• LA réunion tenue au Costa Rica ne conduisait et ne pouvait pas conduire à la paix. Le peuple du Honduras n’est pas en guerre, seuls les putschistes utilisent les armes contre lui. C’est à eux qu’on devrait demander de mettre fin à leur guerre contre le peuple. Une réunion de ce genre entre Zelaya et les putschistes ne servirait qu’à démoraliser le président constitutionnel et à épuiser les énergies du peuple hondurien.

    L’opinion publique mondiale est au courant de ce qui s’est passé dans ce pays à travers les images diffusées par la télévision internationale, notamment à travers Telesur qui, sans perdre une minute, a fidèlement transmis chaque événement survenu au Honduras, les discours prononcés et les accords unanimes des organismes internationaux condamnant le coup d’Etat.

    Le monde entier a pu voir les coups assénés aux hommes et aux femmes, les milliers de gaz lacrymogènes lancés contre la multitude, les gestes grossiers faits avec des armes de guerre et les coups de feu déchargés pour intimider, blesser ou assassiner les citoyens.

    L’idée selon laquelle l’ambassadeur des Etats-Unis à Tegucigalpa, Hugo Llorens, ignorait ou a découragé le coup est absolument fausse. Il en était au courant, de même que les conseillers militaires nord-américains qui n’ont pas cessé une minute d’entraîner les troupes honduriennes.

    Nous savons aujourd’hui que l’idée de promouvoir la gestion de paix depuis le Costa Rica est née dans les bureaux du département d’Etat dans le but de contribuer à la consolidation du coup militaire.

    Le putsch a été conçu et organisé par des personnages sans scrupules de l’extrême droite, des fonctionnaires de confiance de George W. Bush qui avaient été promus par lui.

    Tous, sans exception, possèdent un gros dossier d’activités contre Cuba. Hugo Llorens, ambassadeur au Honduras depuis la mi-2008, est Cubano-américain. Il fait partie du groupe d’ambassadeurs agressifs des Etats-Unis en Amérique centrale, formé de Robert Blau, ambassadeur au Salvador, de Stephen McFarland au Guatemala et de Robert Callahan au Nicaragua. Ils ont tous été nommés par Bush en juillet et août 2008.

    Ils suivent tous les quatre la ligne d’Otto Reich et de John Negroponte, responsables, conjointement avec Oliver North, de la sale guerre contre le Nicaragua et des escadrons de la mort en Amérique centrale qui ont coûté la vie de dizaines de milliers d’habitants des peuples de la région.

    Negroponte a été représentant de Bush auprès des Nations Unies, tzar des services de renseignement nord-américains et finalement sous-secrétaire d’Etat. Lui, de même qu’Otto Reich, par des voies diverses, ont été derrière le coup au Honduras.

    La base de Soto Cano dans ce pays, siège de la Force opérationnelle mixte Bravo, rattachée aux Forces armées des Etats-Unis, constitue le point d’appui principal du coup d’Etat au Honduras.

    Les Etats-Unis envisagent le plan ténébreux de créer cinq nouvelles bases militaires autour du Venezuela, sous prétexte de remplacer celle de Manta en Equateur.

    La situation incontestablement compliquée, créée en Amérique centrale, par l’aventure absurde du coup d’Etat au Honduras, ne peut être résolue sur la base de pièges, tromperies et mensonges.

    De nouveaux détails concernant l’implication des Etats-Unis dans cette action, qui aura des retombées sérieuses dans l’Amérique latine dans son ensemble, sont dévoilés chaque jour.

    L’idée d’une initiative de paix à partir du Costa Rica a été transmise au président de ce pays depuis le département d’Etat, alors qu’Obama, en visite à Moscou, déclarait, dans une université russe, que le seul président du Honduras était Manuel Zelaya.

    Les putschistes étaient en difficultés. L’initiative transmise au Costa Rica avait pour but de les sauver. Il est évident que chaque jour de retard est lourd de conséquences pour le président constitutionnel et tend à diluer l’extraordinaire soutien international dont il a bénéficié. La manœuvre yankee n’élargit pas les possibilités de paix ; bien au contraire, elle les réduit et le danger de violence augmente car les peuples de notre Amérique ne se résigneront jamais à la destinée qu’on leur a réservée.

    La réunion du Costa Rica remet en question l’autorité de l’ONU, de l’OEA et des autres institutions qui se sont engagées à soutenir le peuple hondurien.

    Lorsque que Micheletti, président de facto, a proclamé hier qu’il était prêt à renoncer à son poste si Zelaya démissionnait, il savait déjà que le département d’Etat et les militaires putschistes avaient décidé de le remplacer et de l’envoyer encore une fois au Congrès dans le cadre de la manœuvre.

    La seule chose honnête, à l’heure actuelle, est de demander au gouvernement des Etats-Unis de mettre fin à son intervention, de cesser d’apporter son soutien militaire aux putschistes et de retirer sa force opérationnelle du Honduras.

    Au nom de la paix, on prétend exiger au peuple du Honduras de renier tous les principes pour lesquels ont combattu toutes les nations de cet hémisphère.

    Juarez a dit : « Le respect au droit d’autrui est la paix ».

    Fidel Castro Ruz
    Le 16 juillet 2009

     Le Grand Soir 

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  •  

    Obama en Afrique, ô ! quelle assomption suprahumaine du mélanoderme africain devenu soudain maître du monde par procuration et par substitution imageante d’un mulâtre mi-africain, président des États-Unis ! Le triste dans l’affaire, c’est l’attitude de certains chefs d’État africains qui se désolent indolemment de ne pas pouvoir profiter de cette présence messianique qui aurait, semble-t-il, transformé leur capitale et palais présidentiel en Tabor politique pour la transfiguration béatifique de la « race noire ».

    En bon étasunien manipulateur et arrogant quoique souriant, Obama, l’occidental, figure désignée de la représentation des establishments occidentaux, s’est lui-même octroyé, dans la foulée des incohérences verbeuses, combien lamentables qui accompagnent sa visite sur le sol du continent noir, le rôle de juge suprême et moral des vertus de la gouvernance à la mode occidentale dans cette partie du monde réputée en occident pour sa mauvaise gestion, constamment dénoncée par la « communauté internationale » pour ses vices politiques antidémocratiques, ses retards endémiques, ses inaptitudes à entrer dans la modernité, son incapacité à transcender la géographie par l’histoire, marquant le pas sur place loin du progressisme occidental… Ainsi, mine de rien, sans s’en rendre compte, le président étasunien fils de kényan, reprend les mêmes stéréotypes racistes contre l’ethnie paternelle. Démarcheur d’une oligarchie bancaire et oracle d’un pays (les Etats-Unis) qui n’est en fait qu’un vaste marché de tous les négoces, en osant parler de bonne gouvernance, il a raté une belle opportunité de réserve et de silence intelligent.

    Car en fait, Obama représente un pays dont le système financier et économique, le plus malsain, le plus dictatorial qui soit, est fondé sur le crédit et l’endettement du citoyen au profit d’un groupuscule tyrannique de banquiers et de grands industriels et commerçants. Pays agresseur et agressif qui ne s’est enrichi que par le crime, depuis l’hécatombe des amérindiens aux dépens desquels les premières guerres bactériologiques furent entreprises lorsque les colons infectaient sciemment les linges des indigènes avec les corps des moribonds de la variole. Pays qui a pillé et accumulé toutes les richesses du continent américain en se nommant lui-même, l’Amérique par moquerie dédaigneuse et mégalomane, et qui, selon Monroe, s’est investi de la mission impérialiste et criminelle d’être maître de tous les pays d’Amérique.

    Pays qui, aujourd’hui encore, avec la bénédiction lâche, cynique et inavouée d’Obama, fait un coup d’État au Honduras après les centaines de débarquements et de coups d’État yankees commandités en Amérique au 20ème siècle. Et voilà que, malgré la crapulerie et l’avidité prédatrice de sa bourgeoisie, les gigantesques gabegies ignominieuses et frauduleuses de son économie par les politiciens à la solde de ses banquiers, ce pays se retrouve en plein déclin tout en mettant quasiment le monde entier, soumis à sa dictature financière, dans une terrible crise dont souffrent les plus pauvres… Nous croyons que la décence élémentaire devrait commander à l’illustre président, un peu d’économie voire de parcimonie locutoire face au vocable creux de bonne gouvernance aux États-Unis même, par ces temps de crise due aux indécences gestionnaires du public comme du privé au pays du drapeau étoilé… L’allégorie évangélique de la poutre et de la paille, a ici pleinement droit de cité

    Mais comme le dit un vieux proverbe « on ne voit jamais de tiques que sur les chiens étiques ».

    En attendant, certains dirigeants de l’Afrique implorent la présence de l’oint étasunien dans leur palais, le temps d’une brève visite, comme au Ghana béni de ce séducteur envoyé par la providence oligarchique de l’empire en déclassement, soucieux de se créer une icône de fascination pour les simples et les idolâtres. Sachant que la séduction est toujours affaire de manière, de gestuelle et non de substance, je me dis que le coup de la rareté visiteuse d’Obama à l’égard des capitales africaines, comme en économie où la valeur d’une marchandise vient de la rareté, a bien rempli son mandat de séduction et d’ironie des gouvernements et des peuples manipulés par ces derniers et les médias.

    Toutefois, pour faire honneur à la raison dans cette mer d’émotions et d’incohérences, nous disons que les peuples africains comme du reste du monde, doivent savoir que la bonne gouvernance salvatrice et libératrice s’il en est, ne peut venir que d’en bas, en sapant la verticalité du pouvoir actuel en vogue dans le monde, pour créer des structures de contrôle de l’économie et de la gestion publique des biens et ressources. C’est donc vers un mode horizontal de pouvoir qu’il faudra aller, loin des débilités coloristes, ethniques, verbales, franchement ridicules, où la masse des simples attendent un changement de cap de l’oligarchie oppressive qui les aiderait à leur propre émancipation.

    Il n’y pas d’émancipation donnée de bon cœur aux opprimés par leurs oppresseurs qui les a rendus tels qu’ils sont. Et même la bonne gouvernance de l’oppresseur occasionne le renforcement de sa domination sur les opprimés. Il n’y a d’espoir d’émancipation mesuré et concret pour les peuples que par leur action désaliénée contre les mécanismes structurels et systémiques de l’oppression.

    Obama comme n’importe quels futurs membres de minorités (ethniques ou autres) investis par un quelconque actuel ou futur empire, ne sera jamais que le comédien coloriste ou au mieux, le trophée chrysocale dénommé miraculeusement précieux pour enrichir les maîtres et abêtir les exclus.

    La libération est un projet qui ne se concrétise que par la projection des nouvelles valeurs sociales dûment imposées par l’action concertée et méthodique des peuples voulant se libérer des oligarchies.

    CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


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  • FR2, des soirées à thèmes très particuliers..

    par Eva R-sistons


    Il me semble avoir compris que FR2,
    toujours à la recherche de bonnes idées
    (qui bien entendu valoriseront ses préférés,
    Sarkozy, les libéraux, les Américains, les Israéliens..)
    programmerait à la rentrée des soirées à thèmes,
    avec, tenez-vous bien, comme animateurs,
    Marie Drucker la soubrette des marchands d'armes,
    Yves Calvi le spécialiste des faux débats,
    et Delahousse le maître de la désinformation,

    hé, hé, ça nous promet de belles soirées en perspective,
    et pour commencer, un joli théma

    sur la chute du Mur de Berlin,

    charmante occasion, certainement, 
    pour taper sur le système communiste
    (au cas où, vous l'aurez compris
    car vous êtes intellligent, il viendrait à l'esprit
    d'un déçu de la mondialisation heureuse
    de regarder du côté des expériences soviétiques)
    et rassurez-vous, le joyeux trio
    trouvera mille prétextes pour discréditer
    l'Opposition, les non-alignés, les Systèmes alternatifs,
    et bien sûr l' Iran, si différent et.. si riche en pétrole,
    faut bien nous préparer, comme dit la Marie (Drucker),
    à mourir pour Israël, pardon pour la France...
    mais comment peut-on faire des lapsus pareils ?
    Non, non, juré, promis, trop peur d'être taxée
    d'antisémitisme, pour un oui, pour un non,

    allons les veaux, entre deux matches de foot
    voici de quoi former vos pensées
    dans le sens des désirs de l'Elite
    qui programme... la mondialisation si bienheureuse !

    Allons z'enfants de la Patrie
    nous enrôler pour les belles guerres permanentes,
    allons sans murmure travailler en Inde pour 80 euros par mois,
    allons le coeur joyeux vers nos destins d'asservis
    aux maîtres du monde !

    Calvi, Drucker et Delahousse
    seront là pour égayer nos soirées,
    pour nous apprendre à penser comme il faut,
    pour faire de nos de doux moutons bêlants,
    allez la vie est belle,
    toujours plus belle,
    sur FR2 télé de désinformation ultra-sioniste ! 

    Eva dont la curiosité est aiguisée par tous ces nouveaux programmes,
    qui nous parleront du passé, ou de la Shoah,
    ou du joyeux présent (surtout pas des méfaits du capitalisme, chut !
    ni des guerres juteuses pour les multinationales),
    ou de l'avenir radieux avec le Nouvel Ordre Mondial,
    et même des extra-terrestres !

    Youpi, elle est pas belle la chaîne FR2 du service 
    très privé des sionistes et des marchands d'armes ?

    Le Blog D'Eva 


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  • Idéologie : Un système d’idées, de croyances, de doctrines propres à un groupe social. Une vision bien précise du monde, de la réalité.

    Nous sommes tous, qu’on le veuille ou non, à des degrés divers, d’une certaine façon, « idéologues ». C’est-à-dire que nous voyons les choses à travers nos perceptions, nos idées, nos convictions, bref nous avons tous des lunettes qui nous colorent la réalité.

    L’objectivité dans l’analyse des événements est un but à atteindre. Nous devons être conscients que nos opinions peuvent teinter notre perception des choses et de la réalité. Le journalisme est un métier qui, lorsqu’on le fait professionnellement, est une lutte constante pour parvenir à livrer des faits, à décrire des événements d’une façon à rendre le plus fidèlement possible leur couleur réelle en s’efforçant d’éliminer toutes opinions personnelles, toutes convictions individuelles, tous choix politiques, comme si on voulait rendre l’Être Humain en une machine neutre d’information.

    C’est un métier bien difficile. Les grands journalistes sont généralement ceux qui ont su atteindre et maintenir pendant toute leur carrière ce niveau de neutralité.

    On peut penser à ce regretté Louis Martin de Radio Canada. Ses proches collaborateurs disaient de lui que bien qu’il l’ait côtoyé professionnellement "intimement", ils n’ont jamais pu savoir ses "préférences" politiques. Louis Martin interviewait tous les gens de la même façon et tentait d’analyser les événements avec toujours la même rigueur sans jamais privilégier une vision plutôt qu’une autre.

    Radio Canada fut, à une époque, un chef de file exemplaire pour la qualité de son information grâce à la qualité professionnelle de ses journalistes et de ses communicateurs hors pair. Éthique, rigueur et professionnalisme balisaient la livraison des nouvelles. Une information complète qui nous présentait les événements en profondeur en nous les expliquant pour rendre les dossiers les plus complexes à la portée de tous. Pensons à « Point de mire », où, comme un maître de classe, M. Lévesque, devant son tableau noir, vulgarisait et détaillait les événements.

    L’information était "non-éditoriale".

    Qu’en est-il aujourd’hui ?

    Radio Canada, comme bien d’autres, semble avoir perdu de sa rigueur. On a l’impression que notre société d’État, jadis exemplaire, transpire maintenant d’idéologie.

    Il est devenu régulier d’avoir, non plus de l’information, mais plutôt le verdict d’un jugement. Le choix des mots, l’ampleur des titres… on nous offre le jugement des événements. On nous suggère, et même, on nous impose le verdict que nous devons avoir face aux situations.

    Prenons le cas iranien. Quelques minutes seulement après le résultat controversé de l’élection présidentielle, on condamnait sévèrement. Sans même attendre le déroulement des événements sans même prendre le recul pour décrire l’ensemble des éléments, la condamnation « sans appel » et soutenue contre ce résultat « catégoriquement frauduleux » (sic) était mise de l’avant. Le travail journalistique s’est résumé en une sorte de propagande boule de neige anti Ahmadinejad. (Il faut préciser que cette remarque (parce que sûrement certains peuvent l’interpréter ainsi) n’est aucunement une prise de position en faveur d’Ahmadinejad ou du régime dictatorial religieux iranien. Il s’agit plutôt d’un simple constat servant à illustrer l’absence d’objectivité des médias. On nous a imposé le jugement sans pour autant nous livrer une information nous permettant de comprendre et connaître les acteurs, les enjeux, les forces et les déchirements de cette société en évolution.)

    Très peu d’Histoire, très peu d’analyses sérieuses (rien d’autre que des démonstrations soutenant "la justesse" (sic) de la condamnation), très peu de visibilité et d’entrevues de partisans du condamné [Ahmadinejad]. On nous a offert la vision d’un seul et unique côté de la médaille. On a même été jusqu’à utiliser l’image-choc de cette femme qui meurt sous la caméra avec son sang lui sortant de la bouche. Les assassins ont été rapidement identifiés (sic) malgré l’absence de preuve et le manque d’information sur les circonstances du drame. De simplement se demander d’où pouvait provenir cette balle mortelle est interdit. Nos journalistes ne présument pas, ils nous assurent que Neda est une victime du régime répressif. Être au mauvais endroit au mauvais moment peut arriver dans n’importe quelle manifestation où la violence est au rendez-vous et « l’utilisation démagogique » de cette mort en direct a été à la limite de la décence journalistique.

    Le rôle du journaliste n’est pas de condamner ni de juger. Le rôle du journaliste est de rendre les faits. Qui donc a assassiné JFK ? On tergiverse encore. Qui donc a tué Neda ? On n’a pas tergiversé une seconde. Comme s’il n’était pas nécessaire d’enquêter sur cet assassinat. C’est le retour au Far West où la justice se faisait rapidement en pleine rue. On lynchait illico presto le présumé assassin avant que celui-ci n’ait le temps de la moindre défense.

    Neda a servi instantanément les opposants au régime iranien. La caméra qui n’a rien raté de son agonie et de sa mort sera la meilleure bombe médiatique pour tenter de donner le coup de grâce à l’ennemi.

    En temps "normal", on ne voit jamais, les Neda qui meurent. Il y en a pourtant quotidiennement depuis 2001. Des jeunes femmes, jolies et leurs enfants charmants qui sont morts en ayant du sang leur sortant de la bouche ou avec les membres arrachés par des bombes « légales ». Imaginez si chaque Neda avait eu la chance d’avoir un téléphone-caméraman enregistrant sa mort pour une diffusion internet rapide. Peut-être qu’on aurait empêché les 500 000 morts irakiennes ou les milliers de morts à Gaza ou encore tous ces Afghans et Afghanes qui n’ont pas eu la chance de vivre leur nuit de noces.

    Mon propos dérive dans l’émotion, dans la condamnation, dans l’idéologie. On tombe facilement dans l’émotion, surtout lorsqu’on voit la mort sous nos yeux. On peut rapidement condamner celui qu’on croit l’assassin et le pendre sur le champ, sans jugement. Notre émotion remplace le procès, notre justice devient expéditive. Expéditive, mais pas du tout infaillible. Combien de gens furent lynchés injustement, haut et court, trop rapidement par des populations sous le coup de l’émotion ?

    Imaginez un juge émotif…

    Imaginez un journaliste qui conclut sans être sur place et sans recouper sa source.

    (Je tiens encore une fois à préciser que ces propos ne sont en rien pour suggérer une quelconque banalisation de cette mort horrible qu’a eue Neda. Il s’agit plutôt de mettre en lumière l’utilisation (peu journalistique) qu’on a faite de sa mort.)

    Notre perception de la réalité est fonction de ce l’on voit ou de ce que l’on ne voit pas.

    Plusieurs ont découvert la violence à travers Neda. Plusieurs ont eu l’impression que jamais avant Neda il n’y avait eu de Neda. Toutes les Neda précédentes n’existent tout simplement pas. Tant qu’on ne nous les montre pas, elles demeurent inexistantes. Comme la violence de la guerre n’existe pas. On ne voit jamais de corps éventrés, démembrés, décapités, comme si la guerre, les armes, les bombes ne causaient pas ces sévices. Pourtant…

    En choisissant ce que l’on montre ou ce que l’on cache, on peut ainsi forger une vision de la réalité. On nous a montré en boucle et avec tous les moyens techniques disponibles (cellulaires, internet) la violence iranienne, la contestation. On a même énergisé d’une certaine façon, ces opposants qui manifestaient dans bien des cas de concert avec la presse étrangère en arborant des affiches en anglais. Leur message n’était visiblement pas pour les ayatollahs, mais pour la communauté internationale.

    Cette crise iranienne fut « en bonne partie » fabriquée par les médias. Cet acharnement médiatique (d’ailleurs toujours actif) nous a profondément atteints et le cas iranien est devenu NOTRE cas. La lutte de ces Iraniens et de ces Iraniennes est devenue NOTRE lutte comme si nous-mêmes étions devenus iraniens. On nous a exposé la lutte d’une population totalement (sic) homogène, qui nous ressemble complètement ( !) contre ces dirigeants totalement (sic) infâmes qui sont fous (sic).

    Pourtant, la population iranienne est bien loin d’être homogène (aucune population n’est homogène. Imaginez qu’on présente au monde le Québec comme étant une population homogène luttant pour obtenir son indépendance). Cette population est sérieusement divisée et ladite fraude si sévèrement condamnée, n’en était peut-être pas une, plusieurs éléments "objectifs" peuvent étayer la validité du résultat. [1]

    Pour le Honduras, c’est une tout autre histoire. Ici, l’accent est mis, non pas sur l’homogénéité de la population, mais sur sa division. On présente les manifestants honduriens comme, non pas la majorité de la population, mais comme un groupuscule de fidèles au président dit « déchu ».

    Dans le cas hondurien, nous n’avons vu que très peu de manifestations. Les manifestants au Honduras semblent être quelques groupes isolés de paysans frustrés et de pauvres manipulés. Pas de caméra, pas de reporter sur place, le Honduras subi un "black-out" télévisuel et journalistique presque complet. Ici, l’utilisation de Twitter, des cellulaires et d’internet ne semble pas fonctionner. La dictature qui s’est installée a mieux réussi que les ayatollahs pour couper le Honduras du reste du monde. Autant pour l’information qui entre que pour celle qui en sort.

    Comment expliquer autrement que par des visées idéologiques, ce gouffre de différences dans le traitement de ces deux événements ?

    Autant les médias ont soutenu et même favorisé les manifestations iraniennes, autant ils ont "négligé" le Coup d’État hondurien.

    Il est flagrant que dans les deux cas, la coloration idéologique des événements est éclatante.

    Nos médias "officiels", "classiques", "mainstreams", semblent au service de l’idéologie néolibérale. C’est "normal", ce sont des médias financés et entretenus par les riches corporations néolibérales. Il devient donc "normal" (sic) que ce journalisme fasse preuve d’un manque d’éthique et d’objectivité flagrante. Comme il est "normal" (sic) que notre information « limite » notre compréhension pour conserver la docilité de la masse.

    Pourtant, l’événement d’Amérique latine était d’une importance bien équivalente et même sur certains aspects, nettement supérieure à celui du Moyen-Orient.

    Au niveau démocratique, il est incontestable que l’événement du Honduras est une atteinte flagrante au plus élémentaire de la démocratie.

    Tandis que celui du Moyen-Orient est très discutable. Autant la condamnation, sans équivoque, de ladite fraude de l’élection présidentielle iranienne était douteuse, autant le Coup d’État, l’arrestation, l’expulsion et le renversement par les armes d’un président ÉLU étaient une atteinte incontestable aux plus élémentaires fondements de la démocratie. Cependant, cet événement d’une flagrante dérive autoritaire est passé presque sous silence et sans grande indignation médiatique.

    L’idéologie qui guide nos (sic) médias crève les yeux.

    Les faucons du libre-échange qui ont pour mission de mettre les ressources globales au service qu’une riche oligarchie mondiale, luttent à l’aide de leur puissant outil (arme) médiatique, à prendre le contrôle de l’Iran tout comme de reprendre le contrôle de leur (jadis) arrière-cour, l’Amérique latine.

    Comment expliquer autrement cette différence de traitement de ces deux événements ?

    Nos médias ont supporté les manifestations favorables à la prise de contrôle de l’Iran et ont évité de nuire au Coup d’État permettant de mieux contrôler le Honduras même si ce Coup opprime la population hondurienne et bafoue les règles élémentaires de la démocratie.

    On nous a expliqué le "bien-fondé" du Coup d’État dit "démocratique" (sic) du Honduras et on s’est indigné de ladite fraude électorale au Moyen-Orient au point qu’on aurait dit un Coup d’État.

    La situation iranienne perdure depuis 1979. Cet événement iranien, tout de même assez terne du point de vue démocratique, a été monté en épingle par nos médias ayant tant à cœur (sic) la démocratie.

    Pour nos médias-moraux, la lutte des opposants iraniens est noble et courageuse, tandis que celle du peuple hondurien est maladive et subjuguée.

    Pour le Honduras, nos mêmes médias-moraux au service de la "démocratie" (sic), ont expliqué de leur mieux le « bien-fondé » de ce renversement par les armes d’un président ÉLU. On a été jusqu’à nous expliquer que la dictature hondurienne est ce qu’il y a de mieux pour le bien-être de la population.

    Nous savons, mais oublions facilement que toutes les dictatures ont été ce qu’il y avait de mieux pour l’exploitation. L’Histoire et les indécentes inégalités des classes en Amérique latine sont là pour en témoigner.

    Il est à espérer que nos professionnels de l’information mettent de côté l’idéologie pour retrouver l’éthique et l’objectivité afin de mieux nous présenter le monde qui est en lutte pour le changement.

    Serge Charbonneau
    Québec

    [1] Présidentielles iraniennes 2009 - Les raisons d’une victoire controversée
    http://www.ledevoir.com/2009/06/17/255396.html

    « Un sondage pré-électoral montrait un fort soutien à Ahmadinejad »
    http://www.lemonde.fr/international/article/2009/06/15/un-sondage-pre-electoral-montrait-un-fort-soutien-a-ahmadinejad_1207178_3210.html

    « The Iranian People Speak »
    http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/06/14/AR2009061401757.html

    version française
    Le Peuple iranien s’exprime
    http://www.legrandsoir.info/Le-peuple-iranien-s-exprime-Washington-Post.html

    Le Grand Soir 


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  •  )
    La Belle Rouge 2009 ! Le festival d’été de la compagnie Jolie Môme par la compagnie Jolie Môme et ses invités :
    Du 24 au 26 juillet 2009
    à Saint-Amant-Roche-Savine (63)


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