• 01.09.2009. Mr. Langelier prend un aller simple pour le pays des soviets.

    lundi 31 août 2009 par Thierry Deronne , Laynel Fumero , Nelson Cova

    Le 27/08/2009, sous le titre “Au Venezuela, une loi sur l’éducation ouvre la voie à la censure de la presse”, le “Monde” attaque la loi de l´éducation que viennent d´adopter les députés. Le correspondant Jean-Pierre Langelier, qui rédige cet article depuis … Rio de Janeiro, fait siens les mensonges d´une droite férocement opposée depuis dix ans à toute avancée democratique et sociale, et de plus en plus médiatique (1). Analyse (non exhaustive).

    1. J.-P. Langelier : “La récente promulgation d’une loi organique d’éducation renforçant le contrôle de l’Etat vénézuélien sur l’école et l’université inquiète de larges secteurs de l’opinion qui accusent le président Hugo Chavez de vouloir apparenter de plus en plus son régime au modèle cubain.”

    Ce qui frappe au contraire c´est le faible nombre des opposants (conséquence des divisions et du déclin relatif de la droite). Cette faiblesse numérique pousse l´opposition à la “violence sur commande“. Captés par AP ou Reuters, les gros plans de la “répression” font le tour du monde en un éclair. L´opposition vénézuélienne dispose de 80 % des ondes radio, TV et de la presse écrite sur le plan national. Elle se sent aussi encouragée dans cette violence par l´écho complaisant qu´elle suscite dans CNN, Fox, Reuters, El Pais, le Monde, Libération, etc..

    Langelier occulte que la majorite de la population appuie la nouvelle loi (4, voir photos) Dans tout le pays, des dizaines de milliers de citoyen(ne)s défendent pacifiquement le droit nouveau à une “éducation publique et sociale, obligatoire, gratuite, de qualité, de caractère laïque, intégrale, permanente, socialement pertinente, créative, artistique, innovatrice, pluriculturelle, multiethnique, interculturelle et multilingue. (Art.3) et qui vise à “développer le potentiel créateur de chaque etre humain en vue du plein exercice de sa personnalité et de sa citoyenneté”, á “stimuler le respect de la dignite des personens” ; á “développer la formation d´une conscience écologique pour préserver la biodiversité”. (Art. 15)

    2.Langelier poursuit : “L’université ne contrôlera plus seule les admissions et les élections internes, ce qui représente une double menace pour son autonomie”. Le monde universitaire s’est déclaré en "désobéissance civile".

    Les droits d´inscription exorbitants pratiqués par de nombreuses universites privees ont pendant longtemps tenu la majorité sociale á l´écart de l´éducation supérieure (on compte au Venezuela 80 % de secteurs populaires). La nouvelle loi démocratise les élections internes jusqu´ici réservée á une minorité, en incluant l´ensemble du personnel et de la communauté universitaires. La fin du négoce et du suffrage censitaire irrite logiquement les entrepreneurs du savoir, mais ne peut que réjouir les esprits démocratiques. C´est pourquoi la majorité des étudiants et des professeurs approuve cette réforme.

    3.“L`Eglise proteste contre la disparition de toute mention d’un enseignement catholique facultatif.”

    La hiérarchie catholique a longtemps régné sur l´éducation et largement profité des subventions de l´Etat. Elle perd un de ses grands négoces. D´ou sa campagne féroce contre un “Chavez qui veut chasser Dieu de l´école” (2). Dans la nouvelle loi, “les familles ont le droit et la responsabilité de l´éducation religieuse de leurs enfants, en accord avec leurs convictions et conformément a la liberté religieuse et de culte, prévue par la Constitution de la Republique. L´Ètat veillera en toute circonstance á maintenir le caractère laïque de l´éducation et à préserver son indépendance vis-à-vis des courants et des organismes religieux” (art. 7)

    4. Selon Langelier, “sous prétexte de légiférer sur l’école, deux articles visent une autre cible : les médias. L’enseignement scolaire devra inclure "une analyse critique des moyens de communication" ; les médias ne pourront publier des informations qui "terrorisent les enfants" ou "portent atteinte aux saines valeurs du peuple vénézuélien". Une interdiction aussi vague ouvre la voie à toutes les censures.”

    L´article de loi en question n´a rien de neuf. C´est une copie fidèle de la loi votée en 1980 (art. 11), soit 18 ans avant la premiere élection de Chavez. Cet article évoquait déjà la necessité de protéger les enfants de tout ce qui peut les terroriser, les pousser à la violence, à la haine, etc... Un article auquel nul n´avait trouvé à redire. Tous savent que le temps passé devant la télévision a deplacé depuis longtemps celui passé sur les bancs de l`école (avec les conséquences dramatiques, violentes qu´on a pu observer ici et là, aux Etats-Unis ou en France). La vraie nouveauté de la loi, c´est l´éducation critique aux médias, une mesure souvent recommandée par les pédagogues du monde entier et qui angoisse Mr. Langellier. Celui-ci ferait bien de relire ce qu´un rédacteur en chef du Monde proposait dès 1979 : "Savoir maîtriser les médias, avoir une attitude critique à leur égard, c’est à coup sûr se donner la possibilité d’être mieux informé, et d’en tirer le plus grand parti possible. Un lecteur qui comprend les mécanismes de fabrication d’un journal, qui sait analyser un article, comparer diverses sources… sera plus exigeant. L’école est le premier lieu où doit se faire cet apprentissage (…) L’éducation du citoyen et sa liberté dépendent aujourd’hui de sa capacité à maîtriser le flot d’informations qu’il reçoit ou subit.” (3)

    Trente ans plus tard le Monde en est réduit au journalisme de guillemets. La matrice mondiale (Venezuela = Cuba =URSS) permet de remplacer l`enquête par la typographie. “Socialisme”, “textes socialistes”, “principes du socialisme”, “fils d`ouvrier”, les guillemets de Mr. Langelier sont censés nous faire peur. Hier le Monde dénoncait un “parti unique”. Deux ans plus tard ce “parti socialiste unifié” a pris sa place, comme prévu, parmi les quarante partis de droite et de gauche régulièrement soumis au choix dex électeurs. Privé de droit de suite, le lecteur du Monde n´en saura rien. Cette fois J.-P. Langelier dénonce la présence de “conseils communaux” comme “agents d´éducation” contrôlés par le pouvoir. en omettant de dire que ces conseils communaux s´inspirent des assemblées de budget participatif que les altermondialistes admiraient a Porto alegre (Brésil). Structures-clefs de la démocratie participative, parfois embryonnaires, ils sont ouverts à tous, au point que des partis de droite comme Primero Justicia, en contrôlent certains. Les projets qu´ils proposent, financés par l´Etat, sont réalisés par les habitants eux-mêmes, une bonne manière de lutter contre la corruption qui sévissait dans l´usage des fonds publics.

    Les tenants d´une conception démocratique, participative de l´école ne peuvent que se réjouir de ce que parents, élèves, habitants travaillent la main dans la main pour faire sortir l´école de ces murs, lui rendre sa dimension sociale, développer les valeurs de solidarité, d´égalité, de lutte contre toute forme de discrimination, comme le demande la nouvelle loi. Des générations de pédagogues, de Paulo Freire à Jean Piaget, en ont rêvé. Le Venezuela l´a fait. Les lecteurs auront-ils droit à une enquête de terrain, contradictoire, sur la concrétisation de cette loi ? Parti précipitamment pour le pays des soviets, le correpondant du Monde restait hier injoignable.

    Notes :

    (1) Pour savoir ce qu´écrira demain Mr. Langelier, voyez ce que dit aujourd´hui la télévision privée venezuelienne (80 % des ondes) dont RCTV, http://elobservador.rctv.net/ soi-disant “fermée par Chavez”, Globovision, http://globovision.com/channel.php?cha=1 ou la presse écrite, majoritairement d´opposition : Tal Cual http://www.talcualdigital.com/index.html , El Nacional, http://www.el-nacional.com/, El Universal, http://opinion.eluniversal.com/, ou Ultimas noticias, http://www.ultimasnoticias.com.ve, La Razón, http://www.larazon.net/

    (2) Le cardinal Velazco avait signé de sa main, face aux caméras des télévisions privées, le décret du coup d`Etat contre le president Chávez (12 avril 2002). Au Honduras le clergé catholique vient d`avaliser le coup d´Etat contre un president jugé trop réformiste.

    (3) Jacques Fauvet, préface de LIRE LE JOURNAL, de Yves Agnès et Jean-Michel Croissandeau, pour comprendre et expliquer les mécanismes de la presse écrite, avec 110 fiches pratiques, - Saint-Julien-du-Sault : Éd. Lobbies, 1979. -263 p. (Cité par Hugo Chavez le 16/08/2009).

    (4) Images occultées par le Monde : moblisations massives en faveur de la loi :

     

    Images diffusées mondialement : l´opposition "réprimée"  :


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  • L’Union européenne a décidé de réintroduire la peine de mort pour les insurgés. Vous ne le croyez pas ? Les médias ne vous l’ont pas appris?  Alors asseyez-vous et attachez vos ceintures.

    peine de mort2

    Tous les Etats membres de l’Union européenne ont aboli la peine de mort. Lors d’émeutes, c’est la prison qui est la pire sanction qui attend les insurgés. Or le Traité de Lisbonne admet de nouveau la peine de mort pour les insurgés au sein de l’Union européenne. A la suite de la crise économique, elle s’attend à de graves troubles dans beaucoup d’Etats membres. C’est pourquoi elle tient à ce que le Traité de Lisbonne entre en vigueur le plus rapidement possible.

    En juin 2008, les Irlandais l’ont refusé et bloqué ainsi son entrée en vigueur. Il vise à étendre considérablement le pouvoir des 27 commissaires de l’Union européenne, à mettre en place un président puissant, à réduire à l’état de vestiges les lois nationales des Etats membres et à rendre possible la peine de mort dans certains cas. L’entrée en vigueur du Traité permet explicitement de «réprimer [si nécessaire], conformément à la loi, une émeute ou une insurrection». La peine de mort pourra être prononcée dans l’UE pour sanctionner «des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre». Cela a été précisé en petits caractères dans le Bulletin officiel de l’Union européenne du 14 décembre 2007 et dans les commentaires à propos de la Charte des droits fondamentaux qui aurait force de loi si le Traité entrait en vigueur. Il semble que personne n’ait lu ce passage car l’article 2 («droit à la vie») de la nouvelle Charte des droits fondamentaux dispose que «nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté.» Cela paraît incontestable, mais dans un passage en petits caractères on trouve les exceptions:

    «La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire:

    a)    pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
    b)    pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue;
    c)    pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.
    »

    C’est ainsi que l’abolition de la peine de mort est relativisée et invalidée. Selon l’alinéa c), il sera donc possible dans l’UE, malgré l’interdiction officielle de la peine de mort, d’y recourir pour «réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection». Le saviez-vous? Le Bundestag allemand a voté en avril 2008, à une majorité de deux tiers, avec les voix de la CDU, du SPD, du FDP et des Verts, pour l’abandon de la souveraineté en faveur de l’UE, le Traité de Lisbonne et la réintroduction de la peine de mort pour des insurgés qui y est inscrite. La chancelière Angela Merkel a salué le Traité comme étant un «grand projet».

    Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le gouvernement de l’UE devient un gouvernement central puissant, comme celui de l’ex-Union soviétique. Les différentes républiques perdront beaucoup de leur importance et devront renoncer à leurs intérêts individuels pour le bien de l’Empire. Les Irlandais qui, contrairement aux Allemands, avaient été consultés par référendum sur le Traité et l’abandon de leur souveraineté qu’il impliquait l’avaient rejeté en juin 2008 également à cause du retour de la peine de mort. A l’automne 2009, il y aura en Irlande une seconde tentative. Pour que tout marche comme prévu, les 27 commissaires européens se sont mis d’accord en secret, le 18 mars, à Bruxelles, sur le fait de modifier plusieurs lois irlandaises avant le référendum. Ainsi l’UE a mené en Irlande, en dépit de l’interdiction de la propagande politique dans les médias étatiques, une campagne politique en faveur du oui au Traité de Lisbonne, campagne financée avec l’argent des contribuables européens.

    Afin que les Irlandais votent «correctement» lors du second référendum, cet automne, les 27 pays de l’UE se sont mis d’accord, le 18 mars à Bruxelles, pour aller à la pêche aux voix. Par exemple, les évêques qui prêchent dans les églises en faveur du Traité de Lisbonne, et donc de l’abandon de la souveraineté irlandaise, recevront de l’argent provenant des caisses de l’UE. En tête de la campagne figure la direction du Parlement européen. Elle a même annoncé publiquement qu’elle voulait que le «non» irlandais soit corrigé le plus vite possible, même au moyen de pressions directes exercées sur les évêques irlandais. De nombreux commissaires de l’UE ont estimé que c’était probablement un peu trop audacieux et ils se sont mis d’accord pour acheter des votes en secret.

    Extrait de:
    Udo Ulfkotte, «Vorsicht Bürgerkrieg!
    Was lange gärt, wird endlich Wut.»
    pp. 361-363. Kopp Verlag, 2009
    (Traduction Horizons et débats)
    ISBN 978-3-938516-94-2

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  • C'est la rentrée? Démolissons tout ! les cahiers au feu les écoles au milieu : tout doit disparaitre !

    Voici des mois déjà qu'on nous en rabat les esguourdes: -" Attention! Bientôt la rentrée!!!" ...Et ça a commencé avant même les éliminatoires au baccalauréat...C'est dire!
    Pour ne pas manquer la possibilité de faire un peu d'effet en la matière nous aurons été dans l'ensemble foudroyés par une succession ininterrompue de reportages divers et variés sur "la discrimination positive" et l'accession de quelques "d'jeun's" qui-en-veulent des "minorités invisibles" ou des "zones sensibles", tous candidats à une "intégration réussie", triés sur le volet, entrer à Science-Po, demain à l'ENA....
    Les sarkochiens ont même déniché à grands fracas médiatiques un préfet black juste avant l'élection de Obama, histoire de gagner du temps....

    Aussi, et selon nos humeurs rédactionnelles, ou encore à la faveur de quelques lectures, envisageons-nous de créer une petite entreprise de démolition des écoles.
    Nous tenterons de n'en oublier aucune. Bien sûr c'est là une entreprise longue et difficile, exigeante et nécessaire.

    Ainsi aurions-nous pu d'emblée commencer par les écoles hôtelières ou de danse classique...Mais vu que nos potes de l'Ocs (les affuteurs de ZAZ) s'étaient déjà déployés en direction de l'ENA, va pour l'ENA !
    (Steph)

    "Cuistrerie ordinaire

    Les deux comiques qui ont encore récemment fait une défense de l’Ena dans la grande presse reçoivent l’expression de notre sincère admiration : l’un était excellent dans le rôle de l’aveugle et l’autre dans celui du paralytique."
    (ZAZ)

    ENA : petit best of anti-ENA (exprimé en version zaz)

     

     

    Introductif : La question de l’ENA (qui est selon nous pour l’essentiel celle du pernicieux système-Ena plus que celle de l’Ecole seulement ou des énarques eux-mêmes), a été traitée pendant la présidentielle, et notamment par le PS, de manière désolante en utilisant la pure dénégation : Il n’y a pas de problème, passez votre chemin, les énarques sont des êtres très bien et ceux qui les critiquent sont des jaloux et des nuls

    Fort bien ! Permettez que nous donnions à présent, à notre façon et avec la terrible méchanceté qui présumément nous caractérise, tout le mal que nous pensons du bidule concerné.

    .................................

    Rappel :

    - Les zaz sont une forme d’expression politique.
    - Un zaz se définit comme un bon mot mauvais.
    - Ok, certains sont atroces, mais c’est le principe qui le veut.

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    Rayonnement français

    Les deux institutions françaises les plus connues à l’étranger sont la Légion étrangère et l’ENA.
    - Bien sûr, la plus fiable et la plus sympa reste la Légion : elle a sauté sur Kolwezi, elle, pas sur Paris.

    Dynamisme

    La France tente d’installer partout dans le monde des succédanés d’ENA.
    - On peut dire que l’ENA est la plus forte démarche d’expansion française depuis la Vache qui rit.

    Génie

    L’ENA, c’est incontestablement le génie de la France
    - Sauf que maintenant faudrait peut-être penser à faire bouillir.

    Qualité de l’énarque, la polyvalence

    L’Enarque sert à tout. Il y en a même, assure-t-on, qui commencent à opérer des amygdales.

    L’enseignement douloureux du cas Chevènement

    On peut se réveiller du coma, on ne se réveille jamais de l’ENA.

    Ce qu’on nous dit jamais sur les limites de l’ENA

    Enarque comporte auprès des nanas un premier défaut : certes un cerveau, mais pas d’abdominaux.

    Echec patent de l’ENA

    C’est avec un soin extrême qu’on sélectionne chaque année cent jeunes Français de talent pour devenir énarques : eh bien, malgré tout, on n’a jamais réussi à en tirer un seul champion cycliste.

    T’y crois à la métempsycose et que ça sert après à quelque chose ?

    Ouais ! ben par exemple, si t’as été antérieurement arbre et planté dans un jardin anglais, ça améliore forcément ta connaissance de la langue de Shakespeare. Ainsi, les énarques sont-ils le plus souvent d’anciens rhododendrons.

    Grande presse et énarchie : spécial Le Monde

    Enarques et journalistes de la grande presse sont indubitablement de très grands pros.
    - Mais la grande classe des énarques, leur haut niveau, c’est qu’eux n’ont pas autant besoin d’être fayots.

    Caractère torve de l’énarque

    La preuve la plus probante que les énarques sont des êtres mauvais, sans doute même pervers, c’est que de mémoire d’homme, on n’en a jamais vu un, chez lui, faire des confitures.

    Cuistrerie ordinaire

    Les deux comiques qui ont encore récemment fait une défense de l’Ena dans la grande presse reçoivent l’expression de notre sincère admiration : l’un était excellent dans le rôle de l’aveugle et l’autre dans celui du paralytique.

    Cuistrerie institutionnelle

    Après l’échec à l’Assemblée de la tentative récente pour supprimer l’ENA, ce que l’on peut conclure c’est que l’ENA est très utile, mais l’Assemblée pas du tout.

    ENA : Nous demandons pour les énarques des circonstances atténuantes

    Après tout, s’ils n’étaient pas passés par Science-Po, ce seraient des gens normaux.

    ENA : Dominique de Villepin

    A son nom, à son allure, à sa classe, tout de suite tu sais que Dominique, Marie, François, René Galouzeau de Villepin n’est pas sorti de l’ENA avec un premier prix d’accordéon.

    ENA et carrièrisme

    Immanquablement, un énarque est soit un incapable crasse soit un intrigant carriériste. A la vérité, il faut bien concéder qu’il y a quelques heureuses exceptions où l’énarque n’est ni l’un ni l’autre.
    - Et quand il est et l’un et l’autre ?
    - Alors en général c’est qu’il est ministre."

    Hors-concours : Le cas Copé

    La preuve que les énarques sont les meilleurs est qu’ils occupent toujours les meilleures places.
    - Evidemment, il y a au moins un cas incompris à ce jour, c’est Jean-François Copé.

    ENA

    Finalement la seule vraie célébrité de l’ENA, maintenant c’est l’Ocséna.

    Ocsena, Organisation contre le système-ENA... (et pour la démocratie avancée)
    - http://ocsena.ouvaton.org

    ..............................................

    Commentaire par Mattlouf

    pour ceux qui n'auraient pas vu la première « conférence gesticulée », c'est ici : Inculture I 


    Inculture(s) - I


    2007 - Franck Lepage

    138 minutes

    Quelle est l'origine du ministère de la Culture ? Comment fonctionne-t-il ? A quoi et à qui servent les politiques "culturelles" menées par l'État français ? Depuis quand existe le concept d'éducation populaire, et pourquoi est-il abandonné par l'État ? Comment résister ?

    Franck Lepage, chargé de la culture à la fédération française des maisons des jeunes et de la culture puis chargé de mission pour le cabinet de la ministre de la jeunesse et des sports, explique pourquoi il a rompu avec ce milieu et se consacre désormais à dénoncer les politiques étatiques menées au nom de la "Culture". Avec acidité, humour, autodérision et esprit libertaire, il raconte son parcours, les coulisses de la "Culture", l'hypocrisie et l'élitisme du système, des pistes de résistance.


    Inculture(s) II - Une autre histoire de l'éducation , c'est ici Inculture II 

    2009 - Franck Le Page

    148 minutes
    « Et si on empêchait les riches de s'instruire plus vite que les pauvres ? » ou
    « comment j'ai raté mon ascension sociale »

    Quels sont les fondamentaux de l'Éducation Nationale ? À quoi sert-elle ? Y a t-il eu des alternatives ? Quelles perspectives pour l'Éducation Nationale ?

    Après inculture 1 qui décortiquait le mensonge qu'est ce concept gouvernemental de « Culture », Franck Le Page met en perspective le système d'éducation en France. Partant des projets d'éducation émis suite à la révolution de 1792, il nous montre combien l'Éducation Nationale comporte en elle les conditions de la reproduction des inégalités sociales et combien il est plus que nécessaire de mettre son nez dans les évolutions à venir.


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  • Et le Pouvoir pourra étouffer toutes les affaires gênantes

    Les procureurs aux ordres du gouvernement auront les mains libres

    mardi 1er septembre 2009, par Olivier Bonnet

     

    jdd

    Aujourd’hui est présenté à Nicolas Sarkozy le rapport Léger, dont on connait le contenu depuis samedi, avec l’exclusivité du Journal du dimanche qui confirme nos pires craintes : "Initialement commandé par Rachida Dati, alors ministre de la Justice, en octobre 2008, ce travail (celui du comité Léger, du nom d’un de ses membres, haut magistrat en retraite, NdA) ne s’est pas fait sans peine. Tout juste commençait-il que le président de la République lançait un véritable coup de tonnerre, en janvier, devant la Cour de cassation, en annonçant sa volonté de supprimer la fonction de juge d’instruction. Deux membres du comité Léger (une magistrate et un journaliste) avaient aussitôt démissionné, estimant que l’impartialité des travaux en cours n’était plus garantie." Mais hormis ces deux gêneurs, les autres membres du comité ont fait ce qu’on leur a dit de faire : "La partie la plus sensible du rapport Léger (...) concerne la suppression du juge d’instruction, magistrat inamovible et indépendant. "Il cumule les fonctions d’un juge avec celles d’un enquêteur.

    En d’autres termes, il n’est pas totalement juge, et pas totalement enquêteur", tranche le rapport. Qui propose de confier tous les pouvoirs d’enquête aux seuls procureurs, tout en se prononçant pour le maintien du lien hiérarchique entre ces mêmes procureurs et le ministre de la Justice. Exit, donc, l’éventualité de donner son indépendance au parquet." C’est la fin des juges indépendants qui osaient enquêter sur des affaires embarrassantes pour le Pouvoir : le procureur, aux ordres du ministre de la Justice, pourra décider seul s’il y a lieu d’ouvrir une enquête. Une régression démocratique sans précédent. "Pour faire contrepoids, le rapport suggère toutefois que les enquêtes pénales se déroulent à l’avenir sous le contrôle d’un "juge de l’enquête et des libertés", poursuit l’article.

    Celui-ci serait notamment chargé d’autoriser les mesures "les plus attentatoires aux libertés", comme les perquisitions et les écoutes téléphoniques. Il serait également "garant de la loyauté de l’enquête". Des propositions qui (...) hérissent au plus haut point les syndicats de magistrats : l’Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature le martèlent, les procureurs ont l’obligation d’obéir à l’exécutif et ne pourront guère qu’enterrer les affaires sensibles. Quant au futur juge de l’enquête et des libertés, ces mêmes syndicats l’imaginent d’ores et déjà privé de pouvoir réel et réduit à valider ce qu’on voudra bien lui montrer…"

    rdTentant d’expliquer les bénéfices apportés par cette réforme, l’ancienne garde des Sceaux et sa successeure, Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie, rivalisent de mauvaise foi avec une faiblesse d’argumentation qui s’apparente au foutage de gueule pur et simple. "Ce n’est ni le président de la République ni moi qui avons inventé l’affaire d’Outreau pour décrédibiliser la fonction du juge d’instruction, déclare ainsi Dati au JDD. Cette affaire, qui n’est pas une affaire politico-financière, a néanmoins démontré les failles de notre système, celle du juge d’instruction, mais aussi des avocats (qui ne demandent pas toujours les actes nécessaires), du parquet, des services d’enquête…" Il faut donc supprimer le juge d’instruction pour tirer les enseignements du fiasco d’Outreau.

    Sauf que cette affaire a aventraîné la création d’une commission d’enquête parlementaire, présidée par le socialiste André Vallini. Qu’en pense ce dernier ? "Je trouve regrettable que l’on n’ait même pas laissé le temps à la réforme de la collégialité de l’instruction d’être mise en œuvre, explique-t-il au JDD. Après six mois de travail, les membres de la commission Outreau, de droite comme de gauche, avaient considéré à l’unanimité que le juge d’instruction était "le pire des systèmes à l’exception de tous les autres". On avait donc décidé de passer à une instruction qui deviendrait collégiale, avec les pôles de l’instruction qui devaient entrer en vigueur au 1er janvier 2010. Et le président de la République annonce, sans même avoir prévenu la ministre de la Justice ni les parlementaires, qu’il va supprimer le juge d’instruction…"

    Quel mépris de la représentation nationale : six mois de travail, l’unanimité pour réclamer la collégialité de l’instruction et le président qui, finalement, s’asseoit sur la proposition de la commission - qui n’aura donc servi à rien - et décide de supprimer le juge sans même attendre l’entrée en vigueur de ladite collégialité ! Invoquer Outreau pour justifier la future réforme, c’est faire mine d’oublier que la solution retenue pour tirer les leçons de cete lamentable affaire, après mûre réflexion, n’était pas du tout celle-là.

    toreroQue valent les autres arguments de Dati ? Lorsque la journaliste du JDD, Marie-Christine Tabet, évoque "une volonté de mise au pas des juges", la nouvelle eurodéputée UMP répond : "C’est du fantasme. C’est l’opposition qui agite ce chiffon rouge. La réforme prévoit un juge de l’enquête et des libertés. Son rôle consistera à contrôler le procureur et le travail des enquêteurs.

    Les avocats pourront lui faire des demandes d’actes." Ainsi, alerter l’opinion sur les dangers d’une réforme qui met à bas l’indépendance de la justice reviendrait à la leurrer, comme le toréro brandit sa muleta pour inciter le taureau à charger, parce que le "juge de l’enquête et des libertés" contrôlera l’enquête ? Mais on ne peut contrôler une enquête qui n’existe pas ! Et le procureur n’aura qu’à lancer "Circulez, y’a rien à voir" pour que la procédure s’arrête là. Dati répond donc à côté. Mais que dire de sa déclaration suivante ? "Il ne s’agit pas d’une suppression de l’instruction mais de son organisation.

    Je ne vois pas dans ces conditions comment une affaire pourrait être enterrée. Je remarque que dans le passé, même s’il y a eu des tentatives de bloquer mamcertaines enquêtes, elles n’ont jamais atteint leur but puisque les médias s’en sont saisis." On se pince ! Michèle Alliot-Marie la rejoint, citée par L’Express : prétendre que cette réforme faciliterait l’intervention du pouvoir politique, "c’est ignorer la situation. Faire disparaître une affaire dans la société française c’est devenu aujourd’hui impossible".

    Les divagations des deux pétroleuses UMPistes font songer à l’invraisemblable déclaration de Sarkozy lui-même, proférée lors de la conférence de presse de Bruxelles du 19 juin dernier, alors qu’on l’interrogeait sur le karachigate : "On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d’État n’existe plus". Rappelons que, pas plus tard qu’en août 2008, fut classée l’affaire des frégates de Taïwan, malgré "les médias", "la société française" et le fait que le "secret d’État n’existe plus" (sic).

    rdExtrait de notre billet L’enterrement de première classe : "Au moment de la vente des frégates, Roland Dumas (PS) est ministre des Affaires étrangères. Il parlera neuf ans plus tard, en 2000, de commissions pharaoniques, d’un montant de 5 milliards de francs, versées pour l’occasion à des intermédiaires chinois, de Pékin et de Taipei, selon la version officielle. «  À des responsables industriels et à des hommes politiques français, selon toute vraisemblance », complète Le Nouvel Observateur. Certaines de ses sommes transitent sur des comptes de la chambre de compensation financière luxembourgeoise Clearstream (...).

    Chaque fois que des juges veulent enquêter en profondeur, il leur est opposé le « secret défense » (à l’occasion partiellement levé, mais jamais jusqu’à pouvoir atteindre le fond de l’affaire). (...) déclaration de Dumas dans les colonnes de Libération : "Il ne restera rien de cette affaire si ce n’est un arrière-goût désagréable », a-t-il ajouté, en réaffirmant connaître l’identité des bénéficiaires de ces supposées rétrocommissions. « Beaucoup de gens qui étaient à ce moment-là dans le gouvernement, dans les responsabilités de la haute administration, le savent également.

    C’est un secret de polichinelle » a-t-il dit." Pardon ? Seule la justice ignorerait donc dans quelles poches a abouti une somme évaluée à rvrtrois milliards de francs, l’identité des heureux récipiendaires étant un secret de polichinelle ? Mais alors, Monsier le juge Renaud Van Ruymbeke, il ne faut pas classer l’affaire ! Rappelons en effet que mettre un point final au dossier ne saurait être la décision du parquet seul et que le magistrat est tout à fait libre de ne pas le suivre et ainsi de ne pas prononcer le non-lieu général.

    Van Ruymbeke devrait donc réentendre Roland Dumas et exiger de lui qu’il livre à la justice, rendue au nom du peuple français, le nom de tous ces anciens membres du gouvernement et responsables de la haute administration qui partagent le secret de polichinelle, les forcer à témoigner à leur tour pour que tous livrent l’identité des bénéficiaires des rétrocommissions. Puisque tout le monde les connaît. On parie qu’il n’en fera rien ?" Le pari fut gagné et l’affaire classée. Il est dans ces conditions piquant d’entendre aujourd’hui le même Van Ruymbeke s’exprimer (dans le JDD encore) à propos de la réforme préconisée par le rapport Léger : "Quelle sera la marge de manœuvre des procureurs soumis à l’autorité du garde des Sceaux lorsqu’ils auront à traiter des affaires financières politiquement sensibles ou qui mettraient en cause des proches du pouvoir ? Une telle réforme n’est viable que si le statut du parquet est modifié et qu’on lui accorde les mêmes garanties d’indépendance que le juge d’instruction.

    Or dans son prérapport, la commission Léger se prononce "contre une rupture du lien existant entre le parquet et le pouvoir exécutif". Par conséquent, la messe est dite. On assiste à une reprise en main par le pouvoir politique de l’action pénale. Ces dernières années, les gardes des Sceaux successifs ont réaffirmé leur autorité sur les procureurs de la République, ce qui me paraît correspondre à une régression des libertés publiques". Des propos tout simplement irréfutables. Prétendre comme le font Dati, Alliot-Marie et Sarkozy qu’étouffer une affaire est impossible est une véritable insulte à l’intelligence du citoyen, ainsi que le prouve un autre dossier, celui de l’appartement de l’île de la Jatte du futur président de la République. Nous en parlions en octobre 2007 dans notre article titré Plainte contre Sarkozy classée : le déni de justice, que nous republions intégralement ci-dessous.

    philippe_courroye"Philippe Courroye, procureur de la République au Tribunal de Grande Instance de Nanterre, était saisi de la plainte d’un particulier de Nanterre à propos des conditions de l’achat par Nicolas Sarkozy de son appartement sur l’île de la Jatte. Celle-ci reprochait au futur chef de l’Etat, se basant sur les révélations du Canard enchaîné, d’être coupable d’ "association de malfaiteurs, pacte de corruption, enrichissement frauduleux, prise illégale d’intérêt, corruption et immoralité d’un élu, violation de la loi SRU".

    En l’espèce, Sarkozy a cédé, en tant que maire de Neuilly, des terrains sur l’île de la Jatte au promoteur Lasserre, en vue de la la réalisation d’un programme immobilier. Puis il lui a acheté un appartement ainsi bâti. Ces faits ne font l’objet d’aucune contestation. Or le particulier Sarkozy n’avait pas le droit de conclure une affaire avec un promoteur qui traitait avec la municipalité dirigée par le maire Sarkozy : est constitutif de la prise illégale d’intérêt "le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement" (délit "puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende", article 432-12 du code pénal).

    C’est clair comme de l’eau de roche et il n’y a même pas besoin d’aller plus loin, le délit de prise illégale d’intérêt est constitué. Or Philippe Courroye est un éminent juriste, comme l’atteste par exemple sa fiche biographique de Wikipédia, qui connaît par conséquent parfaitement la loi. Il a pourtant classé sans suite mardi dernier l’enquête préliminaire de police ouverte sur ces faits.
    Mais il y a pire : Le Canard nous a appris que le maire Sarkozy a accordé au promoteur, pour l’achat de ces terrains, un rabais de cinq millions de francs (775 000 euros). Sonné par cette révélation de l’hebdomadaire satirique, celui qui était alors candidat à la présidentielle avait justifié ce rabais par la baisse du marché immobilier.

    Or, à l’époque où il fut consenti, les professionnels du secteur sont unanimes à nier cette conjoncture négative : l’argument de Sarkozy ne tient pas. Ensuite, juste retour des choses, quand il a acheté son appartement au promoteur auquel il avait permis de le construire - avec une ristourne -, il a lui-même bénéficié d’un cadeau (toujours révélé par Le Canard) de 300 000 euros, sur le prix d’achat et les travaux réalisés dans le logement. Pour s’en défendre, Sarkozy avait alors produit une facture de 72 000 francs, correspondant à la pose d’un escalier, et promis d’en rendre publiques d’autres. Mais il n’a plus jamais montré une seule facture ! Il n’a donc ainsi nullement dissipé les lourds soupçons de corruption passive. Pour la bonne bouche, il revendra finalement ledit appartement 1,9 millions d’euros, réalisant ainsi une plus-value de 122%. Il y a donc enrichissement personnel.

    impunit_s_fran_aises_couvRésumons : Sarkozy est incontestablement coupable de prise illégale d’intérêts et suspect de corruption passive avec enrichissement personnel. L’enquête préliminaire aurait dû faire la lumière sur cette deuxième accusation, la première étant établie. Or qu’écrit au plaignant le procureur Courroye, dans une lettre rendue publique par son cabinet vendredi dernier et annonçant le classement sans suite ? "Le traitement de votre plainte n’a pas permis de caractériser l’existence d’infractions pénales".

    Sauf que la prise illégale d’intérêt est bien une infraction pénale et que rien ne peut en l’occurrence nier qu’elle soit effective, bon sang ! Voilà donc un scandaleux déni de justice. (...) Comment expliquer alors l’attitude de Philippe Courroye, qui étouffe l’affaire en s’asseyant sur le code pénal ? Deux pistes : la réaction d’Emmanuelle Perreux, présidente de Syndicat de la magistrature, à l’époque de sa nomination au poste de procureur de Nanterre, dénonçant le "verrouillage par la droite des postes stratégiques", et cette phrase laconique de la dépêche de l’agence Reuters consacrée au classement sans suite : "La nomination en avril dernier comme procureur de Nanterre, de Philippe Courroye, jusqu’alors juge d’instruction anti-corruption réputé, avait suscité des critiques, ce magistrat ne cachant pas sa proximité avec Nicolas Sarkozy." Vous reprendrez bien une banane ?"

    On voit bien que, même avec un juge d’instruction indépendant, le Pouvoir est déjà en mesure, aujourd’hui, d’enterrer une affaire gênante - explosive, même, en l’espèce : le procureur, comme Philippe Courroye, n’a qu’à ne pas en nommer et classer le dossier. La suppression du juge d’instruction parachève ce système : désormais, il deviendra totalement impossible d’enquêter sur tout fait impliquant nos dirigeants, qui bénéficieront de fait d’une impunité totale, hormis l’hypothèse d’une alternance du pouvoir politique qui permettra aux opposants d’hier de faire poursuivre les ex-gouvernants.

    Quoi qu’il en soit, la séparation des couvpouvoirs ne sera plus qu’un souvenir. "Ce principe est si fondamental pour un État de droit, écrivions-nous dans notre ouvrage Sarkozy, la grande manipulation, que l’article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, incluse dans le préambule de la Constitution de 1958, précise : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». Cette séparation s’organise de la façon suivante, telle que résumée par le site du ministère de la Justice : « le législateur (l’Assemblée nationale et le Sénat) vote les lois, l’exécutif est chargé de leur exécution, l’institution judiciaire veille à leur application  ». Aujourd’hui, l’exécutif contrôle déjà dans les faits le législatif : il est impossible qu’une loi passe sans avoir l’assentiment du gouvernement.

    Elle le pourrait en théorie, mais l’attitude des parlementaires de la majorité, aux ordres, l’interdit en pratique. Avec la suppression du juge d’instruction, voilà que l’exécutif aura également à sa botte le troisième pouvoir, celui de l’institution judiciaire. Tous les pouvoirs concentrés entre les mêmes mains : un grand pas vers la dictature. Si protester haut et fort contre cette dérive antidémocratique flagrante revient à "agiter le chiffon rouge", comptez sur nous pour continuer à toréer* !

    PS : la suppression du juge d’instruction s’inscrit dans le contexte d’une constante opposition entre le président de la République et la justice. Relire à ce sujet Sarkozy contre les juges : une vieille histoire.

     

    chut !* Mais la tauromachie journalistique est un sport dangereux : un magistrat nous poursuit pour "injure publique", à la suite de propos tenus sur ce blog. Mobilisez-vous pour défendre la liberté d’expression ! Explications et pétition de soutien dans cette article 

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  • Ce leurre pernicieux que de son échafaudage Radio France répand dans Paris

    « Ils osent tout ! C’est même à ça qu’on les reconnaît ! » disait Fernand Naudin, incarné par Lino Ventura dans « Les Tontons flingueurs ». Seulement, ici, il s’agit des médias. Ils ne ratent pas une occasion, en effet, de diffuser leur « théorie promotionnelle de l’information », chaque fois qu’ils le peuvent. Car ils savent que la masse des citoyens à laquelle ils s’adressent, est bien trop démunie pour en percevoir les erreurs. <o:p></o:p>

    Cette fois, c’est tout Paris qui en profite. La Maison de Radio France est en travaux jusqu’en 2013. Un sarcophage d’échafaudage recouvre sa tour centrale, et comme c’est devenu l’usage, des tentures le dissimulent. Tantôt elles reproduisent en photo l’immeuble caché, tantôt elles accueillent de gigantesques publicités. Radio France a choisi de faire sa propre publicité. C’est son droit. Mais de quelle manière ? On peut lire à la ronde en énormes caractères ce slogan ahurissant : « C’est bien la première fois que nous avons quelque chose à vous cacher ».<o:p></o:p>

    Sans doute doit-on percevoir de l’humour dans l’image incongrue qui associe par surprise la nécessaire dissimulation des bâtiments pour cause de travaux de rénovation et la franchise coutumière dont Radio France prétend s’être fait une règle. Mais cette assimilation abusive est un pur amalgame qui ne parvient pas à atténuer l’énormité proférée. <o:p></o:p><o:p></o:p>

    Se trouve diffusée, en effet, avec l’argent du contribuable, une des grandes illusions de l’univers médiatique : l’illusion de l’exhaustivité de l’information. Elle repose sur deux croyances. L’une dérive des performances prodigieuses des médias électroniques qui se jouent du temps et de l’espace. Au moment même où un événement se produit, l’information peut être aujourd’hui diffusée de n’importe quel bout du monde à toute la planète. La puissance technologique des médias est telle qu’on en viendrait à croire à « la maison de verre transparente planétaire » où aucune information n’échapperait désormais à personne.<o:p></o:p><o:p></o:p>

    C’est être le jouet d’une seconde croyance, selon laquelle tout émetteur livrerait l’information dont il dispose dans son intégralité. La réalité est tout autre. « La relation d’information » obéit à un principe fondamental intangible que les prodigieuses performances médiatiques ne pourront jamais modifier : nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire. Chacun en fait l’expérience chaque jour. Il n’est pas question de donner à son adversaire des verges pour se faire battre. Il en résulte que le secret, cette information stratégique dissimulée qui garantit les défenses de chacun, voire sa survie, est jalousement gardé. On peut même parler de « l’illusion de l’iceberg » qui dissimule lui aussi plus qu’il ne montre.<o:p></o:p>

    La contrainte de l’exiguïté du temps de diffusion disponible<o:p></o:p><o:p></o:p>

    Ainsi, que Radio France ose dire que « c’est bien la première fois qu’(elle a) quelque chose à cacher (à ses auditeurs) », est d’abord une erreur parce qu’il lui est impossible de prétendre à l’exhaustivité de l’information. Mais l’erreur devient un leurre dès lors qu’il s’agit de l’inculquer pour gagner en crédit. Comme tout le monde, Radio France est obligée chaque jour de dissimuler plus qu’elle ne peut révéler. Quand bien même elle n’obéirait pas au principe fondamental de « la relation d’information » - ce qui est déjà impossible - , la contrainte de l’exiguïté du temps et de l’espace de diffusion disponible la forcerait à faire un tri draconien parmi les dizaines de milliers d’informations qui circulent chaque jour, et donc à cacher plus qu’à révéler.<o:p></o:p><o:p></o:p>

    Pour ne prendre qu’un exemple récent : est-ce qu’une quelconque station de Radio France ou de France Télévision a appris à ses auditeurs que le Président de la République avait décerné la Légion d’honneur, en mai dernier, au héros de « l’affaire des Irlandais de Vincennes », qui a été aussi une des victimes des « écoutes téléphoniques de l’Élysée », le Lieutenant-Colonel Jean-Michel Beau ? Est-ce que cet événement rarissime ne méritait pas d’être porté à la connaissance des citoyens pour qu’ils apprennent – une fois n’est pas coutume – qu’une conscience avait osé s’élever contre les turpitudes du pouvoir présidentiel depuis 1982, avait souffert pendant 26 ans de ses calomnies, mais avait fini par gagner en justice dans « l’ affaire des écoutes téléphoniques de l’Élysée » en septembre 2008, et que la République, en la personne de son Président, avait tenu à saluer son héroïsme pour l’offrir en modèle à ses concitoyens par la remise de la Légion d’honneur ?<o:p></o:p> <o:p></o:p>

    On voudrait être démenti. Mais sauf erreur, ni Radio France ni France Télévision n’en ont parlé. Sans doute ont-ils jugé que ça n’en valait pas la peine, qu’elles avaient d’autres informations plus importantes à diffuser. Elles ont donc fait un choix obéissant au principe fondamental de l’information. Mais, ce faisant, les informations qu’elles ont élues, ont impliqué en retour que d’autres soient exclues et donc cachées, compte tenu de la contrainte de l’exiguïté du temps disponible de diffusion. Le slogan de Radio France est donc bien un leurre dont même l’usage avec humour n’atténue pas la perversité. 

    Paul Villach 


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