fait que tout règlement politique qui ne se baserait pas sur les droits de l’homme et le droit humanitaire internationaux ne pourrait conduire à une réponse pacifique et juste à la question palestinienne. Au lieu de cela, un tel règlement ne ferait qu’apporter de nouvelles souffrances et une plus grande instabilité dans la région. Tout accord de paix, ou processus de paix, doivent être basés sur le respect du droit international, dont les droits de l’homme et le droit humanitaire.


    Document public

    Pour plus d’informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter notre site (http://www.pchrgaza.org) ou de nous contacter à notre bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

    Rapport hebdomadaire pour la période du 5 au 11 novembre 2009 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.


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  • Fin août, le Figaro tenait une “exclusivité” : un “rapport confidentiel qui prouve l’efficacité de la vidéosurveillance“, et démontrait l’”effet dissuasif des caméras sur la voie publique” :

    Les conclusions du rapport dont Le Figaro a pris connaissance mettront-elles un terme à la polémique sur les dangers réels ou supposés des caméras sur la voie publique ?

    A l’heure où le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, promet d’en tripler le nombre, «de 20 000 à 60 000 d’ici à 2011», ce document témoigne, à tout le moins, que l’hôte de la place Beauvau avait pris quelque garantie avant de s’engager.

    Le Figaro démontre l'efficacité de la vidéosurveillance

    Le rapport a depuis été mis en ligne, et sa lecture prouve… l’inefficacité de la vidéosurveillance.

    Le ministre avait pourtant et de fait pris “quelque garantie avant de s’engager“ : le rapport ne visait en effet pas tant à vérifier l’efficacité de la vidéosurveillance qu’à… mettre à disposition des collectivités locales des arguments propres à soutenir leur adhésion“, dans le cadre du plan d’action (qui) vise à tripler le nombre de caméras sur la voie publique“, décidé par le ministère de l’Intérieur, mais payé -en bonne partie- par nos impôts locaux.

    Décryptage d’une (grosse) manipulation (voir aussi la carte des villes sous vidéosurveillance que je vous propose de compléter, sur LePost.fr, qui publie également une version courte de mon papier, Efficace, la vidéosurveillance ? Le rapport qui nous mène en bateau…).

    Le rapport nous apprend ainsi que les crimes et délits chutent deux fois plus vite dans les villes équipées que dans celles qui ne le sont pas, et que les agressions, qui ont progressé de 40% depuis l’an 2000, n’y ont augmenté “que” de 24,1%. Autrement dit, ça ne baisse pas : ça augmente moins…

    On y lit également qu’”en dessous d’une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent plus vite (+44,8 %) que dans les villes qui n’ont aucun équipement (+40,5 %)“. Le nombre d’agressions progresse donc plus vite dans les villes modérément vidéosurveillées que dans celles qui ne le sont pas : on voudrait démontrer l’inefficacité de la vidéosurveillance qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    Plus ça rate, plus on a de chances que ça marcheOn y découvre aussi que la délinquance générale baisse moins quand il y a plus d’une caméra pour 1000 habitants que lorsqu’il y a une caméra pour 1000 à 2000 habitants. Autrement dit : plus il y a de caméras, moins la délinquance baisse…

    Le Figaro notait également que “contrairement à un préjugé véhiculé jusqu’au Parti socialiste, «l’effet plumeau, c’est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré».“.

    Il eut été plus juste de préciser, comme le fait le rapport, que “48% des commissariats estiment qu’il est nul, 52% estiment qu’il existe, mais ne sont pas en mesure de l’évaluer“.

    Enfin, l’efficacité de la vidéosurveillance ne diffère guère lorsque des agents sont payés pour surveiller, en temps réel, les écrans de contrôle, que lorsque personne ne les regarde…

    Quant à l’effet dissuasif, pour ce qui concerne la délinquance générale, les taux d’élucidation progressent aussi bien dans les zones avec ou sans vidéoprotection“… mais restent inférieurs dans les villes vidéosurveillées que dans celles qui ne le sont pas, comme en témoigne ce tableau, qui montre que le taux d’élucidation des atteintes volontaires à l’intégrité physique (AVIP) est de 54,4% dans les villes vidéosurveillées, mais de 60,6% dans celles qui n’ont pas de caméras :

    Les taux d'élucidation sont moindres dans les villes vidéosurveillées que dans celles qui ne le sont pas

    Un rapport “commandé”

    Pour mieux comprendre ce pour quoi il est possible de faire dire à ce “Rapport sur l’efficacité de la vidéoprotection” le contraire des conclusions auxquelles il est arrivé, commençons donc par la lettre de “mission relative à l’évolution de la vidéoprotection“, envoyée en février dernier par le ministre de l’intérieur au président du “comité de pilotage stratégique pour le développement de la vidéoprotection” :

    Le développement de la vidéoprotection est une priorité du Ministre. C’est pourquoi le plan d’action mis en place vise à tripler le nombre de caméras sur la voie publique.

    Afin de permettre aux collectivités locales gestionnaires de l’espace public de se lancer dans cette stratégie dynamique, il convient de mettre à disposition (…) des arguments propres à soutenir leur adhésion.

    Dans cet esprit, il est nécessaire (…) d’évaluer et de quantifier l’efficacité de la vidéoprotection.

    Ce qui, traduit par les auteurs du rapport, donne donc ce rapport sur “l’efficacité de la vidéoprotection“, mais dont l’objectif n’est pas de savoir si la vidéosurveillance est efficace, ou non, mais de démontrer que le ministre a raison de vouloir tripler le nombre de caméras.

    Quand on ne sait pas où l'on va, il faut y allerUn peu comme si un industriel du médicament demandait à ses salariés d’évaluer l’efficacité de ses produits, afin d’en vendre trois fois plus qu’auparavant.

    Le président du “comité de développement de la vidéoprotection” ayant décidé de ne pas participé à la rédaction du rapport, “afin de permettre une évaluation indépendante de l’efficacité de la vidéoprotection” (sic), celle-ci a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), l’Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN) et l’Inspection générale de l’Administration (IGA), “services au dessus de tout soupçon” qualifiés par le Figaro d’”incorruptibles de l’administration“.

    De fait, l’IGPN et l’IGTN sont plus connus sous le sobriquet de boeufs carottes“, “polices des polices“ directement rattachées aux directions générale de la police et de la gendarmerie. Quant à l’IGA, elle est composée d’énarques “placés sous l’autorité directe du ministre de l’intérieur“. En terme d’indépendance, c’est tout bon : difficile de trouver fonctionnaires ayant autant leurs doigts rivés sur la couture du pantalon.

    Le ministère de l’intérieur s’étant illustré, ces dernières années, par un certain nombre de mises au placard de hauts fonctionnaires ayant eu l’outrecuidance, entre autres et par exemple, de ne pas suffisamment surveiller la villa de Christian Clavier, les conclusions de l’étude ne pouvaient que “fournir des arguments propres à soutenir l’adhésion” en matière de “vidéoprotection“.

    A ce titre, on notera que si le terme de “vidéoprotection” est utilisé 184 fois, celui de “vidéosurveillance“, lui, n’apparaît qu’une seule fois, en conclusion :

    La présence de caméras dans les lieux publics s’est banalisée et elle est entrée dans les mentalités. La perception du caractère « liberticide » de la vidéosurveillance s’est estompé au profit de la vidéoprotection qui rassure les habitants des zones concernées et lutte contre le sentiment d’insécurité.

    Du grand Shadock

    Le rapport, en tant que tel, est relativement incompréhensible pour quelqu’un qui ne maîtrise pas, sur le bout des doigts, les subtilités de la statistique policière.

    J’ai donc contacté trois spécialistes de la question, qui tous pointent du doigt la “lettre de mission“, et le fait qu’il ne repose que sur les seuls témoignages de policiers, gendarmes, élus et responsables locaux chargés de la sécurité -et sans qu’aucun universitaire, sociologue ou spécialiste de la question n’ait été auditionné.

    Un “oubli” d’autant moins étonnant lorsqu’on sait que lorsqu’ils sont interrogés par des sociologues, les policiers estiment que globalement, la vidéosurveillance… ne marche pas

    Pompez, pompez, il en restera toujours quelque chose

    Tanguy Le Goff est sociologue à l’Institut d’aménagement d’Ile de France. Constatant que les promoteurs de la vidéosurveillance n’avaient de cesse de déclarer que “l’efficacité de la vidéosurveillance n’est plus à démontrer“, alors qu’aucun étude n’avait été effectuée, il a compilé, l’an passé, le tout premier “Etat des lieux des évaluations menées en France et à l’étranger“, qui concluait à l’inefficacité relative de la vidéosurveillance :

    On ne peut pas entrer dans la polémique des chiffres : les périodes ne sont pas les mêmes, le rapport mêle petites, moyennes et grandes villes, HLM et zones commerciales, centre villes et moyens de transport publics… et compare des choses qui ne sont pas comparables.

    De plus, il faudrait au minimum isoler les autres facteurs qui entrent en ligne de compte : renforcement (ou non) de la police, présence (ou non) d’une police municipale, de quartiers défavorisés, de zones commerciales, etc.

    En l’état, il est impossible de réussir à identifier l’effet propre de la vidéosurveillance : la méthodologie est fausse, ou alors les délinquants n’agissent pas, en France, comme ils agissent dans les autres pays…

    Avec Eric Heilmann, maître de conférences à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, et autre grand spécialiste français de la vidéosurveillance, Tanguy Le Goff vient de publier un décryptage du rapport du ministère de l’Intérieur, Vidéosurveillance : un rapport qui ne prouve rien.

    Après avoir détaillé les manquements aux règles méthodologiques élémentaires de toute étude de ce type, ils s’étonnent de voir qu’en France, la vidéosurveillance aurait permis de contenir les atteintes aux personnes, un “résultat d’autant plus remarquable qu’il contredit ceux auxquels sont parvenus les quelques quarante études réalisées à l’étranger depuis une quinzaine d’années“, pour qui, et paradoxalement, l’efficacité de la vidéosurveillance se mesure à l’augmentation du nombre d’agressions constatées :

    Les études étrangères montrent que la vidéosurveillance, si elle est bien gérée, a tendance à faire augmenter le nombre d’atteintes aux personnes dans les statistiques policières.

    Les auteurs de ce type de faits ne cherchant pas à se cacher, nombre d’entre-eux résultant d’actes impulsifs, ces faits qui pouvaient passer inaperçus auparavant sont un peu mieux repérés.

    Si la vidéosurveillance n’a pas d’effet inhibiteur sur les atteintes aux personnes, leur baisse peut donc révéler en réalité l’inefficacité du dispositif.

    Or, le rapport commandé par Brice Hortefeux avance qu’en France la vidéosurveillance contribue, a contrario des études internationales, à enrayer les atteintes aux personnes…

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?Laurent Bonelli est quant à lui maître de conférences en science politique à Nanterre, et auteur en 2001 de “La Machine à punir. Pratiques et discours sécuritaires” et, en 2008, de “La France a peur. Une histoire sociale de l’insécurité” :

    Corrélation n’est pas causalité, c’est la base de l’analyse scientifique; or là, ça peut monter ou baisser pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la vidéosurveillance.

    D’autre part, les statistiques dites “de la délinquance” reflètent bien plus l’activité des forces de l’ordre et leurs priorités qu’un état réel de la criminalité dans le pays. Or, rien n’est plus fluctuant que ces priorités en fonction des injonctions politiques du moment.

    En l’occurence, l’objectif affiché par le ministère est de réduire les effectifs de la police de 12 000 fonctionnaires à l’horizon 2012, et le développement de la vidéosurveillance -financée par des partenariats publics-privés et par les collectivités territoriales plus que par le gouvernement- permet de déplacer le problème et d’apporter une réponse technique, voire “magique“, aux craintes exprimées par les élus locaux, et leurs administrés.

    Journaliste, Noé Le Blanc est pour sa part l’auteur de plusieurs articles de référence sur les études universitaires et indépendantes faites au sujet de la vidéosurveillance.

    C’est du grand Shadock, imputable au fait que les chiffres du rapport mélangent tout et n’importe quoi : quel sens cela a-t-il de vouloir mesurer l’efficacité de la vidéosurveillance sur la “délinquance générale”, qui regroupe tout aussi bien les vols à la tire que la violence conjugale, les infractions économiques et le non-respect du droit du travail ?

    Et si l’on s’intéresse aux types de délit où les systèmes de vidéosurveillance peuvent a priori faire montre d’efficacité, on découvre que l’on serait moins agressé dans les villes non vidéosurveillées que dans celles où on l’est un peu, que les caméras que personne ne regarde produisent tout autant d’effet que celles qui sont regardées, et que “l’amélioration du taux d’élucidation est sensiblement équivalente” dans les villes équipées que dans celles qui ne le sont pas…

    Enfin, une observation résume à elle seule l’apport quasi-nul des caméras aux investigations : 6 personnes « mises en cause » (ce qui ne veut pas dire condamnées) par brigade de gendarmerie et par an grâce aux caméras, soit moins d’une « mise en cause » par caméra et par an…

    La vérité, c'est qu'il n'y a pas de véritéEn résumé, si le rapport prouve bien une chose, c’est qu’il est compliqué de mesurer, mais encore plus de “prouver“, l’efficacité de la vidéosurveillance.

    Les auteurs du rapport sont d’ailleurs conscients des limites de leurs exercices. Ainsi, en introduction de leur rapport, ils reconnaissent eux-mêmes que :

    L’impact exclusif de la vidéoprotection est difficile à isoler dans un environnement mouvant et dans lequel elle n’est qu’un outil au service des municipalités et des forces de l’ordre.

    La comparaison de ville à ville est délicate compte tenu de l’hétérogénéité des situations : nature et étendue des zones vidéoprotégées, typologie de la délinquance, organisation des forces de l’ordre, implication des municipalités au travers des polices municipales ou de politiques de prévention, évolution des qualifications pénales de certains faits, etc., tous phénomènes qui peuvent interagir et ne facilitent pas la mesure de la seule efficacité des dispositifs installés.

    Après n’en avoir pas moins cherché à démontrer l’efficacité de a vidéosurveillance, ils concluent leur rapport sur une note guère plus optimiste : “malgré un travail important des services de police et de gendarmerie pour permettre à la mission de réaliser cette étude, force est de constater que les outils d’évaluation mis en place localement sont encore trop parcellaires“, alors même, précisent-ils également, que “les équipements de vidéoprotection représentent des coûts d’investissement et de fonctionnement élevés“… qu’ils n’ont pas été en mesure de quantifier.

    Depuis, Brice Hortefeux a divulgué la liste des 75 villes à équiper en priorité, afin que la France puisse enfin tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance et atteindre l’objectif affiché de “de 20 000 à 60 000 d’ici à 2011“.

    François Fillon, dans la foulée, a annoncé qu’il doublait le budget dédié à la vidéosurveillance, qui passera de 10-12 millions à 20 millions d’euros en 2010.

    Voir aussi la carte des villes sous vidéosurveillance que je vous propose de compléter, sur LePost.fr, la version courte de ce billet, Efficace, la vidéosurveillance ? Le rapport qui nous mène en bateau…, ainsi que les autres décryptages concluant à l’ineptie de ce rapport : L’efficacité de la vidéosurveillance reste à démontrer (par Tanguy Le Goff et Eric Heilmann), Videosurveillance : un rapport aux ordres (par Noé Le Blanc) et Le rapport sur les miracles de la “vidéoprotection” s’avère plutôt bidonné (par Jet, mon comparse des Big Brother Awards).

    Voir aussi les autres articles consacrés, sur ce blog, à la vidéosurveillance :
    Quand la (vidéo)surveillance tue
    Vidéosurveillance : +50% en 2 ans…
    Vidéosurveillance : un rapport biaisé
    Vidéosurveiller Fucking, quelle idée…
    Vidéosurveillance ou vidéodiscrimination ?
    La surveillance, ça sert à acheter des voix
    Hortefeux fustige la vidéosurveillance dont il a fait l’objet

    … sans oublier les autres devises Shadock que je n’ai pas eu la place, ou l’opportunité, de mentionner dans ce billet.

    SOURCE 


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  • HONDURAS : LE DILEMNE DE L’UNIFICATION DÉMOCRATIQUE À L’HEURE ACTUELLE

    voselsoberano
    voselsoberano.com

    Aux militants du Parti de l’Unification Démocratique et au peuple hondurien en général

    Aujourd’hui, la faction du Parti de l’Unification Démocratique (UD) avec à sa tête César Ham devra prendre une décision de vie ou de mort envers le Parti. Contrairement à la volonté du Front National de Résistance (hondurien) qui a décidé d’appeler à NE PAS participer à la farce électorale de novembre 2009, Ham et son groupe poursuit sa campagne partisane et s’apprête à participer au processus électoral frauduleux, conduisant l’UD vers une trahison et par conséquent à un suicide politique.

    Cette faction prend comme excuse la menace des putschistes de supprimer la reconnaissance légale de l’UD si elle ne participe pas à leur cirque électoral. Mais cet argument est insoutenable.

    De quelle légalité est-il question ? Suite au coup d’État rien de ce que puisse faire ce régime ne peut être considéré comme légal, et encore moins de ce qui peut provenir d’un tribunal électoral nommé illégalement. Dire le contraire c’est ignorer l’existence du coup d’État et nier tout ce qu’à dit la Résistance sur l’illégitimité du gouvernement de facto.

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    Affiche de l'appel à " NE PAS VOTER " du Front National de Résistance

    Perdre la légalité du Parti de l’Unification Démocratique pour être solidaire avec la cause du Peuple peut être un inconvénient tant que les putschistes seront au pouvoir, mais c’est un honneur devant ce peuple, et cette dite-légalité peut se reprendre avec le soutien des gens honnêtes de ce pays.

    Par contre, conserver la légalité du Parti par peur du chantage de l’oligarchie, aux dépens de trahir la cause pour laquelle des dizaines de sympathisants de la Résistance sont morts, y compris 6 militants au moins de l’UD, serait mourir dans la conscience du peuple et cette façon de mourir est déshonorante.

    D’autre part, participer à des élections frauduleuses contribuerait à légitimer le régime putschiste devant le monde entier et créerait des conditions plus difficiles pour vaincre le nouveau gouvernement, et l’UD serait ainsi devenue son complice. Prétendre que l’UD sortirait gagnante de cette aventure, est aussi illusoire que de prétendre que l’oligarchie va se laisser prendre des parties importantes du pouvoir alors qu’elle a bien préparé sa fraude. Ce qui est clair c’est que l’oligarchie ne va pas céder par des votes ce qu’elle a gagné par les armes.

    Paraqu_votar
    Pourquoi voter ?
    - Ton vote
    les militaires
    le balancent !

    Pire encore, cautionner le processus électoral au moment où le Peuple est parvenu à faire un grand pas dans sa conscience pour rompre avec le régime politique de bipartisme et d’aller vers une Assemblée Constituante, serait le faire reculer, en ressuscitant les partis de l’oligarchie qui sont aujourd’hui dans le pire moment de leur histoire la plus proche.

    Donc, à l’heure actuelle, l’UD se trouve à un croisement dans lequel elle est confrontée au risque de mourir pour la légalité putschiste et revivre dans le cœur du Peuple, ou vivre dans la légalité du régime putschiste mais mourir en tant qu’alternative politique populaire.

    DESTINOFINALLIBERTAD
    Affiche du Front National de Résistance

    Indépendamment des différences qui nous ont séparé dans un passé récent, nous lançons un appel aux militants de base du Parti de l’Unification Démocratique afin qu’ils empêchent que pour de mesquins intérêts personnels, l’UD fasse sa propre sépulture en soutenant la farce électorale du 29 novembre prochain.

    Tegucigalpa M.D.C. 11 Novembre 2009
    Auteur : L'Authentique Comité de Direction National du
    Parti de l’Unification Démocratique

    RENAN VALDEZ      TOMAS ANDINO
    Président       Secrétaire Général

    Traduction : Esteban

    ESPAÑOL

    ***************
    Source : voselsoberano - " El dilema de la UD en el momento actual "


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  • Honduras : les prochaines élections, l’enjeux de pressions intenses

    La date des élections se rapprochent, l’Accord de San José est moribond (déjà mort même), Zelaya est toujours dans l’Ambassade du Brésil, la résistance est toujours aussi intense (voir plus), les putschistes mentent toujours aussi effrontément. A travers trois articles un bref aperçu de l’ambiance.

    Des entrepreneurs obligent des ouvriers à participer aux élections

    Le Front de Résistance Nationale contre le coup d’État se consolide dans les quartiers populaires et les banlieues de Tegucigalpa.

    Pour la dirigeante du Conseil Civique des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras (COPINH), Berta Cáceres, la force populaire forme une force imparable que les outils de la communication alternative et de l’éducation politique fortifient dans ces zones.

    Comme l’a expliqué Berta Cáceres à Prensa Latina, cette méthodologie de formation populaire augmente le rejet de la farce électorale que montent les oligarques fascistes qui financent le régime de facto. Les investigations du COPINH confirment qu’un fort secteur des entrepreneurs harcelle les ouvriers pour qu’ils participent aux élections illégitimes du 29 novembre prochain.

    Les résultats des recherches de cette organisation indigène il a recueilli plusieurs témoignages d’ouvriers, qui ont dénoncé que les entrepreneurs vont obliger leur personnel à montrer le doigt taché après les élections générales, dans le cas contraire ils seront licenciés.
    [NDT : vu le taux d’analphabétisme les électeurs apposent leur empreinte lors des élections]

    “Sous cette pression patronale on essaie d’imposer un processus électoral illégitime qui répond seulement aux intérêts de ceux qui ont détraqués le pays durant des décennies” a rajouté Cáceres dans l’un de ses discours sur la place de la Merced où la Résistance proteste pacifiquement pour la réintégration du président constitutionnel du Honduras, Manuel Zelaya.

    Le COPINH a condamné les millions que les entrepreneurs des putschistes paient à des mercenaires pour augmenter la répression et les exécutions enver les membres de la Résistance, et cela en pleun milieu d’une crise sanitaire, alimentaire et du système éducatif hondurien.
    [NDT : voir la note de l’ONU à ce sujet]

    Un exemple de cette militarisation et l’utilisation de mercenaires est celui que vit la municipalité de Esperanza, dans le département d’Intibucá où est arrivée une note à la municipalité de la part du Secrétariat de sécurité du régime de facto, en exigeant de faire un recensement immédiat afin de remettre un listing des personnes qui vont aller voter. La direction du Front de Résistance considère que ce fait est un acte annonçant des répressions futures puisque le niveau de l’abstentionnisme dans cette zone sera élevé.

    Berta Cáceres est membre de la formule politique indépendante que le dirigeant syndical Carlos H. Reyes préside, il a récemment renoncé à participer aux élections comme candidat présidentiel, en arguant que le processus électoral sera la plus grande fraude jamais enregistrée dans l’histoire du Honduras.

    Ronnie Huete


    Source : Vos El Soberano Empresarios obligan a obreros para participar en los comicios
    Traduction : Primitivi

    Center for Economic and Policy Research : Un nouveau rapport analyse l’économie Hondurienne Avant et Après le putsch

    Des défis considérables sont posés pour une reprise économique du Honduras sans solution à la crise politique.

    Le “Center for Economic and Policy Research” (CEPR) a publié aujourd’hui un nouveau rapport sur l’économie hondurienne. Le rapport constate que l’économie s’est mise à être spécialement vulnérable aux impacts combinés de la récession mondiale et de la crise politique suivie du putsch militaire du 28 juin.

    "Toute la région (l’Amérique centrale) a été affectée par la récession des États-Unis," a dit Mark Weisbrot, codirecteur de CEPR. "Mais les choses ont empiré au Honduras depuis le coup d’État en juin et il est difficile de voir comment l’économie sera récupérée sans une solution à la crise politique". Le document, "Honduras : Recent Economic Performance", élaboré par le chef économiste José Antonio Cordero, analyse les tendances a long terme, ainsi que les années de pré-crise. Il trouve que la pauvreté et l’inégalité ont considérablement diminué pendant l’administration du Président Manuel Zelaya, avec une croissance rapide de plus de 6% pour les deux premières années. Le Gouvernement a aussi significativement augmenté le nombre d’enfants scolarisés en supprimant le paiement des droits de scolarité, a développé les programmes de déjeuner scolaire et il a augmenté le salaire minimum de 60%, en affrontant une opposition de fer de la part des employeurs et les groupes patronaux.

    En 2008, le Gouvernement utilise la politique monétaire expansive pour compenser les effets de la crise globale de crédit et la récession. Depuis le coup d’État, la banque Centrale a perdu près de 18,4% de ses réserves internationales et elle ne peut avoir accès aux réserves additionnelles que le Fonds monétaire international (FMI) a proportionnées à tous les pays membres, parce qu’un “Régime Conjuré” viole la légalité internationale. On attend que l’économie se réduise de 2.6 % cette année, et les prévisions ont été récemment révisées à la baisse.

    L’économie hondurienne dépend aussi énormément des versements [NDT : de la part des expatriés] qui ont atteind leur point maximal à plus de 21% du PIB en 2006. La diminution continue de cette source de revenus et de devises nuit également à l’économie hondurienne.

    Source : Vos El Soberano CEPR : Nuevo informe analiza economía Hondureña Antes y Después del Golpe
    Traduction : Primitivi

    Les USA, complice des putschistes, accuse la résistance hondurienne

    Ils appellent les candidats présidentiels à abandonner le conflit

    Carlos Humberto Reyes est un grand homme chauve et des lunettes qui porte encore un bras en écharpe, le souvenir du policier qui, dans l’une des marches de la résistance, lui a offert trois fractures. Il a aussi été, jusqu’à aujourd’hui, le candidat indépendant pour la présidence du Honduras : "Pour nous, participer maintenant aux élections signifie nous joindre à la stratégie des putschistes", a-t-il dit, après être sorti de son entrevue avec les magistrats du Cour suprême Électoral (TSE) et leur avoir annoncer qu’il renonçait aux élections.

    Depuis l’ambassade du Brésil, le président Manuel Zelaya a applaudi la décision qu’à prise le Front de Résistance contre le Coup d’État, qui accompagne leur détermination d’aller contre le "maintient actif de la population dans l’ignorance" des élections du 29 novembre, à savoir si Zelaya sera restitué ou non.

    Du même pas, la résistance accuse le gouvernement des États-Unis d’être "complice" du gouvernement de facto, puisque "ils ont manoeuvré pour étendre la crise et maintenant ils montrent leur vraie intention : valider le régime conjuré".

    La résistance se réunit en face du Congrès, où à cette heure les députés n’ont toujours pas daignés sièger afin de décider de la restitution de Zelaya, et qui tient la déclaration de l’ambassadeur Hugo Llorens comme une preuve de la "complicité" du puissant voisin du nord.

    En profitant de l’impasse du week-end, après lequel Micheletti a dit qu’il donnait plus de temps à Zelaya pour présenter sa liste de membres pour le gouvernement "d’unité nationale", Llorens a dit : "Les élections vont arriver, c’est clair, le peuple hondurien a le droit de choisir son président, un nouveau Congrès et des maires, et ce serait une erreur historique avec de grandes conséquences nier ce droit".

    De cette façon il a répondu au Département d’État aux critiques – éditorial du New York Times, par exemple – qui suggère que la reconnaissance des élections par les États-Unis a détruit le seul levier dont disposait l’Organisation des États Américains (OEA) pour que les putschistes accomplissent l’accord de Tegucigalpa-San José.

    “Le désaveu de la farce électorale sera fermement maintenu même si …, le président Manuel Zelaya était restitué à sa charge, parce que moins de 20 jours est un délais très court pour démonter la fraude électorale qui s’est tramée afin d’assurer que l’un des représentants de l’oligarchie conjurée s’impose”, réplique la résistance.

    Les leaders du front appellent tous les candidats qui ne veulent pas être nommés "putschistes" à se retirer du processus. Cet appel est spécialement dirigé vers César Ham, candidat du parti Unification Démocratique (UD), un partisan de Zelaya. "Nous sommes entrain de parlementer, bien qu’il y ait un fort secteur qui veut participer, parce que ne pas le faire c’est décréter la mort du parti", déclare le député UD Marvin Ponce. Et cela la "mort du parti" l’est au sens littérale, parce que, si l’UD ne présente pas de candidat, le parti perdrait automatiquement son statut de parti politique.

    Depuis le 29 octobre dernier, les forces armées sont passé sous les ordres du TSE. Bien qu’actuellement les soldats gardent seulement le matériel électoral, il a été annoncé avec tambours et trompettes que pour la surveillance des élections il y aurait 20 000 militaires et 14 000 policiers.

    Si un tel déploiement armé n’était pas suffisant, une annonce répétée à plusieurs reprises à la télévision officielle assure que chaque fonctionnaire et observateur électoral sera adjoint à un "ange gardien" pour que tout se passe bien.

    "L’oraison" télévisée, accompagnée par des images d’autres processus, déclare que "par la présence des forces armées, par celle de la police nationale" "aucune arme ne pourra être dirigée contre" le personnel du TSE et les observateurs (bien qu’encore aucun pays ni organisme international n’ait annoncé envoyer d’observateur).

    D’abord il faudra confirmer la présence d’observateurs de l’OEA, donc le gouvernement de facto a demandé aujourd’hui, "respectueusement", à l’organisme d’envoyer une mission. L’OEA traitera le sujet ce mardi, dans une séance extraordinaire de son conseil permanent, à Washington.

    "Il serait insolite qu’un organisme qui veille au respect de la démocratie ignore un processus électoral organisé, dirigé et supervisé par un tribunal autonome et indépendant", dit une lettre envoyée au secrétaire général, José Miguel Insulza, avec la signature de l’avocate Vilma Morales, la représentante de Roberto Micheletti dans le dialogue.

    Parmi les arguments en faveur de l’envoi d’une délégation, les membres de l’OEA doivent savoir que, selon son annonce de télévisuelle, le gouvernement de facto garantit la présence d’un "ange gardien" pour chaque observateur électoral.

    Le boycott annoncé par la résistance ne sera pas non plus un problème, selon le message : "Un père Céleste, nous te demandons pour que tout plan pervers, des membres activistes qui manifestent dans les grèves, que la violence des esprits de rébellion, de boycott, d’insurrection, au nom de Jésus soient bloqués".

    Quelles garanties supplémentaires veut la communauté internationale ?

    Modéré, Roberto Micheletti presse aussi les siens : "Avec tout respect mais avec énergie nous exigeons du Congrès une prise de décision" sur la restitution, ou non, du président Zelaya, dit Vilma Morales, porte-parole de la commission négociatrice de Micheletti.

    Peu avant, le président du Congrès, José Alfredo Saavedra, avait insisté pour ce qu’il n’y ait pas de date pour convoquer les députés.

    "C’est urgent et nous savons que c’est une décision qui est rapidement adoptée", répond Vilma au député, plus occupé par sa campagne de réélection que par tout autre sujet.

    Dans les supporters de Micheletti il n’y a pas de doute à savoir quelle sera la décision du Congrès : le président Zelaya ne sera pas restitué. "Clairement jamais, ce serait un chaos pour le Honduras. Nous ne pouvons pas avoir comme président une personne qui a commis 18 délits", déclare à La Jornada Armida de López Contreras, épouse du chancelier du gouvernement de facto et dirigeante de l’Union Civique Démocratique (UCD), organisatrice des marches des "chemises blanches" en faveur du coup d’État.

    López Contreras est sûr que, tôt ou tard, la communauté internationale reconnaîtra le gouvernement issu des élections. "Des signes" le confirme, comme les déclarations de fonctionnaires estasuniens et l’annonce de la Colombie qui compte renvoyer son amabassadeur au Honduras.

    Pour l’ex "désignée présidentiel" – une chance de vice-présidente – la clé pour avoir résisté pendant plus de quatre mois à la pression internationale consiste en ce que "nous avons une grande force. Nous n’allons pas nous couper en quatre pour satisfaire plus amplement l’intérêt de quelqu’un, parce que la résolution du problème au Honduras ne va pas les toucher. Maintenant si un autre pays désir avoir monsieur Zelaya comme président, il est la bienvenue".

    Depuis peu, l’organisation que dirige López Contreras a déclaré José Miguel Insulza "persona non grata". Maintenant elle lance aussi une offensive contre l’envoyé de l’OEA José Octavio Bordón et contre l’ex-président chilien Ricardo Lagos, membre de la Commission de Vérification de l’Accord : "Qu’ils s’abstiennent d’émettre des critiques personnelles et préjudiciable au Honduras".

    L’UCD a également exigé que le vote du Congrès soit "nominatif", pour que de cette façon on puisse punir dans les urnes les législateurs qui votent pour réinstaller Zelaya au pouvoir. Quelques députés influents ont déclaré leur appui à cette demande.

    En tout cas, si on fait cas de Armida de López Contreras, la restitution ne vaut déjà plus une cacahuète : "À partir du 29 novembre il y aura un nouveau président, et il sera celui qui commande".

    Arturo Cano


    Source : Vos El Soberano EU, cómplice de golpistas, acusa la resistencia hondureña
    Traduction : Primitivi

    jeudi 12 novembre 2009, par Primitivi


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  • Projection le 14 novembre 2009 de Seguir Luchando para seguir existiendo


    TÉMOINS DE LA RÉPRESSION POLICIÈRE ET JUDICIAIRE QUE SUBIT LE PEUPLE MAPUCHE, Victor Ancalaf Llaupe, werken de la communauté Choin Lafkenche (Collipulli IXe région du Chili) et Francisco Vera Millaquén, werkende la communauté mapuche Huilliche "Pépiukëlen" (Pargua, commune de Calbuco - Xe région du Chili) seront parmi nous le : Samedi 14 novembre, à partir de 19h30 au Centre International de Culture Populaire 21 ter rue Voltaire 75011 Paris (Mo Rue des Boulets)

    Avec la projection de "Seguir luchando para seguir existiendo" (lutter pour continuer à vivre) réalisé par Christophe Harrison et Joffrey Rossi.

    "Seguir luchando para seguir existiendo" nous plonge dans le quotidien des membres de la communauté Mapuche de temucuicui au sud du Chili, qui lutte pour la restitution de ses terres ancestrales aujourd'hui entre les mains d'un grand propriétaire terrien d'origine suisse. Le coût a payer est terrible pour ceux qui osent défier l'Etat chilien et le pouvoir économique : violences policières, procès politiques, peines de prison à répétition, vie en clandestinité et stigmatisation médiatique. Mais les mapuches restent plus déterminés que jamais car derrière la lutte pour la terre, c'est la survie de tout un peuple qui est en jeu.

    Venez nombreux, à samedi !

    Cordialement, Christophe Harrison


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