• Castration physique des délinquants sexuels : quand Michèle Alliot-Marie dérape

    Dans une interview parue aujourd'hui dans le Figaro Magazine, le ministre de la Justice et des Libertés affirme que « la castration PHYSIQUE » des délinquants sexuels « mérite une analyse » et qu’elle peut « être débattue, y compris au Parlement ».

    Prenant acte de cet hommage au Moyen Age, le Syndicat de la magistrature suggère une simplification de l’échelle des peines :

     l’amputation de la main pour les voleurs et de l’autre main pour les voleurs récidivistes (dans le respect des principes qui gouvernent la loi sur les « peines-planchers ») ;

     l’ablation de la langue pour les escrocs et le prélèvement du foie pour les conducteurs sous l’empire d’un état alcoolique ;-

     le supplice dit du « croc de boucher » pour les auteurs de dénonciations calomnieuses ;

     la lapidation des casseurs…

    S’agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire.

    La suggestion de Michèle Alliot-Marie pourrait prêter à la dérision si elle ne traduisait une conception caricaturale et abjecte du traitement de la délinquance sexuelle. La « réflexion » que propose d’engager le garde des Sceaux consiste rien moins qu’à évaluer l’opportunité de recourir à un traitement inhumain et dégradant dans une logique de « précaution ».

    On retrouve ici le fantasme malsain d’une justice d’élimination qui tend progressivement à défigurer notre droit pénal. Il s’agit en somme, comme avec la « rétention de sûreté », de renoncer à l’effort de réinsertion en ciblant le corps du condamné. Ainsi, pour ceux qu’ils considèrent comme « irrécupérables », les idéologues de l’élimination n’ont d’autre projet que l’enfermement préventif, potentiellement perpétuel, ou la mutilation définitive.

    Au fond, ces reculs de civilisation expriment la frustration de ceux qui n’ont jamais pu se résoudre à l’abolition de la peine de mort. Il est d’ailleurs significatif d’observer que Jean-Marie Le Pen n’a pas manqué cette occasion pour réclamer la « castration de la tête » des criminels les plus dangereux.

    « La vérité est que, au plus profond des motivations de l’attachement à la peine de mort, on trouve, inavouée le plus souvent, la tentation de l’élimination (…). Ainsi, dans cette conception, la justice tuerait moins par vengeance que par prudence. Au-delà de la justice d’expiation, apparaît donc la justice d’élimination, derrière la balance, la guillotine. L’assassin doit mourir tout simplement parce que, ainsi, il ne récidivera pas. Et tout paraît si simple, et tout paraît si juste ! »

    Robert Badinter, garde des Sceaux, discours à l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981

    SOURCE SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE 


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  • Inflation du fichage policier : l’énorme hypocrisie

    Deux décrets du 18 octobre ont donc donné naissance aux nouveaux fichiers des ex-Renseignements généraux, qui remplacent le funeste fichier EDVIGE, abandonné l’an dernier par le gouvernement sous la pression de la société civile et du collectif Non à EDVIGE.

    L’un est destiné à la "prévention des atteintes à la sécurité publique" (PASP), et l’autre devra nourrir des "enquêtes administratives liées à la sécurité publique" (EASP).

    Ces fichiers sont tout aussi scandaleux qu’EDVIGE :

    - PASP cible toujours des personnes "susceptibles" de commettre un délit, atteinte flagrante à la présomption d’innocence.


    - par "dérogation", leurs "activités" politiques, syndicales ou religieuses, y compris leurs "déplacements", en feront toujours partie (avant il s’agissait de "comportements", nuance insignifiante) .


    - les mineurs de 13 ans restent concernés sans réel aménagement particulier .


    - il sera toujours aussi long et difficile d’exercer son droit d’accès .


    - l’ajout de critères "géographiques" — détaillé dans une circulaire encore confidentielle — est un moyen fallacieux de contourner l’interdiction d’enregistrer des éléments ethno-raciaux, et risque d’aggraver la stigmatisation de certaines zones urbaines ou quartiers périphériques.


    - le nombre d’items prévus est beaucoup plus large que ceux de l’ancien fichier des RG (ajoutant "adresses électroniques", "agissements susceptibles de recevoir une qualification pénale"), sans oublier de fichier l’entourage : "personnes entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec l’intéressé".


    - la création d’EASP pour les besoins d’enquêtes de moralité vont produire les mêmes effets secondaires que le STIC ; près d’un million de personnes en France sont concernés par les erreurs de fichage et les mises à jour inexistantes (source : CNIL).

    Soulignons également une durée de conservation quasi indéfinie, puisque l’article 4 du décret PASP précise que les données « ne peuvent être conservées plus de dix ans après l’intervention du dernier événement (...) ayant donné lieu à un enregistrement », ce qui conduira de facto à conserver l’intégralité des faits de certains militants sur 20 ou 30 ans. La même formulation appliquée aux mineurs, qui bénéficieraient d’un "droit à l’oubli automatique" « trois ans après l’intervention du dernier événement (...) », apparait dès lors comme une mascarade.

    Enfin, ces deux soeurs jumelles d’EDVIGE cachent encore l’ombre de CRISTINA ("Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux"), le fichier de l’ex-DST qui n’a jamais été retiré de la circulation, qui reste toujours confidentiel, y compris pour le Conseil d’Etat, puisqu’il a réclamé une copie du document cet été (lire l’arrêt du 31 juillet), suite au recours formé par les associations du collectif Non a Edvige.

    Privacy France tient aussi à rappeler trois points récurrents sur ce type de dossier : l’inflation des fichiers policiers ; le leurre du "contrôle" de la CNIL ; et les absences du Parlement.

    - Jamais le nombre de fichiers policiers n’a été aussi important dans notre pays : il y en avait déjà 58 de recensés en 2009, soit + 70% en trois ans [1] — ça fait donc 60 avec PASP et EASP. Une telle inflation repose aussi sur une énorme hypocrisie : alors que la petite délinquance est traitée à coup de peines plancher et que la moindre "incivilité" est réprimée, la plupart — un quart environ — de ces fichiers ont bénéficié d’une "dérogation" afin de rester dans... l’illégalité jusqu’à fin 2010.


    - Privacy France déplore une nouvelle fois l’absence de réels contre-pouvoirs effectifs comme préalable à l’instauration de fichiers à vocation policière. Tant que la seule autorité administrative autorisée, la CNIL — qui a rendu un avis "consultatif" le 11 juin, mais publié le 18 octobre avec les décrets —, dont les membres sont toujours nommés par l’Etat, ne bénéficiera pas de pouvoirs concrets pour réellement s’opposer aux projets gouvernementaux, les concerts de réprobation qui résonnent régulièrement autour du fichage policier n’auront aucun effet propre à garantir les principes fondamentaux d’un Etat de droit.


    - Enfin, si le recours à des décrets, plutôt qu’à la loi, traduit une nouvelle fois un manque de courage politique du gouvernement et du président de la République, le recours au Parlement, surtout dans ce domaine, n’est pas une garantie pour le respect des libertés publiques. Ainsi, la proposition de loi [2] des députés Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Bénisti (UMP) — ce dernier déjà distingué par les BBA France —, était très loin d’être mieux-disante en terme de respect des libertés, comme le collectif Non à Edvige l’a clairement expliqué en juin 2009. Ceux qui réclament aujourd’hui le retrait des deux décrets pour être remplacés par ce texte PS-UMP, devraient savoir que ce n’est nullement la garantie ultime d’un plus grand contrôle démocratique.

    —  Privacy France, association loi 1901 affiliée à Privacy International, assure l’organisation des Big Brother Awards en France.

    A lire aussi pour lieux comprendre : - Communiqué de Non à Edvige, 20 octobre 2009.


    - Communiqué commun du Syndicat de la magistrature et du Syndicat des avocats de France (20 octobre) : EDVIGE, le retour : c’est toujours NON !


    - Remplacer EDVIGE, éviter EDVIRSP : fichiers de prévention de la sécurité publique...


    - Adieu Edvige, bonjour Edwige².

    Dans nos archives : - Edvige et Cristina même combat (9 septembre 2008).


    - Fichiers policiers : « jurisprudence Rebelle » pour tous les citoyens ! (27 février 2007).


    [1] Rapport BATHO BÉNISTI, mars 2009. http://www.assemblee-nationale.fr/1....

    [2] Proposition de loi relative aux fichiers de police, 7 mai 2009. http://www.assemblee-nationale.fr/1....

    SOURCE BIG BROTHER AWARDS FRANCE 


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  • Rapport n° 41 sur les violations israéliennes des droits humains


    PCHR du 15 au 21 octobre 2009

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    Les Forces d’occupation israéliennes poursuivent systématiquement leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens, et maintiennent leur siège total de la bande de Gaza.

    Durant la dernière semaine écoulée :

    • 4 civils palestiniens ont été blessés par des tirs de FOI sur les manifestations non violentes organisées pour protester contre la construction du mur d’annexion en Cisjordanie ;
    • des agriculteurs palestiniens ont été empêchés par les FOI d’aller sur leurs terres isolées par le mur, afin de cueillir leurs olives ;
    • les FOI ont mené 19 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
    • elles y ont arrêté 25 Palestiniens dont 2 mineurs ;
    • la marine israélienne a continué d’attaquer les pêcheurs et les bateaux palestiniens dans la bande de Gaza ;
    • les FOI ont maintenu un blocus total sur les Territoires palestiniens occupés et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
    • les FOI postées aux check-points et aux passages frontaliers ont arrêté un Palestinien ;
    • elles ont poursuivi leurs mesures qui visent à constituer une majorité juive dans la Jérusalem-Est annexée ;
    • les FOI ont continué leurs activités coloniales en Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens.
    (JPG)
    Salem, près de Naplouse : un soldat israélien surveille une Palestinienne en train de ramasser ses olives sur le lopin de terre familial.

     

    Violations israéliennes recenses durant la période du 15 au 21 octobre 2009

     

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 15 octobre

    Incursions dans la région d’Hébron : dans la ville d’Hébron, vers 1h du matin, rue al-Salam où l’armée pénètre dans la maison d’un journaliste, Eyad Sha’ban Sorour, et l’arrête. Dans le village de Dura, vers 2h, l’armée fouille la maison d’Ayman Saleh Tubaish et l’arrête. Village de Sa’ir, vers 2h30, (6 arrestations ; de 15 à 22 ans)

    Région de Ramallah : village de Turmos’yiya vers 1h30 (3 arrestations).

    Vendredi 16 octobre

    Région de Ramallah : village de Budros, vers 2h (une arrestation).

    Samedi 17 octobre

    Région de Jénine : vers 1h, village d’‘Arraba et d’Ya’bad.

    Bethléhem : vers 2h, village de Shawawra, où l’armée fouille la maison de Ghaleb Ahmed ‘Ali et l’emmène pour interrogatoire.

    Jénine : vers 3h, villages de Rummana et Ta’nak.

    Dimanche 18 octobre

    Bethléhem : incursion dans la ville vers 1h, l’armée fouille la maison de Fu’ad Khalil Khlaif et l’arrête. Au même moment, village de Khader, fouille de la maison de la famille de Mustafa ‘Omar Bouja, qui est arrêté.

    Lundi 19 octobre

    Région de Tulkarem : vers 2h, incursion dans le village d’‘Attil (une arrestation) ; vers 4h30, dans Eastern Baqa (2 arrestations) et Saida (une arrestation).

    Mardi 20 octobre

    Région de Qalqilya : vers 2h, village d’‘Azzoun (4 arrestations).

    Tulkarem : vers 3h, camp de réfugiés de Nour Shams (2 arrestations).

    Mercredi 21 octobre

    Région de Qalqilya : village de Jayyous, vers 4h30, où l’armée impose un couvre-feu, prétendant que des pierres ont été lancées sur les véhicules militaires qui roulaient sur la route proche.


    2 - Maintien du blocus sur les TPO

    (JPG)Les FOI ont maintenu leur blocus serré sur les Territoires palestiniens occupés et leurs restrictions sévères sur les déplacements des civils palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

    Il y a environ 630 barrages routiers permanents, tenus ou non par des soldats, à travers la Cisjordanie. En plus, quelque 60 à 80 barrages « volants » sont mis chaque semaine. Au moins 65% des grandes routes qui conduisent aux 18 communautés palestiniennes sont fermés ou sous contrôle total des FOI (soit 47 sur 72 routes).

    Environ 500 km de routes sont limités à la circulation des Palestiniens en Cisjordanie. De plus, environ un tiers du territoire cisjordanien, dont Jérusalem-Est occupée, est inaccessible aux Palestiniens sans une autorisation spéciale remise par les FOI. Une autorisation très difficile à obtenir.

    Les forces d’occupation continuent de harceler et d’agresser les manifestants lors des manifestations non violentes contre le mur. Même harcèlement à Jérusalem et dans tout le territoire où les Palestiniens sont systématiquement arrêtés, fouillés, dans les rues et sur les routes.


    Bande de Gaza

    Rien de “nouveau” cette semaine dans la bande de Gaza si ce n’est cette réalité quotidienne lancinante que le PCHR reproduit, semaine après semaine, sans en changer un seul mot : « 1,5 million personnes sont privées de leurs droits fondamentaux : droit au travail, à la santé, à l’éducation et aux déplacements. Leur obsession quotidienne est de satisfaire leurs besoins en nourriture, en médicaments, en eau potable et en électricité.

    Depuis plus de deux ans, pas un matériau de construction n’est entré dans la bande de Gaza par les postes frontière avec Israël. En dehors d’un approvisionnement limité en gaz domestique, les combustibles liquides ne sont plus autorisés depuis le 10 décembre 2008.

    Le poste frontière de Rafah ne laisse passer que quelques patients devant se faire soigner à l’étranger, quant au poste frontière de Erez - Beit Hanoun, il est pratiquement fermé à la population civile.

    Le seuil de pauvreté touche 80 % de la population, le chômage : 60 %. Les conditions de vie de la population se sont sérieusement détériorées à cause d’un chômage sans cesse croissant.

    Les FOI maintiennent leur interdiction de laisser entrer les pièces détachées pour l’entretien du réseau d’eau potable et celui du retraitement des eaux usées. Les pertes dues à cette interdiction sont estimées à 6 millions de dollars U.S.

    Les pêcheurs subissent des provocations et des attaques permanentes des vedettes garde-côte.

    Les conditions d’accès à la bande de Gaza pour tout étranger (diplomates, journalistes, personnel humanitaire, délégations d’organisations internationales) sont de plus en plus dissuasives.

    Au moins 900 prisonniers résidant dans la bande de Gaza, incarcérés dans les geôles israéliennes n’ont eu aucune visite de leurs familles depuis plus de 3 ans. »

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International

    Date  : Détails
    14 octobre  : 101 Palestinians, dont des patients et le corps de l’un d’entre eux rentrent.
    15 octobre  : 4 Palestiniens sortent ;
    207 autres rentrent.
    16 octobre  : fermé
    17 octobre  : 12 Palestinians entrent.
    18 octobre  : 31 Palestiniens, dont 22 blessés sortent.
    19 octobre  : 20 Palestiniens sortent ;
    56 autres rentrent.
    20 octobre  : 3 Palestiniens rentrent.

    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)

    Date  : Détails
    14 octobre  : 102 containers d’aide alimentaire en provenance d’organisations humanitaires
    internationales et des denrées pour les commerçants rentrent.
    15 octobre  : 117 containers
    16 octobre  : fermé
    17 octobre  : fermé
    18 octobre  : 78 containers
    19 octobre  : 76 containers
    20 octobre  : 102 containers

    Nahal Ouz

    Les 12 et 21 octobre, les forces d’occupation ont autorisé l’entrée de quantités limitées de gaz domestique et de fioul pour l’alimentation de la centrale électrique.

    Beit Hanoun (Erez)

    Date  :
     :
    Patients  :
     :
    Accomp.  :
     :
    Arabes
    israéliens
     :
     :
    Presse  :
     :
    Ambassad.  :
     :
    Internat.  :
     :
    Gazaouis
    14 octobre  : 18  : 17  : 2  : 6  : 0  : 27  : 0
    15 octobre  : 41  : 40  : 4  : 7  : 7  : 109  : 5
    16 octobre  : 1  : 1  : 2  : 2  : 0  : 0  : 0
    17 octobre  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0
    18 octobre  : 58  : 56  : 12  : 3  : 0  : 13  : 3
    19 octobre  : 26  : 26  : 0  : 0  : 0  : 0  : 0
    20 octobre  : 42  : 39  : 2  : 3  : 0  : 58  : 2

    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le 14 octobre pour laisser entrer une quantité limitée de grains et d’aliments pour bétail.


    Cisjordanie

    Jérusalem : des milliers de Palestiniens ne peuvent toujours accéder à la cité ; les barrages sont maintenus dans et autour de Jérusalem, et les restrictions sont plus sévères encore le vendredi, jour de prière, pour empêcher les Palestiniens d’aller prier à la mosquée al-Aqsa.

    Naplouse : les restrictions se poursuivent toujours sur les check-points notamment à la porte de fer montée sur la route Naplouse/Tulkarem, spécialement le matin. Des contrôles prolongés ont été imposés sur le check-point de Shavi Shomron sur la route Naplouse/Jénien et celui de Za’tara au sud de la ville. Vers 7h le jeudi 15 octobre, les FOI ont fermé le check-point de Deir Sharaf pendant plusieurs heures. A midi, ce fut le tour du check-point de Za’tara et de Shavi Shomron. Dimanche matin, 18 octobre, à Za’tara, elles ont imposé des contrôles prolongés, et donc, des heures d’attentes supplémentaires pour les Palestiniens et des interrogatoires plus poussés.

    Jénine : Samedi matin, 17 octobre, les FOI ont installé un check-point sur la route Ya’bad/’Arraba et un autre à l’entrée du village de Ta’anak.

    Ramallah : au check-point de Qalandya, au sud-est de Ramallah, des restrictions plus sévères ont été imposées aux Palestiniens par les FOI. D’autre part, des barrages supplémentaires ont été montés sur le secteur pour arrêter les véhicules palestiniens. Vers 17h, le dimanche 18 octobre, un barrage a été monté notamment au carrefour de Surda, au nord de Ramallah où tout déplacement palestinien a été bloqué.

    Hébron : le jeudi 15 octobre, les FOI ont monté un barrage à l’entrée de Halhoul Bridge, au nord d’Hébron, un autre à Beit Kahel Bridge et un troisième à l’entrée du village d’Ethna. Elles ont arrêté et fouillé tous les véhicules palestiniens. Le vendredi et samedi, 16 et 17 octobre, des check-points ont été installés sur les routes qui relient le nord et le sud d’Hébron. Le dimanche 18, les troupes positionnées dans le centre et le sud d’Hébron, ont empêché une délégation de la solidarité de la campagne Follow Women, comprenant environ 120 femmes cyclistes, d’entrer dans la vieille ville, sans donner de raison.

    Le jeudi après-midi, 15 octobre, les FOI à l’entrée de la mosquée Ibrahimi à Hébron ont roué de coups Subhi Abu Subaih, le muezzin de la mosquée, qui est marqué d’ecchymoses sur tout le corps.

    Bethléhem : le mardi après-midi, 20 octobre, les FOI ont fermé l’entrée sud de Bethléhem, et arrêté tous les véhicules palestiniens qui passaient. Le mercredi 21, des check-points ont été monté sur les principales routes qui conduisent à la ville.

    Tubas : le mardi 13 octobre, les soldats d’occupation postés au check-point près de Seilat al-Harthiya, à l’ouest de Jénine, ont arrêté Wissam Mustafa Mustafa, âgé de 16 ans, du village de Bourqin, près de Jénine.


    (JPG)
    Cueillette des olives près de Jénine, le 22 octobre.
    (AP)


    3 - Construction du mur d’annexion

    Si le mur illégal d’annexion se termine, il s’étendra sur 724 kilomètres autour de la Cisjordanie, isolant toujours plus toute une population. 350 km sont déjà construits, dont 99% environ à l’intérieur même du territoire palestinien, confisquant de plus en plus de terres palestiniennes. Les forces israéliennes d’occupation utilisent toujours la force face aux manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens, pour protester contre la construction du mur.

    Bil’in, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 16 octobre, des Palestiniens se sont rassemblés dans le centre du village et se sont dirigés vers le mur, lançant des pierres sur les soldats d’occupation après provocations de leur part. Aussitôt, l’armée d’occupation s’est mise à tirer sur les manifestants des balles caoutchouc et à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes. Deux Palestiniens, un international français (Martin Bogie) et un journaliste canadien ont été touché par des grenades.

    Nil’in, à l’ouest de Ramallah : même jour, même heure, même manifestation. Lors de l’affrontement avec les troupes d’occupation, celles-ci ont tiré à balles caoutchouc et lancé des grenades sur les manifestants dont nombre d’entre eux souffrent des inhalations de gaz.

    Al-Masara, au sud de Bethléhem : au même moment, les Palestiniens organisaient leur manifestation non violente hebdomadaire contre la construction du mur dans leur village. Les troupes ont fermé l’entrée du village et attaqué les manifestants, lançant des grenades lacrymogènes et assourdissantes, et frappant avec violence certains des manifestants. 3 Palestiniens souffrent de contusions.


    4 - Efforts de judaïsation de la Jérusalem-Est occupée

    Les mesures arbitraires contre les Palestiniens se sont accélérées pour les obliger à quitter Jérusalem-Est. Le PCHR a décidé d’y consacrer une partie de son rapport hebdomadaire.

    Le samedi midi, 17 octobre, les FOI ont remis copie de jugements de tribunaux à trois familles palestiniennes leur ordonnant d’évacuer leur maison, au motif qu’elles étaient louées par des groupes juifs et que ces familles n’auraient pas payé leur loyer. Selon les documents, les familles doivent évacuer les maisons et payer le coût de la démolition des structures et de l’enlèvement des décombres. Les familles vivaient dans ces maisons depuis 1956.

    Il s’agit de la famille d’Abdullah Talab Skafi, qui compte 13 personnes dont 9 mineurs dans trois maisons ; de celle de Mohammed Ibrahim Hammas, de 30 personnes, dont 7 mineurs, dans 6 maisons ; et d’Hassan Ziad, 15 personnes dans 3 maisons.

    Le dimanche 18 octobre, des officiels de la municipalité israélienne de Jérusalem ont remis des ordres de démolition à des propriétaires d’au moins 67 maisons dans les quartiers de Bashir et de Wadi Tasoul à Silwan. La municipalité a rejeté un projet d’organisation fourni par les habitants des deux quartiers bien qu’ils aient réglé leurs impôts et contributions. Les deux quartiers sont situés à proximité de la muraille de la vieille ville. La démolition de ces maisons fait partie d’un projet plus vaste, le Plan 2020 israélien, qui prévoit que plus de 550 dunums (55 hectabres) de terrain seront confisqués.

    Durant la dernière période, des colons s’en sont pris à une tente montée dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, célébrant leur occupation de maisons appartenant aux familles d’Al-Ghawi et Al-Hannoun. Vers 20h30 le mardi 20 octobre, des dizaines de colons israéliens ont attaqué la famille al-Gwabi qui vit dans une tente en face de ce qui était sa maison, dont les colons israéliens se sont emparés il y a quelques mois. Les colons ont roué de coups les femmes et les enfants et volé le contenu de la tente. Au moins 7 civils ont été blessés. Quand des Palestiniens sont intervenus pour arrêter l’agression, la police israélienne a arrêté quatre d’entre eux.

    Un siège serré est maintenu sur Jérusalem-Est et la mosquée al-Aqsa depuis le vendredi 9 octobre. Les FOI ont monté des check-points à l’entrée de la vieille ville et près des villages avoisinants. Des milliers de soldats et policiers israéliens ont été déployés dans les rues et les FOI ont déclaré un état d’alerte de haut niveau, sous le prétexte d’empêcher tout affrontement qui pourrait intervenir entre les civils palestiniens et les colons israéliens, lesquels avaient annoncé qu’ils s’empareraient de la mosquée al-Aqsa. Les FOI ont également empêché les hommes de moins de 50 ans d’accéder à la mosquée al-Aqsa. Vers 13h, ce vendredi, elles ont lancé des grenades lacrymogènes sur les Palestiniens dans le quartier de Ras al-‘Aamoud. Des unités israéliennes en civil, déguisées en journalistes, ont aussi arrêté 3 Palestiniens. Elles les ont frappés, devant les caméras de télévision. De plus, au moins 10 civils souffrent de l’inhalation des gaz.

    Le lundi 12 octobre, vers 8h30, des FOI, accompagnées d’officiels de la municipalité israélienne de Jérusalem et d’un bulldozer, sont entrées dans le quartier Hawd al-Tabel à Beit Hanina, au nord de Jérusalem. Elles ont assiégé une maison de 50 m2 appartenant à Amjad Khamis al-Tiryaqi, abritant 5 personnes dont 3 enfants. Elles ont obligé la famille à sortir et ont démoli la maison.


    5 - Colonisation et agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens

    La colonisation se poursuit dans les Territoires occupés en toute violation du droit humanitaire international et les colons continuent d’agresser les Palestiniens.

    Les FOI ont poursuivi les constructions dans des dizaines de colonies de Cisjordanie. Selon des sources israéliennes, des travaux ont commencé dans 11 colonies ces trois dernières semaines. Dans ce cadre, le quotidien israélien Ha’aretz a indiqué vendredi, 16 octobre, que de telles constructions « ne faisaient pas partie du projet de 2 500 unités de logements négocié entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’administration US. » Elles ne font pas partie également des 492 nouveaux logements approuvés par le ministre de la Défense israélien. De plus, la construction s’est poursuivie dans 20 autres colonies. Les chantiers dans les colonies se font sur de larges secteurs de terrains palestiniens en Cisjordanie. La semaine dernière, le mouvement la Paix Maintenant a souligné que la construction dans 34 colonies concernait 800 logements nouveaux.

     

    (JPG)Document public

    Pour plus d’informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter notre site (http://www.pchrgaza.org) ou de nous contacter à notre bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

    Rapport hebdomadaire pour la période du 15 au 21 octobre 2009 : PCHR
    traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie, JPP.


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  • Avec le charter de la honte, Besson nous rejoue Lacombe Lucien


    Que comprendre à ce vol qui prend valeur de symbole si ce n'est qu'il traduit la ligne dure du gouvernement de cette droite extrême de Nicolas Sarkozy en matière d'immigration ? Eric Besson et le locataire de l'Elysée envoient un message clair : pour contenir l'afflux des migrants en Europe, le charter est à nouveau une arme légitime.

    Tant pis si l'on bafoue au passage les principes républicains de terre d'accueil qui sont les nôtres. Certes, personne ne suggère d'ouvrir les frontières à tous les flux migratoires, mais une politique européenne concertée de régulation permettrait au moins d'éviter l'inhumanité des charters. Et assurerait de lutter plus efficacement contre les filières de passeurs qui sont si chères à Eric Besson.

    Des trois Afghans qui sont arrivés à Kaboul, ils ont été cachés, puis on ne sait pas grand-chose, on ne sait plus rien. Si ce n'est que leurs demandes d'asile ont été déboutées. Qui peut dire aujourd'hui qu'ils ne seront pas bientôt suivis par des dizaines de leurs compatriotes, contraints eux aussi de retrouver la menace talibane qu'ils avaient fuie".

    Les Afghans de Calais ou des squares parisiens sont les Afghans de là-bas, otages de l’OTAN, de conflits meurtriers depuis des décennies. Ils fuient ce quotidien violent et destructeur, comme d'autres fuient la misère, la faim. Le cas afghan a le mérite de tisser un fil entre les événements, d'obliger à suivre l'enchaînement des causes et des effets et les responsabilités occidentales.

    Le renvoi sur leur sol d'une trentaine de sans-papiers (que le chiffre français soit faible ne suffit pas à effacer la gravité des décisions) les éclaire d'une lumière crue. Ces hommes que l'Europe ne se donne pas les moyens d'accueillir comme demandeurs d'asile, comme réfugiés, sont ceux que l'on prétend défendre, secourir, aider, en engageant la vie de soldats français ou britanniques. Où est la cohérence ? Forcément, pour ces Afghans au moins, il doit y avoir d'autres solutions.

    L’apprenti-UMP a bien vite montré de réelles dispositions. Au point de surpasser ses maîtres. Incontestablement, Éric Besson a décidé de laver plus blanc que blanc. Et là où Brice Hortefeux avait déjà mis la barre très haut, voilà qu'il fait dans la surenchère, et se lance à corps perdu dans une lutte à tout prix contre l'immigration clandestine.

    Après le nettoyage de la jungle de Calais, où il avait semblé prendre plaisir à se montrer plus dur que tous les durs, voilà qu'il revendique haut et fort le renvoi d'Afghans dans leur pays en guerre. Sans se préoccuper outre mesure de leur avenir.

    Là où on aurait pu croire qu'il apporterait à la droite une touche de fraîcheur, de réflexion humanitaire, on le retrouve là où l'on n'attendait pas un ancien socialiste : à la pointe de la répression anti-immigré, au cœur des actions contre les droits de l'homme. S'il cherchait à obtenir un brevet d'autoritarisme, c'est gagné. Mais à quel prix ?

    On savait les expulsions probables et les dénégations ministérielles de la veille avaient, hier matin, un arrière-goût de mensonge calculé et honteux. Au mépris de l'avis de la Cour de Genève, la France vient de faire un test et renverra encore des Afghans dans ce pays où se font tuer des soldats français pour tenter d'en finir avec la barbarie des talibans. Où est la cohérence ? Avons-nous donc perdu toute dignité que nous ravalons les droits de l'homme au simple rang d'un marchandage avec les Anglais pour les remercier d'avoir investi dans les équipements de contrôles des clandestins à Calais ?

    Ce qui est incroyable dans cette triste affaire, ce n'est pas  que le ministre Besson nous rejoue Lacombe Lucien. Ce qui est incroyable, c'est que dans la fange d'Internet, une majorité de réactions lui soient favorables dans des termes pétainistes jusqu'à l'écœurement ici quelques exemples . L'atmosphère sentait Munich hier après-midi, avec des relents lourds à respirer. Quand un pays perd ses valeurs républicaines, il ne lui reste que le déshonneur.

    Mais le ministre dépasse carrément les bornes de la décence quand il affirme benoîtement que les trois expulsés d'hier de France "seront en sécurité à Kaboul" dès lors que l'ambassade de France leur offrira un hébergement de 15 jours à l'hôtel et 2.000 euros de "bourse de réinsertion". Ce qu'il adviendra ensuite de ces trois jeunes âgés de 18, 19 et 22 ans est décrit sans ambiguïté dans les "conseils aux voyageurs" prodigués par le gouvernement français. Le quai d'Orsay recommande "impérativement" d'éviter l'Afghanistan à cause des risques d'attentats, d'enlèvements et il "proscrit absolument" tout déplacement hors de la capitale, toutes les routes de ce pays en guerre depuis huit ans étant "devenues très dangereuses".

    C'est donc en toute connaissance de cause et une hypocrisie indécente, qu'Eric Besson se transforme en organisateur zélé de charters pour l'enfer. L'opération charters pour l'Afghanistan n'en reste pas moins un déni flagrant du droit d'asile qui est l'honneur d'une France, patrie des Droits de l'Homme.

    LE RACO 


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  • 18.10.2009. BRÉSIL : la bataille pour la liberté d’expression en Amérique Latine


    Mr le Président, Mesdames et Messieurs les députés,

    Durant les dernières semaines, à travers la couverture du coup d’état au Honduras, nous avons observé avec peur, les niveaux d’autoritarisme que la presse brésilienne a atteints. Pendant que notre délégation parlementaire cherchait à Tegucigalpa la manière de contribuer au retour de la démocratie au Honduras, les médias nationaux jonglaient du mieux qu’ils le pouvaient afin de légitimer un gouvernement auto-proclamé à la suite d’un coup d’état et ignoraient totalement les innombrables violations des droits humains ainsi que les restrictions des droits civils pratiqués par le gouvernement de Micheletti. La presse nationale a été très silencieuse sur les fermetures et l’occupation de radios dans la capitale par l’armée.

    En attendant, les chiffres en matière de violation de la liberté d’expression et de liberté de la presse sont très élevés. A Tegucigalpa, les stations Canal 36, Radio TV Maya et Radio Globo ont été saisies. La cabine de transmission de Radio Juticalpa à Olancho a été mise hors d’usage à coups de fusils. Radio Progreso a été fermée dans la ville de Progreso. Les chaînes Canal 26 ainsi que TV Atlantica ont reçu l’ordre des soldats de ne transmettre d’autres informations que celles du gouvernement putschiste. Même les journalistes sont menacés. Gabriel Fino Noriega, de Radio Estelar, a été assassiné dans les premiers mois qui ont suivi le coup d’état. Et ne parlons pas des agressions répétées dont ont été victimes les reporters de Telesur, la chaîne ayant réalisé la plus grande couverture sur le coup d’état, les interdictions et la répression des manifestations publiques de soutien au Président démis, Manuel Zelaya. 

    Malgré les nombreuses violations de la liberté d’expression au Honduras, la presse Brésilienne ne trouve pas la situation préoccupante. Et comme par hasard, elle ne semble pas l’être non plus pour la SIP, Société Interaméricaine de Presse, d’habitude la première à crier lorsqu’un état latino-américain procède à des changements dans les moyens de communication.

    Ce fut la cas lorsque le Président Vénézuélien Hugo Chavez ne renouvela pas la concession de RCTV, ou bien lorsqu’en 2004 l’Assemblée nationale du Venezuela, approuva la Loi Resorte (Loi de Responsabilité Sociale des Radios et Télévisions) qui a comme objectif, de promouvoir la responsabilité des prestataires de services, des annonceurs, des producteurs nationaux indépendants, et des utilisateurs des services de communication, recherchant l’équilibre démocratique, la promotion de la justice sociale et la formation citoyenne.

    Construite sur la base d’un vaste processus de participation populaire, qui a duré pendant plus d’un an avec des débats à travers tout le pays, la Loi Resorte a donné la priorité à la production locale et communautaire. Tout en soutenant les media populaires, elle a octroyé une pluralité de voix dans tous les média, a définit le fonctionnement des chaînes publiques en prévoyant les mécanismes de contrôle social, a régulé la propriété des média ainsi que leur contenu en redistribuant des contrôles de plages horaires pour les enfants, un temps imparti pour la publicité et a mis en place la prévision de transmission de programmes valorisant la culture nationale et la lecture critique des média.


    Lorsqu’en Bolivie, le Président Evo Morales a approuvé un décret octroyant des espaces au sein des média de communication pour la libre opinion des journalistes et d’autres travailleurs en lien avec le secteur de la presse, les grands média ont hurlé au scandale. Ils ont estimé que c’était un gag que d’avoir à réserver 3 minutes quotidiennes à la radio et à la télévision pour accroître la pluralité et la diversité des idées et opinions dans les grands média de communication.

    Ils protestèrent de la même manière contre le projet de la nouvelle Loi de Communication du Président Equatorien Rafael Correa, qui à la suite d’innombrables débats au Forum Equatorien de Communication, proposa la répartition égalitaire du spectre électromagnétique par lequel circulent les ondes de Radio et de télévision. La proposition étant de réserver 33% du spectre pour chacun des secteurs : public, privé et communautaire.

    C’est aussi au nom de la défense de la pluralité de voix et de l’intérêt public que le parlement Uruguayen a approuvé un projet de loi sur les contenus numériques aussi bien à la télévision qu’à la radio ou au cinéma prévoyant un horaire pour la transmission de contenus déterminés. C’est ce même parlement qui a créé en même temps, la figure du médiateur public, un lien direct entre le citoyen téléspectateur et l’entreprise de communication. Une des tâches du médiateur par exemple sera de s’occuper des plaintes au niveau national, ayant rapport avec les programmes à destination des enfants ou encore des plaintes des écrivains et artistes dont la liberté est menacée. Cette fois, la presse brésilienne est restée silencieuse à propos de cette importante initiative dans ce pays voisin.

    La dernière à avoir payé le prix des attaques de la grande presse et accusée de violation de la liberté d’expression a été la Présidente Argentine Cristian Kirchner. La nouvelle Loi de Services de Communication Audiovisuel, après avoir été débattue en séances publiques et que des suggestions de la part de l’opposition y aient été ajoutées, a été adoptée par le Congrès, ayant pour résultat la transformation complète du monopole historique du groupe Clarin.

    D’après le texte, aucune entreprise ne pourra obtenir plus de 10 concessions de radio et de télévision (soit 14 de moins qu’actuellement) et celui qui possède une canal de télévision de signal ouvert, ne pourra dans la même localité, être le gérant d’une chaîne câblée. En fait, la loi s’attaque à la multi-propriété dans la diffusion des radios, interdisant les concentrations verticales et horizontales. L’audience sera aussi limitée, comme c’est le cas aux Etats-unis. Les zones couvertes par la totalité des chaînes d’une même entreprise ne peuvent dépasser les 35% des habitants de la dite région, pour éviter tout risque d’un autre type de monopole.

    La loi se confronte en plus au problème de la production nationale, établissant des quotas minimum pour des programmes produits dans le pays, mais aussi pour la production indépendante qui gagne ainsi une réserve de 30% de la grille de programmation de chaînes hébergées dans des villes de plus de 1,5 millions d’habitants.

    Même la question du monopole de la transmission des championnats de football - tellement fréquente au Brésil - a été abordée. Un des articles garantit le droit à l’accès universel des contenus informatifs d’intérêt important et d’événements sportifs. Enfin, elle met en place la réalisation d’audiences publiques afin de déterminer l’élargissement des concessions de radio et de télévision.

    Ainsi, comme dans bon nombre de pays d’Amérique Latine, l’état Argentin a pris les mesures nécessaires pour démocratiser les moyens de communication, en garantissant les mécanismes qui permettent une liberté d’expression de secteurs jadis exclus de la sphère publique médiatique. Rapidement, la presse Brésilienne a attaqué sur la présidente Cristina Kirchner, comme elle l’avait fait auparavant avec les autres présidents qui se sont attaqués au pouvoir intouchable des grands média de communication. Il s’agit d’un action préventive censée empêcher le vent de changement qui souhaite construire des média plus démocratiques sur notre continent, de souffler au Brésil.

    La Conférence Nationale de Communication, prévue en Décembre, aura très certainement parmi ses principales revendications la nécessité de rompre avec le monopole des média et la défense de la liberté d’expression pour toutes et tous dans notre pays. Ce sera un espace où le citoyen lambda pourra exprimer ses souhaits dans le secteur de la communication, et d’après les résultats déjà réalisés par Brasil Adentro au niveau des municipalités, le désir de transformation dans le contrôle des média est énorme. A la différence du discours plaidé par les radios, et de ce que semble comprendre le Tribunal Suprême Fédéral, la communication, comme tout autre domaine, est demandeuse de régulation pour que la loi du plus fort, politiquement et économiquement cesse d’imposer son dictât.

    Une partie des grands groupes du secteur des média se refuse à participer au débat public démocratique. Ils ont retiré leurs cadres de l’organisation de la Conférence et préfèrent continuer leur politique de toujours, à savoir, mener les débats dans les couloirs du Palais Présidentiel et du Congrès, faisant la sourde oreille aux réclamations, qui ne sont ni plus ni moins, que le résultat des services offerts par les chaînes de radio. Alors que notre presse attaque ceux qui prônent les changements concrets et permettent la démocratisation des média, elle reste silencieuse devant les violations de la liberté d’expression qui se passent au Honduras. Quelque chose ne colle pas ! Et la société brésilienne, pour ce qu’il apparaît, montre des signes qu’elle en a assez de rester assise, et muette. Qu’enfin viennent les transformations que le peuple brésilien attend depuis si longtemps !

    Merci beaucoup.

    Ivan Valente

    Député Fédéral PSOL/SP

    Traduction : Lazhari Abdeddaim, pour www.larevolutionvive.org.ve


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